1. S ouvrir vers les autres régions, l Europe et le monde



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Transcription:

Trois défis majeurs 1. S ouvrir vers les autres régions, l Europe et le monde Avec 1 445 000 habitants en 2005, la Basse-Normandie, par son poids économique et démographique, est une région de taille moyenne en Europe. Caen, sa capitale régionale, n est pas à la hauteur des grandes villes françaises et européennes, mais son agglomération en a le potentiel. Pour autant, la Basse-Normandie ne peut concevoir son avenir sans le penser dans un espace élargi aux régions proches sur le continent, à l espace Manche, au Nord-Ouest de l Europe et au Monde. L appartenance au bassin parisien, l attraction francilienne ont historiquement joué en faveur du développement de la Basse-Normandie. Ce fut autrefois la spécialisation de l élevage pour la consommation parisienne et plus récemment, la décentralisation industrielle. C est aujourd hui l espace de nombreux partenariats en matière de recherche et de développement industriel. Mais, aujourd hui, la Basse-Normandie est susceptible de jouer d autres cartes en valorisant sa position géographique privilégiée, les atouts spécifiques de son littoral et son caractère maritime pour mieux s ouvrir notamment sur l espace Nord-Ouest européen (structuration de l économie portuaire, liaisons aériennes à l international, raccordement au réseau TGV etc.). La connexion aux grands réseaux de communications européens doit également permettre de nouvelles stratégies interrégionales. Le premier de ces espaces de coopération, c est celui de la Grande Normandie. Les deux Régions normandes se sont engagées ensemble dans l élaboration de leur SRADT, en visant l une et l autre l adoption d un document stratégique prévoyant un renforcement des coopérations communes. A une échelle supérieure, notre région doit jouer la carte d un espace Manche en pleine restructuration. Cet espace européen connaît une remarquable densification des populations comme des activités, des flux de personnes et de marchandises. Espace d interface entre l Europe et le Monde, il est amené à jouer un rôle renforcé dans l histoire de la construction économique. Au-delà de l espace Manche, devenu une «petite mer franco-britannique», c est l espace de l Europe du nordouest, autour du triangle des trois capitales Londres, Bruxelles et Paris, qui construit pour notre région l espace d appartenance en matière d accès aux services supérieurs et aux grandes fonctions internationales. Il y a là un état d esprit et un positionnement nouveau à adopter : ne pas subir la mondialisation, jouer la carte de l ouverture aux autres régions, à l Europe, à l international ; utiliser la très forte notoriété de la Normandie, sa bonne image de marque dans le monde pour œuvrer à son développement. 1.1 Proche des deux grandes métropoles mondiales Paris et Londres La géographie met la Basse-Normandie au bord de la mer de la Manche et à proximité de Paris. L intensification des échanges Europe-Monde et intra-européens renforcent l importance de sa façade maritime et rapproche d une certaine façon, la Basse-Normandie de l «autre côté de l eau», du Sud Anglais et des Îles anglonormandes à quelques encablures de la côte Ouest de la Manche. Autant l influence parisienne est ressentie, et c est essentiel, autant la proximité vis-à-vis de l autre grande métropole européenne, Londres et du Sud Anglais est souvent occultée (13 millions d habitants à quelques heures de transport). Cette dimension, encore peu prise en considération fera que croître dans les prochaines décennies. 1.2 Une notoriété à valoriser et des solidarités internationales à valoriser Les Normandie, Basse et Haute, ont une histoire longue et riche. Les plages du Débarquement qui ont ouvert le dernier épisode de la Seconde Guerre Mondiale donnent aujourd hui à la Basse-Normandie une notoriété internationale. Son histoire plus ancienne nourrit aussi de multiples liens de sympathie qui restent pour l essentiel en jachère SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 1

