Swiss Issues Régions 50 ans d'économie valaisanne Entre tradition et modernité

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1 Swiss Issues Régions 50 ans d'économie valaisanne Entre tradition et modernité Octobre 2011

2 Impressum Editeur Martin Neff, Head Credit Suisse Economic Research Uetlibergstrasse 231, CH-8070 Zurich Contact Téléphone +41 (0) Auteurs Dr. Sara Carnazzi Weber Andreas Christen Dr. Vivien Kappel Thomas Rieder Nora Sydow Participation Viktor Holdener Boris Meier Melanie Sütterlin Page de couverture Barrage de la Grande Dixence Photo: Grande Dixence SA Clôture de rédaction 21 septembre 2011 Commandes Téléphone +41 (0) Consultez notre site Internet Disclaimer Ce document a été élaboré par le service Economic Research du Credit Suisse et n'est pas le résultat d une/de notre analyse financière. Il n'est donc pas soumis aux «Directives visant à garantir l'indépendance de l'analyse financière» de l'association suisse des banquiers. La présente publication a un but purement informatif. Les points de vue qui y sont exposés sont ceux du service Economic Research du Credit Suisse à la date d'impression (sous réserve de modifications). La présente publication peut être citée en mentionnant la source. Copyright 2011 Credit Suisse Group AG et/ou entreprises liées. Tous droits réservés. Swiss Issues Régions

3 Contenu Résumé 4 1 Le Valais région et espace 5 2 Région et population évolution de la population et de l'habitat depuis Evolution démographique Développement urbain ans d'économie valaisanne rétrospective de l'histoire économique Le Valais à l'origine un canton agricole L'industrie valaisanne Structure sectorielle et chômage dans le canton du Valais 26 4 Le Credit Suisse en Valais Les banques en Valais Le Credit Suisse en Valais 31 5 Les eaux du Valais aubaine ou calamité? Inondations L'énergie hydraulique 39 6 Le tourisme véritable mine d'or Histoire du tourisme valaisan Compétitivité et tourisme aujourd'hui 44 7 Les transports un thème central pour le canton alpin Le trafic individuel motorisé La nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes 49 8 Le marché valaisan de l'immobilier sous l'influence de résidences secondaires Le Valais berceau de la propriété par étage Le marché de l'immobilier sous l'emprise du marché de la résidence secondaire 52 9 Bibliographie 57 Swiss Issues Régions 3

4 Résumé Le Valais berceau du Cervin, canton des fruits et du vin, et plus grande réserve d'eau de Suisse. Ce ne sont là que quelques-unes des caractéristiques emblématiques typiquement associées à ce canton alpin. Bien que de nombreux touristes mais aussi bon nombre de Suisses aient à l'esprit l'image d'un Valais attaché aux traditions, parfois même archaïque, la réalité économique relève en fait plus du grand écart entre tradition et modernité. Il n'est guère d'autres cantons suisses où la coexistence pacifique de valeurs traditionnelles et du progrès est aussi marquée. S'il est manifeste que le canton préserve les valeurs traditionnelles, comme l'agriculture activité extraprofessionnelle typique des Valaisans, les remontées mécaniques de haute technologie et les gigantesques ouvrages de retenue témoignent quant à eux d'un futur emprunt de modernité, dans lequel le Valais a depuis longtemps fait son entrée. Canton qui, aujourd'hui encore, élit chaque année sa «Reine cantonale» lors des traditionnels combats de reines, tout en proposant en ligne sa dernière application iphone «Vins du Valais», le Valais est l'incarnation même de la problématique parfois complexe du tiraillement entre tradition et modernité. En cette année 2011, le Credit Suisse fête sa 50 e année de présence en Valais. A cette occasion, le service Economic Research a élaboré la présente étude anniversaire «50 ans d'économie valaisanne entre tradition et modernité», dans laquelle il revient sur un demi-siècle d'une histoire économique mouvementée. Dans un chapitre séparé, l'étude se penche sur le développement du Credit Suisse en Valais. Le service Economic Research saisit l'occasion de revenir sur un demi-siècle d histoire et de succès du Credit Suisse en effectuant des recherches dans les archives historiques du Credit Suisse et se basant sur les entretiens effectués avec trois anciens directeurs du Valais-Romand et du Haut-Valais. En 1815, le Valais fut l'un des derniers cantons à être entré pas tout à fait volontairement dans la Confédération helvétique. D'une superficie totale de 5'224 km 2, le Valais est le troisième plus grand canton de Suisse, mais ne compte que 307'392 habitants soit une part de 4% de la population totale du pays. En tant que canton de montagne traditionnel, le Valais fut durant longtemps marqué par l'agriculture et n'a commencé son industrialisation que tard par rapport au reste de la Suisse. Malgré ou peut-être précisément en raison de ce contexte, le canton du Valais est aujourd'hui encore plus fortement industrialisé que la moyenne suisse. Souvent désignées «les trois géants de l'industrie», les sociétés Lonza, Alusuisse et Ciba, qui s'y sont implantées au tournant du siècle suite au développement industriel, ont durablement empreint la structure économique du canton alpin et y sont toujours présentes parfois sous d'autres noms. La tertiarisation, c'est-à-dire la transition vers une société de services modernes, a en revanche commencé il y a un certain temps déjà dans le Valais. Dans le secteur des services, le tourisme fait partie des branches les plus importantes du canton. De par ses particularités topographiques, son climat idéal et un cadre montagneux unique, le Valais dispose de conditions optimales pour un tourisme rentable à l'année. Une bonne accessibilité ainsi qu'une infrastructure touristique appropriée sont indispensables pour une destination compétitive. C'est pourquoi l'accessibilité était et est toujours d'une importance centrale pour le développement du canton. L'ouverture du tunnel de base du Lötschberg et la réduction massive du temps de trajet en résultant ont accru de manière décisive l'attrait du Valais en tant que région touristique. En raison de la forte orientation sur le tourisme du canton, la construction y est nettement plus représentée par rapport à la moyenne suisse. Le fait que ces deux branches soient fortement dépendantes de la conjoncture et se caractérisent notamment par une faible création de valeur fait inévitablement partie des défis à relever par le canton pour son futur développement économique. Parmi les autres défis inéluctables en relation avec le tourisme figure également la politique relative à la résidence secondaire. La forte proportion de résidences secondaires dans le Valais, qui dépasse 80% dans certaines communes, recèle autant d'opportunités que de risques. C'est pourquoi il est nécessaire d'analyser minutieusement les avantages et les inconvénients de la construction de résidences secondaires, afin de répondre non seulement aux exigences économiques, mais aussi aux considérations sociales et environnementales et d'assurer ainsi un développement harmonieux et durable du canton alpin. Swiss Issues Régions 4

5 1 Le Valais région et espace Le canton du Valais s étend sur la vallée du Rhône, vallées latérales comprises, du glacier du Rhône au lac Léman (figure 1). Il est délimité au nord par les Alpes bernoises et vaudoises, et au sud par les Alpes valaisannes, lesquelles comptent pas moins de 47 sommets de plus de 4'000 mètres d'altitude. Par ailleurs, le Valais compte non seulement les trois plus grands glaciers helvétiques, mais en regroupe également 47 autres. D'une superficie de 5'224 km 2, le canton couvre près de 13% de la surface totale suisse, mais, avec ses 307'392 habitants, abrite seulement 4% de la population helvétique. C'est à l'est de Sierre que se trouve la frontière linguistique qui sépare le Haut-Valais du Valais-Romand. Sion, chef-lieu du canton, est le principal centre du Valais-Romand, tandis que dans le Haut-Valais, c'est à Brigue que revient ce rôle. Le canton est desservi par un nombre réduit de voies d'accès: à l'ouest, en provenance du Vaud via la A9, depuis la France via le Col de la Forclaz et le Pas de Morgins, au nord via le Lötschberg, à l'est via la Furka (col et ferroutage), le col du Nufenen et du Grimsel, au sud-est via la route du col du Simplon, au sud-ouest via le Grand Saint-Bernard (col et tunnel). Grâce à l'ouverture du tunnel de base du Lötschberg en 2007, le temps de trajet ferroviaire entre la Suisse alémanique et le Valais a été réduit de près d'une heure, ce dont a fortement profité le tourisme. Du fait des particularités topographiques, la majorité des activités se concentre dans la vallée principale, à l'exception du tourisme. Figure 1 Le canton du Valais dans le contexte régional Glâne/ Veveyse Bulle La Gruyère Thun Grindelwald BernerOberland-Ost nne Vevey/Lavaux Vevey Montreux Saint-Gingolph Pays d'enhaut Gstaad Saanen/ Obersimmental Kandertal Kandersteg Leukerbad Ferden Brig Oberwald Münster-Geschinen Goms Fiesch Aigle Aigle Montana Leuk Leuk Raron Brig-Glis Sierre Visp Monthey Monthey/ St-Maurice Conthey Sion Sion Sierre Grächen Visp Simplon Martigny Verbier Evolène Saas-Fee Martigny Bagnes Zermatt 0 105k m Canton du Valais Régions économiques Centres Agglomérations Routes principales Source: Credit Suisse Economic Research, Geostat, DDS Swiss Issues Régions 5

6 Le canton se distingue non seulement par son paysage de montagnes unique, mais également par sa gastronomie. Outre les spécialités régionales comme la viande séchée, le pain de seigle, le «cholera» et le sii, le climat sec et chaud du canton permet également la culture du safran. Le Valais semble également prédestiné à la culture de la vigne. Plus d'un tiers de la production suisse provient de ce canton, constituant la plus grande zone de vignoble contigüe du pays. Les vins valaisans les plus réputés sont le Fendant, le Pinot Noir et la cuvée Dôle. Parmi ses autres emblèmes figure la vache d'hérens de la vallée éponyme, parfaitement adaptée à la topographie et au climat; renommée pour son tempérament bagarreur, elle est devenue une attraction touristique. Source: Association suisse des AOC-IGP (Appelation d'origine Contrôlée; Indication Géographique Protégée) Le Valais: top des destinations touristiques Avec ses paysages de montagne naturels et son excellente infrastructure, le Valais présente des conditions optimales pour un tourisme lucratif. De par sa situation particulière, le Valais bénéficie en outre de nettement plus d'ensoleillement que d'autres cantons. Autant d'aspects qui contribuent toujours à son attrait en tant que destination de vacances. Dans les années 1960, le tourisme enregistrait d'importants taux de croissance et se caractérisait par l'augmentation du tourisme de masse. L'essor économique, l'allongement des congés et une mobilité accrue grâce à la motorisation se sont traduits par une importante augmentation de l'offre et de la demande dans la branche du tourisme. La diversification du tourisme a permis le développement des destinations touristiques valaisannes et leur a donné leur apparence caractéristique d'aujourd'hui. Parc naturel Pfyn-Finges Déclaré parc naturel en 1997, le bois de Finges est l'une des régions offrant la plus grande diversité naturelle. La région comprend l'une des plus grandes pinèdes d'europe centrale. Le Rhône sauvage avec ses zones alluviales, abrite de nombreuses espèces rares d'animaux et de plantes et donne à cette région son caractère tout à fait particulier. C'est l'illgraben qui donne au paysage son cachet si particulier et qui, avec son imposant cirque d'érosion, constitue un élément marquant du panorama du Valais central. Au début des années 1990, le bois de Finges a fait l'objet de deux projets nationaux majeurs, exigeant un compromis entre protection de la nature et infrastructures de transport. Tout d'abord, une nouvelle route nationale a été planifiée dans la vallée du Rhône. Puis, la ligne de chemin de fer devait être étendue et modernisée. Les tronçons de l'autoroute et de la ligne de chemin de fer reliant Sierre et Loèche ont été construits avec des passages en tunnels. Swiss Issues Régions 6

7 Un canton à l histoire mouvementée Les découvertes archéologiques attestent des premiers peuplements dans ce canton alpin dès l'age de la pierre. En 2008, l'une des plus grandes nécropoles de l'age du fer dans les Alpes suisses a été mise au jour à Sion, représentant un site archéologique celte de première importance. Le canton a aussi été marqué par les conquêtes romaines, burgondes et alémaniques. Partant du Haut-Valais, les migrations des Walser aux XIII e et XIV e siècles ont entraîné le peuplement du reste de l'espace alpin oriental. Après le Moyen Age, l'histoire du canton reste très mouvementée, son statut passant d'allié indépendant de l'ancienne Confédération à celui d'unité administrative sous Napoléon, pour finalement former l'actuel Valais. En 1800, Napoléon I er passe le col du Grand Saint-Bernard pour occuper le Valais, qu'il érige en république indépendante, sonnant ainsi la fin de la République des Sept Dizains. 1 En 1810, le Valais devient un département français. Après l'effondrement de l'empire et l'invasion des Autrichiens en 1813, le canton est contraint d'accepter son rattachement à la Confédération décidée en 1815 par le Congrès de Vienne. Avec Genève et Neuchâtel, le Valais est l'un des derniers cantons à avoir rejoint la Confédération helvétique. La présente étude s'attache à approfondir les 50 dernières années de l'histoire du Valais qui, bien que pouvant sembler modestes au vu d'une histoire aussi mouvementée, ont joué un rôle majeur dans le devenir du canton. Jungfrau-Aletsch le premier site alpin inscrit au patrimoine mondial naturel de l'unesco Le Valais se distingue par une topographie qui lui est propre et possède une grande richesse naturelle. Une vaste diversité de flore et de faune ainsi que des glaciers d'une beauté à couper le souffle attirent des touristes du monde entier et jouent un rôle majeur pour le tourisme. L'inscription de la région de Jungfrau-Aletsch au patrimoine mondial naturel de l'unesco témoigne de la beauté de la région et souligne en particulier l'importance que revêt la préservation de ce patrimoine naturel. En signant la charte officielle en 2001, les 25 communes initialement participantes se sont engagées à assurer la protection durable de ce premier site alpin inscrit au patrimoine mondial naturel ainsi qu'à préserver la région pour les générations futures. En tant que zone contigüe de glaciers la plus grande d'eurasie, la région de Jungfrau- Aletsch témoigne de l'histoire mouvementée de la création des montagnes et glaciers et peut, au cœur des Alpes, servir d'exemple au tourisme durable. La figure 2 présente les principaux indicateurs démographiques et économiques du Valais et des cantons environnants ainsi que des régions de la zone d'étude et des régions comparables. Les structures et perspectives régionales s analysent de préférence au niveau des «régions économiques», que nous avons définies sur la base d'éléments économiques en nous appuyant sur les régions de mobilité spatiale (régions MS) de l'office fédéral de la statistique. Il convient ainsi de distinguer huit régions économiques dans le Valais (Conches, Brigue, Viège, Loèche, Sierre, Sion, Martigny et Monthey/Saint-Maurice), qui se succèdent à mesure que l'on descend le Rhône, de sa source au glacier dans la vallée de Conches à son embouchure dans le lac Léman dans la région de Monthey/Saint-Maurice. 1 Les 13 étoiles figurant sur l'écusson du Valais correspondent aux 13 Dizains (précurseurs des 14 districts) du canton et documentent une partie de son histoire. Swiss Issues Régions 7

8 Figure 2 Indicateurs démographiques et économiques Population Croissance démographique Croissance annuelle en % Emploi Valeur ajoutée Revenu des ménages Nominal Part dans Par employé, par Secteur Secteur Secteur le total en habitant, primaire secondaire tertiaire suisse CHF en CHF Régions économiques Conches 5'018 5' % -0.8% ' % 108'384 30'853 Brigue 15'546 26' % 0.4% 249 2'080 7' % 128'582 35'823 Viège 24'480 35' % 0.1% 584 7'324 10' % 145'246 35'066 Loèche 9'232 12' % 0.1% 443 1'015 2' % 108'773 32'246 Sierre 23'505 43' % 1.3% 577 4'598 9' % 123'526 34'381 Sion 45'100 77' % 1.2% 1'664 7'769 22' % 134'949 34'400 Martigny 34'043 58' % 1.7% 1'566 5'392 12' % 132'708 32'833 Monthey/St-Maurice 20'859 47' % 1.8% 386 6'840 8' % 159'324 33'813 Aigle 38' % 927 3'896 8' % 126'518 39'367 Vevey/Lavaux 86' % 836 4'846 23' % 136'143 50'580 Oberland bernois-est 46' % 1'035 4'494 14' % 119'426 37'978 Vallée grisonne du Rhin 72' % 816 9'274 23' % 140'650 46'468 Haute-Engadine 23' % 440 3'450 10' % 112'447 50'666 Cantons Emploi 1960 VS 177' ' % 1.1% 18'190 31'183 20' % 136'219 44'223 BE 813' ' % 0.3% 56' ' ' % 136'346 52'525 VD 429' ' % 1.3% 25'156 82'045 83' % 143'733 43'134 GR 147' ' % 0.3% 13'088 25'742 22' % 124'829 41'440 UR 32'021 35' % 0.0% 2'266 6'442 3' % 122'968 34'065 Suisse 5'429'061 7'785' % 0.8% 280'191 1'267' ' % 144'190 47'529 Cantons Emploi 2008 VS 5'664 35'490 75'366 BE 23' ' '553 VD 9'884 62' '851 GR 5'017 23'671 58'288 UR 958 5'078 7'347 Suisse 114'222 1'001'183 2'395'732 Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research De forts écarts régionaux Le Valais se caractérise par un niveau de revenus inférieur à la moyenne, une valeur ajoutée par employé en grande partie également inférieure à la moyenne et une dynamique démographique élevée, même si l'on recense de fortes disparités régionales. Une croissance démographique au-dessus de la moyenne se constate uniquement dans le Valais-Romand, notamment dans les régions de Monthey/Saint-Maurice et de Martigny. Ces régions se sont ces dernières années imposées en tant qu'alternatives aux zones de résidence bordant le lac Léman, caractérisées par une forte pression démographique et des prix immobiliers élevés. Toutefois, même dans les régions à forte dynamique démographique, le revenu moyen des ménages par habitant reste inférieur à la moyenne. Ces dernières décennies, la tertiarisation s'est traduite par des modifications fondamentales de l'économie suisse, qui, de structure largement dominée par l'agriculture, s'est transformée en société industrielle et de services modernes. Sur la période comprise entre 1960 et 2008, l'économie helvétique a enregistré une croissance de l'emploi de près de 40%. Avec une part de 57%, le principal moteur est le secteur de services, tandis que la part des secteurs primaire et secondaire reculait. Swiss Issues Régions 8

