25/09/2012 - Par Mathilde Regnault et Ellen Faivre Le mal de dos à la loupe Le mal de dos peut venir de déformations de la colonne vertébrale, d'os usés, d'un nerf pincé Le point sur les différentes maladies du dos et conseils pour s en prémunir. Page 1/18 - Le mal de dos à la loupe Le mal de dos peut être causé par de nombreux facteurs. Il peut être en lien avec la colonne vertébrale ou être plus musculaire. Parmi les pathologies du dos les plus fréquentes, on trouve la scoliose et la hernie discale. Une fois le mal repéré, médicaments et chirurgie permettent de traiter les causes et les symptômes. Le mal de dos est souvent musculaire, mais il peut être le signe d'une pathologie de la colonne vertébrale. Euskalanato-flickr nc sa 2.0 Ce dossier complet a pour but de vous aider à mieux comprendre le mal de dos. Après une description de la colonne vertébrale et des vertèbres, il propose un tour d'horizon des pathologies du dos : scoliose, arthrose et ostéoporose, sciatique, hernie discale et hernie cervicale, lombalgie... Page 1 / 26
Il aborde aussi les méthodes de diagnostic, les traitements (médicaments et chirurgie) et les facteurs de risque de pathologies du dos. Vous pourrez également profiter des conseils d'un kinésithérapeute pour apprendre à préserver votre dos. Page 2/18 - La colonne vertébrale (ou rachis) et ses ligaments C est grâce à elle que l on peut se mouvoir, se pencher pour ramasser un objet ou tout simplement s assoir. La colonne vertébrale, à la fois très solide et particulièrement mobile, constitue le fondement du squelette de l Homme, le seul animal qui parvient aujourd hui à vivre debout. La colonne vertébrale, avec à droite ses quatre courbures et à gauche (de haut en bas) le rachis cervical, le rachis thoracique, le rachis lombaire, le sacrum et le coccyx. Wikicommons/Kaudris Description de la colonne vertébrale Une colonne vertébrale, ou rachis, ce sont d abord de petits os reliés entre eux, les vertèbres. Au total, chez l adulte, la colonne vertébrale dans son ensemble mesure en moyenne 70 cm. Loin d être droit comme un I, le rachis est au contraire tout en courbes. Quand on le regarde de face, il doit effectivement être parfaitement vertical. De profil, en revanche, on remarque 4 courbures. La lordose cervicale : les vertèbres cervicales sont légèrement incurvées vers l intérieur. La cyphose dorsale : ces vertèbres sont légèrement incurvées vers l extérieur. La lordose lombaire : c est la fameuse cambrure au niveau des reins. Le sacrum et le coccyx, soudés, sont incurvés vers l extérieur. Le rachis ne tient évidemment pas droit tout seul. Il est relié au reste de notre squelette en de multiples points. Il soutient, on l a vu, le crâne, via l articulation du craniocervicum. Celle-ci constitue également un point d attache pour nos 12 paires de côtes qui, avec les vertèbres et le sternum, forment la cage thoracique. Page 2 / 26
Plus bas, elle est reliée à l os iliaque de la hanche, ce qui permet ensuite de répartir le poids qui pèse sur la colonne vertébrale sur les hanches puis sur chaque jambe. Disques, ligaments et nerfs complètent la structure Le rachis n est pas qu une succession d os reliés entre eux. D autres éléments viennent consolider cette structure. Entre chaque vertèbre, on trouve un disque intervertébral. C est un cartilage, dont le rôle est non seulement de permettre la mobilité entre les deux vertèbres mais aussi d absorber les chocs pour éviter qu ils ne se répercutent directement sur les os. Ils sont composés de deux parties : l extérieur est dur, c est l anneau fibreux. L intérieur, au contraire, est mou : on parle de noyau gélatineux. De nombreux ligaments relient ces articulations entre elles. On en distingue plusieurs types. L a colonne vertébrale est aussi le point d attachement de très nombreux muscles, qui lui permettent de maintenir notre posture et de nous mouvoir. Parmi les plus connus, les muscles trapèze, qui descendent depuis le cou jusque dans le bas du dos ; les muscles paravertébraux, le long des vertèbres ; le muscle grand dorsal (qui relie le bas de l épaule au tronc) ou encore les différents muscles de la posture. Enfin, la moelle épinière descend le long de la colonne, à l intérieur même des vertèbres, dans le canal rachidien, formé par les foramens successifs de ces vertèbres. Elle est ainsi bien protégée contre les éventuelles attaques extérieures. Heureusement, puisque c est elle qui transmet toutes les informations envoyées par notre cerveau au reste de notre organisme et qui lui remonte les informations envoyées enregistrées par nos organes, la douleur notamment. La moelle épinière mesure en moyenne 45 cm de long et 12 mm de large. Elle se termine en dessous de l articulation L1- L2 par la queue de cheval. C est donc cet ensemble très complexe, sollicité chaque jour au moindre de nos mouvements qui, malmené, peut engendrer des douleurs chroniques et profondes. La colonne vertébrale : les vertèbres, les disques intervertébraux et la moelle épinière. Servier Medical Art Page 3/18 - Anatomie des vertèbres Les vertèbres, des structures très travaillées, forment la colonne vertébrale. Elles sont au nombre de vingt-quatre, classées en tant que vertèbres cervicales, vertèbres dorsales et vertèbres lombaires. Page 3 / 26
Vertèbre, vue du dessus. Berichard, Wikipédia CC by sa 2.0 Les vertèbres cervicales, dorsales et lombaires Vingt-quatre d entre elles sont particulièrement mobiles et sont divisées en trois grandes catégories : sept vertèbres cervicales, celles de la nuque. Ces vertèbres sont désignées par la lettre C, suivie du chiffre correspondant à sa position. La plus proche du crâne est ainsi nommée C1, la plus éloignée C7 ; douze vertèbres dorsales, également appelées vertèbres thoraciques. Ce sont les plus centrales de la colonne. On les nomme, de haut en bas, D1 à D12, ou T1 à T12 ; cinq vertèbres lombaires, de L1 à L5 en descendant, qui se situent juste au creux des reins. À l extrémité supérieure, la vertèbre C1 est attachée à l os occipital. C1, C2 et l os occipital forment ainsi le craniocervicum, l articulation extrêmement mobile qui nous permet de tourner la tête de haut en bas et de droite à gauche, du moins lorsque tout va bien! Quant à la dernière lombaire, elle est attachée au sacrum, lui-même composé de 5 vertèbres, S1 à S5, soudées entre elles à l âge adulte. Ce sacrum est relié au coccyx, qui termine la colonne vertébrale : cet amas de 4 à 5 vertèbres n est autre qu un vestige de la queue que possèdent la plupart des vertébrés. Il se termine à la naissance des fesses. Description d'une vertèbre Regardons une vertèbre typique en coupe, vue du dessus (voir image ci-dessus). On pourrait la diviser en trois parties relativement distinctes. Il y a d abord le corps vertébral, de forme presque cylindrique. Celui-ci est tourné vers l intérieur de l organisme, on ne peut pas le sentir à travers notre peau. Puis se trouve le foramen vertébral, un trou percé dans l os. C est là que se loge la moelle épinière pour être bien protégée. La troisième partie de la vertèbre est composée de trois sortes d épines. Celle du milieu, l apophyse épineuse, est celle que vous pouvez sentir ou voir dépasser sous votre peau. Page 4/18 - Scoliose et cyphose, maux de l adolescence La scoliose est une des pathologies du dos. Au total, la colonne vertébrale comprend 33 os, qui Page 4 / 26
