A ssises cadémiques Prévention - Lutte contre l illettrisme 10 novembre 2010, Amiens
L illettrisme peut résulter de difficultés d apprentissage, parfois repérées dès l école maternelle et auxquelles les aides mises en place n ont pas apporté de réponse satisfaisante, mais il peut aussi être le fruit d un désinvestissement progressif des apprentissages fondamentaux et de la lecture quand la pratique de cette dernière n a jamais été aisée. La prévention de l illettrisme concerne donc singulièrement l école et le collège, et aussi bien souvent le lycée professionnel, comme le lycée général et technologique. Elle concerne tout autant l ensemble des acteurs de la société : les familles, les partenaires institutionnels et les associations. S il convient de mobiliser toutes les ressources de l école maternelle pour garantir la maîtrise de la langue par tous les élèves, si l école élémentaire est à l évidence concernée, le collège, le lycée général, technologique et professionnel le sont aussi. A chaque étape de la scolarité, l Ecole doit proposer à chaque élève qui en a besoin, le parcours personnel qui l éloigne de l illettrisme. MOT DU RECTEUR C est tout le système de l enseignement scolaire qui est interrogé par la maîtrise de la langue, comme en atteste la finalité du socle commun de connaissances et de compétences. «La maîtrise de la langue française», première compétence du Socle commun, fondé par la Loi sur la programmation et l avenir de l Ecole du 23 avril 2005, met l accent sur l acquisition de connaissances qui portent autant sur le fonctionnement de la langue que sur le patrimoine littéraire, de capacités telles que lire, écrire et s exprimer à l oral et d attitudes centrées sur l intérêt de l enrichissement lexical, l ouverture au débat, le goût de la lecture ou sur la fonction expressive et poétique de la langue. La première compétence conditionne aussi l accès à tous les domaines du savoir et l acquisition des sept autres compétences : la maîtrise de la langue française, la pratique d une langue vivante étrangère, les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique, la maîtrise des techniques usuelles de l information et de la communication, la culture humaniste, les compétences sociales et civiles, l autonomie et l initiative. Le socle définit la maîtrise de la langue comme la condition nécessaire à tous les apprentissages et comme l outil premier de l égalité des chances et de la liberté liée à la connaissance. De cette maîtrise dépend la capacité à investir les apprentissages quel que soit le domaine concerné ; c est en ce sens que l on peut dire que la maîtrise de la langue est l affaire de tous les acteurs, de toutes les disciplines et qu elle détermine l avenir de chaque élève. La journée des Assises permet de continuer les actions menées en faveur de la prévention de l illettrisme par mes prédécesseurs. Nous prenons à cette occasion l engagement de soutenir les initiatives des équipes, de promouvoir les ROLL, Réseaux des Observatoires Locaux de Lecture et de donner à chaque élève les moyens de construire un parcours individualisé et réussi. Jean-Louis MUCCHIELLI Recteur de l académie d Amiens Chancelier des universités
PROGRAMME 9 h 00 : Accueil des participants 9 h 15 : Ouverture par Jean-Louis MUCCHIELLI, Recteur de l académie d Amiens, Chancelier des Universités 9 h 30 : Intervention du Préfet de la Région Picardie, Préfet de la Somme SÉANCE PLÉNIÈRE États des lieux de l illettrisme 9 h 45 : Intervention de Marie-Thérèse GEFFROY, Directrice de l Agence Nationale de Lutte Contre l Illettrisme (ANLCI) Membre du Haut Conseil de l Éducation depuis 2005 10 h 10 : La situation en Picardie : état des lieux présenté par Dominique CARPENTIER (Premier vice-président du CESR) Florence COGNARD (IA-IPR référent illettrisme Rectorat) Prévenir, traiter et accompagner 10 h 40 : L acte de lire à l école, par Bernard COMBEAUD, IGEN Groupe Lettres 11 h 10 : Conférence - Une école en résistance : le défi de Babel par Alain BENTOLILA Professeur de linguistique à l Université de Paris-Descartes Fondateur en 1991 du