RAPPORT ET RECOMMANDATION DU PRÉSIDENT



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Transcription:

Distribution: Restreinte EB 98/64/R.18/Rev.1 10 septembre 1998 Original: Anglais Point 9 c) i) Français de l ordre du jour FIDA Conseil d administration - Soixante-quatrième session Rome, 9-10 septembre 1998 RAPPORT ET RECOMMANDATION DU PRÉSIDENT AU CONSEIL D ADMINISTRATION CONCERNANT UNE PROPOSITION DE PRÊT À LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DÉMOCRATIQUE D ÉTHIOPIE POUR LE PROJET DE RECHERCHE AGRICOLE ET DE FORMATION Par souci d'économie le présent document a fait l'objet d'un tirage limité. Les délégués sont priés d'apporter leurs exemplaires aux réunions et de s'abstenir d'en demander d'autres.

** Place your Table of Contents here and delete this line ** TABLE DES MATIÈRES TAUX DE CHANGE POIDS ET MESURES SIGLES ET ACRONYMES CARTE DE LA ZONE DU PROJET RÉSUMÉ DU PRÊT NOTE DE PRÉSENTATION iii iii iii iv vi vii PREMIÈRE PARTIE - L ÉCONOMIE, LE CONTEXTE SECTORIEL ET LES ACTIVITÉS DU FIDA 1 A. L économie et le secteur agricole 1 B. Données d expérience du FIDA et de l IDA 2 C. Stratégie de collaboration du FIDA avec l Éthiopie 3 DEUXIÈME PARTIE - LE PROJET 5 A. Zone du projet et groupe cible 5 B. Objectifs et portée 5 C. Composantes 5 D. Coûts et financement 7 E. Passation des marchés, décaissements, comptabilité et vérification des comptes 9 F. Organisation et gestion 9 G. Justification économique 11 H. Risques 12 I. Impact sur l environnement 12 J. Aspects novateurs 13 TROISIÈME PARTIE - INSTRUMENTS JURIDIQUES ET AUTORITÉ 13 QUATRIÈME PARTIE - RECOMMANDATION 13 ANNEXE RÉSUMÉ DES GARANTIES SUPPLÉMENTAIRES IMPORTANTES INCLUSES DANS L ACCORD DE PRÊT NÉGOCIÉ 15 i

APPENDICES I. COUNTRY DATA FOR ETHIOPIA 1 (DONNÉES SUR LE PAYS) II. PREVIOUS IFAD LOANS IN ETHIOPIA 2 (PRÊTS ANTÉRIEURS DU FIDA À L ÉTHIOPIE) III. SUMMARY OF PROJECT DESCRIPTION 3 (DESCRIPTION SUCCINCTE DU PROJET) IV. LOGICAL FRAMEWORK 5 (CADRE LOGIQUE) V. PROJECT COST AND FINANCING 10 (COÛT ET FINANCEMENT DU PROJET) VI. ORGANIGRAM 14 (ORGANIGRAMME) VII. ORGANIZATION AND MANAGEMENT 17 (ORGANISATION ET GESTION) VIII. FINANCIAL AND ECONOMIC ANALYSIS 16 (ANALYSE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE) ii

TAUX DE CHANGE Unité monétaire = Birr (ETB) 1,00 USD = 6,737 ETB (août 1997) 1,00 ETB = 0,15 USD POIDS ET MESURES Système métrique SIGLES ET ACRONYMES IDA ONG ORAE Association internationale de développement Organisation non gouvernementale Organisation de recherche agricole éthiopienne GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DÉMOCRATIQUE D ÉTHIOPIE Année budgétaire 8 juillet - 7 juillet iii

CARTE DE LA ZONE DU PROJET Source: Banque mondiale Les appellations des données qui figurent sur cette carte n impliquent de la part du FIDA aucune prise de position quant au tracé des frontières ou des limites, ni quant au statut administratif des territoires. iv

Source: Banque mondiale Les appellations des données qui figurent sur cette carte n impliquent de la part du FIDA aucune prise de position quant au tracé des frontières ou des limites, ni quant au statut administratif des territoires. v

LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DÉMOCRATIQUE D ÉTHIOPIE PROJET DE RECHERCHE AGRICOLE ET DE FORMATION RÉSUMÉ DU PRÊT INSTITUTION À L ORIGINE DU PROJET: EMPRUNTEUR: ORGANISME D EXÉCUTION: COÛT TOTAL DU PROJET: MONTANT DU PRÊT DU FIDA: CONDITIONS DU PRÊT DU FIDA: COFINANCEUR: MONTANT DU COFINANCEMENT: CONTRIBUTION DE L EMPRUNTEUR: INSTITUTION CHARGÉE DE LA PRÉÉVALUATION: INSTITUTION COOPÉRANTE: *Association internationale de développement (IDA) République fédérale démocratique d Éthiopie *Organisation de recherche agricole éthiopienne (ORAE) 90,6 millions de USD 13,65 millions de DTS (équivalant approximativement à 18,2 millions de USD) 40 ans, y compris un différé d amortissement de 10 ans, avec une commission de service de trois quarts de point (0,75%) l an. IDA 60 millions de USD 12,4 millions de USD IDA/FIDA IDA vi

