PRATIQUES DE L ALM DANS LES BANQUES



Documents pareils
Mise en place du Mécanisme de Supervision Unique (MSU)

LE REFINANCEMENT PAR LE MARCHE HYPOTHECAIRE

LIGNE DIRECTRICE SUR LA GESTION DU RISQUE DE TAUX D INTÉRÊT

INSTRUCTION N 002 RELATIVE AUX NORMES PRUDENTIELLES DES COOPERATIVES D EPARGNE ET DE CREDIT AINSI QUE DES INSTITUTIONS DE MICRO FINANCE

Fonds de revenu Colabor

Banque Zag. Troisième pilier de Bâle II et III Exigences de divulgation. 31 décembre 2013

Fonds de revenu Colabor

Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. Bâle III : Ratio structurel de liquidité à long terme

Le Comité de Bâle vous souhaite une belle et heureuse année 2013 Adoption du ratio de liquidité LCR

Mise en œuvre des IFRS dans la banque

Banque le Choix du Président

L activité financière des sociétes d assurances

Banque le Choix du Président

La mesure et la gestion des risques bancaires : Bâle II et les nouvelles normes comptables

Comment évaluer une banque?

L activité financière des sociétes d assurances

Rapport financier du premier trimestre de

Règlement n du 18 décembre 1990 relatif à la comptabilisation des contrats d échange de taux d intérêt ou de devises

Société Générale SCF Société Anonyme au capital de euros Siège social : 17 cours Valmy PUTEAUX RCS NANTERRE

SOMMAIRE. Bulletin de souscription

Formation «Gestion actif/passif (ALM) : L essentiel»

ETATS FINANCIERS CONSOLIDES. (Comptes non audités)

Communication financière

COURS GESTION FINANCIERE SEANCE 4 CHOIX DU NIVEAU DU FONDS DE ROULEMENT PLANS DE TRESORERIE FINANCEMENTS ET PLACEMENTS A COURT TERME

COMMENT OPTIMISER SA GESTION DE DEVISES?

relatif aux règles comptables applicables aux fonds communs de créances

GROUPE BANQUE INTERNATIONALE ARABE DE TUNISIE BIAT

Qu est-ce qu une banque?

Cadre de référence de la gestion du patrimoine de l Institut Pasteur

Capital Requirement Regulation

Tableaux de rapport

Indicateur n 1.3 : Ecart entre le taux d intérêt des emprunts de la Sécurité sociale et le taux du marché

de la Gestion Actif-Passif

Travaux internationaux et grandes lignes du dispositif français

NORME IAS 32/39 INSTRUMENTS FINANCIERS

REGLEMENTS FINANCIERS DE L AGIRC ET DE L ARRCO. (avril 2014)

Quels liens entre les modèles et la réalité? Mathilde Jung Université d été / Lundi 9 Juillet 2012 AG2R LA MONDIALE

Bâle III : les impacts à anticiper

Exigences de communication financière sur la composition des fonds propres Texte des règles

ESSEC. Cours «Management bancaire» Séance 3 Le risque de crédit

FORMATIONS FINANCIÈRES RÉALISÉES

ETATS FINANCIERS CONSOLIDES

Présentation à l EIFR. 25 mars 2014

COMPTES CONSOLIDÉS AU 31 DÉCEMBRE 2014

Le financement de l entreprise

Comprendre les produits structurés

Information financière pro forma 2012 consolidée Icade-Silic

Gérer la trésorerie et la relation bancaire

Études. Des effets de la réglementation des produits d épargne sur le comportement de placement des ménages

Cornèr Banque (Luxembourg) Informations au titre du Pilier III de Bâle II au 31 décembre 2012

25 / 06 / 2008 APPLICATION DE LA RÉFORME BÂLE II

RAPPORT DES COMMISSAIRES AUX COMPTES SUR LES ETATS FINANCIERS CONSOLIDES. Exercice clos le 31 décembre 2014

RAPPORT PILIER III. Informations au 31 décembre 2010.

Emprunt Obligataire «Tunisie Leasing »

GESTION DES INVESTISSEMENTS RENTABILITE ECONOMIQUE

CAISSE REGIONALE DU CREDIT AGRICOLE MUTUEL D AQUITAINE

- - Créances sur les établissements de crédit et. chèques postaux

Résultats du premier trimestre SCOR enregistre un résultat net de grande qualité de EUR 175 millions et un ROE annualisé de 12,1 %

en juste valeur par résultat Placements détenus jusqu à échéance

Caisse populaire Desjardins de Brome-Missisquoi

COMMUNICATION FINANcière

GLOSSAIRE. ASSURÉ Personne dont la vie ou la santé est assurée en vertu d une police d assurance.

