Créations et disparitions des entreprises en France Octobre 2012 L observatoire des entreprises www.cofaceservices.fr
La croissance du tissu économique de moins en moins dynamique 8,6 millions de sièges sociaux actifs en France A fin juin 2012, la France compte 10,3 millions d établissements actifs dont près de 8,6 millions de sièges sociaux. L Ile-de-France regroupe à elle seule un cinquième de ces établissements. Avec l Ile-de-France, les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d Azur concentrent plus de 40% des établissements. D un point de vue sectoriel, le Bâtiment concentre un tiers des entreprises, soit deux fois plus que les Services collectifs (administrations, enseignement, ) et 3 fois plus que les Services aux entreprises. Région Nombre de sièges sociaux % Secteur Nombre de sièges sociaux % 1 Ile-de-France 1 767 564 20,4% 1 Bâtiment et Travaux Publics 2 622 791 30,2% 2 Rhône-Alpes 941 010 10,8% 2 Services collectifs 1 100 642 12,7% 3 Provence-Alpes-Côte-d azur 884 547 10,2% 3 Services aux entreprises 839 025 9,7% 4 Aquitaine 516 391 5,9 % 4 Agriculture et Pêche 740 203 8,5% 5 Languedoc-Roussillon 480 656 5,5% 5 Services aux particuliers 549 110 6,3% Total 8 684 530 100% Total 8 684 530 100% Comparé à l année dernière, le tissu économique se développe moins vite Porté par des créations d entreprises toujours supérieures aux disparitions, le tissu économique français est historiquement en croissance. Toutefois, ce rythme de croissance ralentit depuis un an. Il y a 12 mois, la disparition d une entreprise était compensée par la création de près de 2 entités. Aujourd hui, lorsqu une entreprise disparaît (par une cessation ou une défaillance), il ne se crée plus qu une entreprise et demi. Ainsi, sur le 1 er, le coefficient de dynamisme* des entreprises atteint 1,80 (contre 1,97 au 1 er semestre 2011), soit un recul de 9% en un an. Le recul de ce coefficient constaté en cette fin de 1 er semestre s explique par un ralentissement des créations d entreprises (-9% en un an) conjugué à une légère progression des cessations (+1%). Parallèlement, les défaillances poursuivent leur décrue depuis le début de cette année. Ces dernières, qui représentent moins de 20 % des disparitions, ne permettent pas de compenser la hausse des cessations. Nombre sur le 1 er Evolution sur un an Créations d établissements 290 223-8,5% Défaillances d établissements 31 153-3,6% Cessations d établissements 130 530 +0,9% Coefficient de dynamisme 1,80-9,0% Evolution du coefficient de dynamisme à chaque 1er semestre depuis 2010 par catégorie juridique 2,78 2,52 1,97 1,83 1,81 1,58 1,64 1,34 1,80 * Sur 6 mois, nombre de créations d entreprises rapporté au cumul des cessations et des défaillances d entreprises. S1 2010 S1 2011 S1 2012 Entreprise individuelle Société commerciale Ensemble Focus sectoriel Secteur Coefficient de dynamisme* Médias & loisirs 2,68 Services collectifs 2,67 Energie 2,14 Biens d équipement du foyer 1,04 Agroalimentaire 0,95 Pharmacie 0,60 * Pour chaque entreprise qui disparaît, x entreprise se crée. Au 1 er, certains secteurs voient leur population d entreprises se renouveler plus vite que d autres avec des coefficients supérieurs à 2. Ainsi, le secteur des Médias & loisirs présente un coefficient de dynamisme de 2,68 (toutefois en baisse de - 2% par rapport au 1er semestre 2011). Cette performance est liée à un recul de 1% des disparitions sur un an. A l inverse, deux secteurs sont en-dessous du seuil de renouvellement : l Agroalimentaire et la Pharmacie avec des coefficients respectifs de 0,95 et 0,60. Concernant la Pharmacie, une forte baisse des créations est enregistrée avec -45% en un an.
