Critères d évaluation médico-économique



Documents pareils
Un coût, des coûts, quels coûts?

First Line and Maintenance in Nonsquamous NSCLC: What Do the Data Tell Us?

Choix méthodologiques pour l évaluation économique à la HAS

L axe 5 du Cancéropole Nord Ouest

Suivi ADOM. Claude Boiron Oncologie Médicale

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

METHODOLOGIE GENERALE DE LA RECHERCHE EPIDEMIOLOGIQUE : LES ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES

Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Entretiens Pharmaceutiques en Oncologie : Où en sommes nous en 2014, au CHPC

EVALUATION DES TECHNOLOGIES DE SANTÉ ANALYSE MÉDICO-ÉCONOMIQUE. Efficacité et efficience des hypolipémiants Une analyse centrée sur les statines

Guide pratique : Je maitrise mon image sur les médias sociaux!

De meilleurs soins :

Format de l avis d efficience

Pistes pour une évaluation économique des politiques de prévention en santé au travail

Études épidémiologiques analytiques et biais

La recherche clinique de demain ne se fera pas sans les paramédicaux

Qu est-ce qu un sarcome?

Nouveaux rôles infirmiers : une nécessité pour la santé publique et la sécurité des soins, un avenir pour la profession

SEP 2B juin 20. Guide méthodologique de calcul du coût d une prestation

Comparaison des états financiers d une entreprise et d une banque

Valeur ajoutée relative basée sur les comparaisons indirectes Giens 2008, TR 5

Réseau sur. Médicaments. l Innocuité et l Efficacité des. Document d orientation pour la présentation de requêtes au RIEM

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

Contenu. Introduction. Établissement des priorités pour l élaboration des indicateurs. Retrait de certains indicateurs. Répondants au sondage

Télé-expertise et surveillance médicale à domicile au service de la médecine générale :

Pemetrexed, pionnier de la chimiothérapie histoguidée. Dr Olivier CASTELNAU Institut Arnault TZANCK ST Laurent du Var

Tarif et modifications tarifaires dans la loi sur l assurance-maladie (LAMal)

Évaluations aléatoires : Comment tirer au sort?

OFFRE COMMERCIALE D ASSURANCE

La démarche qualité. Un nouveau mode de management pour l hôpital

Comment valoriser une entreprise et sur quels critères? ISEC 22 novembre 2011 Evaluation d entreprises

La formation comme levier de changement des pratiques

LE FINANCEMENT DES HOPITAUX EN BELGIQUE. Prof. G. DURANT

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

Utilisation des médicaments au niveau des soins primaires dans les pays en développement et en transition

Le Data WareHouse à l INAMI Exploitation des données

L hôpital dans la société. L expérience du CHU de Paris, l AP HP. Pierre Lombrail, Jean-Yves Fagon

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

STRATEGIES-ICMC. Ins tut de Communica on et Méthodologie du Changement

Evaluation de critères res de substitution de la survie globale dans les cancers bronchiques localement avancés

Protection Maternelle et Infantile Santé scolaire (33b) Professeur Dominique PLANTAZ Septembre 2004

Document d information dans le cadre de l installation d un cyclotron. à Saint-Louis

Statistiques Canadiennes sur le Cancer, et HMR sur le poumon

La survie nette actuelle à long terme Qualités de sept méthodes d estimation

e-santé du transplanté rénal : la télémédecine au service du greffé

Catalogue formations. Conseil et services Monétique et transactions électroniques sécurisées

Inégalités sociales de santé et accès aux soins. Inégalités sociales de santé et protection sociale Psychomot 1 UPMC/VHF

Maîtriser le risque de TMS du membre supérieur lies au travail

Les grandes études de télémédecine en France

ASSOCIATION MEDICALE MONDIALE DECLARATION D HELSINKI Principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains

Restitution de l 'atelier 1 Protocoles thérapeutiques et aspects médicaux de la PTME

