Quels leviers de compétitivité pour l élevage français?



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Transcription:

Conférence Quels leviers de compétitivité pour l élevage français? Lundi 31 aout 2015 Foire de Châlons Conférence Elevage Foire de Châlons 31 aout 2015

Introduction Roger Lanfroy, Président d Interbev CA L Atlas Régional Anouk Martin, Interbev CA Introduction / animation de la conférence Bruno Faucheron, Comité Elevage Chambre Régionale Analyse crise et compétitivité de la filière bovine française Philippe Chotteau, Institut de l Elevage L organisation des filières pour une meilleure compétitivité Philippe Mangin, Président de Coop de France et EMC2 Echanges et débat Synthèse et conclusion Régis Jacobé, Président de la Chambre Régionale Conférence Elevage Foire de Châlons 31 aout 2015 Leviers de compétitivité de l élevage

Philippe Chotteau Chef du Département Economie, Institut de l Elevage Analyse de la crise Leviers de Compétitivité de l élevage et de la compétitivité de la filière bovine française Conférence Elevage Foire de Châlons 31 aout 2015

La compétitivité de la filière de la viande bovine sur ses différents marchés: France, UE et monde Philippe Chotteau Chef du Dpt Economie Institut de l Elevage 1

Plan de l exposé 1. La compétitivité: une notion un peu fourre tout 2. L évolution de la compétitivité de l agriculture française 3. La crise actuelle 4. Les fondamentaux de la viande bovine en France sur ses différents marchés 5. Quels leviers possibles pour demain? 2

Plan de l exposé 1. La compétitivité: une notion un peu fourre tout 2. L évolution de la compétitivité de l agriculture française 3. La crise actuelle 4. Les fondamentaux de la viande bovine en France sur ses différents marchés 5. Quels leviers possibles pour demain? 3

La compétitivité: quid? A l origine, une notion pour l entreprise: «capacité à se développer en résistant aux assauts de la concurrence sur ses différents marchés». Indicateur simple: les parts de marché C est d abord une notion relative: on n est pas compétitif dans l absolu, mais par rapport à des concurrents. Et cela varie rapidement dans le temps! 4

La compétitivité: quid? Notion étendue ensuite aux secteurs d activité puis aux nations. Là, les indicateurs font davantage débat: PAS l agrégation des compétitivités des entreprises La balance commerciale? La croissance du PIB? La productivité du travail?l évolution du niveau de vie?... Un concept qui est de plus en plus utilisé (fourre tout), et parfois à tort et à travers, dans le contexte de la globalisation des échanges économiques mais aussi de la mise en concurrence accrue des secteurs à l intérieur même de l UE (marché unique, zone ). 5

Compétitivité coût/prix (sur un marché donné => définir le produit et les substitutions possibles): Coût de production: coût des intrants, amortissements, coût des facteurs de production (main d œuvre, capital, foncier) Parités monétaires (UE non : PL, RU, DK, SW et surtout marchés tiers ) Compétitivité hors prix: Différentiation des produits et segmentation: «qualité», packaging, design Confiance des consommateurs grâce à la traçabilité, un SIQO, une marque Service incorporé au produit Innovation produit Image de marque de l entreprise et attractivité (pour ses clients, mais aussi les financeurs, les salariés ) Pouvoir de marché/ fournisseurs ou clients Les relations avec les pouvoirs publics, les autres maillons de la filière, les médias Etc. La compétitivité: quid? 6

Des liens étroits entre la compétitivité d une nation (=avantages comparatifs) et d un secteur: Facteurs naturels: climat, ressources en matières premières, situation géographique Législation: sanitaire, du travail, de l environnement Protection douanière, barrières sanitaires et techniques aux échanges Infrastructures de toute nature Politique monétaire Fiscalité Aides et subventions Enseignement et R&D Image générale et promotion à l export... La compétitivité: quid? Mais aussi une dynamique propre à chaque secteur dans un même pays (au delà des avantages comparatifs spécifiques) 7