Réseau des Observatoires Locaux de la Lecture (ROLL) Conseiller scientifique de l Agence Nationale de Lutte contre l Illettrisme 12 h 10 : Échanges avec la salle 12 h 30-14 h 15 : Pause ATELIERS EN PARALLÈLE Expérimenter et gérer pour lutter contre l illettrisme 14 h 30 : Atelier 1 Une expérimentation inter degrés Une action pédagogique autour de la lecture à l école et au collège : le Réseau des Observatoires Locaux de la Lecture (ROLL) Animateur : Claude LEGRAND, Inspecteur d Académie - DSDEN de la Somme Intervenant : Jean MESNAGER, Professeur d IUFM, Codirecteur scientifique du ROLL Atelier 2 Une collaboration Éducation nationale, Armée et Retraités Une action menée dans l académie de Lille : le dispositif «PAPIES» ou «Projet Académique de Prévention de l Illetrisme dans l Enseignement Secondaire» pour une prise en charge des jeunes, repérés en difficulté de lecture lors de la JAPD Animateur : Alain CHEVREL, Inspecteur d Académie - DSDEN de l Oise Intervenants : Commandant Philippe MARTINEZ, Directeur du Centre du Service National de Compiègne Marlène GUILLOU, IA-IPR, académie de Lille Arielle NOYERE, Coordinatrice du dispositif «PAPIES» dans l académie de Lille Atelier 3 Un exemple de partenariat en direction des adultes Les actions de lecture destinée aux parents : «Lire et faire Lire». Animateur : Catherine BENOIT-MERVANT, Inspecteur d Académie - DSDEN de l Aisne. Intervenants : Prisca HAZEBROUCK, Directrice de la bibliothèque d Abbeville. Olivier PRUVOST, Directeur de l Union Régionalle de Lutte contre l Illettrisme en Picardie. LE CARDAN, association picarde, présente Leitura furiosa, «manifestation littéraire pour ceux qui sont fâchés avec la lecture et l écriture.» SÉANCE PLÉNIÈRE 15 h 45 : Table ronde - Restitution des ateliers par les Inspecteurs d académie - DSDEN Conférence - Le Regard du savant : Comment la science permet-elle d apprendre la langue? par Pierre LENA, astrophysicien, membre de l Académie des Sciences et Délégué à l Éducation et à la Formation, initiateur avec Georges CHARPAK de La main à la pâte. 16 h 45 : Clôture par Jean-Louis MUCCHIELLI, Recteur de l académie d Amiens, Chancelier des Universités. Annonce du Plan d action académique dans le cadre de la politique générale de prévention de l illettrisme.
Marie-Thérèse GEFFROY Professeur agrégée de Lettres classiques, chargée du rapport Lutter contre l illettrisme (1999), Marie-Thérèse GEFFROY est Directrice de l'agence Nationale de Lutte Contre l'illettrisme (ANLCI) depuis 2001. La formation professionnelle est son domaine d action depuis de nombreuses années. Elle a notamment présidé le Comité national de coordination des programmes régionaux d apprentissage et de formation professionnelle continue de 1992 à 1998. Présidente du comité français pour les Olympiades des Métiers et Vice-Présidente de l'organisation internationale WORLD SKILLS, elle a été membre du Haut Conseil de l'evaluation de l'ecole (HCEE) et de la Commission nationale du débat sur l'avenir de l'ecole. Elle a présidé également le Comité de coordination des programmes régionaux d'apprentissage et de formation professionnelle continue. Elle est membre du Haut Conseil de l Education depuis sa création en 2005. Dominique CARPENTIER Conseiller économique et social de la Région, Dominique CARPENTIER est Président de l Union Régionale de Lutte contre l Illettrisme en Picardie (URLIP), Directeur d Amiens Avenir Jeune et Président Groupement Régional de l Insertion par l Economique en Picardie (GRIEP). En tant que Président de la commission «social, santé, logement» du Conseil Economique et Social Régional, il a été le rapporteur d une enquête sur l échec scolaire et l illettrisme en Picardie. Florence COGNARD Agrégée de Lettres classiques, Inspecteur d Académie - Inspecteur Pédagogique Régional de Lettres, Florence COGNARD est chargée de la mission académique «Maîtrise de la langue» et remplit la fonction de correspondante académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage (CASNAV). Elle est la référente académique, chargée de coordonner la prévention et la lutte contre