Trois défis majeurs aujourd hui et qui pourraient être transformés en liens privilégiés de développement. L attirance culturelle, la sympathie pour un territoire peuvent nourrir des liens économiques. Les Îles anglo-normandes, comme les pays du nord de l Europe, gardent pour la Normandie un intérêt particulier. Toutes les récentes manifestations culturelles l ont montré. Dix siècles d histoire entrecroisée, souvent conflictuelle, lient la Basse-Normandie à l Angleterre. La construction d un droit, d une administration, l influence des langues entre elles ont créé des proximités que les autres développements historiques n ont pas totalement effacées. Les Normands sont partis nombreux au cours des derniers siècles vers le Nouveau Monde. Des villages du bocage comme des ports, des familles entières ont fait souche dans les Amériques et plus particulièrement dans la province du Québec. Depuis les premiers départs vers la Nouvelle France, les histoires collectives ou individuelles se sont souvent répétées et transmises. Les descendants se souviennent, aiment à rappeler leurs liens. De cette sympathie pour la Basse-Normandie en nombre d endroits d Europe et du Monde, il peut jaillir du développement culturel et économique. Un grand nombre d acteurs bas-normands (collectivités, associations, établissements publics) ont par ailleurs noué des relations d aide au développement avec des pays du sud. Aujourd hui, la Basse-Normandie a la volonté de devenir une région partenaire et solidaire en signant des conventions de Coopérations Décentralisées avec une ou plusieurs régions de ces pays. DES ENJEUX POUR DEMAIN La réalisation du diagnostic permet d identifier les grands enjeux de la Basse-Normandie dans les années à venir. Définis comme «ce qu on peut gagner ou perdre dans une compétition, une entreprise» ou un territoire, les enjeux mettent à la fois l accent sur les atouts et les handicaps de la Basse-Normandie, et les grands défis que la région devra relever d ici 2025. Trois types d enjeux ont été identifiés : - G les enjeux de valorisation, qui définissent les atouts de la région à valoriser (la mer, le tourisme, la culture, le réseau routier, les villes moyennes, l Université, les filières émergentes etc.) ; - Q les enjeux de consolidation, qui identifient à la fois les atouts à conforter (la qualité de vie, la densité du maillage territorial, l espace rural, les filières d excellence, les atouts environnementaux, etc.) et les défis à affronter dans les années à venir (vieillissement de la population, pression foncière, pénurie potentielle de main-d œuvre, transmission d entreprises, globalisation et transformation des marchés, conséquences des enjeux climatiques et énergétiques etc.) ; - L les enjeux de modernisation, qui mettent plutôt l accent sur les handicaps à surmonter (valeur ajoutée de l économie, formation, recherche, ouverture sur les marchés extérieurs, créations d entreprises etc.). Certains enjeux stratégiques sont spécifiques à la Basse-Normandie et à quelques régions présentant des caractéristiques voisines (attirer les jeunes, consolider l ancrage et favoriser le développement des PME-PMI en milieu rural etc.), d autres sont en revanche communs à toutes les régions françaises du fait des évolutions observées et des incertitudes pesant sur l avenir («papy boom», maîtrise de l étalement urbain, éco-citoyenneté, préservation des ressources naturelles, lutte contre l exclusion sociale etc.). Dans leur formulation, les enjeux définissent dans certains cas des objectifs précis («faire de Caen une agglomération de niveau européen», «valoriser le caractère maritime de la région» etc.) ou mettent l accent sur les leviers sur lesquels il conviendrait d agir dans les vingt ans à venir («poursuivre l adaptation et l élargissement de l offre de formation sur le territoire, à tous les âges de la vie», «développer la formation, la recherche, les transferts de technologie et l innovation dans les différents secteurs économiques» etc.). SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 2

