LA HOUILLE BLANCHE/N 5-966 LES BORNES D'IRRIGATION PAR G. GUYON * Généralités La concetion des réseaux collectifs d'irrigation ar asersion a ris jour, en France, il y a une dizaine d'années. Elle est fondée SUl' le fait qu'il est rationnel, OUl' obtenir une meilleure économie de l'eau, au sens large du mot, d'abandonner le système traditionnel dit «du tour d'arrosage» qui irnose aux usagers un débit et un horaire d'arrosage réétablis, immuables en rincie, et de ratiquer au contraire l'irrigation dite «à la demande», c'est-à-dire arroser en fonction des besoins du comlexe sol-lante, à des moments oortuns, sans contraintes extérieures. D'autre art, l'irrigation ar asersion s'est avérée une méthode lus avantageuse que les méthodes d'irrigation ar ruissellement (raies, calants, etc.), our de nombreuses raisons. Dès lors la concction de réseaux collectifs semblables aux réseaux de distribution d'eau otable, où l'irrigant disoserait de l'eau sous ression, suivant ses besoins, renait cors. Un réseau collectif d'arrosage ar asersion comrend schématiquement: un oint d'eau (rivière, barrage-réservoir, etc.), unê station de omage avec réservoir de mise en charge, un réseau enterré de canalisations d'amenée d'eau aux arcelles à irriguer, des rises d'eau sortant du sol, sur lesquelles vient se brancher le réseau mobile de surface qui orte les arroseurs. Les rises d'eau en articulier, résentent un * Doctcur dc l'univcrsité, Ingénicur du Génic rural, des Eaux et Forêts. Chef de la Scction dc l'hydraulique et de ]'Eleetricité au C.R.E.G.R. certain nombre de caractéristiques rores à assurer un fonctionnement correct du système. Il est nécessaire en efl'et :. a) que la ression sur les arroseurs varie eu durant l'arrosage our ne as modifier la dose à aliquer et la réartition de la luie, au sol (uniformi té d'arrosage). Le critière d'uniformité de Christiansen exige que les variations de la ression sur le réseau mobile de sui'face ne déassent as 20 % de la ression nominale de fonctionnement des arroseurs; b) que le débit de chaque rise d'eau soit limité à une certaine valeur our éviter un «efl'ondrement» de la ligne iézométrique du réseau enterré qui erturberait le fonctionnement des autres rises simultanément en service; c) que les volumes d'eau soient automatiquement enregistrés. Autrement dit, chaque rise d'eau doit comorter: un régulateur de ression, un limiteur de débit, un comteur d'eau. Difl'érents constructeurs ont J'()])osé des aareils désignés ar «bornes d'irrigation» qui, arès de nombreuses mises au oint et divers erfectionnements accessoires, remlissent convenablement les trois fonctions énoncées ci-dessus. En France, tous les réseaux collectifs d'irrigation ar asersion «à la demande» sont maintenant équiés de bornes d'irrigation. Dans les ages suivantes seront successivement étudiés le fonctionnenlcnt des aareils de régulation et de comtage, et les difl'érents tyes de bornes actuellement commercialisés, avec leurs caractéristiques hydrauliques. 625 Article ublished by SHF and available at htt://www.shf-lhb.org or htt://dx.doi.org/0.05/lhb/966040
G. GUYON Fonctionnement des aareils de régulation et de comtage 50 Pression atmoshérique.. c,'.."."o.rc_-"-'-':::""" '--L.. t...-i-j\_\--':~osphencressure. les régulateurs de ression. Les régulateurs de ression des bornes d'irrigation sont essentiellement des orifices à section variable. La variation de la section est rovoquée ar le délacement devant un siège fixe, d'un obturateur soumis d'une art à l'action de la ression aval à régler et d'autre art à celle d'un équiage élastique (ressort en général) convenablement taré (schéma de rincie fig. ). L'aareil est conçu our que l'action directe de la ression eftective amont P sur l'équinage mobile soit ratiquement annihilée: sur le schéma, la force anlirtuée sur la face amont de l'obturateur est eu différente de la force aliquée sur la face interne du iston comensateur (la ression effective sur la face externe du iston est