5 Séchage et stockage des céréales



Documents pareils
2.1 Comment fonctionne un site?

L indice des prix à la consommation

ÉTUDE BDC LES CINQ FACTEURS CLÉS ET LES CINQ PIÈGES À ÉVITER POUR RÉUSSIR EN AFFAIRES

COMMENT CONSTRUIRE UN CRIB A MAÏS?

PLAQUES DE PLÂTRE CLOISONS - DOUBLAGES

DOSSIER SUR LE SECTEUR DES NOMS DE DOMAINE VOLUME 11 - NUMÉRO 4 - JANVIER 2015

innovation / construction / territoire Crèche modulaire-bois La Rose des Vents GAILLAC (81) COMMUNAUTÉ DE COMMUNES

SNC du Chemin de Paris Création d un bâtiment d activité industrielle et de stockage ZAC du Chemin de Paris Nanteuil le Haudouin

Voyez la réponse à cette question dans ce chapitre.

«Des places de jeux pour tous» Formulaire de demande

Tolérance aux fautes-2 Serveurs à haute disponibilité

Utiliser Internet Explorer

Échafaudage de façade UNI 70/100

Accès au financement pour la mise en valeur de cultures de diversification dans les régions de caféiculture CFC/ICO/30 (AEP : FGCCC/OCIBU)

CONGRES REGIONAL CTA/ ATPS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE

Adaptation Aux changements climatiques. Agriculture et sécurité alimentaire: Cas du Burkina Faso

Mécanique : Cinématique du point. Chapitre 1 : Position. Vitesse. Accélération

Arrondissage des résultats de mesure. Nombre de chiffres significatifs

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter le service technique au HORAIRES MONTAGE-DEMONTAGE

Les bases de données. Historique

WAAPP INFO Côte d Ivoire

Gamme et conseils de mise en œuvre

Comment utiliser les graines de soja à la cuisine

Comment développer les métiers agroalimentaires en Afrique subsaharienne? Extraits d étude

e-commerce+ Passez au e-commerce pour simplifier vos process de vente! RENCONTREZ-NOUS Salon E-commerce septembre - Paris

Le Centre de Tri. Projet d espace de coworking à Bègles 21 janvier 2011

D où viennent nos semences. Visite virtuelle d un site de production de semences de maïs Monsanto

Devenez point de chute d une ferme du réseau québécois d agriculture soutenue par la communauté (ASC)

Les stocks de proximité : enjeux, opportunités et limites. Le cas des pays du Sahel

Le séchage en grange du foin à l énergie solaire PAR MICHEL CARRIER AGR. CLUB LAIT BIO VALACTA

GUIDE PRATIQUE SUR LES BANQUES DE CEREALES

PRODUITS MORTELS LES PESTICIDES DANS LE COTON

Détail des cultures de l'exploitation en 2007

Fiche technique n 1 : le logement construction des boxes.

THEME 5: CONDITIONS DE VIABILITE FINANCIERE DE LA MICROFINANCE AGRICOLE

NOP: Organic System Plan (OSP) / EOS: Description de l Unité Information et documents requis

Thème sélection génétique des plantes hybridation et génie génétique

L Assurance agricole au Sénégal

TABLE DES MATIÈRES. 1- Historique Types de ventilateurs et leurs différents usages... 1

La mémoire C HAPITRE S EPT. 7.1 Qu est-ce que la mémoire? L utilisation de la mémoire à court terme 169

IMPACT DE LA MICRO FINANCE EN MILIEU RURAL EXPERIENCE DE LA CAISSE D EPARGNE ET DE CREDIT

Exemples de projets financés par l Union européenne et les Etats membres dans le cadre du Partenariat UE-Afrique sur le coton

PHANTOM 3. Guide de démarrage rapide PROFESSIONAL V1.0

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L étalonnage par traceur Compton, une nouvelle méthode de mesure primaire d activité en scintillation liquide

Revue des expériences Nigériennes. Présentée par Mr SANI Mahamadou Economiste Consultant Indépendant en Microfinance au Niger

THESE. Applications des algorithmes d'auto-organisation à la classification et à la prévision

Fiche Technique. Filière Maraichage. Mais doux. Septembre 2008

Lyon. HUB numérique. * Accro à Lyon

FMB Forum 2012 sur le financement de l agriculture (Du 28 au 30 mars 2012) Kampala - Ouganda

Informations techniques sur la culture de l ananas

Micro-irrigation à Madagascar

MASSE, VOLUME ET QUANTITE DE MATIERE

Recettes maison contre les ravageurs et les maladies par M. Jean-Claude Vigor

diffusion externe les services d'orange pour l agriculture en Afrique

Proposition d un mécanisme d approvisionnement et de distribution

GESTION ET VALORISATION DES CENDRES DE CHAUFFERIES BOIS

La campagne 2004/05 a vu des livraisons globalement stables:

PUNAISES DE LIT. prévention et intervention

GUIDE D UTILISATION DES PRODUITS DE MAÏS

Fiche Technique d Évaluation sismique : Construction basse en Maçonnerie Non-armée, Chaînée, ou de Remplissage en Haïti

Réseaux Évidentiels pour la fusion de données multimodales hétérogènes : application à la détection de chutes

«Cette femme réduit le grain en farine grâce à une pierre à moudre (metate) et un broyeur cylindrique (mano)». 1 LA PROBLEMATIQUE

PROFESSIONNELS DE LA LOCATION

Cycle de Formation-débat pour travailleurs sociaux

MODULE 6 LA MODERNISATION DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE (1ÈRE PARTIE) DANS LES ANNÉES 1920 (ANNÉES FOLLES) > ÉCONOMIE CANADIENNE = PROSPÈRE :

Annexe A : Tableau des exigences

Le warrantage ou crédit stockage : un moyen pour les paysans de mieux valoriser leurs produits et une sécurisation du financement rural

Bien choisir sa variété de maïs ensilage

Les produits solidaires, 100 jours pour convaincre!

Lettre de rappel sur HODUFLU

Mali. étude sur le financement. de l agriculture. et du monde rural

L eau c est la vie! À l origine était l eau... La planète bleue. Les propriétés de l eau. L homme et l eau. ... et l eau invita la vie.

Entretien du logement

Ywood Les Docks Libres à Marseille

Équations générales des milieux continus

LAVAGE À LA MAIN Recommandé pour les pièces imprimées multicolores et les pièces délicates.

L EAU POTABLE : COMMENT LA PRÉSERVER Bien que l eau soit une ressource renouvelable, il ne faut pas pour autant la gaspiller. Les Québécois sont les

Un expérience pluridisciplinaire de l intensification écologique en Agriculture Familiale

AGORA 2014 Appel à idées Habiter les toits à Bordeaux Et pour compléter

Mauvaise informa.on agricole = Cycle de pauvreté Producteurs. Commerçants. Gouvernements. Transformateurs

RESOLUTION OIV-VITI GUIDE D APPLICATION DU SYSTÈME HACCP (HAZARD ANALYSIS AND CRITICAL CONTROL POINTS) A LA VITICULTURE DE L OIV

EXERCICE II : LE TELEPHONE "POT DE YAOURT" (5 points)

Agricultures paysannes, mondialisation et développement agricole durable

Résultats et impacts

AVANT-PROPOS. Directeur de la Division de la statistique de la FAO

Ne laissez pas le mauvais temps détruire le fruit de votre travail!

TECHNISCHE ROLLEN UND WALZEN TECHNICAL ROLLERS AND CYLINDERS ROULEAUX ET CYLINDRES TECHNIQUES RULLI E CILINDRI TECNICI.


JEUNE CONSEIL DE MONTRÉAL

Liste de contrôle d auto-évaluation pour le niveau de confinement 1 pour les phytoravageurs

CONGRES INTERNATIONAL SUR L ASSURANCE ET LA RÉASSURANCE DES RISQUES AGRICOLES. Partenariat Public Privé dans l Assurance Agricole

Comment bien utiliser votre assurance «Dommages-Ouvrage»

Abstract. Key-words: The flowshop problem, Heuristics, Job scheduling, Total flowtime.

Construction en bottes de paille

Municipalité de la paroisse de Saint-Lazare

Comment concevoir son lit biologique

Nourrir les oiseaux en hiver

COLLECTE DES DECHETS MENAGERS : Recommandations techniques applicables lors de la conception de voiries, lotissements et immeubles

Transcription:

5 Séchage et stockage des céréales

Plan du chapitre 5 Séchage et stockage des céréales Généralités sur les opérations après récolte Séchage au chap sur tige Préséchage sur l aire de battage ou sur crib Transport du chap Stockage teporaire Séchage Décorticage Essorage et nettoyage Stockage Mise en arché Pratiques de séchage Raisons du séchage Quelques éthodes de séchage Pratiques de stockage Raisons du stockage Structures de stockage Conditions assurant un eilleur stockage Les insectes des stocks céréaliers Identification et oyens de lutte 58

Les enveloppes du aïs hybride sont plus petites et plus fragiles que celles des variétés traditionnelles. C est pourquoi les hybrides sont oins bien protégés et devront être stockés décortiqués plutôt que sur l épi Le stockage traditionnel ne convenant pas au aïs décortiqué, les agricultrices devront envisager un nouveau ode d entreposage 59