Trois défis majeurs Les objectifs fixés et les domaines d action identifiés permettent ainsi d esquisser une véritable stratégie de développement durable pour la Basse-Normandie dont la mise en œuvre, inscrite dans une articulation cohérente entre le SRADT et l Agenda 21 régional, pourrait donner un nouvel élan et un nouveau sens à l action publique en invitant tous les acteurs régionaux à se mettre en mouvement, en marchant ensemble dans la même direction. Au final, 39 enjeux ont été identifiés pour la Basse-Normandie, parfois faiblesses et menaces à surmonter, mais surtout atouts et opportunités à saisir dans un futur qui reste à construire G Un enjeu de valorisation «Intensifier les relations avec les régions du Monde les plus dynamiques et celles historiquement liées à la Basse-Normandie» La longue et riche histoire de la Normandie lui fait bénéficier d un intérêt de par le monde qui va de la notoriété en Amérique et jusqu en Asie, due au Débarquement allié, à la vive sympathie des descendants nord-américains (québécois, et autres communautés) des émigrants partis de la région pour le Nouveau Monde. L émigration de plusieurs siècles a, pour des zones géographiques encore plus larges, continué de nourrir un attachement pour cette terre d origine. Les populations du Nord de l Europe manifestent de l intérêt pour le Duché de Rollon. Enfin, le patrimoine et la culture, du Mont- Saint-Michel à «Jazz sous les pommiers», font de la Normandie une région appréciée. C est un capital précieux à ne pas laisser en jachère. Ces relations doivent être cultivées, renouées, vivifiées, ou ne plus être négligées, selon les cas. Elles ont un impact direct sur la place de la région dans le Monde de demain. Elles ont une relation directe avec son attractivité, avec le rayonnement de son université, avec les liens économiques qui peuvent être créés. Au-delà du Phœnix, des outils comme le Mémorial, avec l ouverture au Monde qu ils suscitent, sont les témoins de cette renaissance qui peut foisonner. 1.3 La forte influence de la région parisienne La Basse-Normandie a construit une grande part de son histoire et de son économie dans sa relation de proximité avec Paris. Cette relation se poursuit aujourd hui alors que l Ile-de-France est devenue l une des régions les plus riches d Europe. Elle se caractérise par une véritable aspiration des jeunes de 20 à 29 ans vers la capitale et inversement, par une installation d actifs dans la région, en relation étroite avec la Région Parisienne, et également de retraités. A ces migrations résidentielles définitives s ajoutent les flux réguliers de résidents secondaires et de touristes. Dans le domaine économique, les relations sont également intenses, même si aujourd hui les centres de décision sont essentiellement situés en Ile-de-France, les conditions contemporaines du développement ouvrent la possibilité d une implantation d activités en Basse-Normandie, région restant proche de la capitale sans en présenter les inconvénients. 1.4 Des attractions périphériques vers Rennes et Le Mans La Basse-Normandie subit aussi l attraction des plus grosses agglomérations de Bretagne et des Pays-de-la- Loire. Entre 1990 et 1999, les Pays-de-la-Loire ont attiré 22 000 Bas-Normands alors que la région enregistrait l arrivée de 14 000 ligériens seulement. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 3

Des mouvements analogues s observent avec la Bretagne et particulièrement avec l agglomération rennaise, dont la polarisation est sensible sur la partie ouest de la région. À travers l A 84 notamment, le sud de la Manche, entre Granville, Avranches et Pontorson, vit l attraction de Rennes. Sur la période 1990-99, cette attraction et d autres plus ponctuelles, entraînent, pour l ensemble de la région, un solde migratoire déficitaire de 7 000 habitants avec la Bretagne. Quant aux flux migratoires récents avec la Haute-Normandie, ils affichent un bilan positif de 2 500 habitants pour la région. Trois défis majeurs 1.5 Un raccordement aux plates-formes et corridors européens à renforcer Cet objectif doit se traduire par une insertion des transports collectifs dans une vision globale et par une articulation d objectifs, mêlant l optimisation de l aménagement du territoire et des ressources régionales dans un souci de développement durable, ainsi que d amélioration des performances technico-économiques des réseaux. Cette politique conduite pour achever le désenclavement de la Basse-Normandie devra se construire dans le cadre d un dialogue exemplaire notamment avec les utilisateurs du transport public (usagers, entreprises, ). L outil essentiel pour la concevoir sera le schéma régional des transports. Ce schéma, lancé dans le prolongement du schéma régional d aménagement et de développement du territoire, aurait