nulle: ression absolue égale à la ression atmoshérique). Quand la j))'ession effective amont P augmente, la ression effective aval subit une certaine variation de même sens f:" qui a our effet, en agissant sur la face aval de l'obturateur, de diminuer l'ouverture de l'orifice variable et de créer ainsi une erte de charge sulémentaire qui s'oose à la variation de. L'équilibre est réalisé ar le ressort taré. Au contraire, si P diminue, l'ouverture de l'ol'ifice augmente et la erte de charge diminue. II y a «régulation ar l'aval». Désignons ar: P et S : la ression et la section de la tubulure à l'amont de l'orifice variable; et s : la ression et la section à l'aval; V: la vitesse de l'écoulement à l'::lmont (V = qis, q étant le débit); v: la vitesse à l'aval (v = qls); So: la section de l'orifice de sortie; w: la section de l'orifice variable. En négligeant les ertes de charge dans les tubulures et en suosant que le système soit lacé horizontalement, l'équation de Bernoulli s'écrit: P V2 P V2 -=-+-=-=-+-+.T (ù 2g ù) 2g J rerésente la erte de charge singulière subie ar l'écoulement à son assage à travers l'orifice variable w. Elle est sensiblement roortionnelle au carré du débit et varie en sens conti'aire de l'ouverture w. L'équation ci-dessus s'écrit encore, en f::lisant intervenir le débit q : d'où: L 'W' + _q~ + J (q, u)) 2 gs2 L = P + t ("Slry.. - --\-î -.T (q, u)) () 'w 'W' ~ g \. ~ s- / Comme les sections amont et aval S et s diffèrent eu, cette relation devient: 626 2/ tg 0: etit tan 0: small r '----...-..~.. o-+-... x Pour que varie eu, cette relation montre que les variations de la ression amont doivent être comensées ar les variations de la erte de charge J. Le débit qest, d'autre art, lié à la ression ar les conditions de l'écoulement à l'orifice de sortie So (loi des ajutages) : en osant: Si la ression aval varie eu, our un orifice de sortie So donné, le débit variera eu également: 3/ L = ~ -J(q,W) W w r--- q = m80 \! 2 g!... (ù (2g rx=m \lz;r- -.- " Ressort toré..." Calibrated sring Piston.. Piston Enfin, l'équilibre de l'obturateur est réalisé ar l'équiage éïastique, tel que: (A) = MT-2 F (, U) = A (h x) + B CR) = MLT-2 F rerésente la force aliquée à l'obturateur, ar la ression aval (P sans résultante ar construction) et la vitesse U de l'écoulement dans l'orifice (théorème d'euler); A et B sont des constantes de l'équiage élastique; x est l'ouverture variable de l'orifice comtée dans le sens de l'écoulement; h est une constante linéaire liée au tarage du ressort (h-x->o, F-7B). et (4) régissent le héno Les équations (2), (3) mène. (2) (3) (4)
LA HOUILLE BLANCHE/N 5-966 x(t) X max ri -+_,j<-xmc..::ic..:: n_-+ ---}'_Xc..::m-=Qc..:: x o ----. X P Q b --- (50) M:=:-=_~=_N.-:=-.:= d c o 4/ 4 bis/ La difficulté, sur le lan théorique, consiste: 0 à établir la fonction F (, U) ; 2 à exliciter la relation de la erte de charge J (q, x). Dans le but de dégrossir le roblème, on eut ceendant écrire, en remière aroximation: En ce qui concerne la fonction F : F = O" - q2 ÀO"U2 = O" - À (5) 0" : masse sécifique de l'eau [ = (w/g) ] ; 0": section du siège fixe = section de la souae; À : coefficient numérique, sans dimension. En ce qui concerne la erte de charge J : Comte tenu de cette exression de J, la relation (2) devient: Connaissant la relation (3) du débit, l'exression (5) de F et l'équation (6) s'écrivent resectivement: avec: y = Àa. 2 /0" P _ P = wa. 2 S02 P ~2 W2 Or la section west égale à 2 7trx, l' désignant le rayon de l'ouverture du siège (ou de la souae), si bien qu'en définitive, arès avoir gl'oué les coefficients constants: (6) F = (O"--ys(?) = A (h -x) ~ 2 -!)