Neuvième Partie Transport d Transport aørien Transport routier Transport ferroviaire Transport maritime
I - Transport aérien L INFRASTRUCTURE AÉROPORTUAIRE Sept aéroports réalisent l essentiel du trafic aérien régulier au Cameroun : les trois aéroports internationaux de Douala, Yaoundé et Garoua, et les aéroports de Ngaoundéré, Maroua, Bamenda et Bertoua. La gestion et l exploitation de ces aéroports sont assurées par la société d économie mixte Aéroports du Cameroun (ADC). En outre, huit aérodromes répartis sur le territoire sont fonctionnels ; 14 aérodromes publics et une vingtaine d aérodromes privés sont ouverts à la circulation aérienne. L aéroport international de Douala, ouvert à la circulation aérienne publique en 1981, peut recevoir de gros porteurs de type B747. Il comprend entre autres une piste de 2 850 x 45 m en béton bitumineux, une aérogare dimensionnée pour traiter un maximum de 1,5 million de passagers et 5 000 tonnes de fret par an. Situé à 25 km au sud de la ville, l aéroport international de Yaoundé- Nsimalen, mis en service en 1991, est un vaste complexe de 420 ha. Il comprend entre autres une aérogare d une capacité de 1,5 million de passagers par an extensible à 2,5 millions, une piste de 3 400 m extensible à 4 000 m, un hangar fret d une capacité de 10 000 tonnes par an, une centrale électrique, des aires de stationnement de 9,4 ha extensibles, pouvant accueillir en même temps 4 gros porteurs et trois moyens courriers. LE TRAFIC AÉRIEN L aéroport international de Garoua comprend un ensemble d installations modernes comparables à celles de Douala. Ouvert au trafic international au début des années 80, ce complexe contribue à combler le manque d infrastructures reliant le sud du pays à la partie septentrionale, il constitue en même temps une plaque tournante des mouvements touristiques dans cette partie du pays. L espace aérien camerounais s est élargi avec la réouverture des vols commerciaux dans les aéroports de Bertoua et Bafoussam, qui viennent s ajouter aux aéroports de Douala, Yaoundé-Nsimalen, Garoua, Ngaoundéré, Maroua-Salak et Bamenda. Une compagnie nationale, Cameroun Airlines (Camair), réalise des vols réguliers domestiques et internationaux, et une demi douzaine de compagnies privées assurent des vols ou missions à la demande, ou mettent leurs appareils en location. Les aéroports camerounais enregistrent en moyenne plus d un million de passagers dont globalement 40% en trafic international, 25% en trafic domestique, 20% en trafic régional (Afrique du centre et de l ouest), et 15% en transit. Douala représente les 3/4 du flux international de passagers et Yaoundé le cinquième. Le fret aérien s est établi à environ 20 000 tonnes, dont 80% à Douala et les 3/4 sur le trafic international. On note annuellement quelque 40 000 mouvements d aéronefs dont 60% à Douala et 20% à Yaoundé. 160 Annuaire Maritime National
I - Transport aérien Une dizaine de compagnies internationales effectuent des vols réguliers au Cameroun : Cameroon Airlines, Air France, Swiss Airlines, SN Brussels Airlines, Kenya Airways, Ethiopian Airlines, Air Ivoire, EGA (Guinée équatoriale), Bellview Airlines (Nigeria), Royal Air Maroc. Une compagnie sous-régionale, Air Cemac, est en gestation sur l initiative des Chefs d Etats de la Cemac, prise en décembre 2001. Le capital social est de 21 Md FCFA (32 M EUR) et devrait être réparti entre les Etats membres (30%), un partenaire technique (18%), des privés Cemac (22%) et des privés d autres pays (30%). Le projet bénéficie également de l attention de la BAD et de la BDEAC, et Royal Air Maroc a manifesté son intérêt à être le partenaire technique recherché. Annuaire Maritime National 161
II - Transport routier 1- Structures et généralités Le réseau des transports routiers du Cameroun comporte près de 65 000 km de routes principales (nationales, provinciales, départementales, communales) dont plus de 2 500 km de routes bitumées. Son schéma répond aux grands courants actuels de trafic. Plusieurs projets sont en cours de réalisation ; d autres à l étude pour satisfaire aux besoins futurs : - amélioration de l état d entretien ; - améliorations et extensions ; - organisation et coordination du trafic. 