supportent une bonne partie du poids du corps. Il n est donc pas très surprenant que, parfois, cette belle mécanique dérape. Plusieurs pathologies sont ainsi directement liées à un problème de positionnement des os ou à leur dégradation. La scoliose et la cyphose. SMA Parfois, la colonne s incurve latéralement, à droite ou à gauche, parfois de chaque côté, on parle alors de scoliose double. Selon le niveau de la colonne où elle se situe, on parle de scoliose dorsale, lombaire ou dorsolombaire. Dans les deux cas, la colonne vertébrale n est donc plus alignée, les appuis des vertèbres changent. Les causes de la scoliose La scoliose peut apparaître n importe quand pendant la croissance de l enfant. Elle se déclenche plus fréquemment à l adolescence, probablement à cause de la croissance rapide à cette période. Il semblerait que l hérédité joue un rôle, mais ce n est très probablement pas le seul facteur. Elle peut également survenir à l âge adulte, mais c est plus rare et elle est alors souvent secondaire, c est-à-dire qu une autre pathologie l a provoquée : elle peut être due à une paralysie ou une maladie des muscles qui n assurent plus leur rôle de soutien, voire à une dégénérescence osseuse. Le diagnostic de la scoliose On estime que 2 % à 4 % de la population souffrirait d une scoliose, à des degrés divers. Il s agit d une pathologie très féminine : 80 % des personnes concernées sont des femmes. Pour établir le diagnostic et mesurer la gravité de la scoliose, on effectue une radiographie et on mesure l angle de la courbe provoquée par la déformation. Si elle est inférieure à 40 degrés, on parle de scoliose légère. Jusqu à 60 degrés, elle est sévère et au-delà, il s agit de formes rarissimes et très invalidantes. Les symptômes de la scoliose Les symptômes sont fonction de la gravité de la déformation. En outre, ils varient d une personne à l autre et l état physique général joue également un rôle important. Mais d une manière générale, les scolioses légères sont très difficiles à repérer. Page 5 / 26
Elles sont le plus souvent indolores. Elles peuvent provoquer un léger déséquilibre dans la posture : une épaule ou une hanche plus haute que l autre, mais pas nécessairement de façon très prononcée. Le reste du squelette peut se déformer un peu, notamment la cage thoracique. C est souvent le professionnel de santé qui va repérer la courbure à la faveur d un examen clinique : il demande au patient de se pencher en avant et observe l alignement de la colonne vertébrale. En l absence de soins appropriés, la scoliose peut s aggraver : la courbure risque de s intensifier et, cette fois, de provoquer des symptômes plus ou moins graves. Douleurs diverses au niveau du dos. Fatigue, faiblesse ou engourdissement dans un membre. Dans les pires des cas, si la scoliose provoque une déformation de la cage thoracique, elle peut aussi entraîner des problèmes respiratoires (insuffisance) et cardiaques. Soulignons que les plus handicapants de ces symptômes sont heureusement très rares et que la plupart des scolioses légères ne s aggravent pas. Les traitements de la scoliose L'opération de la scoliose (détaillée plus loin) est réservée aux courbures sévères. Pour les autres, il est souvent conseillé de pratiquer un sport afin de développer la musculature, ou d'effectuer des séances chez un kinésithérapeute pour corriger les mauvaises postures. Scoliose et cyphose, quelle différence? Comme la scoliose, la cyphose est une déformation de la colonne vertébrale. Mais dans ce cas, la colonne n'est pas courbée sur la largeur du dos mais bombée dans la partie haute. Elle peut être naturelle (présente lors du développement) ou due à de mauvaises postures. Elle se traite également par kinésithérapie, la chirurgie ou le port d'un corset. Page 5/18 - Arthrose, ostéoporose : le vieillissement des articulations Parmi les pathologies osseuses, on compte l'arthrose et l'ostéoporose. Toutes deux sont des maladies liées au vieillissement des articulations. Page 6 / 26
Sur ce schéma, on peut voir l installation de l ostéoporose. C'est une maladie osseuse liée au vieillissement, comme l'arthrose. SMA Arthrose et arthrose dorsale L'arthrose constitue l un des principaux signes de vieillissement de notre squelette. Mais elle n est pas toujours synonyme de douleurs incommensurables, notamment quand elle touche la colonne vertébrale : ainsi, les trois-quarts de la population aurait des traces d arthrose sur les vertèbres, dont on ne s aperçoit qu à la faveur d une radiographie. Cette pathologie résulte d une dégradation de l articulation. Celle-ci est composée de deux os et de cartilages, aux extrémités de chaque os. Ce sont eux qui vont poser problème. Leur enveloppe, usée par les frottements, va se détruire progressivement. Ce faisant, elle va laisser échapper de petits fragments dans le liquide synovial, une sorte d huile qui permet à l articulation de bien coulisser au sein de la capsule qui l'entoure. Cela va provoquer une inflammation douloureuse. Par ailleurs les cartilages vont continuer à se détruire et, au bout de plusieurs années, les os vont se trouver en contact direct, ce qui provoque des douleurs et une raideur de l articulation en question. L arthrose dorsale est indolore dans la majorité des cas. Elle peut toutefois se faire sentir, notamment si elle se situe au niveau des cervicales ou des lombaires. Dans le premier cas, elle va, outre les douleurs (maux de tête notamment), provoquer une raideur de la nuque, avec difficulté à tourner la tête. Lorsqu elle se situe au niveau lombaire, elle peut évoluer en crises douloureuses aiguës. Au fil des années, les vertèbres deviennent moins mobiles. Parfois, le disque intervertébral disparaît complètement et les vertèbres se soudent entre elles. Autre complication possible : l articulation étant usée, un nerf peut se retrouver plus facilement pincé, provoquant de fortes douleurs. Il faut réagir vite, sinon il risque de se retrouver lésé. L'ostéoporose Elle apparaît généralement silencieusement, le plus souvent chez les femmes, après la ménopause. Leurs os ne sont plus protégés par les hormones et ils vont perdre en densité. Les os sont composés de deux types de cellules : les ostéoblastes et les ostéoclastes. Pour une parfaite santé, il faut qu il y ait un équilibre entre les deux. Dans le cas de l ostéoporose, les ostéoclastes, responsables de la résorption osseuse, prennent le pas sur les ostéoblastes. L os va se «résorber» petit à petit. C est ainsi que beaucoup de gens «rapetissent» en vieillissant. Cette maladie est souvent indolore. Le problème, c est que les os, fragilisés, vont se casser plus facilement. C est notamment valable pour les vertèbres, qui peuvent se fracturer : on parle de tassement vertébral. À long terme, ce tassement provoque une courbure de la colonne vertébrale, responsable de la perte de taille mais aussi de douleurs parfois intenses. Ces pathologies osseuses sont fréquentes et souvent découvertes après des années d évolution. Agir vite peut pourtant permettre de limiter les dégâts : il ne faut pas hésiter à poser des questions à son médecin. Page 6/18 - La sciatique : le pincement d'un nerf sciatique La sciatique est redoutablement célèbre bien qu elle ne soit pas si fréquente. Elle concerne environ 1 % des personnes qui consultent pour un mal de dos. Page 7 / 26
