RAPPORT DE STAGE AU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES



Documents pareils
LA MOBILITÉ ET LES PARCOURS PROFESSIONNELS DANS LA FONCTION PUBLIQUE. Questions/réponses

CHARTE D ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE DU GROUPE AFD

Rédacteur territorial principal de 2 ème classe L ENTRETIEN AVEC UN JURY

DECRETS. Section 1 Recrutement et promotion. Section 2 Stage, titularisation et avancement. 12 Moharram janvier 2008

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT)

Université Paris-Dauphine

La fonction publique en France

I. - LES FAITS NÉCESSITANT LA MISE EN ŒUVRE DE LA PROCÉDURE SPÉCIFIQUE D URGENCE A.

Qu est-ce que la Gestion des Ressources Humaines?

A V I S N Séance du mardi 28 mai

11 janvier DÉCRET-LOI n portant création et organisation de l Agence nationale de renseignements.

PROGRAMME EIFFEL VADE-MECUM 2015

de la consultation «innover et simplifier avec les agents publics»

Avenir de la Fonction publique «parcours professionnels, carrières, rémunérations»

Introduction Frédéric PETITBON Un contexte difficile Nicolas PERNOT

FILIERE CULTURELLE. Adjoint territorial du patrimoine de 1 ère classe

Nomination et renouvellement de MCF et PR associé à temps plein

Guide du Tuteur Banque et Assurance

Accord négocié régissant les relations entre la Cour pénale internationale et l Organisation des Nations Unies. Préambule

Réception de Montréal Secteur des valeurs mobilières. Discours d ouverture

Sylvie Guessab Professeur à Supélec et responsable pédagogique du Mastère Spécialisé en Soutien Logistique Intégré des Systèmes Complexes

Les métiers du ministère des Affaires étrangères. m ti. é er. Direction des ressources humaines 2013

Le ministre de l intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales

La Qualité de Vie au Travail, Pourquoi aujourd hui? C est quoi? Pour faire quoi? Comment? Jeudi 5 février 2015 Rencontre Prévention - STSM

Campagne annuelle de recrutement des résidents Année scolaire Note d information pour les candidats

29 Dhou El Hidja décembre 2010 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE ALGERIENNE N 74

MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES. PROGRAMME EIFFEL Session VADE-MECUM

RAPPORT DU CONSEIL D ADMINISTRATION A L ASSEMBLEE GENERALE

Ministère du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l Etat NOR : BCFF C. Circulaire du

La Caisse nationale de solidarité pour l autonomie, Etablissement public administratif créé par la loi du 30 juin Recrute

I. PRESENTATION DE LA SITUATION PROFESSIONNELLE DANS LAQUELLE S INSERE L ATELIER REDACTIONNEL

Qu est-ce qu un avis éthique pour le Comité d éthique de santé publique? sa structure, sa portée

Charte de qualité. pour l accueil des boursiers du gouvernement français

Loi n 0005/2008 du 11 juillet 2008 portant création, organisation et fonctionnement de l Agence Nationale de l Aviation civile

CoperfinFlash Extra. L équipe se forme. Dans ce numéro: Qui sont vos nouveaux managers? Mise en oeuvre de la nouvelle structure

MONITEUR-EDUCATEUR ANNEXE I : REFERENTIEL PROFESSIONNEL. Le moniteur-éducateur intervient dans des contextes différents :

DOSSIER DE CANDIDATURE AUX CYCLES INTERNATIONAUX 2015 DE L'ENA ET DES IRA ETAT CIVIL

LE référentiel des métiers

La modernisation de la gestion publique au sein des EPSCP. Colloque des Agents Comptables. 05 juin 2015

MINISTERE DES SPORTS. La ministre des sports

PACTE D ADMINISTRATION COMMUNE ENTRE LA VILLE ET L AGGLOMERATION D AGEN

Ce dispositif vous intéresse?