=o + ) Xl ou encore: A =- --0"---------------- ----. - d 2 x dx A I dt 2 + f dt + Ax = < (, q) 3 (7) (8) (9) (0) La fonction = j' (;r) de l'exression (9) est rerésentée ar une droite en coordonnées cartésiennes, dont la ente, en valeur ahsolue est égale à : () Cette ente doit nécessairement être j'aible OUl' que varie eu: la valeur numérique du dénominateur du raort () doit être nettement suérieure à la valeur numérique de la constante A du ressort (fig. 2). Quant à la fonction P = f (x), elle est rerésentée ar un élément de courbe hyerbolique avant our asymtote la droite P =, dans l'hyothèse où varie eu dans l'intervalle d'utilisation du régulateur (fig. 3). Le diagramme de la figure 4 rerésente théoriquement, le j'oncfionnement du régulateur lorsque x varie entre deux limites bien définies corresondant aux ouvertures minimale et maximale de l'orifice variable w. Quand la valeur de l'orifice de sortie So change, il imorte que l'élément de courbe MN reste à l'intérieur du rectangle des tolérances a, b, c, d. NOTA. - L'équation du mouvement de l'obturateurest de la forme: 627
G. GUYON. Pression atmoshériqe Atmosheric ressure J max Wmin Piston rixe SlatianaryiSton Pression atmoshérique A!mosheric ressure creuse - Hollow slndle Cylindre coulissant Slidlng cyllnder 5 J min ---:::..- Amont Ustream P 8 Régulateur C.D.C. e.d.e. rer/uia/or. : --------- ------- P' Aval Oawnstream Ressort - Sring P ression amont Ustream ressure Piston Piston transmise ar arbre creux transmission via hollow shaft / Ressort - Sring ~ Pression atmoshérique...-,ii~-...;:;, Almosheric ressure _'~+~-~ ~ Souae rofilée Sheed valve ----J Amo"' Uslream 6/ Régulateur Durenne - DUI'enne re(jula/oi'. Piston Piston /' Souae- Valve Dash ot ~/Dash ot P.Pression atmoshérique Atmosheric ressure Ressort - Sring Pression atmoshérique Atmosheric ressure. Membrane d'étanchéité /Membrone seol -'- 9 Hégulateur Pont-il-Mousson. Pon/ -à-mousson reguialor. oval downstream t + tolérance tvlerance P amont = C te P Cons! t = f(q,pn) P 7/ Régulatenr Aster - Asler regulator. 0/ -o+----q..m-in--'----~------q';-(-so--;)--q..im-q-x----.q 628
LA HOUILLE BLANCHE/N 5-966 avec: (t) = P Ct) -J [q, x (t)] l : rerésente l'inertie du système; l : le coeilicient de frottement visqueux; A: le coeilicient d'élasticité du ressort. Si la ression P croît de la valeur \ à la valeur P 2, x () est rerésenté ar l'une des courbes, 2, 3 du grahique de la figure 4 bis. " est le tems au bout duquel le nouvel équilibre eut être considéré comme obtenu (quelques secondes en général). L'analyse d'un diagramme, tel que celui rerésenté figure 4, eut servir de oint de déart à une étude exérimen tale sur modèle, avec essais au laboratoire, en jouant sur les difiérents aramètres suscetibles d'être modifiés: constantes A et B de l'équiage élastique, dimensions et rofils de l'obturateur et du siège fixe, etc. L'établisscment du diagl'clmme des ertes de chargc J (q, x), our chaque modèle, eut également ermettre de rocéder à des ajustements (fig. 5). Les ertes de charge sont comrises entre deux courbes limites corresondant, l'une à l'ouverture minimale de l'orifice, l'autre à l'ouverture maximale. On remarquera que our ces limites, l'orifice w se comorte COlnme une orifice fixe et la régulation n'a lus lieu: le débit et la ression aval déendent de la ression amont. Il en est ainsi notamment si la ression ef)'ecliue est uoisine de zéro: l'orifice est grand ouvert sous l'action de la tension du ressort. D'une manière générale, le régulateur de ressiojl remlit son oilice, si les conditions du tableau suivant sont resectées Dl~BT Cl Varie entre cl es limites d'utilisation données: Par exemle: 0,2/s - 3/s, OHESSION 0 OHESSION ]J Varie entre la Doit rester comrise ression de tarage entre Pt du ressort la ression de du régulateur tarage ]J t et la augmentée des ression de tarage ertes de charge au'mentée.t (qmin) et une de la tolérance. limite généralement (Egale en gene suérieure l'al à 20 % de à 0 bars. Pt ) i On est arvenu à mettre au oint des régulateurs de ression de bornes d'irrigation, remlissant d'une manière satisfaisante les conditions ratiques d'utilisation. Les figures 6 à Ç) sont les schémas de quatre tyes de régulateurs équiant resectivement des bornes fabriquées ar les Sociétés Durenne et Vald'Osne, Aster, les Comteurs de