l EXCLUSION, INCLUSION m



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Transcription:

EXCLUSION, INCLUSION m education permanente CULTURE ÉDUCATION PERMANENTE

«I y a eu une invention de accessibiité comme nouvee forme sociae révéatrice d une conception du traitement de atérité dans notre société.» (1) Réaisation : Service Éducation permanente Question Santé asb Texte : Isabee Dossogne/Question Santé Graphisme : Carine Simon/Question Santé Remerciements à Xavier Anciaux/ asb Pain Pied et à Vincent Snoeck/ asb Gamah Avec e soutien de a DG Cuture - Éducation permanente du Ministère de a Communauté française Éditeur responsabe : Patrick Trefois - 72, rue du Viaduc 1050 Bruxees D/2008/3543/8 2 m

La mobiité, une vaeur montante Mobiité : de prime abord, ce mot évoque sans doute des verbes de mouvements comme bouger, se dépacer Pour s approvisionner, pour étudier, pour travaier, pour des services, pour des oisirs, pour des rencontres La mobiité est quotidienne. Être mobie, c est aussi ne pas être invisibe dans a société, c est exister dans espace pubic. Une mobiité sociétae en queque sorte. A contrario, être immobie confine dans un petit espace et isoe des autres. Un «isoement spatia et socia». (2) Oui, dans a société occidentae contemporaine, a mobiité représente une vaeur montante. On entend parer de a mobiité comme d un enjeu pour e déveoppement durabe, pour environnement, pour es entreprises, pour empoyabiité, pour aménagement du territoire Une vaeur et un enjeu transversa : à a fois socia, économique et poitique. Face à immobiité considérée presque comme une déficience, a mobiité est devenue prédominante. 3 m

Coroaire, accessibiité de espace et des ieux pubics est aussi devenue un enjeu important. Pus a mobiité devient une exigence, pus accessibiité devient une question cruciae. «Cependant, accès différencié à a mobiité contribue à créer de nouveaux écarts entre individus et groupes sociaux Aors que es groupes es pus précarisés ont un accès imité à a mobiité, es groupes dominants possèdent une grande capacité de déocaisation À opposé, ceux dont aptitude à a mobiité est a pus faibe courent e risque de isoement et de a marginaisation.» (3) Pour es personnes à mobiité réduite, obstace crée e handicap C est dans ce contexte que s inscrivent es revendications à accessibiité de personnes à mobiité réduite (PMR). «Qui sont es PMR (personnes à mobiité réduite)? Les PMR sont des personnes gênées dans eurs mouvements en raison de eur taie, de eur état, de eur âge, d une maadie aux effets handicapants, d un accident, d un handicap permanent ou temporaire. De simpes citoyens en somme.» (4) Des personnes à mobiité réduite demandent accessibiité des espaces et ieux pubics, de services, de oisirs... Ees pensent eurs revendications dans une ogique de droit à a mobiité. I s agit de justice. 4 m

Ees affirment que c est environnement construit par es hommes qui es handicape ou non par rapport à accessibiité des ieux et a participation à a société. «C est obstace qui crée e handicap! Devant une rampe, i n y a pas d handicapé. Devant un escaier, i y a un handicapé et un vaide. Ce n est pas état de a personne qui est en cause. Tout a été fait pour a majorité. Est-ce un refet de a démocratie qui fonctionne avec a majorité?» «En effet, ee est révoue époque où on pouvait imaginer que es personnes handicapées constituaient une seue grande probématique. Le handicap n est pas un probème en soi, c est environnement qui e crée. I est dépassé e temps où es handicapés, comme on disait, dépendaient uniquement du Ministre des Handicapés, avec un grand H pour bien montrer qu on avait du respect. Non, e respect, c est d éiminer es situations handicapantes et es discriminations à chaque niveau de compétences.» (5) Accessibiité,(in)dépendance et quaité de vie L accessibiité des ieux pubics, des transports en commun permet de sortir de chez soi, de ne pas se retrouver isoé. On sait que subir un isoement est préjudiciabe à a quaité de vie. Être contraint à immobiité, à isoement peut égitimement provoquer du repi sur soi, de a dépression, de a coère, de agressivité 5 m

