Premier plan PUCA. Éditorial. n 30 juin-septembre Le journal d informations du PUCA plan urbanisme construction architecture
|
|
|
- Judith Lavergne
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 Premier plan Le journal d informations du PUCA plan urbanisme construction architecture n 30 juin-septembre 2014 agenda Mai-juillet 2014 brèves Les zones inondables et le renouvellement des approches urbaines et architecturales Le puca au Forum urbain mondial 2014 Colloque «Métropoles en France» Appel d offres «La ville ordinaire et la métropolisation» Le Prébat associé au Solar Décathlon entretien Alain Maugard, président d Europan France librairie Zoom sur «Métamorphose de l ordinaire, Paola Vigano, Grand prix de l urbanisme 2013» Les publications du puca et chez les éditeurs dossiers Europan Europe : les Français à l étranger Du périurbain à l urbain PUCA Vues de projets d Europan 10, 11 et 12, réalisés par des architectes français pour des villes européennes. Éditorial Europan constitue l un des programmes de recherche et d expérimentation les plus stratégiques du puca. Stratégique parce qu il nous permet de travailler en partenariat avec les collectivités qui sont les maîtres d ouvrage de la construction de la ville. Stratégique aussi car il concrétise l expérimentation en urbanisme, action bien plus complexe à mettre en œuvre qu à l échelle plus réduite du bâtiment ou de l îlot. Stratégique enfin par son caractère incitatif vis-à-vis des jeunes urbanistes dont il contribue à façonner les savoir-faire sur l innovation urbaine au service du développement durable sur des thématiques choisies au niveau de tous les pays membres : Europan permet ainsi de prendre le pouls européen des problématiques urbaines dominantes. Le thème retenu par Europan 12 et conservé pour Europan 13 de la ville adaptable est transversal à toutes nos autres expérimentations : le temps long de la construction de la ville rend indispensable cette qualité si on veut éviter que nos projets urbains en neuf ou en rénovation ne soient inadaptés avant même qu ils ne soient terminés. J en prends pour exemple un nouveau quartier dans une grande ville française dont la densité apparaissait faible dès sa livraison en raison de son excellente connexion au centre-ville, alors que ce projet avait été conçu avec un grand souci de qualité urbaine ; ce déficit de densité constaté aujourd hui était-il facile à corriger compte tenu du plan retenu? C est ce que Alain Maugard dans ce même numéro appelle les projets-process par opposition aux projets-objets ou aux projets-dessins. Europan est un programme partenarial : villes, puca, ministère chargé de la Culture, association Europan France, association Europan Europe avec une articulation réalisée au sein du groupement d intérêt public Atelier international du Grand Paris (GIP AiGP). En plus de son rôle administratif et budgétaire, ce GIP facilite les échanges entre Europan et les recherches sur le Grand Paris qui fournit par ailleurs des sites d expérimentation depuis quelques sessions. C est un point important qui permet tout à la fois d élargir les problématiques grâce à la Région capitale et de faire jouer les transversalités thématiques sur tout le territoire. La permanence historique du nom Europan est celle d une méthode perfectionnée au cours du temps qui est mise en œuvre sur des thématiques qui évoluent au fil des besoins des villes. C est ainsi qu a été retenue l adaptabilité dont la richesse et la complexité n ont pas pu être épuisées dans la seule session 12. Depuis mon arrivée au puca fin 2007, j ai pu constater un intérêt et une implication croissants des Maires pour Europan : la complexification des problématiques urbaines est venue en synergie avec le rôle accru que nous leur avons donné dans le déroulement même du concours. Je suis convaincu que les apports d Europan aux acteurs de la ville augmenteront encore dans les années à venir. Emmanuel RAOUL Secrétaire permanent du puca
2 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Brèves séminaire Les zones inondables et le renouvellement des approches urbaines et architecturales Projets d Europan 10, 11 et 12. Agenda 21 mai 2014 Grande Arche de la Défense 5 à 7 du Club Ville Aménagement Conférencedébat «L incertitude comme moteur de l action» avec Alain Bourdin juin 2014 Hall Pajol Paris 18 ème Colloque Popsu «Métropoles en France» virginie.bathellier@developpement-durable. gouv.fr 2 juin 2014 Grande Arche de la Défense Densification douce 2 e séminaire anastasia.touati@developpement-durable. gouv.fr 23 juin 2014 Grande Arche de la Défense 1 er atelier Réseau Club sur les normes et la fabrique du bien commun [email protected] patrice.aubertel@developpement-durable. gouv.fr 24 juin 2014 Nanterre Cycle «Approches économiques des dynamiques urbaines» avec MSH de Dijon 7 e séance Solidarités et logement lionel.martins@developpement-durable. gouv.fr 25 juin 2014 Grande Arche de la Défense 10 h - 13 h Conférence-débat Les matinées du CGEDD L urbanité de l agriculture ariella.masboungi@developpement-durable. gouv.fr 26 juin 2014 Paris, mairie du 18 ème 19 h Projection du film «Le temps du chantier, des mémoires en construction» 5 e récit annuel patrice.aubertel@developpement-durable. gouv.fr 3 juillet 2014 Grande Arche de la Défense Cycle «Quelles gouvernances locales de la transition énergétique?» 1 er séminaire d introduction anastasia.touati@developpement-durable. gouv.fr 8 juillet 2014 Grande Arche de la Défense Cycle «Atelier Ville intelligente» Séance introductive : de quoi parlonsnous? (What smart city is the word for?) francois.menard@developpement-durable. gouv.fr 9 au 11 juillet 2014 Versailles Le Prébat au Solar Decathlon 2014 [email protected] Pour en savoir plus : [email protected] Tél. : Site internet du PUCA Deux séminaires thématiques organisés dans le cadre du programme popsu Europe se sont tenus à Marseille en novembre 2013 et à Rotterdam en mars Face à l évolution des réflexions et des modes de faire, cette 5 e édition a permis de faire le point sur les stratégies mises en œuvre pour réconcilier les impératifs forum Le puca au Forum urbain mondial 2014 Le 7 e Forum Urbain Mondial organisé à Medellin en Colombie par ONU- Habitat s est déroulé du 5 au 12 avril Organisé sur le thème de l équité urbaine, le forum a été pour la France l occasion de présenter son approche transversale du développement urbain durable et d échanger avec les experts d une grande diversité de pays. Au sein de la délégation conjointe des Ministères de l Ecologie, du Développement Durable et de l Energie et du Logement et de l Egalité des Territoires, le puca a contribué à l organisation d un événement officiel du Forum, sous la forme d un Networking Event : «Faire la ville durable : présentations et discussions autour d expériences internationales événement Le Prébat associé au Solar Décathlon Le Solar Décathlon 2014 à Versailles sera l occasion de montrer que la France est pleinement tournée vers la transition énergétique. Associée à cet événement international, la Plate-forme de recherche et d expérimentation sur l énergie dans le bâtiment (Prébat) présentera du 09 au 11 juillet ses travaux sur un espace dédié. Elle organisera le 11 juillet quatre conférences-débats ciblées sur «l effet locomotive» de la transition énergétique en matière de transformation urbaine, de renouvellement de l architecture ou de reconfiguration des systèmes d acteurs. Créé en 2002, le Solar Decathlon est une compétition universitaire internationale. Le défi proposé à vingt équipes composées d étudiants consiste à concevoir et construire chacune un projet d habitat à échelle 1 utilisant le soleil comme seule source d énergie. Afin de les départager, les prototypes sont passés au crible de 10 critères : c est un décathlon. Pour plus d informations : Michel Lefeuvre [email protected] Christophe Perrocheau [email protected] environnementaux et d intensité urbaine et d identifier comment les villes européennes appréhendent, conçoivent et gèrent des projets en zones inondables. Au delà de la diversité des contextes et stratégies présentés en France (Nîmes, Marseille, Toulouse, Dunkerque et Lyon), en Allemagne (Mayence et Hambourg) et aux Pays-Bas innovantes dans le secteur de la production urbaine durable et participative». L objectif de cet atelier était d engager la discussion autour d expériences innovantes de production urbaine participative, présentées par différents experts internationaux : Véronique Ketelaer, Directrice Prévention et Participation, Service de Prévention de la Ville de Bruxelles Helga Maria Rivas Ardida, Directrice de la Caja de la Vivienda Popular - Bogotá Jaime Miyashiro Tsukazan, Coordinador de la Línea de Mejoramiento de Barrios y Vivienda, Programa Urbano - Lima appel d offres La ville ordinaire et la métropolisation Dans la continuité de l appel d offres «Du périurbain à l urbain», une nouvelle consultation a été lancée le 18/10/13 par le puca : «La ville ordinaire et la métropolisation». Elle se penche sur la ville ordinaire en se consacrant aux individus et portions d espace souvent impensés dans les travaux sur l urbain, et qui pourtant malgré leur faible visibilité jouent un rôle, non négligeable, dans la métropolisation. Cet appel d offres porte une attention particulière à la périphérie (au sens social et spatial du terme), nécessaire pour parvenir à une intelligibilité des nouvelles réalités urbaines. Pour caractériser l urbain métropolisé, deux situations sont ciblées. Bien que souvent décriées, elles sont non seulement pleinement urbaines mais contribuent à «faire» l urbain contemporain : le diffus et les «quartiers tremplins», afin de montrer que, dans le processus de métropolisation, elles en sont la traduction spatiale et sont indispensables à son fonctionnement. (Rotterdam, Dordrecht et Amsterdam), plusieurs lignes de force se sont dégagées, parmi lesquelles : - un changement d attitude face à la menace de l eau et à la gestion du risque telle qu elle a prévalue ces dernières décennies, - l importance d une sensibilisation des populations aux questions de sécurité, - la nécessité de repenser la qualité de la ville et ses usages, au-delà des innovations techniques qui Carlos Velasquez, responsable de l association citoyenne «La mesa de la Vivienda» Medellín. Le puca, en collaboration avec l expert péruvien Jaime Miyashiro Tsukazan, a également animé un atelier sur la densification douce au sein du pavillon France : «Densification urbaine et urbanisme participatif : deux ingrédients de la ville durable en pratique par la densification douce». L objectif était de présenter la densification douce sous ses différentes formes et les perspectives de recherche et d expérimentation qu elle offre en matière de production de logements, notamment abordables (exemples français, canadiens et péruviens). Pour plus d informations Anastasia Touati [email protected] 7 projets ont été sélectionnés en 2014 par le jury : La ville ordinaire saisie par l économie. Entre système métropolitain et ancrage local Daniel BEHAR, Nicolas RIO, ACADIE Rester en (centre)ville. Résistance et résilience de la ville ordinaire dans quatre quartiers de villes capitales : Paris, Lisbonne, Bruxelles, Vienne Yankel FIJALKOW, Claire LEVY-VROELANT, Centre de recherches sur l habitat, UMR LAVUE, CNRS Nouvelles pratiques urbaines diffuses et dynamiques de transition discrètes dans deux métropoles européennes. Les cas des «murs à pêches» à Montreuil et du quartier St-Léonard à Liège Amandine GUILBERT, GROUPE RECHERCHE ACTION Repenser la place des quartiers périphériques dans la métropolisation Claire HANCOCK, Université Paris-Est Créteil Val de Marne, laboratoire Lab urba permettent de mieux intégrer la question de l eau dans les modes d habiter et d aménagement. La note de cadrage général et les actes du premier séminaire sont disponibles sur le site de popsu Europe : Une publication est prévue à l automne Pour plus d informations : Virginie Bathellier [email protected] colloque Métropoles en France La loi crée les «métropoles» mais cela ne veut pas dire que l on sache vraiment à quelles réalités économique, sociale et spatiale elles correspondent. Le colloque organisé à Paris les 10 et 11 juin 2014 dans le cadre du programme popsu 2 prendra la mesure de l incertitude des définitions et mettra en débat celles que l on formule dans l action et celles que les chercheurs élaborent. Dix métropoles ont été observées, telles qu elles se donnent à voir et telles qu on ne les voit pas. Des équipes de recherche et des responsables locaux ont dialogué pendant deux ans. L objectif sera de mettre en résonance la multiplicité des approches pour nourrir le débat public sur ce qui finalement touche en profondeur le fait urbain contemporain. Pour plus d informations : Virginie Bathellier [email protected] Villes ordinaires et communes rurales : après la fin du village. Une diversité d orientations économiques et de lieux ou de nouvelles dynamiques métropolitaines? Thierry JEANMONOD, École nationale d Architecture et de Paysage de Bordeaux, équipe de recherche GEVR, UMR ADESS 5185 Expertise partagée dans la ville ordinaire. Eléments méthodologiques pour la métropole augmentée Aziz KALI, Détour Métropolisation, espaces de la logistique, des mobilités et des transports, et développement des pratiques numériques quotidiennes et urbaines. Une approche des situations ordinaires de l aménagement des métropoles Fabrice RAFFIN, Université de Picardie Jules Verne, Laboratoire Habiter-monde, Olivier POLLET, SEA Europe Pour plus d informations : Marie-Flore Mattei [email protected]
3 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Entretien avec Alain Maugard, Président d Europan France Europan plus vivant que jamais Quelles sont les évolutions d Europan face aux objectifs de la ville durable? Le premier constat est que l atterrissage de l architecture nouvelle sur les questions de la ville et le fait que les ambitions de transformation des villes peuvent guider la transformation de l architecture s avère d une grande justesse. En termes un peu réducteurs, quand la ville est en mutation, quand la société urbaine est en mutation, ce sont là des éléments refondateurs de l architecture et donc cette mutation puissante de la société qui transforme la civilisation urbaine est un support, une inspiration profonde de l architecture. J ai toujours pensé que l architecture devait refléter les phénomènes de société. Quand ceux-ci sont forts, l architecture a une puissance, une force. Nous nous trouvons dans une période de ce type. Tout le monde pense que les objectifs de la ville durable sont bien des objectifs de transformation de cette société que ce soit dans les dimensions sociétale, sociologique, économique ou environnementale. L arrivée de la crise conduit à se dire qu il va falloir donner plus de capacité d adaptation à la ville. Que nous irons vers cette ville durable mais à condition d avoir une grande capacité d adaptation d où l apparition de ce thème dans Europan 12, qui se poursuit dans Europan 13. Sur quels points précis Europan 13 met-il l accent? Pour la 1 ère fois, deux Europan successifs vont garder le même thème : la ville adaptable. Nous avons tous constaté en Europe que ce thème considéré par certains comme très peu parlant aux maires alors qu en réalité il l est paradoxalement, correspond à ce que ressentent le pouvoir politique, la gouvernance des villes. Et c est bien parce que nous avons eu cette remontée en Europe de la part de tous les pays participant à Europan que nous avons décidé de creuser, d approfondir et de garder le même thème. Donc Europan 13 sera aussi un Europan sur la ville adaptable mais il tiendra compte des dernières évolutions que nous ressentons. La première est que les fonds publics sont en baisse dans tous les Etats européens qui sont en crise économique, de productivité. Par conséquent, nous ouvrons pour la première fois l idée que, tout en gardant l intérêt général, il nous faut des financements mixtes, publics/privés et que d une certaine façon ceci peut changer le rôle des architectes-urbanistes-paysagers qui sont aussi des agents économiques qui doivent en tenir compte. La deuxième évolution que nous voyons arriver à grande vitesse dans l économie, la société des urbains, est l idée d échanges entre des producteurs et des consommateurs, des «conso-producteurs» qui sont successivement l un et l autre ; cette société du partage, de l échange nécessite vraisemblablement de nouveaux lieux, de nouveaux espaces, une redéfinition des programmes, et renouvelle assez profondément l aspect programmatique des quartiers, des villes. Le troisième point que met en avant Europan 13 se situe plus dans la continuité. C est l idée que désormais les projets sont des projets process et non pas des projets objets, des objets dessinés, l adaptabilité étant que ce projet process peut évoluer dans le temps en fonction des opportunités, de certaines éventualités qui arrivent et que l on ne peut pas prévoir. Il y a nécessité d avoir une très forte réactivité de la ville, de l urbanisme de façon générale à des évènements qui transforment l urbanisme, c est ce qu on observe dans le management des entreprises où la plupart des entreprises ont certes des axes stratégiques mais ont aussi ce qu elles ont appelé une capacité à augmenter leur réactivité. Les villes sont dans cet état là et les projets proposés aux villes doivent avoir une capacité d adaptabilité-réactivité. Vous êtes en pleine campagne de présélection des sites Europan 13 français? De cette rencontre avec les préoccupations politiques des maires, nous pensons jouable en France d avoir plus de sites Europan et nous comptons sur une dizaine de sites. Aussi, nous lançons un appel à proposition de sites et disons aux maires que les sites peuvent être très variés. Cette idée de réactivité, d adaptabilité, de réponse fine à ce courant de changement de société se passe dans les grandes métropoles, aussi nous accueillerons des sites de grandes métropoles, de régions, du Grand Paris mais également de villes moyennes ; nous accueillerons aussi des sites de transformation du milieu dit rural qui est sous influence urbaine. C est un appel à des sites très variés et justement ce n est pas du tout une hyperspécialisation des sites. Que pensez-vous du succès grandissant des équipes françaises lauréates sur des sites européens? Depuis quelques Europan, la France fait du 50/50. Sur la totalité des équipes françaises sélectionnées, la moitié l est sur des sites français et l autre sur des sites européens. Il faut pousser nos équipes à répondre aussi sur les sites de nos voisins car ces phénomènes de société, de transformation de la société urbaine, de la civilisation urbaine concernent toutes les villes européennes. Il y a objectivement une civilisation européenne de la ville. La ville européenne cela a un sens même si elle prend des formes différentes entre le nord et le sud, l est et l ouest. Il y a quelque chose que nous partageons en Europe c est la vision de la ville et il est important que toutes ces jeunes équipes de moins de 40 ans qui vont façonner ces villes, proposer des modifications de leur morphologie, de leur métabolisme puissent s exprimer sur tout le territoire européen. De la même façon que nous accueillerons volontiers sur les sites français des équipes étrangères ou mixtes, nous souhaitons aussi que les équipes françaises s exportent chez nos voisins européens. Biographie Entretien réalisé par Bénédicte Bercovici Né le 23 avril 1943 à Nérac (Lot-et-Garonne), Alain Maugard est un ancien élève de l École Polytechnique et Ingénieur général des Ponts et Chaussées. Après avoir débuté sa carrière au ministère de l Équipement où il est en charge de la rationalisation des choix budgétaires au service des Affaires économiques et internationales, puis de 1972 à 1975, des opérations d urbanisme des Hauts-de-Seine, il est nommé directeur départemental adjoint de l Équipement de Meurthe-et-Moselle en Chef du service de la politique technique à la Direction de la Construction et secrétaire permanent du Plan Construction, de 1978 à 1981, il devient successivement Directeur adjoint de cabinet des ministres de l Urbanisme et du Logement Roger Quilliot et Paul Quilès puis Directeur de la Construction au ministère de l Équipement, du Logement, des Transports et de la Mer. De 1990 à 1993, il devient Directeur général de l Établissement Public d Aménagement de la Défense avant de prendre la présidence du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment. En 2008, il prend la tête de la section «risques, sécurité, sûreté» du Conseil général de l environnement et du développement durable. Il devient en 2009 président de QUALIBAT. Il préside Europan France depuis Calendrier Europan 13 La ville adaptable Janvier à septembre : présélection des sites à l échelle nationale Septembre : classement des sites en familles thématiques et Forum européen des sites pour approfondir les problématiques partagées Septembre à décembre : finalisation des dossiers de sites 2015 Début février : lancement du concours
