THROMBOPENIE OBSTETRICALE : DIAGNOSTIC ET CONDUITE A TENIR
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- Raphael Lamarche
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1 Obstétrique 153 THROMBOPENIE OBSTETRICALE : DIAGNOSTIC ET CONDUITE A TENIR A-S. Ducloy-Bouthors*, A-S. Valat*, B. Wibaut*, A. Tournoys**, M-T. Caulier**, A. Gaucher*. * Maternité Jeanne de Flandre, **Services d hématologie, CHRU, Lille. INTRODUCTION La survenue d une thrombopénie pendant la grossesse et le post-partum concerne 5 à 8 % des patientes [1]. Les étiologies varient de la thrombopénie gestationnelle que d aucuns considérent comme physiologique à des pathologies acquises ou congénitales affectant les plaquettes. En collaboration avec l hématologiste et l obstétricien, l anesthésiste-réanimateur doit connaître les différentes étiologies de cette thrombopénie et leurs traitements, pouvoir apprécier le risque hémorragique chez la mère et l enfant, et juger de la possibilité de réaliser une analgésie-anesthésie locorégionale. En effet, l anesthésie et l analgésie locorégionale sont contre-indiquées s il existe un risque hémorragique authentifié, du fait du risque rare mais réel d hématome intra-rachidien compressif. En présence d une thrombopénie, la difficulté réside à authentifier le risque hémorragique qui varie selon les étiologies et dans le temps. 1. DEFINITION DE LA THROMBOPENIE 1.1. CHIFFRE DE PLAQUETTES INFERIEUR A L -1 [2]. L utilisation des automates de numération et la généralisation des bilans systématiques pendant la grossesse (recherche d une anémie au deuxième trimestre de la grossesse) ou avant la réalisation d une anesthésie-analgésie locorégionale amènent à découvrir des thrombopénies asymptomatiques. Les manifestations hémorragiques n apparaissent qu en dessous d un seuil de L -1 s il existe une cause associée de saignement et en dessous du seuil de 50 à L -1 si la thrombopénie est isolée [2]. Dans ce cas, l expression clinique est un purpura, éruption cutanée ou muqueuse de tâches hémorragiques, d apparition spontanée, indolores et ne s effaçant pas à la pression. Le saignement chirurgical ou obstétrical en rapport avec la thrombopénie est un saignement sans délai, en nappe et distillant au contraire du saignement des anomalies de la coagulation plasmatique qui est secondaire, abondant et plus souvent sous forme d hématome constitué [3].
2 154 MAPAR LA THROMBOPENIE EST -ELLE VERIFIEE? La pseudothrombopénie par agglutination plaquettaire in vitro peut être observée lorsque le sang est prélevé sur l anticoagulant EDTA. Elle ne se voit pas lorsque la numération est faite sur citrate de sodium [2]. En cas de thrombopénie, la numération plaquettaire doit être contrôlée par un 2 e prélèvement sur citrate de sodium. Si elle est confirmée, la sévérité de la thrombopénie, les circonstances cliniques et le bilan de l hémostase complémentaire permettront d orienter le diagnostic étiologique (Tableau I). La conduite à tenir comporte plusieurs étapes (Tableau II) que nous détaillerons pour chaque étiologie de thrombopénie obstétricale. Tableau I Pathologies associées à une thrombopénie pendant la grossesse et le post-partum Pathologies Thrombopénie Anomalies de la fonction plaquettaire Thrombopénie gestationnelle oui non Purpura thrombopénique autoiummun (PTAI) oui non Microangiopathies dont Pré-éclampsie et HELLP syndrome (Hemolysis Elevated Liver Enzyme and Low Platelets) Purpura thrombotique thrombocytopénique Syndrome hémolytique et urémique oui Seulement si baisse acquise du fibrinogène Coagulation intravasculaire disséminée hémorragique (HRP, H. délivrance) oui non Syndrome des antiphospholipides primitif ou secondaire oui Très rarement Maladie de Willebrand de type 2 B oui oui Infection (VIH) oui non Cocaïne oui non Maladies plaquettaires congénitales oui oui Alloimmunisation antiplaquettaire non non Thrombocytémie essentielle non oui 1.2. ETIOLOGIES DES THROMBOPENIES Les étiologies des thrombopénies sont, par ordre de fréquence, les thrombopénies gestationnelles, la thrombopénie de cause obstétricale (pré-éclampsie et HELLP syndrome, coagulation intravasculaire disséminée hémorragique), le purpura thrombopénique auto-immun, et la thrombopénie associée à la maladie de Willebrand. Les causes plus rares de thrombopénies périphériques sont le lupus érythémateux disséminé, le syndrome hémolytique et urémique et le purpura thrombotique thrombocytopénique, les thrombopénies médicamenteuses (héparine, aspirine, AINS) ou toxiques (cocaïne) ou les thrombopénies infectieuses (VIH). Une thrombopénie centrale d origine carentielle ou myélodysplasique peut apparaître pendant la grossesse. Enfin, on peut en rapprocher deux pathologies plaquettaires sans thrombopénie qui ont une incidence sur la prise en charge de la mère et de l enfant : l alloimmunisation antiplaquettaire et la thrombocytémie essentielle.