l illettrisme. Bernard COMBEAUD Professeur de première supérieure à Louis-le-Grand, romancier, Bernard COMBEAUD est Inspecteur Général de l Education Nationale et correspondant du Groupe Lettres de l IGEN pour l académie d Amiens. Alain BENTOLILA Alain Bentolila, depuis sa thèse d Etat, consacrée à la genèse de la conscience sémiologique chez l'enfant de cinq à sept ans, s intéresse aux questions de la maîtrise de la langue. Professeur de linguistique à l université Paris-Descartes, il a créé et dirige l'équipe de recherche technologique en éducation ECHILL (Échec scolaire et illettrisme) qui travaille sur le problème de l insécurité linguistique chez les enfants de maternelle et les jeunes adultes. Ses recherches portent sur la maîtrise de la langue orale dans sa relation avec l'apprentissage de la lecture. Il a fondé, en 1991, le Réseau des Observatoires Locaux de la Lecture (ROLL). Après la parution de son ouvrage, De l'illettrisme en général et de l'école en particulier, Grand prix de l'académie française, il dirige les recherches sur la mesure et les causes de l'illettrisme en France. Il a développé un dispositif de remise à niveau pour les jeunes adultes repérés lors de la journée d'appel de préparation à la Défense. Il a collaboré, en 1999, à la mission confiée à Marie-Thérèse GEFFROY sur l état des dispositifs de lutte contre l illettrisme en France. Il est conseiller scientifique de l Observatoire National de la Lecture depuis 1997, conseiller scientifique de l ANCLI. Son dernier ouvrage, Parle à ceux que tu n'aimes pas. Le défi de Babel, est paru en 2010. PRÉSENTATION DES INTERVENANTS Pierre LENA Prestigieux astrophysicien, Pierre Léna a contribué au développement de l astronomie infrarouge et à la conception du Very Large Telescope. Professeur émérite de l université Denis-Diderot à Paris, il est actuellement président du Comité d Ethique du CNRS et membre du conseil d administration de l Etablissement public du Palais de la Découverte et de la Cité des sciences. Membre de l Académie des Sciences, il est Délégué à l Education et à la Formation depuis 2005 dans la section «Sciences de l univers». Fortement engagé dans la rénovation de l enseignement des sciences à l école et au collège, il s est impliqué dans l opération La Main à la pâte et a cosigné avec Georges CHARPAK et Yves QUERE, L Enfant et la science. L aventure de La main à la pâte en 2005.
Ouvrages généraux BENTOLILA Alain, De l illettrisme en général et de l école en particulier, Paris, Plon, 1996 Parle à ceux que tu n aimes pas. Le défi de Babel, Paris, Odile Jacob, 2010 BESSE Jean-Marie, Qui est illettré aujourd hui? Le point des recherches sur les caractéristiques des personnes en difficulté sur l écrit, Paris, Retz, 2003 BESSE Jean-Marie, LUIS Marie-Hélène, PETIOT-POIRSON Karen, PETIT-CHARLES Emmanuèle, PAIRE Karine, Évaluer les illettrismes. Diagnostic des modes d appropriation de l écrit : guide pratique, Paris, Retz, 2004 BOIMARE Serge, L enfant et la peur d apprendre, Paris, Dunod, 2004 DESHAYS Gérard, Un illettrisme républicain, Paris, L Harmattan, 2006 DUMORTIER Jean-Louis et DISPY Micheline, Des textes pour comprendre le monde. Propositions pour étayer l apprentissage de la lecture des écrits non fictionnels, Presses Universitaires de Namur, 2008 FAYOL Michel et alii, Maîtriser la lecture, ONL, Paris, Odile Jacob, 2000 FERRY Luc, BEREAU Alain, GOYET Mara, CAPELIER Claude, Combattre l illettrisme, Conseil d Analyse de la société, Paris, Odile Jacob, 2009 FIJALKOW Jacques, LAHIRE Bernard, LENOIR Hugues, Discours sur l illettrisme : séminaire de recherche du GPLI (27 mai 1998 Lycée Buffon Paris), GPLI, 1999 GATE Jean-Pierre, GAUX Christine, Lire-écrire de l enfance à l âge adulte. Genèse des compétences, pratiques éducatives, impacts sur l insertion professionnelle, Rennes, PUR, 2007 GATE Jean-Pierre, Prévenir l illettrisme : comment la recherche peut-elle servir l école? Paris, L Harmattan, 2005 BIBLIOGRAPHIE GEFFROY Marie-Thérèse, Lutter contre l illettrisme, rapport à la Ministre de l Emploi et de la solidarité et à la Secrétaire d Etat à