9 50 ans dans le Valais: un profond changement structurel Entre 1960 et 2008, le Valais a également connu un changement structurel significatif. En 1960, la structure des branches était largement équilibrée dans le canton: l'agriculture employait quelque 26% des actifs, l'industrie 44% et le secteur des services près de 30%. 50 ans plus tard, ces proportions se sont nettement modifiées: la part de l'emploi du secteur primaire ne s'établit plus qu'à 5%, contre 30% pour le secteur secondaire et 65% pour le secteur tertiaire. La structure des branches revêt un rôle déterminant dans le potentiel de performance d'une région. Dans le Valais, la part de l'agriculture, de l'industrie et des services ne diffère guère de la répartition nationale, avec toutefois certaines disparités régionales. Les régions de la vallée de Conches, de Loèche et de Martigny affichent encore une part de l'agriculture bien supérieure à la moyenne. Brigue et Sion, en raison de leurs fonctions de centres, recensent un pourcentage très élevé de services, tandis que Viège, Sierre et Monthey/Saint-Maurice sont des régions économiques marquées par l'industrie. Ces différences sectorielles se retrouvent dans la large fourchette caractérisant l'intensité de la création de valeur. La performance économique moyenne par salarié s'échelonne de 108'773 CHF pour la région de Loèche à 159'324 CHF pour la région de Monthey/Saint-Maurice, qui se positionne comme site d'implantation pour l'industrie de pointe. Swiss Issues Régions 9

10 2 Région et population évolution de la population et de l'habitat depuis 1960 Structure et évolution démographique sont des aspects importants du développement régional. La Suisse et les autres pays industrialisés enregistrent des taux de natalité en baisse, qui portent un frein à la croissance naturelle de la population. En conséquence, la migration revêt un poids croissant dans l'évolution démographique. En Suisse, l'immigration est devenue un facteur déterminant de l'évolution démographique depuis longtemps déjà. 2.1 Evolution démographique La population helvétique a enregistré une croissance globale de 43% au cours des 50 dernières années, soit une augmentation annuelle moyenne de 0.7%. S'agissant des cantons, l'évolution reste disparate. Durant cette période, le Valais a ainsi affiché une croissance démographique supérieure à la moyenne. Globalement, la population du canton a augmenté de presque 73%, ce qui correspond à un taux de progression annuel de 1.1%. Des disparités régionales marquées A l'intérieur des frontières du canton, de nettes différences se profilent toutefois (figure 3). Tandis que la population du Valais-Romand connaît globalement une progression, les communes du Haut-Valais majoritairement dans les régions de la vallée de Conches et de Viège, mais aussi dans celles de Brigue et de Loèche enregistrent un recul marqué de leur population. Figure 3 Croissance démographique dans le canton du Valais, Glâne/ Veveyse La Gruyère Thun Berner Oberland-Ost nne Kandertal Vevey/Lavaux Pays d'enhaut Saanen/ Obersimmental Brig Goms Aigle Leuk Monthey/ St-Maurice Sierre Visp Sion Evolution démographique Martigny 0 105k m > 150% 70% - 150% 35% - 70% 0% - 35% - 35% - 0% < -35% Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research, Geostat Swiss Issues Régions 10

11 La croissance démographique comparativement élevée dans la région de Monthey/Saint- Maurice peut en particulier ces derniers temps s'expliquer par la pression urbaine constante et la hausse des prix de l'immobilier dans la région du lac Léman. Leader absolu: la commune de Collombey-Muraz, dont la population a enregistré une hausse de pas moins de 315% entre 1960 et 2009, passant ainsi de 1'679 à 6'991 habitants. En comparaison, la petite commune de Niederwald a vu sa population chuter fortement, passant de 116 à 42 habitants depuis 1960 (soit un recul de près de deux tiers). La commune de Bourg-Saint-Pierre, située dans le Valais- Romand, dont la croissance démographique est plutôt forte, a enregistré le repli le plus marqué, voyant sa population diminuer de 65% et ne comptant aujourd'hui plus que 180 habitants. Migration évolutions et mesures De nombreux jeunes veulent rester au village La figure 4 présente l'évolution de la migration en Valais depuis Après le changement de millénaire en particulier, outre la migration internationale positive, le canton a également enregistré un bilan positif au niveau de la migration intercantonale. Cela signifie que le nombre de personnes ayant immigré depuis d'autres cantons vers le Valais est supérieur à celui des personnes quittant le canton, ce qui reflète l'attrait du Valais en tant que région d'habitat. Cette évolution est également favorisée par le positionnement de certaines localisations valaisannes en tant qu'alternatives à l'espace métropolitain fortement peuplé de Genève-Lausanne. Alors que le canton jouit d'une immigration nette globalement positive, de nombreuses communes de montagne à l'intérieur des frontières du Valais font face à une émigration croissante de leurs habitants vers les vallées. Cette évolution est attribuable d'une part au recul de l'agriculture et, d'autre part, à la concentration croissante des activités économiques dans les communes de vallée centrales. Mais les infrastructures établissements de formation, commerces ou équipements de loisirs ainsi que l'accessibilité constituent autant de facteurs qui entraînent souvent le départ des jeunes générations des communes de montagne reculées. Afin de contrer cette évolution et d'assurer l'avenir des communes de montagne, un groupe de travail de la commune d'embd, village situé dans le district de Viège, a interrogé les jeunes sur les conditions qui seraient selon eux nécessaires pour rendre la vie dans les villages de montagne attractive. Contre toute attente, l'enquête a révélé que de nombreux jeunes souhaiteraient rester dans leur village, tout en soulignant les conditions indispensables, telles que la garantie de l'accessibilité pendant la saison hivernale ainsi qu'un logement moderne et abordable. A l'heure actuelle, il n'est pas encore possible d'affirmer si l'avant-projet développé par la commune pour la construction de nouveaux logements sera effectivement réalisé. Le fait que, selon les résultats, une majorité de trois quarts des jeunes interrogés souhaitent rester dans leur village est cependant porteur d'espoir pour l'avenir des communes de montagne. Figure 4 Bilan migratoire dans le canton du Valais, Solde en personnes 5'000 4'000 Intercantonal International Total 3'000 2'000 1' ' Source: Office fédéral de la statistique Swiss Issues Régions 11

12 Recul de l'évolution démographique naturelle En raison du recul des taux de natalité et du vieillissement démographique caractéristiques des sociétés modernes, la migration constitue de plus en plus le moteur de la croissance démographique dans la plupart des cantons suisses. Le Valais aussi se distingue par un net recul de l'évolution démographique naturelle (figures 5 et 6). Figure 5 Evolution démographique naturelle dans le Valais et les cantons comparables Excédent des naissances en nombre de personnes, 1950/1960* vs 2009 Figure 6 Evolution démographique naturelle dans le Valais et les cantons comparables Excédent des naissances pour 1000 personnes, 1950/1960* vs '000 6'000 5'000 4'000 3'000 2'000 1' / / '000 VS BE FR GR UR VD -2 VS BE FR GR UR VD Source: Office fédéral de la statistique *Moyenne annuelle calculée sur la base de la période de recensement 1950/1960. Source: Office fédéral de la statistique *Moyenne annuelle calculée sur la base de la période de recensement 1950/1960. L'excédent des naissances en Valais, qui se situait encore à 2'000 personnes en 1960, n'était plus que de 500 personnes en Une image semblable se dessine pour les cantons comparables, à l'exception du canton de Vaud où l'excédent des naissances a nettement augmenté au cours des 50 dernières années. Cela peut s'expliquer par la pénurie croissante de logements dans le canton de Genève, qui a vu le départ de nombreuses familles pour le Vaudois adjacent. Les «communes les plus fécondes»: Martigny et Sion De fortes disparités régionales se dessinent à l'intérieur même des frontières du canton. Quelques communes du Haut-Valais et du Valais central affichent notamment un excédent des naissances négatif. Si l'on considère la répartition sur l'ensemble du territoire du canton, de nombreuses communes présentent un excédent des naissances nul ou un bilan démographique à peine positif. Martigny et Sion affichent les excédents des naissances les plus élevés et sont ainsi de loin les «communes les plus fécondes» du canton. Mais d'autres communes du Valais-Romand présentent également un bilan démographique naturel allègrement positif. En règle générale, la croissance démographique influe sur le développement territorial, en particulier sur le développement de la surface d'habitat et d'infrastructure supplémentaire requise en conséquence de cette croissance. 2.2 Développement urbain Suisse: la surface d'habitat et d'infrastructure croît plus vite que la population En vigueur depuis près de 30 ans, la loi sur l'aménagement du territoire a pour principaux objectifs une utilisation mesurée du sol, une occupation ciblée du territoire, ainsi que la prise en compte de l'environnement, de la population et de l'économie. Ces objectifs ambitieux n'ont toutefois pas pu être atteints dans la mesure prévue. A l'échelle nationale, l'espace consacré au logement croît plus vite que la population, ce qui va à l'encontre de l'objectif d'utilisation mesurée du sol inscrit dans la Constitution fédérale. Ce sont notamment des exigences d'ordre politique et économique qui font obstacle aux intentions initiales en matière de planification du développement urbain. Le souhait des familles d'obtenir des logements à la campagne, à des prix abordables situés aux abords des agglomérations, la forte augmentation des ménages unipersonnels, ainsi que la hausse de la surface habitable par personne sont autant de facteurs entra- Swiss Issues Régions 12

13 vant la mise en œuvre de la politique de l'habitat. A cela viennent s'ajouter le manque de coopération intercommunale et intercantonale en matière de politique des zones à bâtir ainsi que la politique relative à la résidence secondaire dans les cantons touristiques comme le Valais. Expansion des surfaces habitables au détriment des surfaces agricoles La figure 7 présente l'évolution de l'utilisation du sol dans les régions économiques du Valais sur la période comprise entre 1979 et Le changement structurel enregistré dans les secteurs primaire et secondaire se reflète nettement dans l'utilisation du sol. La croissance de la surface d'habitat et d'infrastructure s'est surtout opérée au détriment de la surface agricole. L'interprétation des statistiques de la superficie pour 1979/1985 et 1992/1997 atteste d'une utilisation généralement parcimonieuse de la ressource sols par le canton sur ces périodes. Seules les régions de Brigue et de Sion connaissaient à l'époque déjà une croissance de la surface d'habitat et d'infrastructure supérieure à la dynamique démographique. Ces dernières années, la croissance de la surface d'habitat et d'infrastructure s'est toutefois accélérée en Suisse. Selon une étude actuelle 2, alors que la zone d'habitat croissait de 13 km 2 par an entre 1980 et 2002, la croissance a doublé entre 2002 et Sur cette même période, la surface d'habitat et d'infrastructure a augmenté plus rapidement que la population dans 23 des 26 cantons, avec les plus forts taux de croissance enregistrés par le Tessin, le canton de Zoug et le Valais. Figure 7 Evolution de l'utilisation du sol, Variation de la surface d'habitat et d'infrastructure entre 1979/1985 et 1992/1997, en % Evolution démographique , en % 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% -10% -20% -30% -40% CH Goms Visp Martigny Leuk Sierre Brig VS Monthey/ St- Maurice Surface d'habitat et d'infrastructure Surface boisée Population Surface agricole utile Surface improductive Sion Source: Office fédéral du développement territorial, Credit Suisse Economic Research Augmentation de la demande de surface d'habitat et d'infrastructure dans toute la Suisse La figure 8 décrit l'évolution de la surface d'habitat et d'infrastructure par habitant. La surface d'habitat et d'infrastructure englobe non seulement les zones d'habitation et les zones industrielles, mais également les infrastructures de transports, les espaces verts et les surfaces particulières comme les installations d'élimination et d'approvisionnement. La croissance de la surface d'habitat et d'infrastructure génère ainsi, entre autres, une augmentation des frais d'infrastructure et d'entretien. La demande de surface d'habitat et d'infrastructure par habitant s'est accrue dans la quasi-totalité des cantons. En 2002, le Conseil fédéral s'est fixé le but de restreindre la surface bâtie par habitant à 400 m 2, afin de stabiliser les exigences relatives à la ressource sols limitée. La structure d'habitat dispersée du Valais se traduit par des valeurs comparativement élevées. 2 Müller-Jentsch, D., L. Rühli (Avenir Suisse) (2010): «Siedlungsentwicklung und Siedlungssteuerung in den Kantonen». Swiss Issues Régions 13

14 Figure 8 Surface d'habitat et d'infrastructure par habitant dans les cantons Surface par habitant en mètres carrés / / BS GE ZH BL ZG NE LU AR BE SG SO NW SZ SH AG GL VD TI AI UR OW TG FR JU VS GR CH Source: Office fédéral de la statistique Une densité urbaine différente selon les cantons La figure 9 décrit l'évolution de la densité urbaine dans les régions économiques du Valais. 3 Viège, Sion et Brigue constituent les régions économiques les plus peuplées du canton. Si en comparaison intracantonale la région de Sion est deux fois plus peuplée que celle de Conches, elle ne présente qu'une densité équivalant à la moitié de celle du canton de Zurich en comparaison nationale. Figure 9 Densité urbaine dans les régions économiques du Valais et des cantons comparables, Nombre d'habitants par surface utile d'habitat et d'infrastructure en hectares Figure 10 Surface d'habitat et d'infrastructure et dynamique démographique dans 55 communes du Valais Croissance démographique , en %; croissance de la surface d'habitat et d'infrastructure et Goms Martigny GR Leuk Monthey/St-Maurice Sierre VS Visp Sion VD Brig Densité urbaine 1980 Densité urbaine 1997 CH ZH Evolution de la surfaces d'habitat et d'infrastructure Mase Utilisation constante de la Veyras Wiler (Lötschen) Kippel surface par habitant 0.8 Varen Albinen Salgesch Saint-Léonard Guttet-Feschel Montana Sierre Sion Ayent Leukerbad Vernamiège Nax 0.2 Veysonnaz Saint-Gingolph Chermignon 0 Ferden Saint-Maurice Croissance démographique Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research Objectif d'utilisation mesurée du sol partiellement manqué La figure 10 établit une comparaison entre la dynamique démographique et l'évolution de la surface d'habitat et d'infrastructure. 4 La croissance démographique entre 1980 et 2009 y est représentée sur l'axe horizontal et la variation de la surface d'habitat et d'infrastructure sur la 3 La densité urbaine est définie par le nombre d'habitants par surface d'habitat et d'infrastructure. 4 L'enquête pour les statistiques de la superficie 2004/2009 n'étant pas achevée au moment de l'élaboration de la présente étude, les chiffres ne sont disponibles que pour 55 communes du Valais. Swiss Issues Régions 14

15 même période est indiquée sur l'axe vertical. Dans 21 communes sur 55, la surface d'habitat et d'infrastructure croît plus vite que la population. Ces données ne permettent toutefois pas de déduire si cette utilisation disproportionnée est à attribuer à l'importance touristique des communes ou si elle résulte de la forte croissance de la population résidante. En sa qualité de canton touristique typique, le Valais affiche une part élevée de résidences secondaires, à l'exemple de la vallée de Conches, qui compte davantage de logements que d'habitants. Cette part élevée de résidences secondaires exige de bonnes infrastructures: les installations d'alimentation en eau potable et en électricité, d'élimination des déchets, etc. doivent être construites de façon à répondre aux besoins maximaux, mais sont surdimensionnées en dehors de la pleine saison. Les opportunités et risques spécifiques au marché de la résidence secondaire sont approfondis au chapitre 8. Swiss Issues Régions 15

16 3 50 ans d'économie valaisanne rétrospective de l'histoire économique Au cours des 50 dernières années, le canton du Valais a connu d'énormes mutations économiques. A l'origine, le canton était majoritairement agricole et l'est resté durant longtemps. Dans le sillage de l'industrialisation, qui n'est intervenue que tardivement, des entreprises industrielles importantes se sont implantées dans le Valais, marquant durablement sa structure économique. Bien qu'il soit aujourd'hui encore un peu plus industrialisé que la moyenne, la tertiarisation, et donc l'avancée vers une société de services modernes, a depuis longtemps fait son entrée dans le canton alpin. A l'heure actuelle, près de 65% des salariés travaillent dans le secteur des services, soit une proportion quasi identique à la moyenne suisse. 3.1 Le Valais à l'origine un canton agricole En tant que canton alpin traditionnel, le Valais fut durant longtemps fortement caractérisé par l'agriculture, et ce jusque tard dans le XIX e siècle. L'industrialisation ne s'est opérée que relativement tard en Valais par rapport au reste de la Suisse. Dans un rapport de gestion datant de 1899, le gouvernement valaisan en fait la description suivante: «Unser Kanton, der vor allem ein landwirtschaftlicher ist, hat im Bereich der Industrie noch wenig Fortschritte erzielt: Diese Quelle des Wohlstands ist von unserer einheimischen Bevölkerung lange Zeit vernachlässigt worden.» 5 Le développement industriel tardif du canton se reflète également nettement dans les chiffres de l'emploi. En 1888, près des trois quarts (76.4%) de l'ensemble de la population active étaient ainsi encore employés dans l'agriculture (y compris dans la sylviculture). Cette part s'est réduite à 42% jusqu'en 1950, pour chuter à 25% sur la période des 10 années qui ont suivi. Entre 1888 et 1960, la part des employés dans l'agriculture est ainsi passée de plus de 75% à 25%. Malgré cet important recul, l'agriculture était encore davantage représentée dans le Valais que dans les cantons avoisinants en Avec près de 28%, seul le canton de Fribourg voisin affichait une part de l'emploi dans le secteur primaire encore plus élevée. Sur la période considérée, la part de l'emploi dans le secteur du commerce et de l'industrie a enregistré une augmentation de 12.6% à 40.9%. La hausse également importante (de 11% à près de 34%) de la part des «autres métiers», comme les métiers reliés au secteur banque-assurance, de l'hôtellerie-restauration ou de la construction, montre toutefois que le recul de l'agriculture n'a pas été compensé uniquement par le secteur industriel. Plus fort recul de l'agriculture dans le Valais La figure 11 présente l'évolution de l'emploi pour l'agriculture et la sylviculture en Valais et quelques cantons comparables. Sur l'ensemble de la période, le Valais affiche le plus important recul de l'emploi dans l'agriculture, avec -83%. Au cours des 50 dernières années également, le canton a enregistré la plus forte baisse (presque 70%) en comparaison avec les autres cantons. En 2008, le Valais ne comptait plus qu'environ 5'700 personnes travaillant dans le secteur primaire soit une part inférieure à 5%, mais qui se situe encore nettement au-dessus de la moyenne suisse (3.25%). Dans d'autres cantons, comme Fribourg, Uri ou les Grisons, l'agriculture est toutefois plus représentée que dans le Valais. 5 Traduction: Notre canton, qui est majoritairement agricole, n'a fait que peu de progrès dans le domaine de l'industrie: cette source de prospérité a depuis longtemps été négligée par notre population). Source: Kaufmann, B. (1965): «Die Entwicklung des Wallis vom Agrar- zum Industriekanton». Swiss Issues Régions 16