3 Obstétrique 155 Tableau II Principes de prise en charge d une thrombopénie découverte pendant la grossesse. 1. Confirmation de la numération plaquettaire < L -1 sur tube citraté. 2. Interrogatoire centré sur les antécédents familiaux et personnels d hémorragie : règles prolongées, épistaxis et gingivorragies, hémorragie lors d interventions chirurgicales ou d extractions dentaires, transfusions, thrombopénie lors des précédentes grossesses. 3. Examen clinique à la recherche d un trouble de l hémostase primaire : saignement gingival, obstétrical, épistaxis, purpura, pétéchies (sous le brassard à tension), et à la recherche d une pathologie obstétricale ou médicale intercurrente (hypertension artérielle, protéinurie, barre épigastrique). 4. Terme de survenue et cinétique de la thrombopénie. 5. Cytologie et hémostase sanguine. 6. Avis et consultation d hématologie, tests spécifiques de l hémostase primaire et si besoin de la thrombopoïèse sur avis. 7. Appréciation du risque hémorragique pour l accouchement et la délivrance et pour l anesthésie locorégionale. 8. Consultation d anesthésie: balance des risques AG/ALR, information de la patiente sur cette balance des risques, inscription sur la feuille d anesthésie. 9. Prévention de l hémorragie péri-partum selon l avis de l hématologue. 2. ETIOLOGIE, RISQUE HEMORRAGIQUE MATERNO-FŒTAL Les éléments cliniques et biologiques qui permettront d orienter le diagnostic sont présentés dans le tableau III. C est l appréciation du risque hémorragique pour la mère, pour le fœtus et le nouveau-né (Tableau IV) qui guideront la conduite à tenir obstétricale, le traitement et l attitude de l anesthésiste vis-à-vis de l anesthésie et de l analgésie locorégionale (Tableau V) THROMBOPENIE GEST ATIONNELLE [4] EPIDEMIOLOGIE La thrombopénie gestationnelle est en règle modérée (80 à L -1 ), asymptomatique et isolée. Elle concerne 4 à 5 % des grossesses [1]. L histoire clinique ne retrouve pas d antécédent familial ou personnel de pathologie de l hémostase. Elle apparaît au troisième trimestre de la grossesse et disparaît spontanément en post-partum. Elle peut récidiver à chaque grossesse MECANISME Ses mécanismes étio-pathogéniques sont l hémodilution gravidique et la consommation des plaquettes au niveau du placenta. Il n y a pas de thrombopathie associée DIAGNOSTIC Le diagnostic est un diagnostic d élimination qui ne pourra être affirmé qu a posteriori si la numération plaquettaire s est totalement normalisée à distance, un mois après l accouchement. La cinétique de la numération plaquettaire est importante à considérer pour étayer le diagnostic et l appréciation du risque hémorragique : dans la thrombopénie gestationnelle, la numération plaquettaire se stabilise le plus souvent au troisième trimestre de la grossesse entre 80 et L -1 et chute de moins de 20 % entre deux prélèvements à un mois d intervalle.
4 156 MAPAR 2001 Tableau III Eléments cliniques et biologiques d orientation du diagnostic d une thrombopénie pendant la grossesse Pathologie Histoire et examen clinique Données biologiques Thrombopénie 3 e trimestre Modérée : gestationnelle pas de saignement associé 80 à L -1. récurrence gravidique possible Volume plaq. ± augmenté. mais pas entre les grossesses Numération globulaire et hémostase normales Purpura 1 er ou 2 e trimestre Parfois sévère : thrombopénique saignement si PTAI sévère 10 à L -1. auto-immun thrombopénie en dehors de la Volume plaq. normal. PTAI grossesse. Parfois ATCD familiaux Numération globulaire et de maladies autoimmunes coagulation plasmatique normales. IgG antiplaquettes. Pré-éclampsie 2 e ou 3 e trimestre Très sévère à modérée : HELLP syndrome saignement si sévère et/ou 20 à L -1. consommation de facteurs de la Volume plaq. augmenté coagulation. Hémolyse, consommation HTA, protéinurie, et/ou facteurs de la coagulation et barre épigastrique. excès de fibrinolyse possibles. Purpura Episode inaugural ou Sévère à très sévère : thrombotique poussée le plus souvent 10 à L -1. thrombo- au 3 e Trimestre. Anémie hémolytique cytopénique Signes neurologiques. rapidement évolutive. Syndrome Episode inaugural ou Sévère à très sévère : hémolytique et poussée le plus souvent 10 à L -1. urémique en post-partum. Anémie hémolytique Insuffisance rénale. rapidement évolutive. Syndrome des Thrombopénie dans 25 % des cas. Modérée le plus souvent : anti-phospholipides Phénomènes thrombotiques. 80 à L -1. SAPL Accidents obstétricaux graves. Maladie de Willebrand Aggrégation plaquettaire par aug- Parfois sévère. de type 2 B mentation de l avidité du FvWB. VIH Concerne 3 % des infections VIH. Sévère. Cocaïne Le plus souvent assymp- Modérée, sévère si CIVD tomatique. Parfois associée aux sur hématome rétroplacomplications : HRP, pré- centaire. éclampsie Autres Pathologies congénitales par Souvent sévères. déficit de synthèse, Anomalies fonctionnelles. Hémopathies malignes. Alloimmunisation Pas de thrombopénie materantiplaquettes nelle. ATCD thrombopénie néonatale Thrombocytémie Elévation progressive de la > L -1. essentielle numération plaquettaire. Thromboses et hémorragies.