Qui sont les bénéficiaires? NOTE DE PRÉSENTATION Le projet de recherche agricole et de formation a pour bénéficiaires les 6 millions de petits exploitants éthiopiens, qui disposent pour la plupart de moins d un hectare. Ces paysans constituent 90% de la population agricole et assurent 96% de la production totale. Les exploitations d environ 72% de ces ménages ont une superficie de 0,73 ha, ce qui ne permet pas de produire suffisamment de vivres pour couvrir les besoins de la famille (en moyenne cinq personnes) avec les techniques de production actuelles. En outre, en tant qu agricultrices et ouvrières agricoles, les femmes tireront profit du projet du fait des techniques de production qui seront mises au point afin de rendre plus efficaces et moins pénibles les tâches agricoles auxquelles elles participent. On cherchera également à résoudre les problèmes rencontrés dans le traitement et l emmagasinage après récolte. En étendant le champ d application de la recherche agricole à des systèmes agro-écologiques marginaux, arides et semi-arides, qui n ont pas été pris en considération jusqu à maintenant, le projet renforcera la capacité des couches les plus pauvres de la population rurale de faire face à des situations de sécheresse et de famine. Pourquoi sont-ils pauvres? Malgré son énorme potentiel agricole, l Éthiopie souffre encore dans l ensemble d un déficit vivrier dû en grande partie à plusieurs facteurs: la guerre civile prolongée et l abandon des terres pendant le régime du Derg; les sécheresses répétées; la croissance démographique rapide; le faible potentiel génétique des variétés végétales et des races animales; le manque de techniques de production améliorées ou la difficulté à les mettre en application; l exploitation insuffisante du potentiel d irrigation du pays; des pratiques culturales qui ont contribué au déclin de la fertilité des sols, à la faible productivité et à la dégradation des terres. Que leur apportera le projet proposé? Grâce à la mise au point et à l adoption continues de techniques de production végétale et animale qui ne nuisent pas à l environnement, le rendement et la productivité par unité de superficie augmenteront, et donc les revenus des agriculteurs, ce qui entraînera une amélioration durable de la sécurité alimentaire des ménages. L adoption de techniques de production tenant davantage compte des besoins des petits exploitants permettra de mieux exploiter et gérer les ressources naturelles, d améliorer la fertilité du sol, de lutter contre la dégradation des terres en réduisant au minimum la pression exercée sur les terres marginales et de renforcer de manière durable la capacité générale du secteur agricole de subvenir aux besoins de la population de plus en plus nombreuse, et de la nourrir. En outre, les femmes bénéficieront de l amélioration des techniques après-récolte et d autres techniques permettant d économiser la main-d oeuvre et de rendre les tâches agricoles moins pénibles. De quelle manière les bénéficiaires participeront-ils au projet? Au niveau local, le projet appuiera la création de groupements de recherche composés d agriculteurs et établis sur la base de sujets de recherche spécifiques, qui seront définis conjointement avec les bénéficiaires en appliquant des techniques d évaluation rurale participative. Le projet appuiera également des programmes conjoints de sensibilisation, mis en oeuvre par le personnel de recherche et de vulgarisation en collaboration avec les paysans. Au niveau du centre de recherche ou à l échelle de la zone et de la région, des représentants élus des agriculteurs seront membres à part entière des conseils consultatifs de recherche et de vulgarisation, qui seront responsables entre autres de vii

l approbation du plan de travail et budget annuel pour le centre de recherche et de l évaluation des résultats du(des) programme(s) de recherche de l année précédente. L étude prévue sur des besoins particuliers des agricultrices, pour ce qui est de la mise au point et du transfert de technologies améliorées, donnera en outre la possibilité de préciser et d accroître leur rôle dans l établissement et l orientation du programme de recherche agricole. viii

RAPPORT ET RECOMMANDATION DU PRÉSIDENT DU FIDA AU CONSEIL D ADMINISTRATION CONCERNANT UNE PROPOSITION DE PRÊT À LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DÉMOCRATIQUE D ÉTHIOPIE POUR LE PROJET DE RECHERCHE AGRICOLE ET DE FORMATION J ai l honneur de présenter le Rapport et recommandation ci-après concernant une proposition de prêt à la République fédérale démocratique d Éthiopie d un montant de 13,65 millions de DTS (équivalant approximativement à 18,2 millions de USD) à des conditions particulièrement favorables, en vue de contribuer au financement du Projet de recherche agricole et de formation. Le prêt aura une durée de 40 ans, y compris un différé d amortissement de dix ans, et sera assorti d une commission de service de trois quarts de point (0,75%) l an. Il sera administré par l Association internationale de développement (IDA) en tant qu institution coopérante du FIDA. PREMIÈRE PARTIE - L ÉCONOMIE, LE CONTEXTE SECTORIEL ET LES ACTIVITÉS DU FIDA 1 A. L économie et le secteur agricole 1. L économie. Avec 58,1 millions d habitants, l Éthiopie est le deuxième pays de l Afrique subsaharienne pour la population. Ses indicateurs sociaux sont parmi les plus mauvais du monde: le PNB par habitant (110 USD) est à peu près égal au quart du PNB moyen pour l Afrique subsaharienne; le taux de mortalité infantile atteint le chiffre élevé de 112 pour mille naissances d enfants vivants, et le taux de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans est estimé à 47%; seulement 27% environ des enfants d âge scolaire sont inscrits à l école primaire et quelque 60% des Éthiopiens vivent au-dessous du seuil de pauvreté absolue. L apport énergétique estimatif par habitant est en moyenne inférieur à 80% du niveau considéré comme nécessaire pour être en bonne santé. Au cours des vingt dernières années, l accroissement démographique a atteint en moyenne environ 3% par an et, selon les projections, il sera de 2,7% par an jusqu à la fin du siècle. L insécurité alimentaire est un problème structurel aggravé par la sécheresse intermittente qui, conjuguée à la guerre civile dans les années 80, a entraîné une famine généralisée. Le classement général de l Éthiopie selon l indicateur du développement humain de 1997 reste mauvais puisqu elle occupe la 170 e place sur 175 pays. Au cours des 20 dernières années, la politique économique de l Éthiopie a connu des changements radicaux successifs. Après la révolution de 1974, le régime du Derg a entrepris une réforme agraire et a institué la planification centralisée et le contrôle de l État sur les investissements, la production et le commerce. Le renversement du régime du Derg en 1991 a été suivi par l arrivée d un gouvernement résolument favorable à la démocratie, à la décentralisation, au désengagement de l État et à la libéralisation de l économie. La stabilité politique, la libéralisation économique et l absence de sécheresse généralisée ont contribué aux résultats économiques impressionnants des cinq dernières années. Pendant cette période, le PIB réel a progressé d environ 8% en moyenne; l inflation intérieure a été jugulée et ramenée d un niveau dépassant 20% en 1991/92 à un chiffre nettement inférieur à 2% en 1996/97. 1 Pour renseignements supplémentaires, voir l appendice I. 1