Les comptes de la Banque de France

UNION MONETAIRE OUEST AFRICAINE BANQUE CENTRALE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST

Observatoire des Services Bancaires -

Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. Bâle III : Ratio de liquidité à court terme et outils de suivi du risque de liquidité

COLLOQUE SUR LA RETRAITE ET LES PLACEMENTS AU QUÉBEC L INVESTISSEMENT GUIDÉ PAR LE PASSIF

Christian Lopez Responsable Recherche Tél /06/2014

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES

METIER DE CHARGÉ DE CREDIT ET

La banque et la gestion des Institutions Financières. Mishkin (2004), Monnaie, Banque et marchés financiers, Pearson Education, ch.

Norme internationale d information financière 9 Instruments financiers


Circulaire NBB_2012_12 - Annexe 4

Links Consulting. Support de présentation. L expertise métier au service de la transformation et de la performance

Annexe A de la norme 110

LA GESTION DE LA TRESORERIE : Les outils pour anticiper les difficultés et optimiser les excédents. Mardi 29 novembre 2011

DOSSIER DE GESTION. Sommaire

CIC Activité commerciale toujours en croissance

Master en Gouvernance bancaire, contrôle et audit interne

Analyse financière détaillée

Instruments financiers et comptabilité de couverture : de nouveaux principes français en préparation

DEUXIÈME ÉTUDE D'IMPACT QUANTITATIVE SUR LE RISQUE DE MARCHÉ SOMMAIRE DES RÉSULTATS

ETATS FINANCIERS CONSOLIDES. au 31 décembre Version non auditée

2. Les risques bancaires : liquidité, intérêt, change, marché, opérationnel

Comptes de tiers (Classe 4)

Norme comptable internationale 7 Tableau des flux de trésorerie

Comment piloter une entreprise d assurance IARD sous Solvabilité II?

Colloque Groupama AM CEPII. La Zone EURO: Où en est-elle? Où va-t-elle?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE. Sèvres, le 28 avril 2015

Le risque de taux d intérêt dans le système bancaire français

Groupe Crédit Mutuel Arkéa Résultats annuels Avril 2014

ANALAYSE FINANCIERE 1] BILAN FONCTIONNEL

FICHE TECHNIQUE N 12 INSTRUMENTS FINANCIERS A TERME ET EMPRUNTS EN MONNAIES ETRANGERES

Ordonnance relative à la loi fédérale sur la Banque nationale suisse

Asset Quality Review

L'analyse de la structure financière

Où investir en 2014? Grand colloque sur la gestion des actifs des caisses de retraite

4 RISQUES ET ADÉQUATION DES FONDS PROPRES

Transcription:

APTBEF ISG Tunis MASTERE RISK MANAGEMENT 2011 PRATIQUES DE L ALM DANS LES BANQUES 1

1. Genèse de l ALM: contexte et définition 2. Cadre règlementaire: international et national 3. Organisation et gouvernance de l ALM 4. Implémentation de l ALM: cas pratique 2

I. Genèse de l ALM 3

La dérèglementation libère les contraintes et augmente les risques...1960 1970...1975 1980 Années 90 Manque de compétition Période de volatilité des taux Dérèglementation bancaire Emergence de la fonction ALM Règle de gestion "3-6-3" - Naissance des SICAV -Fuite des dépôts à vue - Besoin massif de trouver de nouvelles ressources - faillite de 500 caisses américaines - Plan de sauvtage -Pertes considérables en raison de l'écart entre ressources et emplois non couverts. - Impératif de limiter les écarts de maturité entre Actif et Passif 4

EMERGENCE DE LA FONCTION ALM Le contexte économique caractérisé par : L évolution règlementaire L accroissement de la concurrence L augmentation des risques dus à l instabilité des taux et le resserrement de la liquidité. Nécessité de : Simuler les revenus de la banque Les projeter dans le futur en tenant compte des différents facteurs économiques. La stratégie du bilan oriente la stratégie commerciale 5

