Economie politique. Classes de 3D et 3G de l enseignement secondaire
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- Thérèse Beaupré
- il y a 10 ans
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1 Economie politique Classes de 3D et 3G de l enseignement secondaire Commission Nationale des Programmes de Sciences économiques et sociales
2 Table des matières Chapitre 1 : Les besoins, la rareté et les biens économiques 1. La rareté 1.1. Quelques exemples de rareté 1.2. La rareté et les choix 1.3. La rareté et l économie 2. Les besoins 2.1. La notion de besoin 2.2. Les désirs et les besoins 2.3. La solution des économistes 3. Les biens économiques et les biens libres 3.1. Définitions 3.2. La classification des biens économiques Chapitre 2 : Les acteurs économiques et le circuit économique 1. Les acteurs économiques et leurs fonctions 1.1. Les ménages 1.2. Les entreprises 1.3. L Etat 1.4. Le reste du monde 1.5. Les banques 1.6. La Banque centrale 1.7. Les assurances 2. Les flux économiques 3. Le circuit économique 3.1 Définition 3.2. Le circuit économique simplifié 3.3. Le circuit complet 2
3 Chapitre 3 : L offre, la demande et le marché 1. La demande 1.1. Définition La sensibilité de la demande Le paradoxe de Giffen 2. L offre 2.1. Définition 2.2. La sensibilité de l offre 3. L équilibre sur le marché 4. Les différents marchés 4.1. Le marché des biens et services 4.2. Le marché du travail 4.3. Le marché financier 4.4. Le marché des changes Chapitre 4 : Le fonctionnement du marché 1. Les déplacements de la courbe de demande 1.1. Augmentation de la demande 1.2. Diminution de la demande 2. Les déplacements de la courbe d offre 2.1. Augmentation de l offre 2.2. Diminution de l offre 3. Les différents degrés de concurrence 3.1. La concurrence parfaite 3.2. La concurrence imparfaite Chapitre 5 : L entreprise et son environnement 1. L environnement microéconomique Les clients Le personnel 3
4 Les fournisseurs La concurrence Les banques et les assurances L Etat 2. L environnement macroéconomique 2.1 La technologie 2.2 La conjoncture 2.3 La stabilité des prix 2.4 La démographie 2.5 Le domaine social 2.6 L écologie Chapitre 6 : Les rôles et la diversité des entreprises 1. Les différents rôles de l entreprise 1.1 La production de biens et services, la création de richesse et sa répartition Le respect du personnel L engagement social 2. La diversité des entreprises 2.1 La classification des entreprises par secteur d activités 2.2 La classification des entreprises selon leur statut juridique 2.3 Autres considérations Chapitre 7 : La mesure de la production 1. La production, la valeur ajoutée et le PIB 1.1 La notion de production 1.2 La valeur ajoutée 1.3 Le PIB 1.4 Les limites du PIB 2. La croissance 2.1 La notion de croissance 2.2 Les effets positifs de la croissance 4
5 2.3 Les effets négatifs de la croissance 2.4 Les grandes théories de la croissance et du développement Chapitre 8 : Les facteurs de production et la productivité 1. Les facteurs de production Le travail Le capital Les ressources naturelles La combinaison des facteurs de production 2. La productivité La notion de productivité Les déterminants de la productivité Les conséquences de l augmentation de la productivité Chapitre 9 : La répartition de la valeur ajoutée et la redistribution 1. La répartition de la valeur ajoutée Le partage de la valeur ajoutée Les inégalités sociales 2. La redistribution Les principes de la redistribution L effet social de la redistribution Bibliographie Méthodologie Textes et applications 5
6 Chapitre 1 : La rareté, les besoins et les biens économiques Dans ce chapitre vous allez : - Comprendre que l économie est la science des choix rationnels - Découvrir le problème de la rareté - Faire le lien entre le problème de la rareté et la nécessité de l économie - Étudier et différencier les besoins et les désirs des gens - Analyser les différentes catégories de biens économiques Mots-clefs : - Besoins primaires / besoins secondaires - Biens économiques / biens libres 1. La rareté 1.1 Deux exemples de rareté - Les réserves de pétrole ne cessent de diminuer. L explosion démographique dans certaines régions du monde accentue encore davantage ce problème de rareté. - Des millions de personnes n ont qu un accès limité à l eau potable. Pour ces populations, l eau potable est un bien rare. L absence de précipitations peut aussi provoquer un phénomène de rareté dans nos régions. 1.2 La rareté et les choix La plupart des ressources disponibles (temps, argent, pétrole etc.) sont rares. Il est donc inévitable d effectuer des choix. Il existe un proverbe anglais qui résume bien la situation : «No free lunch.» Rien n est gratuit dans la vie. Pour obtenir quelque chose, il faut renoncer à autre chose. Par exemple, un élève d une classe de troisième doit décider comment il utilise son après-midi libre : s il consacre ce temps à la lecture, il renonce à faire du sport, à flâner en ville ou encore à réviser ses cours. 6
7 1.3 La rareté et l économie La rareté est l élément le plus important de l économie. Comme presque toutes les ressources sont rares, les gens doivent faire des choix. Les économistes étudient comment les individus prennent ces décisions. L économie peut donc se définir des deux façons suivantes : - L économie est l étude de la manière comment la société gère ses ressources rares. - L économie est la science des choix rationnels. 2. Les besoins 2.1 La notion de besoin L homme éprouve un très grand nombre de besoins. Evidemment, ces besoins ne sont pas identiques d un individu à l autre : - Une personne âgée a d autres besoins qu un enfant ou un adolescent. - Les besoins éprouvés par une personne riche se distinguent de ceux d une personne pauvre. - Les besoins d une personne en bonne santé sont différents de ceux d une personne malade. De plus, la publicité essaie de créer de nouveaux besoins pour chaque consommateur. D ailleurs, il est parfois difficile de distinguer entre les besoins créés par la publicité et les besoins sans lien apparent avec le marketing. Néanmoins, tous les besoins ont un point commun : Ils nous poussent à agir! Définition : Un besoin est un sentiment de manque combiné à l envie de faire disparaître ce manque. 7
8 Le psychologue Abraham Maslow ( ) a distingué entre cinq grandes catégories de besoins : Les catégories de besoins Description Exemple 1. Besoins physiologiques Besoins liés à la survie 2. Besoin de sécurité Besoin de se sentir à l abri de tout danger 3. Besoin d appartenance Besoin de faire partie d un groupe, d une famille 4. Besoin d estime Besoin d être accepté dans ce groupe, cette famille 5. Besoin d accomplissement de soi Besoin de réaliser ses propres désirs, de s apprécier soi-même Selon Maslow, les différentes étapes ne peuvent pas être sautées. Avant de pouvoir s apprécier soi-même, une personne doit d abord être acceptée et estimée par d autres personnes, se sentir en sécurité et ne pas éprouver de besoins physiologiques. 2.2 Les désirs et les besoins La plupart des gens pensent que tout dont ils ont besoin pour être totalement heureux est d avoir un peu plus que ce qu ils ont déjà maintenant : un peu plus de temps libre, un peu plus d argent, etc. Cette opinion est évidemment fausse. Une fois ces besoins satisfaits, d autres besoins apparaîtront. 2.3 La solution des économistes Pour résoudre la problématique évoquée ci-dessus, l économie distingue entre besoins primaires et besoins secondaires : - Les besoins primaires sont les besoins vitaux, nécessaires pour vivre, par exemple manger, boire, dormir, se vêtir, se loger, etc. 8
9 - Les besoins secondaires correspondent à des désirs. Ils sont créés mais leur satisfaction n est pas nécessaire à la survie. Par exemple, il y a vingt ans, peu de gens éprouvaient le besoin de posséder une voiture climatisée. Réflexion : La frontière entre besoins primaires et besoins secondaires reste évidemment floue et change d une personne à l autre : - Le besoin de posséder une voiture peut être un besoin primaire à la campagne où les transports publics sont peu nombreux et, en même temps, un besoin secondaire en ville où les transports publics sont plus développés. - Une injection de pénicilline, besoin primaire de survie dans des millions de cas, peut être considérée comme un besoin secondaire lorsqu il s agit par exemple de remettre rapidement sur pied un sportif avant une compétition. 3. Les biens économiques et les biens libres 3.1 Définitions Les besoins sont satisfaits par des biens. Il existe deux catégories de biens : - Les biens rares s appellent des biens économiques. Il faut toujours renoncer à quelque chose d autre pour acquérir un bien économique. - Les biens non rares s appellent des biens libres. Il ne faut renoncer à rien d autre pour avoir un bien libre. Exemple : A la plage, un enfant a la possibilité de renverser un ou deux seaux d eau de mer sur un château de sable. En choisissant deux seaux au lieu d un, l enfant ne renonce à rien. Dans ce cas, l eau de mer est un bien libre. 9
10 Réflexion : Il n est pas toujours facile de distinguer entre un bien économique et un bien libre. A la campagne, un espace de stationnement est un bien libre. Un conducteur qui gare sa voiture le long d une route ne doit pas payer. Il ne renonce à rien. Par contre, en ville, un espace de stationnement de taille identique est payant. Comme les places y sont plus rares, elles deviennent alors des biens économiques. Le conducteur en question doit renoncer à de l argent pour pouvoir stationner sa voiture. 3.2 La classification des biens économiques On peut distinguer entre plusieurs types de biens économiques : - Les biens matériels et les biens immatériels Les biens matériels sont des biens palpables tandis que les biens immatériels sont des biens impalpables. Ces derniers sont aussi appelés services. Exemple : Un coiffeur offre généralement un service : il coupe les cheveux. Par contre, si le client achète encore un tube de gel chez ce coiffeur, il a acquis un bien matériel. - Les biens individuels et les biens collectifs Les biens individuels sont seulement utilisés par leur propriétaire ou avec l autorisation du propriétaire. A côté, il existe des biens collectifs, des biens utilisés par plusieurs personnes qui ne se connaissent pas nécessairement. Exemple : Une voiture privée est un bien individuel tandis que l utilisation du train est un service collectif. 10
11 - Les biens de consommation et les biens de production Un bien de consommation satisfait directement le besoin d un consommateur. Un bien de production est utilisé par une entreprise afin de produire d autres biens. Exemple : Les vêtements sont des biens de consommation. Les équipements industriels et les machines utilisées pour produire ces vêtements sont des biens de production. - Les biens marchands et les biens non marchands Les biens marchands sont payants tandis que l État offre les biens non marchands gratuitement ou à un prix inférieur au coût de production. Néanmoins, comme les biens non marchands sont aussi des biens économiques, la production des biens non marchands doit être financée d une autre façon. Exemple : Une pizza est un bien marchand. La personne qui mange la pizza doit aussi la payer. Au Luxembourg l autoroute est un bien non marchand. Elle est financée par les impôts des contribuables. - Les biens durables et les biens non durables Les biens durables peuvent être utilisés de nombreuses fois, tandis que les biens non durables sont détruits à la première utilisation. Exemple : Un vélo est un bien durable tandis qu un kiwi est un bien non durable puisqu il disparaît lors de sa consommation. Synthèse Les personnes ont des besoins quasiment illimités tandis que les ressources sont limitées. Il faut donc faire des choix. L économie est l étude de la manière dont la société gère ses ressources rares. C est la science des choix. Les biens et 11
12 services servent à satisfaire les besoins. Il existe différentes catégories de biens/services et de besoins. Questions de synthèse 1. La notion d économie Pourquoi faut-il effectuer des choix dans la vie? 2. La notion de besoin Enumérez les cinq grandes catégories de besoins selon Maslow. 3. Les besoins primaires et les besoins secondaires Définissez les deux termes suivants : Besoin primaire ; besoin secondaire Donnez un exemple d un besoin qui peut être classé dans les deux catégories de besoins. Justifiez votre choix. 4. Les biens économiques et les biens libres Quelle est la différence entre un bien économique et un bien libre? Donnez deux exemples de biens économiques et de biens libres. 5. La classification des biens économiques Complétez le tableau suivant à l aide de la classification des biens économiques : Bien A Bien B Exemple A Exemple B Bien Matériel Bien collectif Bien de production Bien marchand Bien durable 12
13 Chapitre 2 : Les acteurs économiques et le circuit économique Dans ce chapitre vous allez : - Découvrir les acteurs économiques - Comprendre la notion de flux en économie - Analyser les liens entre les différents acteurs économiques - Schématiser les liens à l aide du circuit économique Mots-clefs : - Acteurs économiques - Flux monétaire / flux réel - Circuit économique 1. Les acteurs économiques et leurs fonctions Les acteurs d une économie sont nombreux. De plus, ils sont interdépendants, c est-à-dire, chaque acteur est en relation avec beaucoup d autres. Il est possible de regrouper les acteurs économiques selon leur fonction principale. Les principaux acteurs sont les ménages, les entreprises, l Etat, les banques, la Banque centrale, les assurances et le reste du monde. 1.1 Les ménages Un ménage est l ensemble des personnes vivant dans un même logement. Un ménage peut donc être constitué d un célibataire, d un couple avec ou sans enfants, d un groupe d amis, etc. Les acteurs d un ménage peuvent avoir des fonctions diverses. Ils travaillent, élèvent leurs enfants, vont encore à l école ou sont déjà retraités. Cependant, tous les ménages ont une fonction commune : ils consomment. La fonction économique principale d un ménage est donc la consommation. 13
14 1.2 Les entreprises Une entreprise est une unité économique de production. Même si les entreprises sont très diverses et qu un géant pharmaceutique peut difficilement être comparé à l épicerie du coin, chaque entreprise produit des biens matériels et/ou des services. Pour produire un bien ou un service, il faut deux inputs : du travail et du capital. Ces inputs sont aussi appelés facteurs de production. Comme les entreprises veulent réaliser un profit, elles ne produisent que des biens marchands et les vendent à un prix supérieur au coût de production. La fonction économique principale d une entreprise est donc la production de biens et de services marchands. 1.3 L Etat Le terme «Etat» est utilisé en économie pour désigner l ensemble des pouvoirs publics. Il s agit donc d un terme très vaste qui comprend aussi bien les communes que les différents ministères. Les rôles de l Etat sont bien sûr nombreux. D un point de vue économique, les deux fonctions les plus importantes d un Etat sont : - La production de biens et services non marchands. L Etat offre ces biens et services gratuitement ou à un prix inférieur au coût de production. Les services de police, l éducation nationale et même les piscines publiques sont des exemples de biens économiques non marchands. - La redistribution. L Etat utilise la fiscalité pour assurer une redistribution des revenus. Il prélève des impôts auprès des personnes plus aisées et verse une partie de ces recettes fiscales aux personnes plus pauvres, par exemple sous forme de bourses d études ou d aides au logement. Les cotisations sociales versées aux organismes de sécurité sociale constituent un deuxième exemple de redistribution. 14