l'iiontrouge, Pont-à Mousson. Ces régulateurs sont «à régulation ar l'aval». Le diagramme de lcl figure 0 rerésente les courbes = l (q, P,,) obtenues au banc d'essais hydrauliques. Quelles que soient les valeurs de P", dans les limites admises (P llin, PllnJ, les courbes = f (q, P,,) doivent être comrises dans le rectangle des tolérances Cl, b, c, d. Le relevé de ces courbes ermet de juger la qualité de fonctionnement d'un régulateur. Un régulateur qui donne our une valeur P n de la ression amont maintenue constante, une courbe telle que (l), résente une lage de régulation lus étendue qu'un régulateur qui fournirait, our la même ression P'" une courbe telle que (2) davantage inclinée. D'autre art, our un débit donné, c'est-à-dire our un orifice de sortie So donné, un aareil arlait mainliendl'clit une ression aval constanic quand la ression amont varic au-delà de : P = Pt -- Jmill' En fait quand P augmente, ar valeurs croissantes, jusqu'à atteindre la limite suérieure Pilla:" uis décroît ensuite, cp) décrit un cycle d'hystérésis (fig. ). Suivant que P augmente ou diminue d'une valeur ~jj, la tension du ressort n'est, en effet, as la même: il y a comression dans le remier cas, détente dans le second et la ression qui équilibre la tension du ressort, n'a as la THême valeur (cycle obligé). Bien en tendu quand la ression amont est inférieure à la ression de tarage du régulateur, les deux ressions P et «se suivent» : P = P + J (q), loi des orifices. La régulation est d'autant meilleure que les courbes du cycle sont lus verticales et davantage rarochées. En rincie, l'écart maximal, sur les cycles d'hystérésis corresondant à dif'érents débits q (so) comris dans la lage d'utilisation de la borne, ne doit as déasser 20 % de la ression de tarage du régulateur. ression amont ustream ressure 2. Le limiteur de débit. Quand la ression effective à la sortie de la borne d'irrigatiojl est nulle, il est nécessaire que le débit «à gueule-bée» ainsi obtenu, change eu en fonction de la ression amont, laquelle doit toujours rester suérieure à une certaine limite: la ression de tarage du r{~gulateur, augmentée des ertes de charge, corresondant au débit à gueule-bée. Le contraire se roduirait si la borne ne comortait qu'un régulateur de ression car si = 0, l'oriression aval downstream ressure 629
G. GUYON fice w joue le rôle d'un orifice fixe (w = w llu J et le débit varie. Il convient ar conséquent d'adjoindre au régulatem' de ression, à l'aval de celui-ci un aareil qui, lorsque la borne débite à gueule-bée, maintienne derrière lui, une ression au moins égale à la ression de tarage du régulateur (fig. 2). Cela suose que ce nouveau' disositif entre en action dès que le débit q aroche du débit «à gueule-hée» et qu'à artir de ce moment, il «étrangle» l'écoulement. Il eut dès lors se comorter comme un orifice fixe, lorsque la ression à l'amont du régulateur varie, à condition que la erte de charge à travers l'orifice «étranglé» comense la ression de tarage du régulateur. Lorsque le déhit q est inférieur au débit à gueule-bée, il doit au contraire, être grand ouvert our réduire au maximum la erte de charge. L'équiage élastique du disositif limiteur de débit devra en définitive être sensible au voisinage du débit à gueule-bée qu'on s'est fixé. La figure 3 rerésente schématiquement un limiteur de déhit. Certains constructeurs remlacent le disositif à souae et ressort, ar un diahragme en caoutchouc lastique (non élastique our resecter les conditions de fonctionnement). Suivant le degré de sensibilité des limiteurs de déhit, le diahragme P = l (q, P,,) d'une borne d'irrigation équiée également d'un régulateur de ression se résente différemment (fig. 4 et 5). Le limiteur du grahique n 4 est dit «à tout ou eu» ou astatique. Quand le débit aroche, ar valeurs croissantes, du déhit à gueule-hée q!!!)