le FONCTIONNEMENT Nouveau
|
|
|
- Aubin Gamache
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 3 le 64 IRP : qui fait quoi? 66 Les délégués du personnel 67 Les syndicats dans l entreprise 70 Le Comité d Entreprise 72 L élection des membres du CE 74 La Délégation Unique du Personnel 77 Le CHSCT Organisation du CE 86 La mise en place du bureau du CE 89 Les commissions du CE 91 Budget, placement et trésorerie 93 Les moyens du CE CE en action 96 La réunion du CE 98 Les assurances du CE 101 La formation des élus de CE 105 L assistance du CE 109 Les logiciels de gestion du CE 111 La communication du CE 116 Droits & devoirs des salariés dans le monde numérique 119 Les SalonsCE Nouveau 61
2 3 Représentants du personnel 64 IRP : qui fait quoi? 66 Les délégués du personnel 67 Les syndicats dans l entreprise 70 Le Comité d Entreprise 72 L élection des membres du CE 74 La Délégation Unique du Personnel 77 Le CHSCT 63
3 IRP : qui fait quoi? DP et CE sont élus au suffrage direct par les salariés. Le CHSCT est élu par le collège des élus DP et CE. Le DS est désigné par un syndicat représentatif parmi les candidats aux élections de DP ou de CE. Quatre instances : y-en-a-t-il de trop? Quatre instances, pour quoi faire? Des élections de DP doivent être organisées à partir de 11 salariés et des élections de CE et de CHSCT à partir de 50 salariés. Entre 11 et 49 salariés, un DP peut être désigné DS. A partir de 50 salariés, un syndicat représentatif peut nommer un DS. DP, CE, CHSCT, DS : quatre Instances Représentatives du Personnel, quatre fonctions différentes. Pour synthétiser le rôle de chacune nous pouvons présenter leur rôle ainsi : DP réclame CE débat / gère CHSCT protège DS négocie DP : les Délégués du Personnel ont pour mission de présenter des réclamations, chaque fois que la loi (droit du travail, de la sécurité sociale, libertés, etc.) ou les accords collectifs de travail signés par les syndicats ne sont pas respectés par l employeur (L2313-1). CE : le Comité d Entreprise est consulté par l employeur sur la marche de l entreprise et débat avec l employeur de ses projets avant qu il les points clés ne les mette en œuvre (L2323-2), c est ce qu on appelle son «rôle économique et professionnel». Le CE assure la gestion des Activités Sociales et Culturelles établies dans l entreprise (L ), c est ce qu on appelle son «rôle social». CHSCT : le Comité d Hygiène, Sécurité et des Conditions de Travail analyse les conditions de travail et vérifie que les prescriptions légales en la matière sont appliquées pour contribuer à la protection des salariés dans l établissement (L4612-1). DS : le Délégué Syndical négocie les accords d entreprise et leur donne une valeur juridique en les signant avec l employeur. Comment choisir la bonne instance pour présenter une revendication? Les élus sont souvent perplexes devant le choix de l instance adéquate pour présenter un problème. Nous vous proposons des exemples où des questions aux sujets semblables peuvent être posées de manière appropriée par chaque instance. DP, CE, CHSCT, DS : chaque instance a un rôle bien précis et le même problème peut être traité sous un angle différent par chacune. A noter que les problèmes de santé au travail ne sont pas réservés au CHSCT puisque «santé et sécurité» font partie des réclamations possibles en DP (L2313-1). DP. Exemples de réclamations à présenter en DP : pourquoi tel salarié n a pas eu ses congés, une feuille de paye n est pas conforme à la convention collective, des heures supplémentaires n ont pas été payées, la prime d ancienneté n est pas correctement calculée, un salarié est discriminé, mis à l écart voire harcelé, il fait trop chaud ou trop froid dans un atelier ou un bureau, un produit toxique est utilisé dans l entreprise, etc. CE. Exemples de sujets à mettre à l ordre du jour du CE : consultation sur la période de prise des congés à venir, l application d une nouvelle grille de classification suite à la modification de le convention collective, la modification de la planification des heures supplémentaires, l introduction ou la suppression d une prime d ancienneté, la modification des équipements de travail pour éviter les trop grandes différences de température ou permettre la suppression de produits toxiques, etc. CHSCT. Exemples de sujets à mettre à l ordre du jour du CHSCT : conséquences sur la santé des travailleurs de l organisation des congés, du trop grand nombre d heures supplémentaires, de la modification de l organisation du travail, prévention des risques professionnels à cause des trop grandes différences de température ou d un produit toxique, etc. DS. Le délégué syndical a le droit d interpeller l employeur sur les mêmes sujets que les autres IRP. Il ne peut pas exiger d être consulté avant une décision (seul CE et CHSCT le peuvent). Il sera le seul à pouvoir donner une valeur juridique à un accord d entreprise sur la période de prise des congés payés, sur les modalités d application de la nouvelle grille de classification, sur le contingent d heures supplémentaires, sur la mise en place ou le remplacement d une prime d ancienneté, sur les relations humaines, sur les températures minimales et maximales dans les locaux de travail, l interdiction d utiliser tel produit toxique, etc. Qui négocie dans l entreprise? Négocier, tout le monde peut le faire : il s agit de discuter avec l employeur pour parvenir à un accord qui entérine en général un compromis. Mais donner une valeur juridique à un accord collectif de travail, tout le monde ne peut pas le faire. Donner une valeur juridique, cela veut dire qu un salarié, un syndicat, un CE ou un CHSCT ou l employeur peuvent aller au tribunal imposer à l autre partie le respect d une règle, d une norme ou d un avantage. Il arrive que des salariés obtiennent un accord écrit de l employeur après discussion, mais cet accord ne sera pas opposable en justice. Il ne sera juridiquement qu un engagement unilatéral de l employeur qui pourra le dénoncer quand il veut en respectant juste un délai de prévenance. Pour qu un accord, un contrat ou une convention ait une valeur juridique il faut qu il soit légalement formé (article 1134 du code civil). Une convention collective, un accord de branche ou un accord d entreprise doivent d abord être conformes à la Loi pour être légalement formés. Ils doivent ensuite être signés d un côté par un ou plusieurs syndicats de salariés représentatifs de 30 % des suffrages au moins, de l autre par un employeur ou un syndicat représentatif d employeurs. La loi a néanmoins prévu que le CE puisse signer un accord d intéressement ou de participation. De plus, dans les entreprises de moins de 200 salariés, le CE peut signer un accord collectif de travail pour les sujets ayant trait à l entreprise (voir article sur le syndicat dans l entreprise). Pour en savoir PLUS En Délégation Unique du Personnel, les mêmes élus tiennent successivement deux réunions : une réunion qui traite les réclamations en tant que DP, une deuxième qui traite l ordre du jour du CE
4 Les Délégués du Personnel Dans les entreprises de 11 salariés et plus, les délégués du personnel (DP) présentent notamment à l employeur toute réclamation individuelle ou collective concernant les salaires, la protection sociale, l hygiène et la sécurité. LeS SyndicatS dans l entreprise Assurer la défense des intérêts des salariés Les syndicats ont obtenu le droit d agir dans l entreprise par les accords dits «de Matignon» qui ont mis un terme au conflit social de mai Qu est-ce qu un syndicat représentatif? Quel est leur rôle exact dans l entreprise? Les DP sont généralement sollicités pour assister les salariés lors des procédures de licenciement (n importe quel salarié de la même entreprise peut assister un salarié menacé de licenciement) et ont pour mission d alerter l inspecteur du travail chaque fois qu ils le jugent utile. Leur mission est davantage orientée vers les questions de proximité, individuelles ou collectives, que sur la marche générale de l entreprise (dont s occupe le CE). Elus pour 4 ans selon la loi ou entre 2 à 4 ans par accord, ils bénéficient d un crédit de 10 heures par mois dans les entreprises de moins de 50 salariés et de 15 dans les autres. Les DP jouissent d une protection contre le licenciement (impossible sans autorisation de l inspecteur du travail). Dans les entreprises de 25 salariés et plus, deux collèges sont constitués (ouvriers et employés d une part, techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres de l autre). Dans certains cas, un DP sera chargé des missions d un délégué syndical (quand le DP est désigné DS, le temps de son mandat), du Comité d hygiène, de sécurité et des conditions de travail (rôle substitutif au CHSCT) ou du CE (si celui-ci n a pas été constitué, par défaut de candidat par exemple). Alors, ils seront consultés à l occasion de décisions touchant à l organisation de l entreprise, à la gestion du personnel et participeront à la gestion des œuvres. Les délégués du personnel ne peuvent pas ester en justice collectivement. L employeur n a pas à financer leur formation. Comité de groupe Parce que les frontières économiques et juridiques des entreprises ne correspondent pas toujours et que des groupes constitués de plusieurs sociétés existent, les comités de groupe ont été institués par la loi du 28/10/1982 (articles L à L2335-1). Ils sont constitués au sein des groupes formés d une société dominante (ou maison mère), de ses filiales (sociétés dont elle détient plus de la moitié du capital social) et des sociétés qui ont avec elle des relations de participation (10 à 50% du capital) et sur lesquelles elle exerce une «influence dominante». Le comité de groupe doit être réuni, pour la première fois, à l initiative de la société dominante dès que la structure du groupe a été définie, compte tenu de l évolution rapide des acquisitions ou des prises de participation entre sociétés, il doit rester ouvert et intégrer à chaque renouvellement les sociétés dernièrement concernées. Dans le cas où deux sociétés détiennent une part égale du capital d une troisième entreprise, le CE de celle-ci ne peut pas choisir son rattachement au comité de groupe de l une ou l autre car l appartenance au comité de groupe implique l existence d une entreprise dominante exerçant un contrôle effectif sur la société. Le comité de groupe concerne les seules sociétés dont le siège social est sur le territoire français. Pour les groupes internationaux, la représentation doit être plus large et s effectue via le comité d entreprise européen et dans certains cas un comité de groupe Monde (par accord d entreprise). BON A savoir Les salariés extérieurs à l entreprise et les intérimaires peuvent saisir les délégués du personnel. Les règles de représentativité ont changé en 2008 Quarante ans après Mai 68, le mode d existence du syndicat dans l entreprise a profondément changé par la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale. La représentativité des syndicats avait été fixée après la guerre par un arrêté gouvernemental du 8 avril Celui-ci fixait la liste des 4 syndicats représentatifs n ayant plus à le démontrer et donc seuls à pouvoir présenter des listes au premier tour des élections professionnelles même si la réalité de leur représentativité effective dans cette entreprise pouvait être mise en doute : CGT, FO, CFTC, CGC. Cette liste fut modifiée le 31 mars 1966 pour y ajouter la CFDT. Les critères étaient les suivants : les effectifs, l indépendance, des cotisations, l expérience et l ancienneté du syndicat, l attitude patriotique pendant l occupation La loi de 2008 est venue mettre un terme à ce dernier critère devenu complètement obsolète depuis longtemps mais elle a surtout modifié en profondeur les règles du jeu. Pour se présenter au premier tour des élections de DP ou de CE, un syndicat n a plus à démontrer, avant le vote des salariés, qu il est représentatif puisque c est ce vote qui va le déterminer. Pour les points clés présenter une liste au premier tour des élections de DP ou de CE, un syndicat doit réunir les critères suivants (L2121-1) : - L indépendance (vis-à-vis de l employeur), - Des effectifs et des cotisations (au moins deux adhérents dans l entreprise selon les tribunaux), - Couvrir le champ professionnel et territorial de l entreprise (dans ses statuts), - Exister depuis deux ans (date du dépôt des statuts à la mairie) le jour du premier tour des élections, - Respect des valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité selon les tribunaux). Les salariés décident de la représentativité Tous les syndicats qui cumulent ces critères peuvent présenter des listes au premier tour des élections de DP et du CE. Une section syndicale créée moins de deux ans avant les élections peut présenter une liste si le syndicat auquel elle est affiliée existe depuis au moins deux ans. Par contre, des salariés qui créent un syndicat propre à l entreprise et non affilié à une confédération ou à une Union syndicale existantes devront l avoir créé deux ans avant la date des élections professionnelles auxquelles ils se présentent. La représentativité syndicale dans l entreprise est désormais déterminée par le vote des salariés et remise en cause à chaque élection de CE
5 La représentativité des syndicats est déterminée au premier tour sur la base des suffrages valablement exprimés quel que soit le nombre de votants. S il n y a pas 50 % des électeurs du collège qui ont exprimé un vote, un deuxième tour est organisé où pourront aussi se présenter des candidats hors liste syndicale. Mais le calcul de représentativité restera basé uniquement sur les résultats du premier tour. C est donc bien les salariés qui décident, par leur vote, de la représentativité des syndicats existants dans leur entreprise ou leur établissement. Les différents niveaux de représentativité Le niveau de pouvoir d un syndicat dans une entreprise ou un établissement se calcule en pourcentage des bulletins obtenus sur les suffrages exprimés au premier tour. Et ceci est remis en cause à chaque élection. Ainsi : 1) Moins de 10 % des suffrages exprimés : le syndicat n est pas représentatif dans l entreprise ou l établissement. Il devra attendre les prochaines élections de DP et de CE pour tenter sa chance une nouvelle fois. Pendant 2, 3 ou 4 ans (selon la durée légale ou négociée des mandats) ce syndicat ne sera plus présent aux négociations dans l entreprise ou l établissement et ne pourra plus signer les accords collectifs de travail. 2) 10 % des suffrages exprimés : le syndicat est représentatif pour la durée du mandat, il peut nommer un Délégué Syndical (DS) qui sera convoqué à chaque négociation de l entreprise ou de l établissement. 3) 30 % des suffrages exprimés : le syndicat peut signer seul un accord d entreprise ou d établissement. S il n a pas 30 % à lui seul, il devra s allier à un ou plusieurs syndicats totalisant ensemble 30 % au moins. 4) 50 % + 1 voix : le syndicat (ou un groupe de syndicats totalisant ce pourcentage) peut s opposer à un accord signé par un ou plusieurs syndicats représentant seulement entre 30 et 50 % des voix. Cette opposition, exprimée dans les 8 jours qui suivent la signature de l accord avec l employeur, annule l accord. DS, RS, RSS DS : Délégué Syndical nommé par un syndicat représentatif dans l entreprise ou l établissement. Il négocie et signe les accords avec l employeur. Il doit être choisi parmi les candidats au premier tour des élections professionnelles ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés dans leur collège électoral. Après avoir choisi quels syndicats sont représentatifs dans l entreprise ou l établissement, les salariés ont donc la possibilité d éliminer un candidat du poste de DS. En effet, les électeurs ont le droit de rayer un ou plusieurs noms sur la liste du syndicat pour lequel ils votent. Si le syndicat obtient 10 % des suffrages exprimés, il peut nommer parmi ses candidats un DS. Mais seulement si ce candidat a obtenu lui aussi 10 % à titre personnel dans le collège où il a été présenté. RS (entreprises de moins de 300 salariés) : Représentant Syndical au CE. le DS est de droit RS au CE. S il est élu et DS, il siège en tant qu élu et il n y a pas de RS pour son syndicat. S il est DP et DS, il représente le syndicat au sein du CE et participe à toutes ses réunions. Il n a pas le droit de vote. RS (entreprises de 300 salariés et plus, réservé aux syndicats ayant au moins deux élus au CE) : Représentant Syndical au CE ou au CHSCT, il n est pas élu au CE ou au CHSCT et représente le syndicat au sein de l instance où il participe à chaque réunion. Il n a pas le droit de vote. RSS : Représentant de la Section Syndicale. Quand une section syndicale est créée, un RSS est nommé en attendant la première élection professionnelle qui suit. Si le syndicat n obtient pas 10 % au premier tour, le RSS doit démissionner de ce poste et le syndicat peut nommer un autre salarié RSS en attendant la prochaine élection. Il a au moins 4 heures de délégation pour son action. Quel est le rôle du syndicat dans l entreprise? L employeur doit convoquer chaque année les délégués syndicaux pour la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO). A cette occasion une négociation s ouvre sur les salaires, la formation professionnelle, l égalité femmes-hommes, les conditions de travail, l épargne salariale. Il n y a pas d obligation de résultat, mais l employeur doit attendre la fin de la négociation pour prendre des décisions sur les sujets en négociation. D autres négociations peuvent être rendues obligatoires par la loi sur les seniors, la pénibilité au travail, la protection sociale complémentaire, etc. Le syndicat présente ses revendications à l employeur et peut l interpeller sur toute question mettant en cause les droits des salariés. Le syndicat est seul habilité à donner une valeur à un accord collectif de travail dans l entreprise. Un accord collectif de travail s impose à tous les salariés concernés dès lors qu il est signé : - D un côté par l employeur ou son représentant légal, - De l autre par un ou plusieurs syndicats représentatifs dans l entreprise ou l établissement concerné par l accord (et qu il n a pas été frappé d opposition). Hors de l entreprise un accord collectif de travail est appelé «accord de branche», «convention collective» ou «accord national interprofessionnel» (côté employeur il est alors signé par un ou plusieurs syndicats d employeurs). DP et CHSCT ne sont pas habilités à signer des accords collectifs de travail. Le comité d entreprise est habilité à signer des accords collectifs de travail dans un seul domaine : l intéressement, la participation, l épargne salariale. Les sections syndicales ayant un RSS et pas encore de DS disposent d un panneau d affichage et du droit d agir syndicalement dans l entreprise (tracts, collecte des cotisations, réunions). Ils ne participent pas aux négociations. S il n y a pas de syndicat, que se passe-t-il? En l absence de liste syndicale au premier tour, un deuxième tour est organisé au cours duquel des listes non-syndicales peuvent se présenter. Aucune représentativité n est alors calculée. En l absence totale de syndicat dans une entreprise de moins de 200 salariés, le comité d entreprise est habilité à titre dérogatoire à signer des accords collectifs de travail (L ). L employeur prévient les syndicats de la branche de l ouverture de la négociation. Puis l accord signé est transmis à la commission paritaire de branche pour avis. La commission a 4 mois pour répondre. Sans réponse dans ce délai, l accord est réputé accepté. Représentativité syndicale La loi du 20 août 2008 a modifié le calcul de la représentativité syndicale nationale. Il fallait attendre 5 ans au plus tard après cette date pour connaître les syndicats représentatifs au niveau national et interprofessionnel (L2122-9) ayant obtenu au moins 8 % des suffrages cumulés du premier tour des élections de CE ou à défaut des DP, des élections de décembre 2012 dans les entreprises de moins de 11 salariés et des élections des représentants des salariés dans les chambres départementales d agriculture. C est un arrêté du ministre du travail du 30 mai 2013 qui a rendu public les résultats ci-contre. Un nouveau calcul sera effectué tous les 4 ans. CFTC 10,6% CFE-CGC 10,8% CGT-FO 18,3% Pour en savoir PLUS CFDT CFE-CGC CFTC CGT CNT FO SUD UNSA CFDT 29,7% CGT 30,6%