la formation professionnelle, Paris, La Documentation Française, 2002 GEFFROY Marie-Thérèse, GRASSET-MOREL Valérie, L illettrisme : mieux comprendre pour mieux agir, Toulouse, Milan, 2003 GOIGOUX Roland, CEBE Sylvie, Lector & lectrix : apprendre à comprendre les textes narratifs, Paris, Retz, 2009 GOIGOUX Roland, NONNON Elisabeth, Les ratés de l apprentissage de la lecture à l école et au collège, INRP, 2007 KHALIFA Madeleine, BOIMARE Serge, De l échec scolaire au bonheur d apprendre, Paris, L Harmattan, 2008 LAHIRE Bernard, L invention de l «illettrisme» : rhétorique publique, éthique et stigmates, La Découverte, 1999 LEPEYTRE Jérôme, PARRA-PONCE Emmanuelle, ANLCI, Lutter ensemble contre l illettrisme, Autrement, 2008 L HEUDE Sylvie, Formation et illettrisme : un possible apprentissage, Paris, L Harmattan, 2008 LURCAT Liliane, Pourquoi des illettrés? L écriture et le langage écrit de l enfant, Édition du Rocher, 2004 POUEYTO Jean-Luc, BAUTIER Elisabeth, BERNIE Jean-Paul et alii, Illettrismes et cultures, Paris, L Harmattan, 2001 RIVIERE Jean-Philippe, Illettrisme, la France cachée, Paris, Gallimard, 2001 VERDELHAN BOURGADE, Michèle, Le français de scolarisation : pour une didactique réaliste, Paris, Presses Universitaires de France, 2002 VILLECHAISE-DUPONT Agnès, ZAFFRAN Joël, Illettrisme : les fausses évidences, Paris, L Harmattan, 2004 Sitographie ALCIA Association de Lutte Contre l Illettrisme et l Analphabétisme : http://www.alcia.eu ANLCI Agence Nationale de lutte contre l Illettrisme : http://www.anlci.gouv.fr APFEE Association pour Favoriser une École Efficace. Les clubs «Coup de pouce clé» accompagnent des élèves de CP dans l apprentissage de la lecture : www.apfee.asso.fr Association FENALI Fédération nationale des ateliers de lutte contre l illettrisme : http://fenali.monsite-orange.fr Bien lire : http://www.bienlire.education.fr Eduscol - Plan de prévention de l illettrisme à l école Eduscol - Agir contre l illettrisme : http://www.education.gouv.fr Lire et faire lire : http://www.lireetfairelire.org/lfl/ ONL Observatoire national de la lecture : http://onl.inrp.fr/onl/garde ROLL Réseau des Observatoires Locaux de la Lecture : http://www.bienlire.education.fr/02-atelier/fiche.asp?theme=1122&id=1391 Vidéo Illettrisme : le courage d apprendre, Des racines et des ailes, octobre 2002, France 3 http://programmes.france3.fr/des-racines-et-des-ailes/index-fr.php?page=emission
De la prévention de l illettrisme à la réussite éducative partagée Une priorité nationale et régionale : prévention de l illettrisme et maîtrise de la langue Le Ministre Luc CHATEL a présenté un plan de prévention de l illettrisme lors de sa visite au Salon du livre le 29 mars 2010 et a déclaré à cette occasion : «Accéder au savoir, c est d abord maîtriser les compétences de bases : lire, écrire, compter. Mon devoir de Ministre de l Education nationale est de veiller à ce que chacun de nos élèves maîtrise les fondamentaux et d abord notre langue». FOCUS FOCUS «Il peut sembler paradoxal de soulever la question de l illettrisme, au cœur d un événement qui célèbre le livre. C est pourtant une réalité que l on ne peut ignorer : en France [ ] les tests de la Journée d Appel de Préparation à la Défense (JAPD) révèlent que 21% des jeunes âgés de 17 ans sont des lecteurs inefficaces, dont 5 % sont en situation d illettrisme». Le plan national s articule autour de grands axes 1. Une prévention précoce de l illettrisme : la maîtrise des fondamentaux Le Ministre a souligné la nécessité d agir dès la maternelle, à l âge où les enfants s approprient le langage et découvrent l écrit. La prévention se poursuit tout au long de la scolarité pour permettre à chaque élève de savoir lire et écrire. La lecture, acquise progressivement, doit être perçue comme un plaisir. 