60 GÉNÉRALITÉS SUR LES OPÉRATIONS APRES RÉCOLTE Du chap où elles sont récoltées usqu à leur livraison au agasin de stockage ou à l acheteur, les céréales subissent certaines opérations visant à les conserver en bon état ou à les valoriser; ces opérations sont appelées «opérations après récolte». L agent principal en est l agriculteur et quelquefois le petit coerçant des zones rurales. Avant d être conservées, les céréales doivent être récoltées, séchées et, éventuelleent, égrenées ou décortiquées selon le produit concerné. La qualité de ces opérations influe sur la bonne conservation des grains. La plupart des paysans d Afrique de l Ouest récoltent encore les céréales à la ain. Pour le riz et le fonio, on coupe les pieds à l aide d une faucille et on fore des gerbes qui seront réunies en bottes; pour le il, le sorgho et le aïs on utilise le coupe-coupe et on et en bottes le il et le sorgho. Lorsque le chap est de taille liitée, on peut récolter épi par épi en se servant du couteau pour le riz, le sorgho et le il et de la ain pour le aïs. La récolte est faite quelques seaines après la aturité, lorsque les paysans estient que les céréales sont bien séchées; ainsi, le aïs sera récolté lorsque les grains ne peuvent plus être rayés à l ongle, les spathes des épis aunissent et la tige et les feuilles sont en voie de dessècheent. Les opérations de déspathage pour le aïs ou de battage (et éventuelleent de décorticage) pour les autres céréales s effectuent au oent de la récolte ou après la récolte. Pour ces opérations, les épis sont rasseblés sur des aires de battage situées soit au bord du chap soit dans des hangars soit encore près des habitations. Si le déspathage du aïs s effectue touours à la ain, le battage des épis se fait à l aide de bâtons ou du pilon et du ortier. L égrenage du aïs consiste à séparer les grains de aïs de la raffle. Après le battage (ou l égrenage) des céréales, on ette en l air les grains et le vent eporte les ipuretés légères (paille, orceaux de raffle, fine poussière); les grains qui sont plus lourds retobent et on les recueille dans un récipient. Ces grains sont ensuite versés dans un panier que l on secoue pour raener à la surface d autres ipuretés. Coe on peut le constater, ces éthodes traditionnelles sont fastidieuses et de faible rendeent; elles occasionnent des pertes dues aux grains éectés et à ceux brisés et écrasés, et produisent des lots de céréales dont le taux d ipuretés (poussière, cailloux, débris de rafles) est souvent élevé. Lorsque que la production est iportante, coe c est le cas chez les oyens et grands producteurs, les éthodes traditionnelles décrites ci-dessus ne sont plus

adaptées. C est ainsi que l utilisation de oyens écaniques (batteuses, décortiqueuses, égreneuses, etc.) se répand de plus en plus, surtout dans les régions où sont en cours des proets agricoles et dans celles où siègent les sociétés cotonnières. Dans certains pays coe le Burkina Faso, les grands producteurs de aïs utilisent l égreneuse otorisée en s aidant d un tracteur. Après ces opérations qui font suite à la récolte, il faudra organiser le stockage en vue de la vente iédiate ou à tere. Avant la libéralisation du coerce des céréales, les paysans ne pratiquaient que le stockage à très court tere, le teps de livrer leurs récoltes aux entreprises nationales de coercialisation agricole. Cette situation a changé depuis la suppression de ces entreprises et les agriculteurs, coe nous l avons déà vu, sont confrontés à de nouvelles réalités de arché. Si les agriculteurs ont un acheteur qui prend iédiateent leur récolte, ils n auront pas besoin de stocker leurs céréales, ais si aucun acheteur ne se présente, ils seront obligés de les conserver dans un local en attendant de trouver un preneur. Par ailleurs, êe s ils ont un acheteur, les agriculteurs peuvent décider de conserver les céréales et de les vendre plus tard dans l espoir d un redresseent des prix. Par conséquent, les exigences de stockage ont considérableent changé par rapport à la période du coerce d État où l on ne stockait que les quantités destinées à la faille et aux seis. Les encadreurs doivent donner aux agriculteurs des conseils appropriés sur les points suivants: bien-fondé de la construction d un nouveau agasin; type de agasin à construire; techniques de construction du agasin; préparation des céréales pour le stockage; utilisation de pesticides; lutte contre les insectes et les autres ravageurs. Le présent guide fournit une description des techniques de séchage et de stockage appliquées dans certains pays (Burkina Faso, Bénin); cependant les encadreurs devront enseigner aux agriculteurs les éthodes de séchage et de stockage adaptées aux conditions locales. Ils devront en outre leur donner les inforations nécessaires concernant la construction des agasins de stockage, les atériaux à utiliser et les coûts de ces atériaux. PRATIQUES DE SÉCHAGE Raisons du séchage La figure 4 (voir page 62) indique les étapes que les céréales peuvent suivre de la aturité à la ise en arché. Le délai de aturité dépend de la variété des 61

62 Figure 4 Étapes habituelles du traiteent après récolte du aïs Séchage au chap sur tige Récolte/stockage Transport du chap Stockage teporaire Séchage Décorticage Essorage et nettoyage Stockage Mise en arché produits car il y a des variétés précoces et des variétés tardives. Dans certaines régions d Afrique, le aïs, par exeple, atteint la aturité physiologique entre 130 et 160 ours après le seis. A ce stade, la céréale a une teneur en eau de près de 30 pour cent et peut être récoltée si les conditions de séchage sont appropriées. Les agriculteurs qui n ont pas les oyens d effectuer un séchage adéquat récoltent leurs céréales après la aturité physiologique. Certains attendent usqu à deux ois après la aturité pour faire la récolte dans le but de bien faire sécher les cultures. L inconvénient d une telle pratique est qu elle provoque des pertes, les céréales restant longteps exposées aux attaques des insectes, des rongeurs et des oiseaux. C est pour réduire ces pertes que, noraleent, les agriculteurs font leur récolte et laissent sécher les épis sur des aires de battage, ou sur des plates-fores aénagées ou encore sur les terrasses des habitations pendant 7 à 15 ours. Quelques éthodes de séchage des céréales Les éthodes siples. Après la récolte, on recourt à plusieurs techniques de séchage des céréales; en général, les produits sont sipleent étalés dans la cour, sur le toit de la aison, sur le bord d une route bituée ou sur une aire soigneuseent balayée. Ce séchage dure quelques ours et coplète le séchage sur tige déà fait au chap. Dans certaines régions, le aïs déspathé ainsi que le il non battu sont exposés sur des plates-fores aénagées pour le séchage et le stockage.

Encadré 4 Raisons du séchage Une céréale a atteint sa aturité physiologique, c est-à-dire qu elle cesse de pousser et accuule plus de atière sèche, quand la teneur en eau du grain varie entre 30 et 35 pour cent. A ce stade, le grain est encore un organise vivant et, coe il respire, il y a une production de chaleur, d eau et de gaz carbonique. La perte de atière sèche est d autant grande que la teneur en eau est élevée et la respiration plus iportante. C est pour cette raison que les céréales devront avoir une teneur en eau optiale avant d être stockées; pour le aïs, le il et le sorgho cette teneur est de 13 pour cent au axiu. Il est iportant de ettre au point des éthodes appropriées de séchage et de les vulgariser auprès des paysans. Une bonne structure de séchage doit avoir les qualités suivantes: construction à partir de atériaux locaux; aptitude à protéger les céréales contre les terites, les rongeurs et les autres ravageurs; capacité de protéger les céréales contre la pluie; technique de construction siple. 63

1 Construisez une butte en terre battue et étendez par-dessus une feuille de plastique noire pour y sécher votre aïs. Feuille de plastique transparente 1 Étalez sur la feuille de plastique une couche de grains de aïs ne dépassant pas 5 c d épaisseur. Séchage au soleil de grains de aïs étalés sur une feuille de plastique à êe le sol 2 Déplacez le aïs avec un râteau d un côté puis de l autre de la feuille de plastique pendant le séchage. 3 Protégez le aïs la nuit en rabattant un pan de la feuille de plastique. Séchage au soleil des grains de aïs dans un tunnel de plastique Fixez les bords Vent 2 Construisez un châssis en fil de fer, en bois ou en babou et découpez une feuille de plastique assez grande pour le couvrir. 64 4 On peut aussi réunir les bords de la feuille de plastique pour forer un sac. 5 Liez le sac avec une ficelle et ettez-le à l abri pendant la nuit. 3 Étalez sur la feuille de plastique noire une couche de grains de aïs ne dépassant pas 5 c d épaisseur, recouvrez le châssis avec la feuille de plastique transparente et fixez les bords avec de la terre.

