Ac#vité Physique et Diabète DIAPASON 36 MSA Châteauroux 2012 Dr Thierry KELLER 27 & 28 septembre 2012
Quels Constats? L inac#vité TUE!! "30% Mortalité totale 9% Risque Cardio-Vasculaire (coronaropathie) "Poids Surcharge Pondérale Obésité "Pression Artérielle HTA "Glycémie Diabète de type 2 "Risque de Cancers (côlon, sein)
Par contre L ac#vité physique possède quelques effets bénéfiques: î Triglycérides ì HDL Cholestérol î de la Pression Artérielle: î Systolique de 8 mmhg î Diastolique de 8 mmhg î du Rythme Cardiaque à l Effort (Les condi+ons: 30 à 45 min / jour - 3 à 4 fois par semaine - pendant 3 mois - à la puissance de 50 à 70% VO2max) Mais il n y a pas d effet sur le poids ou la glycémie
Chez le diabé#que de type 2 L ac#vité physique pendant 8 semaines, provoque: î de 0,66% l HbA1c; sur le poids; Meilleure répar##on Masse Musculaire / Grasse;
L ac#vité physique intense > 80% VO2max, réalisée à jeun Provoque: ì glycémie Chez les sujets non diabé#ques Chez les diabé#ques Purdon C et al, J Clin Endocrinol Metab, 1992, 76, 566 573 Mitchell TH et al, Diabetes Care, 1988, 11, 311-317
Mécanismes de l hyperglycémie à l effort L u#lisa#on de l énergie Les réserves énergé#ques: Le glucose sanguin Le glycogène musculaire et hépa#que Les acides gras Le muscle ne peut u#liser le sucre circulant que s il y a de l insuline Les acides gras u#lisés en excès produisent des corps cétoniques. La produc#on d énergie Par la glycogènolyse hépa#que Sous l influence de l Adrénaline, du Cor#sol, de l Hormone de croissance, lié au stress de la compé##on, et durant 1 à 2 heures après le sport.
Sensibilité à l insuline et type d entraînement Perfusion de Glucose (mg/kg/min) 4,5 4 3,5 3 2,5 2 1,5 1 0,5 0 AVANT APRES Cont Aér Aér + Résist Cuff Diabetes Care 2003
v L inac#vité est dangereuse. Pour résumer v L ac#vité physique régulière améliore la glycémie, v Sauf si l ac#vité pra#quée à jeun est intense v L ac#vité physique fait baisser l HbA1c. v L ac#vité physique régulière diminue l insulino- résistance. v L ac#vité physique n a aucune incidence sur le poids (chez le diabé#que) mais diminue la masse grasse au profit de la masse musculaire
Mais il peut y avoir des obstacles à ceke pra#que Faible capacité physique Pathologies (cardio-respiratoire, rhumatologique) Manque de motivation Expériences négatives, gêne, manque de confiance Manque de temps Difficultés d accès à des équipements (récréatifs, sportifs) Pas de structures spécifiques Absence de soutien par l entourage
Les risques Lésions de l appareil musculo- squele5que Gravité variable Peuvent secondairement limiter la mobilité Accidents cardio- vasculaires Infarctus, mort subite Beaucoup plus rares Ac#vités intenses sans évalua#on ni entraînement Aggrava:on d une complica:on microangiopathique pré- existante Pieds (mal perforant ) Protéinurie Ré#nopathie
Conclusion Les effets de l ac#vité physique en font une composante majeure du traitement du diabète de type 2: Effet hypoglycémiant en aigu Améliore l HbA1c Autres facteurs de risque CV L effort intense peut être u#lisé (si absence de contre indica#on Cardio- Vasculaire) La faisabilité et la compliance des pa#ents sur le long terme demeurent des problèmes essen#els
Recommanda#ons Popula#on générale Fréquence : 6 7 jours par semaine Intensité : Modérée 3 6 METS* ou 4 7 kcal/min) Durée : 30 minutes/jour en une ou plusieurs fois ~ 1000 kcal/sem (gain de 1 MET sur 3 à 6 semaines) Type : Toute ac#vité pouvant être réalisée, d intensité comparable à la marche rapide *: 1 MET = 1 équivalent métabolique; 60 kg, 1 MET, pdt 30 mn = 30 kcal; 70 kg, 9 MET, pdt 4 h = 2520 kcal Surgeon General 1996 PNNS 2000 2011-2015 Le minimum de 5 MET est requis pour conserver une vie sociale
Recommanda#ons minimales Pa#ents diabé#ques de type 2 Fréquence: 3 jours par semaine Intensité: Progressivement croissante 50 70 % de la capacité aérobie maximale Durée: 30 minutes /jour (échauffement et récupéra#on : 5-10 minutes) Type: Ac#vités d endurance (marche, jogging, vélo, nata#on...) ADA, ALFEDIAM
OBJECTIFS ET CONSEILS Ac#on graduée et progressive Réduire le handicap physique Limiter la sédentarité Inciter à la pra#que d une ac#vité régulière A c # o n p o s i # v e d i n f o r m a # o n e t d éduca#on à la santé (id. conseils alimentaires)
Quelle démarche clinique? Evaluer le pa#ent Situer les objec#fs Conseils gradués et progressifs Suivi
Evaluer le pa#ent Evaluer les différentes dimensions de l ac#vité physique Repérer les obstacles Apprécier la mo#va#on Prendre en compte les risques Situer les objec#fs prioritaires
Niveau d activité/ Objectif Nombre de pas / jour Inactivité < 3 000 0 Activité faible 3 000 6 000 15 Minutes/jour d activité modérée Recommandations d activité physique pour la population générale Activité physique nécessaire pour perte de poids/maintien du poids 10 000 30 12 000 15 000 60 Leermakers EA. Med Clin North Am 2000
Ac#vité physique et diabète de type 1 Source d instabilité glycémique?