6 Le comité d entreprise (CE) Si le comité d entreprise a deux rôles (social d un côté, économique de l autre), il a aussi deux dates de naissance : le 4 octobre 1941 et le 22 février Le comité d entreprise est ainsi le reflet d un des nombreux paradoxes de l histoire de France La première naissance du CE Le 4 octobre 1941, la Charte du travail de PETAIN créé les comités sociaux d entreprise. Cantonnés à gérer les œuvres créées par l employeur, ces comités sont sous la tutelle patronale. Sous PETAIN, pas de syndicat, ces comités sont même un instrument de contrôle du monde du travail. Mais c est de cette charte du travail que le CE à la française tient son rôle social et culturel. Car s il existe des CE en Allemagne ou en Belgique par exemple, ceux-ci n ont qu un rôle économique. C est donc «grâce» à PETAIN que le CE à la française tient son rôle le plus connu du grand public : bons d achat, billetterie à tarif réduit, sportives, colonies de vacances, arbre de Noël, etc. La deuxième naissance du CE Si les comités d entreprise élus par les salariés et indépendants de l employeur existent en France, c est d abord parce que cette revendication syndicale de l entre deux guerres était inscrite dans le programme de la Résistance. Le 22 février 1945, une ordonnance du gouvernement provisoire issu de la résistance et présidé par le Général DE GAUL crée les comités d entreprise. Extrait de l exposé des motifs de l ordonnance : «Le grand mouvement populaire qui a libéré la France de l ennemi n a pas été seulement un mouvement de la libération nationale ; il a été également un mouvement de libération sociale. Dans la résistance clandestine comme à Londres, autour du Général De Gaulle, des projets de reconstruction économique et sociale de la France ont été élaborés. Une des idées que l on retrouve dans presque tous ces projets est la nécessité d associer les travailleurs à la direction de l économie et à la gestion des entreprises.» Sans perdre le rôle social attribué en 1941, le comité obtient un rôle économique et professionnel. Une deuxième naissance contestée Mais ce gouvernement d union nationale créé un CE aux moyens limités : il est informé mais pas consulté, obligatoire seulement dans les entreprises de 100 salariés, il ne peut désigner un expert-comptable que parmi ceux proposés par le conseil d administration de l entreprise et le secret professionnel auquel il est tenu est élargi à tout ce qui a un caractère confidentiel. Si l ordonnance est «décevante» pour de nombreux résistants, son caractère mitigé vient de l inquiétude des employeurs de voir les comités d entreprise venir contester leur gestion et de la pression qu ils exercent sur le gouvernement. DE GAUL leur répond le 2 mai 1945 dans un discours devant l assemblée consultative : «Il est équitable et salutaire d associer, par l esprit et par le cœur aussi bien que par les mains à ce qui est gestion, organisation, perfectionnement des entreprises, ceux qui prodiguent leur peine. C est donc dans cette voie que nous nous sommes engagés en créant les comités d entreprise, dont je serais évidemment surpris que les modalités apparaissent à tous et à chacun totalement satisfaisants, mais dont l extrême importance ne peut être contestée dans ce qu il y a de social à la base de l économie». Les principales dates d évolution du CE On pourrait presque dire que le CE a une troisième date de naissance : la loi du 16 mai Adoptée à l unanimité, cette loi vint modifier l ordonnance en profondeur en revenant aux propositions de l assemblée consultative formulées au gouvernement provisoire en décembre Cette loi décide donc que le CE n est pas seulement informé sur la marche de l entreprise mais aussi consulté, la création des CE dès 50 salariés, le libre choix de l expert-comptable assistant les élus pour analyser la situation économique, sociale et financière de l entreprise et la restriction du secret professionnel aux secrets de fabrication. Les lois AUROUX de 1982 ont apporté des modifications très significatives aux moyens et droits des CE, à commencer par l obligation faite à l employeur de verser, depuis le 1 er novembre 1982, un budget de fonctionnement représentant 0,2 % de la masse salariale brute. Un rôle social et culturel Extrait de la charte du travail : «Les institutions de toute nature, créées dans l intérêt du personnel d une entreprise ou d une profession, ou des familles de ce personnel, sont obligatoirement gérées par le Comité social d entreprise ( )». C est ainsi que, sans l avoir expressément réclamé, les syndicats ouvriers se sont retrouvés à la tête des œuvres déjà instituées par l employeur dans le cadre du paternalisme patronal. Bien évidemment PETAIN n avait pas eu l intention de donner les œuvres à gérer aux syndicats! Ce fut pourtant la conséquence de la continuité du droit. L ordonnance de 1945, ne modifiant pas cet aspect de la charte du travail de 1941, transféra les œuvres entre les mains des représentants du personnel élus et donc principalement des syndicats. Si le CE est présidé par l employeur, c est une personne morale entièrement indépendante. Toutes les décisions de gestion des et culturelles sont prises à la majorité des élus titulaires sans que l employeur ne puisse s y opposer. (Lire l ensemble des règles, du contenu et des moyens dans le chapitre 3 «les et culturelles). Un rôle économique et professionnel Consulté sur la marche de l entreprise avant que toute décision importante ne soit prise, le CE est la voix des salariés en la matière. Si on rend plus souvent public son rôle au moment des restructurations, le CE est consulté toute l année sur l organisation du travail, trois fois sur la formation continue, l égalité professionnelle, etc. (lire l ensemble des règles, du contenu et des moyens de cette mission économique et professionnelle dans le chapitre 2 «les missions économiques»)
7 L élection des membres du CE A partir de 50 salariés, l employeur doit organiser une élection pour créer un CE. Ce seuil est atteint si il y a eu 50 salariés 12 mois parmi les 36 derniers mois. S il n y a pas de candidat à cette élection, l employeur devra renouveler l opération 4 ans plus tard. Comment calculer le nombre de salariés Pour savoir combien il y a de salariés dans l entreprise (L1111-2), on additionne : - Tous les CDI à temps plein, tous les CDI à temps partiel ramenés en équivalent temps plein (ETP). Exemple : s il y a 50 salariés à mi-temps, il y a donc 25 salariés en ETP. - Tous les autres salariés qui ne remplacent pas des titulaires absents : salariés mis à disposition par une entreprise extérieure présents depuis un an, intérimaires et CDD. Dans une même activité professionnelle, si des salariés d entreprises juridiquement différentes ont le même employeur, les mêmes services supports (RH, comptabilité) et des complémentaires voire identiques on considère qu il y a une Unité Economique et Sociale (UES). Le calcul des effectifs se fera alors sur l ensemble de ces salariés de l UES et une élection d un CE de l UES aura lieu. Si l employeur refuse de reconnaitre cette UES, c est le tribunal d instance qui pourra l imposer. Organiser les élections Une fois le seuil de 50 salariés atteint et s il y a des candidats, le CE doit être en place au plus tard un an après. Tout commence par une réunion convoquée par l employeur pour rédiger le protocole d accord pré-électoral. Sont invités à cette réunion par écrit : CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC ainsi que les autres syndicats déjà représentatifs dans l entreprise. La réunion est aussi annoncée par affichage dans l entreprise ce qui permettra à d autres syndicats pas encore représentatifs de participer à la réunion. Ce protocole détermine la date des élections (au plus tard 90 jours après l affichage), les conditions d information des salariés, les modalités du vote, etc. Le protocole signé avec l employeur est adopté à la majorité des syndicats présents. A l élection suivante, en cas de désaccord entre les syndicats, ce sont ceux qui étaient majoritaires à l élection précédente qui décident. En cas de désaccord c est, selon les sujets, soit le tribunal d instance soit la DIRECCTE qui tranche les litiges. C est l employeur qui assume l organisation des élections. Le plus fréquemment il emprunte les urnes et les isoloirs à la mairie. L employeur diffuse à la date et selon les modalités prévues par le protocole les professions de foi de toutes les listes à l ensemble des salariés. Les règles électorales Le code électoral s applique aux élections professionnelles : affichage des listes électorales, urnes transparentes, isoloirs, enveloppes de couleur différente de l élection précédente, bureau de vote avec Président et assesseurs, les bulletins présentant des signes de reconnaissance ou des noms ajoutés sont nuls, etc. Par contre, l électeur a le droit de rayer un ou plusieurs noms sur la liste qu il a choisie. Qui vote et qui est éligible? Peuvent voter tous les salariés présents depuis trois mois y compris (s ils en font le choix) les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure présents depuis un an. L employeur doit publier la liste électorale ; toute contestation de la liste doit être portée au greffe du tribunal d instance dans les trois jours qui suivent cette publication. Sont éligibles tous les salariés majeurs présents depuis un an sauf les parents de l employeur (L ). Votent et sont éligibles ceux qui ne sont pas déchus de leurs droits civiques. Combien de membres au CE? 3 titulaires et trois suppléants entre 50 et 74 salariés, 4 entre 75 et 99 salariés, 5 à partir de 100 salariés, etc. (R pour le CE et R pour la DUP). S il n y a qu un seul candidat il sera élu quel que soit le nombre de voix qu il obtient, le CE fonctionne alors avec un seul élu. De nombreux CE n atteignent pas le nombre d élus prévu par la loi, surtout dans les entreprises de moins de 200 salariés. Les prérogatives du CE sont les mêmes qu il y ait un élu ou plusieurs. Combien de collèges? Ouvriers et employés votent au premier collège. Ingénieurs, chefs de service, techniciens, agents de maitrise et cadres au second. Le protocole préélectoral peut mettre en place un collège unique. Un siège est réservé aux cadres s il y a au moins 501 salariés dans l entreprise et un troisième collège est mis en place s il y a au moins 25 cadres dans l entreprise. Une élection à deux tours Le premier tour est réservé aux listes présentées par des syndicats habilités (lire article «le syndicat dans l entreprise»). Il peut y avoir un seul candidat sur une liste. S il n y a pas 50 % de suffrages exprimés dans un collège, un second tour est organisé pour ce collège. Les mêmes listes peuvent se représenter ainsi que d autres listes non affiliées à une organisation syndicale. Pour déterminer le nombre d élus par liste on procède de la manière suivante : - Le quotient électoral résulte du nombre total de suffrages exprimés dans le collège divisé par le nombre de sièges à pourvoir dans le collège, - Le nombre de voix par liste résulte du nombre de bulletins (auxquels on retire le nombre de ratures sur un nom) divisé par le nombre de candidats de la liste, - Les premiers sièges sont attribués aux listes ayant au moins une fois le quotient électoral, - Les sièges restant sont attribués à la liste ayant le meilleur quotient résultant de son nombre de voix divisé par le nombre de sièges déjà attribués à cette liste + 1. Et ainsi de suite jusqu au dernier siège. Contestation des résultats électoraux Les résultats doivent être proclamés oralement par le Président du bureau de vote à la fin du dépouillement. C est après cette annonce que le délai de contestation de quinze jours auprès du tribunal d instance commence. Le tribunal d instance statue en dernier ressort dans les dix jours (R ). Il n y a pas d appel, seul un pourvoi en cassation est possible. Pour contester le résultat d une élection, il faut apporter les preuves qu une irrégularité s est produite, en général mentionnée sur le procès verbal. Mais pour que le juge annule l élection, il faut encore démontrer que sans cette irrégularité le résultat (calcul de la représentativité au premier tour ou nombre d élus obtenu par une liste) eu été différent
8 La Délégation Unique du Personnel (DUP) Créée par la loi quinquennale sur l emploi du 20 décembre 1993, la DUP était sensée encourager les patrons de PME, soi-disant frileux du passage à 50 salariés, à embaucher. Sans effet sur ce plan là, la DUP s est néanmoins imposée dans les PME. Qu est-ce qu une DUP? Une DUP ce sont des DP qui font en plus fonction de CE dans une entreprise de moins de 200 salariés. La DUP est la fusion de deux élections professionnelles : celle des DP et celle du CE en une seule élection de la DUP. C est l employeur qui peut décider seul d organiser une élection sous forme de DUP, après avoir consulté les élus DP et (s il existe) le CE. Quand une entreprise passe au dessous ou au dessus de 200 salariés, le changement de mode électoral ne peut se faire qu à l issue du mandat en cours. La DUP : l instance des PME et de la majorité des CE On définit la Petite et Moyenne Entreprise (PME) par son effectif salarié : de 10 à 50, l entreprise est «petite» de 50 à 250 salariés, l entreprise est «moyenne». La DUP ne pouvant être instaurée que dans les entreprises de moins de 200 salariés, elle est donc l instance type de l immense majorité des PME. Or 70 % des CE sont instaurés dans des entreprises de moins de 200 salariés. La DUP concerne donc la grande majorité les points clés des entreprises devant disposer d un CE. On constate qu une minorité seulement des entreprises de 50 à 200 salariés a conservé une élection séparée des DP et du CE. La DUP : moins d élus, moins d heures de délégation Comparaison du nombre d élus entre DP et CE séparés et DUP : Salariés DP CE DUP différence 50 à à à à à à Un titulaire DP a 15 heures de délégation, un titulaire CE en a 20, si un élu est titulaire des deux instances il a donc 35 heures de délégation. L élu d une DUP est à la fois DP et CE et ne dispose que de 20 heures de délégation. Chaque mois, les élus d un DUP tiennent successivement deux réunions de nature et de modalité différentes : une réunion de délégués du personnel puis une réunion du comité d entreprise. La DUP est le reflet du réel Si on observe, sur le plan strict du droit, une perte de moyens (en élus et en heures de délégations, mais pas en budget) quand on passe de DP/CE séparés à une DUP, on doit reconnaitre que la DUP correspond au réel. Avant 1994, on constatait souvent l absence d une instance DP et la présence seulement d un CE dans les entreprises de moins de 200 salariés. La plupart des entreprises de moins de 200 salariés ont une majorité d élus sans étiquette voire pas de syndicat présent. Le passage aux 35 heures a accentué la difficulté des élus à prendre leurs heures de délégation. Il ne s agit pas ici de porter un jugement sur l instauration des 35 heures, mais de constater un fait. Oui, les élus ont le droit de prendre leurs heures de délégation, mais entre le droit et les faits il y a souvent un grand écart Il n est pas rare que dans des entreprises de 125 à 199 salariés, où la DUP peut avoir de 6 à 8 élus titulaires, on rencontre des instances incomplètes faute de candidats. Nature du mandat d élu d une DUP Les règles de remplacement des titulaires absents sont celles des DP et non celles du CE. Car l élu d une DUP est un élu DP qui fait fonction d élu CE. Or les modalités de remplacement d un titulaire DP et d un titulaire CE absents ne sont pas les mêmes. Pour un élu DP, en l absence d un suppléant disponible du même syndicat on nommera titulaire un candidat du même syndicat non élu (L ). Pour un élu CE, en l absence d un suppléant disponible du même syndicat on nommera titulaire un suppléant élu du CE d un autre syndicat (L ). Dans la DUP, comme dans les DP, c est seulement en l absence d un non élu du même syndicat qu on titularisera un suppléant d un autre syndicat. Cette distinction peut avoir une grande importance alors qu un vote important est à l ordre du jour de la réunion CE de la DUP. La DUP a-t-elle un ordre du jour? Non la DUP, en tant que telle, n a pas d ordre du jour. Car elle tient deux réunions de modalités différentes. En DP il n y a pas d ordre du jour mais des «réclamations», des questions, des demandes. Ces questions doivent être présentées à l employeur au plus tard deux jours ouvrables avant la réunion ; le secrétaire du CE n a pas le pouvoir de censurer une question posée par un membre de la DUP, il n est pas «secrétaire» des DP. En CE il y a un ordre du jour, établi ensemble par le Secrétaire et l employeur et transmis par celui-ci trois jours au moins avant la séance. Les élus n ont pas le pouvoir d imposer un ordre du jour au Secrétaire sauf dans le cadre de la réunion extraordinaire. La DUP tient-elle une seule réunion? Non la DUP, en tant que telle, n a pas une seule réunion, mais bien deux. Tout d abord se tient une réunion de DP où les questions posées préalablement vont faire l objet d un débat avec l employeur et ses éventuels assistants. Ensemble, ceux-ci peuvent être aussi nombreux que les titulaires composant la DUP. Les élus de la DUP peuvent inviter un représentant d un syndicat, y compris extérieur à l entreprise, à la réunion de DP de la DUP. Ensuite se tient une réunion de CE où le débat se déroulera selon l ordre du jour. L employeur ne pourra être accompagné que de deux assistants au maximum à cette deuxième réunion. Le seul représentant syndical qui peut être présent à cette deuxième réunion est un Délégué Syndical qui, s il n est pas élu à la DUP, a le titre de droit de Représentant Syndical au CE. La DUP a-t-elle un procès verbal? Non la DUP, en tant que telle, n a pas de procès verbal. En DP, il n y a ni compte rendu ni procès verbal. Le seul écrit ayant valeur légale est constitué des réponses de l employeur aux questions DP portées au registre adéquat au plus tard 6 jours ouvrables après la réunion. En quelque sorte, ce que dit l employeur en réunion de DP ne peut lui être opposé en justice. Seules ses réponses écrites sont opposables. En CE il y a obligatoirement un procès verbal établi par le secrétaire du CE et adopté par un vote dont les propos rapportés de l employeur sont opposables en justice. Le PV du CE ne doit contenir ni les questions ni les réponses aux questions DP
9 CHSCT Elu par le collège réuni des membres du CE et des DP ou des membres de la Délégation Unique du Personnel (DUP), le Comité d Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail est l instance représentative du personnel qui a, de fait, le plus de pouvoirs. Consulté, comme le CE, sur les conditions de travail, le CHSCT peut agir, par exemple, en cas de risque grave y compris les risques psychosociaux. Le CHSCT a pour mission de contribuer à la protection de la santé physique et mentale, à la sécurité des travailleurs et à l amélioration des conditions de travail. Il veille aussi à l observation des prescriptions légales prises en ces matières. (L ). Pour réaliser sa mission, le CHSCT : procède à l analyse des risques professionnels auxquels les travailleurs peuvent être exposés, procède à des inspections (au moins trimestrielles) des locaux de travail, réalise des enquêtes en matière d accidents et de maladies professionnelles, contribue à la promotion de la prévention des risques, peut demander à entendre le chef d un établissement voisin dont l activité expose les travailleurs de son ressort à des nuisances particulières. Le CHSCT et le CE peuvent ainsi lancer ensemble une enquête auprès des salariés sur les risques psychosociaux, financée par le budget de fonctionnement du CE qui a aussi compétence en matière de conditions de travail. Ce financement prenant en charge l aide à la rédaction du questionnaire, à la saisie des réponses à l analyse des résultats. Par contre, les frais de déplacement des membres du CHSCT pour leurs enquêtes, par exemple, sont à la charge de l employeur. Le CHSCT est obligatoirement consulté Le CHSCT est notamment consulté : «avant toute décision d aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail et, notamment, avant toute transformation importante des postes de travail découlant de la modification de l outillage, d un changement de produit ou de l organisation du travail, avant toute modification des cadences et des normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail.» (L ) sur le projet d introduction et lors de l introduction de nouvelles technologies, sur les conséquences de ce projet ou de cette introduction sur la santé et la sécurité des travailleurs, sur le règlement intérieur de l entreprise et sur toute modification de celui-ci, sur le rapport annuel de l employeur faisant le bilan de la situation générale de la santé, de la sécurité et des conditions de travail dans son établissement et des actions menées en la matière, sur le programme annuel de prévention des risques professionnels et d amélioration des conditions de travail. Le procès-verbal de la réunion du CHSCT consacrée à l examen du rapport annuel et du programme de prévention est transmis à l inspecteur du travail et joint à toute demande présentée par l employeur en vue d obtenir des marchés publics, des participations publiques, des subventions, des primes de toute nature ou des avantages sociaux ou fiscaux. Une obligation de santé et de sécurité Si on observe, sur le plan strict du droit, une perte, c est l employeur qui a une obligation de santé et de sécurité des travailleurs de son établissement. 77
10 Obligé d évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, l employeur doit tenir à jour leur inventaire par unité de travail dans le Document Unique. Ce document unique est notamment à la disposition : des salariés, des membres du CHSCT, des délégués du personnel, du médecin du travail, de l inspection du travail, de l ingénieur chargé de la prévention des risques professionnels de la CARSAT ou de la CRAM (nom qui diffère selon les régions). Le CHSCT n a pas de responsabilité pénale en matière de santé et de sécurité au travail. Seul l employeur peut être poursuivi pour manquement à son obligation de santé et de sécurité, voire, parfois, pour «faute inexcusable». L action du CHSCT sert donc aussi, de fait, à protéger l employeur des risques de poursuites pénales en la matière. L employeur a donc intérêt à faciliter l action du CHSCT et à coordonner celle-ci avec celle des personnes chargées dans l entreprise de la santé de la sécurité et de l environnement. La mise en place du CHSCT Un CHSCT est constitué dans tout «établissement de cinquante salariés et plus». C est l employeur qui est obligé d organiser l élection du CHSCT. L employeur ne doit pas attendre qu un salarié (élu ou non) lui en fasse la demande pour organiser cette élection. La loi définit cette obligation pour un «établissement» et non pour «l entreprise» de 50 salariés et plus. Cela veut dire que dans une entreprise de 50 salariés qui a plusieurs établissements, l employeur n est pas obligé d organiser une élection pour mettre en place un CHSCT. Dans ce cas, la loi prévoit que ce sont les délégués du personnel qui «exercent les missions attribuées à ce comité avec les moyens attribués aux délégués du personnel». Donc les DP n ont pas d heures de délégation en plus. Le DP devra donc assurer sa mission CHSCT sur ses 15 heures de délégation ou ses 20 heures s il est DUP. L inspecteur du travail peut imposer la création d un CHSCT dans un établissement de moins de 50 salariés, notamment «en raison de la nature des travaux, de l agencement ou de l équipement des locaux» (L4611-4). N hésitez pas à contacter l inspecteur du travail pour lui présenter la situation particulière de votre établissement de moins de 50 salariés et lui présenter ce qui pourrait justifier une telle décision. L élection du CHSCT Les membres du CHSCT sont élus pour 2 ans (contrairement aux DP et CE qui sont élus pour 4 ans, sauf si un accord d entreprise fixe la durée du mandat des DP et CE entre 2 et 4 ans). En général, c est dans les jours qui suivent les élections de DP et de CE que l élection du CHSCT est organisée, à bulletins secrets. L employeur n a pas à organiser le recueil des candidatures. C est aux syndicats ou aux élus CE et DP de faire campagne pour chercher les candidats au CHSCT. Sauf si un protocole en a décidé autrement, un candidat peut se faire connaitre au début de l assemblée élective. L employeur convoque tous les membres (titulaires et suppléants) DP et CE ou tous les membres de la DUP pour composer cette assemblée élective. S il y a un seul comité d entreprise ou d établissement, peut être aussi une seule délégation du personnel mais plusieurs CHSCT à élire, tout le monde doit être réuni en même temps. Cette élection ne peut pas être mise à l ordre du jour d une réunion ordinaire du CE ou de la DUP, puisque c est une réunion extraordinaire. Seuls les titulaires votent. Les suppléants assistent à la réunion pour palier à l absence éventuelle de titulaires. La réunion commence par la désignation d un Secrétaire de