Gestion de risques en agriculture : une approche globale Jesús ANTÓN Direction Commerce et Agriculture Madrid, 15 mars 2010 Conférence Internationale : la gestion de risques et de crises en assurance agraire
Table des matières 1. Contexte 2. Pourquoi une approche globale à la gestion de risques en agriculture? 3. Pourquoi est ce que le gouvernement intervient? 4. Comment les gouvernements interviennent ils? 5. Dilemmes et principes de la politique publique Direction Commerce et Agriculture OCDE 2
1. Le contexte Volatilité des prix et changement climatique Changements récents dans les politiques agraires : 2008 US Farm Bill Canada: Growing Forwards Framework (2008) Mexique : augmentation des subventions pour les contrats d opérations à terme Australie : révision de la Politique de la Sécheresse UE : Health Check Réunion du Comité d Agriculture de l OCDE au niveau ministériel (25 26 février 2010) Direction Commerce et Agriculture OCDE 3
Projet de gestion de risques de l OCDE 2008 : cadre analytique UNE APPROCHE HOLISTIQUE 2009/10: 1. Révision thématique Pays participants : Espagne, Nouvelle Zélande, Australie, Canada et Pays Bas 2. Analyse de données micro au niveau de l exploitation Exposition aux risques au niveau micro et modèles de simulation Allemagne, Estonie, Pays Bas, Italie, Royaume Uni, Australie, Nouvelle Zélande, Canada et Espagne 3. Risques exogènes et volatilité des prix 4. Conférence : Paris, Novembre 2010 Direction Commerce et Agriculture OCDE 4
Le risque n est pas toujours négatif Certains agents y compris les producteurs peuvent tirer un bénéfice du risque Gestion de risques Protection contre tout risque Compétitivité Stratégies de gestion de risques Capacité d adaptation à différents scénarios Résistance aux chocs Le risque et la possibilité de plus grands bénéfices représentent des stimulants pour les «bons entrepreneurs» et pour l innovation Direction Commerce et Agriculture OCDE 5
2. Pourquoi une approche globale ou holistique? L analyse linéaire n est pas satisfaisante Risques Stratégies producteur Politiques du Gouvernement Sources de Vari- Stratégies Politiques Vari- Risque du du ance producteur gouvernement ance Volatilité Stabilisation 100 Diversification 50 des prix des prix Grêle 100 Assurances Primes d assurance 50 Sécheresse 100 Assurances? Aides ex post 50 Maladies 100 Fonds Mutuels? Aides financières / Indemnisation TOUS LES? 100+100+100+100 50+50+50+50? RISQUES parce que LE RISQUE N EST PAS ADDITIF Direction Commerce et Agriculture OCDE 6 50
Une approche holistique / globale Un «système» de gestion de risques autour de trois axes Stratégies Risques Une approche holistique ou globale signifie : tous les revenus du producteur toutes les sources de risque et leurs CORRÉLATIONS toutes les stratégies privées et politiques publiques Direction Commerce et Agriculture OCDE 7
Quelques données micro R-U Italie Estonie Australie Nouvelle Zélande Pourcentage d exploitations avec une corrélation négative prix / 75 45 33 72 57 rendement Réduction moyenne dans la variance des revenus Pourcentage d exploitations qui diversifient la production Réduction moyenne dans la variance des revenus -24% -12% -17% -22% -5% 100 100 100 100 100-19% -13% -25% -29% -26% *La récolte de référence pour la diversification est le blé pour le R-U, l Estonie et l Australie, l avoine pour l Italie et le bœuf pour la Nouvelle Zélande Direction Commerce et Agriculture OCDE 8
Sources de risque et stratégies du producteur Sources de risque : (idiosyncratiques / systémiques): Marchés / prix Production Climat, maladies... Financiers Taux d intérêt, revenus non agraires... Institutionnel / légal Responsabilité Politiques et législation... Stratégies : Transférer, mettre en commun et diversifier Réduire, atténuer et affronter Foyer / exploitation : Technique ; diversification; réseaux sociaux Marché : Extension ; opérations à termes, assurances, contrats, revenus non agraires ; épargne/actifs Gouvernement: Macroéconomie, prévention Impôts et aides Catastrophes et p. sociale Direction Commerce et Agriculture OCDE 9
3. Pourquoi les gouvernements interviennent? Efficacité : Les individus et les marchés ne réalisent pas, par euxmêmes, des transactions de risque qui seraient efficaces Choix social : équité / redistribution / certitude Les gouvernements accordent une valeur «sociale» à la réduction des impacts de certains risques Gouvernance de la gestion de risques Direction Commerce et Agriculture OCDE 10
EFFICACITÉ Est ce que les marchés de gestion de risque échouent en agriculture? Pouvoir de marché? Effets externes? Maladies épidémiques, contrôle d inondations... Risques «de catastrophes» et redressement rapide Information asymétrique? La réalité de la gestion de risques en agriculture Risques non systématiques : défaillance de connaissances Risques systémiques coûts de transaction Marchés incomplets Ceci n implique pas une défaillance du marché Est ce que le gouvernement peut améliorer le résultat du marché? Direction Commerce et Agriculture OCDE 11
