Dossier Innovation, Bodycap à Hérouville- Saint-Clair (14) a imaginé une gélule intelligente capable de fournir des informations à distance. le temps d avance Si l innovation améliore notre quotidien, notre santé ou encore notre environnement, elle est aussi un moteur pour l économie. Les entreprises bas-normandes l ont bien compris. Avec le soutien de la Région, elles peuvent sauter le pas et se lancer de nouveaux défis. Par christelle Tophin Photos : Éric Biernacki [sauf mentions] U n parapluie high-tech, une carte d accordéon numérique ou des aérosols d origine 100 % naturelle En octobre dernier, la première Quinzaine de l Innovation en Basse-Normandie a rassemblé près d un millier de personnes au cours d une cinquantaine de manifestations organisées sur tout le territoire. Un succès. Mais l événement a surtout rappelé à quel point la région est un terreau fertile pour les idées. Nouveau concept, nouveau produit, nouvelle organisation : l innovation est partout. «La plupart des entreprises en font d ailleurs sans le savoir», constate Jacques Le Vagueresse, directeur de l Innovation, Recherche, Economie et Tourisme (DIRET) à la Région Basse-Normandie. Une stratégie Dans un contexte de crise et de compétition mondiale, l innovation est une arme de distinction massive et une opportunité de partir à la conquête de nouveaux marchés, d augmenter sa compétitivité, ses compétences Et, au final, de maintenir ou créer des emplois. Convaincue de cette équation, la Région accompagne les entreprises dans leurs projets innovants. Elle définit pour cela ses priorités au travers de sa Stratégie Régionale d Innovation, adoptée en 2011, de son Schéma Régional de l Enseignement Supérieur et de la Recherche et de son Contrat Régional d Innovation et de Déve- 16 Reflets 88 - Décembre - Janvier - Février 2013
Ce que dit la Région Laurent Sodini, Vice-président en charge de l Économie loppement Economique (1). Des documents stratégiques qui «identifient les grands domaines dans lesquels l innovation est possible, les marchés porteurs et les forces en présence, pour voir émerger de nouvelles filières», explique le directeur de la DIRET. Pour les années à venir, la Région a ainsi identifié la santé, le développement durable, le numérique et les matériaux comme quatre marchés porteurs d innovations et donc, prioritaires. Des outils Sur le terrain, la MIRIADE, Mission Régionale pour l Innovation et l Action de Développement Economique, coordonne la politique régionale. «C est le bras armé de la Région en matière d innovation et de développement économique», explique Laurent Beauvais qui la préside. La Basse-Normandie finance la structure, à hauteur de 2 millions d euros par an, dont 600 000 euros consacrés aux «Impulsions conseils», une subvention à laquelle peuvent avoir recours les PME pour des prestations de conseil ou de Recherche et Développement. Entre 2007 et 2011, la Miriade a ainsi aidé et financé 667 entreprises, accordé plus de 3 millions d euros de subventions et réalisé plus de 6 millions d euros de prestations pour les entreprises. Organisme de promotion du développement économique, elle organise aussi de nombreuses manifestations comme les «Passerelles», les Miriade Café ou encore la Quinzaine de l Innovation. Des aides directes Parallèlement, la Région agit en direct auprès des PME qui innovent. Elle soutient les projets collaboratifs, qui rassemblent au minimum un laboratoire et une entreprise de Basse-Normandie, en finançant les dépenses liées aux personnels ou aux équipements nécessaires pour le développement de leur projet. «L intérêt de ce dispositif est aussi de lever d autres fonds, nationaux ou européens», souligne Emmanuelle Tixier, chef du service Recherche Innovation à la Région. C est le cas, par exemple, de Compoline. Associant l Institut Supérieur de Plasturgie d Alençon et deux PME de la Manche, James Ebénistes et Barrain, le projet a donné naissance à un nouveau matériau, le Sélun, un bois hybride 100 % bio-sourcé et façonnable à l envi. «L innovation est au cœur des préoccupations régionales et la Région Basse-Normandie a plus que doublé la part de son budget accordé à la recherche et l innovation depuis 2004. En 2007, la Région a notamment mis en place la MIRIADE, pour promouvoir l innovation sur l