Prenons un exemple simple pour illustrer le risque du bilan 1/3 La méthode la plus simple est la méthode des gaps Actif Passif Frais d'établissement 500 Capital 10 000 Crédits Immo (taux fixe 15 ans) 10 000 Emprunt obligataire (taux fixe 15 ans) 5 000 Crédits Immo (taux fixe 15 ans) 5 000 Emprunt (taux fixe1 an) 15 000 Crédits Immo (taux fixe 15 ans) 15 000 Immobilisations 500 Crédits Immo (taux fixe 7 ans) 14 000 Emprunt (Taux variable 7 ans) 15 000 TOTAL 45 000 TOTAL 45 000 Pratiques de l'alm- APB Cyrine Fadhlaoui Tarifa 6

Prenons un exemple simple pour illustrer le risque du bilan 2/3 La méthode la plus simple est la méthode des gaps Actif Passif Crédits Immo (taux fixe 15 ans) 5 000 Emprunt obligataire (taux fixe 15 ans) 5 000 Le profit est volatile. La banque est exposée au risque!!! Crédits Immo (taux fixe 15 ans) 15 000 Emprunt (taux fixe 1 an) 15 000 Crédits Immo (taux fixe 7 ans) 14 000 Emprunt (Taux variable 7 ans) 15 000 Crédits Immo (taux fixe 15 ans) 10 000 Capital 10 000 Frais d'établissement 500 Immobilisations 500 TOTAL 45 000 TOTAL 45 000 Pratiques de l'alm- APB Cyrine Fadhlaoui Tarifa 7

Prenons un exemple simple pour illustrer le risque du bilan 3/3 Pour illustrer les risques ALM, on peut voir la dynamique du bilan A l instant T0 le bilan est équilibré Mais, les dynamiques de l actif et du passif ne sont pas les mêmes Besoins des clients courts ou longs Refinancement dépend du contexte des taux Risques ALM Pratiques de l'alm- APB Cyrine Fadhlaoui Tarifa 8

DEFINITION DE LA GESTION ACTIF-PASSIF DEF. 1: L ALM est une méthode globale et coordonnée qui a pour objectif d'estimer et de piloter l'équilibre entre les ressources et les emplois au regard des risques financiers auxquels la banque est exposée sous la contrainte d'un niveau de rentabilité et d'un cadre réglementaire précis. DEF.2: Asset and Liability Management, est une pratique qui vise à optimiser la rentabilité des fonds propres tout en préservant un niveau acceptable des risques financiers (risque de taux, de change et de liquidité) et en assurant une allocation des fonds propres de manière à adapter le volume de l activité à l'évolution du marché et à l'environnement financier et réglementaire, notamment aux ratios prudentiels. On parle alors d'optimisation du couple risque/rentabilité. 9

DEFINITION DES RISQUES ALM Le risque de liquidité: correspond soit à une perte d'opportunité, soit à l'occurrence d'une crise de liquidité lorsque la banque n'est plus en mesure d'honorer ses engagements (retrait sur dépôts à vue, déblocage de nouveau prêt, remboursement d'emprunt) en dépit de ses liquidités (remboursement de prêt, émission de nouveaux emprunts) et disponibilités (compte à vue, actifs liquides, fonds propres). Il naît des décalages entre les ressources et les emplois qui peuvent apparaître à chaque période. Le risque global de taux: risque de perte financière qui provient des décalages dans le réajustement des prix des actifs et des passifs suite aux variations des taux de marché. Il traduit l'incertitude sur les résultats financiers induits par l'exposition aux variations de la courbe des taux. Ce risque est analysé en intérêts courus (impact sur la marge d'intérêt) ainsi qu'en valeur de marché (pour les éléments comptabilisés en juste valeur, et les indicateurs règlementaires en valeur actuelle nette). Le risque de change : il est lié aux activités en devises, qui se reflètent par les positions au bilan (prêteuse ou emprunteuse nette contre la devise de référence), et le niveau de couverture retenue 10

II. Cadre règlementaire de l ALM 11

1. Règlementation sur le plan international 12

L ALM A L ECHELLE INTERNATIONALE (Focus risque de liquidité) Début des années 2000 2008 A partir de 2010 Recours massif des banques à la Titrisation pour refinancer leurs créances. Cession à un véhicule adhoc, qui luimême émet des titres négociables sur le marché. Crise des Subprimes: Modèle peu solide Imposer des contraintes de liquidité sur les bilans des banques Passage d'un modèle "Originate to hold" à un modèle "originate to distribute" Crise de liquidité répercutée sur les bilans des banques Introduction de 2 ratios de liquidité: - à CT: LCR - à MLT : NSFR 13