Une éthode aéliorée: le crib de séchage. Le crib est une structure aérée, de fore rectangulaire, carrée ou ronde, en atériaux étalliques ou en atériaux locaux (grosses pièces de bois forant l ossature, pailles, cordes, branches d arbres ou grillage de fortune constituant les parois). Ce type de structure a été diffusé auprès des producteurs de l ouest du Burkina Faso dans les années 1986-1987, ais sa vulgarisation a été découragée par les coûts élevés de la structure étallique et par les difficultés d obtenir du bois d œuvre pour la construction des structures en atériaux locaux. Métallique ou artisanal, le crib peret une récolte précoce du aïs dès la aturité et l éliination des pertes occasionnées par le séchage total sur pied. Un crib de séchage et de stockage, utilisé noraleent pour entreposer les panicules, peut aussi servir à eagasiner les grains de aïs ensachés. FAO/17482 GTZ/INPhO/00336 Crib à aïs construit à l aide de poteaux et d un treillis de babous et recouvert d une toiture de chaue Madagascar. Deux cribs à aïs, l un feré par des babous tressés et l autre uni d un grillage étallique, recouverts d une toiture de tôle ondulée Togo. 65

66 PRATIQUES DE STOCKAGE Raisons du stockage Le stockage au niveau du producteur a pour obectif de conserver les grains en bon état en les protégeant notaent contre: la pluie et l huidité du sol; les insectes et les autres aniaux nuisibles; la chaleur excessive. Coe déà indiqué dans les sections précédentes, les besoins de stockage des producteurs ont beaucoup évolué depuis la libéralisation du coerce des céréales; en outre, certains facteurs dont le rapport avec le stockage n est pas touours claireent évident peuvent avoir un effet significatif sur les exigences de stockage des agriculteurs et sur leur aptitude à le réaliser. Pari ces facteurs on peut citer les suivants: Probabilité accrue de sécheresse. Une forte probabilité de sécheresse dans la région a deux conséquences: elle accroît les volues à stocker pour satisfaire les besoins de consoation de la faille et les besoins de vente, et elle réduit la disponibilité du bois nécessaire pour construire les structures de stockage; Infestation d insectes et de ravageurs. Introduction de variétés aéliorées. Les nouvelles variétés de céréales vulgarisées auprès des paysans peuvent avoir des exigences de stockage très différentes de celles des variétés traditionnelles. Types de structures de stockage Ces structures sont fonction des besoins de stockage ais aussi de la nature ou de l iportance de l activité. Un petit exploitant se contentera de son grenier tandis qu un grand producteur ou un groupeent de producteurs aura forcéent besoin d un agasin d une plus grande capacité. Les petits coerçants des zones rurales utilisent une partie de leurs habitations coe entrepôt, ais les grands coerçants urbains ont des agasins construits expresséent pour la conservation des grains. Il existe plusieurs types de structures de stockage; on n en fera pas ici une description détaillée car, en définitive, ce qui iporte pour les encadreurs agricoles c est de suivre les instructions techniques données par les services nationaux et provinciaux. Nous nous contenterons de présenter brièveent les systèes de stockage traditionnels et ceux adoptés en zone rurale. Stockage traditionnel. Le ode de stockage traditionnel dépend des conditions cliatiques, notaent du taux d huidité abiant, et des atériaux locaux disponibles. Les agriculteurs utilisent, en général, des greniers dont la description et l efficacité pratique varient d une région à l autre.

Dans le nord du Bénin, par exeple, le stockage se fait au chap dans des greniers de paille séchée et tressée en fore de corbeille qui sont déposés sur une plate-fore d environ un ètre de haut. Les épis de aïs déspathés y sont stockés pendant plus de six ois; la capacité de ces greniers ne dépasse pas 500 kg et, en outre, leur précarité ipose aux agriculteurs de les reconstruire au début de chaque capagne agricole. K. Kouyaté Dans le sud du Bénin, le stockage traditionnel se fait au chap ou à proxiité des habitations dans des greniers tressés avec des feuilles de palier à huile. Les épis de aïs stockés sont déspathés ou non; coe dans le nord, le grenier repose sur une plate-fore d environ un ètre de haut. La fragilité de ces structures ipose égaleent leur reconstruction au début de chaque capagne agricole. Ces greniers traditionnels du Bénin perettent un séchage optial (la teneur en eau des grains est souvent de l ordre de 12 pour cent) ais ils ne ettent pas les produits à l abri des attaques des rongeurs et des insectes (les pertes de aïs peuvent atteindre 15 pour cent de la récolte stockée). 2 Les greniers en paille sont égaleent répandus dans le plateau central Mossi au Burkina Faso (centre et est du pays). Ici, la structure de fore arrondie est introduite dans des troncs d arbre secs et placée sur de grosses pierres. Elle reçoit du aïs déspathé et du il ou du sorgho non encore battu; sa capacité oyenne est de 400 kg de produits environ. Ce type de grenier peut durer usqu à Grenier en paille tressée posé sur de grosses pierres Burkina Faso. 67

Greniers en fore de panier revêtus de boue ou de ortier Toit de chaue 1 Exeples de greniers de stockage traditionnels en fore de panier pouvant être aéliorés en les surélevant d au oins 70 c, en les dotant de protections contre les rats et Revêteent intérieur et extérieur consistant en boue ou ortier Couverture de bois enduit de boue ise en place après le replissage du grenier en enduisant l intérieur et l extérieur des parois de boue ou de ortier. Plate-fore surélevée d au oins 70 c Installation de protections étalliques contre les rats Goulotte en fer-blanc pour l écouleent des grains dotée d une fereture 2 Coupe d un grenier aélioré en fore de panier 68

4 ans et protège efficaceent les produits de l huidité, des insectes et des oiseaux; son grand inconvénient est qu il est exposé à l attaque des rongeurs. K. Kouyaté Dans les régions de l ouest et du sud du Burkina Faso, les greniers sont construits en banco et recouverts d une toiture de paille. Installés dans les villages auprès des cases d habitation, ils ont en oyenne 1,5 de circonférence et 2,20 de hauteur et sont posés sur de grosses pierres à environ 30 c du sol. Le nobre de greniers que possède un énage est fonction de l abondance de la récolte; cependant, on peut rencontrer de gros greniers d une capacité de 3-4 tonnes de aïs. Les produits stockés sont aérés grâce à l espace laissé entre le ur du grenier et la toiture; le crépissage extérieur est à base de boue élangée à de la paille tandis que les urs intérieurs et le sol sont lisses. Ce type de structure a une durée de vie de plusieurs années; cependant, la toiture peut se détériorer au bout de deux ou trois capagnes et devra être refaite. Il existe égaleent dans ces êes régions des structures de stockage qui ont la fore de arres installées à l intérieur des cases. Elles sont destinées exclusiveent à la conservation des produits récoltés par les fees dans leurs chaps particuliers. On stocke dans ces arres les arachides et le riz. L usage de ce type de structure de stockage n est plus répandu. Greniers en banco recouverts d une toiture de chaue Burkina Faso. 69

GTZ/INPhO/00297 Par ailleurs, les plates-fores construites pour sécher le aïs, le sorgho ou le il servent égaleent pour le stockage à long tere de ces produits, stockage qui peut durer de plusieurs ois à deux ans. Les plates-fores sont installées le plus souvent dans les villages ais parfois dans les chaps. La structure est coposée de troncs d arbre secs (4 à 9) d une hauteur d environ 2 qui soutiennent la plate-fore sur laquelle on étale les produits. Pour lutter contre les attaques des insectes, on allue souvent un feu sous la plate-fore, et pour protéger les produits contre les oiseaux et les aniaux de la basse-cour (pintades et poules) on les recouvre de paille tressée. Ces plates-fores peuvent durer usqu à 4 ans, ais elles ne ettent pas les céréales à l abri des feux de brousse, des incendies et des vols. K. Kouyaté 70 Plate-fore servant au séchage et au stockage de céréales coe le aïs, le sorgho ou le il Bénin. Une autre plate-fore seblable recouverte d une toiture de chaue peret de stocker les céréales pendant deux ans Burkina Faso.

Une technique traditionnelle aéliorée de stockage: le crib. Dans l ouest du Burkina Faso, on utilise aussi les cribs pour le stockage du aïs qui peut y séourner pendant 5 ou 6 ois sans courir de risque iportant. Les grands producteurs de aïs du Bénin utilisent eux aussi des cribs qui ont une capacité de 10 à 15 tonnes et dont le toit est en tôle. Un odèle de crib entièreent clos, qui peut être construit en babous ou en bois, figure à la page 72. K. Kouyaté K. Kouyaté Un crib aélioré pour le stockage et le séchage des céréales construit dans un centre de vulgarisation au Burkina Faso. Preier plan du êe crib ontrant le châssis en bois feré par un grillage étallique et la toiture en tôle ondulée. 71

Cribs rectangulaires de séchage et stockage aéliorés Toit à pente double Toit de chaue ou de tôle 1 Exeples de cribs rectangulaires de séchage et stockage Baguettes revêtant les parois Traverse Toit à pente siple Montants courts soutenant le plancher Note: Des traverses devront être installées entre chacun des ontants longs pour garantir la stabilité du crib (voir coupe) Supports des parois Protections étalliques contre les rats 2 Coupe d un crib de séchage et stockage Montants longs soutenant les parois et le toit 72

Le stockage réalisé par les coerçants en ilieu rural. Le stockage à ce niveau se fait le plus souvent dans des conditions inadéquates: Mauvaise conception des agasins. Ce sont souvent des cases d habitation qui sont utilisées coe agasin; et êe si l on construit des locaux spéciaux à des fins de stockage, ils consistent souvent en quatre urs et un toit, sont généraleent al aérés et huides et n offrent aucune protection contre les rongeurs. Absence de contrôle de la qualité des produits réceptionnés. Les stocks de produits agricoles achetés auprès de divers producteurs et, souvent, dans différentes zones sont élangés sans que l on tienne copte de la qualité des lots. Sacs entassés de anière désordonnée à l intérieur des agasins, et souvent à êe le sol et le long des parois. L aoncelleent sans règle des stocks rend le déplaceent à l intérieur du agasin particulièreent pénible pour les clients et les fournisseurs. Par ailleurs, sur certains archés, faute de agasins, de grands stocks gisent par terre sans protection contre les intepéries. Hygiène insuffisante. Les petits coerçants ne respectent ni les doses de pesticides à appliquer aux stocks, ni les règles d hygiène nécessaires pour assurer la bonne qualité des produits; en outre, les grains qui tobent à l intérieur et à l extérieur des agasins attirent inévitableent les insectes et les rongeurs. Tous ces facteurs contribuent à la containation et à l infestation. Malheureuseent, ces agasins ne sont pas dotés d inventaires perettant le suivi régulier des ouveents des stocks. CONDITIONS ASSURANT UN MEILLEUR STOCKAGE DES CÉRÉALES Dans un systèe de coercialisation perforant, il faut accorder beaucoup d attention aux éthodes et techniques de stockage et de conservation appliquées par les producteurs. En particulier, l encadreur doit veiller à ce qu ils observent les règles suivantes: Récolter à la aturité optiale. Cette règle est iportante pour réduire le taux d huidité des céréales et pour diinuer les risques d infestation aux différents stades de la coercialisation. Le point de aturité coerciale varie selon les produits; les encadreurs doivent se renseigner auprès de leurs directions provinciales sur la période adaptée à la récolte de chaque culture. Procéder au triage. Cette opération a pour but la sélection pour le stockage des produits intacts, en bon état et bien replis, le reste de la récolte étant affectée à l autoconsoation iédiate ou à court tere. 73

