European payments Barometer 2010 à qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens?
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CSC À L ÉCOUTE DES TENDANCES Dans le cadre de son programme I.D.E.A.S (Inspiration, Debate, Executive, Annual Surveys), CSC réalise tous les ans plusieurs baromètres pour analyser à l échelle européenne les tendances et les perspectives des fonctions stratégiques de l entreprise (ressources humaines, finance, informatique, achats). Ces études, réalisées avec le soutien d instituts de sondage (IFOP et TNS Sofres), interrogent pour chacune de ces éditions une centaine de dirigeants des plus grandes entreprises et administrations publiques en Europe. Révélés lors d événements de prestige, organisés dans plusieurs villes européennes (Paris, Madrid, Barcelone, Milan ), les résultats de ces études sont également relayés par des partenaires médias (Les Échos, La Tribune, L Expansion, Liaisons sociales, Il Sole 24 ORE ) et académiques (universités et grandes écoles). 3
SOMMAIRE 1 La Synthèse Page 9 10. Contexte règlementaire et juridique. Vers un espace unique de paiement en euros 12. Les resultats. 5 grands enseignements à retenir 16 SEPA, DSP et évolutions technologiques. Les chemins de la transformation 12 les témoignages Page 19 21. Le SEPA aujourd'hui... et demain? 22. Philippe Citerne. Ancien administrateur et directeur général délégué - Société générale (Ancien président du Comité d orientation des moyens de paiement) 26. Gilbert Ernst. Directeur et Membre du Comité de Direction - Banque et Caisse d Epargne de l Etat (BCEE), Luxembourg 28. Elizabeth Fraser. Head of European Developments - UK Payments Council 30. Josef Gilger. Responsable du centre de compétences Paiements & Swift - HypoVereinsbank 32. Herve Sitruk. Consultant - Mansit SAS 34. Marc Temmerman. Executive Vice-President - Visa Europe 37. Quelle stratégie pour les banques? 38. Willy Dubost. Responsable du Département Monétique - BNP Paribas 42. Enrique Barthe. Directeur Business Développement et Innovation Moyens de Paiement - BBVA 44. Marc Carlos. Directeur des systèmes et services de paiement - Crédit Agricole S.A. 46. Zélia Livramento. Directrice, Systèmes de paiement - Caixa Geral de Depositos (CGD) 48. Robert o Santos. Directeur du développement commercial, du contrôle financier et des moyens de Paiement - Banco Santander 50. Luca Vanini. Responsable du développement des paiements - Unicredit 52. Paolo Zanchi. Responsable du département monétique, encaissements et paiements - Banca Monte dei Paschi di Siena 55. Les services de demain 56. Philippe Lemoine. Président Directeur Général - LaSer 60. Daniela Manuello. Responsable marketing - PosteMobile 62. Emmanuel Petit. Président et Directeur Général - Mastercard France 64. Gilles Sabatier. Directeur du marché banque-assurance - Orange Business Services 13 les résultats de l'enquête TNS SOFRES Page 67 14 les résultats de l'enquête efma Page 83 15 Les Paiements, un enjeu stratégique pour CSC et ses clients Page 93 96. Le contexte des moyens de paiement en pleine évolution 98. CSC, un leader dans ses trois métiers 5
6 Le Baromètre des Moyens de paiement CSC-EFMA a pour but de mesurer la perception des banques et des entreprises européennes sur l impact potentiel du SEPA (Single Euro Payments Area) et de la DSP (Directive sur les Services de paiement) sur le marché des paiements, et le niveau de préparation des acteurs à ces évolutions.
EUROPEAN PAYMENTS BAROMETER Le premier baromètre européen sur l impact du SEPA et de la DSP Démarche et méthodologie Il s agit du premier Baromètre européen sur l impact du SEPA et de la DSP. Il a été réalisé en collaboration avec l institut de sondage TNS Sofres et l Efma (European Financial Marketing Association) auprès d un échantillon composé d une centaine de décideurs dans les banques et les entreprises européennes et d une centaine d adhérents bancaires de plus de vingt pays européens. Les questions auxquelles CSC et l Efma ont cherché à répondre, à partir des enquêtes menées par TNS Sofres et l Efma, sont les suivantes : Le SEPA et la DSP vont-ils conduire à l harmonisation des règlementations nationales européennes et à la suppression des barrières nationales des marchés de paiement? Quels seront les impacts de ces deux évolutions sur les rôles futurs des principaux acteurs du paiement : banques et établissements de crédit, établissements de paiement, grand commerce et distribution? Produiront-elles les effets attendus? Quelle sera la réaction des divers acteurs? Anticiperont-ils ces évolutions? Ou attendrontils de voir si ces évolutions prennent forme avant d investir? Quelles modifications ces deux évolutions vont-elles engendrer en matière de services de paiement, de projets? Deux enquêtes en parallèle Afin de disposer d une appréciation globale, les deux enquêtes TNS Sofres et Efma ont été diligentées en parallèle, avec des moyens spécifiques et des questions concordantes : l enquête TNS-Sofres a été menée par interview; l enquête Efma a été menée via un questionnaire en ligne sur son site. Les questions posées concernent deux types d impacts : les impacts stratégiques du SEPA et de la DSP sur l intégration européenne et le marché des paiements ; les impacts opérationnels du SEPA et de la DSP sur l évolution des instruments de paiement actuels et futurs et sur le marché en général. Deux méthodologies distinctes Enquête TNS Sofres Une centaine de responsables dans les banques et les entreprises a été interrogée dans 8 pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Portugal, Royaume Uni) : pour la banque, il s agit d un échantillon regroupant les fonctions métier, back-office et informatique ; pour les entreprises, les typologies concernées sont les suivantes : grand commerce et distribution, administration centralisée ou décentralisée, grand organisme financier public ou parapublic, grande entreprise, PME. Enquête Efma Elle concerne une centaine de banquiers de plus de vingt pays européens, occupant 36 fonctions différentes dont les plus représentatives sont les fonctions commerciales, marketing et back-office. Ces deux enquêtes ont permis de dégager des tendances convergentes et significatives. 7
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1À qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN Payments Barometer la SYNTHèSE 9
SYNTHèSE Contexte règlementaire et juridique Vers un espace unique de paiement en euros La Single Euro Payments Area (SEPA) est un espace de paiement européen unifié mis en place par les pays membres de l'epc ou European Payments Council (Conseil européen des paiements). Cette zone vise à harmoniser les mode de transferts financiers (virements, prélèvements, carte bancaire ), en devise euro (monnaie d expression), entre les pays membres. 10
L ambition du SEPA L harmonisation des systèmes de paiement dans l Union européenne s appuie sur le projet SEPA (Single Euro Payments Area), qui a pour but la création d un espace unique de paiement en euros, et sur la DSP (Directive sur les Services de Paiement), qui lui donne le cadre juridique nécessaire et fixe les nouvelles relations entre les banques et leurs clients. Dans le cadre du SEPA, l EPC (European Payments Council) a défini trois instruments de paiement paneuropéens qui devraient se substituer à terme aux moyens de paiement nationaux équivalents : le virement SEPA (SCT), lancé en France le 28 janvier 2008 ; le prélèvement SEPA (SDD), mis en œuvre dans certains pays européens dès l entrée en vigueur de la DSP, le 1er novembre 2009, tandis que d autres pays comme la France ont reporté son lancement d un an; la carte de paiement, qui recouvre les cartes de débit et de crédit européennes et qui a une philosophie différente du SCT et du SDD. Le système de paiement par carte SEPA doit satisfaire un cadre européen défini par l EPC (dénommé SEPA Card Framework SCF) afin de permettre à l utilisateur d effectuer ses paiements et retraits aux mêmes conditions techniques, tarifaires et de sécurité partout en Europe. La DSP, ses objectifs et son périmètre d application La DSP a été adoptée par le Parlement européen le 24 avril 2007. Elle concerne tous les paiements (hors paiements en espèces et instruments sur support papier) de l Espace économique européen (à l exception de la Suisse) et toutes les devises. Elle a été transposée en droit français au 1er novembre 2009. La DSP vise à renforcer le droit des utilisateurs de services de paiement (notamment des consommateurs) à développer la concurrence et à réduire le prix des transactions de paiement. Cette directive concerne six catégories d acteurs de services de paiement dont un nouvel acteur non bancaire au statut allégé et au périmètre d activités strictement encadré : l établissement de paiement. Objectifs : plus simple, plus sûr, plus européen Pour la Commission européenne, les gains attendus du SEPA et de la DSP devraient être nombreux : Pour les entreprises : baisse des prix des services de paiement, gains de productivité, économies d échelle, meilleure intégration transeuropéenne et développement du marché européen grâce à des opérations transfrontières facilitées. Pour les commerçants : renforcement de la sécurité des paiements par carte. Pour les particuliers : amélioration de l acceptation de la carte de paiement par les commerçants lors des déplacements à l intérieur de l espace SEPA, concurrence accrue entre les prestataires européens, gestion de toutes les opérations SEPA depuis un compte unique, garantie des droits sur l ensemble de la zone SEPA. Pour les banques : rationalisation des traitements au niveau européen et opportunité de développement de services à valeur ajoutée pour leurs clients sur l ensemble de la zone. Mais l Europe étant un espace de paiement complexe - certains ont parlé du patchwork européen des paiements -, où chaque marché national est le reflet de l histoire et de la culture du pays, certains considèrent que ces objectifs ambitieux mettront beaucoup de temps à être atteint, et que même avec l euro, la création de ce nouvel espace de paiement européen reste un défi considérable. 11
5les Résultats grands enseignements à retenir 12
Les deux moteurs de l harmonisation des systèmes de paiement européens, le SEPA et la DSP, ont été conçus au profit des consommateurs et des entreprises. Les promoteurs du projet ont eu pour objectif de fonder l Europe des moyens de paiement sur les bases suivantes : harmonisation des règlementations nationales, diversification des acteurs habilités à offrir des services de paiement (au-delà des banques et établissements de crédit), développement de la concurrence entre les acteurs et baisse des prix des transactions. Il est intéressant de constater que les résultats de l enquête indiquent, contrairement aux attentes, que ce seraient les banques et les nouveaux «établissements de paiement» qui en tireraient le plus de profit. 1. Perceptions banques et entreprises : des perceptions différentes Les deux enquêtes montrent un écart significatif entre l opinion des banques et celle des entreprises sur l impact des deux initiatives d harmonisation européenne. Au-delà de leurs motivations et intérêts divergents, il apparaît clairement que, alors que les banques se sont généralement appropriées le sujet, les entreprises se sont moins mobilisées et qu un grand effort d information et de pédagogie reste à faire. Ceci explique en partie l écart constaté entre leurs visions respectives : une large part des banques envisage un impact fort du SEPA et de la DSP, à la fois sur le plan stratégique et sur le plan opérationnel, alors que seulement un tiers des entreprises européennes a la même perception. Ces dernières sont en réalité celles qui ont cherché à s informer et à instruire le dossier. 2. Acteurs Marché des paiements : des banques renforcées dans leur mission, des entreprises en attente La majorité des banques et des entreprises européennes considère que ces évolutions conduiront à une harmonisation règlementaire, sans aller jusqu à une unification des marchés, qui resteraient nationaux. Elles affichent un certain scepticisme quant à l impact réel du SEPA et à ses apports, en particulier les entreprises qui, avec les consommateurs, devaient pourtant en être les principales bénéficiaires. Trois quart des banques européennes et deux tiers des entreprises considèrent que ces évolutions ne remettront pas en cause la place des banques sur le marché des paiements, voire qu elles renforceront leur rôle. Il en va de même pour les systèmes de place nationaux (Ach) et internationaux (Pe-Ach) ainsi que le grand commerce et la distribution. Leurs positions sont plus divergentes concernant les autres acteurs du marché, notamment les nouveaux «établissements de paiement», les «Schemes» cartes nationaux et internationaux, les opérateurs privés et les SSII. Les banques ont probablement attaché plus d attention à l émergence d une nouvelle concurrence facilitée par le SEPA et la DSP. Les banques européennes sont près de 50 % à anticiper une forte concurrence des «établissements de paiement» et un accroissement du rôle des «Schemes» cartes internationaux en particulier. Une majorité prévoit également un accroissement du rôle des opérateurs privés et des SSII. Par ailleurs, l avis des banques et des entreprises est partagé sur l évolution des Ach et des Pe-Ach en particulier, ainsi que sur la future place du grand commerce et de la distribution, les entreprises y croyant plus que les banques. Enfin, 43 % des banques envisagent une réduction du rôle des «Schemes» cartes nationaux alors que 40 % d entre elles anticipent même un accroissement de leur rôle. Dans la plupart des cas, les positions des entreprises sont opposées à celles des banques! Les entreprises ont une vision nettement plus conservatrice, elles envisagent moins de changements majeurs et adoptent souvent une position d attente à l exception de certains (très) grands facturiers/remettants. 3. Transactions Un volume de transaction stable Concernant les volumes de transactions, tous semblent considérer que le SEPA et la DSP n auront pas d impact direct, la croissance des volumes dépendant bien plus de l évolution de la croissance des échanges européens, ceci vaut également pour les transactions par carte. Toutefois, à l intérieur du volume global, les banques prévoient une poursuite de la baisse de volume de certains moyens de paiement (chèques) et la baisse des moyens de paiement domestiques au profit des nouveaux instruments SEPA. De plus, les banques anticipent une croissance significative des paiements transfrontières et les paiements/services bancaires à distance ainsi qu une croissance de leurs revenus et une unification progressive du marché européen. 13
L avis des banques sur les paiements et services bancaires à distance est partagé par les entreprises avec la même conviction. Celles-ci sont aussi un peu moins enthousiastes sur la montée en puissance des moyens de paiement SEPA que les banques. Ni les unes ni les autres ne voient de changements significatifs dans le domaine du cash management. Cette vision est partagée par l ensemble des pays lorsqu il s agit de la banque à distance et des nouveaux instruments de paiement mais diverge au-delà. des revenus bancaires. Ceci explique que la moitié des entreprises anticipe une hausse globale des prix des services de paiement. L autre moitié espère, sans trop y croire, une stabilité voire une réduction du prix des transactions sous les effets conjugués de l harmonisation, de l européanisation du marché et d une concurrence accrue - le fameux «level playing field» tant prôné par les autorités européennes - engendrées par le SEPA et la DSP. 4. Modèles économiques Hausse des tarifs bancaires : des entreprises dans l expectative Même si cela n est pas explicite dans les réponses bancaires, il est clair que l harmonisation des paiements et des prix induite par le SEPA aura un impact sur les modèles économiques des virements (SCT), des prélèvements (SDD) et des cartes bancaires. Cet impact sera inégal d un marché à l autre suivant le contexte règlementaire du pays et le type de modèle économique remplacé. Si les banques anticipent un recul dû à la baisse de volume de leurs revenus sur les paiements «legacy» - par exemple les chèques et les virements actuels -, elles envisagent que leurs revenus augmenteront sur les nouveaux moyens de paiement, l émission de cartes et les flux transfrontières! Ceci, sans doute sous le double effet de leur montée en puissance volumétrique et des nouveaux services, qui seront bâtis autour des moyens de paiement qui subsisteront à terme. Il faut s attendre en tout cas à une refonte significative des modèles économiques et à la recherche de revenus de remplacement sous la forme de nouvelles offres de services de paiement, ou, suivant le type de moyen de paiement, à une considérable évolution des offres actuelles. Le fait qu une partie des répondants bancaires s attend aussi à une croissance des revenus sur la gestion des terminaux est plus surprenant, il en va de même pour le cash management. Ces évolutions pourraient cependant résulter d un fort développement des transactions transfrontières induit par le SEPA et la DSP. Les banques sont conscientes que l émergence de nouveaux acteurs en particulier sous la forme «d établissements de paiements» aura pour effet d aiguiser la concurrence sur les prix. Curieusement, les banques envisagent une baisse des prix si forte qu il faut sans doute distinguer entre le prix de la transaction de plus en plus automatisée (interopérabilité) qui baissera fortement, alors que la part des services et de la création de valeur ajoutée contribueront à générer des revenus de remplacement et, globalement, à une hausse 5. Investissements Des banques prêtes à investir pour garantir un haut niveau de service Les banques sont conscientes qu au-delà de la baisse probable du prix des transactions de base, l arrivée de nouveaux acteurs aura pour effet de développer la richesse des offres et d augmenter la qualité des services. Cette exigence d excellence opérationnelle, combinée à la mise à plat et la refonte des modèles économiques et des offres, va sans doute entraîner l ouverture de chantiers de transformation profonde et nécessiter des aménagements majeurs des processus de traitement des opérations et des investissements importants. Seule une partie des répondants bancaires semble le reconnaître et avoir pris la vraie mesure de la transformation du domaine des moyens de paiements en Europe et des investissements qui seront nécessaires. Les investissements porteront en particulier sur les moyens de paiement pérennes, c est-à-dire les nouveaux instruments SEPA - dont on ne voit émerger aujourd hui que la part strictement règlementaire -, les paiements transfrontières, les paiements à distance et mobiles et en général les services liés aux moyens de paiement. Les services autour de la monétique et ses infrastructures recueilleront une part importante d investissements. Il en va de même du renforcement de la sécurité, de la maîtrise des risques de crédit et opérationnels et de la lutte contre la fraude. Contrairement aux banques, la majorité des entreprises adopte une attitude attentiste. Seul un tiers d entre elles sont prêtes à s engager dans la prise en compte du nouvel espace européen des paiements La plupart des entreprises, sans s être penchées très activement sur le sujet, reconnaissent que certains investissements sans doute importants devront être consentis mais semblent attendre que les offres bancaires leur simplifient la tâche, mais probablement au prix d un surcoût. 14