5 Obstétrique RISQUE HEMORRAGIQUE Elle n est associée à un risque hémorragique ni pour la mère ni pour l enfant. L anesthésie-analgésie locorégionale est possible, au-delà d une numération plaquettaire de L -1 pour la plupart des auteurs, si la cinétique de la numération plaquettaire est stable entre le dernier prélèvement et le prélèvement de contrôle à l entrée en salle de naissance PURPURA THROMBOPENIQUE AUTO-IMMUN OU PURPURA IDIOPATHIQUE Le purpura thrombopénique auto-immun est la cause la plus fréquente de thrombopénie pendant le premier et le deuxième trimestre. Son incidence est de 1 à 2 pour grossesses [4]. La thrombopénie peut être sévère (inférieure à L -1 ) et s accompagner de contusions, hémorragies gingivales, épistaxis, pétéchies marquant le bras sous le tensiomètre ou de métrorragies. L histoire de la maladie retrouve parfois des antécédents familiaux de pathologie auto-immune, des antécédents personnels de thrombopénie en dehors des grossesses ou un PTAI connu et suivi médicalement MECANISME DE LA THROMBOPENIE Le mécanisme de la thrombopénie est une destruction immunologique due à la présence d anticorps IgG spécifiques des plaquettes qui reconnaissent les glycoprotéines membranaires des plaquettes et particulièrement les intégrines. La destruction immunologique est essentiellement une destruction périphérique, par le système réticulo-endothélial, des plaquettes fragilisées, mais un mécanisme central a été évoqué DIAGNOSTIC Le diagnostic est porté sur le terme de survenue précoce, la sévérité de la thrombopénie, sur l absence d anomalie cytologique de la lignée plaquettaire (plaquettes de volume normal à granulations normales, mégacaryocytes normaux) et des lignées leucocytaires et érythrocytaires, et parfois sur la présence d anticorps anti-plaquettes circulants ou non. Ces anticorps sont souvent dirigés contre le complexe Gp IIb-IIIa qui est le site de fixation du fibrinogène et accessoirement du facteur Willebrand sur les plaquettes [4] RISQUE HEMORRAGIQUE Pendant la grossesse, le risque hémorragique est maternel, proportionnel à la sévérité de la thrombopénie et conduit à contre-indiquer l anesthésie et l analgésie locorégionale [3]. En fin de grossesse et lors de l accouchement, Le risque hémorragique est fœtal et néonatal (hémorragies gastro-intestinales ou intracrâniennes graves) et il est dû au passage des anticorps anti-plaquettes à travers la barrière placentaire. La thrombopénie néonatale concerne environ 5 % de ces nouveau-nés et peut se révéler jusque 72 heures après la naissance. Contrairement à d autres auteurs, nous avons retrouvé dans les PTAI sévères, une corrélation entre la numération plaquettaire de la mère et du nouveau-né [6]. Le risque de thrombopénie néonatale influence le choix du mode d accouchement : la césarienne est préconisée pour limiter les traumatismes fœtaux, si la numération plaquettaire fœtale obtenue par ponction du cordon ombilical ou par scarification du scalp fœtal est inférieure à L -1 [5]. Le traitement doit être entrepris chez les patientes symptomatiques et celles dont la numération plaquettaire est inférieure à /l. L objectif de ce traitement est double : maintenir la numération plaquettaire supérieure à L -1 pendant la grossesse et de prévenir les manifestations hémorragiques lors de l accouchement. Il repose sur la corticothérapie (prednisone 1 mg.kg -1 ) et/ou la perfusion d immunoglobulines polyvalentes (1 g.kg -1 ) à J1, renouvelé à J4 s il y a eu échec de la première cure. Si le PTAI est rebelle aux traitements médicaux, le diagnostic doit être reconsidéré. La splénectomie, si elle est nécessaire, est au mieux préconisée entre les grossesses ou au deuxième trimestre.