Utiliser les éthodes aéliorées de stockage 3. Le crib est particulièreent indiqué pour le séchage et le stockage du aïs; on pourrait aussi conseiller la platefore en bois (ou autre atériel) surélevée. Nettoyer soigneuseent les cribs (ou les greniers) et leurs abords iédiats avant le stockage des céréales. Procéder au traiteent chiique des cribs ou des locaux avant le stockage ou pendant cette opération. Souettre à un traiteent chiique adapté le produit pendant les opérations de stockage. Avant de procéder à l achat et au retrait des céréales à stocker, le coerçant devra effectuer les opérations suivantes dans son agasin: colater les fissures des urs, du toit et du plancher et balayer soigneuseent l intérieur et l extérieur du agasin; désinfecter les sacs vides en les plongeant dans de l eau bouillante pendant 15 inutes; construire des palettes de bois à l aide de chevrons ou de poutres. 74 Lorsque le producteur ou le coerçant stocke ses produits dans son propre agasin, il devra l aénager de anière non seuleent à préserver les céréales de l huidité, ais aussi à les ettre à l abri des attaques des insectes et des rongeurs. À cet effet, les esures suivantes sont préconisées: installer des bouches d aération sur les parois orientées vers l est et l ouest pour assurer une bonne ventilation; iperéabiliser soigneuseent le toit et les urs (ces derniers devront être lisses); utiliser des palettes en bois pour y déposer les sacs; installer de fines oustiquaires à l intérieur des fenêtres et des bouches d aération et fixer des grillages étalliques à l extérieur de ces ouvrages; réduire au iniu les recoins, les poutres et les colonnes. Les esures à prendre à l arrivée des produits sont les suivantes: prélever un échantillon du produit à l aide d une sonde anuelle pour s assurer que les grains ne sont pas infestés; appliquer un traiteent curatif en cas d infestation en procédant aux opérations suivantes: vanner les grains, les élanger à l insecticide dans un grand récipient ou dans des sacs sous bâche (en respectant les dosages indiqués par les services d encadreent provinciaux); appliquer un traiteent préventif (si le produit n est pas infecté) en saupoudrant les sacs d insecticide au fur et à esure qu on les dépose sur les palettes; disposer correcteent les sacs sur les palettes en évitant de les entasser autour des colonnes du agasin, et veiller à laisser un espace d au oins

0,5 c entre le toit et le soet des tas, un espace de 50 c à 1 entre les tas et un espace siilaire entre les tas et le ur; éviter d entreposer les stocks infestés dans la êe pièce que les stocks non infestés; observer la règle du «preier entré, preier sorti». Ver de farine ou triboliu Le triboliu s aliente des grains déà brisés; il vit environ 18 ois. La feelle pond usqu à 450 œufs qu elle dépose sur les céréales et la larve se nourrit des ebryons des grains. Cet insecte est reconnaissable à ses deux antennes qui se terinent par trois boules d où son no de triboliu. LES INSECTES DES STOCKS CÉRÉALIERS Identification Les insectes causent beaucoup de dégâts aux céréales stockées; ceux que l on rencontre le plus fréqueent en Afrique de l Ouest sont les suivants: ver de farine ou triboliu; charançon ou sitophilus; dereste des grains ou trogodere; chenilles et papillons. Charançon ou sitophilus Le charançon attaque les grains au chap et au cours du stockage. L adulte peut vivre 5 ois et la feelle pond usqu à 500 œufs à l intérieur des grains. Les œufs déposés éclosent et donnent naissance à des larves qui vivent dans le grain dont elles se nourrissent usqu à l âge adulte. 75

76 Dereste des grains ou trogodere Le trogodere est recouvert de poils fins, il ne s aliente pas et vit usqu à 14 ours. Il pond 80 œufs environ qui produisent des larves très nuisibles pour les grains. Les larves vivent usqu à 4 ans. Chenilles et papillons On rencontre dans certaines régions des chenilles et papillons qui détruisent les grains. Ces papillons se distinguent des papillons ordinaires par leurs ailes poudreuses, leur corps velu et leurs habitudes nocturnes. Les papillons euxêes ne s alientent pas de grains; ce sont les larves qui s attaquent aux stocks en tissant des fils de soie et en se nourrissant de grains brisés. Pari les papillons rencontrés dans les régions d Afrique de l Ouest, on peut citer la teigne du riz, la teigne bicolore et l alucite des grains. Moyens de lutte Les encadreurs agricoles devront connaître les techniques appropriées de lutte contre les insectes afin de les vulgariser auprès des agriculteurs. Les inforations sur le traiteent des céréales sont disponibles auprès des directions nationales ou provinciales de l agriculture. Pour protéger les céréales contre les ravageurs il faudra traiter les sacs stockés et le agasin à l aide de produits phytosanitaires. Traiteent préventif. Le traiteent est dit préventif quand il est réalisé avant les attaques. Pour ce faire, on replit un pulvérisateur d une bouillie coposée d un produit insecticide en poudre disponible sur le arché et que l on dissout dans de l eau. Il faudra traiter le toit, les poutres, les urs et le plancher du agasin. Pour que le traiteent soit efficace, il faut égaleent pulvériser le produit sur les urs extérieurs et les environs iédiats du agasin. Après la pulvérisation, on devra ferer le agasin pendant deux ours avant de le nettoyer et d y entreposer les céréales. Le traiteent préventif coprend aussi la désinfection des sacs avant toute nouvelle capagne. On procédera coe suit: triage des sacs; éliination ou raccoodage des sacs troués; brûlage des sacs inutilisables;

lavage des sacs restants dans une bouillie d insecticide préparée selon les recoandations de la notice d eploi; traiteent des palettes. Il est recoandé de pulvériser le produit sur les grains ou de les saupoudrer avant leur ensachage. Le saupoudrage des grains peut être fait par petites quantités dans une grande bassine. Pour traiter des volues iportants on déposera les céréales sur de grandes bâches et on les élangera à l insecticide avec des pelles. Le traiteent chiique préventif se terine au oent du stockage par le saupoudrage des tas. Pour assurer son efficacité, on devra traiter chaque rangée de sacs. saupoudrer les côtés et le soet des tas de sacs au oyen du produit en poudre choisi; fuiger en se servant d une bâche et de copriés de gaz; pulvériser un produit insecticide sur le toit, les urs et le plancher; respecter les délais indiqués dans la notice d utilisation du produit avant de consoer les céréales traitées. Après la fuigation et la désinfection du bâtient, il faudra ferer le agasin pendant une seaine. Pour ce traiteent phytosanitaire il est conseillé de faire appel à des spécialistes. Le traiteent curatif à long tere sera réalisé de la anière suivante: Traiteent curatif. En cas d attaque d insectes, on souet les stocks à un traiteent curatif à long ou court tere. Le traiteent à court tere est indiqué lorsque l obectif du producteur est de vendre tout son stock dans l année. On recourt à un traiteent à long tere si, au cours du stockage, on observe la présence d insectes ou si l obectif du producteur est de conserver ses céréales usqu à l année suivante. Pour le traiteent curatif à court tere, on procédera coe suit: vider et nettoyer le agasin, colater toutes les fissures; pulvériser un produit insecticide sur les urs et le toit; vanner et saupoudrer les grains; nettoyer les sacs et les palettes; après le traiteent, reettre les sacs sur les palettes suivant la nore suivante: les céréales les plus attaquées d un côté, les oins attaquées de l autre; respecter les délais indiqués par la notice d utilisation du produit avant de consoer les céréales traitées. vider le agasin de tout obet inutile, le balayer soigneuseent et colater toutes les fissures; 77

6 Diversification agricole Production et coercialisation d autres cultures

Plan du chapitre 6 Diversification agricole Production et coercialisation d autres cultures Raisons de la diversification agricole Absence d acheteurs officiels dans un coerce libéralisé Suppression des subventions à la production des cultures vivrières Prix liés à l offre et à la deande Risques associés à la onoculture (chute des cours ondiaux, interruption des crédits et des approvisionneents en intrants agricoles) Risques de pénuries de cultures vivrières Saturation des archés et inflation lorsqu une seule culture de rente est encouragée Rentabilité des cultures autres que la culture principale Iportance de connaître certains coûts Coûts des seences Coûts de la traction aniale/écanique Coût de la ain-d œuvre Transforation et coercialisation des produits autres que les céréales Produits horticoles Tubercules Oléagineux 80

Les paysans ne doivent pas croire qu on réalise autoatiqueent des gains avec une seule culture La décision de diversifier prise en teps voulu peut se révéler rentable 81

