Quand une équipe profite de sa participation à un projet de recherche pour rendre ses interventions plus efficientes



Documents pareils
L aide aux aidants. Psychologue clinicienne. Capacité de gériatrie mars 2009

La psychothérapie. Se poser les bonnes questions

Définition, finalités et organisation

Le retour au travail après une absence prolongée en

DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES

d infirmières et d infirmiers Pour être admissible au répit spécialisé sur référence Des services spécialisés intégrés en

FORMATION THÉORIQUE. Trait d Union TM

Comment la proposer et la réaliser?

Le processus d inspection professionnelle du CSSS du Sud de Lanaudière: Une expérience enrichissante

Planification stratégique

Régimes flexibles et comptes de gestion santé : est-ce pour nous?

L'assignation temporaire: Une solution gagnante pour tous

5 postures pour mobiliser le don

2 LE PROJET PERSONNEL. Avant tout. il y a vous

GUIDE SOUTENIR LE RETOUR AU TRAVAIL ET FAVORISER LE MAINTIEN EN EMPLOI UNE DÉMARCHE FACILE À SUIVRE. DES CAPSULES ViDÉO INFORMATIVES

LES CROYANCES LIMITANTES

L approche populationnelle : une nouvelle façon de voir et d agir en santé

Veuillez noter que les questions des sondages en ligne s inspirent des questions posées aux groupes de discussion.

TAUX MENSUELS DE PRIMES GARANTIE OBLIGATOIRE à compter du 1er juillet 2013

Certains de ces changements peuvent être positifs. Les intervenants humanitaires témoignent souvent de la

Les approches de réduction des méfaits trouvent un certain appui dans la population québécoise*

DECLARATION DES PERFORMANCES N 1

PLAN SANTE SECURITE AU TRAVAIL DES EXPLOITANTS AGRICOLES DE LA REGION GUADELOUPE PERIODE :

L utilisation de l approche systémique dans la prévention et le traitement du jeu compulsif

«WHEN ALL IS SAID AND DONE, MUCH MORE HAS BEEN SAID THAN DONE»

La diplomatie économique et la promotion économique du Maroc à l étranger

Master ès Sciences en sciences infirmières

L évolution des rôles en soins infirmiers. Un changement à s approprier

Se libérer de la drogue

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

Embaucher un coach pour accompagner le changement : analyse d une tendance dans le développement des gestionnaires

FONCTION DE DEMANDE : REVENU ET PRIX

Quelles attitudes en fin de vie? Acharnement? Euthanasie? Soins palliatifs?

La supervision en soins infirmiers

Développement personnel

En application de l accord de gouvernement fédéral du , la législation du crédit-temps sera modifiée à partir du

GUIDE PRATIQUE déplacements professionnels temporaires en France et à l étranger

CONDITIONS POUR LE PRÊT D ÉQUIPEMENT AU SERVICE DES AIDES TECHNIQUES

7 octobre 2014 Entretiens Jacques Cartier

Stress des soignants et Douleur de l'enfant

Guide à l intention des familles AU COEUR. du trouble de personnalité limite

Les ateliers de pratique réflexive lieu d intégration des données probantes, moteur de changement de la pratique

AVIS N 118 DU 13 FEVRIER 2009 DU BUREAU DU CONSEIL DE L EGALITE DES CHANCES ENTRE HOMMES ET FEMMES, RELATIF A LA PROPOSITION DE DIRECTIVE PORTANT

Droits des malades en fin de vie. Connaître la loi Leonetti et l appliquer

FORMATIONS COACHING EVOLUTIF - PNL - HYPNOSE - NON VERBAL - COMMUNICATION EFFICACE

Notre système de retraite par répartition est au cœur du pacte républicain qui lie les différentes générations.

Préambule. Claude Sicard Vice-président au partenariat et à l expertise-conseil 2 LE CADRE D INTERVENTION EN PRÉVENTION-INSPECTION

Assurance Arrêt de Travail

squelettique Importance pressentie des troubles de santé psychologique Sollicitation par les centres d urgence d

MANAGER POUR LA PREMIÈRE FOIS

Bilan des réalisations 2014 à l égard des personnes handicapées

Comprendre les différentes formes de communication

L Arrimage - Montréal. Rapport annuel

Qu est-ce que la maladie de Huntington?

