Hydrologie statistique et reconstitution des régimes naturels



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Transcription:

Hydrologie statistique et reconstitution des régimes naturels Eric SAUQUET Unité de Recherche Hydrologie-Hydraulique Cemagref Lyon 26 avril 2010 Givors Journée «Gestion quantitative de la ressource»

Contexte Absence de cadre de référence d une hydrologie «naturelle» spatialisée en France malgré des besoins de gestion quantitative clairement identifiés Deux questions techniques à traiter : - affecter des débits de référence à des tronçons en extrapolant des valeurs connues en quelques points du réseau hydrographique - reconstruire sur des sites anthropisés des débits naturels Pas de technique universelle Vision pragmatique : il faut adapter la (les) méthode(s) au contexte climatique et aux données disponibles Objectif de la présentation : quelques rappels et guides issus de projets de recherche et expertises

Les variables hydrologiques (1/2) En France, les variables hydrologiques privilégiées sont : le débit mensuel minimal annuel de fréquence quinquennale sèche, i.e. ayant une probabilité 1/5 chaque année de ne pas être dépassé (noté QMNA5) le débit moyen minimal continu sur d jours dans l année de période de retour T (noté VCNdT). Les quantiles biennaux et quinquennaux secs de durées 3 et 10 jours sont présents dans les fiches de synthèse de la banque HYDRO (http://www.hydro.eaufrance.fr/)

Les variables hydrologiques (2/2) Les Suisses utilisent la variable Q347, baptisée Q95 dans la littérature technique anglophone, quantile extrait de la courbe des débits classés (CDC) associé à la probabilité de dépassement de 95%. Les Américains exploitent deux VCN particuliers : les 7Q10 et 7Q2, qui correspondent respectivement aux VCN7J(10) et VCN7J(2). Extrait de «Pyrce R., 2004. Hydrological Low Flow Indices and their Uses. WSC Report No. 04-2004, August 2004» Définition Référence Moyenne des débits mensuels minimums de tous les mois (m3/s) Wood et al. (2000) Moyenne des débits journaliers minimaux dans l année divisée Wood et al. (2000) par la moyenne interannuelle du débit journalier médian de chaque année Médiane des débits journaliers minimaux dans l année divisé par Clausen et al. (2000) la moyenne interannuelle du débit journalier médian de chaque année. Moyenne des débits minimaux dans l année divisé par la surface drainée (m3/s/km²) Moyenne des débits journaliers minimaux dans l année divisée Poff and Ward (1989) par la moyenne interannuelle du débit journalier moyen de chaque année Ratio du volume généré par l écoulement de base divisé par le Clausen and Biggs (1997, 2000), volume total écoulé Clausen et al. (2000) Débit moyen sur 7 jours minimal divisé par la moyenne Richter et al. (1998) interannuelle du débit journalier moyen de chaque année Moyenne interannuelle du rapport du débit journalier minimal Poff (1996) dans l année divisé par la moyenne des débits journaliers sur l année Quantile de débit moyen minimal dans l année continu sur les Richter et al. (1996, 1997, 1998) durées de 1, 3, 7, 30 et 90 jours Moyenne des débits moyens minimaux dans l année continus sur Clausen et al. (2000) les durées de 1, 7 et 30 jours, divisés par le débit médian Moyenne interannuelle des rapports entre quantiles issus de la Clausen and Biggs (1997, 2000), courbe des débits classés de fréquence au dépassement de 75 Clausen et al. (2000) ou 90% de l année divisée par la médiane Q50 de l année (Q75/Q50 ou Q90/Q50) Durée moyenne des événements sous un seuil spécifique Richter et al. (1996, 1997, 1998) Nombre de jours moyen avec débit nul Poff and Ward (1989), Poff (1996), Richter et al. (1997)

Les exemples autrichien et suisse Stratégie à adopter pour l estimation du Q95 selon le type de données disponible en Autriche (extrait de Laaha et Blöschl, 2007) Site peu jaugé Données Ajustement temporel Site jaugé Données Site non jaugé Caractéristiques de bassin Regroupement Regroupement Indicateur saisonnalité Ajustement spatial Incertitudes Incertitudes Incertitudes Carte des variables et carte des incertitudes Support cartographique (extrait de http://hydrant.unibe.ch/hades/hades_fr.htm)