«Nous constatons, par aieurs, que absence d accès à une mobiité, entraîne un renforcement du sentiment d excusion.» (6) L accessibiité des ieux aux personnes à mobiité réduite eur permet aussi de ne pas avoir recours à aide d un tiers, ee eur donne indépendance dans es dépacements. Effectivement, pour es personnes à mobiité réduite, accessibiité des ieux débouche sur a iberté de choisir entre partir ou rester, entre aer seu ou en compagnie, où aer, avec qui aer... Sans quoi, «Les chances de jouir de a vie seront moindres, es chances (NDLR risques...) de souffrir pus grandes, qui entraîneront des sentiments de pus grande dépendance et d insécurité, majorant anxiété, a cupabiité, auto-dépréciation.» (7) Au-deà des situations individuees, e regard porté dans a société occidentae contemporaine sur indépendance ainsi que sur a mobiité peut aussi infuer sur e bien ou ma être. Indépendance et mobiité y sont des normes vaorisées et... vaorisantes pour ceux qui es exercent. Ne pas pouvoir es atteindre marque d autant pus ceux que environnement désavantage ou excut. «L individuaisme de notre société fait percevoir e fait d être dépendant des autres comme une régression vers un état de faibesse et d anxiété que individu a intériorisé de façon négative.» (8) 6 m

Autonomie et indépendance L autonomie et indépendance constituent des questions centraes quand on pare d accessibiité aux personnes à mobiité réduite. Ees touchent à a iberté individuee de se mouvoir, à a possibiité de se dépacer, d occuper espace pubic. À travers expérience des personnes à mobiité réduite, es notions de dépendance, d indépendance et d autonomie émergent de façon singuière. «Autonomie : ce mot est pus véhicué dans e miieu du handicap que ceui d indépendance. Suis-je indépendant? Oui. Indépendant, c est quand je ne dépends de personne pour décider de ma vie. Mais pour certains gestes, j ai besoin d aide. Suis-je autonome? Oui et non, pas toujours. I y a des choses que je ne peux pas faire seu. Mais j ai a capacité de décision. L autonomie, c est pouvoir faire seu. I y a des gens qui n ont pas cette envie de faire seu, qui ne e souhaitent pas. C est un choix personne, une question de personnaité, de choix. Ce qui compte, c est d avoir e choix de faire seu ou pas.» «C est une question de dignité, La différence est déjà difficie à vivre... Ça touche à espérance, au projet, à espoir. Certains disent : Moi, je peux tout faire seu, on en a marre d être des assistés. 7 m

On veut faire des iens avec es autres par choix. Pouvoir e faire seu et choisir de faire. L échange doit être biatéra et pas uniatéra. Comme chaisard, je ne pourrais jamais te faire paisir à toi qui m a aidé. Comment te rendre a monnaie? L autonomie, c est ne pas être redevabe, sortir du rapport dominant/ dominé. C est ourd de toujours demander, de toujours être aidé. C est comme cea qu on s isoe. Le déveoppement de accessibiité est une iberté.» «... es PMR sont des personnes comme es autres, dans e sens où ees partagent avec tous eurs concitoyens cette aspiration à automobiité, entendue comme vaorisation générae d une iberté et d une autonomie de dépacements pour chacun d entre nous.» (9) Quand une minorité apporte des atouts à une majorité Depuis de nombreuses années, des associations interpeent, revendiquent, agissent pour accessibiité aux personnes à mobiité réduite, pour a reconnaissance de ce probème. Non seuement en évoquant des probèmes techniques, mais surtout en posant une question sociae et poitique. «Des personnes handicapées miitantes ont porté étendard très haut. Ees ont fait monter a pression très fort : on en a marre de ne pas pouvoir participer à a vie sociae.» Des changements concrets sont advenus : is améiorent accessibiité aux personnes à mobiité réduite. C est e début d un processus à ampifier et à généraiser. 8 m

Des personnes à mobiité réduite expriment des besoins propres. Toutefois, ees montrent aussi qu à partir de eurs exigences, c est espace pour beaucoup de personnes, bien au-deà du seu groupe des personnes à mobiité réduite, qui est améioré. Ainsi une rampe instaée à a demande des personnes à mobiité réduite est utiisée aussi par des personnes âgées, par des femmes enceintes, par des parents avec un andau ou une poussette d enfants, par des voyageurs chargés de vaises, par des sportifs en roer L aménagement d espaces ou de bâtiments pubics demande en fait une prise en compte des minorités dès e début. Imaginer des ieux pubics où tous puissent parvenir, entrer et se mouvoir sans difficutés. Imaginer accessibiité pour a majorité à partir des besoins des minorités, pour réduire e risque d excure des minorités? «On ne peut pas faire des aménagements pour des personnes handicapées qui ne conviennent qu aux personnes handicapées. De quoi va-t-on partir pour contenter tout e monde? De ce dont a besoin une personne en chaise pour circuer dans e bâtiment? Car si ee n y pas accès, aors ee n y va pas. Ces aménagements conviennent à beaucoup de monde. Qui peut e pus, peut e moins. I n y a pas de contre-indications. Tout e monde y gagne.» «L accessibiité des PMR fait partie du déveoppement durabe : ee se situe dans e temps. Avec e vieiissement de a popuation, de pus en pus de personnes profiteront des aménagements.» 9 m