ensemble du territoire régional. L innovation est un levier formidable de compétitivité pour nos entreprises et notre territoire. C est pourquoi il est indispensable de rapprocher les laboratoires de recherche, l enseignement supérieur et les entreprises pour que les nouvelles découvertes et compétences des uns bénéficient au développement économique des autres. La Région joue là un rôle d accélérateur de l innovation et de développement économique en soutenant des projets de recherche répondant à des enjeux économiques ou sociétaux, en aidant les entreprises dans la mise en œuvre de leurs projets d innovation, en confortant les missions et le rôle des pôles de compétitivité, des centres de transfert de technologie et de l incubateur régional d entreprises innovantes.» En bref Le budget consacré à la recherche et aux transferts technologiques par les collectivités locales représente près de 11 % des dépenses de Recherche & Développement dans la région, soit le 2 e rang au niveau national. En investissant en moyenne 20 euros par habitant en 2009, la Région est le principal contributeur, les dépenses représentant près de 5 % de son budget (5 e rang au niveau national). En matière d innovation, les PME bas-normandes font preuve d un certain dynamisme : entre 2005 et 2009, les entreprises de moins de 250 salariés ont plus que doublé leurs dépenses de R&D. Source : Indicateurs stratégiques d alerte et de progrès pour la Basse-Normandie, mai 2012, CESER (www.ceser-basse-normandie.fr) La Miriade accompagne les entreprises dans leurs projets d innovation. + d infos > Miriade : www.miriade-innovation.fr > Normandie Incubation : www.normandie-incubation.com > Région Basse-Normandie : Direction de l Innovation, Recherche, Economie et Tourisme (DIRET) au 02 31 06 97 97 / www.region-basse-normandie.fr Reflets 88 - Décembre - Janvier - Février 2013 17
Dossier Innovation, le temps d avance «L innovation n est pas réservée qu aux grandes entreprises qui ont les moyens d investir.» L innovation représente un potentiel de développement économique considérable pour la Basse-Normandie avec des débouchés dans l ameublement haut de gamme et des retombées sur toute la filière bois. Aidé à hauteur de plus de 213 000 par la Région, Compoline a aussi bénéficié d une aide de l Etat et de l Europe (Fonds FEDER). En 2012, la Basse-Normandie a ainsi accompagné 9 projets collaboratifs pour près de 970 465 au total. La Région intervient aussi en partenariat avec Oséo (2), avec qui elle a signé une convention, pour financer les projets innovants portés par les PME régionales (en subventions). Ensemble, elles co-financent les dépenses liées aux projets : matériel, personnels, etc. Pas moins de 25 projets d entreprises ont ainsi été aidés par la Région, pour un montant total de 742 555. Maintien et création d emplois Le programme de pré-incubation Ep2I, l incubateur régional Normandie Incubation, la politique de soutien aux pôles de compétitivité ou au transfert de technologies sont d autres soutiens de la Région à l innovation dans les entreprises. Des dispositifs qui répondent tous au même objectif : promouvoir l innovation, pour soutenir le maintien ou la création d emplois dans les entreprises bas-normandes. Ainsi, «l innovation n est pas réservée qu aux grandes entreprises qui ont les moyens d investir. Réorganiser un process de production pour faire baisser ses coûts, adopter un autre design pour un produit, changer ses méthodes de commercialisation : ça aussi, c est de l innovation!, rappelle Jacques Le Vagueresse. Et les plus petites innovations peuvent produire les plus grands effets». (1) Ces documents sont consultables sur le site de la Région www.crbn.fr (2) Oséo est une entreprise publique qui a vocation à financer les projets innovants et la croissance des entreprises. www.oseo.fr Les entreprises régionales récompensées Organisés dans le cadre de la Quinzaine de l Innovation, le concours régional de l innovation et les Trophées de l INPI, ont récompensé des chefs d entreprise des trois départements. Photos P. Legueltel «Y a de l idée»! C est le nom du Concours régional de l innovation, organisé par la MIRIADE et ses partenaires (Orne développement, Synergia et Forces 50). Sur 100 dossiers présentés lors de cette édition 2012, 36 