La recherche de bassins témoins similaires ou la quête du A la base de toutes les méthodes d estimation en site non jaugé : recherche de bassins hydrologiquement proches qui auraient le même comportement que le bassin non jaugé et in fine les mêmes statistiques Ces bassins témoins forment des régions «homogènes». La question de leur élaboration est délicate. Il peut s agir d un voisinage fixe, sous forme de régions homogènes contiguës ou non, ou de voisinages glissant. Nécessité de construire un critère de similitude pertinent fondé par exemple sur des variables auxiliaires. Aucun découpage ne peut se prétendre universel : il est associé à la variable hydrologique pour lequel il a été construit (donc doit être renouvelé lorsqu une autre variable est étudiée), il est fonction du degré d expertise de l hydrologue et du critère de similitude entre bassins. Les questions soulevées lors de la construction des régions homogènes n ont pas de réponse immédiate, ce sont les résultats qui a posteriori valideront les choix.

Quelles régions? Régions contiguës Régions non contiguës x x x x x x x x x Région 1 Région 2 Région 3 Station non jaugée Les bassins sont proches dans un espace hydrologique qui n est plus l espace géographique classique

Un exemple français Les courbes de débits classés (CdC) : typologie basée sur un assemblage des HER de niveau II en 20 régions hydrologiques CdC normée par QA Fréquence au dépassement Cf. travaux Onema-Cemagref (Catalogne et Sauquet, 2010)

Un exemple anglais Mesure de la similitude entre bassins distance(bassin i ; bassin j ) = fonction(s i -S j ; PA i -PA j ; BFIHOST i -BFIHOST j ) avec S : surface de bassin versant ; PA : pluviométrie annuelle moyenne (mm) et BFIHOST : indice caractérisant les sols Proportion S (km²) PA (mm) BFIHOST Localisation des bassins voisins du site non jaugé Extrait de «Statistical procedures for flood frequency estimation» (CEH, 1999)

Estimation en site non jaugé q* (1/2) Exploitation des débits de référence connus q des N bassins jaugés de la région N q* ( A) = 0 λ iq( A) avec A 0 bassin non jaugé et A i, i= 1,, N, bassins jaugés Plusieurs options : i=1 λ i = 1 l estimation est donnée par la moyenne des valeurs λ i = fonction de la distance l estimation est une moyenne pondérée et les poids peuvent être déduits d un système matriciel faisant apparaître les corrélations spatiales (cf. méthodes géostatistiques) ou plus simplement être définis par l inverse de la distance i

Estimation en site non jaugé q* (2/2) Exploitation des formules empiriques calées sur les débits de référence connus q des N bassins jaugés de la région : avec A 0 bassin non jaugé et Y(A), i= 1,, M caractéristiques connues sur le bassin A Plusieurs options : q* ( A 0 ) = f(y 1 (A 0 ), Y 2 (A 0 ),, Y M (A 0 )) f est donnée par une régression linéaire f est donnée par un modèle puissance ou autres formulations empiriques??? ( A) = α 0 iy( A 0 ) - Couplage possible avec le schéma d interpolation précédent (interpolation du résidu = la part non expliquée par la formule empirique) M q* M i=1 ( A) = α0[y( A0)] 0 q* Π i=1 α i

Le débit mensuel minimal de période de retour 5 ans Résultats exploitant les HER de niveau II, des formules empiriques et interpolation des résidus Cf. travaux Onema-Cemagref en cours (Plasse et Sauquet, 2010) 0 > 10 mm/mois Permet de dégager des grands contrastes à l échelle du territoire

L interpolation en résumé (1/2) Quelques précautions d usage Choisir des variables auxiliaires dans les relations empiriques ayant un sens en termes de processus hydrologiques et vérifier le réalisme des coefficients associés à ces variables (dans les formulations linéaire ou puissance) Plus une variable est caractéristique d extrême hydrologique, plus elle est difficile à estimer Valider les procédures sur des débits exprimés en l/s/km² ou mm/mois 100 10 Q = 0.066 S 0.8505 R 2 = 0.89 0.0663 0.0663 Q 1 1 10 100 1000 0.1 Q estimé spécifique 0.0662 0.0662 0.0661 0.01 Surface 0.0661 0.000 0.020 0.040 0.060 0.080 0.100 0.120 0.140 0.160 Q obs spécifique Appréciation plus exigeante sur les débits spécifiques