17 Figure 11 Emploi dans l'agriculture et la sylviculture, Nombre d'employés 100'000 90'000 80'000 70'000 60'000 50'000 40'000 30'000 20'000 10'000 0 UR BE FR GR VS VD Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research Le recul de l'agriculture se reflète également dans l'évolution du nombre d'exploitations agricoles. Comme le montre la figure 12, le Valais a, au cours des 50 dernières années, enregistré la plus forte baisse de tous les cantons considérés. Au niveau national, le nombre d'exploitations agricoles a chuté de près de 60% depuis Avec une perte de presque trois quarts de ses exploitations, le Valais se classe ainsi nettement au-dessus de la moyenne suisse. Figure 12 Nombre d'exploitations agricoles, Canton Variation (en %) VS 15'741 4' % GR 8'539 2' % FR ' % BE 30'395 12' % Suisse 149'306 60' % VD 9'896 4' % UR 1' % Source: Office fédéral de la statistique La figure 13 indique la part des exploitations agricoles par rapport au total suisse, pour les années 1969 et Tandis que la part relative des exploitations est restée quasiment inchangée dans les cantons comparables, la structure agricole en Valais a enregistré une baisse nettement plus importante que la moyenne suisse. Swiss Issues Régions 17

18 Figure 13 Part des exploitations agricoles dans les cantons 1969, 2009 Par rapport au total des exploitations agricoles suisses, en % 25% 20% % 10% 5% 0% BE UR FR GR VD VS Source: Office fédéral de la statistique Valais: prédominance de l'agriculture comme activité accessoire Une particularité de l'agriculture valaisanne est sans conteste la classe des «ouvriers-paysans», qui s'est constituée dans le sillage du développement industriel (voir également à ce sujet l'encadré «L'ouvrier-paysan une singularité valaisanne»). L'ouvrier-paysan se distingue par le fait qu'il exerce une activité rémunérée tant dans l'industrie que dans l'agriculture. L'importance des ouvriers-paysans, donc des activités agricoles accessoires, dans le canton du Valais notamment est mise en évidence par une comparaison du nombre d'exploitations agricoles gérées à titre principal par rapport au total des exploitations agricoles (figure 14). Figure 14 Part des exploitations agricoles gérées à titre principal Par rapport au total des exploitations agricoles, en % 80% 70% % 50% 40% 30% 20% 10% 0% BE UR FR GR VD VS CH Source: Office fédéral de la statistique Des quelque 16'000 exploitations existant en 1969 en Valais, seules un peu plus de 2'500 étaient gérées à titre principal, soit une part de 17%. Les 83% restants des exploitations étaient ainsi gérées par des exploitants exerçant à titre accessoire. Une comparaison montre que, dans tous les autres cantons, une grande majorité des exploitations agricoles étaient gérées à titre principal dès Bien que la part des exploitations gérées à titre principal ait Swiss Issues Régions 18

19 augmenté en Valais sur la période comprise entre 1969 et 2009, plus de 50% des exploitations sont aujourd'hui encore gérées à titre accessoire. L'ouvrier-paysan une singularité valaisanne La méfiance de la population à l'égard de l'industrialisation se traduisait en Valais par le fait que de nombreux ouvriers restaient liés à la terre et continuaient à exercer une activité agricole, tout en étant employés dans une entreprise industrielle. C'est ainsi que naquît la classe caractéristique du Valais des «ouvriers-paysans». La population était ainsi en mesure de réduire sa dépendance des revenus provenant de l'activité industrielle fortement tributaire de la conjoncture et par conséquent le risque de perte de gain (provenant d'une activité lucrative). Par ailleurs, la poursuite de l'activité agricole permettait aux familles de maintenir le lien avec leur commune d'origine. Mais cette évolution s'avérait également payante pour les entreprises, car elles pouvaient ainsi maintenir les salaires à des niveaux comparativement bas. De plus, de par leur activité agricole, les paysans disposaient d'une solide constitution pour le travail physiquement harassant dans les usines, ce dont les entreprises profitaient. Grâce à cette double vie, l'émigration montagnarde, connu dans tout l'arc alpin, a pu être endiguée, sans toutefois pouvoir l'empêcher totalement. L'«ouvrier-paysan» doit essentiellement son existence aux caractéristiques spécifiques que l'on prête au Valaisan. En particulier, le paysan à titre secondaire se distinguait par sa particularité si souvent documentée d'être «fidèle à la terre». Outre ses mérites, le paysan à titre secondaire était également réputé faire preuve d'une certaine fermeture d'esprit envers les réformes. Nette augmentation de la surface agricole utile par exploitation Parallèlement à la diminution du nombre d'exploitations agricoles, la surface agricole utile par exploitation s'est accrue. La figure 15 montre que cette augmentation s'est opérée pour tous les districts valaisans. A Rarogne, la surface agricole utile par exploitation est passée de 3,5 hectares en 1969 à presque 25 hectares en 2008, ce qui correspond à une augmentation de plus de 600%. Bien qu'aujourd'hui encore la structure du secteur agricole en Valais soit dominée par les petites exploitations, leur nombre a connu une baisse marquée depuis % des exploitations qui ont depuis fermé étaient des petites exploitations avec une surface utile de moins de 3 hectares. Cela peut s'expliquer en premier lieu par les modifications des lois, et notamment les réajustements dans l'octroi de paiements directs et la diminution des aides de la Confédération aux petites exploitations. Figure 15 Evolution de la surface agricole valaisanne 1969, 2008 Surface agricole utile par exploitation en hectares, par district Brig Conthey Entremont Goms Hérens Leuk Martigny Monthey Raron Saint- Maurice Sierre Sion Visp Source: Office de la statistique du canton du Valais Swiss Issues Régions 19

20 Les près de 4'300 exploitations agricoles existant aujourd'hui encore dans le canton sont réparties quasi uniformément dans le Valais-Romand, le Valais central et le Haut-Valais. La figure 16 présente la répartition des exploitations agricoles au niveau des communes. Toutes les communes regroupant plus de 100 exploitations se trouvent dans le Valais central et le Valais-Romand, tandis que le Haut-Valais ne compte aucune commune avec plus de 75 exploitations. Alors que les communes de Zwischbergen ou de Niederwald par exemple ne comptent aujourd'hui plus qu'une exploitation agricole chacune, Fully, Savièse ou Conthey en dénombrent encore presque 200. Avec une surface agricole utile de plus de 4'000 ares, les exploitations situées dans le Haut-Valais sont toutefois de taille bien plus importante. Figure 16 Nombre d'exploitations agricoles valaisannes, 2008 Nombre d'exploitations dans les communes, 2008 Glâne/ Veveyse Bulle La Gruyère Thun Grindelwald BernerOberland-Ost nne nne Vevey/Lavaux Vevey Montreux Pays d'enhaut Gstaad Saanen/ Obersimmental Kandertal Kandersteg Goms Oberwald Brig Aigle Aigle Leuk Brig-Glis Sierre Visp Monthey Conthey Monthey/ St-Maurice Sion Sierre Visp Martigny Verbier Martigny 0 105k m Zermatt Nombre d'exploitations Régions économiques Source: Office de la statistique du canton du Valais, Credit Suisse Economic Research, Geostat Le Valais: canton suisse des fruits et du vin Le Valais possède une tradition de la viticulture aussi longue que couronnée de succès. Et c'est à juste titre qu'il a reçu l'appellation de canton suisse des fruits et du vin, et la viticulture celle de culture reine du Valais. Près de 35% de l'ensemble des vignobles suisses sont valaisannes, ce qui en fait de loin le canton viticole le plus important de Suisse (figure 17). Cela s'observe également dans le pourcentage de la production viticole (figure 18). Avec une part moyenne de 40% de la production viticole nationale, le Valais joue un rôle majeur parmi les cantons. Comme le montre également la figure 18, cette part n'a guère évolué au cours des 15 dernières années, ce qui souligne le succès et l'importance de la tradition viticole du Valais. La viticulture occupe également une place prépondérante au sein du canton, près de 10% de la surface agricole utile servant à la culture du raisin. Swiss Issues Régions 20

21 Figure 17 Surfaces des vignobles dans les cantons, 2009 Par rapport au total de la Suisse, en % 20.1% VS 34.2% VD 4.1% 7.0% GE TI ZH 8.7% Autres* 25.8% Source: Office fédéral de la statistique Valais: fournisseur de 98% des abricots suisses Outre la viticulture, le Valais est également un important producteur de fruits pour la Suisse: près d'un tiers des pommes, près de la moitié des poires et quasiment 100% des abricots du pays y sont produits. Les exploitations valaisannes produisent globalement chaque année près de 70'000 tonnes de fruits (figure 19). A cet effet, près de 6% de la surface agricole utile sert à la culture des fruits. Figure 18 Production de vin valaisan, Part dans la production totale de la Suisse, en % 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% Source: Office de la statistique du canton du Valais Avec une part de presque deux tiers de la production totale, la culture des pommes est de loin la branche la plus importante de la production de fruits en Valais. Mesurée à l'aune de la part dans la production totale, la production de fruits en Valais n'a guère évolué depuis La production de pommes a gagné en importance, tandis que la culture de fraises et de framboises Swiss Issues Régions 21

22 a enregistré un net recul. La production de fraises a diminué de plus de la moitié entre 1970 et 2009 et la production de framboises en 2009 n'atteignait plus qu'un tiers de la production de Figure 19 Production valaisanne de fruits, Total de tous les fruits, par 1'000 kg Figure 20 Production valaisanne de fruits, 2009 Part dans la production totale, en % 80'000 70'000 Total fruits 1.0% 0.3% 1.0% 12.9% Fraises 60'000 Framboises 50'000 40' % 22.3% Fruits divers Abricots Poires 30'000 Pommes 20' Source: Office de la statistique du canton du Valais Source: Office de la statistique du canton du Valais Bien que les abricots ne figurent pas en tête de la production valaisanne de fruits (figure 20), ils sont considérés comme des produits «d'exposition» du Valais. Grâce à des investissements financiers dans la diversification des variétés de fruits, le produit brut issu de la culture des abricots a pu être plus que doublé au cours des dix dernières années. Source: Association suisse des AOC-IGP Swiss Issues Régions 22

23 3.2 L'industrie valaisanne Industrialisation tardive en deux vagues Le tournant du siècle: implantation des «Trois Géants» Promotion active de l'industrialisation La branche de la construction: moteur de la croissance dans le secteur secondaire Peu de femmes dans l'industrie L'industrialisation ne s'est opérée que relativement tard en Valais. Après la Seconde Guerre mondiale, l'économie valaisanne était encore fortement orientée sur l'agriculture, notamment la culture des fruits et la viticulture. L'absence de main-d'œuvre qualifiée ainsi que le manque d'accès au capital se sont tout comme dans d'autres cantons agricoles révélés particulièrement handicapants pour le processus d'industrialisation. Une première phase d'industrialisation est intervenue avec l'implantation de quelques petites et moyennes entreprises au XIX e siècle et au début du XX e siècle, mais également dans le sillage de la construction de la ligne de chemin de fer reliant Le Bouveret à Sion et Brigue. A cela s'ajoutèrent les fabriques de conserves, l'industrie du tabac, mais également la confection de bijoux ou les usines de fabrication d'explosifs. Une nouvelle phase d'industrialisation vit le jour dans les années 1890 avec l'utilisation de l'électricité et la découverte des possibilités offertes par l'énergie hydraulique. Outre le niveau relativement bas des salaires, la présence de cours d'eau en particulier, comptaient au nombre des facteurs d'implantation décisifs des cantons alpins au tournant du siècle vit l'octroi de la première concession pour l'exploitation de l'eau du Rhône à Saint-Maurice. La première usine d'électricité vit le jour en 1893 à Zermatt. Dans les années qui suivirent, de nombreuses centrales électriques furent érigées. En 1918, le Valais comptait déjà 32 centrales électriques, qui fournissaient près d'un cinquième de la capacité totale de la Suisse. La construction de ces centrales se traduisit par l'implantation de grandes exploitations énergivores, qui, aujourd'hui encore, caractérisent la structure industrielle du canton. En 1897, l'entreprise Lonza érigea une centrale électrique et une usine de carbure à Gampel. En 1898, une entreprise d'électrochimie la future Ciba fut créée à Monthey. En 1908, l'usine de l'aluminium-industrie AG (AIAG) de Schaffhouse, qui deviendra ultérieurement Alusuisse, entra en service à Chippis-Sierre. Le processus d'industrialisation a notamment été stimulé par la construction de la transversale ferroviaire Simplon-Lötschberg. La deuxième vague importante d'industrialisation est intervenue après la Seconde Guerre mondiale, à l'époque du boom économique ayant fait suite à la crise agricole de Tandis qu'une grande défiance vis-à-vis de l'industrie régnait encore dans le Valais avant la Première Guerre mondiale, l'industrialisation a de plus en plus été vue comme un phénomène positif et nécessaire à la modernisation du canton, notamment après la crise agricole. En 1950, Paul de Courten, membre du Conseil national du canton du Valais, a même formulé un postulat, dans lequel la Confédération était invitée à prendre des mesures pour la décentralisation industrielle et le renforcement de l'industrialisation dans les régions montagneuses. L'année suivante, une nouvelle ère de politique économique débuta avec la fondation de la Société valaisanne de recherches économiques et sociales (SVRES), qui apportait un soutien de premier plan au développement industriel. De même, la loi de finance entrée en vigueur en 1952 et qui accordait une exonération d'impôt durant dix ans aux entreprises industrielles, constituait un instrument important de promotion de l'industrialisation. Grâce au développement industriel, le Valais connut une croissance économique supérieure à la moyenne qui dura jusque dans les années 1970, où la récession frappa l'économie valaisanne comparativement plus durement. De nombreuses exploitations furent contraintes de mettre la clé sous la porte, les licenciements et délocalisations de la production à l'étranger devinrent inéluctables. Après 1980, les trois géants de l'industrie retrouvèrent toutefois le chemin de la croissance, érigeant de nouvelles installations et créant ainsi de nouveaux emplois. La branche de la construction a massivement contribué au développement du secteur secondaire dans le Valais. Depuis toujours, son importance est liée au tourisme, branche également essentielle pour le canton. Ce secteur étant fortement dépendant de la conjoncture, l'industrie de transformation est particulièrement sujette à la crise. La forte dépendance de la branche de la construction compte ainsi parmi les défis du secteur secondaire en Valais. Par rapport aux autres cantons, le Valais se caractérisait également par une très faible part d'emploi des femmes dans l'industrie. Cela peut notamment s'expliquer par le fait que le secteur secondaire dans ce canton a toujours été dominé par l'industrie lourde chimie, électrolyse et transformation des métaux. Les branches dans lesquelles les femmes sont fortement représentées, comme l'industrie textile par exemple, sont quasiment inexistantes dans la région. Swiss Issues Régions 23

24 Alusuisse l'internationalité en Valais La Société anonyme pour l'industrie de l'aluminium (Aluminium-Industrie-Aktiengesellschaft AIAG) devenue Alusuisse en 1963 est née en 1888 de la Société Métallurgique Suisse fondée un an auparavant. Créée en commun par des industriels suisses et des banquiers allemands, la société était dès le début vouée à l'internationalité. En raison de conditions non optimales sur les premiers sites d'exploitation, AIAG commença dès 1905 à délocaliser sa production en Valais. A peine trois années plus tard, l'usine de Chippis était inaugurée, suivie de nombreuses autres. Dans son rapport annuel sur sa gestion de 1945, l'usine de Neuhausen am Rheinfall berceau de la société expliqua que se fut la pénurie d'argile qui entraîna sa fermeture. La période d'après-guerre fut presque synonyme de nouveau départ pour l'industrie de l'aluminium, le marché pour ce matériau devant être intégralement recréé. L'éclatement de la Guerre de Corée en 1950 se traduisit par une hausse marquée de la demande d'aluminium. L'Allemagne constituant le principal marché d'aiag, la société connut trente années consécutives de succès grâce au miracle économique allemand. Avec le papier aluminium ménager, la société lança en 1958 un important produit de grande consommation. Dans les années 1950 et 1960, AIAG entreprit de moderniser de nombreuses usines en Valais. En 1963, l'entreprise fêta son 75 e anniversaire et changea également son nom en Aluminium Suisse SA (Alusuisse). La période comprise entre 1945 et 1975 fut marquée par le succès. Mais le développement fulgurant et couronné de succès avait également ses revers. Les nuisances environnementales assez rapidement décriées, notamment les dommages consécutifs aux émissions de fluor liées à la production d'aluminium, donnèrent naissance à des conflits et des protestations répétés dans les années 1960 et En 1963, 150 exploitants agricoles descendirent du Fricktal avec leurs vaches empoisonnées par le fluor vers Zurich, où ils manifestèrent à Utoquai, à proximité du siège principal d'aiag, réclamant la fermeture de l'usine. La «guerre du fluor» n'éclata en Valais que 12 ans plus tard, lorsqu'en 1975 les récoltes d'abricots furent quasiment anéanties du fait des émissions nocives. Le Département de l'économie du canton du Valais ayant fixé un délai pour la diminution de la production de fluor, Alusuisse fut contrainte d'agir. Les années 1980 et le début des années 1990 s'avérèrent difficiles pour l'ensemble de l'industrie de l'aluminium en raison des conditions-cadres économiques. A la fin des années 1990, Alusuisse, alors renommée Algroup, s'était toutefois redressée. Depuis sa fusion avec la société canadienne Alcan en 2000, rachetée par l'entreprise Rio Tinto, et finalement le changement de nom en Constellium, le nom d'alusuisse a certes disparu du Valais, mais pas l'industrie de l'aluminium. Le développement industriel tardif a laissé des traces et a durablement marqué l'ensemble de la structure économique du canton. Le fait que l'expansion de l'industrie ait contraint la population valaisanne à non seulement accepter la disparition de l'agriculture, mais l'ait également confrontée à la dégradation de l'environnement et ainsi de ses moyens d'existence sous l'effet des émissions causées par l'industrie, a eu une influence vraisemblablement décisive sur l'acceptation de l'industrie. La «guerre du fluor» est l'expression de la confrontation des intérêts de l'agriculture et de ceux de l'industrie et ainsi, au sens large, également le symbole du conflit entre tradition et modernité. Swiss Issues Régions 24

