La leucémie lymphoïde chronique (LLC)

Documents pareils
EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

Innovations thérapeutiques en transplantation

Vaccinologie et Stratégie de Développement des Vaccins

Explorations des réponses Immunitaires. L3 Médecine

82 collaborateurs 52 millions

Item 127 : Transplantation d'organes

Cibles et mécanismes d action des traitements par cytokines et anti-cytokines

IMMUNOLOGIE. La spécificité des immunoglobulines et des récepteurs T. Informations scientifiques

Hépatite chronique B Moyens thérapeutiques

Anticorps, vaccins, immunothérapies allergéniques tout savoir sur les progrès de l immunothérapie en 20 questions

ANEMIE ET THROMBOPENIE CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS D UN CANCER

Mécanismes moléculaires à l origine des maladies autoimmunes

Transgene accorde une option de licence exclusive pour le développement et la commercialisation de son produit d immunothérapie TG4010

Première partie: Restitution + Compréhension (08 points)

La Greffe de Cellules Souches Hématopoïétiques

QUELLES SONT LES OPTIONS DU TRAITEMENT DE LA LMC?

ACTUALITES THERAPEUTIQUES. Dr Sophie PITTION (CHU Nancy) Metz, le 2 Juin 2012

Observer : l'absence de noyau des hématies la petite taille des plaquettes la forme et la taille des noyaux (leucocytes) ACTIVITES ELEVES TS

Optimisation grâce aux Systèmes Immunitaires Artificiels

Mécanismes de l alloréactivité, des rejets de greffe et de la réaction du greffon contre l hôte.

Leucémie Lymphoïde Chronique

Service de Biothérapies

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

Profil médico-économique de plerixafor en remobilisation dans le myélome multiple

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Vaccins du futur Atelier «Croisière dans l archipel des nouveaux vaccins»

Biomarqueurs en Cancérologie

Lymphome non hodgkinien

Les cytokines et leurs récepteurs. Laurence Guglielmi

Item 116 : Maladies autoimmunes

ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES. MEMOIRE Présenté par Caroline FLAMENT

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

Cytokines & Chimiokines

Dossier «Maladies du sang» Mieux les connaître pour mieux comprendre les enjeux liés au don de sang

- 2 - faire industriel dans la mise au point des produits biologiques. L Institut Roche de Recherche et Médecine Translationnelle (IRRMT, basé à

Immunothérapie des cancers bronchiques

Des déficiences présentes

LE CANCER C EST QUOI? QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE UN ORGANE NORMAL ET UN ORGANE ATTEINT PAR LE CANCER? Organe normal Organe précancéreux Cancer

Le don de moelle osseuse :

DON DE SANG. Label Don de Soi

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

Le Don de Moelle Ça fait pas d mal!

Université de Provence Aix-Marseille I

LA MALADIE DE WALDENSTRÖM expliquée au néophyte

Christian TREPO, MD, PhD

Médicaments du futur : Tendances et enjeux. Nicolas PY, Debiopharm International forumofac.14 26/09/2014

Les facteurs de croissance lignée blanche Polynucléaires neutrophiles Grastims

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

1) Immunothérapie non spécifique. 3) Immunothérapie spécifique «adoptive» 4) Vaccination thérapeutique

INAUGURATION LABORATOIRE DE THERAPIE CELLULAIRE 16 FEVRIER 2012 DOSSIER DE PRESSE

Production d effecteurs immuns. Veronique DECOT, MCU-PH UTCT (Unité de Thérapie Cellulaire et Tissus) CHU de Nancy

Dr Pascale Vergne-Salle Service de Rhumatologie, CHU de Limoges. Membre enseignant chercheur EA 4021

Innovation. Research. Care. Excellence. Dans ce numéro

COUSIN Fabien KERGOURLAY Gilles. 19 octobre de l hôte par les. Master 2 MFA Responsable : UE Incidence des paramètres environnementaux

Virus de l hépatite B

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

L EMEA accepte d évaluer la demande d autorisation de mise sur le marché de la LENALIDOMIDE

Principales causes de décès selon le groupe d âge et plus

CONTROVERSE : IDR OU QUANTIFERON LORS D'UN CONTAGE EN EHPAD?

