RESAGRI FICHE SIGNALÉTIQUE FILIÈRE AGRICULTURE PORTEUR AGRO-EDI EUROPE Thématique(s) Co-design PLM SCM Traçabilité Dématérialisation Saisie unique de données par l'agriculteur pour les différents services Equipe Fédération : Coopération agricole française Coop de France, www.coopdefrance.coop Partenaires : ACTA INFORMATIQUE, FIE (FRANCE INFORMATIQUE ELEVAGE), Union Invivo, FNCUMA, CNCER Chef de projet : Agro-EDI Europe, Bruno Prepin (délégué général) bprepin@agroedi.asso.fr Avancement Durée du projet : 24 mois Projet terminé : début 2009 Entreprises cibles 350 000 agriculteurs et éleveurs 3 200 coopératives agricoles 12 700 CUMA (Coopératives d utilisation de matériel agric.) Objectifs Grâce à la saisie unique de données par l'agriculteur pour ses relations avec ses différents interlocuteurs, gain de 45 minutes de saisie par jour pour l agriculteur et efficacité de gestion administrative pour les organisations professionnelles (Coop., CUMA, Centres de gestion). Economique : suppression des saisies multiples ; fiabilité des données par élimination des erreurs de saisie ; gains de temps et de consommables. Stratégique : souplesse et réactivité dans le traitement des problèmes d exploitation ; fédération de l ensemble des échanges d informations autour d un dispositif unique, reposant sur des composants standardisés. Ecologique : la généralisation du flux «fiche parcellaire» (DAPLOS) et la transmission directe de la mesure par l agriculteur à son organisme de conseil contribuera à la traçabilité des quantités de phytosanitaires et d engrais épandues sur les parcelles. En projet : la Solution AGRI-CONNECT Disponibilité : en cours de développement Plate-forme de gestion des échanges électroniques ebxml destinés aux coopératives et aux CUMA : - fiches parcellaires - commandes de location de matériel agricole - dématérialisation fiscale des factures - commandes des coopératives aux fournisseurs. Solution accessible par les logiciels de gestion comptable des agriculteurs : il est prévu que 10 logiciels d éditeurs du marché seront interfacés à la plate-forme de routage Agri-Connect. Modalités : de l ordre de 5 par mois et par agriculteur. Les coopératives proposeront à leurs adhérents agriculteurs d utiliser AGRI-CONNECT pour transmettre leurs informations. A noter que les redevances liées à l utilisation d AGRI- CONNECT par les agriculteurs seront prises en charge par les coopératives. Page 1
RESAGRI RESULTATS ET PERSPECTIVES ORIGINE DU PROJET Depuis 1992, Agro EDI Europe (AEE) organise et normalise les échanges de données informatisés (EDI) dans le cadre de l UN/CEFACT pour les secteurs agricole et agro-industriel. Cette association loi 1901 compte aujourd hui 260 adhérents représentant les différents acteurs du monde agricole (Approvisionnement, Agroéquipement, Editeurs de logiciel, Centres de gestion, Banques, Assurances, Logistique, Stockage, Laboratoires d analyse, etc.). L association a été à l initiative de la création du TBG 18 (International Trade and Business Process Group Agriculture, Site Internet TBG18) à l UN/CEFACT. Les membres fondateurs de l association sont Coop de France (3500 coopératives, 365 000 agriculteurs), Union INVIVO (311 coopératives) et l ANR (Association Nationale de Révision) qui assure le contrôle des comptes et de la gestion des coopératives. Le projet RESAGRI a également permis de mobiliser la FNCUMA (13100 CUMA, 230000 agriculteurs), le CNCER (300 centres de gestion, 200 000 agriculteurs) et le FIE (Réseau de 300 organismes départementaux de service, prestataires auprès de 265 000 éleveurs). Les échanges entre les coopératives et leurs fournisseurs (produits phytosanitaires et matières fertilisantes) utilisent aujourd hui pour le cycle «fiche produit commande bon de livraison facture» soit des formats papiers, soit de l EDI Edifact. Par exemple, l Union des coopératives INVIVO échange commandes et factures avec ses fournisseurs (BASF, DowAgroscience, YARA, ). Au niveau de l UNCAA (Union nationale des coopératives agricoles d approvisionnement) 250 messages Edifact quotidiens permettent la gestion annuelle des factures fournisseurs des coopératives (400 fournisseurs) et des entrepôts mutualises desservant 700 magasins. En 2006 les échanges DAPLOS (fiche parcellaire) au format Edifact concernaient 10 000 agriculteurs et 50 000 messages échangés. LA STRATEGIE Le projet vise à connecter les coopératives agricoles pour les échanges des données techniques de type DAPLOS (fiche parcellaire) et