2. Le secteur agricole. L agriculture est le principal soutien de l économie éthiopienne et elle procure à environ 85% de la population la majeure partie de ses emplois et de ses moyens d existence. Elle assure quelque 85% des recettes d exportation et plus de 40% du PNB. En outre, le secteur agricole est une source importante de matières premières pour les industries agroalimentaires. La part de la production végétale et celle de la production animale dans le PIB agricole sont d environ 70% et 30% respectivement. La croissance agricole a atteint en moyenne 2,2% par an dans les années 60, mais elle a chuté à 0,7% dans les années 70 et à 0,5% dans les années 80. La part de l agriculture dans le PIB est tombée de 65% en 1960 à 40% aujourd hui. La superficie totale cultivée a légèrement augmenté, passant d environ 5,7 millions d ha au début des années 80 à 6 millions dans les années 90. De plus, la perte de sol fertile due à l érosion constitue une grave menace pour la productivité. Les techniques de production végétale et animale étant inadéquates, avec notamment une utilisation insuffisante d engrais et de variétés améliorées de semences, les rendements agricoles sont restés pratiquement inchangés, ce qui a entraîné un déficit alimentaire chronique par habitant. 3. Du fait des réformes politiques et institutionnelles engagées par le gouvernement depuis 1991, les prix à la production et, de plus en plus, les prix des intrants sont aujourd hui largement déterminés par les forces du marché. Cependant, les bureaux agricoles régionaux ne sont pas tous bien préparés et équipés pour jouer le rôle important qui leur incombe dans le transfert de techniques améliorées de production végétale et animale aux agriculteurs. Afin d accroître l efficacité du service de vulgarisation agricole, le gouvernement a pleinement appuyé l initiative lancée dans le cadre de Sasakawa Global 2 000 pour porter le nombre des parcelles de démonstration d environ 350 000 en 1996 à 600 000 en 1997. Ces démonstrations, associées à un meilleur approvisionnement en intrants et à de bonnes conditions météorologiques, ont permis une progression sans précédent de la production de céréales vivrières et mis fin aux importations alimentaires. En outre, le gouvernement s est attaché à remédier aux contraintes auxquelles se heurte le système de recherche agricole et qui empêchent que soit transmise aux agriculteurs, de manière suivie, une technologie de production agricole rationnelle au plan écologique. Parmi ces contraintes figurent la fragmentation des institutions et l absence d entité juridique nationale apte à diriger et à coordonner des initiatives de recherche régionales, décentralisées et équilibrées. C est en partie pour cette raison qu aucune coordination générale des programmes et des priorités de recherche n est assurée entre les organismes de recherche fédéraux, régionaux et universitaires, dont les activités se chevauchent. Il existe des lacunes dans le champ d application du programme de recherche si bien que les techniques de production améliorées font défaut dans certains environnements particulièrement vulnérables et défavorisés où vivent des paysans démunis. Faute de mécanismes participatifs, on applique à la recherche une approche verticale. D ailleurs, l élevage, la gestion des ressources naturelles et les liens entre la recherche et la vulgarisation n ont pas reçu une attention suffisante. B. Données d expérience du FIDA et de l IDA 4. Il ressort du rapport final d exécution du projet de recherche agricole financé par l IDA en Éthiopie et achevé il y a deux ans, que: a) les institutions chargées de l exécution des projets devraient être dotées des pouvoirs et de l autonomie nécessaires en matière de finances pour gérer les ressources qui leur sont attribuées; b) l adoption de systèmes adéquats de comptabilité et de rapports financiers est une condition préalable de l utilisation et de la gestion efficaces des ressources; c) bien qu ils soient essentiels à la bonne formulation et à la bonne exécution des programmes de recherche, les liens entre la recherche et la vulgarisation ne sont pas toujours efficaces. Certains de ces enseignements concordent avec les conclusions du récent bilan à mi-parcours du Projet de crédit et de développement des coopératives dans la région Sud, financé par le FIDA en Éthiopie. Ces enseignements ont été pris en considération dans la conception du Projet de recherche agricole et de formation. D après les leçons tirées d autres projets de recherche agricole menés en Afrique orientale 2

et en Afrique australe, il semblerait que l établissement d un système de recherche agricole, en particulier la mise en valeur des ressources humaines, soit une initiative de longue haleine. Le plan de perfectionnement et d affectation du personnel dans le cadre du présent projet a donc été préparé de manière à assurer la disponibilité d un effectif de personnel qualifié pouvant suivre le rythme des activités. Les enseignements tirés du Projet de crédit et de développement des coopératives dans la région Sud et de la composante production informelle de semences du Projet de développement des systèmes semenciers ont toutefois prouvé qu il était tout aussi important d investir dans des mécanismes permettant aux ruraux pauvres d exprimer leurs besoins et de fournir des directives utiles pour la prestation des services publics. C. Stratégie de collaboration du FIDA avec l Éthiopie 5. La stratégie de pays du FIDA a été axée sur l exploitation des possibilités d amélioration de la sécurité alimentaire et de l état nutritionnel des ménages dans les zones fortement peuplées, à potentiel moyen ou élevé, caractérisées par une pauvreté chronique et transitoire. Elle a pour objet d accroître la production vivrière et la productivité de l agriculture de petite exploitation, en développant notamment les activités rémunératrices hors exploitation des femmes. La libéralisation de l économie a permis de poursuivre la mise en oeuvre de cette stratégie en améliorant la viabilité et la productivité des investissements des ménages agricoles. En particulier, le FIDA s est attaché à soutenir les organisations paysannes, qui donnent aux ménages pauvres les moyens de tirer parti de l amélioration du contexte politique, notamment de l accès au crédit commercial, par le biais de coopératives de services, et du développement de petits réseaux d irrigation appartenant aux agriculteurs qui en assurent la gestion. De plus en plus, cette assistance a été fournie dans le contexte de la décentralisation des institutions, selon une approche consistant à renforcer les capacités locales et à prêter assistance aux organisations locales à assise communautaire. Politique de lutte contre la pauvreté de l Éthiopie 6. La stratégie de développement du gouvernement a pour objectif principal de réduire durablement la pauvreté en conjuguant les facteurs suivants: croissance économique soutenue, amélioration des services sociaux de base et mesures visant spécifiquement à accroître les revenus des ménages agricoles ainsi que l autonomie des groupes et des communautés les plus pauvres, et à améliorer la qualité de leur vie. L idée maîtresse du programme de croissance économique est de maintenir la stabilité macro-économique en réduisant le déficit budgétaire, en luttant contre l inflation et en gardant un taux de change compétitif et des taux d intérêt positifs. La seconde initiative consiste à stimuler la production par le biais de la stratégie d industrialisation entraînée par le développement agricole, qui vise à intervenir dans trois domaines: a) amélioration de la productivité de la petite exploitation et de l agriculture extensive, en particulier dans les bas-fonds; b) amélioration de la productivité dans les secteurs de l industrie et des services; c) dans la production de minéraux pour diversifier les exportations éthiopiennes. La troisième initiative a pour objet d encourager l investissement du secteur privé en simplifiant les procédures régissant l investissement et le commerce, et en libéralisant le secteur financier. La quatrième initiative consiste à améliorer les infrastructures, les services, ainsi que l exploitation et la gestion des ressources naturelles. Activités de lutte contre la pauvreté financées par d autres donateurs importants 7. Les nombreux organismes d assistance, multilatéraux et bilatéraux, intervenant actuellement en Éthiopie centrent de plus en plus leur aide au développement sur des programmes sectoriels de lutte contre la pauvreté concordant avec la stratégie de développement du gouvernement. Dans le contexte des programmes d investissement sectoriel, l Éthiopie a été choisie par le FIDA et par la Banque mondiale pour y exécuter leur stratégie de collaboration et mettre au point des programmes communs. Le présent projet complétera les initiatives de lutte contre la pauvreté du programme de multiplication et de commercialisation des semences, centré sur les paysans, mis en oeuvre au titre de 3

