CHAPITRE 3 : MARCHE DU TRAVAIL ET CHÔMAGE



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IV. Les nécessités d une grande réforme : propositions pour une assurance générale de revenu. Ruth Gurny, Denknetz Traduction : Sabine Dormond

Transcription:

TABE DES MATIERES Durée... 2 Objectif spécifique... 2 Résumé... 2 I. offre et la demande de travail... 2 1. offre de travail et choix loisir - travail... 2 2. Demande de travail, productivité et salaire réel... 8 3. équilibre sur le marché du travail... 11 II. Un modèle statique du chômage... 11 1. Chômage involontaire et rigidité du salaire réel... 11 2. e rôle des syndicats... 12 3. Autres facteurs économiques du chômage involontaire... 15 4. e salaire minimum... 16 5. es règlementations du marché du travail... 16 III. Un modèle dynamique du chômage... 16 IV. Taux de chômage d équilibre... 17

CHAPITRE 3 : MARCHE DU TRAVAI ET CHÔMAGE Durée : Un jour Objectif spécifique : Maîtriser le fonctionnement du marché du travail et le phénomène de chômage Résumé : Tout d abord, nous présenterons l offre et la demande de travail (I) ; ensuite, nous exposerons un modèle statique du chômage (II), c est-à-dire un modèle a-temporel et un modèle dynamique (III) ; enfin, nous étudierons le taux de chômage dynamique (IV). I. offre et la demande de travail 1. offre de travail et choix loisir - travail es gens veulent à la fois consommer et disposer de loisir. arbitrage entre consommation et loisir permet de définir les préférences du ménage By Dr Théodore KABORE 2

a. es préférences Soit un ménage représentatif de l ensemble des ménages. a figure suivante donne aux préférences du ménage représentatif en matière de consommation et de loisir la forme d une courbe d indifférence. C l C : consommation ; l : quantité totale de temps de loisirs l e long d une courbe d indifférence le ménage renonce à consommer pour disposer de plus de temps libre tout en maintenant inchangé son niveau d utilité. Cet échange entre loisir et consommation se fait à un taux marginal de substitution décroissant ce qui donne sa forme concave à la courbe d indifférence. a fonction d utilité est : U = U(C,l) b. a contrainte budgétaire Elle se détermine par la quantité totale de temps l dont le ménage dispose pendant une période. e temps, rare, a un prix ; le prix d une heure de loisir est le revenu que l on aurait gagné si on l avait consacré à travailler, ou encore la consommation à laquelle on renonce en By Dr Théodore KABORE 3

ne travaillant pas. e prix du loisir est donc un coût d opportunité du ménage. Il est mesuré en terme de bien de consommation : c est le salaire réel. a contrainte budgétaire s écrit alors : l = l + C (1) avec : le salaire réel ; l : le nombre d heures totales disponible ; l : le temps de loisirs ; (1) ( l l) = C (2) l -l : temps de travail C B A l e ménage dispose de l heures (OA) qu il peut consacrer soit au temps libre soit au travail. Chaque unité de temps libre à laquelle il renonce lui permet de gagner une quantité travail de biens de consommation. e salaire réel travail détermine la pente de la droite de budget. c. e choix optimal Il est obtenu par la maximisation de l utilité du ménage représentatif sous sa contrainte budgétaire : Max U(C, l) s/c l = l + C By Dr Théodore KABORE 4

Graphiquement, la résolution du problème donne : C C* R l* l -l* : loisirs ; l*-l : travail ; -C* : consommation Etant donné la contrainte budgétaire, l utilité maximale possible est atteinte au point R, tangence entre la courbe d indifférence et la droite budgétaire. offre individuelle de travail Supposons que le salaire réel augmente, cela entraîne une rotation de la droite de budget autour du point A vers la droite. Il y a deux effets : Tout d abord le ménage peut consommer d avantage tout en disposant de plus de loisir. C est l effet de revenu Désormais confronté à un coût d opportunité accru de loisir, le ménage rationnel décide de se reposer moins et de consommer d avantage.c est l effet de substitution. On obtient des courbes d offre (CO) individuelle de travail à partir de ces effets Offre individuelle de travail inélastique By Dr Théodore KABORE 5

Dans ce cas les effets de substitution et de richesse (effet revenu) se compensent exactement : l offre de travail est inélastique C B B R R A l* l Travail Offre individuelle de travail élastique Si le ménage réduit son temps de loisir suite à un relèvement de son salaire réel c est l effet de substitution qui domine et l offre de travail est dite élastique. C B R B R A l Travail Offre individuelle de travail décroissante (ou à pente négative) By Dr Théodore KABORE 6

Si l effet dominant est l effet de revenu la consommation et le loisir croissant en réaction à une hausse du salaire réelle, la courbe d offre de travail est décroissante : la hausse du salaire réel entraîne une baisse de l offre de travail. C B B R R A l Travail d. a courbe d offre agrégée de travail Elle est obtenue en agrégeant les différentes courbes individuelles de travail. Elle a une pente moins prononcée que celle de la courbe d offre individuelle. Cela est du au fait que de nouveaux travailleurs décident d entrer dans la population active à mesurer que le salaire réel augmente. Individuelle Agrégée Travail By Dr Théodore KABORE 7