4 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Librairie zoom sur autres publications europan collection «le quatre pages» du puca Métamorphose de l ordinaire, Paola Vigano, Grand prix de l urbanisme 2013 Sous la direction d Ariella Masboungi, Collection «Projet urbain», Parenthèses, mars 2014, 128 pages. Paola Vigano, associée depuis 20 ans au sein de Studio à Bernardo Secchi, prix spécial Europe d urbanisme en 2004, partage son temps entre la conception urbaine, la définition de plans-projets et stratégies d urbanisme complexes, la recherche, l enseignement à l université de Venise et la publication. C est à cette facette d un talent multiple couronné par le Grand prix de l urbanisme 2013 que l on doit «Métamorphose de l ordinaire». L ouvrage s ouvre sur un portrait réalisé publications et vidéos du puca Vivre en ville hors des villes Synthèse de programme de recherche Lancé en 2009 par le puca, le programme de recherche «La mobilité et le périurbain à l impératif de la ville durable : ménager les territoires de vie des péri-urbains» a permis à 9 équipes de recherche d explorer les dynamiques nouvelles qui articulent mobilités et habitat dans ce qui est appelé «Péri-urbain», «Entre-villes» ou «Rurbain». A l issue de ce programme des réponses sont apportées : cette utopie n est-elle qu un oxymore sans réalité ou est-il possible de vivre en ville hors des villes et à quelles conditions? Document PDF à télécharger, 142 pages, avril 2014 sur le site du puca. Pour plus d informations Patrice Aubertel [email protected] Actes de colloques et de séminaires du puca Téléchargeables sur le site du puca Les retombées économiques des sites exceptionnels : limites et enjeux de la mesure - 5 juin 2013 Vers des politiques publiques de densification et d intensification douces? 7 octobre 2013 Précarité Energétique - 23 mai 2013 Cycle «Approches économiques des dynamiques urbaines» : «Quelles adéquations des marchés fonciers et immobiliers aux transformations socioéconomiques des familles dans le territoire périurbain?» - 3 octobre 2013 Amélioration énergétique en copropriétés - Les leviers pour déclencher les travaux Pour plus d informations Christophe Perrocheau [email protected] Cahier n 4 Gisèle Cloarec Document PDF à télécharger gratuitement sur le site du puca, 16 pages, avril 2014 par Ariella Masboungi qui éclaire par ces mots la position défendue par Paola Vigano : «la ville diffuse est à regarder avec «amitié» et non à condamner a priori. D abord parce qu elle est prometteuse, en termes de qualités de vie et de paysage, peut être aussi en termes de production et d économie d énergie ; ensuite parce qu il est impossible d agir sur des lieux». Parmi les projets à l œuvre, on peut citer La Courrouze à Rennes, le parc Spoor Noord et la place du Théâtre à Anvers (Belgique). Faisant partie des équipes du Grand Paris, Paola Vigano a défendu une approche contextuelle, œuvrant pour l équité du territoire. Un grand nombre de ses démarches s appuie sur la gestion de l eau et de la biodiversité, que celles-ci concernent le Veneto, le territoire diffus bruxellois ou le Grand Paris. Lier stratégies à grande échelle et projet est le fil conducteur des plans régulateurs qu elle a conduits en Italie, mais aussi du plan directeur d Anvers et des démarches Lille 2030 et Montpellier 2040, comme de la réflexion sur le Val de Durance. Ses travaux exposés dans ce livre parcourent les thèmes de l urbanisme contemporain (porosité, isotropie, etc.). Ils offrent un horizon à la ville diffuse et abordent les grandes problématiques du développement durable. Et démontrent qu il est possible d être chercheuse et néanmoins urbaniste. Pour plus d informations : Ariella Masboungi [email protected] L exigence énergétique entre contrainte et innovation Jean-Marie Alessandrini, Claude François, Philippe Fromy, Bernard Hognon, Sylviane Nibel du CSTB, Marie- Christine Gangneux, Document PDF à télécharger, 124 pages, février 2014 Le renforcement des standards énergétiques exigés pour les bâtiments s est traduit par une redistribution de la hiérarchie des postes de consommation qui positionne l enjeu de la sobriété énergétique sur la consommation liée à l usage du bâtiment et à l activité des occupants. Dans quelle mesure cette évolution impacte-t-elle la conception architecturale? Va-t-elle la contraindre davantage ou, à l inverse, les équipes de conception sauront-elles exploiter les aspirations des habitants et tirer parti des progrès techniques sur l enveloppe et les systèmes pour proposer des logements présentant une qualité globale et une garantie de sécurité? La démarche adoptée pour explorer ce questionnement est expérimentale. Elle exploite les bâtiments conceptuels imaginés dans le cadre de l appel à idées «La méthode cqhe : Concept Qualité Habitat Energie» lancé par le puca en Pour plus d informations Christophe Perrocheau [email protected] La densification douce des tissus pavillonnaires : une solution innovante pour produire du logement? Vidéo réalisée par le puca et le mlet 10 - Téléchargeable sur le site du puca Pour plus d informations Anastasia Touati [email protected] Europan 12 La ville adaptable - Insérer les rythmes urbains Catalogue des résultats Catalogue disponible sur Europan La ville adaptable 2 thème Europan 13 Catalogue disponible sur à lire Bâtiments et aménagement durable - Bien-être, vie urbaine et écoquartier Jean Hetzel, 500 pages, 2014, Afnor Editions Dans la continuité du livre «Bâtiment hqe et développement durable», ce nouvel opus de Jean Hetzel montre les liens étroits entre bâtiment et ville : la mise en œuvre de l approche de développement durable de l un nourrit celle de l autre. Un livre qui allie retour d expériences et approche prospective, utile à tous les urbanistes, élus, architectes, promoteurs et constructeurs d ouvrages d art. Revue Urbanisme n Dossier de 13 pages sur la spécificité de popsu 2 : 10 grandes agglomérations françaises (hors Ilede-France) mènent depuis 2011 un programme de recherche avec dix équipes de chercheurs sur des thèmes choisis en commun. Pour plus d informations Virginie Bathellier [email protected] thèse Prix de thèse sur la ville 2013 En 2013, le jury du Prix de thèse sur la ville soutenu par le puca a primé deux thèses qui portent l une et l autre sur la question de l habitat dans des pays émergents, le Chili et la Thaïlande. Deux situations et modes d action très contrastés ont été présentés par les deux lauréats, Rodrigo CATTANEO PINEDA et Fanny GERBEAUD et mis en débat lors d une rencontre le 5 mai 2014 : la financiarisation de la filière du logement à Santiago du Chili et les formes que prend l habitat spontané à Bangkok. La vidéo de ce débat est consultable sur le site du puca. Pour plus d informations : Patrice Aubertel [email protected] N 14 février 2014 La mixité fonctionnelle à l échelle métropolitaine a-t-elle du sens? L exemple des clusters du Grand Paris Ce «4 pages» revient sur une recherche issue du programme «Mixité fonctionnelle versus zoning : de nouveaux enjeux?» qui vise à examiner la façon dont la tension entre spécialisation fonctionnelle des espaces urbains sous la forme explicite ou pas du zonage et la référence à la mixité fonctionnelle travaillent les projets urbains. Au-delà, ce sont les conséquences sur les formes de la ville, son économie et les régimes d occupation des espaces publics qui sont étudiés. Une compréhension des clusters du Grand Paris à travers une analyse historique, statistique et empirique : Pour comprendre ce qui se joue avec cet apparent retour du zonage fonctionnel à travers les projets de clusters, l équipe a mené une analyse en trois étapes : une revue de la littérature théorique économique sur la notion de spécialisation économique, une analyse statistique sur la cohabitation des diverses activités et différentes fonctions en Ile-de-France, à l échelle communale, une enquête de terrain dans deux clusters (Saclay et Roissy-Bourget). Les deux établissements publics d aménagement en charge de la réalisation de ces clusters, Plaine de France et Paris-Saclay, ont été particulièrement associés à cette recherche. Chargé de l action au puca : François Ménard N 15 avril 2014 La ville au rythme du commerce Ce «4 pages» a été rédigé à partir d une recherche sur l urbanisme spatiotemporel menée par des géographes et urbanistes des universités d Angers et de Bretagne, réalisée entre 2011 et Les chercheurs ont formalisé une méthode d enquête à partir d observations : relevés sur place des horaires affichés, repérage des établissements par catégorie et taille, prises de vue à intervalles réguliers et évaluation des flux piétonniers. Ces observations de terrain ont été réalisées dans l hypercentre de quatre villes françaises : Angers, Le Mans, Toulouse et Brest. L ensemble recueilli a servi de matériau à des cartes horaires et à des comparaisons ciblées. Ce rapprochement avait pour objectifs de dégager les facteurs régissant les rythmes urbains et de préparer des outils d aménagement facilitant les liens spatiaux et temporels. Chargé de l action au puca : Bertrand Vallet Coordination : Bertrand Vallet [email protected] Ces publications sont consultables sur le site du puca : Pour demande d abonnement gratuit : Philippe Cromback philippe.cromback.developpement-durable.gouv.fr à paraître Annales de la Recherche Urbaine n 109 sur les universités Diversification de l habitat et mixité sociale dans les opérations de rénovation urbaine (Christine Lelevrier) Localisation des activités économiques et développement durable des territoires (PUCA) Ont participé à ce numéro : Patrice Aubertel, Virginie Bathellier, Philippe Cromback, Marie-Flore Mattei, Lionel Martins, François Ménard, Isabelle Moulin, Christophe Perrocheau, Anastasia Touati, Bertrand Vallet Direction générale de l Aménagement, du Logement et de la Nature. plan urbanisme construction architecture Le gouvernement des villes et la fabrique du bien commun Planification sociale de l urbain et services publics Citoyenneté et décision urbaine Intercommunalité et métropolisation Normes et fabrique du bien commun Le renouveau urbain Rénovation urbaine et mixité sociale Renouvellement et recomposition des quartiers Créativité et attractivité des villes L avenir des périphéries urbaines Territoires urbains et sûreté Architecture de la grande échelle Habitat pluriel : densité, urbanité, intimité Systèmes périurbains et coûts d urbanisation Dynamiques et pratiques résidentielles Comportements résidentiels et défis démographiques Vieillissement de la population et choix résidentiels Habitat et services aux personnes âgées Evolutions démographiques et inégalités territoriales Accès au logement Trajectoires résidentielles Recompositions institutionnelles de l offre de logement Modes et formes de l hébergement Economie foncière et immobilière L innovation dans l architecture et la construction Logements optimisés : coûts, qualité, fiabilité, délais Concept qualité, habitat, énergie Observatoire des bâtiments durables Logement Design pour tous Evaluation énergétique du patrimoine existant (prebat) Bâtiments démonstrateurs (prebat) REHA (prebat) Territoires et acteurs économiques Espaces urbains et dynamiques économiques Lieux, flux, réseaux dans la ville des services Développement économique local et mondialisation Economie de l aménagement Attractivité des territoires Vers des villes viables et acceptables Politiques territoriales et développement durable Risques technologiques : enjeux économiques et territoriaux Villa urbaine durable Quartiers durables Aménagement et démarches hqe Collectivités locales et politiques énergétiques (prebat) Collectivités locales et défi climatique (prebat) Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Journal d informations du PUCA plan urbanisme construction architecture Grande Arche de la Défense Paroi Sud La Défense Cedex Tél. : Directeur de la publication : Emmanuel Raoul secrétaire permanent du PUCA Rédactrice en chef : Bénédicte Bercovici Tél. : [email protected] Rédaction : Pierre Derrouch/Innovapresse Secrétariat de rédaction : Marie-Line Descroix/Innovapresse Conception graphique : Laëtitia Loas-Orsel d après la maquette de LM communiquer Impression : Corlet (14) Crédits photos : Tous droits réservés. Premier Plan sur internet ISSN Tiré à exemplaires
5 Premier plan dossier Le journal d informations du puca plan urbanisme construction architecture n 30 juin-septembre 2014 Europan Europe Les Français à l étranger PUCA Vues de divers projets récompensés et réalisés par des équipes françaises depuis la création d Europan Europan, fédération européenne pour des architectures nouvelles, est une organisation non gouvernementale qui regroupe entre 15 et 20 pays d Europe selon les sessions. Depuis 1988, Europan organise des concours d idées suivis de réalisations ouverts aux jeunes architectes de toute l Europe de moins de 40 ans 1, parfois plusieurs années après les résultats. Ils sont lancés simultanément dans les différents pays participants, sur un thème et un calendrier commun, et portent sur des sites proposés par un réseau de villes européennes. Les thèmes des concours articulent les questions liées aux nouveaux modes de vie urbains, à l habitat, à l architecture et à l urbanisme. C est un programme aux objectifs ambitieux : - favoriser l expression d idées architecturales et urbaines nouvelles autour de problèmes communs aux villes européennes, - animer un débat entre les réseaux professionnels et les municipalités à l échelle de l Europe, - promouvoir les jeunes talents et leur ouvrir la possibilité d accéder à des réalisations, - expérimenter à travers ces réalisations des méthodes innovantes d élaboration des projets urbano-architecturaux qui permettent de prendre en compte les points de vue des différents acteurs, de se confronter aux contraintes normatives et réglementaires et de les faire évoluer afin de concrétiser les idées novatrices dans la réalité. Ce dossier est consacré à la part grandissante des équipes françaises sélectionnées sur des sites européens. Six portraits et témoignages de lauréats attestent de leur réussite. 1 La moyenne d âge des équipes Europan est de 31 ans
6 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Présence française à l étranger en chiffres Depuis la création d Europan, la présence des équipes françaises à l étranger affiche une belle constante, avec des résultats remarquables. Ainsi, au terme d Europan 2, un lauréat sur 10 était français. Pour Europan 3, plus de 15 % des nominations concernaient, pour les sites étrangers, des équipes françaises. Europan 11 a vu la consécration de près de 14 % de lauréats français. Le meilleur résultat a été enregistré avec Europan 12 : 17 % des nominations sont allées à des équipes françaises. On peut également noter que, sur l ensemble des éditions, les équipes françaises brillent particulièrement sur les sites proposées en Allemagne (6 lauréats et 7 nominations), en Belgique (8 lauréats et 7 nominations), en Suisse (7 lauréats et 6 nominations) et, dans une moindre mesure au Portugal (3 lauréats et 4 nominations). Une langue commune, une proximité géographique et/ou des relations européennes historiques pour ce qui concerne l Allemagne facilitent probablement cette réussite. En revanche, certains pays comme l Angleterre et l Irlande, et, à l Est, comme la Bulgarie, la Lettonie, le Kosovo, la Roumanie et la Slovaquie n ont pas encore permis aux jeunes architectes français de s illustrer dans le cadre d Europan Europe. Certains d entre eux, il est vrai, ne se sont ouverts à la consultation que récemment. HISTORIQUE DES SESSIONS EUROPAN - E 1 Évolution des modes de vie et architecture du logement - E 2 Habiter la ville, requalification de sites urbains - E 3 Chez soi en ville, urbaniser des quartiers d habitat - E 4 Construire la ville sur la ville, transformation de sites urbains contemporains - E 5 Les nouveaux paysages de l habitat, déplacement et mobilités - E 6 Entre villes, dynamiques architecturales et urbanité nouvelle - E 7 Challenge suburbain, intensités et diversités résidentielles - E 8 Urbanité européenne et projets stratégiques - E 9 Urbanité européenne, Ville durable et Nouveaux espaces publics - E 10 Inventer l urbanité, régénération, revitalisation, colonisation - E 11 Reliances - E 12 La ville adaptable : Insérer les rythmes urbains - E 13 La ville adaptable 2 : Auto-Organisation / Partage / Projet (Processus) Lancement du concours E13 début 2015 EUROPAN EUROPE EN LIGNE twitter.com/europaneurope LAURÉATS ET NOMINATIONS POUR LES SITES À L ÉTRANGER TOTAL FRANÇAIS % TOTAL FRANÇAIS % EUROPAN ,0 % ,9 % EUROPAN ,5 % ,5 % EUROPAN ,1 % ,8 % LAURÉATS EUROPAN ,5 % ,7 % EUROPAN ,5 % ,3 % EUROPAN ,0 % ,7 % EUROPAN ,7 % ,3 % EUROPAN ,1 % ,2 % EUROPAN ,5 % ,3 % EUROPAN ,8 % ,3 % EUROPAN ,9 % ,5 % EUROPAN ,1% ,0 % NOMINATIONS 2
7 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger Équipes françaises primées à l étranger : Portraits et retours d expériences Europan 2 «Habiter la ville» - Zaanstad (Pays-Bas) Équipe Tania Concko et Pierre Gautier projet Tania Conko et Pierre Gautier, lauréats d Europan 2 «Habiter la ville», en 1991, ont réalisé à Zaanstad, en Hollande, dans le quartier de Zaanwerf, la mutation d un site industriel de 3 ha, le long de la rivière Zaan. Le projet primé reprend la volumétrie massive des bâtiments industriels sur le fleuve et propose un découpage où des canaux transforment les lots en plateformes urbaines flottantes. Le projet réalisé part du même concept de découpage en plateformes. Une plateforme piétonne défile depuis le centre ville le long du Zaan, tandis que des passerelles flottantes sur les canaux transversaux permettent de relier la promenade à la rue arrière. A l intérieur des plateformes, les bâtiments se côtoient sans mitoyenneté, sans alignement, éléments créant des espaces de vie domestiques aux qualités propres. parcours Tania Concko, diplômée de l École d Architecture de Versailles et urbaniste, ouvre son agence à Amsterdam en Elle enseigne aux Pays-Bas, à l académie Van Bouwkunst d Amsterdam et à la Technical university of Delft, ainsi qu en France, à l Ecole spéciale d Architecture ou à l École d Architecture de Paris Malaquais. Pierre Gautier, architecte qui exerce à Paris et Rotterdam, est diplômé de l Ecole supérieure technique de Delft, aux Pays-Bas, en Il intervient en tant que conférencier dans différentes écoles d architecture ou universités techniques en France et aux Pays-Bas (Paris, Delft, Rotterdam, Amsterdam). Il a reçu plusieurs prix dont une Nomination au Mies van der Rohe award (EU) en 2001, le Bauwelt Prize (Allemagne) la même année, la Médaille d Argent de l Académie Française d Architecture ou encore le Prix de la Première œuvre en France en Zaanstad vue du projet réalisé. Zaanstad étude perspective. Plan concours. Étude plan masse final. 3
8 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Vue de l ilôt la nuit. Entretien avec Pierre Gautier, architecte, Paris et Rotterdam Quel a été l impact d Europan sur votre carrière? Cela nous a permis de monter notre structure, avec Tania Concko. Nous avions peu d expérience professionnelle. Je sortais tout juste de l école. Ce projet était mon projet de diplôme. Grâce à la bonne volonté des élus de la ville qui se sont engagés à faire travailler les lauréats, nous avons pu réaliser un programme de 260 logements sur 3 ha, en centre ville. Il s agit du premier projet remporté par une équipe étrangère et réalisé sur le site. Cette réalisation qui s est étalée sur plus de 10 ans et sa publication ont lancé ma carrière. Cela m a permis d avoir la confiance des maîtres d ouvrage et m a ouvert la voie à d autres projets d envergure aux Pays- Bas. Pour répondre à la demande de nouveaux clients des opérations de 100 à 300 logements ou des projets d urbanisme, j ai ouvert une seconde agence à Rotterdam. Je dois beaucoup à Europan. J ai depuis fait partie du comité national Europan aux Pays-Bas, pour essayer de permettre aux équipes lauréates de mener à bien leur projet. C est aujourd hui de plus en plus difficile, avec la privatisation des projets. Mais, Europan commence vraiment à l étape de la réalisation. Il faut donner le plus de chances possibles aux jeunes équipes d accéder à la commande et les accompagner sur de vraies missions. Cela va dans le sens de la crédibilité d Europan qui est une source de nouveaux talents. Quelle a été pour vous la suite d Europan 2? Le projet d Europan à Zaanstad portait sur une opération de transformation d un site industriel en bord de rivière, avec notamment une problématique de pollution. Ce type d intervention est devenu une spécialité de l agence. Nous avons réalisé des études urbaines ou des projets s inscrivant dans le même contexte, sur des sites industriels, en centre ville, en rive d un cours d eau, aussi bien aux Pays-Bas qu en France. Observez-vous des différences culturelles entre la France et les Pays-Bas, dans la manière de concevoir et réaliser un projet d architecture et/ou d urbanisme? Aux Pays-Bas, la commande est à 95% privée. En France, le lien politique reste important. La réalisation de projets est très dépendante de la volonté municipale. Un changement de municipalité peut parfois conduire à la remise en question des projets. Ce qui freine leur avancement et ne va pas dans le sens de la qualité. Aux Pays-Bas, le maire n est pas élu mais nommé. Il y a une continuité plus importante et une meilleure fluidité dans les projets. Actuellement, les Pays-Bas, touchés par la crise, proposent moins de projets. Nous travaillons principalement en France, sur des programmes de logements notamment. Mais, on se heurte à une problématique d économie de projet. La préfabrication et l industrialisation permettent de construire des logements de qualité et abordables. Or, en France, le m 2 habitable coûte très cher sans même parler du foncier. Il est 25 à 30 % plus élevé, pour une qualité inférieure. On n arrive plus à financer le logement social ce qui constitue un véritable problème de société. J essaie alors de reprendre et d adapter des solutions qui fonctionnent aux Pays-Bas. On considère là-bas qu une opération de logements doit faire entre 80 et 100 logements pour que ça puisse représenter une économie d échelle, tant au niveau de la construction, que des études ou encore de l organisation des entreprises. Cette question d économie d échelle est un vrai sujet. En France, on a tendance à ne pas dépasser 20 à 30 logements ou alors à découper en lots plus petits des opérations plus importantes. 4
9 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger Plan concours. Parc de la Ereta, Alicante. Europan 3 «Chez soi, en ville» - Alicante (Espagne) Équipe Frédéric Bonnet et Marc Bigarnet projet Frédéric Bonnet et Marc Bigarnet sont mentionnés à Europan 3 «Chez soi, en ville», en 1994, sur le site d Alicante en Espagne. De leur projet résultera le Parc de la Ereta, implanté sur un promontoire aride, en plein cœur de la ville. Dans le concept paysager proposé, bâtiments et parc sont discrètement insérés au paysage de la colline. Le parc réalisé suivant les principes énoncés au concours constitue ce lien territorial. Il organise selon la topographie de la colline une série de lieux contrastés, des plus réglés et jardinés en contact avec la ville, aux plus sauvages, près des pieds de la falaise. Les bâtiments cherchent la fraicheur de la terre et n offrent au soleil qu une façade, intégrée à la structure de la colline. Entre proximité de la terre et ouverture avec la mer, le parc offre une série de séquences où les habitants viennent se promener ou méditer tout en redécouvrant leur ville. parcours Frédéric Bonnet et Marc Bigarnet qui ont fait ensemble leurs études d architecture à Saint-Etienne gagnent en 1994 le concours Europan 3 à Alicante, pour une aventure de dix ans qui fonde leur expérience commune : paysage, architecture, urbanisme. Après 10 années de collaboration, ils fondent l agence Obras. Leur projet de parc portuaire du Havre a reçu en 2009 le Grand prix d Architecture et d Urbanisme Auguste Perret. Tous deux sont également enseignants. Frédéric Bonnet intervient notamment à l École d Architecture de Paris Belleville et à l École Nationale Supérieure d Architecture de Clermont- Ferrand. Il est également membre du laboratoire de recherche GERPHAU, avec la philosophe Chris Younès. Frédéric Bonnet explique l impact d Europan sur l histoire d Obras «Le concours Europan a été décisif, fondateur, dans l histoire de l agence. Nous avons fondé la SARL Obras en 2003, mais l expérience commune, engagée dès 1993 entre les deux architectes partenaires, est d abord portée par le projet du parc de la Ereta, que nous avons réalisé à Alicante à la suite du prix Europan 3. Ce travail de dix ans, de 1993 (concours) à 2003 (livraison du projet) a été accompagné entre temps d autres projets communs, mais c était bien le moteur principal de notre complicité, qui a constitué aussi le savoir-faire principal de l agence. Nous avons solidifié notre collaboration sous la forme actuelle de l agence Obras en 2003, pour répondre plus efficacement à un autre grand projet d espace public que nous venions de gagner, le parc portuaire du Havre ( ). Ce projet s inscrit directement dans la ligne du projet originel d Alicante, et il est certain que nous n aurions pas eu accès à une commande aussi importante 20 hectares, 18M de travaux sans la référence du parc construit à l issue d Europan. Avoir travaillé en Espagne, durant dix années, avec un maître d ouvrage d une qualité exceptionnelle, a été tout aussi fondateur de notre démarche. Une période où l Espagne n était pas encore plongée dans la crise actuelle, et où le niveau des techniciens, des entreprises, la capacité technique des ouvriers était telle qu elle a rencontré notre préoccupation du détail, de la matérialité, d un certain bonheur de la mise en œuvre. L Espagne alliait alors la virtuosité de l artisanat (boiseurs, coffreurs, maçons, charpentiers, serruriers) et la performance de l industrie. De plus, le programme inédit du concours, qui associe l urbanisme, le paysage, l infrastructure, l architecture et le design, programme que nous avons d ailleurs contribué à «construire», influence directement «l entrelacement des échelles» auquel nous sommes attachés, et qui est le fil conducteur de notre travail. Au delà du travail de l agence, nos expériences d enseignement, mais aussi nos rapports avec les collaborateurs de l agence dont la plupart sont ou ont été des lauréats de sessions ultérieures d Europan sont liées, de manière interactive et fructueuse, avec les thématiques d Europan.» 5