LIVRET DE FORMATION 2015/2016 POUR MIDI-PYRENEES

CENTRE FORMATION CONTINUE PANTHEON-SORBONNE

LES MISSIONS D UN RÉFÉRENT

DOCUMENT PROVISOIRE L ENTRETIEN AVEC UN JURY

L AVANCEMENT DE GRADE DANS LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE

Groupe de travail 3 : Emploi, formation, compétences

CONTROLE GÉNÉRAL ÉCONOMIQUE ET FINANCIER

Contributions françaises à la problématique internationale de la protection sociale des travailleurs informels et de leurs familles.

Le système d accréditation n est pas un système basé sur la conformité à la. de ce fait, il se différencie

L ORGANISATION GENERALE DE LA FONCTION PUBLIQUE

«LES PRINCIPES ET OUTILS ESSENTIELS DU CONTRÔLE DE GESTION»

Les grandes fonctions du tuteur

CHAPITRE 6 PROTECTION STATUTAIRE ET ASSURANCE GROUPE RESPONSABILITE CIVILE PROFESSIONNELLE

GUIDE DE CONDUITE ÉTHIQUE DES AFFAIRES Conflit d Intérêts

Musées et paysages culturels

RECUEIL DE LEGISLATION. S o m m a i r e RÉFORMES DANS LA FONCTION PUBLIQUE

La LOLF, une loi bien pensée mais en voie de détournement?

LA FORMATION DES AGENTS DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE

le dossier individuel de l agent

Avant-projet de loi modifiant

LA DEFINITION DES COMPETENCES : QUEL ROLE POUR LES ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES?

Que pensez-vous des formes atypiques d emploi, notamment du portage salarial et de l auto-entreprenariat

TOUR DE FRANCE NOUVEAU DIALOGUE FORUM-DEBAT POITIERS

DIRIGEZ MIEUX. AMÉLIOREZ VOTRE COACHING AUPRÈS DES LEADERS. INSTAUREZ UNE MEILLEURE CULTURE DE LEADERSHIP.

Dix questions difficiles posées en entrevue et dix excellentes réponses

Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA)

M2S. Formation Management. formation. Animer son équipe Le management de proximité. Manager ses équipes à distance Nouveau manager

CONTRIBUTION DU RÉGIME D ASSURANCE MALADIE, MATERNITÉ DE L OFATMA AU FINANCEMENT DE LA SANTÉ EN HAÏTI

MASTER RECHERCHE MEDIATIONS DES SCIENCES. Mention HISTOIRE, PHILOSOPHIE ET. Histoire et Philosophie des Sciences. Année 2007/2008

Conférence des Cours constitutionnelles européennes XIIème Congrès

Le 1 er octobre 2007, le Premier ministre, François Fillon, le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, Eric Woerth, et le

COMMISSION PARITAIRE REGIONALE EMPLOI FORMATION D ILE DE FRANCE SEANCE DU 4 FEVRIER Ordre du jour

Livret d accueil MISSIONS TEMPORAIRES. Centre Interdépartemental de Gestion de la Grande Couronne de la Région d Île-de-France

Discours à la communauté d affaires française Montréal, 6 février 2014 Résidence du Consul général

guide du stagiaire Comment démarcher les entreprises, se présenter, décrocher un stage.

Code d'éthique de la recherche

CONNAISSANCE DE SOI APPRENDRE A AVOIR CONFIANCE EN SOI

CAISSE LE SALUT RAPPORT DE STAGE. Janvier Faire des pauvres de vrais partenaires de développement. Tuteur : Mme NARBONNE NIJEAN JASON GEA1 TD5

Ligne directrice du cours de perfectionnement pour les directrices et directeurs d école

Mise en œuvre d'un dispositif de vidéosurveillance nocturne du cœur de ville

Concours externe Inria Arrêté du 15 avril Poste «SIE7 - Gestionnaire Paie H/F» Accès au corps des «Techniciens de la recherche»

LA FORMATION PROFESSIONNELLE

RESULTATS ENQUETES VIADEO (JUIN 2010)

PROTOCOLE POUR L ACCUEIL DES STAGIAIRES D ÉCOLES DE TRAVAIL SOCIAL

BREVET DE TECHNICIEN SUPERIEUR

CHARTE DU SPORT DE HAUT NIVEAU

Pas d installations ou d équipement particuliers.