2. Une prise en charge des jeunes et des adultes en situation d illettrisme La prise en charge des personnes en situation d illettrisme est complémentaire de la prévention. Elle mobilise l expertise des enseignants à tous les niveaux et les ressources de la formation professionnelle des adultes. Elle est partenariale. Il s agit avant tout de mieux connaître et mieux faire connaître le phénomène en organisant des Assises en lien avec l Agence nationale de lutte contre l illettrisme (ANLCI). Il s agit encore de participer à la formation des jeunes et des adultes en s associant à des dispositifs tels que les Actions Educatives Familiales (AEF) tournées vers des parents en situation d illettrisme et leurs enfants et en garantissant la prise en charge systématique des jeunes repérés lors des JAPD. 3. Une mobilisation de tous les acteurs et de toutes les ressources Les familles, les personnels d encadrement et les partenaires de l Ecole doivent se mobiliser autour des enseignants et des élèves. Cette volonté partagée permettra de développer le lien Ecole-Familles, impliquera un accompagnement renforcé des enseignants par les corps d inspection du premier et du second degré, rapprochera davantage l Ecole de ses partenaires. Trois accords ont déjà été signés le 29 mars 2010 : une convention avec l ANLCI pour mieux faire connaître les ressources de l Agence, un protocole d accord avec les mécènes de «l Association pour favoriser une école efficace» (APFEE) afin de mieux accompagner des élèves de CP, une déclaration d intention avec la Ligue de l Enseignement pour promouvoir le livre, favoriser la lecture et développer des ateliers d écriture dans les établissements scolaires.
Le plan régional de prévention, d accompagnement et de lutte contre l illettrisme en Picardie Le premier plan triennal en France est apparu en Picardie (2004-2007), région fortement touchée par l illettrisme. Un nouveau plan (2009-2012) a été signé le 10 septembre 2009 entre l Etat, la Région et les organisations syndicales. Le Rectorat, concerné au premier chef par l axe 3 de ce plan régional - Encourager la prévention, la prise en compte et la lutte contre l illettrisme dans l éducation, la culture et la cohésion sociale - s est engagé à : faire porter ses efforts sur la maîtrise de la langue dès la maternelle et dans tous les champs disciplinaires, rechercher des réponses graduées à la difficulté d apprentissage, poursuivre la mise en oeuvre des dispositifs d aide individualisée, former les enseignants, diffuser les pratiques innovantes. Une politique académique de réussite éducative L objectif national et donc régional, acté dans le plan, est de réduire de 15% le taux d enfants présentant des difficultés majeures en lecture et en écriture à l entrée en sixième. La politique académique, impulsée par les Recteurs depuis 2006, participe de cette dynamique. Les actions menées de l école au lycée 1. Les actions à l école La mise en œuvre de nouveaux programmes, lisibles par tous, recentrés sur les apprentissages fondamentaux, en cohérence avec le socle commun. La recherche de réponses graduées à la difficulté d apprentissage à travers : la pédagogie différenciée sur les 24 heures de la nouvelle semaine des élèves, les Programmes Personnalisés de Réussite Educative (PPRE), les aides personnalisées (2 heures hebdomadaires), les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires, l accompagnement éducatif. 2. Les actions au collège L attention est portée particulièrement sur la maîtrise de la langue dans toutes les disciplines, en lien avec les nouveaux programmes du collège et le socle commun. L accompagnement des élèves grâce aux dispositifs suivants Les Programmes Personnalisés de Réussite Educative (PPRE) Généralisés à l ensemble des collèges depuis 2007 et réservés aux élèves qui n ont pas une maîtrise suffisante des compétences de base en lien avec le socle commun, les PPRE ont une triple vocation : la prévention de la difficulté scolaire, l accompagnement et la remédiation. Dans l Académie, les actions concernent principalement la classe de sixième. L accompagnement éducatif généralisé dans les collèges depuis la rentrée 2008 Il permet aux élèves volontaires de rester en milieu scolaire après les cours. Les collégiens peuvent bénéficier d une aide aux devoirs, axe privilégié à Amiens, et s épanouir grâce à des activités sportives ou culturelles.
