MÉTHODOLOGIE La liste des activités artisanales proposée ici est un condensé des cotes les plus intéressantes pour débuter une recherche sur les métiers d antan aux Archives départementales de la Sarthe. Cet ensemble de cotes n est évidemment pas exhaustif. Une sélection des documents a été opérée, afin de rendre plus compréhensible les résultats proposés au lecteur, et non pour «l assommer» sous une montagne de cotes et de références bibliographiques. Il s agit bien là de l enjeu de ce dossier. Il repère autant que possible, les articles les plus intéressants sur des professions données, tout en essayant d être diversifié. Ces articles ont dans la mesure du possible un caractère collectif lié à l ensemble d une profession, mais dans certains cas, les archives nominatives ont été sélectionnées : soit il s agit des seuls documents trouvés sur un sujet, soit parce qu ils semblent se détacher du lot. Une sélection a donc été faite en amont et, en aucun cas, il ne s agit d un corpus complet et inamovible des références qui permettent d embrasser l ensemble de l activité d une profession. Pour réunir ces cotes, la recherche s est faite par les mots-clés référencés dans les analyses archivistiques et dans les descriptions bibliographiques. Ainsi, il a été recherché les professions présentes dans ce dossier qui peuvent apparaître dans les instruments de recherche des Archives départementales de la Sarthe et qui concernent la Sarthe. Cette procédure a permis d identifier de très nombreuses cotes et de na pas sélectionner celles qui renvoient à des individus ayant pour patronyme le nom du métier recherché. Ensuite, une sélection a été opérée en pointant le plus possible vers des documents collectifs. Cependant, cette règle a des exceptions, certains documents proposés ne concernent qu un unique artisan alors que l on recherche la collégialité. C est le cas des documents des séries anciennes (comme la série B) ou des fonds privée (série J). Pour ces cotes, il s agit soit de documents uniques ou rares - un livret d ouvrier ou une permission de circuler ou des articles uniques se rattachant à l activité des professions telles que le chiffonnier ou le taillandier, aujourd hui disparues. Leur faible visibilité au sein des fonds archives et leur disparition du paysage économique et sociale les ont inclus dans cette liste des métiers, rappelons et insistons tout de même qu ils restent visibles sous d autres formes, plus englobantes. Pour d autres professions, les boulangers par exemple, le pointage des cotes nominatives sert à signaler une particularité du travail qui leur incombait. Par conséquent, si les archives sont nominatives, il faut les regarder dans ce cas dans
leur ensemble et comprendre qu il s agit d un acte que doivent faire les boulangers et non de l acte isolé d un seul d entre eux 1. Puisque l on ne s intéresse ici qu à l artisanat, le plus grand nombre de documents riches en information a été regroupé sur les professions retenues. Mais, tout ce qui concerne le volet financier et fiscal des métiers artisanaux ou encore certaines réglementations administratives, n ont pas été retenus, mais ils peuvent être renseignés. En effet, tout ce qui concerne l ouverture ou la fermeture des magasins d artisans, ou bien la tarification et l imposition, n ont pas semblé pertinent dans ces listes, mais les références existent. Ce sont essentiellement des documents administratifs - de la préfecture - alors que l on cherche ici à se rapprocher le plus possible de la pratique des métiers artisanaux. Il en est de même pour le fonctionnement et le règlement des boutiques. Il n a pas semblé nécessaire de signaler ces cotes, mais une fois encore, on peut les retrouver dans les inventaires. L activité syndicale n a été que partiellement signalée. Les cotes mentionnent les livrets d associations et de syndicats, mais tout ce qui concerne les grèves et les luttes syndicales elles-mêmes n ont pas fait l objet d un relevé systématique. On est resté, autant que possible, sur le métier qui rythme la vie de la communauté. Par contre, les corporations sont assez bien représentées, surtout celles d Ancien Régime. Un guide thématique existe sur ce point. Il a servi de base à ce dossier, notamment avec le détail de la sous-série 5 E 2. Les archives sur support papier En ce qui concerne les archives «papier», on peut signaler que les Archives départementales de la Sarthe disposent de très nombreux articles et pièces sur les professions retenues. Avant qu une sélection ne s opère, il y avait plus d un millier de cotes de repérées sur la vingtaine de professions prise en compte. Après sélection des archives selon les critères définis plus haut, il reste tout de même suffisamment d éléments pour lancer une recherche fructueuse et aussi pour mener le lecteur vers tous les fonds d archives du dépôt. En effet, les archives retenues recouvrent la plus large période historique possible, allant surtout de la rédaction de L Encyclopédie de Diderot et d Alembert (XVIII e siècle) à l époque contemporaine (les archives modernes et contemporaines). Cette sélection d archives recouvre les archives publiques et les archives privées. Evidemment, on trouve beaucoup plus d archives publiques que les autres, mais celles-ci ont l avantage peut-être plus que les autres de posséder le côté de collégialité qui a été recherché pour 1 Par exemple la vente de pain aux indigents. 2 Le guide thématique Économie, commerce, industrie, travail et emploi, la partie Commerce et industrie avant 1790. Disponible en libre accès en salle de lecture des Archives départementales de la Sarthe.