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 3 septembre 2008

La maladie de Huntington, une maladie du cerveau

TEST DE DÉTECTION DE LA PRODUCTION D INTERFÉRON γ POUR LE DIAGNOSTIC DES INFECTIONS TUBERCULEUSES

Cytokines ; Chimiokines

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

Thérapies ciblées en Onco-Hématologie

Sommaire de la séquence 8

Les Applications industrielles et commerciales des cellules souches. Inserm Transfert Pôle Création d Entreprises

Introduction générale

Petit Vademecum Dr Pierre Vereecken Services de Dermatologie Erasme/Bordet/Brugmann

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE 16, RUE BONAPARTE PARIS CEDEX 06 TÉL : FAX :

Y a-t-il une place pour un vaccin thérapeutique contre l hépatite B? H. Fontaine, Unité d Hépatologie Médicale, Hôpital Cochin

Marchés des groupes à affinités

Chapitre III Le phénotype immunitaire au cours de la vie

MAB Solut. vos projets. MABLife Génopole Campus 1 5 rue Henri Desbruères Evry Cedex. intervient à chaque étape de

VIABILITE DES GREFFONS DE CELLULES SOUCHES NON CRYOPRESERVES A UNE TEMPERATURE DE 4 C

Enseignement de Virologie (part. 2) Pr. Y. BAKRI Plan du cours

Transplantation de cellules souches du sang

TITRE : On est tous séropositif!

THÈSE. Docteur. l Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l Environnement (Agro Paris Tech) Leïla Périé. le 14/10/2009

Mécanisme des réactions inflammatoires

ÉTUDE DES CELLULES PRODUCTRICES D INTERFÉRON DE TYPE I DANS LA LYMPHE DRAINANT LES MUQUEUSES ORO-NASALES OU LA PEAU CHEZ LE MOUTON

F.Benabadji Alger

SERVICE PUBLIC FEDERAL, SANTE PUBLIQUE, SECURITE DE LA CHAINE ALIMENTAIRE ET ENVIRONNEMENT COMMISSION DE BIOLOGIE CLINIQUE RAPPORT GLOBAL

plan Transplantation d organe 2 types de donneurs 05/05/ Le don d organe 2 Prise en charge immunologique 3 Le rejet

Service d Hématologie clinique et Thérapie cellulaire Bâtiment Médico-Chirurgical - 3 ème et 4 ème étages

Système immunitaire artificiel

Prise en charge des dysplasies et carcinomes in situ de la surface oculaire au CHT de Nouvelle-Calédonie

Comprendre les lymphomes non hodgkiniens

+ Questions et réponses

TECHNIQUES D AVENIR LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING

Guide de Mobilisation. de cellules souches pour mon. Autogreffe AVEC LE SOUTIEN DE. Carnet d informations et de suivi pour le patient et sa famille

TOUJOURS P L U S D E R E C H E R C H E

LES DÉFICITS IMMUNITAIRES COMBINÉS SÉVÈRES

Le don de cellules souches. M.Lambermont Pascale Van Muylder

Comment se déroule le prélèvement? Il existe 2 modes de prélèvements des cellules souches de la moelle osseuse:

TD de Biochimie 4 : Coloration.