10 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Entretien avec Marjolijn Boudry, architecte-urbaniste, Atelier d architecture et d urbanisme Pierre Boudry & Marjolijn Boudry, Paris Projet réalisé à Vijfhuizen. Europan 4 «Construire la ville sur la ville» - La Haye (Pays-Bas) Équipe Marjolijn et Pierre Boudry projet Le projet lauréat en 1996 de Marjolijn et Pierre Boudry, sur le site de La Haye (Den Haag), aux Pays-Bas, propose une relation renouvelée entre univers artificiel et naturel. Composé d une nappe de logements qui s amarre au grand espace d une serre, le terminal d habitations est une stratification de réseaux et de liens de communication permettant de traduire les modes de vie des habitants. Réalisé sur un autre site, à Vijfhuizen, le projet articule habitations, murets, jardins, cheminements, courettes, fontaines afin de «paysager» l espace pour une vie agréable. En pratiquant des ouvertures dans les masses, il ouvre des perspectives permettant de construire des paysages. parcours Marjolijn et Pierre Boudry, sœur et frère, ont été diplômés de l Institut Supérieur d Architecture Saint-Luc en Belgique, en Leur atelier d architecture et d urbanisme est situé à Paris. Leur parcours et leur évolution témoignent d une évolution continue et cohérente de recherche architecturale. Les projets, allant de la petite échelle à la grande et de programme diversifié, reflètent et induisent relativité, ressourcement et ouverture d esprit. Leurs réalisations ont fait l objet de nombreux prix et distinctions. Celui des «Quatre maisons dans les arbres», réalisé à Reims en 2007, a gagné plusieurs prix dont le Prix d Architecture 2008 Les Grands paris du logement et fait l objet d expositions, dont une à la Biennale de Venise en 2008, dans le cadre de l exposition Out there Genero-Cité. Quel a été l impact d Europan sur votre carrière? Notre projet de Den Haag portant sur 120 logements, bien que lauréat, n a finalement pas fait l objet d une commande par la maîtrise d ouvrage. Etre jeunes architectes et étrangers l a peut-être freiné. Elle nous a toutefois confié la réalisation d un programme de 36 logements non loin du site initial du concours. Malheureusement, à cause de la crise économique, ce lot de consolation n a pas pu lui-même être concrétisé. Pour compenser, la maitrise d ouvrage nous a recommandés pour participer à un concours international d architecture dans le cadre d une opération VINEX d habitations pour le nouveau quartier de Vijfhuizen à Haarlemmermeer près d Amsterdam. Nous l avons remporté. Cette réalisation achevée en 2002 et largement publiée nous a apporté de la notoriété. C est une conséquence directe de notre réussite au concours Europan 4. Le projet Den Haag a, lui-même, bénéficié d une médiatisation, par le biais de plaquettes et d expositions. Il nous a également permis de bénéficier du cursus «Europan formation, Management urbain» organisé dans plusieurs villes d Europe. Nous avons pu, à ces occasions, retrouver des lauréats d Europan et participer à des échanges avec des professionnels de la ville, des personnalités politiques, des architectes et urbanistes de renom, des universitaires, etc. Cela a créé une dynamique de formation très intéressante pour les jeunes architectes. Avez-vous travaillé sur des projets en lien avec celui d Europan 4? Grâce à Europan 4, nous avons été sélectionnés pour répondre à un concours international organisé par Europan 2000 : «Habiter l an 2000, habitat, ville et nature» 2 sur le site d Orly. Nous avons remporté la consultation avec notre projet «Le delta urbain et le hub d habitations», mais les luttes de pouvoir liées à ce territoire émergent à fort potentiel ont anéanti, à l époque, les dynamiques de développement pour ce site au profit de nouvelles ultérieurement. Par ailleurs, grâce au responsable des réalisations Europan France au puca, nous avons eu connaissance d une consultation pour la Cité Jardin du Petit Bétheny à Reims. Nous avons été sélectionnés au concours et l offre a été retenue. Il s agit du projet de «4 6
11 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger logements dans les arbres». Cette réalisation phare qui a mis sept années avant d aboutir nous a ouvert les portes de la Biennale de Venise en Avez-vous constaté des différences de culture professionnelle en matière d architecture et d urbanisme entre la France et les Pays-Bas? Les différences entre les deux pays sont nombreuses. La langue bien sûr, ce qui nous a conduits à faire appel à un interprète, dans un premier temps, pour travailler aux Pays-Bas. J ai moi-même appris le néerlandais à cette occasion et nous nous sommes adjoints des collaborateurs bilingues. On s aperçoit en effet rapidement que l anglais ne suffit pas quand on aborde les aspects techniques ou encore juridiques d un projet, mais aussi parce que l acte de construire requiert un contact direct et une compréhension de tous les intervenants, de l ouvrier aux décideurs. La déontologie, les produits, les DTU sont également spécifiques en Hollande. L approche des projets diffère aussi. Aux Pays-Bas, chaque étape fait l objet d un consensus avant d aller plus loin. Une fois que des choix sont actés, on n y revient plus. Même les politiques se plient à cette méthodologie. Ils ne remettent ainsi pas en cause les projets en cours de route. En ce qui concerne les études, celles relatives à l exécution sont confiées aux architectes. Cela n entrave pas les bons conseils des entreprises mais tout est dessiné, réfléchi, précisé et ça se voit à la réalisation. Par rapport à la question des choix des matériaux et composants, la richesse de la palette, d une manière globale, est innovante et très ouverte, sans omettre le respect des réglementations. Nous avons également apprécié la gestion des «vacances du bâtiment». L Etat détermine chaque année une période de congés en été neutralisant les chantiers. Cela facilite l organisation du travail et permet au besoin à certains de rattraper leur retard. L approche est collective alors qu en France chacun agit à sa guise sans toujours se préoccuper de l intérêt général d un projet, ni de celui des différents intervenants. C est aussi en Hollande que nous avons expérimenté le travail sur la densité. Cette notion d économie du territoire n avait pas encore cours en France. D autres aspects m ont frappé : la propreté des chantiers, peut-être liée à la sécurité des sols dans le cadre d opération sur les polders aux terrains mouvants ; l exigence «naturelle» de qualité environnementale avec l obligation de justifier tous les matériaux mais aussi de pouvoir démonter un bâtiment en vue de réutiliser Maquette du projet. Projet réalisé à Vijfhuizen. les matériaux, sans que tout cela ne soit le fruit d une démarche du type HQE en France ; le souci de la qualité d usage et esthétique des projets de la part des promoteurs qui savent que la qualité fait vendre ; l optimisation économique des projets entre différents architectes que ce soit par produits, par tâches, etc. pour baisser au final les prix de vente pour une même qualité et sans modifier l architecture. Cela se faisait déjà à l époque. En matière d urbanisme, on observe également d autres méthodes. Un urbaniste intervient avant de passer en phase de réalisation pour faire émerger les meilleures propositions des architectes, les faire interférer avec le plan initial d urbanisme et parfaire voire remettre en questions certains points. Une fois les solutions arrêtées de manière consensuelle, le chantier peut démarrer sans qu il y ait de remises en cause intempestives. Que ce soit en architecture ou en urbanisme, toutes ces phases de validation sécurisent les projets et anticipent le plus possible les éventuels aléas, sans que cela freine la performance dans la réalisation. Cette expérience aux Pays-Bas a enrichi notre pratique. Nous y avons appris des techniques de travail en accord avec notre projet. 2 Dans le cadre du programme d événements culturels coordonné par la mission pour la célébration des festivités de l an
12 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Projet réalisé à Lleida, à l ouest de Barcelone. Europan 7 «Challenge suburbain» - Barcelone (Espagne) Plan-type. Équipe Angela Moragues Gregori et Hervé Meyer projet Le projet d adéquation d un ensemble péri-urbain avec une zone naturelle dans la banlieue de Barcelone s est transposé par la force des choses en un projet de 52 logements sociaux à Lleida, une ville moyenne située à l ouest de la capitale catalane. En dépit du changement d échelle, la convergence des milieux naturels et urbains trouve sa continuité à l échelle d une architecture à travers un projet recherchant dans la mesure d un contexte et d une économie donnée la haute qualité environnementale. L homme fait partie de la nature, son habitat fait partie de son biotope. Le projet exprime cette idée par la fragmentation du corps de bâtis en trois éléments afin d optimiser entrée de lumière et ventilation naturelles dans chacun des 52 logements. La recherche d une meilleure orientation des pièces principales et l adaptation à la forme biscornue de la parcelle ont motivé la solution composite adoptée. Vue du concept de construction. parcours Angela Moragues Gregori - diplômée de l École Polytechnique de Valence en Espagne et Hervé Meyer - diplômé de l École Nationale Supérieure d Architecture de Toulouse - ont créé l agence d architecture, d urbanisme et de paysage Meymoar à Montpellier en 2010, après avoir ouvert celle d Espagne en L agence a notamment été lauréate du concours Thyssen 2005 pour une proposition pour un pont habité dans le cadre de l Exposition Internationale de Saragosse (Espagne), a obtenu une mention spéciale lors du concours pour le développement d un parc pédagogique à Vancouver (Canada) en 2001 et a remporté en 2009 un concours pour le projet d un espace d exposition dans la région de Valence (Espagne). 8
13 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger Entretien avec Hervé Meyer, architecte-urbaniste, agence Meymoar, Montpellier Quel a été l impact d Europan sur votre carrière? Europan a été une rampe de lancement pour notre agence. Nous avons accédé à un programme d une échelle à laquelle une nouvelle agence peut difficilement prétendre sans avoir de références. Le concours nous a ouvert des portes, nous avons acquis une certaine visibilité, et de fait avons eu l opportunité d être considéré comme une équipe valide même si notre «bagage» était en train de se construire. Si nous travaillions déjà en agence comme architectes, nous n avions jamais été confrontés seul à un projet d envergure. Ce fut le grand écart : nous avons dû apprendre sur le tas. Aujourd hui, presque dix ans plus tard, nous nous rendons compte de l importance de ce type d opportunité pour les nouvelles générations. En temps normal, c est un serpent qui se mord la queue : pas de concours sans référence, et pas de référence sans concours. Quelle a été pour vous la suite d Europan 7? Le projet lauréat a été abandonné par le maître d ouvrage qui était la région de Catalogne (la Generalitat). C était une période d abondance, et notre proposition présentait certes de nombreuses qualités mais aussi une certaine complexité dont les promoteurs n avaient «pas besoin» en ces temps là pour construire : l argent coulait à flot, l immobilier était en plein essor. Du coup, le projet Europan n a pas abouti ni dans la forme ni dans le lieu. En compensation, il nous a été proposé de réaliser un programme de 52 logements sociaux, à Lleida, à 150 km à l ouest de Barcelone. Du grand projet urbain qu était celui primé par Europan, nous avons finalement réalisé une opération d architecture. Nous avons par la suite travaillé pour des clients privés et publics, dans le domaine du logement mais aussi sur des programmes plus divers mais toujours à une certaine échelle. Nous avons quitté l Espagne du fait de la crise il y a trois ans pour nous implanter à Montpellier. Nous travaillons entre autres sur des projets de logements sociaux avec une composante environnementale très marquée, intégrant toujours une composante urbaine forte. Observez-vous des différences culturelles entre la France et l Espagne, dans la manière de concevoir et réaliser un projet d architecture et/ou d urbanisme? En Espagne, les architectes ont une formation très technique, proche de celle des ingénieurs. Les concours d architecture sont dénommés d ailleurs des «concours d assistance technique» (littéralement «concurso d asistencia técnica»). Les jeunes diplômés espagnols sont opérationnels plus rapidement que leurs homologues français, à qui l on reproche justement un manque de maitrise technique et une vision trop abstraite du projet d architecture. En France, les architectes s entourent de spécialistes, en thermique ou en structure, acoustique, etc., ce qui est très positif en soit. Cela permet d approfondir les problématiques. Cependant lorsque l on projette et l on n a pas les bases, il est difficile d arriver à un «projet intégré» : chacun pose ses solutions selon ses compétences et le résultat est un empilement de solutions et non une architecture résultant de l intégration de ces innombrables paramètres. Avoir au sein de l agence des architectes ayant été formés en Espagne et d autres en France est une chance. Encore aujourd hui, du fait de cette double culture, le débat est toujours très présent lorsque l on projette. Ce sont un peu des visions du monde (différentes), mises face à face qui provoquent un enrichissement graduel du débat interne aboutissant à des projets innovants. Nos projets actuels sont en droite ligne avec la dynamique que nous avions mis en place lors de l Europan où deux architectes espagnols, un français et une allemande cherchaient ensemble une solution à la crise (du projet) 9
14 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Projet d un pôle multimodal et d un écoquartier au Locle, en Suisse. Europan 9 «Urbanité européenne» - Le Locle (Suisse) Équipe Anne-Lise Bideaud et Matthieu Wotling projet La requalification de l entrée de ville du Locle, en Suisse, s articule autour d un lac, d un pôle multimodal et d un éco-quartier. A travers ce projet, l équipe a cherché à revaloriser l identité de la ville dans son environnement jurassien autour de grandes entités paysagères. Les étendues ouvertes du lac, du marais et de l ancienne carrière sont conçues comme des empreintes qui soulignent les traces pérennes du territoire. Autour de celle-ci, une nouvelle centralité urbaine tournée vers la détente et la nature va progressivement s établir. parcours Anne-Lise Bideaud, architecte-urbaniste, obtient en 2004 le diplôme de l École Nationale Supérieure des Arts et Industries de Strasbourg (ENSAIS) devenu l Institut National des sciences appliquées (INSA). En 2007, elle obtient un master d urbanisme à Sciences-Po Paris. La même année, elle intègre l atelier Lion, Grand prix d urbanisme également en Matthieu Wotling, diplômé de l ENSAIS-INSA en 2004, rejoint pour deux ans l agence de Patrick Berger en Il crée en 2008 avec Anne-Lise Bideaud l agence d architecture et d urbanisme MWAB, à Paris. Après Europan 9, l agence remporte la consultation Europan 10 France pour le site de Saintes, en Charente- Maritime. Plan axonométrique de l écoquartier. 10
15 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger Entretien avec Anne-Lise Bideaud, architecte-urbaniste, agence MWAB, Paris Quel a été l impact d Europan sur votre carrière? Europan constitue une vraie opportunité. Cela nous a permis d avoir notre première commande, de créer notre propre agence et donc d acquérir une nouvelle autonomie pour développer d autres projets. Etre lauréat donne la possibilité d accéder à des consultations publiques. Cela joue pour répondre à des projets de maitrise d œuvre urbaine pour lesquels nous pouvons développer les méthodes utilisées pour le site de Locle. Nous avons ainsi pu les appliquer à d autres projets comme le schéma directeur d entrée de ville de Muret, au sud de Toulouse, la réflexion sur l entrée de ville de Villiers-sur-Orge à travers l aménagement de la ZAC de pointe à l abbé ou encore l aménagement du centre de Rioz en Franche- Comté, près de la Suisse pour lequel la connaissance du contexte nous a aidés. Le projet d entrée de ville que nous avons développé pour Le Locle a contribué à l inscription de la trame urbaine horlogère au patrimoine mondial de l UNESCO. Cette valorisation est un atout supplémentaire qui est apprécié par les maîtres d ouvrages publics. La participation au concours Europan, comme à des séminaires ou des interventions en école d architecture, constituent pour nous des temps privilégiés d ouverture, d innovation et d échange que nous souhaitons maintenir au cœur de notre pratique. En plus d être un concours d idées, Europan permet d explorer nos convictions et propositions jusqu au bout même si dans la phase de réalisation des concessions doivent être faites. Quelle a été pour vous la suite d Europan 9? Concernant le projet du Locle, en cours, nous avons entrepris une collaboration avec RWB, un bureau d étude géographe-aménageur local pour réaliser un plan directeur de quartier. Dans ce cadre, nous poursuivons également les études de création d un lac et de ses abords qui devraient être réalisés d ici Après Europan 9, nous avons remporté la consultation Europan 10 France pour le site de Saintes, en Charente- Maritime. Ce projet d un quartier innovant inscrit au sein d un site historique a été depuis sélectionné pour l expérimentation d un label éco-quartier par le Ministère de l Écologie, du Développement durable et de l Énergie. Nous avons également été mentionnés pour Europan 12 à Paris. Ces différentes expériences Europan que nous poursuivons en phases d études et phases opérationnelles nous ont permis de nous confronter à des problématiques très actuelles sur des sites exceptionnels. En ce sens, le soutien des structures Europan Suisse et France constitue une base solide pour développer de nouveaux projets de maitrise d œuvre urbaine. Ce type d interventions de régénération urbaine pour lesquels nous nous appuyons sur la présence de nature et de patrimoine comme support d innovation devient notre marque de fabrique. Observez-vous des différences culturelles entre la France et la Suisse, dans la manière de concevoir et réaliser un projet d architecture et/ou d urbanisme? En France, en matière d urbanisme, on a besoin d une grande idée fédératrice. Du temps est passé à dialoguer de visions contrastées sur lesquelles les auteurs d un projet pourront s exprimer. Il existe de nombreux comités de pilotage et techniques qui peuvent remettre profondément en cause les principes d un projet. En Suisse, concernant le projet d entrée de ville de Le Locle, le travail a été plus consensuel. Aux côtés du service d urbanisme de la ville, nous avons davantage calibré et ajusté le projet avec les différents acteurs locaux et associations et communiqué auprès de la population, les élus restant plus en retrait. Si cette approche est difficilement transposable en France, on se rend compte au contact des équipes suisses qu ils apprécient le fait de se positionner par rapport à des ambitions et des visions très contrastées. Même si globalement nous parlons de la même chose, c est pour nous très riche car nous avons la sensation de leur apporter une matière différente. Ce qui justifie notre présence. Quelle que soit la commande passée, nous portons un regard ambitieux pour proposer une nouvelle image qui interroge les habitants, les politiques, les usagers sur ce qui fonde l identité du lieu dans l ensemble de ses dimensions. Au-delà d une réponse à un programme ou à des besoins exprimés, nous soutenons pour chaque projet une vision prospective et une proposition formelle qui intègrent l ensemble de ces dimensions. 11
16 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Europan vu par un lauréat étranger Étude du projet à Marseille. Jens Metz, architecte-urbaniste allemand qui a créé l agence Plattformberlin à Berlin en 2002 a été désigné lauréat d Europan 6 «Entre villes», à Marseille en Que pense du concours cet architecte étranger primé pour sa participation sur un site dans l Hexagone? projet Sur un site en mutation entre ville et port, le projet du concours est basé sur une analyse de la structure urbaine existante et de ses développements possibles. Une stratégie de substitution d ilots ouverts autour d un parc central, tout en gardant la mémoire des lieux, vise à faire muter le quartier progressivement. Des typologies flexibles permettent de recevoir des usages encore incertains. Le projet de réalisation ramené à l échelle d un ilot, examine le lien entre le contenant fixe du bâti urbain formant une coque et le contenu comme élément flexible et modulable, à la fois sur le plan urbanistique et à l échelle du bâtiment. La notion du lieu de passage est comprise de manière spatiale, mais aussi temporelle, comme un processus de modification. Entretien avec Jens Metz, architecte-urbaniste allemand, agence Plattformberlin Quel a été l impact d Europan sur votre carrière? Europan est un label qualité, une référence que j indique dans les dossiers de candidatures aux concours. L importance de la consultation pour le site de Marseille, par le nombre de participants, constitue également un élément valorisant. Europan apporte une ouverture d esprit. Je suis fasciné par tous les courants d idées qui s expriment au fil des concours. C est, pour un jeune architecte, un bon moyen d accéder à des projets intéressants, avec des sites rassemblant une trentaine de participants là où en Allemagne des projets mettent en compétition des centaines d équipes! Je suis également impressionné de voir aujourd hui la percée des architectes-urbanistes espagnols en Europe. C est bien sûr lié à la situation économique de leur pays où ils peuvent difficilement construire mais aussi aux stratégies et idées intéressantes qu ils proposent. Je considère également Europan comme un second diplôme d architecture. Le concours permet de choisir un site et une thématique à la différence du diplôme d études. Quelle a été pour vous la suite d Europan 6? Lorsque je me suis inscrit à Europan 6, j exerçais à Paris tout en participant parallèlement à des concours. J enseignais également à Berlin. Ayant gagné un concours en Allemagne, j ai décidé d y installer mon agence. Je ne pouvais pas m implanter à Marseille en attendant la réalisation du projet qui a mis du temps à se concrétiser, dans le contexte complexe d Euroméditerranée. Néanmoins, avec un correspondant sur place, nous avons pu mener à terme une étude urbaine et la construction d un immeuble de logements. Ces réalisations m ont donné une notoriété qui m a permis de remporter d autres concours, en Alsace notamment, dont l aménagement du site de l ancienne Cour des douanes à Strasbourg. Observez-vous des différences culturelles entre la France et l Allemagne, dans la manière de concevoir et réaliser un projet d architecture et/ou d urbanisme? Durant la phase de conception, en France, on a parfois l impression que les architectes cherchent un «destin» au projet. En Allemagne, ce ne sont pas les idées que l on privilégie mais le fonctionnalisme du projet. Celui-ci est plus concerté. Dans la phase de réalisation, on observe aussi des traditions très différentes. En France, le cadre est plus ou moins défini. Les étapes de construction sont plus facilement négociables. Il faut cependant les surveiller de près pour que chacun ne fasse pas ce qu il veut. En Allemagne, tout est prévu d avance. C est moins souple. Ce qui vaut de manière générale peut toutefois varier selon les habitudes locales. En France, par exemple, les pratiques peuvent différer un peu entre l Alsace et le Sud du pays, ainsi qu en Allemagne entre Berlin et la Bavière. 12