6 158 MAPAR 2001 Tableau IV Appréciation du risque hémorragique Pathologies Risque hémorragique maternel Risque hémorragique nouveau-né Expression clinique Purpura, épistaxis, gingivorragies, Hémorragies du risque hémorragique métrorragies, saignement gastrointestinales ou chirurgical et obstétrical en nappe. intracrâniennes. Thrombopénie Non Pas de thrombopénie gestationnelle néonatale. Purpura Oui, si < L -1 Oui, si thrombopénie thrombopénique néonatale < L -1. auto-immun Apparaît parfois à 72 h. Pré-éclampsie Oui, si < L -1 Pas de thrombopénie HELLP syndrome et si CIVD hémorragique néonatale. HRP et fibrinolytique associée. Non, si > L -1 et CIVD thrombotique associée. Coagulation Oui, hémorragie en rapport avec intravasculaire la thrombopénie si persiste dissséminée après la correction des hémorragique anomalies de la coagulation plasmatique. Purpura thrombotique Non, si > L -1 et CIVD Pas de thrombopénie thrombocytopénique thrombotique associée. néonatale. SHU Mais chute de la NP parfois brutale = surveillance haptoglobine, hémoglobine, toutes les deux heures pendant le travail. Syndrome des Non, risque thrombotique, Pas de thrombopénie anti-phospholipides patientes fréquemment sous néonatale. aspirine et/ou héparine Maladie Willebrand 2 B Oui Pas de thrombopénie néonatale. VIH Oui, chez 0,5 % des patientes Oui, thrombopénie qui ont développé la maladie. néonatale sévère possible. Cocaïne Non sauf si HRP. Pas de thrombopénie néonatale. Alloimmunisation Non Oui, thrombopénie antiplaquettaire sévère et hémorragies in utero et néonatale. Thrombocytémie Clone mégacaryocytaire non Pas de thrombopénie Essentielle fonctionnel, risque hémorragique néonatale. majeur à l accouchement
7 Obstétrique 159 Tableau V Conduite à tenir Pathologies Critères hématologiques pour le choix de la voie d'accouchement Prévention et traitement de la thrombopénie et du risque hémorragique Attitude vis à vis de l anesthésie locorégionale Thrombopénie Non Non ALR possible si gestationnelle NP > L -1, stable, isolée et asymptomatique. Purpura Césarienne pour IgG polyvalentes CI ALR thrombopénique prévention hémorragie corticoïdes. si NP < L -1 auto-immun néonatale si NP ou si rapidement mère ou NP cordon évolutive. < L -1. Pré-éclampsie Césarienne ou Corticothérapie. ALR possible si HELLP syndrome AVB selon terme NP > L -1, si thrombopénie stable, isolée et rapidement évolutive. asymptomatique. CIVD Fibrinogène CI ALR hémorragique et/ou anti- Si cathéter péridural HRP fibrinolytiques en place, surveillance Transfusion GR, levée bloc et dorsalgie plaquettes. Ablation après normalisation hémostase. Purpura Césarienne ou Plasmaphérèse CI ALR si NP < L -1 thrombotique AVB après plasma- Transfusion ou si rapidement évoluthrombo- phérèse si rapide- érythrocytaire tive ou haptoglobine cytopénique, SHU ment évolutive. Eviter transfusion < 0,3 g.l -1. plaquettaire Syndrome des Non Aspirine, héparine ALR possible si anti- phospho- corticoïdes et IgG arrêt Aspirine/héparine. lipides polyvalentes. Maladie de Non Concentrés facteur CI ALR Willebrand II b vwb. VIH Césarienne pour Corticoïdes et IgG ALR possible si prévention hémor- polyvalentes NP > L -1 stable, ragie néonatale. Antirétroviraux. isolée et asymptomatique Cocaïne Non Non ALR possible si Traitement CIVD si NP > L -1 stable, HRP. isolée et asymptomatique. Thrombopénies Selon pathologie Selon pathologie. CI ALR congénitales Allo-Immunisation Césarienne Prélèvement culots ALR possible. Anti-plaquettaire programmée pour plaquettaires materprévention nels pour transfusion hémorragie néo-natale nouveau-né Thrombocytémie AVB ou césarienne. Aspirine héparine CI ALR essentielle + Antimitotiques en post-partum.
8 160 MAPAR THROMBOPENIE DE LA PRE-ECLAMPSIE ET DU HELLP SYNDROME La thrombopénie est la plus fréquente des anomalies de l hémostase décrites dans la pré-éclampsie. L appréciation de son incidence varie selon les auteurs et les populations étudiées [5, 7]. La synthèse des travaux permet d évaluer sa fréquence à 50 % des pré-éclampsies sévères et 10 à 15 % des pré-éclampsies non compliquées DIAGNOSTIC Le diagnostic de la pré-éclampsie est évoqué devant la triade HTA, protéinurie, œdèmes. Le diagnostic du HELLP syndrome, qui associe hémolyse, cytolyse et thrombopénie, doit être évoqué devant une barre épigastrique qui peut prendre le masque d une gastroentérite MECANISME DE LA THROMBOPENIE Le mécanisme de la thrombopénie est mixte. La consommation des plaquettes et/ou leur destruction dans un processus microthrombotique rend compte des thrombopénies associée à une activation de la coagulation [8], alors que la présence d immunoglobulines antiplaquettes persistantes après l accouchement peut expliquer leur destruction périphérique en l absence de thrombose [9]. Quel que soit le mécanisme, la destruction périphérique est associée à une accélération du turn-over plaquettaire, dont les marqueurs