la constitution de ce dossier. Cela n enlève pas l intérêt des archives privées qui permettent d illustrer des points que ne prennent pas forcément en compte des documents du domaine public. Les archives audiovisuelles Les archives audiovisuelles ont aussi toute leur place ici. Tout d abord les enregistrements sonores et de la vidéo sur les sabotiers sur le site de la Sauvegarde de la parole sarthoise 3, base de ce dossier. Il faut aussi y rajouter aussi les nombreux documents iconographiques présents dans les différentes séries des archives qui complètent, voire illustrent les propos des orateurs. Les photographies, affiches et autres documents iconographiques se rencontrent essentiellement en série Fi, mais les séries F ou J peuvent aussi proposer d intéressantes pièces. La sélection parmi ces documents a été plus souple, d abord puisque aucun document sonore n a été évincé, la base de départ reste indemne et aussi puisqu ils sont peu nombreux. Toute fois, des documents iconographiques n ont pas été retenus dans cette liste : ceux ne montrant pas principalement les artisans ou pas du tout dans la pratique de leur métier. Ensuite, même si l illustration ne montre qu une devanture ou une vue d ensemble, l image a tout de même été conservée. Au final la recherche des illustrations s est voulue la plus complète possible, des publicités et supports de communication sont présents dans les listes tout comme des affiches à caractère politique. Donc, l ensemble des d archives sont complémentaires, et viennent illustrer les témoignages présents sur le site de la Parole sarthoise proposées ici. Tout ce que l on peut regretter au final est de ne pas avoir les outils de travail d un artisan mais cela n empêche pas de signaler qu une exposition itinérante existe sur le métier de sabotier. Cette exposition est disponible au service éducatif des Archives départementales de la Sarthe. Les archives sonores du site Paroles sarthoises Les archives sonores ont la même valeur et la même puissance patrimoniale que les autres types d archives, avec en plus, cette spontanéité qui peut être travaillée dans un texte. L archive sonore livre donc plus d informations qu elle ne paraît en porter, tout comme les archives écrites 3 La vidéo est consultable à l adresse suivante : http://www.fonds-sonoresarchives.sarthe.com/www/index.php/dictionnaire/pages/action/voir/tag/video. C est la vidéo intitulée «Avec mes sabots». Pour la consulter, sur le site, il faut cliquer sur le Parler de l hommedaire sur la page d accueil du site et choisir dans la barre de menu, en haut de la nouvelle fenêtre qui s ouvre : galerie, puis vidéos.
finalement. C est donc une autre famille d archives, mais cela reste des sources de première importance, et comme pour les archives papier, il revient au chercheur de faire l examen critique et de prendre du recul avec ses sources. C est aussi pour cela que ce dossier existe, il permet à chacun de confronter des sources, de pouvoir les identifier et d en tirer le meilleur. Seulement, à la différence des archives écrites et iconographiques présentes dans la suite de ce dossier, toutes les archives sonores présentes sur le site de la Sauvegarde de la parole sarthoise ont été intégrées à ce dossier. Elles sont toutes présentes à l exception des potiers. Il faut donc bien comprendre que ce dossier regroupe sous un même intitulé trois genres d archives papier, iconographique et audiovisuelle - sans jamais en privilégier un, le site et l exposition au grand public du site de la Parole sarthoise n est qu un prétexte pour introduire cette démarche. Avant de passer au détail des témoignages oraux, il est utile d en donner une définition. Les témoignages oraux sont le résultat d une collecte volontaire menée par un service public ou par un organisme privé, ces documents n appartiennent en général pas à un fonds au sens archivistique du terme. Ils constituent une collection d autant plus utile à l historien que le dialogue aura été mené avec rigueur et précision. 4 Par contre, il faut tenir compte de l élocution de certains témoins qui peut être difficilement compréhensible, mais pas inaccessible. Les témoignages indirects Bon nombre des témoignages ont été enregistrés ou auto-enregistrés par Gaston Chevereau, c est la principale source sur laquelle se base ce dossier. La qualité de ces fichiers est bonne qualité et le texte de Gaston Chevereau se comprend sans peine. On compte 17 enregistrements, relativement courts, de Gaston Chevereau dont une chanson qui se rapporte aux tisserands. Il n est cependant pas le seul qui propose des témoignages sur ses souvenirs ou son expérience. Parmi les eux, on peut signaler les neuf émissions radiophoniques sur la famille des Bollée, arrivée en Sarthe entant que saintiers, avant de diversifier leurs activités notamment vers l automobile. Dans la même lignée, le dernier témoignage indirect, voire même très indirect, est celui du cantonnier Geray, qui brièvement présente et situe l activité de forgeron dans son village de Dollon. Par contre, le poème de Maurice Rondeau qui se rapporte à une poterie, bien que non dénué d humour, n a pas été retenu. Il en est de même pour le témoignage de René Delaroche sur 4 AAF, Abrégé d archivistique, Paris, AAF, 2004, p. 42.
les potiers du Ligron. En effet, les potiers font l objet de travaux particuliers et de collectes en cours. Le témoignage direct Un autre témoignage, direct celui-ci, est celui d un ancien charron de Chenu. Il est fait sous la forme d un entretien avec les deux enquêteurs. Ce témoignage de Norbert Sevault est très complet sur l ensemble de la vie professionnelle voire personnelle de ce charron. Durant cet entretien, on retrouve aussi des éléments de la vie sociale du village de Chenu. Son récit, de son compagnonnage dans un atelier de charron, à sa sortie des usines Renault, s étale sur trois enregistrements. Il s agit du seul artisan, dont on dispose le témoignage direct. Ce riche document permet de compléter les sources concernant les charrons, pour lesquels les références qui sont fournies sont relativement peu nombreuses.