Lors d'une sciatique, la lésion se situe au niveau de la colonne vertébrale, avec un pincement d'un nerf sciatique. dhammza, Flickr CC by nc nd 2.0 À vrai dire, on ne peut même pas réellement parler de mal de dos. Cette douleur caractéristique commence en réalité dans l une ou l autre des fesses, puis descend derrière la cuisse, pour s étendre derrière le genou, le mollet et parfois jusque dans le pied. Selon la gravité de la situation, elle peut aussi être accompagnée de fourmillements ou d une perte de sensibilité dans la jambe. Dans la majorité des cas, seule une jambe est concernée, mais il arrive que les deux nerfs sciatiques, le droit et le gauche, soient touchés en même temps. Pincement de nerf sciatique Le problème se situe effectivement au niveau de la colonne vertébrale. La douleur est provoquée par le pincement de l un des deux nerfs sciatiques. Ce sont les plus gros et les plus longs nerfs de notre organisme, leur diamètre est équivalent à celui d un doigt. Ils débutent dans la partie inférieure du rachis, puis ils passent chacun dans l une des hanches, dans la fesse et l arrière du genou. Il se divise alors en plusieurs ramifications, qui se déroulent jusqu à l extrémité du pied. C est donc le long de ce trajet que la douleur se développe lorsqu il y a compression du nerf. Les causes de la sciatique Elle peut avoir diverses origines. Le plus souvent, notamment chez les sujets jeunes (moins de 45 ans), elle est due à une hernie discale, c est-à-dire à la saillie d un disque intervertébral, qui n est plus sagement coincé entre les deux vertèbres. Ce problème survient la plupart du temps entre les lombaires L4 et L5 ou L5 et S1. L arthrose lombaire peut également constituer une cause de sciatique : le canal vertébral, où passe le nerf, se trouve parfois rétréci par la maladie : le nerf est comprimé, ce qui provoque des douleurs importantes. C est parfois l inflammation d un muscle, le piriforme, qui provoque une compression du nerf. En gonflant sous l effet de l inflammation, le muscle va appuyer sur le nerf et provoquer la douleur. Cela arrive fréquemment chez les sportifs. Plus rare, l inflammation du nerf lui-même, sur le moyen terme, peut l abîmer : son anatomie se trouvant légèrement modifiée, il ne fonctionne plus de la même façon et cela peut provoquer des douleurs. Beaucoup plus rare, heureusement, la présence de tumeurs ou de kystes le long de la colonne vertébrale peut aussi déclencher la douleur sciatique. Enfin, la maladie de Paget, ou ostéite déformante, peut avoir la même conséquence. Les os, victimes d un façonnage anormal, viennent titiller le nerf : la douleur se déclenche. Page 8 / 26
Rares complications Une idée reçue voudrait que sciatique soit synonyme de paralysie des membres inférieurs, voire pire. La sciatique fait peur alors que dans la majorité des cas, elle se résorbe en quelques semaines, sans qu on ait besoin de passer entre les mains du chirurgien. Cela ne signifie surtout pas qu il ne faut pas se soigner, mais un simple traitement symptomatique doit suffire à soulager pendant que les choses se résorbent d elles-mêmes. Pour autant, il existe effectivement des cas où il convient d intervenir pour soulager le nerf sciatique. S il est trop gravement comprimé, on parle de sciatique paralysante : le nerf peut se trouver suffisamment endommagé pour ne plus fonctionner correctement. Le risque de paralysie ou d insensibilité dans une partie du membre est alors réel. Page 7/18 - Hernie discale : un disque intervertébral en cause La hernie discale est la cause numéro 1 des douleurs sciatiques. Au total, on estime qu elle est responsable de 2 % des maux de dos. Ce sont les disques intervertébraux qui sont en cause. Les étapes de la hernie discale : le disque intervertébral est usé et laisse passer le liquide qui s'y trouve. SMA Déclenchement de la hernie discale Il arrive que, pour diverses raisons, le disque intervertébral s use ou se fissure. Le liquide qui se trouve à l intérieur va alors sortir de l espace qui lui est attribué et, parfois, il appuyer sur le nerf : c est la douleur assurée. Le plus souvent, ce sont les disques placés entre les vertèbres L4 et L5 ou L5 et S1 qui sont touchés. Il faut dire que la zone des vertèbres lombosacrées est particulièrement sollicitée au moindre effort. Autre zone à risque, celle des cervicales. Le principe est le même : la saille d un disque intervertébral finit par appuyer sur un nerf, provoquant divers symptômes douloureux, cette fois au niveau du cou, des épaules et parfois des membres supérieurs. La douleur n est pas systématique : tout dépend de la façon dont le nucléus, la substance gélatineuse située à l intérieur du disque, s est répandu au niveau de la vertèbre. S il est allé se loger du côté de la moelle épinière alors, oui, il risque de comprimer le nerf et le patient aura mal. Si, au contraire, le nucléus se répand sur les côtés, ou vers l extérieur, la hernie peut tout à fait passer inaperçue. Les causes de la hernie discale Les causes de la hernie discale sont plurielles. Page 9 / 26
Elle peut être provoquée par un choc ou une violente torsion. Typiquement : soulever une charge lourde et opérer un mouvement de torsion du tronc risque fort de créer des ennuis. Surpoids et grossesse constituent également des facteurs de risque car l équilibre de la colonne vertébrale se trouve perturbé et l appui sur les disques intervertébraux devient trop important. Il semble que l hérédité ait également un rôle à jouer. On a remarqué que les personnes dont plusieurs membres de la famille avaient souffert de hernie discale en étaient elles aussi plus souvent victimes que la moyenne. Comme pour nombre de maladies, il ne s agit ici que d une prédisposition : cela ne signifie pas que si un père ou un frère est atteint, on sera forcement victime de hernie discale, loin de là. Le vieillissement, tout simplement, entraîne une usure des disques intervertébraux, qui peuvent donc se fissurer plus rapidement et laisser s échapper le liquide qui se trouve à l intérieur. Sans que cela constitue une cause en soi, les personnes de grande taille ou dont la musculature n est pas suffisamment forte ont un risque accru de souffrir un jour de hernie discale. Bon à savoir : la hernie discale n est pas toujours synonyme de sciatique : elle peut également se traduire par un simple mal de dos. Parfois les douleurs sont essentiellement musculaires. Lorsqu il s agit d'une hernie cervicale, la victime ressent généralement une sorte de raideur dans le cou, qui peut s étendre jusque dans les épaules voire les bras (fourmillements), le tout souvent accompagné de douleurs intenses. Dans d autres cas, la hernie passe complètement inaperçue, ne provoquant aucun symptôme. Contrairement à une idée reçue, la hernie discale n'est pas l apanage des personnes âgées. Les hommes de 35 à 50 ans sont les plus touchés, probablement parce que ce sont eux qui effectuent le plus de travaux et de sports à risque pour la colonne vertébrale. L affection est relativement courante puisqu on estime que 2 % de la population sera touchée un jour ou l autre par une hernie discale. La hernie discale, comme la sciatique, est victime d idées reçues. Elle aussi peut tout à fait guérir spontanément en quelques semaines. Généralement des antidouleurs plus ou moins puissants suffisent à faire disparaître les symptômes en attendant que la sciatique se dissipe d elle-même. Page 8/18 - Hernie cervicale : un disque cervical en cause Gros plan sur la hernie cervicale. Les disques lombaires ne sont pas les seules victimes potentielles de hernies. Ceux des cervicales, particulièrement sollicités également, peuvent aussi s abîmer et provoquer le même type de désagréments. Une raideur de la nuque peut être un symptôme de hernie cervicale. numberstumper, Flickr CC by Page 10 / 26