séance qui dressera procès-verbal de l assemblée élective (dont copie est transmise par l employeur à l inspecteur du travail). C est l assemblée élective qui décide à l unanimité de son mode électoral (scrutin de liste ou pas, par exemple). En cas de désaccord, chaque syndicat aura droit à un nombre d élus proportionnel à sa représentativité dans le collège électoral extraordinaire. Dans un établissement ou une entreprise qui doit élire 3 membres au CHSCT et comportant une grande majorité de cadres ou d agents de maitrise, la répartition 2 non-cadres et 1cadre peut paraitre inadéquate voire absurde. Mais pour changer cette répartition (par exemple pour 1 non-cadre et 2 cadres) il faut demander à l inspecteur du travail une dérogation suffisamment tôt. La composition du CHSCT ne peut être changée sans son accord. Il n y a pas de suppléants élus au CHSCT. Dès qu un membre quitte le CHSCT, l employeur a un mois pour convoquer de nouveau l assemblée élective. La liste des membres du CHSCT avec leur poste de travail est affichée sur le panneau qui lui est réservé dans les locaux de travail. Salariés dans l établissement Nombre de membres du CHSCT 50 à 199 salariés 3 dont 1 cadre ou agent de maîtrise 200 à 499 salariés 4 dont 1 cadre ou agent de maîtrise 500 à 1499 salariés 6 dont 2 cadres ou agents de maîtrise 1500 salariés et + 9 dont 3 cadres ou agents de maîtrise Salariés dans l établissement Nombre d heures de délégation 50 à 99 salariés 2 heures par mois 100 à 299 salariés 5 heures par mois 300 à 499 salariés 10 heures par mois 500 à 1499 salariés 15 heures par mois 1500 salariés et + 20 heures par mois Pour en savoir PLUS INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) : Magazine de la santé au travail : ANACT (Agence Nationale pour l Amélioration des Conditions de travail) CARSAT de votre région (Caisse de Retraite et de santé Au Travail) dont dépend le service de prévention des risques professionnels. Seules l Ile de France et l Alsace-Moselle ont conservé l ancien acronyme de CRAM (Caisse Régionale d Assurance Maladie). Un peu d histoire 1840 : rapport du docteur VILRME sur les mesures d hygiène et de sécurité de protection des femmes et des mineurs. Loi du 22 mars 1841 : suite au rapport VILRME, cette loi interdit le travail des mineurs de moins de 8 ans dans les manufactures de plus de 20 salariés : délégués dans les mines, en quelque sorte première forme de DP et de CHSCT. Loi du 9 avril 1892 : reconnaissance de la responsabilité de l employeur en matière d accident du travail. Loi du 12 juin 1893 : premières mesures obligatoires en matière de prévention dans les établissements industriels concernant l aération, l éclairage et l évacuation des poussières. Loi du 9 avril 1898 : indemnisation à la charge de l employeur concernant les accidents du travail : organismes chargés de veiller à la sécurité des salariés dans quelques entreprises : comités de sécurité dans les industries des métaux : création des comités de sécurité dans les établissements industriels et commerciaux : le service de médecine du travail devient obligatoire. Loi du 30 octobre 1946 : abroge la loi de 1898 et transfère aux caisses de Sécurité Sociale la gestion des risques d accident du travail. Décret du 1er octobre 1947 : création des CHS, obligatoires à partir de 50 salariés dans les établissements industriels et de 500 salariés dans les autres. Loi du 27 décembre 1973 : création d une commission du CE sur les conditions de travail, obligatoire dans les entreprises de 300 salariés et plus. Loi du 6 décembre 1976 : de la protection individuelle à la prévention collective, responsabilité de l employeur. Loi du 23 décembre 1982 : fusion du CHS et de la commission des conditions de travail qui devient le CHSCT
11 Fonctionnement du CHSCT A sa première réunion le CHSCT désigne un Secrétaire parmi ses membres élus. L employeur ou son représentant est Président du CHSCT. Il peut être accompagné du responsable santé/ sécurité/environnement. Trois personnalités extérieures doivent être systématiquement invitées par l employeur : l inspecteur du travail, le médecin du travail, l ingénieur chargé de la prévention des risques professionnels à la CARSAT ou CRAM. Le CHSCT doit être convoqué par l employeur au minimum tous les trois mois, à la suite d un accident grave et chaque fois que deux de ses membres élus en font la demande par écrit à l employeur. L ordre du jour est établi par le Secrétaire et le Président. Il est transmis par l employeur 15 jours avant à tous les membres et aux invités, accompagné des documents dont l examen est inscrit à l ordre du jour. Le CHSCT n a pas de budget propre, l employeur doit financer tout ce dont il a légalement besoin : formation, experts légaux, documentation, ordinateur. Les décisions du CHSCT sont prises à la majorité des membres élus qui sont seuls à avoir le droit de vote. Le procès verbal est établi par le Secrétaire et adopté par ses membres. Il indique, notamment toutes les décisions prises par ses membres. Le Secrétaire n a pas le pouvoir de décider seul d une action ou d une prise de position au nom du CHSCT qui n a pas fait l objet d une réunion et d un vote au cours de cette réunion. La formation du CHSCT Dès leur première élection, les élus du CHSCT doivent bénéficier de la formation nécessaire à l exercice de leur mission, elle est donc obligatoire. Cette formation doit notamment leur apprendre à analyser les conditions de travail, identifier les risques, les causes d un accident du travail, les actions de prévention nécessaires, etc. Cette formation est financée par l employeur pour le salaire des élus et leurs éventuels frais de déplacement. L employeur prend aussi en charge les honoraires du formateur, dans la limite de 36 fois le SMIC horaire par jour et par stagiaire, ainsi que les frais de déplacement. La formation est d une durée de 3 jours pour les CHSCT d établissements de moins de 300 salariés et de 5 jours pour 300 salariés et plus. Elle est assurée par un formateur agréé pour ce type de formation par le Préfet de Région après enquête de la Direction Régionale du Travail. Cette formation est renouvelée tous les quatre ans de mandat. Les experts du CHSCT Le CHSCT peut désigner un expert (agréé par le Ministère du travail et tenu au secret professionnel) dans deux cas de figure (L ) : lorsqu un risque grave, révélé ou non par un accident du travail, une maladie professionnelle ou à caractère professionnel est constaté dans l établissement, en cas de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail. Cet expert est désigné au cours d une réunion régulière ou extraordinaire du CHSCT par un vote des élus. L expertise doit être réalisée dans le délai d un mois qui peut être porté à 45 jours pour les nécessités de l expertise. L employeur finance l expertise. S il en conteste le bien fondé, les honoraires ou le délai, l employeur doit se tourner vers le Président du TGI par procédure en référé. Voir ci-dessous la nouvelle instance temporaire de coordination, créée par la loi du 14 juin 2013, qui désigne un seul expert en cas de projet commun à plusieurs CHSCT de la même entreprise. Nouveau La loi du 14 juin 2013 a créé une nouvelle instance quand il y a plusieurs CHSCT de la même entreprise concernés par un projet justifiant la désignation d un expert : c est l instance temporaire de coordination de ces CHSCT. Cette instance qui fonctionne comme un CHSCT, comprend 3, 2 ou 1 représentants de chaque CHSCT concerné selon qu il y a 6, 7 à 15 ou plus de 15 CHSCT concernés. Cette instance désigne un seul expert pour tous les CHSCT. Ceux-ci reçoivent les PV des réunions de l instance temporaire. Les membres de l instance bénéficient d heures de délégation supplémentaires pour assumer leur rôle. Le code du travail prévoit l action complémentaire du CE et du CHSCT Le CE lorsqu il est consulté, «bénéficie du concours du CHSCT dans les matières relevant de la compétence de ce comité dont les avis lui sont transmis» (art L ). La compétence du CHSCT peut bel et bien s appliquer dans tous ces domaines : incidences de la rémunération à la tâche, ou au temps, en matière d hygiène et de sécurité par exemple, correspondance entre les taux d accidents et les qualifications, ou les horaires. De plus, l article L dispose explicitement que : «le Comité d entreprise peut confier au CHSCT le soin de procéder à des études portant sur des matières de la compétence de ce dernier». Sur le fondement de cet article et/ou de l article L , le Comité d entreprise peut donc décider de saisir le CHSCT sur toute question qui lui semblerait pertinente, dès lors qu elle entre dans son champ de compétences (c est-à-dire qu elle touche à l hygiène, à la sécurité et/ou aux conditions de travail). Quel intérêt pour le CE de saisir le CHSCT? L utilisation de la prérogative qui lui est confiée par le Code du Travail peut répondre à plusieurs objectifs : transmettre officiellement l information au CHSCT obtenir un avis éclairé de la part de l instance représentative spécialisée dans ce domaine (les membres du CHSCT disposant d un droit à la formation spécifique sur le champ de leurs compétences) disposer des moyens de fonctionnement attribués au seul CHSCT (et non au CE) dans certains cas : recours à l expert rémunéré par l employeur, enquêtes Une coordination CE/CHSCT en matière de consultation Un même projet de l employeur peut devoir faire l objet d une double consultation du CE et du CHSCT ; ce sera le cas lorsque le projet de l entreprise touchera à la marche générale de l entreprise (compétence du CE) et comporte des modifications des conditions de travail des salariés obligeant alors à une consultation distincte du ou des CHSCT existants. On prendra pour exemple un projet de regroupement d agences commerciales et d un élargissement des territoires couvert par les commerciaux itinérants. Si les consultations peuvent être engagées en même temps, l avis du CHSCT devra en revanche précéder celui du CE et si le CHSCT a décidé du recours à un expert, le rapport de ce dernier sera aussi utile pour éclairer le CE avant qu il ne remette son avis. Plus complexe encore en présence d un Comité Central d Entreprise, puisque l employeur devra alors coordonner une triple consultation en respectant d une part les règles de priorités entre CCE et CE, d autre part entre CHSCT et CE BON A savoir Santé et sécurité en jeu : les juges interviennent! Par un arrêt en date du 5 mars 2008, les magistrats de la Cour de Cassation suspendent une réorganisation de service qui compromettait la santé et la sécurité des salariés. Rappelons que l employeur a pour mission d assurer la sécurité et de protéger la santé des salariés. Avec l arrêt SNECMA, les juges confirment qu il s agit d une obligation de sécurité et de résultat. Par conséquent, toute mesure organisationnelle de l employeur qui irait à l encontre de cet impératif pourra entraîner une suspension du projet. La suspension apparaissait ici comme la mesure la plus appropriée pour assurer de façon effective et certaine la sécurité et la santé des salariés
12 De bonnes conditions de travail pour les CHSCT! Rédigé par : Cet article s appuie sur une recherche action menée en 2012 par le réseau Anact-Aract et le département d Ergonomie des Systèmes complexes ENSC/IPB de l Université de Bordeaux (Bertrand Dugué et Johann Petit). Cette étude est basée sur 27 monographies de CHSCT choisis selon la taille de l entreprise, le secteur d activité et la présence syndicale dans l entreprise. Le CHSCT une institution originale de représentation du personnel au cœur de tensions Le législateur a fait du CHSCT une instance particulière à plusieurs titres. Il a une fonction de contrôle, d analyse, d investigation. Il est composé de la direction, de représentants des salariés et d experts internes et externes. Les documents qui doivent lui être remis constituent une base d échanges et de réflexion. Le CHSCT est donc un lieu à la fois d identification des problèmes qui sont à traiter dans son champ de compétences, et d élaboration de pistes de travail pour définir des axes concrets de prévention et d amélioration des conditions de travail. Les formalismes légaux sont très souvent assurés (mais pas toujours) dans le fonctionnement du Comité, mais mis en regard des pratiques réelles, ils ne suffisent pas toujours à la construction d un positionnement et d une action pertinents et efficaces. De manière générale, le CHSCT possède une incomparable capacité à agir pour améliorer les situations de travail, mais il a souvent du mal à trouver sa place spécifique que ce soit vis-à-vis de la direction, des salariés, des syndicats, ou des autres Institutions Représentatives du Personnel. Au cours de son histoire il est passé d une approche en termes de protection des salariés à une approche en termes de prévention et du champ de l Hygiène et de la sécurité au champ plus large des «Conditions de travail» et de l organisation du travail. Ces évolutions le conduisent à trouver à chaque fois un fonctionnement oscillant entre traitement de situations particulières et édictions de règles générales ; recherche de connaissances et élaborations de solutions opérationnelles ; respect des règles de droit et mobilisation de ces règles pour résoudre des problèmes ; comprendre une situation ou chercher un responsable ; représenter les salariés ou chercher des solutions ; agir vite ou bien poser les problèmes à régler pour chercher des solutions pertinentes. Les pratiques des CHSCT Le CHSCT est une instance en mouvement permanent pour pouvoir accompagner les transformations de son environnement : évolutions réglementaires, changements organisationnels, enjeux de santé au travail, évolution des populations, etc. De ce fait il existe un besoin important de soutien et d accompagnement de l instance dans les quatre domaines suivants : son positionnement dans l entreprise, son investissement dans la totalité du champ d action de l HSCT, son fonctionnement et la construction de ses actions. Le positionnement du CHSCT : consensus n est pas synonyme d efficacité Dans la sphère des institutions représentatives du personnel, le CHSCT apparaît souvent comme un lieu où le «consensus» serait une condition de son efficacité. Il est souvent plus perçu comme une instance «technique» que «politique». Cette vision peut rendre plus difficile la mise en débat, la confrontation de logiques sur le travail nécessaires à l émergence de solutions plus efficaces. L investissement du champ CHSCT : un sujet de conflits Le champ d action du CHSCT est extrêmement étendu, complexe (de la sécurité aux facteurs psychosociaux en passant par la conception des dispositifs de travail) et son «occupation» varie beaucoup d un CHSCT à un autre. Des désaccords naissent fréquemment sur la définition des sujets à traiter au sein de l instance et de ce qui doit faire, ou pas, l objet d une consultation. De manière générale, il existe une réelle difficulté des CHSCT à investir le champ de l organisation du travail. Le champ d action théorique du CHSCT n est que rarement occupé dans toute son étendue. Certains y parviennent et cela contribue généralement à une progression et un élargissement des actions en prévention (par exemple dans les projets). D autres restent cantonnés dans un champ étroit, correspondant plus ou moins au champ des CHS d avant Trop souvent le CHSCT n est même pas consulté sur les projets de changement. Un fonctionnement souvent en «mode dégradé» Une partie de l efficacité de l instance repose sur l utilisation des ressources qui sont à sa disposition. Ces dispositifs sont mobilisés et utilisés de manière extrêmement hétérogène, en fonction des représentations que les acteurs ont du travail de l instance, de la place qui lui est faite dans le système des relations professionnelles, et de l investissement consenti - ou possible - des membres dans des actions. Les changements se multiplient dans les entreprises, les représentants du personnel font l objet de sollicitations nombreuses et croissantes, de la part des directions et des salariés, et ils ont des difficultés à y faire face, par un manque de formation adaptée, une faible utilisation des droits attribués aux membres des CHSCT, et une faible sollicitation des acteurs externes (médecin du travail, ). La construction des actions Dans beaucoup de monographies, nous voyons comment le CHSCT essaie d inscrire ses actions dans la durée. La formation prévue pour les élus, la possibilité de recours à des aides extérieures et la présence des acteurs externes au sein de l instance sont susceptibles d aider à cela. Généralement la structuration de l action dans le registre de l hygiène et de la sécurité apparaît nettement plus facile que dans celui de l organisation du travail. Pourtant des projets d investissements sont propices pour structurer une démarche d amélioration des conditions de travail sous réserve d être informé suffisamment en amont et d avoir les méthodologies pour formuler des propositions concrètes. Certains élus de CHSCT ont développé des pratiques et des savoir-faire dans la construction des analyses et des actions avec les salariés, parfois avec l aide du médecin du travail ou du conseiller en prévention. D autres font état de leurs difficultés à aller à la rencontre des salariés, par manque de temps, par conviction qu ils connaissent bien les situations de travail, ou par sentiment de ne pas trop savoir «comment s y prendre» pour mener des entretiens ou analyser une situation parfois complexe. Conforter le rôle et la place du CHSCT dans l entreprise Pour atteindre cet objectif il est nécessaire de progresser sur les points suivants : L effectivité du droit La composition et les ressources du CHSCT sont des atouts majeurs pour s acquitter convenablement des missions qui lui sont dévolues. Pour cela, il est nécessaire de permettre l exercice du mandat à côté de l activité professionnelle et de développer la formation y compris celle du président. Les représentations de la santé et de l efficacité au travail Les différents acteurs n ont pas les mêmes représentations des questions du travail. Par exemple, quand les représentations des atteintes à la santé s appuient sur un modèle multifactoriel, l action et le positionnement du CHSCT s en trouvent renforcés. Au contraire, quand la vision
13 des TMS s appuie sur un modèle seulement biomécanique, quand les RPS sont vues comme la résultante de la fragilité de certains individus, l action du CHSCT se trouve réduite à une partie limitée de son champ d action. Il existe un enjeu social majeur pour l activité du CHSCT quant à la possibilité de mettre en débat la façon dont les acteurs se représentent ces questions-là dans l entreprise. Il est indispensable que ces discussions puissent être menées au sein du Comité pour permettre de confronter, de faire évoluer, voire de partager, ces représentations. Des repères pour un outillage Les outils pour soutenir l action existent. Ils doivent s inscrire dans l histoire du CHSCT et tenir le double objectif de renforcer la réflexion et l action autonome des représentants des salariés au sein de l instance, et de favoriser la construction de convergences et d actions collectives entre les différents acteurs. Ils doivent permettre d analyser de proposer, d aborder les questions d organisation, d anticiper et de construire des liens entre les salariés et l instance. Pour un CHSCT efficace Se positionner agir comprendre Construire la place du CHSCT dans l entreprise En faire un espace de confrontation de points de vue Développement des connaissances et mobiliser des dispositifs réglementaires dans le contexte de l entreprise Anticiper les problématiques de santé et de condition de travail Conduire des analyses... Construire et structurer de l action Organiser la participation des élus dans les projets Associer les salariés en lui permettant d agir en amont dans les projets de changement ; en favorisant son association aux démarches de prévention des risques professionnels dans le cadre d une approche pluridisciplinaire. Le CHSCT est ainsi devenu un acteur majeur de la prise en charge des questions de santé au travail et de l amélioration des conditions de travail. Il a acquis une légitimité renforcée et une plus grande visibilité sociale, auprès de tous les acteurs, et en particulier vis-à-vis des salariés. Ses fonctions et son fonctionnement spécifiques sont porteurs d une réelle dynamique et d enjeux, quand les conditions prévues par le législateur sont effectivement réunies. Le renforcement du pouvoir d agir du CHSCT est, de toute évidence, une pièce maitresse. Une multitude de leviers pour faire progresser le CHSCT etc... relations SOCIAS formation des élus, du président STRUCTURATION ET PLACE DU CHSCT Le CHSCT ANALYSEs De TERRAIN place DES ACTEURS DE LA PRÉVENTION LIENS AVEC S salariés articulation activité professionnelle et travail au chsct LIENS AVEC acteurs internes et externe INFORMATIOns/ CONSULTATIONS 3 Organisation du CE Le rôle irremplaçable du CHSCT Depuis 1982, les prérogatives et le champ d action du CHSCT ont évolué en cohérence avec les évolutions du travail, et avec la manière dont les questions de santé et sécurité au travail se posaient dans les entreprises. Cela s est fait principalement de quatre façons : en élargissant son champ de compétences aux questions d organisation du travail ; en précisant que sa mission concernait la protection de la santé physique et mentale des salariés ; Pour en savoir PLUS Pour aller plus loin et vous permettre de poser un diagnostic sur le fonctionnement de votre CHSCT : autodiagnostic-chsct Organisation du CE 86 La mise en place du bureau du CE 89 Les commissions du CE 91 Budget, placement et trésorerie 93 Les moyens du CE