Administrateur Autre appellation : directeur administratif délégué général

La gestion des performances en Europe. Panel d expériences européennes et possibles synergies

DISPOSITIF EN FAVEUR DU POUVOIR D ACHAT DES FONCTIONNAIRES GIPA 2008

Cahier des charges pour le tutorat d un professeur du second degré

MEMOIRE DU GOUVERNEMENT SUR LA RECEVABILITE ET LE BIEN-FONDE

Les dossiers de l enseignement scolaire. l Éducation nationale et la formation professionnelle en France

Nouvelle stratégie européenne d action pour la jeunesse «Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser»

les axes majeurs de la loi (1)

Transcription:

INSTITUT RÉGIONAL D ADMINISTRATION DE METZ Promotion Marguerite YOURCENAR RAPPORT DE STAGE Maître de stage : Eric BERTI, chef du service des affaires juridiques internes Tuteur : Sandrine BARBIER, adjointe au chef de service RAPPORT DE STAGE AU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES Direction générale de l administration et de la modernisation Jean-Philippe MENGUAL 24 juin 2012 Deuxième stage de mise en situation Paris, mai-juin 2012

Un grand merci à : Mon maître de stage : M. Eric BERTI 48 rue de Javel 75015 PARIS Tél. : 01.43.17. Mail : eric.berti@diplomatie.gouv.fr Ma tutrice, son adjointe, Sandrine BARBIER L ensemble des collègues du service pour leur accueil 1

JPM Note a l attention de Monsieur le directeur de l Institut Régional d Administration de Metz OBJET : Bilan du second stage de scolarité. Le deuxième stage de la scolarité à l Institut Régional d Administration (IRA) de Metz s est déroulé, dans mon cas, au sein de l univers professionnel des administrations centrales. La particularité du poste où j ai été affecté m a permis de répondre à trois séries de questions. En premier lieu, j ai pu découvrir la culture d un ministère distinct de celui que j avais précédemment connu : celui des affaires étrangères. Ensuite, j ai pu mettre en relief les témoignages des intervenants à l IRA, au sein d un service dont le fonctionnement était moins atypique que celui de mon précédent en administration centrale. Enfin, étant un service juridique interne avec une dimension Ressources Humaines importante, j ai pu réfléchir à cette problématique dans des cas concrets. C est donc l identification des enjeux et de la place des services support ainsi que du grade d attaché qui m ont été donnés d étudier à travers ce stage. Quoiqu à replacer dans le contexte particulier du ministère des affaires étrangères (I), j ai pu dégager les grandes lignes de la double fonction support que peut occuper l attaché dans un service à vocation interne tel que celui des affaires juridiques (II). I. UN MINISTÈRE À LA PLACE PARTICULIÈRE Le ministère des affaires étrangères présente une véritable spécificité institutionnelle en France (1), d où découlent des situations uniques en termes de ressources humaines (2). 1. La spécificité institutionnelle Institutionnellement, le ministère des affaires étrangères peut être vu comme une administration paradoxale. Important par la politique traditionnelle et régalienne qu il met en œuvre (A), il n en reste pas moins une petite administration (B). A. Une politique à enjeux La politique des affaires étrangères fait partie des politiques les plus anciennes et régaliennes d un État. Celle française peut avoir un impact majeur sur son image et la vie des relations internationales. Dans ce cadre, le ministère des affaires étrangères est une administration essentielle. Si chaque administration centrale a créé une direction des relations internationales, le rôle d arbitrage revient cependant au responsable du ministère des affaires étrangères, lequel porte tous les projets de loi de ratification des accords internationaux devant le Conseil d État et le Parlement. Son expertise aide à la prise de décision qu il contribue donc à élaborer et à mettre au point. À l étranger, les agents du ministère sont dépositaires de l autorité de l État. Ils informent le gouvernement, négocient en son nom (notamment au Conseil des ministres de l Union Européenne), assurent la protection des intérêts de l État et celle des ressortissants français, voire des pays étrangers que représente la France. 2