L interpolation en résumé (2/2) Quelques précautions d usage Difficulté d insérer les variables géologiques Attention à la connaissance des données auxiliaires (parfois elles aussi extrapolées) - ex. en montagne, la pluie est mal appréciée en altitude - s appuyer sur une donnée incertaine peut être dangereux Choix de la procédure à conserver (modalité de construction de la région, formulation mathématique de la relation empirique, ) en validation croisée : une station du jeu de données de référence est exclue, une estimation est fournie sur la base des stations restantes et est comparée au débit effectivement observé. C est la seule preuve de la pertinence des formules et une opération permettant le calcul des incertitudes Exploiter si possible des «jaugeages épisodiques», mesures ponctuelles au droit de sites non jaugés quand l incertitude est inacceptable (quelques jaugeages en étiage sur quelques années peuvent permettre une meilleure estimation que l interpolation)

La reconstitution de régimes naturels Rares sont les bassins sans influences humaines, malgré les commentaires de la banque HYDRO Exemple pathologique : le bassin versant de la Garonne à Lamagistère (32350 km²) et huit autres sous bassins versants Montréjeau Neste Lamagistère Loubéjac Portet Villemur Roquefort Lavaur Foix Millau Ariège Aveyron Tarn Agout Besoin de reconstruire une hydrologie naturelle pour les besoins de modélisation sous changement climatique Garonne Salat Hydroélectricité Irrigation Principales retenues Canaux Centrale nucléaire de Golfech

Les données Effort de collecte de données conséquent mais certainement incomplet Priorité donnée aux grandes sources de perturbation et aux transferts inter-bassins Facilité d accès : voies navigables / CNPE Golfech Données exploitées : Données hydrométriques (EDF, HYDRO) Réanalyse SAFRAN (Météo-France) Données d usage (prélèvements, source Agence de l Eau Adour Garonne, variations des réserves, source EDF) Répartition prélèvements par type d usage Total : 826.4 Mm3 en 2006 Bilan : correction des grandes influences saisonnières (grandes réserves hydro-électriques, prélèvements agricoles)

Correction de l irrigation (1/2) Information disponible sur quelques années, pas de vision des prélèvements à l échelle journalière Nécessité : d un modèle pour quantifier le besoin en eau de la plante de traduire dans le temps la soustraction à la ressource (représentation par une réserve globale simulant le remplissage/la vidange des stocks collinaires) Vol. tot. (hm3) 50 40 30 20 10 0 Evolution des prélèvem ents 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 Année % 80 60 40 20 0 Origine de l'eau prélevée Nappe phréatique (%) Eau de surface (%) Collinaire (%) 1998 2000 2002 2004 2006 Année

Correction de l irrigation (2/2) Modèle de bilan hydrique à deux réservoirs et un horizon Quantité quotidienne nécessaire pour que la plante ne subisse pas de stress hydrique S(t) = S(t-1)+ P(t)+ Irr(t)- ETR(t)- D(t) avec : P : précipitation Irr : apports par irrigation D : part d eau perdue par drainage S : évolution du stock d eau dans la réserve utile Besoin en eau d'irrigation des cultures Demande en eau d'irrigation de l'agriculteur (Stress "accepté") Prélèvements en eau d'irrigation Eaux de surface Retenues Nappes souterraines Climat (précipitation - température) Surfaces irriguées Gestion (volumétrique ) Caractéristiques pédologiques Objectifs de production Restrictions Type d'assolement irrigué Contraintes d'exploitation Nature et disponibilité de la ressource

Correction l hydroélectricité Exploitation possible du bilan des aménagements Approche comptable : Cas simple! Exemples : l Ariège à Foix Q + naturalisé( t) Qobservé( t) Res( t) = Retenues Jour et la Garonne à Valentine corrigée de l hydro-électricité et de la dérivation Neste vers l Adour Jour