14 Organisation du CE Organisation du CE La mise en place du bureau du CE Une fois élu, un comité d entreprise doit pourvoir à son organisation interne : désigner un Secrétaire, définir ses modalités de fonctionnement interne et de gestion des finances, adopter un règlement intérieur. Le CE est une structure collective qui doit définir ses propres règles Le comité d entreprise est une personne morale à part entière dont le lieu de décision est uniquement circonscrit au sein de la réunion plénière. Le CE n a pas de «patron», son action est le résultat de décisions collectives. Dès qu un CE est élu pur la première fois il doit se réunir très rapidement après l élection, faute de quoi il ne peut pas fonctionner. En effet, le CE ne peut pas se réunir sans qu un ordre du jour soit arrêté par l employeur (qui préside le comité) et le Secrétaire. Mais si l élection a permis aux salariés de choisir des titulaires et des suppléants, aucun d entre eux n est Secrétaire avant qu un vote du comité ne l ait décidé. C est pourquoi l employeur doit convoquer très rapidement une première réunion qui n a qu un seul point à l ordre du jour : désignation du Secrétaire. Tant que le comité n a pas adopté un règlement intérieur, aucun autre point ne peut être mis à l ordre du jour de cette première réunion. Désigner un Secrétaire La loi impose que le Secrétaire du comité d entreprise soit un représentant du personnel titulaire. Un suppléant ne peut pas être désigné Secrétaire. La désignation doit impérativement se dérouler au cours d un vote à bulletin secret, c est le code électoral qui l impose dans son article L59 : «le scrutin est secret». Reconnaissons que de nombreux petits CE, qui ont 3, 4 ou 5 titulaires et n ont connu qu une seule liste aux élections, n organisent aucun vote en tant que tel. Un des titulaires annonce qu il veut bien prendre le rôle de Secrétaire et personne ne s y opposant (les autres sont en général soulagés ), sa désignation est acquise sans vote formel. Celui qui contesterait ce mode de désignation obtiendrait gain de cause au tribunal, mais les candidats ne se bousculant pas on voit rarement ce mode opératoire contesté devant le juge. Une fois que le Secrétaire est désigné, la première réunion est terminée. Le Président et le Secrétaire peuvent alors, dans les minutes ou les heures qui suivent, arrêter l ordre du jour de la seconde réunion. Elle ne pourra se tenir que trois jours après, afin que chaque membre du CE puisse recevoir l ordre du jour et s y préparer. La loi interdit sauf en cas de force majeure (tel un incendie dans l entreprise) à l employeur de convoquer une réunion plénière dont l ordre du jour n aurait pas été connu de tous les membres trois jours avant. Adopter un règlement intérieur La loi impose que le comité «détermine dans un règlement intérieur les modalités de son fonctionnement» (L2325-2). En effet, si la loi impose qu un Secrétaire soit désigné, elle reste muette sur la nomination d un Secrétaire-adjoint, d un Trésorier, d un Trésorier-adjoint. Il y a pourtant des milliers de CE qui pensent que cela est obligatoire et qui les désignent sans avoir adopté de règlement intérieur. Que doit contenir un règlement intérieur? Tout ce que le code du travail n a pas défini et dont le CE a pourtant besoin, par exemple : nomination, fonctions et obligations d un Trésorier, nomination, fonctions et obligations d un Trésorieradjoint, nomination, fonctions et obligations d un Secrétaire adjoint, organisation financière et bancaire du comité, éventuelles réunions préparatoires précédant les réunions plénières, délai pour les élus qui veulent transmettre une suggestion d ordre du jour au Secrétaire, élaboration et diffusion d un compte rendu de la réunion plénière, conditions de prise de décision dans les CE ayant 4, 6, 8, 10 ou 12 élus, quand deux résolutions recueillent chacune 50 % des titulaires (hors l élection du Secrétaire pour lequel la jurisprudence indique la désignation du plus âgé), conditions de remboursement des frais de déplacement des élus, mise en place de commissions facultatives du CE. En écrivant dans son règlement intérieur une phrase du type : «lors de sa première réunion suivant l élection, le CE désigne le Secrétaire, un Trésorier et leurs adjoints» cela fait gagner du temps au comité qui peut dès lors faire toutes les désignations dès la première réunion après chaque élection. Le bureau du CE Rien n oblige un comité à mettre en place un bureau, en général composé des quatre responsables : Secrétaire, Trésorier, Secrétaire adjoint, Trésorieradjoint. C est pourtant une bonne idée. Cela permet de prendre des décisions collectives, de vérifier les idées avant de les lancer en réunion, de préparer collectivement l ordre du jour. Le Secrétaire peut légalement décider seul de ce qu il propose à l employeur pour l ordre du jour des réunions. C est heureusement assez rare. Il y a des CE qui désignent uniquement un Secrétaire et un Trésorier, sans désigner d adjoints, d autres qui désignent un Secrétaire/Trésorier, ils en ont le droit, mais la grande majorité met en place un bureau composé des 4 fonctions. Le bureau n a pas le droit de prendre des décisions : seul le comité réunit en séance plénière (réunion ordinaire ou extraordinaire avec convocation par l employeur et ordre du jour transmis trois jours avant à chaque membre) peut prendre une décision. La première fonction d un bureau est de veiller à la mise en œuvre des décisions prises en séance plénière. entretien avec... Yannick Nourisson Trésorier adjoint du CE Grandvision France, 3700 salariés. Votre groupe vient de fusionner, vous êtes passés de 5 «petits» CE à un seul CE national, comment s est passée la création de votre nouveau bureau? Avec la fusion, le CE est devenu une grosse machine. Pour ma part, je suis passé d un CE de 250 à salariés, ce n est pas évident... Suite à la première élection nationale, chaque syndicat a présenté ses candidats pour les quatre postes du bureau (ndlr, le secrétaire, le trésorier et leurs adjoints respectifs) et, sans surprise, ce sont ceux du syndicat le plus représentatif, auquel j appartiens, qui ont été élus. L enjeu est important, le CE est géré au jour le jour par les membres de son bureau et, face à la direction, il est représenté par son secrétaire. Nous nous étions mis d accord sur nos candidats très en amont. Pour le secrétaire, nous avions misé sur celui d entre nous qui venait du plus gros CE d avant la fusion. Les autres postes ne sont pas très courtisés, donc cela s est fait en fonction des volontaires. Comment fonctionne cette nouvelle équipe? Nous sommes très liés et avons l habitude de travailler ensemble. Tous les mois, nous faisions une réunion en vue de la pré-réunion de CE. Mais finalement, nous prenions toutes les décisions, peut-être sans faire preuve d assez de transparence. Au bout d un an et demi, d un commun accord, nous avons décidé de réorganiser le bureau en changeant de secrétaire. Désormais, on gère chaque dossier dans la transparence : un appel d offre de 2 ou 3 prestataires minimum et tous les anciens prestataires sont remis en concurrence. Les membres du bureau posent les premières pierres, mais ensuite toutes les informations sont à la disposition des trente élus du CE. Petit à petit, nous parvenons à trouver un équilibre entre la prise de décisions et la transparence
15 Organisation du CE Organisation du CE BON A SAVOIR Les commissions du CE Le rôle du Secrétaire Le Secrétaire a deux pouvoirs : arrêter l ordre du jour avec l employeur, rédiger le projet de procès-verbal (PV). Il a surtout beaucoup de travail! La rédaction du PV est fastidieuse, demande de la capacité d écoute, de prise de notes, l esprit de synthèse. En dehors de ces deux responsabilités, le Secrétaire n a pas le droit de prendre une décision au nom du comité. Il doit attendre qu un vote en réunion plénière lui en donne mandat. Le rôle du Trésorier C est le poste le plus exposé parce qu il est responsable des moyens financiers du comité. Il faut donc désigner un élu rigoureux qui a assez d autorité pour rappeler aux autres élus le respect de la règle définie par le comité. Le Trésorier est l élu qui a le plus besoin d un règlement intérieur autant détaillé que possible car cela lui permet de refuser des demandes de défraiements ou des dépenses qui n ont pas été expressément autorisées par le comité. Le code pénal punit l abus de confiance de 3 ans de prison et de d amende! Tous ceux qui ont la signature sur les comptes du comité doivent le savoir. Il n est d ailleurs pas souhaitable que trop d élus aient la signature sur les comptes, car cela dilue la responsabilité. Pour savoir qui a signé un chèque il est absolument nécessaire d en faire une photocopie avant de l envoyer au fournisseur. Le rôle des adjoints Le Secrétaire-adjoint et le Trésorier-adjoint doivent suivre le travail du Secrétaire et du Trésorier afin d être en mesure de les remplacer en leur absence. Ils peuvent aussi les aider. C est ce que doit définir le règlement intérieur. Le rôle du Président L employeur ou le directeur d établissement sont Président du comité d entreprise, du comité central d entreprise ou du comité d établissement. Hommes ou femmes de pouvoir et de décision, ils ont souvent du mal à comprendre que leur titre de Président ne leur donne pratiquement aucun pouvoir au sein du comité. La loi indique que le Président du comité ne peut pas voter lorsqu il consulte les membres du comité en tant que représentants du personnel. La jurisprudence ne donne qu un droit de vote au Président : l élection du Secrétaire et du Trésorier. Paradoxalement, il est rare que l employeur utilise ce droit de vote. Et il fait bien car s il soutient un camp contre un autre à un moment donné, qui dit qu à la prochaine élection ce ne sera pas le camp «adverse» qui deviendra majoritaire seul? Il parait logique qu il ait une voix lors de l adoption du PV, bien qu il n y ait aucune jurisprudence en la matière. Il est malheureusement fréquent qu il interdise telle ou telle rédaction d un PV, bien que la loi ne lui donne pas ce pouvoir. Président du CE sans pouvoir il est aussi employeur de chaque élu et se sert de ce pouvoir bien réel pour tenter d imposer son point de vue sur les décisions du comité. A l autorité naturelle de nombre de dirigeants s ajoute un rapport de force que les élus n arrivent pas toujours à maîtriser. Les tribunaux ont aussi précisé qu il n avait pas le droit de participer au vote quand le comité prend une décision de dépense, que ce soit pour le budget de fonctionnement ou le budget socioculturel. De même quand le CE désigne ses représentants dans une autre instance : CCE, représentants au CA, membre d une commission, etc. Sur ce plan là, il y a de fait deux types de Présidents : une minorité qui se conduit comme s ils étaient les «délégués du personnel» des cadres dirigeants et essaient donc de faire pression sur le comité pour qu il mette en oeuvre des et culturelles qui conviennent aux cadres dirigeants, la grande majorité qui laisse le comité décider des et culturelles et n intervient éventuellement que lorsqu une activité lui semble ne bénéficier qu à un petit nombre de personnes. Le CE doit créer 2 commissions quand l entreprise ou l établissement a 200 salariés, 3 pour 300 salariés et 4 pour 1000 salariés. Mais elles n ont pas toutes les mêmes moyens ce qui justifie de tenter de négocier un équilibre de ces moyens avec l employeur. La commission de la formation (200 salariés et plus) La commission prépare les trois consultations du CE en la matière (voir «le rôle du CE dans la formation»). Elle analyse l accès à la formation dans l entreprise. Elle reçoit les documents préparatoires à ses débats trois semaines avant sa propre réunion. Elle participe à l information des salariés en matière de formation. La commission de l égalité professionnelle (200 salariés et plus) Chargée de préparer la consultation sur l égalité professionnelle. Elle analyse les distorsions entre salariés pour la formation, la promotion, le salaire, etc. La commission d information et d aide au logement (300 salariés et plus) Son rôle est de faciliter l accès des salariés à la propriété et à la location de logements. En liaison avec l organisme auquel l employeur verse le «1%» logement (en réalité 0,45 % de la masse salariale). Elle informe les salariés des conditions d accès à un logement social et les assiste dans leurs démarches. Elle «propose, dans chaque entreprise, des critères de classement des salariés candidats à l accession à la propriété ou à la location d un logement tenant compte, notamment, des charges de famille des candidats.» (L ) La commission économique (100 salariés et plus) Elle est notamment chargée «d étudier les documents économiques et financiers recueillis par le comité d entreprise» (L ) et peut se faire assister par l expert-comptable rémunéré par l entreprise. Les commissions facultatives Le CE a le droit de créer toute commission qu il juge utile dans le cadre de ses attributions. Il est fréquent de voir des CE avoir des commissions «complémentaire maladie», «épargne salariale», «voyages», etc. Les membres des commissions Le nombre de membres n est pas limité sauf dans la commission économique où le maximum est de 5. Chaque commission est présidée par un membre du CE. Le CE peut décider que des salariés participent aux commissions (sauf la commission économique). Les moyens des commissions obligatoires Formation : pas de limite du nombre d heures de réunion pour les titulaires et les suppléants du CE qui en sont membres. Egalité professionnelle : aucun moyen, donc seuls les titulaires DP ou CE peuvent y participer sur leurs heures de délégation. Logement : 20 heures par an de réunion. Economique : 40 heures par an partagées par les membres. C est pourquoi il convient d ouvrir une négociation globale sur le fonctionnement des commissions. En échange d une modération du temps passé en commission formation (qui n a pas de limite, sauf le bons sens) pour obtenir du temps pour la commission égalité professionnelle et les commissions facultatives. Le pouvoir des commissions «Les rapports des commissions sont soumis à la délibération du comité.» (L ) C est donc clair : les commissions n ont que le pouvoir de faire des propositions au CE qui a seul le pouvoir de décision
16 Organisation du CE Budget, placements et trésorerie Si le CE dispose en général de deux budgets, seul le budget de fonctionnement est obligatoire. Les règles d utilisation de ces deux budgets sont précises et contraignantes. De nombreux CE croient pouvoir s en affranchir à tort. CREDIT COOPERATIF Le budget socioculturel, facultatif L origine du «monopole» des et cultuelles (voir le thème «le comité d entreprise») est la cause initiale du caractère facultatif du budget socioculturel. En effet, la charte du travail de 1941 puis l ordonnance de 1945 ont décidé que les œuvres (avant d être nommées «et culturelles» à partir de 1982) soient transférées au comité social d entreprise de 1941 puis au comité d entreprise de Mais si, à cette époque, le paternalisme patronal avait développé quasi systématiquement des œuvres, cela n est plus le cas, notamment depuis le milieu des années 1970, quand la gestion des entreprises devint plus exigeante et moins sociale. Il est rare que des comités d entreprise n aient aucun budget social et culturel, mais cela existe (moins de 5 % des CE). D abord parce que plus de 40 % des conventions collectives le rendent obligatoire. Ensuite parce que les avantages tirés des culturelles par les salariés ne sont ni soumises à charges, ni soumises à l impôt sur le revenu. La plupart des employeurs savent que cette redistribution financière indirecte est appréciée des salariés et coûte moins cher que du salaire. Le budget de fonctionnement, obligatoire C est depuis le 1 er novembre 1982 que l employeur est obligé de verser au CE un budget dit de fonctionnement d un montant de 0,2 % de la masse salariale brute (d où son surnom de «0,2»). Ce budget a notamment une origine judiciaire. Le comité d établissement Peugeot- Sochaux avait été condamné, à l initiative de la direction, le 15 février 1979 par la cour d appel de Besançon à annuler sa décision d embaucher un économiste rémunéré avec les moyens du seul budget de l époque, le budget des œuvres. La cour de cassation confirma le jugement de la cour d appel par un arrêt du 16 décembre Les lois AUROUX d octobre 1982 créèrent ce budget de fonctionnement en référence à cette interdiction faite aux CE de rémunérer un expert assistant le CE dans son rôle économique avec le budget des œuvres. Ce budget était donc bien créé pour l autre rôle du CE : son rôle économique et professionnel. C est d ailleurs le sens de tous les arrêts de la cour de cassation sur le sujet depuis septembre A quoi sert le budget socioculturel C est l article R qui fixe les règles d utilisation du budget socioculturel : cantines, coopératives de consommation, logements, jardins familiaux, crèches, colonies de vacances, loisirs et activité sportive ; bibliothèques, cercles d études, cours de culture générale. La cour de cassation admet que quand le CE organise l une de ces, l avantage en nature dont bénéficie ainsi le salarié n est pas soumis à charges. Hors cette liste point de salut, au plan strictement légal. Bien sûr chaque mot de cette liste issue des années 1940 ouvre droit à des prestations plus modernes. Par exemple : le mot cantine se traduit aussi en distributeurs automatiques de boissons chaudes ou froides, de plats à réchauffer, de sandwiches ou de pâtisseries. Le mot loisirs induit les traditionnelles fêtes de Noël mais aussi les sorties au théâtre, au cinéma ou dans les parcs d attraction, etc. 91
17 Organisation du CE Organisation du CE De son côté l URSSAF a définit des tolérances administratives en matière de bons d achat et de remboursement d culturelles et sportives. Attention, un trésorier ne doit jamais dire «on a le droit de distribuer des bons d achat aux salariés», mais «l URSSAF tolère qu on distribue des bons d achat aux salariés». Les tribunaux ne reconnaissent pas ces tolérances qu il faut respecter à la lettre. A quoi sert le budget de fonctionnement A rémunérer les experts que choisit le CE pour l assister et le conseiller et l aider dans toutes ses tâches, mais aussi à régler désormais 20 % des honoraires de l expert qui assiste le CE sur la stratégie de l entreprise, mission créée par la loi du 14 juin 2013, dans la limite de 33 % du budget annuel de fonctionnement du CE. Le budget de fonctionnement sert également à financer le fonctionnement administratif du CE, les déplacements des élus, leurs outils de communication (ordinateur, téléphone fixe et portable, tablettes, etc.), leurs outils d information (livres, journaux, salons, colloques, etc.), la formation des élus (voir ce thème), l assistance au CE (voir ce thème), etc. Placer la trésorerie, c est indispensable Il y a encore des CE qui laissent sur leur compte courant bancaire des milliers, voire des dizaines de milliers d euros. C est une faute de gestion. Les élus ne gèrent pas leur argent mais l argent du CE au nom des salariés, ce qui les oblige à faire fructifier cet argent au profit de la collectivité. Le premier placement est celui du livret A. Particularité du livret A : si le CE a ouvert un livret A ou bleu avant le 1ier janvier 2009, il peut continuer à bénéficier des avantages fiscaux, mais pas s il l a ouvert depuis. Les comptes à terme ne rapportent pas grandchose par les temps qui courent, les SICAV de trésorerie non plus. Mais peu de chose c est quand même quelque chose. Bien évidemment, il est interdit à un CE de prendre des risques en achetant des actions en bourse. Le CE peut prêter l argent du 0,2 au budget social La loi impose au CE de séparer la comptabilité du budget de fonctionnement de celle du budget social et culturel. Mais séparer la comptabilité ne veut pas dire séparer les liquidités sur deux comptes courants bancaires. Or il est fréquent que les CE aient une meilleure trésorerie sur le 0,2 que sur le social. Un CE peut avoir un seul compte courant bancaire, tout en tenant deux comptabilités séparées. La plupart des CE préfèrent avoir deux comptes courants parce qu ils y voient plus clair sur leur moyens disponibles. Cela n empêche pas que le CE peut décider de prêter au budget social et culturel pour un temps déterminé une somme issue des disponibilités du 0,2, à condition que les ressources ultérieures du budget social permettent de rembourser la somme. Les moyens du CE L employeur doit mettre un local et un panneau d affichage à la disposition du CE. Les élus titulaires ont des heures de délégation pendant lesquelles ils circulent librement dans l entreprise. Problème : l entreprise moderne est le plus souvent éparpillée Un local «L employeur met à la disposition du comité d entreprise un local aménagé et le matériel nécessaire à l exercice de ses fonctions.» (L ). Le local doit être proportionné à la taille du CE : ses membres doivent pouvoir s y réunir, une table, des chaises, un bureau, une armoire qui ferme à clé (pièces comptables et procès verbaux doivent pouvoir être protégés). Le local doit être chauffé. L entreprise sous traite la propreté de l entreprise, il est donc normal que le personnel de ménage nettoie aussi le local du CE. Le matériel nécessaire à l exercice de ses fonctions : un ordinateur, une imprimante, une ligne téléphonique, un accès à Internet. Le CE doit disposer du même matériel aussi récent que celui dont dispose le personnel de secrétariat de l entreprise. L employeur peut facturer les consommations telles que photocopies ou appels téléphoniques sortant, ce qui est rare. Les heures de délégation Chaque titulaire a 20 heures par mois en plus des convocations de l employeur, des réunions du CE et de certaines commissions. Les suppléants n ont des heures de délégation que lorsqu un titulaire est absent. De nombreuses entreprises acceptent que titulaires et suppléants partagent les heures à tout moment. Le titulaire a le droit de se déplacer librement dans toute l entreprise (y compris en dehors de ses propres heures de travail) pour discuter avec les salariés à condition de ne pas apporter une gêne importante au travail de ceux avec qui il discute. Il peut sortir de l entreprise autant que nécessaire sans avoir à informer de l endroit où il se rend. Les heures de délégation prises en dehors du temps de travail en fonction des nécessités du mandat sont payées comme heures supplémentaires ou récupérées selon les termes de l accord 35 heures de l entreprise. Les panneaux du CE DP, CE, CHSCT et syndicat ont chacun leur panneau d information. Ils doivent être au même endroit que les panneaux de la direction. A l heure où Internet et les courriels sont accessibles sur les téléphones portables, la loi dit seulement qu une négociation doit s ouvrir sur l utilisation des moyens correspondants existant dans l entreprise le CE doit créer un site Internet pour communiquer avec les salariés (voir chapitre sur la communication du CE). Quand l entreprise est dispersée sur le territoire L entreprise moderne est de plus en plus souvent dispersée sur le territoire. La loi n en a pas encore tenu compte. Il faut donc négocier ou créer de la jurisprudence en demandant au juge les aménagements indispensables. Le local et le panneau du CE sont au siège de l entreprise mais quand il y a dix lieux de travail dans le département, voire au-delà? Un titulaire a 20 heures de délégation. Quand il s adresse à 50 salariés travaillant aux mêmes heures dans le même bâtiment, tout va bien. Mais quand les salariés sont dispersés sur le département, la région voire la France entière, comment compter les heures de déplacement?