sont la macrothrombocytose défini par un volume plaquettaire supérieur ou égal à 10 flt [10]. La thrombopénie est précoce, apparaissant avant l apparition des signes cliniques et elle est directement corrélée à l activation de la coagulation plasmatique [8]. Elle est associée aux formes graves et aux retards de croissance intra-utérins CINETIQUE DE LA THROMBOPENIE La cinétique de la thrombopénie est importante à analyser pour apprécier le risque hémorragique. Le plus souvent, la numération plaquettaire reste stable et l extraction fœtale et l ablation du placenta décidée sur des critères de terme de l enfant permettent une normalisation de la numération plaquettaire dès la douzième heure du post-partum. Cependant, dans les pré-éclampsies sévères associées à des signes de souffrance fœtale et viscérale, la numération plaquettaire peut chuter en moins de 24 heures profondément (< L -1 ) en pré ou en post-partum immédiat. Une anémie hémolytique intense s associe alors aux signes de microischémie viscérale, comme dans le HELLP syndrome. Une CIVD hémorragique avec consommation des facteurs de coagulation peut, plus rarement, compliquer ces pré-éclampsies sévères. Cette rapidité dans la cinétique de la thrombopénie justifie la répétition des bilans d hémostase et le contrôle dans les heures qui précédent la mise en place d une anesthésie-analgésie locorégionale. L allongement du temps de saignement et la baisse de l amplitude maximale du thromboélastogramme sont retrouvées chez 50 % des pré-éclamptiques sévères thrombopéniques [12]. Le seuil de ces anomalies est décrit pour Sharma [12] pour une numération plaquettaire inférieure à L -1 [12]. Leduc montre qu aucune patiente ayant une numération plaquettaire de plus de L -1 n a de chute associée du taux de fibrinogène ou d anomalie de la coagulation plasmatique [13]. Orlikowski retrouve une bonne corrélation entre l amplitude maximale inférieure à 53 et la numération plaquettaire et suggère qu une numération plaquettaire de plus de L -1 est compatible avec la réalisation des anesthésies-analgésies locorégionales rachidiennes [14]. Enfin, Roberts montre que les complications hémorragiques per et post-partum sont significativement augmentées si la numération plaquettaire est inférieure à L -1 [15]. La plasmaphérèse, qui est le traitement de référence de la microangiopathie thrombotique, a été étudiée par Martin [16] avec succès dans le post-partum des HELLP
9 Obstétrique 161 syndromes, mais avec une efficacité moindre et inconstante dans le pré-partum. Magann [17] a montré que la corticothérapie permet une stabilisation transitoire de la thrombopénie de heures. Les corticoïdes peuvent agir en démarginalisant les plaquettes et les leucocytes, mais ils pourraient avoir une action sur la destruction immunologique plaquettaire si elle est observée. Cependant, l amélioration transitoire de la thrombopénie est parfois suivie d une chute profonde du compte plaquettaire qui peut s avérer délétère. Pritchard [18] étudie les numérations plaquettaires chez les nouveau-nés de 258 mères pré-éclamptiques dont 145 sont thrombopéniques : tous les enfants ont une numération plaquettaire normale sauf 11 d entre eux (100 à L -1 ). Samuels [9] met cependant en évidence la présence d anticorps anti-plaquettes chez 10 des 18 nouveaunés de mères pré-éclamptiques alors que tous ont une numération plaquettaire normale supérieure à L ANESTHESIE L anesthésie et l analgésie locorégionale est indiquée chez la patiente prééclamptique car elle améliore le flux sanguin utéro-placentaire, prévient les pics d hypertension artérielle dus à la douleur de l accouchement ou à l intubation trachéale en cas d anesthésie générale pour césarienne. Si, lors du bilan de contrôle moins de 12 heures avant l accouchement, la thrombopénie est stable et supérieure pour certains auteurs à L -1 [12,14] ou pour d autres avec une marge de sécurité à L -1 [13], l analgésie ou l anesthésie locorégionale pourra être réalisée. Si la cinétique des plaquettes montre une décroissance rapide ou si une consommation des facteurs de coagulation et du fibrinogène est associée, une balance des risques anesthésiques permettra d adapter le choix au risque hémorragique identifié [4]. Enfin, l anesthésiste est parfois confronté à une décroissance rapide de la numération plaquettaire alors que le cathéter péridural est en place. Une surveillance rapprochée de la levée du bloc moteur et de la dorsalgie, si nécessaire documentée par une IRM lombaire en urgence, sera instaurée, surtout si une brèche vasculaire a émaillé la mise en place du cathéter. Il est communément admis que le cathéter doit être laissé en place et solidement maintenu, pour être retiré après normalisation de la numération plaquettaire AUTRES MICRO ANGIOP ATHIES [4, 5] Le purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) et le syndrome hémolytique et urémique (SHU) sont