Des ressentis différents selon les pays Les points de vue des banques et des entreprises divergent fortement d un pays à l autre, reproduisant les clivages traditionnels de l espace européen des paiements. Le Royaume-Uni est le seul pays pour lequel un quart des répondants n escompte aucun impact du SEPA et de la DSP sur le marché des paiements, et envisagent le maintien d une diversité européenne qui pourrait perdurer longtemps. La moitié des répondants s attend cependant à une harmonisation des règlementations, sans intégration des marchés nationaux. Cette position est prévisible dans la mesure où le Royaume- Uni ne fait pas partie de la zone euro et se montre traditionnellement eurosceptique. Cependant, un quart des répondants envisage une forte intégration des marchés nationaux européens, indiquant qu une certaine frange du marché britannique croit aux effets du SEPA et de la DSP. En Allemagne et surtout en Espagne, les répondants ne prévoient pas une forte intégration européenne et pas davantage l intégration des marchés nationaux, à l exception d une harmonisation des règlementations. En Espagne en particulier, on retrouve attentisme et scepticisme sur l apport du SEPA. Ce dernier, mais dans une moindre mesure, est aussi de mise en Allemagne. Les pays du Benelux et l Italie envisagent à plus des deux tiers - voire 100 % pour la Belgique - un impact fort ou très fort du SEPA et de la DSP, à la fois sur l harmonisation des règlementations, sur l intégration des marchés nationaux et sur la modification de la place et du rôle des divers acteurs des moyens de paiement. Cette position confirme le dynamisme et l anticipation des pays du nord de l Europe, et de façon plus inattendue, montre la mobilisation de l Italie. Enfin, la France se situe en position intermédiaire, avec à la fois : un sérieux scepticisme sur l impact du SEPA pour les deux tiers des répondants, au-delà de l harmonisation des règlementations ; une minorité de répondants qui envisage une intégration forte ou très forte des marchés et une forte modification de la place et du rôle des acteurs. Les réponses issues des pays du Centre et de l Est de l Europe confirment les anticipations des États européens du premier cercle sur l impact du SEPA et de la DSP. Par contre, ils n ont pas la même vision de leur impact sur les acteurs du marché des paiements. Cet écart se justifie par la différence de maturité des divers marchés en matière de moyens et systèmes de paiement. 15
SEPA, DSP et évolutions technologiques Les chemins de la transformation Les banques comme les entreprises intensifient leurs efforts dans le paiement à distance (@ internet) et les évolutions vers le paiement mobile, le paiement sans-contact et le prépaiement. L innovation technologique facilite et encourage une évolution vers l Europe virtuelle et l avènement de nouveaux modes de paiement. A long terme, l intégration européenne des moyens de paiement pourrait résulter en grande partie du développement des transactions de paiement à distance et du paiement par mobile. Les chantiers de préparation Dans l ensemble, les banques se montrent très concernées par la mise en place des nouveaux instruments de paiement, et en particulier le prélèvement SEPA (SDD), le nouveau cadre de protection du consommateur, la DSP, et envisagent le développement de services d acquisition transfrontières. Elles se sont également fortement mobilisées sur la mise en place des standards mondiaux d échanges de flux interbancaires. Par contre, elles n ont pas la vision d une refonte nécessaire du cash management, un chantier complexe en Europe et pour lequel la visibilité est encore faible. Le plus souvent, l accent est mis sur la mise en conformité règlementaire et rarement sur la refonte de l offre. Concernées par la perspective de la transformation du métier des moyens de paiements, les banques, à des degrés d intensité différents suivant leur taille et leur marché actuel, ont la volonté d investir en particulier pour ne pas perdre de terrain par rapport à la nouvelle concurrence des acteurs non bancaires. Généralement, il s agit toutefois à ce stade de projets défensifs et dont le centre de gravité est règlementaire plutôt qu offensif et innovateur en matière de modèle économique et d offre de services, ceci à l exception de quelques acteurs bancaires et non bancaires qui posent les premières pierres significatives d une vision stratégique à moyen terme. Les entreprises apparaissent moins mobilisées et peu concernées, sauf par le e-commerce. Curieusement, elles ne semblent pas très intéressées par le potentiel que représente, pour les centrales de paiement et d encaissement, non seulement l harmonisation du virement mais surtout du prélèvement SDD. Il en va de même pour les opportunités qu offrent le SEPA et la DSP au développement du cash management. A nouveau, ces résultats peuvent s expliquer par le manque d information et de pro-activité de nombreuses d entreprises concernant le SEPA et la DSP. Pour les banques, la gestion des mandats SDD a été un sujet pour 2009 et 2010 (hors France) et est un sujet pour 2010 et 2011 en France, alors que les entreprises parlent de 2011 et 2012. Les banques comme les entreprises intensifient par contre leurs efforts dans le paiement à distance (@ internet) et les évolutions vers le paiement mobile, le paiement sanscontact et le pré-paiement. L alignement des offres bancaires sur les entreprises, leurs besoins déterminés par les centrales de paiement et le développement de plates-formes de services bancaires européennes voire mondiales a fait ses débuts chez quelques grandes banques européennes. Toutefois, la majorité des banques considère encore qu il est important de développer ces plates-formes au sein de la banque. Le partage de plates-formes mutualisées et la soustraitance des processus banalisés à un opérateur privé font cependant leur chemin (25% des répondants). Les chantiers techniques, par ordre de priorité, sont : les adaptations SEPA, cartes bancaires incluses, et pour les créanciers la gestion des mandats, le SCT de masse, le 16
développement du e-commerce pour les entreprises, l interopérabilité banque-entreprise et les travaux EBICS/ Swiftnet et la gestion des mandats pour la banque des débiteurs (en B2C). Dans certains pays (Allemagne) et pour certains acteurs bancaires, suivant les pratiques du marché, le SDD en B2B a une priorité élevée. Montée en puissance de la monnaie électronique L innovation technologique facilite et encourage une évolution vers l Europe virtuelle et l avènement de nouveaux modes de paiement. A long terme, l intégration européenne des moyens de paiement pourrait résulter en grande partie du développement des transactions de paiement à distance et du paiement par mobile. Les enquêtes TNS Sofres et Efma montrent que les banques et les entreprises anticipent la croissance de la monnaie électronique. Jusqu à présent, les banques ne semblaient pas pressées de mettre en œuvre ces offres. Selon l Efma, le mobile n était pas perçu comme un outil de conquête de nouveaux clients, l attentisme dominait et les établissements préféraient mettre la priorité sur le développement de la banque via Internet. Désormais, l usage d Internet et des technologies mobiles deviennent matures. Toutes les grandes banques proposent des services de virement sur Internet. Ce type de paiement Internet s est répandu et est à présent couramment utilisé. Au-delà du paiement à distance, elles encouragent le paiement sans contact et le pré-paiement. Les banques s attendent à une forte croissance de ces modes de paiement et attachent à ce titre beaucoup d attention au chantier des nouveaux formats standards mondiaux d échanges de flux de paiements. Tous les acteurs du marché s attendent à une montée en puissance du paiement par téléphone mobile en raison de l intérêt marqué par le consommateur. Certains opérateurs téléphoniques estiment que le taux d adhésion de leurs clients à ce moyen de paiement serait supérieur à 90 %. De nombreux consommateurs considèrent que passer son téléphone devant un lecteur pour payer ses petits achats (transports, petites courses, parking ) ne constitue pas une innovation, tant le geste leur est naturel. Toutefois, l utilisation des cartes bancaires étant très développée en Europe, si les téléphones portables se substituent aux espèces, coûteuses pour les banques, ils menacent par contre les revenus générés par les cartes bancaires. La définition du modèle de répartition des revenus entre les banques et les opérateurs de téléphonie mobile est ainsi un point très sensible. Les opérateurs et les banques s étant enfin mis d accord (c est le cas en France) sur le partage de la valeur de ce service, le paiement mobile devrait enfin prendre son essor. 17
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2À qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN Payments Barometer les témoignages 19
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TÉMOIGNAGE Le SEPA aujourd'hui... et demain? La mise en place du SEPA aura fait couler beaucoup d encre, et certains points continuent à faire débat. Où en est-on aujourd hui? Quels sont les points critiques qui restent à déterminer? Et avec quelles conséquences? Six acteurs du dossier s emparent de ces questions, et brossent un portrait de ce qui demain pourrait concrètement changer dans l Europe des paiements. " SEPA, une solution en quête de problème... " Philippe Citerne Ancien administrateur et directeur général délégué - Société générale Ancien président du Comité d orientation des moyens de paiement - Fédération Bancaire Française " Des changements, oui, mais pas de Big Bang. " Gilbert Ernst Directeur et Membre du Comité de Direction Banque et Caisse d Epargne de l Etat (BCEE), Luxembourg Ancien président du Comité d orientation des moyens de paiement " Vers une Europe harmonisée. " Elizabeth Fraser Head of European Developments UK Payments Council " SEPA représente l avenir. Après tout, ce sont les paiements qui font tourner le monde " Josef Gilger Responsable du centre de compétences Paiements & Swift HypoVereinsbank " L Europe des paiements, une idée qui a fait du chemin en vingt ans mais qui reste à finaliser. " Herve Sitruk Consultant Mansit SAS " SEPA offrira un environnement sécurisé, standardisé et compétitif. " Marc Temmerman Executive Vice-President Visa Europe 21
" SEPA, une solution en quête de problème... " 22
TÉMOIGNAGE Philippe Citerne ancien administrateur et directeur général délégué Société générale ancien président du Comité d orientation des moyens de paiement Fédération Bancaire Française Vous avez suivi depuis le départ les travaux du SEPA. Avec le recul, comment jugez-vous les avancées de ces dernières années? Le sujet a été pris par le mauvais bout au départ. Tout est parti d une volonté de Bruxelles de baisser le coût des transactions transfrontalières. Indubitablement, il y avait à faire : avec des systèmes de paiement centrés sur chaque pays, les paiements transfrontaliers étaient coûteux pour les banques, chers pour les clients. Mais encore aujourd hui, c est un sujet mineur : en France, les paiements transfrontaliers ne représentent que 5 % des flux. L idée a alors germé qu en rendant tous les paiements domestiques homogènes, par définition, les paiements transfrontières cesseraient d être un problème. Plutôt que de bouger le tabouret, bougeons le piano! Et de fil en aiguille de présenter le SEPA comme la suite naturelle du passage à l Euro alors que le problème des paiements scripturaux est beaucoup plus complexe. En quoi le paiement scriptural est-il un service complexe ou spécifique? Il implique une forte confiance entre débiteur, créancier et banques compte tenu des risques de fraude ou de crédit. Depuis des siècles, les banques et leurs clients ont géré ces problèmes dans des univers juridiques hétérogènes et des usages des moyens de paiement très disparates : les allemands ont une forte préférence pour payer en liquide avec des coupures que les commerçants français refusent ; les français eux sont des utilisateurs massifs de chèques gratuits. Le problème simple c était le passage à l Euro comme monnaie fiduciaire ; avant tout un problème logistique (mettre à disposition les coupures). La vraie difficulté c est de passer à des moyens scripturaux européens. C est l analyse inverse qui a été faite et qui risque d être fatale au SEPA. Mais avec la DSP, les réglementations ont été harmonisées Cela a été fait un peu vite après avoir défini deux produits alors qu on aurait évidemment du commencer par là. Il faut maintenant vérifier en pratique que ces règles sont identiques dans tous les pays, et que dans chaque pays les possibilités de recours sont les mêmes, soit une bonne trentaine de cas différents. En matière de paiement, de fraude et de blanchiment, le diable est dans les détails. Cette vérification prendra beaucoup de temps. Sans oublier que la Commission européenne continue de penser que des paiements peuvent être confiés à des sociétés n ayant pas le statut de banque et faiblement régulées. On peut comprendre l attitude très prudente de certaines associations de consommateurs dans des pays où les garanties sont très fortes et les systèmes judiciaires solides. Qu en est-il donc aujourd hui? Nous sommes dans une situation étrange. Selon la Commission, les économies seraient colossales en cas d utilisation des produits SEPA. L univers juridique, toujours selon la Commission, serait harmonisé et les consommateurs pourraient dormir tranquille. Mais l âne n a pas soif et les produits SEPA sont utilisés de manière anecdotique. Aujourd hui, devant l échec du lancement, l idée de Bruxelles est de rendre obligatoire l usage de ces produits réputés si bénéfiques à une date donnée pour «forcer» l utilisation au lieu de la montée progressive retenue à l origine. Comme selon la formule bien connue «le peuple ayant déçu le Comité Central, le Comité Central a décidé de changer de peuple» Quelle est la position des différents acteurs dans les discussions en cours? Quelques grands opérateurs (grande distribution, sociétés pétrolières, Telcos..) ont un intérêt économique à disposer «d usines à prélèvements» efficaces qu il faut considérer; beaucoup de consommateurs n ont pas confiance dans des prélèvements effectués sur leurs comptes par des entreprises non bancaires localisées dans un pays au système judiciaire qu ils pensent moins sur que celui de leur marché domestique ; beaucoup de banques ne savent pas si elles peuvent faire les investissements importants nécessaires. La foule des autres acteurs, principalement des entreprises, ne voient guère pourquoi devoir investir dans une lourde refonte de leurs systèmes internes sans bénéfice évident en ces 23
Il existe une dynamique règlementaire qui pousse à l apparition de véritables banques européennes dans la zone Euro active dans les activités de retail dans plusieurs pays temps de crise. Dans le langage bruxellois, on cherche donc encore le «Sepa business case» de la plupart des intervenants, la Commission refusant de plus de valider un ensemble cohérent de principes de facturation. Vous parlez de quitte ou double. Que faut-il aujourd hui pour que SEPA devienne réalité? Sur le long terme, tout le monde s accorde sur la nécessaire émergence de moyens de paiements européens, dont certains utiliseront probablement des techniques nouvelles. Mais le problème n est pas d imaginer laborieusement un ou deux moyens de paiement. On ne peut raisonner qu en terme de système de paiement Il convient donc de clarifier les caractéristiques de long terme d un système de paiement européen. Dans ce cadre, tentons aussi d imaginer ce que pourrait être une carte de paiement européenne conforme à l état de l art pour un continent où fut inventé la carte à puce, et qui risque de perdre toute souveraineté en la matière et devoir se résigner à un oligopole non européen ( aujourd hui on peut se demander si l approche à l origine européenne du GSM ne serait pas sanctionnée ). Réfléchissons également à des moyens de paiement européens techniquement innovants (reprenons l exemple du GSM). Nous avons là pour l Europe des projets dignes du Traité de Lisbonne. Dans le quitte ou double, le quitte c est l approche coercitive qui vise à imposer des produits qui ne sont pas achetés, et continuer sur la voie actuelle. Le double, c est reconnaître l erreur de l approche initiale doublée d une gouvernance de projet qui ruinerait toute entreprise Il faut prendre le temps de définir des objectifs ambitieux et de long terme pour un système de paiement européen. Et ensuite engager un projet conduit d une manière professionnelle («business case», programmation, solutions alternatives, jalons..) avec une gouvernance forte et s inscrivant dans la durée, ce qui implique certainement un rôle accru des banques centrales, dont l expertise en matière de paiements est ancienne et naturelle. Il faudra bien sur définir des principes de facturation pour permettre aux différents acteurs de prendre position ; tout en trouvant en 24