18 3 CE en ACTION REFXE CE CE en action 96 La réunion du CE 98 Les assurances du CE 101 La formation des élus de CE 105 L assistance du CE 109 Les logiciels de gestion du CE 111 La communication du CE 116 Droits & devoirs des salariés dans le monde numérique 119 Les SalonsCE Nouveau 95
19 La réunion du CE L indispensable lieu d échanges et de décisions Les du CE, que ce soient les décisions relatives à la gestion des et culturelles ou la formulation des avis et des voeux en matière économique, sont adoptées lors des réunions du CE. Réunions plénières ou préparatoires suivant le cas Le comité d entreprise se réunit une fois par mois ou une fois tous les deux mois, lorsque l entreprise n a pas mis en place de délégation unique et comporte moins de 150 salariés, en séance plénière pour délibérer, émettre des avis et apporter des propositions sur la marche générale de l entreprise. Les membres du CE se réunissent également sur leurs heures de délégation souvent en réunions préparatoires dans le but de préparer les réunions plénières. Le chef d entreprise ou la majorité des élus peuvent aussi décider d une réunion extraordinaire chaque fois que cela est nécessaire sans attendre la prochaine réunion, par l employeur et une fois par mois par les élus (ou tous les deux mois pour les entreprises de moins de 150 salariés qui ne sont pas en DUP). Les réunions se tiennent en principe pendant les heures de travail. Le comité d entreprise peut organiser des réunions d information (interne pour le personnel) portant, notamment, sur des problèmes d actualité. L ordre du jour et les convocations L ordre du jour de la réunion du CE est arrêté conjointement par le chef d entreprise et le secrétaire. Il doit faire l objet d une discussion préalable. Cette démarche reste obligatoire en dépit de la possibilité ouverte par la loi de janvier 2005 à chacune des parties d inscrire de droit à l ordre du jour les consultations obligatoires. La validité de l ordre du jour est en effet soumise à un échange entre l employeur et le secrétaire du CE. Les membres du comité peuvent tenir une réunion préparatoire pour élaborer l ordre du jour mais surtout après l élaboration de celui-ci pour préparer la séance plénière. L ordre du jour doit contenir toutes les questions qui seront débattues au cours de la réunion, notamment celles qui sont soumises à consultation et avis. Cet ordre du jour est communiqué au moins trois jours avant la réunion, huit jours pour un CCE. Les convocations pour la réunion du comité doivent indiquer le lieu, la date et l heure. C est le chef d entreprise ou son représentant qui a la responsabilité des convocations (art L ). Les participants aux réunions plénières Participent de droit aux réunions plénières : les membres titulaires et suppléants, le chef d entreprise ou son représentant assisté éventuellement de deux collaborateurs, les représentants syndicaux ou CE. D autres intervenants peuvent également participer aux réunions plénières, lorsque l ordre du jour comporte une question relevant de leur compétence : l inspecteur du travail (le CE doit faire connaissance avec lui car il est un des interlocuteurs privilégiés pour régler les difficultés rencontrées), le médecin du travail, le commissaire aux comptes, l expert comptable, les experts pour la préparation des travaux du CE. Le déroulement des votes Le comité d entreprise est souvent appelé à voter, soit sur ses attributions et culturelles (par exemple, pour la mise en place d une nouvelle activité), soit sur les avis qu il doit donner dans le cadre de ses attributions économiques et professionnelles. Il est également appelé à voter en cas de licenciement d un salarié protégé. Seuls les membres ayant une voix délibérative peuvent participer aux votes, c est-à-dire le chef d entreprise ou son représentant, les membres titulaires, les suppléants lorsqu ils remplacent un titulaire. Il y a des règles particulières concernant le vote du chef d entreprise. En effet, l article L stipule que «le président du comité ne participe pas au vote lorsqu il consulte les membres élus en tant que délégation du personnel» (voir encadré). Les votes se font à la majorité des présents. Le code électoral impose (L59) que tout scrutin soit secret. Un scrutin est l élection d une personne à une fonction de représentation. Donc lorsque le CE élit son Secrétaire ou son trésorier, par exemple, il doit le faire à bulletin secret. Le règlement intérieur peut compléter ces règles. En outre, chaque fois que le CE est consulté en cas de de licenciement d un représentant du personnel, le vote se fait à bulletin secret. L article L du Code du Travail indique que les membres du comité sont tenus par le secret professionnel et l obligation de discrétion. Le secret professionnel ne joue que sur les questions relatives aux procédés de fabrication. L obligation de discrétion fonctionne à l égard des informations présentant un caractère confidentiel et indiquées préalablement comme telles par le chef d entreprise. Il faut également que ces informations soient objectivement confidentielles ce que l employeur s attachera à démontrer. Les procès verbaux Les procès verbaux sont des documents très importants puisqu ils rendent compte des avis, des voeux, de l activité, des décisions, des engagements pris, des positions arrêtées par le CE. «L employeur fait connaître lors de la réunion du comité d entreprise suivant la communication du procèsverbal sa décision motivée sur les propositions qui lui ont été soumises. Les déclarations sont consignées dans le procès verbal» (art. L ). C est au secrétaire qu il appartient d établir les procès-verbaux mais il peut se faire assister par une personne de son choix. Les PV sont adoptés par le CE et peuvent ensuite être affichés, diffusés dans l entreprise et communiqués à l inspecteur du travail si le CE le souhaite. Certaines consultations imposent d ailleurs cette transmission (plan de sauvegarde de l emploi par exemple). Le vote du chef d entreprise, président de CE Le président ne vote pas : Sur les questions relevant du rôle consultatif du CE dans les domaines économiques et professionnels. Lorsque le CE désigne des membres d une autre instance : délégué au CCE, représentant au conseil d administration, membre des commissions. Sur le choix de l expert-comptable qui assiste le comité, le recours à un expert rémunéré sur le budget de fonctionnement. Sur le projet de licenciement d un représentant du personnel. Sur la consultation d un accord d intéressement ou de participation. Par contre, le président du comité d entreprise peut participer au vote sur l adoption du procès verbal et l élection du secrétaire et du trésorier (jurisprudences de la cour de cassation). Séance pleinière La préparation (ordre du jour, examen des thèmes, élaboration de la stratégie ) est essentielle pour être efficace. PV et autres communications restituent les débats et décisions. Ils sont un relais d information nécessaire pour un suivi de vos actions. 1 Définition des sujets à mettre à l ordre du jour 2 Établissement conjoint de l odj 3 Examen des infos écrites 4 Séances préparatoires Séances plénière 5 Rédaction du PV 6 Adoption du PV 7 Diffusion du PV
20 S ASSURANCES DU CE Si un simple citoyen est parfois libre de prendre des risques (pas de mutuelle, pas d assurance annulation voyages, etc.), les élus ne doivent pas faire prendre de risques au comité : en cas de problème, ce serait de fait les salariés qui paieraient les pots cassés. Protéger le comité, c est protéger les avantages des salariés Le comité d entreprise ou d établissement n a pratiquement aucune obligation d assurer le comité. Mais si le comité achète un véhicule à moteur ou prend un local en location, il est obligé de l assurer, comme tout citoyen. De nombreux CE croient, à tort, que l assurance de l employeur couvre aussi le comité. Mais l assureur de l entreprise couvre la personne morale entreprise et non le comité d entreprise, personne morale distincte. La responsabilité civile ne couvre pas tout La loi évoque l assurance responsabilité civile (RC) du comité et cite parmi les ressources du comité : «Le remboursement obligatoire par l employeur des primes d assurances dues par le comité d entreprise pour couvrir sa responsabilité civile ;» (L ). La majorité des employeurs propose au comité de couvrir directement la RC du CE par son propre assureur. Du coup, le comité se croit couvert pour tout par l employeur. Mais la RC ne couvre pas les biens du CE contre le vol, l incendie ni le dégât des eaux. Ce sont les matériels achetés par le comité et entreposés dans son local : ordinateur, téléphonie, électroménager, meubles, etc. Ce sont aussi les biens provisoirement entreposés : chèques cadeaux, chèques vacances, achats groupés (vins, charcuterie, vaisselle, habits, etc.). Pendant un court moment c est l assurance du CE qui protège ces biens, pas celle de l employeur, ni celle du fournisseur, ni celle du salarié. Comment choisir son assureur Le code des assurances indique clairement que l assuré est obligé «de déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d aggraver les risques, soit d en créer de nouveaux ( ) L assuré doit, par lettre recommandée, déclarer ces circonstances à l assureur dans un délai de quinze jours à partir du moment où il en a eu connaissance ; ( )» (L113-2 du code des assurances). Pour éviter ces tracas aux comités, certains assureurs ont analysé le risque moyen en fonction du budget social du comité. Ils proposent ainsi un contrat forfaitaire global basé sur la déclaration spontanée du comité de ses ressources. C est plus souple. Le comité est-il responsable en cas d accident ou de dépôt de bilan d un voyagiste? Un comité organise une sortie ski, un salarié se casse la jambe avec son matériel ou du matériel de location en bon état, le CE n est pas responsable de la blessure. Pour un dépôt de bilan, la réponse de la cour de cassation est simple : «il appartenait aux demandeurs de rapporter la preuve que le comité n avait pas accompli toutes les diligences qu ils étaient en droit d attendre de lui.» (Cass. Soc /03/1994). Il s agissait d un voyage pour lequel salariés et comité avaient réglé au voyagiste chacun leur part longtemps à l avance. Un mois avant le voyage, le voyagiste dépose son bilan. Des salariés réclament au comité le remboursement des sommes qu ils ont versées. La cour de cassation leur donne tort : le comité ne pouvait pas prévoir cette défaillance financière. Mais cette position de la haute juridiction doit faire réfléchir les élus. «Apporter toutes les diligences», cela veut dire prendre toutes les précautions nécessaires, comme un «bon père de famille». Cela peut vouloir dire, par exemple, ne pas monter dans un autocar de toute évidence en mauvais état. C est pourquoi, en plus des assurances, le comité doit veiller à travailler avec des fournisseurs fiables dont il a vérifié les compétences et le respect des obligations légales et règlementaires qui sont les leurs. Bon à savoir Le comité est libre d accepter ou non que ce soit l assureur du comité qui le couvre pour sa responsabilité civile. «La cour d appel a retenu à bon droit que le comité d entreprise a le libre choix de son assureur». Cass. Soc., 20 février 2002, n F-P, Sté Michelin c/comité d établissement Michelin. Pour en savoir PLUS Le centre de documentation et d information de l assurance : Le groupement des entreprises mutuelles d assurance : les points clés Le CE a peu d obligation d assurance, mais il doit s assurer pour protéger les ressources du comité face aux imprévus. L employeur doit rembourser la responsabilité civile, le CE est libre de choisir son assureur. Le CE doit veiller à protéger ses biens dont font partie, même provisoirement, bons d achat et commandes groupées
21 La formation des élus de CE L employeur est à plein temps dans sa fonction et formé pour diriger. Les élus sont à temps partiel dans leur rôle et n ont pas été formés pour tenir ce rôle. Pour débattre avec l employeur il faut s en donner les moyens. Pour gérer, animer et organiser un comité d entreprise il est indispensable de se former. ACCES CONSULTING Une formidable occasion de développer ses connaissances C est le code du travail qui définit ce qu est et doit être un comité d entreprise. On y trouve tout ce que les élus et leur employeur doivent connaître de leurs droits et de leurs obligations. Mais il ne suffit pas de lire les 100 pages du code du travail qui vont des articles L à L pour sa partie législative puis de R à R pour sa partie règlementaire. Il faut encore connaitre des parties du code de commerce, du code monétaire et financier, du code électoral, du code général des impôts, du livre des procédures fiscales, de la Sécurité Sociale, du tourisme, de la consommation, du sport, de la propriété intellectuelle, des assurances, de la mutualité, du code civil et du code pénal Pour maîtriser tout cela, il faut encore consulter la jurisprudence pour connaître l interprétation des lois et règlements que font les tribunaux. La chambre sociale de la cour de cassation publie plusieurs milliers d arrêts par an. Les jeunes juristes dotés d un master en droit du travail découvrent, eux aussi, quand ils commencent à travailler auprès des comités d entreprise, la complexité du champ auquel ils vont être confrontés. Il ne s agit pas, bien évidemment, qu un élu maîtrise parfaitement toute cette complexité, nous en reparlerons d ailleurs dans le chapitre sur l assistance et les conseils. Mais les formations qu un élu suivra vont lui permettre de mieux dialoguer avec l employeur, de connaître le champ de la règlementation, et le mettre en garde contre une gestion «à la bonne franquette» du comité. Les formations qu un élu va pouvoir suivre pendant la durée de son mandat vont ainsi lui permettre d élargir ses connaissances et le rendre plus fort dans sa vie de tous les jours. La formation «légale» des membres du CE C est l article L qui définit cette formation «légale» (voir encadré). Cet article est souvent l objet d interprétations erronées, prenons le temps d en faire l analyse : L article évoque la formation des titulaires. Certains en concluent que les suppléants n ont pas le droit à une formation. C est un des principes du droit : il n y a pas lieu de distinguer ce que la loi ne distingue pas. Cet article ne dit pas : «les suppléants n ont pas le droit de se former», il définit une obligation pour l employeur destinée aux titulaires. Les suppléants ont donc tout à fait le droit de se former. Par contre, soit l employeur prend en charge leur salaire (ce qui est fréquent) soit le suppléant prend une journée de RTT ou de congés. Autre solution : le CE rembourse à l employeur salaire et charges du suppléant et comptabilise cette dépense sur son budget de fonctionnement. L article indique que la formation «économique» est d une durée maximale de 5 jours. Cela ne veut pas dire qu elle doit durer obligatoirement 5 jours de suite. Par contre, il est fait allusion aux «conditions et limites de l article L », la formation doit donc avoir lieu en deux fois maximum, puisque ce type de formation doit durer au minimum 2 jours consécutifs. En réalité, rares sont les employeurs qui imposent le respect de cette règle. L absence d un élu une seule journée à la fois perturbe moins le travail et l élu assimile mieux ce qu il apprend s il part un ou deux jours à la fois selon le thème
22 Cet article définit, en fait, l obligation pour l employeur de payer le salaire du titulaire dans la limite de 5 jours tous les 4 ans de mandat. Au-delà de 5 jours de formation, le titulaire prendra ses heures de délégation pour continuer à se former. L article impose un agrément aux organismes de formation qui veulent proposer cette formation. A noter que l agrément est instruit par la Direction régionale du travail puis délivré par la Préfecture de la région où l organisme de formation a son siège. Mais cet agrément est valable sur tout le territoire national. Enfin, l employeur n est pas obligé de prendre en charge les honoraires de l organisme de formation ni les frais de déplacement des élus et du formateur. C est le CE qui prend en charge ces dépenses et les comptabilise à son budget de fonctionnement. Combien de temps prévenir à l avance? La loi prévoit que l élu qui part au titre du congé de formation économique doit prévenir par écrit l employeur 30 jours à l avance. Quand il prend des heures de délégation pour se former, il n a pas cette obligation. Il a, tout au plus, le délai de prévenance de prise des heures de délégation institué éventuellement par l employeur à respecter. De fait et dans leur grande majorité, les élus préviennent leur responsable plus d un mois à l avance. Notamment parce qu ils ne veulent pénaliser ni leurs collègues, ni l entreprise. On constate que la majorité des employeurs accepte de libérer les suppléants, notamment parce qu ils craignent que lorsque ceux-ci remplaceront un titulaire, ils ne sachent pas ce qu ils doivent faire ou ne pas faire. Un bon moyen pour obtenir de l employeur une telle décision est de choisir une date de formation qui gène le moins possible l entreprise. Qui décide des formations suivies par les élus? Le budget de fonctionnement est, entre autres, destiné au financement des formations de ses membres (titulaires, suppléants, représentants syndicaux au CE). Il doit y avoir une égalité parfaite entre les différents membres pour l accès aux formations. Si les décisions d un CE sont prises à la majorité des titulaires, la majorité ne peut pas interdire à des minoritaires de suivre eux aussi des formations. De même, la majorité ne peut pas décider d interdire aux suppléants de suivre des formations. Enfin, la majorité ne peut pas imposer à chaque élu de suivre les formations auprès de tel ou tel organisme. Chaque élu est libre de choisir l organisme auprès duquel il suivra une formation. Concrètement, le CE définit un budget de formation quand il adopte son budget de fonctionnement pour l année. Chaque élu sait alors de quelle enveloppe il dispose pour se former dans l année. Par quelle formation commencer? Tout nouvel élu devrait suivre le plus rapidement possible après son élection une formation de base. Les intitulés sont différents d un organisme à l autre. Chacun évoque dans le thème pour cette formation initiale les bases, le rôle, le fonctionnement ou les obligations d un CE. Cette formation dure un ou deux jours selon les organismes. Elle permet à chaque élu de découvrir l étendue de ses obligations et de ses prérogatives. La formation légale des membres du CE L : «Les membres titulaires du comité d entreprise élus pour la première fois bénéficient, dans les conditions et limites prévues à l article L , d un stage de formation économique d une durée maximale de cinq jours dispensé soit par un organisme figurant sur une liste arrêtée par l autorité administrative dans des conditions déterminées par décret en Conseil d Etat, soit par un des organismes mentionnés à l article L Cette formation est renouvelée lorsqu ils ont exercé leur mandat pendant quatre ans, consécutifs ou non. Le temps consacré à cette formation est pris sur le temps de travail et est rémunéré comme tel. Il n est pas déduit des heures de délégation. Il est imputé sur la durée du congé de formation économique, sociale et syndicale prévu aux articles L et suivants. Le financement de la formation économique est pris en charge par le comité d entreprise.» Par quelles formations continuer? Une fois suivie la formation de base, chaque élu pourra souhaiter se perfectionner dans un domaine ou un autre : Le droit du travail, les conventions collectives, la jurisprudence, Comprendre les comptes de l entreprise, Les mécanismes de l économie, Les licenciements économiques et les plans sociaux, La formation professionnelle tout au long de la vie (sujet sur lequel le CE est consulté trois fois par an, voir chapitre sur le sujet), L épargne salariale, La négociation sociale et le dialogue social, La paye, les règles de rémunération, La communication du CE, Le rôle des autres instances représentatives : syndicat, DP, CHSCT, etc. Il y a aussi les formations de développement personnel : Gestion du stress, Prise de parole en public, etc. Comment choisir un organisme de formation? Il existe des organismes de formation liés à un syndicat et des organismes privés. Un organisme de formation doit avoir un numéro d enregistrement délivré par la Préfecture de région. Il est souhaitable qu il ait l agrément pour la formation économique des élus de CE. Un bon moyen pour choisir un organisme de formation est d écouter les conférences qu ils animent dans les salons et de discuter avec eux dans leur stand. Ceux qui sont compréhensibles et vous écoutent font déjà partie des formateurs qui vous conviendront. Le «bouche à oreille» ou même les références de l organisme sont aussi des moyens efficaces. entretien avec... Katrina Groves, Des stages de formation sont organisés systématiquement par le comité d entreprise de l INSEAD pour ses nouveaux élus, particulièrement sur les missions et les budgets. Dans cette entreprise, il est d usage que les suppléants bénéficient également de ces formations sur leur temps de travail. Le CE prend à sa charge le paiement de l organisme de formation, sur son budget de fonctionnement. Comment avez-vous choisi votre organisme de formation? Quand j ai été élue au CE, j étais aussi déléguée syndicale. J ai, grâce à mes contacts, cherché des spécialistes de la formation. On a fait appel à un consultant à Paris, qui est venu. Le contact est bien passé, il nous a semblé compétent. Il a donc organisé les formations pour les membres du CE et pour les délégués du personnel. Qu est-ce qui vous semble important à propos de la formation des élus? Il faut se former, c est une évidence. Mais, surtout, il faut choisir soi-même sa formation et son formateur, c est vital. Avant que je ne sois élue, les formations des élus étaient organisées par l entreprise. Mais c était une formation très limitée. Il faut faire par soi-même le tour des offres, voir l expérience des formateurs, les rencontrer. Le formateur que nous avons choisi avait 40 ans d expérience sur le terrain. Il était passé par le salariat et avait été élu de comité d entreprise, il avait donc une vision pratique des relations entre le patronat et les élus. Ensuite, il faut voir si l alchimie est bonne, vérifier la pédagogie, le contenu, les prestations Par exemple, de la documentation nous est fournie avant et les présentations nous sont envoyées, après la formation, par voie électronique. C est important d avoir ce type de supports
23 L assistance du CE L employeur est entouré d experts, parfois en interne, toujours en externe. Les élus ont besoin eux aussi d être aidés, accompagnés et soutenus dans leur rôle de contre-pouvoir. Pour un bon dialogue social, chacun doit disposer de ses propres experts. ALINEA Droit et réalité économique : un monde chaque jour plus complexe Pour débattre avec l employeur de la marche de l entreprise, pour être à même de défendre efficacement les intérêts des salariés, pour administrer la personne morale du comité d entreprise comme pour gérer les et culturelles, les élus doivent être en mesure de connaitre non seulement le code du travail, mais aussi le code de commerce, le code monétaire et financier, le code électoral, le code général des impôts, le livre des procédures fiscales, le code de la Sécurité Sociale, du tourisme, de la consommation, du sport, de la propriété intellectuelle, des assurances, de la mutualité, le code civil et le code pénal Pour maîtriser tout cela, il faut encore consulter la jurisprudence afin de connaître l interprétation que sont amenés à faire les tribunaux des lois et règlements adoptés par le parlement et le gouvernement. Formation et assistance : deux outils complémentaires Comme nous l indiquions dans le chapitre sur la formation des élus, si les stages qu un élu peut suivre lui permettent de prendre confiance en lui, de mieux dialoguer avec l employeur, de savoir ce qu est un comité d entreprise, de connaître le champ de la règlementation et le mettre en garde contre une gestion «approximative» du comité, elles ne lui permettront jamais de maîtriser parfaitement toutes les situations qu il va rencontrer au comité d entreprise. L employeur lui-même en est incapable : il a besoin de consultants et d experts spécialisés pour faire face à la réalité économique et juridique de l entreprise. Les avocats, conseils juridiques et spécialistes des relations eux-mêmes sont aujourd hui, de plus en plus, spécialisés dans l un des domaines cités ci-dessus. La confiance n exclue pas le contrôle Faire confiance au trésorier du comité n exclue pas que les autres membres contrôlent son travail : c est la nature même d une instance collective comme le comité d entreprise. De même, faire confiance à l employeur n exclue pas que les représentants du personnel obtiennent de leur côté tous les renseignements et conseils qui leur permettent d assumer pleinement leur rôle. Pour être en mesure de débattre de la marche de l entreprise, de présenter des arguments sur tous les sujets concernant les droits des salariés, les représentants du personnel ont besoin d être assistés par leurs propres experts. Il ne s agit pas ici de considérer, a priori, que l employeur raconte des balivernes aux élus. Cela peut arriver, comme dans toute situation humaine : quand les dirigeants ou les interlocuteurs manquent d arguments, certains d entre eux ont une fâcheuse tendance à inventer le droit sur place. Certains élus font de même. Mais là n est pas la question. Pour avoir un dialogue social de bonne qualité, il est nécessaire qu aucune des parties prenantes ne triche. Mais que les élus soient crédibles dans les problèmes qu ils exposent à l employeur et que celui-ci soit honnête dans ses propos et dans les informations qu il délivre aux élus ne suffit pas à garantir un bon dialogue. Car personne ne détient la vérité absolue : ni l employeur ni les élus. Le dialogue social est producteur d idées et de solutions dès lors que chaque partie du dialogue (employeur d un côté, représentants du personnel de l autre) parle en connaissance de cause. C est pourquoi chacune des parties du dialogue social doit disposer de ses propres experts. C est à cela que répond la fonction d assistance ou d accompagnement auprès des comités d entreprise