2 - L infrastructure et la sécurité routières Le Cameroun compte 49 598 km de routes, soit 4 830 km bitumées, 16 468 km de routes en terre classées et 28 300 km de routes rurales (non classées). L Etat concentre l essentiel des moyens mobilisés à l entretien d un réseau prioritaire de 27 935 km défini selon des critères de rentabilité économique et de développement rural. Les routes sont en général dans un état mauvais ou médiocre. Le trafic moyen journalier est de quelque 2 000 véhicules sur les routes bitumées et 500 véhicules sur les routes en terre. On enregistre annuellement en moyenne 5 000 cas d accidents qui font 1 500 tués et 6 000 blessés. Les 2/3 de ces accidents sont dus à des causes humaines (inattention, excès de vitesse, surcharge, etc.), 12% à l état des véhicules et 6% à l état des routes. Le Ministère des transports qui a fait de la sécurité routière une priorité majeure a lancé une phase expérimentale d utilisation de radars de contrôle de vitesse et d alcootests. En outre, les prestations de contrôle technique de véhicules sont réalisées par des entreprises privées sélectionnées sur appel d offres. 3 - Le parc automobile et le marché du matériel de transport routier Le parc automobile au Cameroun d environ 300 000 unités croît à un taux moyen de 6% par an. Les véhicules immatriculés en 2003 sont constitués à 60% de véhicules de tourisme, 20% de motos, 8% de bus, 12% de camions et remorques/semi-remorques. Le parc est assez délabré : plus de 90% de véhicules importés par an sont d occasion, 70% ont plus de 10 ans. 4 - Le transport urbain Les moyens de transports urbains fonctionnels sont : les taxis, les «motos-taxis», les bus et les minibus. Les moyens de transports urbains les mieux réglementés sont les taxis et le bus. Si les taxis sont exploités exclusivement par le secteur privé, le transport par bus sort progressivement du secteur public. La société publique, Sotuc, Société des Transports Urbains du Cameroun, qui jouissait du monopole d exploitation des transports urbains par autobus dans les villes de Douala et de Yaoundé a été liquidée en février 1995. Le gouvernement a pris l option en 2000 de libéraliser l exploitation des services de transports urbains : pas d'exigence de la part de l'etat ou des collectivités en dehors des dispositions d'ordre public, pas d'exonération fiscale ou douanière, pas de monopole, pas de tarifs imposés mais fixation d'un plafond négocié avec l opérateur. 162 Annuaire Maritime National
II - Transport routier L exploitation du réseau urbain de Douala s améliore de manière relativement satisfaisante grâce à la Socatur (créée en 2002 et constituée d'investisseurs privés camerounais). La ville de Yaoundé est desservie par «Le Bus», joint-venture créée fin 2005 entre l Etat camerounais et la société américaine Parker Transnational Industries (PTI). 3 - Le transport interurbain de personnes Ce mode de transport est exploité essentiellement par des opérateurs privés. On compte une trentaine de compagnies de transport régulier organisées (Garanti Express, Le Car, Binam, Centrale, Kami Express, Confort, Castor, Tabo Express, Buca, Alliance, Amour Mezam, Azinmeda, Vatican, etc.). Elles opèrent sur les lignes qui relient les principales villes, en particulier Douala, Yaoundé, Bafoussam, Bamenda et Ebolowa. Les conditions de voyage sont globalement assez inconfortables à cause des surcharges quasi-systématiques et des arrêts intempestifs, mais quelques-unes de ces compagnies proposent, sur la ligne Yaoundé-Douala, à prix double, un service prestige de bus climatisés avec presse et collation à bord. Le parc de matériel de transport, est en moyenne d une centaine de véhicules par grand transporteur, mais on retrouve chez les plus importants 200 à 250 unités. Il est en général constitué de minibus de 27 à 30 places type Toyota-Coaster ou Nissan-Civilian et Renault-Afribus, ainsi que de moyens et gros porteurs de 52 à 72 places Mercedes acquis auprès de concessionnaires locaux (Cami, SHO Tractafric, Mitcam, etc.) ou ivoirien (Carici). La plupart des compagnies de transport de voyageurs proposent par ailleurs des services de messagerie et de transport de marchandises. 4 - Le transport routier de marchandises au Cameroun Les activités de transport de marchandises sont assurées principalement par une dizaine de sociétés importantes (Transports Javourez, Sodetrans-Cam, Transimex, 3T) qui disposent d un parc de plus de 50 camions et poids lourds. Celles-ci interviennent principalement dans le transport du bois et de produits spécifiques, liées par contrat aux forestiers, grands transitaires, pétroliers, entreprises industrielles ou agricoles qui ont sous-traité la gestion de cette activité. On estime que l offre régulière de transport de marchandises est excédentaire au Cameroun. Des réflexions sont en cours au Ministère des transports en vue d organiser des centres logistiques à Douala, Yaoundé, Ngaoundéré et Bafoussam. 5 - Le transport routier inter-etats au sein de la Cemac Le transport de transit est organisé par les syndicats du secteur et supervisé par le BGFT, Bureau de gestion du fret terrestre. Le rôle de ce bureau est d assurer la transparence de l information sur le fret terrestre au profit des opérateurs économiques, et notamment la répartition du fret entre transporteurs des différents pays. Par ailleurs, une vignette unique de transport routier, document récapitulatif des pièces exigibles, a été instituée afin de limiter les tracasseries policières.des conventions particulières ont été signées avec le Tchad et la RCA afin d instituer des mesures de facilitation du transport de transit tels que : le sauf-conduit international, la vignette spéciale, la définition de points de contrôle sur les couloirs de transit. Annuaire Maritime National 163