3. Les actions au lycée Au lycée général et technologique Les actions de réussite éducative menées en première en 2008-2009, en première et en terminale en 2009-2010, ont vocation à accompagner les lycéens en difficulté. Au lycée professionnel Les ateliers de remédiation des savoirs de base constituent un dispositif d aide pour les élèves en grande difficulté dans l acquisition des savoirs fondamentaux. L accompagnement éducatif en lycée professionnel concerne les élèves inscrits dans la nouvelle filière de baccalauréat professionnel en trois ans. Les actions d accueil et de remotivation sont destinées aux plus de 16 ans sortis sans qualification ou aux jeunes en situation de décrochage scolaire. Des actions académiques 1. Une action expérimentale : le Réseau des Observatoires Locaux de la Lecture (ROLL) Le dispositif fondé par le Professeur Alain Bentolila et Jean Mesnager est proposé à des écoles et des collèges qui souhaitent mettre en place une pédagogie de la lecture, notamment à destination des élèves les plus fragiles. Ce dispositif se révèle pertinent pour accompagner la mise en place du Socle commun et plus particulièrement de la première compétence : «la maîtrise de la langue française». Il implique également une prise en charge interdisciplinaire et inter degrés de la difficulté ; il favorise donc le travail en équipe et la construction d une nécessaire et cohérente progression, de l école primaire au collège. Il a vocation à donner aux élèves les moyens de développer des compétences de lecture dans des groupes de besoins constitués à partir des évaluations ROLL. Le dispositif est également doté d un projet culturel fort pour favoriser les apprentissages en les motivant et en les nourrissant. Une expérimentation concluante dans la Somme Depuis la rentrée 2009 une expérimentation est menée dans le secteur de HAM en Réseau de Réussite Scolaire, dans un continuum école-collège. La structure mise en place en 2009-2010 a réuni 17 classes dans la circonscription de Ham (17 enseignants, 100 élèves) et 16 groupes, provenant de 8 classes de sixième dont une SEGPA, qui fonctionnent une heure le lundi pour l atelier de questionnement de textes et une heure le vendredi pour la remédiation. 12 enseignants en Lettres, Histoire-Géographie, Anglais, Mathématiques et Physique-Chimie se sont impliqués dans le dispositif. Des effets positifs sont déjà perceptibles dans la prise de parole individuelle, le travail entre pairs et les compétences de lecture. Le coût du dispositif s est élevé à 6000 euros pour l année scolaire 2009-2010. Dans le premier degré, le temps de l aide personnalisée, intégré au service des enseignants, est utilisé. Dans le second degré, 108 HSE ont été allouées par l Inspection Académique de la Somme et 60 HSE par le Pôle Académique de Soutien à I Innovation (PASI).
2. Des formations «Lecture» Une formation académique Lecture a eu lieu le 6 avril 2009 sur quatre sites (Façade maritime, Santerre, Hirson et Oise centrale) dans la continuité école-collège et dans une perspective transversale, pour des établissements ciblés à partir de résultats faibles aux évaluations de sixième en 2008. Ont été retenus les collèges qui présentent un score fragile en français, entre 35% et 52 % de réussite (taux national en français : 57,2 %). Il s agit d apporter des réponses aux questions que se posent les enseignants de Lettres et des autres disciplines face à une maîtrise insuffisante de la langue et de leur donner des outils de remédiation. Un séminaire académique Lecture, dans le prolongement de cette journée, associant les enseignants du premier et du second degré ainsi que les personnels d encadrement, s est tenu le 13 novembre 2009 sur le thème : La lecture à l école et au collège : quelles difficultés et quelles remédiations? Les Assises académiques De la prévention de l illettrisme à la réussite éducative partagée le 10 novembre 2010, qui s inscrivent dans cette continuité, permettent de poursuivre les efforts en formation et d associer tous les partenaires de l Education Nationale. De ces actions se dégagent des pistes de solutions : c est par la coordination de diverses mesures, cohérentes et innovantes, par une plus grande attention portée aux situations locales et aux besoins individuels de l élève et des établissements que nous ferons progresser l Ecole et conduirons chacun vers la réussite.