sa 3.0 Comme pour la hernie lombaire, les disques cervicaux, en s usant ou suite à un accident, peuvent venir comprimer un ou des nerfs. Le souci, c est que l on se situe plus haut que le niveau de la moelle épinière : les douleurs peuvent donc s étendre à tous les membres, bras compris. Les symptômes ne sont d ailleurs pas aussi parlants que pour la hernie lombaire, qui se traduit souvent par une sciatique. Symptômes de la hernie cervicale Dans beaucoup de cas, la hernie cervicale peut passer complètement inaperçue. Dans d autres, elle se manifeste par un ensemble de symptômes diffus. Raideur de la nuque. Douleurs au niveau du cou et des épaules. Fourmillements dans les bras. Parfois, si le disque appuie sur la moelle épinière en plus de comprimer les nerfs, la hernie peut provoquer une faiblesse musculaire dans les membres, donnant l étrange impression que les jambes et les bras ne répondent plus parfaitement aux ordres du cerveau et qu ils sont un peu raides. Diagnostic et traitement de la hernie cervicale Voilà le tableau typique qui accompagne souvent une hernie cervicale. Mais il pourrait tout aussi bien correspondre à un simple torticolis ou à une forte grippe. C est pourquoi seuls des examens complémentaires, comme pour la hernie discale, peuvent confirmer le diagnostic. C est le scanner qui montrera le mieux la localisation et la sévérité de la hernie. Quant au traitement, il est fonction des inconvénients générés par la hernie. On parle rarement de chirurgie en première intention. Généralement, le médecin va d abord tenter de soulager la douleur grâce à des antiinflammatoires. Ceux-ci peuvent tout à fait suffire à retrouver une vie normale. L'opération de la hernie cervicale Si la douleur est trop sévère ou que le médecin redoute des complications, il pourra recommander l opération. Elle peut notamment être pratiquée lorsqu on craint qu un ou plusieurs nerfs se trouvent durablement endommagés. Plusieurs techniques chirurgicales coexistent aujourd hui, toutes ayant pour objectif de retirer le disque abîmé et de le remplacer. Contrairement à la hernie discale, l incision est pratiquée sur le côté. Le chirurgien va d abord retirer tous les morceaux de disque puis va éventuellement couper les «becs de perroquet», de petites excroissances osseuses qui se forment parfois au niveau des articulations arthrosées et qui peuvent appuyer sur les nerfs. Ensuite, deux possibilités, ci-dessous. La technique la plus ancienne consiste à pratiquer une greffe osseuse, afin de remplacer le disque manquant. On prélève un peu d os, souvent au niveau de la hanche, que l on va «installer» entre les deux vertèbres, auxquelles, avec le temps, il va finir par venir s accrocher. Aujourd hui, la greffe peut être remplacée par une prothèse, de la forme du disque manquant, qui va éviter aux deux vertèbres de s appuyer directement l une sur l autre. Une plaque de métal est souvent ajoutée qui vient maintenir les deux vertèbres ensemble. Au total, l opération dure en moyenne une heure. Comme toute opération, elle n est pas à prendre à la légère mais elle est aujourd hui courante et généralement on peut se lever dès le lendemain et reprendre ses activités progressivement, tout en portant une minerve pendant plusieurs semaines. Comme pour la hernie discale, il est impossible d éviter tout risque de hernie cervicale, mais avoir une musculature du cou et des épaules suffisamment développées aide à s en préserver. Le médecin ou le kinésithérapeute peut indiquer Page 11 / 26
les bons gestes à effectuer pour muscler cette partie de l anatomie fortement sollicitée. Page 9/18 - Douleurs du dos : des douleurs musculaires En réalité, la douleur dorsale est musculaire! C est un peu exagéré, mais pas si éloigné de la réalité. Dans la plupart des pathologies du dos, ce qui fait le plus mal, ce n est pas l affection première mais bien les conséquences qu elle a sur le muscle. Les muscles du dos peuvent se crisper et entraîner des douleurs. Ce sont donc des douleurs musculaires. SMA Quand le mal de dos vient des muscles «Lorsqu il y a une affection sous-jacente, elle a souvent pour conséquence de déséquilibrer la posture. Les muscles vont donc fonctionner en déséquilibre. Ils vont forcer, se crisper, ce qui peut provoquer de vives douleurs» explique Olivier Rossignol, président de la Fédération française de rhumatologie. Toutes les pathologies citées dans les pages précédentes sont donc susceptibles de créer, en plus de la douleur primaire, d importantes douleurs musculaires secondaires. En outre, sous l effet de la douleur provoquée par une cause précise, les muscles vont avoir instinctivement tendance à se contracter. À la longue, cela devient donc douloureux, d autant que cette pression est difficile à relâcher. Il poursuit, «notre cerveau a un pouvoir direct sur certains muscles, comme ceux des bras ou des jambes, par exemple : nous pouvons décider de les bouger, de les détendre, ce qui les relaxe. Nous avons beaucoup moins d emprise sur ceux du dos, nous ne pouvons pas les aider à se détendre». Il existe également des douleurs intrinsèquement musculaires, comme la lombalgie et le torticolis. Page 12 / 26
Page 10/18 - Mal de dos : lombalgie, lumbago et torticolis La lombalgie est l affection la plus courante du mal de dos : elle concerne 85 % des douleurs dorsales. Elle peut survenir lors d une crise aiguë : on parle alors de lumbago. Le torticolis, lui, est l'équivalent du lumbago au niveau cervical. Torticolis et lumbago sont deux grands classiques du mal de dos. athena, Flickr CC by nc nd 2.0 Lorsque la douleur est plutôt chronique, on emploie donc le terme de lombalgie. C est cette lombalgie que l on nomme souvent le mal du siècle et, comme son nom l indique, elle se rapporte aux douleurs situées dans le bas du dos, au niveau des vertèbres lombaires. Lombalgie : stress, surpoids et grossesse en facteurs de risque S ensuit un vrai cercle vicieux : la douleur crée une tension, qui accentue la douleur, etc. Si cette affection est si courante aujourd hui, c'est qu elle fait entrer en jeu divers facteurs propres à notre époque : manque d activité physique et stress sont les principaux déclencheurs de la lombalgie. Peu sollicités, les muscles sont fragilisés. Le stress aidant, ils vont se crisper plus que de raison et provoquer, à la longue, de vives douleurs. Un peu comme si l on tentait de contracter les muscles de la jambe pendant une période prolongée, par exemple : cela finit par faire très mal. Surpoids et grossesse figurent également parmi les causes fréquentes de lombalgie car le dos, déséquilibré, va «rattraper» la posture en contractant certains muscles plus que de raison. Causes et conséquences de la lombalgie Bonne nouvelle : dans l immense majorité des cas, la lombalgie n a pas de cause physiologique propre. Rien dans l organisme n est endommagé, seuls les muscles sont endoloris et de simples myorelaxants permettent de soulager le malade en quelques jours dans le cas d un lumbago. C est pourquoi les divers examens pratiqués ne révèlent aucune anomalie alors que la douleur est, elle, bien réelle, parfois même handicapante. Ils permettent toutefois d éliminer toute cause physiologique et, ainsi, de confirmer le diagnostic. La lombalgie en elle-même n est donc pas grave. Pour autant, elle peut impacter le quotidien de façon importante : la douleur est parfois si intense qu elle empêche tout mouvement, potentiellement pendant plusieurs semaines dans les cas les plus graves. Le risque : que cette lombalgie devienne chronique sur le long terme. Pour l éviter, il faut surtout consulter rapidement et ne pas se contenter des solutions qui soulagent la douleur immédiate. Il faut rechercher la cause première de ce mal de dos, qui n est qu un symptôme. Bien souvent, une thérapie, avec apprentissage de la gestion du stress, permet d améliorer la situation. Il n est en revanche pas du tout recommandé de rester trop Page 13 / 26