La question de accessibiité, émanant des personnes à mobiité réduite, quitte cette seue niche et s impose comme une question concernant tous es pubics, comme une demande de déveoppement d espaces utiisabes et praticabes par tous. Des changements à venir Des changements concrets et profitabes à tous sont dès ors en perspective. «Nous disons que a question de a nécessité de accessibiité ne se pose pus. On ne peut pus imaginer de sectoriser a popuation, que quequ un dise : Ce sont des handics, is n ont qu à rester chez eux. Maintenant cet inconscient coectif nous porte. Au départ, on a cassé a baraque.maintenant, un poitique n ose pas dire qu i ne faut pas faire d aménagements à cause du prix. Surtout, si associatif dénonce derrière ui a discrimination par rapport au handicap.» On remarque aussi que quand accessibiité aux personnes à mobiité réduite commence à être organisée dans un espace ou dans des transports, ceux-ci sont de pus en pus fréquentés par ces personnes. Seon e principe de offre qui crée a demande. Une sorte de cerce vertueux. «Les besoins existent, mais is ne sont pas suffisamment manifestés. I faut susciter utiisation. En aménageant, on crée envie et on diminue es barrières psychoogiques et physiques. I faut un peu de temps pour passer ces barrières. À Liège, une gaerie commerciae est reativement accueiante pour es personnes en chaises rouantes. Et effectivement, on y croise maintenant pein de chaisards. Quequefois des gens disent : À quoi ça sert d aménager, on ne voit jamais d handicapés?. Mais quand on crée des aménagements, es personnes handicapées viennent.» 10 m

Tout un pan technique entre en jeu quand i s agit de prévoir accessibiité aux personnes à mobiité réduite. L idée est d en faire une contrainte parmi es autres, comme cee de a protection de environnement, de économie d énergies Dès e départ, dès a conception des espaces et des bâtiments «On a intérêt à travaier au niveau de esquisse quand architecte éabore es pans. Ça doit être une préoccupation dès e début. L état de vaide est un état temporaire. L architecte doit imaginer e jour où i sera moins vaide.» Beaucoup d acteurs sont concernés par cette mise en oeuvre : es pouvoirs pubics, es architectes, es constructeurs, des acteurs économiques, es usagers... «Ce qui reste dur, c est de façon individuee. Par exempe ordre des architectes est convaincu. Mais individueement, certains architectes ne e sont pas. On est face à des réactions individuees. Ce sont es prochaines étapes : sur e terrain, c est un travai de fourmi. Un travai avec es transports, avec es travaux de voirie...» 11 m

Construira-t-on encore des escaiers? Un débat entre approches universaiste et différentiaiste... Au départ, i y eut i y a encore a construction d espaces pubics inaccessibes aux personnes à mobiité réduite. Des associations ont dénoncé ces discriminations. Dès ors peu à peu, des aménagements de ieux se réaisent, qui permettent accessibiité aux personnes à mobiité réduite. Aménagements qui s avèrent par aieurs être profitabes à pus de gens On peut se poser a question de évoution des espaces pubics dans e futur. L évoution se fera-t-ee vers a conception d espaces pubics où tout sera accessibe à tous? Construira-t-on des ieux accessibes à tous sans aménagements spécifiques pour es personnes à mobiité réduite? I n y aura aors, par exempe, pus d escaiers... Ou bâtira-t-on des espaces avec une offre d accès différents qui donne à chacun a possibiité et donc e choix d aer ou de ne pas aer? Sans focaisation sur es manières d accéder, objectif sera ainsi d atteindre une égaité des conditions d accessibiité. Chaque personne aura son indépendance dans e dépacement sans que a manière de se dépacer soit signifiante ou discriminante par rapport à une norme. I y aura, par exempe, des ascenseurs, des escaiers, des rampes... Ce thème de accessibiité est une porte intéressante pour débattre de a prise en compte des différences dans un «vivre ensembe». 12 m