15 1.4 Le reste du monde Dans le cas luxembourgeois, le terme «reste du monde» désigne tous les pays, sauf le Luxembourg. Les biens et services que le Luxembourg vend au reste du monde constituent des exportations tandis que les biens et services qu il achète au reste du monde constituent des importations. Dans nos économies modernes, les échanges internationaux de biens et de services ont acquis une importance primordiale. Le Luxembourg, économie de petite taille, est très dépendant du commerce international. 1.5 Les banques Les banques sont des institutions qui permettent aux autres acteurs économiques d épargner ou d emprunter de l argent. Les banques sont donc les intermédiaires entre les acteurs avec une capacité de financement, les épargnants, et les acteurs avec un besoin de financement, les emprunteurs. La fonction principale des banques est donc le financement de l économie. Les banques réalisent un profit en jouant sur la différence entre les taux d intérêt qu elles offrent aux épargnants et qu elles demandent aux emprunteurs. Elles offrent encore beaucoup d autres services comme par exemple la location d un coffre-fort, la gestion de titres, l achat et la vente de métaux précieux, etc. 1.6 La Banque centrale L Eurosystème, qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales des États membres de l Union européenne qui ont adopté l euro, est l autorité monétaire de la zone euro. La zone euro comprend les quinze pays de l Union européenne qui ont introduit l euro depuis 1999 et leurs 320 millions d habitants. L Eurosystème est responsable de la définition et de la mise en œuvre de la politique monétaire de la zone euro. La mission principale de l Eurosystème consiste à maintenir la stabilité des prix au sein de la zone euro et, par conséquent, à préserver le pouvoir d achat de l euro. Ainsi, l Eurosystème vise à maintenir les taux d inflation à un niveau inférieur, mais proche de 2%, à moyen terme. 15
16 La Banque centrale du Luxembourg (BCL) participe au fonctionnement de l Eurosystème et notamment aux décisions de politique monétaire prises par le Conseil des gouverneurs de la BCE. 1.7 Les assurances Les assurances sont des institutions qui permettent aux autres acteurs économiques de limiter leurs risques en garantissant un paiement lors de la réalisation de ces risques. Les services des assurances sont évidemment des biens marchands. La fonction principale des assurances est donc d offrir de la stabilité et de la confiance aux autres acteurs économiques. 2. Les flux économiques Les acteurs économiques sont en relation avec d autres acteurs économiques. Ces relations sont appelées flux. Il existe deux sortes de flux : - Les flux réels sont des versements de biens et services. - Les flux monétaires sont des versements d argent. Un flux monétaire est souvent lié à un flux réel. Exemple : Un particulier achète un bien dans une entreprise. Deux flux ont lieu. Le particulier paie le bien. Il s agit d un flux monétaire du particulier vers l entreprise. En contrepartie, le particulier reçoit le bien. Il s agit d un flux réel de l entreprise au particulier. Schéma : Paiement (flux monétaire) Particulier Entreprise Marchandise (flux réel) 16
17 Contre-exemple : Une banque prête de l argent à un particulier. Au début de la relation entre la banque et le particulier, un flux monétaire part de la banque pour arriver au particulier. Ce dernier a alors reçu la somme d argent en question. Plus tard, le particulier doit rembourser l argent à la banque. Un ou plusieurs flux monétaires partent alors du particulier pour arriver à la banque. Schéma : Remboursement (flux monétaire) Particulier Banque Prêt (flux monétaire) 3. Le circuit économique Définition Le circuit économique est un schéma qui représente l ensemble des flux monétaires et réels entre les différents acteurs économiques. Le circuit économique simplifié Le circuit économique simplifié est un schéma qui ne montre que l ensemble des flux entre les ménages et les entreprises. Pour pouvoir consommer, les ménages offrent du travail aux entreprises (flux réel). En contrepartie, les entreprises versent un salaire aux ménages (flux monétaire). Avec ce salaire, les ménages achètent des biens et des services. 17
18 Schéma : Entreprises Flux réel (travail) Flux monétaire (salaires) Flux monétaire (paiements) Flux réel (biens et services) Ménages Le circuit complet Le circuit complet permet de schématiser le fonctionnement de l ensemble de l économie. 18
19 Synthèse Les acteurs économiques (ménages, entreprises, Etat ) sont liés entre eux via des flux monétaires et des flux réels. Le circuit économique est un schéma qui représente l ensemble des flux dans une économie. Questions de synthèse 1. Les acteurs économiques et leurs fonctions Quelle est la fonction principale des acteurs économiques? 2. Le circuit économique complet - Retracez le circuit économique. - Colorez les flux monétaires suivants : i. Un ménage achète des biens et services. ii. Il rembourse son prêt immobilier. iii. Il perçoit un salaire. - Indiquez avec une autre couleur les flux réels suivants : i. Exportations de biens par les entreprises ii. Importations de biens par les entreprises 19
20 Chapitre 3 : L offre, la demande et le marché Dans ce chapitre vous allez : - Apprendre les lois de l offre et de la demande - Comprendre la notion de sensibilité ou d élasticité - Étudier l équilibre entre l offre et la demande - Différencier entre les différents marchés Mots-clefs : - Demande - Offre - Sensibilité, élasticité - Équilibre 1. La demande Définition La demande est la volonté d acquérir un bien à un certain prix. Cette demande dépend de nombreux facteurs : le revenu et les préférences du consommateur ainsi que le taux d intérêt et le taux d inflation ne sont que quelques facteurs parmi d autres qui influencent la demande. Certaines de ces variables seront analysées l année prochaine en classe de deuxième. Dans le cadre de ce cours, nous allons nous concentrer uniquement sur les prix. 20
21 Graphique d une fonction de demande pour un bien ou un service : 10 prix quantité demande La demande dépend donc du niveau du prix : - Si le prix diminue, la demande augmente. - Si le prix augmente, la demande diminue. Définition : La demande est une fonction décroissante du prix. Si par exemple le prix des carburants diminue, les automobilistes ont tendance à utiliser davantage leur voiture. Par contre, une hausse des prix des carburants incite les conducteurs à rouler moins, à acheter des voitures qui consomment moins et à utiliser davantage les transports publics. La demande de certains biens n est pas ou peu sensible à une variation de prix. Même si le prix varie fortement, les quantités demandées ne changent pas ou peu. C est le cas de des biens qui sont difficilement substituables, comme les médicaments ou l essence par exemple. On parle alors d une demande inélastique. Dans le cas contraire, si la demande d un bien est très sensible à une variation de prix, on parle d une demande élastique. C est généralement le cas pour les biens facilement substituables par d autres. 21
22 2. L offre Définition L offre est la volonté de céder un bien à un certain prix. Si le prix pour un certain bien diminue, les producteurs peu rentables devront cesser leur production et l offre diminue. Par contre, si le prix d un bien augmente sans que n augmentent les coûts de production, les producteurs sont incités à produire plus et l offre augmente par conséquent.. Graphique d une fonction d offre pour un bien ou un service : 10 prix quantité offre L offre dépend donc du niveau du prix : - Si le prix diminue, l offre diminue. - Si le prix augmente, l offre augmente. Définition : L offre est une fonction croissante du prix. La baisse du prix du lait par exemple a provoqué la disparition de nombreux petits producteurs. La hausse du prix du lait inciterait de nombreux producteurs à se focaliser plus sur la production laitière au détriment de la culture de céréales. 22
23 L offre est, tout comme la demande, plus ou moins sensible à une variation du prix. Les économistes parlent d une offre inélastique quand le bien en question est quantitativement limité et ne se laisse pas facilement et rapidement produire. Par exemple, l offre de tickets pour un match de foot est inélastique. Même si le prix du ticket doublait, le nombre de places disponibles dans le stade ne pourrait pas doubler. Si l offre réagit rapidement et fortement à une variation de prix alors on dit que cette offre est très élastique. 3. L équilibre sur le marché Le marché est le lieu de rencontre entre l offre et la demande. Ce lieu peut être réel (foire au vin, brocante, supermarché, etc.) ou virtuel (plate-forme électronique pour les ventes aux enchères, les magasins en ligne, certaines bourses, etc.) En général, tout lieu de rencontre entre offre et demande constitue un marché. L objectif du marché est de réunir l offre et la demande afin de déterminer le prix. Ce dernier n est pas uniquement la valeur d échange d un bien. Le prix envoie aussi un signal aux offreurs et demandeurs : - la baisse du prix incite les consommateurs à demander davantage et les producteurs à freiner leur production. - la hausse du prix incite les producteurs à offrir davantage et les consommateurs à freiner leur demande. Le prix pour lequel les demandeurs veulent consommer autant que les offreurs veulent vendre est appelé le prix d équilibre. A chaque moment donné, ce prix d équilibre reflète la situation du marché. Il n est évidemment pas stable mais s adapte aux conditions du marché. Il varie au fur et à mesure que l offre et/ou la demande changent. A l aide du prix d équilibre, l offre et la demande déterminent donc également la quantité échangée sur un marché. 23
24 Graphique d une fonction de demande et d une fonction d offre pour un bien ou un service (avec un prix d équilibre de 5 et 5 biens ou services échangés) : 10 prix quantité demande offre Le marché est un outil puissant. Il réunit les offreurs et les demandeurs et détermine un prix d équilibre. Ce prix d équilibre fait en sorte que chaque offreur qui veut vendre à ce prix trouve aussi un demandeur qui veut acheter à ce prix. Au 18 e siècle déjà, l économiste Adam Smith ( ) a parlé de la «main invisible» qui mène à un résultat efficace à cause du comportement égoïste de chaque acteur. 4. Les différents marchés Il existe autant de marchés qu il y a de biens différents. Pour des raisons de simplification, nous les regroupons en quatre grandes catégories. 24
25 Le marché des biens et services Le marché des biens et services est le plus connu et celui que nous avons analysé jusqu à présent. Les entreprises produisent et les ménages consomment les quantités échangées à des prix établis par le marché. Le marché du travail Sur le marché du travail, l offre provient de l ensemble des particuliers qui ont la volonté de travailler, qui offrent leur force de travail. La demande de travail est déterminée par les entreprises qui demandent une certaine quantité de travail. Le prix du travail est appelé salaire. Sur un marché parfaitement libre, sans intervention de l Etat et sans syndicats des travailleurs ni organisations patronales, il résulte de la rencontre entre offre de travail (les ménages) et demande de travail (les entreprises). Réflexion : Si les salaires augmentent, les ménages veulent travailler plus. Les employés et ouvriers veulent prester des heures supplémentaires. L offre est donc une fonction croissante du salaire. Néanmoins, à partir d un certain salaire, il est possible que l offre se comporte de façon inverse. L offre de travail serait alors une fonction décroissante du salaire. En effet, une nouvelle hausse du salaire inciterait de nombreux travailleurs à profiter de leur temps libre sans devoir prester des heures supplémentaires. Le marché financier Le marché financier se laisse diviser en deux grandes sous-catégories : - Le marché boursier avec les actions et obligations cotées. Le prix d un titre de bourse est appelé cours boursier. - Le marché des capitaux. Les épargnants sont les offreurs de capital tandis que les acteurs avec un besoin de financement sont les demandeurs de 25
26 capital. Le prix auquel ces capitaux sont prêtés respectivement empruntés s appelle le taux d intérêt. Le marché des changes Il existe une offre et une demande pour l euro et pour les autres monnaies importantes, appelées devises, comme le dollar américain ou la livre anglaise. Le prix d une monnaie est appelé taux de change, par exemple 1 euro pour 1,40 dollar, ce qui équivaut à 0, euro pour 1 dollar. Synthèse La demande est une fonction décroissante du prix et l offre est une fonction croissante du prix. L équilibre entre l offre et la demande permet de déterminer le prix et la quantité échangée sur un marché. Il existe quatre marchés principaux : - Le marché des biens et services - Le marché du travail - Le marché financier - Le marché des changes Questions de synthèse 1. Exercice sur la demande Après une longue promenade, Julie a très faim. Elle paierait même : - 10 pour la 1 re crêpe, - et encore 8 pour la 2 e crêpe, - et puis 6 pour la 3 e crêpe, - et puis 4 pour la 4 e crêpe, - et puis 2 pour la 5 e crêpe. 26
27 a. Une crêpe coûte 5. Combien de crêpes achètera-t-elle? b. Pendant les grandes vacances, la crêperie baisse ses prix de 20%. Quelle sera alors la quantité demandée par Julie? 2. Exercice sur l offre Max est un bon cuisinier. Il fait les meilleurs crêpes. Cependant, la cuisine le fatigue très vite. Ainsi, il demande un peu plus d argent pour chaque crêpe supplémentaire : - la 1 re crêpe serait offerte au prix de 2, - la 2 e crêpe au prix de 4, - la 3 e crêpe au prix de 6, - la 4 e crêpe au prix de 8, - la 5 e crêpe au prix de 10, a. Si le prix des crêpes s établit à 5, combien de crêpes Max produira-t-il? b. Pour la période de Noël, le prix des crêpes augmente de 20%. Quelle sera alors la quantité offerte par Max? 3. Exercice sur l équilibre entre l offre et la demande Supposons que tous les acteurs se retirent du marché de crêpes à l exception de Julie et de Max. Quels seront la quantité échangée et le prix d équilibre? 4. Le marché des kebabs Dans une ville du Luxembourg, le marché des kebabs est caractérisé par l offre et la demande suivantes : Prix Offre Demande 3 2'000 10' '000 8' '000 6' '000 4'000 27
28 a. Quels sont les prix et les quantités d équilibre? b. Déterminez graphiquement l équilibre. 5. Le marché des glaces Avant le lancement d une nouvelle gamme de glaces, une laiterie a mené une étude de marché auprès de ses consommateurs. Cette analyse a permis à l entreprise d estimer la demande journalière de la manière suivante : QD = p, avec QD = quantité demandée et p = prix. L offre se laisse résumer par la fonction suivante : QO = p, avec QO = quantité offerte et p = prix. a. Déterminez mathématiquement l équilibre du marché. b. Déterminez graphiquement l équilibre du marché. 28
29 Chapitre 4 : Le fonctionnement du marché Dans ce chapitre vous allez : - Analyser l impact de différents événements sur l équilibre du marché - Apprendre la notion de concurrence parfaite - Étudier trois cas de concurrence imparfaite Mots-clefs : - Déplacement de la courbe de demande / d offre - Concurrence parfaite - Concurrence imparfaite - Monopole - Oligopole - Concurrence monopolistique 1. Les déplacements de la courbe de demande Augmentation de la demande Si, à un prix donné, les demandeurs veulent consommer une plus grande quantité d un certain bien, alors la demande augmente. Sur le graphique, la fonction de demande se déplace vers la droite. Le prix et la quantité échangée augmentent. 29
30 Graphique d une augmentation de la demande 1 : Exemple : Si la demande mondiale de pétrole augmente, le prix du baril (159 litres) de pétrole et la quantité produite et vendue augmentent également. Au courant de l année 2008, le prix du baril creva le plafond des 100 $ et atteint même un moment le sommet de 140 $. Cette hausse était due à une très forte demande mondiale, notamment en provenance des pays émergents (Chine et Inde) ainsi qu à une spéculation effrénée (certains spéculateurs misaient sur une hausse future du prix). Diminution de la demande Si, à un prix donné, les demandeurs veulent consommer une quantité plus faible d un certain bien, alors la demande diminue. Sur le graphique, la fonction de demande se déplace vers la gauche. Le prix et la quantité échangée diminuent. 1 Joëlle Wagner, 1/
31 Graphique d une diminution de la demande 2 : Exemple : Si la demande mondiale en pétrole diminue, le prix du baril de pétrole et la quantité vendue diminuent également. A la fin des années 90, la demande en pétrole était tellement faible que le prix du baril chuta à 11$. 3 (Cette diminution de la demande était liée à une crise économique et financière en Asie et en Russie.) 2. Les déplacements de la courbe d offre Augmentation de l offre Si, à un prix donné, les offreurs veulent vendre une plus grande quantité d un certain bien, l offre augmente. Sur le graphique, la fonction d offre se déplace vers la droite. Le prix diminue et la quantité échangée augmente. 2 Joëlle Wagner, 1/ Greenspan A., 2007, Mein Leben für die Wirtschaft, p. 222, Campus, ISBN