Compétitivité et durabilité Un lien évident: une entreprise/un secteur qui ne résiste pas à la concurrence n est pas durable. Mais aussi de nouvelles exigences, en particulier environnementales: Externalités négatives, à terme porteuses de coûts supplémentaires* Externalités positives, plus compliquées à valoriser (aides spécifiques, image ) Des arguments à faire valoir sur le plan social 8

Plan de l exposé 1. La compétitivité: une notion un peu fourre tout 2. L évolution de la compétitivité française de l agriculture + IAA 3. La crise actuelle 4. Les fondamentaux de la viande bovine en France sur ses différents marchés 5. Quels leviers possibles pour demain? 9

Commerce extérieur 10

Commerce extérieur 11

Position sur le marché intérieur 12

Plan de l exposé 1. La compétitivité: une notion un peu fourre tout 2. L évolution de la compétitivité de l agriculture française 3. Les symptômes de la crise actuelle 4. Les fondamentaux de la viande bovine en France sur ses différents marchés 5. Quels leviers possible pour demain? 13

D abord une crise de revenu agricole 14

qui se traduit par des trésoreries de plus en plus tendues Tous élevages de ruminants, Résultats des exploitations de la base INOSYS Réseaux d élevage sur 2010 2013, sur un échantillon constant. Produit stagnant et hausses des charges => Chute de EBE et des revenus. En parallèle, les dettes court terme augmentent et la trésorerie se sont dégradées. Le nombre d élevages en difficultés financières +30%/2010. A l époque 15 à 35% de l échantillon selon les filières. Pour eux, endettement moyen de 62%, à 40% en dettes CT, trésorerie nette: 73 k. 15

Aval: des marges pas brillantes dans l ensemble 16

Aval: des difficultés d entreprises aussi 17

Plan de l exposé 1. La compétitivité: une notion un peu fourre tout 2. L évolution de la compétitivité de l agriculture française 3. La crise actuelle 4. Les fondamentaux de la viande bovine en France sur ses différents marchés 5. Quels leviers possibles pour demain? 18

Un bovin: de multiples produits Ici: infographie de l animal au bifteck Du dépliant chiffres clés Viande désossée # 67% du poids de la carcasse d une vache de réforme Charolaise. Viande à griller: 38% seulement du poids d une carcasse de vache de race à viande. «bifsteks» premium (type découpes d aloyaux: filet, faux filet, rumstek, entrecôte ), c est seulement 16 à 18% de la carcasse selon les types d animaux. 19

France: bilan 2014 des viandes de gros bovins EXPORTATIONS Bovins vifs finis 46 000 Téc EXPORTATIONS Viande 231 000 téc surtout des JB exportés en carcasse 17% de la production 5% 34% 32% (hors veau) 61% 77% (48% vaches 13% génisses) Bœufs Jeunes bovins (+taureaux) Femelles La France n est pas autosuffisante en volume: elle ne produit que 94% de ce qu elle consomme. Les importations représentent 23% de la consommation en 2014, en presque totalité d autres pays européens. Les français préfèrent globalement la viande de femelles (vaches de réforme et génisses), alors que la moitié des viandes de mâle (jeunes bovins et taureaux) est exportée. => Il y a donc un décalage entre l offre et la demande en France, à la fois quantitatif et qualitatif. 6% 17% Production Consommation 1,28 M téc 1,36 M téc IMPORTATIONS de viande: 332 000 téc hors veau* essentiellement de la vache laitière alimentant surtout la RHD et la transformation *(+ 27 ktéc veau) 23% de la conso. 20

La consommation en France Circuits de distribution de la viande bovine (hors veau) en 2014 GMS RHD Boucherie La consommation de viande bovine (veau inclus) a diminué en volume ces 10 dernières années: elle est passée de 18 kg par an et par habitant en 2005, à 16,2 kg en 2014 (soit 24,1 kg équivalent carcasse). Sur le marché français, on estime que la grande distribution (GMS) fait un peu moins des 2/3 des ventes de viande bovine, la restauration hors domicile (commerciale et institutionnelle) environ le quart, et la boucherie artisanale environ 14%. Les importations alimentent surtout la restauration hors domicile (près de la moitié des volumes concernés) et la transformation (plats cuisinés, steak haché surgelé ). 21

