Initiative A2 : École La Relève de Saint-Elzéar Promoteur : Pierre Arsenault, responsable et gestionnaire du Centre d accès communautaire internet (CACI) Intervenante : Édith Arsenault, conseillère pédagogique et RÉCIT, Commission scolaire René-Lévesque L usage des technologies (tablettes numériques, ex. : IPad) a beaucoup d impact sur la motivation des élèves. Ces derniers doivent apprendre à explorer et à exercer leur jugement critique lorsqu ils utilisent Internet. Les élèves peuvent utiliser toute l information disponible sur Internet pour résoudre des problèmes. Il y a des apprentissages en français ou en anglais. Les élèves qui doivent mettre des textes en ligne doivent développer leur autonomie pour la qualité du français puisque l enseignant n est pas toujours l{. Cela les incite à utiliser des applications comme les dictionnaires en ligne. Il y a également des impacts positifs en sciences. Pour ce qui est de la gestion de classe, l organisation vient { être changée. Le professeur doit également accepter de ne pas être le seul détenteur de l information; il devient un accompagnant. Avec ce mode de fonctionnement, il est important d être bien structuré, autrement la gestion de la classe devient difficile. Une planification rigoureuse est de mise. Il est également important que les gens soient ouverts { la diversité. C est un environnement stimulant pour les jeunes. Mme Arsenault mentionne qu elle est une ancienne élève de l école La Relève. Elle a par la suite fait du bénévolat au CACI (Centre d'accès communautaire Internet) et elle est demeurée proche de celui-ci grâce { des emplois d été. Elle s est spécialisée en ce qui concerne l impact des technologies. Intervenante : Camille Loubert, directrice des écoles primaires La Relève (St-Elzéar) et François-Thibault (Bonaventure) Camille Loubert travaille à la direction des écoles primaires de Bonaventure et de Saint- Elzéar depuis 2004. Le rôle de la direction dans ce projet demeure de garder l implication des membres de la communauté. Ce que cette dernière a pu faire pour la mise en place de ce projet est très important; une directrice seule n aurait pas pu monter un tel projet. La directrice a pour second rôle celui de leader pédagogique. Avant d acheter une nouvelle technologie, Mme Loubert mentionne qu elle doit être convaincue des avantages de l utilisation d une technologie plus coûteuse. L outil doit être au service de l apprentissage
de l élève. Mme Loubert doit s assurer que les enseignants sont formés pour l utiliser. Il faut aussi prévoir un budget pour des techniciens afin de régler les problèmes qui surviennent. Selon Mme Loubert, ses écoles ont de beaux budgets pour le financement des équipements. Mme Loubert formule le conseil suivant pour les directeurs : il est important d engager de bons conseillers pédagogiques. Dans ses écoles, ils ont monté de petits projets pour aller chercher du financement. Il faut être visionnaire et prévoir les besoins. C est une façon de faire qui prend beaucoup de temps et il est nécessaire d avoir des personnes engagées (professeurs). Il faut également prévoir un mécanisme de transfert en raison du roulement du personnel. C est l expérience avec l école de La Relève qui a permis d avoir certaines technologies dans d autres écoles. À l administration, le personnel tente de réduire l utilisation du papier. L école prévoit que dans huit ans, elle n utilisera pratiquement plus de papier. L expérience a des effets positifs sur la motivation et l intérêt des élèves. Est-ce qu ils réussiraient moins sans l outil (tablette numérique)? Il a été remarqué chez les élèves en difficulté de concentration qu ils restent trois fois plus concentrés avec l outil. Chercheur : Vincent Tanguay, vice-président, Québec Innovation Transfert, CEFRIO Dans des milieux isolés, on doit de se réinventer. En 2001, la fermeture des petites écoles de moins de 100 élèves était un enjeu important. Quand on ferme une école, on ferme un village, car les gens ne viendront plus s y installer. L intelligence au cœur d Internet, c est la collaboration, le réseau. Avec les écoles, affirme M. Tanguay, on voulait la mise en réseau, la revitalisation. En faisant communiquer les professeurs ensemble, il devient possible de les faire sortir de leur isolement. C est une sorte d échange. Les enseignants doivent être maintenus au cœur des projets. Il y a certes une collaboration entre les élèves, mais aussi entre les enseignants. L école ne peut pas être isolée. Les projets qui sont faits dans les écoles doivent intéresser la communauté. Maintenir les écoles ouvertes, c est un défi d occupation du territoire. Il importe de faire participer les syndicats des enseignants. Tout ne peut être fait uniquement virtuellement. Il doit y avoir des contacts physiques. On travaille dans un esprit communautaire, on est responsable de son apprentissage et de celui des autres. L approche avec les directions d école est interactive. D une année { l autre, c est toujours le transfert des connaissances entre les enseignants qui est utilisé.