les documents comptables (Bilans, comptes de résultats, annexes et PV d AG) vers le HCCA (Haut Conseil de la Coopération Agricole). A noter que cette remontée d information sera rendue obligatoire à partir de 2009 en application de la loi d orientation agricole n 2006-11 du 5 janvier 2006 qui attribue au HCCA la mission de contrôle et de révision des comptes de la coopération agricole. Par ailleurs, le projet prévoit de dématérialiser un ensemble d envoi de documents demandés aux agriculteurs, les Bons de travail et les Factures de services à destination des CUMA, les Démarches de prestation de conseil à destination des coopératives (et à terme des centres de gestion) et les Informations amont à destination des coopératives. De plus, le projet visera à certifier les logiciels (connecteurs) que les éditeurs souhaiteront intégrer à leurs offres produits. GAINS ATTENDUS Les gains attendus sont prioritairement au niveau des organismes professionnels qui projettent des gains d efficacité de gestion administrative de 50 à 100% selon les procédures concernées. Pour l'agriculteur il s agit essentiellement de gains de temps dans la réalisation de la saisie des informations techniques et administratives quotidiennes, de l ordre de 45 minutes par jour. 1- Les Centres de gestion agricole gèrent la comptabilité des agriculteurs et pour ce faire, reçoivent et émettent un certain nombre d informations pour le compte de leurs clients agriculteurs. Certains de ces flux sont aujourd hui dématérialisés ou en cours de dématérialisation : la facture agriculteur échangée entre la coopérative et le centre de gestion ; les informations de gestion entre le Centre de gestion et la banque de l agriculteur ; le relevé de compte assurance. Chaque échange de données doit faire l objet au préalable d un accord ou d une autorisation d échange avec le destinataire, l envoi par courrier de cette autorisation signé pourra être remplacé par son format électronique et générer des gains directs (coûts d envoi) et indirects (plus grande réactivité). 2- Chaque parcelle agricole cultivée fait l objet d un suivi parcellaire au minimum par campagne ou année de récolte. Ce document appelé «fiche parcellaire» contient les informations liées à la vie de la parcelle durant la campagne considérée (description de la parcelle type de sol surface, etc.) mais également toutes les actions/ interventions Page 2
réalisées par l agriculteur (semis, fertilisation, pesticides, récolte, etc.). Ces informations sont actuellement diffusées aux partenaires économiques de l agriculteur (coopératives, négoces, Chambres d Agriculture etc.) soit sous forme papier, soit sous forme électronique (email ou message normalisé DAPLOS). Sa dématérialisation entraînera pour la coopérative une diminution nette des frais de saisie et des frais de contrôle de cohérence des données. 3- Elevage : la dématérialisation du flux «Notification d identification bovine» (45 millions d évènements échangés) est aujourd hui possible selon plusieurs techniques : saisie en ligne sur des sites EXTRANETS WEB ou Minitels ou saisie en local sur l ordinateur de l éleveur puis transfert de fichiers. Le format prédominant en France est un format propriétaire (VSE), simple d usage et régulièrement enrichi. Ce format propriétaire a cependant ses limites, francfrançais, il est limité à la communauté de l élevage. Les intervenants de la filière Élevage (la FIEA, l Institut de l Elevage, l IFIP-Institut du Porc, l ARSOE de Ceyzériat et Manche-Atlantique) envisagent donc l introduction de nouveaux formats de messages se rapprochant des standards internationaux XML et ebxml sous réserve qu ils respectent les principes du projet GIEA (Gestion des informations de l'exploitation agricole) : privilégier une «perspective agriculteur» en considérant l exploitation agricole comme une globalité et qu ils soient en cohérence avec les autres messages agricoles, avec le dictionnaire de données agriculture ISO 11788 et avec le projet européen TRACES. TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission européenne dans le cadre du premier pilier de l'union européenne. Ce réseau assure la traçabilité et le contrôle de l'ensemble des produits d'origine animale et des animaux vivants lors de leurs mouvements et importations en Europe. ORGANISATION DU PROJET ET ÉTAPES - Etape 1 : Lancement et organisation du projet, préparation des groupes de travail et organisation du projet - Etape 2 : Etudes préalables, réalisation des cahiers des charges des besoins du secteur agricole - Etape 3 : Préparation de la plateforme, analyse des scénarios retenus dans le cahier des charges des besoins et construction du business plan, assurance de l interopérabilité par l utilisation de messages normalisés - Etape 4 : Mise en œuvre, réalisation de deux pilotes - Etape 5 : Déploiement et recette, préparation du déploiement, réalisation des recettes des pilotes, de la plateforme et l analyse des indicateurs. 