17 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger Comment les villes voient-elles Europan? Dans le cadre d Europan 12, à l occasion du Forum des sites de Malmö, une enquête intitulée «Comment les villes voient-elles Europan?» a été réalisée en 2013 auprès des représentants des sites (villes, maitres d ouvrages...) des sessions précédentes. Ils livrent leurs points de vue sur le rapport qualité/prix du concours et le retour d image. L étude montre également quelles sont les suites données à ce concours. Rapport qualité/prix du concours 90 % des personnes interrogées ont indiqué que leur participation à Europan ne leur faisait perdre ni temps ni argent. Globalement, ce concours n apparaît pas trop cher en soi, en dépit d un important investissement dans la phase suivant le concours pour initier et développer les processus de réalisation afin d aboutir à un projet concret et construit. 98 % des interviewés ont répondu qu ils étaient satisfaits de la qualité des projets remis sur leur site. Il faut garder en mémoire qu Europan ce n est pas seulement un projet par site, mais que les jurys peuvent primer plusieurs projets qui représentent des idées, des visions alternatives sur un territoire proposé. Et cela intéresse les villes d avoir cette diversité de réponses à gérer ensuite, à travers des procédures intermédiaires (qui peuvent être des workshops ou des rencontres) pour comprendre ces idées et choisir celles qui pourront poursuivre et participer à une stratégie urbaine de mutation du territoire. Retour d image Les représentants des sites interrogés apprécient globalement la possibilité de communiquer autour de visions du futur de leur territoire, grâce à leur participation à Europan, et de susciter un débat ou une discussion autour de la mutation du site avec les acteurs locaux dont évidemment les usagers, les habitants de la ville et les citadins. Des améliorations pourraient toutefois être apportées à la communication à l échelle européenne et nationale, mais aussi locale, dans les différentes villes où tournent les expositions montrant les projets aux habitants. Europan 12 : projet du lauréat (équipe Taegen) à Helsinki. Suite du concours Après le concours, les trois quarts des sites poursuivent des processus avec les équipes primées. 31 % des personnes interrogées ont répondu qu ils avaient fait des ateliers locaux, permettant aux équipes de développer leurs idées. Presque la moitié a impliqué l équipe primée dans un projet urbain. Lorsqu on arrive à la phase concrète de réalisation, on peut dire que 25 % des équipes primées parviennent à la phase de construction d un projet. Les 2/3 des représentants des sites qui ont répondu ont eu un projet négocié, ce qui veut dire qu il avait été rediscuté avec beaucoup d acteurs, dont les équipes récompensées, sur la manière de développer les idées primées. 86 % trouvent qu ils mettent en place des processus innovants. Il ressort également de cette étude que 83 % des jeunes équipes primées ont su participer aux processus urbains complexes d une manière cohérente. Consulter le texte complet : eu/fr/exchanges/survey-how-do-cities-consider-europan 13
18 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Le point de vue du Secrétaire général d Europan Europe Didier Rebois Didier Rebois, Secrétaire général d Europan Europe, architecte DPLG et enseignant à l ENSA Paris-la-Villette, fait part de sa vision globale de la place des Français dans le concours. Qu est-ce qui motive les équipes françaises à se présenter au concours Europan sur des sites européens? Pendant de nombreuses sessions, peu d équipes françaises répondaient à l étranger ; un phénomène sans doute lié à la recherche d une «identité culturelle». Aujourd hui il y a à peu près autant d équipes françaises qui choisissent des sites à l étranger que sur des sites en France. Cela correspond au ratio du concours à l échelle européenne. C est le résultat d une évolution vers une culture plus ouverte sur l extérieur, «moins autocentrée», et d un plus grand désir de mobilité des équipes. Elles sont moins inquiètes de se confronter à l étranger, encouragées par les exemples d autres équipes primées qui ont pu réaliser dans un autre pays que le leur. Au-delà du concours lui-même, Europan a-t-il des effets pour les lauréats français? L effet le plus évident est que le concours est l occasion, pour beaucoup d équipes, de créer une structure d agence professionnelle. Les associés travaillant dans des agences différentes, s ils gagnent le concours, sautent le pas en s appuyant sur une image que leur donne leur prix et se lancent en leur nom propre. Europan a permis la création d équipes aujourd hui très reconnues professionnellement. Citez-nous quelques exemples de démarches innovantes menées par des équipes françaises primées. Il y a beaucoup d équipes françaises qui ont pu développer leurs projets après le concours. Certaines réalisations sont des références, comme celle de l équipe Babled Nouvet, primée à Europan 3, qui a revitalisé un îlot de faubourg avec une volonté d hybridité typologique et de mixité sociale mais aussi d espaces intermédiaires (venelles) à Saintes (équipe mention spéciale de l Equerre d argent 2013). L agence Bathilde Millet lauréate d Europan 6 a pu réaliser une vaste opération de régénération urbaine à Tourcoing autour de logements diversifiés et d espaces publics offrant de nouvelles conditions d habiter la ville. Ils sont emblématiques de nombreux projets réalisés en France et qui, à l ère du développement durable, proposent un habitat urbain qui attire les citadins dans une ville plus dense. D autres programmes innovants peuvent être cités comme à Villetaneuse où l équipe L AUC, primée à Europan 5, réalise quelques années après, la maison de l emploi et de la formation professionnelle associée à des logements. Comment s exportent les lauréats français (architectesurbanistes) en Europe? Comment sont-ils perçus en Europe? Lors de la dernière session (Europan 12) 17 équipes françaises 3 ont été primées dans un autre pays et on peut mesurer l impact des équipes françaises à l étranger au vu de quelques réalisations Europan emblématiques donnant une place prépondérante au paysage, comme le projet de l équipe Concko- Gautier à Zaanstad (NL) qui a réussi à persuader la ville de multiplier la densité du quartier par trois mais en créant une réelle connexion et porosité entre le fleuve et le nouvel habitat structuré à partir de plateformes séparées par des canaux. On peut citer aussi le beau projet de parc de la Ereta réalisé par l agence Obras à Alicante sur une colline délaissée au centre ville, ou encore le projet en voie de réalisation d un quartier autour d un nouveau lac à Le Locle en Suisse par l équipe Bidault-Wottling primée à Europan 9 (équipe chargée aussi en France d un projet urbain à Saintes suite au concours Europan 10). 3 3 lauréats, 9 mentionnés et 5 cités 14
19 DOSSIER Europan Europe - Les Français à l étranger Projet de parc de la Ereta à Alicante par l agence Obras. Le concours Europan a-t-il évolué depuis ses débuts? Comment s est-il adapté aux évolutions de la société, des modes de vie, aux changements des villes européennes? Depuis sa création, Europan a été en permanence sensible aux évolutions des villes européennes. Europan s est ouvert aux nouveaux pays européens à la suite de la chute de l URSS (Pologne, Hongrie, Kosovo, République Tchèque, etc.). Europan, au fil des sessions, a évolué à travers ses thématiques du domaine de l évolution de l habitat à celle de l habiter urbain sous l influence des villes. Prendre en compte le développement durable et penser une ville hybride ville-nature caractérise les dernières sessions. On peut aussi voir autour du thème récent de la ville adaptable une manière de mieux intégrer la question du temps et des rythmes dans la conception des espaces, entre chrono-urbanisme et chrono-architecture. équipes, comme celle du paysage. L architecte voit aussi ses missions élargies dans le cadre d une économie sociale avec une fonction entrepreneuriale plus grande. Ces évolutions passent à la fois par l acquisition de nouvelles compétences par les architectes et aussi une meilleure capacité à travailler en partenariat avec de nombreux autres acteurs et l implication des habitants autour d une notion du partage. Avez-vous perçu une évolution du métier d architecte, de maître d œuvre en général? Europan est fondé sur une analyse de l évolution du métier d architecte et des professions du design urbain à l ère du développement durable, mais aussi liée aux nouveaux modes de vie urbains. Ainsi, la prise en compte du temps et de l incertitude programmatique dans la réalisation d un projet urbain est aujourd hui intégrée par de nombreuses Catalogue des résultats Europan 12 - La ville adaptable 1 Ce catalogue présente les 170 projets primés de la session Europan 12 (43 lauréats, 63 mentionnés et 64 mentions spéciales) accompagnés de cinq articles d analyse de la session par des experts européens. Prix public : 45 E Prévente en ligne à 30 E : Contact : [email protected] Pour plus d information : Europan Europe Françoise Bonnat - [email protected] Frédéric Bourgeois - [email protected] Chargés de communication 15
20 Direction générale de l Aménagement, du Logement et de la Nature. plan urbanisme construction architecture Le plan urbanisme construction architecture puca, depuis sa création en 1998, développe à la fois des programmes de recherche incitative, des actions d expérimentation et apporte son soutien à l innovation et à la valorisation scientifique et technique dans les domaines de l aménagement des territoires, de l habitat, de la construction et de la conception architecturale et urbaine. Il est organisé selon quatre grands départements de capitalisation des connaissances : Sociétés urbaines et habitat traite des politiques urbaines dans leurs fondements socioéconomiques ; Territoires et aménagement s intéresse aux enjeux du développement urbain durable et de la planification ; Villes et architecture répond aux enjeux de qualité des réalisations architecturales et urbaines ; Technologies et construction couvre les champs de l innovation dans le domaine du bâtiment. Le puca développe une recherche incitative sur le Futur des villes à l impératif du développement durable. Ce plan se décline selon huit programmes finalisés dont les objectifs de recherche répondent aux défis urbains de demain. Ces programmes sont accompagnés d ateliers thématiques de bilan des connaissances et des savoir-faire, ainsi que par des programmes transversaux à l échelle des territoires et des villes et à l échelle européenne, avec la participation du puca à des réseaux européens de recherche. Le puca, par ailleurs, assure le secrétariat permanent du programme de recherche sur l énergie dans le bâtiment. Le gouvernement des villes et la fabrique du bien commun Planification sociale de l urbain et des services publics Citoyenneté et décision urbaine Intercommunalité et métropolisation Normes et fabrique du bien commun Le renouveau urbain Rénovation urbaine et mixité sociale Renouvellement et recomposition des quartiers Créativité et attractivité des villes L avenir des périphéries urbaines Territoires urbains et sûreté Architecture de la grande échelle Habitat pluriel : densité, urbanité, intimité Systèmes périurbains et coûts d urbanisation Dynamiques et pratiques résidentielles Comportements résidentiels et défis démographiques Vieillissement de la population et choix résidentiels Habitat et services aux personnes âgées Evolutions démographiques et inégalités territoriales Accès au logement Trajectoires résidentielles Recompositions institutionnelles de l offre de logement Modes et formes de l hébergement Economie foncière et immobilière L innovation dans l architecture et la construction Logements optimisés : coûts, qualité, fiabilité, délai Concept qualité, habitat, énergie Observatoire des bâtiments durables Logement Design pour tous Evaluation énergétique du patrimoine existant (prebat) Bâtiments démonstrateurs (prebat) REHA (prebat) Territoires et acteurs économiques Espaces urbains et dynamiques économiques Lieux, flux, réseaux dans la ville des services Développement économique local et mondialisation Economie de l aménagement Attractivité des territoires Vers des villes viables et acceptables Politiques territoriales et développement durable Risques technologiques : enjeux économiques et territoriaux Villa urbaine durable Quartiers durables Aménagement et démarches hqe Collectivités locales et politiques énergétiques (prebat) Collectivités locales et défi climatique (prebat) PUCA - plan urbanisme construction architecture Grande Arche de la Défense - Paroi Sud La Défense Cedex tél fax
21 Premier plan dossier Le journal d informations du puca plan urbanisme construction architecture n 30 juin-septembre 2014 Du périurbain à l urbain PUCA MLET/MEDDE Tout comme l engagement d un bon nombre de pays développés à diviser par quatre leurs émissions de CO 2 d ici 2050 conformément au protocole de Kyoto, la politique ambitieuse de la France pour réduire les gaz à effet de serre portée par le Grenelle de l environnement conduit à repenser nos modèles de transport, d urbanisme et d habitat. Ces orientations place la question de l aménagement urbain au cœur des débats. Oui, mais, à l heure du développement durable, quelle organisation des territoires privilégier? Comment articuler la ville et sa périphérie? Le «périurbain» occupe une place particulière, constituant la forme la plus emblématique de la croissance urbaine des dernières décennies, cristallisant à son endroit les inquiétudes et les critiques les plus vives, et devenant l objet des injonctions réformatrices les plus fortes. En 2008, le puca a produit un court texte 1 pointant les acquis et controverses issus de la recherche sur la ville durable. Il en ressortait que le périurbain était plus complexe qu il n y paraissait et pouvait encore faire l objet d analyses, y compris du point de vue de sa contribution positive ou négative au développement durable. Plus encore, il est apparu que le périurbain constitue la voie d entrée la plus appropriée pour régénérer la question de la ville durable. C est dans cette perspective que le puca a lancé, le 7 octobre 2011, un appel à propositions de recherche baptisé «Du périurbain à l urbain». Ce dossier présente une synthèse des travaux en cours portés par les huit projets retenus. Poursuivant ces questionnements, le puca a lancé, le 18 octobre 2013, un nouvel appel d offres intitulé «La ville ordinaire et la métropolisation». Ce périurbain honni par beaucoup est, peut-être, en train de changer de statut. 1 Journal du puca n 18 avril-juin 2009 dossier «Villes durables, points d accord et controverses dans la recherche»
22 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Axes de l appel à projet «Du périurbain à l urbain» Les travaux de recherche «Du périurbain à l urbain» sont structurés en deux axes d analyse : Le périurbain participe de la ville durable La ville étalée autour d un centre plus ou moins constitué est un fait observé dans l ensemble des agglomérations européennes, quelle que soit leur taille, quel que soit leur dynamisme économique ou démographique. Malgré cet état de fait, la ville compacte, dense, historique est considérée comme la seule voie pour arriver à la ville durable. Elle en constitue le modèle incontournable. Le périurbain au contraire représente le mal absolu. Il ne répond à aucun des critères, aucune qualité voulue, par les exigences du développement durable. Cependant, il est possible d inverser le regard et d envisager les espaces périurbains comme pouvant contribuer à la durabilité de la ville. En effet, le périurbain n est jamais appréhendé en fonction de ses caractéristiques propres, mais, au travers des notions servant à saisir la ville-centre. La périphérie est toujours définie négativement ou en termes de carence ou d absence : «non ville», «non lieu», «non paysage», «sans urbanité»... Si bien que, tout en faisant l objet de maints discours le décriant, il demeure une part d impensé du phénomène. C est pourquoi, dans ce programme, il s est agi de prendre acte de l existence de ces espaces, de leurs habitants, des actifs qui y travaillent et d analyser, comment sous certaines conditions, ils peuvent également contribuer à la durabilité des espaces urbains. Car, après tout, si ce type d espace pose des problèmes spécifiques, pourquoi ne disposerait-il pas de potentialités qui lui seraient propres? Autrement dit, il s agit d analyser le périurbain autrement que comme un débordement de la ville, et d affirmer que, contrairement aux thèses communément admises, le périurbain constituerait l espace même de la durabilité. Le périurbain comme objet pour élaborer une nouvelle grille d analyse pour penser l espace urbain Le monde bouge, la société évolue. Nous sommes face à un ordre spatial et social nouveau. Malgré ces changements radicaux dans les modes de vie et dans les agencements spatiaux, l organisation urbaine est pensée selon des cadres d analyse et des concepts forgés pour se saisir de la ville historique. La ville dense, la ville des courtes distances, la ville mixte, rayonnant sur son territoire, reste le référentiel. Cependant la réalité urbaine en ce début du XXI e siècle est bien différente. Dans cette perspective, appréhender l urbain en termes de ville-centre, de banlieue, de périurbain perd de sa pertinence et empêche de penser le fait urbain actuel. Structurer les analyses à partir d une grille d intelligibilité erronée nous conduit à négliger certains phénomènes qui pourraient être explicatifs, des phénomènes qui échappent aux schémas existants ville-centre/périphérie ; organisation aréolaire ; organisation réticulaire. Le périurbain revêt un intérêt heuristique, si l on parie que c est par l approche de la périphérie que l on arrivera à une intelligibilité des nouvelles réalités urbaines. Les projets de recherches retenus Le jury de l appel à propositions de recherche du «Périurbain à l urbain» a retenu huit projets sur les vingtsept reçus. Voici la synthèse des travaux en cours. Entrées de villes et zones commerciales de périphérie Le puca 2 organise en 2014 un séminaire et un état de l art consacré au périurbain marqué par les entrées de ville et les structures commerciales de périphérie (centres commerciaux, halls d exposition, chaînes d hôtels). Cet espace n est pas hybride. Il a ses logiques, son mode de fonctionnement propre ne relevant ni du rural ni de l urbain. Cet état de fait est nouveau, il n est le fruit d aucun héritage. On pose l hypothèse que cette fenêtre d observation particulière que sont les entrées de villes, les «aires commerciales», peut contribuer à se saisir, à mieux comprendre cet ordre spatial et social nouveau qu est l urbain. Ces espaces en étant un des archétypes. En poussant à l extrême le raisonnement, ces espaces - décrits sans qualité et donnant à voir une standardisation des architectures, des aménagements de ces périphéries, du mobilier urbain et de l affichage publicitaire ne seraient-ils pas constitutifs d une certaine esthétique de l urbain? Les réflexions issues des séances de ce séminaire devraient contribuer à la définition d une brique nécessaire à la construction d une nouvelle grille d analyse pour penser l espace urbain dans la continuité de l appel d offres du «Périurbain à l urbain». 2 Le montage et l organisation du séminaire sont effectués par Sébastien Gardon et Marie-Clotilde Meillerand du laboratoire Triangle de l UMR 5206 CNRS ENS de Lyon et Marie-Flore Mattei du puca 2
23 DOSSIER Du périurbain à l urbain Premier axe : le périurbain est la ville durable Anne AGUILERA Cette recherche a été menée par une équipe pluridisciplinaire (IFSTTAR et Laboratoire IDEES de l université du Havre) Dynamiques du peuplement, des formes urbaines et des mobilités dans les territoires de la périurbanisation. Quels enseignements au regard des enjeux du développement durable? Problématique Cette recherche s intéresse à la dynamique d évolution des territoires périurbains au travers de leurs habitants et de leurs pratiques de déplacement, afin d en tirer des enseignements en matière de flexibilité et de marges de manœuvre individuelles et collectives dans le contexte de renchérissement du coût de l énergie et de diffusion des impératifs du développement durable. En replaçant au cœur de l analyse la dynamique de changement et les stratégies des acteurs, ce projet procède du renversement de point de vue proposé par l appel à propositions de recherche du puca. Il s inscrit dans le débat actuel qui, en prenant pour objet les modèles de ville durable, conduit à interroger l injonction de «compacification» adressée aux politiques urbaines. En effet, la condamnation normative des formes extensives de l urbanisation repose sur un socle scientifique qui a subi différentes critiques. Ces critiques portent sur les tenants comme sur les aboutissants du modèle de la ville dense, c est-à-dire à la fois sur l évaluation de ses vertus (évaluation statique, effectuée en instantané et sur la base d indicateurs dont le maniement est délicat, en ne prenant en compte qu une part réduite des mobilités ) et sur les préconisations qui en découlent (coût et impact effectif d une politique de densification). En insistant sur la complexité des liens entre formes urbaines et durabilité, ces critiques en appellent notamment à un dépassement des causalités mécanistes dans le domaine très controversé de la mobilité, au profit d une connaissance affinée de ses déterminants. Associant méthodes quantitatives et qualitatives et étude diachronique des phénomènes le projet porte sur trois terrains franciliens. Principaux résultats L analyse des principaux lieux d activité des périurbains révèle une organisation en archipels structurée par les grandes polarités des franges de l agglomération, dont les villes nouvelles. En revanche, les liens avec le cœur de l agglomération, et notamment Paris, sont limités et en perte de vitesse, y compris pour le travail. La conséquence est une stagnation des distances domicile-travail depuis les années 90 mais aussi une forte progression de l usage de l automobile. L automobile est également incontournable pour les autres activités de la vie quotidienne. Malgré tout la commune de résidence constitue aussi un lieu très important du déploiement des activités quotidiennes, notamment les activités de loisir (sport, promenade ), et, lorsque la commune dispose de commerces et services, certains achats alimentaires et les activités liées à la santé (médecin et pharmacie). L ancrage social dans l espace habité est également notable, et d autant plus durable qu il a été long à construire. Pour différentes activités réalisées dans la commune, la marche et le vélo sont largement privilégiés. Les stratégies résidentielles s appuient sur des déterminants variés, en lien avec la diversification fonctionnelle du périurbain, et ne valorisent plus seulement la surface du logement et la présence d un jardin. En particulier les habitants, pour la plupart déjà issus du périurbain, manifestent en général un fort attachement à leur commune, à la vie locale et par-dessus tout à son caractère rural, qui est très fortement plébiscité. Plus précisément l accès à la nature et à la forêt sont nettement valorisés, et la poursuite de l urbanisation de la commune est systématiquement refusée car de nature à menacer un cadre et un mode de vie qualifiés de «villageois». Un rapport spécifique à la proximité se dessine dans ces espaces périurbains : qu il s agisse de jouir des aménités «urbaines» locales ou des ingrédients sociaux du «village», l analyse des modalités selon lesquelles cet «entre-deux villevillage» devient, au quotidien, une ressource pour ceux qui y résident, permet d expliciter les raisons pour lesquelles on aime y vivre. En particulier, l «âme» ou «esprit» du village est sauvegardé mais avec une acception particulière : la «communauté» est mise en avant en tant que réseau de relations qui permet de gérer la vie pratique. Ce réseau ne se constitue pas dans la place publique ou dans l espace ouvert (au hasard), mais par choix, par affinités, et dans des lieux spécifiques, notamment au travers de l investissement dans le système associatif. La vie locale et ses manifestations sont l occasion de conforter les liens noués par ailleurs mais pas d en créer, à l instar de la fréquentation collective des espaces verts. La possession et l usage de l automobile restent incontournables mais font l objet d une optimisation grâce à un «savoirfaire» en constante construction, à une très bonne connaissance des ressources de la commune et des pôles de proximité, et enfin à des formes d auto-organisation, employées en fonction des tensions conjoncturelles générales à la société ou particulières au ménage. Il existe des lieux, des personnes ressources identifiées et mobilisés en fonction des besoins. En particulier, le local est une ressource largement mobilisée pour gérer les aléas du quotidien. Mais qu il s agisse du réseau relationnel ou de la fréquentation des aménités de proximité, l attachement revendiqué à des modes de vie «flexibles» s oppose à toute routinisation, massification et systématisation des pratiques. 3