France : le haché progresse fortement Achats FR des ménages de viande bovine en 2014, en volume (dont haché, hors autres élaborés) Source : GEB Institut de l Elevage d après FranceAgriMer/Kantar Evolution des achats FR de viande bovine, en volume (dont haché, hors autres élaborés) Source : GEB Institut de l Elevage d après FranceAgriMer/Kantar En RHD depuis 2014 : difficultés pour la restauration commerciale à table, les fastfoods tirent mieux leur épingle du jeu. En GMS, la part du haché atteint désormais 49% des ventes selon le panel consommateur Kantar, alors que la part des viandes vendues en morceaux piécés (en barquettes ou à la coupe) ne cesse de régresser. 22

France : baisse de valeur en GMS Bœuf piécé à griller Steak haché frais Tonnage/mois Prix de vente moyen /kg Tonnage/mois Prix de vente moyen /kg Source: Département Economie Idele selon panel Kantar En GMS, les ventes de bœuf premium (morceaux à griller, comme les entrecôte, le faux filet, le rumsteak ) diminuent en volume depuis 2010. Les prix diminuent aussi depuis mi 2014, ce qui n a pas freiné la baisse des ventes en volumes, au contraire! En GMS, les ventes de haché frais ne cessent de progresser en tendance depuis 2011, malgré la hausse des prix jusque début 2014. Mais les prix baissent depuis mi 2014! 23

France: un commerce extérieur excédentaire mais fragile (viande + vif) EXPORTATIONS 2014: 2,17 MILLIARDS Algérie Autres Belgique Allemagne Espagne Grèce Italie Malgré le déficit en volume, la balance commerciale de la filière viande bovine française est globalement excédentaire d environ 600 millions d en 2014. C est d abord dû aux exportations très importantes de veaux sevrés issus du cheptel allaitant (près d un million de têtes en 2014). Ces veaux âgés de 5 à 14 mois, appelés broutards, sont destinés à l engraissement dans des ateliers souvent de grande taille sur le pourtour méditerranéen, d abord en Italie (plaine du Pô surtout), en Espagne, en Algérie, en Turquie En outre, la viande de jeunes bovins est exportée à un prix unitaire supérieur à la viande de vache importée. Pour les exportations françaises de viandes (hors bovins vifs), pour les 5 premiers mois de 2015, l Italie représentait 42% des volumes, la Grèce 24% et l Allemagne 22%. 24

Les exportations de broutards s érodent Le premier marché (plus de 80%) reste l Italie. Mais les exportations françaises vers ce marché s érodent d année en année depuis 2006. D abord sous l effet d épisodes sanitaires (FCO en 2007 2008), et surtout de la crise économique et financière et de la politique d austérité menée en Italie depuis 2009. Les marchés tiers (Algérie, Turquie, Tunisie ) progressent mais peinent à compenser. 25

La France 1 er producteur de viande bovine en UE Pays Part en 2014 France 20% Allemagne 18% Royaume Uni 15% Italie 12% Irlande 10% Pologne 7% 26 Les 2/3 des vaches en UE sont laitières, pour seulement 1/3 d allaitantes (de race à viande ou croisées). Avec 3,7 millions de vaches laitières début 2015, la France détient 16% du cheptel laitier de l UE (23,5 millions): c est le 2 ème cheptel laitier européen. Avec 4,1 millions de vaches allaitantes début 2015, la France détient 34% du cheptel viande de l UE (12,1 millions): c est le 1 er cheptel allaitant européen. La production française est beaucoup plus orientée vers les femelles (en rouge/rose) qu ailleurs en UE. A l inverse, la part des JB est plus restreinte qu en Allemagne, en Italie ou en Pologne par exemple. La France est aussi le 1 er producteur de viande de veau en UE. 26

Des VA partout mais des évolutions disparates Variation 2000/2010 du Nombre vaches allaitantes par canton Partout : Vieillissement des chefs d exploit. 27