longtemps couché : affaiblir sa musculature risque d aggraver la situation plutôt que de l améliorer. Par ailleurs, on peut mettre toutes les chances de son côté en tentant d adopter un mode de vie plus doux pour son dos : adopter une bonne posture devant son ordinateur, éviter de rester dans la même posture pendant une période prolongée et surtout Ne pas oublier de s octroyer des périodes de détente! Le torticolis, une contraction des muscles cervicaux Le torticolis constitue un autre grand classique. C est l équivalent du lumbago mais au niveau des cervicales. Il est provoqué par la contracture d un muscle du cou, particulièrement puissant. Ces muscles cervicaux doivent soutenir la tête, qui pèse pas moins de quelques kilogrammes et qui repose sur des vertèbres très fines. Pour bien se positionner, les muscles disposent de plusieurs capteurs : la vision, l oreille interne, ainsi que des capteurs internes, qui lui indiquent la position de chaque vertèbre afin de rectifier la façon dont il se contracte pour que les vertèbres se placent parfaitement. Mais parfois, le capteur se dérègle, il n envoie pas les bonnes informations et le muscle se contracte pour essayer de rattraper une position qu il croit mauvaise : cela finit par faire mal. Heureusement, des mécanismes de rattrapage se mettent alors en place et tout finit par rentrer dans l ordre même si cela peut prendre quelques jours. Page 11/18 - Les facteurs de risque du mal de dos Si le dos fait si souvent souffrir, c est qu il est soumis à de multiples facteurs de risques auxquels l on ne peut pas grand-chose : vieillissement, hérédité... Pratiquer une activité physique permet d'améliorer sa musculature et de prévenir le mal de dos. slagheap, Flickr CC by nc sa 2.0 Le mal de dos, inhérent à notre condition Page 14 / 26
Au premier rang de ces facteurs de risque, figure la condition de bipèdes des humains. Notre poids repose en bonne partie sur notre colonne vertébrale. Les équilibres fragiles sont mis à rude épreuve : par nature, l être humain est donc destiné à souffrir du dos. Mal de dos : hérédité et vieillissement Autre élément contre lequel il est impossible de lutter : l hérédité. La morphologie de l individu est en bonne partie écrite dans ses gènes avant même qu il ne grandisse et évolue de lui-même. Il peut certes modifier un peu la donne en fonction de son mode de vie, mais l essentiel de la structure de son squelette est déjà décidé bien en amont. «Par exemple, les populations africaines ont très souvent une cambrure plus prononcée que la moyenne au niveau des lombaires», détaille Olivier Rossignol, président de la Fédération française de rhumatologie. Comme beaucoup de pathologies, les problèmes de dos s accentuent souvent en vieillissant. C est logique : une mauvaise position, au fil des ans, provoque une usure des cartilages et des os, ce qui finit par engendrer des douleurs. Des maladies de l âge apparaissent qui peuvent avoir une influence sur le mal de dos : ostéoporose, arthrose, hernie Mais il n y a pas de fatalité : beaucoup de gens vieillissent également sans problèmes particuliers. Mal de dos : hygiène de vie et stress L hygiène de vie joue un rôle très important. L alimentation, notamment pendant la phase de croissance, influence la bonne construction du squelette. Vitamines et minéraux, tels que le calcium, participent à la construction osseuse, puis, lorsque la croissance est terminée, au maintien du capital osseux. L activité physique permet de renforcer la musculature et d assurer un bon maintien du squelette. À l inverse, un manque d exercice contribuera à «ramollir» les muscles, qui jouent un rôle capital dans le maintien d une bonne posture. On a longtemps cru que le surpoids constituait un facteur de risque. «En réalité, ça ne semble pas être le cas, constate Xavier Dufour, masseur-kinésithérapeute et membre de l Ecole du dos de Paris. Plusieurs études ont montré qu ils n avaient pas plus de risque que la moyenne de développer une lombalgie». On fait souvent peu le lien, et pourtant Le stress est un très grand facteur de risque de douleurs dorsales. «Les muscles sont certes des éléments dynamiques, mais ils sont aussi très sensibles à l environnement psychologique», note le Dr Rossignol. C est notamment le cas des muscles dorsaux, car on ne peut pas les contracter et décontracter volontairement comme les muscles des membres». Autre explication : les muscles du dos sont contrôlés par le système neurovégétatif orthosympathique, qui se trouve être très lié avec le centre émotionnel. Il est donc logique que ces muscles soient particulièrement sensibles au stress ou à toute autre émotion négative. L activité professionnelle joue aussi un rôle non négligeable sur le dos, par exemple si l on est amené à porter régulièrement des charges lourdes ou à effectuer des mouvements répétés pendant lesquels le dos est malmené. Ce peut être le cas des déménageurs ou des ouvriers qui utilisent un marteau-piqueur, par exemple. Mais pas besoin de rejouer les travaux d Hercule pour abîmer son dos : le simple fait de passer une journée devant son ordinateur dans une mauvaise posture peut suffire à créer des tensions et de mauvais appuis qui peuvent, sur le long terme, faire souffrir. Page 12/18 - Mal de dos : les outils du diagnostic Trouver la cause de la lombalgie relève souvent du casse-tête pour le médecin. Voici, dans l ordre, les examens qu il est susceptible d effectuer ou de prescrire. Page 15 / 26
Le scanner peut être utile pour révéler une hernie discale. Il fait partie des examens prescrits dans le cadre d'un mal de dos. Wikicommons Première étape : l'examen clinique Tout commence par l examen clinique : le médecin va observer la posture du dos. Il va chercher une éventuelle déviation de la colonne vertébrale, telle qu une scoliose. Pour ce faire, il peut demander au patient de se pencher vers l avant, en allant toucher ses pieds avec ses mains, jambes tendues. Cela va lui permettre de mieux observer la colonne vertébrale. Il va aussi vérifier que les épaules et les hanches sont à la même hauteur de chaque côté. Sauf grosse anomalie, cela exige de l expérience et un bon coup d œil. Le plus souvent, son observation ne constituera qu une indication, qu il cherchera à confirmer pas des examens complémentaires. La radiographie pour trouver les causes du mal de dos Le premier examen prescrit est généralement une simple radiographie. Cet examen tout simple à base de rayons X permet d ausculter les os du squelette. Il est donc tout indiqué pour étudier la colonne vertébrale. La radiographie est notamment très utile lorsqu on veut préciser une pathologie telle qu une scoliose. Grâce aux radios, le médecin va pouvoir déterminer très précisément l angle d inclinaison de la colonne vertébrale. Elle peut également mettre en lumière un mauvais équilibre au niveau du bassin, une différence de hauteur entre les deux épaules Autant de déséquilibres susceptibles de provoquer des douleurs musculaires. En réalité, la plupart du temps, la radio ne révélera absolument rien, même si le patient souffre beaucoup : elle ne montre que les os. Or, on l a vu, la plupart des douleurs dorsales ne viennent pas des os mais des muscles, des nerfs, des tendons, des disques Autant de pathologies qu elle ne saura pas voir. Elle peut en revanche révéler des traces d arthrose mais cela brouillera probablement les pistes plus qu autre chose. En effet, après 40 ans, presque tout le monde présente des traces d arthrose sur les vertèbres mais dans la majorité des cas, elle n est pas cause de douleur. L'IRM et le scanner, utiles pour repérer une hernie discale L étape suivante peut être la prescription d un examen d IRM, ou imagerie à résonance magnétique. Par un procédé de magnétisation des tissus, cet appareil permet d observer de façon très précise le système nerveux central, les muscles ou détecter des tumeurs. Il n est généralement pas très utile dans le cadre d une lombalgie, sauf s il s agit de repérer Page 16 / 26
