Ce rapport Africa RiskView de fin de saison est une publication de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques ARC (African Risk Capacity). Le rapport porte sur les estimations d Africa RiskView en termes de précipitations, de sécheresse et de nombre de personnes touchées en les comparant aux informations du terrain et provenante de sources externes. Le rapport sert aussi comme base pour le travail de validation des estimations générées par Africa RiskView, que chaque pays effectue à la fin de la saison assurée. Cette validation vise à évaluer la performance du modèle et assurer que le risque de sécheresse du pays est bien reproduit par Africa RiskView pour le suivi de la sécheresse et l assurance. Points forts Précipitations Dans l ensemble, la saison des pluies 2016 s est déroulée de manière satisfaisante, avec des hauteurs de précipitations cumulées normales ou supérieures à la normale à l échelle nationale et régionale. Toutefois, certaines régions très localisées du centre du Niger ont enregistré des précipitations irrégulières et inférieures à la normale entre le mois d août et le mois d octobre. Sécheresse Malgré les bonnes performances d ensemble de la saison agricole 2016 détectées par Africa RiskView, par endroits, certaines régions du centre et du sud-ouest du Niger ont connu un climat de sécheresse qui s est traduit par des valeurs WRSI inférieures à la normale. À l ouest et à l est du pays, l indice WRSI de fin de saison est supérieur à la normale. Précipitations Au Niger, la saison des pluies s étend du mois de mai au mois d octobre. La saison 2016 a été marquée par les hauteurs très variables des précipitations cumulées dans les différentes régions du pays. Au sud-ouest du pays, dans les régions de Dosso et Tillabéri, ainsi qu au sud de la région de Maradi, au centre du Niger, plus de 600mm de pluie ont été enregistrés pendant la saison 2016. À l inverse, les précipitations reçues dans les zones agricoles situées plus au nord (régions de Tahoua et de Zinder) et à l est ont oscillé entre 300 et 600mm seulement. Par rapport à la moyenne à long terme (1983-2015), le volume cumulé des précipitations saisonnières a été normal ou supérieur à la normale dans tout le pays. Le nord de la région de Tillabéri, au sud-ouest du Niger, ainsi que la plus grande partie de la région de Diffa, au sud-est, ont reçu plus de 150% des précipitations moyennes. Toutefois, certaines régions très localisées du centre de la région de Zinder ont reçu des précipitations légèrement inférieures à la normale (environ 80% de la moyenne). Populations touchées Africa RiskView estime que seules quelques régions très localisées au centre et au sud-ouest du Niger ont connu un climat de sécheresse. Le logiciel estime que près de 570 000 personnes ont été touchées dans les régions de Zinder et de Dosso, un nombre largement inférieur à la moyenne historique modélisée, qui est d environ 1,3 million de personnes. Mutuelle ARC Compte tenu des bonnes performances d ensemble de la saison et malgré l impact des sécheresses localisées survenues au centre et au sud-ouest du Niger, le seuil déclencheur d un paiement de la part d ARC Ltd n a pas été atteint à la fin de la saison agricole 2016. En ce qui concerne la répartition géographique et temporelle des précipitations saisonnières en 2016, l analyse des précipitations décadaires (à 10 jours) à l échelle régionale indique que la saison a démarré plus tôt que d habitude, avec une pluviométrie normale ou supérieure à la normale en mai et en juin, en particulier au sudouest du Niger. Les précipitations ont ensuite évolué normalement dans l ensemble du pays. En revanche, les précipitations ont été légèrement inférieures à la moyenne au mois d août dans la région de Tahoua et au sud-est du Niger à la fin du mois de juillet. Il est important de rappeler qu à l échelle sous-régionale, les précipitations saisonnières ont été plus variables. Ainsi, les départements de Tarka et de Tanout, au nord de la région de Zinder, où la saison s'est terminée plus tôt, ont reçu des précipitations inférieures à la normale à la fin du mois d août et en septembre. De même, les départements de Damagaram Takaya, Magaria, Mirriah et Takiéta, dans la région de Zinder, ont reçu des précipitations irrégulières et inférieures à la moyenne, en particulier à partir du mois de juillet.