24 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 François MANCEBO, Sylvie SALLES Habiter - Université de Reims De l autre côté du miroir. Un périurbain pensé par le rural, pour une périurbanisation modelée par les usages Cette recherche part de l idée que les causes qui rendent les espaces périurbains non durables ne sont pas inhérentes à la périurbanisation elle-même, mais aux conditions dans lesquelles elle se constitue. En particulier, ces espaces sont pensés comme des prolongements de la ville. De fait, leurs propres logiques de développement ou celles préexistantes à la périurbanisation sont occultées. Le projet «De l autre côté du miroir» prend le contre-pied de cette domination de l urbain sur le périurbain, et cherche à savoir : si la périurbanisation peut être durable en s appuyant sur les usages de l espace et les pratiques antérieurs à la périurbanisation, mais aussi dont l antériorité est reconnue par une majorité d acteurs, si une périurbanisation durable induit des formes spécifiques de sociabilité et d organisation spatiale, en matière d accès aux services, d insertion dans la vie collective ou d inscription des transformations dans le temps long des évolutions communales. Le choix a été d étudier la périurbanisation autour de six villes moyennes, de la Marne et de l Aisne, situées dans l aire d influence économique et culturelle de Reims (Châlons-en-Champagne, Epernay, Soissons, Laon et Château-Thierry). Pourquoi ce choix? Parce qu en France, les villes moyennes représentent 38% des aires urbaines et que leur développement est essentiellement porté par leurs périphéries, y compris avec une croissance démographique nulle ou négative. La périurbanisation, d un point de vue statistique, est définie comme un mécanisme d étalement de l urbain qui se mesure en fonction de taux de mobilités pendulaires ou des stratégies d implantations résidentielles dans l aire d influence des agglomérations. Celles-ci cherchent à se densifier pour tenter, souvent en vain, de limiter l étalement sur l espace rural, mais surtout pour enrayer leur baisse démographique. En face, les espaces ruraux apparaissent comme une force de résistance et les espaces périurbains comme des lieux d interactions entre espaces urbains et espaces ruraux (Viard, 1990 ; Donnadieu & Fleury, 1997 ; Vanier, 2000 ; Perrier- Cornet & Frémont, 2002 ; Davodeau, 2005). Même dans ces espaces intermédiaires, les évolutions restent associées à une dynamique d extension urbaine et à ce qui renvoie aux maux de la périurbanisation : surconsommation des espaces agricoles, dégradation environnementale des espaces naturels et forestiers, banalisation du paysage, étalement résidentiel, mobilité contrainte, accroissement des ségrégations socio-spatiales. Pourtant, il est clair que dans des régions, comme l Aisne et la Champagne- Ardenne où l agriculture est compétitive, la périurbanisation est aussi une évolution de l espace rural. De ce point de vue, chercher à identifier une dynamique d accès à la durabilité propre aux espaces périurbains, nous amène à changer l angle d analyse. Pour cela, sont interrogés les mécanismes d évolution des espaces périurbains, en partant de l organisation des espaces ruraux et de la réactualisation de leurs usages et de leurs formes de sociabilité, afin d identifier les leviers pouvant amorcer la transition à la durabilité de ces espaces périurbains. Périurbanisation : un jeu complexe et multifonctionnel où l agro-industrie modèle l urbain Nos investigations ont montré une permanence forte des occupations des sols, en termes de type de cultures, d agro-industries ou de morphologies des bourgs, mais aussi des résistances à faire évoluer certaines occupations. La périurbanisation ici n est pas seulement un mécanisme d étalement urbain. Elle est aussi liée aux évolutions agricoles avec des développements périurbains induits et régulés par les pratiques agricoles elles-mêmes. La maîtrise du foncier, aux mains des agriculteurs céréaliers et des viticulteurs, fait que les développements résidentiels s installent plutôt dans la continuité des bourgs. Les lotissements à l architecture stéréotypée se construisent là où les remembrements successifs ont délaissé des terres, ou encore, là où les agriculteurs sont à l origine des projets pour valoriser leur patrimoine ou préparer leur retraite. Les lotissements ont pris la suite des cités ouvrières construites pour loger les salariés des exploitations ou des agro-industries. Effectivement, dans ce secteur, les zones d activités ont une place particulière. Depuis le XIX e siècle, l agro-industrie a favorisé l implantation de zones d emplois locales et un réseau de coopératives éclatées dans les communes. Cette armature industrielle et coopérative a évolué au gré des restructurations, notamment vers des filières plus innovantes. Ainsi, l ancien site industriel de Bazancourt, habitants, est aujourd hui un pôle agro-industriel de production et de recherche en valorisation végétale où 76 % des actifs viennent d ailleurs. Dans cette commune périurbaine, la mémoire industrielle prend le pas sur une identité plus rurale. La municipalité valorise son patrimoine industriel et réhabilite en équipement culturel La Filature ; 4
25 DOSSIER Du périurbain à l urbain l ancienne usine Lelarge, premier maillon du pôle agroindustriel développé au XIX e siècle autour de la gare de marchandise. En même temps, avec le déclin économique, cet imaginaire industriel est aussi instrumentalisé pour planifier dans des documents d urbanisme communaux d importantes surfaces à urbaniser en zones d activités ou en zones commerciales, alors qu il y a déjà de nombreuses friches militaires et que des friches commerciales commencent à apparaître. Ici, le périurbain se planifie dans une logique de gestion urbanistique, mais se modèle dans les bourgs au contact des organisations agricoles, des coopératives et des occupations industrielles. Elles ont évolué, mais toujours organisées en réseau, elles structurent la vie des espaces périurbains. Cette organisation fonctionne avec le maillage fin et dense du réseau viaire ancien qui relie les bourgs. Aujourd hui, l analyse des déplacements, comme dans tous les espaces périurbains, montre une grande mobilité des actifs. Mais, elle met aussi en évidence des niveaux complexes d organisation du territoire s appuyant sur le maillage des routes qui favorise la diffusion et la répartition des équipements et des services, y compris vis-à-vis de l extérieur. Ainsi, l Association Sportive Communale de Vivaise, commune de 765 habitants au sud de Laon, est devenue un pôle régional de compétition de tennis. À Fère-en-Tardenois, habitants, «L échangeur» est un lieu artistique régional et le premier Centre de Développement Chorégraphique en milieu rural. Ces équipements attirent des spectateurs de partout, tout en organisant des activités et des stages à un niveau local. De même, les viticulteurs de la montagne de Reims s adaptent aux flux touristiques en organisant à tour de rôle des visites d exploitation, mais aussi en transformant leur activité. Les viticulteurs récoltants ne vendent plus systématiquement leur production aux maisons de champagne. Transformant eux-mêmes leurs raisins, ils assurent maintenant plus de la moitié des exportations de champagne. Ces initiatives brouillent les clivages entre les populations urbaines, périurbaines et rurales. Elles mettent en avant des espaces partagés entre les bourgs dans lesquels se répartissent les équipements, les emplois et les services. Dès lors, l éloignement des pôles urbains n est pas forcément synonyme d isolement, ni de déficit d accessibilité aux services. Des potentiels d organisations de proximité émergent avec une mixité qui se développe en termes d emplois, de catégorie sociale des habitants, d offre de services ou d offre culturelle. Ces organisations, s appuient sur des niveaux d accessibilité structurante et efficace en termes de temps : autoroutes, réseau ferré, liens vers l aéroport de Roissy. Mais c est aussi le réseau ancien des routes qui fait que l emploi, les services ou les loisirs sont accessibles en 10 mn ou 20 mn. Ces bourgs et petites villes sont autant de bassins de vie et de pôles d accès aux services qui structurent l espace rural et par extension l espace périurbain qui s y développe. Des amorces de transition à la durabilité L organisation maillée de la Champagne-Ardenne et du sud de l Aisne permet la mise en réseaux des nœuds locaux d activités économiques ou de vie sociale. Cette capillarité, par les myriades de connexions permises, favorise aussi l innovation car innover, ce n est pas seulement produire un nouvel objet ou un nouvel instrument, c est surtout assurer son acceptabilité, sa diffusion et son usage. C est une configuration assez proche que met en place l agglomération de Pérouse, en Italie, dans un scénario de transition à la durabilité des espaces périurbains (Camicia S., 2010). Cette transition s appuie notamment sur l inscription spatiale des usages de l espace sur un temps long. Il s agit, à Pérouse, de favoriser un réseau capillaire en réactivant le réseau viaire ancien là où c est possible, mais aussi en restaurant et en reliant les éléments du paysage naturel et culturel pour former des trames vertes. Ces trames structurent également l espace local en intégrant tous les lieux et bâtiments industriels qui témoignent des pratiques sociales et des usages qui ont façonné ces espaces. Dans le même temps, des incitations sont prévues pour l implantation de micro-entreprises dans les friches industrielles des espaces périurbains, ainsi qu un soutien à l agriculture de proximité, à travers des modes de production à forte valeur ajoutée (filière bio) et en revalorisant les modes traditionnels d exploitation qui ont un impact positif sur le paysage. Tout l enjeu est celui de la reconstitution d un tissu périurbain multifonctionnel. Cette multifonctionnalité a aussi capacité à investir les espaces naturels, agricoles et forestiers, malgré des systèmes de productions monofonctionnelles. Les programmes agri-urbains ont inventé des modalités de diversification économique et de nouvelles formes de partage de l espace. Dans la plupart des cas, il s agit de renforcer les capacités de production (agro-alimentaire, énergie, filières bois) des espaces agricoles ou forestiers périurbains et de les diversifier avec une plus forte valeur ajoutée (bio, artisanat, agro-tourisme, etc.). Ces expériences ont été initiées dans les années 70 avec l adaptation de certaines activités agricoles à la proximité urbaine, en Amérique du Nord et en Région Ile-de-France (Bryant C., Johnston T., 1992). Elles intègrent aujourd hui des fonctions environnementales, récréatives ou paysagères. Le parc agro-urbain littoral de la Vega del Guadalfeo, situé dans un espace périurbain près de Motril en Espagne, 5
26 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Alexandre Prévot Village d Epizon, en Champagne-Ardennes. est emblématique de ces approches (Perez Campaña R. et al. 2011). Elles témoignent de convergences d intérêts entre : agriculteurs ou forestiers à la recherche de débouchés et de revenus ; citoyens attirés par les aménités paysagères et les produits artisanaux ou agricoles ; collectivités territoriales en prise avec des problèmes de préservation des milieux, de restauration de friches industrielles, de dynamisme économique. Ces adaptations montrent qu une entrée fondée sur l agriculture et la préservation des espaces ouverts sous influence urbaine peut renouveler la manière de considérer la diversité et la multiplicité du périurbain. Conclusion Ce qui est en jeu dans la périurbanisation, c est la relation des résidents à leur environnement au sens large. La prise en compte de cette relation est la condition d une transition à la durabilité, car elle permet de concevoir des mécanismes de régulation ou de réparation des espaces périurbains. L innovation principale réside dans la mise en relation des acteurs pour fabriquer un territoire qui corresponde au vécu de tous. Cela suppose de laisser émerger des initiatives locales et de valoriser celles qui existent déjà. Cela oblige à se demander comment définir et mobiliser les biens communs du périurbain, conditions d une qualité de vie et d une autonomie économique (services, compétences ou production locales, aménités, etc.), conditions également d une appropriation des ces espaces par leurs habitants. Mais la constitution des communautés locales d intérêt remet en cause la place et les limites de l exercice de la tutelle publique sur l organisation du périurbain. Plusieurs questions de fond se posent. Quel est le rôle des espaces périurbains? Qui devrait en décider? Selon quels partages de responsabilités (Shoard M., 1983)? Derrière la diversité des fonctions, des usages et des pratiques, il y a en effet des acteurs à concilier. La condition d une transition à la durabilité des espaces périurbains nécessite de la souplesse et un cadre de gouvernance articulant les priorités des communautés locales, de la société civile et des acteurs politiques. Cela redéfinit forcément les cadres de la décision, mais aussi ceux de la production de l espace périurbain car ce qui est mis en partage est autant symbolique que concret. 6
27 DOSSIER Du périurbain à l urbain Perrine MICHON, Céline LOUDIER-MALGOUYRES LISST, UMR 5193, Université Toulouse II-Le Mirail Les espaces publics périurbains. Les politiques publiques de planification face à la réalité des usages Résultats partiels En identifiant les lieux où les périurbains mènent une vie publique et leur vie sociale (hors sociabilités privées) et en identifiant parmi ces lieux, lesquels sont porteurs de paramètres constitutifs d une dynamique d espace public (telle que nous la définissons : a minima une coprésence mixte de publics sur un espace ouvert), nous choisissons d entrer dans l espace public par sa réalité sociale, et notamment l angle des sociabilités (au sens d interactions sociales) qui s y produisent, et non celui du statut, de la forme ou de la fonction de l espace. Cette analyse nous permet d identifier où et comment se joue une «vie sociale publique» dans ces territoires périurbains, dans quels espaces et par quelles sociabilités? Et cela nous permet d envisager une des façons dont ce territoire «fait société». Des espaces publics «du séjour» dans un monde structuré par les mobilités? Les premiers résultats de cette étude confirment d abord ce que d autres travaux ont commencé à démontrer 3, qui est le rapport complexe, et pour partie paradoxal, des habitants du périurbain à la mobilité. D une part, la contrainte que représente cette mobilité est souvent renversée en une sorte de fierté d être hyper-mobile. Moyen d être en capacité de profiter de l offre de services la plus pertinente par rapport à ses envies ou besoins personnels, manière de maximiser les possibles offerts par la vie métropolitaine, la mobilité est vécue comme émancipatrice pour l individu, vecteur de liberté individuelle. L habitant périurbain vit à l échelle métropolitaine et entretient un rapport de fréquentation-consommation efficiente à la métropole et aux services qu elle lui rend. La petite galerie commerciale de proximité, l espace vert régional, le pôle urbain territorial, le centre-ville historique de la villecentre sont hissés au même rang et composent une offre à disposition qu on saisit à sa guise (d où une certaine diversité des pratiques). D autre part, dans une forme de modalité de complémentarité, ou de compensation, se dessinent un désir et une réalité d ancrage local, de participation à la construction d une communauté, de développement d un sentiment d appartenance locale. C est d abord une envie, qui se lit en creux dans les discours des habitants qui se disent déçus de l absence d une vie locale plus forte et qui s incarne dans l implication active et volontaire de certains, mères de famille en particulier, qui disent soutenir et participer à la vie locale sous toutes ses formes (des clubs de sport aux comités de fêtes) afin de créer une appartenance locale et de bénéficier des retombées qui en découlent (solidarité, entre-aide, etc.). Mais c est aussi une réalité, que montrent la fréquentation active et appréciée des espaces de proximité commerces et galeries commerciales, parvis d école, places publiques, marchés de plein-vent et des manifestations collectives locales fêtes et évènementiels qui prennent place dans les espaces publics de la commune. Au-delà de ce double paradoxe (contrainte/fierté, ancrage/ mobilité) posé par le rapport à la mobilité, les modes de vie périurbains interrogent, selon de nouveaux termes, la dualité intrinsèque de la ville et des espaces publics telle que Cerda l avait définie à la fin du XIX e siècle : être à la fois un espace du séjour et, dans le même temps et le même lieu, un espace du mouvement. Cette dualité, notamment portée par les espaces publics, est mise à l épreuve dans ces territoires périurbains : comment construire des espaces du séjour dans des territoires structurés par la mobilité? Comment et sous quelles formes peuvent émerger des lieux de vie publique dans des territoires dont l identité et l organisation sont fortement déterminées par des flux? Parallèlement, quel est l impact pour cet espace du mouvement de la quasi-disparition de la marche à pied et de la vitesse pédestre? Ou celui de l usage des nouvelles technologies de l information qui nous font vivre en même temps un lieu physique et un lieu virtuel? La multiscalarité de la vie sociale : des entre soi à l anonymat, des lieux communs aux espaces publics Cette hyper-mobilité vécue par les périurbains les entraîne par conséquent dans une série d espaces différents aux modalités de sociabilités toutes aussi différentes. Au quotidien, ce qui apparait, c est la dominance des espaces «communs» davantage que publics : des lieux qui, à l échelle communale, sont fréquentés par tous dans des pratiques ou des activités choisies comme les salles associatives, les équipements culturels, en plus de tous les lieux quotidiennement incontournables que sont les écoles et les petits commerces. Là, s y déroulent des sociabilités associatives et d interconnaissances on se connaît et on se reconnaît sur lesquelles tous les périurbains fondent leurs espoirs d ancrage local. Mais ce quotidien, cette récurrence sont ponctués de fréquentations d espaces publics où se jouent des sociabilités publiques. Et les pratiques relevées nous indiquent que ce sont tout autant certains espaces de nature, qui sont de véritables lieux ouverts de croisée de publics divers, les espaces commerciaux d échelle intercommunale (le grand 3 BONIN-OLIVEIRA S. (dir.), JAILLET M.C. (dir.), Les pôles secondaires dans la réorganisation des mobilités : maturité et durabilité des espaces périurbains?, rapport Puca,
28 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 MLET/MEDDE supermarché de secteur), les pôles métropolitains (le centreville de Toulouse ou le centre commercial de Labège (commerces, cinéma, restaurants ), mais aussi, les évènements, les temps des fêtes et des célébrations collectives, qui attirent des publics extérieurs à la commune. Dans cette succession de lieux et d interactions sociales que l on peut graduer de l entre soi à l anonymat, du «commun» au «public», ce qui advient finalement, c est cette même dynamique qui préside à l hyper-mobilité, à savoir celle d une offre qu on choisit et saisit en fonction de ses envies et de ses besoins personnels. Ainsi, des lycéens ont plaisir à se retrouver au skate-park de la commune parce qu ils sont «entre potes», mais vont aussi dans les bars du centre-ville de Toulouse parce que «c est loin du lycée et c est bien d être des gens parmi d autres», indiquant par-là apprécier l anonymat que procure la vie urbaine. Les périurbains ne vivent pas nécessairement au quotidien de sociabilités publiques, mais ils en font l expérience à des moments, des temps, choisis ou donnés. Cette «vie sociale publique» s appréhende dans cette globalité des temps et des espaces, dans cet ensemble qui fonctionne à l échelle métropolitaine, elle se joue par des fréquentations d espaces successifs et variés. L espace public, destin incontournable des territoires périurbains Cependant, ce qui reste à creuser au moment de cette présentation de résultats, c est ce destin incontournable de la commune périurbaine qui conduit à une vie sociale de plus en plus publique, et à l espace public, son support. L évolution des lieux est fondamentale chez les élus ou chez les habitants dans la perception de leur territoire de vie. L urbanisation, la hausse de la fréquentation et des besoins d espaces et de services, la diversification de la sociologie de la population, sont autant d horizons inéluctables des communes en voie de périurbanisation ou de celle en cours de maturation 4, qui semblent justifier et appeler à l émergence d une vie sociale davantage publique. Un lien est alors clairement établi entre l évolution de la commune (agrandissement ou restructuration) et la nécessité qu il semble y avoir des lieux publics. Parallèlement, et concomitamment à cette hyper-mobilité qui attire les individus dans des espaces publics extra-communaux, on observe bien un désir d être ensemble, de sortir de la sphère intime, pour vivre une expérience collective. Mais la tendance au grégaire vers ses semblables est manifeste et cette construction de l espace public semble nécessiter une construction politique, qui dans ce contexte de mobilité, se situe à l échelle supra-communale, sinon métropolitaine. Aussi, que les espaces publics soient un outil de construction et d expression de la vie locale tant appréciée, qu ils soient celui d un enjeu politique de rayonnement de la commune à une échelle supérieure, qu ils correspondent davantage à des espaces communs ou des espaces d anonymat, qu ils soient des espaces de nature, marchands, culturels ou festifs, symboliques ou pratiqués, la gageure pour ces espaces périurbains est alors de tenir ensemble ces aspects et de parvenir à inventer des modalités nouvelles d expression d un espace du mouvement et du séjour dans des territoires fortement structurés par la mobilité et par des pratiques individuellement émancipées. 8 4 ibid