32 Graphique d une augmentation de l offre 4 : Exemple : Lorsque les conditions météorologiques sont favorables, les récoltes sont abondantes. L offre de produits agricoles augmente, les prix baissent tandis que les quantités vendues augmentent. Suite à une surproduction de lait, le prix du lait baissa tellement au courant de l année 2009 que les producteurs laitiers, voyant leurs revenus s effondrer, organisèrent des manifestations parfois violentes pour inciter les autorités européennes de Bruxelles d intervenir sur le marché du lait afin de soutenir les prix. Diminution de l offre Si, à un prix donné, les offreurs veulent vendre une quantité plus faible d un certain bien, l offre diminue. Sur le graphique, elle se déplace vers la gauche. Le prix augmente et la quantité échangée diminue. 4 Joëlle Wagner, 1/
33 Graphique d une diminution de l offre 5 : Exemple : Lorsque les conditions météorologiques sont défavorables, les récoltes sont mauvaises. Les prix des produits agricoles augmentent tandis que les quantités vendues diminuent. 3. Les différents degrés de concurrence La concurrence parfaite Pour que le jeu de l offre et de la demande puisse correctement fonctionner, il faut que la concurrence sur le marché soit parfaite. Les prix s adaptent alors parfaitement à chaque événement et reflètent exactement la situation sur le marché. La «main invisible» travaille alors de façon efficiente. Un marché connaît une concurrence parfaite si cinq conditions sont respectées : 5 Joëlle Wagner, 1/
34 - Homogénéité du bien. Le bien produit ne doit pas diverger d une entreprise à l autre. Par exemple, un litre de gazole est un bien homogène, tandis qu un téléphone portable, avec ses nombreuses fonctions différentes d un modèle à l autre, ne l est pas (on dit que c est un bien hétérogène). - Atomicité du marché. De nombreuses entreprises doivent proposer le même bien en face d un grand nombre de demandeurs. Une entreprise à elle seule n a alors aucun impact sur le prix. Par exemple, la concurrence entre pizzerias ne permet pas à un restaurateur particulier d augmenter les prix de ses pizzas sans devoir craindre une baisse des quantités vendues. - Mobilité du travail et du capital. Les offreurs de travail et les offreurs de capital doivent pouvoir librement choisir leur emploi, respectivement leur objet financé. Par exemple, plus de 130'000 frontaliers travaillent au Luxembourg. 6 De même, de nombreux investisseurs étrangers investissent au Luxembourg. (Goodyear, Dupont de Nemours, Dexia, Fortis, etc.) - Libre accès au marché. Toute entreprise a le droit de participer au marché ou de se retirer. Si une entreprise veut pénétrer un marché parce qu elle est capable de produire à un coût inférieur au prix pratiqué sur le marché, elle doit avoir le droit de le faire. - Transparence du marché. Tous les acteurs du marché sont parfaitement informés. Le client doit pouvoir facilement comparer les différentes offres afin de pouvoir sélectionner la meilleure. Par exemple, un épargnant peut aisément comparer les différents taux d intérêts proposés par les banques et placer son épargne auprès de la banque la plus compétitive. La concurrence imparfaite Dans la réalité, la concurrence parfaite n est pas souvent atteinte. Nombreux sont les marchés à concurrence imparfaite. Les biens et services produits sont alors 6 1/
35 hétérogènes, le nombre de concurrents n est pas assez élevé, des barrières empêchent l arrivée de nouveaux concurrents, etc. Les trois cas de concurrence imparfaite les plus connus sont le monopole, l oligopole et la concurrence monopolistique : - Le monopole se caractérise par la présence d un seul vendeur en face d un grand nombre d acheteurs. Le jeu entre offre et demande ne peut plus être considéré comme efficace puisque le monopoleur a la possibilité de dicter son prix. L absence de concurrence est néfaste pour le consommateur puisque les prix restent trop élevés. Microsoft est souvent cité comme exemple d un monopole. - L oligopole se caractérise par la présence de quelques vendeurs en face d un grand nombre d acheteurs. Les vendeurs coopèrent parfois afin de maintenir des prix élevés. Cette pratique est bien sûr illicite. Boeing et Airbus agissent dans un marché oligopolistique. Les deux entreprises partagent le marché des grands avions. Dans le cas de deux vendeurs, les économistes parlent aussi de duopole. - La concurrence monopolistique est caractérisée par l hétérogénéité des biens produits. Chaque entreprise essaie de se différencier des autres en produisant un bien différent de ceux de la concurrence. Les entreprises sont alors des monopoleurs dans leur niche mais elles doivent quand même se méfier de leurs concurrents. Le secteur automobile est marqué par cette concurrence monopolistique. Chaque producteur essaie de créer un produit particulier, différent de ceux de la concurrence par la qualité ou par l aspect extérieur. Synthèse Via un déplacement de la courbe de demande ou de la courbe d offre, différents événements peuvent affecter l équilibre sur un marché. 35
36 La concurrence parfaite exige cinq conditions : - Homogénéité du bien - Atomicité du marché - Mobilité du travail et du capital - Libre accès au marché - Transparence du marché Monopole, oligopole et concurrence monopolistique sont des exemples de concurrence imparfaite. Questions de synthèse 1. Les déplacements de la courbe de demande Indiquez graphiquement, à partir d un marché à l équilibre, une augmentation de la demande et une diminution de la demande. Utilisez des couleurs différentes. 2. Les déplacements de la courbe d offre Indiquez graphiquement, à partir d un marché à l équilibre, une augmentation de l offre et une diminution de l offre. Utilisez des couleurs différentes. 3. La concurrence parfaite Énumérez les cinq conditions nécessaires afin que le marché puisse fonctionner de façon optimale. Choisissez un bien économique. Lesquelles des cinq conditions de concurrence parfaite sont remplies? Justifiez votre réponse. 4. La concurrence imparfaite Complétez le tableau suivant : 36
37 Un seul vendeur Quelques vendeurs Deux vendeurs Grand nombre de vendeurs, hétérogénéité des biens Monopole 5. Exercices Analysez graphiquement comment chacun des événements suivants affecte l équilibre du marché du pétrole. a. L isolation des bâtiments devient un standard dans le domaine de la construction. b. Les grandes voitures de luxe et les véhicules «tout terrain» reviennent à la mode. c. Les géologues découvrent de nouveaux gisements de pétrole. d. Des tensions politiques ne permettent pas l exploitation de certains bassins pétroliers. 37
38 Chapitre 5 : L entreprise et son environnement Dans ce chapitre vous allez : - Étudier les contextes micro- et macroéconomique dans lesquels se situe l entreprise - Comprendre les liens existants entre l entreprise et son environnement - Réaliser l interdépendance des différents acteurs économiques Mots-clefs : - Concurrence - Technologie - Conjoncture - Stabilité des prix - Démographie - Syndicats - Écologie 1. L environnement microéconomique Définition : La microéconomie est l étude de l économie en partant des comportements individuels des différents acteurs économiques. L environnement microéconomique de l entreprise est constitué des agents en relation directe avec l entreprise : les clients, le personnel, les fournisseurs, les concurrents, les banques, les assurances et l Etat. Les clients La notion de client est essentielle dans une économie de marché. Les clients rencontrent les entreprises sur le marché des biens et services. Face à de nombreux offreurs, les clients exercent une certaine pression, puisqu ils se tournent en règle 38
39 générale vers l offreur le plus compétitif. Par exemple, de nombreuses entreprises présentes sur le marché de la télécommunication ont baissé leur prix afin de garder leur clientèle. Néanmoins, afin d éviter des guerres de prix, les entreprises ont recours à des techniques de marketing ingénieuses qui leur permettent d attirer davantage de clients et de fidéliser ceux-ci afin de diminuer le jeu de la concurrence. 7 Le personnel Sur le marché du travail, l entreprise se situe du côté de la demande. Les personnes qui cherchent un emploi constituent l offre de travail. Le personnel embauché sur le marché du travail exige une rémunération adaptée, un emploi sûr et une bonne ambiance de travail. En contrepartie, le personnel doit travailler de façon motivée et efficace. Les fournisseurs L entreprise et ses fournisseurs se rencontrent sur le marché des biens et services de production (matières premières et services) dont l entreprise a besoin pour produire. Par exemple, l industrie sidérurgique au Luxembourg doit principalement acheter de la ferraille et du courant électrique pour produire de l acier. Elle a donc comme fournisseurs primordiaux des entreprises d électricité et des marchands de ferraille. Elle est donc demandeur sur les marchés d électricité et de ferraille et offreur sur le marché de l acier. La concurrence D un point de vue de l entreprise, la concurrence se définit par l ensemble des vendeurs sur un même marché. Par exemple, sur le marché luxembourgeois de la bière, Bofferding et Diekirch sont les deux principaux concurrents. Néanmoins, les Luxembourgeois boivent de plus en plus de bières étrangères et des brasseries comme Heineken et Anheuser-Busch (Budweiser) réalisent des chiffres d affaires 7 Ces techniques seront étudiées en classe de deuxième. 39
40 élevés dans notre pays. Face à cette concurrence étrangère, les brasseries luxembourgeoises s orientent de plus en plus vers de nouveaux marchés. Bofferding exporte même jusqu en Chine et entre en concurrence avec les brasseurs locaux chinois 8. Suite à la mondialisation la concurrence devient donc mondiale sur certains marchés. Réflexion : Pourquoi les cinq conditions ne sont-elles pratiquement jamais remplies? - L information parfaite est coûteuse. Sur les marchés réels, les prix, les différentes caractéristiques des produits et les lieux de vente ne sont connus que de façon très imparfaite. Le client ne peut s informer davantage que s il est prêt à consacrer plus de temps et d argent. Très souvent, les décisions d achat sont alors prises en situation d information imparfaite. La concurrence entre entreprises n est alors pas optimale. - Le monopole naturel. Il existe des marchés où la concurrence est très limitée parce qu il est impossible d instaurer de nombreuses petites entreprises. Dans de nombreux secteurs industriels, de petites entreprises ne pourraient pas supporter les coûts élevés. Il en est ainsi dans des secteurs tels que les chemins de fer ou l aéronautique. 1.5 Les banques Les banques et les entreprises se rencontrent sur le marché des capitaux. Souvent celles-ci ont besoin de capitaux supplémentaires afin de financer de nouveaux investissements. Elles s adressent alors aux banques qui prêtent de l argent en contrepartie du remboursement de la somme augmentée des intérêts /
41 1.6 L Etat L Etat exige que l entreprise paie ses impôts et qu elle respecte la législation en vigueur comme par exemple le droit du travail, les prescriptions en matière de protection de l environnement, etc. En contrepartie, l Etat assure des services publics (enseignement, sécurité) et s occupe de la construction et de l entretien des infrastructures publiques (réseaux de transports et de télécommunications), éléments indispensables au bon fonctionnement d une économie. L Etat fournit également le cadre juridique et réglementaire qui permet aux entreprises de naître, de se développer et aussi de disparaître. 2 L environnement macroéconomique Définition : La macroéconomie est l étude de l économie en partant d une approche globale pour analyser les phénomènes économiques majeurs. L environnement macroéconomique de l entreprise est constitué par l ensemble des données globales qui ont un impact sur le fonctionnement de l entreprise : la technologie, la conjoncture, la stabilité des prix, la démographie, le domaine social et l écologie. 2.1 La technologie Définition : La technologie est l ensemble de savoirs et de pratiques, fondé sur des principes scientifiques, dans un domaine technique. Au fil du temps, de nouvelles techniques apparaissent et changent le monde. De la batterie de Tudor aux dernières prouesses technologiques d ingénieurs luxembourgeois dans des domaines divers tels que l automobile, la communication ou la chimie, la richesse de notre pays est sans doute aussi liée à l ingéniosité de sa main d œuvre. L évolution du progrès technique peut être observée à deux niveaux : 41
42 - Au niveau de l amélioration des méthodes de production. Grâce aux nouvelles technologies, le coût de fabrication des biens ou services ne cesse de baisser. Ce gain d efficience améliore la compétitivité des entreprises et se traduit souvent par une baisse des prix, ce qui augmente le pouvoir d achat des consommateurs. De plus, l amélioration des méthodes de production va souvent de pair avec une baisse de la pollution. - Au niveau de l innovation et de l amélioration des produits. Le progrès technique permet d innover, c.-à-d. d inventer de nouveaux produits et d améliorer leur qualité, ce qui élève le niveau de vie du consommateur. L entreprise qui ne tient pas compte du facteur technologique rencontrera tôt ou tard de sérieux problèmes. Comme ses méthodes de production ne s améliorent pas, les prix de ses produits ne seront plus compétitifs. Les ventes diminuent. De plus, comme ses produits ne changent guère, la demande diminuera fatalement puisque peu de clients sont attirés par une technologie démodée. A moyen ou long terme, l entreprise sera évincée du marché. Réflexions : - La destruction créatrice Selon l économiste autrichien Joseph Schumpeter ( ) la technologie est le moteur de l économie. Toute innovation technologique importante entraîne un mouvement de destruction créatrice. Certains domaines économiques disparaissent et des emplois sont perdus. D autres secteurs naissent et des emplois sont créés. Par exemple, l ordinateur a supprimé une grande partie des postes de secrétaire mais a créé tout un secteur technologique. La destruction créatrice est donc douloureuse pour certains, mais inévitable, voire souhaitable pour d autres. L innovation est donc à la fois source de croissance et de crise. - Les brevets Un brevet est un titre de propriété qui confère à son titulaire un droit exclusif d exploiter l innovation brevetée. Ainsi, par exemple, une entreprise pharmaceutique peut breveter une molécule qu elle a créée. Le brevet garantit à l entreprise qu elle 42
43 sera la seule à produire le médicament en question. L avantage de ces brevets est qu ils incitent les entreprises à investir dans le domaine de la recherche et du développement. Sans l existence des brevets, les entreprises copieraient les unes des autres et aucune recherche dans le domaine technologique ne serait rentable. Le désavantage des brevets est qu ils créent des situations de monopole pendant la durée d application du brevet. Les conséquences sont des prix trop élevés dû à un manque de concurrence. 2.2 La conjoncture Définition : La conjoncture réflète la situation économique actuelle d un pays ou d une région. L entreprise n a pas d influence sur la conjoncture. Par contre, elle en dépend en grande partie. Nous pouvons distinguer deux situations : Une situation de haute conjoncture est synonyme d une hausse de la consommation des ménages et de l investissement des entreprises. L économie profite de cette hausse de la demande et se trouve alors dans une phase de croissance. Les cahiers de commande des entreprises sont bien remplis. En général les entreprises peuvent alors embaucher de la main d œuvre supplémentaire ce qui entraîne une baisse du chômage. Une situation de basse conjoncture décrit une situation de baisse de la demande de biens et de services. Les carnets de commande se vident. L économie se trouve alors dans une phase de ralentissement économique, voire de stagnation ou même de récession. Les entreprises n embauchent plus et dans le pire des cas, elles doivent même licencier du personnel ce qui fait augmenter le chômage. 2.3 La stabilité des prix La stabilité des prix est un facteur important pour la réussite de l entreprise. Des prix stables créent un climat de confiance chez tous les agents économiques et permettent à l entreprise de suivre sa stratégie dans un environnement calme. 43