Observatoire Valaisan de la Santé

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Découvrez L INSTITUT UNIVERSITAIRE DU CANCER DE TOULOUSE

Cancer de l ovaire. traitements, soins et innovation. traitements adjuvants et de consolidation. juin 2009

RAPPORT DE 2011 SUR LE RENDEMENT DU SYSTÈME DE LUTTE CONTRE LE CANCER

Sélection et Évaluation Quantitative des Médicaments pour la Prise en Charge du VIH/SIDA. Sophie Logez, OMS/PSM Addis Abeba, Ethiopie, Février 2005

La stratégie de maîtrise des BHRe est-elle coût-efficace? Gabriel Birgand

Controverse UDM télésurveillée Pour. P. Simon Association Nationale de Télémédecine

Ligue Algérienne pour la Défense des droits de l Homme الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق السنسان. Le calvaire sans fin des malades du cancer

Les défibrillateurs cardiaques implantables

Précarité sociale et recours aux soins dans les établissements de soins du Tarn-et-Garonne

Transports sanitaires

Complément à la circulaire DH/EO 2 n du 30 mai 2000 relative à l'hospitalisation à domicile

Annexe 2 Les expressions du HCAAM sur la coordination des interventions des professionnels autour du patient

DON DE SANG. Label Don de Soi

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 4 novembre 2009

Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines

La télémédecine, complément nécessaire de l exercice médical de demain. Dr Pierre SIMON Président de l Association Nationale de Télémédecine (ANTEL)

L ANALYSE COUT-EFFICACITE

Déclarations européennes de la pharmacie hospitalière

Programme «maladie» - Partie II «Objectifs / Résultats» Objectif n 2 : développer la prévention

Préambule, définitions, limites du sujet :

ELABORATION DU PLAN DE MONITORING ADAPTE POUR UNE RECHERCHE BIOMEDICALE A PROMOTION INSTITUTIONNELLE

Parcours du patient cardiaque

Montréal, 24 mars David Levine Président et chef de la direction DL Strategic Consulting. DL Consulting Strategies in Healthcare

OUTIL D'EVALUATION DU TEMPS ARC / CHEF DE PROJET PROMOTEUR REQUIS POUR UNE RECHERCHE BIOMEDICALE V 2.3 DE L OUTIL NOTICE D UTILISATION

Rapport 2014 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde

COMPTE RENDU D ACCREDITATION DE L'HOPITAL ET INSTITUT DE FORMATION EN SOINS INFIRMIERS CROIX-ROUGE FRANÇAISE

ÉTAT DES LIEUX. Niveau de preuve et gradation des recommandations de bonne pratique

ALK et cancers broncho-pulmonaires. Laurence Bigay-Gamé Unité d oncologie thoracique Hôpital Larrey, Toulouse

Référentiel Officine

Etat des lieux du prélèvement et de la greffe d organes, de tissus et de cellules MAROC

Définition de l Infectiologie

Module 1. Formation à la structure Mutuelle et aux outils d'accès aux soins de santé

Insuffisance cardiaque et télémédecine: Exemple du Projet E care : prise en charge à domicile des insuffisants cardiaques en stade III

Cancer colo-rectal : situation belge

curité du patient 19 mai 2009 Aurore MAYEUX Guy CLYNCK LIE

Quel apport de l imagerie dans les traitements anti-angiogéniques?

DECLARATION PUBLIQUE D'INTERETS (DPI)

Accompagnement de fin de vie des enfants et adolescents polyhandicapés en établissements et services médico-sociaux

L approche populationnelle : une nouvelle façon de voir et d agir en santé

«Politique des ARS pour les seniors»

DISTRIBUTION DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR VOIE ORALE PAR L INFIRMIERE : RISQUE DE NON PRISE DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR LE PATIENT

Protocole d accord relatif à l égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique

58 ème CONGRES DE L UIA Florence, Italie 29 octobre 02 novembre 2014

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

L assurance collec ve. Sans compromis. Fier partenaire du

Présenta on de notre offre de partenariats

Transcription:

Critères d évaluation médico-économique Stéphane BILLON Université Paris-Dauphine 5ème Université d été Recherche et Evalua on en Cancérologie du 22 au 25 septembre 2010

La recherche en économie de la santé : un axe mal connu qfondements de l analyse médicoéconomique qexemple : applica on à une stratégie de traitement adjuvant du cancer du sein

La recherche en économie de la santé : un axe mal connu qles objets de l analyse économique comprennent d une part les coûts et d autre part les conséquences de la mise en œuvre des programmes médicaux. qles coûts considérés sont des coûts d opportunité, qui représentent l ensemble des ressources consommées par un programme médical et qui, du fait de leur immobilisa on, ne sont plus disponi bles pour une autre u lisa on. q«le coût d opportunité d une ressource correspond à ce qu elle rapporterait dans l u lisa on laplus rémunératrice parmi toutes les stratégies réalisables». (Bremond)

La final ité des études de médi co-économi e est d'aider le décideur à faire des choix

Les études médico-économiques : pour quoi faire? q Les études dites de médico-économie (ou d'évalua on économique des stratégies thérapeu ques) sont un complément u le des études d éval ua on propremen t médicale. q En ajoutant la prise en considéra on des coûts et des bénéfices des stratégies thérapeu ques, l'approche médicoéconomique entend par ciper à l'améliora on de l'alloca on des ressources dans le domaine de la santé q L'établissement de ra os coût-efficacité ou coût-u litéde différents types d'interven ons dans ledomai ne médical, peut en effet contribuer à cet obj ec f à différents niveaux de contrainte budgétaire.

qprocessus décisionnels sollicitant ces études sont très divers : Choix de stratégies de recherche ou de posi onnement des produits pour l'industriel, Choix des médicaments les plus efficients pour le prescripteur, Choix qui pourraient être opérés pour la fixa on du prix et le remboursement des produits, etc... Les études médico-économiques : pour quel rôle? qperspec ve d'aide à la décision mul factorielle

Les études dans le processus décisionnel : point de vue /perspective q Toute évalua on économi que des programme s de Santé suppose que l'on précise le point de vue adopté et l'objec f poursuivi. Les organismes payeurs (Assurance Maladie, hôpitaux...), Les professionnels de santé (prescripteurs hospitaliers ou libéraux), Les producteurs de biens de santé, Les pa ents La société toute en ère. q Il n'y a pas de règle générale pour choisir une perspec ve de travail, cela dépend de l'objec f de l'étude q Dans la mesure où l'étude s'adresse à un décideur bien iden fié, laperspec ve retenue doit être la sienne qquelle que soit la perspec ve retenue, il convient de la jus fier

Etudes d'environnement qapproches complémentaires: Le coût de la maladie et la prévision budgétaire qetudes de type coût de la maladie: en amont de l'évalua on économi que Eléments descrip fs généraux sur la pathol ogie concernée par le traitement étudié. (épidémiologie descrip ve) o Incidence / Prévalence, o Histoire naturelle o Conséquences en termes de morbidité o Handicap et mortalité o Modes de prise en charge usuelle dans le système de santé o Coûts associés (directs et indirects). q L'analyse du reten ssement peut inclure des études de qualité de vie

Population-cible qla popula on-cible est: Dans un sens restric f: la popul a on suscep ble de bénéficier du programme de Santé dans le cadre des indica ons Dans un sens plus extensif, la popula on poten ellement bénéficiaire du traitemen t. La popula on rejointe est la popul a on qui reçoit le traitement en pra que médi cale courante. (Celle-ci peut être plus ou moins éloignée de la popula on-cible.)