attendant des solutions ad hoc et pragmatiques pour le transfrontière et pour certains gros utilisateurs du prélèvement en se limitant d abord à la zone Euro stricto sensu. La meilleure analyse de la situation actuelle du SEPA a été faite par les autorités européennes en comparant en novembre 2009 le lancement des produits SEPA à celui en 1869 du Cutty Sark, le meilleur clipper jamais construit et destiné, au vu de ses performances réputées exceptionnelles, au transport du thé. Mais au-delà de l excellence technique, il faut se souvenir que le coût du navire a ruiné son chantier naval, que lors de sa première course il perdit son gouvernail et fut battu largement par un navire existant (le Thermopylae, ça ne s invente pas..). Accessoirement, le canal de Suez fut ouvert à la même époque en parallèle avec le développement de la propulsion à vapeur. Le Cutty Sark dut être retiré du transport du thé faute de compétitivité. Visiblement le temps passé sur le «business case» avait été insuffisant. Nous n en sommes peut-être pas encore tout à fait là mais l exemple donné par les autorités européennes fait réfléchir. De façon plus générale, quelles grandes évolutions prévoyez-vous dans l univers bancaire? Il existe une dynamique règlementaire qui pousse à l apparition de véritables banques européennes dans la zone Euro active dans les activités de retail dans plusieurs pays, au moins deux grandes banques étant déjà dans cette catégorie. Ces banques ont évidemment intérêt à centraliser la gestion des paiements. Entre le jeu de ces acteurs et l avancée du SEPA, c est toujours la question de la poule et de l œuf. Et c est plutôt en donnant un cadre général de long terme pour les paiements en Europe qu on fera avancer les choses plutôt qu en imposant un produit ou deux, plus ou moins utilisables ici ou là. 25
" Des changements, oui, mais pas de Big Bang. " 26
TÉMOIGNAGE Gilbert Ernst Directeur et Membre du Comité de Direction Banque et Caisse d Epargne de l Etat (BCEE), Luxembourg Le Luxembourg semble en avance sur la mise en œuvre du SEPA? Etre un petit pays a ses avantages et ses inconvénients. Notre coût par transaction est élevé si nous restons dans un système domestique avec une masse critique insuffisante, de sorte qu il s impose parfois de migrer vers des systèmes standardisés plus globaux. Nous avons été précurseurs dans la généralisation de l IBAN et du BIC, en 2004, avec une seule structure pour les opérations domestiques et transfrontalières. En 2005, nous avons généralisé la norme EMV pour les cartes, et en 2006 nous avons migré entièrement notre compensation nationale sur STEP2, une solution PEACH gérée par EBA. Aujourd hui 90% des virements effectués au Luxembourg sont conformes à la norme SCT- contre 6,2 % seulement en Europe. Qu en est-il du prélèvement et de la carte SEPA? Ces deux chemins restent semés d embûches. Pour le SDD, une échéance a été fixée à novembre 2010, mais compte tenu des multiples particularités locales (notamment en matière de gestion des mandats) je doute qu elle puisse être respectée. Quant aux cartes De nombreux pays ont un système de carte de débit, qui fonctionne bien, comme le Bancomat au Luxembourg. Abandonnerons-nous notre système vers 2012 pour un standard international ou européen? Aucun standard ne s est vraiment imposé pour l heure. Nous déciderons peut-être de conserver notre système, en le rendant SEPA-compatible. Quel est pour vous l enjeu majeur, à ce jour? D un côté, un enjeu de régulation, pour trouver le bon équilibre entre concurrence et transparence. D un autre côté, un juste équilibre et une cohabitation indispensable entre les forces du marché et les instances officielles. Les unes ont besoin des autres pour que SEPA se réalise. A tire d exemple, le nouveau commissaire auprès de la Commission Européenne a évoqué 2012 comme date butoir pour la généralisation des SCT et SDD. Cela me semble trop ambitieux. Mieux vaut expliquer aux parties prenantes l intérêt de l harmonisation des paiements, adopter un calendrier réaliste, mais rigoureux et avancer. Voilà l enjeu, en deux mots : do it! Les changements en cours vont-ils modifier le jeu des acteurs dans l univers bancaire? Des changements, oui, mais pas de grands bouleversements. Les banques devront cohabiter avec de nouveaux acteurs (les Paypal et autres), mais elles ont de nombreux atouts dans leur jeu. Les entreprises profiteront de cette concurrence notamment les multinationales, pour qui le cash management sera plus facile. Quant aux entreprises locales et aux particuliers, ils bénéficieront d une transparence accrue et de coûts moindres sur le marché. Quels autres changements anticipezvous? Le e-banking est clairement amené à se développer. La sécurisation reste un enjeu pour les montants importants, mais les clients commencent à prendre progressivement l habitude des services on-line, et notamment l einvoicing est promis à un bel avenir. Nos collègues scandinaves soulignent d ailleurs que l instrument SDD est plutôt obsolète, dépassé par les paiements électroniques. Je ne crois pas cependant qu on remplacera le SDD par un Big Bang ; les deux systèmes cohabiteront sans doute quelque temps. Quoi qu il en soit, l EPC sera sûrement amené à introduire les paiements électroniques toujours davantage dans son champ de réflexion. 27
" Vers une Europe harmonisée. " 28
TÉMOIGNAGE Elizabeth Fraser Head of European Developments UK Payments Council Quels sont les enjeux clés liés à la mise en œuvre de la DSP et du SEPA? Le SEPA découle de la vision de la Commission européenne d un marché unique, nécessitant une harmonisation des systèmes de paiement (règlements, procédures et normes) à l échelle européenne et entraînant, à terme, l abandon des règles nationales de paiement de détail en euros. Cependant, la mise en place du SEPA n a pas pour effet de stimuler la demande intracommunautaire de biens et de services. Il facilite simplement les paiements entre les pays de l Union européenne. De nouvelles procédures de paiement SEPA ont été élaborées selon une approche consensuelle via le Conseil européen des paiements (EPC). S agissant des conditions d application, ceci signifie inévitablement que les fournisseurs et les utilisateurs finaux doivent accepter le changement et les compromis, ce qui n est jamais facile. Deux ans après l introduction de la procédure de virement SEPA, la migration ne concerne qu environ 6 % des virements effectués en Europe. C est pourquoi les professionnels et un certain nombre d acteurs demandent désormais à la Commission de fixer, au travers d une législation contraignante, une date butoir applicable à la migration vers SEPA. Cette piste est actuellement étudiée par le régulateur. La directive sur les services de paiement (DSP) a soulevé certains problèmes car il s agit d un cadre d harmonisation maximale assorti de nombreuses dérogations pour les États membres. Par conséquent, la profession a dû déployer beaucoup d efforts concertés, avec les ministres des Finances des pays concernés, afin d aboutir à une mise en vigueur la plus homogène possible au sein de l Espace économique européen. Quels seront les avantages directs et indirects sur les moyens de paiement utilisés dans l espace européen? Parce qu il met en place un marché intégré des paiements en euros, le SEPA implique, au sein de la zone euro, une migration des règles nationales actuelles de paiement de détail vers les procédures de paiement SEPA. Même dans le cadre des procédures SEPA, nous voyons actuellement émerger différents «régimes particuliers». Par exemple, en plus du principal système de prélèvement bancaire automatique SEPA, l EPC a institué une procédure interentreprises et un règlement relatif aux transactions à montant fixe pour répondre aux besoins spécifiques des clients. Du côté des utilisateurs finaux, les grandes entreprises auront plus de facilité à opérer à l échelle européenne et seront en meilleure position pour rationaliser la gestion de leur trésorerie, ainsi que les conditions et modalités d acceptation des cartes de paiement. Pour les personnes travaillant, étudiant ou possédant un bien immobilier à l étranger, il sera plus facile de transférer des fonds entre différents pays. Les voyageurs d affaires et les touristes devraient quant à eux voir leurs cartes de paiement plus largement acceptées. Au Royaume-Uni, nous examinons également la possibilité d adopter au plan national certains éléments des procédures de paiement SEPA. Quel sera l impact probable sur le paysage concurrentiel? La DSP vise à encourager les institutions non bancaires à investir le marché des services de paiement afin d accélérer l innovation et diversifier les options qui s offrent aux consommateurs. Quelles seront les conséquences probables de l ouverture du marché à de nouveaux acteurs? Une concurrence accrue, entraînant l émergence de «niches» et obligeant les acteurs à se différencier au travers de services à forte valeur ajoutée et de solutions innovantes. Cela devrait se traduire par un plus grand choix pour les utilisateurs finaux. Quel sera l impact du SEPA sur les modèles économiques? Les grandes et petites entreprises peuvent repenser leurs modèles économiques en s intéressant aux parts de marché plus vastes offertes par un marché européen élargi. Quels autres changements prévoyez-vous (technologiques, opérationnelles, etc.)? Nous prévoyons une poursuite des efforts en matière d interopérabilité, ainsi que l adoption de normes de messagerie ouvertes à l échelle mondiale. D autres régions du monde reprennent l approche qui sous-tend le SEPA. Ainsi, l International Payments Framework Association (IPF) finalise actuellement l encadrement réglementaire des virements IPF inspiré du modèle réglementaire et des principes de mise en œuvre des virements SEPA. Par ailleurs, cet organisme a établi des règles de mappage entre les virements SEPA et les virements en dollars effectués aux États-Unis. 29
" SEPA représente l avenir. Après tout, ce sont les paiements qui font tourner le monde " 30
TÉMOIGNAGE Josef Gilger Responsable du centre de compétences Paiements & Swift HypoVereinsbank Que représente le SEPA pour un acteur majeur des services financiers comme HypoVereinsbank? HypoVereinsbank (HVB) fait partie du groupe UniCredit. Nous partageons des activités communes, et comme toute banque nationale, nous proposons également nos propres produits en Allemagne, disposons de nos propres processus et opérons avec nos propres prestataires. Ce qui fait sens, dans la mesure où l Europe rassemble des pays différents, avec des lois distinctes, des systèmes de reporting hétérogènes, des licences bancaires nationales, etc. L Europe n a pas de système bancaire unifié comme aux Etats-Unis. Il n existe donc aucune réglementation centrale applicable aux banques pour le moment. Néanmoins, dans le domaine des paiements, qui ne constituent qu une partie des activités bancaires, il existe une problématique à part. Le SEPA est donc le schéma de paiement développé par les banques pour répondre aux exigences exprimées par les différents gouvernements de la zone euro. L objectif est de disposer d un marché financier intégré en Europe, car - nous le savons tous - ce sont les paiements qui tourner le monde. Les banques se sont-elles empressées de mettre en place ce nouveau schéma de paiements? Pas immédiatement. Pour être tout à fait honnête, elles ont tenté de gagner du temps jusqu à ce que plane la possibilité d une obligation gouvernementale dans le cas où rien ne bougerait. C est à ce moment là que les banques ont décidé de se lancer dans la mise en œuvre d un schéma SEPA, qui remplacerait à terme les schémas de paiement nationaux en place. Cette initiative a été ensuite validée par la DSP, définissant le cadre légal commun non seulement au domaine des paiements, mais également à l approche client paneuropéenne. Où en sont aujourd hui les banques? Les grandes banques, comme la nôtre, sont en attente. Nous avons mis en œuvre un système conforme au SEPA, qui exploite d ores et déjà les produits SEPA existants. Néanmoins, nous ne pourrons pas abandonner notre ancien système avant qu une réglementation européenne ne soit appliquée. Cette réglementation devrait être publiée en septembre et préciser la date à laquelle tous les anciens systèmes de paiement nationaux devront disparaître. Il est question de 2012 ou 2014... Et dans l attente? Les banques continueront à se préparer à cette date majeure en développant des fonctions, des produits et des services conformes à un système paneuropéen. Cependant, à l heure actuelle, il s agit d un processus parallèle, puisque nous opérons encore sur d anciens schémas, datant de près de 40 ans! A l exception du système bancaire, le SEPA n engendrera pas d avantages majeurs pour les clientèles privées. En revanche, pour les entreprises, elle représentera un bond de taille. Prenez Vodaphone qui collabore avec 5 à 10 banques dans chaque pays pour gérer ses paiements. Avec le SEPA, cet opérateur téléphonique sera en mesure de centraliser ses activités via un hub de paiement unique traitant l ensemble de ses paiements via quelques banques en Europe. Lorsque cette entreprise annoncera «j ai 5 milliards de transactions, quel est votre prix?», les prestataires de services financiers devront être les plus compétitifs pour remporter le marché. Autre exemple : la Commission européenne n utilise plus que 4 banques, contre 17 dans les années passées! L une de ces 4 banques est UniCredit. Quel impact le SEPA aura-t-il sur la scène bancaire? Cela métamorphosera radicalement le paysage bancaire mondial, en le compliquant pour les petites banques et en le rendant plus compétitif pour les grandes entités bancaires. Certains perdront en volumes de transactions, d autres tireront leur épingle du jeu. Tout cela est en parfait accord avec la volonté du Parlement européen à développer la concurrence. D ores et déjà, la DSP a changé les règles du jeu dans le domaine des paiements. Lorsque l on regarde le schéma de débits directs nationaux, l on constate que le tarif pour un débit direct en Europe peut varier de 0 à 6 pour le même produit ou service, tarifé différemment en fonction du pays. Avec le SEPA Credit Transfer, le système sera homogénéisé, ce qui créée déjà une certaine pression au sein des pays devant modifier l ensemble de leurs processus et infrastructures informatiques pour se conformer à ce système. Le paysage bancaire va donc bel et bien changer, en s appuyant sur de nouveaux processus et de nouveaux revenus. Les entreprises s attèlent déjà à la définition d une nouvelle stratégie conforme au SEPA. Le tout est de savoir si elles investiront dans ce processus de changement, externaliseront leur projet à des entreprises spécialisées, ou maintiendront leur infrastructure et solliciteront l assistance de partenaires pour l adapter à un schéma SEPA. 31
" L Europe des paiements, une idée qui a fait du chemin en vingt ans mais qui reste à finaliser. " 32
TÉMOIGNAGE herve sitruk Consultant MANSIT SAS Vous avez suivi de très près le feuilleton de l Europe des paiements depuis le début des années 90. Une idée qui a fait du chemin en vingt ans L idée d un marché unifié date du début des années 90. En 1994, j ai élaboré un premier rapport sur les systèmes de paiement en Europe, pour la Banque de France, avec l aide de la Commission Européenne, des autres banques centrales, le premier du genre, qui a donné naissance au «Blue Book» de la BCE. Je pointais que l Europe était un patchwork de systèmes de paiement, que certains pays, comme la France et l Allemagne, étaient en opposition de phase totale pour des raisons culturelles et techniques, et que le passage à l euro n y changerait rien, puisque ce n était qu une unité de compte. Après le succès de l euro, en 2002, Bruxelles a mis les banques en demeure de travailler à une Europe des paiements. Les banques ont créé l EPC, de nouveaux instruments de paiement, fixé des règles Mais elles ont navigué à vue, tant les objectifs étaient nombreux et fluctuants : il fallait créer un marché unique, développer une logique industrielle, défendre les droits des consommateurs et du commerce, accroître la concurrence, faire émerger un acteur européen dans le domaine des cartes de paiement, reprendre de l avance technologique, notamment avec Internet et le paiement mobile. Et cela continue encore, puisqu on parle maintenant du e-sepa Comment résumeriez-vous la situation actuelle? Huit ans se sont écoulés depuis le lancement du SEPA et la création de l EPC, avec de nombreux travaux de l EPC, beaucoup de débats, une directive et trois instruments de paiement européens., Mais, le projet est gigantesque sans chef de projet, sans financement, et sans planning précis, notamment dans le domaine des cartes bancaires! La DSP est une réponse essentielle, mais le SEPA ne peut réellement se développer tant qu un modèle économique n est pas fixé. Et le nouveau Commissaire M. Barnier ne peut que constater que les nouveaux instruments de paiement SEPA ne sont que très peu utilisés. Il semble décidé à fixer une date-limite pour les généraliser. La date de 2012 a été évoquée : elle est peut-être raisonnable pour le virement encore que l état de préparation des acteurs économiques, y compris les administrations, est encore faible; mais cette échéance semble irréaliste, pour le prélèvement et surtout pour les cartes, tant la diversité des normes techniques est grande entre les pays de l Union! Quelle date-limite pourrait-on envisager, selon vous? Prenons le sujet le plus complexe : les cartes. Nous sommes encore en phase de normalisation technique ; cela nous mènera (au mieux) jusqu en 2012. Mais pour généraliser un standard, en adaptant les systèmes et en adaptant ou en changeant tous les terminaux, il faut compter entre huit et dix ans! On pourrait donc arriver au bout du processus vers 2020. Cela paraît très long, mais dans le domaine des paiements ce n est pas anormal. L euro a pris 20 ans. Et la carte bancaire, lancée à la fin des années 60, ne s est généralisée en Europe que dans les années 90, et la carte à puce a ensuite aussi mis 20 ans à se généraliser en Europe et ce n est pas totalement terminé. Comment analysez-vous le jeu des différents acteurs? Les banques ont joué le jeu, même si parfois, elles ont semblé trainer des pieds, surtout pour des raisons économiques. Elles voient un intérêt majeur au SEPA, avec l ouverture potentiel d un marché paneuropéen. Dans le même temps, elles cherchent à protéger leurs recettes. Les grandes entreprises semblent peu mobilisées, sauf le grand commerce pour porter le fer contre les banques et les commissions d interchange. Mais la plupart sont peu préparées au SEPA. Elles attendent que toutes les conditions économiques ou techniques soient fixées pour investir et qu il n y ait plus d alternative, qu il y ait une date finale, une «end date». Et n oublions pas un autre acteur majeur : les administrations. Les pouvoirs publics pourraient donner l impulsion en adoptant les produits SEPA. Mais pour l heure, ce n est pas encore suffisamment le cas en Europe. Les consommateurs ne sont pas très moteurs dans le SEPA, même s ils vont bénéficier d une nouvelle règlementation, qui leur est très favorable, et d une baisse des coûts, mais elles craignent la confusion des règles qui pourraient en résulter. Le SEPA a-t-il une chance de succès selon vous? Oui! Il y a tout de même la constitution d un espace de paiement commun, avec une règlementation commune. Des instruments ont été créés, et la dynamique existe. Reste à trouver un véritable chef d orchestre, un planning précis et réaliste et une dynamique opérationnelle avec une mobilisation de tous les acteurs qui aille au-delà des banques. Car c est bien cela qui a fait le succès de l euro! Enfin, il faut un moteur économique qui convienne aux banques. Pour l instant, les interchanges financent les investissements dans les paiements, et font office de moteur économique ; attention donc à ne pas le casser 33