24 Le budget de fonctionnement a été créé pour cela On rencontre des élus, y compris des responsables syndicaux, qui se «plaignent» de ne pas pouvoir verser les excédents du budget de fonctionnement dans le budget social et culturel. Ces élus méconnaissent pourquoi, à partir du 1 er novembre 1982, les employeurs ont été obligés de verser 0,2 % de la masse salariale brute pour le «fonctionnement» du comité d entreprise ou d établissement. C est justement pour donner les moyens financiers aux représentants du personnel de s entourer d experts et de consultants, par des contrats d assistance ou à travers des missions ponctuelles. Car si les CE pouvaient reverser le fonctionnement dans les et culturelles, cela satisferait une partie des employeurs qui n apprécient pas que leurs élus soient à leur hauteur dans les débats. Le budget de fonctionnement a été créé pour que les membres du comité d entreprise ou d établissement soient entourés des experts, formateurs et consultants nécessaires à leur rôle : représenter les intérêts des salariés et gérer le comité. C est ce qu indiquent tous les arrêts de la cour de cassation sur le sujet depuis le premier jugement en la matière qui date du 26 septembre 1989 (arrêt n ). Modalités de fonctionnement des missions et contrats d assistance Deux principaux types de contrats existent : Une «hotline», joignable à tout moment en journée, Un contrat avec un engagement de réponse dans un délai de quelques heures, au plus deux ou trois jours. La plupart des questions que se pose un comité ne nécessite pas de réponse immédiate. D autres fois, à l occasion d un débat en réunion préparatoire ou d une interruption de séance en plénière, une réponse immédiate est utile. C est au comité de choisir le type de contrat dont il estime avoir besoin. Certains élus apprécient d être suivis par la même personne afin que les réponses cadrent avec la situation particulière de l entreprise. Les modalités financières proposées par les cabinets spécialisés sont de trois ordres : Des contrats au temps (cinq heures, dix heures, quinze heures, etc.). Ce type de contrat est notamment proposé par les cabinets d avocats. Des contrats forfaitaires selon la taille de l entreprise avec des engagements différenciés selon le niveau de prix : sans réponse écrite, avec réponse écrite, avec analyse de la convention collective ou pas, avec analyse de documents ou pas, etc. Des contrats forfaitaires selon la taille de l entreprise uniquement avec analyse de documents en facturation séparée. Sauf pour les contrats d assistance auprès des salariés pour les questions d ordre privé (qui doivent être comptabilisés sur le budget des culturelles) tous les contrats et missions d assistance sont à comptabiliser sur le budget de fonctionnement. L assistance sur le fonctionnement du comité L employeur est Président, il se croit doté d un pouvoir sur le comité. Certains Secrétaires de CE se croient dotés eux aussi d un pouvoir sur le comité. Ils se voient comme un «patron» du comité. Et pourtant seul le comité peut décider à la majorité de ses membres de son organisation, de son action et du bon usage de ses moyens financiers. L assistance du comité doit donc permettre de répondre, à chaque échéance, aux problèmes posés au fur et à mesure par la méconnaissance des salariés, des élus, de l employeur ou des fournisseurs sur le mode de fonctionnement et de décision d un comité d entreprise ou d établissement. L assistance sur la gestion des comptes du comité Un comité d entreprise est un organisme à but non lucratif, mais ce n est pas une association «loi 1901». Les banquiers sont pourtant nombreux à confondre les deux et à exiger un accord du Président du CE pour ouvrir ou fermer un compte bancaire. Pourtant, seule une délibération portée au procès-verbal d une réunion plénière du comité permet au comité de modifier son organisation bancaire. La comptabilité du comité est identique à celle d une entreprise uniquement si le comité a luimême 50 salariés ou plus qui travaillent pour lui. Par contre, le comité doit tenir deux comptabilités séparées : les et culturelles d un côté, le fonctionnement de l autre. L assistance sur la gestion des et culturelles Un salarié poursuit le CE car il considère qu il est discriminé par la politique sociale et culturelle. Un fournisseur vous démarche et vous affirme que vous devez payer des droits d auteurs particuliers au moment d acheter des CD de musique. Un autre vous affirme que vous pouvez comptabiliser sa prestation sur le budget de fonctionnement. Etc. Comment allez-vous répondre à ces questions sans disposer d une assistance? L assistance sur l examen des rapports obligatoires L employeur de moins de 300 salariés doit présenter au comité un rapport annuel comportant de nombreux indicateurs financiers et sociaux. Le rapport estil complet? A quel moment ce rapport doit-il être remis? Comment rédiger la délibération du comité? L employeur de 300 salariés et plus doit présenter au comité d entreprise un bilan social, un rapport sur l égalité professionnelle, etc. Votre contrat d assistance doit vous permettre de vérifier la conformité des informations fournies, d analyser leur contenu puis d en tirer les conclusions pour évaluer la situation financière et sociale de votre entreprise. L assistance sur les questions économiques Si la loi vous permet de désigner un cabinet d expertise comptable, dont les honoraires sont pris en charge par l employeur, pour accompagner le comité dans la compréhension de la situation financière, économique et sociale de l entreprise, c est à l occasion de missions ponctuelles et datées. Au moment de la présentation des comptes annuels, en cas de droit d alerte économique, en cas de licenciement économique de 10 salariés et plus, notamment. Mais la loi ne prévoit pas que le comité bénéficie d une assistance permanente financée par l employeur. C est donc au comité de financer cette assistance permanente. Ainsi chaque fois qu un document économique ou financier est présenté au comité, celui-ci peut interroger son assistance pour en comprendre le contenu et en tirer les conséquences pour prendre position. Le recours à un expert Article L : «Le comité d entreprise peut faire appel à tout expert rémunéré par ses soins pour la préparation de ses travaux. Le recours à un expert donne lieu à délibération du comité. L expert choisi par le comité dispose des documents détenus par celui-ci. Il a accès au local du comité et, dans des conditions définies par accord entre l employeur et la majorité des membres élus du comité, aux autres locaux de l entreprise.» La «Préparation de ses travaux» comprend toutes les consultations dont le comité fait l objet et toutes les décisions qu il est amené à prendre pour gérer ses deux budgets et les et culturelles. entretien avec... Francis Blaquières, secrétaire adjoint du CE Arjohuntleigh Equipements Hospitaliers, environ 320 salariés. De quel type d assistance votre CE dispose-t-il pour toutes les questions d ordre juridiques? Depuis plusieurs années, nous souscrivons à un abonnement annuel pour une assistance juridique. Il s agit d intervenants juristes que nous pouvons contacter par mail ou par téléphone. Nous sollicitons cette assistance relativement souvent, en moyenne deux fois par mois. Nous posons d abord notre question par mail et généralement la réponse arrive dans la journée. Puis, si nous avons un souci de compréhension ou si nous avons besoin d informations complémentaires, alors nous passons par le téléphone. Tous les élus du CE, mais aussi du Chsct, y ont accès. Nous faisons également appel à un expert comptable qui nous assiste pour la compréhension des comptes de la société. C est deux aides sont indispensables pour le CE car nous avons tous une autre activité, aucun de nous n est ni un professionnel de la loi ni de la comptabilité. Le plus souvent, pour quelles raisons faites-vous appel à votre assistance? Nous consultons cette assistance dès que nous avons une question sur un point de droit ou sur un sujet qui touche aux conditions de travail. Il y a deux cas de figure. Généralement, c est lorsqu il s agit de préparer une réunion de CE. Quand la direction nous soumet l ordre du jour, il peut y avoir des points sur lesquels on souhaite des éclaircissements. Appeler notre assistance nous permet de savoir si la direction est dans son droit ou s il y a une faille. Cela nous aide à anticiper les réponses de la direction et à avoir du répondant. Ca change tout quand, dans une réunion, vous pouvez répondre de manière précise et argumentée. Le rôle d une assistance juridique n est pas seulement d envoyer des documents, c est aussi de soutenir les élus et de les conseiller. L autre cas, c est lorsqu un salarié vient nous poser une question en droit du travail et que l on ne sait pas y répondre
25 L assistance sur les restructurations économiques Dans l hypothèse d un licenciement économique de 10 salariés et plus sur 30 jours, l employeur est dans l obligation de mettre en place un PSE (Plan de Sauvegarde de l Emploi), nouveau nom du plan social. Ce plan doit contenir de nombreuses mesures destinées à accompagner les salariés licenciés, à réduire le nombre de licenciements et à apporter des aides financières et matérielles aux salariés privés d emploi. Une mission ponctuelle d assistance est nécessaire pour aider le CE à évaluer le sérieux du PSE en fonction des ressources de l entreprise et à l orienter en fonction des besoins réels des salariés concernés. L assistance sur la négociation des accords d entreprise Chaque fois qu une négociation est ouverte entre la direction et les syndicats pour élaborer un accord d entreprise, le comité d entreprise doit être consulté dès l ouverture des négociations. Complémentaire santé, prévoyance, temps de travail, seniors, etc. L assistance du comité, soit en mission ponctuelle, soit à travers le contrat annuel est nécessaire pour alimenter les négociateurs en arguments et aider à la rédaction des dits accords. L assistance sur le droit du travail individuel Les représentants du personnel, qu ils soient élus en Délégation Unique du Personnel ou en instance distinctes (CE, DP) sont quotidiennement interpellés par des salariés sur la feuille de paie, le contrat de travail, les congés payés, les modalités de mise en œuvre des accords dits «35 heures», les congés spéciaux, les absences, les droits de l employeur, les obligations du salarié, etc. Tous les contrats d assistance à l année contiennent la réponse à ces questions. C est la base même d une assistance. L assistance sur la formation du personnel La loi impose que le comité d entreprise et la commission formation soient en capacité «de participer à l élaboration du plan de formation» (L ). Trois échéances jalonnent, par ailleurs, la consultation du comité sur la formation continue. Bilan du plan de formation de l année précédente au plus tard le 30 septembre, orientations du plan de formation, projet de plan de formation de l année suivante au plus tard le 30 décembre : trois consultations essentielles sur les moyens mis en œuvre pour adapter les salariés à leur poste de travail et améliorer leur employabilité. L assistance peut consister à participer à chaque réunion de la commission formation, à analyser les documents remis obligatoirement trois semaines avant chaque réunion de commission et de plénière du CE. Les logiciels de gestion du CE La compta et les ASC, réunis en un clic! Même lorsque le CE n a qu une centaine de salariés, la gestion des ASC et la tenue des comptes peuvent s avérer un casse-tête, qui plus est chronophage. La solution : opter pour un logiciel de gestion conçu exclusivement pour les comités d entreprise. Présentation Bien que rarement comptable de formation, le trésorier du CE doit pouvoir présenter une tenue de compte en règle. Une tâche d autant moins évidente qu il s agit d une comptabilité bien spécifique, notamment à cause de la séparation des budgets, et directement liée à la gestion, elle aussi complexe, des ASC. Pour ces trois raisons, les éditeurs ont mis au point des «progiciels intégrés» de gestion du CE : logiciels dédiés aux CE ; «pro» mais facile d accès ; intégrant ensemble gestion des ASC et comptabilité (l inscription d un salarié à une activité génère les écritures comptables correspondantes). Les avantages de ces progiciels sont nombreux. Outre le gain de temps, ils permettent d optimiser la politique sociale du CE en rendant visibles ceux qui bénéficient des subventions et les autres, et en priorisant les subventions en fonction de vos critères, par exemple grâce à un nombre de points attribués à chaque salarié. D un point de vue comptable, en plus de mettre la comptabilité à la portée des élus, ils permettent à l expert du CE d avoir accès à vos comptes via Internet. Enfin, il suffit au salarié d aller sur sa page pour être informé de tous les avantages et que lui proposent son CE. les points clés Le tour des offres Les principaux prestataires proposent un progiciel standard à compléter par des modules optionnels pour répondre aux besoins plus spécifiques (centre de loisirs, chèques vacances, prêt financier, etc.) et qui pourra également se jumeler avec un site Internet. Mais quelque soit l envergure du projet, il faut garder à l esprit qu il s agit d un engagement de (très) long terme qui lie le CE à un prestataire. Avant de signer, quelques points de vigilance s imposent : le prestataire a-t-il pris le temps de vous aider à établir votre cahier des charges et de vous proposez un produit sur-mesure? Son entreprise est-elle pérenne? La formation au progiciel est-elle suffisante? La hotline est-elle payante ou non, délocalisée ou non? Mon matériel informatique est-il compatible? Quels seront les éventuels surcoûts à venir en cas de changement de trésorier, de fusion ou scission, de modifications des paramétrages, etc.? Quelle sera la fréquence des mises à jour? Un conseiller technique viendrat-il sur site régulièrement? Enfin, la plupart des éditeurs proposent une prestation globale : des offres commerciales de type billetterie, remises dans différentes enseignes Avant de choisir, définir les besoins du CE avec les futurs utilisateurs de l outil. Consulter plusieurs fournisseurs performants et contacter des CE déjà équipés de leurs produits. Choisir un progiciel intégré conçu pour les CE. Prévoir, dans le budget total, l ensemble des coûts de mise en place et pas seulement l achat du logiciel
26 et chèques cadeaux, intégrées à votre progiciel et accessibles aux salariés. Certains y verront un avantage supplémentaire, d autres préfèreront garder la main sur les produits et qu ils proposent aux salariés. Dans ce cas, mieux vaut se tourner vers un «petit» éditeur de progiciel : pas de plateforme d e-consommation, mais une totale indépendance du CE dans ses choix de prestataires. Les pièges à éviter Les prestataires proposent souvent des packs comprenant plusieurs modules optionnels, un accès à une billetterie, etc. Le plus sage est de s équiper progressivement en commençant par une formule réduite car le risque est grand de s équiper au-delà de ses besoins réels, surtout face à des commerciaux compétents! Au fil du temps, le CE pourra compléter, en connaissances de cause, son arsenal informatique. Autre danger, celui de trop se couper des salariés. Si ces derniers peuvent consulter les catalogues, s informer des sorties à venir, réserver leur voyage, retirer leur chèques cadeaux et payer leur place de cinéma par Internet, alors ils ne passeront plus beaucoup au bureau du CE! Lorsque c est possible, la solution peut consister par exemple à ne pas permettre le paiement en ligne ou à garder l émission de certains titres. Enfin, pour éviter les désillusions, n oubliez pas que si les progiciels pour CE facilitent et allègent véritablement le travail des élus, pour autant, ils ne font pas tout, tout seuls! Bon à savoir La clôture annuelle des comptes du CE est une opération inévitable, mais difficile, surtout si le trésorier du CE n est pas à l aise avec les termes comptables. Les éditeurs de progiciels proposent généralement aux élus de les accompagner dans cet exercice délicat. Un service (facturé) qui n a pas valeur de certification des comptes, mais qui est le plus souvent apprécié par les élus. entretien avec... Bénédicte Paitreault, Trésorière du CE SPIE Ouest-Centre (86), 750 salariés. Pour quelles raisons avez-vous décidé de prendre un logiciel de gestion? Pour la comptabilité. C était vraiment nécessaire, nous n avions qu un simple fichier Excel! Nous avons donc rencontré plusieurs prestataires. Finalement, notre choix s est fait sur le prix bien sûr, mais aussi sur le relationnel : nous avons gardé celui qui ne nous mettait pas trop de pression pour le choisir! Comment s est passée la mise en service du logiciel? Ca a été très simple. Le prestataire m a installé à distance le logiciel sur mon poste, puis j ai suivi une formation de six demijournées. Pour quelqu un comme moi de novice en logiciel de gestion et qui ne connaît pas bien les termes comptables, c était intense C est un vrai investissement personnel de s approprier cet outil. Quels sont les aspects de votre logiciel de gestion que vous appréciez le plus? C est d abord un outil convivial. Par exemple, les icônes qui nous indiquent sur quel dossier on travaille. Le travail est plus facile, car l on sait tout de suite, par le regard, sur quelle page on est, ce que l on fait, où l on va, etc. Ensuite, c est la sécurisation de la comptabilité, il y a moins de possibilités d erreur. Notamment pour les rapprochements bancaires, il n y a pas de «loups» possibles. Par exemple si on vend pour 22 euros de billetterie et qu on en inscrit pour 45 euros, il y a un retour automatique qui nous signale le bordereau erroné. Qu est-ce que ce logiciel a apporté au fonctionnement de votre comité d entreprise? Aujourd hui, en réunion de CE, je peux sortir des états financiers dans le détail et rapidement. Ca n était pas possible avec un tableur Excel. Je ne pourrais plus m en passer. En revanche, ça ne m a pas réellement apporté un gain de temps parce que la comptabilité pour 750 salariés prend toujours du temps, mais, je suis plus à même de bien remplir mon rôle de trésorière. La communication du CE Garder le lien La communication est sans aucun doute le talon d Achille des comités d entreprise. Tout le monde communique, nous sommes submergés de messages, mais plus personne ne se parle vraiment... le CE, qui est dans «l humain d abord», est un communicant en difficultés. La communication du CE est trop souvent inaudible et invisible Le panneau du CE? Souvent trop mal placé voire inutile dans les milliers d entreprises dispersées sur le territoire. Dans les entreprises où le panneau est bien placé et utile, il est, la plupart du temps, recouvert de trop de messages dont certains sont depuis longtemps dépassés. Manque de temps pour tenir à jour le panneau et usure des élus qui ont l impression de parler dans le vide. Mettez un post-it jaune fluo avec juste indiqué «la direction nous accorde le pont du 1 er mai» et l information va se répandre en moins d une heure dans le personnel. Quelle époque ingrate! La communication du CE est d autant plus complexe qu il y a quatre publics très différents auprès desquels il convient de maîtriser sa communication : - entre élus, - avec l employeur, - avec les salariés, - avec les institutions du travail. Les élus du comité donnent une certaine importance à leur action, ils y consacrent du temps qui empiète sur leur vie privée et ils se désolent que les résultats de leur communication soit si faible. Celui qui communique au nom du CE fait partie des responsables du CE : du Secrétaire au Trésorier en passant par l éventuel responsable d une commission. Il se dit «j ai une information à faire passer», il rédige son texte et le les points clés Avant de communiquer, posez-vous les questions suivantes : - à qui je m adresse? - quel est mon message? - quelle peut être l interprétation du message? - les gens sont-ils disponibles et pour combien de temps? diffuse sans se poser les bonnes questions. Parce qu il croit, naïvement, que les destinataires de cette information sont aussi préoccupés que lui de son importance. Or, c est rarement le cas. C est pourtant l émetteur d un message qui est responsable de sa mauvaise réception et non l inverse. Quelques règles simples pour communiquer utile Avant de communiquer avec quiconque, il faut se poser 4 questions simples : 1- À qui s adresse mon message? Les salariés, certains salariés, la direction, etc. 2- Quel est l objectif de mon message? Déclencher une réaction/une inscription, transmettre une information utile, montrer que le comité ne se laisse pas faire, montrer que le comité est ouvert à la discussion, etc. 3- Quelle peut être l interprétation du message? On déclenche parfois des réactions contraires à ce qu on envisageait faute d avoir employé le bon langage. 4- Les gens à qui je m adresse sont-ils disponibles et pour combien de temps? Les salariés passent 5 secondes devant le panneau alors je parle 5 secondes et pas plus. Les salariés reçoivent 50 s par jour alors je rédige un «objet» court et immédiatement compréhensible puis un message aussi court que possible pour atteindre l objectif visé
27 Chaque fois que vous préparez une communication, si vous vous posez vraiment ces 4 questions et que vous y répondez en toute objectivité votre communication va devenir performante. Avant de communiquer, mettez-vous quelques secondes à la place de ceux à qui vous vous adressez. Non pas pour modifier votre conviction, mais pour adapter la forme de votre message à ses préoccupations. Exemple : vous voulez convaincre votre employeur de faire un versement exceptionnel pour une activité sociale et culturelle? Vous vous adressez à un gestionnaire. Si vous commencez par lui demander de l argent, il va se raidir et se fermer. Développez d abord tout l intérêt de l activité que vous souhaitez organiser, les avantages que les salariés vont en tirer et ce que l entreprise va y gagner en satisfaction du personnel. Ne parlez d argent que lorsqu il est convaincu du bien fondé de votre projet et qu il demande «et ça coûte combien tout ça?». Vous vous adressez à des membres du comité sensiblement moins motivés que vous : ne cherchez pas à obtenir d eux le même engagement que le votre. Identifiez ce qu ils sont individuellement capables de donner et proposez leur une action qui leur apporte une satisfaction. Cela les motivera. Vous voulez alerter l inspection du travail, la direction du travail ou le médecin du travail sur tel ou tel fait qui vous préoccupe. Ne leur transmettez pas le PV du CE chaque mois, sauf s il vous en ont fait la demande expresse. Imaginez leur situation : ils ont des dizaines voire des centaines d entreprises à suivre et vous pensez vraiment qu ils vont lire chaque mois les PV de chaque CE, les questions/ réponses des DP et le PV du CHSCT? Ecrivez leur avec AR et copie à l employeur quand la situation l exige, cela pèsera beaucoup plus. Communiquer avec les salariés Ce sont bien sûr les salariés qui représentent votre principale «cible» de communication. Ce sont vos électeurs, vous leur devez donc un compte rendu régulier de mandat. Une fois par an au minimum rappelez ce que vous avez réalisé et dont, souvent, ils ne se souviennent déjà plus. Le salarié est aujourd hui un consommateur. On peut le regretter, mais cela ne sert à rien de le déplorer. Il faut donc qu une partie de votre action soit destinée à leur «consommation». C est en passant par cette étape que vous pourrez les entrainer dans des actions ou des réactions moins spontanéees (actions, actions solidaires, réactions socioprofessionnelles). Rien ne remplace le face à face avec les salariés. Paradoxalement, dans notre société du 21ième siècle de soi-disant communication, on ne se parle plus qu à distance, comme si on avait peur de sentir le gaz Et quand on prend le temps de se déplacer et d aller voir les salariés on entend fréquemment «ça fait plaisir de voir quelqu un». Il faut que vous organisiez le partage de l entreprise, quelle que soit son organisation (tous au même endroit ou dispersée sur le territoire), entre les élus du comité disposant d heures de délégation. Que chacun soit chargé d un secteur et d en faire le tour selon un planning réaliste. La solidarité se perd dans le monde du travail nous disent les psychosociologues spécialistes de la souffrance au travail. Si les représentants du personnel n en ont pas conscience et n agissent pas à contre courant de cela, c est à vous de vous poser la question : à quoi sert votre mandat? Enquêter c est communiquer Réaliser une enquête auprès du personnel est utile pour trois raisons : - vous obtenez la «température» du personnel sur un sujet, - vous montrez que vous vous intéressez aux salariés qui ne voient votre action que de loin, - vous communiquez avec les salariés par l action. Il ne faut, bien évidemment, pas tomber dans la maladie du sondage, chère à nos politiques. Mais réaliser chaque année une enquête sur un sujet important est un acte fort de communication. N attendez pas autant de réponse à un questionnaire sur la formation continue que sur les socioculturelles, mais cela montrera votre attachement à traiter le sujet de la formation du personnel. Choisissez des QCM (Questionnaire à Choix Multiples) où l on répond rapidement sans avoir à rédiger sa réponse. Très important : transmettez les résultats de chaque enquête aux salariés, cela anime le débat dans l entreprise, c est une action de communication supplémentaire et cela encourage les salariés à répondre au prochain questionnaire