Alternatives de traitement et choix du comparateur qune évalua on économi que étant compara ve, il convient que le comparateur cons tue une alterna ve vraisemblabl e à l'usage du programme évalué Produit ayant la même indica on thérapeu que, Technologie subs tu ve (chirurgie, par exempl e) «ne rien faire» quand il n'existe aucune alterna ve qle meilleur comparateur est celui qui caractérise la pra que courante à laquel le le programme évalué est suscep ble de se subs tuer

q On dis ngue classiquement 4 types d'études d'évalua on pharmaco-économi que : 1. L'étude de minimisa on des coûts, 2. L'étude coût-efficaci té, 3. L'étude coût-u lité, 4. L'étude coût-bénéfice Types d'études Chacune de ces méthodes d'analyse possède son champ d'applica on et ses limi tes propres. Le type d'étude choisi doit être clairement énoncé et jus fié en fonc on du problème posé et doit être précisé en tête de l'étude. Il est de surcroît souhaitable que l'auteur donne sa définion du type d'étude qu'il a retenu.

q Les méthodes d'évalua on diffèrent les unes des autres par: Leurs objec fs spécifiques Types d'études Leur contexte de mise en œuvre Les indicateurs économiques et médicaux qu'elles u lisent, notamment. l'expression des résultats o En termes monétaires, on parle alors de «bénéfices» o Ou en unités physiques q Choisir la méthode d'évalua on la mi eux adaptée au problème posé suppose une connaissance préalable: Du but de la démarche d'évalua on De l'environnement dans lequel elle s'inscrit Des données dont on dispose pour la réaliser

Les études de minimisation des coûts q Les études de minimisa on des coûts sont u lisées dans les cas où les stratégies comparées diffèrent uniquement par les coûts qu'elles meent en œuvre q Lorsque deux stratégies ont la même efficacité thérapeu que, les mêmes conséquences (médi cales et sociales pour le pa ent), mais des coûts différents, on recherche la stratégie la moins chère

Les études coût-efficacité q Les études coût-efficaci té sont ulisées quand on cherche a déterminer la stratégie qui dégagera une efficaci té maximal e pour un coût donné ou inversement, lorsque l'on cherche a aeindre un obj ec f médical donné, au moi ndre coût q Elles permeent égal ement d'apporter une informa on au décideur sur le supplément d'efficaci té obtenu au travers d'un supplément de coût Ceci implique nécessairement que toute analyse coûtefficaci té compo rte une stratégie de référence, par rapport à laquelle seront évaluées toutes les autres stratégies.

Les études coût-utilité q Les études coût-u lité cons tuent un cas par culier des études du type coût-efficacité concernant le résultat obtenu q Cee analyse nécessite de connaître les préférences des pa ents L'analyse coût-u lité est par culièremen t indiquée lorsque les impacts sur la survie et/ou la qualité de vie sont des critères importants pour juger des résultats des effets d'un médi cament.

Les études coût-utilité Comment mesurer la relation entre les coûts et l utilité? q Les QALY: ("Quality Adjusted Life Year " année de vie ajustée sur la qualité) Santé Parfaite 1,0 2. Avec programme La qualité de vie liée à la Santé (pondération) 1. Sans programme A B Mort 0,0 Mort 1 Mort 2 Interven on Temps (années)

Les études coût-bénéfice q Les études coût-bénéfice doi vent perme re de déterminer si une nouvelle stratégie thérapeu que dégage un bénéfice net pour la société q L'analyse coût-bénéfice se dis ngue donc de l'anal yse coûtefficaci té en ce qu'ell eimpl ique que tous les coûts et toutes les conséquences de la stratégie évaluée soient exprimés en termes monétaires Cependant, la valorisa on monétaire des résultats de santé pose de nombreux problèmes, surtout s'agissant des effets non marchands

Définitions et mesure des coûts q Trois types de coûts : Coûts directs Coûts indirects Coûts intangibles q On considère les coûts évités grâce au traitement comme une expression par elle des bénéfices

Définitions et mesure des coûts qles coûts directs : Ces coûts correspondent à la valeur de l'ensemble des ressources consommées, liées à la prise en charge de la pathologie (il s'agit de bénéfices si certains de ces coûts sont évités grâce à un traitement) Les coûts directs médicaux, qui recouvrent différents aspects tels que la consomma on médi camenteuse, l'u lisa on de ressources médicales (hospitalisa on, consulta ons et visites de médecins, examens de laboratoires et explora ons, coût du traitement des effets secondaires, etc.) Les coûts directs non médicaux, qui ont trait au transport du pa ent dans le cadre de sa prise en charge médicale, aux aides à domicile et aux soins fournis par des bénévoles, etc.