ÉQUITÉ / CHOIX SOCIAL Est ce que le Gouvernement veut réduire les impacts de certains risques au delà de l efficacité? ÉQUITÉ : le gouvernement décide d aider les agriculteurs en situation de «stress» économique ou social. Critères de revenu ou de pauvreté, plus que le type d activité économique : politiques sociales La pauvreté structurelle requiert des mesures structurelles CHOIX SOCIAL : le gouvernement considère la gestion de certains risques comme de «sa responsabilité» ou établit des seuils maximaux pour certains risques. Chercher la solution la plus efficace Direction Commerce et Agriculture OCDE 12
Gouvernance et coûts de transaction (Coase 91) Nouvelle économie institutionnelle : information imparfaite, rationalité limitée et et coûts de transaction associés à une «transaction» due à l incertitude, la spécificité ou la fréquence (Williamson, 2005, 2009) «Coûts de mesure des attributs de ce qui est échangé» presque toujours liés à «l information» (Dixit, 1996) Rationalité limitée Information asymétrique (sélection défavorable et hasard moral) Possibilité de vérification, crédibilité... Formes de gouvernance (Williamson, 2005) : Institutions Marchés, hybrides, hiérarchie Hybrides : «mécanismes» (Hurwicz 2007), «contrats/règles» (Ostrom 2009) Avantage comparatif : stimulants, contrôle administratif, faire respecter Diverses institutions différent en ce qui concerne leurs coûts de transaction: «Économiser» les coûts de transaction Direction Commerce et Agriculture OCDE 13
Différentes «fourchettes» de risque Défaillance du marché Rétention du risque Probabilité Revenus Direction Commerce et Agriculture OCDE 14
Institutions pour la gouvernance du risque Coûts de transaction ($) A: GOUVERNEMENT C: MARCHÉ B: HYBRIDE D: EXPLOITATION Catastrophique Marché Normal risques K= Type de risque de catastrophe (k=0) à normal Direction Commerce et Agriculture OCDE 15
Gouvernance avec les institutions hybrides Coûts de transaction ($) A: GOUVERNEMENT B: HYBRIDE MARCHÉ/ GOUVERNEMENT D:EXPLOITATION Catastrophique «Hybride» Normal Risques K= Type de risque de catastrophe (k=0) à normal Direction Commerce et Agriculture OCDE 16
Ex ante 4. How do governments get involved? Création du marché Cadre et environnement économique stables Formation et information aux fermiers Production et partage d info. sur les risques Augmentation de la concurrence sur le marché des assurances Définition de la responsabilité dans la gestion de risques Partenariats privés/publics. Modification des stimulants du marché Subventions aux assurances, réassurances futures Participation dans des fonds mutuels Avantages pour les comptes d épargne Accès au crédit plus facile Interventions/régulations du marché de la production (stabilisation des prix) Réduction et mitigation des risques (uniformisation des revenus) Prévention des catastrophes (contrôle des inondations, etc.) Prévention de maladies des animaux (mesures nationales et aux frontières) Forme légale des fermes R&D de nouvelles variétés ou espèces Adaptation aux risques (uniformisation de la consommation) Tous les programmes de soutien à l agriculture Ex post Déclenchés ex post Décidés ex post Programmes anticycliques Système d impôts pour l uniformisation des revenus Mesures aux frontières et autres en cas de la déclaration d une maladie contagieuse Paiements ad hoc pour une récupération économique rapide Assistance sociale Soulagement des désastres (paiements subventionnés, crédit, etc.) Autres paiements ad hoc ex post
Difficile de séparer la gestion de risques et les soutiens Politiques de gestion de risques Facilitent l utilisation d instruments de marché Réduisent le risque Apportent un soutien ou une aide Bien-être du producteur Variabilité des revenus Revenus totaux Direction Commerce et Agriculture OCDE 18
Mesures «liées au risque» dans les PSE «Mesures spécifiquement conçues pour réduire la variabilité provenant des prix, des rendements, de la production ou des revenus ou pour stabiliser l accès à la consommation» Réduction des risques : soutien des prix (MPS), techniques productives, extension, inspection... Mitiger et affronter les risques : A priori : paiements anticycliques (variables), subventions aux assurances / opérations à terme / options, impôts sur les revenus, diversification A posteriori : aides pour les catastrophes... Direction Commerce et Agriculture OCDE 19
% PSE : MPS et paiements anticycliques % PSE MPS Paiements à taux variable Paiements à taux fixe Autres Direction Commerce et Agriculture OCDE 20