! la ression aval asse hrusquement de la valeur Pit (= Pt) à la valeur nettenlent inférieure P,,, uis tomhe à zéro quand le débit à gueule-bée est effectivement atteint. Le limiteur du grahique n 5 est ar contre «modulant». La courhe «Cl» est continue. Les limiteurs à diahragme en caoutchouc sont toujours modulants. 3. Les comteurs d'eau. Les hornes d'irrigation sont équiées de comteurs roortionnels moins fragiles, moins coùteux d'aehat et d'exloitation que les comteurs tye \Voltman. Le comnteur ronrement dit est un eomteur de vitesse, semblable à ceux utilisés sur les branchements artieuliers des réseaux ublies de distribution d'eau otable. Il est laeé en dérivation sur la tubulure de la horne. Un disositif dérimogènc (venturi, tuvère, diahragme) inséré dans la tuhulure, entre les orifices d'entrée et de sortie de la dérivation, crée la différence de ression nécessaire à la rotation de la turbine (fig. 6) : Soient: Q: le débit dans la tubulure l'amont de la dérivation; de la borne, à q : le déhit dans la dérivation; P : la ression à l'amont de l'organe dérimogène; P : la ression dans la seetion rétrécie S; s : la section de la dérivation. 630 On eut éerire les relations suivantes: d'où: q = Q-q q ys J -;;;- P 2 g S s IX ===-0- \ T \!, Of = 00 c- l' t- /0. \T,. y.q = Cte q Le déhit de la dérivation est théoriquement roortionnel au débit total Q. Il en est de même des volumes d'eau V et li eorresondants, écoulés dans le tems t : V.: Qdl - = Cte li ;: qdl Le eadran du comteur est gradué en valeurs du volume V. Le comteur roortionnel, comme tout aareil de eomtage, est caractérisé ar sa courbe d'erreurs. L'erreur de comtage est définie ar la relation: V c : est le volume enregistré au comteur durant le tems t, à déhit constant; V,.: est le volume vrai durant le même tems. La eourbe des erreurs (ou écarts) de comtage se détermine ar oints, en fonetion du déhit réel Cf = V,';t (fig. 7). 2/ 3/ 4/ Limiteur de debit Discharqe limiter " t ~ ete <-*~_!llill o 5/ P>t +--- -Régulateur de ression Pressure controller.~------'--' q
LA HOUILLE BLANCHE/N 5-966 La courbe des écarts de comtage doit être située dans le couloir des tolérances e max ), entre les débits limites d'utilisation de la borne d'irrigation. C) Aster a résenté tout récemment au C.R.E.G.R., our essais, une nouvelle borne équiée d'un régulateur ar sortie. 6 4 3-4 -5 / --- [-... e' ma + ~+----=.;.!>.~', il!... :'/ i'--+:,+... [- ---... - l qmi~ qmaxl ê -----,-... i i i / Les différents tyes de bornes d'irrigation, leurs caractéristiques hydrauliques, les essais en laboratoire. Différents tyes de bornes d'irrigation. On eut classer les bornes en deux catégories: les bornes «etites exloitations», les hornes «grandes exloitations», d'arès leur destination. Les unes diftèrent des autres morhologiquement et surtout ar la valeur du déhit maximal dont elles sont caables. a) les bornes «etites e.rloitations». Ces aareils, encore aelés «hornes y» ar leurs constructeurs, sont constitués essentiellement d'un cors de borne raccordé à la canalisation du réseau enterré ar l'intermédiaire d'une manchette et d'un té de hranchement, et de sorties fixées sur le cors de borne. Une même horne eut comorter lusieurs sorties Cl à 4) qui ermettent d'assurer l'arrosage simultané de lusieurs arcelles aartenant à des exloitants différents. La souae et le siègle du robinet-vanne sont situés dans le cors de borne. Le régulateur de ression est comris dans la sortie (bornes C.D.C, Durenne) ou dans le cors de borne et, dans ce cas, est unique our toutes les sorties (bornes Aster (*), Pont-à-Mousson). Mais dans les deux cas, il y a un comtenr roortionnel et un limitenr de débit ar sortie. + 5.~ 2.ç ~ '" c: 0 ~ - 8-2 w -3 i! i i : i e max...