29 DOSSIER Du périurbain à l urbain Monique POULOT-MOREAU, Claire ARAGAU Les territoires périurbains : de l hybridation à l intensité? Les objectifs Cette recherche, menée par une équipe réunissant des chercheurs du LAVUE (CNRS-Université de Paris Ouest Nanterre la Défense), du LADYSS (CNRS Université Paris 1), d ESO (CNRS-Université de Caen Basse Normandie), du MRTE de l Université de Cergy-Pontoise et de l IAU-Ile-de-France vise à repérer les éléments d une transformation de fond des espaces périurbains à un certain stade de leur évolution. L espace périurbain ne peut plus être décrit exclusivement comme un espace atone, monofonctionnel, de résidence et de consommation : au fil du temps et des apprentissages (tant de la part de leurs habitants que des collectivités locales), des solidarités territoriales se mettent en place, prenant des formes spécifiques dans un milieu caractérisé par des «densités dispersées» (selon les termes d A. Brès et B. Mariolle). Ce repérage passe par la déconstruction d un certain nombre de malentendus et de mythes concernant les espaces périurbains et leur non-durabilité (des formes urbaines marquées par un tissu pavillonnaire lâche / des budgets-temps plus lourds qu en ville dense / des espaces ouverts voués à disparaître...). L étude prend en considération le fait que la recomposition du périurbain s articule à différentes échelles depuis le logement, lieu principal d ajustement des pratiques en matière énergétique, jusqu au territoire vécu. Ce dernier présente une imbrication d espaces naturels, agricoles et urbains, et offre des lieux de développement potentiel de pratiques en phase avec le développement durable. Il nous semble donc intéressant d observer plus finement les pratiques émergentes, encore peu étudiées, peu valorisées et mal accompagnées, mais aussi les recompositions territoriales à l œuvre. Pour ce faire la grille d analyse proposée privilégie quatre entrées : l analyse des trames et tissus périurbains, celle des polarités et des mobilités, les modes d intégration des espaces ouverts, les politiques publiques. Ces entrées thématiques mettent en évidence la diversité du périurbain dans ses potentialités d évolution en lien avec les injonctions à la durabilité. Ces potentialités subissent des effets de contexte dans l ouest francilien, affecté depuis longtemps et fortement par les processus de périurbanisation, où les espaces périurbains sont de plus en plus «divergents» socialement. Les méthodes Deux types d approches ont été privilégiés : - Dans un premier temps a été réalisée une typologie des espaces périurbains de l ouest francilien. Elle a permis de repérer des dispositifs spatiaux, combinant trames morphologiques et densités d usages des sols, systèmes de mobilités et effets de «pavage» par des polarités. Une étude des morphologies des communes investiguées a également été entreprise afin d approcher l évolutivité des tissus. - Dans un second temps, des enquêtes ont réalisées auprès des ménages, ainsi que de différents acteurs de l aménagement et d élus locaux pour évaluer les inflexions des pratiques en lien avec les 4 axes de notre recherche. Le premier temps de la recherche, fondé sur une analyse quantitative des données issues des RGP à cinq dates (1975, 1982, 1990, 1999, 2006), menée à l échelle du grand quadrant ouest de l agglomération parisienne, propose une analyse des changements socio-démographiques récents, de l évolution des mobilités résidentielles et des déplacements domicile-travail dans ces espaces. Si l on n observe pas de bouleversement majeur dans le phénomène périurbain (croissance démographique soutenue par un solde migratoire qui reste élevé dans les couronnes les plus éloignées du pôle urbain parisien, prédominance de la maison individuelle dans la construction neuve, polarisation de l emploi par l agglomération parisienne et les autres unités urbaines), certains indices révèlent une diversité de situations et d évolutions produisant des morphologies spatiales et sociales variées, dans des contextes qui le sont aussi. Ainsi, les dynamiques sociales et économiques qui sous-tendent la périurbanisation se diversifient et se télescopent ; le ralentissement de la croissance dans quelques secteurs va de pair avec la poursuite dans d autres ; le front urbain se densifie, l espace périurbain se resserrant autour de polarités qualifiées ici de «secondaires» qui certes ne remettent pas en cause les structurations majeures de l aire urbaine parisienne mais semblent avoir acquis un rôle nouveau dans les destinations des actifs et les pratiques d achat des périurbains. Ces indices ont confirmé l intérêt d analyser au plus près, dans quatre zones d étude plus localisées, les pratiques de mobilité des habitants dans tous les champs de leur vie quotidienne (des déplacements professionnels aux pratiques commerciales en passant par celles liées aux loisirs) afin d approcher ces lieux d un «autre temps» et/ ou d un «temps à soi» de plus en plus appréciés par ceux qui y résident. 9
30 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 La deuxième partie de la recherche, fondée sur des entretiens semi-directifs menés dans le cadre «d ateliers de recherche» mobilisant des étudiants de différents masters des universités impliquées, confirme la diversité sociale des territoires étudiés. L espace périurbain voit évoluer ses figures «traditionnelles», notamment celles des actifs, d autres s affirmer (les retraités), et d autres enfin émergent, celles des jeunes décohabitants, sans doute exemplaires de stratégies nouvelles. Ces figures révèlent des réajustements dans les pratiques habitantes, dans les modes de faire et de vivre le périurbain, même si elles apparaissent dépendantes des effets de contexte qui conditionnent des apprentissages différents selon le lieu de travail, la structure du ménage, les configurations sociales, les dispositifs spatiaux. Dans l ouest francilien, un tissu relativement dense de bourgs permet de satisfaire une grande partie des besoins d une population moins attachée désormais à la ville-centre. Les discours et pratiques des ménages enquêtés relatifs à l emploi, au rapport à la ville, à la mobilité et à l ancrage mais également aux espaces ouverts, conduisent à nuancer le système de représentation des sociétés périurbaines. La proximité devient un maître-mot dans un réagencement des horizons de chacun et dans les choix de loisirs «verts». Les espaces ouverts proches sont un vecteur majeur de cette proximité revendiquée, non exclusive toutefois de déplacements au long court, les deux logiques participant d une liberté nouvelle qui se révèle peu à peu aux habitants. La complexité des modes d habiter en périurbain induit un changement des regards de la société périurbaine sur elle-même mais aussi des élus sur les territoires qu ils ont à gouverner, changement qui conditionne une réorientation des politiques publiques déjà à l œuvre pour partie. La dernière partie de la recherche s appuie sur des entretiens menés auprès des maires des communes périurbaines de l ouest francilien. Au-delà d une sociographie de la trajectoire sociale et politique des principaux élus locaux, l analyse des discours montre des élus attentifs à la diversification des figures sociales des périurbains. S ils ne pensent plus leur territoire comme exclusivement rural, ils revendiquent qu il soit autre chose que de la ville ou de la banlieue en devenir, et cherchent à le faire exister en tant que tel au carrefour de plusieurs pôles urbains : Paris, Dreux, Evreux, Vernon. Les discours font ressortir une vision élargie du territoire de l action publique et de la construction institutionnelle de ces relations (tant avec les administrés qu avec les structures de niveau supérieur, et aussi bien pour les démarches de partenariat, de financement que de planification) qui dessine des formes de valorisation et d attractivité nouvelles dans ces espaces «ruraux» confrontés au processus de périurbanisation. L espace périurbain y est de plus en plus perçu comme une ressource territoriale : si des territoires de circonstance, défensifs dans le sens où le regroupement procède d une injonction et où la logique de gestion prédomine, subsistent dans certains contextes, ailleurs ils ont laissé place à des territoires de coopération intercommunale choisis, revendiqués, dépassant la simple agrégation de municipalités et ayant su redéfinir, si ce n est un intérêt général, du moins des biens communs localisés à préserver / à faire émerger / à accompagner. En conclusion de cette recherche, il nous semble important de souligner le glissement d un discours de disqualification de l espace périurbain à la revendication, sous l effet de l ensemble des logiques identifiées (capacité d organisation, maîtrise du devenir du territoire, autonomisation des modes de vie et des politiques), d un nouveau système de valeurs qui met les élus autant que les habitants en capacité de revendiquer / d assumer leur situation périurbaine. Les recompositions observées pourraient s appréhender comme une forme «d entrée dans la durabilité des espaces périurbains» par incorporation, mais sans forcément dilution, des villes petites et moyennes autour de l agglomération, ou par constitution de pôles de services à partir d un agrégat de bourgs et/ou de communes rurales. Le tout dans un rapport familier, et désormais revendiqué des habitants aux espaces ouverts. S ils sont marqués par des dynamiques de spécialisation sociale, les espaces périurbains apparaissent aussi comme porteurs de germes d une reconstitution de l intégrité urbaine ou plus encore d un système intégrant ensemble ville et campagne. Celle-ci reposerait sur un besoin d ancrage et d une forme de proximité des périurbains qui maintiendraient cependant un lien plus distendu, plus ou moins maîtrisé, avec la «ville mère». La recomposition des mobilités tant de travail que de loisirs, rompant avec le modèle «centre/ périphérie», fait passer ces espaces d un «entre-deux ville-campagne» à une hybridation assumée, susceptible d offrir les conditions d une nouvelle forme d intensité «urbaine», porteuse de durabilité : un passage de la transition à la transaction? 10
31 DOSSIER Du périurbain à l urbain Deuxième axe : Le périurbain comme objet heuristique : une nouvelle grille d analyse pour penser l espace urbain Xavier DESJARDINS, Antoine FLEURY, Sandrine BERROIR, Christophe QUEVA Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/UMR Géographie-cités Lieux et hauts lieux des densités intermédiaires Ce projet de recherche se distingue par une posture, un choix et un pari. La posture consiste à regarder les territoires qui entourent les grandes agglomérations pour eux-mêmes, sans préjuger de leurs dépendances aux villes-centres. Il s agit de leur reconnaître des ressources propres, non seulement en termes d emplois, de services ou encore de relations sociales, mais aussi en termes identitaires. Notre choix est de se tenir à distance de toute «légende noire» comme d une alternative «légende dorée» du périurbain. Le pari est de porter une attention renouvelée aux représentations du territoire, articulées aux pratiques territoriales des habitants comme des producteurs de l espace, et à la manière dont elles différencient et classent les lieux, définissant ainsi des «hauts lieux» au sens de lieux élevés dans l échelle des valeurs. Le terrain d enquête est un vaste territoire réunissant un peu plus d un million d habitants dans l est du Val-d Oise et le sud de l Oise. Situé sur les marges septentrionales de la métropole parisienne, ce territoire comprend des espaces définis par la statistique publique comme urbains, périurbains ou ruraux. Les analyses menées à l échelle du périmètre d étude dans son ensemble mettent en évidence l émergence progressive de pôles d emplois et de services dans ces territoires ainsi qu une stabilisation progressive de la distance des navettes domicile-travail. C est dans ce contexte qu émergent des hauts lieux que nous avons tenté d appréhender selon différentes approches. Une entrée par les réseaux sociaux (Facebook) s appuyant sur l analyse de la densité des référencements (check-in, like), permet d identifier les lieux valorisés par les usagers dans leur espace de vie. Il s agit de lieux auxquels on ne s attend pas nécessairement : si certains centres commerciaux apparaissent, on retrouve aussi certaines gares, des zones artisanales ou d activités, des équipements de loisirs, mais aussi des espaces ouverts, autant de lieux qui correspondent à des hauts lieux de pratiques sociospatiales dans des espaces de densités intermédiaires. Par ailleurs, une centaine d entretiens a été menée auprès d individus habitant dans des contextes socio-territoriaux relativement contrastés, à Ecouen-Ezanville, sur les franges immédiates de l agglomération, et autour de deux petites villes plus éloignées, Méru et Senlis. L analyse de ces entretiens donne à voir un ancrage des habitants à leur territoire de résidence, associé à d intenses pratiques de proximité et à une familiarité avec les lieux. Une large gamme de lieux, renvoyant à la fois au rural et à l urbain, apparaît très valorisée par les habitants, incluant des espaces ouverts (forêts), des lieux de patrimoine (châteaux, abbayes, etc.) ou encore les centres de certaines petites villes. Ces processus de valorisation, tout comme la fréquentation de ces lieux, varient largement selon le profil social des enquêtés, leur parcours résidentiel, sans oublier les effets de contexte territorial. Enfin, des entretiens avec des élus et des agents territoriaux ont été menés autour de Méru, Ecouen et Senlis, sur les questions d aménagement, de gestion et de promotion des espaces de densités intermédiaires. Ces entretiens ont été complétés par une analyse de la mise en scène des espaces de densités intermédiaires par le marketing territorial (sites Internet des intercommunalités). On observe des stratégies différenciées, entre logiques d insertion dans les dynamiques métropolitaines et valorisation d une spécificité territoriale associée à des figures spatiales renvoyant à la ruralité et à l idée de nature, le plus souvent dans leur dimension patrimoniale. Des politiques d aménagement et de développement local viennent à l appui de ces stratégies de valorisation : réhabilitation des monuments historiques, requalification des places de bourgs et de centre-ville, préservation du cadre de vie, mise en place de réseaux de circulations douces, etc. A partir de la diversité de ces entrées, le travail que mène actuellement l équipe est une réflexion sur les concepts et notions utilisés pour appréhender les périphéries urbaines, par ailleurs alimentée par une mise en regard avec d autres contextes nationaux (Allemagne, Canada, Etats-Unis, Italie...). 11
32 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 Anne BOSSÉ, Laurent DEVISME, Elisabeth PASQUIER, Guillaume ERTAUD, Arnaud BERTOLOTTI (LAUA-ENSA Nantes) François ANIEUX, Bénédicte GROSJEAN (Lacth, ENSAP Lille) Emmanuel PINARD, Myriam HEAULMÉ Péri- : ville invisible? Enjeux et outils d un urbanisme descriptif Cette recherche, d ordre clairement expérimental, interroge essentiellement les capacités de certains observateurs (chercheurs mais aussi architectes et photographes) à renouveler leurs appareillages descriptifs à propos d un phénomène urbain à la fois généralisé et difficile à mesurer. Une question d arpentage, pensonsnous, qui amène à ne pas raisonner a priori en termes de forme, à ne pas cibler d emblée un territoire (telle ou telle couronne du périurbain par exemple) et à interroger les outils de captation, d analyse et de restitution d activités qui se déploient en des espaces d abord caractérisés comme relevant de l urbanisation diffuse et desserrée et pourtant non dénués d attributs et de matières. Le fait de ne pas partir d un type de territoire de prédilection (telle ou telle fraction de périurbain, telle ou telle région) afin d entretenir un regard décalé des centralités et modèles avérés a plutôt conduit à valoriser des supports de mobilité et ce que leur pratique permet de penser quant aux urbanités. La visée est d abord documentaire, la motivation principale est descriptive, sans négliger la production de savoirs et d analyse de la portée de certains outils. Restituant donc des graphies du périurbain, sont mis à l épreuve trois ensembles de description. Un premier type de travail est porté par des chercheurs architectes qui sondent les ressources du projet d abord entendu comme activité de description (une «doctrine» nettement revendiquée par les urbanistes italiens Secchi et Vigano) ou encore la description comme moteur de projet. A partir d un corpus composé de trois types (la consultation «Lille 2030», les productions de Secchi-Vigano et la description des espaces périurbains dans la consultation du «pari du Grand Paris»), c est le «périscope des architectes» qui est questionné, de même que leurs livrables qui prennent tantôt la forme d atlas, de récits, de cartographies hybrides, d échantillons... Un deuxième type de travail questionne la visite territoriale sous protocole artificiel ; si elle est aujourd hui de plus en plus activée par cet outil très particulier qu est Google Street View, c est ici principalement par l arpentage d un binôme des «rues du bois» de Nantes Métropole (chaque commune de l agglomération dispose en effet d une telle toponymie) qu elle est explorée. Les questions posées par ces visites renvoient notamment à ce que les dispositifs (artifices) d exploration urbaine permettent de saisir, entre paysages d activités, projections d imaginaire et affûtage d un regard analytique. Un troisième type de travail prend au sérieux la ligne de train Nantes-Pornic qui est à la fois une ligne pour des «navetteurs» et un support de mobilité d une ville-centre au rivage atlantique. L un des explorateurs a photographié les gares de ce parcours, un autre a «fait la ligne» en cherchant à la suivre au plus près, en vélo, une autre a pris le train, à de nombreuses reprises en décrivant l ensemble des activités qui s y déploient. Si les espaces-supports de nos investigations se situent principalement en région nantaise où réside une moitié des chercheurs impliqués, le dénominateur commun des objets de recherche renvoie d abord à la nécessité d être guidés pour explorer. Dès lors, une posture liée au matérialisme aléatoire peut être activée. Cette position vaut aussi bien dans le cas des protocoles artificiels proposés que dans le cas des protocoles routiniers de la vie quotidienne (trajets éprouvés du monde vécu sur la ligne de train Nantes-Pornic). Dans ces deux cas, on retrouve les enjeux de l approche par incongruité et de la formulation d anecdotes significatives. Outre des résultats propres à chacune de ces graphies, nettement réflexifs et méthodologiques (où l on teste différents protocoles qui ne sont pas étrangers aux théories de la dérive), nous cherchons aussi des pistes de renouvellement de la saisie du phénomène urbain. A cet égard, nous mettons en avant les promesses de la description embarquée, immersive mais aussi celles d une approche indicielle qui soit en mesure de localiser le global, de tracer les marques de processus qui sont autrement trop évanescents (la métropolisation, la globalisation, la périurbanisation ). Il faut alors à nouveau faire confiance au vocabulaire ordinaire, aux savoirs situés mais aussi à la part de l imaginaire dans la fabrique des espaces. Alors que l on dit l urbain généralisé, il nous paraît nécessaire de parvenir à rendre justice à l importance de ses gradients. Autrement dit, et la démarche du Parlement des invisibles aiguise cet enjeu, s il s est déployé une ville invisible (illisible? indicible?), il est important de chercher à la remettre en selle, à la raconter, en examinant à nouveau ce que sont, notamment, des tonalités locales. C est en éprouvant une écriture aux limites de l analytique et du littéraire et en mobilisant le registre photographique comme moyen d enquête que différentes situations urbaines sont approchées, occasion de : «définir les phénomènes d articulation, de superposition des différents types d espace et des différentes configurations urbaines ( )» (page 7 de l appel d offres). 12