Bilan (1/2) Débits mensuels moyens observés et naturels reconstitués (période maximale 1970-2005) Débit mensuel moyen (m3/s) Débit mensuel moyen (m3/s) 0 20 60 100 0 20 40 60 80 La Garonne à Valentine 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) Le Salat à Roquefort-sur-Garonne Débit mensuel moyen (m3/s) Débit mensuel moyen (m3/s) 0 100 200 300 0 20 40 60 La Garonne à Portet-sur-Garonne 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) Le Tarn à Millau Débit mensuel moyen (m3/s) Débit mensuel moyen (m3/s) 0 50 150 250 0 20 40 60 80 100 Le Tarn à Villemur-sur-Tarn 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) L'Aveyron à Loubejac régime naturel débits observés aux stations Débit mensuel moyen (m3/s) 0 20 40 60 80 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) L'Ariège à Foix Débit mensuel moyen (m3/s) 0 20 40 60 80 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) L'Agout à Lavaur Débit mensuel moyen (m3/s) 0 200 400 600 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) La Garonne à Lamagistère 2 4 6 8 10 12 2 4 6 8 10 12 2 4 6 8 10 12 Mois (1 : janvier - 12 : décembre) Mois (1 : janvier - 12 : décembre) Mois (1 : janvier - 12 : décembre) Effets de cette correction sur les étiages de la Garonne à Lamagistère : le débit moyen d août est égal à 150 m3/s dans sa configuration naturelle contre 110 m3/s en contexte influencé ; le QMNA5 est égal à 100 m3/s en configuration naturelle contre 80 m3/s en contexte influencé

Bilan (2/2) Les influences agricoles ont dû être modélisées car peu de données mesurées L influence de l hydroélectricité est limitée aux ouvrages soit à influence saisonnière, soit organisant des transferts entre bassins A l échelle du territoire et sur la période 1970-2005, seule la période [1990-1997] U [1999-2000] permet de construire un jeux de témoins naturels du fait du croisement de la disponibilité des différentes sources de données Effort sur trois ans!!!

La reconstitution en résumé (1/2) Hiérarchiser les usages et leurs impacts Remonter aux besoins exprimés et en déduire sous hypothèses les consommations réelles Difficulté réelle de reconstituer une hydrologie naturelle nécessite une modélisation physique distribuée des différents compartiments participants au cycle de l eau S appuyer sur les données les plus récentes (des vraies «mesures», cf. redevance des agences) et exploiter des «proxy» pour remonter dans le temps Travail délicat, dont nous ne connaissons pas les incertitudes exactes

La reconstitution en résumé (2/2) La modélisation hydrologique peut elle nous sauver? Modèle pluie-débit : outil de simulation des débits à l exutoire d un bassin versant à partir de variables météorologiques Variables d entrée (pluie, température, évapotranspiration potentielle) 50 40 30 20 10 0 01/01/93 01/01/94 01/01/95 4 3 2 1 0 01/01/93 01/01/94 01/01/95 Modèle pluie-débit (paramètres, variables internes) Variables de sortie : débit (autres variables plus délicates à valider) 30 25 20 15 10 5 0 01/01/93 01/01/94 01/01/95 A CALER sur des débits naturels A INTERPOLER en site non jaugé

Bibliographie Interpolation des débits de référence : Plasse J, Sauquet E., 2010. Interpolation des débits de référence d étiage. Rapport d étude, Cemagref, mai 2010, 166 pages. Catalogne C., Sauquet E., 2010. Interpolation des courbes des débits classés. Rapport d étude, Cemagref, mai 2010, 97 pages. Note sur les débits réservés (actualisation note technique loi Pêche) prévue en juin 2010 Jaugeages épisodiques : Chopart S., Sauquet E., 2008. Usage des jaugeages volants en régionalisation des débits d étiage. Revue des sciences de l'eau, 21(3)-267-281 Centre de documentation du Cemagref : http://cemadoc.cemagref.fr/basepubli.html Projet Imagine2030 «Climat et aménagements de la Garonne : Quelles incertitudes sur la ressource en eau en 2030?» : http://www.cemagref.fr/le-cemagref/lorganisation/les-centres/lyon/ur-hhly/hydrologiedes-bassins-versants/projets/programme-abrisque-decision-territoirebb-du-ministerede-l2019ecologie-et-du-developpement-durable-ressources-en-eau-sur-le-bassin-dela-garonne