Définitions et mesure des coûts qles coûts indirects : Les pertes de produc vité à un niveau macro-économi que qui concernent: o Le pa ent oson entourage Le temps de loisir perdu, par le pa ent et par son entourage. Dans un contexte de chômage important, une par e des chômeurs peut suppléer aux absences de longue durée des malades. Par ailleurs, les mécanismes de flexibilité internes à l'entreprise (heures supplémentaires, répar on des taches) ou externes (intéri mai res) perme ent dans une large mesure de remédi er aux absences de courte durée

La recherche en économie de la santé : un axe mal connu qfondements de l analyse médico-économique qexemple : applica on à une stratégie de traitement adjuvant du cancer du sein Impact médico-économique du docetaxeldans le traitement adjuvant du cancer du sein (Miadi-Fargier et al, Journal d Economie Médicale 2009 ;27 (7-8) : 67-81.)

Extension d indication du docetaxel (Taxotère ) au traitement adjuvant du K Sein non métastasé q Evaluation médicale Essai clinique randomisé contrôlé mené par le Breast Cancer International Research Group comparant protocole TAC (docetaxel (taxotère ), doxorubicine et cyclophosphamide) protocole FAC (5-fluorouracile, adriamicyne et cyclophosphamide) 1 491 patientes sur un suivi médian de 55 mois montrant réduction de 28 % du risque de rechute (p=0,001) réduction de 30 % du risque de décès (p=0,008) Ł Soit respectivement 75% et 68 % de survie sans évènement à 5 ans q Coût des médicaments (France, 2004) : coûttac : 7 122 coût FAC : 615 q Population cible : Patientes atteintes d un K du sein Stade T1 à T3, N1, M0 Etude coût/efficacité per nente

Quelles questions se posent? q Combien d années de vie sauvées pour une population donnée grâce à la stratégie TAC? Ł extrapolation des données à 5 ans sur vie entière q Le coût supplémentaire est-il compensé partiellement (ou totalement) par les économies liées aux rechutes évitées? q Si le bilan économique fait apparaître un coût additionnel de la stratégie TAC, celui-ci est-il acceptable pour le financeur au regard du nombre d années de vie sauvées? q L analyse effectuée pour la France est-elle transposable à un pays du Maghreb, et si oui : Sous réserve de quelles adaptations? Pour guider quel type de décision?

De l essai clinique à l analyse économique (1) Résultats de santé : années de vie sauvées q Année de vie sauvées liées à l absence de rechute : extrapolation de l espérance de vie sur base des femmes françaises de 54 ans, pondérée par le risque de rechute au-delà de 5 ans q récidive loco-régionale ou métastatique : espérance de vie après chacune des situations Coûts médicaux directs du point de vue du payeur q Coût de la chimio adjuvante (médicament, administration, effets indésirables) q Coût de suivi ambulatoire q Coûts des rechutes locorégionales q Coûts des rechutes métastatiques (jusqu à 5 lignes) q Valorisation des coûts sur base des tarifs français sécurité sociale

De l essai clinique à l analyse économique (2) Modèle de Markov permeant de modél iser dans le temps l évolu on d un pa ent qui passe d un état de santé à un autre 4 états de santé définis Chaque transi on entre états de santé est définie par une probabilité d occurrence Cycles de 6 mois