une hernie discale, par exemple. Aujourd hui, l IRM existe en 2D et en 3D. Le scanner utilise, comme la radiologie, les rayons X. Mais cette technologie permet, elle, d étudier tous les éléments du corps humain, y compris les organes. Il permet d obtenir des photos de coupe, en plan horizontal et vertical, de tout l organisme. Le scanner existe lui aussi en 2D et 3D. Extrêmement précis, l examen coûte aussi plus cher que la radiographie et les appareils sont beaucoup moins nombreux. Il peut permettre de confirmer une suspicion de hernie discale. Mal de dos : pensez à consulter un podologue! Plus inusité, la visite chez le podologue peut toutefois s avérer une bonne idée : il va pouvoir déterminer si votre placement de pied est correct ou non. Parfois, le simple fait d avoir les pieds plats ou les pieds creux, par exemple, peut déséquilibrer tout le squelette et créer des lombalgies. En plaçant mal les pieds, on déséquilibre le bassin et la colonne se tord un peu, pour compenser, et les muscles avec. En réalisant des moulages des pieds en station debout, le podologue va pouvoir repérer ces petits défauts. Dans beaucoup de cas, aucun de ces examens ne révèlera une pathologie quelconque. Il faut pourtant prendre la douleur au sérieux : elle est réelle et doit être soulagée. Page 13/18 - Traitement contre le mal de dos : les médicaments La première stratégie thérapeutique pour traiter une lombalgie consiste généralement à soulager la douleur. Le point sur les principaux antidouleurs utilisés dans le traitement contre le mal de dos. Paracétamol (à gauche) et ibuprofène (à droite) sont des traitements utilisés contre le mal de dos. Wikicommons Les antalgiques contre le mal de dos Ce sont les plus courants. Ils sont divisés en trois classes, selon leur puissance. Les antalgiques de classe 1 sont les plus utilisés et sont généralement en vente libre. On y retrouve l aspirine, le paracétamol ou encore les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). La classe 2 correspond aux morphiniques faibles tels que la codéine ou encore l opium faiblement dosé. La classe 3 est très rarement utilisée et quasiment jamais dans le cadre de douleurs dorsales : elle correspond aux morphiniques puissants. Concernant le fonctionnement des principaux antalgiques utilisés dans le traitement des lombalgies, il existe : Page 17 / 26
l aspirine, ou acétylsalicylique, qui va venir empêcher la production des prostaglandines. Ce sont les hormones de la douleur, libérées lorsqu un organe ou un tissu est en souffrance : elles vont prévenir le cerveau que quelque chose ne va pas, c est un signal d alerte. En bloquant la production de ces prostaglandines, l aspirine va donc supprimer l influx «douleur». L aspirine ne peut être utilisée que chez les adultes ; le paracétamol, lui, n empêche pas la production de prostaglandines. En revanche, il va venir bloquer l influx nerveux qui transporte l information «douleur» avant qu il ne parvienne jusqu au cerveau. Le message se trouve censuré : le patient n a pas mal. Cette molécule fonctionne bien pour supprimer les faibles douleurs et a également une action bénéfique contre la fièvre. Le paracétamol peut être utilisé à la fois chez les adultes et chez les enfants, à des doses adaptées ; les anti-inflammatoires non-stéroïdiens sont également très répandus. Outre l aspirine, dont on sait rarement qu il fait partie de cette catégorie, l ibuprofène est sûrement le plus connu des AINS. Ils vont venir supprimer la douleur en bloquant la production de cyclo-oxygénase (COX-1 et COX-2). Cette enzyme, dans sa version COX-1, est à l origine de la production des fameuses prostaglandines, ce transmetteur de la douleur. En bloquant sa production, on bloque donc la production de prostaglandines. COX-2, lui, est à l origine de la production de plusieurs molécules typiques de l inflammation telles que les cytokines ou les interférons. En bloquant la production de COX-2, on bloque donc l inflammation ; les morphiniques sont autrement plus puissants. Bizarrement, bien qu ils existent depuis longtemps, on ne connaît pas précisément leur mécanisme d action. À priori, la morphine agit directement au niveau du système nerveux central. Elle viendrait se placer sur les récepteurs à opiacés, qui jouent un rôle dans la perception de la douleur. En les saturant, elle empêche ainsi la communication de la douleur. Le problème majeur, c est que la morphine a de nombreux effets secondaires sur l ensemble de l organisme et qu elle crée une dépendance. Elle a par ailleurs été utilisée comme stupéfiant et son usage est aujourd hui extrêmement réglementé. La morphine, dont on voit ici la molécule, fait partie des médicaments prescrits contre le mal de dos. Wikicommons/RedAndr Traitement contre le mal de dos : les corticoïdes C est la fameuse cortisone, souvent redoutée car elle a mauvaise réputation sur le plan des effets secondaires. Les corticoïdes existent à l état naturel dans l organisme, ils sont sécrétés par les glandes surrénales. Ils remplissent de nombreuses fonctions dans l organisme, notamment sur le plan antidouleur. C est entre autres pour cet aspect que les corticoïdes synthétiques ont été développés. Leur mode d action est très complexe : ils vont aller modifier directement Page 18 / 26
des protéines impliquées dans le processus inflammatoire, en changeant un peu le gène dans certaines cellules. Ainsi, l inflammation diminue, voire disparaît. L une des raisons des nombreux effets secondaires, c est que ces corticoïdes synthétiques vont venir perturber le fonctionnement des corticoïdes naturels, dont la sécrétion diminue. Il faut donc arrêter le traitement progressivement pour permettre aux surrénales de reprendre leur activité normale. À court terme, ils n ont la plupart du temps par d effet notoire. À long terme, en revanche, ils peuvent affaiblir les défenses immunitaires, abîmer les parois gastriques, fragiliser les os et changer la répartition des graisses dans l organisme. Les professionnels de santé disposent donc de tout un arsenal thérapeutique pour soulager les douleurs dorsales et il est bien rare de ne pas trouver une solution appropriée, même si cela peut prendre un peu de temps. Page 14/18 - Les infiltrations et myorelaxants pour soulager le mal de dos Pour soulager le mal de dos, il existe aussi les myorelaxants et les infiltrations. Comment agissent-ils et dans quel cas les prescrit-on? Les myorelaxants empêchent l'information de contraction des muscles d'arriver aux neurones. Ils sont ainsi prescrits pour soulager le mal de dos, avant parfois d'avoir recours aux infiltrations. wellcome images, Flickr CC by nc-nd-2.0 Les myorelaxants pour soulager le mal de dos Comme leur nom l indique, ils ont pour rôle d aider les muscles à se décontracter. Pour ce faire, ils vont bloquer la communication entre les neurones qui transmettent l information envoyée par le cerveau aux fibres nerveuses. Pour y parvenir, ils vont empêcher l acétylcholine, le neurotransmetteur en provenance du cerveau, de venir se fixer sur la membrane des cellules musculaires chargées de recevoir l information. En se fixant en premier sur cette membrane réceptrice, le myorelaxant (le curare, par exemple) prend la place de l acétylcholine qui ne trouve donc plus d espace où se loger. Le muscle ne reçoit plus l ordre de se contracter : il se détend et la douleur s atténue. Les infiltrations Page 19 / 26