BALE III PILIER I : EXIGENCE MINIMALE EN FONDS PROPRES PILIER II : SURVEILLANCE PRUDENTIELLE PILIER III : DISCIPLINE DE MARCHE Risque de Crédit Risque de Marché Risque Opérationnel Risque Systémique Exigence supplémentaire en termes de gestion et surveillance des risques Révision des exigences de communication financières Ratio Effet de levier Ratio de liquidité et monitoring tools 14

RISQUE DE LIQUIDITE / BALE III 1/2 Ratio de couverture = >= 100% (Liquidity Coverage Ratio) Stock d actifs liquides Sorties nettes de cash sur 30 jours Le LCR calcule le taux de couverture des sorties nettes de trésorerie par l encours des actifs liquides de haute qualité sur un horizon de 30 jours dans une situation de tension sur la liquidité. Les actifs liquides de haute qualité sont composés de deux niveaux: Actifs liquides de niveau 1 retenus à 100% de leur encours sans aucun plafond Actifs liquides de niveau 2 qui sont plafonnés à 40% de l encours global des actifs liquides de haute qualité Les Entrées de trésorerie attendues sont plafonnées à 75% des sorties de trésorerie attendues. 15

RISQUE DE LIQUIDITE / BALE III 2/2 Financement stable disponible Ratio structurel de liquidité = >= 100% (NSFR) Financement stable exigé Le ratio structurel de liquidité à long terme est établi de manière à ce que les actifs à long terme soient financés à l aide d un montant minimal de fonds stables à long terme. Financement stable disponible : Fonds propres, les actions privilégiées et les passifs d une échéance résiduelle égale ou supérieure à un an. + part durable des dépôts et du financement de gros assortis d une échéance résiduelle inférieure à un an (conservée en cas de tensions idiosyncrasiques). Financement stable exigé : Somme des actifs non grevés, des expositions hors bilan et des autres activités. 16

2. Règlementation sur le plan National 17

TEXTES REGLEMENTAIRES RELATIFS A LA GESTION DES RISQUES ALM Circulaire BCT 2014-04 (LCR) + Circulaire 2013-20 (RO) Circulaire BCT 2011-06 Circulaire BCT 2006-19 18

Circulaire BCT 2006-19: Dispositif de Contrôle Interne Système de contrôle des opérations et des procédures internes Système de documentation et d information Organisation comptable et traitement de l information Système de mesure, surveillance et maîtrise des risques 19

CIRCULAIRE BCT 2006-19/ Risque de liquidité Article 39 : Le dispositif de contrôle du risque de liquidité doit permettre de s assurer que les banques sont en mesure de faire face, à tout moment, à leurs exigibilités et d honorer leurs engagements de financement envers la clientèle. Les établissements de crédit et les banques non résidentes doivent évaluer l adéquation de leurs fonds propres en fonction de leur profil de liquidité et de la liquidité des marchés sur lesquels ils opèrent. Article 40 : Les entrées et sorties de trésorerie prévisionnelles à des échéances déterminées doivent être évaluées, en tenant compte notamment de l'incidence des fluctuations des marchés de capitaux et de manière à permettre la détermination, sur base individuelle et consolidée, des différentes impasses nettes de liquidité et à définir les actions à mettre en œuvre pour les gérer. Article 41 : Les capacités des banques à mobiliser des ressources sur les marchés des capitaux à court terme ou dans le cadre des lignes de trésorerie ouvertes par les correspondants, doivent être revues périodiquement afin de tenir compte des éventuels changements qui pourraient affecter la situation ou la renommée de l établissement lui-même ou la situation financière ou juridique de ces correspondants. Les banques évaluent au moins une fois par an les risques de liquidité qu ils encourent en cas de forte variation des paramètres de marché. Un contrôle périodique doit être assuré sur les hypothèses utilisées. Les résultats de cette mesure sont communiqués au Conseil d Administration ou au Conseil de Surveillance qui est tenu informé des décisions prises par l organe 20 de direction Pratiques pour couvrir de l'alm- les APB risques Cyrine de Fadhlaoui liquidité. Tarifa