Précipitations cumulées (en mm), mai-oct 2016, Niger (ARC2) Précipitations cumulées en % de la moyenne 1983-2015, mai-oct 2016, Niger (ARC2) Sécheresse WRSI de fin-de-saison, Niger, saison agricole 2016 Le groupe de travail technique (GTT) national a personnalisé Africa RIskView de manière à modéliser l'impact de la sécheresse sur le millet, l une des principales cultures vivrières du Niger. Selon les paramètres sélectionnés lors de la personnalisation du modèle, Africa RiskView modélise toutes les décades potentiellement favorables aux semis comprises dans la période de semis (maijuin) et détermine celle dont la valeur de l indice WRSI est optimale à la fin de la saison. Africa RiskView estime qu en 2016, les meilleures conditions de semis ont été remplies à la fin du mois de juin (entre le 21 et le 30) dans la plupart des régions. Dans certaines régions du sud et du centre du Niger, les semis ont eu lieu légèrement plus tôt (entre le 11 et le 20 juin), tandis que dans d autres régions, en particulier au nord de Dosso et au sud de WRSI de fin-de-saison comparé à la moyenne sur 10 ans, Niger, saison agricole 2016 Tahoua, les semis ont eu lieu au début du mois de juillet (entre le 1er et le 10), selon Africa Riskview. Par rapport aux conditions normales de semis (définies par rapport à la moyenne 1983-2015), les semis ont eu lieu normalement dans la quasi-totalité de l ouest du Niger (régions de Tillabéri et de Tahoua), mais légèrement plus tard que d habitude (jusqu à 1 décade de retard) au nord de Dosso et au sud de Tahoua. Africa RiskView indique qu au centre et à l est du Niger, les semis ont démarré avec 1 ou 2 semaines d'avance par rapport à la normale. Les données sur les dates des semis collectées sur le terrain par le Ministère de l Agriculture indiquent également que les semis ont eu lieu plus tôt que d habitude en 2016 en raison des précipitations abondantes observées en mai et en juin. D après ces données, les semis ont démarré en mai 2016 au sud-ouest du Niger,
et ont été fructueux dans plus d un tiers des villages des régions de Dosso, Tillabéri et Tahoua, en particulier pendant la dernière décade (du 21 au 31 mai). Dans les régions de Maradi et de Zinder, au centre du Niger, les semis ont eu lieu essentiellement pendant les deux dernières décades du mois de juin (du 11 au 30), tandis que dans la région de Diffa, un tiers des villages a procédé aux semis à la fin du mois de juin et les autres entre le début du mois de juillet et la mi-juillet. Rappelons qu'il existe une différence fondamentale de méthode entre les dates de semis observées et les dates de semis modélisées par Africa RiskView, qui calcule la meilleure décade de plantation possible à partir des seuils pluviométriques définis par le GTT (15mm de précipitations lors d une décade). Estimation de la population touchée par la sécheresse, Niger, saison agricole 2016 Les valeurs WRSI de fin de saison sont extrêmement variables entre les différentes régions, ce qui correspond aux régimes normaux de précipitations au Niger. Au sud-ouest du pays, ainsi qu au sud de la région de Maradi, au centre du Niger, les valeurs WRSI ont tendances à être plus élevées, et les besoins en eau de la culture de référence (millet) ont été entièrement satisfaits à la fin de la saison agricole 2016. Les valeurs WRSI diminuent progressivement au nord et à l'est du Niger, où la production agricole et les rendements des cultures sont inférieurs à ceux de la région du sud -ouest, plus fertile. Selon la classification WRSI de FEWS NET, les valeurs WRSI ont été généralement médiocres (60-80) dans ces régions pendant la saison 2016. Par rapport à la valeur de référence définie par le GTT pour modéliser les conditions normales au Niger (moyenne des 10 années précédentes), il semble que les valeurs WRSI de fin de saison Estimation de la population touchée par la sécheresse, Niger, 1983-2016 soient supérieures à la normale dans des régions habituellement plus sèches, comme le nord de la région de Tahoua, l est de la région de Zinder, la région de Diffa ainsi que le nord-est de la région de Tillabéri. Toutefois, les valeurs WRSI ont été inférieures à la normale dans certaines régions localisées aux environs de Dosso et à l ouest de Zinder. Cette situation est due essentiellement au déficit hydrique plus important que d habitude observé lors de la phase de floraison de la culture de référence dans la région de Zinder et de la phase de maturation de la culture de référence à Dosso. Le calcul de l indice WRSI dans Africa RiskView est similaire à celui du modèle WRSI régional de FEWS NET, qui indique