Hypoglycémie Pendant l exercice musculaire Dans les heures qui suivent l arrêt de l exercice, en par#culier la nuit si l exercice est réalisé en fin d après- midi ou dans la soirée (même si les doses d insuline ont été diminuées mais insuffisamment) (Campaigne, Diabetes Care, 1987)
La préven#ons des hypoglycémies repose sur : La diminu#on des doses de l insuline correspondante à la période de l exercice musculaire La prise de glucides
Adapta#on des doses d insulines
Facteurs influençants les conséquences métaboliques de l'exercice musculaire La durée et l'intensité de l'effort physique Le moment où il est réalisé par rapport au dernier repas et à la dernière injec#on d'insuline Le type de traitement insulinique La glycémie au début de l'exercice Le poids, la taille et la condi#on physique du pa#ent
Pa#ents traités par pompe sous cutanée d insuline Diminuer de 50 % le bolus pré- prandial Arrêter le débit de base pendant l exercice Ne pas débuter l effort musculaire plus de 1 heure après le retrait de la pompe à insuline sous peine de dégrada#on métabolique Une réduc#on du débit de base à 75 % dans les 6 heures suivant l arrêt de l exercice, permekrait de prévenir le risque d hypoglycémie tardive Sonnenberg GE et al, Diabetologia 1990, 33, 696-703
Adapta#ons diété#ques
Alimenta#on et diabète de type 1 L alimenta#on de base d un pa#ent diabé#que est selon l OMS celle recommandée aux individus non diabé#ques : 45 à 55 % de glucides 30 à 40 % de lipides (comprenant moins de 10% d acides gras saturés) 12 à 15 % de protéines
Les glucides ingérés avant et/ou pendant l exercice sont immédiatement u#lisés pendant l effort musculaire Lefebvre 1985, CosNll 1988
CONSOMMATION DE GLUCIDES POUR DIFFERENTES ACTIVITES En grammes par heure d ac#vité Pour des personnes pesant: 45kg env. 70 kg env 90kg env Marche 4,5 km/h 18 21 24 Jogging 8 km/h 38 45 52 Tennis double 24 28 32 Tennis simple 32 38 44 Ski de fond ou 89 105 121 de randonnée Walsh J, 1994
Recommanda#ons (ALFEDIAM) Programmer l'ac#vité spor#ve. Diminuer le ou les insulines couvrant la période de l'ac#vité à condi#on que la glycémie capillaire soit correcte (< 8 mmol/l; 1,44 g/l) Etre bien équilibré. La glycémie capillaire avant l'effort est indispensable : si elle est inférieure à 6-8 mmol/l (1,08 à 1,44 g/l) prendre au moins 15 g de glucides avant de commencer l'ac#vité spor#ve si elle se situe entre 8 et 14 mmol/l (1,44 à 2,52 g/l), l'exercice peut être réalisé sans risque si elle est supérieure à 15 mmol/l (2,70 g/l) ( il faut s'assurer de l'absence de cétonurie qui nécessiterait de reporter l'ac+vité spor+ve
Recommanda#ons (ALFEDIAM) L'autosurveillance doit être poursuivie pendant (lors des pauses ou de la mi- temps) et après l'exercice Valida#on des modifica#ons des doses d insuline et de l apport de glucides
Quels sports pra#quer Presque tous: privilégier les sports d endurance aux sports de forte intensité et bref. Aken#on compé##on stress, déséquilibre. A déconseiller: boxe (trauma oculaires) Alpinisme, vol à voile (sécurité) plongée sous- marine(loisir)
Les règles capitales PROGRAMMER L ACTIVITE DIMINUER LA OU LES INSULINES COUVRANT LA PERIODE DE SPORT ETRE BIEN EQUILIBRE: glycémie 6 à 8 mmol/l (1,08 à 1,44 g/l) au départ. Si < 6 è glucides Si > 8 et acétonurie è reporter et insuline
Les 10 commandements du spor#f diabé#que 1 Faire un bilan médical avant de démarrer un sport et refaire ce bilan régulièrement. 2 L entraînement doit être progressif et régulier. 3 La glycémie doit être contrôlée fréquemment : avant, pendant, et après les exercices prolongés. 4 Absorber des glucides toutes les heures, voire toutes les demi- heures. 5 Boire souvent, avant même de ressen:r la soif. 6 Choisir un bon équipement, en par:culier les chaussures. 7 Prendre par:culièrement soin de ses pieds : les laver et les sécher soigneusement, éviter les macéra:ons, traiter immédiatement toute plaie, même minime. 8 Ne pas dépasser ses limites : s arrêter en cas d essoufflement ou si la fréquence dépasse 75% du classique (220 âge en années). 9 De plus il faut toujours prévenir les autres pra:quants et accompagnateurs qu on est diabé:que et qu'en cas de modifica:on subite du comportement, une hypoglycémie est probable et le resucrage est urgent. En cas de malaises (sueurs, palpita:ons, tremblements, fringales, troubles de la vue ), arrêter l effort et prendre 15 g glucides (3 morceaux de sucre ou d une boisson sucrée) et, si nécessaire, compléter avec des fruits secs, des gâteaux secs, faciles à transporter et à garder. 10 Apprendre à adapter son traitement en fonc:on de l entraînement et des efforts prévus.