la composante 4

production informelle de semences, cofinancée par l IDA, et il améliorera la viabilité à long terme des petits périmètres d irrigation aménagés et remis en état au titre du Programme spécial pour l Éthiopie - phase II, qui a pour institution coopérante l IDA. Stratégie du FIDA en Éthiopie 8. En tant que projet d investissement sectoriel, le présent projet offre au FIDA une occasion importante d influer sur l orientation des réformes politiques et institutionnelles au profit, dans le long terme, des éléments les plus pauvres parmi les petits exploitants d Éthiopie. La mise au point et l adoption de techniques de production végétale et animale écologiquement satisfaisantes est un objectif à long terme qui nécessite des investissements essentiels dans le renforcement des capacités, si l on veut mettre un terme au déclin continu de la productivité des petits exploitants et de la production vivrière par habitant. Les moyens d action doivent cependant être accessibles et bien adaptés. Par le biais du présent projet, le FIDA s assurera que les besoins et les priorités des ménages agricoles les plus pauvres vivant dans des systèmes agro-écologiques marginaux, arides et semiarides seront désormais convenablement pris en considération par les services de recherche et de vulgarisation agricoles, élargis, décentralisés et de plus en plus autonomes. Le projet renforcera en outre la capacité d ajustement du système de recherche agricole éthiopien aux besoins des paysans, utilisateurs finals, en améliorant les liens fonctionnels et institutionnels entre la recherche, la vulgarisation et les agriculteurs; ces mesures garantiront l utilité de la recherche agricole et l adoption des résultats par les paysans. Enfin, par le biais du Fonds pour la recherche agricole, le projet introduira la souplesse nécessaire pour faire en sorte que le système de recherche agricole éthiopien réponde effectivement aux besoins des différentes parties prenantes, en particulier des paysans démunis et des femmes, qui ne sont pas pris en considération dans les programmes relatifs aux produits de base. Raison d être du projet 9. Le principal objectif du développement en Éthiopie est de réduire durablement la pauvreté grâce à une croissance économique basée sur la stratégie d industrialisation entraînée par le développement agricole qu applique le gouvernement. Le présent projet contribuera à la fois à assurer la croissance économique et à réduire la pauvreté en augmentant la productivité du secteur agricole grâce au transfert continu de techniques améliorées de production végétale et animale, mieux adaptées aux besoins et aux priorités des paysans et favorisant l exploitation et la gestion durables des ressources naturelles. Les exploitations d environ 72% des 6 millions de paysans éthiopiens ont une superficie de 0,73 ha, insuffisante pour que la culture de subsistance qui y est pratiquée pourvoie aux besoins d une famille rurale, comptant en moyenne cinq personnes. Le projet favorisera le transfert d une technologie améliorée et, ce qui est tout aussi important, il fera en sorte que la mise au point et le transfert de cette technologie soient plus participatifs, dictés par la demande et utiles aux petits exploitants. Au titre du projet, on modernisera et on améliorera les infrastructures de recherche, et l on étendra la recherche à des zones agro-écologiques jusqu ici négligées, généralement sujettes à la sécheresse et caractérisées par une importante dégradation de la base de ressources naturelles et par la forte concentration de ménages particulièrement pauvres et vulnérables. Nombre de ces ménages ont été déplacés à cause de la guerre civile. Le projet appuiera les efforts déployés par le gouvernement pour aider les zones agro-écologiques isolées dont les infrastructures matérielles et sociales sont inadéquates. Plus précisément, on aidera à mettre en place au niveau local les moyens nécessaires pour lancer et administrer le programme de recherche agricole correspondant à la base de ressources naturelles et aux systèmes d exploitation spécifiques de la zone intéressée; par ailleurs, on incitera aussi les ménages à participer à la formulation et à l exécution des programmes de recherche. Ainsi, le projet devrait vraiment contribuer à réduire la pauvreté en facilitant une intensification durable de la production agricole. 5