28 Les bons moyens pour communiquer Dans chaque enquête pensez à mesurer l équipement numérique du ménage : ont-ils Internet, vous ont-ils fourni leur personnel (celui de leur maison)? C est le préalable à toute communication par s. Tous les salariés ne vous fourniront pas leur personnel : communiquez avec ceux qui vous l ont transmis les autres finiront par le faire quand ils en auront assez de perdre des informations sur vos sorties, voyages et autres et culturelles. Mais l envoi d n est pas en soi un bon outil de communication. Ni le panneau du CE, ni l , ni les infos affichés à côté de la machine à café ne sont de bons moyens de communication en soi. C est à vous de le mesurer. Ainsi, dans une entreprise où chaque salarié est inondé de 50 à 100 mails professionnels chaque jour, peut être que l sera plutôt expédié à la maison. Comment savoir qu un message a été transmis sur le bon média? Faites une expérience : transmettez un message précis sur l un des canaux qui vous semble utile. Attendez deux jours. Sélectionnez entre 20 et 50 salariés au hasard sur l annuaire téléphonique de l entreprise. Appelez-les pour leur demander «astu reçu récemment une info du CE?», si c est oui demandez «laquelle?». Comptez le nombre de fois où l on cite celle que vous avez effectivement transmise. Site Internet du comité Il paraît difficile, aujourd hui de ne pas avoir un site Internet du comité. Il existe des prestataires qui peuvent vous permettre de mettre en place un tel site pour une somme modique (à comptabiliser sur le budget de fonctionnement). Il permet au salarié de lire en famille à tout moment ce que propose le CE, regarder les photos d une sortie ou d une fête organisée par le comité. Si vous avez une activité importante de billetterie (activité sociale la plus répandue dans les CE), de réservation pour des, pensez à mettre en place un paiement par Internet, il existe des systèmes sécurisés pour le faire. Surtout si vos salariés sont dispersés sur le territoire car cela évite que seuls les salariés du siège bénéficient de l achat direct de billetterie, par exemple. Mettez en ligne les PV, accords d entreprise, communications des syndicats de l entreprise, PV du CHSCT et questions/réponses des DP. Cette partie doit être accessible avec un code pour respecter la confidentialité. Enfin, utilisez le site pour dialoguer avec les salariés. Créez un forum pour qu ils débattent de leurs problèmes. entretien avec... Patricia Dubois, Secrétaire adjoint du CE d Or Est (Bas-Rhin) Quel type d outils de communication utilisez vous? On utilise à la fois le papier, avec des tracts ou de l affichage, et le numérique : le comité d entreprise dispose d un site Internet, mais il n est accessible qu en interne. De façon générale, tous les outils servent la communication du comité vers les salariés, on n a pas pris le parti de permettre la communication entre les salariés via ce biais. Votre site Internet est mis à jour régulièrement? Oui, le but, c est d être réactif. Une personne du comité a pour mission de le mettre à jour, en fonction de sa charge de travail, bien sûr. C est fait le plus souvent possible. Avez-vous entrepris des démarches spéciales? Oui, nous avons effectué les démarches habituelles de déclaration auprès de la Commission Informatique et Libertés, comme on nous l a conseillé. Et puis, comme nous mettons en ligne les photographies des fêtes de Noël qu on organise, par exemple, il nous fallait l accord des salariés. Le site Internet sert-il également aux salariés qui voudraient vous contacter? Les salariés ont effectivement la possibilité de laisser des messages sur le site, mais c est très rare. La plupart du temps, ils viennent plutôt nous voir personnellement. Pour en savoir PLUS Regardez les sites de vos collègues d autres CE pour voir comment ils présentent leurs
29 Droits & devoirs des salariés dans le monde numérique Dans l entreprise, si les droits du citoyen subsistent, le salarié ne peut pas non plus tout se permettre Depuis plus de 15 ans, le développement des outils numériques est venu bouleverser la donne. Le point sur les droits et les devoirs de chacun. L arbitraire fait mauvais ménage avec les libertés Trop d employeurs et de cadres dirigeants estiment qu une fois passée la porte de l entreprise le salarié doit ranger sa liberté au vestiaire et accepter toute consigne soi-disant bonne pour l entreprise. Le principe réside dans une expression simple : toute décision de l employeur doit être «justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché». Ce principe s applique donc à tout système de contrôle que les technologies numériques permettent. Aucun système de contrôle (conversations téléphoniques, messagerie électronique, navigation sur internet, vidéosurveillance, etc.) ne peut être mis en place sans être justifié par la tâche professionnelle à accomplir et proportionné au but recherché par l activité de l entreprise et le poste de travail occupé. Où finit la liberté du salarié? Les délégués entendent presque chaque jour un salarié leur demander si ce que leur chef vient les points clés de leur imposer est légal. La seule réponse est celle là : «en quoi l ordre qui vient d être donné est justifié par la tâche à accomplir et proportionné au but recherché». Ce qui n est pas justifié ni proportionné est arbitraire, ce qui est arbitraire est une atteinte aux libertés. Prenons un exemple. Un informaticien travaille seul dans un local qui lui est réservé, il n est pas en contact avec la clientèle ni chargé de représenter l entreprise. Cet été là, ce salarié vient travailler en bermuda, chemisette et chaussé de tongs. Il est propre sur lui, mais son employeur veut lui imposer une autre tenue vestimentaire. Le salarié refuse d obéir ; la cour de cassation confirme que le licenciement du salarié est sans cause réelle et sérieuse et que l employeur a eu un comportement arbitraire. Malheureusement, si la loi prévoit l annulation du licenciement pour discrimination, ce n est pas le cas pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Dans la période actuelle de fort chômage, l arbitraire a encore de «beaux jours» devant lui, non pas grâce à la loi mais à cause de la crainte du chômage «Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché.» (L1121-1) «L informatique doit respecter l identité humaine, les droits de l homme, la vie privée et les libertés» (ouverture du site de la CNIL) La CNIL a pris position sur les libertés à l ère numérique La commission Nationale de l Informatique et des Libertés, créée en 1978 dispose d un pouvoir règlementaire. Les textes législatifs de 2004, 2005 puis 2007 jusqu au décret du 29 décembre 2011 ont renforcé son pouvoir et précisé les notions de vie privée, de protection des données personnelles et de liberté des salariés. Chaque citoyen peut, à propos des outils informatiques et numériques, interroger ou alerter la CNIL de situations qui lui semblent porter atteinte aux libertés. La vie privée du salarié est protégée par la loi Il est interdit d écouter les conversations téléphoniques d un salarié sans son accord. L informer que l entreprise le fait ne suffit pas. Un salarié a le droit d avoir des conversations téléphoniques privées sur le lieu de travail que l employeur n a pas le droit d écouter ni d enregistrer. Tout enregistrement (images ou sons) réalisé à l insu des salariés est un mode de preuve clandestin, donc illicite. La mise en place d une vidéo surveillance doit respecter les conditions impératives suivantes : en définir le motif, justifier chaque caméra en fonction de ce motif, consulter le CE, informer chaque salarié de la position des caméras. Chaque salarié a le doit d avoir des affaires personnelles dans son casier de vestiaire, dans son bureau et dans son ordinateur professionnel. A condition, bien sûr que les éléments «personnels» n aient pas un caractère illicite. Un dossier «perso» peut être visité par l entreprise à condition que le salarié soit présent ou du moins informé et que des circonstances explicites le justifient. entretien avec... Jean-Marc Weckner Délégué national SNB Banque Populaire Y a-t-il la possibilité pour les CE des Banques Populaires d utiliser le réseau interne et d expédier des s à tous les salariés? Une Banque l avait autorisé pour les syndicats, mais un syndicat a expédié chaque jour un message la direction a vite fermé le «tuyau» devant un tel abus! Le Secrétaire du CE de la Banque Populaire d Alsace est autorisé à expédier par interne le PV et toutes propositions d et culturelles. Comme il l utilise avec parcimonie, cela fonctionne. Dans d autres Banques Populaires, au moment des élections, la direction autorise chaque syndicat à expédier la dernière semaine un tract. Le «tuyau» est ouvert pour cette opération et refermé aussitôt après. Les CE et les syndicats ont-ils un espace sur l Intranet? Oui, dans certaines Banques Populaires. Mais le salarié doit décider lui-même de se rendre sur l Intranet. C est plus difficile d avoir du trafic. Des CE ont-ils un site Internet? Oui, des CE ont un site Internet extérieur auquel les salariés accèdent avec un code. Nous sommes une banque et il est normal que des normes de sécurité importantes soient mises en place. Toute la question de l utilisation des nouvelles technologies de l information et de la communication est d arriver à stimuler la lecture des outils existants. Pour en savoir PLUS (aller notamment dans «délibérations») (code du travail article et suivants) Article du code pénal Le pouvoir disciplinaire de l employeur 27 - octobre Ed. Liaisons Sociales
30 S SALONSCE nous avons tant à partager Dans un contexte tendu où l accès à l information devient stratégique, SalonsCE a investi les multiples canaux de communication afin de fournir à tout moment toute l information nécessaire au bon exercice du mandat des Instances Représentatives du Personnel (IRP). Internet, audiovisuel, formation, conseil, presse, réseaux sociaux et organisations de salons aux quatre coins de la France permettent aux IRP de bénéficier d une information de qualité au service de leurs missions : celle du dialogue social, du rôle économique,et celle de la gestion des et culturelles, toutes au bénéfice du bienêtre des salariés au sein et hors de l entreprise. Toujours plus près des IRP Les SalonsCE : une multitude de contacts et d opportunités en un même lieu Gratuits et réservés aux élus de CE, de collectivités, d associations et groupes, les SalonsCE proposent la plus belle et la plus exhaustive des offres de fournisseurs de produits et de services : sorties, voyages, Noël et fêtes, services aux salariés, distribution automatique, protection sociale, missions économiques et fonctionnement, etc. Que l élu cherche une mutuelle ou une nouvelle idée de sortie, en matière d et culturelles il trouvera toujours ce dont il a besoin sur SalonsCE! La réunion de toutes les offres dans un même lieu permet de gagner un temps précieux sur les 20 heures de délégation par mois dont dispose un élu de CE. Les SalonsCE permettent aussi de comparer les prestations et services des différents fournisseurs et surtout de créer une relation humaine avec ceux qui deviendront des partenaires du comité d entreprise. «Les Rencontres du Dialogue Social» : des conférences opérationnelles et techniques et des débats à vocation plus stratégique. En plus du soutien et du développement des et culturelles au sein de leur structure, les CE assurent l expression collective des salariés et permettent ainsi la prise en compte de leurs intérêts dans diverses décisions (organisation du travail, formation professionnelle, etc.). Dans cette optique, les SalonsCE sont une occasion unique de se former et de s informer au regard d une règlementation et d un code du travail en perpétuel changement. C est la raison d être des «Rencontres du Dialogue Social» organisées sur tous les SalonsCE selon des modalités différentes : des conférences et des débats, en phase avec l actualité sociale, la législation en vigueur ou à venir, les diverses mesures administratives impactant la vie des IRP. L élu trouvera lors de ces conférences animées par les partenaires conférenciers de SalonsCE et d autres experts et conseils du monde du les points clés Les frais de déplacement et de restauration occasionnés seront imputés au «0,2 %», le budget de fonctionnement du CE
31 travail, des informations à forte valeur ajoutée de nature technique et opérationnelle, portant sur le fonctionnement du CE, sur son rôle économique, sur le rôle et les fonctions du CHSCT (les conditions de travail) et celui des délégués syndicaux (les NAO par exemple). Quant aux débats ils peuvent prendre plusieurs formes : le Débat lui-même nécessairement contradictoire et qui porte sur la thématique du salon ; la «Socialexpérience» qui vise à décrypter une expérience de dialogue social dans l entreprise avec les représentants du personnel et ceux de l entreprise ; enfin la Tribune qui donne plutôt la parole aux experts. Toutes ces formes ont en commun de prendre un peu de hauteur par rapport au quotidien et d offrir un éclairage plus problématique ou stratégique, une approche plus politique qui permette aux élus de se faire une opinion et de déterminer leur position propre : SalonCE est bel et bien un lieu de dialogue et d échanges d expériences et de bonnes pratiques qui donne la parole aux élus. Des outils pour aider les IRP dans leur travail quotidien La mission d information des IRP qui est celle de SalonsCE suppose la prise en compte de l extraordinaire complexité de leur rôle et de la profonde mutation que connait la société en matière de communication et de moyens d accès à l information. SalonsCE s est résolument engagé dans cette évolution et se déploie désormais, parallèlement aux SalonsCE eux-mêmes, sur des canaux de communication complémentaires que s approprient peu à peu les élus : entretien avec... Patrice Minier, Secrétaire adjoint du CE de la SDME. Vous rendez-vous régulièrement dans les SalonsCE? J essaie d en faire au moins un dans l année. Même si les salons de Paris sont intéressants, il est beaucoup plus pratique pour moi de me rendre à celui de Lyon. Que cherchez-vous sur un salon? D abord, des idées et des fournisseurs, pas nécessairement extrêmement novateurs mais qui nous permettent de varier nos cadeaux de fin d année, notamment nos coffrets. Nos salariés sont disséminés sur 13 sites, et cet éparpillement est nécessaire à prendre en compte. J aime aussi rencontrer des élus issus d autres comités d entreprises. C est toujours intéressant de partager les expériences, même si on n a pas forcément ni les mêmes moyens ni les mêmes profils. Sur quoi concentrez-vous votre recherche? Chaque année, on offre des cartes d achat et des coffrets gastronomiques à nos salariés. Pour les coffrets, on essaie d être novateurs, tout en restant dans notre budget, et de s orienter vers des produits avec une composante environnementale ou issus du commerce équitable. Cela dit, c est difficile, parce que les gens attendent un certain niveau, et ces produits coûtent souvent plus cher. Un conseil pour d autres élus de CE? Il faut prédéfinir ses besoins, on ne peut pas aller voir tous les stands, il faut donc sélectionner. Et profiter des réductions spéciales salons. Le MementoCE Ce guide pratique que vous avez entre les mains s efforce de vous apporter l ensemble des réponses concrètes et opérationnelles aux questions qui se posent dans votre activité quotidienne. Dès le mois de juin 2014 il disposera d un site internet dédié, avec une ergonomie mieux adaptée à son contenu qui vous assurera une consultation plus aisée et plus fluide. Le site sera en outre enrichi régulièrement d articles d actualité et d informations vidéo émanant de la WebTVCE, ceci en fonction des sujets traités. Les réseaux sociaux Leur essor est indiscutable et la création du Club SalonsCE va permettre d initier une communauté d élus de CE autour des valeurs de partage d échange et de progrès collectif. Un engagement social et solidaire SalonsCE porte par essence des valeurs de solidarité et de partage, à l image des valeurs véhiculées par les CE eux-mêmes. Cela se manifeste par un engagement durable auprès du Réseau des Jardins de Cocagne dans son combat pour l insertion, pour une alimentation saine et pour le développement durable. Cela se manifeste également par un appui résolu à l association des Bouchons d Amour dans sa démarche auprès des Comités d entreprise afin de collecter les bouchons en plastique au profit de personnes à mobilité réduite. BON A SAVOIR La visite de salons destinée aux élus de CE fait partie des droits des élus du personnel, droits qui sont régis par le Code du Travail. Pour vous rendre sur un des 34 SalonsCE organisés en France au cours de 2014, et préparer au mieux votre visite : - réservez vos heures de délégation (en prenant en compte à la fois le temps de déplacement et de visite) et informez vos supérieurs hiérarchiques de votre déplacement à un salon dédié. - Notez que SalonsCE vous propose pour simplifier vos démarches, de créer votre compte personnalisé sur SalonsCE.com afin de gérer votre activité : l inscription au SalonsCE de votre choix, l inscription aux conférences et aux débats, la prise de contact et de rendez vous avec les exposants, le dialogue direct avec les autres membres de votre CE - Organisez votre déplacement au meilleur prix : si vous vous déplacez en avion, vous pouvez obtenir auprès d Air France-KLM, sous certaines conditions, jusqu à 45% de réduction sur le plein tarif économique. Si vous vous déplacez en train, la SNCF octroie des réductions, Consultez le site SalonsCE.com pour plus d informations à ce sujet. - Prévoyez votre hébergement sur place au plus tôt. Sur place, n oubliez pas de demander aux équipes de SalonsCE une attestation de présence (généralement délivrée à l accueil). Le site SalonsCE.com Une information actualisée en permanence portant tout autant sur les fournisseurs de CE, les SalonsCE et leurs programmes, le MementoCE et la WebTVCE La WebTVCE Des entretiens, portraits et témoignages d élus, d experts, de fournisseurs, de personnalités politiques, syndicales ou du spectacle. Elle restitue l actualité du monde du travail par l image et se nourrit des rencontres organisées lors des SalonsCE
LE PROTOCOLE D ACCORD PREELECTORAL (PAP)
LE PROTOCOLE D ACCORD PREELECTORAL (PAP) Le protocole d accord se négocie entre le chef d entreprise ou son représentant (dument mandaté à cet effet) et les organisations syndicales (OS) représentatives.
mode d emploi Représentativité des syndicats
mode d emploi Représentativité des syndicats LA LOI DU 20 AOUT 2008 transpose dans le Code du travail les règles sur la représentativité et la négociation collective, telles que définies par les partenaires
CIRCULAIRE CDG90 COMITE TECHNIQUE COMITE D HYGIENE, DE SECURITE ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL COMMISSION ADMINISTRATIVE PARITAIRE
CIRCULAIRE CDG90 11/12 COMITE TECHNIQUE COMITE D HYGIENE, DE SECURITE ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL COMMISSION ADMINISTRATIVE PARITAIRE Loi n 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée, portant droits et obligations
Mise en place des élections des Délégués du Personnel
Les fiches pratiques de législation Mise en place des élections des Délégués du Personnel Chambre de Commerce et d Industrie de Rouen Espace Emploi Compétences Quai de la Bourse BP 641 76007 ROUEN Cedex
Le comité d entreprise
Le comité d entreprise En bref Dans les entreprises de 50 salariés et plus, le chef d entreprise est tenu d organiser la mise en place d un comité d entreprise (CE) composé de représentants élus du personnel
Editorial Les élections professionnelles
Editorial Les élections Les élections sont une étape importante dans la vie d une entreprise. Elles permettent en effet la mise en place des organes en charge de représenter le personnel de l entreprise.
Le fonctionnement du CHSCT
Le fonctionnement du CHSCT La personnalité civile du CHSCT La qualité à agir du CHSCT La capacité d ester en justice La prise en charge des frais de justice La capacité d acquérir et de contracter La responsabilité
Fiche n 1 Loi portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail Les syndicats représentatifs dans l entreprise ou l établissement Une nouvelle section relative à la représentativité
L'EXERCICE DU DROIT SYNDICAL DANS LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE Année 2015
MA/SL/GB/GL P.S.J L'EXERCICE DU DROIT SYNDICAL DANS LA Année 2015 Le droit syndical constitue l'une des garanties accordées à l'ensemble des fonctionnaires et agents non titulaires par le statut général
Délégués du personnel
Mise à jour octobre 2009 Délégués du personnel un guide pour vous aider dans vos missions DIRECTION RÉGIONALE DU TRAVAIL, DE L'EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE DU CENTRE Site internet du ministère
La garde des sceaux, ministre de la justice,
Arrêté de la DPJJ du 17 décembre 2008 fixant la date et les modalités d organisation des élections des représentants du personnel au sein des commissions administratives paritaires instituées à la direction
Statuts : Etoile Saint Amandoise.
Statuts : Etoile Saint Amandoise. Sommaire : Présentation But et composition Affiliation Ressources Administration et fonctionnement o Comité de direction o Le bureau o Assemblée générale Ordinaire o Assemblée
Thalesflaytheon ys e PROTOCOLE D ACCORD PRE- ELECTORÂL. Elections 2013 des Membres du Comité d Entreprise et des Délégués du Personnel
Thalesflaytheon ys e s PROTOCOLE D ACCORD PRE- ELECTORÂL Elections 2013 des Membres du Comité d Entreprise et des Délégués du Personnel Entre: LA SOCIETE THALES RAYTHEON SYSTEMS COMPANY SAS d une part,
CHAPITRE I ER NÉGOCIATION DE BRANCHE
MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L EMPLOI, DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DU DIALOGUE SOCIAL CONVENTIONS COLLECTIVES Convention collective IDCC : 1468. CRÉDIT MUTUEL (29 juin 1987) AVENANT DU 24 SEPTEMBRE
Siège national. L'UNSA et internet. Les délégués du personnel. UNSA 21, rue Jules Ferry 93177 Bagnolet Cedex Tél : 01 48 18 88 00 Fax : 01 48 18 88 99
Siège national UNSA 21, rue Jules Ferry 93177 Bagnolet Cedex Tél : 01 48 18 88 00 Fax : 01 48 18 88 99 L'UNSA et internet Le site web www.unsa.org Le courriel [email protected] page 2 les délégués du personnel
STATUTS Association Cantonale d Animation de la Combe de Savoie. Titre 1 : Constitution, objet, siège social, durée
STATUTS Association Cantonale d Animation de la Combe de Savoie Titre 1 : Constitution, objet, siège social, durée Article 1 : Constitution et dénomination Il est fondé entre les adhérents aux présents
STATUTS GRAND PARIS SEINE OUEST ENERGIE, AGENCE LOCALE DE L ENERGIE
STATUTS GRAND PARIS SEINE OUEST ENERGIE, AGENCE LOCALE DE L ENERGIE Article 1 - Constitution La présente association est une association régie par la loi du 1 er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901.
A jour au 01 juillet 2014 1
Les institutions représentatives du personnel Dans les SIAE de 50 salariés et plus (en ETP) : Introduction... 4 1. Le calcul des effectifs pour atteindre les seuils... 4 Les salariés exclus du calcul...
Les bons réflexes pour garantir le processus
Les bons réflexes pour garantir le processus Définition du protocole Définition juridique : Pas de définition légale dans le code du travail Définition non juridique : Accord conclu entre l employeur et
Règlement intérieur de l Université Sorbonne Paris Cité
Règlement intérieur de l Université Sorbonne Paris Cité (adopté par le Conseil d administration du 8 octobre 2014) * Chapitre 1. Dispositions électorales communes aux instances de gouvernance Article 1.
TRAVAIL EMPLOI FORMATION
TRAVAIL EMPLOI FORMATION Durée du travail Syndicat MINISTÈRE DU TRAVAIL, DES RELATIONS SOCIALES, DE LA FAMILLE, ET DE LA SOLIDARITÉ Circulaire DGT n o 20 du 13 novembre 2008 relative à la loi du 20 août
REGLEMENT INTERIEUR Approuvé par l Assemblée Générale du 16 avril 2013
Mutuelle d Entreprises Schneider Electric SIREN n 390 820 058, Mutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la Mutualité. REGLEMENT INTERIEUR Approuvé par l Assemblée Générale du 16 avril 2013
PROCÈS-VERBAL DE DÉSACCORD DU 22 JANVIER 2013
MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L EMPLOI, DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DU DIALOGUE SOCIAL CONVENTIONS COLLECTIVES Accord professionnel CAISSE D ÉPARGNE PROCÈS-VERBAL DE DÉSACCORD DU 22 JANVIER 2013 RELATIF
STATUTS DE l ASSOCIATION SPORTIVE ANTONY VOLLEY
STATUTS DE l ASSOCIATION SPORTIVE ANTONY VOLLEY Article 1 : Constitution et siège social Il est fondé, le 12 mai 1998, entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet
2. Dénomination Sa dénomination est : «Association paritaire de l édition phonographique» (APEP).
MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L EMPLOI DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DU DIALOGUE SOCIAL CONVENTIONS COLLECTIVES Brochure n 3361 Convention collective nationale IDCC : 2770. ÉDITION PHONOGRAPHIQUE ACCORD
Protocole d'accord préélectoral d'entreprise relatif aux élections des délégués du personnel d'e.on France Management
Protocole d'accord préélectoral d'entreprise relatif aux élections des délégués du personnel d'e.on France Management Entre : E.ON France Management dont le siège social est situé à Paris (75009), 5 rue
Le présent document a pour objet de définir les modalités d organisation de l élection des délégués du personnel (ou du C E) de
Le présent document a pour objet de définir les modalités d organisation de l élection des délégués du personnel (ou du C E) de Article 1 er : Effectif de l entreprise Nombre de sièges à pourvoir L effectif
STATUTS DE L ASSOCIATION DES FAMILLES DE CHARENTON-LE-PONT ***********
STATUTS DE L ASSOCIATION DES FAMILLES DE CHARENTON-LE-PONT *********** ARTICLE 1 : CONSTITUTION, APPELLATION, DUREE. Il est constitué une association régie par la loi du 1 er juillet 1901 et le décret
Mutuelle d Entreprises Schneider Electric
SIREN n 390 820 058, Mutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la Mutualité Mutuelle d Entreprises Schneider Electric (MESE) REGLEMENT INTERIEUR APPROUVE PAR L ASSEMBLEE GENERALE MESE du
Service juridique CSFV
Service juridique LE CALENDRIER DES OPERATIONS ELECTORALES Les délais mentionnés dans cet exemple le sont à titre purement indicatif, dans le respect des minima et maxima imposés par le code du travail.