28

Maîtriser les coûts de production pour dégager un revenu Une dispersion très importante des performances techniques PBVV/UMO (en tonnes) 250 200 150 100 50 0 Quantité de viande vive produite par UMO selon le type d'exploitation De nombreuses solutions techniques : groupage des vêlages :vêlage sur 3 mois vs. 8 +45 kgvv / UGB, 36% de travail rajeunissement de l âge au 1er vêlage : 36 > 30 mois +7 / 100 kgvv maîtrise de la mortalité :4 à 7 % de veaux vivants en plus à 90 jours pour le quartile sup. / moyenne 139 T 64 T 42 T 33 T Engraisseurs NEAA NE Naisseurs Source : Réseaux d élevage, 2013-2014 Produit en /100 kg vif 700 600 500 400 300 200 Engraisseurs Naiss Engr. A. Achat Nais Engr. Naisseurs 100 100 300 500 700 Coût de production en /100 kg vif Coût de production et produit Une majorité d exploitations à faible revenu 29

Questions sur l avenir des JB 50% des JB sont engraissés dans le Grand Ouest, 58% des JB engraissés dans le Grand Ouest sont issus des exploitations laitières. 30

Les évolutions des cheptels en UE Le cheptel européen de vaches allaitantes a régressé de 2009 à 2013: effet de la crise économique, de la sécheresse (en France en 2011, en Espagne ), de la concurrence du cheptel laitier et des céréales, souvent plus rentables (comme en Irlande avec le lait). Il s est stabilisé en 2014 grâce à la PAC: les primes à la vache allaitante sont couplées en France, en Espagne, en Belgique, en Italie Le cheptel laitier ne cessait de diminuer jusqu en 2011/12, car les volumes étaient limités par les quotas et la production par vache augmente continûment. Avec la sortie progressive des quotas et la meilleure conjoncture sur le prix du lait depuis 2011, il a rebondi dans de nombreux pays européens, stimulant aussi la production de viande co produit du lait en Pologne, en Allemagne, en Irlande, au Royaume Uni 31

La production européenne a baissé depuis 2010 32 32

Prix des JB R en UE 33

Prix des JB U 34

Prix des vaches en UE 35

Italie : baisse de la consommation mais hausse des imports de viande Consommation de viande bovine en Italie, selon l origine (en kg équivalent carcasse) Source : CRPA d après ISMEA Viandes importées : +10% Viandes issues de bovins abattus en Italie : 23% Forte baisse de la consommation en volume depuis 2008: 22%! Et cela devrait persister en 2015 (prévision à 1,5%) 2008 2014 : hausse des importations à bas prix (de Pologne et du Brésil notamment) remettant en cause la place de la France comme premier fournisseur de ce marché et forte baisse de la production abattue localement (donc baisse de la demande de broutards français En 2015, on s attend à une baisse plus modérée de la production et à la stagnation des importations. 36

Allemagne: rebond de la consommation Evolution annuelle de la consommation de viande bovine en Allemagne Source : GEB Institut de l Elevage d après AMI L Allemagne est le 3 ème marché d exportation actuel pour les viandes françaises. Baisses de consommation en 2012, 2013, 2014 Prévisions 2015 : vers une légère amélioration malgré la baisse de production et des perspectives intéressantes pour les exportations sur cette destination. 37

700 600 500 400 300 431 431 385 389 Comparaison des coûts de production des engraisseurs 465 416 579 541 Source: agribenchmark Résultats 2013 333 332 287 308 Coûts facteurs de production Autres équipements Coût élevage Coût alimentation 200 100 233 234 Coût du maigre Total des produits de l'atelier Allemagne 280 France 200 Italie 910 Chine 2000 USA 7 200 Australie 15 000 Brésil 600 /100 kg de carcasse vendus 38 38

Des écarts qui se resserrent Source: agribenchmark Résultats 2013 39 39

Le marché mondial de viande bovine en 2014: des flux en hausse généralisée, sauf vers l UE, le Japon et la Corée 40 40

Depuis début 2014, prix USA>UE Comparés aux prix des principaux exportateurs mondiaux de viande bovine, les prix européens (en rouge) sont souvent les plus élevés. Ce n est plus le cas depuis début 2014, quand les prix étatsuniens ont flambé à cause du manque d offre local. En outre, la devaluation de l /US $ booste la compétitivité prix européenne. 41 41