des microangiopathies thrombotiques associant une anémie hémolytique, une thrombopénie sévère et des manifestations cliniques de microthrombose et de microischémie. Les manifestations microthrombotiques du PTT sont essentiellement neurologiques : confusion, céphalées, manifestations oculaires, parésie et parfois convulsions et coma. Elles sont présentes dans 75 % des cas, et associées à une insuffisance rénale et à une fièvre dans 40 % des cas. La microthrombose artériolaire peut atteindre les autres organes de l organisme maternel. Le mécanisme de la thrombopénie dans le PTT se situe à l interaction entre la paroi vasculaire endothéliale lésée et les plaquettes, dont témoignent les facteurs agrégants plaquettaires circulants et la présence anormalement élevée de multimères de haut poids moléculaire du facteur Willebrand. La brutalité de la chute de la numération plaquettaire est remarquable et elle est parallèle à l intensité de l hémolyse. Le terme de survenue de l épisode thrombopénique et clinique est en moyenne de 22 SA, plus précoce que la pré-éclampsie et le HELLP syndrome avec lesquels le diagnostic différentiel est parfois difficile. Le seul élément discriminant entre ces deux
10 162 MAPAR 2001 formes de microangiopathie serait la présence des multimères de haut poids moléculaire du facteur Willebrand dans le PTT et le SHU [19] alors que la prééclampsie serait caractérisée par l élévation des complexes thrombine-antithrombine [8]. Certaines patientes, présentant un syndrome de Moskowitz connu, ne présentent pas de récidive pendant la grossesse et le post-partum. Cependant, dans la plupart des cas, la grossesse et l accouchement sont l occasion d une poussée de la maladie, qui sera détectée par la surveillance biologique régulière des paramètres suivants : numération plaquettaire et érythrocytaire, haptoglobine et/ou LDH tous les mois pendant la grossesse et toutes les deux heures pendant l accouchement. La chute de l haptoglobine est un élément de surveillance sensible et précède la chute de la numération plaquettaire et érythrocytaire. Ces éléments de surveillance permettent d argumenter, dans ces cas, la contre-indication à l anesthésie-analgésie locorégionale. Le taux de mortalité maternelle et fœtale, respectivement en 1987 de 44 et 30 %, a diminué grâce à la plasmaphérèse qui est plus efficace que les transfusions de plasma. Les séances de plasmaphérèse doivent être répétées jusqu à obtention d une numération plaquettaire supérieure à L -1 et poursuivies après l accouchement jusqu à la disparition des stigmates de microangiopathie. Les transfusions plaquettaires sont contre-indiquées, sauf en cas d hémorragie massive, parce qu elles augmentent le phénomène thrombotique et donc la morbidité et la mortalité [5] LA MAL ADIE DE WILLEBR AND DE TYPE 2 B [20]. Ce variant de la maladie de Willebrand est caractérisé par une augmentation de l affinité du facteur Willebrand pour la GP1b plaquettaire, sans modulation aussi bien in vivo qu in vitro. Le mécanisme de la thrombopénie est l adsorption des multimères de haut poids moléculaire du facteur Willebrand sur les plaquettes [20]. La thrombopénie est fluctuante dans le temps et exacerbée par les grossesses. Le diagnostic biologique repose sur un taux normal de vwfag, un taux modérément abaissé de vwfrco, un taux normal ou abaissé de facteur VIII, par une agrégation des plaquettes en présence de faibles doses de ristocétine et par l absence dans le plasma de multimères de haut poids moléculaire du facteur Willebrand. Il existe un risque hémorragique pour la mère mais pas pour le fœtus et le nouveauné. L analgésie et l anesthésie locorégionale sont contre-indiquées. La maladie de Willebrand de type 2 B contre-indique l utilisation du DDAVP (minirin ) qui aggrave la thrombopénie. La prévention de l hémorragie de la délivrance repose sur l administration de concentrés de facteur Willebrand : 30 à 50 U.kg -1 toutes les 8 à 12 heures qui corrige le taux de facteur VIII SYNDROME DES ANTIPHOSPHOLIPIDES [7] Qu il soit primaire ou secondaire à un lupus par exemple, le syndrome des antiphospholipides est une pathologie autoimmune et thrombotique qui s accompagne parfois d une thrombopénie. Une attention particulière lui est portée pendant la grossesse du fait de la fréquence d accidents obstétricaux s y rapportant : fausses couches à répétition, morts fœtales in utero, pré-éclampsie. Plusieurs anticorps sont identifiés comme facteur de risque thrombotique : l anti β2 glycoprotéine 1 et l antiprothrombinase. Certains auteurs ont rapporté une amélioration du pronostic obstétrical de ces patientes sous aspirine-héparine. L analgésie et l anesthésie locorégionale sont possibles chez ces patientes, même si le TCA est allongé in vitro par la présence d un anticorps antiprothrombinase, sous réserve que les traitements antithrombotiques aient pu être arrêtés avant le geste.