Penser à un environnement unique qui conviendrait à tout e monde, est ce une utopie? Certains avis soutiennent cette perspective : «... une approche universaiste du handicap interroge es capacités de a société à intégrer toutes es personnes qui a composent quees que soient eurs caractéristiques. Cette tendance rejette tout particuarisme et se traduit dans e sogan Nous sommes tous identiques. À inverse, autre tendance appeée différentiaiste évoque e droit à a différence, voir à une identité de groupe minoritaire. Suivant approche choisie, consciemment ou non, es poitiques mises en oeuvre divergent, e traitement de accessibiité est une iustration remarquabe de nos hésitations entre divers traitements de atérité. Actueement, approche universaiste a a primauté du fait de action conjuguée entre es effets d une mobiisation en faveur du droit à une peine participation de tous es citoyens et de accroissement des pathoogies invaidantes suite à aongement de a durée de vie qui fait des situations de handicap une expérience universee.» (13) «Avant on construisait des bâtiments avec des marches, pus tard on construira des bâtiments sans marche. On ne va pus adapter environnement pour e rendre accessibe, on va rendre environnement accessibe. On va repousser es imites de pus en pus oin et éiminer es différences. C est une évoution possibe grâce au progrès.» 13 m

Des nuances s expriment : «L associatif défend cette offre intégrée de environnement accessibe mais jamais au détriment des aménagements sectories qui eux s adressent à des personnes qui, sinon, ne pourront jamais sortir. Pus on va déveopper cette offre intégrée, pus offre sectoriee, ee, va se spéciaiser, se préciser. I n y a pas une soution. I ne faut jamais vouoir tout résoudre, i faut vouoir améiorer. Par rapport à environnement, i y a des choses qui ne seront jamais soubes. Aors, je revendique un traitement différencié. Pas de a pitié, pas de a commisération. L accès du Louvre est un bon exempe. I y a des fies d attente différenciées pour es personnes qui ne peuvent pas tenir debout. Si ees ne bénéficient pas de ce traitement différencié, ees ne peuvent pas aer au Louvre... Les traitements différenciés ouvrent e champ des possibiités par rapport à des imites physiques, sensoriees ou inteectuees. Ce n est pas une question de revendications identitaires mais une question d égaité des chances. En tant que personne handicapée, je revendique de pouvoir faire comme tout e monde mais je revendique que on ne me considère pas comme tout e monde. Effectivement je veux faire e maximum tout seu mais je ne suis pas voyant, et je ne veux pas être considéré comme un voyant. Ça fait partie des imites de chacun. Je considère que a cécité apporte des imitations. Je souhaite qu on puisse en tenir compte. Tout e monde a des imitations... On a construit une société qui ne convient à personne.» 14 m

Ce qu imposent es égisations actueement On trouve dans e Code waon de aménagement du territoire, de urbanisme et du patrimoine (CWATUP) «e règement généra sur es bâtisses reatif à accessibiité et à usage des espaces et bâtiments ou parties de bâtiments ouverts au pubic ou à usage coectif pour es personnes à mobiité réduite.» En Région bruxeoise, c est dans e Règement régiona d Urbanisme (RRU), qu est mentionnée a égisation sur «accessibiité des bâtiments aux personnes à mobiité réduite.» (10) Dans une étude récente, e Centre pour égaité des chances reève que «Bien qu abondante, a égisation bege en matière d accessibiité des bâtiments ouverts au pubic - reste trop timide et trop peu contraignante ; ee n est pas toujours connue, pas toujours utiisée, pas toujours appiquée, pas toujours respectée, peu ou pas contrôée et sanctionnée ; - ee ne vise pas es bâtiments existants ; - ee reève de chaque compétence régionae et peut manquer de cohérence et de coordination.» (11) «Au travers des paintes qu i reçoit, e Centre est amené à constater a difficuté, voire impossibiité, pour es personnes avec une mobiité réduite d accéder et d utiiser certains bâtiments. Ainsi, parmi es bâtiments es pus souvent cités, on peut retenir es administrations notamment communaes, es infrastructures de sport et de oisirs, es écoes, es cinémas, es théâtres, es cafés, es restaurants, es hôtes, es banques et postes, es caisses et comptoirs des grands magasins, es services de santé, es ascenseurs, es infrastructures de transport (et notamment accès à ceux-ci ).» (12) 15 m