" SEPA offrira un environnement sécurisé, standardisé et compétitif. " 34
TÉMOIGNAGE Marc Temmerman Executive Vice-President Visa Europe Quels sont les enjeux et conséquences directes de l entrée en vigueur des directives SEPA? Il s agit d un programme de mise en conformité, avec toute la complexité qu un tel exercice amène. Il nécessite une totale réorganisation des règles, technologies et processus en place depuis des années. Cette complexité est précisément l argument phare avancé par les entreprises réticentes au changement. Mais en fin de compte, SEPA amènera une concurrence plus forte et donc des services améliorés. Prenez l exemple des virements bancaires : jusqu à présent, les institutions financières devaient passer par une chambre de compensation automatisée (ACH) pour mener leurs transactions financières. Grâce aux directives SEPA, un environnement compétitif sera mis en place, et les banques seront à même d utiliser n importe quel ACH en Europe. Justement, où en est la mise en application du SEPA? Il existe trois axes principaux déterminés par le Conseil européen des paiements (EPC), qui établissent les règles régissant les instruments de paiement employés pour les mouvements créditeurs, les débits directs et les paiements par carte bancaire. Un guide des règles des mouvements de fonds SEPA, auquel toutes les banques devront se conformer, a récemment été publié. A l heure actuelle, seuls 5% des mouvements créditeurs sont exécutés en conformité avec les règles du SCF. Quant aux débits directs, il n existe pour le moment aucun moyen direct pour qu un résident belge, par exemple, paie ses factures d électricité pour sa résidence en France depuis sont compte bancaire belge. Cela sera désormais possible avec la mise en place du projet «SEPA Direct Debit». Le planning de mise en œuvre pourrait être imposé par une réglementation européenne, couvrant éventuellement les deux projets, mais il ne fait aucun doute que d ici quelques années, les systèmes de transferts de crédit nationaux et les systèmes de débits directs auront tous été remplacés par des instruments de paiement SEPA à l échelle européenne. Concernant les paiements par carte, le projet SEPA Card Framework (SCF) a déjà été mis en place et les banques doivent s y conformer afin d aboutir à une harmonisation des processus. L aspect le plus important du programme réside dans le remplacement des cartes magnétiques par des technologies à puce. L Europe va devenir la première région au monde disposant d un environnement entièrement sécurisé pour la gestion des cartes, prenant le pas sur le reste du monde et lançant une tendance qui à terme s étendra du Canada à l Amérique du Sud, l Asie et l Australie. Le thème est déjà en pourparlers aux États-Unis. En outre, un important travail a été entrepris pour standardiser les composants entrant dans le processus de transactions par carte. Dans le système actuel, un vendeur de terminaux doit obtenir des certifications d une institution dédiée dans chaque pays. Demain, grâce au système harmonisé transfrontalier, le vendeur ne nécessitera qu une seule certification délivrée par un organisme de certification approuvé SEPA. En quoi les directives SEPA affectent les métiers? Le marché sera-t-il ouvert à de nouveaux acteurs? Comme je l expliquais, SEPA va radicalement changer la donne, puisqu une nouvelle concurrence apparaîtra avec la suppression des frontières nationales et l émergence d un marché européen ouvert. Les activités de standardisation ont d ores et déjà été finalisées pour le domaine des transferts de crédit, préparant le terrain pour le développement de la concurrence transfrontalière. Quant à la question de savoir si cela amènera de nouveaux acteurs sur le marché, je ne pense pas qu il s agisse de la première conséquence directe. Je parlerai plutôt de nouvelles opportunités, de diversification, de nouvelles offres de services Il existe de réelles opportunités pour étendre les services à un coût optimisé : par exemple, les banques disposeront d un plus vaste choix de prestataires de services à travers l Europe. Les grandes institutions financières paneuropéennes traitant avec 20 différents prestataires auront désormais la possibilité de choisir la meilleure proposition parmi un plus vaste éventail de prestataires Pour résumer, quel est votre sentiment vis-à-vis des directives SEPA en cours? SEPA est assurément un projet majeur : si l on prend l image du verre à moitié plein et du verre à moitié vide, SEPA représente définitivement un verre à moitié plein. Car à long terme, SEPA offrira un environnement sécurisé, standardisé et compétitif bénéficiant aux industries et aux parties prenantes. Et pour répondre à ceux qui s insurgent contre cette période de transition, je ferai référence à la déréglementation du marché des télécommunications. Au lieu de le détruire, comme beaucoup semblaient le penser, cette déréglementation a créé une dynamique, et regardez le résultat aujourd hui! Je suis convaincu que SEPA aura le même effet. Si la mise en place paraît longue, songez au périmètre global de ce projet : c est une véritable prouesse d obtenir l engagement de 30 pour mener un tel projet de transformation des processus de paiement. C est une première mondiale! 35
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TÉMOIGNAGE Quelle stratégie pour les banques? Ce sont elles qui ont le plus travaillé pour préparer le SEPA et les nouveaux outils de paiements européens. Mais quelle est au juste la position des banques? Comment anticipent-elles les nouveaux modèles économiques que le SEPA pourrait engendrer? Sept banquiers dressent ici leur analyse, en se penchant au-delà du SEPA pour évoquer l avenir des paiements un avenir très proche, même, avec l avènement prochain du paiement sans contact. " Carte de paiement sans contact ou M-paiement : qui sait ce que les Européens préféreront? " Willy Dubost Responsable du Département Monétique BNP Paribas " Les paiements via un téléphone mobile, occuperont à moyen terme, une place majeure. " Enrique Barthe Directeur Business Développement et Innovation Moyens de Paiement BBVA " Le paiement est un service universel. " Marc Carlos Directeur des systèmes et services de paiement Crédit Agricole S.A. " Je m attends à une certaine effervescence autour du SEPA au sein des entreprises européennes. " Zélia Livramento Directrice, Systèmes de paiement Caixa Geral de Depositos (CGD) " La crise affecte la globalité du marché des moyens de paiement... " Roberto Santos Directeur du développement commercial, du contrôle financier et des moyens de Paiement Banco Santander " La majeure partie des nouveaux entrants potentiels seront intéressés par la gestion de la clientèle, et non des flux. " Luca Vanini (Unicredit) Responsable du développement des paiements Unicredit " Concernant l arrivée sur le marché de nouveaux opérateurs, le scénario n est pas encore figé. " Paolo Zanchi Responsable du département monétique, encaissements et paiements Banca Monte dei Paschi di Siena 37
" Carte de paiement sans contact ou M-paiement : qui sait ce que les Européens préféreront? " 38
TÉMOIGNAGE Willy Dubost Responsable du Département Monétique BNP Paribas Quels sont les principaux changements dans l univers de la monétique? Depuis l invention de la carte à puce il y a quarante ans, nous avons connu de nombreuses évolutions techniques, avec une sécurité toujours accrue. Aujourd hui, nous assistons à de véritables révolutions. La première est technique, avec de nouvelles formes de paiement sans contact, avec la technologie NFC (Near Field Communication) : clé USB, cartes sans contact, paiement mobile par téléphone Elle induira bientôt une révolution des usages : pensez au paiement P-to-P (person to person), qui pourrait vous permettre, par exemple, de payer votre plombier par carte sitôt l intervention effectuée. S y ajoute une révolution marketing, avec un marketing résolument one-to-one et de nouveaux services autour du paiement des opérations de fidélisation ou de couponing, par exemple. Quel rôle joue BNP Paribas dans ces différentes révolutions? BNP Paribas a été à l origine de la création de l AEPM (Association Européenne Payez Mobile), qui regroupe les banques et les opérateurs de téléphonie pour définir l architecture du paiement mobile de demain. A ce titre, nous avons participé activement aux deux opérations pilotes menées depuis fin 2007 à Caen et à Strasbourg et nous serons bien sûr là pour l expérience niçoise qui démarre bientôt. Attention toutefois : nous se sommes pas là pour le plaisir de tester des technologies nouvelles. Nous jouons avant tout notre rôle de banquier! Notre mission est avant tout de répondre à une demande de nos clients dans un univers sécurisé. Y a-t-il aujourd hui une vraie demande pour le paiement sans contact? Pour certains segments de clientèle, c est indéniable. Habitués au téléphone mobile et aux cartes sans contact pour les transports, les jeunes sont portés vers ces nouvelles technologies pour accélérer les échanges. Ceci est particulièrement vrai dans le cas de petits montants (moins de 20 ou 25 euros), pour lesquels le client, dans les systèmes que nous avons mis en place, est dispensé de composer son code. L harmonisation européenne, sur laquelle nous travaillons avec l AEPM (Association Européenne «Payez Mobile»), devrait contribuer à élargir ce marché. Des banques anglaises sont en pointe sur le sujet au Royaume-Uni, ainsi que Visa (qui a déjà 6 millions de cartes sans contact sur le terrain) et qui devrait faire des Jeux olympiques de Londres en 2012 une gigantesque vitrine pour cette nouvelle offre. Que manque-t-il aujourd hui pour que l offre devienne réalité en Europe? Plusieurs questions restent en suspens. Il y avait, tout d abord, un enjeu de réglementation au niveau européen. Cela a pris du temps, mais c était essentiel pour garantir une sécurité optimale. D autres pays (le Japon, mais aussi l Inde ou certains pays africains) ont certes avancé plus vite, mais leurs systèmes ne pourraient répondre aux exigences européennes. Il nous reste aussi à finaliser certains aspects contractuels avec les opérateurs, sur le partage des responsabilités et des flux financiers. Il y a derrière cela des questions très opérationnelles pour les clients : si demain je veux m équiper d un téléphone avec une puce NFC, chez qui irai-je? Chez mon opérateur ou dans mon agence bancaire? Et si je perds mon téléphone, comment être sûr que la puce sera désactivée à la fois pour les communications et pour le paiement? Voilà ce que les expérimentations à venir vont nous permettre de régler. Quel bilan tirez-vous des expériences pilotes de paiement mobile menées à Caen et à Strasbourg? Sur Caen et Strasbourg nous tirons un bilan très positif. Nous avions équipé 1.000 clients testeurs d un téléphone NFC, et 200 commerçants avec un terminal spécifique. Les clients se sont fortement attachés à leur téléphone, malgré sa faible ergonomie (nous proposions des téléphones prototypes). Les commerçants étaient également satisfaits dans le cadre de ces pilotes, avec des progrès à leur apporter notamment pour le paiement de petits montants que le sans contact 39
Qui l'emportera? Celui qui saura proposer une offre de services adaptée, à un prix acceptable sans que le parcours du client ne soit plus compliqué que ce qu il est aujourd hui. devrait contribuer à multiplier. Nous devons encore travailler sur ce point. Nous allons très bientôt passer à une phase plus industrielle, avec une expérimentation à grande échelle sur la ville de Nice. Que va-t-il se passer à Nice? Le 21 mai démarre l opération «Nice, ville NFC». 3.000 téléphones seront mis en circulation et fonctionneront dans les magasins de la ville, mais aussi dans les transports ou les musées. Des cartes sans contact seront également proposées aux niçois et des terminaux sans contacts déployés auprès de nombreux de nos commerçants. Toutes les banques participeront à l opération, avec des propositions différentes en termes de produits, de services et de prix. De notre côté, nous testerons deux offres : l une avec téléphone mobile (très ergonomique), l autre avec une carte de paiement sanscontact. L expérience niçoise nous permettra de tester l appétence de nos clients pour telle ou telle offre et d observer concrètement les nouveaux usages des clients, mais aussi des commerçants et des opérateurs. C est passionnant! Avec la nouvelle réglementation européenne, attendez-vous l arrivée de nouveaux acteurs sur le marché du paiement? Cela a déjà commencé! A l image des Banques de la grande distribution qui ont déjà lancé ses offres sans contact. C est tout à fait normal, puisque cette technologie est universelle et interbancaire. Qui l emportera dans cette «bataille sans contact» qui s annonce? Celui qui saura proposer à ses clients (commerçants et particuliers) une offre de services adaptée, à un prix acceptable et qui fera en sorte que le parcours du client ne soit pas plus compliqué que ce qu il est aujourd hui. La sécurité du système d un côté, l expérience client de l autre : voilà la base du métier. Notez d ailleurs que si l Europe a harmonisé sa législation, il n en sera sans doute pas de même pour les usages. Les pays nordiques ont l habitude du téléphone portable depuis longtemps et privilégieront sans doute le paiement mobile, d autres pays préféreront la carte de paiement. Quant à la France nous le saurons bientôt! 40
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" les paiements sans contact, et plus spécifiquement ceux réalisés via un téléphone mobile, occuperont sans aucun doute, à moyen terme, une place majeure. " 42
TÉMOIGNAGE Enrique Barthe Directeur Business Développement et Innovation Moyens de Paiement BBVA Quels sont les enjeux clés liés à la mise en œuvre de la DSP et SEPA? Le premier enjeu est l ensemble des adaptations apportées aux systèmes, aux processus et à la gestion des clients par les établissements financiers en pleine période d incertitude économique. Le second, et non des moindres, est la parfaite compréhension par les clients du changement opéré au niveau des instruments de paiement, très utilisés au quotidien, et la manière dont ils peuvent en bénéficier. Quel sera l impact direct et indirect des moyens de paiement sur le marché? Cela dépendra du cadre dans lequel la loi sera mise en œuvre. En théorie, un espace unique de paiement devrait favoriser la compétitivité et, par conséquent, une plus grande utilisation des moyens de paiement au détriment de l argent liquide, ce qui serait intéressant en termes de coûts de gestion et de réduction des transactions relatives à l économie souterraine dans certaines zones géographiques. L impact indirect de la loi pourrait justement produire l effet inverse : en voulant différencier les taux d escompte et en permettant aux établissements d imputer au client final le coût d utilisation de la carte bancaire, il se peut que paradoxalement, ce dernier choisisse de payer comptant un même produit qu il achètera en moindre quantité. Dans ce cas précis, du fait des coûts de gestion impliqués, l utilisation des espèces sera à nouveau favorisée au détriment des cartes bancaires. Cela devra, toutefois, faire l objet d une évaluation plus détaillée au moment de la mise en œuvre de la loi dans les commerces. D après vous, quelles seront les conséquences de l ouverture des marchés à ces nouveaux acteurs? De nouveaux acteurs apparaîtront très certainement dans le secteur des moyens de paiement; c est en tout cas un des objectifs du SEPA et de la DSP. Certains se concentreront sur les paiements dématérialisés (Internet), d autres utiliseront de nouvelles technologies et formats liés à la téléphonie mobile. D autres encore s appuieront sur leurs bases de données clients ou leur offre commerciale actuelle, comme cela pourrait être le cas des opérateurs de télécommunication. Il est fort possible qu apparaissent de nouvelles alliances entre les opérateurs financiers traditionnels et ces nouveaux acteurs, lesquels associeront leurs moyens technologiques et commerciaux au profit des clients. Quel sera l impact du SEPA sur les modèles économiques? Je répondrai à cette question en abordant l impact sur les cartes bancaires, et non celui sur les virements bancaires émis ou reçus. La baisse des taux de change est un fait, la migration vers les cartes à puce EMV est déjà amorcée et la différenciation des taux d escompte dans les commerces selon le type de transaction a déjà été approuvée. Cela suppose donc des revenus moindres pour les banques, une concurrence accrue au niveau des tarifs bancaires, et surtout, cela implique un énorme investissement pour adapter la technologie (cartes bancaires, systèmes d acception et d acquisition) au standard EMV. Ce modèle met en péril certains modèles économiques spécifiques comme les «monoliners», dotés de peu d infrastructures innovantes et de réseaux commerciaux négligeables dont l activité principale est l émission de cartes bancaires. D autres entités multiservices dotées des réseaux commerciaux verront aussi diminuer leurs revenus. Elles pourront néanmoins profiter du progrès technologique pour investir dans l innovation et les nouveaux services à valeur ajoutée qui, à moyen terme, leur permettront de rééquilibrer leurs résultats. Quels autres changements prévoyezvous dans un avenir proche? (en matière de technologie, opportunités, etc.) Outre les investissements requis par les établissements financiers, je crois que de nouvelles perspectives très importantes se présenteront dans le domaine de l innovation : les paiements sans contact, et plus spécifiquement ceux réalisés via un téléphone mobile, occuperont sans aucun doute, à moyen terme, une place majeure. Les possibilités qui s ouvrent aux clients via l intégration d une carte bancaire dans un téléphone mobile sont infinies. On pourra ainsi consulter le solde de son compte et ses opérations bancaires, demander en direct le financement d un achat, bénéficier de son programme de fidélité directement via son mobile, etc. Nous assisterons également à une grande révolution des formats et des habitudes de paiement dans les prochaines années. Modérée au début, elle sera néanmoins très visible sur des segments ciblés du marché. 43
" Le paiement est un service universel. " 44