CIRCULAIRE BCT 2006-19/ Risque Global de Taux Article 35 : Le risque global de taux d intérêt se définit comme le risque encouru en cas de variation des taux d'intérêt, mesuré sur l'ensemble des opérations de bilan et de hors bilan à l exception, le cas échéant, des opérations soumises aux risques de marché (chapitre 2 de la circulaire). Article 36 : Les banques doivent disposer d'un système de mesure du risque global de taux, lorsqu'il est significatif, leur permettant notamment : a) d appréhender les positions et les flux, certains ou prévisibles, résultant de l'ensemble des opérations de bilan et de hors-bilan ; b) d appréhender les différents facteurs de risque global de taux d'intérêt auquel ces opérations les exposent ; c) d évaluer périodiquement l'impact de ces différents facteurs, dès lors qu'ils sont significatifs, sur leurs résultats et leurs fonds propres. Article 37 : Les banques veillent à évaluer dans le cadre de simulations qu ils effectuent, de façon régulière, les risques qu'ils encourent en cas de fortes variations des paramètres de marché ou de ruptures des hypothèses retenues. Un contrôle périodique doit être exercé sur la validité et la cohérence des paramètres et des hypothèses retenues pour cette évaluation du risque global de taux d'intérêt. Les résultats des mesures du risque global de taux d intérêt sont communiqués au Conseil d Administration ou au Conseil de Surveillance afin d'apprécier les risques de la banque, notamment par rapport à ses fonds propres et ses résultats. 21

Circulaire BCT 2011-06: Gouvernance des Risques dans les banques C. Exécutif Financement C.RISQUES Conseil d Administration Direction Générale C.P.A.I Fonction Gestion RISQUES Fonction AUDIT Fonction CONFORMITE Gestion Risque financement Gestion Risque Liquidité & global de taux Gestion Risque opérationnels Comité de crédit Co ALM Comité de recouvrement Comité de tarification Comité gestion des risques Comité contrôle interne 22

Circulaire BCT 2014-14 / LCR 1/2 Ratio de couverture = >= 100% (Liquidity Coverage Ratio) Stock d actifs liquides Sorties nettes de cash sur 30 jours Le LCR calcule le taux de couverture des sorties nettes de trésorerie par l encours des actifs liquides de haute qualité sur un horizon de 30 jours dans une situation de tension sur la liquidité. Les actifs liquides de haute qualité sont composés de deux niveaux: Actifs liquides de niveau 1 retenus à 100% de leur encours sans aucun plafond Actifs liquides de niveau 2 qui sont plafonnés à 40% de l encours global des actifs liquides de haute qualité et qui sont composés de deux niveaux: niveau 2A pondérés à 85% niveau 2B pondérés à 50% et plafonnés à 15% de l encours global des actifs liquides de haute qualité. Les Entrées de trésorerie attendues sont plafonnées à 75% des sorties de trésorerie attendues. 23

Circulaire BCT 2014-14 / LCR 2/2 Numérateur Dénominateur a- Actifs liquides de niveau 1 - Disponibilités monétaires (caisse et placements auprès de la BCT) - Titres souverains (bons du trésor) b- Actifs liquides de niveau 2 (plafonnés à 40%) Actifs liquides de niveau 2A (pondérés à 85%) - Obligations d entreprises notées AA- ou plus. - Titres d autres Etats pondérés à 20%. Actifs liquides de niveau 2B (pondérés à 50% et plafonnés à 15%) a- Sorties de trésorerie - Remboursements emprunts auprès du système financier - Retraits dépôts de la clientèle - Octroi de découvert - Décaissement d engagement de financement et de garantie. - Décaissement d engagements de liquidité sur le marché de change. b- Entrées de trésorerie - Obligations - Recouvrements sur les crédits - Titres de participation des sociétés cotées. - Placements interbancaires reçus - Engagement de liquidité reçu sur le marché de change. 24

III. Organisation et Gouvernance de la fonction ALM 25

1. Organisation de la fonction ALM (état de l art) 26

ORGANISATION DE LA FONCTION ALM 2/3 Direction Générale Finance Front Office Contrôle de Gestion Trésorerie & ALM Comptabilité 27

ORGANISATION DE LA FONCTION ALM 1/3 Direction Générale Finance Front Office Contrôle de Gestion & ALM 28

ORGANISATION DE LA FONCTION ALM 3/3 Direction Générale Gestion des Risques Finance Front Office Gestion des risques Financiers (ALM) 29

RATTACHEMENT ORGANISATIONNEL DE L ALM NB: Etude faite par Price Water House en 2007 sur 60 banques de 14 pays européens dont 18 banques de grande taille et 42 de petite taille. 30

2. Gouvernance de la fonction ALM NB: Etude faite par Price Water House en 2007 sur 60 banques de 14 pays européens dont 18 banques de grande taille et 42 de petite taille. 31

GOUVERNANCE DES RISQUES ALM / Comité ALM 1/3 Membres du comité ALM (Grandes banques) 32