Critère Résultats du «cas de base» Protocole TAC Efficaci té Protocole FAC Différen el TAC -FAC Différen el (%) TAC FAC Pa entes sans évènements( à 5ans) 7 9 %7 1% 8 %+ 11, 6% Mortalité toute cause (à 5 ans) 11% 17% 6% -35 % Durée moyenne sansévénement (à 5 ans) 52,92 mois 49,92 mois 3 mois + 6 % Espérancede vie des pa entes 2 8,61 ans 2 6,33 ans 2,28 ans + 8,7 % Coût À 5 ans 18 061 13 552 4 509 + 33,3 % Vie En ère 2 0 837 1 6 143 4 694 + 29,1 % Coût/efficaci té Années de vie gagnées (2,28 ans) / Coût supplémentaire vie en ère (4 694 ) = 2 059 par année de vie gagnée

Quelle confiance avoir dans le modèle et ses résultats? q Validation interne et externe du modèle q Analyse de sensibilité monovariée) Ł quelle variable influe le plus sur les résultats moyens? Exemple : coût de la rechute Cas de base RCEI = 2 059-15 % : RCEI = 2 259-30 % : RCEI = 2 459-50 % : RCEI = 2 725 q Analyse de sensibilité multivariée) par une «simulation de Monte-Carlo» Ł distribution statistique q Représentativité de l essai clinique : développement de variantes Pratiques françaises (protocole FEC, prophylaxie primaire par facteur de croissance (pratiques françaises) Prise en compte de la cardiotoxicité à long terme (synergie anthracyclines et taxanes) Exemple : espérance de vie (10 000 individus) pour TAC Moyenne cas de base 56,76 semestres Ecart-type : 24,31 Médiane : ²69,47 IC 95 % : 56,29 57,23

Intérêt dans le contexte maghrebin : une épidémiologie différente du K Sein Incidence et mortalité du cancer du sein incidence (ASI) / 100 décès (ASD) / 100 000 000 France 72 24 Algérie 26 18 Maroc 21 11 Tunisie 23 12 Lybie 25 13 source : www.who.int/infobase - 2002 Une incidence trois fois moins importante qu en France, mais un taux de décès moitié moins important seulement cancers du sein chez la femme : effectifs et incidences par tranches d'ages Registre des tumeurs d Alger 1993-2001 Un âge médian d incidence inférieur (47 ans en Algérie) et une incidence croissante à partir de 35 ans Source : D.Hammouda, N. Aït- Hamadouche, A. Bouhadef

Intérêt dans le contexte maghrebin: une organisation des soins différente Stades d évolution des cancers (tous types) au moment du Diagnostic (Enquête 2004 Algérie) Stade d évolution Nb de cas % Stade 1 (local) 8 706 29.9 Stade 2 (loco-régional 6 093 20.9 Stade 3 (métastases à 4 202 14.4 distance) Stade non renseigné dans le dossier Source : D. Hammouda juillet 2008 INSP Absence de dépistage systématique Ł une prise en charge plus tardive 10 061 34.9 Ł Impact de santé publique d une stratégie coût/efficace au stade précoce moins important

Intérêt dans le contexte maghrebin : des pratiques et des coûts différents q Pratiques médicales et capacité à financer : Jusqu à 5 lignes de chimiothérapie dans CSM en France, 2 au plus en Afrique du Sud ou en Corée du Sud Utilisation des facteurs de croissance q Rapidité et égalité d accès aux soins (diagnostic, thérapeutique) q Des structures de coûts différentes : coûts relatifs des hospitalisations et des soins ambulatoires par rapport à celui des médicaments importés q Coût des médicaments lié au statut de propriété intellectuelle et au circuit d importation et de distribution : variable la plus sensible dans l analyse française (coûts 2004, docetaxel encore sous brevet )

Conclusion q L analyse médico-économique est un ou l d aide à la décision dont les résultats doivent être interprétés en fonc on du contexte dans lequel les stratégies médi cales sont u lisées qil convient de préciser quel est l objec f décisionnel poursuivi : adopter une stratégie dans un référen el local, décider du remboursement, évaluer l impact budgétaire, organiser le parcours de soins. q La transposabilitéà un contexte différent est possible sous réserve d avoir accès au modèle d analyse et de disposer des données nécessaires.