DEUXIÈME PARTIE - LE PROJET A. Zone du projet et groupe cible 10. Les principaux bénéficiaires du projet, en tant que programme national d investissement sectoriel à long terme, sont essentiellement les petits exploitants, estimés à 6 millions et disposant pour la plupart de moins d un hectare; ces paysans constituent l immense majorité (environ 90%) de la population agricole d Éthiopie. En tant qu agricultrices et ouvrières agricoles, les femmes tireront profit de la mise au point de techniques améliorées de production et post-récolte, visant spécifiquement à rendre plus efficaces et moins pénibles les travaux agricoles. Le projet aura également pour objet de favoriser la participation des femmes à la recherche agricole, en recrutant davantage de femmes parmi les spécialistes et le personnel d appui. B. Objectifs et portée 11. L objectif de développement du projet consiste à appuyer la mise au point et l adoption continues d une technologie rationnelle de production végétale et animale qui ne nuise pas à l environnement, technologie qui améliorera également l exploitation et la gestion des ressources naturelles. Le projet vise à renforcer l efficacité, la productivité et la durabilité du système de recherche agricole éthiopien en s employant à: a) doter les institutions des moyens nécessaires pour gérer efficacement le système de recherche agricole; b) rationaliser les moyens utilisés pour définir, concevoir et classer par ordre de priorité les programmes de recherche; c) rendre ces programmes plus pertinents par la décentralisation, la consultation des parties intéressées et l établissement de liens efficaces entre la recherche, la vulgarisation et les agriculteurs; d) tirer parti de l ensemble des connaissances en la matière disponibles à l échelle internationale; e) consolider et renforcer les centres de recherche existants; f) étendre les services de recherche, sur la base d études de faisabilité appropriées, à des environnements agro-écologiques moins favorables, caractérisés par la pauvreté et par des systèmes de production disposant de ressources insuffisantes; g) mettre en valeur les ressources humaines en collaboration avec l Institut universitaire d agronomie d Alemaya. Le projet aidera à créer un contexte institutionnel favorable, à aborder les questions liées aux inégalités entre hommes et femmes et à garantir que des avantages suffisants sont offerts aux chercheurs pour les attirer et les maintenir dans le système de recherche. C. Composantes 12. Le projet comporte trois composantes: a) gestion de la recherche agricole; b) renforcement du système de recherche agricole; c) mise en valeur des ressources humaines. 13. Gestion de la recherche agricole. La composante appuiera: a) la mise en place et le développement d une organisation de recherche agricole éthiopienne (ORAE), faîtière et autonome, créée par proclamation du Parlement le 5 juin 1997, en vue de rendre la recherche agricole plus efficace, plus rentable et mieux adaptée aux besoins de développement du pays; b) la conception et l exploitation d un système de recherche agricole décentralisé, reposant sur une approche participative axée sur les clients; c) la formulation et la mise en application de procédures opérationnelles et de systèmes améliorés pour gérer la recherche agricole de manière coordonnée et efficace; d) l organisation de l atelier national de recherche agricole annuel destiné à tous les intervenants, qui a pour objet d examiner les résultats obtenus et le plan de travail et budget annuel; e) l établissement et l exploitation de liens efficaces, fonctionnels (groupements de recherche - agriculteurs) et institutionnels (conseils consultatifs recherche-vulgarisation) entre les services de recherche et de vulgarisation et les agriculteurs, utilisateurs finals, pour assurer le transfert et l adoption rapides et efficaces de techniques existantes ou nouvelles; f) la création d un système efficace d information et de documentation pour tous les organismes de recherche afin d établir des liens adéquats entre les centres de recherche à l intérieur du pays et les organismes de recherche 6

extérieurs hautement spécialisés; g) des études et des mesures visant à aborder les questions liées aux inégalités entre hommes et femmes au niveau de la recherche agricole; h) la création d un Fonds pour la recherche agricole qui apportera au système de recherche la souplesse nécessaire compte tenu des besoins et des priorités des paysans démunis qui n ont pas accès par exemple aux techniques de traitement et d emmagasinage après récolte, aux outils agricoles permettant d économiser la maind oeuvre et à la traction animale. Ce fonds aidera aussi à mobiliser des ressources supplémentaires auprès du secteur privé en vue d assurer la viabilité de la recherche agricole dans le long terme. En résumé, les fonds suivants seront accordés au titre du projet: 3,8 millions de USD pour appuyer la mise sur pied et le fonctionnement efficace de l ORAE; 5,5 millions de USD pour la modernisation du réseau d information et de documentation du système de recherche agricole éthiopien; 5 millions de USD pour le renforcement des liens entre la recherche, la vulgarisation et les agriculteurs; 1,5 million de USD pour la création d un Fonds pour la recherche agricole qui sera administré selon les directives et les critères de sélection adoptés par l ORAE, après approbation préalable de l IDA et du FIDA. 14. Renforcement du système de recherche agricole. Cette composante visera à remettre en état, moderniser et étendre le système actuel de la recherche agricole et ses infrastructures essentielles, de manière à améliorer son efficacité et à rendre le milieu de travail plus propice à des travaux de recherche sérieux, même dans des lieux éloignés et inhospitaliers. On prévoit de: a) moderniser et améliorer les infrastructures de recherche de 18 des centres existants, y compris le logement du personnel et les installations essentielles, pour un coût de 27,6 millions de USD; b) fournir des véhicules pour améliorer la mobilité du personnel et du matériel agricole afin de rendre les opérations plus efficaces; c) fournir du matériel de laboratoire, essentiellement pour remplacer le matériel usé, et le mobilier nécessaire. Le projet financera également, de manière dégressive, les dépenses de fonctionnement autres que celles de personnel. En outre, il appuiera le démarrage sur une petite échelle d activités de recherche biotechnologique, dont des recherches sur la culture tissulaire et la rhizobiologie, pour un coût de 3,8 millions de USD. Des liens de collaboration seront également établis avec des laboratoires spécialisés et, si du personnel formé est disponible, la recherche de pointe en biotechnologie sera entreprise en chantier dans un des centres de recherche. De même, la recherche en biotechnologie animale commencera par des activités de zootechnie et de génétique dans un des centres. L ORAE établira un plan d action détaillé en vue de mettre ce programme en chantier et elle obtiendra l approbation de l IDA dans chaque cas. Afin d appuyer l objectif national prioritaire de réduction de la pauvreté et d équité dans le développement régional, le projet financera la mise en place, pour un coût estimatif de 15,6 millions de USD, de six centres de recherche chargés de mettre au point des technologies pour les zones agro-écologiques marginales non couvertes jusqu ici. Dans ces zones vivent les paysans les plus pauvres du pays, exposés à des aberrations climatiques fréquentes et graves, notamment des sécheresses répétées, qui jusqu à présent n ont eu accès à aucune technique valable. La création de ces centres sera précédée par une étude de faisabilité approfondie et détaillée, effectuée conformément à un cadre de référence ayant l agrément de l IDA et du FIDA, au cours de la première année du projet. Les propositions d investissements seront soumises à l approbation préalable de l IDA et du FIDA. 15. Mise en valeur des ressources humaines. Cette composante renforcera la base de ressources humaines du système de recherche agricole en assurant une assistance et une formation techniques, destinées non seulement aux chercheurs, mais aussi au système d enseignement agricole (essentiellement Institut universitaire d agronomie d Alemaya). On renforcera cet institut afin d améliorer ses moyens d enseignement et de recherche, pour un coût estimatif de 8,8 millions de USD, en vue de développer sa capacité d accueil et d augmenter le nombre d inscriptions dans le premier cycle et le cycle supérieur. Pour se perfectionner, 43 membres du corps enseignant iront faire des études supérieures outre-mer (Ph.D.) et seront, pendant toute la durée de leur séjour à l étranger, remplacés par des professeurs expatriés, pour un coût estimatif de 9,5 millions de USD. Pour l amélioration des compétences du personnel de recherche des divers centres, on prévoira une 7