25 Ciba une histoire industrielle mouvementée sur le site de Monthey Avec Lonza et Alusuisse, l'entreprise Ciba fait partie des trois géants de l'industrie valaisanne. L'histoire mouvementée de l'entreprise jadis orientée sur la production d'indigo s'observe de manière saisissante à l'exemple du site de Monthey. En rachetant les installations d'une usine de production chimique ayant fait faillite à Monthey, la «Basler Chemische Fabrik» débuta en 1911 la production de l'indigo, un colorant synthétique, qui connut rapidement un succès retentissant et permit à l'entreprise d'établir des relations d'affaires avec l'extrême- Orient et les Etats-Unis. Au cours de la période de l'entre-deux-guerres, l'entreprise fut contrainte de supprimer des emplois, mais put éviter la fermeture de l'usine de Monthey grâce à la diversification de sa production. La fabrication de produits phytosanitaires ainsi que le lancement de la production de matières plastiques se révélèrent des investissements payants. A partir de 1945, l'entreprise changea son nom à des fins publicitaires en Ciba (Chemische Industrie Basel). La fabrication d'indigo pilier initial des activités de l'entreprise fut arrêtée au cours des années 1950 et 1960 et de nouveaux produits agrochimiques et colorants furent introduits. En 1970, CIBA fusionna avec la société Geigy. A l'époque, l'usine de Monthey employait près de 1'700 personnes. Grâce à des investissements fructueux, l'entreprise prospère connut une année record en 1989, avec des effectifs se montant à presque 3'000 employés. Le recul de la production enregistré au début des années 1990 en raison des développements conjoncturels exigeait toutefois de nouvelles stratégies commerciales. Au cours de la plus importante fusion d'entreprises de l'histoire, Ciba-Geigy et Sandoz s'associèrent pour devenir Novartis en 1996, à la suite de quoi l'usine chimique de Monthey fut démembrée en trois entreprises: Novartis Crop Protection (produits phytosanitaires), Ciba Spezialitätenchemie (colorants, couleurs, matières plastiques) et Cimo (prestataire de services pour les deux autres entreprises). L'année 2000 vit la fusion entre Novartis Agribusiness et Zeneca Agrochemicals, dont naquît l'entreprise Syngenta, premier groupe mondial entièrement dédié à la fabrication de produits spécifiques dans le domaine de l'agribusiness. En dépit de la mondialisation croissante et de l'orientation internationale de l'entreprise, Syngenta a clairement affiché son attachement stratégique au site de Monthey en 2008, en procédant à des investissements à hauteur de 150 millions de CHF dans de nouvelles capacités. La même année vit le rachat de la société bâloise Ciba Holding AG par le groupe allemand BASF. Deux ans plus tard, BASF Schweiz AG et Ciba AG ont fusionné. Le site de Monthey constitue un centre de production important pour BASF. L'ancienne Ciba est ainsi aujourd'hui encore un employeur important à Monthey et un témoin riche en traditions de l'époque du développement industriel dans le canton du Valais. Source: Syngenta Swiss Issues Régions 25

26 Fondation pour la promotion de l'industrie de pointe en Valais Outre l'industrie traditionnelle, l'industrie de pointe affiche également une présence croissante dans le canton, comme par exemple à Monthey. Afin de promouvoir le site valaisan auprès des entreprises de l'industrie de pointe à forte valeur ajoutée, le canton met en œuvre des mesures concrètes. La fondation «The Ark» par exemple, créée en 2004 par le Département de l'économie et du territoire du canton du Valais et possédant des représentations sur six sites de la vallée du Rhône, s'engage activement en faveur de l'établissement d'un technopôle notamment dans les domaines des technologies de l'information et de la communication (TIC), des sciences de la vie et de l'ingénierie et ainsi en faveur de la «[ ] dynamisation et de la diversification de la structure économique du canton». Installée sur le site de Monthey, la fondation BioArk pour la promotion des sciences de la vie exerce ses activités sous la devise «Le Valais, terreau fertile pour les biotechnologies». L'implantation croissante de représentants de l'industrie de pointe doit permettre non seulement de pérenniser des emplois dans le canton, mais doit également contribuer à la compétitivité du Valais et à la prospérité de la population à long terme, grâce à l'accroissement de la valeur ajoutée. 3.3 Structure sectorielle et chômage dans le canton du Valais Transition croissante vers une société de services Les principales branches présentent une faible intensité de valeur ajoutée En dépit ou peut-être en raison de l'industrialisation tardive et quelque peu hésitante dans le canton, le secteur secondaire est, avec une part de l'emploi de 30% (contre 28% en moyenne suisse), à l'heure actuelle légèrement surreprésenté. En revanche, la tertiarisation, c'est-à-dire la transition vers une société de services, y a débuté depuis longtemps. En 2008, déjà 65% des actifs valaisans étaient employés dans le secteur des services, ce qui s'approche de la moyenne suisse (68%). Au sein du canton, on observe toutefois des disparités significatives. Parmi les huit régions économiques, Conches, Loèche et Martigny sont encore fortement marquées par l'agriculture. Dans les régions de Brigue et de Sion, la tertiarisation est le plus avancée, toutes deux affichant une part de l'emploi dans le secteur des services supérieure à 70%. Dans les régions de Viège, Sierre et Monthey/Saint-Maurice, le secteur de l'industrie est en revanche encore surreprésenté. La figure 21 présente la structure sectorielle du Valais à l'aide des 12 principales branches. Avec une part de l'emploi supérieure à 9%, le commerce de détail constitue non seulement la branche la plus importante au sein du canton, mais est également surreprésenté par rapport à la moyenne helvétique. Figure 21 Structure des branches économiques valaisannes, 2008 Parts d'emploi des 12 principales branches, en %, équivalents plein temps Commerce de détail Second oeuvre Santé Gastronomie Hôtellerie Agriculture Enseignement Industrie chimique Bâtiment Transports terrestres Administration publique Hébergement médico-social et social VS BE VD CH 0% 1% 2% 3% 4% 5% 6% 7% 8% 9% 10% Source: Office fédéral de la statistique Swiss Issues Régions 26

27 Le second œuvre se distingue aussi et, avec plus de 8%, constitue également une branche économique importante, confirmant l'orientation aujourd'hui encore industrielle du canton. La forte orientation sur le tourisme du Valais se reflète dans la part de l'emploi supérieure à la moyenne dans la restauration et l'hôtellerie. L'intensité de valeur ajoutée comparativement faible des principales branches valaisannes n'est que partiellement compensée par la surreprésentation de l'industrie chimique par rapport aux autres cantons et à la moyenne suisse. La structure sectorielle se reflète dans le marché de l'emploi La structure économique et sectorielle d'une région se reflète non seulement dans la création de valeur et le revenu des ménages, mais également dans le marché de l'emploi. Les figures 22 et 23 décrivent l'évolution du chômage en Valais, sur la période et par rapport à la moyenne suisse et aux cantons comparables. On constate tout d'abord que le chômage en Valais évolue majoritairement au même rythme que la moyenne du pays. Toutefois, le taux de chômage dans le canton alpin est resté supérieur à la moyenne helvétique pendant la quasitotalité de la période considérée. De plus, les «pics» semblent particulièrement marqués dans le canton en périodes de crise comme ce fut le cas durant la récession des années Sur cette période, le taux de chômage en Valais est passé de 0.9% en 1990 à 7.7% en 1997, comparé à un passage de 0.5% à 5.5 % pour le taux moyen suisse. Cette évolution peut s'expliquer par la structure sectorielle du canton. Outre le tourisme, la branche de la construction compte également parmi les principaux secteurs en Valais. Selon les données les plus récentes du canton, un salarié sur quatre dans le canton travaille dans l'une ou l'autre de ces branches. Outre les variations saisonnières, ces deux branches se distinguent par leur forte dépendance à la conjoncture. Ainsi, l'emploi dans le canton enregistre non seulement des variations saisonnières plus importantes que la moyenne suisse, mais est également nettement plus sensible à la crise en raison de la forte dépendance à la conjoncture. Selon les derniers chiffres du Secrétariat d'etat à l'économie (Seco), le nombre de chômeurs inscrits en Suisse a augmenté de 2.3% en août 2011 en comparaison mensuelle, le taux de chômage s'établissant à environ 2.8%. Avec un taux de chômage de 2.8%, le Valais se situe ainsi actuellement dans la moyenne nationale. Figure 22 Taux de chômage dans le canton du Valais, Moyenne annuelle, en % Figure 23 Taux de chômage dans les cantons comparables, Moyenne annuelle, en % VS CH BE VD GR UR FR CH Source: Secrétariat d'etat à l'économie (Seco) Source: Secrétariat d'etat à l'économie (Seco) Outre le tourisme, d'autres branches de services valaisannes ont également revêtu une importante croissance au cours des 50 dernières années. L'évolution du Credit Suisse qui, à l'occasion du 50 e anniversaire de sa présence en Valais, a mandaté la présente étude, ainsi que la contribution des services financiers au développement régional du canton sont approfondies dans le chapitre suivant. Swiss Issues Régions 27

28 Lonza de fabricant de carbure à multinationale de la chimie L'entreprise d'électricité Lonza, nommée d'après la rivière éponyme, fut fondée en 1897, la même année une des premières usines de carbures fut construite à Gampel. Comptant parmi les trois géants de l'industrie valaisanne, Lonza a marqué dans une large mesure l'histoire industrielle du canton. Aujourd'hui encore, l'entreprise est l'un des plus grands employeurs et constitue un lieu de formation important pour les apprentis dans la région. Dotée d'un capital initial de quelque 800'000 francs seulement, la société anonyme a démarré ses activités en 1897 avec son premier siège social à Gampel. Dû à la crise du carbure, la société fut contrainte de trouver rapidement une alternative à son activité de base. Elle se tourna alors vers la chimie organique, et notamment les activités liées à l'acétylène, et par la suite la fabrication d'engrais, de poudre à canon et d'autres produits. Et même l'introduction du combustible «méta» par l'entreprise est à mettre au crédit de la chimie de l'acétylène. L'entreprise s'engagea également tôt dans la production des matières plastiques. Durant plusieurs décennies, Lonza fut le seul fabricant de polyvinylchloride (PVC) de Suisse. Outre son importance économique, Lonza exerça également un service d'habitude plutôt réservé aux entreprises publiques en assurant l'alimentation en électricité en tant que (co)propriétaire de plusieurs centrales hydrauliques. Bien que le besoin en carbure de calcium ait connu une hausse après la Seconde Guerre mondiale, la transition à la pétrochimie dans les années 1960 contraint l'entreprise à abandonner la production de carbure vit la fermeture des fours de carbure de calcium de Gampel; 6 ans plus tard seulement, le dernier four de carbure de Suisse situé à Viège cessa de fonctionner. Dès 1959, à l'occasion d'une assemblée générale, l'entreprise fit savoir qu'elle se lançait dans la pétrochimie. L'avènement de la chimie fine dans les années 1970 permit à Lonza d'écrire un nouveau chapitre de son histoire. Dans les années 1980, elle érigea un total de 6 usines de production de chimie fine. Au succès de la chimie fine vint s'ajouter la biotechnologie, qui devint bientôt le troisième pilier des activités de l'entreprise. Aujourd'hui, avec la fabrication de produits biotechnologiques comme la vitamine B niacine ou l'insecticide méta, Lonza compte parmi les fabricants et fournisseurs leaders de l'industrie chimique et agroalimentaire. Après avoir été rachetée en 1974 par la société Alusuisse également implantée en Valais et s'en être émancipée en 1999, Lonza est aujourd'hui une entreprise de nouveau indépendante qui concentre ses activités sur la chimie et la biotechnologie. Outre sa réussite économique, Lonza est également devenue au fil des années l'un des principaux employeurs du Valais. Swiss Issues Régions 28

29 4 Le Credit Suisse en Valais En cette année 2011, le Credit Suisse fête sa 50 e année de présence dans le canton du Valais. Nous saisissons l'occasion de revenir sur un demi-siècle d histoire et de succès du Credit Suisse dans ce canton alpin en effectuant des recherches dans les archives historiques du Credit Suisse et nous basant sur les entretiens effectués avec trois anciens directeurs du Valais- Romand et du Haut-Valais à l'origine des ouvertures des succursales valaisannes. 6 C était il y a 155 ans: Alfred Escher pose la première pierre L histoire de notre banque en Suisse commence il y a de cela 155 ans, avec la fondation du Credit Suisse en 1856 par Alfred Escher. La figure 24 énumère les dates principales de l histoire du Credit Suisse de ses débuts jusqu à nos jours. Figure 24 Chronique du Credit Suisse en Suisse Dates principales 1856 Fondation du Credit Suisse par Alfred Escher 1869 Fondation de la Banque Populaire Suisse 1977 Affaire Chiasso (détournement de fonds dans la succursale du Credit Suisse de Chiasso) 1982 Fondation de CS Holding 1988 Reprise de First Boston 1989 Intégration du Credit Suisse à CS Holding 1990 Reprise de la Banque Leu 1993 Reprise de la Banque Populaire Suisse 1994 Reprise de la Neue Aargauer Bank (la plus grande banque régionale de Suisse) 1996 Alliance entre CS Holding et Winterthur 1997 CS Holding devient le Credit Suisse Group et réunit les 4 unités d affaires Credit Suisse, Credit Suisse Private Banking, Credit Suisse First Boston et Credit Suisse Asset Management 1997 Fusion de Credit Suisse Group et Winterthur 2006 Credit Suisse est une banque globale intégrée, dotée de trois domaines d affaires: Investment Banking, Private Banking et Asset Management Source: Jung, J. (2000): Von der Schweizerischen Kreditanstalt zur Credit Suisse Group Eine Bankengeschichte 4.1 Les banques en Valais La structure du secteur bancaire valaisan a connu de profondes transformations au cours des 50 dernières années. Le nombre de succursales, toutes banques confondues, dans le canton a ainsi nettement baissé durant les 35 dernières années. En 1975, quelque 350 succursales étaient encore implantées en Valais, alors qu il n en restait plus que 98 en 2010, soit une diminution de plus de 70%. La figure 25 décrit l évolution du nombre de succursales des différents groupes bancaires en Valais. Le nombre de succursales a fortement chuté entre 1980 et 1985, cette période ayant vu la disparition de près d un tiers des implantations, notamment de la Banque Cantonale Valaisanne et des grands instituts, ainsi que des banques régionales et des caisses d épargne. Les banques Raiffeisen et les autres banques n ont été que peu touchées par cette évolution. Entre 1985 et 1990, le nombre de succursales des grandes banques a connu une forte augmentation (d environ 80%). Dans le même temps, le nombre d implantations de la Banque Cantonale progressait de nouveau pour passer de 23 à 28, après une impressionnante diminution de près de 75% entre 1980 et Credit Suisse Economic Research adresse ses remerciements à Messieurs Edelbert Karlen, Bernard Spahr et Bernard de Torrenté, pour leur disponibilité et pour avoir partagé leurs expériences en tant qu anciens directeurs. Swiss Issues Régions 29

30 Figure 25 Evolution des succursales dans le canton du Valais, Nombre de succursales par groupe bancaire Banque Cantonale Valaisanne Grandes banques Banques Raiffeisen Autres banques Banques régionales et caisses d'épargne Source: Banque nationale suisse, Credit Suisse Economic Research Les lignes en pointillé désignent les années pour lesquelles aucune donnée n est disponible. Les banques régionales et les caisses d épargne devaient subir une nouvelle baisse marquante du nombre de leurs succursales au début des années Les figures 26 et 27 indiquent l évolution des parts en % des différents groupes bancaires dans le réseau de succursales dans le canton du Valais entre 1975 et Le nombre de succursales de l ensemble des groupes bancaires à l exception des «autres banques» a fortement diminué (figure 25) et l importance des différents groupes dans le canton s est modifiée. 7 Les grandes banques ont ainsi renforcé leur présence, principalement au détriment des banques régionales et des caisses d épargne, mais également de la Banque Cantonale. Figure 26 Parts des groupes bancaires, canton du Valais, 1975 Parts des succursales sur l ensemble des implantations, en % Figure 27 Parts des groupes bancaires, canton du Valais, 2010 Parts des succursales sur l ensemble des implantations, en % 38.4% 27.3% Banque Cantonale Valaisanne Grandes banques 30.6% 20.4% Banque Cantonale Valaisanne Grandes banques Banques régionales et caisses d'épargne Banques régionales et caisses d'épargne 0.9% 11.6% 21.8% Autres banques Banques Raiffeisen 13.3% 2.0% 33.7% Autres banques Banques Raiffeisen Source: Banque nationale suisse, Credit Suisse Economic Research Source: Banque nationale suisse, Credit Suisse Economic Research 7 La réduction du nombre des succursales est partiellement attribuée aux fusions et reprises régionales et n'est donc pas un indice du retrait de certains groupes bancaires au marché. Swiss Issues Régions 30