GOUVERNANCE DES RISQUES ALM / Comité ALM 2/3 Membres du comité ALM (petites et Moyennes banques) 33

GOUVERNANCE DES RISQUES ALM / Comité ALM 3/3 Fréquence des réunions de l ALco 34

ATTRIBUTIONS DU COMITE ALM Attributions de l'alco Banques Larges Petites et Moyennes banques Supervision de la structure de risque de liquidité 100% 85% Décision des stratégies de gestion de risque de liquidité et de taux 94% 83% Définition et validation des politiques et des limites de gestion de risque de liquidité 89% 73% Supervision de la structure de gestion du risque de taux 83% 93% Revue et analyse de l'impact des changement réglementaires et législatifs sur L'ALM 78% 68% Revue de la diversification, des coûts et de la structure des sources de financement 78% 61% Revue et évaluation des résultats des stress tests 78% 63% Décision des nouvelles structures de financement et de sécurisation 72% 56% Approbation des stratégies de refinancement 72% 63% Validation des stratégies d'investissement 72% 71% Définition des politiques, des limites et des autorisations de gestion du risque de taux 72% 63% Revue et suivi des besoins en capitaux de chaque unité opérationnelle 67% 39% Revue de l'implémentation et de l'éxécution des politiques de risque de transformation 67% 63% Validation des hypothèses de modélisation 67% 51% Validation des systèmes de gestion du risque bilantiel 17% 37% 35

3. Attributions de la fonction ALM NB: Etude faite par Price Water House en 2007 sur 60 banques de 14 pays européens dont 18 banques de grande taille et 42 de petite taille. 36

ATTRIBUTIONS DE LA FONCTION ALM Attributions de l'entité ALM Banques Larges Petites et Moyennes banques Proposition des stratégies de couverture des risques 83% 86% identification, mesure, suivi et reporting du risque de liquidité à Moyen et Long Terme 83% 67% Fixation des coûts de transformation 78% 75% identification, mesure, suivi et reporting du risque de taux 78% 50% Identification, mesure, suivi et reporting du risque de liquidité sur le Court Terme 78% 58% Elaboration du plan de contingence en matière de liquidité 78% 67% Exécution des stratégies de couverture des risques 72% 50% Identification, mesure, suivi et reporting du risque de change 72% 72% Emission d'emprunts (titres de créances) 67% 42% Exécution des stratégies d'investissement 61% 33% Emission des titres de capitaux 61% 36% Définition de la structure optimale de capitaux et de créances 56% 61% Proposition des stratégies d'investissement 50% 75% Titrisation 50% 31% Gestion active du portefeuille 33% 53% 37

OUTILS INTERNES DE GESTION DES RISQUES ALM AU NIVEAU DES BANQUES Ratio de transformation (ressources/emplois) et concentration des dépôts Stress tests Stress tests Sensibilité de la marge nette d intérêts (MNI) et de la VAN Gaps de liquidité statiques et dynamiques Gaps structurels de taux 38

INDICATEURS DU RISQUE DE LIQUIDITE 39

RATIOS DE GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITE 40

INDICATEURS DU RISQUE GLOBAL DE TAUX 41

INDICATEURS DE GESTION DU RISQUE GLOBAL DE TAUX 42

SCENARIOS DE STRESS TESTING LES PLUS UTILISES 43

FREQUENCE DE BACK TESTING DU RISQUE GLOBAL DE TAUX 44

V. Cas d implémentation de l ALM / Banque Zitouna 45

LA FINANCE ISLAMIQUE La finance islamique est apparue dans les années 1970. Profitant de la mondialisation financière, c'est depuis 2001 que sa croissance est devenue exceptionnelle: 15% par an. Aujourd'hui la finance islamique pèse plus de 300 milliards de dollars et se pratique dans plus de 75 pays. 46

LES PRINCIPES DE LA FINANCE ISLAMIQUE 1- Interdiction du riba : L usure ( intérêt) est illicite en finance islamique. 2- La tangibilité de l actif (Asset-backing) : Toute transaction financière doit être adossée à un actif tangible et identifiable (réel, matériel et surtout détenu): (l immobilier, les complexes énergétiques, l énergie, les matières premières ) 3- Principe des 3P : Partage des pertes et des profits. La clé de répartition des profits doit être fixée dans une proportion et non par un bénéfice à la signature du contrat. 4- Secteurs d investissements illicites : En islam, on ne peut ni vendre ni acheter l illicite : L industrie du tabac ; l industrie de l alcool et du vin (et bien sûr les drogues) ; l industrie des jeux de hasard ; l industrie porcine et de l alimentaire non licite ; l industrie de l armement (exception faites pour les Etats) 47