que les valeurs WRSI ont été généralement médiocres ou moyennes dans tout le pays à la fin du mois d octobre 2016, mais ont été sensiblement plus élevées au sud de la région de Tahoua, au centre du Niger. Toutefois, la carte des anomalies WRSI de FEWS NET donne un aperçu légèrement moins optimiste de la situation au sudouest et au centre du Niger, où les valeurs WRSI sont inférieures à la normale dans de vastes secteurs des régions de Tillabéri, Dosso et Zinder. L indice de stress hydrique de la FAO (ASI), un indicateur composite basé sur les données de végétation et de température, indique que les conditions ont été favorables au développement des cultures tout au long de la saison agricole 2016. Populations touchées Selon les paramètres sélectionnés par le Niger lors de la personnalisation d Africa RiskView, près de 6,1 millions de personnes sont vulnérables à la sécheresse. Africa RiskView estime qu à la fin de la saison agricole 2016, près de 570 000 personnes ont été direc-
mai-oct 2016, Tillabéri, Niger mai-oct 2016, Dosso, Niger mai-oct 2016, Tahoua, Niger mai-oct 2016, Maradi, Niger mai-oct 2016, Zinder, Niger mai-oct 2016, Diffa, Niger tement touchées par la sécheresse au centre et au sud-ouest du Niger. La grande majorité des populations touchées se trouvaient dans la région de Zinder, notamment dans les départements de Tanout (240 000 personnes), Mirriah (125 000), Takiéta (89 000), Magaria (77 000) et Damagaram Takaya (29 000). On estime en outre que dans la région de Dosso, près de 34 000 personnes vivant dans le département de Tibiri et 13 000 personnes vivant dans celui de Dosso ont été touchées par la sécheresse à la fin de la saison 2016. Par rapport aux années de sécheresse historiques modélisées par Africa RiskView, il semble que le nombre de personnes touchées par la sécheresse au Niger en 2016 soit nettement inférieur à la moyenne historique modélisée, qui est de 1,3 million de personnes. Selon Africa RiskView, le Niger a connu des graves sécheresses dans les années 1980, au milieu des années 1990 et plus récemment en 2014 et, dans une moindre mesure, en 2011. L exercice de Cadre Harmonisé, qui s'est terminé en novembre 20016, a montré que près de 330 000 personnes étaient en situation d insécurité alimentaire aigüe (phase 3 et au-delà) au moment de l analyse et que, selon les prévisions, ce nombre passerait à 750 000 au plus fort de la période de soudure (de juin à août 2017). Les résultats de cette analyse indiquent que trois départements Bani Bangou au nord de Tillabéri, Mayahi à l est de Maradi et N Gourti, dans la région de Diffa pourraient se retrouver en situation de «crise» en raison de la baisse des stocks, de la détérioration des conditions des échanges bétail/céréales et de l impact de l insécurité civile sur les marchés et l accès humanitaire.
mai-oct 2016, Tarka, Niger mai-oct 2016, Tanout, Niger mai-oct 2016, Dosso, Niger mai-oct 2016, D. Takaya, Niger mai-oct 2016, Mirriah, Niger mai-oct 2016, Magaria, Niger En outre, l insécurité alimentaire dans la région de Diffa semble être due aux répercussions des conflits en cours dans la région du lac Tchad. Il semble donc qu à l exception de certaines régions bien définies, la sécheresse n ait pas été un facteur majeur d insécurité alimentaire à la fin de la saison agricole 2016 au Niger. Mutuelle ARC : Le Niger est membre de la Mutuelle ARC depuis 2014/15 (premier groupe de pays membres). Cette année-là, le pays a reçu un paiement de plus de 3,5 millions USD suite à la mauvaise saison agricole que l Afrique de l Ouest a connue en 2014. Lors de l année en cours, le pays n a pas pu bénéficier d un paiement, car le point d attachement sélectionné par le gouvernement du Niger (correspondant à environ 2,8 millions de personnes) n a pas été atteint. Aidé par le secrétariat de l ARC, le groupe de travail technique national est actuellement en train de revoir le processus de personnalisation d Africa RiskView en vue de la participation du Niger à la Mutuelle ARC en 2017/18. Cet exercice vise à examiner les paramètres de l indice de sécheresse utilisés par le modèle ainsi qu à mettre à jour des données d entrée comme les profils de vulnérabilité et les données sur la pauvreté utilisées par Africa RiskView. Les éventuelles améliorations apportées au modèle permettront de garantir que les risques de sécheresse sont fidèlement reproduits à des fins de suivi de la sécheresse et d établissement d une couverture d assurance ; elles doivent également permettre d améliorer la modélisation au fur et à mesure de l arrivée et de la collecte de nouvelles informations.