31 4.2 Le Credit Suisse en Valais Là où tout a commencé: Martigny, Sion et Brigue Les anciens directeurs Karlen, Spahr et de Torrenté racontent Principaux domaines d activité: les affaires de crédit et la gestion de fortune L histoire de la banque dans le canton du Valais telle que nous la connaissons aujourd hui commence en 1961, lorsque le Credit Suisse de l époque fonda les succursales de Martigny, Sion et Brigue. Un an plus tôt, la Banque Populaire Suisse (BPS) alors encore concurrente, avant d être reprise par le Credit Suisse en 1993 avait également ouvert une implantation à Sion. La succursale du Credit Suisse à Sion a été dirigée dès sa fondation et pendant 20 ans (jusqu en 1980) par Bernard de Torrenté. La succursale de Brigue a été fondée un peu plus tard et placée sous la direction d Edelbert Karlen, qui avait été contacté en ce sens au printemps 1961 par Bernard de Torrenté. L implantation de la Banque Populaire Suisse à Sion a démarré ses activités sous la conduite de Bernard Spahr, qui devait en rester le directeur durant 30 ans, jusqu à sa retraite en Selon les propos des anciens directeurs, le domaine d activité le plus important dans le Valais était celui des affaires de crédit et, dans les destinations touristiques, également celui de la gestion de fortune. «La banque avait très vite constaté que les destinations touristiques du Valais étaient particulièrement rentables pour les affaires de gestion de fortune. Les clients étrangers étaient déjà à l époque très importants.» (B. Spahr) L'énergie hydraulique: moteur déterminant Un moteur déterminant de l'établissement des grandes banques et des affaires de crédit a été l'utilisation croissante de l'énergie hydraulique et les investissements nécessaires à la construction de centrales hydrauliques. Figure 28 Extrait de la brochure pour l'ouverture de la succursale à Martigny Source: Credit Suisse AG Une concurrence inégale dans le Haut-Valais et le Valais-Romand Interrogés sur les établissements concurrents majeurs du Credit Suisse, notamment dans le principal domaine d activité, les deux anciens directeurs dans le Valais-Romand répondent unanimement: UBS, SBS et la Banque Cantonale Valaisanne, ainsi que les banques régionales implantées dans le canton. Cependant, les affaires de crédit reposant par essence sur des relations de confiance et le Valaisan étant réputé pour son ancrage régional, il semble évident qu il puisse se sentir mieux compris et représenté par un institut régional que par une grande banque. Cela coïncide d ailleurs parfaitement avec l évaluation de l ancien directeur Edelbert Karlen, qui qualifie les clients valaisans d assez «méfiants envers les nouveautés et l inconnu». Selon Swiss Issues Régions 31

32 Edelbert Karlen, la concurrence dans le Haut-Valais émanait également des grandes banques et notamment de la Société de Banques Suisses (la future UBS). Toujours un œil rivé sur la concurrence A l époque déjà, le Credit Suisse s attachait à garder un œil sur la situation du marché et sur ses concurrents potentiels, comme en témoigne cet extrait du rapport annuel 8 de la succursale de Brigue du 31 décembre 1961, destiné à la direction générale de Zurich (figure 29). Figure 29 Extrait du rapport annuel de la succursale du Credit Suisse de Brigue, 1961 Source: Historical Archives Credit Suisse AG (Traduction: A Brigue, chacun sait que la Société de Banque Suisse a examiné consciencieusement toutes les possibilités d'implantation dans la ville. A terme, nous devons donc nous attendre à devoir faire face a cette nouvelle concurrence.) L évaluation de la compétitivité des différents domaines d activité face à la concurrence était d ailleurs également évoquée dans les rapports annuels adressés à la direction générale (figure 30). Figure 30 Extrait du rapport annuel de la succursale du Credit Suisse de Brigue, 1971 Source: Historical Archives Credit Suisse AG (Traduction: A Brigue, nous pensons avoir la pleine maîtrise de notre part de marché, tandis que nous affichons un certain retard à Zermatt en raison de considération de politique de crédit. Quant a Viège, nous y pâtissons de la témérité d'ubs et du prestige de la SBS.) Il y a 50 ans et aujourd hui: deux mondes différents Depuis 2006, le Credit Suisse se présente comme une banque globale intégrée, dotée des domaines d affaires Investment Banking, Private Banking et Asset Management. Représenté dans plus de 50 pays, le Credit Suisse est aujourd hui une banque opérant à l échelle mondiale et employant quelque 50'100 collaborateurs (à temps plein) partout dans le monde, dont 21'700 en Suisse. La fortune de notre clientèle dans le monde est évaluée à 1'433.9 milliards de francs, les actifs sous gestion s élevant quant à eux à 1'253 milliards de francs (2010) pour des charges liées aux salaires d environ 14'599 millions de francs. Les dimensions déjà difficilement concevables de telles sommes gagnent encore en importance lorsqu on les compare à certains postes des bilans des débuts de la banque (figure 31). 8 Les extraits des rapports annuels se limitent à la succursale de Brigue pour des raisons de disponibilité. Swiss Issues Régions 32

33 Figure 31 Extrait du rapport annuel de la succursale du Credit Suisse de Brigue, 1961 Exemple de position (passif) Source: Historical Archives Credit Suisse AG Bien qu aucun chiffre actuel comparable ne soit disponible, cet exemple montre à quel point le monde d il y a 50 ans différait de celui d aujourd hui. Dans le monde entier, il semble de nos jours inconcevable de trouver une succursale du Credit Suisse dont le rapport annuel fait état d une seule et unique position dans un poste donné. Figure 32 Extrait des statuts de la Banque Populaire de Martigny S.A., 1928 reprise par le Credit Suisse, Martigny Source: Credit Suisse AG La figure 32 montre aussi clairement les différences entre hier et aujourd'hui. Le capital social de la Banque Populaire de Martigny se montait à l'époque à seulement 900'000 francs, divisé en 900 actions à 1'000 francs chacune. Aujourd'hui le capital-actions du Credit Suisse se chiffre à 33'282 millions de francs (2010) : une forte croissance Les 50 ans de présence du Credit Suisse en Valais constituent une véritable success story. La figure 33 indique l évolution des effectifs du Credit Suisse en Valais entre 1961 et Entre 1961 et 2011, le nombre de collaborateurs est ainsi passé de 30 à 171 et celui des succursales de 3 à 11. L évolution de l emploi a toujours été positive jusqu au début des années 1990, avant d enregistrer un léger recul jusqu en Aujourd hui, le Credit Suisse emploie 171 collaborateurs en Valais. Swiss Issues Régions 33

34 Figure 33 Effectifs du Credit Suisse dans le canton du Valais, Nombre de collaborateurs dans les succursales du Credit Suisse succ. 8 succ. 11 succ Source: Historical Archives Credit Suisse AG, Credit Suisse Economic Research Les pointillés correspondent à des données manquantes. Un succès se dessinant très tôt L évolution du résultat du bilan de la succursale de Brigue est un bon indicateur (parmi beaucoup d autres) du succès des activités de la banque en Valais (figure 34). Au cours des dix premières années, ce résultat a en effet été presque multiplié par neuf, tandis que les frais généraux et les impôts passaient d environ 17'000 à plus de 600'000 francs pour la même période (figures 35 et 36). Figure 34 Extrait du rapport annuel de la succursale du Credit Suisse de Brigue, 1971 Source: Historical Archives Credit Suisse AG Mobilisation de capitaux et concurrence parmi les principaux défis Le succès ne s est bien entendu pas développé ex nihilo. Selon les anciens directeurs du Valais-Romand, le principal défi a été de mobiliser des capitaux dans les premières années qui ont suivi la fondation de la succursale. Bernard de Torrenté explique que ce capital avait été mis à disposition par la direction générale du Credit Suisse à des conditions avantageuses, tandis que Bernard Spahr parle plutôt de «prix du marché» chez la Banque Populaire Suisse. Pour Edelbert Swiss Issues Régions 34

35 Karlen, c est la concurrence qui représentait le principal défi durant son activité en tant que directeur. Figure 35 Extrait du rapport annuel de la succursale du Credit Suisse de Brigue, 1961 Exemple de position du compte de résultats Figure 36 Extrait du rapport annuel de la succursale du Credit Suisse de Brigue, 1971 Exemple de position du compte de résultats Source: Historical Archives Credit Suisse AG (Traduction: Frais généraux et impôts Frais de personnel Frais de prévoyance pour le personnel Frais opérationnels et de bureau Impôts) Source: Historical Archives Credit Suisse AG (Traduction: Frais généraux et impôts Frais de personnel Frais de prévoyance pour le personnel Frais opérationnels et de bureau Impôts) Le client valaisan: «doté d une excellente moralité de paiement» A l époque déjà, le succès des affaires dépendait de l identification des besoins de la clientèle et de leur satisfaction optimale par le biais de produits et de services adéquats. Décrit comme méfiant envers les nouveautés et l inconnu par Edelbert Karlen, le client valaisan se distinguait également par une moralité de paiement bien supérieure à la moyenne. «Le Valais était un monde à part. La moralité de paiement y était excellente. À Lausanne, elle était par exemple déjà plus faible.» (B. de Torrenté) «En Valais, les clients considéraient comme évident de conclure des crédits sur la seule base de la confiance et sans examen du bilan).» (B. Spahr) L image et la réputation semblent essentielles pour le succès durable d une banque, comme l ont démontré les dernières années, au cours desquelles le secteur bancaire a dû faire face à des critiques répétées suite à la crise financière. Cette évolution n est d ailleurs pas restée sans conséquence pour l image des instituts bancaires. Le CS et la BPS jouissaient d une bonne image à l époque D après les anciens directeurs, le Credit Suisse, mais aussi la Banque Populaire Suisse, jouissaient à l époque d une bonne image. Pour Bernard de Torrenté, cette bonne réputation était notamment imputable aux principes éthiques de la banque, ainsi qu à son importante orientation service. «La bonne image du Credit Suisse et de la Banque Populaire Suisse dépendait à l époque grandement de la personnalité de leurs directeurs, ce sont eux qui la façonnaient.» (B. de Torrenté, B. Spahr) Swiss Issues Régions 35

36 Figure 37 Curriculum vitæ des directeurs interviewés Edelbert Karlen, né en 1923 Bernard Spahr, né en 1926 Bernard de Torrenté, né en 1919 Directeur de la succursale de Brigue, Credit Suisse (CS) Directeur de la succursale de Sion, Banque Populaire Suisse Valais (BPS) Directeur de la succursale de Sion, Credit Suisse (CS) Collège de Brigue (3 semestres), Ecole de commerce Lycée de Sion (2 ans) Maturité classique, lycée de Sion française, Estavayer Apprentissage bancaire, Bank in Brig AG (future UBS) Apprentissage bancaire, Banque Populaire Valaisanne Etudes de droit et sciences économiques, Université de Fribourg (licences en 1947) Comptable, puis trésorier, Volksbank Visp AG (future UBS Viège) Rejoint la Banque Leu à l âge de 24 ans (gestion de fortune), Zurich, pour y rester 4 ans Rejoint la Banque Suisse d Epargne et Crédit, Sierre (1948) Arrivée au Credit Suisse, ouverture de la succursale de Retour à la Banque Populaire Valaisanne, Sion Ouverture de la succursale de CS Sion (1961) Brigue (1961) Ouverture de la succursale BPS de Sion (1960) Directeur principal des succursales du Credit Suisse dans le canton de Vaud (1980) Président AVB (Association Valaisanne des Banques) jusqu'au 1991 Président AVB (Association Valaisanne des Banques) jusqu'au 1980 Départ à la retraite (1988) Départ à la retraite (1991) Départ à la retraite (1983) Swiss Issues Régions 36

37 5 Les eaux du Valais aubaine ou calamité? A de nombreux égards, l'eau revêt une importance particulière pour le canton du Valais. Et ce n'est pas sans raison que le canton est parfois surnommé le «château d'eau de la Suisse». Mais le Rhône et ses torrents étaient, et sont toujours aujourd'hui, tout à la fois une aubaine et une calamité pour le Valais. Tandis que les nombreuses inondations qu'a connues le Valais ont affecté à maintes reprises la population de la région et ont non seulement détruit de grandes parties de la surface agricole utile et, du coup, les moyens d'existence de la population, mais également parfois des villages entiers, l'utilisation de l'énergie hydraulique était un élément-clé de l'industrialisation et un moteur important du développement économique du canton. Aujourd'hui encore, la présence de cette source d'énergie renouvelable constitue un facteur d'implantation décisif. 5.1 Inondations Le Rhône ou le «Rottu», comme il est encore appelé aujourd'hui en haut-valaisan, prend sa source dans le glacier du Rhône. Il mesure 812 km de long, dont seulement 264 km coulent en Suisse. Il débouche dans le lac Léman, qu'il quitte de nouveau à Genève pour finalement se jeter dans la Méditerranée en France. Sur son cours entre le glacier du Rhône et le lac Léman, le fleuve compte près de 200 affluents. Dans les textes historiques, le Rhône est décrit comme un fleuve sauvage et indomptable. Premières inondations dès le VI e siècle L'histoire des crues du Rhône remonte très loin dans le temps. Des sources historiques font état d'inondations dévastatrices dès le VI e siècle. En l'an 563, un éboulement aurait ainsi provoqué une inondation qui aurait affecté la région. Dans les archives des siècles ultérieurs, les inondations sont la plupart du temps décrites en relation avec de fortes précipitations. Bien qu'au XIX e siècle le Rhône était utilisé pour l'irrigation des champs, le fonctionnement des moulins et le transport du bois, ses rives étaient en grande partie bordées de forêts alluviales. De vastes étendues marécageuses et des inondations récurrentes détruisaient périodiquement les moyens de subsistance de la population. L'inondation de 1860 est sans doute l'une des plus terribles qu'ait connues le Valais. Selon les experts, sous l'effet de fortes précipitations et de la fonte des neiges et des glaciers due au foehn, de terribles inondations accablaient l'arc alpin entre le 1 er et le 3 septembre. L'un des pires épisodes de crues est d'ailleurs aujourd'hui encore considéré comme déclencheur de la première correction du Rhône. En 1863, l'assemblée fédérale prit la décision d'attribuer des subsides au canton du Valais, à la suite de quoi les travaux de correction du Rhône et de ses affluents furent exécutés entre 1863 et Il s'agissait à l'époque d'un des plus importants projets de rectification fluviale de Suisse. Un rapport de la Commission du Conseil des Etats décrit les travaux de correction du Rhône comme suit: «Es gilt, einen nicht unerheblichen Teil unseres Vaterlandes zu retten; es gilt, den Eidgenossen, welche dort wohnen, in ihrem wiederkehrenden grossen Unglück die tröstende und aufrichtende Bruderhand zu reichen; es gilt, den Schweizern im Rhonethal das Verbleiben im Vaterlande möglich zu machen; es gilt, durch gemeinsame Anstrengung aus jenem verheerten und verwüsteten Thale, das bald keine Erndten mehr kennen wird, ein gesichertes, der Cultur zugängliches, mit der Zeit reiches Land zu machen; es gilt, durch einen unserer Grenzcantone ein neues, starkes, eidgenössisches Band zu schlingen und dem Schweizerbunde ein neues bleibendes Denkmal zu errichten.» 9 La figure 38 met en lumière l'aménagement du Rhône près de Sion avant et après sa première correction qui visait à maîtriser son cours et diminuer les effets de ses crues. 9 Traduction: Il s'agit de sauver une partie considérable de notre petite patrie; il s'agit de tendre aux confédérés qui l'habitent une main fraternelle pour les consoler et les relever dans leur grande détresse toujours renouvelée; il s'agit de rendre possible aux Suisses de la vallée du Rhône l'existence dans leur patrie; il s'agit de changer par des efforts réunis cette vallée dévastée et désolée, qui bientôt ne présentera plus aucune moisson; il s'agit, disons-nous, de la changer en un terrain assuré, accessible à la culture et promettant des richesses futures; il s'agit d'enlacer autour d'un de nos cantons limitrophes un nouveau et fort lien fédéral et d'ériger à la patrie un nouveau monument durable. Source: Summermatter, S. (2005): «Die erste Rhonekorrektion und die weitere Entwicklung der kantonalen und nationalen Wasserbaupolitik im 19. Jahrhundert». Swiss Issues Régions 37

38 Figure 38 Cours du Rhône Cours du Rhône avant et après sa première correction (1849, 1867) Source: Karte über einen Theil der südlichen Wallisthäler, G. Studer (1849), Zentralbibliothek Zürich Kartensammlung, 4 Ju 06:1. Südwallis, R. Leuzinger ( ), Zentralbibliothek Zürich Kartensammlung, 4 Ju 76:1. La première correction du Rhône fut considérée comme une réussite, et un géologue français la décrivit en ces termes: «Les merveilleux travaux d'endiguement du Rhône valaisan, qui resteront l'une des œuvres d'honneur de la Suisse, constituent l'un des témoignages les plus intelligents et les plus éloquents en faveur de cette puissance humaine de domestication et de domination des forces naturelles.» Maurice Lugeon, un géologue vaudois, devait quant à lui formuler un avis plus critique sur la domination de la nature par les hommes: «[ ] que le Rhône sera finalement victorieux, qu'il reprendra sa liberté à travers la plaine.» 10 Les événements qui suivirent lui donnèrent raison: même après sa première correction, le Rhône déborda de nouveau, nécessitant d'autres corrections. Les travaux relatifs à la deuxième correction du Rhône durèrent de 1930 à Bien que ces travaux d'adaptation aient effectivement permis de juguler les crues fréquentes, d'importants problèmes de sécurité se révélèrent en 1987 et Vischer, D. L. (2003): «Die Geschichte des Hochwasserschutzes in der Schweiz: von den Anfängen bis ins 19. Jahrhundert». Swiss Issues Régions 38

39 La troisième correction du Rhône est en cours Les graves inondations d'octobre 2000 confirmèrent de nouveau cet état de fait. Depuis lors, une nouvelle correction du Rhône semble inévitable et fait l'unanimité, les travaux entrepris lors de la deuxième correction du fleuve n'étant pas suffisants. Selon les estimations actuelles, 13'000 hectares seraient aujourd'hui menacés d'inondation en raison des capacités de rejet insuffisantes et de l'instabilité de différentes digues. Le potentiel de dommages est estimé à plus de 10 milliards de francs et le nombre de personnes potentiellement menacées à 100'000. Outre la protection contre les crues, la troisième correction du Rhône poursuit également des objectifs socio-économiques et de protection de l'environnement. Les travaux sont répartis en plusieurs phases et devraient durer jusqu'en Outre son caractère de protection, la troisième correction revêt une importance économique non négligeable. Les travaux requis nécessitent des investissements, permettent de créer des emplois et de la valeur ajoutée, notamment dans le secteur de la construction fortement représenté dans le canton. 5.2 L'énergie hydraulique L'énergie hydraulique: principale source d'énergie renouvelable de la Suisse La topographie ainsi que la quantité moyenne des précipitations de la Suisse offrent des conditions idéales pour l'exploitation de l'énergie hydraulique. Riche en traditions, elle est également la principale source d'énergie renouvelable du pays. Au début des années 1970, la houille blanche tel qu'on nommait auparavant l'énergie hydraulique fournissait presque 90% de la production nationale d'électricité. La mise en service des centrales nucléaires a réduit cette part, qui se monte aujourd'hui à près de 60%. Avec ses 50 centrales hydrauliques (d'une puissance supérieure à 10 MW), le canton du Valais produit annuellement environ 10'000 GWh d'électricité, soit près de 30% de l'énergie hydraulique totale suisse. Parmi les ouvrages les plus importants figure le légendaire barrage de la Grande-Dixence du Lac des Dix dans le Val d'hérémence, qui retient plus de 400 millions de m 3 d'eau et, qui avec ses 285 mètres, est le plus haut barrage poids d'europe. Grâce à l'agrandissement de l'installation hydroélectrique Cleuson-Dixence jusqu'en 1998, la puissance maximale a pu être augmentée de 800 à 2'000 MW, ce qui correspond à plus de 40% de la puissance maximale de toutes les centrales hydrauliques valaisannes. Mais d'autres installations revêtent également une importance décisive pour l'exploitation de l'énergie hydraulique dans le canton, comme celles du Lac de Mauvoisin, du Lac d'emosson, du Lac de Mattmark et de la Gougra. Figure 39 Exploitation de l'énergie hydraulique dans le canton du Valais, Plus grande puissance maximale annuelle possible, en kw 5'000'000 4'500'000 4'000'000 3'500'000 3'000'000 2'500'000 2'000'000 1'500' Source: Office de la statistique du canton du Valais Swiss Issues Régions 39