II - Transport routier La Banque africaine de développement est intéressée à participer au financement du projet de facilitation des transports terrestres en zone Cemac sur les corridors Cameroun-Tchad et Cameroun-RCA, pour lutter contre les transbordements et autres tracasseries policières. Un Acte Uniforme Ohada portant sur le transport de marchandises par route a été adopté en mars 2003, il est entré en vigueur au 1er janvier 2004 dans les seize Etats membres. Inspirée de la convention de Genève de 1956, cette réglementation définit entre autres les obligations des parties et le système d indemnités en cas d avaries ou de pertes. Au sein de la Cemac, une assurance communautaire est en vigueur depuis 2002. Les pays de la zone ont également mis en place en 2001 un Code de la marine marchande et un Code communautaire de la route. Ce dernier a en particulier institué l uniformisation des caractéristiques de plaques d immatriculation dans la région, elle est assurée au Cameroun par la société allemande Utsch. L un des résultats les plus remarquables de la coopération sous-régionale, est la construction de l oléoduc Tchad-Cameroun (1070 km). A l horizon 2010, la liaison par voies praticables en toutes saisons (route, rail, eau) des six capitales des pays de la Cemac, devrait être opérationnelle, avec extension du réseau vers les pays limitrophes Nigeria et RDC. Le réseau régional intégré traverse le Cameroun d Ouest en Est par l itinéraire Douala-Bangui, et du nord au sud par N Djamena-Libreville en passant par Ngaoundéré, le terminal ferroviaire. 6 - Schéma routier Région du nord : Le réseau articulé sur les grands nœuds de l axe sud - nord, Ngaoundéré Garoua Maroua est déjà bien développé. Région du centre : Le problème dominant est celui de l évacuation des bois. Deux zones sont à considérer : la première délimitée par la rivière Dja, la route de Sangmelima Yaoundé - Obala et la Sanaga ; la deuxième située au sud du Nyong et du Dja comprenant deux sous- régions, à l est et à l ouest de Sangmelima. Région de l ouest : La mise en service de la route Douala Tiko Limbe a suscité l attraction du port de Douala, mieux équipé et offrant des facilités à la majeure partie de la production des provinces du nord et du sud- ouest. Avec la réalisation des travaux routiers Bafoussam - Bamenda, Kumba Manfé et Kumba Mbanga, il en résulte un accroissement de charge pour le port de Douala. 7 - Organisation et coordination du trafic Le trafic routier est assuré par les transporteurs privés. Depuis 1972, un syndicat national des transporteurs routiers a été créé par la fusion de plusieurs entreprises et organismes professionnels existant précédemment. Ce regroupement de moyens de transport routiers répond aux intérêts professionnels des transporteurs et aux impératifs du développement de l économie. 164 Annuaire Maritime National
III - Transport ferroviaire 1 - Transport ferroviaire : Historique Naguère arrondissement des Travaux Publics, les Chemins de fer du Cameroun furent érigés, par arrêté ministériel du 17 juillet 1947, en une entreprise à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité morale et de l autonomie financière. Le nouvel organisme fût alors dénommé «Régie des chemins de fer du Cameroun». Par la suite, pour tenir compte de l évolution de l entreprise, des aménagements touchant essentiellement à sa structure furent apportés à l arrêté original. Ainsi, l organisation et les conditions de fonctionnement furent successivement fixées par décrets : - n 65/DF/367 du 18 août 1963 ; - n 72/640 du 18 novembre 1972, aux termes duquel il convient de noter que la (Régie des Chemins de fer du Cameroun) a à sa tête un directeur général ; - n 74/1011 du 24 décembre 1974, qui prévoit en particulier la nomination d un président-directeur général à la tête de l entreprise ; - décret de septembre 1984, instituant un poste de directeur général. Aujourd hui donc, la «Régie nationale des Chemins de fer du Cameroun», établissement public à caractère industriel et commercial a cédé à la CAMRAIL la gestion et l exploitation de l ensemble des voies ferrées à écartement métrique (ou supérieur) du Cameroun ainsi que de leurs annexes. 