ainsi pour but, à partir d un diagnostic, des besoins et de l offre des différents modes de transports, d établir une politique globale et intermodale des déplacements. Trois objectifs paraissent devoir être tenus : I la priorité aux dessertes nationales et interrégionales et à l accessibilité du territoire régional aux grands réseaux de transport ; I l amélioration de la qualité du service rendu à l usager ; I la valorisation de la région comme plate-forme aéroportuaire et d échange maritime. La démarche mise en œuvre devra permettre de réorienter la réalisation des infrastructures et l organisation des services à partir des objectifs à satisfaire plutôt qu en fonction des caractéristiques des modes de transport à offrir. La Basse-Normandie doit ainsi s ouvrir aux grands flux maritimes et à l international par sa façade maritime et ses ports (Caen et Cherbourg), par les grands moyens de communications (fer, air, route), favoriser une plus grande mobilité pour mieux relier l ensemble du territoire normand aux grands axes nationaux de communication, aux régions voisines, aux grandes régions françaises et enfin améliorer les déplacements internes par l intermodalité (transports publics et modes de transports «doux»), une desserte plus fine des territoires, la qualité des services et des tarifs adaptés. Favoriser l accessibilité internationale de la région Afin de favoriser son accessibilité internationale, la Basse-Normandie doit réaffirmer l importance du projet «Liaison Rapide Normandie Vallée de Seine» en s attachant à valoriser le caractère opérationnel de ce projet. C est ainsi qu il faut saisir toutes les opportunités offertes à court terme pour améliorer le niveau de service rendu à la clientèle entre Paris Caen et Cherbourg (fiabilité, fréquence, confort du voyage, nouveaux services à la clientèle à bord des trains, modernisation du matériel actuel, modernisation de la gare de Caen etc.). A moyen terme (2010-2015), des travaux d infrastructures devront être engagés afin d améliorer les performances (vitesse, capacité etc.). A plus long terme, la connexion avec le hub TGV de Roissy et le pôle de la Défense seront recherchés. Sur le plan aéroportuaire, la relative proximité de l Ile-de-France et des aéroports parisiens a fortement limité le développement des plates-formes régionales : 47 % des passagers aériens résidant en Normandie ont utilisé l aéroport de Roissy et 34 % celui d Orly. Les aéroports normands n ont traité que 11 % de la demande globale des résidents de Haute et Basse-Normandie et 8 % de la clientèle a voyagé à partir d autres plates-formes, telles que Nantes ou Rennes. De taille modeste, les aéroports normands (Caen, Rouen, Le Havre, Deauville Normandie et, a fortiori, Cherbourg-Maupertus) enregistrent par conséquent un trafic limité, notamment en Haute-Normandie, et ne font pas l objet de projets de développement majeurs. Au regard des trafics passés et actuels, on peut tirer deux leçons : la croissance du trafic global des aéroports normands a été freinée par la dispersion des offres sur les cinq plates-formes normandes dont quatre sont SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 4

Trois défis majeurs géographiquement très proches ; la seule ligne régulière qui se soit développée est celle vers Lyon, avec un certain succès au départ de Caen. C est pourquoi, en matière de liaisons aériennes, il est clair que la stratégie de l espace régional doit viser désormais à favoriser la création d une plate-forme interrégionale dont le choix s est porté sur Deauville - Saint-Gatien, en recherchant des complémentarités avec les autres aéroports bas-normands, pour à la fois mutualiser les trajets et améliorer les services aux habitants et aux entreprises des deux régions normandes. L intensification et la diversification du trafic aérien doit notamment viser : I un raccordement direct à certaines grandes plates-formes internationales (Londres et Amsterdam en priorité) ; I la création de nouvelles liaisons directes vers des grandes capitales régionales françaises ; I des tarifs moins élevés pour les liaisons entre la Normandie et les autres régions. Développer les liaisons interrégionales par l accès des principaux pôles régionaux aux réseaux ferroviaires nationaux La Basse-Normandie compte chaque jour 91 Train