Cellules souches hématopoïétiques

Transcription:

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) La plus fréquente des hémopathies : 3 nouveaux cas / 100000 habitants / an Pas de facteur favorisant connu Adultes âgés (>65 ans), sexratio = 2/1 Accumulation de lymphocytes B clonaux dans le sang, la moelle osseuse, les organes lymphoïdes Lymphocytes B particuliers : CD19+/CD5+ Cellules matures, mémoire ou naïves Avec ou sans mutation des gènes des chaînes lourdes des immunoglobulines

Traitements actuels Chez les patients présentant une forme agressive Ciblage des cellules tumorales par anticorps anti-cd20 (Rituximab) associé à la Fludarabineet au Cyclophosphamide Essais de ciblage par anti-cd52 (Campath), toxicités importantes Permettent de réduire considérablement la masse tumorale Réemergence des cellules malignes Recherche de thérapies adjuvantes en fin de première ligne

Voies de recherche Basées sur les caractéristiques des cellules B tumorales En prenant en compte le caractère clonal de la prolifération : les cellules présentent un idiotope homogène, «signature» de la tumeur Hypothèse séduisante d une vaccination anti-tumorale Ciblant l idiotope anormal En surmontant le déficit immunitaire associé à la LLC Après élimination de la majorité de la masse tumorale En permettant une accessibilité aux territoiressanctuaires

Caractéristiques des lymphocytes B de la LLC

Clone de cellules B CD5+ CD23 CD19 + CD5 + CD19 CD5 COOH CD23 + CD20 lo CD22 lo/- CD79 lo/- ITAM CD22 NH2 sig lo/- CD20 or BCR ITIM ITIM ITAM ITIM ITIM

Les cellules de la LLC sont proches des lymphocytes B1 CD19/CD5/CD23 +/- /CD43 lo Prédominants à la naissance Persistants dans le péritoine, les amygdales et la rate Chez l adulte : 10 à 25% des cellules B périphériques De 1 à 4 10-4 globules blancs Cellules de l immunité innée

Production spontanée d anticorps indépendamment de signaux T IgMde faible affinité, potentiellement autoréactives Implication dans les stigmates autoimmuns des LLC? Fonctions régulatrices identifiées plus récemment Implication dans le déficit immunitaire des LLC?

Stimulation T-indépendante Autres stimuli possibles Récepteurs de l immunité innée Pattern recognition receptorsprr : Toll-like Receptors TLR C-type lectine Receptors CLR NOD-Like Receptors NLR Stimulation par les antigènes de l environnement Essentiellement microbiens Pathogen-associated microbial patterns PAMPS

Dix TLRs ont été identifiés chez l homme Ils reconnaissent des PAMPs spécifiques Lipopeptide Peptidoglycanes + lipoprotéines + lipopeptides dsarn viral LPS +. Acide lipoteichoique Flagelline ssarn + imidazoquinolines Lipoprotéines ssrna + imidazoquinolines CpG non méthylés (ADN bactérien)?

Expression des TLR Sur les monocytes/macrophages Sur les cellules dendritiques Sur les lymphocytes B Lymphocytes B normaux Lymphocytes B1? Lymphocytes B de LLC?

TLR et cellules de LLC Identification de l expression d ARNm de TLR Quelques travaux sur l expression protéique en cytométrie de flux Grandjenette 2008 16 14 12 10 8 6 4 SANG AMYGDALES LLC 2 0 TLR-2 TLR-3 TLR-4 TLR-6 TLR-7 TLR-9 TLR-10

TLR, immunité innée et immunité adaptative TLRs-PAMPs recognition Activation of naive T-cells/ TH-1 Expressionof costimulation and presentation molecules Effet sur les propriétés de présentation des antigènes des lymphocytes B?

Expression de TLR-7 et TLR-9 Ligands synthétiques disponibles Imidazoquinolines Imiquimod Oligonucléotides C poly G : CpG ODN Utilisables pour tester la fonctionnalité des TLR en ciblant les cellules de LLC

Pas de différence entre les B CD19+/CD5- Patients Sujets contrôles CD19-PC7 CD19-PC7 CD19+/CD5+ CD5-PC5 CD19+/CD5- CD19+/CD5- CD19+/CD5+ MFI relatives 16 14 12 10 8 6 4 2 Sujets sains Patients atteints de LLC-B 0 TLR-7 TLR-9 TLR-10 CD5-PC5

Différence caractéristique des cellules tumorales CD19+/CD5- CD19+/CD5+ Sujets sains Patients Sujets contrôles CD19-PC7 CD19-PC7 CD5-PC5 CD19+/CD5- CD19+/CD5+ MFI relatives 28 24 20 16 12 8 4 Patients atteints de LLC-B 0 TLR-7 TLR-9 - TLR-10 - CD5-PC5

TLR-7 et TLR-9 Pistes pour une thérapie ciblée? Caractéristiques fonctionnelles?