IMPORTANCE DE LA GESTION ACTIF-PASSIF POUR BANQUE ZITOUNA 1- Le risque de liquidité: Difficulté à mobiliser des fonds à coût raisonnable ou à vendre des actifs financiers (relativement élevé chez les banques islamiques vu les contraintes de refinancement) + Absence de cadre législatif règlementant la mobilisation de ressources longues pour les banques islamiques. 2- Le risque global de taux de profit: Les institutions islamiques utilisent un taux de référence pour déterminer le prix des différents instruments financiers. Le risque global de taux est induit par l adossement d emplois (Mourabaha à taux fixe) sur des ressources de nature de taux différente + impossibilité d utiliser des produits dérivés pour couvrir le risque global de taux. 3- Le risque de change: Banque Zitouna comme les autres banques de la place, ne court pas de risque de change, au sens du risque de transformation: le risque de change sur les ressources extérieures est transféré en Tunisie à un fonds de péréquation de change contre le paiement d une prime de couverture. Impératif de mise en place d une gestion actif-passif au sein de la banque pour disposer d un outil puissant d'aide à la décision et de garantir la qualité des résultats, la solvabilité et la pérennité de la banque 48

DEMARCHE D IMPLEMENTATION DE L ALM 1. Structuration des organes de gouvernance: Comité ALM (comité interne), Comité des Risques (immanence du CA) 2. Structuration de la fonction ALM: Attributions et relations avec les autres structures de la banque. 3. Identification et mesure des risques. 4. Gestion effective des risques: Objectifs, contraintes et implémentation des outils de gestion. 6. Reporting aux organes de gouvernance. 49

PREREQUIS D IMPLEMENTATION DE L ALM 1. Une forte implication des instances de décision. 2. La constitution d un comité ALM aux tâches et responsabilités bien définies et disposant de toutes les ressources humaines, matérielles ou financières pour mener à bien son activité. 3. Un système d information performant et adéquat permettant une bonne restitution de l information. 4. Des indicateurs de gestion pertinents pour servir de tableau de bord. 5. Des décisions et recommandations compréhensibles, claires, pertinentes, cohérentes et faciles à mettre en œuvre par l organe opérationnel. 50

DEMARCHE ALM A BANQUE ZITOUNA Mise en place d une entité de Gestion Actif Passif au niveau de la banque avec les caractéristiques suivantes: 1- Relations hiérarchiques : L entité ALM relève de la Direction de Gestion et de Suivi des Risques rattachée au Pôle Risques (Art. 27 Cir.BCT 2011-06). 2- Relations fonctionnelles : L entité ALM est en étroite collaboration avec les structures suivantes : - Pôle Finances: cohérence des données bilancielles (conditions de rémunération des ressources et de rendement des emplois ); - Pôle commercial : se concerter sur les conditions générales d emploi et de refinancement compte tenu des conditions de marché et des contraintes de refinancement de la banque ; - Direction Trésorerie : visibilité sur les disponibilités et les modalités de placement sur le marché ; - Direction Marketing : Benchmark (conditions de la concurrence) en matière de tarification des produits. 51

ORGANISATION DE L ALM A BANQUE ZITOUNA POLES RISQUES (rattaché à la Direction Générale) DIRECTION RISQUE FINANCEMENT (Analyse contradictoire des dossiers de financement instruit par l appareil commercial) DIRECTION GESTION DES RISQUES Dept. Risques Opérationnels et Contrôle Permanent Dept. Gestion des Risques Financiers Dept. Suivi des Engagements et Reporting ALM (Liquidité et global de taux) Risques marchés Risque financement (politique, règles d octroi, tarification ajustée aux risques, limites d exposition et décisionnelles) 52

ATTRIBUTIONS DE L ALM A BANQUE ZITOUNA Identifier et mesurer les risques de transformation de la banque à travers des indicateurs de gestion pertinents pour servir de tableau de bord; Immuniser le bilan contre les risques financiers en mettant en place une politique de couverture et de refinancement adaptée et en facturant des taux client en cohérence avec le coût des ressources et le niveau de rentabilité attendu par la banque; Responsabiliser les fonctions commerciales sur les objectifs de rentabilité qu elles maitrisent directement en les centralisant au niveau de l entité ALM; Elaborer les reportings périodiques au comité ALM et au Comité des Risques (respect des ratios et normes règlementaires en termes de liquidité et d adossement des financements à MLT, analyse des niveaux d expositions aux risques de liquidité et de taux) et proposer des actions correctives. 53