ont été retenus. Le 18 octobre dernier, 7 lauréats ont été distingués dans 3 catégories : espoir Tydalys pour son hydrolienne flottante (lire ci-après), Luciom pour ses éclairages à Led communicants, Wikigo, une application sur Smartphone qui facilite la vie des utilisateurs des transports en commun. création TIc2, thérapie cellulaire pour soigner les articulations de chevaux de compétition, Supplyweb, plateforme logistique dédiée au e-commerce. Développement Ophtimalia pour son système de mesure de la pression occulaire (diagnostic et traitement du glaucome), Medgic Group pour «Medgic Net», logiciel de gestion destiné aux maisons de retraite. Les Trophées de l INPI L'Institut National de la Protection Industrielle récompense des entreprises qui inscrivent la propriété industrielle dans leur stratégie. Les lauréats du concours «Y a de l idée» (ci-dessus) et ceux des Trophées de l INPI (ci-dessous) ont été récompensés pendant la Quinzaine de l Innovation. Le 9 octobre dernier, trois entreprises ont été récompensées : Mapache : la Manufacture de parapluies de Cherbourg conçoit, fabrique et commercialise des parapluies et des dômes de protection (2 brevets, 6 marques et 13 dessins ou modèles). IMv Technologies : l entreprise de l Aigle conçoit, fabrique et commercialise des matériels et des techniques liés à l insémination artificielle et au transfert embryonnaire des animaux (260 brevets, 40 marques et 1 dessin ou modèle). Jean chéreau : à Ducey, l entreprise conçoit, fabrique et commercialise des véhicules isothermes de grand tonnage (9 brevets, 11 marques et 16 dessins ou modèles). 18 Reflets 88 - Décembre - Janvier - Février 2013
À bonne température calvados HÉROuvILLe-ST-cLaIR Mené par plusieurs partenaires, dont une entreprise et un labo de recherche bas-normands, E-TEMP est un projet innovant de système de mesure de la température des patients à distance. La Région le soutient à hauteur de 392 200 euros. La PME développe un dispositif innovant de mesure à distance de la température. Imaginez. Un petit bip vient d alerter le médecin, sur son ordinateur, que la température de son patient a augmenté ces dernières heures. Installé chez lui pour sa convalescence, le patient n a pas bougé. Digne d un film de science-fiction, la scène pourrait devenir bien réelle dans les trois ans à venir. C est en tout cas l ambition de BodyCap. La start-up, née à Caen en 2011, est déjà à l origine de la mise au point d une «gélule intelligente», e-celsius. «Un circuit électronique souple, qui mesure la température et la communique au monde extérieur», résume Fabrice Verjus, ancien ingénieur chez NXP, désormais à la tête de l entreprise. L innovation tient aussi et surtout à sa taille. «Cette plateforme embarquée est roulée dans une gélule biocompatible, pas plus grosse qu un comprimé de paracétamol (8 mm)», complète Sébastien Moussay, associé de BodyCap et chercheur caennais en chronobiologie (1). Résultat : une fois avalé, ce petit bijou de technologie mesure la température de son hôte, toutes les 30 secondes. Pour l heure, il intéresse surtout les centres de recherche clinique, mais promet aussi de vrais gains pour les hôpitaux et les patients eux-mêmes. «Après une opération par exemple, cette technologie permettra de déceler le plus tôt possible un début d infection et d accélérer la prise en charge du patient», souligne Fabrice Verjus. La production vient tout juste de commencer, en décembre. «Une marque essentielle» Avec le projet E-TEMP, BodyCap veut aller encore plus loin. La petite entreprise 7 salariés à ce jour s est associée pour cela à Popsi Cube, une organisation de recherche clinique et à l unité de recherche Caennaise COMETE (2). «À l heure où se pose la question du vieillissement de la population et du coût de la santé, le maintien à domicile constitue un enjeu majeur. E-TEMP représente une solution pour le suivi et l accompagnement des personnes», estime Fabrice Verjus. Labellisé par le pôle TES (3), le projet vise à mettre au point un moniteur, sous la forme d un bracelet. Porté par le patient, «un peu comme une montre» il recueillera et transmettra les données de la gélule e-celsius développée par BodyCap, via un serveur sécurisé, sur l ordinateur du praticien, alors averti au moindre problème. Pour développer