44 Le fléau principal qui doit être combattu est l inflation. Une hausse des prix trop prononcée diminue le pouvoir d achat des clients et augmente le prix des fournisseurs. Elle pose donc une menace à la survie de l entreprise. De plus, l inflation crée des tensions sociales entre nombreux acteurs économiques, par exemple entre le personnel, qui demande une augmentation des salaires, et les patrons, qui doivent déjà subir l augmentation de prix des fournisseurs. L outil principal de la Banque centrale européenne pour garantir la stabilité des prix est la fixation des taux d intérêt directeurs. Ce sujet sera traité en classe de première. 2.4 La démographie La démographie est l étude quantitative des populations humaines, de leur évolution et de leurs mouvements. Au Luxembourg la natalité est relativement faible et sans immigration le pays verrait sa population baisser. Et même avec un solde migratoire positif, le nombre d habitants au Luxembourg ne suffit toujours pas à satisfaire la demande de travail. Plus de 130'000 frontaliers traversent chaque jour les frontières allemande, belge et française pour venir travailler au Luxembourg. Le Luxembourg connaît une population vieillissante. L espérance de vie ne cesse d augmenter. Elle dépasse 81 ans chez les femmes et 75 ans chez les hommes. 9 Pour les entreprises, ce vieillissement de la population crée des dangers mais aussi des opportunités : - Le marché des biens et services adaptés aux exigences et besoins des personnes âgées est en pleine croissance. - Le système des pensions et/ou l âge de la retraite doivent être adaptés à la démographie afin de ne pas imposer trop de coûts supplémentaires à l entreprise et au personnel. 9 Le Luxembourg en chiffres 2007, 9/2007, Statec Luxembourg, ISSN , 44
45 2.5 Le domaine social retenir deux : L environnement social comprend de nombreux aspects. Nous allons en - L environnement syndical. L évolution et la répartition des salaires sont des éléments importants pour l entreprise mais aussi pour les syndicats. De même, syndicats et entreprise travaillent ensemble pour améliorer le climat et les conditions de travail. Le taux de syndicalisation donne une idée de la solidarité entre le personnel de l entreprise. - L environnement culturel. L évolution des valeurs, des normes, des styles de vie ont un impact énorme sur l entreprise. En général, les entreprises qui s adaptent plus vite aux changements permanents de notre société présentent de meilleurs résultats que les autres. Bien évidemment, l attitude à l égard du travail façonne également l entreprise. 2.6 L écologie Les activités économiques ont un impact important sur l environnement naturel : d un côté l homme prélève des matières premières et des ressources énergétiques dans la nature, de l autre côté la production et la consommation provoquent des émissions polluantes et des montagnes de déchets. Le milieu naturel subit des changements poignants. Le réchauffement climatique lié à l émission de gaz à effet de serre et ses effets sur les êtres vivants n en est que l exemple phare. Tenant compte de l explosion démographique dans les pays en voie de développement et des taux de croissance de leur économie, les problèmes liés à la pollution semblent même insurmontables. Cependant, la prise de conscience écologique modifie les comportements des acteurs économiques. Les entreprises emploient des méthodes de production plus propres. Les consommateurs demandent des biens et services de moins en moins polluants. De plus, les prescriptions légales deviennent de plus en plus exigeantes. 45
46 Synthèse L entreprise se situe toujours dans un contexte microéconomique. Les clients, le personnel, les fournisseurs, la concurrence, les banques et l Etat influencent la stratégie et le résultat de l entreprise. Le contexte macroéconomique est aussi primordial pour la réussite de l entreprise. La technologie, la conjoncture, la stabilité des prix, la démographie, le domaine social et l écologie déterminent le cadre dans lequel l entreprise évolue. Questions de synthèse 1. L environnement microéconomique Les différents acteurs microéconomiques ont des exigences divergentes par rapport à l entreprise. Identifiez les acteurs qui revendiquent les propositions suivantes : a. Le règlement des factures dans les délais : b. Le paiement des impôts à l échéance : c. Les garanties offertes lors de l octroi d un crédit : d. Le service après-vente : e. Une rémunération adéquate : f. Une rivalité loyale à l intérieur de la branche : 2. L environnement macroéconomique Quels sont les facteurs macroéconomiques évoqués dans les déclarations suivantes? a. «Le lancement de notre nouveau portable augmentera notre chiffre d affaires.» 46
47 b. «Malheureusement, il faut souvent des catastrophes dramatiques pour inciter les agents économiques à limiter leur consommation d électricité.» c. «En Allemagne, en novembre 1922, un kilo de pain coûtait plusieurs millions de marks. Cette période était marquée par une hyperinflation.» d. «La croissance de l économie chinoise stimule aussi la sidérurgie luxembourgeoise.» e. «La diminution de la taille des ménages a des effets sur le conditionnement de certains produits alimentaires.» f. «Les pensions complémentaires sont de plus en plus demandées par nos clients.» 3. Dans de nombreuses branches, Internet permet une comparaison gratuite des prix des différents offreurs. a. Décrivez les conséquences d Internet sur la concurrence parfaite. b. Donnez un exemple concret. 4. Nous avons vu que l innovation technologique peut être divisée en deux grandes rubriques. Lesquelles? Donnez pour chaque cas un exemple. 5. Donnez deux exemples de changement de style de vie entre votre génération et celle de vos parents et décrivez les conséquences sur la consommation. 6. La conjoncture Complétez les schémas suivants : a. Un événement positif, comme par exemple la Coupe du Monde de football, et ses conséquences économiques. 47
48 Augmentation de la demande : Réaction des entreprises : Effet sur la demande : Effet sur le marché du travail : b. Un événement négatif, comme par exemple un attentat, et ses conséquences économiques. Diminution de la demande : Réaction des entreprises : Effet sur la demande : Effet sur le marché du travail : 48
49 Chapitre 6 : Les rôles et la diversité des entreprises Dans ce chapitre vous allez : - Apprendre les différents rôles des entreprises - Comprendre que l économie et le social vont souvent de pair - Diviser l ensemble des entreprises en secteurs différents - Analyser les différents statuts juridiques que le législateur propose - Étudier différentes classifications d entreprises Mots-clefs : - Production - Création de richesse - Objectifs sociaux et économiques - Secteurs économiques (primaire, secondaire, tertiaire) - Statut juridique 1. Les différents rôles de l entreprise L objectif économique principal de l entreprise est de conquérir une position optimale sur le marché et de réaliser un profit maximal. Cependant, elles connaissent aussi différents objectifs sociaux, comme par exemple le respect et la motivation du personnel. Les moyens mis en œuvre pour arriver à ces buts sociaux et économiques s imbriquent souvent les uns dans les autres. D ailleurs, il est parfois très difficile de distinguer clairement entre rôle social et rôle économique de l entreprise. Nous allons traiter trois rôles de l entreprise qui montrent bien l'engrenage entre l économique et le social. 49
50 La production de biens et services, la création de richesse et sa répartition Le premier rôle de l entreprise est la production de biens et de services afin de satisfaire la demande des consommateurs. Le total des ventes est appelé chiffre d affaires. Ce «chida» ne doit pas être confondu avec le résultat de l entreprise, qui est la différence entre les produits et les charges de l entreprise. En produisant des biens et services, les entreprises créent de la richesse. Nous allons montrer la création de richesse des entreprises à l aide d un exemple : nous avons vu que nos entreprises sidérurgiques doivent acheter de la ferraille et de l électricité pour pouvoir produire de l acier. Ce produit fini sera vendu à un prix supérieur aux coûts de la ferraille et de l électricité. La différence entre la valeur de l acier et la valeur des produits intermédiaires (ferraille, gaz, électricité, etc.) s appelle la valeur ajoutée ; c est la richesse créée par l entreprise. Valeur du produit fini Valeur des produits intermédiaires = Valeur ajoutée = Richesse créée Réflexion : La création de richesse et la profitabilité Une entreprise qui crée de la richesse, qui produit une valeur ajoutée, ne réalise pas nécessairement un profit. Les autres coûts de production, par exemple les salaires, les loyers et autres frais doivent encore être déduits de la valeur ajoutée afin de déterminer le profit de l entreprise. Par exemple, un boulanger peut créer de la richesse tout en étant incapable de payer le salaire de la vendeuse qu il emploie. Si une telle situation persiste, la faillite sera inévitable malgré une valeur ajoutée positive. 50
51 Comme déjà indiqué dans la réflexion ci-dessus, l entreprise doit répartir encore une partie de sa valeur ajoutée. Les salariés, l Etat, les actionnaires et les banques veulent leur part du gâteau. Nous voyons déjà maintenant une imbrication entre les objectifs sociaux et économiques. Par exemple, l Etat ne peut percevoir des impôts qu en cas de profit des entreprises. Sans profit, pas de redistribution. Le respect et la motivation du personnel Nous avons vu au deuxième chapitre que les salariés offrent leur travail à l entreprise et, en contrepartie, perçoivent un salaire. Néanmoins, le circuit économique est trop simplificateur. Même si l argent reste le facteur primordial qui pousse les ménages à offrir leur travail, il ne faut pas négliger les autres déterminants qui nous motivent à travailler. Le fait d être respecté au lieu de travail joue aussi un rôle majeur et s exprime à travers les principes suivants : - Les conditions de travail doivent être correctes. La pénibilité du travail ne doit pas enfreindre excessivement la qualité de vie du salarié. - Les mesures de sécurité doivent être rigoureusement respectées. - Le travailleur doit éprouver un sentiment d appartenance. Toute forme de discrimination doit être combattue au lieu du travail. - Un travailleur méritant doit pouvoir ressentir un sentiment de reconnaissance. Son supérieur hiérarchique doit lui communiquer que le travail est bien fait. - L entreprise doit correctement former son personnel. La formation professionnelle joue un rôle important dans la carrière de chaque salarié. De nouveau, il est presque impossible à ce niveau de distinguer entre objectifs sociaux et économiques. En fait, l économie et le social vont de pair : - De bonnes conditions de travail et des mesures de sécurité impératives protègent le salarié. Un objectif social, le respect du personnel, est donc atteint. De plus, la diminution d accidents et la bonne santé des salariés permettent également à l entreprise d augmenter sa productivité. - Le fait que les salariés apprécient leur travail et éprouvent des sentiments d appartenance et de reconnaissance témoigne également de respect envers le personnel. De plus, des salariés contents sont aussi des salariés motivés et productifs ce qui permet à l entreprise de réaliser des résultats positifs. 51
52 - La formation continue permet aux salariés de garder des niveaux de compétence élevés. Le salarié profite ainsi de ces formations pour progresser dans sa carrière. L entreprise qui investit dans la formation continue reste à la pointe technologique et ne doit pas craindre la concurrence. Le profit maximal et le respect du personnel ne sont donc pas nécessairement des objectifs opposés. Réflexion : La formation professionnelle et le «lock-in» Du point de vue de l entreprise, il existe aussi un risque par rapport à la formation continue. Comme la formation est coûteuse et que le salarié ne rapporte l argent investi qu au fur et à mesure qu il continue à travailler dans l entreprise, cette dernière craint évidemment que le salarié formé tourne le dos à l entreprise et travaille pour la concurrence. Il peut donc arriver que les dirigeants essaient de «bloquer» leurs salariés formés. Ce «lock-in» peut se présenter sous les formes suivantes : - Les patrons ne proposent que des formations très spécifiques qui ne sont d aucune utilité dans une autre entreprise. - Ils augmentent les coûts de changement d emploi pour le salarié, par exemple via un système de primes d ancienneté. L engagement social La plupart des entreprises essaient d être des acteurs positifs dans notre société. Le respect de la société peut s exprimer à travers les éléments suivants : - Un engagement écologique. Le respect de l environnement naturel concerne évidemment aussi les entreprises. Elles sont nombreuses à non seulement respecter les lois en vigueur mais à effectuer un effort supplémentaire afin de limiter la pollution à un niveau acceptable. - Un engagement moral. Les entreprises doivent présenter une certaine éthique du travail. Le respect de la société s exprime via le refus du travail 52
53 des enfants et le refus de collaborer avec des Etats ou fournisseurs peu scrupuleux pour ce qui est du respect des droits de l homme en général. - Un engagement culturel et sportif. Les entreprises peuvent soutenir des artistes, athlètes ou organisations par des actions de parrainage (mécénat et sponsoring). De nouveau, il faut rappeler que le respect de la société n est pas uniquement un objectif social. Une production écologique et des engagements moraux sont des arguments de vente souvent cités par les entreprises. De même, un sponsoring bien ciblé peut aider l entreprise à augmenter sa notoriété et ainsi ses ventes. Le social et l économique peuvent donc harmoniser ensemble. D un autre côté, il est triste de voir que certaines entreprises ne s engagent que très superficiellement dans divers projets écologiques ou éthiques tout en voulant profiter au maximum de cette rampe publicitaire. 2. La diversité des entreprises Les entreprises sont très diverses. Néanmoins, elles se laissent regrouper selon différents critères. Nous allons présenter les regroupements les plus utilisés. La classification des entreprises par secteur d activité La classification par secteur la plus utilisée demeure celle de l économiste écossais Colin Clark ( ). Il a eu l idée de définir trois secteurs économiques : - Le secteur primaire regroupe les activités liées directement à l extraction et à l exploitation de ressources naturelles. Ce secteur comprend donc l agriculture, la pêche, l économie forestière, l exploitation minière et la production d énergie. - Le secteur secondaire comprend toutes les entreprises qui transforment des matières premières et des biens intermédiaires en d autres biens, souvent des 53
54 biens finis vendus au consommateur. Ce secteur comprend donc principalement l industrie et la construction. - Le secteur tertiaire comprend l ensemble des services offerts par les entreprises, tels que les services bancaires, les assurances, le commerce, les transports, les communications, la gastronomie et l hôtellerie, les services culturels et de loisir, et, au sens large, tous les services publics. Le secteur tertiaire est le plus hétérogène. Il renferme les services classiques telles qu une coupe de cheveux ou les achats dans la petite épicerie du coin mais aussi des services très modernes telles que la comptabilité informatisée pour les entreprises ou encore la gestion de titres via l ordinateur pour les ménages. Réflexion : La situation luxembourgeoise et le défi de l éducation Au Luxembourg, le secteur tertiaire est encore plus étendu que dans les autres pays développés. En effet, plus de 80% des richesses sont créées dans ce secteur, ne laissant qu une part beaucoup moins importante au secteur secondaire et une part marginale au secteur primaire. 10 D ailleurs, le Luxembourg se développe de plus en plus comme plate-forme bancaire et commerciale et est souvent décrit comme société post-industrielle. Néanmoins, la grande majorité des autres pays riches présente aussi un secteur tertiaire très développé. L accroissement spectaculaire du secteur tertiaire de l économie luxembourgeoise implique un décalage progressif des emplois vers ce secteur. L objectif éducatif est donc d accroître les qualifications et les capacités créatives, puisque le secteur tertiaire n offre que peu d emplois sans qualification, par exemple caissière de supermarché ou gardien d immeuble. Un des défis luxembourgeois est donc d adapter l éducation aux exigences de son secteur tertiaire. 10 Theves T., Wagner P., Luxembourg competing with other locations, Presentation ISU, Strasbourg, 8/