82 RAISONS DE LA DIVERSIFICATION AGRICOLE Après l indépendance, les pays d Afrique de l Ouest ont défini des politiques agricoles orientées vers la prootion des filières d exportation (palier à huile, café, cacao, coton, arachide, etc.) ises en place à l époque coloniale afin d assurer au pays des rentrées de devises. Parallèleent, on encourageait la production de cultures vivrières par le biais d une capagne nationale qui se traduisait souvent par des subventions accordées par les entreprises publiques aux producteurs, notaent au niveau de l approvisionneent en intrants agricoles. Mêe si la plupart de ces pays n ont pas atteint l autosuffisance alientaire et sont restés des iportateurs de céréales, les agriculteurs étaient touours certains d avoir un acheteur officiel pour leurs produits. Par ailleurs, des prix hoologués visaient à orienter les efforts des producteurs vers telle ou telle céréale. Par exeple, en 1987, la Direction des prix en Guinée a fixé des cours très élevés pour le riz et d autres assez faibles pour le fonio afin d inciter les producteurs du Fouta Dalon et de la Haute-Guinée à abandonner le fonio pour le riz. Dans un coerce libéralisé, il n existe plus d acheteurs officiels ou de subventions de l État aux cultures vivrières. En revanche, les cultures d exportation continuent à bénéficier d un systèe de crédit et d approvisionneent en intrants agricoles adéquat; en outre, les producteurs de coton, de café ou de banane sont sûrs d avoir touours un client grâce aux grands offices parapublics qui gèrent ces cultures d exportation. Les paysans ont donc tendance à négliger, dans beaucoup de régions, les cultures vivrières au profit du coton ou du café par exeple. Pour appréhender la notion de diversification agricole au plan de l éconoie nationale, il convient de se situer au niveau de l organisation des filières des différents produits. En effet, cette notion prend en copte tous les aspects associés à l organisation et au bon fonctionneent d une filière agricole, à savoir l efficacité des systèes de production, les conditions d approvisionneent en intrants agricoles, la coercialisation et le financeent. La notion de diversification agricole appliquée aux produits vivriers coprend l enseble des opérations à accoplir au niveau de la production, de la transforation et de la coercialisation pour que ces produits puissent ouer un rôle dans le développeent de l éconoie nationale et dans l aélioration des revenus des différents intervenants. À l échelle des paysans, la diversification consiste à cultiver plusieurs produits au cours d une êe saison culturale. Les encadreurs doivent ettre en garde les agriculteurs contre les risques de la onoculture (chute

des cours ondiaux, perturbation du systèe de crédit et des approvisionneents en intrants agricoles à la suite de décisions politiques, etc.) et les inciter à diversifier leurs cultures. Le choix des produits à proouvoir dans le cadre d une diversification dépend des conditions agrocliatiques de chaque région. Les encadreurs agricoles doivent être en esure de conseiller aux producteurs les eilleures pratiques dans ce doaine, et notaent: coencer la diversification agricole par les cultures qui prédoinaient traditionnelleent dans la région avant l introduction de la nouvelle culture principale; on est ainsi assuré que les conditions cliatiques et écologiques sont appropriées et que ces cultures font partie d un patrioine socioculturel établi de longue date; introduire la production horticole dans les zones situées à proxiité d une ville; associer les céréales au coton pour faire bénéficier les filières céréalières du systèe de crédit et des intrants agricoles de la filière cotonnière; associer, par exeple, au aïs certaines cultures qui fixent l azote coe le haricot, le soa, l arachide ou celles peu exigeantes en engrais; s assurer touours de l existence d un arché potentiel avant d engager les paysans à introduire une nouvelle culture. Agriculteurs entretenant leurs arbres fruitiers plantés en association avec le aïs. Un prograe spécial de déonstration réalisé par la FAO: arachides, doliques et aïs en culture dérobée. FAO/19238/P. Lowrey FAO/18317/P. Cenini 83

84 RENTABILITÉ DES CULTURES AUTRES QUE LA CULTURE PRINCIPALE L étude coparative de la rentabilité de différentes spéculations peret aux encadreurs de donner des conseils aux agriculteurs pour les aider à diversifier leurs produits. Pour apprécier la rentabilité d une culture, il faut déà avoir une idée de son coût de production et de son prix de vente sur les différents archés. D une anière générale, l encadreur doit connaître les données suivantes: coûts des seences, des produits phytosanitaires et des engrais; coût de location (ou aortisseent) de la traction aniale ou écanique; coût de la ain-d œuvre pour toutes les opérations culturales; prix de vente prévisionnel de la récolte. Mêe si le calcul de rentabilité favorise une culture plutôt qu une autre, l encadreur doit éviter d encourager les paysans à se spécialiser exclusiveent dans cette culture; il faudrait touours envisager un iniu de diversification pour se ettre à l abri des risques de la onoculture. En effet, le prix de vente prévisionnel peut baisser d ici la ise en vente du produit et réduire considérableent les revenus du producteur. Il se peut aussi qu en raison de certains facteurs coe la sécheresse, les attaques d insectes ou les aladies, les volues de production soient netteent inférieurs aux attentes. Deux exeples de coûts de production de certaines cultures au Bénin sont présentés à l Annexe 2. Ces tableaux partent du principe que les coerçants se rendent dans les zones de production pour acheter les produits. Des tableaux siilaires doivent être établis par les encadreurs agricoles pour les principaux produits locaux. Si les paysans affrontent certains coûts variables pour pouvoir vendre (sacs d eballage, transport vers le arché, frais de transforation priaire, etc.), ces coûts doivent apparaître dans le tableau. TRANSFORMATION ET COMMERCIALISATION DES PRODUITS AUTRES QUE LES CÉRÉALES Les règles générales de la coercialisation des céréales s appliquent aussi aux autres produits vivriers (tubercules, oléagineux, etc.) et aux produits horticoles. Cependant, ces produits présentent des caractéristiques que les encadreurs agricoles doivent connaître pour donner de bons conseils de diversification.

Produits horticoles 4 En plus de la périodicité (caractère saisonnier) coune à tous les produits agricoles, les principales caractéristiques des produits horticoles dont il faut tenir copte dans l organisation de la coercialisation sont les suivantes: brève durée; diversité; fragilité; autres caractéristiques. Brève durée. Contraireent aux produits céréaliers qui peuvent être stockés pendant des ois, les fruits et les légues se détériorent assez vite et ne peuvent pas faire l obet d un stockage prolongé. Ces produits sont périssables et perdent leur valeur s ils ne sont pas vendus rapideent. Les producteurs et les coerçants du secteur horticole doivent donc prendre sans tarder leurs décisions d acheter ou de vendre. Diversité. Il existe une très grande diversité de produits horticoles sur le arché; chaque légue ou fruit possède plusieurs variétés qui ont souvent des caractéristiques physiques et coerciales propres. Ainsi, quand un légue ou un fruit est relativeent cher, le consoateur se rabat sur un autre. L encadreur doit pouvoir faire la différence entre les différentes variétés d un produit dans le cadre de son activité. Fragilité. Des produits fragiles qui s abîent s ils ne sont pas aniés avec délicatesse iposent l eploi de oyens et de éthodes appropriées de récolte, de conditionneent, de transport et de stockage. Autres caractéristiques. Les produits horticoles ont aussi d autres caractéristiques que l agent d encadreent doit connaître: les fruits et légues ne sont pas des alients de base en Afrique; ils sont consoés principaleent pour la diversité qu ils apportent au régie alientaire et pour leur contenu en oligo-éléents et notaent en vitaines; autreent dit, s ils coûtent trop cher les consoateurs y renoncent facileent; les échanges portent souvent sur des quantités relativeent faibles et le arché est liité; les coerçants achètent touours avec prudence pour éviter le risque d une évente et les consoateurs n achètent aais plus que quelques kilograes; le arché des produits horticoles est généraleent plus libre que celui des céréales qui est souvent influencé par des accords entre coerçants ou par des décisions éanant de la politique nationale. En fonction de ces caractéristiques, l encadreur doit s assurer que la localité où il exerce son activité présente les conditions qui garantissent une bonne coercialisation avant d orienter les producteurs vers les cultures horticoles. 85

Tubercules Les grandes productions de anioc en Afrique de l Ouest correspondent aux zones huides du sud (Côte d Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Nigéria). Le rendeent oyen observé pour ce produit varie entre les pays et entre les régions; au Bénin, il se situe en général entre 8 000 et 11 000 kg/ha. FAO/18319/P. Cenini La région de grande production de l ignae se situe plus au nord, dans la savane huide. Les rendeents sont plus élevés; ils ont souvent dépassé 15 000 kg/ha dans certaines régions du Bénin où le anioc ou l ignae sont souvent les alients de base, le aïs ou la banane plantain venant en appoint. Une fois récoltés, les tubercules sont très périssables et la perte de poids est assez rapide si bien qu ils ne supportent ni les longs voyages, ni le stockage prolongé et sont de ce fait peu éconoiques. Le anioc est consoé principaleent après une preière transforation (production de gari ou de farine); l ignae est consoé à l état frais ais peut être séché et conservé sous fore de cossettes dans certaines régions. La conservation des tubercules est plus facile après leur transforation et les produits dérivés (gari ou cossettes) perettent de réaliser de bons profits à la vente. 86 Arachides productrices d azote plantées en association avec des ignaes.