UE: des relais de croissance à l export! Source: DG Agri Avec la compétitivité européenne retrouvée et le manque d offre dans le monde, les exportations européennes progressent sur les premiers mois de 2015, en volume, mais surtout en valeur par rapport aux années précédentes. Cela concerne en particulier les bovins vivants vers le Liban et la Turquie, mais aussi les viandes et abats vers Hong Kong, les Philippines, la Suisse... 42 42

Plan de l exposé 1. La compétitivité: une notion un peu fourre tout 2. L évolution de la compétitivité de l agriculture française 3. La crise actuelle 4. Les fondamentaux de la viande bovine en France sur ses différents marchés 5. Quels leviers possibles pour demain? Issus d un travail transversal toutes filières animales mené par ABCIS pour le Crédit Agricole SA Liste à la Prévert => travailler sur la priorisation! 43

Traiter rapidement le problème spécifique de l endettement VB: production la plus gourmande: entre 6 et 8,5 de capital pour générer 1 d EBE Ne pas financer par du court terme. Restructurer les dettes court terme rapidement Limiter les capitaux mis en œuvre par l éleveur luimême: formules de portage du foncier et des capitaux d exploitation à trouver/développer. Location de bâtiments. Fondamental pour assurer le renouvellement des générations. 44

Quels systèmes allaitant/engraissement pour demains? Contexte de risques accrus: aléas économiques (volatilité des coûts et des prix, marchés qui se ferment ), sanitaires et climatiques: Pérennisation/ sécurisation des soutiens Concevoir, repérer et développer des systèmes plus résilients, en «gardant sous le pied», moins gourmands en capital mis en œuvre et en intrants. Intégrer la volatilité des prix dans l estimation de la valeur économique (transmission ). Formation des éleveurs et suivi technico éco (Capeco, couprod ) Fiscalité, assurances Faire jouer davantage les économies de gamme (synergies entre ateliers) et d agglomération (coopération locale, services ) Modernisation des bâtiments d élevage => R&D (durabilité, coût moindre, pénibilité moindre), financement, revoir les modalités d autorisation, promotion de projets collectifs Promouvoir ces modèles auprès de l ensemble des parties prenantes, y compris les consommateurs, les ONG, les collectivités, les PP : construire du consensus 45

Quels systèmes allaitant/engraissement pour demains? Astreinte de travail de moins en moins supportée Solutions par la mécanisation? qui alourdit encore le capital mis en œuvre, les amortissements et les coûts Développer le portage salarial, la délégation de service Pb charges sociales et attrait du métier pour du personnel qualifié. Inclure dans les PI et les PDE les budgets «temps de travail» Formation, coaching, conseil global Développer les services collectifs 46

Concertation dans la filière Des relations apaisées dans la filière: Autour de contrats types, apportant de la visibilité aux acteurs et allant jusqu à la distribution. De cahiers des charges Indicateurs de qualité partagés. Grilles de paiement à la qualité: poids des carcasses pour différents marchés, classement au rendement réel à la découpe, objectif tendreté maximale (ex: MSA) Indicateurs de suivi de l offre et des marges Indicateurs précoces de crise Des partenariats de long terme transformateurs/distributeurs, à l instar de ce qui est fait en Allemagne ou en Espagne ou au Royaume Uni? 47

Modernisation/Innovation en abattoir Partager le constat de la surcapacité actuelle en abattage. Mettre en perspective le tissu d outils avec les prévisions CT et MT de l offre par grande région. Mobiliser les financements BPI pour la modernisation des outils priorisés. Développer les produits services; stimuler l innovation marché par marché (standard/ haut de gamme; Vème quartier; marché intérieur/ UE/ Tiers). 48

Stratégie export Stratégie export concertée filière Pouvoirs publics (CVO) pour ouvrir les marchés tiers sur le plan sanitaire. Marketing commun sur pays tiers (sans doute audelà de la viande bovine). Outils de veille concurrentielle et de prospective sur les marchés pour l ensemble des produits animaux. 49

Merci pour votre attention! 50