ce système, 2 millions d euros sont nécessaires. E-TEMP vient de recevoir le soutien de la Région plus de 390 000 au total et de l Europe, via le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), à hauteur de 40 %. Des fonds qui vont permettre aux trois partenaires de réaliser les investissements nécessaires en matériel et en personnel, mais aussi de faire appel à d autres investisseurs. «Plus que financier, le soutien de la Région crédibilise notre innovation, prouve qu elle a un véritable intérêt économique. L aide régionale est une «marque» essentielle pour un tel projet». BodyCap prévoit de développer son activité grâce à E-TEMP, qui pourrait à terme générer plusieurs millions d euros de chiffre d affaires pour la start-up et permettre l embauche de plusieurs salariés. (1) Les recherches en chronobiologie portent essentiellement sur l étude des rythmes biologiques. (2) L unité mixte de recherche (UMR) «Mobilités : Orientation, Attention et Chronobiologie», de l UFR de Médecine et UFR des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) de l Université de Caen Basse-Normandie et de l INSERM (U1075). (3) Pôle de compétitivité Transactions Electroniques Sécurisées. Ce que fait la Région Dans le cadre d e-temp, la Basse-Normandie investit au total près de 392 200, dont 119 300 alloués à BodyCap. Pour être soutenus par la Région, les «projets collaboratifs» comme E-TEMP, doivent associer au moins un laboratoire de recherche et une entreprise bas-normands. La Région Basse-Normandie intervient ainsi chaque année auprès de 10 à 15 projets collaboratifs, à hauteur d 1 million d euros au total, pour financer des dépenses liées aux personnels ou aux équipements nécessaires pour développer une innovation. Reflets 88 - Décembre - Janvier - Février 2013 19
Dossier Innovation, le temps d avance L hydrolienne flottante sort des eaux bas-normandes caen - cherbourg accueillie au sein de Normandie Incubation depuis janvier 2012, Tidalys va pouvoir y grandir à son rythme et faire pousser son idée. Celle d une hydrolienne (1) flottante qui pourrait bien révolutionner ce secteur encore émergeant des Énergies Marines Renouvelables. de l idée à la réalité. «La Région, via Normandie Incubation, nous apporte une avance remboursable de 45 000 pour financer les prestations intellectuelles nécessaires au projet, témoignent-ils. C est un soutien indispensable avant et pendant la phase de création d entreprise, car le problème des start-up reste que les banques ne financent les investissements nécessaires au développement que si elles ont déjà des moyens Ce qui est très difficile quand elles n ont pas encore de clients!» Les deux associés viennent de créer leur entreprise, Tidalys. Après les premiers essais sur maquette (échelle 1/3) réalisée entre Cherbourg et Caen, place maintenant aux tests grandeur nature. «Sans la Région et Normandie Incubation, notre projet aurait eu peu de chance d aboutir, estime Arnaud Blosseville. Cet accompagnement stratégique prouve aussi à nos interlocuteurs qu il s agit d un projet digne d intérêt, avec un potentiel en matière d innovation et d économie». Le prix qu ils viennent de remporter, en octobre dernier, au concours Régional de l innovation (catégorie Espoir) en est une preuve supplémentaire (lire l encadré p 18). Dans le domaine des énergies marines, Arnaud Blosseville navigue à contrecourant. Pour lui, les hydroliennes, telles qu elles sont conçues aujourd hui, génèrent des coûts encore trop importants. «Installées en pleine mer, dans les courants, elles nécessitent des manœuvres complexes, des moyens importants et des équipements lourds pour leur implantation, puis pour leur exploitation». Un constat qui l a amené à imaginer une hydrolienne d un nouveau genre, «selon un modèle économique global plus satisfaisant pour les exploitants comme pour les consommateurs». Composée de matériaux composites, Electrimar est une plateforme flottante à la fois plus légère (130 tonnes environ, contre 850 à 1 500), plus mobile et plus résistante qu une hydrolienne classique. Grâce à son centre de production d électricité située en surface, elle est aussi plus facile à entretenir. «Les gains sur la maintenance devraient être de l ordre de 35 à 45 %», a calculé l ingénieur. Et, avec des coûts de