EXEMPLES D INDICATEURS: VISION GLOBALE ACTIF Durée moyenne Part En % Nature de taux PASSIF Durée moyenne Part En % Nature de taux Compte BCT, caisse Financement institutions financières Financements aux Entreprises X mois X mois X ans TF (X%) DAV non rémunérés ASD Comptes à terme Emprunt Y mois Y mois Y mois Y 5 ans TF (y %) Financements P&P X ans Comptes à terme Y mois Placements interbancaires Portefeuille commercial Portefeuille titres d'investissement 5 jours TV (X %) X ans X ans IT (x %) DAV rémunérés Pratiques de l'alm- APB Cyrine Fadhlaoui Tarifa Y mois TV (y %) Epargne Y mois TR (y %) Immobilisations X ans Capital Y ans Autres actifs X mois Autres passifs Y mois TOTAL X ans 100% TOTAL Y ans 100% IT (y %) 54

EXEMPLE DE TABLEAU DE BORD (Alco et CR) (INDICATEURS RISQUE DE LIQUIDITE A CT) LIMITES DEFINITION DE LA LIMITE LIMITE EXPOSITION A L ANNEE N Ratio de liquidité Stock d actifs liquides / (cf. circ. BCT 91-24) Sorties nettes de cash sur 30 jours 100% (règlementaire) Concentration des dépôts (Règle de gestion) Maximum de dépôts par relation X% du total ressources clientèle (hors épargne) Matelas de liquidité à CT (Règle de gestion) Minimum de placements interbancaires et autres outils de placements liquides (risque de retrait et déblocage) X% des DàV Impasses en flux de liquidité (Règle de gestion) Différence entre flux entrants et flux sortants sur le court terme Impasses en flux cumulées positives sur 3 mois 55

EXEMPLE DE TABLEAU DE BORD (ALco et CR) (INDICATEURS RISQUE DE LIQUIDITE A MT) LIMITES DEFINITION DE LA LIMITE LIMITE Risque de liquidité à MLT EXPOSITION A L ANNEE N Ratio de structure (Règle de gestion) Taux de couverture des immobilisations par les FPN <= 90% Adossement Emplois- Ressources au-delà de 10 ans (cf. circ. BCT 87-47) Adossement des financements immobiliers>= 10 ans à des ressources de maturités adéquates. Ressources à MLT >= X% des financements immobiliers audelà de 10 ans. Maturités moyennes des comptes à terme (Règle de gestion) Min maturités moyennes (résiduelles) pour assurer la stabilité des ressources. X mois ou années Impasses statiques de liquidité en stock (Règle de gestion) Limites de tolérance des impasses de liquidité en stock > X% Mat < 1 an > Y% Mat 1-5 ans > Z% Mat > 5 ans 56

EXEMPLE DE GRAPHIQUE (EVOLUTION DES GAPS DE LIQUIDITE SUR 3 TRIMESTRES) 100 60 74 50 0 26 20 23 14-50 -53-36 -100-89 -85-80 -69-78 -81-100 -99-86 -150-126 1-3 mois 3-6 mois 6-12 mois 1-3 ans 3-5 ans 5 ans et plus 57

EXEMPLE DE TABLEAU DE BORD (AlCo et CR) (INDICATEURS RISQUE GLOBAL DE TAUX) LIMITES DEFINITION DE LA LIMITE LIMITE EXPOSITION A L ANNEE N Risque global de taux Limites de tolérance des impasses structurelles de taux > X % CT Gaps structurels de taux (couverture de l encours de l actif à taux fixe par des ressources à taux fixe de maturités adéquates) > Y % MT > Z% LT Sensibilité de la marge Incidence de l évolution des taux de référence de X% sur la marge de transformation sur un mois. MI= Gap à taux variable * taux 58

EXEMPLE DE GRAPHIQUE (EVOLUTION DES GAPS DE TAUX SUR 3 TRIMESTRES) 0-50 -100-150 -200-64 -107-69 -44-80 -25-92 -142-95 -177-116 -178-176 -250-300 -249-278 -275-350 -400-450 -404-400 1-3 mois 3-6 mois 6-12 mois 1-3 ans 3-5 ans 5 ans et plus 59

JE VOUS REMERCIE POUR VOTRE ATTENTION 60