Oléagineux La production de l arachide se fait pratiqueent dans tous les pays d Afrique de l Ouest. Dans certains pays (Sénégal, Nigéria, Gabie et Guinée-Bissau notaent) cette culture a revêtu ( et revêt encore dans certains cas) une grande iportance dans l éconoie nationale en tant que culture industrielle ou d exportation. Dans les autres pays, elle est cultivée coe alient de bouche, coe ingrédient pour les sauces ou pour satisfaire les besoins des huileries et savonneries artisanales. Le soa est réputé pour ses qualités nutritionnelles; iportante source de protéines, il contient du calciu, du fer et des vitaines. Cette culture a été introduite dans beaucoup de pays où l on a essayé de la vulgariser auprès des paysans; algré ces efforts, il n existe pas de pays en Afrique de l Ouest où le soa a ait occupé une place prépondérante dans l éconoie nationale. Au Burkina Faso, l introduction du soa s est soldée par un échec et en Guinée et au Bénin, elle est restée à l état de proet. fait que les huileries locales n arrivent pas à percer sur le arché national et régional, leur deande de atières preières est plutôt faible. C est pourquoi les encadreurs agricoles doivent s assurer de l existence d unités de traiteent de l arachide, du sésae ou du soa avant d encourager la grande production de ces oléagineux auprès des producteurs. Dans le contexte actuel, il serait plus réaliste d étudier les possibilités d exportation de ces produits et de n encourager les agriculteurs à consacrer une partie de leurs superficies à la production d arachide, de sésae et de soa qu en présence de débouchés assurés. Le sésae est produit dans beaucoup de pays en vue de son exportation. Pour de nobreux producteurs, les oléagineux sont une culture de rente car ils se prêtent à la transforation artisanale et industrielle et donnent de l huile et des produits dérivés; ais ces oléagineux en Afrique doivent soutenir la concurrence des huiles d iportation qui sont le plus souvent de eilleure qualité et oins chères. Du 87

7 Approvisionneent en intrants agricoles

Plan du chapitre 7 Approvisionneent en intrants agricoles Changeents intervenus dans le systèe d approvisionneent en intrants agricoles depuis la libéralisation Nécessité de rechercher les eilleures sources d approvisionneent Besoin de définir un calendrier d achats des intrants agricoles Recherche de crédit et d autres odalités de paieent des fournisseurs Aide que doivent fournir les encadreurs agricoles en atière d approvisionneent en intrants agricoles Calcul des besoins Identification des fournisseurs Organisation du transport groupé Recherche de crédits Incitation à l épargne 90

Si les épargnes d un énage sont «en nature», elles sont visibles et exposées au vol...... ais si le énage les dépose à la banque les voisins et les parents en ignoreront l existence. 91

92 CHANGEMENTS INTERVENUS DANS LE SYSTÈME D APPROVISIONNEMENT EN INTRANTS AGRICOLES La notion d intrants agricoles retenue dans ce guide englobe les seences, les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides et les sacs pour les grains. Bien sûr, il en existe d autres coe la ain-d œuvre et la traction aniale ou écanique. Coe nous l avons vu, les gouverneents appliquaient dans le passé une politique d intervention directe dans l approvisionneent en intrants agricoles; les prêts octroyés aux agriculteurs étaient recouvrés par l Office de coercialisation au oent de l achat de la récolte. Les subventions aux intrants agricoles accordées par les gouverneents ou dans le cadre de proets perettaient de réduire considérableent les coûts de production et les prix de vente des denrées alientaires. Cependant, cette politique encourageait aussi l utilisation exagérée des intrants, ce qui était nuisible du point de vue tant éconoique que de la protection de l environneent. Avec la libéralisation du arché, des esures ont été prises en faveur non seuleent de l abolition (ou de la réduction) des subventions, ais aussi du transfert de la distribution des intrants agricoles au secteur privé. En particulier, le secteur des produits céréaliers, dans presque tous les pays d Afrique de l Ouest, a vu le désengageent de l État tant de l iportation que de la distribution des intrants agricoles. On assiste désorais dans ces pays à l apparition d un odèle d approvisionneent en intrants agricoles qui accorde un rôle de plus en plus iportant aux iportateurs, aux distributeurs et aux détaillants privés. Cette nouvelle organisation de la filière ipose de nouvelles contraintes aux producteurs agricoles. Ainsi, de êe qu ils doivent identifier les acheteurs qui offrent le eilleur prix pour leurs céréales, il leur faut égaleent s approvisionner auprès des détaillants qui proposent les engrais les oins chers. Ensuite, ils doivent veiller à organiser leurs achats avant l arrivée dans la zone des détaillants. Enfin, la difficulté d obtenir du crédit oblige les agriculteurs à trouver de nouveaux oyens pour financer l achat de leurs intrants agricoles. Achat des intrants agricoles à des prix copétitifs Les agriculteurs ne doivent pas croire que tous les fournisseurs d intrants agricoles d une ville deandent le êe prix pour leurs produits. Ils devront prendre contact avec chacun d eux séparéent et voir lequel leur offre les eilleures conditions. De nobreux facteurs expliquent pourquoi les prix diffèrent entre les fournisseurs:

Le prix des intrants agricoles varie suivant la nature de l iportateur ou du producteur. Lorsqu il s agit d une iportation effectuée ou garantie par un proet ou une société cotonnière, les prix sont relativeent bas car, d une part, les quantités iportées sont élevées, ce qui réduit les coûts de transport et, d autre part, le proet ou la société cotonnière continue à bénéficier de certaines fores de subvention. En revanche, lorsque l iportateur est une société coerciale ou un coerçant local, les prix sont élevés en raison des faibles quantités iportées et de l absence de subventions. La plupart des pays d Afrique de l Ouest produisent des intrants agricoles (engrais et produits phytosanitaires) ais la productivité des industries locales est souvent faible et les prix des intrants qu elles fabriquent sont assez hauts. Le prix des intrants agricoles varie suivant les différents coûts d achat des coerçants détaillants. Il est logique que les coerçants détaillants fixent les prix de vente aux paysans en calculant leurs coûts d achat et en aoutant une arge bénéficiaire à ces coûts. Ainsi, les prix de vente pratiqués par les détaillants sont suets à des variations chaque fois que des changeents interviennent dans la structure des coûts ( augentation des prix au niveau de l iportateur ou du fabricant d intrants agricoles, coûts de transport plus élevés, etc.). Le prix des intrants agricoles varie suivant l offre et la deande. Lorsque le agasin du détaillant est situé à proxiité d une gare ferroviaire ou d un endroit facileent accessible aux producteurs, il bénéficie d une forte deande et peut augenter ses prix. Mais s il y a, par exeple, une pénurie d urée dans la ville, et si le détaillant s aperçoit qu il possède encore des stocks de ce produit, il augentera proportionnelleent ses prix. En revanche, lorsque la rotation des stocks du détaillant est liitée, il cherchera à vendre rapideent à des prix raisonnables. Établisseent et respect d un calendrier d achats des intrants agricoles Dans plusieurs pays de la région, les intrants agricoles font l obet d un approvisionneent irrégulier. Déà, dans l ancien systèe du coerce d État, on rearquait, d une année à l autre, des pénuries graves ou des excédents par rapport aux besoins des agriculteurs, et cette situation persiste dans les systèes souis à une forte intervention étatique. Lorsque la distribution des intrants agricoles est doinée par les opérateurs privés, l approvisionneent des agriculteurs se fait en fonction des gains pouvant être dégagés. Du reste, êe si ces opérateurs ont conclu les accords adinistratifs nécessaires, ils ne sont pas touours certains que l État n interviendra pas dans les iportations et la distribution des intrants agricoles; d où un cliat de éfiance qui peut entraîner la rupture des approvisionneents. Enfin, le coerce des intrants agricoles exige un capital relativeent iportant et il n est pas dans l intérêt 93

94 du détaillant d iobiliser ses stocks pendant une partie de l année; c est pourquoi il n achètera auprès des distributeurs que les quantités qu il espère vendre lors des travaux de préparation du sol. Tous ces facteurs iposent aux producteurs de s approvisionner en intrants agricoles en teps utile pour ne pas risquer de trouver les agasins vides le oent venu. Il faut élaborer un calendrier d achats d intrants agricoles qui tient copte de leur disponibilité et le respecter pour éviter de auvaises surprises. Paieent des fournisseurs et recherche des crédits adaptés Avant l introduction des prograes d austeent structurel dans les pays d Afrique de l Ouest, l État intervenait de façon excessive dans l octroi de crédit agricole. Les crédits de capagne en faveur des producteurs figuraient dans les budgets des gouverneents ais les banques agricoles et les institutions de crédit agricole spécialisées, agissant pour le copte des gouverneents ou des bailleurs de fonds étrangers, ne pouvaient copter que sur un faible taux de rebourseent, ce qui a contribué à leur anque de rentabilité et souvent à leur effondreent. Dans un certain nobre de pays, les producteurs avaient accès au financeent de la banque de crédit agricole par le biais de l Office national de coercialisation agricole. Lorsque l Office qui achetait les produits agricoles était égaleent chargé de la vente des intrants, il leur était relativeent facile de récupérer la valeur de ces intrants sur les soes dues aux producteurs. Dans le cas où deux entreprises différentes s occupaient de la vente des intrants et de la coercialisation des céréales, la banque couniquait la liste des débiteurs à l Office de coercialisation qui se chargeait de récupérer les ontants dus auprès de l Office chargé des intrants agricoles. Cependant, les choses n étaient pas touours aussi siples; en cas de auvaise récolte, par exeple, de nobreux producteurs étaient incapables de livrer des céréales à l Office de coercialisation et les prêts n étaient pas reboursés. Mêe en cas de bonne récolte, certains agriculteurs cherchaient à vendre leurs produits à une tierce personne pour éviter de rebourser leurs prêts. Un des principaux résultats de la libéralisation du secteur financier a été le désengageent des grandes banques agricoles nationales des opérations de crédit direct en faveur des petits producteurs. Dans certains pays, cette situation a créé un vide institutionnel presque total en atière de crédit rural, et dans d autres sont nés des systèes de financeent décentralisé sous la fore de caisses de crédit utuel ou de coopératives de crédit et d épargne. Cependant, la plupart des agriculteurs du secteur céréalier d Afrique de l Ouest ne profitent pas de ces systèes de crédit de proxiité, soit parce qu ils sont absents de leur zone, soit parce qu ils ne peuvent replir