1- Lancement 2- Etudes préalables 3- Analyse 4- Mise en oeuvre Modélisation Administration Spécification Préparation Cartographie Recette des : des au 5- Déploiement scénarios de pilotes déploiement projet des - plateforme retenus échanges création - pilotes des Montage indicateurs Déploiement Recueil - indicateurs du plan des de développement suivi (maintenance, Validation besoins et Constitution évolutions, définitive et Conception Développement mise connexion services des en outils place du par système des partenaires, la pour groupes plate-forme cible d utilisateurs, implantation plateforme des messages) Consolidation Création équipes des d experts eurs besoins formations et et des Création comités Formation services et aide du cahier à et la des conduite charges conduite pour du du appel Création changement d offre du guide changement méthodologique Sélection de la Création et Normalisation des flux retenus maîtrise d œuvre Suivi de projet choix et réunion de l outil des comités Appel d offre Page 3
LA SOLUTION AGRI-CONNECT La mise en oeuvre technique et commerciale du service de gestion des échanges définis par RESAGRI repose sur une plate-forme, Agri-Connect. La plate-forme Agri-Connect assure les traductions et la gestion des échanges, la gestion de la dématérialisation fiscale des Illustration des échanges factures et de l archivage électronique. Les échanges avec les logiciels de gestion comptable des fichiers contenant les commandes et les fiches parcellaires, respectent les spécifications définies par Rés- Agri, la communication avec la plate-forme se fait via un connecteur Agri-connect qui assure l interfaçage avec le logiciel ou ERP de l utilisateur. Les messages disponibles Mise à disposition des guides d implémentation 4 messages standardisés UN/CEFACT ebxml pour: 1. Fiche parcellaire (edaplos) 2. Mandat pour compte (PROXY 3. Documents comptable (REPORT), Bilans, comptes de résultats, annexes et PV d AG vers le HCCA (Haut Conseil de la Coopération Agricole) 4. Traçabilité (Animal Life Record) Les formats et les protocoles disponibles ebxml est le format cible retenu. Néanmoins, dans une période de transition de quelques mois pendant laquelle les logiciels métiers ne seront pas totalement compatibles avec ce standard, il sera possible d échanger lorsque nécessaire dans le format pivot généré par les éditeurs. Afin de respecter les objectifs économiques du projet, les protocoles suivants ont été retenus : FTPs ; SMTP ; AS2. LES ENTREPRISES PILOTES Des tests de faisabilité technique ont été réalisés avec : - la mutualité sociale agricole de Mayenne-Sarthe-Orne Centres de gestion. Le projet de déploiement devrait être mis en place en 2010. - l EDE du Maine et Loire, gestionnaire de la base de données locale Identification bovine (via le logiciel LOCITA). Tests de notification de mouvements bovins en routine avec un éleveur, au format du message XML défini au cours du projet. - la base de données régionale du Système National d Information Génétique Bovin en Maine et Loire. Ce projetpilote a consisté à extraire au format XML défini en cours de projet, les événements préalablement enregistrés Page 4
dans la base régionale et à fournir les évènements concernant les animaux survenus dans les élevages de vaches laitières. Page 5
LE DÉPLOIEMENT Le déploiement sera assuré par une structure créée spécifiquement à la suite du projet RES AGRI, sa structure est dénommée AGRI CONNECT (structure juridique sous forme de SAS, créée le 1/1/09) présidée par Yves Le Morvan, directeur de Coop de France. Cette entité a été créée après validation à l unanimité du conseil d administration (Octobre 08) de Coop de France, pour déployer le numérique dans l ensemble de la filière. Cette entité est composée de Coop de France et du cabinet de consultant PREDELL. AGRI-CONNECT s appuie sur Agro EDI Europe, association qui normalise l ensemble de la filière Agricole en France, pour l aspect analyse et normalisation. Les actions de déploiement initiées ou à venir