Des créations en berne sur 4 semestres consécutifs Périmètre retenu pour les créations : créations ex-nihilo et réactivations. Net ralentissement de la décrue des créations la première moitié de l année 2012, Coface Services dénombre 290 223 créations (toutes formes juridiques confondues), soit une baisse de 9% par rapport au 1 er semestre 2011. Les secteurs d activités les plus représentés en nombre de créations, sont, sans surprise, le Bâtiment et Travaux Publics avec 27% des créations, les Services aux entreprises et les Services aux particuliers avec respectivement 15% et 11% de nouvelles entités. Ensemble des créations 290 223-9,0% Les créations d entreprises individuelles, qui représentent 57% de la totalité des créations, marquent à elles seules un recul de 10%. De leur côté, les nouvelles sociétés commerciales sont au nombre de 79 744 sur le 1 er semestre, soit -6% en un an. En cette fin de premier semestre, deux secteurs réalisent néanmoins de belles performances. Tout d abord, l Energie avec une progression de 27%, suivi du secteur Bois papier carton avec une hausse de 20% en un an. Ces performances sont principalement liées au succès des énergies renouvelables et aux avantages fiscaux instaurés sur ces activités. Le statut d auto-entrepreneur sous vigilance orange Evolution sur un an Créations hors entreprises 43 746-8,6% Créations d entreprises 246 477-9,1% dont entreprises individuelles 166 733-10,4% Sur les 12 derniers mois, 564 423 nouvelles entités ont été enregistrées, soit une baisse de 11% sur un an. 56% de ces créations sont des entreprises individuelles ; bien que toujours majoritaire, cette catégorie est en recul de 17%. Cette baisse est principalement liée à l effondrement du statut d auto-entrepreneur. Ce statut lancé en janvier 2009 a connu un succès immédiat (facilité des démarches administratives, statut fiscal intéressant, ). Dès la fin de l année 2009, les créations d entreprises individuelles, comprenant les auto-entrepreneurs, augmentaient de plus de 100%. Passé l effet d aubaine de la première année pour ce nouveau statut, le nombre de créations a commencé naturellement à décroître. Ce phénomène a été probablement renforcé par les mesures plus restrictives mises en place par le gouvernement en 2010. Une nette phase de décrue du nombre de créations d auto-entrepreneurs est enregistrée à partir de fin février 2011. En fait, le volume de créations peut apparaître aujourd hui comme plus «normal». Pour mémoire, fin 2008, un peu moins de 457 000 créations d entreprises étaient enregistrées. Près d un an plus tard, 713 000 entreprises se créaient. Enfin, il est important de souligner que moins de la moitié des auto-entrepreneurs serait économiquement active selon l Agence centrale des organismes de sécurité sociale. Focus : Que deviennent les jeunes entreprises? Pour parler de dynamisme, Coface Services s est intéressée à l évolution et à la survie des créations récentes après les une, trois et cinq années suivant l immatriculation : Les entreprises créées au 1 er semestre 2011 représentaient environ 270 000 entités. Un an plus tard, 79% de ces mêmes créations sont considérées actives. Près de 15% ont déjà fait l objet d une disparition via une cessation ou une liquidation judiciaire. Pour le solde (environ 20 000 entités), une prise réelle d activité reste à confirmer. Les entreprises créées au 1 er semestre 2009 atteignaient un volume de 296 949 dont les ¾ sous la forme d entreprise individuelle. Près de 30% de ces entreprises ont disparues aujourd hui. Celles considérées comme actives (près de 198 000) ont peu évolué en taille. Pour 93% d entres-elles, le nombre de salariés ne dépasse pas une personne. Les entreprises salariant entre 2 et 9 personnes représentent 6% et la part des entreprises de plus de 10 salariés est inférieure à 1%. Soulignons tout de même que 24 entreprises créées il y a 3 ans salarient aujourd hui plus de 250 salariés. La moitié des entreprises créées il y a 3 ans et aujourd hui disparues appartenait aux secteurs du Service aux entreprises (19%), du Bâtiment et Travaux Publics (16%) et de la Distribution (16%). Concernant les entreprises créées il y a 5 ans, le constat est plus amer. Sur un peu plus de 205 000 nouvelles entreprises, seulement 52% sont toujours en activité à ce jour. Néanmoins, les entreprises qui survivent se sont renforcées avec le temps. En effet, 11% d entre elles emploient entre 2 et 9 salariés et 2% plus de 10 salariés.