Ce n était pas facile { mettre en place comme projet. Il peut aussi y avoir une résistance des commissions scolaires. En ce qui concerne les résultats, il y a vraiment des communautés d apprentissage qui sont là. Il est possible de sortir de l isolement. On fait sortir les professeurs de leur zone de confort, ce qui les amène à essayer quelque chose de nouveau. Il ne faut pas attendre que tous fonctionnent pour se lancer. Du point de vue communautaire, c est un souffle nouveau dans la communauté. Il a été observé que les élèves réussissent mieux en lecture et en écriture. Cela a amené une nouvelle dynamique dans les petites écoles et a permis de rendre la petite école attrayante. Les professeurs qui travaillaient à Saint-Elzéar n attendaient pas nécessairement de partir pour Bonaventure. Toute la démarche est dans le livre L école en réseau. Période de questions Question 1, adressée à Pierre Arsenault : Comment avez-vous fait pour aller chercher la participation citoyenne? Réponse (P. Arsenault) : Damien (le maire) était habitué. Il était au courant de tout ce qu il y avait. Il est donc allé vers où il voyait des possibilités. Question 2, adressée à Pierre Arsenault : Êtes-vous en réseau avec d autres écoles? Réponse (P. Arsenault) : Non. Des tentatives avaient été faites avec les élèves de quatrième année et de cinquième année. Il n y avait pas de classes qui fonctionnaient de la même façon. C est un modèle { part entière et { ma connaissance, il n en existe pas d autres. Question 3 : Est-ce que les élèves retournent à la maison avec les portables? Réponse : Ils peuvent le faire. Question 4 : Est-ce qu il s est produit une fracture numérique entre la maison et l école? Une fracture entre les écoles primaires et secondaires? Réponse : Dans le cas de certains élèves, lorsqu ils sont arrivés { la maison, les parents ne savaient pas ce qui se passait. Par contre, la proximité fait en sorte que les parents peuvent venir s informer { l école. Les parents qui ne connaissent pas l utilisation de ce type de technologie ont eu à développer leurs connaissances. Le rayonnement va au-del{ de l école, il influence aussi la famille et la communauté.
Entre le primaire et le secondaire, il y a effectivement une fracture entre les deux. C est plus difficile au secondaire. Le fait d utiliser la technologie au primaire et non pas au secondaire fait partie des préoccupations. Commentaire : Une personne souligne «le drame» dans les hôpitaux, qui utilisent encore beaucoup de papier. Réponse : À l hôpital de Maria, on utilise des IPad. Question 5 : Est-ce qu il n y a pas de fracture dans les milieux plus pauvres ou lorsque les parents ne sont pas alphabétisés? Réponse : Il y a des CACI partout. Les bibliothèques sont aussi équipées en ce sens et elles sont souvent ouvertes sept jours par semaine. Visite terrain à l École La Relève Éric Arsenault, enseignant { l école, présente le mode de fonctionnement de sa classe ainsi que les outils utilisés. Il souligne que les élèves sont bien éduqués { l utilisation de leur ipad et ne l utilisent pas pour écouter de la musique ou jouer à des jeux. En utilisant un tableau interactif, M. Arsenault présente les outils utilisés pour faire la dictée, dont le Larousse qui ne nécessite pas un accès en ligne. Un ancien élève précise que le Larousse lui est très utile pour enrichir ses compositions en français. Question 1 : Avez-vous peur d être remplacé par une machine? Réponse : Non. Il y a quand même beaucoup de contact humain. L enseignant guide les élèves dans leur démarche. Question 2 : Combien de temps ça prend pour apprivoiser la technologie? Réponse : C est un peu comme un ordinateur. Ce n est pas très long. Il souligne l exemple de Marie-Ève qui s y connaissait très peu il y a dix ans, mais qui, aujourd hui, a des compétences très supérieures. Question 3 : Comment envisagez-vous la possibilité d enseigner ailleurs?
Réponse : Ici, la technologie me passionne beaucoup. Advenant que j ai { enseigner ailleurs, je ferai les démarches en ce sens. Question 4 : Comment les étudiants voient-ils le fait d aller dans un établissement sans technologie? Réponse : Cela sera peut-être difficile, car il faudra apprendre autre chose. Utiliser beaucoup plus de feuilles, par exemple. Question 5, adressée aux élèves actuels : Est-ce que ça vous fait peur d aller dans une école secondaire dans laquelle il n y a pas cette technologie? Réponse : Non, car nous sommes bien informés à ce sujet grâce aux anciens élèves. Question 6 : Est-ce qu il y a des différences de calligraphie entre les élèves qui utilisent beaucoup les tablettes numériques et les autres? Réponse : On n a pas nécessairement vu de différence à la hausse ou à la baisse. Les élèves ont quand même à écrire à la main.