33 DOSSIER Du périurbain à l urbain Benjamin MOTTE-BAUMVOL, Leslie BELTON-CHEVALLIER Thema, Université de Bourgogne Les effets de la vente en ligne sur les inégalités territoriales d accès au commerce : vers un nivellement des disparités urbain-périurbain? Questionnement et axes de recherche En France, en 2013, 82% des Français disposent d une connexion à Internet et sont donc en mesure de faire des achats en ligne (CREDOC 2013). En achetant en ligne un bien ou un service, les individus voient s accroître de manière potentiellement significative leur capacité d accéder à des biens ou services, peu importe ou presque leur localisation géographique. L électronisation du processus d achat reste partielle, notamment pour les biens tangibles. S il est possible d imprimer des billets de train à son domicile ou de les dématérialiser totalement, quelqu un doit toujours se déplacer pour récupérer courses alimentaires ou produits hi-fi. Ce quelqu un peut autant être le distributeur ou un de ses prestataires (livraison à domicile) que les ménages euxmêmes (drive), voire les deux (points relais ou tout autre point de retrait hors domicile). Grâce à Internet et à l offre de proximité sur laquelle il s appuie, les inégalités territoriales d accès au commerce se réduiraient, chaque ménage ayant dorénavant accès à des paniers similaires de biens et de services. Ainsi, urbains et périurbains (voire ruraux) bénéficieraient d un niveau d accessibilité similaire aux commerces. Cette recherche étudie l évolution des disparités socio-spatiales d accessibilité au commerce dans les espaces périurbains et de leur possible nivellement par le déploiement d une offre de proximité accrue, en raison du développement et d une forte adhésion des populations au commerce électronique et à ses principaux modes de distribution que sont la livraison à domicile et en relais-livraison. Si le développement du commerce électronique a fait l objet de nombreux travaux, ses effets sur les territoires n ont été que peu abordés. Ce projet en propose une analyse empirique selon trois axes de recherche : Un diagnostic territorial de l accessibilité au commerce et de son évolution, à partir d un relevé des localisations des magasins, des relais-livraison et des périmètres de livraison à domicile ; Une analyse de l organisation et des réseaux des acteurs du commerce et de la logistique qui pèse très fortement sur la géographie de la distribution aux particuliers ; Une étude des pratiques des ménages et de leur rapport à la vente en ligne, en magasin et aux différentes formes de distribution proposées. Méthode La recherche a porté sur l aire urbaine de Dijon et sur un secteur de l aire urbaine parisienne, à savoir la Seine-et- Marne. Dans ces terrains, plusieurs méthodologies, autant qualitatives que quantitatives, ont été mises en œuvre : Un travail de relevé des localisations et de l accès à une sélection de produits parmi les biens alimentaires (épicerie, produits frais, surgelés ), les biens d équipement de la personne (habillement, électronique ) et les biens d équipement de la maison (meubles électroménager, bricolage ) ; Une enquête par entretiens auprès des acteurs du commerce et de la distribution ; Une enquête par questionnaires et entretiens auprès des ménages. Principaux résultats Dans les faits, Internet reste pour les ménages un canal de distribution encore minoritaire même si son chiffre d affaire ne cesse de progresser, contrairement à celui des autres canaux plus traditionnels, à savoir les grandes surfaces. Les entretiens menés et les premiers résultats de l enquête par questionnaires montrent que les ménages utilisent Internet de manière complémentaire à leurs achats en magasins. Internet se substitue peu et jamais totalement au commerce tangible. Toutefois, des différences sensibles apparaissent dans l usage du commerce en ligne entre ménages urbains et ménages périurbains, plus dépendants de l automobile. Ces derniers tendent à acheter plus systématiquement en ligne que les premiers et pour un panier plus diversifié de biens. En termes de mode de récupération des biens, la livraison à domicile est largement majoritaire et choisie pour 80% des achats de biens matériels effectués sur Internet en France. Cependant, les ménages périurbains ont des modes de vie qui favorisent plus la livraison à domicile ou les drives contrairement aux ménages plus urbains qui sont de plus grands utilisateurs des relais livraisons. Pour les ménages périurbains, la livraison à domicile est facilitée par la maison individuelle avec sa boite à lettre normalisée ou qui offre des recoins extérieurs où cacher les colis (une poubelle par exemple) mais aussi par la présence de voisins qui acceptent de prendre en charge les colis pour d autres. Dans un contexte de dépendance automobile, où chaque détour inutile est évité, les ménages sont plutôt compréhensifs vis-à-vis des livreurs qui laissent leur colis dans leur jardin ou chez leur voisin. Cela leur évitera ensuite à eux-mêmes un détour vers un bureau de poste ou un point relais. Au-delà du phénomène de mode, le drive est également beaucoup utilisé par les périurbains. Faire ses courses en ligne évite de perdre du temps en magasin et le drive 13
34 Premier plan n 30 juin-septembre 2014 permet de les récupérer en passant entre deux activités (en rentrant du travail,en allant chercher les enfants à l école) ou pour faire d autres achats moins dématérialisables ou moins pénibles. Pour les ménages plus urbains, qui vivent notamment en logement collectif (avec digicode par exemple), le relais livraison est plus utilisé car plus accessible ou du moins plus en phase avec leurs horaires et leurs modes de vie. Les usages des ménages tendent à valider la possibilité d une réduction des disparités d accessibilité aux commerces via le commerce en ligne. Le diagnostic territorial effectué conforte cette hypothèse dans la mesure où les biens achetés en ligne sont livrés à domicile sur l ensemble du territoire ou presque. Seuls les achats alimentaires ont des aires de livraison variables, essentiellement concentrées sur les territoires les plus denses (notamment pour les plats préparés). La différence tient aussi aux coûts de la livraison qui peuvent être variables d une zone à l autre, surtout pour les produits non alimentaires qui n ont pas un format colis ou/et qui ne peuvent rentrer dans une boîte aux lettres. Pour ces biens, le coût de livraison dans les territoires moins denses est alors plus élevé, ce qui d une certaine façon tend à réduire leur accessibilité relative. Pour les acteurs du e-commerce et de la logistique, la livraison à domicile reste problématique que ce soit dans un contexte urbain (congestion) ou périurbain (distances à parcourir plus importantes). Absence du destinataire, difficulté à respecter les créneaux horaires fixés sont les principaux arguments évoqués, peu importe là où il faut livrer. Pour y pallier, le point relais (PR) fournit une alternative plus économique (un point unique à livrer, quasi-certitude la présence du destinataire intermédiaire). A travers les entretiens menés auprès des prestataires de la livraison, on a remarqué une tendance à l intensification du maillage de ces points relais. En France, où on comptait magasins fédérés pour être point relais en 2008, magasins sont fédérés en 2012, soit une croissance de 67 %. Quatre prestataires de point relais gèrent quasiment la totalité du marché et chacun fournit aux cyberacheteurs un réseau qui inclut entre et points de collecte diffusés sur le territoire. D après les données collectées, 60 millions de colis ont été distribués en France via les points relais. Cette offre est censée desservir l ensemble du territoire. Toutefois des différences entre aires urbaines, périurbaines et rurales sont observées: selon les premiers résultats la concentration de PR en ville (93 %) est plus que proportionnelle à la concentration de la population (83 %). La population qui vit en dehors des zones urbaines a donc un accès plus limité à ce type de livraison moins coûteuse en termes économique et environnemental, ce qui explique aussi le moindre recours aux points relais de ces ménages comme nous l avons vu au travers des entretiens qualitatifs. Au final, les disparités d accès au commerce entre urbain et périurbain tendraient à se réduire grâce au e-commerce. Les usages des ménages et l analyse de la desserte des territoires par les distributeurs semblent le confirmer. Cependant, des différences sensibles persistent selon la nature des biens considérés (produits alimentaires ou produits volumineux), selon les modes de récupération envisagés (points relais) et les modes de vie des ménages. Lionel RABILLOUD Acadie Les figures de l urbanisation du diffus en Picardie : quand les périurbains s affranchissent de l urbain La recherche est fondée sur une hypothèse centrale : une partie des territoires picards actuellement qualifiés de «périurbains», relève d une ou plusieurs figures territoriales que nous qualifierons «d urbain diffus». Cette recherche vise à identifier ces figures de l urbain diffus en Picardie, puis à les localiser et les qualifier, dans leurs dynamiques. Cette «diffusion» est entendue avant tout au sens d une diffusion spatiale à l échelle régionale du fait urbain, s opposant ainsi à un urbain «concentré» dans un nombre restreint de communes. Les analyses conduites dans la première phase, essentiellement à partir de différentes sources statistiques, observent ce degré de diffusion territoriale de l urbain à l échelle des communes de la région picarde. Pourquoi le choix de la Picardie comme région d analyse? Plusieurs facteurs ont contribué à ce choix : l organisation historique de l espace régional, avec la place relativement limitée des grandes villes et une influence métropolitaine parisienne relativement récente, l existence d un tissu productif largement diffusé, hérité de la révolution industrielle, enfin, un contexte institutionnalo-politique favorable ; le Conseil Régional assumant, à l occasion de l élaboration récente de son SRADDT, un discours et une prise en compte du fait périurbain dans ses politiques ; ce contexte constituant un véritable levier pour entrer en contact avec des acteurs locaux, dans la troisième phase de la recherche. 14
35 DOSSIER Du périurbain à l urbain Deux autres hypothèses majeures structurent cette recherche quant au statut de l urbain diffus. L inscription historique de cet urbain diffus. Le postulat étant que cette figure d organisation territoriale préexistait en Picardie au processus d étalement urbain caractéristique de la deuxième moitié du XX e siècle. C est pourquoi a été fait le choix dans une première phase de réaliser différentes analyses statistiques permettant de mettre en lumière l existence et les évolutions de cet urbain diffus dès le XIX e siècle. Nos premières analyses ont montré que depuis 1975, un processus de déconcentration démographique puissant est à l œuvre à l échelle de l ensemble de la Région. Il concerne en particulier des communes de l ordre de 500 à 2500 habitants, dont la croissance démographique est souvent couplée à une réelle dynamique de l emploi. En s appuyant sur les données plus anciennes de la base Cassini, ainsi que sur les analyses des communes-tests, il semble aujourd hui possible d affirmer que la croissance des urbains diffus picards est souvent synonyme de retour ou de poursuite de dynamiques anciennes. L urbanisation actuelle diffuse s appuie ainsi sur des ancrages résidentiels et/ou productifs anciens, en tout cas présent au XIX e siècle. La pluralité des figures d urbain diffus picard. Les urbains diffus les plus ancrés historiquement (Bresle/Thiérache) ne sont pas automatiquement ceux qui connaissent les dynamiques actuelles les plus fortes (autour des grandes villes/vallée de l Oise). Les urbains diffus s urbanisent avec plus ou moins d intensité au fil du temps, en fonction de configurations territoriales plus larges, en lien avec des dynamiques productives et résidentielles spécifiques. La diffusion urbaine ne procède donc pas par vagues uniformes et selon des processus indifférenciés. L observation de la spatialisation de l occupation humaine dans le temps, grâce à des cartes lumineuses, nous a permis de dégager des tendances territoriales que nous avons croisées avec les différents moteurs d urbanisation et des trajectoires dans le temps. Nos analyses ont conduit à l émergence de plusieurs figures : des urbains diffus récents, liés à l émergence d une périurbanisation ordinaire autour des grandes villes, des urbains diffus résurgents, tournés vers l Ile de France et multipolarisés, le long de la vallée de l Oise, des urbains diffus résurgents, liés à la dynamique littorale, autour de la vallée de la Somme, des urbains diffus permanents, liés au maintien de l activité traditionnelle de la vallée de la Bresle et du Vimeu, des urbains diffus rémanents, poches dynamiques dans un territoire en difficultés, dans la Thiérache. Au-delà de ces configurations territoriales, l analyse des terrains d investigation communaux retenus pour la dernière phase de la recherche a abouti à la mise en évidence de trois grandes figures de l urbanisation récente. Ces figures s articulent autour d une variable d observation : l articulation de l ancien et du neuf et se basent sur une observation urbaine/spatiale et sur des analyses des représentations des acteurs locaux. Mise en évidence de trois grandes figures de l urbanisation récente. Pour plus d informations Marie-Flore Mattei, chargée de mission, responsable du programme Péri-urbain Tél. : [email protected] 15
36 Direction générale de l Aménagement, du Logement et de la Nature. plan urbanisme construction architecture Le plan urbanisme construction architecture puca, depuis sa création en 1998, développe à la fois des programmes de recherche incitative, des actions d expérimentation et apporte son soutien à l innovation et à la valorisation scientifique et technique dans les domaines de l aménagement des territoires, de l habitat, de la construction et de la conception architecturale et urbaine. Il est organisé selon quatre grands départements de capitalisation des connaissances : Sociétés urbaines et habitat traite des politiques urbaines dans leurs fondements socioéconomiques ; Territoires et aménagement s intéresse aux enjeux du développement urbain durable et de la planification ; Villes et architecture répond aux enjeux de qualité des réalisations architecturales et urbaines ; Technologies et construction couvre les champs de l innovation dans le domaine du bâtiment. Le puca développe une recherche incitative sur le Futur des villes à l impératif du développement durable. Ce plan se décline selon huit programmes finalisés dont les objectifs de recherche répondent aux défis urbains de demain. Ces programmes sont accompagnés d ateliers thématiques de bilan des connaissances et des savoir-faire, ainsi que par des programmes transversaux à l échelle des territoires et des villes et à l échelle européenne, avec la participation du puca à des réseaux européens de recherche. Le puca, par ailleurs, assure le secrétariat permanent du programme de recherche sur l énergie dans le bâtiment. Le gouvernement des villes et la fabrique du bien commun Planification sociale de l urbain et des services publics Citoyenneté et décision urbaine Intercommunalité et métropolisation Normes et fabrique du bien commun Le renouveau urbain Rénovation urbaine et mixité sociale Renouvellement et recomposition des quartiers Créativité et attractivité des villes L avenir des périphéries urbaines Territoires urbains et sûreté Architecture de la grande échelle Habitat pluriel : densité, urbanité, intimité Systèmes périurbains et coûts d urbanisation Dynamiques et pratiques résidentielles Comportements résidentiels et défis démographiques Vieillissement de la population et choix résidentiels Habitat et services aux personnes âgées Evolutions démographiques et inégalités territoriales Accès au logement Trajectoires résidentielles Recompositions institutionnelles de l offre de logement Modes et formes de l hébergement Economie foncière et immobilière L innovation dans l architecture et la construction Logements optimisés : coûts, qualité, fiabilité, délai Concept qualité, habitat, énergie Observatoire des bâtiments durables Logement Design pour tous Evaluation énergétique du patrimoine existant (prebat) Bâtiments démonstrateurs (prebat) REHA (prebat) Territoires et acteurs économiques Espaces urbains et dynamiques économiques Lieux, flux, réseaux dans la ville des services Développement économique local et mondialisation Economie de l aménagement Attractivité des territoires Vers des villes viables et acceptables Politiques territoriales et développement durable Risques technologiques : enjeux économiques et territoriaux Villa urbaine durable Quartiers durables Aménagement et démarches hqe Collectivités locales et politiques énergétiques (prebat) Collectivités locales et défi climatique (prebat) PUCA - plan urbanisme construction architecture Grande Arche de la Défense - Paroi Sud La Défense Cedex Tél. : Fax :
Premier plan dossier
Premier plan dossier Le journal d informations du puca plan urbanisme construction architecture n 30 juin-septembre 2014 Europan Europe Les Français à l étranger PUCA Vues de divers projets récompensés
www.u-bordeaux3.fr Master professionnel Urbanisme : stratégie, projets, maîtrise d ouvrage (USPMO)
www.u-bordeaux3.fr Master professionnel Urbanisme : stratégie, projets, maîtrise d ouvrage (USPMO) Former des urbanistes Le master Urbanisme : stratégie, projets, maîtrise d ouvrage (USPMO) s appuie sur
Position de l ASTEE sur l innovation en matière de services d eau et de déchets
Position de l ASTEE sur l innovation en matière de services d eau et de déchets Les services publics locaux de l environnement : des services discrets mais moteurs de développement Depuis leur mise en
Introduction Frédéric PETITBON Un contexte difficile Nicolas PERNOT
Introduction Frédéric PETITBON Directeur général délégué, IDRH Les collectivités doivent à la fois respecter des engagements vis-à-vis des citoyens, poursuivre des démarches managériales et tenir compte
Vision stratégique du développement culturel, économique, environnemental et social du territoire
Vision stratégique du développement culturel, économique, environnemental et social du territoire PROJET D ÉNONCÉ DE VISION STRATÉGIQUE OCTOBRE 2014 TABLE DES MATIÈRES POURQUOI UN ÉNONCÉ DE VISION STRATÉGIQUE?...
UN PROJET SCIENTIFIQUE ET CULTUREL POUR LA SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE
UN PROJET SCIENTIFIQUE ET CULTUREL POUR LA SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE Le regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l industrie en un seul établissement apporte les atouts
Gérard COLLOMB et ses équipes sont à l écoute de vos sollicitations et de vos demandes, car la Ville de demain se construit évidemment avec vous.
Madame, Monsieur, Dans un courrier électronique en date du 10 février 2014, vous nous avez interrogés en matière de transition énergétique et de lutte contre le changement climatique. Nous vous prions
47 équipements. Un projet urbain singulier et pluriel! Est Ensemble, une ambition métropolitaine. 1,8 million de m² constructibles à horizon 15 ans
9 villes Est Ensemble, une ambition métropolitaine La Communauté d agglomération Est Ensemble a été créée le 1 er janvier 2010. Située aux portes de Paris, elle regroupe 9 villes de Seine-Saint-Denis Bagnolet,
Intervenant : Séverin Poutrel, BURGEAP
Capacités d accueil, aménagements commerciaux, mutabilité foncière : des outils concrets pour construire un SCOT intégrant les vulnérabilités énergétiques et climatique Intervenant : Séverin Poutrel, BURGEAP
MASTER 1 MANAGEMENT PUBLIC ENVIRONNEMENTAL CONTENU DES ENSEIGNEMENTS
MASTER 1 MANAGEMENT PUBLIC ENVIRONNEMENTAL CONTENU DES ENSEIGNEMENTS Le Master 1 : Management Public Environnemental forme aux spécialités de Master 2 suivantes : - Management de la qualité o Parcours
Comité stratégique de la démarche Alsace 2030 : des ambitions fortes, une vision partagée
Strasbourg, le 14 novembre 2014. Comité stratégique de la démarche Alsace 2030 : des ambitions fortes, une vision partagée Philippe Richert, Président du Conseil Régional d Alsace, Ancien Ministre, a ouvert
DOSSIER DE PRESSE Un portail énergie / climat parisien
DOSSIER DE PRESSE Un portail énergie / climat parisien «En vue de la grande Conférence de l ONU Paris Climat 2015, le dispositif Solutions COP 21 lancé par le Comité 21 avec le Club France Développement
INNOVATION ET HABITAT PARTICIPATIF :
INNOVATION ET HABITAT PARTICIPATIF : Complément au chapitre VII «Valorisation du Patrimoine Régional et Projets Innovants» du cadre d intervention régional sur l habitat et le logement, adopté par délibération
Les enjeux du projet Cœur de Quartier sont :
Communiqué de presse 23 avril 2014 Établissement public d aménagement de La Défense Seine Arche 55 Place Nelson Mandela 92024 Nanterre Cedex L Etablissement Public d Aménagement de La Défense Seine Arche
Brou-sur-Chantereine Elaboration du PLU Compte-rendu de la réunion publique de présentation du diagnostic 20 janvier 2011 1
1. Avant-propos de Monsieur Bréhaux (adjoint au maire en charge de l urbanisme) : L importance du P.L.U. en tant qu outil législatif permettant une maîtrise de l urbanisme de la commune est rappelée aux
SÉMINAIRE PRODUCTIF 18, 19 AVRIL 2013
SÉMINAIRE PRODUCTIF 18, 19 AVRIL 2013 Cergy-Pontoise REPLAY* D UN ENTRE DEUX À UN TERRITOIRE DU GRAND PARIS : LA PLAINE DE PIERRELAYE BESSANCOURT * Innover, comprendre, inventer, renouveler, régénérer,
[Texte] GLOSSAIRE DU CDT. [Texte]
GLOSSAIRE DU CDT AGENCE NATIONALE POUR LA RENOVATION URBAINE (ANRU) L agence nationale pour la rénovation urbaine est un établissement public industriel et commercial, créé par l article 10 de la loi d
MASTER 2 URBANISME ET AMENAGEMENT SPÉCIALITÉ PAYSAGE ET AMENAGEMENT Année universitaire 2012-2013
MASTER 2 URBANISME ET AMENAGEMENT SPÉCIALITÉ PAYSAGE ET AMENAGEMENT Année universitaire 2012-2013 Le Master 2 Paysage et Aménagement est une spécialité du Master Urbanisme et Aménagement. Celui-ci est
COMMUNIQUÉ DE PRESSE. En présence de : ville de boulogne-billancourt - saem val de seine aménagement
L opération ile seguin-rives de seine présentée au mipim 2009 Pour la troisième année consécutive, la Ville de Boulogne-Billancourt et la SAEM Val de Seine Aménagement participeront au MIPIM, Marché international
Investir, Épargner et Produire durablement :
Investir, Épargner et Produire durablement : les territoires relèvent le défi Repères pour l action LES CAHIERS DE L OBSERVATOIRE N 7 Investir, Épargner et Produire durablement : les territoires relèvent
Aucun territoire n est désespéré
Aucun territoire n est désespéré Yves Lion Grand Prix de l urbanisme 2007 Nominés François Grether, David Mangin, Nicolas Michelin et Laurent Théry Sous la direction d Ariella Masboungi Parenthèses Le
Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial
Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial Dossier de presse Contact Chaire : Joël Gayet Mobile : 00 33 6 09 51 15 70 Jgayet.chaire anmt@sciencespo aix.fr Contact Sciences Po Aix : Noëlline Souris
Centre national de la danse Mesures en faveur de la formation, de l insertion, des conditions de vie et de la diversité des jeunes créateurs
Centre national de la danse Mesures en faveur de la formation, de l insertion, des conditions de vie MARDI Contact presse Ministère de la Culture et de la Communication Délégation à l information et à
N O R D - P A S D E C A L A I S
NORD-PAS DE CALAIS NORD-PAS DE CALAIS Ensemble pour une éco-rénovation responsable de notre habitat Avant-propos Dans une région où le poids du parc de logements anciens publics et privés prédomine, l
Mastère spécialisé. «Ingénierie de l innovation et du produit nouveau De l idée à la mise en marché»
Mastère spécialisé «Ingénierie de l innovation et du produit nouveau De l idée à la mise en marché» I- Présentation détaillée du programme d enseignement Répartition par modules et crédits ECTS : Intitulé
Nature en ville, Une nouvelle vieille idée? La dimension paysagère/écologique des plans d'urbanisme
Nature en ville, Une nouvelle vieille idée? ou La dimension paysagère/écologique des plans d'urbanisme Baština - proketač razvoja Laurence Feveile 28 juin 2013 architecture, urbanisme, paysage, 3 disciplines,
Les parcs de logements et leur occupation. dans l Aire Urbaine de Lille et sa zone d influence. Situation 2005 et évolution 1999-2005
Les parcs de logements et leur occupation dans l Aire Urbaine de Lille et sa zone d influence Situation 2005 et évolution 1999-2005 Décembre 2008 Le territoire d étude 2 Agence de développement et d urbanisme
S engager à agir pour le développement durable dans une période de changement
Nations Unies Conseil économique et social Distr. générale 13 avril 2015 Français Original: anglais E/ECE/1471/Rev.1 Commission économique pour l Europe Soixante-sixième session Genève, 14-16 avril 2015
La construction métropolitaine en Ile-de-France
1 La construction métropolitaine en Ile-de-France Eléments d actualité: La réforme territoriale Le devenir du Grand Paris 29 Novembre 2012 Intercommunalité et Métropolisation en Ile-de-France 2 Eléments
Les Fondations du groupe Bouygues
Les Fondations du groupe Bouygues Depuis près de 20 ans, le groupe Bouygues participe au développement économique et social des régions et pays dans lesquels il est implanté, que ce soit par des initiatives
LEADER... LE PROJET DU PAYS DE SAINT-MALO : UN OBJECTIF FORT : LEADER ACCOMPAGNE : LES 4 THÉMATIQUES : POUR VOUS ACCOMPAGNER
LE DISPOSITIF DE FINANCEMENT EUROPÉEN LEADER AU SERVICE DE L ATTRACTIVITÉ TERRITORIALE LE PROJET DU PAYS DE SAINT-MALO : Le programme LEADER est un outil au service de la mise en œuvre du projet de territoire
2) Qu est-ce que la cohésion sociale et l inclusion?