TÉMOIGNAGE marc carlos Directeur des systèmes et services de paiement Crédit Agricole S.A. Quelle analyse faites-vous aujourd hui de la mise en place du SEPA et de la DSP? Les banques ont engagé des investissements considérables pour intégrer dans leurs systèmes d information les nouveaux moyens de paiement SEPA. La DSP créant par ailleurs de nouvelles obligations, pour les systèmes de paiement nationaux et SEPA, les banques ont tenté de convaincre leurs clients de migrer vite mais elles se sont heurtées à la résistance des marchés nationaux et l important maintenant, est qu une date de fin de migration soit fixée! Alors seulement, chacun des acteurs pourra s organiser. Les établissements de paiement sont-ils une menace pour les banques? La DSP entend assurément favoriser la concurrence, mais les activités qu elle prévoit pour les établissements de paiement restent limitées. En France, si je suis bien informé, seules deux licences ont été accordées et sous conditions Cela dit, si on regarde bien, la concurrence existe déjà : Carrefour émet désormais une carte qui ne se conforme qu aux règles Mastercard, alors qu elle utilise des infrastructures Carte Bancaire. Verra-t-on apparaître de nouveaux modèles économiques? C est l un des enjeux du moment avec en toile de fond la question des commissions d interchange. Quand vous réalisez un paiement, vous délivrez implicitement un double mandat à votre banque, et à celle du commerçant. Cette opération a un coût (qui inclut la détection des fraudes), lequel doit bien être couvert. Reste à déterminer un juste partage de la valeur. Sera-t-il décidé par le marché, ou fixé par un régulateur? La deuxième solution me semble plus équitable. Parce que le paiement constitue un service universel, il n y a pas de raison pour qu une petite banque paie plus cher qu une grande banque. Quelles autres évolutions retenezvous dans l univers des paiements? Le potentiel de la banque à distance et du commerce électronique est encore gigantesque. Pensez que les technologies permettent aujourd hui d imaginer un moyen de paiement qui deviendrait indépendant du canal utilisé (internet, téléphone ou carte). Un instrument de paiement universel, en quelque sorte! Regardez aussi ce qui se passe sur certains sites Internet : avec une monnaie virtuelle, deux personnes peuvent s échanger des biens physiques. Nous n avons pas encore mesuré toutes les conséquences de ces phénomènes. Quels sont les modèles sous-jacents de ces transactions? Comment surveiller la fraude? Que se passera-t-il si un de ces sites, ayant «capté» des millions d utilisateurs, décide soudain d augmenter les commissions de paiement? L Europe jusqu à présent s est occupée des moyens de paiement traditionnels. Il y aurait beaucoup à faire autour de ces nouveaux moyens d échange, à la fois pour les sécuriser et pour donner l impulsion à des modèles devenus inéluctables. Quels seront les grands enjeux des mois qui viennent? L Europe a institué un comité SEPA pour piloter le projet. C est une initiative importante : il manque en effet une vraie gouvernance, pour décider de ce qui sera du ressort de la loi et du jeu des acteurs, mettre la pression sur ces derniers pour avancer... Que ce Comité soit mis en place et se mette vite au travail, voilà la priorité. 45
" Je m attends à une certaine effervescence autour du SEPA au sein des entreprises européennes. " 46
TÉMOIGNAGE Zélia Livramento Directrice, Systèmes de paiement Caixa Geral de Depositos (CGD) Quels sont les principaux enjeux liés à la mise en œuvre de la DSP et du SEPA? La DSP définit les fondations légales des services de paiement et du SEPA dans le marché intérieur. Elle se fonde sur trois piliers centraux : l augmentation de la concurrence, l amélioration de la transparence et la garantie d un niveau de protection des clients et consommateurs commun à toute l Europe. Globalement, les enjeux clés de ce projet résident en la mise en place de nouveaux régimes de licence, encourageant les entreprises autres que les banques à entrer dans le marché des paiements, l instauration de règles communes relatives à l accès aux systèmes de paiement et la définition de clauses de responsabilité maximale pour les utilisateurs de services de paiement dans le but de garantir la protection des consommateurs. D autres enjeux apparaissent également, notamment la définition de standards communs pour les termes et conditions générales et les informations posttransaction, la nécessité d une transparence totale et la promotion de nouveaux types de paiement, plus efficaces. Quels impacts probables le SEPA aurat-il sur les méthodes de paiement proposées par le marché? Le principal impact direct concerne l harmonisation du marché européen des paiements. Quant à l impact indirect, il a trait aux investissements substantiels requis de la part des prestataires de services de paiement. SEPA opèrera comme un marché unique de services de paiements domestiques, par lequel les citoyens et intermédiaires financiers pourront effectuer des paiements internationaux au sein de l Union européenne, aussi facilement et au même tarif que dans leur pays. Le SEPA cultivera la transparence et la concurrence, avec pour conséquence des systèmes de paiement moins chers et plus efficaces au sein de l Europe. Au cours de la période de «migration», si on peut l appeler ainsi, pendant laquelle les méthodes traditionnelles de paiement seront, petit à petit, mises à l écart, les pays participants mettront en place des plans de migration nationaux visant à supprimer leurs produits de paiement domestiques. Je pense qu il serait possible d atteindre une masse critique en termes de volumes de transaction SEPA vers 2011. Quels développements pourrionsnous constater au sein du paysage concurrentiel mondial? Les changements à attendre prendront probablement la forme d une concurrence plus sévère entre les acteurs présents et les nouveaux entrants, qui tenteront tous deux de capitaliser sur les opportunités existantes et de tirer un profit maximal de ce nouvel environnement de marché. Cette concurrence accrue accélèrera également le regroupement des différentes procédures et cultures au sein d un seul et même marché intérieur, et résultera ainsi en un paysage de paiements harmonisé. Les contours de se paysage s éclairciront à mesure que nous avancerons dans le temps ; néanmoins, il faudra certainement attendre encore de nombreuses années de labeur des parties prenantes avant que cet objectif ne se concrétise. Quelles seront les conséquences probables de l ouverture du marché aux nouveaux acteurs? L ouverture du marché aux nouveaux entrants aura de nombreuses conséquences : celle de promouvoir la réduction des coûts (pour les utilisateurs finaux), de nuire potentiellement à la rentabilité de certains acteurs (notamment les banques), de pousser les acteurs du marché à définir de nouvelles approches stratégiques orientées SEPA, de motiver la création de méthodes de paiement plus efficaces, de générer des bénéfices qualitatifs et quantitatifs pour les utilisateurs finaux, et surtout, de développer la concurrence et d accroître la transparence. A quels autres changements pouvonsnous nous attendre? Je m attends essentiellement à un changement d attitude, puisque nous passerons d une approche passive à une approche volontariste au nom de tous ceux que le SEPA impacte. Mais je m attends aussi à une certaine effervescence autour du SEPA au sein des entreprises européennes. Toutes les parties prenantes peuvent et doivent jouer un rôle dans ce programme les autorités de réglementation, les prestataires de services de paiement, mais également les organismes du secteur public et les entreprises privées, principaux utilisateurs de services de paiements. 47
" La crise affecte la globalité du marché des moyens de paiement, dans la mesure où elle affaiblit la consommation des ménages. " 48
TÉMOIGNAGE Roberto Santos Directeur du développement commercial, du contrôle financier et des moyens de Paiement banco santander Quels sont les enjeux clés liés à la mise en œuvre de la DSP et du SEPA? À mon sens, il existe deux enjeux clés. D une part, la migration de l ensemble des cartes bancaires vers la norme EMV et, d autre part, l adaptation des processus opérationnels et technologiques aux nouvelles normes, y compris les mesures de communication et de modification de contrats / conditions à mettre en place pour les clients. Quel sera l impact sur le marché? Si l on prend la carte bancaire, les points de vente et les distributeurs automatiques de billets, je ne pense pas que cela entraînera des changements significatifs à moyen terme. Sur le long terme, peut-être évoluerons-nous lentement vers une diminution des retraits aux distributeurs au profit des achats par carte bancaire. D une part, suite au niveau de sécurité accru proposé par les technologies et les lois actuelles. D autre part, avec l émergence de nouveaux utilisateurs, plus jeunes et plus enclins à utiliser des moyens de paiement électroniques. La consolidation imminente du secteur financier dans son ensemble, notamment au niveau des caisses d épargne, mènera également à une période de transition au cours de laquelle les différentes entités lutteront pour attirer des clients et gagner des parts de marché. Nous assisterons au développement d activités de moyens de paiement au sein des entreprises de distribution, de téléphonie et autres. Cette nouvelle activité s accompagnera de la mise en œuvre de nouvelles solutions technologiques pour effectuer des paiements de manière plus simple et plus sécurisée, même si celles-ci sont attendues à plus longue échéance. Quelles seront les conséquences de l ouverture des marchés à ces nouveaux acteurs? A l exception du développement de ces nouvelles activités, l impact sera très faible. En Espagne, l expérience des acteurs spécialisés a clairement démontré les obstacles importants à l introduction de nouvelles activités fortement liées au secteur bancaire. Si, en plus, on tient compte du fait que, contrairement à d autres pays, nous ne possédons pas d agence de crédit, l attrait du marché espagnol pour un nouvel acteur est très limité. Toutefois, si l on possède une base de clients importante et des capacités sur le plan technologique ou sur le plan commercial pour accéder au marché des moyens de paiement, cela peut devenir intéressant. Les modèles économiques seront-ils affectés? De manière générale, tous les mouvements de régulation, aussi bien passés que futurs, profitent davantage aux commerces et aux consommateurs qu au secteur dans son ensemble, puisque l application de nouvelles normes entraîne généralement une baisse des revenus (telle que la baisse des taux de change ou le remboursement partiel de certaines commissions résultant de la DSP) ou la nécessité de réaliser les investissements appropriés (par exemple, la norme EMV). De ce fait, certains modèles d entreprise cesseront d être autonomes pour agir en relation avec le secteur bancaire. Ainsi, le débit, bien que peu rentable, sera de plus en plus nécessaire aux activités bancaires des particuliers. En ce qui concerne les cartes de crédit, il faudra de plus en plus s appuyer sur les crédits «revolving» et sur la vente d autres produits et services associés pour assurer la rentabilité. Sur le plan juridique, quels sont les autres avantages que présente la DSP? Sans aucun doute la protection et la sécurité accrue des clients est l avantage majeur de cette directive. Cependant, pour ma part, je pense également qu elle contribue à harmoniser le panorama européen au regard des règles de fonctionnement et du type d acteurs impliqués, facilitant ainsi l accès aussi bien à de nouveaux marchés qu aux offres commerciales proposées par les concurrents. Enfin, comment la crise affecte-t-elle les moyens de paiement? Faudra-t-il adopter des mesures spécifiques? La crise affecte la globalité du marché des moyens de paiement, dans la mesure où elle affaiblit la consommation des ménages. Même s il existe des moyens de recours permettant d augmenter la pénétration des cartes de crédit, la réalité est telle que la croissance historique du marché est fortement liée à l évolution du PIB et du taux de consommation. Par conséquent, en période de crise, le pouvoir d achat baisse considérablement. D autre part, le marché du crédit en particulier se voit davantage affecté par la morosité accrue en période de fort taux de chômage, comme c est le cas actuellement. Je pense que la réglementation espagnole en matière de provision pour insolvabilité est suffisamment conservatrice pour faire face à l impact que la crise peut générer sur le secteur des moyens de paiement. 49
" la majeure partie des nouveaux entrants potentiels seront principalement intéressés par la gestion de la clientèle, et non des flux. " 50
TÉMOIGNAGE Luca Vanini Responsable du développement des paiements Unicredit Comment le marché des systèmes de paiement en Italie se dessine-t-il? C est un scénario très complexe, surtout dans le contexte actuel : le ralentissement de l économie et l effondrement des taux ont en effet eu un impact important sur la marge opérationnelle des établissements bancaires. Dans un futur proche, il est probable que ces acteurs réagiront différemment, en fonction de leur clientèle. De leur côté, les banques de détail, qui représentent la majorité des établissements bancaires italiens, s efforceront de proposer de nouveaux produits. Elles seront par conséquent encouragées à améliorer leur efficacité en externalisant leurs processus et leurs compétences en systèmes de paiement à des acteurs spécialisés, déjà très présents sur le marché anglo-saxon, par exemple. En Italie, les banques coopératives fonctionnent déjà de cette façon. Les banques commerciales, elles, devront s adapter à une compétitivité plus limitée et se focaliser sur la création de services à valeur ajoutée, capables d'attirer et de fidéliser la clientèle. À mon sens, en Italie, le véritable défi consistera à associer deux aspects apparemment inconciliables : maintenir un solide savoir-faire interne tout en externalisant les activités opérationnelles des systèmes de paiement. Comment envisagez-vous l entrée en scène de nouveaux acteurs sur ce marché? Il est difficile de dire avec précision ce qui se passera à court terme. En effet, dans les marchés les plus matures, certains services comme les paiements mobiles gérés par les opérateurs de télécommunications sont bien implantés. En Italie, en revanche, ils sont beaucoup plus fragmentés. À l heure actuelle, plusieurs acteurs réfléchissent certainement à l opportunité de se lancer dans la course. Je pense notamment aux entreprises ayant des millions de clients ou plusieurs dizaines de milliers de filiales dans tout le pays. Mais mettre en place un établissement de paiement non bancaire n est pas facile, et, par bien des aspects, encore compliqué à envisager. En revanche, il est plus probable que de nouvelles entreprises travaillant en synergie avec les banques voient le jour dans un avenir proche. À l heure actuelle, les banques sont les seules à disposer des compétences et d'un savoirfaire spécifiques et solides. Je pense que la majeure partie des nouveaux entrants potentiels seront principalement intéressés par la gestion de la clientèle, et non des flux. Quel impact la DSP et le SEPA aurontils sur les modèles économiques des banques? Les banques essaient encore de comprendre l impact économique réel qu auront ces nouvelles directives. En effet, dans la plupart des cas, elles possèdent d excellentes connaissances en termes de produits, mais leur contrôle des coûts associés est loin d être aussi solide. Dans ce cas spécifique, nous pouvons affirmer que les changements mis en place, ainsi que leur impact sur les résultats, sont étudiés avec beaucoup d attention depuis quelque temps et à tous les niveaux, grâce, entre autres, à un système de surveillance rigoureux des indicateurs clés de performance mis en place voici déjà sept ans. D un autre côté, ces nouvelles normes pourront encourager les banques intéressées uniquement par les critères de rentabilité de la DSP et du SEPA, ainsi que par exemple la crise économique, à développer des services à valeur ajoutée, et pas seulement au niveau national. Quels sont les défis qui se posent à votre entreprise? UniCredit est une multinationale importante. 60 % des paiements que nous gérons se font déjà dans le cadre du SEPA. L impact de ces nouvelles normes est par conséquent très significatif. Nous continuons à être très attentifs aux services transnationaux et à nos services propriétaires, différents de ceux que proposent les autres banques. Nous nous efforçons en outre de mieux comprendre les exigences réelles et les comportements d achat de nos clients, en nous appuyant sur une meilleure intégration des différents produits. Notre objectif est de leur garantir une valeur optimale. Enfin, la vente croisée est une composante importante de nos activités, comme c est le cas dans de nombreux secteurs, et pas seulement sur le secteur bancaire. 51
" Concernant l arrivée sur le marché de nouveaux opérateurs, le scénario n est pas encore figé. " 52