ÉLUS MUNICIPAUX RETRAITÉS Groupe 71H64

LES ORGANISMES DE BIENFAISANCE, LES CITOYENS ET LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL :

Dép. 75 «Service d Accueil de Jour»

environics research group

Assurances collectives

«Les acteurs du mieux-vivre en entreprise au service du bien-être au travail»

Expert. en Protection Sociale Complémentaire

CONTRAT COLLECTIF D ASSURANCE DE PROTECTION JURIDIQUE

droits des malades et fin de vie

CARACTERISTIQUES DE L APPROCHE GESTALT EN ORGANISATION

Françoise TRUFFY, Présidente de la CDAPH 94. Bonjour,

VOS PRÉOCCUPATIONS? VOTRE ÉDUCATION LES NÔTRES? VOTRE SANTÉ ET VOTRE SÉCURITÉ

Le Modèle Conceptuel de Virginia Henderson. P. Bordieu (2007)

Maurene McQuestion, IA, BScN, MSc, CON(C) John Waldron, MD, FRCPC

Insuffisance cardiaque

www Sécurité sociale en Suisse: > Thèmes > Aperçu > Données de base

Projet de loi n o 21 (2009, chapitre 28)

RETOUR AU TRAVAIL Stratégies de soutien du superviseur lorsque la santé mentale joue un rôle dans le retour de l employé au travail

Stratégie d intervention auprès des élèves présentant des comportements et attitudes scolaires inappropriés

Assurances collectives

À NOS AMIS QUI BÉGAIENT QUELQUES CONSIDÉRATIONS

Un poste à votre mesure!

TMS LIGNES DIRECTRICES DE PRÉVENTION. Lignes directrices de prévention des TMS pour l Ontario PARTIE 1 : TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES

De la détresse émotionnelle à l actualisation du potentiel des membres de l entourage. La vision familiale. Série 1, numéro 1

VIVRE ET TRAVAILLER EN SUISSE

La réadaptation professionnelle des travailleurs lombalgiques : Présentation d'un modèle canadien

GUIDE SUR LES INDICATEURS DE PERFORMANCE DANS LES UNITÉS DE VÉRIFICATION INTERNE

Commentaires. de l Ordre des conseillers en ressources humaines agréés sur le Régime québécois de santé et de sécurité du travail

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Parcours de formation. Coach. Et si vous pouviez accompagner vos clients ou vos collaborateurs par le coaching?

Bien-être et Performance Collective Des risques psychosociaux au modèle de management et au bien vivre ensemble

BILAN DE CARRIERE. La convergence de 2 mondes : Les Ressources Humaines Le développement personnel & l engagement relationnel

Le réseau FADOQ plaide pour une réelle adaptation du Régime de rentes du Québec

BUREAU DU CONSEIL PRIVÉ. Vérification de la gouvernance ministérielle. Rapport final

ASSOCIATION ARISSE INSTITUT MEDICO-EDUCATIF ARMONIA Avec prise en charge de jour et d internat séquentiel LIVRET D ACCUEIL

TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES (TMS)

L approche de collaboration: une voie de contournement des facteurs entraînant les troubles graves de comportement.

ASSURANCE GROUPEMENTS SPORTIFS

Approche centrée e sur le patient

CONTRAINTES PSYCHOLOGIQUES ET ORGANISATIONNELLES AU TRAVAIL ET SANTE CHEZ LE PERSONNEL SOIGNANT DES CENTRES HOSPITALIERS:

LES SERVICES DES RESSOURCES HUMAINES

Avis sur «Priorité jeunesse : évolution de la carte Région pour la rentrée et mise en place du Pass Région Santé»

MODÈLE D ÉVALUATION DU LEADERSHIP CCPE

Allocution d ouverture de Jean DEBEAUPUIS, Directeur Général de l Offre de soins

Objectif. Développer son efficacité personnelle par une meilleure communication avec soi et les autres

Transcription:

Quand une équipe profite de sa participation à un projet de recherche pour rendre ses interventions plus efficientes Mylène Lévesque, psychologue Caroline Beaulieu, ergothérapeute

Projet de recherche printemps 2012 Développement et implantation d un programme de PDP entre l ergothérapeute et le travailleur ayant une incapacité due à un TMS persistant: perspective des acteurs en réadaptation.

Projet Faciliter l atteinte d un but commun entre l intervenant et le travailleur au sein de programmes de réadaptation tout en tenant compte des contraintes des acteurs impliqués (employeur, syndicat, assureur) Développer un programme de PDP applicable aux programmes de réadaptation existants Évaluer l implantation d un tel programme

Qu est ce que la prise de décision partagée Processus par lequel le client et le professionnel de la santé prennent des décisions ensemble dans une relation de coopération; Vise à faciliter l atteinte d un but commun entre le clinicien et le client; Permet d établir une alliance de travail entre le client, le clinicien et les autres acteurs et d assurer une compréhension commune et une action concertée entre tous les acteurs; Améliore la qualité de décision en réduisant l incertitude et favorise le processus de prise de décision, tout en augmentant le choix d options basées sur des données probantes.