- Chaque sortie à la disosition d'un seul exloitant, en rincie, est munie d'un raccord symétrique, tye omier, auquel se raccorde le réseau mobile de surface. En dehors des tems d'arrosage, ce raccord est obturé ar un volet cadenassé. Le cors de borne est artiellement enterré; les sorties et le!volant de manœuvre du robinet-vanne sont hors de terre et d'accès facile. La borne est équiée d'accessoires tels que urges d'air et disositif antigel. b) Les bornes «grandes exloitations». Dans ces bornes encore aelées «bornes l», le robinet-vanne et les aareils de régulation et de comtage sont disosés à la file, sans qu'il soit ossible de distinguer le cors de borne rorement dit, des sorties. On trouve de l'amont vers l'aval: le robinet-vanne branché sur le té de la canalisation enterrée, le comteur roortionnel, le régulateur de ression, le limiteur de débit, le raccord symétrique. En général, la borne est lacée dans un regard en maçonnerie semi-enterré. 2. Caractéristiques hydrauliques. Une remière grandeur caractéristique est la ression aval, qui corresond à la ression de tarage du régulateur. Il est souhaitable de la voir exrimée en bars et normalisée aux valeurs suivantes, our les bornes de fahrication courante: 3; 3,5; 4; 4,5 bars. Une deuxième grandeur caractéristique est le débit à (Illenle-bée, qui est le déhit maximal ermis ar le limiteur de déhit. Il est souhaitahle également que ce déhit soit exrimé en litres ar seconde et que les calihres des limiteurs soient normalisés; ar exemle 3. 4 et 5/s our les bornes du remier tye ---0, 5, 20 et 25/s our les hornes du deuxième tve. On eut également définir «un déhit nominal» : c'est fe débit maximal d'utilisation d'une sortie, lorsque ce]je-ci déhite sur des arroseurs. Il est inférieur au déhit à gueule-bée et our tenir comte d'une marge de sécurité, notamment si le limiteur est modulant (fig. 5), on eut le fixer aux 8/0 0S du déhit à gueule-hée (les essais ont montré que movennant cette récaution, la nression aval ne tombait as en dehors du rectangle nes tolérances). Il est enfin nécessaire de connaître la nr('ssion amont minimale à artir de laquelle le réglllateur joue son rôle our le déhit maximal d'utilisation de la borne, et cela en vue de calculer la cote niézométrique minimale à réserver aux extrémités d'antennes et aux oints hauts des réseaux rojetés. 3. Essais des bornes d'irrigation. Les rototy])es et ensuite les bornes (le sene, ont été et sont essayés au laborntoire d'hvnrallliqlle du Centre ne Recherches et d'exnérilllcntation de Génie Rural. Sans entrer dans le nptnil de ces essais, nrécisons qu'ils consistent essentiellement à déterminer: a) les courbes des écarts de comtage, figure 7; b) les courbes = f (q, Pli)' figure 4 ou 5; c) les cycles d'hystérésis, figure ; 63
G. GUYON d) la loi d'ouverture du robinet-vanne (débit en fonction du nombre de tours du volant) qui conditionne l'aarition et l'intensité des cous de bélier; e) les ertes de charge à travers la borne. Les comtes rendus détaillés de ces essais sont envoyés aux Directions Déartementales de l'agriculture (Services du Génie Rural, des Eaux et des Forêts) et aux Sociétés d'economie Mixte chargées de l'équiement et de la gestion des grands érimètres d'irrigation. Discussion Président: ]IL ROCHE ]Il. GUYON termine son exosé en s'excusant du caractère de détails qu'a rcvêtu sa communication. M. le Président remercie Ill. GUYON de sa communication. Les alaudissements ont témoigné de l'intérèt que l'assistance a ris à l'écouter. M. Rhll:NIl:IlAS demande si, comme dans tous les régulateurs, on n'a as eu affaire dans certaines circonstances il des instabilités de ression. La courbe qui donnait la ression en fonction du débit, on inversement, résentait le statisme classique. Est-ce naturel ou a-t-on fait ael il des astuces '? M. GUYON dit qu'en étudiant le mouvement de la souae d'nn manière lus finc, on obtient l'équation dif'ércntielc du second ordre caractéristique des mouvements vibratoires mnortis. Dans cette équation interviennent, notamment, j'incrtie du système, le frottement visqueux, le coefficient d'élasticité du ressort (Nota du texte et figure 4 bis). M. PoncllElloN demande à M. GUYON d'exlicitcr le roblème des grandes et etites exloitations, surtout dans le choix des bornes X et Y. M. GUYON indique que la délimitation entrc bornes dc grande exloitation et bornes de etite