Mesures liées au risque en PSE : EU & USA Millions EUR Union Européenne États-Unis 1992-97 2002-07 1992-97 2002-07 Mesures de réduction des risques en PSE 58 005 51 308 14 109 13 352 Assistance technique/extension 163 401 1 902 3 005 Contrôle des nuisibles et des maladies 863 1 189 397 866 Soutien du prix de marché 56 773 49 454 11 476 9 240 Mesures de réduction des risques GSSE 164 605 713 928 Gestion de l eau 2 0 0 267 237 Inspection (GSSE) 164 605 446 691 Mitigation ex ante des risques/atténuation en PSE 367 469 2 948 5 879 Paiements variables basés sur output 3 210 157 211 2 650 Paiements variables basés sur A/An/R/I 3 actuel 8 5 2 325 0 Paiements variables basés sur A/An/R/I non actuel, production non requise 3 0 0 0 1 930 Subventions assurance 149 308 412 1 298 Mitigation ex post des risques/atténuation en PSE 418 1 131 553 856 Paiements pour mitigation des désastres 337 940 553 856 Assistance ad hoc 0 0 0 0 Assistance sociale/remplacement du travail 80 191 0 0 PSE total 91 397 104 094 24 089 31 860 Risque total lié aux mesures en PSE 58 790 52 909 17 610 20 087 % part dans le PSE total 64 51 73 63 Direction Commerce et Agriculture OCDE 21
Systèmes d assurances publiques / privées De nombreux pays ont des systèmes d assurance dotés d une intervention publique. Ils doivent répondre à des objectifs concrets EFFICACITÉ : réponses adaptées aux défaillances du marché Pouvoir du marché et information asymétrique : Information Concurrence Risques avec d éventuelles effets externes (maladies et catastrophes) Est ce que l assurance est la façon la plus efficace d offrir un dédommagement? «ÉQUITÉ» : Identifier l objectif et chercher les formules les plus efficaces GOUVERNANCE : Partenariats publics / privés Réduction des coûts de transaction Direction Commerce et Agriculture OCDE 22
5. Dilemmes et principes de politique publique dérivés de l approche holistique
Dilemme 1 : Crowding out Déplacement ou crowding out et crowding in Si le gouvernement assure un risque, il peut déplacer les stratégies de marché ou d exploitation Les interventions sur les prix déplacent les marchés des opérations à terme Les assurances trop subventionnées peuvent déplacer les stratégies privées (assurances, diversification ) Ajustement structurel Il existe un potentiel pour attirer des stratégies privées : Information et symétrie Direction Commerce et Agriculture OCDE 24
Dilemme 2 : aides aux catastrophes Aides a priori vs a posteriori Économie politique : les programmes a priori réduisent les aides d urgence a posteriori (Innes, 2003). L évidence empirique n est pas claire : Les subventions destinées aux assurances aux États Unis (depuis 1980) n ont pas remplacé l aide d urgence (Glauber, 2004) Les pays de l UE avec le moins de frais en assurance dépensent plus en aides d urgence pour catastrophes (Garrido et Bielza, 2008) Direction Commerce et Agriculture OCDE 25
Dilemme 3 : conflit d objectifs Les politiques de gestion de risques font fréquemment face à des objectifs entrant en conflit : Réduction du risque ou amélioration du bien être des producteurs : Amélioration du bien être : efficacité dans le transfert des revenus avec paiements découplés Réduction de risques : politiques qui soient efficaces face au risque. Direction Commerce et Agriculture OCDE 26
Dilemme 4 : effets sur la production Conflit avec l objectif général de réduire les distorsions dans la production et le commerce Tous les programmes de soutien liés à la valeur de variables concernant la production ou le prix de l année en cours auront des effets sur la production : Effet prix Effet assurance Direction Commerce et Agriculture OCDE 27
Principes orientant les politiques de risque Renforcer la responsabilité individuelle du producteur dans le cadre de la gestion de risques, celle ci faisant partie de la gestion de son activité. Faciliter le fait que les producteurs profitent des corrélations entre risques, rendements d actifs et sources de revenus. Améliorer la disponibilité d un éventail d instruments, y compris les instruments de marché, pour que chaque producteur choisisse son «portefeuille» de stratégies. Faciliter le flux d information concernant les risques en agriculture et la création de bases de données, les connaissances et le capital humain Avant de créer une nouvelle politique, y regarder à deux fois car il existe déjà au sein de l OCDE de nombreux instruments disponibles en interaction Éviter le risque institutionnel Direction Commerce et Agriculture OCDE 28
Merci beaucoup Direction du Commerce et de l Agriculture Site: www.oecd.org/agriculture/policies/risk Pour nous contacter : jesus.anton@oecd.org tad.contact@oecd.org Direction Commerce et Agriculture OCDE 29