LES DÉLÉGUÉS DU PERSONNEL
LES DÉLÉGUÉS DU PERSONNEL Direccte Nord - Pas-de-Calais FICHE 1 Quelles sont les conditions de mise en place des délégués du personnel? ÉTABLISSEMENTS CONCERNÉS Tous les organismes de droit privé, quelle
Le Contrat à Durée Déterminée d Insertion (CDDI)
Le Contrat à Durée Déterminée d Insertion (CDDI) 1 Définition du CDDI un contrat de travail à durée déterminée dont le motif de recours est spécifique : favoriser le recrutement de certaines catégories
Statuts. Les soussignés :
Statuts Les soussignés : APICIL PRÉVOYANCE, institution de prévoyance régie par le titre III du livre IX du Code de la Sécurité sociale, dont le siège social est situé 38 rue François Peissel 69300 Caluire
STATUTS DE CONTACT PARIS ILE-DE-FRANCE
STATUTS DE CONTACT PARIS ILE-DE-FRANCE Chapitre 1 - BUT ET COMPOSITION DE L ASSOCIATION Article 1 Il est fondé entre les adhérent-e-s aux présents statuts une association régie par la loi du 1 er juillet
LA NEGOCIATION DE PROTOCOLE
Les soirées INFODROIT LA NEGOCIATION DE PROTOCOLE 17 ème soirée INFODROIT de l Union Départementale CFDT PARIS en collaboraaon avec le cabinet ALTALEXIS 14 mai 2013 Animées par Gilles SOETEMONDT (UD CFDT
STATUTS DE L AROEVEN DE PARIS TITRE I BUT ET COMPOSITION
STATUTS DE L AROEVEN DE PARIS TITRE I BUT ET COMPOSITION ARTICLE 1 : Création et dénomination L Association laïque dite «Association Régionale des Œuvres Educatives et de Vacances de l Education Nationale
Editorial Elus de CE, délégués du personnel, membres
Sommaire Le droit à formation 1 - Droit à la formation 2 des représentants du personnel Des élus titulaires du CE................................ 2 Des membres du CHSCT............................... 2
STATUTS DE L ASSOCIATION «NOUVEL HORIZON»
STATUTS DE L ASSOCIATION «NOUVEL HORIZON» TITRE 1 : DEFINITION DE L ASSOCIATION Article 1 : Dénomination Il est fondé entre toutes les personnes morales ou physiques qui adhèrent aux présents statuts une
Le présent règlement intérieur complète et éclaire les statuts de Sud Chimie. Il s impose aux sections syndicales.
REGLEMENT INTERIEUR SUD CHIMIE Règlement INTERIEUR Le présent règlement intérieur complète et éclaire les statuts de Sud Chimie. Il s impose aux sections syndicales. Il a été adopté par le 5ème congrès
STATUTS BUT ET COMPOSITION DE L ASSOCIATION
STATUTS BUT ET COMPOSITION DE L ASSOCIATION ARTICLE 1 er : L arrondissement, constituée sous le régime de la Loi du 1 er juillet 1901 et en conformité avec le Code de la Famille et de l Aide Sociale, groupe
Statuts de la CFHM. Article 1 - Dénomination. Article 2 - Durée. Article 3 - Siège C.F.H.M. 10/26
C.F.H.M. 10/26 Article 1 - Dénomination Il est formé entre les membres qui adhèrent aux présents statuts une fédération, régie par les dispositions du Livre IV du code du Travail, qui prend la dénomination
Élections municipales de 2014. Communes de moins de 1000 habitants
Élections municipales de 2014 Communes de moins de 1000 habitants Introduction présentation générale de la réforme Importantes modifications du code électoral introduites par la loi du 17 mai 2013 et son
Négocier le Protocole d'accord préélectoral dans une entreprise dotée de délégués du personnel et d'un comité d entreprise
Négocier le Protocole d'accord préélectoral dans une entreprise dotée de délégués du personnel et d'un comité d entreprise REGLES DE NEGOCIATION DU PROTOCOLE PREELECTORAL et MODELE D ACCORD CFDT Santé-sociaux
P R O T O C O L E D ' A C C O R D N 2 0 1 2 / 0 3 P O U R L E S E L E C T I O N S D U C O M I T E D ' E N T R E P R I S E A N N E E S 2 0 1 3-2 0 1 4
P R O T O C O L E D ' A C C O R D N 2 0 1 2 / 0 3 P O U R L E S E L E C T I O N S D U C O M I T E D ' E N T R E P R I S E A N N E E S 2 0 1 3-2 0 1 4 Le présent protocole a été débattu entre : La SOCIETE
Arte Libera STATUTS DE L ASSOCIATION. Une Charte, qui figure en annexe des statuts, précise les principes de l Association.
Arte Libera STATUTS DE L ASSOCIATION TITRE 1 NOM, SIÈGE, DURÉE, CHARTE, BUT, MOYENS D ACTION Article 1 - Nom, siège, durée L Association Arte Libera sera constituée le 1 er novembre 2002 au sens des articles
STATUTS TITRE PREMIER CONSTITUTION ET OBJET DE LA SOCIÉTÉ
Société de Réassurance mutuelle régie par le Code des Assurances Siège Social : 65, rue de Monceau - 75008 PARIS STATUTS TITRE PREMIER CONSTITUTION ET OBJET DE LA SOCIÉTÉ ARTICLE PREMIER - FORMATION -
Association SYNADEC. Association Loi 1901 Siège social : Association SYNADEC
Association SYNADEC Association Loi 1901 Siège social : Association SYNADEC Il est fondé, entre les adhérents aux présents statuts, une association régie par la loi du 1er juillet 1901, le décret du 16
Sommaire. L entrée en vigueur de l avenant n 21 sur les salaires minima au 1 er novembre 2013
informations sociales octobre novembre décembre 2013 Dans le cadre du mandat qu elle reçoit du FNCIP-HT, la Fédération Nationale de l Habillement informe chaque trimestre les entreprises à jour de paiement
CREATION D UNE ASSOCIATION SPORTIVE ET DEROULEMENT D UNE ASSEMBLEE GENERALE Sources : Legifrance, Mémento Lefebvre Associations, URSSAF
CREATION D UNE ASSOCIATION SPORTIVE ET DEROULEMENT D UNE ASSEMBLEE GENERALE Sources : Legifrance, Mémento Lefebvre Associations, URSSAF LA CREATION D UNE ASSOCIATION SPORTIVE Une association est définie
LES AMIS DE CIRCUL LIVRE Association régie par la loi du 1 er juillet 1901 Siège social : 16 rue Dagorno 75012 Paris STATUTS
LES AMIS DE CIRCUL LIVRE Association régie par la loi du 1 er juillet 1901 Siège social : 16 rue Dagorno 75012 Paris STATUTS Article 1 Constitution Il est constitué entre les adhérents aux présents statuts
STATUTS ASSOCIATION LOI 1901
STATUTS ASSOCIATION LOI 1901 TITRE I CONSTITUTION OBJET SIEGE SOCIAL DUREE Article 1 : CONSTITUTION ET DENOMINATION Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts, une association régie par la loi
Accord collectif national relatif aux élections des représentants du personnel au Conseil de Discipline National. du 14 octobre 2003 du 15.04.
Accord collectif national relatif aux élections des représentants du personnel au Conseil de Discipline National du 14 octobre 2003 du 15.04.03 Article I : principes généraux Les élections des représentants
REGLEMENT INTERIEUR DU CONSEIL D ADMINISTRATION
Tél. 02.32.95.11.49 Fax : 02.32.95.11.70 Mutuelle du Personnel Centre Hospitalier du Rouvray 4 rue Paul Eluard 76300 Sotteville-lès-Rouen REGLEMENT INTERIEUR DU CONSEIL D ADMINISTRATION Ce règlement intérieur
STATUTS DE L ASSOCIATION AIRSOFT CONTACT
STATUTS DE L ASSOCIATION AIRSOFT CONTACT CONSTITUTION Article 1 er Dénomination Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1 er juillet 1901 et le décret
ARTICLE 5 : SIEGE SOCIAL Le siège social est à Nantes. Il peut être transféré sur simple décision du conseil d administration.
Association loi 1901 ARTICLE 1 : CONSTITUTION Création Il est fondé, entre les adhérents aux présents statuts, une association régie par la loi du 1er juillet 1901, et le décret du 16 août 1901 ayant pour
REGLEMENT INTERIEUR. En cas d erreur, d omission ou de contradiction entre un article du présent règlement et les statuts, ces derniers font foi.
Acrocirque Baby Gym Basket Ball Chorespace danse Course d orientation Escrime Football Golf Gym d'entretien Handball Judo Karaté Shito Ryu Pétanque Qi Cong Rugby Tai Chi Chuan Tennis de Table Tir à l'arc
QUE FAIRE? DOCUMENT V C F D T. Documents utiles CREATION REGROUPEMENT DECENTRALISATION DE SYNDICATS CFDT. Service Développement Organisation Formation
CREATION REGROUPEMENT DECENTRALISATION DE SYNDICATS CFDT QUE FAIRE? Documents utiles 1. Statuts types et règlement intérieur type à l attention des syndicats 2. Modèle de procès verbal de congrès constitutif
Article premier Forme et siège 4 Article 2 Buts 4 Article 3 Moyens 5. Article 4 Membres en général 5. Droits et obligations des membres
STATUTS TABLE DES MATIÈRES I. Forme, buts et moyens Article premier Forme et siège 4 Article 2 Buts 4 Article 3 Moyens 5 II. Membres Article 4 Membres en général 5 Article 5 Droits et obligations des membres
STATUTS DE L ASSOCIATION ENFANTAISIES
STATUTS DE L ASSOCIATION ENFANTAISIES Article 1er - Constitution et dénomination Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret
MINISTÈRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS, DE LA FONCTION PUBLIQUE ET DE LA REFORME DE L ÉTAT
MINISTÈRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS, DE LA FONCTION PUBLIQUE ET DE LA REFORME DE L ÉTAT Les comités techniques dans la fonction publique de l État collection Ressources humaines UNE INSTANCE REPRÉSENTATIVE
8 règles d or pour mettre en place le CHSCT et optimiser son fonctionnement
8 règles d or pour mettre en place le CHSCT et optimiser son fonctionnement Livre blanc Octobre 2009 www.editions-tissot.fr - 1 - Définition du CHSCT Le CHSCT (Comité d hygiène, de sécurité et des conditions
LES HIPPOCAMPES DE PARIS STATUTS
LES HIPPOCAMPES DE PARIS STATUTS Article préliminaire Il est rappelé que l association «Les Hippocampes de Paris» a été créée le 25 mai 1934 sous la dénomination «Les Hippocampes». Elle a été déclarée
GUIDE DE SENSIBILISATION DES ELECTEURS
1 République de Guinée Commission Electorale Nationale Indépendante GUIDE DE SENSIBILISATION DES ELECTEURS Election Présidentielle, octobre 2015 Conakry, Août 2015 1 2 Introduction Les organisations de
Statuts et règlement intérieur du PS
Statuts et règlement intérieur du PS Présentation du travail de codification statutaire Le Conseil national du 18 juillet 2012 a donné mandat à un groupe de travail, composé à la proportionnelle des sensibilités
STATUTS DU GROUPEMENT D EMPLOYEURS DES ASSOCIATIONS DU PAYS D AIX Modification du 12 septembre 2005
STATUTS DU GROUPEMENT D EMPLOYEURS DES ASSOCIATIONS DU PAYS D AIX Modification du 12 septembre 2005 Article 1 : Dénomination. Il est fondé, entre les personnes morales adhérentes aux présents statuts,
Statuts de la. Communauté d universités et établissements. Université Sorbonne Paris Cité
Statuts de la Communauté d universités et établissements Université Sorbonne Paris Cité 1 / 22 L Université Sorbonne Paris Cité regroupe des établissements d enseignement supérieur et de recherche et des
Le Groupement d Employeurs
Le Groupement d Employeurs Une formule qui permet aux petites et moyennes entreprises de se regrouper pour employer une maind œuvre qu elles n auraient pas, seules les moyens de recruter Qu est-ce qu un
Accord portant sur les mesures d accompagnement de la mobilité au sein de la Caisse d Epargne Loire-Centre
Accord portant sur les mesures d accompagnement de la mobilité au sein de la Caisse d Epargne Loire-Centre Entre les soussignés La Caisse d'epargne Loire-Centre dont le siège social est situé à ORLEANS,
STATUTS I- L ASSOCIATION : Article 1 er. Article 2. Article 3. Association loi 1901
Association loi 1901 STATUTS I- L ASSOCIATION : Article 1 er Il est formé entre les adhérents aux présents statuts, une association, régie par la loi du 01/07/1901 et le décret du 16/08/1901 sous la dénomination
STATUTS TITRE I OBJET DÉNOMINATION SIÈGE DURÉE ARTICLE 1
STATUTS Edition 03 du 13 décembre 2009 _ Assemblée générale extraordinaire du 16 janvier 2010 ayant pour objet le changement des statuts et règlement intérieur. Titre de l Association : TENNIS CLUB DU
Association déclarée régie par la Loi de 1901. Siège Social : 48, Boulevard Jourdan -75014 PARIS S T A T U T S TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
C.E.P.R.E.M.A.P. Décembre 2004 CENTRE POUR LA RECHERCHE ECONOMIQUE ET SES APPLICATIONS C.E.P.R.E.M.A.P. Association déclarée régie par la Loi de 1901 Siège Social : 48, Boulevard Jourdan -75014 PARIS S
Statuts de l Association des Anciens du Master Conseil Editorial, Paris-Sorbonne (Paris IV)
Statuts de l Association des Anciens du Master Conseil Editorial, Paris-Sorbonne (Paris IV) I. But et composition de l Association Article 1 : Nom Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts
CONVICTIONS. Association régie par la Loi du 1er Juillet 1901. Siège social : 21 Rue des Malmaisons - 75013 PARIS STATUTS
page 1/5 CONVICTIONS Association régie par la Loi du 1er Juillet 1901 Siège social : 21 Rue des Malmaisons - 75013 PARIS STATUTS ARTICLE 1 - TITRE Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts
Les autres obligations :
COMITE D ENTREPRISE OBLIGATIONS liées à la CONSULTATION du COMITE D ENTREPRISE 2012 Les autres obligations : E g a l i t é p r o f e s s i o n n e l l e H a n d i c a p S é n i o r P é n i b i l i t é
FICHE OBLIGATIONS LEGALES
FICHE OBLIGATIONS LEGALES L article 99 de la loi n 2010-1330 du 9 novembre 2 010 portant réforme des retraites a instauré, à compter du 1 er janvier 2012, pour les entreprises dont l effectif est au moins
Association loi 1901 - BP 82056-25402 AUDINCOURT CEDEX // 06.13.81.96.71 - www.crmfc.fr
1 TITRE I CONSTITUTION, OBJET, SIEGE SOCIAL, DUREE Article 1 : Constitution et dénomination Il est fondé entre les personnes physiques ou morales qui adhérent ou adhéreront aux présents statuts, une association
Syndicat des Producteurs de Miel de France. STATUTS MODIFIES ( édition de janvier 2015) TITRE I (Fondation)
Syndicat des Producteurs de Miel de France SPMF Siège social et administration : SPMF - Chambre d'agriculture du Gers Route de Mirande, BP 70161, 32003 AUCH CEDEX STATUTS MODIFIES ( édition de janvier
COUDEKERQUE-BRANCHE STATUTS
COUDEKERQUE-BRANCHE Siége administratif : 33 rue Arago, 59210 Coudekerque branche Association loi 1901 n 6356 Affiliation Fédération Française de Triathlon n 02021 Agrée Jeunesse et Sports n 59S1875 N
Association METROPOLIS Association française Loi 1901 RÈGLEMENT INTÉRIEUR
Association METROPOLIS Association française Loi 1901 RÈGLEMENT INTÉRIEUR 20 mai 2015 Ce règlement intérieur complète et précise certains articles des statuts de l association modifiés et approuvés le
ASSOCIATION NATIONALE DES SOUS-OFFICIERS DE RESERVE DE L ARMÉE DE L AIR
STATUTS DE L ANSORAA PLAN CHAPITRE I BUTS SIEGE DUREE MEMBRES SECTION 1 CONSTITUTION DENOMINATION PRINCIPES SECTION 2 BUTS SECTION 3 SIEGE SECTION 4 DUREE SECTION 5 MEMBRES A) Les membres actifs B) Les
Accord collectif relatif au Compte Epargne Temps
Accord collectif relatif au Compte Epargne Temps Entre les soussignés La Caisse d'epargne LOIRE CENTRE dont le siège social est situé à ORLEANS, 7 rue d'escures, représentée par adame Dominique LANGUILLAT,
Associations, Syndicats, Ordre. Mardi 21 octobre 2014 Ecole de Pédicurie-Podologie 33000 BORDEAUX
Associations, Syndicats, Ordre Mardi 21 octobre 2014 Ecole de Pédicurie-Podologie 33000 BORDEAUX Trois systèmes complémentaires aux fonctions et missions bien définies : Associatif regroupement de personnes
REGLEMENT INTERIEUR TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
RÉPUBLIQUE DU BÉNIN COUR CONSTITUTIONNELLE REGLEMENT INTERIEUR TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES Article 1 er : Le présent Règlement Intérieur est pris en application des dispositions de la Loi n 90-032
Association Bou de nature Statuts association loi 1901
Association Bou de nature Statuts association loi 1901 1. Constitution-objet-siège social-durée de l association Art 1 : Forme Il est créé sous la forme d une association, régie par les principes généraux
A LA UNE. L indemnisation due en cas de licenciement nul pour violation du statut protecteur est plafonnée à trente mois
NEWSLETTER SOCIALE M A I 2 0 1 5 A LA UNE L indemnisation due en cas de licenciement nul pour violation du statut protecteur est plafonnée à trente mois La loi du 2 août 2005 a porté la durée des mandats
ASSOCIATION INFORMATIQUE POUR LA DISTRIBUTION, LE PARTAGE ET L ÉCHANGE DES CONNAISSANCES DES LOGICIELS LIBRES SUR MÉRIGNAC
UNBEE ASSOCIATION INFORMATIQUE POUR LA DISTRIBUTION, LE PARTAGE ET L ÉCHANGE DES CONNAISSANCES DES LOGICIELS LIBRES SUR MÉRIGNAC Association à but non lucratif et apolitique Fondée par les adhérents aux
Mutuelle Retraite Européenne N SIREN 477 908 305 STATUTS RÈGLEMENTS. M E RMutuelle Retraite Européenne
Mutuelle Retraite Européenne N SIREN 477 908 305 2015 STATUTS RÈGLEMENTS M E RMutuelle Retraite Européenne Statuts MRE applicables à compter du 01/01/2015 Titre I ER - Formation, Objet et composition
REGLEMENT INTERIEUR DU CESFO approuvé par l'assemblée Générale du CESFO du 10/06/11
REGLEMENT INTERIEUR DU CESFO approuvé par l'assemblée Générale du CESFO du 10/06/11 Le Conseil d'administration du CESFO, conformément aux dispositions de la loi de 1901 sur les associations et de l'article
STATUTS. Statuts de l'asit Association suisse d'inspection technique. I. Nom, but, siège et durée de l'association.
STATUTS du 25 juin 2003 Fondée le 9 juillet 1869 Siège social: Wallisellen Statuts de l'asit Association suisse d'inspection technique I. Nom, but, siège et durée de l'association Art. 1 Siège social,
FONDEMENTS JURIDIQUES
PREFECTURE DE L ALLIER DIRECTION DES RELATIONS AVEC LES COLLECTIVITES TERRITORIALES Bureau du Conseil et du contrôle de légalité LA COMMISSION DE DELEGATION DE SERVICE PUBLIC (CDSP) élection, constitution,
Agenda annuel des informations / consultations du CE
La question du DRH Agenda annuel des informations / consultations du CE Un certain nombre d informations et/ou consultations annuelles ou trimestrielles obligatoires doivent être mises en œuvre par l employeur,
enmodesocial LES REPONSES À VOS QUESTIONS Régime de prévoyance : les impacts de la loi du 14 juin 2013
enmodesocial Le magazine des informations sociales de la Fédération Nationale de l Habillement LES REPONSES À VOS QUESTIONS Régime de prévoyance : les impacts de la loi du 14 juin 2013 octobre novembre
STATUTS DE L UNION TECHNIQUE DE LA MUTUALITE MALIENNE
STATUTS DE L UNION TECHNIQUE DE LA MUTUALITE MALIENNE TITRE I. DISPOSITIONS GENERALES CHAPITRE 1 ER : FORMATION ET OBJET DE LA MUTUELLE Article 1 er : Il est créé une Union Nationale de groupements mutualistes
Renouvellement du conseil d administration du CCAS/CIAS
Renouvellement du conseil d administration du CCAS/CIAS Actes-types : 1 / Fixation du nombre d administrateurs 2 / Délibération portant élections des représentants élus 3 / Affichage pour publicité aux
Proposition de modification des STATUTS de TOULOUSE BUSINESS SCHOOL ALUMNI
Proposition de modification des STATUTS de TOULOUSE BUSINESS SCHOOL ALUMNI Les modifications, retraits ou ajouts, sont surlignés en bleu dans les articles ci-dessous. ARTICLE 1 : Dénomination Il est constitué
Communication : de quels droits disposez - vous?
FORMATION ASSISTANCE EXPERTISE CONSEIL Communication : de quels droits disposez - vous? Siège social : 20, rue Martin Bernard 75647 Paris Cedex 13 Tel : 01 55 56 62 18 Fax : 01 55 56 62 11 Introduction
Le guide. juridique. www.menages-prevoyants.fr LA MUTUELLE QUI VA BIEN!
Le guide juridique www.menages-prevoyants.fr LA MUTUELLE QUI VA BIEN! sommaire Contexte de l évolution de la «Loi Fillon»... 3 Comment bénéficier des avantages de la «Loi Fillon»?... La participation de
CE : comment obtenir vos budgets
Droit en du pratique CE Pour fonctionner ou proposer des ASC aux salariés, le CE a forcément besoin de moyens financiers! Or sa principale ressource en la matière, c est l employeur, puisque c est lui