Il ne s agit pas d un médicament en particulier mais plutôt d un mode d administration. Le but est d amener, grâce à une piqûre, les corticoïdes au plus près de la lésion, pour une efficacité maximum. C est le médecin qui réalise ce geste, parfois à l aide d un contrôle radiologique, pour encore plus de précision. Cette technique n est utilisée que lorsque les autres n ont pas fonctionné. Page 15/18 - Chirurgie du dos : l'opération de la hernie discale Bien qu elle soit aujourd hui très bien maîtrisée, la chirurgie du dos reste réservée aux cas les plus graves, lorsque tous les autres recours ont été épuisés. Le point sur l'opération de la hernie discale. L'opération de la hernie discale est une des pratiques de la chirurgie du dos. Bestinplastics, Flickr CC by nc nd 2.0 Opération de la hernie discale : les différentes techniques L opération de la hernie discale dure de 45 à 120 minutes. Elle est effectuée par le neurochirurgien. Deux techniques existent aujourd hui. Page 20 / 26
La plus ancienne consiste à pratiquer, sous anesthésie générale, une incision de quelques centimètres, perpendiculaire à la colonne vertébrale, à la hauteur du disque abîmé. Le chirurgien va d abord mettre de côté la racine nerveuse, pour être sûr de ne pas la toucher. Il va ensuite retirer le ou les morceaux de disque qui se sont déplacés. Parfois, il enlève d autres parties du disque dont il croit qu elles vont se désagréger un peu plus tard, pour éviter les récidives. Fin de l opération. Généralement, le patient peut se lever dès le lendemain. Il peut marcher et s asseoir, l essentiel étant de ne pas rester trop longtemps dans la même position. La sortie de l hôpital se fait au bout de quatre jours en moyenne et la convalescence dure trois à quatre semaines supplémentaires, après quoi le patient peut reprendre son activité professionnelle. Pour le sport, il est généralement recommandé d attendre trois mois avant la reprise. Une technique plus récente : l endoscopie. Au lieu d une incision de plusieurs centimètres, le chirurgien va pratiquer plusieurs toutes petites incisions autour de la zone à traiter. C est par ces ouvertures qu il va insérer une petite caméra aidé de très petits instruments : il pratiquera l opération en regardant les images de la caméra sur un grand écran. Cette technique permet des suites opératoires encore plus légères. Même si l opération de la hernie discale est très bien maîtrisée, elle reste délicate puisque le chirurgien doit s approcher des nerfs. Il y a donc toujours un risque de lésion : si le nerf est abîmé au passage, il peut s ensuivre une insensibilité ou des fourmillements dans la jambe à laquelle correspond le nerf. Le risque d infection n est pas négligeable non plus, surtout si le chirurgien touche accidentellement la dure-mère, cette enveloppe qui contient un liquide protecteur de l extrémité de la moelle épinière. Page 16/18 - Chirurgie du dos : l'opération de la scoliose La chirurgie du dos peut être envisagée dans les cas de scolioses très sévères. On réalise alors une arthrodèse. En quoi consiste-t-elle? Page 21 / 26
L'opération de la scoliose est assez lourde, elle est donc réservée aux courbures sévères. Wikipédia, DP L'opération de la scoliose, pour souder des vertèbres Dans les cas les plus extrêmes, la scoliose a parfois besoin d être opérée. Cette chirurgie n est préconisée que lorsque la courbure excède 45 degrés. La technique consiste à rigidifier la colonne vertébrale dans la position la plus droite possible. Pour ce faire, le chirurgien va retirer un ou plusieurs disques vertébraux et les remplacer par des fragments d os, qui peuvent être prélevés au niveau du bassin. Il s agit parfois plutôt de substituts osseux. Dans les deux cas, le but est de «souder» les vertèbres entre elles grâce à un processus d ossification. Pour consolider la colonne vertébrale pendant que cette ossification prend forme, on pose généralement des tiges métalliques le long de la colonne, qui vont l aider à se maintenir droite. Il s agit d une opération lourde mais qui est aujourd hui bien maîtrisée et redonne un confort de vie aux victimes de scoliose sévères, notamment chez les adolescents. Le souci majeur, c est que cette technique empêche la colonne vertébrale de grandir davantage : il est donc préférable d attendre la fin de la croissance pour opérer. La période de convalescence est généralement d un mois environ. À noter que dans la majorité des cas, les scolioses se règlent de façon bien plus simple. La rééducation chez un kinésithérapeute permet de corriger la posture et de renforcer la musculature : cela est généralement suffisant pour réduire les scolioses bénignes. Même lorsqu elles sont relativement sévères, elles trouvent souvent une solution grâce au port d un corset. Il s agit le plus souvent d un corset amovible, préparé sur mesure et qui va immobiliser la colonne vertébrale dans une position aussi droite que possible. Lorsque toutes les solutions ont été épuisées, des médicaments à la rééducation, la chirurgie peut donc représenter Page 22 / 26
une bonne solution. Elle ne doit toutefois pas être prise à la légère puisque, comme tout geste chirurgical, elle présente des risques, notamment sur le plan infectieux. Page 17/18 - Prévenir le mal de dos : les bons gestes Le mieux pour soigner une lombalgie, c est encore de ne pas en souffrir! Bonne nouvelle : il est possible de réduire grandement les risques en adoptant quelques gestes simples. Le kinésithérapeute Xavier Dufour et le Dr Rossignol en expliquent quelques-uns. Bonne posture pour soulever une charge et prévenir le mal de dos. Domicil gym Les bons gestes pour travailler devant un ordinateur Rester assis sur une chaise devant un écran d ordinateur toute la journée, le corps souffre de son immobilité. D autant qu on adopte très souvent une mauvaise position sur le siège. «Le dos est généralement enroulé vers l avant, explique Xavier Dufour. Les muscles sont donc en extension prolongée, ce qui finit par devenir douloureux. En outre, cette position enroulée favorise les contraintes sur les disques intervertébraux, qui s abîment plus vite, ce qui finira à la longue par créer des douleurs.» La solution? Maintenir le dos le plus droit possible, de façon à limiter l enroulement. Il est possible d adapter le poste de travail avec des fauteuils ergonomiques. Par exemple, faire intervenir un ergonome, pour régler la hauteur de l écran, du clavier, du siège, etc. aide bien souvent les travailleurs à trouver une meilleure posture. Porter une charge lourde : les réflexes à adopter Porter des charges lourdes peut également jouer des tours si l on s y prend mal. «C est toujours le même problème d enroulement, constate Xavier Dufour : en pliant le dos, les muscles arrière sont trop étirés et tout le poids de la charge pèse sur les vertèbres.» Il faut donc au contraire maintenir le dos aligné. Attention, cela ne veut pas dire droit : on peut être légèrement penché en avant, le tout étant que la colonne vertébrale reste aussi alignée que possible. Mieux vaut plier les genoux que le dos. Comment ne pas avoir mal au dos en restant debout Rester en position statique ou piétiner en visitant un musée, par exemple, finit également par être très douloureux pour le dos. «C est l effet inverse, commente Xavier Dufour. Au bout d un moment, la musculature va finir par se relâcher d elle-même et le dos se retrouve dans une position trop cambrée, ce qui s avère douloureux.» Pour le soulager, une solution toute simple : fléchir légèrement une jambe, pour porter tout le poids sur l autre jambe. «Cela va avoir pour effet d enrouler légèrement le dos et, ainsi, de soulager les muscles en les étirant.» Autre astuce quand on doit passer un certain temps immobile : trouver un point d appui. «Par exemple, on peut poser Page 23 / 26