Express Régionaux en circulation. On dénombre également 46 gares et haltes SNCF sur le territoire régional (toutes rénovées entre 2004 et 2009). Cependant, une politique ambitieuse de modernisation des infrastructures ferroviaires doit être conduite afin d améliorer la qualité du service offert sur le réseau bas-normand, tant pour les voyageurs que pour le fret dans l optique d offrir une véritable alternative aux déplacements routiers : amélioration du réseau ferroviaire TER bas-normand dans sa globalité et ses interconnexions, amélioration de la desserte Inter Cités (IC) Paris Caen Cherbourg qui constitue la colonne vertébrale du réseau ferroviaire bas-normand, modernisation de la ligne IC Paris Granville, projet de développement de l offre ferroviaire dans la Baie du Mont Saint-Michel (TRANSBAIE) Les deux Régions Haute et Basse-Normandie sont prêtes à s unir pour favoriser l utilisation de l axe Rouen Mézidon Le Mans Tours s intégrant dans un grand contournement sud du Bassin Parisien, afin de disposer de nouvelles capacités d écoulement des trains de fret et d améliorer les performances d acheminement vers le Grand-Ouest et le Sud. Le partenariat existant entre la Basse-Normandie, les Pays-de-la-Loire et le Centre concernant l évolution des circulations voyageurs sur l axe Caen Le Mans Tours, pourrait être étendu à la problématique du fret. La mise à niveau technique de cet itinéraire serait susceptible de servir plusieurs missions notamment entre la desserte vers l ouest et la façade atlantique de l hinterland des ports de Rouen et du Havre et la desserte vers le sud et le sud-est des ports de Cherbourg et de Caen. Un itinéraire reliant les ports normands à un vaste hinterland sans passer par le nœud ferroviaire parisien, présente en effet un avantage certain pour tous les acteurs économiques normands. A plus long terme, une électrification de cet itinéraire pourrait être envisagée par tronçons successifs, notamment Alençon Le Mans et Serquigny Elbeuf. Ces modernisations permettraient de redonner un élan non négligeable à l utilisation du fer pour le fret mais aussi pour les voyageurs en améliorant la connexion au réseau TGV via Le Mans. L ouverture vers la Bretagne et le Grand-Ouest serait ainsi confortée sans passer par la région parisienne. Les réflexions concernant le grand contournement ferroviaire fret Ouest de l Île de France doivent également être poursuivies en partenariat avec la Région Haute-Normandie. Enfin, les projets de développement du port de Cherbourg (Fastship, autoroutes de la mer etc.) sont susceptibles de générer un trafic ferroviaire important. Dans cette perspective, la desserte du port de Cherbourg doit être améliorée et nécessite l adaptation de la section de ligne comprise entre la gare de Cherbourg et le port aux nouveaux besoins, dont les travaux sont programmés pour la modernisation de la voie. De même, une réflexion devra être menée sur l accessibilité au port de Caen - Ouistreham, intégrant notamment le projet de la Liaison Inter Quartier Nord (LIQN) Est. Enfin, cet engagement en faveur du développement portuaire nécessiterait de développer le fret ferroviaire et de connecter les lignes ferroviaires normandes à d autres réseaux du bassin parisien dans le cadre du projet de contournement de la région parisienne. Achever le désenclavement routier La modernisation récente du réseau routier a permis un réel désenclavement du territoire, le connectant désormais aux grands axes européens, avec notamment les axes Paris Rouen Caen Rennes et Caen Cherbourg. Ce renforcement du réseau routier «grand débit» doit se poursuivre à travers quatre projets majeurs : l A28 sur l axe Rouen - Alençon ouvert depuis le 28 octobre 2005, permettant de relier le Nord et le Sud de l Europe via Calais et Bayonne ; l A88 sur l axe Caen Falaise Argentan Sées, qui devrait s achever en SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 5