2. Demande de travail, productivité et salaire réel a. Demande de travail et fonction de production élargie a demande de travail est le fait des entreprises. On considère que le capital est constant et l entreprise peut alors modifier le volume de production en fonction du facteur travail. D où la fonction de production Y=f(), avec le facteur travail. Y R A a production augmente avec l emploi mais à un taux décroissant. Cette production supplémentaire est la productivité marginale du travail. e rayon OR représente le coût de mise en œuvre de heures de travail au salaire réel horaire. a distance entre la courbe de production et la droite de coût est le profit de l entreprise. Cette distance est maximale en A où la pente de la courbe est parallèle à OR et où on obtient Pm=. Pm est supérieur à : une heure de travail supplémentaire accroîtrait le profit de Pm et le coût de travail. entrepreneur dégagerait un bénéfice net et continuera de demander du travail jusqu au moment où Pm=. By Dr Théodore KABORE 8

Si Pm est inférieur à l entreprise réduirait sa demande de travail. a quantité optimale de travail étant celle qui assure l égalité entre la Pm s interprète aussi comme la demande de travail. Ainsi on obtient une demande de travail de la façon suivante : Pm Travail Du point de vue de la formulation, on a : π = f ( ) e choix de l emploi optimal donne : Pm=f ()= inverse de cette relation détermine la demande de travail : =()=f -1(()), avec () < b. es parts distributives du capital et du travail a part distributive du travail est la fraction du PIB qui rémunère les travailleurs. s = Y e solde est la part distributive du capital qui revient au propriétaire de l entreprise. By Dr Théodore KABORE 9

k = 1 = 1 s Y Question : une hausse du salaire réel accroît elle la part distributive du travail.a hausse du salaire réel relève le coût du travail, mais elle incite les entreprises à réduire leur emploi total (). effet final est donc ambiguë. Si l élasticité de la demande de travail est faible, ni la demande de travail, ni la production n échange beaucoup à la suite d une hausse de salaire réel. Dans ces conditions, le coût total augmente, la part de augmente alors que la part de capital diminue. Par conséquent, en terme d impact direct sur la croissance économique lorsque la demande de travail est inélastique les hausses exogènes des salaires sont susceptibles de décourager l investissement et la croissance. c. es déplacements de la demande de travail extension du stock de capital ou le progrès technique permet d accroître la quantité produite par heure de travail. a PM et la demande de travail se déplacent vers la droite. Y Y Y Pm Pm By Dr Théodore KABORE 1

3. équilibre sur le marché du travail A l équilibre l offre de travail est égale à la demande de travail. Offre de travail * A Demande de travail * a distance * mesure le chômage volontaire II. Un modèle statique du chômage e chômage est défini comme la situation des personnes actuellement inoccupées mais activement à la recherche d un emploi. a population active (N) est la fraction de la population occupée () ou inoccupée (U) N=+U Sont essentiellement exclus de la population active, les jeunes poursuivant les études, les retraités et les personnes qui ne cherchent pas un emploi. 1. Chômage involontaire et rigidité du salaire réel e chômage peut être interprété comme l absence d équilibre entre offre et demande de travail. By Dr Théodore KABORE 11

Offre de travail * A Demande de travail * On suppose un salaire réel supérieur au salaire d équilibre *. ne s ajuste pas. Au niveau o les entreprises demandent un volume de travail 1 alors que les travailleurs offre 2. emploi observé est donc1.2-1 est l offre de travail non absorbé par le marché ; c est le chômage involontaire. On parle de chomage involontaire lorsqu une personne capable et désireuse de travailler au taux de salaire réel. Contrairement à l approche classique qui considère que les salaires réels sont flexibles, l approche Keynésienne fait l hypothèse d une rigidité à la baisse des salaires réels 2. e rôle des syndicats a rigidité persistante des salaires à la baisse n est possible que parce que certains éléments institutionnels interfèrent avec les mécanismes normaux du marché. Il s agit entre autre des syndicats qui négocient généralement les salaires avec les associations patronales. e chômage peut être alors individuellement involontaire mais syndicalement volontaire a. e rôle économique des syndicats es objectifs économiques des syndicats sont : l accroissement du salaire réel et la création d emploi By Dr Théodore KABORE 12

eurs préférences prennent la forme des courbes d indifférences suivantes Courbe d indifférence des syndicats (a) Attitude moyenne (b) igne dure (c) Priorité à l emploi (a.) représente le comportement des syndicats modérés qui acceptent un arbitrage entre emploi et niveau salarial (b.) représente le comportement d un syndicat plus dur privilégiant les salaires élevés. a faible pente des courbes signifie que le syndicat n est pas prêt à faire beaucoup des concessions en terme de salaire réel pour accroître l emploi. (c.) exprime par la pente plus prononcée de ces courbes d indifférence syndicales se substituent aux courbes d indifférence du ménage représentatif :l agent négociant sur le marché du travail n est plus l individu mais son syndicat. a contrainte budgétaire du syndicat est la demande de travail de l entreprise représenté par la PM. Il est optimal pour le syndicat de choisir le point de tangence entre sa courbe d indifférence et la courbe de demande du travail. On définit une courbe d offre de salaire qui représente l offre de travail par l intermédiaire du syndicat. Cette courbe représente les combinaisons de salaires réels et d emploi que choisi le syndicat. Sa pente reflète les préférences syndicales. By Dr Théodore KABORE 13