Ligands de TLR-7 dans la littérature Imidazoquinolines utilisées en topique (Aldara ) Infections à papilloma virus ou herpès Traitement des carcinomes basocellulaires Un cas rapporté de lymphome cutané Quelques travaux dans la LLC Spaneret al 2006, Hammadiet al 2008, protection contre l apoptose à faibles doses Activité proapoptotiquedans les basocarcinomes, le mélanome ou les tumeurs vasculaires à plus fortes doses (Schon et al, 2007) Spaner2006, 2007 : activation cellulaire, augmentation de la sensibilité des cellules de LLC aux lymphocytes cytotoxiques Spaner2011 : essai thérapeutique de phase I/II, patients agressifs, masse tumorale parfois très importante, probablement sous-dosé

LLC, TLR-7 et Imiquimod Mesure de l apoptose par méthode TUNEL Accélération de l apoptose spontanée à partir de 5 µg/ml Contrôle PMA IMQ 2 µg/ml IMQ 5 µg/ml IMQ 10 µg/ml IMQ 20 µg/ml 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 J0 J1 J2 J3 Spaner et al. imidazoquinoline, S28690 + PMA

LLC, TLR-7 et Imiquimod Activation cellulaire modérée Surtout HLA-DR et CD40 HLA-DR CD40 MFI relative P<0.05 versus Medium J1 J2 J3 Contrôle PMA IMQ 2 µg/ml IMQ 5 µg/ml IMQ 10 µg/ml IMQ 20 µg/ml

LLC, TLR-7 et Imiquimod Autres résultats (Cf. Min Chen) Peu de prolifération cellulaire mesurée en CFSE (Min Chen) Production de cytokines proinflammatoires(min Chen) Surtout IL-6 et IL-8 Concordant avec les quelques résultats de la littérature En résumé, au-delà de 5 µg/ml Activation spécifique Production de cytokines Apoptose rapide

Ligands de TLR-9 dans la littérature Les CpG ODN miment les interactions naturelles entre de l ADN bactérien et TLR-9 Ils sont utilisés comme adjuvants de vaccins ou en cytogénétique Les ODN CpGde type C combinent les effets des ODN de type B et A : production d IFN de type I par les cellules dendritiques plasmacytoïdes et activation des cellules B Dans la LLC Decker et al. 2000, 2002, proliferation Lianget al., 2010, CpG ODN type B (0.1-10 µg/ml) : apoptose, production d IL-10

LLC, TLR-9 et CpGODN Mesure de l apoptose par méthode TUNEL Protection contre l apoptose spontanée % de cellules en apoptose 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 J0 J1 J2 J3 Contrôle PMA GpC ODN CpG ODN 0.25 μm CpG ODN 0.5 μm CpG ODN 1 μm

LLC, TLR-9 et CpGODN Activation cellulaire importante CpG ODN 1 µm CD83 CD86 J1 J2 J3 Contrôle PMA GpC ODN CpG ODN 0.25 µm, P < 0.05 versus Medium;, P < 0.05 versus GpC ODN. CpG ODN 0.5 µm Relative MFI CD80 HLA-DR 9 13.8 CD40 J1 J2 J3

LLC, TLR-9 et CpGODN Autres résultats (Cf. Min Chen) Prolifération cellulaire mesurée en CFSE Faible production de cytokines (Grandjenette) En résumé: Survie cellulaire Activation importante

Au total Imiquimod CpG ODN

Cindy Grandjenette Min Chen Marcelo de Carvalho Bittencourt Gilbert Faure Pierre Feugier Aurore Perrot