La politique étrangère de la France étant très centralisée, les agents diplomatiques ont des attentes importantes vis-à-vis de leur administration centrale, en termes d appui, de clarté et de pouvoir d impulsion. Cette situation conduit les agents en administration centrale à devoir se montrer très réactifs, disponibles et compétents sur des domaines variés pour indiquer les mesures à mettre en œuvre par les postes. Mais la préhéminence constante et historique du Président de la République nuance considérablement l importance du ministère des affaires étrangères. B. Une petite administration Son poids stratégique est en effet assez faible face à celui de la présidence de la République. Le ministère n est, dans ce cadre, que l organe utilisé pour administrer les affaires quotidiennes, répondant aux préoccupations concrètes des Français résidant à l étranger et s efforçant de garantir le rayonnement de la France dans la sphère culturelle et pour les questions économiques. Plus qu un décideur, il est un appui administratif aux autres ministères et à la présidence de la République. D ailleurs, même s il a un rôle d arbitre, le ministère des affaires étrangères ne représente budgétairement que 20% des moyens de l action extérieure de la France. Son poids politique est donc assez faible, notamment face à la direction générale du budget. Le ministère ne représente pas plus de 2% du budget général de l État. J ai pu découvrir la relation complexe du ministère avec celui du budget à l occasion d une question sur le rôle du contrôleur budgétaire et comptable ministériel, dont certains services estimaient qu il outrepassait sa compétence. Ce paradoxe de positionnement institutionnel se traduit dans la structure des ressources humaines. 2. Des particularités en matière de ressources humaines Compte tenu des conditions de travail liées à une telle fonction, j ai pu remarquer un certain nombre de particularités dans la composition du personnel. Tout d abord, le nombre d agents global est assez réduit puisqu ils compte 18000 agents, ce qui est le deuxième effectif le plus faible après les 11000 agents du ministère de la culture. Les autres administrations régaliennes telles que le ministère de l intérieur et de la justice comptent autour de 100000 agents. Ensuite, une faible part de cet effectif travaille en administration centrale. Les postes à l étranger sont plus nombreux et la plupart des agents ne conçoivent pas leur carrière sans séjour à l étranger, quel que soit leur indice hiérarchique. Puis, la pyramide hiérarchique est l inverse de celle à laquelle on peut s attendre, dans le sens où le nombre de cadres de catégorie A+ est supérieur au nombre de ceux de catégorie A. Les catégories B et C représentent une part inférieure à celle des cadres. Ceci peut probablement s expliquer par l intérêt des ministres à s appuyer sur des cadres pour prendre des décisions importantes exigeant la prise de responsabilités, sur des postes par nature autonomes puisque les agents ont une faculté de comunication avec la centrale plus faible que les autres administrations déconcentrées de l État. Par ailleurs, les exigences décisionnelles, organisationnelles et communicationnelles sont importantes sur de tels postes, notamment en temps de crise. C est aussi une des raisons qui impose une grande technicité et une connaissance approfondie des contextes locaux étrangers. C est ce qui peut justifier l emploi de nombreux agents non titulaires et d agents soumis au droit du travail local. J ai découvert cette catégorie d agents à travers une note qui m a été confiée, visant à exonérer ceux de nationalité française de contribution exceptionnelle de solidarité, pour faire suite au «bleu ministériel» dans lequel le premier ministre, contre l avis du ministre des affaires étrangères, refusaient d ouvrir le droit aux indemnités chômage pour ces agents. Ce cadre global ainsi que le contexte où j évoluais ont fait écho aux témoignages d intervenants sur le métier d attaché. 3