Courbe d offre de salaire (a) Attitude moyenne (b) igne dure (c) Priorité à l emploi Graphique b. Impact des syndicats sur l emploi Se sentant collectivement plus fort au travail de leur syndicat. es travailleurs deviennent plus exigeants quant aux résultats des négociations. Pour tout niveau donné de l offre de travail, il revendique des salaires réels plus élevés. C est pourquoi la courbe d offre des salaires des syndicats se trouve toujours au dessus de la courbe d offre individuelle de travail. Offre de salaire Offre individuelle B B A Demande de travail B Emploi Sans syndicats, l équilibre s établit au point A avec un niveau d emploi A et un niveau de salaire A. Avec les négociations syndicales, le niveau des salaires s établit à WB supérieur à By Dr Théodore KABORE 14

WA et le niveau d emploi d équilibre est moindre. e chômage A-B qui en résulte est involontaire pour le syndicat qui choisit entre emploi et salaire. 3. Autres facteurs économiques du chômage involontaire a. e capital humain es travailleurs ne sont pas parfaitement substituables ils se différencient notamment par leur capital humain. e capital humain tout comme le capital physique coûte de l argent qui doit être immédiatement investi mais qui ne portera ses fruits qu au fil des années suivantes. Au contraire du capital physique, l investissement en capital humain n octroie aux entreprises qui la réalisent aucun droit de propriété sur lui. Une fois formés, les travailleurs peuvent décider de quitter leurs emplois et de valoriser ailleurs le capital humain ainsi acquis. Ces départs volontaires représentent une perte pour l entreprise. Celle-ci va vouloir récupérer ses coûts de formation en pesant à la baisse sur les salaires. Ceci peut expliquer deux choses : les faibles salaires offerts aux jeunes travailleurs l hésitation des entreprises à investir dans le capital humain des travailleurs en fin de carrière. Il y a aussi une tendance à la hausse des salaires à l ancienneté. Cela est dû au fait que le capital humain spécifique à une entreprise est très important pour l entreprise. En effet un travailleur déjà en fonction dans une entreprise est plus productif qu un nouvel arrivé et son capital humain est plus utile à son employeur actuel qu à tout autre employeur potentiel. b. es salaires d efficience es travailleurs se différencient également par l intensité de leur effort de travail. a difficulté de mesurer l effort amène les entreprises à indexer les salaires de leurs travailleurs sur leur rendement c'est-à-dire à leur payer des salaires d efficience supérieure à leur productivité marginale du travail. By Dr Théodore KABORE 15

4. e salaire minimum De nombreux pays ont introduit des salaires minima afin de protéger les travailleurs des exploitations de la part de leurs employeurs. Cependant, l imposition d un salaire minimum peut provoquer du chômage. 5. es règlementations du marché du travail Sans doute en raison de leur résonance politique et sociale, les marchés du travail sont souvent fortement règlementés. es règlementations portent sur de nombreux aspects : congés payés, durée journalière et hebdomadaire du travail, normes de sécurité et d hygiène, représentation syndicale ainsi que de nombreux autres aspects des relations sociales. III. Un modèle dynamique du chômage Stocks et flux sur le marché du travail Trois situation sont possibles pour chacun d entre nous : avoir un emploi, être au chômage ou ne pas appartenir à la population active (cf. schéma ci-dessous). Départ pour d autres emplois Employés Nouveaux emplois icenciements Chômeurs Départs à la retraite Nouvelles entrées Nouvelles entrées sans emploi Découragement Absence de la population active Schéma dynamique des marchés du travail By Dr Théodore KABORE 16

Ces trois situations décrites au schéma ci-dessus révèlent les flux de passage de l une des situations à l autre, à tout moment de nombreuses personnes passent d une situation à l autre. ampleur de ces flux est particulièrement importante sur le marché du travail des pays industrialisés. Contrairement à la vision statistique les marchés du travail s avèrent donc très dynamiques même en présence d un taux de chomage élevé et stationnaire. IV. Taux de chômage d équilibre e chômage d équilibre peut être défini comme la forme du chômage d équilibre Chômage d équilibre= chômage frictionnel+ chômage structurel e chômage frictionnel s explique par le temps qu il faut à un chômeur pour trouver de l emploi correspondant à ses qualifications et à ses aspirations. Quant au chômage structurel, ses causes sont multiples, leur base commune est essentiellement liée aux institutions et aux réglementations qui encadrent l offre de travail. By Dr Théodore KABORE 17