formation outre-mer pour 83 personnes (71 Ph.D. et 12 M.Sc.), le perfectionnement de 501 membres du personnel scientifique dont les qualifications atteindront le niveau du cycle supérieur, et des programmes de formation en cours d emploi à l intention du personnel de recherche, pour un coût estimatif de 9,5 millions de USD. D. Coûts et financement 16. Le coût total du projet est estimé à 90,6 millions de USD, y compris des provisions pour aléas d exécution et aléas financiers de 16,9 millions de USD. Les coûts en devises sont estimés à 48,7 millions de USD, soit 54% du coût total du projet. Les provisions pour aléas d exécution s élèvent à 10,5 millions de USD, soit 14% du coût de base. Les provisions pour aléas financiers sont estimées à 6,4 millions de USD, soit 9% du coût de base. Les coûts du projet par composante sont récapitulés au tableau 1 ci-dessous: TABLEAU 1: RÉSUMÉ DES COÛTS DU PROJET a (en millions de USD) Composantes Monnaie locale Devises Total % en devises % des coûts de base Gestion de la recherche agricole 5,9 7,4 13,3 56 18 Renforcement du système de 11,8 26,3 38,1 69 52 recherche agricole Mise en valeur des ressources humaines 7,4 14,9 22,3 67 30 Coût total de base 25,0 48,7 73,7 66 100 Provisions pour aléas d exécution 3,6 6,9 10,5 65 14 Provisions pour aléas financiers 2,7 3,7 6,4 58 9 Coût total du projet 31,4 59,2 90,6 65 123 a Toute discordance dans les totaux est due à l arrondissement des chiffres. 17. Le projet proposé sera financé par un prêt du FIDA d un montant de 18,2 millions de USD et par un apport de l IDA d un montant de 60 millions de USD, la contribution du gouvernement s élevant à 12,4 millions de USD. Le plan de financement détaillé par composante figure au tableau 2 ci-dessous: Do not delete this section break - it contains information about the PORTRAIT section above 8

LANDSCAPE page TABLEAU 2 - PLAN DE FINANCEMENT a (en milliers de USD) Total Gouvernemen IDA FIDA Total (taxes. Taxes et t Montant % Montant % Montant % Montant % Devises exclues) droits A. Gestion de la recherche agricole 1. Améliorer la fonction de gestion de l ORAE 589 15,6 3 87 84,4 - - 3 776 4,2 2 582 951 244 2. Améliorer le système d information et de documentation Renforcer l unité d information et de documentation de l ORAE 205 13,6 1 302 86,4 - - 1 508 1,7 1 124 239 144 Assurer la liaison à l échelon des centres de recherche 757 18,9 3 255 81,1 - - 4 012 4,4 2 377 1 285 350 Total partiel 963 17,4 4 557 82,6 - - 5 520 6,1 3 501 1 524 495 3. Mieux focaliser la recherche agricole Établir des liens avec les services de vulgarisation 941 20,1 - - 3 733 79,9 4 674 5,2 1 252 3 074 348 Renforcer les liens avec d autres organisations - - 381 100,0 - - 381 0,4 381 - - Fonds pour la recherche agricole 150 10,0 - - 1 350 90,0 1 500 1,7 900 600 - Total partiel 1 091 16,6 381 5,8 5 083 77,5 6 555 7,2 2 533 3 674 348 Total partiel 2 643 16,7 8 125 51,3 5 083 32,1 15 851 17,5 8 616 6 149 1 086 B. Renforcement du système de recherche agricole 1. Renforcer les centres de recherche existants 5 111 18,5 22 515 81,5 - - 27 626 30,5 17 873 6 626 3 127 2. Étendre le réseau de centres de recherche à de nouvelles zones 2 537 16,2 - - 13 075 83,8 15 612 17,2 11 626 2 518 1 468 3. Moderniser les techniques de recherche 725 19,0 3 095 81,0 - - 3 819 4,2 2 684 638 498 Total partiel 8 372 17,8 25 610 54,4 13 075 27,8 47 057 51,9 32 182 9 782 5 093 C. Mise en valeur des ressources humaines 1. Renforcer le programme du premier cycle de l Institut universitaire agronomique d Alemaya Améliorer les équipements d enseignement 1 382 16,4 7 058 83,6 - - 8 440 9,3 6 243 1 212 985 Améliorer les compétences du personnel universitaire - - 9 487 100,0 - - 9 487 10,5 9 487 - - Améliorer les équipements sur le campus 34 10,0 309 90,0 - - 343 0,4 309 3 31 Total partiel 1 417 7,8 16 854 92,2 - - 18 270 20,2 16 039 1 215 1 016 2. Améliorer les compétences du personnel de recherche Chercheurs des centres de recherche - - 9 124 100,0 - - 9 124 10,1 2 257 6 867 - Personnel de recherche dans d autres centres - - 339 100,0 - - 339 0,4 176 163 - Total partiel - - 9 463 100,0 - - 9 463 10,4 2 433 7 030 - Total partiel 1 417 5,1 26 317 94,9 - - 27 733 30,6 18 472 8 245 1 016 Total des décaissements 12 432 13,7 60 052 66,3 18 158 20,0 90 642 100,0 59 270 24 176 7 196 F O N D S I N T E R N A T I O N A L D E D É V E L O P P E M E N T A G R I C O L E a Toute discordance dans les totaux est due à l arrondissement des chiffres. Do not delete this section break - it contains information about the LANDSCAPE section above 9