40 De précieuses centrales de pompage-turbinage Outre leurs énormes capacités, de nombreuses grandes installations permettent également, grâce aux centrales de pompage-turbinage existantes (et à celles prévues), une gestion économique et respectueuse de l'environnement de l'offre et de la demande d'énergie, les excédents d'électricité produits durant les «périodes de faible charge» pouvant être facilement convertis en énergie de pointe. La figure 39 présente l'évolution de l'exploitation de l'énergie hydraulique au cours des 50 dernières années. Alors qu'en 1960 la puissance maximale annuelle des centrales exploitées atteignait encore moins de 2'000'000 kw, elle s'établissait à plus de 4'500'000 kw en 2009, soit une hausse de presque 160%. L'augmentation massive constatée entre 1999 et 2000 s'explique surtout par l'accroissement de la capacité de l'installation de Cleuson-Dixence. Depuis le milieu des années 1990 l'augmentation constante de la demande d'électricité en Europe ainsi que la pénurie des sources d'énergie non renouvelables comme le pétrole ont fait de l'énergie hydraulique une source d'énergie de plus en plus attractive. En plus de présenter l'avantage de produire de l'électricité «propre», l'énergie hydraulique a encore gagné en importance depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima et la sortie du nucléaire en Les cantons de montagne comme le Valais tirent parti de l'énergie hydraulique, notamment en termes de création de valeur ajoutée et d'emplois. Selon les données actuelles, les centrales électriques emploient près de 800 personnes. La pérennisation de ces emplois ou la création de nouveaux emplois fait partie des mesures possibles pour endiguer le dépeuplement dont souffrent de plus en plus différents cantons alpins de Suisse. L'énergie hydraulique a également été un moteur déterminant de l'industrialisation dans le canton du Valais. L'énergie hydraulique: des recettes pour les pouvoirs publics Recettes supplémentaires du fait du retour des concessions L'énergie hydraulique revêt également une valeur non négligeable pour les pouvoirs publics. Elle permet ainsi à la communauté valaisanne de percevoir (dans le cadre du système des sociétés de partenaires) des recettes annuelles de près de 170 millions CHF. La majeure partie de ces recettes (près de 60%) provient des redevances hydrauliques l'argent qu'une centrale verse à la commune en contrepartie de l'exploitation de l'énergie hydraulique. L'augmentation de la redevance hydraulique (de 80 à 100 CHF par kwh) entrée en vigueur au 1 er janvier 2011 apporte au canton et aux communes des recettes supplémentaires à hauteur d'environ 42 millions CHF, montant qui sera de nouveau relevé grâce à l'augmentation à 110 CHF pat kwh prévue en L'imposition des sociétés exploitantes de centrales hydrauliques génère en outre un montant d'impôt de 37 millions CHF. Jusqu'à présent, seules les dividendes des grandes sociétés exploitantes de centrales hydrauliques étaient imposables dans le canton du Valais. Le nouveau modèle d'imposition introduit le 1 er juillet 2011, permettra, selon les estimations, de doubler les recettes fiscales issues de l'énergie hydraulique pour l'ensemble du canton. Outre ces «revenus» réguliers, ce sont notamment les recettes liées au «retour des concessions» qui sont actuellement au centre des discussions politiques en Valais. Alors que le canton dispose du Rhône, les communautés ont le droit d'eau pour les autres rivières. Pour l'exploitation de ces eaux, les communes octroient des concessions de droits d'eau, généralement d'une durée maximale de 80 ans. A l'expiration de la concession, la communauté concédante peut exercer un droit de retour tout d'abord le droit d'usage sur l'eau. La communauté peut alors reprendre gratuitement une grande partie (la partie «hydraulique» correspondant à environ 70% 80% de l'installation) des équipements installés par les sociétés exploitantes de centrales hydrauliques. La partie restante (partie «électrique») peut être reprise par la communauté moyennant une «indemnité équitable». Lors du retour d'une concession, la communauté concernée a généralement le choix entre trois options: 1. exploiter en propre les installations hydroélectriques; 2. poursuivre l'exploitation en partenariat avec le concessionnaire précédent ou un nouveau concessionnaire; 3. laisser un tiers poursuivre l'exploitation. Phase intensive de retours entre 2040 et 2050 Tandis que de petites centrales hydrauliques valaisannes ont déjà fait l'objet d'un retour, les concessions des centrales plus importantes expireront dans environ 30 ans. La période comprise entre 2040 et 2050 sera ainsi particulièrement intensive avec l'arrivée à échéance des centrales de Mauvoisin, Mattmark, Ackersand 2, Grande-Dixence, Aletsch et Bitsch. Swiss Issues Régions 40

41 Le retour des concessions recèle des opportunités et des risques Des montants à hauteur de plusieurs milliards Une répartition inégale entre les communes Pour le canton, le retour des concessions signifie aussi bien des opportunités que des risques. En raison des rapports de propriété actuels près de 80% des capacités de production d'électricité hydraulique du Valais sont en mains de sociétés extra-cantonales et 10% en main de sociétés étrangères une partie significative de la valeur ajoutée est générée en dehors du canton. Grâce au retour des concessions et à la nouvelle réglementation des concessions en découlant, le canton a la possibilité de générer cette partie de la valeur ajoutée à l'intérieur de ses frontières, et ainsi de pérenniser ou de créer des emplois afin de contrer le risque de dépeuplement des régions de montagnes. Selon les experts, le retour des concessions recèle notamment le risque de gabegie lors de l'exploitation de cette «richesse soudaine» tout en dévoilant des difficultés lors de la répartition de cette richesse entre les différentes communes du canton. Les montants en jeu sont énormes, comme le démontre l'exemple de la centrale hydraulique de la Barberine, dont la concession expirera en Conformément aux conventions conclues, les six communes concernées du Valais-Romand recevront un montant global de près de 343 millions CHF. Etant donné que les montants totaux liés aux retours des concessions en Valais se montent à plusieurs milliards, il incombe à la politique de garantir une utilisation responsable et durable de ces sommes. La répartition inégale entre les communes fait partie des autres défis à relever. Les exemples de Monthey et de Trient illustrent bien le problème: selon les estimations, un habitant de la commune de Trient reçoit une valeur de retour près de 1'000 fois plus élevée qu'un habitant de Monthey. La répartition inégale au niveau des régions est nettement observable: alors que Conthey et Saint-Maurice comptent parmi les districts les plus dépourvus de cours d'eau, avec 42 concessions, Viège, arrive en tête des districts. Mais Hérens, Sierre et Entremont seront également les grands gagnants du retour des concessions (figure 40). Figure 40 Concessions de droits d'eau dans les districts, 1999 Nombre de concessions octroyées, par district Visp Hérens Sierre Entremont Martigny Goms Leuk Raron Brig Sion St-Maurice Conthey Sources: Service de l'énergie et des forces hydrauliques du canton du Valais, Credit Suisse Economic Research Formation d'un groupe d'experts Pour trouver une solution optimale, il convient de tenir compte des besoins tant des communes riches en eau que de celles qui en sont dépourvues. En raison de l'énorme potentiel résultant du retour des concessions pour l'avenir de l'énergie hydraulique dans le Valais, un groupe d'experts a été formé, qui a élaboré à l'intention du Conseil d'etat un rapport stratégique détaillé sur l'avenir des forces hydrauliques en Valais, contenant différentes approches de solutions concernant le retour des concessions et l'attribution des nouvelles concessions Voir à ce sujet: Groupe de travail Forces hydrauliques (2011): «Stratégie Forces hydrauliques Canton du Valais Objectifs, lignes directrices et mesures». Swiss Issues Régions 41

42 Nécessité d'un renforcement des capacités Selon les experts, un grand potentiel réside également dans le développement d'installations d'éoliennes en Valais, la région présentant d'une part une déclivité favorable et disposant d'autre part déjà de nombreuses installations pouvant être transformées en aménagements mixtes de pompage-turbinage. En cas de fort vent, ces centrales peuvent absorber la surproduction électrique et l'utiliser pour remplir les lacs de retenue en pompant l'eau. Lorsque le vent ne souffle pas et que la production de courant éolien est trop faible, l'énergie éolienne stockée sous forme d'eau peut être turbinée et réinjectée dans les réseaux. Afin d'exploiter ce potentiel de manière optimale, les capacités de transport doivent toutefois être développées, notamment dans le domaine des lignes à très haute tension. Différentes organisations actives dans le domaine de la protection de l'environnement se sont toutefois prononcées contre les projets d'extension et de construction de centrales hydrauliques et ont déposé des recours. Il est impossible de savoir aujourd'hui si une suite sera donnée à ces recours. Toujours est-il que la mise en œuvre des projets planifiés sera retardée. Un fleuron de notre patrimoine culturel: les bisses du Valais Bien qu'elle soit disponible en abondance en Valais, l'eau coule très souvent dans des gorges difficilement accessibles ou provient de rivières isolées. Afin de rendre exploitables les ressources nécessaires pour l'irrigation des champs et des vignes dans les régions sèches, les paysans du Valais ont construit un système astucieux d'irrigation, qui aujourd'hui encore régule une partie de l'alimentation en eau, et constitue également un patrimoine culturel à protéger. Alors que les documents historiques ne s'accordent pas au sujet de la date exacte de la naissance des bisses, il semble en revanche certain que la technique a connu un essor important entre le XIII e et le XV e siècle. Les bisses, telles qu'étaient nommées les traditionnelles constructions à l'origine en bois dans la partie romande du canton, s'étendent à travers champs et montagnes et le long de parois vertigineuses sur une distance totale de presque 2'000 kilomètres dans tout le canton. Le long de ces nombreux cours d'eau serpentent de pittoresques sentiers qui attirent les touristes amateurs de randonnée, d'où la récente restauration des bisses. Une association fondée à cet effet poursuit également, outre la préservation et la promotion de ces témoins du passé, l'objectif de les faire officiellement inscrire au patrimoine culturel mondial de l'unesco. Mais les bisses présentent également un intérêt scientifique. Dans son ouvrage «Governing the Commons» 12 traitant de l'exploitation en commun des ressources naturelles limitées, l'économiste américaine Elinor Ostrom analyse le système de consortage des bisses valaisannes. En octobre 2009, elle est la première femme à recevoir le "Prix Nobel" d'économie pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs. Source: Photographe: Johannes Gerber, 12 Ostrom, E. (1990): «Governing the Commons The Evolution of Institutions for Collective Action». Swiss Issues Régions 42

43 6 Le tourisme véritable mine d'or Le tourisme fait sans conteste partie des branches les plus importantes dans le canton du Valais. De par sa configuration topographique, son climat idéal et un cadre montagneux unique, le canton alpin dispose de conditions optimales pour un tourisme estival et hivernal lucratif. L'importance du tourisme se reflète tant dans la valeur ajoutée générée que dans le nombre d'emplois. A elles seules, la restauration et l'hôtellerie emploient plus de 10% de l'ensemble des actifs en Valais. 6.1 Histoire du tourisme valaisan A compter de la moitié du XIX e siècle, le tourisme en Valais a commencé à jouer un rôle de plus en plus important. Dans les années 1830 et 1840, les premiers hôtels ont été construits à Zermatt, Champéry et Saint-Luc; le premier hôtel de la vallée de Saas a ouvert ses portes en Les frères Seiler de Zermatt, qui bâtirent un petit empire hôtelier dès les années 1850, font figure de pionniers dans ce domaine. En une nuit, Zermatt connut une renommée mondiale lorsqu'un groupe d'alpinistes anglais, après avoir réussi la première ascension du Cervin en 1865, perdit la moitié de ses membres lors de la descente. Le dictionnaire géographique de la Suisse attribuait dès 1906 à l'«industrie de l'étranger» un rôle très important au sein du canton. A l'époque, ce tourisme était toutefois limité à l'élite européennes, qui à l'époque découvraient l'alpinisme et le ski. Après les deux guerres mondiales et la crise économique des années 1930, ce genre de tourisme devint de plus en plus insignifiant pour finalement s'effondrer totalement, dans le canton du Valais comme dans toute la Suisse. Source: Seiler Hotels Zermatt AG L'après-guerre: naissance du tourisme de masse Après la Seconde Guerre mondiale, le tourisme suisse connut un redressement. De plus en plus de destinations proposèrent non seulement des hôtels de luxe, mais aussi des hébergements à petit prix. Les voyages se généralisèrent, le tourisme de masse était né. En Valais, cette évolution s'accompagna d'une popularité rapidement croissante des sports d'hiver dans les années 1960 et 1970 et marqua le début de la construction des remontées mécaniques, même dans des régions jusqu'alors ignorées. Mais cette évolution ne rencontra pas toujours que soutien et acceptation. Ainsi, dans son livre «Les Maquereaux des cimes blanches», l'écrivain valaisan Maurice Chappaz dénonça le tourisme de masse, la dégradation de l'environne- Swiss Issues Régions 43

44 ment et la spéculation immobilière. De nombreux valaisans estimaient toutefois que les opportunités offertes par un développement rapide du tourisme l'emportaient sur les éventuels dangers. Le tourisme a ainsi également contribué à ralentir voire même à stopper le dépeuplement des vallées. Grâce à ce développement, le tourisme gagna et conserva au fil du temps une importance majeure. Avec plus de 30'000 emplois, la branche employait en 2005 près de 27% des salariés valaisans. Loèche-les-Bains ou la banqueroute d'une commune La commune de Loèche-les-Bains est bien connue en Suisse à deux égards. Tout d'abord, le village est un haut lieu des sports d'hiver et du thermalisme d'à peine 1'600 habitants, mais comptant 32 restaurants, 29 hôtels et les sources d'eau thermale les plus abondantes d'europe. A la haute saison, le village accueille dix fois plus de vacanciers que d'habitants. L'infrastructure de la commune est impressionnante: deux téléphériques, plusieurs bains thermaux, une ligne de bus propre et différents centres sportifs. Cette infrastructure constitue toutefois également la deuxième raison moins louable à l'origine de la notoriété du «plus grand complexe thermal des Alpes» comme on le nomme sur place. Au début des années 1980, le futur membre du Conseil national Otto G. Loretan a été élu président de la commune de Loèche-les-Bains. Considérant que l'infrastructure de la commune n'était pas concurrentielle sur le marché du tourisme, il a lancé en conséquence différents grands projets de construction avec l'aide du conglomérat d'entreprises «Gruppe Leukerbad» dont il assurait la direction. En un temps record, les Bains de la Bourgeoisie ont été construits, de même qu'un centre sportif, l'alpentherme (thermes des Alpes), un parking couvert et un hôtel de ville. Au cours de cette expansion et jusqu'en 1998, le Gruppe Leukerbad et la petite commune ont contracté des dettes à hauteur de plus de 340 millions de francs, soit près de 200'000 francs par habitant. Parmi les créanciers: des banques, des assurances ainsi que plus de 100 autres communes. En dehors du Gruppe Leukerbad, l'ampleur croissante des dettes est longtemps restée dissimulée. Une mauvaise gestion et l'absence de touristes ont eu pour conséquence que la commune de Loèche-les-Bains n'était plus en mesure d'assumer seule la charge de la dette et a été la première commune suisse à être mise sous gérance cantonale de 1998 à 2004 suite au refus d'un plan de redressement par les créanciers. Dans le cadre de cette gérance, d'importantes anomalies ont été découvertes dans les bilans et les procédures de gestion de la commune, à la suite de quoi Otto G. Loretan et deux de ses collaborateurs ont été placés en détention préventive pour être finalement condamnés. Après plusieurs procès pour escroquerie, soustraction fiscale et d'autres délits, Otto G. Loretan a été condamné à quatre ans et demi de prison. Le Tribunal fédéral a exclu toute responsabilité du canton et a ainsi évité aux contribuables valaisans de payer les dettes de la commune fautive. La charge de la dette a pu être réduite grâce à la vente d'une partie de l'infrastructure, à une caution cantonale et à un abandon de créances de 78% de la part des créanciers. La commune est toutefois encore fortement surendettée et devra durant 10 ans rembourser un million et demi de francs chaque année pour être définitivement libérée de ses dettes. La faillite de Loèche-les-Bains a eu notamment pour conséquence indirecte des modifications à l'échelle nationale de la politique commerciale des banques de crédits à l'égard des communes. 6.2 Compétitivité et tourisme aujourd'hui La compétitivité et le succès des destinations touristiques résultent de l'interaction d'une multitude de facteurs d'influence. Outre l'attractivité des paysages et le climat, la qualité et l'envergure des infrastructures touristiques ainsi que le positionnement sur le marché d'un site touristique jouent un rôle majeur. Swiss Issues Régions 44