TÉMOIGNAGE Paolo Zanchi Responsable du département monétique, encaissements et paiements Banca Monte dei Paschi di Siena Quels sont les principaux enjeux de la DSP et du SEPA? Il est évident que la DSP imposera aux banques une série de changements technologiques, notamment au sein des systèmes d information et des processus opérationnels, mais également des changements en termes d organisation des activités et des établissements. Les nouvelles mesures relatives aux délais et aux modalités d exécution, à la traçabilité des opérations et à l archivage des informations auront un impact majeur sur les processus clés des systèmes d'information bancaires. Des investissements conséquents devront être prévus pour se conformer aux nouvelles normes. Par ailleurs, l harmonisation des marchés européens et la mise en place de nouvelles règles pourront entraîner une nouvelle vague de concurrence ainsi qu une baisse des recettes et des marges pour les banques. L enjeu consistera donc à faire face à l augmentation des coûts, à nous appuyer sur les rendements opérationnels, à définir de nouvelles offres afin d exploiter les opportunités du marché et à trouver de nouvelles sources d activité. Avec la mise en place du SEPA, en revanche, le scénario est un peu différent. Il s agit d évoluer progressivement vers un nouveau modèle, tout en garantissant la continuité et la qualité des services. L arrivée de nouveaux produits modifie le concept même de marché domestique, qui était d abord strictement local, en l ouvrant à l échelle européenne. Les dynamiques concurrentielles s'en trouveront bien sûr modifiées : les opérateurs locaux devront se confronter à des acteurs étrangers et revoir leurs stratégies commerciales pour dépasser les frontières strictement géographiques. Quel impact cela aura-t-il sur les clients finaux? Le SEPA et la DSP ont pour objectif de rendre les services proposés plus efficaces et homogènes au niveau européen. Par conséquent, les clients bénéficieront au final de retombées positives. Cependant, la mise en place de nouvelles règles implique des changements au niveau des modalités opérationnelles et des produits actuels, auxquels les clients devront s'habituer. Si je prends l exemple de l Italie, les services d encaissement et de paiement sont en général plus complexes et plus structurés que dans les autres pays européens. Par conséquent, certaines caractéristiques typiques du marché domestique actuel pourraient disparaître avec l alignement de l offre à l échelle européenne. Grâce à la mise en place des AOS (Additional Optional Services), les niveaux des services actuels seront garantis, particulièrement dans le secteur des encaissements. Les normes de base SEPA seront associées à des fonctions à valeur ajoutée, cohérentes avec les objectifs européens et avec les règles définies par le Conseil européen des paiements. Ce scénario, qui présuppose la mise en place de processus et de règles plus efficaces, peut modifier significativement le comportement des clients, en leur proposant des modes de paiement différents des produits traditionnels, comme les chèques, encore très utilisés en Italie. Quelles seront les conséquences de l arrivée de nouveaux acteurs sur le marché? Nous assisterons très certainement à une augmentation de la concurrence : au niveau européen d une part, avec l'ouverture des marchés, et au niveau local, d autre part, avec l émergence de nouveaux acteurs non bancaires, amenés par la DSP. Cette nouvelle dynamique nécessitera une plus forte concentration sur le cœur de métier et contribuera très certainement au développement de nouveaux modèles et services à valeur ajoutée afin de fidéliser la clientèle. Concernant l arrivée sur le marché de nouveaux opérateurs, le scénario n est pas encore figé. Beaucoup d éléments dépendront des stratégies adoptées par les différents acteurs (opérateurs de télécommunications, grande distribution, ) et de l application d un modèle collaboratif plutôt que compétitif à l égard du secteur bancaire. L objectif est bien sûr de multiplier les avantages pour le consommateur final. À quels autres changements pouvonsnous nous attendre? Les nouvelles technologies (paiements mobiles, sans contact, paiements à distance,...) contribueront au développement et à l'utilisation de services d encaissement et de paiement innovants. Des initiatives en ce sens sont déjà en cours, avec des projets pilotes développés dans différents domaines. 53
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TÉMOIGNAGE Les services de demain La mise en place du SEPA aura fait couler beaucoup d encre, et certains points continuent à faire débat. Où en est-on aujourd hui? Quels sont les points critiques qui restent à déterminer? Et avec quelles conséquences? Cinq acteurs du dossier s emparent de ces questions, et brossent un portrait de ce qui demain pourrait concrètement changer dans l Europe des paiements. " Ces changements réglementaires arrivent à un moment où les évolutions technologiques peuvent modifier la chaîne de valeur des paiements. " Philippe Lemoine Président Directeur Général LaSer " Cette tendance transformera bientôt nos téléphones portables en centre de gestion de porte-monnaie virtuels... " Daniela Manuello Responsable marketing PosteMobile " Nous accueillons avec plaisir tout ce qui facilite la concurrence et le développement de l activité des émetteurs. " Emmanuel Petit Président et Directeur Général Mastercard France " Un modèle économique qui reste à déterminer. " Gilles Sabatier Directeur du marché banque-assurance. Orange Business Services 55
" Ces changements réglementaires arrivent à un moment où les évolutions technologiques peuvent modifier la chaîne de valeur des paiements. " 56
TÉMOIGNAGE Philippe Lemoine Président Directeur Général LaSer Que vous inspirent les évolutions à l œuvre dans l univers du paiement? Assurer l interopérabilité des moyens de paiement en Europe était nécessaire après la mise en place d une monnaie unique. Mais les enjeux dépassent largement l opérationnalité de la zone euro. Ces changements réglementaires arrivent en effet à un moment où les évolutions technologiques sont si importantes qu elles peuvent modifier la chaîne de valeur des paiements, en agissant à la fois sur l architecture des réseaux, les processus de transaction et la nature des terminaux. Pouvez-vous préciser ces évolutions? J en retiendrai trois. La première, c est celle du tout- Internet des technologies ouvertes. Cela change notre approche des modèles de coût sans parler des questions de sécurité. Pour certains pays, l harmonisation européenne conduira en outre à des changements dans les usages. Je pense notamment aux virements et aux prélèvements, encore peu courants en Allemagne. Enfin, tous les pays devraient connaître un glissement, de la monnaie plastique à la monnaie électronique. Ce qu on appelle aujourd hui «cartes» pourrait prendre une forme dématérialisée en étant intégrée dans les téléphones mobiles. Autant de nouveautés dont le SEPA devra organiser le fonctionnement dans l harmonie. Quelles peuvent être les stratégies des différents acteurs dans ce contexte? Les premiers concernés sont bien sûr les fournisseurs de réseaux et de solutions techniques. Du côté des acteurs «lourds», le monde bancaire devra redéfinir ses processus, entre menaces et opportunités, alors que planent encore des incertitudes à l image de la «carte bancaire européenne» que le commissaire Barnier appelait récemment de ses vœux pour concurrencer Visa et Mastercard. Les entreprises elles aussi devront adapter leurs stratégies. Et notamment les entreprises de commerce, qui sont en première ligne. Comment analysez-vous les relations entre banques et entreprises de distribution? Oh, c est un jeu auquel les «retailers» sont habitués! Depuis les années 1960, aucune étape du progrès technologique ne s est faite sans conflit avec le monde bancaire : autour des commissions d interchange, du standard EMV A chaque fois, les deux camps sortent leurs armes sur la place publique tout en discutant en coulisses. C est une question de rapport de forces. Cela dit, cette fois, un élément nouveau devrait jouer : avec une concurrence accrue, donc plus d options, le consommateur aura de plus en plus son mot à dire. Cette bataille du paiement se jouera aussi sur le plan du marketing. Et LaSer dans tout ça? Nous sommes l un des principaux gestionnaires européens de cartes privatives de commerce. Fidèles à notre mission, nous insufflons de la modernité dans tous les processus d échange. Nous restons avant tout partenaires des entreprises de «retail», que nous accompagnons dans leurs stratégies de création de valeur à travers le développement de la relation client. Certains distributeurs choisissent d être partenaires des banques, d autres préfèrent s en affranchir : avec notre actionnariat à 50/50 entre les Galeries Lafayette et BNP Paribas, nous les soutenons dans les deux cas! Ce n est pas un choix politique. Tout dépend en réalité de la problématique du «retailer», et de son niveau de maturité. Concrètement, quelles sont les menaces et les opportunités aujourd hui pour le monde de la distribution? Nous travaillons sur trois scénarios. Le premier est défensif : quels services aujourd hui assurés par des cartes privatives pourraient l être demain par des cartes classiques issues du monde bancaire? Le deuxième est offensif : il s agit d analyser les opportunités qui naîtront avec la disparition de certaines particularités nationales (à l image de ce qui s est passé en 2007 avec l autorisation des cartes cobrandées en France) et la plus grande intégration de l espace bancaire européen avec le reste du monde. 57
" Avec une concurrence accrue, donc plus d options, le consommateur aura de plus en plus son mot à dire. Cette bataille du paiement se jouera aussi sur le plan du marketing. " Le troisième plan de réflexion est celui de l innovation avec des logiques très différentes selon les acteurs. On sait que Microsoft, Google ou Apple, dès lors qu ils peuvent s appuyer sur des standards, peuvent déployer rapidement que leurs innovations. Sur ce plan, nous tâcherons d être proches de ces chevaux-légers. Mais nous restons complémentaires du monde bancaire. Nous n allons pas concurrencer Visa et Mastercard! Quels sont les atouts des «retailers» dans cette bataille du paiement? Au cours des dernières années, le monde du retail a vu sa capacité d action croître considérablement. Les grands retailers ont su sortir de la logique d immédiateté, et s attachent désormais à construire du lien avec leurs clients dans le temps, en repensant leur capital client en termes de flux et de réseaux et non plus en «captage» et en territoires. L un des corollaires de ce changement d approche est qu ils commencent à créer aussi des liens plus solides avec leurs fournisseurs. L autre évolution est sociologique : on observe que les gens font de moins en moins confiance aux organisations, mais que la baisse de confiance est moins grande vis-àvis des retailers que de tous les acteurs institutionnels. Les retailers peuvent-ils vraiment aller sur le terrain des banques? Bien sûr! Voyez le cas de Tesco, au Royaume-Uni. Au cours des dix dernières années, Tesco (quatrième distributeur mondial, deuxième pour les profits) a bâti son succès en investissant sur la relation client. Avec les technologies de l information, ils ont acquis une connaissance fine du comportement de leurs clients qui leur a permis de résister à l arrivée de Wal-Mart en Grande-Bretagne en adaptant leur offre, leur politique de prix ou encore leur merchandising. Peu à peu, l enseigne a développé des services de téléphonie et d accès à internet, des services financiers et bancaires. Ces derniers ont d abord été assurés en partenariat avec la Royal Bank of Scotland ; et maintenant Tesco Personal Finance vient concurrencer les banques de dépôt en connaissant mieux que toutes les banques les habitudes et les besoins de chaque client! Retenez bien que le SEPA arrive à un moment où le monde européen de la distribution a les yeux rivés sur le cas Tesco. 58
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" Cette tendance transformera bientôt nos téléphones portables en centre de gestion de porte-monnaie virtuels, accessibles de façon simple, sûre et efficace, à tout moment et partout. " 60
TÉMOIGNAGE Daniela Manuello directrice marketing PosteMobile Quels sont les principaux enjeux liés à la DSP et au SEPA? L un des enjeux majeurs a trait à l ouverture du marché à des acteurs autres que les banques ou les établissements de crédit traditionnels. Cette ouverture amènera inévitablement une hausse de la concurrence, une modification de la structure du marché (jusqu à présent un oligopole) et l implantation de nouveaux acteurs, étrangers pour certains. Pour maintenir le cap, les institutions financières devront donc se restructurer intelligemment, tant en termes d'offres de services que d'infrastructures technologiques. Le SEPA, en revanche, représente un test important pour la mise en place de nouveaux modèles d'activité, de processus et de modes de consommation différents. Les cartes à puce, par exemple, pourront mémoriser une quantité plus importante d informations que les solutions traditionnelles et permettre, à long terme, le paiement sans contact et l utilisation de cartes pour des micro-paiements. Il est facile d imaginer l impact de ces nouveaux services sur le comportement des utilisateurs finaux : il est donc important de simplifier dès aujourd hui l accès aux nouveaux produits et services et de nouer de nouveaux partenariats stratégiques. Pour les opérateurs, ce scénario les amènera à innover, non seulement dans la définition des services et opérations bancaires, mais également dans la mise en place d un système capable de satisfaire tous les acteurs impliqués. Quel impact ces nouveaux systèmes de paiement auront-ils sur le marché? L association de la DSP et du SEPA permettra de développer l utilisation des moyens de paiement électroniques (portemonnaie virtuels et cartes) et d accroître la sécurité des transactions et la durée moyenne des sommes laissées à disposition sur les comptes courants. Le renforcement de la concurrence entraînera sans doute une réduction naturelle des frais d acquisition et, par certains aspects, la dilution de la clientèle. Les opérateurs seront donc contraints de définir de nouveaux modèles d'activité qui permettront d'augmenter le volume et la qualité des services proposés, tout en garantissant les mêmes niveaux de rentabilité. En ce qui concerne les utilisateurs finaux, il est probable qu ils ne se limiteront pas à utiliser les services proposés par un opérateur unique mais que leur choix sera motivé par des avantages spécifiques. En Italie, on compte pratiquement deux cartes SIM par habitant. De nombreux clients font appel à des opérateurs différents en fonction de leurs besoins et des tarifs proposés. De la même façon, au niveau des systèmes de paiement, on peut s attendre à voir apparaître des dynamiques multicomptes : les clients pourront ainsi se tourner vers divers établissements bancaires, souscrire à différents services et les utiliser en fonction de leurs avantages et de leur prix. Quelles répercussions cela aura-t-il sur votre modèle économique? PosteMobile est un exemple unique en Italie. Nous sommes le premier opérateur mobile virtuel en Italie en termes de clientèle, avec environ 1,3 million de cartes SIM actives. Notre entreprise fait partie du groupe Poste Italiane. Sa mission et son positionnement nous permettent de peser de façon significative dans le développement du système économique national, non seulement en tant que fournisseur de service de télécommunications et de moyens de paiement, mais surtout en tant qu'acteur capable de contribuer à la réduction de la «fracture numérique». Nous facilitons également tous les processus destinés à faciliter la vie des particuliers et l'efficacité des entreprises. Le marché réclame des moyens de paiement simples, rapides et sûrs. Dans cette optique, PosteMobile propose des solutions de pointe permettant aux clients d utiliser, grâce à leur téléphone mobile, jusqu à quatre «porte-monnaie» virtuels intégrés, dans le respect total des normes de sécurité. Quels sont les autres changements auxquels vous vous préparez? Nous sommes confrontés à une tendance qui transformera bientôt nos téléphones portables en centre de gestion de porte-monnaie virtuels, accessibles de façon simple, sûre et efficace, à tout moment et partout. On assistera aussi certainement au développement de nouvelles compétences sectorielles et au partage des connaissances entre des structures issues de cultures et de milieux différents. C est exactement ce qui se passe dans notre groupe : aux compétences d'un opérateur postal national (Poste Italiane) sont venues s'ajouter des compétences financières (BancoPosta), et aujourd'hui, les clients ont la possibilité d'utiliser les services financiers et postaux où ils le veulent, quand ils le veulent (PosteMobile). 61
" Nous accueillons avec plaisir tout ce qui facilite la concurrence et le développement de l activité des émetteurs. " 62
TÉMOIGNAGE Emmanuel Petit Président et Directeur Général Mastercard France Que vous inspire la mise en place du SEPA? Ce n est pas une révolution, mais une évolution lente. Nombre de nos partenaires s y préparent depuis longtemps. Nousmêmes avons pour ainsi dire anticipé cet espace européen. Avec 303 millions de cartes en Europe, Maestro est le premier produit SEPA à grande échelle ; et nos infrastructures et notre réseau d acceptation en fonctionnant de la même façon partout en Europe répondent aux exigences SEPA. Quel est le positionnement de Mastercard dans les changements en cours? Nous sommes avant tout des facilitateurs. A ce titre, nous accueillons avec plaisir tout ce qui facilite la concurrence et la vie des émetteurs qu il s agisse des banques traditionnelles, ou des nouveaux acteurs, à l image de la grande distribution, de la banque en ligne ou du e-commerce. Quelle sera selon vous la place des établissements de paiement? Je pense que les banques, qui sont très efficaces sur les projets à grande échelle et qui ont su industrialiser leur backoffice, garderont un rôle prépondérant. Les établissements de paiement pourront s imposer sur certains segments de marché avec un modèle bien établi, une forte compétence et une offre bien ciblée c est le projet d Aqoba sur le cobranding et la fidélisation. Mais ils resteront sans doute des acteurs de niche. D autres sujets d avenir? Nous avons mis l innovation au cœur de notre activité. Les cartes débit-crédit en sont un exemple intéressant. La carte MasterCard «Double Action», développée par le Crédit Agricole, ou la carte S2P (Carrefour) permettent au client de choisir entre les fonctions débit ou crédit. L autre exemple, ce sont les programmes de co-branding. Avec entre autres, les cartes Mozaïc M6 du Crédit Agricole pour les jeunes, ISIC de LCL pour les étudiants ou Sirène de la SBE pour les réservistes, nous avons déjà montré notre savoir-faire. Le potentiel est important mais encore une fois, nous ne croyons pas à une révolution qui viendrait balayer tout le reste! La clé, dans ce domaine, c est la valeur ajoutée spécifique apportée au client, avec une affinité forte et des avantages réels et personnalisés. Finalement, ces innovations redonnent une place centrale au consommateur Les banques ont toujours mis le consommateur au centre de leurs produits. Pour avoir passé 17 ans à l étranger, je peux témoigner de la qualité du système français de cartes de paiement pour les particuliers! Avec l harmonisation, qui bénéficiera à tout le monde, et avec la concurrence qui donnera plus de choix, le SEPA redonne encore plus de poids au consommateur qui restera plus que jamais au cœur de la préoccupation de nos clients. Quels sont pour vous les principaux enjeux pour les années à venir? Le premier d entre eux, c est le paiement sans contact par carte ou par mobile. Mastercard est n 1 en France dans ce domaine, avec la solution PayPass, et le sujet est l un des fers de lance de notre développement. Nous serons bien sûr présents pour la grande expérimentation de Nice et au-delà. Nous avons aussi lancé un projet à Paris, avec la Banque Postale et la RATP : le paiement sans contact constituera en effet une solution idéale pour tous les voyageurs qui aujourd hui achètent leur ticket à l unité. 63
" Un modèle économique qui reste à déterminer. " 64