F O N D S I N T E R N A T I O N A L D E D É V E L O P P E M E N T A G R I C O L E 10

PORTRAIT page E. Passation des marchés, décaissements, comptabilité et vérification des comptes 18. Passation des marchés. Les achats de biens et de services se feront conformément aux directives de l IDA et du FIDA. Les achats de biens s effectueront par voie d appels d offres internationaux dans le cas des contrats dont le coût est estimé à au moins l équivalent de 200 000 USD. Tout contrat n atteignant pas cette limite sera passé par voie d appel d offres au niveau national. Toutefois, les contrats dont le coût est estimé à l équivalent de 50 000 USD ou davantage seront passés après consultation de fournisseurs à l échelon international ou par l intermédiaire de l Organisation de services d achat interinstitutions, ou à la suite de consultations de fournisseurs à l échelle nationale ou du seul fournisseur existant dans le cas des articles de marque. Les travaux de génie civil seront adjugés à la suite d appels d offres internationaux pour tout contrat dont le coût est estimé à au moins l équivalent de 500 000 USD. Les contrats n atteignant pas cette limite seront passés par voie d appel d offres à l échelon national ou de consultation des fournisseurs à l échelon national. Les services de conseils et de formation seront obtenus suivant la méthode de sélection basée sur la qualité et le coût. 19. Décaissements. Le crédit de l IDA et le prêt du FIDA seront décaissés sur une période de six ans. Les décaissements destinés à couvrir toutes les dépenses se feront sur présentation de pièces justificatives complètes, sauf dans le cas des paiements effectués au titre de contrats relatifs à des biens, (d un coût équivalant à 200 000 USD au maximum), des travaux de génie civil (d un coût équivalant à 500 000 USD au maximum) et des services (d un coût équivalant à 100 000 USD au maximum pour les sociétés-conseils et à 50 000 USD au maximum pour les consultants particuliers). Ces décaissements se feront sur la base de relevés de dépenses certifiés. Pour améliorer l efficacité des décaissements du prêt et assurer les disponibilités liquides indispensables à la mise en oeuvre du projet en temps utile, l ORAE ouvrira un compte spécial à la Banque centrale d Éthiopie (ou dans une banque commerciale), selon des clauses et conditions jugées satisfaisantes par l IDA et le FIDA. Lorsque le projet prendra effet, un montant de 1,0 million de USD sera déposé au compte spécial pour financer la part des dépenses admissibles du projet revenant au FIDA. La date de clôture étant fixée au 31 mars 2005. 20. Comptabilité et vérification des comptes. L ORAE sera responsable de la comptabilité et de la gestion financière du projet et des comptes rendus, en conformité avec les principes comptables reconnus au niveau international. L administration et la gestion décentralisées de la recherche seront complétées par une comptabilité et une gestion financière également décentralisées. Des documents comptables seront établis pour toutes les dépenses liées au projet et vérifiés une fois par an, conformément aux règles internationales de vérification des comptes, par la Société de services d audit ou un autre organisme indépendant de contrôle des comptes accepté par l IDA et le FIDA. Les rapports de vérification des comptes du projet, y compris les opinions séparées sur le compte spécial et les relevés de dépenses, devront parvenir à l IDA et au FIDA au plus tard six mois après la clôture de l année budgétaire. F. Organisation et gestion 21. C est l ORAE qui sera responsable de l exécution globale du projet. Toutefois, la mise en oeuvre effective des diverses composantes et sous-composantes incombera à l ORAE, aux centres de recherche, y compris les instituts spécialisés, et à l Institut universitaire agronomique d Alemaya. Pour exécuter les activités du projet, les centres de recherche et l Institut recevront des fonds de l ORAE à laquelle ils devront rendre compte. À cet effet, l ORAE conclura des accords avec les autorités régionales ou les centres de recherche régionaux, l Institut et le Ministère de l agriculture 11

afin de renforcer les liens entre les services de recherche et de vulgarisation et les agriculteurs. Les mémorandums d accord devront être signés avant que le projet prenne effet. 22. L ORAE devra: a) définir les procédures de consultation des parties intéressées et de collaboration avec elles; b) établir un plan de recherche de cinq ans; c) approuver le programme de recherche de chaque centre de recherche ainsi que les recherches contractuelles en fonction des priorités et des ressources financières et humaines disponibles; d) assurer des liaisons appropriées entre les divers centres de recherche et les organismes extérieurs de recherche réputés; e) mettre en place un système rationnel d information et de documentation; f) renforcer les arrangements de transfert de technologies existantes ou nouvelles aux agriculteurs, notamment en promouvant des liens solides entre la recherche-vulgarisation et les agriculteurs au niveau des centres de recherche; g) encourager la participation des femmes à la recherche et veiller à ce que les spécificités de chaque sexe soient prises en compte dans la mise au point et l orientation des programmes de recherche; h) veiller à ce que chaque organisme d exécution respecte les mémorandums d accord; i) examiner les résultats de chaque programme de recherche pendant l année en cours et le programme de travail et budget proposé pour l année suivante, et communiquer les conclusions à de nombreuses parties intéressées, notamment le personnel de vulgarisation, les donateurs et les ONG; j) enfin, préparer un plan annuel de mise en valeur des ressources humaines, en veillant à ce qu un nombre suffisant de personnel qualifié soit disponible pour exécuter les programmes de recherche. Ce plan devra recevoir l agrément de l IDA et du FIDA avant d être appliqué. L ORAE établira en outre pour le 31 décembre 1998 un document exposant la stratégie de recherche agricole qu il communiquera à l IDA, au FIDA et aux autres donateurs. 23. Chaque centre de recherche sera chargé: a) de consulter les parties intéressées et les bénéficiaires et de collaborer avec eux; b) de définir le programme et les priorités de recherche en participation, sur la base des systèmes d exploitation; c) de préparer chaque année un plan d action détaillé indiquant notamment le personnel et le budget nécessaires à chaque activité de recherche, et d exécuter ce plan, après approbation; d) d assurer des liaisons étroites avec les organismes de vulgarisation; e) d assurer la mise en oeuvre ponctuelle et rationnelle des activités du projet; f) d établir et de tenir des comptes séparés relatifs aux activités du projet; g) enfin, de présenter des rapports et des comptes trimestriels à l ORAE pour faciliter le suivi, la supervision et l évaluation du projet. L Institut, qui fournira l essentiel des scientifiques travaillant pour l ORAE, jouera un rôle clé dans l exécution du plan de mise en valeur des ressources humaines et le renforcement des infrastructures à l Institut. Celui-ci entreprendra en outre des recherches agronomiques appuyant l enseignement et l orientation pratiques assurés aux étudiants. 24. Coordination du projet. La coordination globale du projet sera confiée au Directeur général de l ORAE qui assurera notamment la coordination au niveau fédéral avec le Cabinet du Premier Ministre et les ministères compétents. Cependant, à l échelon des centres de recherche, la participation des clients à l examen et à la planification des programmes sera assurée par la mise en place de liaisons étroites avec les organismes de vulgarisation et les autres intéressés. Afin de renforcer la coordination et la coopération interinstitutions, le Ministère de l agriculture, l Institut universitaire agronomique d Alemaya et certains représentants des autorités régionales siégeront par roulement au Conseil de la recherche agricole d Éthiopie. Ce conseil, créé en vertu de la proclamation N o 79/1997 du 5 juin 1997, devra orienter, diriger et superviser l ORAE et, par l intermédiaire de cette dernière, approuver les stratégies et programmes annuels de recherche à moyen et à long terme. Il assurera une bonne coordination entre tous les organismes de recherche et avec d autres services gouvernementaux. Le Conseil a déjà été constitué par le gouvernement et est entré en activité. 25. Suivi et évaluation. L ORAE, l Institut d Alemaya, les bureaux régionaux de l agriculture et les centres de recherche seront responsables du suivi et de l évaluation du projet, chacun à son 12

