L anxiété à l école Présentation au colloque des TES 31 mai 2013 Par Jacinthe Beaulieu Conseillère pédagogique en adaptation scolaire Commission scolaire des Samares
Objectifs de la rencontre Comprendre le processus de l anxiété dans une perspective systémique Distinguer les réactions adaptées, inadaptées ou pathologiques Se sensibiliser à diverses stratégies possibles pour les intervenants et les élèves Connaître les pièges à éviter Connaître les principes de base de l intervention en milieu scolaire
Mise en train
Facteurs permanents Niveau de base de la personne Retour à la normale ou diminution du niveau d'anxiété Situation / Déclencheur de stress Réponses physiologiques système limbique Interprétation Réactions d anxiété Renforcement ou maintien du niveau d'anxiété Réponses adaptées Réponses inadaptées Réponses pathologiques 1
Facteurs circonstanciels Fatigue Maladie Événements quotidiens État émotionnel Maturation Saisons Réponses de l environnement etc...
Facteurs permanents Génétique Biologique Acquis Stress aiguë et chronique Événements graves Apprentissage familial et culturel etc...
Exemples de réponses adaptées Mécanisme d autorégulation des réponses physiologiques par l utilisation de stratégies de contrôle du stress : Détente, visualisation, techniques de respiration, Interprétation cognitive : Évaluation réaliste de la situation; Développement et apprentissage de nouvelles habiletés d adaptation sociale etc.
Exemples de réponses inadaptées Comportement d évitement : cognitif, behavioral, émotionnel et social Difficulté dans les transitions, évitement de certaines situations, isolement, absences nombreuses Phobies Peur du rejet, de l abandon, de faire rire de soi Craintes Comportements excessifs Opposition, crise, faire le clown, dire n importe quoi, agitation Somatisation Fatigue, plaintes somatiques Déficit d habileté ou de performance Difficultés d attention, diminution du rendement scolaire
Exemples de réponses pathologiques Anxiété excessive et inappropriée Détresse subjective Inquiétudes, dramatisation Tachycardie, maux tête, maux de ventre Évitement, agression
Et le cerveau là-dedans? Une partie de notre cerveau (le cerveau limbique) est activée par la peur (objective ou subjective) Cette partie de notre cerveau facilite le traitement rapide de l information nécessaire aux réactions essentielles à la survie. Il est cependant moins précis
Et le cerveau là-dedans? (suite) Cette partie de notre cerveau «surveille» l environnement en sourdine et nous signale un danger (réel ou non) par une alarme qui peut prendre rapidement le pas sur les autres activités «plus rationnelles» du cerveau. Ce sont les actions instinctives de protection et les réflexes qui prennent le dessus jusqu à ce que le danger soit passé
Et le cerveau là-dedans? (suite) Cette partie du cerveau contrôle : La respiration Le rythme cardiaque La tension artérielle L appétit Le sommeil La production des hormones Le système immunitaire
Et le cerveau là-dedans? (suite) Cette activité du cerveau limbique augmente le taux de cortisol dans notre organisme ce qui a pour effet : d affaiblir le système immunitaire d augmenter la pression sanguine de diminuer la capacité d attention de perturber le processus de mémorisation d inhiber la mémoire à court terme
Et le cerveau là-dedans? (suite) Cette activité du cerveau diminue aussi le taux de sérotonine dans notre organisme ce qui a pour effet : d augmenter les comportements agressifs ou violents
On fait quoi? Nos interventions doivent aider l élève à: 1. Identifier et à comprendre ce qui se passe dans son corps quand il se sent nerveux, inquiet ou qu il a peur. Autrement dit, reconnaître les manifestations physiques de l anxiété 2. Identifier ses fausses croyances
On fait quoi? 3. Modifier sa manière de faire face à ses peurs en développant des stratégies adaptées pour affronter ses «peurs» 4. Comprendre que l évitement est un obstacle à la résolution de ses difficultés 5. Modifier ses habitudes de santé
Stratégies préventives Plusieurs jeunes anxieux ont un faible sentiment d efficacité personnelle. Ce sentiment se construit à travers : 1. La maîtrise personnelle 2. L apprentissage social 3. L état physiologique et émotionnel 4. La persuasion verbale
Stratégies préventives Pour favoriser le développement du sentiment d efficacité vous pouvez : o Encourager le langage intérieur positif o Aider l élève à établir des attentes réalistes o Dédramatiser o Inciter l élève à voir «le verre à moitié plein» o Valoriser l affirmation personnelle
Stratégies préventives encourager les comportements non anxieux ou courageux (verbalement, affectivement ou autrement) prêcher par l exemple favoriser l autonomie dans la gestion de l anxiété repérer les stratégies subtiles d évitement
Stratégies préventives Offrir un milieu de vie de qualité en : soignant l accueil des élèves annonçant les changements favorisant les routines et les rituels partageant régulièrement des moments de plaisir avec les élèves