les conditions requises pour y accéder. C est pour cette raison qu il convient d identifier des solutions de rechange au crédit classique pouvant satisfaire les besoins financiers des petits producteurs. Pari ces solutions, on peut retenir les suivantes: Le systèe des plantations artisanales. Ce systèe est adinistré par les coerçants et les industriels du secteur agroalientaire lesquels fournissent un financeent adapté aux petits et oyens agriculteurs dans le but de soutenir leurs propres activités industrielles ou coerciales. Il peut revêtir plusieurs fores et se traduit généraleent par la ise à disposition des agriculteurs d intrants agricoles à un prix garanti; le crédit est déduit de la vente des céréales au oent de la récolte. Le systèe prévoit habituelleent l approvisionneent en intrants agricoles à teps, une foration en atière de gestion des cultures et de crédit (où les encadreurs agricoles peuvent ouer un rôle iportant) et la coercialisation des cultures. Les petits producteurs ont ainsi directeent accès au crédit fourni par les institutions financières officielles qui font confiance aux grands opérateurs. Le systèe des plantations artisanales a bien fonctionné au début des années 90 au Burkina Faso pour les légues destinés à l exportation (haricot vert notaent) et ici, coe dans d autres pays, rien n epêche en pratique les grands coerçants et certaines industries de ettre en œuvre ce systèe en faveur des petits producteurs de aïs ou de riz. Accords de troc avec les fournisseurs d intrants agricoles. Les paysans paient en équivalent céréales les intrants agricoles que leur livrent les fournisseurs; ce systèe est une bonne solution au anque de liquidités qui se anifeste souvent au oent des achats d intrants agricoles. Généraleent, les céréales destinées au troc sont disponibles avant la fourniture des intrants. Si les coerçants et les paysans se font utuelleent confiance, ces derniers peuvent ouvrir un copte chez le détaillant, prendre les intrants agricoles nécessaires et payer en nature au oent de la récolte. Crédit coutuier des coerçants céréaliers. Il s agit d un crédit non officiel que les grands coerçants octroient traditionnelleent aux producteurs et aux petits coerçants. Dans le cadre de ce systèe, le crédit est fourni sur la base de relations professionnelles établies de longue date ou sipleent en fonction de critères de parenté ou d aitié. Quelquefois, la garantie d un notable de la région (chef traditionnel ou religieux) est requise pour que le coerçant accepte d octroyer un crédit. Les taux d intérêt ne sont pas fixes et certains coerçants établissent, pour des otifs religieux, des intérêts beaucoup plus faibles que les taux courants des banques. (Beaucoup de coerçants usulans évitent d iposer des taux usuraires condanés par le Coran.) Le crédit accordé aux agriculteurs par les petits coerçants se fonde aussi sur des rapports personnalisés entre les parties et vise à établir un rapport peranent. Cependant, 95

96 des taux d intérêt usuraires obligent souvent les agriculteurs à vendre en herbe leur récolte. Crédit des associations paysannes ou des coopératives. Certaines associations paysannes (union des producteurs) ou coopératives (de production, de coercialisation ou de consoation) octroient des crédits à leurs ebres et se chargent de la coercialisation collective de leur récolte. Après la vente des céréales, les crédits (capital et intérêts) sont recouvrés par le bureau de l association. Épargne pendant la période des récoltes. En période de récolte, les paysans disposent de liquides et peuvent ettre de côté la soe nécessaire pour acheter les intrants agricoles de la prochaine capagne. AIDE QUE DOIVENT FOURNIR LES ENCADREURS EN MATIÈRE D APPROVISIONNEMENT EN INTRANTS AGRICOLES Nous avons vu le rôle que peuvent ouer les encadreurs agricoles dans l aélioration de la coercialisation des céréales au niveau des agriculteurs; de la êe anière, ils peuvent les aider à obtenir les intrants agricoles nécessaires à leurs activités de production. L assistance qu offrent les encadreurs agricoles aux exploitants dans l approvisionneent en intrants agricoles prévoit les actions suivantes: estiation des besoins, identification des fournisseurs, organisation du transport groupé, recherche de crédits et incitation à l épargne. Estiation des besoins Avant la libéralisation du coerce des intrants agricoles, les agriculteurs considéraient le crédit coe une subvention; du fait qu il n y avait aucune obligation réelle de rebourser les prêts, ils ne cherchaient pas à savoir si l épandage d engrais était ou non éconoique pour leur activité. Par ailleurs, les prix des produits hoologués par l Office national de coercialisation leur perettaient de prévoir les recettes qu ils auraient dégagées algré le coût des engrais utilisés. Du reste, dans certains pays et pour certains produits, les prix des produits agricoles étaient calculés sur la base d un coût de production intégrant l utilisation des engrais. Désorais, il est difficile non seuleent d accéder au crédit ais aussi de prévoir si les prix des produits agricoles ustifient l utilisation des intrants agricoles. Si le pays a une production abondante, les prix seront bas et il sera difficile au paysan d aortir les soes affectées à l achat d intrants agricoles. Lorsque la récolte est auvaise, pour des raisons de sécheresse par exeple, les prix hausseront et l agriculteur pourra couvrir le coût des intrants agricoles; ais, il faudra pour cela qu il fasse lui-êe une récolte norale.

Les Ministères de l agriculture des pays d Afrique de l Ouest devront réviser les nores d application recoandées pour les engrais afin de les adapter aux changeents survenus dans les systèes de coercialisation et les prix des produits et des intrants agricoles depuis la libéralisation éconoique. Les nores appliquées de façon globale dans un pays donné doivent être adaptées à des zones et types de sol spécifiques; elles doivent égaleent ieux refléter les risques d échec liés aux différentes cultures. Les encadreurs devront expliquer aux agriculteurs les effets sur leurs revenus de l application des engrais; ils devront aussi les aider à calculer leurs recettes probables en estiant les différents prix des céréales. Une esure de rentabilité largeent utilisée pour ustifier l utilisation des engrais est le rapport coût-valeur (RCV). Il est défini coe le revenu additionnel obtenu grâce à l utilisation des engrais divisé par le coût de ces engrais. En général, on adet qu un RCV de 2 ustifie leur utilisation; cependant, ce niveau de RCV peut être insuffisant lorsqu on tient copte des risques de sécheresse, de aladies des plantes ou de chute de prix des céréales. La figure 5 illustre coent le RCV est lié à la ontée de prix de vente des produits agricoles. Dans le systèe de coerce étatique, il était facile de calculer le RCV car les prix des produits étaient fixés par le gouverneent; auourd hui, ce calcul est devenu copliqué en raison du RCV Figure 5 Changeent du rapport coût-valeur (RCV) en fonction du prix des produits 4.0 3.0 2.0 1.0 0 50 100 150 200 250 Prix de vente des produits en illiers de FCFA Hypothèse: Pas d utilisation d engrais: rendeent par ha = 1,5 tonne Utilisation d engrais: rendeent par ha = 2,5 tonnes Quantité d engrais appliquée: 200 kg Prix de l engrais: 350 000 FCFA la tonne 97

98 anque d inforations sur les prévisions de prix des cultures. Dans les zones où de grands aénageents hydro-agricoles ou de grands proets agricoles sont en cours, on trouve des inforations sur les précipitations et des prévisions sur l état de la récolte. Dans ce cas, il est facile de calculer le RCV. En aidant les agriculteurs à déteriner le RCV, l encadreur s assurera que la valeur qu il attribue au produit et aux engrais exprie bien le prix au lieu de production (bord chap). Il veillera aussi à déduire du prix des grains le transport et les autres coûts éventuels qu il aoutera au prix des engrais. Les encadreurs peuvent donc aider les agriculteurs à prendre des décisions sur l utilisation des intrants agricoles en diffusant des inforations sur les prix des archés céréaliers, sur l évolution de ces prix au cours des dernières années en tenant copte de l inflation, et sur les prévisions cliatiques. À cet égard notaent, il peut être très utile de couniquer aux agriculteurs les inforations sur certains facteurs pouvant entraîner des perturbations cliatiques coe le phénoène El Niño qui est une des causes de la sécheresse. Identification des fournisseurs Dans le Chapitre 3, on a souligné l iportance de l établisseent de listes d acheteurs de céréales par les services provinciaux de l encadreent agricole. À certains oents de l année, ces listes pourraient s étendre aux fournisseurs d intrants agricoles et coprendre les prix et les caractéristiques des produits qu ils vendent. Dans les zones pourvues de téléphone, les encadreurs devront confirer le prix des intrants figurant sur les listes avant que les agriculteurs ne se rendent en ville pour faire leurs achats. Il est égaleent iportant d avoir les inforations sur les possibilités d obtenir du crédit auprès des coerçants et de savoir s ils acceptent de troquer des intrants agricoles contre des céréales. Organisation du transport groupé Si certains coerçants sont organisés pour se rendre dans les zones de production et acheter les céréales et d autres cultures, il n en va pas touours de êe pour les fournisseurs d intrants agricoles. Cette situation peut changer à l avenir si les détaillants et les distributeurs d intrants agricoles privés se dotent des capitaux nécessaires et connaissent ieux tous les aspects de l activité qu ils entreprennent. Mais, à court tere, beaucoup d agriculteurs seront forcés d organiser le transport des intrants agricoles de la ville à la zone de production. Au Burkina Faso, la société d iportation des intrants (la société cotonnière) a installé auprès de certains groupeents de producteurs des agasins de dépôt où ces producteurs peuvent s approvisionner conforéent à leurs besoins. Au Bénin, les distributeurs qui se chargent des iportations d intrants agricoles transportent ces intrants usqu aux districts où ils les déposent dans les agasins des groupeents de producteurs. Dans ces deux cas, il s agit touours de producteurs de coton qui reboursent le prix des intrants agricoles au oent de la livraison du coton à la société cotonnière.