TÉMOIGNAGE Gilles Sabatier directeur du marché banque-assurance. Orange Business Services Christophe Beauvais responsable marketing paiement. Orange Business Services Mung-Ki Woo responsable services de paiement mobile. Orange Comment analysez-vous les évolutions dans l univers des paiements? Gilles Sabatier : Nous constatons en réalité trois ruptures. La première concerne les comportements des consommateurs, avec le web 2.0. La deuxième est technologique, avec le NFC et la dématérialisation, qui induiront des nouveaux comportements : prélèvements facilités, progression des micro-paiements... L écosystème réglementaire SEPA, avec l arrivée des établissements de paiement, constitue la troisième rupture. Tout cela mis ensemble changera notre quotidien, avec de nouvelles interfaces mobiles entre notre sphère privée et la sphère des services. Comment vous situez-vous dans ce contexte? Christophe Beauvais : Notre rôle est d accompagner nos clients dans les ruptures technologiques en cours, en proposant des outils et services qui seront compatibles et permettront de tirer parti des évolutions réglementaires. Concrètement, par exemple, quand nous gérons la transition des réseaux X25 vers l IP, nous leur permettons de faire avec des outils SEPAcompatibles ce qu ils faisaient (monétique, ecommerce, transfert ETEBAC, ) dans le «monde d avant». Et nous continuerons d innover, comme nous l avons déjà fait avec les cartes co-brandées pré-payées, la carte virtuelle dynamique, ou le sans contact par exemple. Les évolutions réglementaires en cours, et notamment le nouveau statut d établissement de paiement, modifieront-elles le jeu des acteurs? Mung-Ki Woo : Avec SEPA et la nouvelle directive sur les services de paiement, de nombreux acteurs nouveaux devraient intervenir sur le marché des paiements - en Grande-Bretagne, une cinquantaine de licences d établissements de paiement ont été demandées! L autre fait majeur sera l arrivée des acteurs de l Internet, et notamment des grands acteurs américains. Outre Paypal, Apple, Google et même Facebook développent leurs solutions de paiement. Orange envisage-t-il de devenir un établissement de paiement? M-K. W et C.B. : Orange Business Services s adresse surtout aux commerçants et aux banques. Au niveau de nos activités d opérateur télécom grand public, nous nous préparons à l arrivée du paiement mobile sans contact mais le service de paiement sera assuré par les banques. Nous cherchons à aider nos partenaires, banques et commerçants à tirer parti de cette nouvelle technologie. Comment voyez-vous l expérience de paiement mobile menée à Nice? Quels services peut-on envisager à terme? M-K. W : Le projet mené à Nice est une sorte de répétition générale. Depuis plusieurs années, nous travaillons avec les banques et les opérateurs de transport pour définir un service qui réponde à l attente latente des clients. Nice permettra de régler les derniers détails avant un lancement plus large. Le service de billetterie transport est l un des plus attendus. Si le syndicat des transports d Ile-de-France, qui représente 50% des transports urbains en France, propose le pass Navigo sur des mobiles sans contact, cela pourrait créer un effet volume décisif pour sonner les trois coups du mobile sans contact en France! Quant aux autres services, l imagination est au pouvoir. Au Japon, où la moitié de la population est équipée de mobiles sans contact, 80 services sont disponibles. De la billetterie à votre carte de bibliothèque en passant par l accès aux locaux et les cartes de fidélité, tout ce que votre poche contient aujourd hui de cartes ou de tickets papier peut être transféré sur votre mobile. 65
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3À qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN Payments Barometer les résultats de l'enquête TNS SOFRES 67
Cible et échantillon Structure de l échantillon : Banques et entreprises Banques: 42 participants Belgique 5 % Luxembourg 12 % France 14 % Espagne 19 % Italie 17 % Allemagne 14 % UK 19 % Entreprises: 53 participants Luxembourg 6 % Belgique 8 % France 15 % Portugal 7 % Espagne 19 % Italie 15 % Allemagne 15 % UK 15 % 68
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Structure de l échantillon : Fonction des répondants Banques: Responsable de de la la monétique Monétique ou ou des des moyens moyens de paiement de paiement côté Métier côté Métier Responsable des Back Offices offices moyens Moyens de de paiement Responsable de de la la monétique Monétiqe ou ou des des moyens de de paiement côté côté informatique Autres 44 % 29 % 17 % Entreprises: 10 % Grand commerce et et distribution Administration centralisée ou ou décentralisée Grand organisme financier public ou ou parapublic Grandes entreprises PME 13 % 11 % 23 % 34 % 19 % 69
Impact de la DSP sur le marché La majorité des acteurs européens, banques et entreprises, pensent que la directive va harmoniser les règlementations nationales, mais ne va pas supprimer les barrières nationales des marchés. Ce résultat est confirmé pour les banques à la fois par l enquête TNS Sofres et l enquête Efma. Seul un tiers des réponses vont dans le sens d une unification des marchés nationaux. Une part importante des entreprises, près du quart de l échantillon, pense même que la diversité européenne va perdurer. Les positions des entreprises sont plus conservatrices. Se sont-elles toutes bien informées et ont-elles toutes instruit le dossier des impacts de la DSP et du SEPA? Impact global de la DSP 48 % 50 % 45 % 33 % 30 % TNS - Banques Efma - Banques TNS - Entreprises 23 % 25 % 17 % 7 % 7 % 5 % 4 % 4 % 4 % 0 % Faible Moyenne Fort Très fort NSP 70
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Impact DSP sur les acteurs Les points de vue des banques et des entreprises convergent sur le rôle futur des banques, des ACH internationaux et nationaux et grand commerce et de la distribution. Mais, les points de vue divergent pour les autres acteurs, notamment les opérateurs privés et les SSII, les «établissements de paiement», les «Schemes» cartes internationaux et nationaux. Cette différence résulte sans doute du fait que les banques se sont penchées avec attention sur l arrivée probable de nouveaux concurrents cherchant à saisir les opportunités offertes par le SEPA et la DSP, en cohérence avec le souhait affiché par les autorités européennes d un «level playing field» (suppression de barrières nationales à la concurrence). Peu d entreprises par contre semblent s être préoccupées du sujet. évolution (forte ou très forte) du rôle des divers acteurs Banques: Les opérateurs privés ou SSII 52 % Les autres établissements de paiement 48 % Les schemes internationaux 45 % Les schemes nationaux 43 % Les banques et établissements de crédit 33 % Les ACH internationaux 29 % Le grand commerce et la distribution 26 % Les ACH nationaux 19 % Entreprises: Les banques et établissements de crédit 32 % Les ACH internationaux 30 % Le grand commerce et la distribution 25 % Les autres établissements de paiement 21 % Les ACH nationaux 21 % Les schemes internationaux 15 % Les opérateurs privés ou SSII 13 % Les schemes nationaux 11 % 71
évolution à cinq ans des volumes de transactions Là encore, les entreprises se montrent plus conservatrices que les banques, qui elles anticipent souvent majoritairement de forts ou très forts changements. Les banques et les entreprises sont d accord pour estimer que ce sont les services de banque à distance et les transactions de paiement à distance qui évolueront le plus, mais leurs opinions divergent ensuite. Pour les nouveaux instruments de paiement et les flux transfrontières, les banques intègrent bien l innovation et pensent qu elle se matérialisera par une hausse de volumes. C est moins le cas des entreprises, alors qu elles sont censées en être les principales bénéficiaires. Pour les paiements par carte, près de la moitié des banques et des entreprises ne prévoient aucun changement. Pour les autres instruments de paiement, les entreprises ne prévoient que peu de changement. La moitié des banques prévoit le développement du cash management, alors que les entreprises prévoient leur stabilisation et ont beaucoup moins cette sensibilité. Dans les deux enquêtes - TNS Sofres et Efma - les réponses bancaires se confirment pour les services de banque à distance, les transactions de paiement à distance et pour les nouveaux instruments. Par contre, les résultats mettent en évidence des différences d opinion entre la France et les autres pays européens. Accroissement (fort et très fort) à cinq ans des volumes de transactions TNS Sofres: Les transactions de paiement à distance Les services de banque à distance 57 % 69 % 64 % 67 % Les nouveaux instruments (SCT- SDD) 36 % 67 % Flux transfrontières 28 % 60 % La gestion des terminaux de paiement 38 % 48 % Le cash management 28 % 45 % La gestion du compte de paiement Les cartes 28 % 28 % 36 % 40 % L'acquisition de flux domestiques 17 % 17 % Les chèques ou autres instruments nationaux 0 % 9 % Dans les banques Dans les entreprises 72
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Efma: Transactions de paiement à distance 63% Services de banque à distance Nouveaux instruments 56% 59% Acquisition de flux transfrontaliers Cash management 34% 31% Gestion de la trésorerie Retraits par carte dans d autres établissements bancaires Gestion du compte de paiement Assurances cartes bancaires Gestion des terminaux de retrait 20% 19% 17% 16% 26% Acquisition de flux domestiques 11% Chèques ou autres instruments nationaux 1% Anticipation de l entreprise sur les évolutions suivantes : Fort Moyen Faible NSP 43 % 42 % 40 % 42 % 36 % 34 % 36 % 34 % 30 % 28 % 25 % 19 % 21 % 21 % 15 % 13 % 9 % 6 % 6 % 2 % Le SCT Le SDD Les cartes EM Le nouveau cadre Le cash de protection management des consommateurs 73
Évolution à 5 ans du chiffre d affaires pour les banques Clairement, les banques reconnaissent une baisse de revenus sur les instruments et les modèles économiques actuels («legacy»). Cette anticipation est très marquée sur les chèques et les opérations domestiques, moins ou pas du tout sur la carte. En anticipant une forte croissance de leurs revenus provenant des nouveaux instruments de paiement (SCT, SDD), et, dans une moindre mesure des transactions transfrontières, les banques semblent indiquer que la recherche de revenus de remplacement - provenant non plus de la transaction mais du service - aura un effet plus que compensatoire de la baisse attendue des tarifs de transaction, ceci sous l influence conjuguée de l harmonisation européenne et de la concurrence accrue. Le peu d impact attendu sur le cash management est également un résultat étonnant, alors que dans un contexte SEPA il devrait contribuer à la baisse des revenus bancaires. À nouveau, le pari des revenus de remplacement générés par les services à valeur ajoutée semble être à nouveau tenu. évolution à 5 ans du Chiffre d'affaires pour les Banques Nouveaux instruments (SCT, SDD) 5 % 33 % 60 % Emissions Émissions de cartes 10 % 45 % 40 % Acquisition de flux transfrontièress 7 % 33 % 45 % Gestion du compte de paiement 26 % 31 % 36 % Cash management 26 % 26 % 36 % Gestion des terminaux de paiement 5 % 36 % 50 % Retraits de cartes déplacés 12 % 29 % 50 % Accroissement Acquisition de flux domestiques 14 % 26 % 43 % Peu d impact Réduction Chèques et autres instruments nationaux 0 % 7 % 79 % 74
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Évolution à 5 ans des tarifs pour les entreprises Les positions des entreprises sont là encore plus conservatrices que celles des banques, qui elles anticipent les changements. La moitié des entreprises s attend plutôt à une stabilité des tarifs bancaires sur presque tous les instruments. Moins nombreuses sont celles qui s attendent à bénéficier de l impact de la DSP sur les tarifs des opérations européennes. Clairement, peut-être par manque d information ou en raison d analyses trop superficielles, les entreprises ne semblent pas trop croire aux bienfaits du SEPA. Évolution à 5 ans des tarifs pour les entreprises Nouveaux instruments (SCT, SDD) 30 % 28 % 36 % Les chèques ou autres instruments nationaux 21 % 32 % 45 % La remise de flux transfrontières 19 % 26 % 43 % La gestion des terminaux de paiement 25 % 34 % 38 % La gestion du compte de paiement 25 % 32 % 42 % Les cartes Le cash management La remise de flux domestiques 13 % 19 % 23 % 23 % 32 % 32 % 40 % 42 % Accroissement Peu d impact Réduction 57 % 75
Évolution à 5 ans des dépenses pour les banques Les réponses suivent de près la logique de l évolution des revenus. Les banques anticipent une baisse des dépenses sur les chèques et les opérations domestiques. Elles prévoient un niveau d investissement plutôt inchangé sur la monétique. Un tiers d entre elles admet un accroissement des dépenses dû aux nouveaux instruments (SCT, SDD) et aux opérations transfrontières. Ceci semble indiquer que seule la mise à niveau strictement règlementaire est prise en compte, et que les travaux sur les nouveaux modèles économiques, les nouvelles offres et la nécessaire refonte des processus n est pas encore prise en compte. Nouveaux instruments (SCT, SDD) Acquisition de flux transfrontières Gestion du compte de paiement Cash management Gestion des terminaux de paiement 36 % 33 % 24 % 36 % 24 % 26 % 31 % 26 % 33 % 26 % 29 % 31 % 24 % 33 % 31 % Accroissement Peu d impact Réduction Emissions de cartes 21 % 24 % 48 % Chèques et autres instruments nationaux 14 % 14 % 57 % Retraits de cartes déplacés 14 % 33 % 45 % Acquisition de flux domestiques 5 % 40 % 38 % 76
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Évolution des caractéristiques des offres de services de paiement suite à la création des Établissements de paiement Conscientes de la banalisation de l exécution pure et simple des transactions et de la baisse des prix - et des revenus - attendue sur la prestation de base, les banques s engagent plus que jamais dans l amélioration de la qualité, dans le service et la valeur ajoutée, afin d'anticiper et faire face à la concurrence entre autres des établissements de paiement. Les banques n envisagent que peu la différentiation par le prix (il s agit sans doute du prix de la prestation de base sans valeur ajoutée). Les entreprises s attendent à une forte amélioration de la qualité et du niveau de service, mais combinée à une forte augmentation du prix (sans doute le coût total par transaction, valeur ajoutée comprise). Les acteurs bancaires ont largement pris la mesure des enjeux concernant l interopérabilité européenne et la «reachability». Par contre, le sujet est loin des préoccupations de deux tiers des entreprises. Accroissement (fort et très fort) des caractéristiques des offres de services de paiement suite à la création des établissements de paiement 64 % Interopérabilité européenne 38 % Qualité des services 49 % 57 % Valeur ajoutée aux services de paiement 47 % 55 % Coût des services 31 % Dans les banques Dans les entreprises 81 % 77
évolution des fonctionnalités des services de paiement des banques suite à la création des établissements de paiement Les banques considèrent que l arrivée de la nouvelle concurrence des «établissements de paiement» va les amener à rechercher un très fort enrichissement de l offre de services. Les paiements et les sujets les plus sensibles sont par ordre de sensibilité : les services de paiement électronique (internet ou mobile), les services transfrontières, le renforcement de la lutte contre la fraude et la prévention des risques. Accroissement Peu d impact Réduction NSP 90 % 79 % 64 % 48 % 36 % 26 % 5 % 12 % 7 % 2 % 0 % 14 % 5 % 2 % 7 % 2 % Nouveaux services Nouveaux services Lutte contre transfrontières de paiement électronique (sur internet ou sur mobile) la fraude Risques de paiement ou de crédit 78
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT évolution à 5 ans de l utilisation des innovations technologiques Les banques et les entreprises anticipent la croissance du paiement mobile et dans une moindre mesure, des paiements et de la monnaie électronique sur Internet. Mais les banques prévoient également une forte croissance du «sans contact» et dans une moindre mesure du prépaiement. Ces conclusions sont confirmées par l enquête Efma pour les banques. TNS Sofres: Le paiement mobile 58 % 74 % La monnaie électronique sur internet 60 % 68 % Le sans-contact 28 % 55 % Le prépaiement 23 % 50 % Le porte monnaie électronique européen 34 % 38 % Dans les banques Dans les entreprises Efma: Mobile payment 59 % 63 % 60 % Contactless payment 34 % 56 % 49 % 31 % E-money on the Internet 26 % 46 % European e-walet 17 % 19 % 29 % 11 % Prepayment 29 % 79
Les chantiers techniques de préparation liés au SEPA et à la DSP La moitié des banques se sent très concernée par le SEPA et est mobilisée sur toutes les évolutions nécessaires qu elles anticipent fortement, y compris la mise en œuvre des standards mondiaux d échanges des flux interbancaires. Les banques considèrent que le SDD, un instrument de paiement réellement nouveau, doit retenir toute leur attention. Elles sont par contre beaucoup moins attentives à la refonte du cash management, dont la complexité en Europe est dissuasive pour beaucoup. De leur côté, les entreprises sont moins mobilisées, et se sentent à ce stade peu concernées par les évolutions induites par le SEPA et la DSP, sauf pour ce qui concerne le e-commerce. Les entreprises se sentent peu concernées par le SDD, et par le cash management en Europe. Et pour celles qui envisagent un projet de mise en place de l un ou de l autre, elles prévoient de l engager majoritairement en 2011. Il semble également que les résultats des entreprises traduisent aussi un manque prononcé d information et de mobilisation sur les implications du SEPA et de la DSP. Priorité des évolutions techniques induites par le SEPA Adaptation des formats des virements, des prélèvements et domiciliation 57 % SCT de masse 28 % 52 % Développement du e-commerce 42 % 50 % Interapérobilité banque-entreprise 34 % 50 % EBICS / SWIFTNet 48 % Gestion des mandats 19 % 48 % Dans les banques Dans les entreprises 80
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Projet de mise en place du SDD Si oui, échéance? 64 % 62 % 56 % En 2010 26 % Dans les banques Dans les entreprises 22 % En 2011 26 % 26 % 50 % 7 % Oui Non En 2012 14 % Dans les banques Dans les entreprises Projet de refonte du Cash Management Si oui, échéance? 68 % 54 % Dans les banques Dans les entreprises 48 % En 2010 35 % 31 % 32 % Dans les banques Dans les entreprises 38 % En 2011 41 % Oui Non 81
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4À qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN Payments Barometer les résultats de l'enquête efma 83