Au delà de la baisse des défaillances, des signes inquiétants Périmètre retenu pour les défaillances : redressements et liquidations judiciaires. Baisse continue des défaillances depuis le 1 er semestre 2010 Au premier, 31 153 défaillances sont comptabilisées toutes formes juridiques confondues, dont ¾ de sociétés commerciales et un peu plus de 7 000 en nom propre. Par rapport au 1 er, les défaillances ont reculé de 4%, avec un pic de 11% pour les seules entreprises individuelles. De leur coté, les sociétés commerciales enregistrent une baisse plus limitée de 1%. Le nombre de défaillances ne cesse de décroître depuis le 1 er semestre 2010 avec un record constaté à la fin de cette même année avec -7%. Les Très Petites Entreprises en particulier, qui représentent en moyenne 97% des défaillances, enregistrent depuis deux semestres consécutifs des évolutions inférieures à -4%. Des résultats qui cachent des phénomènes plus inquiétants Evolution sur un an Défaillances hors entreprises 1 122-10,0% Défaillances entreprises 30 031-3,4% Ensemble des défaillances 31 153-3,6% Bien que peu représentatives en volume, les grandes et moyennes entreprises affichent des résultats préoccupants sur 7 semestres consécutifs. Du côté des PME (3% du total Evolution des défaillances chaque 1er semestre des défaillances), la hausse atteint 5% à la fin du 1 er semestre avec un triste record, réalisé fin février, à +7%. Pour les Grandes Entreprises, les évolutions sont plus dramatiques. A fin juin, par taille d'entreprise 63,7% 58,3% la hausse atteint 39%. En moyenne, depuis janvier 2012, 4 Grandes Entreprises font l objet d une défaillance chaque mois. Ces 38,9% 16,7% entités, à bout de souffle en termes de trésorerie, sont finalement 20,8% 11,3% tombées en cessation de paiement. C est donc sans surprise que le 9,3% niveau d emplois menacés est en forte progression. Sur le 1 er 5,0% 4,6% 0,0%, 105 048 emplois sont dénombrés, soit une évolution de +9% par rapport au 1 er 0,7% 0,9% 0,7% 5,3% semestre 2011. 6,6% 3,9% 14,3% Le secteur le plus fortement touché est celui de l Agroalimentaire 18,3% suite à la défaillance, courant juin 2012, du groupe Doux. S1 2007 S1 2008 S1 2009 S1 2010 S1 2011 S1 2012 Ce dernier, situé en Bretagne, emploie près de 3 500 salariés. Les jeunes entreprises, à la trésorerie plus limitée, demeurent TPE PME GE naturellement les plus exposées au risque de défaillance. Au 1 er, près de la moitié des entreprises en faillite a moins de 5 ans d ancienneté. Néanmoins, face à des créations en berne, la part des jeunes entreprises défaillantes tend légèrement à se réduire. En 2008, elles représentaient en moyenne un peu plus de 56% de la totalité des défaillances. A l inverse, les entreprises de plus de 20 ans sont de plus en plus concernées. Depuis l an dernier, elles représentent plus de 10% des défaillances. En moyenne, ce sont donc près de 3 000 entreprises de plus de 20 ans qui tombent en faillite chaque semestre, soit le double d avant la crise. Focus sectoriel La part la plus importante des entreprises défaillantes provient du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics, avec 9 789 entités, en baisse de 5% sur un an. Ces défaillances représentent un chiffre d affaires cumulé de 2,8 milliards d euros et menacent un peu plus de 25.000 salariés. Au second rang, les secteurs des Services aux particuliers et des Services aux entreprises enregistrent 25% des défaillances. Au 1 er, les trois secteurs enregistrant les plus fortes baisses par rapport à l année dernière sont les Produits minéraux et chimie, les Métaux ainsi que les Biens d équipements industriels avec respectivement -22%, -16% et -8%. Premières victimes de la crise financière car déjà fragilisés par une forte concurrence internationale, ces trois secteurs (4% du total des défaillances), comprennent nombre de grandes entreprises. Dans ces secteurs, le recul des faillites permet de diminuer significativement le nombre d emplois menacés. Concernant les Produits minéraux et Chimie, une défaillance représente en moyenne près de 2 millions d euros de chiffre d affaires et menace 21 salariés. Pour le secteur des Métaux, les entreprises défaillantes cumulaient un chiffre d affaires d un montant de 346 millions et menaçaient 2 800 emplois, ce qui, en moyenne pour une entreprise défaillante, représente 1,4 million d euros de chiffres d affaires et 11 salariés. Enfin, le secteur de la Distribution comptabilise 2 116 défaillances en 6 mois, soit une baisse de -6,4% en un an. C est le meilleur résultat enregistré pour ce secteur depuis 2006, avec moitié moins de salariés menacés comparé au 1 er semestre 2011. Les secteurs à suivre Vol. S1 2012 Evolution Emplois menacés Emploi moyen Produits minéraux et chimie 73-22,3% 1 560 21 Métaux 247-16,3% 2 787 11 Bien d équipements industriels 605-7,8% 5 103 8... Energie 74 +23,3% 724 10 Pharmacie 85 +19,7% 495 6 Services financiers 202 +10,4% 259 1 Pour une analyse plus complète des défaillances en France, se reporter au Panorama des défaillances de Coface.