Les agriculteurs qui n ont pas accès à ce type de service peuvent s associer et unir leurs ressources pour faire des achats en vrac et organiser le transport groupé des intrants agricoles. Cette éthode peret de réduire les coûts de transport tout en assurant une livraison des produits en teps opportun. Elle peut être pratiquée dans la plupart des régions d Afrique de l Ouest où les agriculteurs continuent à acheter individuelleent leurs sacs d engrais et à les transporter au village oyennant les caions qui desservent le arché hebdoadaire. En outre, le transport groupé peret aux coerçants de pratiquer des reises puisqu ils pourront écouler en une seule fois le chargeent d un caion entier. Cependant l organisation du transport groupé n est pas facile; elle requiert beaucoup de perspicacité et de vigilance de la part de l encadreur agricole notaent dans l établisseent de la liste des transporteurs, l identification des détaillants, la négociation des conditions de vente et la constitution des groupes de paysans. Recherche des crédits Aider les paysans à obtenir un prêt ou à effectuer un dépôt deande du teps, des déplaceents et souvent, des visites fréquentes en ville. Bien qu il n intervienne pas directeent dans les opérations bancaires relatives à l épargne ou au crédit en faveur des agriculteurs, l agent d encadreent peut fournir une assistance diversifiée aux exploitants de sa zone. Cette assistance peut coprendre les actions suivantes: Établir la liste des institutions financières, des coerçants privés, des agro-industries susceptibles de satisfaire les besoins de crédit des agriculteurs. Cette liste contiendra des indications utiles coe le no, l adresse et le nuéro de téléphone, la disponibilité d un service bancaire fixe ou itinérant dans la localité, les odalités de prêt (taux d intérêt, durée et échéancier). Estier les coûts de production (voir Chapitre 6 et les annexes). Lorsque le paysan aura une idée claire de ses coûts de production, il lui sera possible de déteriner les coûts qu il peut couvrir à partir de ses fonds propres et ceux dont le financeent doit faire l obet d une deande de crédit. Organiser des visites dans les centres urbains. Dans la aorité des cas, il est nécessaire d effectuer des visites répétées aux institutions financières de la ville avant la conclusion des accords de prêt; ces visites pourront fournir l occasion de vendre les produits agricoles et de réduire par là le coût des déplaceents. Replir des forulaires de deande de crédit ou d épargne. Les exploitants, notaent s ils sont analphabètes, auront du al à replir les forulaires exigés par les institutions de crédit. Créer un cliat de confiance chez les partenaires financiers des agriculteurs. Il faudra établir un cliat de confiance chez les coerçants, les banques et les 99

100 Les paysans sont souvent éfiants à l égard des banques. Les encadreurs agricoles peuvent ettre l accent sur l iportance de l épargne...... et la eilleure éthode d épargner.

autres opérateurs qui pourraient octroyer des crédits aux agriculteurs. Il appartiendra à l agent d encadreent de les assurer qu ils seront reboursés dans les délais convenus. Par ailleurs, il faudra convaincre les agriculteurs de la crédibilité de ces institutions. Incitation à l épargne La constitution d une épargne coe condition d octroi d un prêt est une déarche de vulgarisation qui vise à enseigner aux producteurs la valeur de l argent. L épargne régulière êe de petits ontants inculquera un esprit de discipline chez l épargnant. On estie en général erronéent que les petits exploitants ont une faible capacité d épargne et, par conséquent, un faible besoin de services. En fait, les énages des zones rurales ettent de l argent de côté et, s ils ont accès aux services appropriés et aux institutions financières où les épargnes peuvent être déposées, on doit les encourager à les constituer en espèces plutôt qu en nature. L agriculteur qui veut épargner a deux soucis: la sécurité et la discrétion. Quand il épargne en «nature» sous fore de bétail, de grains ou d autres produits agricoles, sa fortune est évidente et il court le risque de vol et de doages. L épargne en espèces disponibles auprès d une institution éliine les risques de perte et et la richesse du paysan à l abri de la curiosité des ais, de la faille et des autres connaissances vivant dans le village. L encadreur devra avant tout s assurer que les institutions financières auxquelles l agriculteur entend confier son argent sont fiables, c est-à-dire qu elles garantissent la sécurité des fonds des épargnants. La faillite d une institution fera naître la éfiance chez l agriculteur vis-à-vis de la notion êe d épargne onétaire. Il est largeent reconnu que l accès aux sources d épargne et de transfert de fonds est aussi vital pour un producteur que l accès aux prêts. Dans n iporte quelle counauté, il y a probableent quatre ou cinq fois plus d épargnants que d eprunteurs. L accès aux caisses d épargne, et la sécurité et la rentabilité de l investisseent sont iportants pour le déposant. Cependant, les petits agriculteurs ignorent souvent les possibilités de financeent des investisseents par le biais de l épargne locale. Les encadreurs agricoles doivent leur expliquer qu en épargnant ils favorisent par la êe occasion l investisseent dans leur zone. Les actions que peuvent entreprendre les encadreurs pour encourager les agriculteurs à épargner coprennent les suivantes: sensibilisation à l iportance de l épargne; recherche et diffusion des inforations sur les institutions financières locales. Les encadreurs agricoles s assureront de la fiabilité de ces institutions 101

102 (stabilité de la banque et sécurité des fonds placés) et prendront note des conditions: types de coptes d épargne offerts, ontant inial exigé coe dépôt initial, taux d intérêt, etc. Ils doivent aussi connaître les conditions d accès aux fonds épargnés; par exeple, coent faire un retrait sans devoir replir un forulaire. Le taux d intérêt créditeur d un tel dépôt est généraleent faible, tandis que les dépôts à tere qui ne sont payables qu après une période fixe produisent des intérêts plus élevés; conseiller aux paysans individuels et aux groupeents de producteurs les types de coptes d épargne qui conviennent le ieux à leur situation, copte tenu de leurs coûts de production, de leurs odèles de production et de leurs besoins financiers failiaux. Dans certains pays d Afrique de l Ouest, les systèes de financeent décentralisé (SFD) se substituent souvent à la Banque nationale de crédit agricole dans les zones rurales pour atteindre les petits producteurs qui n ont pas accès aux banques conventionnelles. Dans ces pays, on rencontre les systèes de financeent décentralisé suivants: Coopératives ou utuelles d épargne et de crédit (COOPEC ou MUTEC). Dans ce type de structure, le client est copropriétaire de la caisse et participe à sa gestion ainsi qu à l élection des dirigeants. L épargne est le préalable du crédit; on doit d abord ontrer sa capacité d épargner avant de pouvoir bénéficier du crédit constitué par les épargnes de tous les ebres. Les caisses utualistes fonctionnent en réseau; le réseau coprend les caisses de base, les unions régionales qui regroupent les différentes caisses d une région donnée et, parfois, un troisièe niveau: la fédération d unions nationale qui oue un rôle de foration, d inspection et de centrale financière (tel est le cas de l Union des caisses d épargne et de crédit du Burkina Faso). Les caisses locales sont gérées par des instances élues (coité de crédit, conseil d adinistration) aidées dans les tâches bureaucratiques par un personnel adinistratif. Les caisses villageoises d épargne et de crédit autogérées. Ces caisses associent la collecte de l épargne et l octroi de crédit sans que ce dernier soit nécessaireent lié à l épargne individuelle préalable. Les ebres des caisses participent aux décisions concernant l épargne, le crédit et la noination des dirigeants par le biais d instances élues localeent par le village ou les adhérents. SFD du type «crédit solidaire». Le principe repose sur l organisation des clients en petits groupeents solidaires (5-6 personnes), l octroi du crédit avant l épargne et la perception d une épargne de garantie prélevée sur le crédit ou deandée en sus du rebourseent. Ce type de SFD n exige pas d épargne préalable ais le crédit favorise certains groupes (principaleent les petits groupes de fees ou de producteurs qui versent une caution utuelle et solidaire).

Notes incluses dans le texte 1. Pour plus d inforations sur les coûts de coercialisation, cf. Guide pratique des coûts de coercialisation et de leur ode de calcul par Andrew W. Shepherd, Service de la coercialisation et des financeents ruraux, FAO, Roe. 1993. 2. Étude sur l aélioration du stockage des produits vivriers à Parakou. Aralaon, Chabi François, uin 1994. 3. Il serait intéressant d observer, en vue d une adaptation aux conditions cliatiques des autres régions, certaines techniques de stockage vulgarisées au Bénin dans le cadre du proet «Systèes de stockage décentralisés». Ces techniques (greniers en terre copartientés ou fosse à tubercules) ont donné des résultats généraleent satisfaisants. 4. Voir La coercialisation des produits horticoles. Bulletin des services agricoles de la FAO, n. 76, FAO, Roe. 103