45 Le tourisme valaisan: un marketing fragmenté Au sein d'une âpre concurrence internationale autour du tourisme, les prestataires de services touristiques doivent optimiser leur offre dans tous les domaines, y compris la publicité. En 2009, le canton a tenté d'améliorer l'efficacité du marketing fortement fragmenté par le biais d'une nouvelle loi sur le tourisme. La loi prévoyait de constituer une douzaine de régions touristiques à partir des quelque 120 organisations du tourisme locales. Pour assurer la coordination, la loi prévoyait la création d'une organisation faîtière financée par les régions ainsi que d'une société responsable de la publicité par l'image, à laquelle le canton participerait à hauteur de plusieurs millions de francs par an. Plusieurs groupements ont toutefois demandé à ce que la nouvelle loi soit soumise au référendum, où elle a été rejetée à la majorité des votants. Toutefois, il semble qu'un renforcement de la coopération des destinations au moins pour la collecte de données pertinentes pour le marketing est actuellement à portée de main. Un observatoire du tourisme soutenu par le canton serait non seulement chargé de collecter les données relatives aux nuitées, mais également d'établir la fréquentation des remontées mécaniques et des attractions touristiques. Sont également envisagées des enquêtes périodiques sur le comportement des hôtes et l'organisation d'un séminaire annuel de l'innovation. Il est par ailleurs nécessaire d'agir dans le domaine de la coordination de la publicité des sites. Selon une étude de l'université de St-Gall, le Valais utilise nettement moins de moyens publicitaires que les régions concurrentes comme les Grisons, Lucerne ou le Tyrol. La figure 41 met en lumière la saisonnalité d'une sélection de destinations touristiques valaisannes. Tandis que Bagnes, Anniviers, Saas-Fee, Zermatt et Montana se positionnent principalement en tant que destinations de sports d'hiver, Brigue et Loèche-les-Bains, pour leurs bains thermaux, ainsi que Münster-Geschinen, pour la douceur de son climat et ses chemins de crête, sont des destinations estivales prisées. Figure 41 Saisonnalité dans une sélection de destinations touristiques valaisannes, saison 2010/2011 Part de nuitées pour chaque saison dans le total de nuitées, en % 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Brig Leukerbad Münster- Geschinen Montana Zermatt Saas Fee Anniviers Bagnes Eté Hiver Source: Office fédéral de la statistique Destinations de vacances: l'image compte également La saisonnalité ne constitue toutefois qu'un des facteurs de caractérisation. L'image d'un site touristique reflète un certain nombre de valeurs. Champéry, Champex, Montana et Zermatt sont ainsi des lieux de détente et de cure riches en traditions. Aminona, Anzère ou Thyon 2000 sont des villes dortoirs exclusivement aménagées pour le tourisme. D'autre part, il existe de nombreuses régions présentant des paysages enchanteurs qui ont été développées pour le tou- Swiss Issues Régions 45

46 risme, mais également des villages de montagne, qui n'ont été en mesure de se développer que grâce au tourisme. Les touristes suisses privilégient les destinations moins renommées La figure 42 indique le pays d'origine des touristes pour une sélection de destinations valaisannes. Les lieux de villégiature moins renommés accueillent en majorité des touristes suisses qui apprécient leur ambiance familiale. Les touristes étrangers en revanche choisissent pour leurs vacances des destinations de renommée internationale. Les sites présentant des caractéristiques uniques comme le Cervin disposent d'avantages certains face à la concurrence en termes de marketing. Figure 42 Pays d'origine pour une sélection de communes touristiques valaisannes, Part de nuitées pour chaque origine dans le total de nuitées, en % 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Anniviers Bagnes Zermatt Brig Saas Fee Montana Leukerbad Münster- Geschinen En provenance de Suisse En provenance de l'étranger Source: Office fédéral de la statistique Rallye du Vin Le Rallye International du Valais est sans doute l'un des plus importants événements de sport automobile de Suisse. Cette prestigieuse course automobile, dont la 52 e édition se déroulera en octobre 2011, fut organisée pour la première fois en 1960 par le négociant en vins Philippe Simonetta sous le nom de «Premier Comptoir de Martigny». Aujourd'hui encore, Martigny assume la fonction de centre névralgique de l'épreuve, les écuries des coureurs étant installées dans le coude formé par le Rhône. Connue jusqu'en 1975 sous le nom de Rallye du Vin (un concours d'œnologie faisait suite aux épreuves automobiles), la course, qui au départ n'était qu'une attraction touristique, s'est transformée en un événement de sport automobile captivant, dont la renommée internationale ne cesse de croître. Depuis 1980, la course fait partie intégrante du Championnat d'europe des Rallyes. Plusieurs grands pilotes comme Per Eklund, Jimmy McRae et Jean Ragnotti se sont déjà distingués sur le circuit du Valais-Romand, exigeant pour les pilotes et les voitures. En 1996, le quadruple champion du monde Juha Kannkunen figurait au nombre des participants. Le pilote local et quadruple champion de Suisse Olivier Burri a gagné la course à plusieurs reprises, dont en 2006 où il était même suivi par les caméras de la célèbre chaîne Eurosport. Le rallye a traditionnellement lieu la dernière semaine d'octobre, du jeudi au samedi. Il consiste à franchir 18 échelons en trois étapes, sur une distance totale de plus de 275 kilomètres et à une altitude de jusqu'à 1'800 mètres. Outre le panorama éblouissant des Alpes du Valais-Romand, son organisation et son infrastructure, le rallye a gagné ses lettres de noblesse grâce à l'hospitalité des habitants de la région. Swiss Issues Régions 46

47 7 Les transports un thème central pour le canton alpin Les prestations de transport permettent d'assurer l'interaction entre la structure géographique et le système économique. Plus la séparation géographique de fonctions complémentaires comme l'habitat, le travail, l'économie et l'approvisionnement est marquée, plus les exigences posées aux réseaux de transport sont élevées. Les prestations de transport sont source de valeur ajoutée et de croissance économique et l'on part du principe que celles-ci augmentent avec l'amélioration de l'accessibilité. Pour les cantons suisses, ce sont tout d'abord les avantages que les transports et l'accessibilité apportent à la région qui revêtent une importance primordiale. Ces avantages peuvent être interprétés différemment pour le développement régional par exemple en termes de croissance économique et démographique régionale, d'accroissement de la prospérité, de compétitivité régionale, ou encore de capacité de fonctionnement d'une région économique ou d'habitat. Pour les Alpes, le tourisme constitue un facteur culturel et économique essentiel. Pour analyser les transports dans les régions alpines touristiques, des facteurs supplémentaires doivent être pris en compte. La concentration géographique et temporelle du tourisme se traduit non seulement par une très haute intensité temporaire de la circulation, mais également par un engorgement des axes menant aux sites touristiques. 7.1 Le trafic individuel motorisé L'accessibilité, facteur décisif pour la qualité de vie Les transports sont un facteur essentiel pour le développement régional. Leur accessibilité pour les employés, les clients et les partenaires commerciaux des entreprises est décisive pour le développement des sites économiques. Le caractère central d'un site lui assure une importante zone d'attraction régionale, nationale et internationale via les liaisons ferroviaires ou aériennes de courtes voies d'approvisionnement et un accès rapide, ainsi que le prestige dont s'accompagne la centralité. Pour les sites résidentiels, l'accessibilité est surtout pertinente en termes d'accès au marché de l'emploi et aux infrastructures d'approvisionnement. Pourtant, même pour l'habitat, le besoin de centralité est présent chez certains groupes de population, par exemple en matière d'offre d'approvisionnement, de loisirs et de culture. En 2008, près de 75% de la circulation en Suisse étaient attribuables au trafic individuel motorisé. Le profil topographique du Valais se traduit par une offre limitée de moyens de transport. La vallée du Rhône constitue le principal axe de circulation et regroupe la plupart des activités économiques à l'exception du tourisme. Les huit centres régionaux se concentrent entre Monthey et Brigue. Dans la vallée principale, l'accessibilité est assurée par l'autoroute A9 pour le trafic individuel motorisé et, pour les transports publics, par les liaisons ferroviaires Lausanne-Brigue sur l'axe est-ouest et Milan-Brigue-Viège-Berne sur l'axe nord-sud. Le ferroutage via la Furka permet de relier Oberwald et Realp, et ainsi le Valais à la Suisse centrale. Grâce au ferroutage par le tunnel sommital du Lötschberg, le Valais est relié au reste de la Suisse alémanique via Kandersteg-Goppenstein. Disposer d'une bonne liaison avec la vallée principale est indispensable pour les vallées latérales. La topographie et le peuplement favorisent le trafic individuel motorisé La topographie ainsi que le peuplement épars dans les vallées latérales n'encouragent aucunement les transports publics. Tant la faible densité urbaine que l'importante étendue géographique rendent difficile toute exploitation économiquement rentable d'un système de transports. Le trafic individuel motorisé a d'une part encouragé le développement d'un peuplement décentralisé et, d'autre part également, permis de diminuer voire d'endiguer le dépeuplement des communes les plus isolées. Dans le cas du trafic individuel motorisé, la prestation demandée est exécutée par le demandeur même. La figure 43 souligne l'importance des véhicules de tourisme dans une sélection de cantons. A la fin des années 1970, une augmentation considérable du nombre de voitures de tourisme a été observée en Valais. A partir de ce moment, le nombre de véhicules de tourisme pour 1'000 habitants dans le canton s'est établi à un niveau nettement supérieur à la moyenne suisse. Seul le Tessin affiche un nombre encore plus élevé de véhicules. Swiss Issues Régions 47

48 Figure 43 Degré de motorisation, Nombre de véhicules de tourisme pour 1'000 habitants VS VD GR UR ZH TI CH Source: Office fédéral de la statistique Accessibilité des sites touristiques L'accessibilité par les transports d'une destination touristique constitue un facteur d'influence pour l'évaluation de son attractivité, à des niveaux de pertinence toutefois différents. Les destinations de tourisme journalier sont plus fortement dépendantes d'une bonne accessibilité que celles accueillant des vacanciers pour des séjours de plus longue durée. Par conséquent, l'étendue de la zone d'attraction potentielle revêt une plus grande importance pour les premières. A l'aide d'un logiciel d'établissement d'itinéraire et en se basant sur la vitesse moyenne sur différents types de routes, il est possible de déterminer des zones d'attraction pour le trafic individuel motorisé sur la base de durées de trajet définies. En relation avec la population habitant ces zones d'attraction, il est possible de formuler des assertions quant au potentiel de clientèle. Figure 44 Zone d'attraction de Bagnes Temps de trajet pour le trafic individuel motorisé, en minutes Figure 45 Zone d'attraction de Zermatt Temps de trajet pour le trafic individuel motorisé, en minutes < 20 min < 60 min Delémont Solothurn Aarau Zürich Zug Herisau < 20 min < 60 min Delémont Solothurn Aarau Zürich Zug Herisau < 120 min Neuchâtel Fribourg Bern Luzern Stans Sarnen Schwyz Altdorf Glarus < 120 min Neuchâtel Fribourg Bern Luzern Stans Sarnen Schwyz Altdorf Glarus Lausanne Lausanne Genève Sion Bellinzona Genève Sion Bellinzona km km Source: Credit Suisse Economic Research, Geostat, DDS Source: Credit Suisse Economic Research, Geostat, DDS Les figures 44 et 45 présentent les zones d'attraction d'une sélection de destinations valaisannes situées dans un rayon de deux heures de temps de trajet (temps pouvant être considéré comme la limite supérieure pour une excursion d'une journée). Les habitants des communes étrangères situées à proximité de la frontière ne sont pas pris en compte. En raison de sa situation géographique, Verbier attire non seulement les touristes journaliers du Valais, mais égale- Swiss Issues Régions 48

49 ment ceux des cantons voisins de Vaud et de Fribourg (figure 44). Le potentiel de clientèle en termes de tourisme journalier de cette destination de sports d'hiver est ainsi nettement plus important que celui de Zermatt (Haut-Valais), qui, outre les autochtones, attire également des touristes de l'oberland bernois dont le temps de trajet se situe dans la fourchette définie. L'accroissement du potentiel de clientèle lié à l'ouverture du tunnel de base du Lötschberg pour Zermatt n'a toutefois pas été considéré pour l'analyse présentée dans la figure 45, car seul le trafic individuel motorisé est pris en compte le ferroutage reste sur la ligne sommitale Kandersteg Goppenstein. Bien que le profil topographique et les longues distances de trajet ne permettent pas aux transports publics d'assurer le désenclavement dans une mesure suffisante, quelques sites touristiques misent uniquement sur les transports publics. Ces sites touristiques où les voitures sont largement absentes tentent ainsi de se ménager un avantage compétitif sur le marché toujours plus disputé du tourisme. 7.2 La nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes Le projet de la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA) a été lancé afin de renforcer le recours aux transports publics et de transférer le transport de marchandises de la route au rail. La NLFA comprend deux nouveaux tunnels de base celui du Gothard et celui du Lötschberg, qui constituent des éléments centraux de la modernisation de l'infrastructure ferroviaire suisse. La NLFA a pour objectif de transférer le trafic transalpin de la route au rail et ainsi de désengorger les voies routières. Les électeurs suisses avaient approuvé à une large majorité le concept de la NLFA en 1992 ainsi que le modèle de financement correspondant (fonds spécial issu de la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP) et de l'impôt sur les huiles minérales) en 1998 (FinTP). S'agissant du transport de personnes, la NLFA permet à la Suisse de s'intégrer dans le réseau européen de trains à grande vitesse. Au niveau du transport de marchandises, les deux tunnels de base doivent entraîner une capacité et une qualité de transport plus élevées et contribuer ainsi au transfert de la route au rail. Figure 46 Temps de trajet et gains de temps avant et après l'ouverture du tunnel de base Durée de trajet en heures et en minutes Ligne * Gain de temps Berne Viège 01h57 00h55 01h02 Berne Brigue 01h38 01h04 00h34 Lucerne Viège 03h11 02h06 01h05 Zurich Sion 03h19 02h32 00h47 Zurich Zermatt 04h24 03h19 01h05 Bâle Milan 04h35 ~ 4h00 ~ 0h35 Source: BLS SA * Ouverture du tunnel de base en décembre 2007 Viège: nouvelle plaque tournante du transport dans le Valais La mise en service du tunnel de base du Lötschberg a propulsé Viège au rang de nouvelle plaque tournante du transport dans le Haut-Valais. Les axes de circulation nord-sud et la ligne du Simplon se croisent à Viège et offrent des correspondances vers toutes les régions du Haut- Valais ainsi que des dessertes vers les vallées de Viège au Sud. Grâce à la concentration géographique de tous les transports publics, ainsi que du confort de voyage et de la réduction des temps de trajet en résultant, le Haut-Valais est mieux relié aux centres de Suisse alémanique. Outre la branche du tourisme, les habitants du Haut-Valais profitent également de l'attractivité accrue des transports publics. La réduction des temps de transport pendulaire offre de nouveaux potentiels pour le marché du travail dans le canton de Berne et renforce l'attrait du Valais en tant que lieu de résidence. L'accroissement de l'attractivité de la nouvelle ligne ferroviaire est clairement observable dans le volume de transport: le transport de personnes sur l'axe du Lötschberg a enregistré une hausse de 73% depuis l'ouverture du tunnel de base en Swiss Issues Régions 49

50 Augmentation constante du transport de marchandises Jusqu'en 2000, une limite de poids de 28 tonnes ainsi qu'une redevance forfaitaire pour le trafic des poids lourds étaient en vigueur en Suisse. En dépit de la limite de poids faible par rapport aux autres liaisons transalpines, le transport routier de marchandises enregistrait une augmentation constante. La limite de poids a été relevée en 2001 en vertu de l'accord sur les transports terrestres conclu avec l'ue. Simultanément, la redevance forfaitaire pour le trafic des poids lourds a été remplacée par la RPLP, laquelle ne se fonde plus seulement sur le poids, mais également sur le nombre de kilomètres parcourus et les émissions de substances polluantes. Source: BLS SA Attrait croissant de l'axe du Simplon La figure 47 montre l'évolution du transport ferroviaire de marchandises depuis Depuis 2000, le transport de marchandises sur l'axe du Simplon a plus que doublé, attestant de l'attrait croissant de cette liaison. Les taux de croissance plus élevés sur la période s'expliquent en partie par l'ouverture du tunnel de base du Lötschberg, même si cette croissance part d'un bas niveau. L'évolution inégale entre les deux lignes ferroviaires s'est accentuée en Le transport ferroviaire de marchandises a été particulièrement affecté par la crise économique de A la différence du transport routier, la part des biens d'équipement, des produits semi-finis (p. ex. produits chimiques intermédiaires ou acier) et des produits finis (p. ex. automobiles) est élevée dans le transport ferroviaire. Ces groupes de produits ont été les plus fortement touchés par le recul de la demande et ont en conséquence été nettement moins transportés. La part de transport des biens de consommation, qui a enregistré un recul nettement moins marqué, est toutefois faible dans le transport ferroviaire. La baisse de la demande pour le transport ferroviaire de marchandises sur l'axe du Gothard a de plus été aggravée par les travaux de réhabilitation de la section de ligne au Monte Olimpino. Figure 47 Transport transalpin de marchandises Tonnes nettes transportées, en millions Axes principaux Gothard Simplon/ Lötschberg Source: Service d'information pour les transports publics (LITRA), Office fédéral des transports (OFT) De concert avec le redressement conjoncturel de 2010, la demande, et par conséquent le transport de biens d'équipement, de produits semi-finis et de produits finis, sont repartis à la hausse. Sur la ligne du Lötschberg, la croissance a été ralentie par la réhabilitation de la rampe sud du Simplon en dépit de l'amélioration de la situation économique; l'axe du Gothard a en revanche gagné en attrait du fait de l'achèvement des travaux au Monte Olimpino. Swiss Issues Régions 50