II. LA DOUBLE FONCTION SUPPORT DE L ATTACHÉ Il est de nature différente au sein de l administration centrale (1) et du service à proprement parler (2). 1. Au sein de l administration centrale La fonction support amène l attaché à jouer un rôle de relais entre les services opérationnels et l extérieur du ministère. Ainsi, pour des questions de droit émanant de postes à l étranger ou d autres directions du ministère, comme le bureau des Voyages et des Missions, il a pu m arriver d interroger des ministères dont le champ d action est la question de la santé ou de la sécurité sociale. Ceci est d autant plus vrai que le service des affaires juridiques est le seul service à vocation non intergouvernementale. C est pourquoi il doit traiter des questions limitrophes entre outil interne et objet de droit international. J ai dû à ce titre étudier un modèle de convention de subvention du fonds Pacifique. Ce rôle démontre combien le support revêt une grande technicité. Il m est arrivé, à l occasion d une Commission administrative paritaire visant le licenciement d un agent sous contrat à durée indéterminée, d observer un décalage entre la position du service juridique, composé de techniciens du droit, et le service Ressources Humaines, moins juridique qu opérationnel. Cette place donne au service support un rôle difficile, vu comme une aide ou un obstacle administratif par les services, qui n hésitent pas à s opposer à ses positions sans en appréhender ni en assumer pleinement les conséquences. Cette technicité confère à l attaché une fonction essentielle au sein même du service support. 2. Au sein d un service support Le chef de service étant exposé aux critiques d autres services, il sollicite le soutien technique de l attaché. À ce titre, il attend que la décision qui lui est suggérée soit facilement défendable. L attaché est donc chargé d une responsabilité certaine. Indépendant, car son supérieur hiérarchique n a pas forcément la réponse à une question technique et laisse son agent mener son analyse, il doit lui apporter les éléments de réponse aux situations qu il rencontrera. Mon chef de service a, par exemple, utilisé mes analyses face à ses collègues siégeant au comité d éthique pour expliquer certaines propositions de modifications rédactionnelles du guide de déontologie, en particulier d une fiche relative aux relations des fonctionnaires avec le Parlement. De mon côté, j ai pu organiser en toute autonomie une réunion bilatérale avec le bureau des marchés publics afin de m informer sur la réglementation applicable à la rénovation des monuments historiques de l État sur un territoire d un État-membre de l Union Européenne. Par ailleurs, la position de l attaché au sein d une équipe de cadres est originale. Qu il s agisse des réunions de service ou de celles bilatérales avec sa hiérarchie, le cadre doit hiérarchiser sa propre communication. Si la hiérarchie doit savoir et valider les positions prises par l attaché au nom du service, il est souhaitable de ne pas lui faire part de toutes ses démarches et saisines pour information. Le chef de service est centré sur les documents et informations importantes, qui engagent le service d une manière ou d une autre ; l attaché se charge de la gestion des affaires courantes et des demandes d avis extérieures conduisant à une position de principe. Ces deux champs d action convergent au moment de la prise de décision, qui associe le travail de recherche préalable à l expérience administrative du chef de service. Enfin, la responsabilité de l attaché apparaît dans des cas d urgence où sa proposition peut être suivie assez facilement si elle est justifiée, l amenant à réfléchir aux conséquences de la décision qu il influence. Étudiant un contrat de détachement et la répercution sur celui-ci de l avancement de l indice hiérarchique de l agent par son administration d origine, j ai par exemple pu voir deux propositions validées de façon informelle, la seconde venant rectifier la première après une analyse poussée. Il s en suis que l attaché peut avoir une part de responsabilité dans une décision prise. Il y a lieu de nuancer ce dernier constat en notant que, lorsque le service s engage, le chef de service n admet que les argumentations incontestables et intelligibles. Il m est à ce titre arrivé, pour 4

répondre à des questions soulevées par mes analyses, de devoir y répondre en reformulant la note. Si elle suscite des interrogations du chef de service, il est probable que son destinataire se les posera à son tour. Ce stage est donc une bonne préparation à mes futures fonctions par les mises en situation qu il m a proposées, allant jusqu à la prise, dans un certaine mesure, de responsabilités. J y ai vécu les relations hiérarchiques et leurs modalités et les rapports transversaux complexes entre services au sein d une administration. 5