exloitation est assez difficile à faire et déend surtout de la structure des exloitations.,jusquc-ià, les débits sont donc de 3 Ils Ollr les etites exloitations et de 5, 20, 25 Ils our les grandes exloitations; il la demande, certaines bornes euvent méme atteindre 30 à 35 lis. Il serait souhaitable que les grandeurs caractéristiques soicut normalisées our les fabrications courantes, ct quc les ressions des hornes soient exrimées avec la méme unité, c'est-à-dire le har our resecter le Système International des Poids ct Mesures. C'est eut-être il la Chambre Syndicale des Constructeurs de rovoquer la création d'une commission de normalisation où l'administration et l'utilisateur artieieraient. ]If. ADA~! a eu l'oecasion de constater que, SUl' des l't'seaux dans la région de Nantes et dans la vallée de la Loire, on rcncontrait des difiicultés. Les comteurs emloyés étaient unc simle transosition dcs comteurs d'eau otahle ct comme il s'agit d'cau brute, les comteurs étaient bloqués ar des cors solides. Les filtres séciaux sont très souvent obstrués; il faudrait clone faire des reehel'ches our adater les comteurs des hornes d'irrigation aux fonctions qui leur sont rores. M. GUYON ense que d'un oint de vue technologique, il est toujours ossible d'aorter des erfectionnements; e'est une question à oser aux eonstructeurs. M. MONTEIL demande si Nf. GUYON a eu l'occasion de mettre il l'essai des bornes ayant lusieurs années de service ct dans l'afiirmative, quels ont été les résultats eoneernant les ertes de charge et l'erreur de colntage. M. GUYON n'a as encore fait ces essais qui font artie du rogramme du C.B.E.G.n. notamment our les bornes du canal de Provence qui ont déjà subi des essais à l'état neuf et reasseront au banc arès quatl'e ou cinq années d'usage. Sur une qucstion de M. BIDET, M. GUYON indique que la tolérance sur les comteurs est de ct: ') '7c, du débit réel jaugé. ',. CAHLIEH estime qu'une elteul' relative maximale de ± 5 % du débit total, exigée d'un comteur laeé en dérivation, avec des caux souvent assez chargées en éléments solides, constitue une erformance assez remarquable. En effel, les comteurs d'abonnés, de calihre analogue à ceux qui sont montés en dérivation sur les bornes d'irrigation, doivent satisfaire à des normes de récision définies dans les eahiel's des eharges; our de tels comteurs montés en série, c'est-à-dire traversés effectivement ar la totalité du débit mesuré, on imose une erreur relative maximale variant, selon les débits de ± 5 à ± 2 0/0. M. CLhlENT a été étonné de voir, à l'exérience, arès lusieurs années d'exloitation sur les bornes, que les comteurs, engins comlexes, fonctionnent très bien ourvu que l'on fasse un entretien systématique. Le comtage, dans la réalité, n'est as récis à ±" rès mais cela n'a qu'une imortance relative. M. GUYON dit qne d'une mauièl'e générale, our les bornes neuves, les écarts ne déassent as 5 %. Seuls un ou deun oints de la eourbe des écarts sont en dehors du couloir de tolérance. M. CLÉMENT indique que si l'on n'a as d'ennuis majeurs sur les comteurs dérivés, il n'en va as de méme our les comteurs directs utilisés our les rises d'eaux industrielles. La récision du comtage reeherehée imose ce tye d'aareil, mais les hélices sont facilement détériorées ar les cors étrangers. Au sujet d'une question soulevée hier durant une autre artie de la discussion, M. CLI\MENT récise que la Société du Canal de Provence alique une tarification en fonction du tye du régulateur utilisé: l'agriculteur aie une rime fixe annuelle fonction de la classe du limiteur, c'est-à-dire du débit souscrit, ct une artie rool tionnelle au nomhre de mètres cubes réellement consommés. M. GUYON termine cette discussion en récisant que les remières hornes d'irrigation ont été mises en service sur un réseau de Provence, le réseau exérimental de Gardanne, à l'instigation de M. CLÉ~!ENT. M. le Président remercie à nouveau M. GUYON our son exosé très hrillant ct très doeumenté. 632