55 La classification des entreprises selon leur statut juridique Nous distinguons entre les entreprises individuelles et les sociétés commerciales. Les entreprises individuelles présentent les caractéristiques suivantes : - Comme le nom l indique déjà, l entrepreneur est seul propriétaire, ce qui ne veut pas dire qu il travaille seul. - Il n existe pas de différence entre le patrimoine privé de l entrepreneur et le patrimoine de l entreprise. La responsabilité est donc illimitée. - Comme la responsabilité est illimitée, il n y a pas de capital minimum requis. Les sociétés commerciales présentent les caractéristiques suivantes : - À l exception de la société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARLU) et de la société anonyme unipersonnelle (SAU), les sociétés sont formées de deux ou de plusieurs associés. - La responsabilité peut être limitée à l apport personnel. Dans ce cas, un capital minimum est requis. - La société est une personne morale. D un point de vue juridique, elle possède donc une identité propre, différente de celle des associés, et un patrimoine propre. 55
56 Le tableau comparatif suivant nous informe sur les particularités des différents statuts juridiques des sociétés 11 : Société en nom collectif (SENC) Société en commandite simple (SECS) Société anonyme (SA) Société en commandite par actions (SECA) Société à responsabilité limitée (SARL) Société coopérative (SC) Société européenne (SE) Nombre minimum d associés Montant minimum de capital Responsabilité des associés Cessibilité des parts 2 / Illimitée Interdite 2 / Illimitée resp. limitée Interdite 2 (1 pour SAU) 31'000 Limitée Libre 2 31'000 Illimitée resp. Interdite resp. limitée libre 2 (1 pour SARLU) 12'400 Limitée Réglementée 7 / Selon les statuts Interdite 2 120'000 Limitée Libre /
57 Autres classifications Les entreprises peuvent encore être classifiées selon d autres critères. Nous n en traiterons que deux : La classification selon la nature des capitaux apportés : Nous pouvons distinguer entre entreprises privées, comme par exemple ArcelorMittal, et entreprises publiques, comme par exemple l Entreprise des P&T. Les entreprises privées doivent réaliser un profit pour éviter la faillite. Les entreprises publiques sont financées par l Etat qui en est le seul et unique propriétaire. Il se peut que leur seul objectif soit la production de biens et services non marchands mais parfois indispensables pour la société. Dans ce cas, l Etat accepte de couvrir les pertes de ces entreprises. De plus, il existe encore des entreprises semi-publiques, avec une participation plus ou moins importante de l Etat (ou d une ou plusieurs communes). La classification selon l aspect géographique : Une multinationale est une entreprise qui a des établissements dans de nombreux pays. Les entreprises nationales n opèrent généralement que sur le territoire national. Les entreprises régionales ou locales opèrent sur un territoire encore plus réduit. Synthèse Les entreprises ont comme objectif économique le profit maximal et comme objectifs sociaux le respect du personnel et de la société. Les différents objectifs ne sont pas toujours opposés l un à l autre mais se laissent souvent combiner. Les entreprises peuvent être classées selon leur secteur d appartenance, leur statut juridique, leur taille, l origine de leur capital et leur degré d ouverture. Nous distinguons entre trois secteurs économiques (primaire, secondaire, tertiaire). 57
58 Questions de synthèse 1. Le respect de la société Certaines entreprises prennent des engagements écologiques, moraux, culturels ou sportifs. Trouvez des entreprises luxembourgeoises qui s engagent dans les domaines cités. Engagement écologique Entreprise luxembourgeoise Exemple Engagement moral Engagement culturel Engagement sportif 2. Les secteurs d activité Complétez le tableau suivant : Secteur Définition Exemples 58
59 3. Les entreprises individuelles et les sociétés Vrai ou faux? Justifiez votre réponse en cas de désaccord. Affirmation Vrai ou faux Justification «Les sociétés sont constituées de deux ou de plusieurs associés.» «L entrepreneur individuel agit avec une responsabilité illimitée.» «Les associés d une société agissent avec une responsabilité limitée.» «L entreprise individuelle est une personne morale.» 4. Les différents statuts juridiques des sociétés Complétez le tableau suivant. Statut juridique Montant minimum de capital Responsabilité SECS SA Sàrl 5. Les différentes classifications d entreprises Classez une entreprise de votre choix selon les critères de capitaux apportés et d aspect géographique. 59
60 Chapitre 7 : La mesure de la production Dans ce chapitre vous allez : - Étudier les notions de valeur ajoutée et de PIB - Distinguer le PIB des autres notions de richesse - Réaliser que le PIB est un outil puissant mais imparfait pour mesurer le niveau de vie - Apprendre la notion de croissance économique - Différencier entre les bienfaits et les points négatifs de la croissance - Étudier deux théories sur le développement économique Mots-clefs : - Valeur ajoutée - Produit intérieur brut (PIB) - PIB réel / PIB nominal - Indice de développement humain (IDH) - Croissance économique - Développement durable 1. La production, la valeur ajoutée et le PIB La notion de production - Pourquoi produire? Dans notre société, il est devenu banal de disposer de certains biens. Nous oublions parfois que tous ces biens et services ont dû être produits. Pourtant, le maintien de notre niveau de vie dépend principalement de notre capacité et de notre volonté de garder un niveau de production élevé. De plus, compte tenu d une population croissante, la société doit même augmenter la production totale pour permettre à chaque citoyen de profiter d un niveau de vie constant. Pour pouvoir consommer, il faut donc 60
61 produire. A long terme, la consommation des Luxembourgeois ne peut augmenter que si le niveau de production s élève également. Réflexion : La production et les inégalités Il ne suffit pas que la production au Luxembourg augmente pour que chaque habitant du Luxembourg puisse consommer plus. A défaut de vouloir une société très inégalitaire, il faut encore que la richesse créée soit bien répartie entre les citoyens. Les économistes se retrouvent alors face à un dilemme : Si l Etat taxe davantage les plus productifs pour donner aux moins productifs, la société ne devient pas excessivement inégalitaire. Néanmoins, les agents productifs sont alors moins incités à produire puisqu ils ne peuvent pas garder le fruit de leur travail. Par contre, si l Etat ne taxe pas les plus productifs, les moins productifs n en profitent pas et la société devient de plus en plus inégalitaire. Définition : Au niveau macroéconomique, la production est l activité économique socialement organisée et rémunérée qui consiste à créer des biens et services. Les activités domestiques et le bénévolat n appartiennent donc pas à l activité productive. - La production marchande et non marchande. La production marchande est vendue sur le marché des biens et services à un prix en principe supérieur aux coûts de production. La production non marchande comprend les biens et services offerts par l Etat. Ces biens et services sont soit gratuits, soit vendus à un prix inférieur aux coûts de production. Par exemple, l utilisation des autoroutes est gratuite au Luxembourg tandis que les utilisateurs de la piscine olympique sont obligés de payer l entrée. 61
62 La valeur ajoutée Nous avons vu au sixième chapitre que la notion du chiffre d affaires ne nous indique pas la richesse créée par l entreprise. Il faut revenir sur le concept de la valeur ajoutée, définie au chapitre précédent : Valeur du produit fini Valeur des produits intermédiaires = Valeur ajoutée = Richesse créée Le PIB Définition : Le produit intérieur brut (PIB) mesure le total des richesses créées au cours d une période, généralement un an, dans un pays ou un sur un territoire défini. Le PIB représente un bon instrument de mesure du niveau de vie des habitants d un pays ou d un territoire défini. Pour calculer le PIB, il faut donc additionner l ensemble des valeurs ajoutées de toutes les entreprises qui se situent dans un pays ou sur un territoire défini. PIB = Somme des valeurs ajoutées La notion de PIB est souvent utilisée pour comparer les niveaux de vie dans différents pays. En effet, l espérance de vie des habitants de pays à PIB faible, tels que le Bénin, le Cameroun ou le Nigeria, n est pas comparable à celle des habitants des pays développés. Les taux d analphabétisme et de mortalité infantile sont plus élevés. Dans ces pays, peu de personnes profitent de bons soins médicaux et de bonnes infrastructures. L accès à l eau potable est souvent limité. La qualité de vie dépend donc certainement du niveau du PIB. 62
63 Réflexion : Les économistes distinguent clairement entre le PIB réel et le PIB nominal. D une manière simplifiée, nous pouvons dire que la différence s appelle l inflation. Avec une hausse des prix, le PIB nominal augmenterait même sans augmentation réelle des richesses créées. Le PIB réel tient compte de l inflation et ne l inclut pas dans son calcul. Méfions-nous donc des chiffres lancés par les médias qui distinguent rarement entre le nominal et le réel! Exemple : Imaginons une île avec seulement un cocotier et calculons le PIB de cette île. Comme il n y a pas de consommations intermédiaires, le chiffre d affaires est égal à la richesse créée. Année Prix d une noix de Quantité de noix PIB nominal PIB réel (base coco de coco 2007) * 15 = 45 3 * 15 = * 16 = 64 3 * 16 = 48 Nous voyons que le PIB réel n augmente que très légèrement (de trois euros) tandis que le PIB nominal augmente de 19 euros. Même si le concept de croissance n est expliqué que dans la deuxième partie de ce chapitre, nous pouvons affirmer que le PIB nominal croît plus rapidement que le PIB réel. Comment expliquer cette différence? Le prix de la noix de coco a augmenté de 33.33%! L évolution du PIB dans le temps Les théories sur la croissance et le développement essaient d expliquer l enrichissement de notre société à long terme. L une des plus connues est celle de l économiste Colin Clark sur l évolution des secteurs d activité. Selon lui, chaque pays doit parcourir quatre phases avant d arriver à un stade développé : o Les pays sous-développés sont marqués par un secteur primaire très développé. L agriculture est le facteur dominant de l économie. 63
64 o Les pays en voie de développement ou en décollage connaissent une industrie naissante. Le secteur secondaire se développe mais l agriculture reste encore dominante. o Les pays industrialisés présentent un secteur secondaire très développé. Le secteur primaire est alors en régression. o Les pays les plus développés, comme le Luxembourg, sont définis par une industrie en déclin mais par un secteur tertiaire en plein essor. Synthèse La valeur ajoutée correspond à la richesse créée et se calcule en soustrayant de la production les valeurs des produits intermédiaires. Le PIB est la somme des valeurs ajoutées sur une période donnée à l intérieur d un pays. Le PIB reste une bonne mesure pour mesurer le niveau de vie. Cependant, la notion de PIB présente aussi quelques lacunes. La croissance économique est l accroissement des richesses produites dans un pays au cours d une période. L augmentation du niveau de vie, la diminution du chômage et le financement des politiques sociales dépendent de la croissance économique d un pays. Néanmoins, la croissance économique est souvent synonyme d une augmentation des inégalités et d une dégradation de l environnement. L évolution des secteurs d activité et la croissance liée au «décollage économique» sont deux théories de développement présentées dans le cadre de ce cours. 64
65 Questions de synthèse 1. La production marchande et non marchande Cochez la case correcte. Exemple Un cours d économie au lycée Un cours d économie privé et payant Production marchande Production non marchande 2. Les quatre phases de l évolution des secteurs d activité Décrivez les quatre étapes de l évolution des secteurs d activité en vous référant au développement du Luxembourg. 65
66 Chapitre 8 : Les facteurs de production et la productivité Dans ce chapitre vous allez : - Apprendre que la production nécessite deux facteurs de production : le travail et le capital - Réaliser la nécessité d une bonne gestion des ressources naturelles - Différencier entre les types d investissement - Distinguer entre production et productivité - Comprendre le lien entre les facteurs de production et leurs déterminants Mots-clefs : - Facteurs de production - Capital humain - Capital fixe / capital circulant - Investissement matériel / investissement immatériel - Ressources naturelles renouvelables / non renouvelables - Productivité du travail / productivité du capital 1. Les facteurs de production Pour transformer les ressources naturelles en produits semi-finis et finis, l entreprise a besoin de deux facteurs de production : le travail et le capital. Ces facteurs, encore appelés inputs, sont les vrais créateurs de richesse. Le travail humain et le capital technique doivent être combinés entre eux, dans des proportions variables selon l époque et le lieu. La main n est pas capable de produire sans outil et l outil ne sert à rien sans intervention humaine. Le travail Définition : Le travail est une activité rémunérée. Il correspond à l ensemble des activités physiques et intellectuelles en vue de produire des biens et services. 66
67 La dimension quantitative du travail : La quantité offerte de travail dépend de deux facteurs : - La population active. La population active est l ensemble des résidents qui travaillent ou qui cherchent un travail. Il s agit donc de la population active occupée et des chômeurs. Rappelons que les frontaliers ne sont pas considérés dans ces calculs. De façon schématique : Population totale Population active Population inactive : enfants, élèves, personnes aux foyers, retraités, etc. Population active occupée Chômeurs - La durée de travail. Au Luxembourg, le législateur prévoit une durée moyenne hebdomadaire de 40 heures. Cependant, de nombreuses dérogations existent. D autre part, le travail à temps partiel devient plus fréquent. La dimension qualitative du travail : La démocratisation de l enseignement (au sens d accessibilité à tous) ainsi que la prolongation de la scolarité se traduisent par une amélioration des compétences humaines et donc de la qualité du travail. Ainsi, le nombre de diplômés sur le marché du travail est un bon indicateur de la qualité du travail. De plus, les 67
68 formations professionnelles permettent aux salariés d améliorer et de perfectionner leur savoir-faire. Réflexion : La théorie du capital humain L économiste Gary Becker (né en 1930) est un des premiers à souligner l importance de la qualité du travail pour expliquer le niveau de vie à l intérieur d un pays. Pour Becker, une personne est constituée de l ensemble des ressources humaines dont elle dispose. Le savoir, l expérience et le talent jouent un rôle aussi important que l état physique de la personne. Le concept de capital humain désigne tous ces aspects. Le capital humain s acquiert par l éducation, le sport, une bonne hygiène de vie, etc. et se préserve notamment par la formation professionnelle et la médecine préventive. Quel rôle devrait jouer l école dans la théorie du capital humain? Le capital En tant que facteur de production, le terme capital désigne les biens de nature technique qui, associés au travail, permettent la production à l intérieur d une entreprise. Le capital peut être décomposé en capital fixe et en capital circulant : - Le capital fixe est constitué de biens durables dont la durée d utilisation s étend sur plusieurs cycles de production. Il s agit des bâtiments, machines, équipements, outils, matériels de bureau et informatiques etc. - Le capital circulant est constitué des biens transformés au cours d un seul cycle de production. Il s agit de matières premières, de produits semi-finis, de l énergie etc. Pour disposer d un outil de production adéquat, l entreprise doit investir, c està-dire acquérir de nouveaux biens de production pour maintenir en état ou pour développer son appareil de production. Nous étudions deux formes d investissement, matériel et immatériel, et négligeons pour l instant les investissements financiers. 68