fabrication calculés au plus juste, le concept déjà breveté devrait intéresser les producteurs d énergie en leur permettant un retour sur investissement en cinq ans. Un accompagnement stratégique Associé à David Lelouvier, quinze ans d expérience dans la haute technologie, Arnaud Blosseville a intégré l incubateur régional, en janvier 2012. La structure accueille et accompagne les créateurs pour les aider à passer (1) Une hydrolienne est une turbine qui utilise les courants marins pour produire de l électricité. Ce que fait la Région La Région soutient les projets de création d entreprises innovantes en apportant son aide financière à Normandie Incubation, en complément de l État et du FEDER, et au dispositif de pré-incubation EP2I qu il porte également. En 2012, la Basse-Normandie a ainsi soutenu 6 projets en pré-incubation pour un montant total de 104 800 et 9 projets en incubation pour un montant total de 278 900. 20 Reflets 88 - Décembre - Janvier - Février 2013
L innovation, un jeu d enfant ORNe «TRuN au bord du dépôt de bilan en 2006, Heller-Joustra affiche aujourd hui une belle progression sur un marché du jouet pourtant en berne. Pour revenir dans la course, l entreprise ornaise a innové de toutes parts, en repensant ses produits comme son organisation. J e n aime pas voir les entreprises fermer». C est pour cette raison qu en 2007, Yvonne Demorest, ancienne directrice de production chez Nathan, a accepté de quitter une retraite tranquille pour reprendre les rennes d Heller-Joustra à l appel de ses nouveaux repreneurs. Après un premier rachat, en 2000, le fabricant historique de jeux et de maquettes est au bord du dépôt de bilan. Le nombre de ses salariés comme son chiffre d affaires ont été divisés par dix en moins de dix ans. «Nous avons commencé par renouveler toute la gamme, devenue vieillissante», explique la PDG. Pyrograveur, tour de potier, métier à tisser : les classiques de la marque subissent une véritable cure de jouvence, tout comme le packaging des produits. L atelier de moulage, un de ses modèles stars, est ainsi entièrement repensé en 2011 : système emboîtable, plateau tournant pour peindre, nouveaux moules en plastique, et nouveaux personnages «Notre bureau d études a aussi mis au point une formule spéciale de plâtre, qui sèche en 10 minutes, contre plusieurs heures auparavant. Résultat : les enfants peuvent peindre leur création presque instantanément», explique Yvonne Demorest. «Sans ces aides, nous n aurions pas pu améliorer nos produits» Heller-Joustra a investi près de 400 000 pour innover et moderniser son produit, aidé notamment dans le cadre d une convention Oséo-Région à hauteur de 50 000. Pour rebondir, Heller-Joustra a innové avec de nouvelles idées pour améliorer ses modèles. globale de 4 %. «Nous devrions atteindre les 5,5 millions d euros de CA cette année contre 1,9 million à notre arrivée», constate Yvonne Demorest. Le résultat d une succession d innovations sur les produits comme sur l organisation. «Nous avons aussi repensé notre process industriel de manière à rester compétitifs tout en continuant à produire des articles de qualité». Heller-Joustra va lancer une nouvelle gamme «Fashion», en 2013 : des kits à petits prix pour créer soi-même ses bracelets, ses bijoux, ses tatoos. «Sur le marché du jouet, il faut se renouveler sans cesse». Pour grandir au rythme des enfants. La PME a aussi revu son organisation pour faire baisser les coûts de production. Elle en avait déjà bénéficié en 2008, à hauteur de 46 000. «Sans ces aides, nous n aurions pas pu améliorer nos produits, l entreprise ne décollait pas et nous mettions la clé sous la porte», affirme la dirigeante. Depuis, Heller-Joustra a retrouvé des couleurs. La marque, de nouveau distribuée dans toutes les grandes enseignes spécialisées, affiche une progression de 30 %, alors que le marché du jouet enregistre une baisse Reflets 88 - Décembre - Janvier - Février 2013 Ce que fait la Région La Région Basse-Normandie intervient conjointement avec OSeO, avec qui elle a signé une convention, pour financer des projets innovants portés par des PME régionales et mobiliser des aides européennes. En 2012, la Région a ainsi soutenu 25 projets d entreprises en co-financement avec Oséo, pour un montant total de plus de 740 000. 21