Africa RiskView À propos de l ARC : L African Risk Capacity (ARC) est une institution spécialisée de l Union africaine, dont le but est d améliorer la capacité des États membres de l UA à gérer les risques liés aux catastrophes naturelles, à s adapter aux changements climatiques et à assister les populations exposées au risque d insécurité alimentaire. Le logiciel Africa RiskView est le moteur technique de l ARC. Il s appuie sur des données pluviométriques satellitaires pour évaluer les coûts d une intervention en réponse à la sécheresse, qui peuvent ensuite déclencher le paiement d une indemnité d assurance. La Société d assurance ARC Insurance Company Limited est la filiale financière de l ARC, chargée de mutualiser les risques à travers le continent. Note sur la méthodologie d Africa RiskView : Pluviométrie : Africa RiskView utilise des différents jeux de données satellitaires pour suivre la progression des saisons des pluies en Afrique. Les pays souhaitant participer à la Mutuelle ARC doivent personnaliser la composante de la pluviométrie en choisissant le jeu de données satellitaires qui reproduit le mieux les pluies mesurées sur le terrain. Sécheresse : Africa RiskView s appuie sur l indice de satisfaction des besoins en eau (WRSI) comme indicateur de sècheresse. Le WRSI est un indice développé par la FAO qui utilise les estimations pluviométriques satellitaires pour déterminer si les besoins en eau d une culture donnée ont été satisfaits pendant les différentes phases de son développement. Les pays souhaitant participer à la Mutuelle ARC doivent personnaliser les paramètres du logiciel afin que le modèle reflète la réalité du terrain. Populations touchées : Africa RiskView s appuie sur les calculs de l indice WRSI pour donner une estimation du nombre de personnes potentiellement touchées par la sècheresse dans chaque pays participant dans la Mutuelle ARC. Le processus de personnalisation adapté aux différents pays permet d établir des profils de vulnérabilité à l échelle sous-nationale et, par conséquent, de déterminer l impact potentiel d un épisode de sécheresse sur les populations vivant dans une région donnée. Coûts d intervention : Lors d une quatrième et dernière étape, Africa RiskView convertit le nombre de personnes touchées en coût d interventions menées en réponse à la sécheresse. Pour les pays participant à la Mutuelle ARC, ces coûts d intervention permettent de calculer le montant des polices d assurance. La compagnie d assurance ARC Ltd indemnisera les pays concernés si les coûts d une intervention à mettre en place à la fin de la saison dépassent un seuil préétabli dans le contrat d assurance. Clause de non-responsabilité : les données et informations contenues dans ce bulletin ont été élaborées à des fins de mise en œuvre du logiciel Africa RiskView et de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques et s appuient sur l approche employée dans ce cadre. Les données contenues dans ce bulletin sont communiquées publiquement à des fins d information uniquement. L Institution de l ARC, ses filiales et chacun de leurs administrateurs, directeurs, employés et agents ne donnent aucune garantie et n assument aucune responsabilité quant à l exactitude des données et des informations fournies si elles devaient être utilisées dans un but spécifique. En aucun cas l Institution de l ARC, ses filiales et chacun de leurs administrateurs, directeurs, employés et agents ne pourront être tenus responsables de tout ou partie du contenu présenté ici. Les paiements effectués par ARC Ltd sur la base des contrats d assurance sont calculés dans une version indépendante de Africa RiskView, et peuvent donc différer des estimations présentées dans ce bulletin.