en région se feront avec les Fédérations Régionales de Coop de France et les Chambres d Agriculture Régionales. Contact : Agri-connect jjledelliou@predell.com Modalités de commercialisation Le déploiement auprès des agriculteurs s appuiera en grande partie sur les coopératives. Il est ainsi prévu de procéder de la façon suivante : - la coopérative proposera à ses adhérents agriculteurs d utiliser AGRI-CONNECT pour transmettre leurs informations (données sol entre autres) ; - elle enregistrera directement grâce à son interface d administration les coordonnées techniques des agriculteurs adoptant le système ; Le coût de raccordement au service Agri-Connect pour une coopérative coûtera de l ordre 100 euros par mois. Pour les agriculteurs, moins de 5 par mois quelque soit le nombre de fichiers échangés, car une partie du coût de leur connexion sera prise en charge par la coopérative, celle-ci tirant elle-même parti des informations fournies par ses adhérents pour améliorer la productivité de sa gestion des dossiers. Le tableau ci-dessous donne une prévision de déploiement dans le temps des différents flux mis en œuvre : L objectif quantitatif est de 17 000 utilisateurs au terme d une période de 5 ans de montée en charge : Page 6
Déploiement par les partenaires - La FNCUMA (fédération des coopératives d utilisation de matériel agricole) mène via son GIE Informatique un grand projet de mise en place d un progiciel de gestion intégré en ligne et centralisé pour l ensemble des CUMA et va réaliser les adaptations nécessaires pour dans un premier temps pouvoir émettre les documents comptables (message HCCA-Coops) et dans un deuxième temps, échanger les messages bons de travaux et factures de services. - Centres de gestion : les CER (centres d économie rural) sont des centres de gestion agréés et souhaitent développer leurs transferts de données normalisés avec les différents partenaires de leurs clients : coopératives, laiteries, fournisseurs, banques, assurances, etc. - Elevage : France Génétique Elevage (FGE) est chargée de la gestion des messages standards et de définir les procédures de gestion et d assurer la représentation de ces standards à l international. Le projet de déploiement a été défini suite au projet RESAGRI avec une maitrise d œuvre confiée à l Institut de l élevage (hors Agri-Connect). Page 7
RESAGRI ANALYSE ET RECOMMANDATIONS CONCLUSIONS Le projet RESAGRI a permis de consolider les travaux d Agro-EDI Europe et de les élargir de nouveaux acteurs et de nouveaux flux pour différentes filières de l agriculture. L organisation et la méthode de travail spécifique aux travaux de standardisation UN-CEFACT, déjà maîtrisés par Agro-EDI Europe, ont permis au projet RESAGRI d avancer rapidement sur ces nouveaux échanges. Le déploiement de RESAGRI repose : 1- sur le caractère prescriptif des relations entre l agriculteur et ses interlocuteurs professionnels, coopératives, CUMA ou centres de gestion. 2- sur la mobilisation des éditeurs logiciels qui doivent proposer leur interconnexion avec la plate-forme. Un programme de certification de 10 logiciels d éditeurs du marché interfacés à la plate-forme de routage Agri- Connect sera mis en œuvre en 2010 et portera sur la gestion des référentiels de données et sur la validation (testbed) de messages en ligne. Les guides d implémentation sont actuellement disponibles pour les membres d Agro- Edi Europe. 3- sur la mise en œuvre de la plate-forme Agri-Connect. BONNES PRATIQUES - Le projet a bien différencié le travail sur les standards, pris en charge par les groupes de travail AGRO-EDI Europe et les spécifications et l exploitation du service Agri-Connect par une structure juridique ad-hoc. Cela a permis à Agro- EDI Europe de prendre en compte des flux et des acteurs qui n adhérent pas forcément à la logique d Agri-Connect mais également de nouvelles problématiques (gestion des intrants, suivi phyto-sanitaire). - La méthode de travail sur les standards nécessite de s appuyer sur une équipe et une organisation expérimentées et sur le long terme, c est la valeur ajoutée d Agro-EDI Europe qui a mis en œuvre une méthode fédératrice de standardisation (CEN et UN-CEFACT) des messages et process (référentiel GIEA sol et élevage, e-cert, e-daplos). - Le modèle économique (5 /mois et par utilisateur) est soutenu par les coopératives et les CUMA, acteurs majeurs du secteur, ce qui crédibilise le modèle économique proposé. Page 8
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