Stratégies préventives Offrir un milieu de vie de qualité en (suite) : Assurant la sécurité physique et affective des élèves Dépistant rapidement les jeunes à risque Ayant un plan d urgence pour les situations de crise Ayant rapidement recours à des services lors de situations potentiellement traumatisantes
Stratégies de l élève L élève peut apprendre à : reconnaître ses indices physiologiques rester en contrôle de sa respiration, relaxer comprendre que ses émotions sont le résultat direct de ses pensées identifier la pensée derrière l émotion
Stratégies de l élève L élève peut apprendre à: questionner son langage intérieur: Qu est ce qui se passe, qu est ce que je pense? Qu est ce qui pourrait arriver d autre? Est-ce que cela est déjà arrivé à quelqu un que je connais? Est-ce que cela est déjà arrivé avant? identifier ses stratégies d évitement comprendre que quand ses pensées ou ses croyances changent, ses émotions changent
Stratégies de l élève L élève peut: essayer d en savoir plus sur la situation accepter la sympathie et la compréhension demander des conseils parler à quelqu un qui peut agir sur le problème
Stratégies de l élève L élève peut: apprendre et utiliser des habiletés sociales de base exprimer ses sentiments adopter des comportements de santé apprendre à gérer le stress quotidien
Stratégies de l élève L élève doit apprendre à: o à exprimer ses émotions reconnaître et décrire différentes émotions reconnaître ses peurs. Que les émotions ne sont pas le fruit du hasard que nous ne ressentons pas les mêmes émotions dans des situations similaires
Stratégies de l élève L élève doit apprendre à: o reconnaître que l anxiété regroupe toutes sortes d émotions : peur, terreur, crainte, gêne, inquiétude, colère, tristesse... qu il existe plusieurs solutions pour faire face à un problème qu il est parfois nécessaire d avoir recours à plusieurs stratégies
Stratégies à éviter par l élève imaginer un miracle souhaiter pouvoir changer ce qui est arrivé ne rien faire consommer pour faire baisser la tension se demander l impossible se comparer à des modèles inaccessibles
Pièges pour les intervenants cautionner l évitement surprotéger verser dans les excès (rassurer de façon exagérée) manifester son exaspération
Pièges pour l élève surestimer la probabilité d apparition d un évènement négatif surestimer les conséquences (pensées automatiques) se laisser envahir, abandonner son rôle d artisan du changement
Pièges pour l élève imaginer un miracle souhaiter pouvoir changer ce qui est arrivé ne rien faire consommer pour faire baisser la tension se demander l impossible se comparer à des modèles inaccessibles
Principes de base Premier principe : offrir un cadre Établir des règles claires Afficher les règles Établir des rituels et routines Déterminer les capacités de l enfant Faire vivre des succès Offrir des choix sûrs
Principes de base Premier principe : offrir un cadre Structurer le temps et l espace Prévenir plutôt que réagir Préparer les changements et les transitions Enseigner les comportements attendus Donner des consignes simples et faciles à suivre
Principes de base Premier principe : offrir un cadre Placer l enfant près de l enseignant Rassurer l enfant sur sa sécurité physique Aider l enfant à délimiter son espace et celui de l autre Limiter les stimulations Prévoir des lieux d apaisement
Principes de base Deuxième principe : préserver la distance émotionnelle: Avoir des attentes affectives et émotives réalistes Se centrer davantage sur le cadre Doser la proximité physique Accepter que les progrès prendront du temps Éviter de faire sentir notre déception ou notre impuissance
Principes de base Troisième principe : Éviter la lutte gagnantperdant o Éviter de devenir trop punitif o Maintenir les moyens durant un certain temps o Utiliser des conséquences logiques o Offrir des choix o Mettre l accent sur la volonté de l élève o Cerner les désirs propres de l enfant o Faire de la place à l initiative et à la participation o Solliciter les bonnes intentions
Principes de base Troisième principe : Éviter la lutte gagnant-perdant Donner des responsabilités Régler les situations problématiques dans la même journée Éviter les ultimatums Éviter de trop parler Dépersonnaliser l intervention disciplinaire Permettre la dépense physique contrôlée
Références L approche la plus reconnue pour le traitement de l anxiété : l approche cognitivo-comportementale, Jacinthe Beaulieu, Fanny Brun, Caroline Rondeau,c.p. adaptation scolaire et Gilles Champoux, psychologue conseil, janvier 2012 Pourquoi j ai mal au ventre? Susie Gibson Desrochers, Les Éditions Logiques L anxiété à l école, comprendre et agir, Carole Carrière, personne ressource régionale et Gilles Champoux, psychologue, 4 novembre 2009 Les troubles anxieux : comprendre et agir en milieu scolaire, comité régional de travail en regard des élèves ayant des troubles de l ordre de la psychopathologie (TOP), Régions Mauricie/centre-du-Québec L anxiété à l école», comité national de travail en regard des élèves ayant des troubles de l ordre de la psychopathologie (TOP), Québec, 2007