Des cessations en légère progression de 1% Périmètre retenu pour les cessations : cessations d activités pures, cessions de fonds, fusions-absorptions et dissolutions. Les auto-entrepreneurs sur-représentés dans les cessations d entreprises Evolution sur un an Au 1 er, le nombre de cessations atteint 130 530, en hausse de 1% par rapport au 1 er. Cette évolution met fin à 4 semestres consécutifs de baisse. Sur les 12 derniers mois, le cumul est de 272 031, soit une augmentation identique de 1% sur un an. Cessations hors entreprises Cessations d entreprises Dont entreprises individuelles Ensemble des cessations 10 248 120 310 86 150 130 530 +25,8% -1,5% -8,9% +0,9% Les entreprises individuelles, qui représentent 65% des cessations, reculent de 9% en un an sur le 1 er. Cette performance est liée en réalité à un volume important de cessations courant 2011. Durant cette période, de nombreuses entreprises évoluant sous le statut d auto-entrepreneur ont fait l objet d une cessation suite à la mise en place de la nouvelle mesure de radiation, instituant la suppression automatique de l entreprise au-delà de 8 trimestres consécutifs de chiffre d affaires nul. A cette époque, plus de la moitié des cessations d entreprises individuelles était des auto-entrepreneurs. A l inverse, les cessations de sociétés commerciales, au nombre de 36 435 sur le 1 er, augmentent de +26% en un an. En 2011, les évolutions étaient comprises entre -3% et -10%. La quasi-totalité des cessations (99,2%) concerne les TPE. Elles évoluent de +1% sur 12 mois. Concernant les moyennes et grandes entreprises au nombre de 1 012 au 1 er, la progression atteint 13%. Consécutivement, le nombre d emplois concernés par les cessations augmente de 3% en un an, passant de près de 124 000 à un peu plus de 127 000 sur le premier semestre 2012. Il est important de préciser que tous les emplois concernés par les cessations ne disparaissent pas systématiquement. En effet, certaines formes de cessations comme les fusions-absorptions peuvent permettre le maintien des salariés dans les nouvelles structures. 100 000 90 000 80 000 70 000 60 000 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 Evolution des cessations à chaque 1er semestre depuis 2010 par catégorie juridique S1 2010 S1 2011 S1 2012 Ensemble hors Entreprise commerciale Entreprise individuelle Société commerciale Focus sectoriel En volume, la moitié des cessations est issue de 3 secteurs d activités : le secteur du Bâtiment et Travaux Publics avec près de 29 000 cessations en 6 mois, suivi des Services aux entreprises et des Services aux particuliers, respectivement avec 19 273 et 17 717 cessations d activités. Concernant le secteur du Bâtiment, une hausse des cessations de 13% est enregistrée en un an, alors qu elles reculaient encore de 4% à fin décembre 2011. Ce résultat s accompagne d un cumul d emplois concernés en hausse de 30%, à 22 832 sur les 6 premiers mois de l année. Pour les Services aux entreprises, la progression atteint 5% en un an. Malgré une hausse en volume, l impact social est moindre (-26% en un an). Les emplois concernés dans ce secteur représentent néanmoins 11% du total. A l inverse, les cessations dans les Services aux particuliers baissent de 6% en un an, accompagné d un recul des emplois concernés de 36%, soit au total 19 218. Ce secteur enregistre la 3 ème plus forte baisse en un an derrière les secteurs de la Pharmacie (-20%) et des Services collectif (-11%). Le secteur de la Pharmacie voit le nombre de ses cessations fortement reculer depuis près d un an avec des résultats toujours inférieurs à -10%. Cette tendance permet de ne pas alourdir le bilan des emplois concernés, avec en moyenne 4 salariés par entreprise. Dans les Services collectifs, un changement de tendance est observé depuis le printemps 2012. Dès cette période, les cessations reculent constamment jusqu à une performance de -11% à fin juin 2012. Les cessations de ce secteur augmentaient encore de 23% à fin septembre 2012. Néanmoins, cette baisse en volume n est pas suivie par celle des emplois concernés. Ceux-ci ont progressé de 10% sur les 6 premiers mois de l année. Ce contraste est lié à la cessation d un nombre plus important de Grandes Entreprises en début d année, environ 15 par mois, dont 5 sur le seul mois de juin 2012. Les secteurs à suivre Secteurs Evolution Emplois menacés Emploi moyen Pharmacie 508-20,0% 2 039 4 Services collectifs 8 769-11,0% 4 592 1 Produits minéraux et chimie 214-10,1% 2 182 10 Energie 600 +25,0% 3 97 1 Télécommunication 238 +16,1% 842 4 Bâtiment et travaux publics 28 924 +13,2% 22 832 1
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