Concusions Les personnes à mobiité réduite forment une minorité dans ensembe de a popuation. Leurs revendications à accessibiité contiennent pourtant en puissance une promesse d espaces et de ieux pubics accessibes, pus conviviaux pour tous, d un meieur confort d usage pour e pus grand nombre. Considérant espace pubic comme un bien commun, cette question de accessibiité portée par des personnes à mobiité réduite est une question de justice, de portée générae. D autres personnes éprouvent aussi des difficutés de mobiité dues au manque de ressources financières, à iettrisme, à a vieiesse ou à a non connaissance de a angue pratiquée... Ees risquent aussi insécurisation, isoement ou a marginaisation. À partir de a réaité de accessibiité aux personnes à mobiité réduite, une question gobae qui reste en suspens est a façon dont espace pubic intégrera es différences et es minorités? Évouera t-on vers une optique universaiste, vers une optique différentiaiste ou vers un choix de droits à a différence? La revendication de accessibiité comprend dès ors aussi des questions comme cees de a ocaisation des ieux et des évènements pubics, de a disponibiité des transports en commun, des coûts, de accès à information... Finaement, a perspective contenue dans es revendications de personnes à mobiité réduite à accessibiité est cee d espaces et de transports communs, ouverts et agréabes à tous. Qui ouvre aussi e champ à d autres projets de société décoisonnée comme ceux de intergénérationne, de égaité sociae et de intercuture À imaginer et inventer 16 m

«L accessibiité intégrae de environnement bâti impique que chacun puisse voir, entendre et comprendre ce qui s y passe, que chacun puisse être/s y sentir confortabe et en sécurité.» (14) 1 L invention de accessibiité en France entre 1975 et 2005. Des poitiques spécifiques aux poitiques d accessibiité : intérêt d une approche socioogique. Murie Larrouy 2 L inégaité face à a mobiité : du constat à injonction, Marie-Héène Bacqué et Syvie Fo, Revue suisse de Socioogie, Vo 33(1), pp. 89-104 3 idem 2 4 Aires Libres 02-Nov-07 - http://www.gamah.be/fr/aires_ibres.htm 5 Vincent Snoeck Octobre 2007 - http://www.gamah.be/fr/coup_bec_gouvernement.htm 6 Marie-Thérèse Coenen, ors de a formation poitique des cadres UCP, e 29 janvier 2004». http://ucpfed.yeis.net/ucp.mc.be/spip.php?artice60 7 Handicap : es imites du concept sont-ees encore négociabes? Moncef Marzouki, site web du Consei Nationa pour es Libertés en Tunisie, www.wecomme.to/cnt/ 8 Autonomie et handicap moteur. Arette Loher-Goupi, éd Chronique sociae, 2004 9 Pierre Lannoy, Des transports actues aux transports pour tous, cooque organisé par Gamah asb, Liège, saon Autonomies, 22 février 2008 10 http://www.gamah.be/fr/documents.htm 11 Accessibiité des bâtiments ouverts au pubic pour es personnes à mobiité réduite, Centre pour égaité des chances et a utte contre e racisme. http://www.diversite.be/?action=pubicatie_detai&id=14&thema=3 12 idem 11 13 idem 1 14 idem 11 17 m

Pour en savoir pus Site de asb Groupe d Action pour une Meieure Accessibiité aux personnes Handicapées (GAMAH) : www.gamah.be Site de asb Pain Pied, bureau d études spéciaisé en aménagements pour es personnes à mobiité réduite : www.pain-pied.com/ Site du Coectif Accessibiité Waonie-Bruxees (CAWAB) : www.cawab.be Étude pubiée par e Centre pour égaité des chances et a utte contre e racisme «Accessibiité des bâtiments ouverts au pubic pour es personnes à mobiité réduite» : http://www.diversite.be/?action=pubicatie detai&id=14&thema=3 Répertoire des transports pour personnes maades et handicapées en régions waonne et bruxeoise, 2005, Atéo (anciennement ACIH) 18 m

Cette brochure approche e thème de accessibiité de espace et des ieux pubics pour es personnes à mobiité réduite. À ce propos, deux constats se font : ceui de a mobiité qui devient de façon générae une vaeur dominante dans a société occidentae contemporaine et ceui du bénéfice pour un pus grand nombre d individus quand accessibiité aux personnes à mobiité réduite est aménagée. Des défis se dessinent pour avenir : e changement des pratiques succèdera-t-i au changement des mentaités? Ques types d environnement seront bâtis dans e futur? Ces questions concernent beaucoup d acteurs et de pus en pus à une époque où es humains vivent de pus en pus nombreux, de pus en pus vieux... Cette brochure s adresse au tout pubic. Ee est tééchargeabe sur e site www.questionsante.be 20 m Édition 2008