2 - Transport ferroviaire : Constitution du réseau Le réseau ferré camerounais comprends 1 174 km de voies métriques et se compose de : La ligne du Trans-camerounais qui se divise en deux grandes sections : la section Douala Yaoundé : 308 km. La guerre de 1914-1918 empêcha les Allemands de réaliser leur programme et seule la section Douala - Eséka (173,6 km) était ouverte au trafic en juin 1914. Les travaux reprirent en janvier 1922 avec le Génie militaire français et, le 15 août 1927, la gare de Yaoundé était ouverte au trafic. la section Yaoundé Ngaoundéré : 628 km. Cette section fut construite de 1964 à 1974 et possède des caractéristiques modernes de tracé. Le premier tronçon Yaoundé Bélabo fut ouvert au trafic commercial par étapes : section Yaoundé Mbandjock : 15 juillet 1968 ; section Mbandjock Nanga-Eboko Bélabo : 1er décembre 1968 ; section Nanga-Eboko Belabo : 15 avril 1969. Le deuxième tronçon Bélabo Ngaoundéré fut achevé le 1er février 1974 avec l ouverture de la gare de Ngaoundéré au trafic commercial. Annuaire Maritime National 165
III - Transport ferroviaire La ligne de l Ouest Douala-Nkongsamba, 172 km. Les travaux de construction de cette ligne débutèrent entre 1902 et 1903 sous la conduite de la Société Lenz. Le 1er avril 1911, la ligne atteignait Nkongsamba. Les deux embranchements Mbanga Kumba & Ngoumou Mbalmayo, exploitée en voie Decauville ( 0,66 cm environ d écartement) de novembre 1927 à la fin 1932, cette ligne a été transformée en ligne à voie métrique en 1933. La relation Mbanga Kumba a été déclarée d utilité publique par ordonnance du 24 mars 1962. En avril 1969, le rail a atteint Kumba. 3 - Infrastructures 1 361 km de voies ferrées reparties de la manière suivante : TRANSCAM I (Douala - Yaoundé) : 262 km TRANSCAM II (Yaoundé- Ngaoundéré) : 623 km La ligne de l Ouest (Douala - Kumba) : 220 km IV - Transport maritime 1 - Service Quatre vingt quinze pour cent (95%) des marchandises à destination ou en provenance du Cameroun transitent par le port de Douala. Le bois et les produits de sciage représentent 66% du volume total des exportations tandis que les hydrocarbures et le clinker tiennent les premières places à l import avec respectivement 27,7% et 14,7% du volume. Après la privatisation de CAMSHIP, la compagnie nationale de navigation maritime, ce trafic est assuré par des compagnies privées battant pavillon de diverses nationalités. 166 Annuaire Maritime National
IV - Transport maritime Afin de rendre le port de Douala plus compétitif, le Gouvernement a adopté une stratégie permettant de réduire les coûts et les délais de passage portuaire en mettant notamment en place un guichet unique qui est le regroupement en un lieu physique de tous les intervenants dans le processus de déclaration d une marchandise à l import comme à l export. 1998. Une autorité portuaire chargée de réglementer les activités du secteur a été créée en décembre 2 - Réformes Réforme institutionnelle : elle est marquée par la loi sur la libéralisation du transport maritime et la loi portuaire qui ont permis la création des nouvelles structures aujourd hui opérationnelles. C est ainsi qu une Autorité Portuaire et des ports autonomes (Douala, Limbe, Kribi et Garoua) ont vu le jour. Dragage du chenal du port de Douala : le chenal a été dragué et entretenu à la côte de -7m ; cette côte est en passe d être approfondie à -7,50m. Infrastructures portuaires : le balisage du chenal a été entièrement reconstitué, les travaux de modernisation du terminal à conteneurs sont achevés, la darse de pêche et les pieds de quai ont été réhabilités et la darse à bois est en cours de réhabilitation. Sécurité portuaire : la sécurité des navires est assurée par la remise en état du balisage, la surveillance du plan d eau, la mise en service d une pilotine neuve pour assurer les besoins de pilotage du port, la remise en service de trois remorqueurs, le renforcement de la sécurité des marchandises, la lutte contre les passages clandestins par une équipe spéciale. Réduction des coûts et des délais : cette réduction se caractérise par trois baisses du tarif portuaire et par la réduction du délai de passage des marchandises grâce au Guichet Unique des Opérations du Commerce Extérieur (GUCE) au Port Autonome de Douala. L ambition du Gouvernement est de mettre en place les ports autonomes (Limbé, Kribi et Garoua) en veillant à leur réelle autonomie en même temps qu à leur condition de viabilité. La réhabilitation des infrastructures, le dragage du chenal à -7m, la réduction des charges de fonctionnement des ports, la réduction des délais de passage des marchandises à sept jours à l import et deux jours à l export sont les objectifs immédiats. 3 - Infrastructures Trois (03) ports maritimes (Douala, Limbe et Kribi) ; Un (01) port fluvial (Garoua). Annuaire Maritime National 167