une main sur le pupitre derrière lequel on est en train de faire un discours.» Globalement, tout point d appui (poser une épaule contre le mur, une main sur le dossier d une chaise, etc.) va permettre de réduire considérable la pression exercée sur le reste du squelette, notamment la colonne vertébrale. La ceinture lombaire Un bon geste à adopter : la ceinture lombaire, cette bande plus ou moins rigide que l on peut porter autour de la taille. «Il ne faut pas l utiliser en permanence, explique Xavier Dufour. Mais ponctuellement, lorsque l on doit faire un long trajet en voiture ou porter des charges lourdes, elle aide à préserver le dos des douleurs.» Les femmes devraient également éviter de porter des talons trop hauts, qui créent un déséquilibre dans la posture et accentuent la cambrure : douleurs lombaires assurées au bout de quelque temps. La chaussure idéale n est ni trop haute, ni trop plate : entre 3 et 4 cm de talons. Se tenir droit, faire attention quand on se baisse, trouver des points d appui : finalement, préserver son dos au quotidien est une question de bon sens. Les bons réflexes viennent d ailleurs souvent d eux-mêmes, une fois que l on a compris comment fonctionnent la colonne vertébrale et les muscles dorsaux. Page 18/18 - Mal de dos : les conseils d'un kinésithérapeute Masseur-kinésithérapeute, Xavier Dufour est membre de l École du dos de Paris. Il revient sur les gestes qui accentuent, provoquent des douleurs et explique comment, au contraire, préserver son dos. Selon lui, «il faut que le dos soit aussi musclé que les abdominaux». Xavier Dufour, masseur kinésithérapeute de l École du dos de Paris, répond aux questions de Futura- Sciences. Xavier Dufour : Pourquoi le dos semble-t-il une partie de notre anatomie si sensible? Sensible, oui et non. Il est vrai que 80 % des gens auront un jour mal au dos. Mais si on raisonne comme ça, 100 % des gens auront un jour mal à la tête! Tout est donc relatif Le problème, ce n est pas tant d avoir mal au dos une fois de temps en temps. Cela n est pas vraiment problématique. C est gênant lorsque la douleur s installe et devient chronique. On ne peut pas vraiment prédire, lorsque la douleur Page 24 / 26
apparaît, si elle va revenir régulièrement ou pas. C est généralement à postériori que l on réalise qu effectivement, il y avait un risque. Quant à expliquer la fréquence des lombalgies, je dirais tout d abord qu elle est inhérente à notre condition de bipèdes. En effet, chez les vertébrés qui se déplacent à quatre pattes, la pression de la pesanteur ne s applique pas de la même façon sur les disques intervertébraux : elle s exerce sur la tranche. Les hernies discales sont extrêmement rares. Chez l Homme en revanche, la pesanteur applique une pression importante sur les disques, sur toute leur surface et alors que des os pèsent dessus : ils s usent beaucoup plus facilement. L ennui, c est qu on ne s en aperçoit généralement que sur le tard. Ces disques ne sont pas ou peu innervés : ils se détruisent donc peu à peu, en silence, sans qu une quelconque douleur ne vienne nous avertir qu il y a un problème. Quand on commence à avoir mal, parce que le disque est pratiquement détruit, il est déjà tard. Et les courbures de la colonne vertébrale, ne sont-elles pas génératrices de douleurs? Non, au contraire : contrairement à ce que l on a longtemps cru, elles sont nécessaires à notre équilibre lors de la marche. Nous en avons eu confirmation notamment en observant des enfants qui ne pouvaient pas marcher : leur colonne vertébrale était moins incurvée. À l inverse, les membres des populations nomades d Afrique, par exemple, qui marchent beaucoup, sont plus cambrées que la moyenne. Il semble donc que les incurvations de la colonne soient nécessaires à une marche confortable. À quel point une mauvaise posture peut-elle créer des douleurs? C est l une des principales causes de douleurs. On ne dispose pas de données scientifiques précises, mais on estime que plus de la moitié des lombalgies chroniques viennent d une posture légèrement décalée vers l avant : le buste est penché de façon imperceptible. La plupart du temps, on remarque que les personnes qui ont mal au dos sont très légèrement penchées en avant. C est très discret alors le problème ne se repère pas facilement. Cela fait souffrir les muscles paravertébraux, le long de la colonne vertébrale, qui sont en tension prolongée. D une manière générale, la bonne posture consiste à être le plus vertical possible. Quelle est la cause de cette posture vers l avant qui provoque des douleurs? Le plus souvent, ce sont les muscles du devant qui sont «trop courts», ils tirent donc un peu trop par rapport aux muscles du dos. Paradoxalement, contrairement à une idée reçue, le fait d avoir des muscles abdominaux très forts peut justement entraîner ce type de problème. En fait, le problème n est pas tant d avoir des muscles abdominaux puissants, c est que les muscles du dos sont beaucoup moins puissants, cela crée donc un déséquilibre. Des expériences ont montré que le ratio normal entre la force des abdominaux et celle des dorsaux est de 0,8. Chez les lombalgiques, ce ratio est de 1,4! La technique consiste alors non pas à perdre des abdos mais bien à renforcer sa musculature dorsale. Petit à petit, la position va se redresser pour revenir à la verticale. Y a-t-il des sports qui sont particulièrement recommandés? Non, le sport recommandé est celui que l on a envie de pratiquer. C est au thérapeute de montrer au patient des exercices pour renforcer les muscles trop faibles. En dehors de ça, il n y a pas de sport idéal ni de sport proscrit. On a longtemps dit que la natation était le sport par excellence. D abord, cela dépend du type de natation. Mais surtout, il faut en avoir envie. Si l on préfère le jogging ou même l équitation, il n y a aucune contrindication : le plus important est d avoir une activité physique pour faire travailler les muscles. Un bémol évidemment pour les sports à risque comme la moto trial ou le saut en parachute répété, mais c est une question de bon sens. Quel est le rôle du kinésithérapeute dans le processus de soins du mal de dos? Page 25 / 26
Son travail se déroule en trois temps. Il va d abord travailler à libérer : à 80 % il s agit de libérer de la raideur mécanique, à 20 % de la douleur. Pour ce faire, il va faire pratiquer au patient des étirements musculaires et des mobilisations spécifiques. Dans un second temps, son rôle sera de maintenir : il faut rééquilibrer la musculature, en particulier les spinaux. Et enfin, il faut entretenir, c est-à-dire donner au patient les moyens de s entretenir en lui donnant des conseils, parfois en adaptant son poste de travail pour une meilleure ergonomie, etc. Les ostéopathes et les chiropraticiens ont-ils un rôle à jouer dans ce processus? Bien sûr et je trouverais idiot d opposer nos professions. D ailleurs, je suis à la fois kinésithérapeute et ostéopathe. Le travail de l ostéopathe consiste plutôt en des manipulations, pour gagner en mobilité. Il est très utile dans la première étape, celle de la libération. Le kiné, lui, va travailler au renforcement musculaire et à la proprioception. Les deux approches sont complémentaires et c est tout l intérêt du patient que de mutualiser nos compétences. Page 26 / 26