51 8 Le marché valaisan de l'immobilier sous l'influence de résidences secondaires 8.1 Le Valais berceau de la propriété par étage Propriété par étage répandue grâce au droit successoral Le marché de la résidence secondaire: moteur du développement de la propriété par étage A l'heure actuelle, le nombre d'appartements en propriété construits en Suisse est nettement plus élevé que celui des maisons individuelles, les premiers étant la forme de propriété la plus avantageuse par rapport aux secondes. C'est également l'une des principales raisons invoquées à l'origine du véritable boom des appartements en propriété enregistré par le pays depuis les années Dans de grandes parties de la Suisse, la propriété par étage est pourtant une forme d'habitat encore relativement récente. Les conditions-cadres visant à réglementer la propriété par étage n'ont été mises en place qu'en Entre 1912 année de l'entrée en vigueur du Code civil suisse et 1965, la création de propriétés par étage était exclue par les dispositions légales. Dans le canton du Valais toutefois, cette forme de copropriété était déjà répandue avant 1912, ce qui pourrait remonter aux pratiques de l'époque en matière de succession. Le Valais appliquait le «partage matériel» 13 qui, dans le cas de biens immobiliers, conduisait au «découpage» d'immeubles en vue de leur répartition entre les héritiers. 14 Un regard sur le recensement des logements de 1970 confirme que les propriétés par étage devaient depuis très longtemps faire partie du paysage immobilier valaisan. En 1970, leur part dans le stock de logements du Valais se montait à 11% (figure 48), dont un nombre considérable construit avant Le Valais affichait à l'époque déjà une part qui n'a été dépassée qu'en 2010 en moyenne suisse. A titre de comparaison: en 1970, la part du canton de Zoug, qui se classait second, n'atteignait qu'un peu plus de 1%. Depuis lors, la propriété par étage a continué à gagner en importance dans le Valais, pour atteindre aujourd'hui une part d'environ 30%, qui est toujours 2,6 fois plus élevée que la moyenne suisse. La part élevée du Valais trouve son explication dans la construction de résidences secondaires. Figure 48 Evolution de la propriété par étage Part de la propriété par étage dans le parc de logements en %; 2010: estimation Credit Suisse Economic Research 35% 30% ZH ZG GR VS Suisse 25% 20% 15% 10% 5% 0% Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research De nombreux ménages se contentent d'une résidence secondaire sous la forme d'un logement en propriété, ce qui réduit la charge financière. Le rapport entre propriétés par étage et résidences secondaires se confirme par la situation dans le canton des Grisons, également fortement 13 Chaque héritier reçoit une part identique de la masse successorale disponible. 14 Source: Office fédéral du logement (OFL). Swiss Issues Régions 51

52 orienté sur le tourisme et où la part atteint actuellement 23%. Dans les années à venir, il faudra compter sur une importance croissante de la propriété par étage dans le Valais. Outre une modification de la demande, préférant les propriétés par étages aux maisons individuelles, la construction de résidences secondaires devrait être le principal moteur de cette évolution à la hausse aussi au cours des prochaines années. Les taux de croissance devraient toutefois continuer à ralentir comme ce fut déjà le cas au cours des deux dernières décennies. 8.2 Le marché de l'immobilier sous l'emprise du marché de la résidence secondaire Le recul de la part des résidences secondaires dans le Valais... En dehors du canton, le marché valaisan de l'immobilier fait parler de lui notamment en raison de l'accroissement du nombre de résidences secondaires. La situation dans ce domaine diffère toutefois nettement de celle de la plupart des autres cantons et peut au mieux être comparée avec la situation du canton des Grisons. Dans ce contexte, des différences marquées entre les diverses destinations touristiques apparaissent à l'intérieur même du canton du Valais (figure 49). Ainsi, à Grimentz et à Riederalp, 81% et respectivement 74% de tous les logements sont des résidences secondaires, contre «seulement» 47% à Zermatt. Ces importantes différences s'expliquent en partie par les conditions-cadres juridiques dans les communes: alors que quelques communes réglementent la construction de résidences secondaires, d'autres n'imposent pas de limitations, au moins pour les Suisses. En 2009, le Valais affichait selon nos estimations une part de résidences secondaires de 33%, soit moins qu'en 1980 (39%), et également moins que dans le dernier recensement officiel effectué en 2000 (36%). Le canton présente ainsi une évolution contraire à celle des Grisons, dans lequel la part de résidences secondaires a de nouveau augmenté pour s'établir actuellement à près de 39%. Figure 49 Part actuelle de résidences secondaires Part des résidences secondaires dans le parc de logements en %, 2009 Glâne/ Veveyse La Gruyère Berner Oberland-Ost Kandertal Vevey/Lavaux Saanen/ Obersimmental Aigle Sierre Leuk Brig-Glis Monthey Sion Martigny Part des résidences secondaires < 20% 20% - 30% 30% - 40% 40% - 50% 50% - 60% 60% - 70% 70% - 81% km Bagnes Zermatt Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research, Geostat Swiss Issues Régions 52

53 ... n'est pas attribuable à une diminution de l'attrait des résidences secondaires Le recul de la part de résidences secondaires dans le Valais n'est pas attribuable à une diminution de l'attrait des résidences secondaires ou à des limitations d'ordre réglementaire. Ce recul s'explique premièrement par le fait que les résidences secondaires prédominent surtout dans les vallées latérales valaisannes orientées sur le tourisme. Dans la région du Rhône à forte densité de population, c'est la construction de logements principaux qui domine. Deuxièmement, la pression démographique croissante depuis quelques années dans l'arc lémanique, où les logements sont rares et chers, se traduit par une augmentation de la construction de logements principaux dans le Valais. Troisièmement, de premiers signes indiquent que la différenciation traditionnellement opérée entre logement principal et résidence secondaire n'est plus adaptée pour tous les types de ménages. Cet état de fait est observable par le biais d'une analyse détaillée de la croissance démographique ventilée selon Suisses et étrangers. Dans les destinations touristiques valaisannes prestement accessibles depuis Genève, la population résidente étrangère a enregistré une croissance nettement plus rapide que la population résidente suisse (figure 50). Entre 1995 et 2009, la croissance annuelle à Bagnes (Verbier) s'est ainsi établie à presque 6% pour les étrangers, contre 1% pour la population suisse. Une part considérable de ces personnes ne travaillerait pas dans le Valais, mais à Lausanne, à Genève ou même à Londres, et, en partie au moins, ne résiderait dans leur propre logement valaisan que durant les week-ends. Figure 50 Croissance démographique par origine Croissance annuelle de la population résidente permanente en %, % 5% 4% 3% 2% 1% 0% -1% Suisses Etrangers Bagnes Champéry Val-d'Illiez Riederalp Nendaz Troistorrents Randogne Lens Grimentz Chermignon Zermatt Saas Fee Leukerbad Montana Source: Office fédéral de la statistique, Credit Suisse Economic Research La Lex Koller est-elle à l'origine de l'accroissement de la prise de domicile par des ressortissants étrangers? La jurisprudence toujours en vigueur semble également être à l'origine de la forte croissance de la population résidente étrangère dans les communes touristiques. La Lex Koller rend plus difficile l'achat d'appartements de vacances en Suisse par des personnes domiciliées à l'étranger. Auparavant connue sous le nom de Lex Furgler respectivement de Lex Friedrich, cette loi fixe un contingent annuel de 1'500 logements, attribués aux différents cantons selon une clé de répartition fixe. Avec 330 logements, la part octroyée au Valais est la plus importante. Mais depuis 1990, la demande dans le canton dépasse l'offre contingentée année après année. Tout canton qui a épuisé sa part respective peut l'année suivante demander à bénéficier des contingents non utilisés des autres cantons, à hauteur de 50% de son propre contingent. En 2009, le Valais a par exemple pu octroyer 495 autorisations, ce qui correspond à un taux d'utilisation de 150% (figure 51). Les listes d'attente parfois longues dans certaines communes témoignent que la demande de résidences secondaires par les étrangers serait encore bien plus importante en l'absence de limitations. En étant juridiquement domiciliés en Suisse, de nombreux étrangers contournent cette législation en toute légalité. Swiss Issues Régions 53

54 Figure 51 Lex Koller utilisation annuelle des contingents Taux d'utilisation en % 160% 140% 120% 100% 80% 60% 40% 20% 0% CH BE GR TI VD VS Source: Office fédéral de la justice, Credit Suisse Economic Research L'abrogation de la Lex Koller renvoyée aux calendes grecques Les avantages des résidences secondaires... Il y a quelques années encore, le souhait d'abroger la Lex Koller figurait en tête de la liste des priorités de l'agenda politique à Berne. Or l'expérience passée a montré qu'il n'était pas possible de restreindre la construction de résidences secondaires par l'intermédiaire de la Lex Koller, car la part élevée de ces dernières est essentiellement attribuable aux achats effectués par les Suisses. C'est également la raison pour laquelle le Conseil fédéral a, dans sa proposition relative à l'abrogation de la Lex Koller, demandé aux cantons de revoir leurs dispositions en matière d'aménagement du territoire de façon à ce que la construction de résidences secondaires soit mieux gérée et si nécessaire réglementée, et ce indépendamment de la nationalité des acheteurs. Le canton des Grisons est celui qui, jusqu'à présent, s'est le mieux conformé à ces exigences, en révisant ses dispositions en matière d'aménagement du territoire et en initiant des mesures draconiennes pour limiter la construction de résidences secondaires. Le Valais a également reconnu en 2007 qu'il était nécessaire de prendre des mesures. En conséquence, les communes valaisannes ont été priées de déterminer les éventuelles mesures à prendre concernant les résidences secondaires et de définir des objectifs concrets pour l'avenir. 15 Des directives cantonales ayant force de loi dans ce domaine, comme celles édictées par le canton des Grisons, n'ont cependant pas encore été décidées. Entre-temps, la situation laisse présager que l'abrogation de la Lex Koller est renvoyée aux calendes grecques. L'opposition politique à ce sujet est trop importante, en raison notamment de la forte augmentation des résidences secondaires. Les électeurs suisses seront bientôt amenés à répondre à la question de savoir si la construction de résidences secondaires ne devrait pas être même massivement limitée. L'initiative populaire «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» demande une limitation de la proportion des résidences secondaires à 20% du parc des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune. Plus aucune résidence secondaire ne pourrait ainsi être construite dans une majorité de communes touristiques. Les importantes divergences politiques et sociales au sujet de la construction de résidences secondaires s'expliquent par le fait que celle-ci présente tant des avantages que des inconvénients (figure 52) et génère de considérables conflits d'intérêts. D'une part, les résidences secondaires contribuent grandement à la valeur ajoutée (touristique) d'une destination. Les propriétaires de telles résidences sont par ailleurs des clients fidèles, même si rares, et d'excellents ambassadeurs de leur lieu de villégiature, auquel ils se sentent souvent étroitement liés. En outre, les résidences secondaires permettent d'atteindre des segments de clientèle supplémentaires, comme les vacanciers de longue durée ou les familles, auxquels l'offre de nuitées à l'hôtel convient peu. La construction d'une résidence secondaire faisant intervenir d'importants capi- 15 Plan directeur cantonal Fiche de coordination D.1/3, Tourisme intégré, canton du Valais. Swiss Issues Régions 54

55 taux, de telles décisions d'investissement offrent également la preuve authentique de la qualité d'un endroit en tant que destination de vacances.... sont en de nombreux endroits inférieurs à leurs inconvénients D'autre part, la construction de résidences secondaires dans de nombreuses destinations touristiques a pris une telle ampleur que les inconvénients sont passés au premier plan. Sous l'angle de la création directe de valeur par le biais de la consommation courante, les clients des hôtels peuvent se prévaloir d'une contribution presque deux fois plus importante. Si l'on tient toutefois compte de la construction et de l'entretien des résidences secondaires, la contribution de leurs propriétaires devient alors bien plus élevée. Car ces derniers consomment non seulement, mais investissent également dans leur propriété. L'ennui avec cette comparaison directe réside dans le fait qu'une grande partie des effets induits par la construction de résidences secondaires sur la valeur ajoutée et l'emploi ne sont limités qu'à la phase des travaux et que seule une minorité de branches en profitent. La comparaison n'est pertinente que tant que des terrains à bâtir sont disponibles et que les inconvénients indiqués dans la figure 52 n'ont pas encore sensiblement nui à l'attractivité de la destination. Figure 52 Avantages et inconvénients des résidences secondaires AVANTAGES + Création de valeur/d'emplois dans les branches de la construction et de l'immobilier + Création de valeur/d'emplois du fait de l'augmentation de la demande touristique + Exploitation d'un segment supplémentaire de clients fidèles + Recettes fiscales pour les pouvoirs publics + Infrastructures améliorées de la commune + Garantie des moyens d'existence des habitants des zones périphériques (paysans) grâce à la vente de terrains INCONVENIENTS Surexploitation des ressources en terrains (par nuitée) Préjudice causé à l'image urbanistique du lieu (architecture, aménagement) Création d'une atmosphère négative de village fantôme du fait de la mauvaise exploitation Rapport recettes-coûts défavorable (faible exploitation de base pour pics importants) Accroissement de l'intensité du trafic dans le centre des villages suite au mitage Départ des habitants en raison des prix élevés des terrains Perte de lits d'hôtel Baisse du taux de location Source: Credit Suisse Economic Research La structure géographique du Valais allège le problème des prix Des différences de prix marquées entre les communes touristiques et celles de la plaine Dans les destinations touristiques valaisannes, la propriété du logement n'est plus à la portée de nombreux habitants au vu de la forte augmentation des prix, et même les logements locatifs sont chers. Les principaux touchés par ce problème sont souvent les jeunes adultes, qui sont contraints de déménager. La situation dans le Valais est toutefois moins problématique qu'en d'autres endroits, cela en raison de la structure géographique du canton: des communes plus importantes se trouvent à courte distance de voiture de la plupart des destinations touristiques où le logement est cher. Dans ces grandes communes, les prix de la propriété du logement s'établissent à des niveaux équivalents à la moyenne suisse, voire même inférieurs. Les habitants ont ainsi au moins la possibilité d'accéder à la propriété à proximité de leur lieu d'origine ou de travail. Dans d'autres régions, comme la Haute-Engadine, cela n'est pas toujours le cas. De plus, de nombreuses familles valaisannes disposent de réserves de terrains sur lesquelles des constructions peuvent être érigées. C'est en tout cas ce que laissent penser les réserves en zones à bâtir exceptionnellement élevées de 32%, qui ont été identifiées en S'agissant du niveau des prix dans les communes touristiques, quelques destinations du Valais occupent les places de tête. Selon les estimations actuelles du marché, le prix à payer à Bagnes (Verbier) pour un logement en propriété moyen (nouvelle construction) d'une surface habitable de 110 m 2 est de 1.5 million CHF (figure 53). Seules certaines communes situées dans la Haute-Engadine et le canton de Genève sont encore plus chères. Suivent Zermatt (1.3 million CHF), Saas-Fee (1 million CHF), ainsi que les communes de Chermignon (950'000 CHF) et de Montana (940'000 CHF) appartenant à Crans-Montana. La croissance des prix au cours des 5 dernières années est impressionnante: alors qu'elle atteignait «seulement» 40% à Montana, la hausse à Saas-Fee (+ 86%) et à Bagnes (Verbier) (+ 76%) était nettement plus importante et supérieure à celle des autres destinations comme St-Moritz (+ 39%). L'exemple de Bagnes (Verbier) montre de manière saisissante à quel point les prix de l'immobilier sont moins élevés dans la plaine du Rhône. A Martigny, qui se situe à seulement 30 minutes de distance, il Swiss Issues Régions 55

56 est déjà possible d'acquérir le même logement pour près de 560'000 CHF soit presque un million moins cher. La situation est comparable aux alentours de Crans-Montana: dans la commune de Sierre situé à 20 minutes de distance, le même logement ne coûte que 510'000 CHF au lieu de 950'000 CHF; à Loèche, le prix n'est plus que de 440'000 CHF. Source: Photographe: Charly-G. Arbellay Figure 53 Prix d'un logement moyen de 4,5 pièces Construction neuve avec une surface habitable de 110 m 2, standard d'aménagement moyen Glâne/ Veveyse La Gruyère Berner Oberland-Ost Kandertal Vevey/Lavaux Saanen/ Obersimmental Aigle Sierre Leuk Brig-Glis Monthey Sion Martigny km Bagnes Zermatt < 400' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' '000-1'000'000 > 1'000'000 Source: Wüest und Partner, Credit Suisse Economic Research, Geostat Swiss Issues Régions 56

57 9 Bibliographie Arpagaus, E., P. Spörri (2008) Bauer, T. et al. (1989) Bellwald, W., S. Guzzi-Heeb (2006) Bétrisey, B. (1981) Bisang, K., W. Schenkel (2002) Bundesamt für Verkehr BAV (2011) Dayer, S. (1998) "Wirtschaftliche Bedeutung von Zweitwohnungen für die Kantone Graubünden und Wallis", Die Volkswirtschaft, "Silbersonne am Horizont: ALUSUISSE Eine Schweizer Kolonialgeschichte", Zürich: Limmat Verlag Genossenschaft. "Ein industriefeindliches Volk? Fabriken und Arbeiter in den Walliser Bergen", Baden: hier + jetzt (Auftrag von: Forschungsstelle für regionale Gegenwartsethnologie Sitten und Kantonales Museum für Geschichte Sitten). "Wallis 2000 Ein Kanton vor seiner wirtschaftlichen Zukunft", herausgegeben anlässlich des 20-Jahre-Jubiläums der Walliser Niederlassungen der Schweizerischen Kreditanstalt, Visp: Buchdruck Offset Mengis. "Wirkungen nationaler Ressourcenregime auf regionaler Ebene: Fallbeispiel Pfynwald (VS)", Working Paper de l'idheap, 13/2002. Güterverkehr durch die Schweizer Alpen 2010, Bern. "Aspect du Tourisme Valaisan", Le Département des Finances et de l'economie de l'etat du Valais. Département de l'économie, de l'énergie "Etat de santé de l'agriculture valaisanne, rapport statistique 2010". et du territoire, Service de l'agriculture (2010) Groupe de travail Forces hydrauliques "Stratégie Forces hydrauliques Canton du Valais Objectifs, lignes directrices et (2011) mesures". Jung, J. (2000) Kaufmann, B. (1965) Knoepfli, A. (2010) Landtwing, K. J. (1979) Lerjen, H.-P. (1998) Müller-Jentsch, D., L. Rühli (2010) "Von der Schweizerischen Kreditanstalt zur Credit Suisse Group Eine Bankengeschichte", Zürich: NZZ Verlag. "Die Entwicklung des Wallis vom Agrar- zum Industriekanton", Zürich: Polygraphischer Verlag. "Im Zeichen der Sonne: Licht und Schatten über der Alusuisse , Baden: hier + jetzt. "Die Arbeiter-Bauern des Lonza-Werkes Visp und ihre Kulturlandschaft", Zug: Kalt-Zehnder (Dissertation an der Philosophischen Fakultät II der Universität Zürich). "Vom Arbeiter- zum Freizeitbauern: sozialgeographische Annäherung an ein Oberwalliser Phänomen im Einzugsgebiet der chemischen Industrie in Visp ", Köniz: Ed. Soziothek (Diplomarbeit im Hauptfach Geographie am Geographischen Institut der Universität Bern). "Siedlungsentwicklung und Siedlungssteuerung in den Kantonen" in: Forum Raumentwicklung, 2/2010, Bern: Bundesamt für Raumentwicklung ARE. Office de la statistique du canton du Annuaire statistique du canton du Valais, Valais (2010) Swiss Issues Régions 57

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