Chantier sur la cohésion sociale et l inclusion dans le cadre des Ateliers des savoirs partagés JUIN 2013 1) Mise en contexte Dans le cadre des Ateliers des savoirs partagés à Saint-Camille, 4 chantiers
Innovation & Design. Design our futures. kedgeds.com @kedgeds facebook.com/kedgeds. Inventer nos futurs.
1 Innovation & Design Thinking kedgeds.com @kedgeds facebook.com/kedgeds Design our futures. Inventer nos futurs. innovation & design thinking KEDGE Design school LE PARCOURS KEDGE Design SCHOOL L1 / Développer
DÉVELOPPEUR D ENSEIGNE alternance ADMISSION Bac +2/3
2009 DÉVELOPPEUR D ENSEIGNE alternance ADMISSION Bac +2/3 NEGOCIA et PROCOS se sont engagés avec succès, depuis 9 ans, dans la formation de «Développeur d enseigne». Les chiffres parlent d eux-mêmes :
«Donnons envie aux entreprises de faire de la Formation continue à l Université!» (Stand D07) La formation continue à l Université Fiche expérience
«Donnons envie aux entreprises de faire de la Formation continue à l Université!» (Stand D07) La formation continue à l Université Fiche expérience UNIVERSITE PARIS 8 ENTREPRISE FNAIM Monter les salariés
Séminaire du 17 octobre 2014 «La gestion des milieux aquatiques dans la loi MAPTAM et le SAGE : quels enjeux pour la Baie de Saint Brieuc?
Séminaire du 17 octobre 2014 «La gestion des milieux aquatiques dans la loi MAPTAM et le SAGE : quels enjeux pour la Baie de Saint Brieuc?» Le Schéma d Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la baie
Autonomie et fragilités de la recherche académique Financements sur projet et reconfigurations du travail scientifique
L irrésistible ascension du capitalisme académique 18-19 avril 2013 Autonomie et fragilités de la recherche académique Financements sur projet et reconfigurations du travail scientifique Julien Barrier
Nouvelle stratégie européenne d action pour la jeunesse «Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser»
Nouvelle stratégie européenne d action pour la jeunesse «Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser» Odile Quintin Directrice générale de la DG Education et Culture Commission européenne Bruxelles,
LA DEFENSE / SEINE ARCHE OIN LA DEFENSE
LA DEFENSE / SEINE ARCHE Le périmètre d intervention de l EPAD créé en 1958, est devenu périmètre d Opération d Intérêt National en 1983. Celui-ci a été scindé en deux le 19 décembre 2000 entre d une part
Technopole de Bourges : Construction d un Centre d Affaires Vendredi 4 février 2011 15H00
Dossier de presse Technopole de Bourges : Construction d un Centre d Affaires Vendredi 4 février 2011 15H00 Contacts presse : Laurent DEULIN : 02 48 48 58 10 06 63 95 00 23 [email protected]
pour une métropole solidaire et attractive
pour une métropole solidaire et attractive A l origine de Paris Métropole 5 décembre 2001 : premier débat à la Maison de la RATP o 400 acteurs publics du cœur de l agglomération o réunis pour envisager
Emmanuel MACRON, ministre de l Economie, de l Industrie et du Numérique
3 Éditorial «Le numérique est aujourd hui dans tous les usages : les transports, les entreprises, les loisirs, les objets connectés, l accès à l information, les smartphones, etc. Mais il n est pas dans
Master of Business Administration
UFR LSHS Cellule de Formation Continue Master of Business Administration Diplôme Universitaire Associé à un Master 2 Professionnel Diplôme : MBA Management Territorial Durable Associé au : Master 2 professionnel
CONTRAT DE VILLE DE NOUVELLE GENERATION
Direction de la ville et de la cohésion urbaine CONTRATT DE VILLE DE NOUVELLE GENERATION Proposition d architecture Novembre 2014 Les contrats de ville de nouvelle génération qui succèderont, à compter
Principaux résultats du questionnaire «Les Villes-Santé : quels enjeux pour les politiques urbaines?»
Nombre de réponses Principaux résultats du questionnaire «Les Villes-Santé : quels enjeux pour les politiques urbaines?» Erwan Le Goff Doctorant en Géographie aménagement de l espace UMR 9 CNRS Espaces
la parfaite adéquation des réponses aux problèmes posés.
V o t r e r é p o n s e i m m o b i l i è r e Qui est? Créé en 1993, intervient en Ile-de-France, sur des problématiques logements et tertiaires. Depuis sa création, la société construit chacune de ses
Charte. pour. de la coopération décentralisée. le développement durable
Charte de la coopération décentralisée pour le développement durable Mise en œuvre des principes de l Agenda 21 dans les coopérations transfrontalières, européennes et internationales des collectivités
MASTER 1 MANAGEMENT DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES ET DES TERRITOIRES
MASTER 1 MANAGEMENT DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES ET DES TERRITOIRES Libellé de l UE (Unité d enseignement) et de l EC (Elément constitutif) SEMESTRE 1 S1 : UE OBLIGATOIRES Management public et stratégie
MASTER ECONOMIE APPLIQUEE
Le Master Economie Appliquée est destiné à des étudiants ayant reçu une formation universitaire solide en économie, statistiques, mathématiques et économétrie. Ce Master propose un cursus sur deux années
Smart Cities :! concept marketing, produit technologique ou enjeu citoyen?
:! concept marketing, produit technologique ou enjeu citoyen? Jacques Teller! Urbanisme et d aménagement du territoire! Université de Liège, LEMA!! Colloque SMART Village et territoire RURAL Quelques éléments
au concept de «développement durable» Pour une éducation ouverte sur le monde
Fiche prolongement 6 Du lien entre environnement et développement au concept de «développement durable» Pour une éducation ouverte sur le monde 20% de la population mondiale consomme 87 % des ressources
Mémoire de la Corporation de développement communautaire de Côte-des-Neiges portant sur le projet de Schéma d aménagement et de développement de l
Mémoire de la Corporation de développement communautaire de Côte-des-Neiges portant sur le projet de Schéma d aménagement et de développement de l agglomération de Montréal Novembre 2014 Mémoire sur le
Dexia, le partenaire du développement
Dexia, le partenaire du développement ensemble, à essentiel Dexia joue un rôle majeur dans le financement des équipements collectifs et des infrastructures, Dexia des secteurs de la santé et logement social,
APPEL à MANIFESTATIONS D INTERET (AMI) INVESTISSEMENTS D AVENIR EDITION 2010
Direction des Investissements d Avenir Direction Villes et Territoires Durables Service Bâtiment Direction Recherche et Prospective Service Recherche et Technologies avancées APPEL à MANIFESTATIONS D INTERET
LES FONDS EUROPÉENS EN NORD-PAS DE CALAIS 2014-2020
LES FONDS EUROPÉENS EN NORD-PAS DE CALAIS 2014-2020 CONNAÎTRE les programmes européens Pour faire face à la crise et aux grands défis de l Union européenne, ses Etats membres ont adopté en 2010 la Stratégie
CONTRAT DE PRESENCE POSTALE TERRITORIALE 2014-2016
Département Administration Paris, le 3 mars 2014 et Gestion Communales VP/AH/Note 11 Affaire suivie par Véronique PICARD CONTRAT DE PRESENCE POSTALE TERRITORIALE 2014-2016 La continuité - maintien du montant
Le nouveau programme national de renouvellement urbain. CRDSU septembre 2014
Le nouveau programme national de renouvellement urbain CRDSU septembre 2014 Un nouveau programme de renouvellement urbain! Un projet à l échelle de l agglomération, un projet intégré : le contrat de ville!
Élargissez vos compétences en intégrant une formation Bac +6 répondant aux enjeux de l'éco-innovation
Mastère Spécialisé Économie circulaire : les outils de l Écologie industrielle et de l Éco-conception Bac +6 Élargissez vos compétences en intégrant une formation Bac +6 répondant aux enjeux de l'éco-innovation
Plan d orientations stratégiques 2012-2016
Plan d orientations stratégiques 2012-2016 Agence Française de Développement Établissement public, l Agence Française de Développement (AFD) agit depuis soixante-dix ans pour combattre la pauvreté et favoriser
APPEL A PROJETS FEDER QUARTIER DEMONSTRATEUR BAS CARBONE. Programme Opérationnel FEDER 2014 2020
APPEL A PROJETS FEDER QUARTIER DEMONSTRATEUR BAS CARBONE Programme Opérationnel FEDER 2014 2020 Axe 3 «conduire la transition énergétique en Région Nord Pas de Calais» Investissement Prioritaire 4e «en
Augmenter l impact économique de la recherche :
Augmenter l impact économique de la recherche : 15 mesures pour une nouvelle dynamique de transfert de la recherche publique, levier de croissance et de compétitivité Partout dans le monde, la recherche
Valorisation des patrimoines. Conseil et accompagnement stratégique
Valorisation des patrimoines Conseil et accompagnement stratégique Dans un contexte d évolutions continues des règlementations et de recherche d optimisation, loin des grands programmes de constructions
Catalogue de formations
Catalogue de formations 2011 Cher membre, cher sympathisant, Comme vous le savez peut-être déjà, les équipes d Ingénieurs Sans Frontières vous offrent la possibilité de vous investir à travers une grande
charte des relations internationales de sénart cadre déontologique et politique réciprocité équité solidarité durabilité
charte des relations internationales de sénart cadre déontologique et politique é d i t o r i a l Sénart est composée de 10 communes dont 7 engagées dans 22 jumelages en direction de 8 pays. Une concertation
Appel d offres pour l accompagnement du Pôle Fibres Energivie dans l organisation de l Energivie Summit en novembre 2016
Appel d offres pour l accompagnement du Pôle Fibres Energivie dans l organisation de l Energivie Summit en novembre 2016 1. Contexte 1.1 Les Pôles de compétitivité Ce sont des structures, en général associatives,
Création outil multimédia de restitution du projet «l intergénérationnel : un levier pour un levier pour créer du lien social en milieu rural
CAHIER DES CHARGES Création outil multimédia de restitution du projet «l intergénérationnel : un levier pour un levier pour créer du lien social en milieu rural Juillet 2013 Sarah Pecas I - PRESENTATION
7ème. Forum International de la Cybersécurité. 20 et 21 janvier 2015 Lille Grand Palais. Cybersécurité et Transformation Numérique
Cybersécurité et Transformation Numérique 20 et 21 janvier 2015 Lille Grand Palais 7ème Forum International de la Cybersécurité Sous le Haut Patronage de Monsieur François Hollande Président de la République
ATELIER PARISIEN D URBANISME. Le parc de bureaux parisien et son potentiel de transformation
ATELIER PARISIEN D URBANISME Le parc de bureaux parisien et son potentiel de transformation AVRIL 2015 Directrice de la publication : Dominique Alba Étude réalisée par : François Mohrt Sous la direction
Stratégie et développement du groupe SOGARIS en logistique urbaine pour l agglomération parisienne
Stratégie et développement du groupe SOGARIS en logistique urbaine pour l agglomération parisienne Christophe RIPERT, Directeur immobilier, SOGARIS Cette présentation porte sur des exemples concrets d
Rapport d évaluation du master
Section des Formations et des diplômes Rapport d évaluation du master Marketing et vente de l Université Paris-Est Créteil Val de Marne - UPEC Vague E 2015-2019 Campagne d évaluation 2013-2014 Section
Accélérer les projets de géoservices des PME. Réunion d information Paris, le 17 juillet 2014
ign.fr En partenariat avec Accélérer les projets de géoservices des PME 1 ère ÉDITION JUILLET 2014 Réunion d information Paris, le 17 juillet 2014 Nicolas Lambert (IGN) Eric Dubois (Cap Digital) LE PROGRAMME
Veolia Transdev Pour une mobilité innovante, sûre et durable et des territoires plus harmonieux
Veolia Transdev Pour une mobilité innovante, sûre et durable et des territoires plus harmonieux Engagés, à vos côtés, pour créer des solutions de mobilité sur mesure, inventives et performantes Le groupe
Professionnels du Patrimoine Bienvenue chez Cerenicimo
Professionnels du Patrimoine Bienvenue chez Cerenicimo Cher(e) Professionnel(le) du Patrimoine, Pour un Professionnel du Patrimoine, le choix d un fournisseur va aujourd hui bien au-delà de la simple
Maréchal Ardans-Vilain. Denis. "Nos priorités : la jeunesse, la solidarité et le développement économique." Programme. Michel Petiot.
Canton Meudon - Chaville élections départementales Denis Cécile Maréchal Ardans-Vilain Alice Carton Michel Petiot Programme "Nos priorités : la jeunesse, la solidarité et le développement économique."
Commentaires de. l Association québécoise pour le patrimoine industriel (Aqpi) sur le document. Un regard neuf sur le patrimoine culturel
Commentaires de l Association québécoise pour le patrimoine industriel (Aqpi) sur le document Un regard neuf sur le patrimoine culturel Dans le cadre de la consultation publique pour une révision de la
Les mesures pour relancer la construction de logements
Les mesures pour relancer la construction de logements Janvier 2015 Le logement est devenu, pour la plupart des Français, cher et difficilement accessible. Le secteur de la construction traverse une grave
ELECTRIFICATION SOLAIRE DE L ECLAIRAGE PUBLIC. Quartier des Chiffonniers. (Le Caire, Egypte) ONG : LOCUS. jjjjjj
jjjjjj ELECTRIFICATION SOLAIRE DE L ECLAIRAGE PUBLIC Quartier des Chiffonniers (Le Caire, Egypte) ONG : LOCUS 1 Présentation de l ONG L association LOCUS Jana Revedin, architecte PhD, professeur d université,
Evaluation du cursus «Information et communication» 2009-2010
Evaluation du cursus «Information et communication» 2009-2010 RAPPORT FINAL DE SYNTHÈSE Université de Liège (ULg) Comité des experts : M. Pascal LARDELLIER, président, M. Mihai COMAN, M. Frank PEETERS,
Rapport d évaluation de la licence professionnelle
Section des Formations et des diplômes Rapport d évaluation de la licence professionnelle Chargé d'affaires en contrôle des bâtiments de l Université Paris-Est Créteil Val de Marne - UPEC Vague E 2015-2019
TER 2020 : VERS UN NOUVEL ÉQUILIBRE
TER 2020 : VERS UN NOUVEL ÉQUILIBRE DOSSIER DE PRESSE SNCF CONTACTS PRESSE Clément Nourrit - 01 53 25 76 56 - [email protected] Gaëlle Rual - 01 53 25 74 83 - [email protected] TER 2020 : VERS
Promulgue la loi dont la teneur suit : TITRE I
Loi n 98-11 du 29 Rabie Ethani 1419 correspondant au 22 août 1998 portant loi d Orientation et de Programme à Projection Quinquennale sur la Recherche Scientifique et le Développement Technologique 1998-2002
La gestion des performances en Europe. Panel d expériences européennes et possibles synergies
La gestion des performances en Europe. Panel d expériences européennes et possibles synergies Atelier n 15 Organisateurs : Conseil de l Europe (Centre d expertise sur la réforme de l administration locale
Stratégie locale en faveur du commerce, de l artisanat & des services
1 Stratégie locale en faveur du commerce, de l artisanat & des services Pays Cœur de Flandre I Phase II La formulation de la stratégie Région Nord Pas de Calais Avril 2013 Région Communauté Nord Pas de
Rapport d évaluation du master
Section des Formations et des diplômes Rapport d évaluation du master Ingénierie mathématique de l Université d Evry-Val-d Essonne - UEVE Vague E 2015-2019 Campagne d évaluation 2013-2014 Section des Formations
Les diplômes. Session 2012
note d information 13.05 AVRIL À la session 2012, 557 600 diplômes de l enseignement des niveaux IV et V ont été délivrés en France, dont 90 % par le ministère de l éducation nationale. 40 % de ces diplômes
Pourquoi la responsabilité sociétale est-elle importante?
Découvrir ISO 26000 La présente brochure permet de comprendre les grandes lignes de la Norme internationale d application volontaire, ISO 26000:2010, Lignes directrices relatives à la responsabilité. Elle
Formation. continue diplômante. Diplômes Bac à Bac +3/4 E-learning Formation mixte Validation des acquis de l expérience (VAE)
Formation continue diplômante Diplômes Bac à Bac +3/4 E-learning Formation mixte Validation des acquis de l expérience (VAE) www.ifpass.fr www.formations-assurance.fr www.emploi-assurance.com L environnement
Consultation sur le livre blanc du financement de la TEE Préparation de la conférence bancaire et financière : Contribution de la Caisse des Dépôts
24 janvier 2014 Consultation sur le livre blanc du financement de la TEE Préparation de la conférence bancaire et financière : Contribution de la La place sa priorité stratégique «Transition Énergétique
3 ème édition. Dossier de présentation
3 ème édition Dossier de présentation Les trophées Cet événement national et annuel a pour objectif d accompagner les dirigeants de PME-PMI dont les innovations sont en adéquation avec les attentes sociétales
Plan Climat énergie Territorial. notre défi pour l avenir du territoire!
Plan Climat énergie Territorial notre défi pour l avenir du territoire! La Communauté Urbaine en 2050... Celle de nos enfants, petits-enfants,... Quels objectifs pour ce Plan Climat? Vous rêvez pour eux
Cabinet du ministre NOUVEAU. ministère NOUVELLE ORGANISATION NOUVELLES AMBITIONS
Cabinet du ministre NOUVEAU ministère NOUVELLE ORGANISATION NOUVELLES AMBITIONS Balard 2o15 un projet porteur d avenir Le site de Balard, à Paris dans le 15 ème arrondissement, regroupera d ici fin 2014
Plan d actions 2011/2014
Plan d actions 2011/2014 Le présent plan d actions s organise en fiches actions, qui précisent les objectifs opérationnels des actions et explicite les modalités de mise en œuvre. Ces fiches répondent
POUR LE DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE D EST ENSEMBLE 2014-2017
LE PACTE : un outil pragmatique et partenarial au service des habitants et des acteurs économiques POUR LE DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE D EST ENSEMBLE 2014-2017 Depuis sa création Est Ensemble a fait du
APPEL A PROJETS SERVICE REGIONALE DE L APPRENTISSAGE
APPEL A PROJETS SERVICE REGIONALE DE L APPRENTISSAGE L apprentissage dans l enseignement supérieur a pour mission de faciliter l accès à des formations de haut niveau et de permettre à des étudiants de
Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre?
Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Les trois dernières décennies ont été marquées par des progrès impressionnants
CHARTE DES UNIVERSITÉS EUROPÉENNES POUR L APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE
CHARTE DES UNIVERSITÉS EUROPÉENNES POUR L APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE European University Association Association Européenne de l'université Copyright 2008 par l Association Européenne de l Université
Appel à projets 5,2. Se déplacer Se nourrir Se loger Le reste
Appel à projets " Plan Climat Régional» Soutien de l investissement participatif dans les énergies renouvelables et la maîtrise de l énergie au bénéfice des territoires 1 Contexte : Les grands objectifs