69 - L investissement matériel. Cet investissement se divise en investissement de renouvellement, afin de remplacer le matériel usé et déclassé, et l investissement de capacité, afin d augmenter les capacités de production. - L investissement immatériel. Cet investissement impalpable comprend les dépenses liées à l innovation technique (brevets, logiciels, etc.), celles liées à l image publique (publicité, sponsoring, etc.) ainsi que celles liées à la formation du personnel. Les ressources naturelles Définition : Au sens large, les ressources naturelles font partie du capital. Il s agit de matières premières nécessaires à la production. Certaines ressources sont renouvelables, comme l eau potable, le bois ou la biomasse, à condition que l on assure une gestion rationnelle et prudente. D autres ressources comme l énergie solaire et éolienne sont en principe illimitées. D autres ressources encore, comme le pétrole et les métaux précieux, ne sont pas renouvelables et leur exploitation pose un défi fondamental pour le futur. La diminution du stock de ressources naturelles est un des grands enjeux de notre siècle. La combinaison des facteurs de production Pour pouvoir produire, l entreprise doit combiner les deux facteurs de production, le travail et le capital. L entreprise cherche évidemment la combinaison productive la plus rentable et la moins chère, compte tenu des techniques disponibles et des prix sur le marché. Les facteurs de production sont complémentaires si l entreprise ne peut augmenter la quantité de capital qu en augmentant aussi la quantité de travail et vice versa. Par exemple, une entreprise de taxis doit nécessairement combiner l achat de nouveaux taxis, investissement de capacité et non de renouvellement, avec l embauche de nouveaux chauffeurs. 69
70 Les facteurs de production sont substituables si l entreprise peut remplacer un facteur de production par un autre. Dans le secteur industriel, comme celui de l automobile ou de la sidérurgie, le travail humain est de plus en plus remplacé par l automatisation et la robotisation. On parle de la substitution du facteur travail par le facteur capital. 2. La productivité La productivité et la production sont deux notions liées. Cependant, ce ne sont pas des termes synonymes. La notion de productivité La productivité mesure l efficacité avec laquelle le travail et le capital sont utilisés. Elle est égale au rapport entre la production totale (output), mesurée en quantités physiques, et la quantité de facteurs utilisés (input), elle aussi mesurée en quantités physiques. - La productivité du travail est la notion la plus souvent utilisée. Elle mesure le rapport entre la production et le travail utilisé. On peut distinguer : - Productivité par tête = Quantité produite / Effectif salarié Productivité par heure = Valeur ajoutée / Nombre d heures travaillées - La productivité du capital mesure le rapport entre la production et le capital fixe utilisé. Productivité du capital = Quantité produite / Nombre de machines utilisées 70
71 Réflexion : Pour beaucoup de personnes, la compétitivité est synonyme de productivité. Les pays les plus compétitifs seraient aussi ceux avec les productivités les plus élevées. Pourtant, cette affirmation est fausse. En effet, tout dépend de la rémunération des facteurs de production. Prenons l exemple de la Chine, sans doute un des pays les plus compétitifs dans le secteur secondaire : La Chine domine actuellement le marché des jouets, des textiles, des chaussures, etc. Pourtant, les salariés chinois ne sont pas plus productifs que les salariés européens. 12 Les Chinois sont pour l instant très compétitifs parce que la rémunération moyenne du travail, le salaire moyen, n est qu une fraction du salaire européen moyen. Avec des salaires peu élevés, l économie chinoise reste dans certains domaines la plus compétitive malgré une productivité moins élevée. Les déterminants de la productivité La notion de productivité explique en partie les différences de niveaux de vie à travers le monde. En général, les sociétés avec une productivité élevée profitent aussi d un niveau de vie élevé. Mais quels sont les déterminants de la productivité? - L investissement. L appareil de production dont dispose une économie aujourd hui est la somme des investissements pratiqués par le passé. Pour augmenter leur capital technique, les entreprises doivent investir. Les investissements d aujourd hui garantissent donc la production de demain. La stabilité des prix et des taux d intérêt sont des facteurs qui influencent positivement l investissement et ainsi le niveau de vie de demain. - L éducation. L éducation et la formation professionnelle permettent aux salariés un accroissement de leur productivité. La recherche permet le progrès technique. L investissement en capital humain est donc un deuxième facteur déterminant pour augmenter la productivité et ainsi le niveau de vie /
72 Les conséquences de l augmentation de la productivité Les gains de productivité dus au progrès technique sont partagés par l ensemble de la société, mais dans des proportions variables : - Une hausse de la productivité permet d augmenter les salaires. Cet accroissement de la rémunération stimule la demande des ménages et profite ainsi à l ensemble de l économie. - Les gains de productivité permettent une hausse des profits. Une partie de ces profits ne sera pas distribuée aux propriétaires mais réinvestie dans l entreprise qui pratique alors ce qu on appelle l autofinancement. - L augmentation de la compétitivité permet une baisse des prix. Cette baisse des prix a le même effet que l augmentation des salaires, à savoir une élévation du niveau de vie. En outre, les entreprises améliorent ainsi leur compétitivité. - La croissance économique liée à l augmentation des salaires et à la hausse de la consommation entraîne une augmentation des recettes de l Etat. Comme les prélèvements étatiques permettent le financement du secteur public, la société en général profite des gains de productivité. Cependant, pour que l ensemble de la société puisse profiter des gains de productivité, il faut que ces gains soient partagés de manière équitable entre tous les acteurs économiques impliqués. Ce partage est souvent difficile à réaliser. La question à se poser est la suivante : «Quelle est la juste part qui revient aux salariés, à l entreprise, à l Etat?» 72
73 Synthèse Il existe deux facteurs de production : a. le travail Le travail présente : - une dimension quantitative - une dimension qualitative b. le capital Le capital se divise : - en capital fixe - en capital circulant La combinaison du travail et du capital et l utilisation de ressources naturelles permet la production de biens et de services. La productivité mesure l efficacité avec laquelle les facteurs de production sont utilisés. L investissement et l éducation sont les facteurs déterminants de la productivité. Les gains de productivité profitent en général à tout le monde, mais dans des proportions variables. Questions de synthèse 1. Les facteurs de production Complétez le texte suivant. «Il existe deux facteurs de production, le et le. Ces facteurs sont encore appelés. Le premier facteur de production connaît une dimension qui dépend de la et de la et une dimension. Le deuxième facteur de production se divise en et en. Pour disposer de ce facteur de production, l entreprise doit. Nous distinguons entre et.» 73
74 2. La population active Vrai ou faux? Justifiez votre réponse en cas de désaccord avec l affirmation. Affirmation Vrai ou faux Justification «La population active est définie comme l ensemble des personnes qui travaillent.» «Les étudiants appartiennent à la population active.» «Les retraités appartiennent à la population inactive parce qu ils ne sont plus présents sur le marché du travail.» 3. Le capital Cochez la case correcte. Véhicules Matières premières Terrains Brevets ou licences Fournitures Capital fixe Capital circulant 4. La combinaison des facteurs de production Expliquez la différence entre facteurs de production complémentaires et substituables. Donnez des exemples. 74
75 5. La mesure de la productivité Une entreprise compte 100 ouvriers et 20 machines. La durée de travail est de 40 heures par semaine. La production mensuelle est de pièces. Calculez la productivité du travail et la productivité du capital. 6. Les déterminants de la productivité Énumérez les trois déterminants de la productivité. 7. Les conséquences de l augmentation de la productivité a. Expliquez les quatre conséquences d une hausse de productivité. b. Reprenez les données de la question 5 ci-dessus et imaginez que la production augmente de 10 % à facteurs de production constants, grâce à une meilleure organisation du travail. Supposons en outre que le salaire horaire initial soit de 20 et le prix de vente initial de 12 /pièce. On fait abstraction du capital technique. - Calculez l augmentation du profit qui résulte de cette hausse de la productivité (à salaires et prix constants). - Si on augmente les salaires de 5%, de combien de % peuton baisser le prix de vente (à profit constant)? - Si on partageait équitablement les gains de productivité entre entreprise, salariés et consommateurs, quelle serait la part de chacun? 75
76 Chapitre 9 : La répartition de la valeur ajoutée et la redistribution Dans ce chapitre vous allez : - Étudier comment la valeur ajoutée est répartie entre les différents agents économiques - Prendre conscience des principaux facteurs d inégalités - Apprendre les notions de redistribution verticale et horizontale - Différencier entre impôt direct et indirect - Réaliser que les effets sociaux de la redistribution sont multiples et comprendre que les effets économiques restent controversés Mots-clefs : - Inégalités - Redistribution verticale / redistribution horizontale - Impôts directs / impôts indirects - Revenu Minimal Garanti (RMG) - Égalité des chances 1. La répartition de la valeur ajoutée Rappel : La valeur ajoutée représente la richesse créée par l entreprise. Pour connaître la valeur ajoutée d une entreprise, il suffit de calculer la différence entre le chiffre d affaires et les consommations intermédiaires. Le PIB est la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises sur un territoire. Le partage de la valeur ajoutée La richesse créée est répartie entre les agents économiques : 76
77 - Les salariés ont droit au salaire en contrepartie de leur travail fourni. Le salaire brut se compose du salaire net, des impôts et des charges sociales salariales. Ces charges sociales comprennent les cotisations pour la caisse de maladie, la caisse de pension et l assurance dépendance. - L entreprise garde une partie des profits réalisés pour permettre son autofinancement et distribue l autre partie à ses propriétaires ou associés. Dans une société anonyme, les associés sont appelés actionnaires et les profits distribués sont les dividendes. Il s agit d une rémunération du capital financier apporté par les actionnaires. Les revenus du capital sont également imposables. - Les banques ont droit aux intérêts dus sur les sommes qu elles ont prêté aux entreprises et qui n ont pas encore été remboursées. Les banques doivent évidemment aussi payer des impôts sur leur profit. - L Etat réclame une partie de la valeur ajoutée sous forme d impôt sur le profit de l entreprise. De plus, les entreprises doivent payer certaines taxes et elles se partagent le coût des charges sociales avec les salariés. (Les charges sociales patronales sont payées par l entreprise et les charges sociales salariales par les salariés). Les recettes de l imposition des banques et des ménages, qui sont liées à la valeur ajoutée créée par les entreprises, reviennent évidemment aussi à l Etat. Le partage de la valeur ajoutée est schématisé de la manière suivante : Répartition de la valeur ajoutée Salaires versés Profits non Profits Intérêts versés Recettes aux salariés distribués pour distribués aux aux banques fiscales versées l entreprise associés à l Etat 77
78 Les inégalités sociales Malgré l engagement des syndicats, les inégalités dans le monde du travail persistent. Elles s expliquent par de nombreux facteurs : - Le sexe. Les femmes gagnent en moyenne moins que les hommes. Le principe «à travail égal, salaire égal» n est pas toujours appliqué. - L âge. Malgré des niveaux de productivité souvent identiques, les salariés plus jeunes gagnent en moyenne moins que leurs homologues plus âgés. Cette différence de salaire peut être justifiée par les différences entre niveaux d expérience professionnelle et de savoir-faire. - La politique salariale des entreprises. Certaines entreprises versent des rémunérations très voire trop élevées à leurs dirigeants, même quand les résultats de l entreprise ne sont pas satisfaisants. Le terme de parachute doré est utilisé lorsque l entreprise paie une indemnité de départ importante à ses dirigeants. Ces indemnités s élèvent parfois à quelques années de salaire et semblent inappropriées. - Le risque de chômage. Certains salariés sont exposés à un risque de chômage plus élevé que d autres. C est le cas pour les femmes et pour les jeunes et tout particulièrement pour tous les salariés avec peu de qualifications professionnelles. A côté du monde du travail, d autres inégalités creusent encore le fossé entre le niveau de vie des ménages riches et pauvres : - Le niveau du patrimoine. Certains ménages disposent, souvent par héritage, d un patrimoine plus important que d autres. Généralement ce patrimoine, qu il soit immobilier ou financier, produit des revenus supplémentaires sous forme de loyers et d intérêts ou dividendes. Ainsi, le fossé entre riches et pauvres se creuse davantage. - Le niveau d éducation. Même si l éducation est gratuite et accessible à tous, les élèves provenant d un milieu social moins favorisé rencontrent plus de difficultés 78
79 à l école que les élèves provenant d un milieu social plus aisé. Le taux de réussite scolaire et le niveau de formation sont donc fonction entre autres de l origine sociale des élèves. Or le niveau du diplôme détermine très souvent le type d emploi et donc le niveau de salaire. 2. La redistribution Compte tenu de toutes les inégalités existantes, l intervention de l Etat est nécessaire afin d aider les plus démunis pour éviter une société trop inégalitaire et maintenir la cohésion sociale. L Etat organise donc des transferts d argent entre les différents ménages. Les économistes parlent alors de la fonction de redistribution des revenus de l Etat. Les principes de la redistribution La redistribution se base sur deux piliers : - La redistribution verticale. Il s agit de la redistribution entre les différentes couches sociales. Selon les idéaux de justice sociale et de solidarité, cette redistribution se fait du haut vers le bas, des couches sociales plus favorisées vers les couches sociales moins favorisées, grâce au système fiscal. Le but de la redistribution verticale est de réduire les inégalités de revenu. Comme les ménages riches gagnent et consomment plus que les ménages pauvres, leur capacité contributive, c.-à-d. leur capacité é contribuer aux recettes de l Etat, est aussi plus importante. L impôt progressif, à taux d impôt croissant par tranche de revenu, accentue encore davantage le système de redistribution verticale. Réflexion : Impôts directs ou indirects? Comme le nom l indique déjà, les impôts directs frappent directement le revenu. Exemple : L impôt sur les personnes physiques. Cet impôt est progressif. L impôt indirect n est pas directement perçu sur le revenu. Exemple : L impôt sur la 79
80 consommation, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cet impôt est à taux fixe, en règle générale 15%. Malgré le fait que le premier est un impôt progressif et le deuxième un impôt à taux fixe, les deux constituent de bons outils pour permettre la redistribution. Comme les riches consomment en général plus que les pauvres, même un taux fixe permet de collecter plus d argent des ménages aisés que des ménages moins aisés. Cependant, les économistes restent divisés sur le point suivant : Faut-il imposer davantage le revenu ou davantage la consommation? L impôt sur le revenu a comme avantage que le taux progressif permet de taxer plus lourdement les ménages à revenu élevé. Comme l impôt sur la consommation est à taux fixe, les ménages moins favorisés sont taxés au même taux que les ménages plus favorisés. Néanmoins, la différenciation des biens et services selon leur nécessité permet de diminuer la TVA sur les biens et services de première nécessité. Ainsi, le taux de TVA sur les aliments est moins élevé (3%) que sur les vêtements (15%). - La redistribution horizontale. Il s agit de la redistribution à l intérieur d une même catégorie sociale, par exemple les salariés. Elle n a donc pas comme objectif de diminuer les inégalités sociales, mais veut simplement assurer la solidarité des membres d une catégorie sociale en couvrant certains risques. L assurance maladie et l assurance vieillesse sont les deux exemples les plus connus de ce type de redistribution. Ces assurances sociales protègent les salariés contre les aléas et les risques de la vie (maladie, accident) et contre l absence de revenu en cas de mise à la retraite. L effet social de la redistribution Le système de la redistribution vise plusieurs objectifs : - La réduction des inégalités. La redistribution verticale permet de limiter le fossé entre riches et pauvres. Les inégalités diminuent ou sont maintenues à un niveau 80