Formation par les chercheurs

Guide personnel d aide à la décision (Ottawa)

Approche appliquée à l ensemble de l équipe

Compétences préalables à la PDP

Efficacité selon Yves St Arnaud 2 types de compétences pour assurer l EFFICACITÉ du traitement Techniques: Disciplines professionnelles Relationnelles Établir et maintenir une alliance de travail

Compétences relationnelles (St Arnaud) Concepts proposés par St Arnaud pour établir et maintenir une alliance de travail Partenariat Concertation Non ingérence Responsabilité

Structure de coopération Les 4 concepts peuvent être appliquer en s assurant de maintenir une structure de coopération

Structure de coopération But commun (non ingérence) L intervenant considère l usager comme un partenaire à part entière (partenariat) Concertation dans la poursuite d un but commun. Suppose la participation active des 2 partenaires (responsabilité) Compétences de l intervenant, celles de l usager et celles partagées par les deux

Autres types de structure en relation d aide 1. Structure de pression Résistance 2. Structure de services Passivité

Coopération Concept qui ne réfère pas à l attitude positive ou négative du client, mais à un type de relation dont le clinicien prend la responsabilité d instaurer et de maintenir Relève de la compétence relationnelle de l intervenant Succès non garanti, mais l attitude négative du client ne nous empêchera pas de viser à créer une collaboration

Prises de conscience dans l équipe Pièges à la collaboration Absence d un but commun Jugement de valeur Attentes irréalistes de l intervenant Acharnement pour maintenir son sentiment de compétence Etc.

Expertise Partagée Deux experts avec compétences différentes: Intervenant Client

Intervenant Expert Compétence technique Opinion professionnelle: Transmettre le plus possible d informations valides, données probantes Jugement professionnel vs jugement de valeur Modalité de traitement Avantages et désavantages d une telle modalité de traitement. Compétence relationnelle Gestion et entretien de la relation: concepts associés à l alliance de travail Accueil des valeurs et priorités du client Multiplier les choix libres et éclairés. Structure de coopération

Client Expert Valeurs Priorités Informations sur son vécu

Cas cliniques Jean Client: Participation mitigée aux interventions Investissement minimal dans ses exercices Exprime beaucoup de frustration par rapport à son employeur Intervenants: Ressentent de la résistance Doutent de sa motivation, vivent de la frustration Attentes du tiers payeur Jugement de valeur de l équipe en tant qu experts

Cas cliniques Jean PDP pour faire un choix éclairé entre une retour à l emploi antérieur ou réorientation Pours et contres plus pondération selon ses valeurs et ses besoins Décision contraire à ce que l équipe et le tiers payeur auraient préconisée

Cas cliniques Jean Retombées: Client: Investi dans ses interventions Progression significative de ses capacités Mobilisé à poursuivre les techniques, entrainements et moyens de gestion dans son milieu réel pour maintenir ses acquis. Proactifs dans ses démarches de réorientation Intervenants: Ajustement des interventions vers les objectifs du client (développement global vs spécifique) Perception très positive du client Émotion positive envers le client

Cas cliniques Georges Client: Ne veut plus de douleur Ne croit pas réaliste l intégration de bonne techniques de travail dans son emploi de menuisier charpentier Attend une chirurgie pour guérir la douleur Éviter jugement de valeur : Transmis l information Dirigé monsieur vers les bonnes ressources pour obtenir l information manquante Rencontre avec monsieur et sa conjointe Offert un moment de réflexion pour favoriser la prise d une décision éclairée

Cas cliniques Rose Cliente: Ambivalence face au retour à l emploi antérieur Perte d intérêt et anxiété +++ par rapport à cet emploi Intensification de la détresse lors des mises en situation correspondant aux tâches de l emploi Absences répétées aux interventions Intervenants: Objectif du PII: clarifier la cible professionnelle

Cas cliniques Rose Retombées: Client: Soulagement, diminution de l anxiété A renforci l alliance thérapeutique Mobilisée à entreprendre des démarches pour obtenir de l information et clarifier sa cible professionnelle Intervenants: Interruption temporaire des interventions pour libérer la cliente afin qu elle puisse entreprendre ses recherches Diminution des frustrations en raison des absences répétées Diminution des échecs vécus suite aux interventions de mise en situation Diminution du sentiment d impuissance

Retombées du projet de recherche Meilleures stratégies d intervention pour: Favoriser l alliance thérapeutique Mieux gérer notre sentiment d impuissance face aux impasses thérapeutiques Retrouver du pouvoir face à la résistance du client Augmente le sentiment de contrôle du client sur sa réadaptation Augmente le sentiment de satisfaction du client et de l intervenant