11 Obstétrique THROMBOPENIES C ONGENIT ALES [4] De rares cas cliniques de grossesse chez des patientes atteintes de thrombopénie congénitale ont été publiés. Ces thrombopénies sont associées à des anomalies de la morphologie plaquettaire et des fonctions plaquettaires et le plus souvent à des hémorragies cliniquement décelables. Le diagnostic est porté, le plus souvent avant la grossesse, par les hématologues qui définissent la conduite à tenir. L anesthésie et l analgésie locorégionales sont contre-indiquées THROMBOPENIES CENTR ALES Les thrombopénies centrales accompagnent les syndromes carentiels ou myéloprolifératifs. La cytologie sanguine oriente le diagnostic et la conduite à tenir pour la poursuite de la grossesse et la prévention du risque hémorragique nécessite une concertation multidisciplinaire avec les hématologues. L anesthésie et l analgésie locorégionales sont contre-indiquées THROMBOPENIES INFECTIEUSES ET MEDICAMENTEUSES La thrombopénie du syndrome d immunodéficience acquise est d origine périphérique par anticorps anti-plaquettes et centrale par inhibition de la thrombopoïèse. Elle concerne 3,2 % des femmes séro-positives enceintes et se complique d hémorragie chez une femme sur six. Elle doit être systématiquement recherchée et traitée par corticothérapie, immunoglobulines et antirétroviraux [4]. La thrombopénie de l addiction à la cocaïne n est associée à un risque hémorragique que lorsqu elle s associe à une complication obstétricale de l abus : pré-éclampsie, mort fœtale, hématome rétroplacentaire [4]. La thrombopénie induite à l héparine (TIH) doit être détectée par la surveillance régulière des plaquettes pendant le traitement. Le type I disparaît dès l arrêt de l héparine. Le type II survient dès le septième jour suivant le début du traitement ou le deuxième jour en cas d exposition antérieure. Des anticorps anti-complexe (facteur 4 plaquettaire héparine) sont parfois retrouvés. La TIH de type II s exprime cliniquement par des thromboses multiples avec défaillance multiviscérale. Son incidence a diminué avec l emploi des héparines de bas poids moléculaire P ATHOLOGIES PL AQUETT AIRES GR AVIDIQUES SANS THROMBOPENIE Les pathologies plaquettaires gravidiques sans thrombopénie sont l alloimmunisation antiplaquettaire et la thrombocytémie essentielle. Ces deux pathologies de la lignée plaquettaire sans thrombopénie méritent d être associées à ce tour d horizon gravidique. L alloimmunisation antiplaquettaire [4] correspond au développement chez une mère HPA 1a (PLA 1) négative d anticorps anti HPA 1a (anti PLA 1) dirigés contre l antigène HPA 1a (PLA 1) du fœtus hérité du père. Ces anticorps sont responsables d une thrombopénie fœtale ou néonatale sévère. Cette pathologie est l équivalent plaquettaire de l alloimmunisation Rhésus, mais à la différence de la maladie hémolytique du nouveau-né décrite pour cette dernière, l alloimmunisation antiplaquettaire peut affecter le premier fœtus. Lors de grossesses ultérieures, la surveillance de la numération plaquettaire fœtale par cordocentèse et le traitement par IgG polyvalentes ont amélioré le pronostic de l enfant. La césarienne chez la mère est indiquée pour prévenir les traumatismes à la naissance. La césarienne est programmée pour permettre la préparation de concentrés plaquettaires maternels PLA 1 négatifs en vue d une transfusion au nouveau-né après la naissance. L anesthésie locorégionale est possible sans restriction puisque les plaquettes maternelles ne sont pas affectées.
12 164 MAPAR 2001 La thrombocytémie essentielle est le plus souvent connue avant la grossesse. C est une hémopathie qui expose à la fois au risque thrombotique et au risque hémorragique. La thrombose est un mode de révélation de la maladie. L élévation de la numération plaquettaire au delà de L -1 est associée à ce risque et doit être traitée par antiaggrégants plaquettaires (aspirine), l hydréa étant contre-indiqué pendant la grossesse. Pour les patientes ayant un antécédent de thrombose veineuse avant la grossesse ou lors de grossesses antérieures, la posologie de l héparinothérapie sera adaptée au risque élevé. L anomalie de la fonction des plaquettes issues du clone expose au risque hémorragique pendant l accouchement. Le traitement préventif et curatif de cette hémorragie est la transfusion de plaquettes (une unité par 10 kg de poids de fin de grossesse). L anesthésie et l analgésie locorégionale sont contre-indiquées. 3. HEMORRAGIE OBSTETRICALE AVEC CIVD ET THROMBOPENIE L hématome rétroplacentaire et l hémorragie obstétricale grave s accompagnent fréquemment d une thrombopénie au stade hémorragique et fibrinolytique de la coagulation intravasculaire disséminée. La délivrance s accompagne d une coagulation intravasculaire localisée à la zone placentaire décollée. La ligature vivante de Pinard circonscrit cette CIV dans cette zone. En cas d atonie utérine, le facteur tissulaire initiateur de la CIV diffuse dans l organisme maternel et dissémine la CIV. Les facteurs de la coagulation et les plaquettes sont consommés. Le processus fibrinolytique devient excessif [21]. L hématome rétroplacentaire de stade IIIb de Sher [22] comporte une atonie utérine apoplectique, une mort fœtale, un choc hémorragique et une CIVD majeure : TP inférieur à 50 %, fibrinogène inférieur à 1 g.l -1, facteur V inférieur à 50 %, numération plaquettaire inférieure à L -1, présence de produits de dégradation de la fibrine et du fibrinogène et de D Dimères. Le traitement de l anomalie de la coagulation plasmatique (PFC,fibrinogène ou antifibrinolytiques) restitue en général la coagulabilité de la patiente. Cependant, chez certaines patientes, la persistance d un saignement chirurgical ou obstétrical en nappe alors que le choc hémorragique est traité et que le taux de fibrinogène est normalisé conduit à transfuser des concentrés plaquettaires. La posologie recommandée est de 1 concentré plaquettaire standard par 10 kg de poids. Si un cathéter péridural est en place, la correction des anomalies de la coagulation plasmatique et de l hémostase primaire est le garant de la prévention de l hématome intrarachidien compressif. Une surveillance rapprochée de la levée du bloc moteur et de la dorsalgie, si nécessaire documentée par une IRM lombaire en urgence, sera instaurée, surtout si une brèche vasculaire avait émaillé la mise en place du cathéter. Il est communément admis que le cathéter doit être laissé en place et solidement maintenu, pour être retiré après normalisation de la numération plaquettaire. CONCLUSION Le tableau V résume la conduite à tenir devant une thrombopénie obstétricale. L appréciation du risque hémorragique maternel et donc la décision de réaliser une analgésie ou une anesthésie locorégionale dépend de l étiologie de la thrombopénie. En dehors des causes obstétricales maîtrisées par l équipe obstétrico-anesthésique, un avis hématologique sera nécessaire pour toutes les thrombopénies préexistantes, symptomatiques, non isolées ou évolutives.