81 politiquement acceptable pour la société. L Etat évite ainsi une «société à deux vitesses» et des conflits politiques et sociaux éventuels. - Le renforcement de la solidarité. La redistribution horizontale garantit aux salariés un système de protection mutualiste. Les assurances sociales réunissent un grand nombre de membres et renforcent la solidarité. - La garantie d un revenu. Le Revenu Minimum Garanti (RMG) permet aux moins favorisés d éviter l exclusion de la société. En effet, des problèmes tels que la maladie ou l éclatement de la cellule familiale peuvent suffire à pousser des individus dans la pauvreté. Le RMG devrait alors fonctionner comme filet de sécurité afin de pouvoir éviter les situations de précarité. - La promotion de l égalité des chances. La réussite professionnelle et sociale dépend de nombreux facteurs individuels tels que la motivation et la détermination. Cependant, la redistribution devrait permettre à tous les citoyens de disposer, au départ, des mêmes chances de réussite. Synthèse La valeur ajoutée est partagée entre différents acteurs économiques. Les salariés, les associés, les banques et l Etat profitent de la distribution de la richesse créée. L entreprise garde une partie pour son autofinancement. Les facteurs principaux d inégalités dans le monde du travail sont le sexe et l âge du salarié ainsi que son niveau de formation scolaire et professionnelle. D autres facteurs d inégalités sont le patrimoine et l origine sociale des individus. La redistribution vise à limiter ces inégalités. Nous distinguons la redistribution verticale de la redistribution horizontale. Leurs objectifs ne sont pas les mêmes. 81
82 Questions de synthèse 1. La répartition de la valeur ajoutée Complétez le tableau suivant. Agent économique Entreprise Banque Valeur ajoutée reçue Salaires Profits distribués Taxes et impôts 2. Les redistributions verticale et horizontale Vrai ou faux? Justifiez votre réponse en cas de désaccord avec l affirmation. Affirmation Vrai ou faux Justification «La redistribution horizontale est synonyme de partage entre les différentes catégories sociales.» «La TVA est un impôt progressif.» «La redistribution horizontale veut promouvoir la solidarité à l intérieur d une même catégorie sociale.» 82
83 Bibliographie Livres - Beitone A., Dollo C., Guidoni J.-P., Legardez A., 1995, Dictionnaire des sciences économiques, Cursus, ISBN Bouvier A., Gabillet M., Lafleur D., 2002, Economie Première STT, page 38, Nathan Technique, ISBN Brémond J., Couet J.-F., Salort M.-M., 1998, Dictionnaire de l essentiel en économie, Éditions Liris, Cahuc P., Zylberberg A., 2001, Le marché du travail, De Boeck Université, ISBN Greenspan A., 2007, Mein Leben für die Wirtschaft, Campus, ISBN Hastert A., Hauer F., Hauffels C., Havé J.-C., Kails P., de Toffoli C., Trausch G., 2001, Economie, l essentiel, MENFP, ISBN Krugman P., Obstfeld M., 2003, International Economics : Theory and Policy, Addison Wesley, ISBN Latapie M., Planté J., Schneider P., 2005, Économie Première STG, Delagrave, ISBN Lémot E., Pavaux N., 2003, Économie Droit, Hachette Technique, ISBN Mankiw G., 1998, Principes de l Économie, Economica, ISBN Mayeur A., Saraf J., Vanhove P., Voirin G., 2005, Économie 1 re STG, Nathan Technique, ISBN Musolino M., 2007, L Économie pour les Nuls, Éditions First, ISBN Stiglitz J., 2003, Principes d économie moderne, De Boeck, ISBN X - Varian H., 2001, Introduction à la microéconomie, De Boeck Université, ISBN
84 Sites Internet Cours, brochures, présentations et graphiques - Schmit F., Initiation à l Économie, Classe de 4 e, Enseignement Secondaire Classique - Le Luxembourg en chiffres 2007, 9/2007, Statec Luxembourg, ISSN , - Theves T., Wagner P., Luxembourg competing with other locations, Presentation ISU Strasbourg, 8/ Graphiques du 4 e chapitre réalisés par Joëlle Wagner 84
85 Méthodologie Comment lire un texte? 13 Pendant les prochaines années scolaires, vous serez amenés à lire un grand nombre de textes économiques. Il est essentiel d en tirer les bonnes informations. De même, vous devez aussi souvent répondre à des questions liées à ces textes. Pour exploiter correctement un texte (un article de presse, une loi, un manuel scolaire, etc.), il est important de respecter trois étapes : 1 re étape : examiner l environnement du texte - Lire le titre. - Chercher la date de parution et l auteur. Cette étape semble banale, mais elle est essentielle. La date permet de vous situer chronologiquement tandis que le nom et la fonction de l auteur suffisent parfois pour anticiper le message du texte. Pour ce qui est des articles de presse, il se peut que l auteur ne soit pas mentionné, mais que le journal est connu pour exprimer certaines vues politiques. 2 e étape : lire correctement le texte - Lire le texte de façon attentive. - Rechercher le sens des mots ou des expressions inconnues. - Dégager le message principal. La deuxième étape consiste dans la lecture du texte et l emploi d un dictionnaire. Il ne sert à rien de sauter les termes inconnus tout en voulant quand même comprendre et analyser le texte. Prenez votre temps et utilisez un dictionnaire. Après une lecture attentive et une recherche des termes inconnus, vous pouvez dans la plupart des cas dégager le message principal du texte. 13 Saraf J., Mayeur A., Vanhove P., Voirin G., 2005, Économie 1 re STG, page 179, Nathan Technique, ISBN
86 3 e étape : analyser le texte - Relire le texte tout en ayant en tête les questions posées. - Souligner les passages importants et les mots-clefs. - Regrouper les idées de l auteur. Après avoir examiné les questions liées au texte, vous relisez ce-dernier tout en soulignant les passages importants pour vos réponses. Il peut être utile de travailler avec des couleurs, par exemple pour regrouper les avantages/désavantages, causes/conséquences, etc. mentionnés par l auteur. Une fois ces trois étapes terminées, vous pouvez répondre aux questions. Comment calculer des pourcentages? 14 Un pourcentage est une grandeur relative : il permet de mesurer l importance d une partie dans un ensemble. Les pourcentages ne sont que des fractions : - 1% = - 2% = = 0,01 ; = 0,02 ; etc. Pour calculer la valeur relative d une partie dans un ensemble, il suffit d effectuer l opération suivante : valeur d'une partie valeur de l'ensemble Exemple : Une famille comporte cinq enfants, dont deux filles. Calculez le pourcentage de filles dans cette famille. Solution : 2 5 = 0,4 = = 40% 14 Bouvier A., Gabillet M., Lafleur D., 2002, Économie Première STT, page 233, Nathan Technique, ISBN
87 Les pièges à éviter 15 : - Ne vous laissez pas perturber par des termes synonymes. Les pourcentages sont parfois aussi appelés taux (taux de chômage, taux de croissance, taux de participation, etc.), parts (part de marché) ou coefficients (coefficient budgétaire). - Ne confondez pas ralentissement de l augmentation et diminution. Par exemple, si le taux de croissance de la population est de 6% en 2007 et de 3% en 2008, il s agit d un ralentissement de l augmentation et non pas d une diminution de la population. - Les variations en pourcentages ne sont pas symétriques. Par exemple, une baisse des prix d un pourcentage donné ne peut pas être compensée par une hausse des prix de ce même pourcentage. Application : un commerçant vend un produit à 100. Après une baisse du prix de 50%, le produit ne vaut plus que 50. Ensuite, après une hausse du prix de 50%, le produit vaut 75 et non pas Dans la même logique, les variations en pourcentages ne se laissent pas additionner. Par exemple, une baisse des prix de 30% suivie d une nouvelle baisse de 30% ne correspond pas à une baisse de 60%. Comment analyser un tableau? 16 Les informations chiffrées jouent un rôle important en économie. Elles sont souvent exposées sous forme de tableaux. Cette méthode de présentation permet à la fois une bonne compréhension du phénomène analysé et des comparaisons faciles. Deux étapes sont nécessaires pour extraire les informations essentielles d un tableau : 15 Brémond J., Couet J., Salort M., 2004, Sciences économiques et sociales 2 e, page 179, Belin, ISBN Vinard P., Latapie M., Planté J., Schneider P., 2005, Économie Première STG, page 187, Delagrave, ISBN
88 1 re étape : examiner l environnement du tableau Le titre et la date cadrent le phénomène étudié en précisant le champ représenté. La source indique le journal, le livre, l institut, etc. à l origine du document. Comme tout autre document utilisé, le tableau doit présenter une source. 2 e étape : analyser correctement le tableau - Identifier les lignes et les colonnes. - Déterminer le nombre de critères d analyse. - Travailler avec l intersection des lignes et des colonnes. Application 17 : 17 Le Luxembourg en chiffres 2007, 9/2007, Statec Luxembourg, ISSN , 88
89 La 1 re étape permet de nous situer. Le titre nous renseigne sur le phénomène étudié. Il s agit d une comparaison internationale dans la société de l information. Le tableau date de Il a été élaboré par le Statec. La 2 e étape permet d entrer dans les détails. Les différents pays de l Union européenne constituent les lignes du tableau. La première ligne montre la moyenne de l U.E. des 25. Le tableau comporte 4 critères d analyse, donc dans ce cas 4 colonnes. Travaillant avec l intersection des lignes et des colonnes, nous pouvons affirmer qu en 2006, 70% des ménages luxembourgeois étaient connectés à Internet. Une comparaison avec les autres pays nous positionne parmi les premiers (4 e place) pour ce qui est de ce critère. Comment exploiter un graphique? Un graphique reprend des données chiffrées pour les présenter de manière visuelle. A l aide d un graphique, l utilisateur peut déduire des fortes tendances sans devoir lire, ni retenir toutes les données chiffrées. Les graphiques peuvent tromper l œil. Ils doivent donc être interprétés avec prudence. Deux étapes s imposent : 1 re étape : examiner l environnement du graphique Le titre et la date permettent de bien situer les données analysées. La source indique le journal, le livre, l institut, etc. à l origine du document. Comme tout autre document utilisé, le graphique doit présenter une source. 2 e étape : exploiter correctement le graphique - Repérer le type de graphique. - Trouver les unités utilisées. Nous distinguons une multitude de graphiques. Parmi les plus utilisés figurent les diagrammes en bâtons, les diagrammes circulaires encore appelés «camemberts» (souvent en %) et les courbes. 89
90 Il faut que les unités soient rigoureusement précisées. Le titre et les axes renseignent sur les unités. Application : un professeur a corrigé 20 devoirs. Le tableau suivant récapitule les résultats obtenus : points 5 élèves points 4 élèves points 7 élèves points 4 élèves Le professeur peut maintenant présenter ces résultats de manière visuelle : Diagramme en bâtons Répartition des notes (en chiffres absolus) Nombre d'élèves points points points points Points Diagramme circulaire Répartition des notes (en chiffres relatifs) 20% 25% points points points points 35% 20% 90
91 Textes et applications Première partie : Un premier aperçu Chapitre 1: La rareté, les besoins et les biens économiques 1. Euro : des consommateurs méfiants 18 Euro : des consommateurs méfiants Le grand marché couronné par l'euro devait profiter au consommateur ; la ménagère européenne ne semble pas s'en être aperçu. En intensifiant la concurrence entre producteurs européens, la monnaie unique promettait en effet des baisses de prix et donc des gains de pouvoir d'achat. Malheureusement, depuis que l'euro est dans nos poches (1er janvier 2002), les consommateurs perçoivent une nette accélération des prix, qui n'est étrangement pas enregistrée par les indices calculés par les offices statistiques. C'est que " les prix qui augmentent le plus sont ceux des biens et des services de consommation courante, dont l'achat est le plus fréquent. On achète plus rarement des biens durables ", explique Agnès Benassy-Quéré. Or, c'est cette seconde catégorie de biens dont les prix baissent sous la pression de la concurrence internationale. La perception déformée des prix résulte sans doute aussi de la stagnation des salaires réels en Europe depuis l'arrivée de l'euro dans nos porte-monnaie. a. Commentez l évolution des prix pour les biens durables et pour les biens non durables. b. Donnez deux exemples de biens durables qui ont connu des baisses de prix. 18 Alternatives économiques, numéro 239, 09/
92 2. La valeur de l art 19 [ ] L'oeuvre d'art, unique et originale, se distingue des biens marchands reproductibles. La rareté fonde à la fois sa valeur artistique et sa valeur économique. Le degré de rareté des oeuvres segmente différents marchés de l'art.[ ] " Un jour viendra, écrivait Vincent Van Gogh à son frère Théo, où l'on verra que cela vaut plus que le prix de la couleur. " Un siècle plus tard, en 1990, son Portrait du docteur Gachet partait en vente publique à 82,5 millions de dollars. [ ] Aujourd'hui encore, bien des tableaux se vendent sur la base de leur coût de production. C'est le cas des oeuvres destinées à répondre à la demande décorative d'un large public, généralement peu versé en histoire de l'art. Ici, le prix dépend au premier chef de la taille de la toile et de la durée de travail requise. La signature ne compte guère. L'artiste se rapproche de l'artisan, dans la valorisation économique du travail, comme dans les qualités attendues du produit (un tableau " bien peint " comme on dit). [ ] L'offre y est abondante et les tableaux sont considérés comme relativement interchangeables. Ce marché se rapproche donc des conditions concurrentielles " normales ". [ ] a. Expliquez la phrase suivante : «Le degré de rareté des oeuvres segmente différents marchés de l'art.» b. Décrivez le marché des tableaux qui se vendent à leur prix de production. 19 Alternatives économiques, numéro 220, 12/
93 3. Consommation : une distinction bien dissimulée 20 [ ] Le développement économique qu'a connu la France depuis près d'un demi-siècle a entraîné une hausse considérable de la consommation des ménages. Entre 1959 et 1994, le pouvoir d'achat a été multiplié par 3,3. Les Français consomment donc plus, mais aussi autrement. Certaines dépenses ont pris une place importante (la santé, le logement), tandis que d'autres ont vu leur part reculer dans le budget des ménages (l'alimentation). En théorie, les ménages satisfont d'abord leurs besoins primaires, puis les besoins moins essentiels, et ainsi de suite, jusqu'au superflu. C'est dans cet esprit que le statisticien Ernst Engel a formulé au siècle dernier des lois statistiques censées mettre en évidence la hiérarchie des besoins des consommateurs. La plus célèbre de ces lois énonce que la part des dépenses d'alimentation recule lorsque le revenu s'accroît. [ ] La justification de l'énoncé d'engel est intuitive : chaque individu ne possède qu'un estomac et il ne peut donc accroître indéfiniment les quantités qu'il ingère. C'est pourquoi, quand ses ressources augmentent, il consacre de préférence son surplus de revenu à d'autres postes. Ce phénomène de saturation ne s'observe pas seulement pour l'alimentation, mais aussi dans d'autres domaines comme l'habillement ou l'électroménager. [ ] a. Comment s appellent les besoins que les ménages satisfont d abord? b. Donnez des exemples de besoins primaires et de besoins secondaires dans le domaine de l électroménager. 20 Alternatives économiques, numéro 164, 11/198 93
94 Chapitre 2 : Les acteurs économiques et le circuit économique 1. Les services financiers 21 a. Analysez l évolution du résultat net après impôts. Que remarquez-vous? b. Comparez ces augmentations du résultat avec le nombre de personnes occupées. Que constatez-vous? 21 Le Luxembourg en chiffres 2007, STATEC 94
95 2. La stabilité des prix : Pourquoi est-elle importante pour vous?