niveau. La collecte, le contrôle, l analyse et la diffusion des données seront confiées à l ORAE. Le suivi et l évaluation reposeront sur: a) l exposé de politique sectorielle du gouvernement; b) le résumé de la conception du projet (cadre logique), avec indicateurs à suivre; c) le manuel d exécution du projet. Le suivi et l évaluation seront assurés par les moyens suivants: a) réunions mensuelles d examen des activités sous la présidence du Directeur général de l ORAE; b) missions de supervision de l IDA; c) bilan à mi-parcours du projet avec l IDA et le FIDA dans les 36 mois suivant l entrée en vigueur du projet; d) enquête de référence puis enquêtes annuelles sur les bénéficiaires pour suivre les tendances des taux d adoption; e) évaluation par des homologues et des services extérieurs au moins deux fois pendant la durée du projet. Au niveau des centres de recherche des zones et des régions, les conseils consultatifs pour la recherche et la vulgarisation renforceront encore le suivi et l évaluation du système de recherche agricole assurés en permanence par les principales parties intéressées, notamment les agriculteurs qui sont les usagers ultimes. Deux fois par an, l ORAE transmettra à l IDA et au FIDA des rapports d activité sur l exécution et les résultats du projet en suivant le modèle adopté à l atelier sur le lancement du projet. Un rapport de fin d exécution sera établi dans les six mois suivant la date de clôture du prêt. G. Justification économique 26. La valeur économique actuelle nette du projet est estimée à 39,4 millions de USD en prix constants de 1997, avec un taux d actualisation de 12%. Le taux estimatif de rentabilité économique est de 19%. Le ratio coûts-avantages du projet s établit à 1,6 en valeur économique et la valeur critique à 59% pour les coûts et moins 73% pour les avantages. Du point de vue économique, le projet est sûr puisqu il doit se traduire par un surcroît total de production d environ 2,5 millions de tonnes jusqu à sa vingtième année (avec un maximum de 330 000 t par an dans les zones à potentiel élevé et de 26 000 t par an dans les zones à potentiel faible). Le taux global de rentabilité interne économique est calculé avec prudence puisque les avantages découlant du surcroît de production animale n ont pas été pris en compte dans l analyse économique. D autres garanties ont été prévues pour que les investissements au titre du projet soient viables et durables. En premier lieu, la mise à disposition de logements et d autres services sociaux qui sont toujours considérés comme un stimulant pour les scientifiques et les autres personnes travaillant pour les centres de recherche dans des endroits isolés sera précédée par une évaluation attentive des besoins au cas par cas. En deuxième lieu, la construction de nouveaux centres de recherche dans le cadre du projet sera fondée sur une analyse minutieuse de leur viabilité, de leur dimension, de leur portée et de leur rentabilité ainsi que des choix stratégiques s offrant à l ORAE pour aider les agriculteurs dans des milieux écologiques non étudiés jusqu ici. Le programme de cette étude qui devra être effectuée pendant la première année du projet devra être approuvé par l IDA et le FIDA qui examineront et approuveront les conclusions et recommandations auxquelles elle aboutira. 27. Avantages. Le projet offrira les avantages directs suivants: efficience accrue du système de recherche agricole, les institutions pouvant aborder les problèmes prioritaires des agriculteurs des diverses régions agro-écologiques du pays de façon financièrement rationnelle; production régulière de technologies améliorées répondant bien aux besoins des destinataires; capacité améliorée d éducation supérieure et de formation du personnel scientifique dans le domaine agricole; cadre de chercheurs en agriculture mieux formés et motivés, et meilleures perspectives offertes aux femmes; liaisons renforcées entre la recherche, la vulgarisation et les agriculteurs; enfin, transfert plus efficace de technologies. Ces avantages devraient accélérer la mise au point de technologies agricoles respectant l environnement en vue d une intensification durable des systèmes de production végétale et animale, ainsi que de l utilisation et de la gestion des ressources. Le secteur agricole acquerra de ce fait davantage de stabilité et de dynamisme pour mieux faire face aux sécheresses et aux famines, renforçant ainsi la sécurité alimentaire au niveau du pays et des ménages et accroissant les revenus des agriculteurs. À maturité complète du projet, le surcroît de production annuelle équivaudra à environ 260 000 t de céréales. 13