Cible et échantillon Cette enquête a été réalisée par réponse spontanée sur le site internet de l Efma. 70 réponses ont été obtenues dans 21 pays européens. La structure de l échantillon et le mode de réponse imposent une plus grande prudence sur les conclusions. L échantillon comporte pour moitié des pays du 1er cercle européen : France, Italie, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas. Et pour l autre moitié, des réponses de pays où la maturité des questions de paiement est moins forte ou plus récente : du 2e cercle européen (Nord de l Europe et Centre Europe) et du 3e cercle européen (ex- Pays de l Est et nouveaux entrants comme la Turquie) Cependant, cette enquête rejoint certaines conclusions de l enquête TNS Sofres. Et sur d autres points, elle reflète la composition géographique de l échantillon. 84
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Enjeux et priorités liés à la mise en place de la DSP Presque tous les sondés pensent que la DSP va avoir des impacts sur le marché des services de paiement (47% estiment que l impact sera même très significatif). 50% des répondants indiquent que la directive sur les services de paiements va harmoniser les règlementations nationales, mais sans changer les marchés qui resteront d abord nationaux. Seul moins d un tiers des réponses envisagent une intégration des marchés nationaux. Moins de 20% envisagent une modification majeure du rôle et de la place des divers acteurs du paiement. On retrouve ici la même tendance que pour l enquête TNS Sofres, alors que l échantillon n est pas le même. Selon vous, dans quelle mesure la DSP impactera-t-elle les services de paiement? Faiblement : la diversité européenne va continuer à exister longtemps Moyennement : la DSP va permettre une harmonisation réglementaire, mais les marchés resteront nationaux Fortement : la DSP va unifier les marches natinaux et les services de paiement au plan européen Radicalement : la DSP va modifier le rôle et la place des divers prestataires de services de paiement Faiblement 4% Moyennement 50% Fortement 30% Radicalement 17% 85
Impact de la DSP sur le rôle des acteurs Ce qui est comparable dans les enquêtes EFMA et TNS Sofres : Les banques, à 53%,estiment que le changement majeur viendra de l émergence des nouveaux établissements de paiement. Plus de 40% croient également en un renforcement de la place des plateformes de compensation interbancaires (ACH internationaux) et plus de 30% des «schemes» cartes internationaux. Mais, à l inverse de l enquête TNS Sofres : L enquête EFMA n indique pas de renforcement du rôle des SSII, des prestataires de services et des opérateurs privés. Cela s explique sans doute par la place moins importante occupée par ces acteurs dans les pays de l échantillon (par exemple, les grandes SSII, moins fortement implantées qu en Europe de l Ouest). Cet échantillon, ne voit pas le rôle des banques, comme celui des systèmes cartes et des ACH domestiques augmenter, ceci met l accent sur la tendance, apparue également dans l enquête TNS Sofres, d un împact analogue de la DSP sur le rôle des banques. A noter également que 33% des répondants voient la grande distribution jouer un rôle accru. Impacts de la directive sur les prestataires de services de paiement : Selon vous, la DSP étendra-t-elle le rôle des acteurs suivants dans la chaîne de paiement? Autres établissements de de paiements 53% 10% ACH Internationaux 41% Grand commerce et et distribution Schémas Schemes internationaux 31% 33% Opérateurs privés et et SSII 2% 20% Schémas Schemes nationaux 13% Banques Banques et et établissements établissements de de crédits ACH nationaux 1% 9% 9% 86
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Impact de la DSP sur les volumes de transactions On retrouve ici pratiquement le même classement des évolutions de volumes que pour l enquête TNS Sofres, mais avec des pondérations différentes : De façon convergente entre les deux enquêtes, se dégage une très forte conviction sur le paiement et la banque à distance, mais également sur les nouveaux instruments de paiement. Sur le SDD, 60% des banques ont un projet Toutefois, la pondération est plus faible dans l enquête EFMA pour l acquisition transfrontière et le cash management. Sur le cash management, 60% des banques n ont ainsi aucun projet. Autre surprise : plus d un tiers des répondants n a pas de plan pour mettre en place le SDD. Seuls 24% imaginent le mettre en place en 2011! Dans la zone géographique de l enquête EFMA, le degré de maturité du métier des paiements est moindre dans un certain nombre de pays et les sauts technologiques sont plus évidents à faire. De même pour la place occupée par les flux transfrontières et le cash management qui sont plutôt le terrain des grandes banques d Europe de l Ouest. Impacts de la DSP et de SEPA sur vos offres de services: Quelle augmentation de volume prévoyez-vous pour les 5 années à venir sur les services suivants? Transactions de paiement à distance 63% Services de banque à distance Nouveaux instruments 56% 59% Acquisition de flux transfrontaliers Cash management 34% 31% Gestion de la trésorerie Retraits par carte dans d autres établissements bancaires Gestion du compte de paiement Assurances cartes bancaires Gestion des terminaux de retrait 20% 19% 17% 16% 26% Acquisition de flux domestiques 11% Chèques ou autres instruments nationaux 1% 87
Prévoyez-vous de mettre en place le SDD? Si oui, échéance? 64 % En 2009 38% 36 62 % En 2010 38% En 2011 24% Oui Non Cash management: prévoyez-vous de reconcevoir votre offre? Si oui, échéance? 61 % En 2009 11 % En 2010 54 % 39 % En 2011 32 % Oui Non En 2012 7 % 88
Baromètre MOYENS DE PAIEMENT Impact de la DSP sur les chiffres d affaire Les répondants voient principalement (47%) l émergence de nouveaux instruments de paiements comme une nouvelle source de revenus. Les cartes, le cash management et les flux transfrontières leur semblent également pouvoir contribuer à la croissance de leurs revenus (selon 30% des sondés). L enquête dégage pratiquement le même classement sur les évolutions que l enquête TNS Sofres, sur les nouveaux instruments. La pondération est beaucoup plus faible dans l enquête EFMA pour les revenus provenant de l acquisition transfrontière, le cash management, voire l émission de cartes ou le compte de paiement. L écart entre les deux enquêtes est cohérent avec les réponses sur l évolution des volumes évoqué précédemment. Selon vous, quels impacts la Directive et SEPA auront-ils sur le modèle économique des services de paiement que vous offrez ou offrirez au cours des 5 prochaines années? Ventes liées aux services de paiement Nouveaux instruments 47% Acquisition de flux transfrontaliers 31% Cash management 30% Emission de cartes 23% Gestion des comptes de paiement 23% Gestion des terminaux de paiement 21% Retraits par carte dans d autres établissements bancaires 16% Acquisition de flux domestiques 11% Chèques ou autres instruments domestiques 4% 89
Innovations technologiques Cette enquête met en évidence, comme dans l enquête TNS Sofres, la conviction d un fort développement anticipé du paiement sur mobile, du paiement sans contact et de la monnaie électronique sur Internet. Le pré-paiement et le porte-monnaie européen n ont par contre que peu d adeptes. Ces résultats sont analogues aux conclusions de l enquête TNS Sofres. Selon vous, quels impacts la Directive et SEPA auront-ils sur les innovations technologiques dédiées aux services de paiement au cours des 5 prochaines années? Paiement mobile 60% 31% Normes internationales 53% Paiement sans contact 49% 23% Monnaie électronique sur internet 46% E-valise Européenne 29% 11% Prépaiement 29% 90
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5À qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN Payments Barometer Les Paiements, un enjeu stratégique pour CSC et ses clients 93
Les Paiements, un enjeu stratégique pour CSC et ses clients 94
L Europe des paiements se transforme et entrainera à terme de profonds changements non seulement pour les particuliers mais aussi pour les entreprises, le secteur public, les institutions financières et les infrastructures de place. L accompagnement de ses clients tout au long de cette très importante transformation pluriannuelle est un enjeu stratégique pour CSC. 95
Le contexte des moyens de paiement en pleine évolution 96
Toutes les compétences moyens de paiement sont intégrées et exploitent les synergies dans les domaines suivants : Capitalisation des connaissances et des «meilleures pratiques» Retour d expérience sur missions et projets Formation métier Veille marché, réglementaire et solutions SI Participation à des évènements métier, publication d articles de presse, conduite de travaux et études de place Les catalyseurs du changement Depuis la mise en place de Target 2, première étape de l évolution des paiements en Europe, de nombreux changements règlementaires, législatifs et technologiques se sont ou vont se succéder à une cadence accélérée,. Notons entre autres : Les évolutions règlementaires SEPA ; La nouvelle législation européenne des services de paiement, la DSP ; Les dispositions relatives à la lutte anti-blanchiment ; Les standards Unifi et BIC/Iban, l usage du format XML et le remplacement annoncé des anciens protocoles de communication par d autres, comme Ebics et Swift. Tous les acteurs sont concernés, de nouveaux acteurs apparaissent Tant le secteur public que les entreprises et les institutions financières sont confrontés tantôt à de nouveaux rôles par exemple les responsabilités du créancier dans le schéma SDD- et donc de nouveaux besoins, tantôt à des opportunités à saisir par exemple de nouvelles offres et de nouveaux marchés. De nouveaux modèles économiques apparaissent. Dans le domaine monétique, la consolidation des moyens sous la forme de plates-formes industrielles s intensifie, l activité transfrontalière se développe et les nouveaux produits et services, comme le paiement mobile, émergent. Enfin, les infrastructures de marchés de paiement (Equans, Stet, Voca, ) sont également concernées par ces modifications de leur contexte de fonctionnement. Simultanément, la DSP, dont l impact sera très important, va exiger un effort significatif de mise en conformité des offres et des processus de la part des acteurs, et introduit les conditions d une concurrence élargie en créant le nouveau statut européen d «établissement de paiement». CSC a pris la mesure de ces enjeux stratégiques et met à la disposition de ses clients, secteur public, entreprises, institutions financières, infrastructures de place et établissements de paiements l ensemble de son offre «PAIEMENTS» déclinée sur ses axes de services traditionnels : Le conseil Les business solutions L externalisation 97
csc, un leader dans ses trois métiers Conseil Pour tous les acteurs, qu il s agisse de faire face au nouvel environnement ou de transformer une contrainte en une opportunité compétitive, commerciale ou financière, les enjeux sont multiples. Le positionnement de chacun dans ses nouveaux rôles et obligations règlementaires, dans la création de valeur pour ses clients, dans la production de revenus de remplacement compensant les baisses annoncées, dans la maîtrise des coûts et des risques, voilà autant d objets d un accompagnement de nos clients. Par exemple : La (re)définition des modèles économiques ; La conception et le lancement de nouveaux produits et services ; La veille compétitive, la réflexion sur les opportunités de consolidation, les stratégies de moyens et la (ré) internalisation ou l externalisation ; L accompagnement de la conception de platesformes consolidées, d «usines de paiement» ; La refonte des modèles opérationnels, des processus et de l organisation ; La feuille de route «métier», l alignement du système d information et des moyens informatiques ; Le pilotage «métier» du programme ou des projets ; Ce sont, parmi d autres, des interventions qui relèvent de la compétence de l équipe conseil de CSC qu il s agisse de monétique, de paiements ou de cash management. Exemples de mission : Évaluation et traitement des impacts de la DSP sur les offres et les process Étude d opportunité d une solution «SAE global» Construction d une «usine de paiements» Planification de la convergence de platesformes bancaires Refonte d un schéma de Cash Management BUSINESS SOLUTIONS Que l on parle d un programme d alignement du système d information ou de l industrialisation d une solution monétique, d une plate-forme de paiements Sepa et «legacy» ou encore d une infrastructure de cash management, CSC est capable d apporter son savoir-faire dans de nombreux domaines, et entre autres : L alignement de la feuille de route du SI avec celle du «métier» ; La conception ou l adaptation de l architecture du SI ( Urbanisation, EAI, SOA) ; Le choix de solution ; La conduite de grands programme; La réalisation de projets d intégration de solutions du marché (par exemple avec des éditeurs comme ACI Worldwide ou Wincor) ou propriétaires de CSC (solutions Sepa DDWay, Mandateway ou autour du back-office monétique CAMS II) ; La livraison de solutions «clé en main» accompagnée du transfert de compétence correspondant ; Le développement de solutions spécifiques, de portails, de systèmes collaboratifs ou décisionnels ; La gestion du changement. Fort des résultats obtenus dans la gestion de programmes complexes et ambitieux, CSC met son expérience au service de ses clients dans un domaine où, en Europe, la plupart des grands projets de transformation sont à venir. Cette expérience permet à CSC de prendre des engagements forts au côté de ses clients lorsque les circonstances l exigent. Quelques exemples : Pilotage d un programme majeur d intégration d un nouvel outil Monétique pour une banque de réseau Réalisation de l intégration de la solution industrielle DDWay (SDD) dans plusieurs grandes banques Développement spécifique du SCT pour une grande banque de détail Mise en œuvre de la solution CAMS II pour la réalisation d un système d acquisition monétique transfrontières Pilotage du développement d un nouveau système de place leader en Europe 98
externalisation Au plan mondial, CSC est un important éditeur de logiciels, y compris dans le domaine de l assurance, de la monétique et de la banque : Graphtalk AIA est ainsi une référence mondiale dans l assurance vie utilisé par les plus grands acteurs du métier AXA, Aegon, ; De même, CAMS II* est un back-office acquéreur/ émetteur monétique de niveau mondial utilisé aux États-Unis par Mastercard et en Europe notamment par Barclaycard, SSB/Sinsys; Pour les moyens de paiement «legacy» et Sepa sur plate-forme unique, CSC présente deux solutions : DDWay et PTS Payment Transaction System, respectivement mainframe et mid-range ; Pour le Sepa, l offre est complétée par MandateWay, solution européenne de gestion des mandats. La recherche de la masse critique et des coûts unitaires les plus bas, les consolidations européennes, l accompagnement du mouvement des entreprises vers des centrales de paiement et d encaissement et la création de centres de services partagés sont des tendances lourdes dans le processus de construction de l industrie européenne des paiements. Certains décideront d accompagner le mouvement et de construire des «usines de paiement», d autres opteront pour l externalisation. Dans les deux cas, CSC, qui est un acteur majeur du métier, propose ses services d externalisation sous les formes suivantes : La gestion des infrastructures informatiques ; La gestion du portefeuille applicatif ; La gestion des processus ( le «BPO» ou Business Process Outsourcing ). *Plus de 400 références client Quelques exemples : Gestion des infrastructures informatiques : - Renault, - Royal Mail (la poste brittanique), - British Aérospace, - Caceis Banque. Gestion du portefeuille applicatif Paiements de plusieurs grandes banques Gestion de référentiels en BPO 99
À PROPOS DE CSC CSC est un des leaders mondiaux dans le conseil, la mise en œuvre de solutions et de services pour les entreprises fondés sur des technologies de pointe. Grâce à sa large gamme de compétences, CSC fournit à ses clients des solutions sur mesure pour gérer la complexité de leurs projets afin de leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier, collaborer avec leurs partenaires et clients, et améliorer leurs performances opérationnelles. CSC s attache à comprendre les problématiques de ses clients et mobilise ses experts, forts d une longue expérience de leurs métiers et de leurs secteurs d activité, pour collaborer avec leurs équipes. Totalement indépendant à l égard de tout fournisseur, CSC livre ainsi des solutions qui répondent au mieux aux besoins spécifiques de chaque client. Depuis 50 ans, des clients, tant privés que publics, confient à CSC l externalisation de leurs processus de gestion et de leur informatique, ainsi que l intégration de leurs systèmes. Partout dans le monde, ils témoignent également de leur confiance en sollicitant les collaborateurs de CSC pour des missions de conseil. La société est cotée à la Bourse de New York (NYSE) sous le symbole CSC. WWW.CSC.FR
À qui profiterala prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN PAYMENTS BAROMETER Le premier baromètre européen sur l impact du SEPA et de la DSP 101
À qui profiterala prochaine révolution des moyens de paiement européens? EUROPEAN PAYMENTS BAROMETER Le premier baromètre européen sur l impact du SEPA et de la DSP
european payments barometer 2010 A qui profitera la prochaine révolution des moyens de paiement européens? A l heure où l harmonisation des moyens de paiement dans l Union européenne se profile, les banques et les entreprises vont bientôt bénéficier d un espace unique de paiements en euro (SEPA) qui va bouleverser la donne. Elles vont également être confrontées à l émergence de nouveaux acteurs et devoir intégrer l accélération d évolutions technologiques inéluctables. Consommateurs, entreprises, banques, établissements de paiement... à qui profitera cette prochaine révolution? Pour décrypter les mutations en cours, CSC publie le premier Baromètre européen sur l impact du SEPA et de la directive sur les services de paiement (DSP), en collaboration avec TNS Sofres et l Efma. Les résultats de ce Baromètre sont éclairés par les témoignages de dirigeants de grands acteurs européens : Philipe Citerne Société Générale (Ancien directeur général) Willy Dubost BNP Paribas Philippe Lemoine Laser Enrique Barthe BBVA Marc Carlos Crédit Agricole S.A. Gilbert Ernst Banque et Caisse d Epargne de l Etat (BCEE) Elizabeth Fraser UK Payments Council Josef Gilger HypoVereinsbank Zélia Livramento Caixa Geral de Depositos (CGD) Daniela Manuello PosteMobile Emmanuel Petit Mastercard France Gilles Sabbatier, Mun Ki Wu, Christophe Beauvais Orange Business Services Roberto Santos Banco Santander Herve Sitruk MANSIT SAS Marc Temmermans Visa Europe Luca Vanini Unicredit Paolo Zanchi Banca Monte dei Paschi di Siena