96 a. Expliquez les deux avantages économiques principaux de la stabilité des prix. b. Les aspects sociaux de la stabilité des prix : Pourquoi est-ce que ce sont généralement «les groupes les plus vulnérables de la société» qui souffrent le plus de l inflation? 96
97 Chapitre 3 : L offre et la demande 1. Gute Verkäufer müssen wie gute Liebhaber sein 23 "Gute Verkäufer müssen wie gute Liebhaber sein" Warum geht bei Beratung und Service so viel schief? Vielleicht, weil Verkäufer ihre Kunden nicht richtig lieb haben, meint der Schweizer Vertriebstrainer Daniel Zanetti. Im Interview erklärt er, warum Nähzeug, Handyaufladegeräte und zwei Kilo Orangen den Unterschied machen. [...] Sie bringen Dienstleistern bei, ihre Kunden nicht einfach nur nett zu behandeln, sondern zu "verblüffen". Was meinen Sie damit? Im Wesentlichen geht es darum, mit wenig Aufwand eine große, nachhaltige Wirkung zu erzielen. Dafür muss ich mir überlegen: Wie kann ich die Erwartungshaltung meines Kunden übertreffen? Das ist nicht schwer, denn Kunden erwarten aus Erfahrung erst mal nichts Außergewöhnliches. Und wie funktioniert diese Verblüffung konkret? Ich gebe Ihnen mal ein Beispiel: Wenn Dienstleister einem Kunden absagen müssen, dann sollten sie das mit einer besonderen Aktion wieder wettmachen. Ich empfehle ein handgeschriebenes Kärtchen, dazu ein schöner Kompass in einer Schachtel. Auf dem Kärtchen steht: "Liebe Frau Müller, vielen Dank, dass Sie bei uns angefragt haben. Leider hat es dieses Mal nicht geklappt. Damit Sie immer den Weg zu uns zurückfinden, schenken wir Ihnen diesen Kompass." Da merken Sie als Kunde: Es war diesem Unternehmen nicht egal, ob Sie Kunde werden oder nicht. [...] Erwartet ernsthaft jemand Glücksgefühle beim Einkaufen? Wir sind heute in den Unternehmen auch dazu da, Streicheleinheiten an die Kunden zu verteilen, Zärtlichkeiten zu geben. Viele Menschen werden zu Hause nicht mehr in den Arm genommen. Die sehnen sich nach einem tollen, warmen, emotionalen Erlebnis. Das kann ihnen auch eine Verkäuferin geben, die sich so liebevoll um sie kümmert wie um den wichtigsten Kunden der Welt. Solche Erlebnisse kosten Geld - Sie erwähnten vorhin den Kompass. Können sich kleinere Unternehmen solche Aktionen überhaupt leisten? Ich könnte Ihnen Dutzende von Beispielen geben, die nichts kosten, die rein mit dem Verhalten zu tun haben. Ich habe früher als Kellner gearbeitet, und wenn ich zwischendurch ein bisschen Zeit hatte, habe ich geschaut, bei welchen Mänteln an der Garderobe der Aufhänger abgerissen war. Den habe ich dann schnell angenäht. Sie glauben ja nicht, was die Leute an Trinkgeld geben, wenn sie das entdecken. Sechs Monate später erinnern sie sich nicht mehr an das 420-Euro-Essen zu zweit, sondern nur noch an den Kellner, der ihnen den Mantel genäht hat. Was sagt Ihnen das? Als Dienstleister sind Sie in erster Linie Wohlfühlmanager. [...] Mit Daniel Zanetti sprach Britta Domke, Redakteurin des Harvard Businessmanagers /12/
98 a. Monsieur Zanetti conseille aux vendeurs de se différencier de la concurrence en offrant un service de qualité parfaite. Quelles sont les petites astuces citées? b. Si vous étiez serveur dans un restaurant, quels seraient vos atouts pour stimuler la demande? 2. Le pétrole en Afrique 24 Le pétrole en Afrique Les pays africains deviennent de plus en plus des pays producteurs de pétrole. Le constat est surtout avéré pour plusieurs pays du Golfe de Guinée, grâce aux avancées technologiques qui permettent l'exploitation de gisements dans l offshore profond. Bien qu'elle ne représente que 4,8 % des réserves mondiales de pétrole et 6,2 % de la production, la région apporte les barils " marginaux " qui contribuent d'autant plus à influencer les cours mondiaux que l'offre est tendue.[ ] a. Expliquez le terme «offshore». b. Décrivez l effet de la production africaine sur les cours mondiaux du pétrole? 24 Alternatives économiques, numéro 249, 07/
99 3. Les prix : ni plus ni moins 25 a. Léon Walras a décrit le prix du blé comme un fait qui a «le caractère d un fait naturel.». Expliquez. b. Pourquoi l acheteur rêve-t-il du prix du pétrole d hier et le vendeur du prix du pétrole de demain? 25 Musolino M., 2007, L économie pour les nuls, page 113, Editions First, ISBN
100 Chapitre 4 : Le fonctionnement du marché 1. Matières premières : l échec de la stabilisation des cours 26 Matières premières : l échec de la stabilisation des cours [ ]Les énormes fluctuations des cours des matières premières s'expliquent par la structure de ces marchés, mais elles nuisent au développement des pays producteurs. D'où les tentatives pour stabiliser les prix. Avec une cotation oscillant entre 0,05 et 0,11 dollars, la livre de sucre n'a guère cessé de jouer au Yo-yo entre 1999 et Cas aberrant? Pas du tout. Ferrailles, cuivre, platine, jute, coton, caoutchouc, pétrole, sont logés à la même enseigne, celle de l'instabilité des cours. Conséquence pour les pays producteurs : les revenus s'envolent les années de vaches grasses, mais ils s'effondrent les années de vaches maigres. Ainsi, en Algérie, les logements poussent partout quand le prix du baril de pétrole monte, ils s'arrêtent quand il baisse. Aussi, les efforts ont-ils été nombreux pour tenter de stabiliser ces énormes fluctuations. Sans succès au bout du compte. Pourquoi une telle instabilité? [ ] La plupart des produits de base sont peu " élastiques " aux prix : lorsque les cours augmentent, suite à une demande accrue ou du fait d'une offre insuffisante, il faut du temps pour que la production s'ajuste à la hausse : le temps d'une nouvelle récolte ou de mettre en oeuvre de nouveaux investissements. A l'inverse, lorsque les prix baissent, les producteurs ont du mal à freiner leur production, parfois même ils l'augmentent pour tenter de maintenir leurs recettes. Un puits de pétrole, par exemple, a nécessité d'importants investissements qu'il faut amortir. Si les prix baissent, le producteur n'aura pas intérêt à réduire sa production : mieux vaut continuer de pomper, même s'il vend moins cher, car moins il produit, plus il doit amortir ses investissements passés sur un petit tonnage, donc plus cela lui coûte cher par tonne extraite. Quant à la demande, elle est également peu élastique. Ainsi, le doublement du prix du pétrole depuis deux ans n'a entraîné qu'un léger ralentissement de la demande. 26 Alternatives économiques, numéro 236, 05/
101 a. Expliquez le lien entre l offre inélastique des matières premières et l instabilité des prix. b. Pourquoi le producteur de pétrole ne réduit-il pas sa production lorsque les prix diminuent? 2. Offre et demande d électricité en Californie : le grand écart Alternatives économiques, numéro 191, 04/
102 a. Expliquez l augmentation du prix de l énergie en Californie. b. Proposez des solutions pour diminuer le prix de l énergie. 3. Monopole : Microsoft et le pouvoir de convaincre 28 Monopole : Microsoft et le pouvoir de convaincre A l'aide de son énorme trésor de guerre, Microsoft continue son travail de sape pour éviter une condamnation par la justice européenne. Après un compromis " historique " avec Sun Microsystems, qui réglait le vieux litige entre les deux ennemis jurés, moyennant 1,9 milliard de dollars, et un autre accord avec Time Warner pour 750 millions, c'est le CCIA, un groupe d'industriels, et surtout Novell (536 millions) qui ont enterré la hache de guerre avec le numéro un des logiciels. Avec ces compromis amiables, Microsoft espère éviter toute jurisprudence néfaste et l'amende de 497 millions d'euros que lui a infligée la Commission pour abus de position dominante. Dans cette affaire, bientôt jugée en appel, la Commission reproche en effet à Microsoft d'avoir profité de la livraison de son système d'exploitation Windows pour imposer son lecteur multimédia sur tous les ordinateurs PC qui en sont équipés. Des cinq concurrents ayant participé à l'instruction du dossier, seul Real Networks n'a pas fait la paix avec Microsoft et continue de soutenir la Commission. a. Qu est-ce que la Commission européenne reproche à Microsoft? b. Décrivez la stratégie de Microsoft pour éviter une condamnation par la justice européenne. 28 Alternatives économiques, numéro 231, 12/
103 Chapitre 5 : L entreprise et son environnement 1. Skype à propos de son choix de s implanter au Luxembourg 29 a. Quelles sont les raisons qui ont poussé Skype à s installer au Luxembourg? b. Citez d autres entreprises multinationales qui se sont implantées dans notre pays. 29 The American Chamber of Commerce in Luxembourg, The Grand Duchy of Luxembourg, 2005, Presentation sponsored by PriceWaterhouseCoopers 103
104 Deuxième partie : La production Chapitre 6 : Les rôles et la diversité des entreprises 1. L emploi total par branche au Luxembourg 30 a. Analysez l importance des différentes branches pour l économie luxembourgeoise. Que remarquez-vous? 30 Le Luxembourg en chiffres 2007, 104
105 b. De 2000 à 2006, quelle est la branche avec le taux de croissance le plus important? 2. Mattel fait ses excuses à la Chine 31 a. Quelles sont les deux raisons pour lesquelles Mattel a retiré du marché près de 20 millions de jouets? b. Pourquoi l entreprise Mattel a-t-elle présenté ses excuses à la Chine? 31 Le Quotidien, 22/09/
106 Chapitre 7 : La mesure de la production 1. Monde : croissance du PIB 32 a. D après le tableau, quels sont les trois pays avec les taux de croissance les plus spectaculaires? b. Est-ce qu un taux de croissance élevé garantit un niveau de vie élevé? Justifiez votre réponse. 32 Alternatives économiques, numéro 248, 06/
107 Chapitre 8 : Les facteurs de production et la productivité 1. La Lorraine encaisse son deuxième choc industriel 33 a. Pourquoi l auteur parle-t-il d un choc industriel en Lorraine? b. Expliquez les conséquences pour les sous-traitants et pour la Lorraine en général. 33 Luxemburger Wort, 3/04/
108 Chapitre 9 : La répartition de la valeur ajoutée et la redistribution 1. Des étrangers dans les administrations publiques 34 a. Définissez le terme «discrimination positive». b. Décrivez la mesure prise par la Norvège pour diminuer les inégalités. Qu en pensez-vous? 34 Le Quotidien, 21/09/
109 2. Les hommes sont plus égaux que les femmes Les hommes sont plus égaux que les femmes. (par Camille Dorival) Bien que plus diplômées que les hommes, les femmes sont plus en difficulté qu'eux sur le marché du travail : métiers peu qualifiés, temps partiel, salaires moindres, etc. [ ] Les femmes gagnent toujours, en moyenne, 20 % de moins que les hommes, parmi les salariés français à temps complet. Et si cet écart s'est réduit depuis les années 50 (à temps plein, les femmes ne touchaient alors que deux tiers des salaires masculins), il a cessé de diminuer depuis le milieu des années 90. Or, ces différences de salaire ne s'expliquent pas seulement par des différences entre les métiers exercées et/ou les postes occupés. Avec exactement le même emploi, la même expérience et le même niveau de diplôme, dans des entreprises de taille équivalente, pour le même temps de travail hebdomadaire, les hommes gagnent 5 % de plus que les femmes. [ ] Depuis quelques décennies, les femmes ont de plus en plus accès à des métiers très qualifiés : médecin, juriste, professeur d'université, etc. Mais la majorité de la population active féminine se concentre dans un nombre limité de métiers, qui correspondent souvent à des emplois de services peu qualifiés. Ainsi, elles sont majoritaires dans les professions qui incarnent, dans l'imaginaire collectif, les " vertus féminines " (métiers d'accueil et de contact) et qui reproduisent les tâches de service ou d'organisation qu'elles assurent au sein de la famille : services aux particuliers, secrétaire, professions intermédiaires de la santé et du social, employé, etc. Au contraire, elles sont peu présentes dans les métiers associés à la virilité, requérant de la force ou de la technique, ainsi que dans les postes les plus élevés hiérarchiquement : ouvrier qualifié, chauffeur, ingénieur, cadre technique ou chef d'entreprise. [ ] Alternatives économiques, n 069 (07/2006) Page 30 Auteur : Camille Dorival. a. Expliquez le titre. b. A votre avis, quelles seraient les meilleures mesures politiques afin de favoriser l égalité entre femmes et hommes? 109
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