13 Obstétrique 165 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES [1] Burrows RF, Kelton JG. Fetal thrombocytopenia and its relations to maternal thrombocytopenia. N Engl J Med 1993;399: [2] Sébahoun G. Purpuras thrombopéniques. In : Sampol J, Arnoux D, Boutiere B Eds Manuel d hémostase Elsevier, Paris, 1995: [3] George JN. Platelets, Lancet 2000;355: [4] Douglas MJ, Ballem PJ, Hematologic disorders. In: Obstetric anesthesia and uncommon disorders, Gambling DR, Douglas MJ, Eds WB Saunders company, 1988: [5] McCrae KR, Samuels P, Schreiber AD. Pregnancy-associated thrombocytopenia: pathogenesis and management. Blood 1992;80: [6] Valat AS, Caulier MT, Devos P, Rugeri L, Wibaut B, Vaast P, Puech F, Bauters F, Jude B. Relationships between severe neonatal thrombocytopenia and maternal characteristics in pregnancies associated with autoimmune thrombocytopenia. Br J Hematol 1998;103: [7] Hémostase et pré-éclampsie in: réanimation des formes graves de la pré-éclampsie. Conférences d experts SFAR-C Eds Elsevier Paris 2000 [8] Cadroy Y, Grandjean H, Pichon J, Desprats R, Berrebi A, Fournier A, Boneu B. Evaluation of six markers of haemostatic system in normal pregnancy and pregnancy complicated by hypertension or preeclampsia. Br J Obstet Gynaecol 1993;100: [9] Samuels P, Main EK, Tomaski A, Mennuti MT, Gabbe SG, Cines DB. Abnormalities in platelet antiglobulin tests in preeclamptic mothers and their neonates Am J Obstet Gynecol 1987;157: [10] Giles C, Inglis TCM. Thrombocytopenia and macrothrombocytosis in gestational hypertension. Br J Obstet Gynaecol 1981;88: [11] Katz VL, Thorp JM, Rosas L, Bowes WA. The natural history of thrombocytopenia associated with preeclampsia. Am J Obstet Gynecol 1990;163: [12] Sharma SK, Philip J, Whitten CW, Padakandla UB, Landers DF. Assesment of changes in coagulation in parturients with preeclampsia using thromboelastography. Anesthesiology 1999;90: [13] Leduc L, Wheeler JM, Kirshon B. Coagulation profile in severe preeclampsia. Obstet Gynecol 1992;79:14-18 [14] Orlikowski CEP, Rocke A, Murray WB, Gouws E, Moodley J, Kenoyer DG, Byrne S. Thromboelastography changes in pre-eclampsia and eclampsia. Br J Anaesth 1996;77: [15] Roberts WE, Perry KG, Woods JB, Files JC, Blake PG, Martin JN. The intrapartum platelet count in patients with HELLP (hemolysis, elevated liver enzymes, and low platelets) syndrome. Is it predictive of later hemorrhagic complications? Am J Obstet Gynecol 1994;171: [16] Martin JN, Files JC, Blake PG, Hess LW, Morrison JC, Wisser WL. Plasma exchange for preeclampsia. Am J Obstet Gynecol 1990;162: [17] Magann EF, Bass D, Chauhan SP. Antepartum corticosteroids: disease stabilization in patients with the syndrome of hemolysis, elevated liver enzymes, and low platelets (HELLP). Am J Obstet Gynécol 1994;171: [18] Pritchard JA, Cunningham FG, Pritchard SA, Mason RA. How often does maternal preeclampsiaeclampsia incite thrombocytopenia in the fetus? Obstet Gyencol 1987;69: [19] Sibai BM, Kustermann L, Velasco J. Current understanding of severe preeclampsia, pregnancyassociated hemolytic uremic syndrome, thrombotic thrombocytopenic purpura, hemolysis, elevated liver enzymes, and low platelets syndrome, and postpartum acute renal failure: different clinical syndromes or just different names. Curr Opin Nephrol Hypertens 1994;3: [20] Fressinaud E, Meyer D. Maladie de Willebrand. In: J Sampol, D Arnoux, D Boutière, Manuel d hémostase. Eds Elsevier, 1995,Paris: [21] Goudemand J, Lovi V, Tournoys A. Les syndromes de défibrination. In: J Sampol, D Arnoux, D Boutière, Manuel d hémostase. Eds Elsevier, 1995,Paris: [22] Sher G, Statland BE. Abruptio placentae with coagulopathy: a rational basis for management. Clin Obstet Gynecol 1985;28:15-23
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