Trois défis majeurs 2009-2010 ; la mise à deux fois deux voies de la RN174, qui devra être terminée avant fin 2009 (cette dernière permettra le raccordement du Nord - Cotentin et du port de Cherbourg à l autoroute des estuaires) ; la RN12, dont l achèvement de la mise en 2X2 voies vers Paris contribuera au maillage interne de plusieurs unités urbaines du département de l Orne et une ouverture vers l Est et le Bassin Parisien. La construction d un axe structurant reliant Caen à Flers permettrait un désenclavement du bassin industriel de Flers et un éventuel prolongement vers Laval, une meilleure connexion de la Basse-Normandie à la Mayenne. Des améliorations dans les contournements périphériques de Caen devront être engagées pour désengorger et fluidifier le trafic routier au sein de la capitale régionale. Intensifier les flux Transmanche Le développement depuis les années 1970 de liaisons transmanche a conduit à plusieurs formes de relation avec les îles britanniques. Activités portuaires et maritimes 220 millions de tonnes de fret ont débarqué dans les ports de la Manche en 2004 ; 45 millions de passagers traversent la Manche chaque année. Si la majeure partie emprunte le tunnel et le détroit entre Douvres et Calais, Cherbourg et Caen ont vu transiter 2,4 millions de passagers en 2004 et captent près de la moitié du trafic transmanche total hors Détroit. Cherbourg reste le premier port français à destination de l Irlande. Tant en fret qu en passagers, des marges de progression existent. En 2005, cependant, Cherbourg a perdu près de 500 000 passagers suite au retrait de P&O. Aujourd hui, Caen - Ouistreham est le premier port bas-normand en volume d activité. Malgré la proximité avec la Basse-Normandie, le trafic passagers avec les îles anglo-normandes diminue au fil des ans, l essentiel des échanges se faisant avec le port de Saint-Malo. Paradoxalement, les liens économiques entre Jersey, Guernesey, Aurigny et la région restent très limités. La Compagnie Bretagne Angleterre Irlande (B.A.I.) est un important pourvoyeur d emplois pour les ports basnormands : les effectifs de la Compagnie étaient de 2020 personnes en basse-saison et de 2500 personnes en haute-saison. Au total, le nombre de postes directs et indirects dépasse les 3200 personnes. Le personnel naviguant (1700 personnes) représente près de 16% du total des navigants français (bretons et normands essentiellement). Tourisme Le tourisme est une des filières économiques françaises majeures. En Basse-Normandie, la première des clientèles étrangères est britannique et vient essentiellement par les liaisons ferries. Elles représentaient l an dernier près d un million de personnes et 40% des touristes étrangers. Capter, au minimum une journée, une partie des centaines de milliers de passagers qui descendent vers le sud de l Espagne après le ferry, leur donner une raison de prendre les liaisons maritimes Transmanche ouest, ou attirer spécialement des touristes du sud de l Angleterre constituent trois possibilités d accroître la clientèle britannique. Les migrations résidentielles En 1999, la population britannique de la région s établissait à 2 400 personnes, soit 10 % de la population étrangère totale. Six ans plus tard, 2 700 britanniques avec autorisation de séjour vivaient sur le territoire basnormand. Le chiffre est modeste, mais suit une croissance soutenue depuis une quinzaine d années, qui traduit une demande de la part d Anglais, attirés par les espaces ruraux de qualité de la région, par la différence de coût du foncier et, dans une moindre mesure, par les services publics performants. Cette tendance devrait se poursuivre. Il importe qu elle doive constituer un véritable choix de développement sans être subie. Les autres relations Transmanche Au-delà du trafic portuaire, du tourisme et de la «bi-résidentialité», les autres relations économiques sont plus difficiles à quantifier et leur impact présente souvent un caractère volatil ou du moins cyclique, même si les mouvements affichent des progressions parfois sensibles. Les flux économiques avec la Grande-Bretagne ont plus tendance à traverser la Basse-Normandie qu à y créer du développement durable. Cependant, la région compte aujourd hui quelques dizaines d entreprises britanniques, principalement localisées sur l aire urbaine de Caen et le Nord-Cotentin, ainsi que des exemples de valorisation et d intégration intéressants, comme dans le Mortainais. Le trafic maritime mondial et européen n a cessé de croître. Les ports français n ont pas su en tirer l avantage qu ont pu en retirer les ports des Pays-Bas et de Belgique. Les deux Normandie, bien qu en position géographique très favorable, n ont pas vu leur développement global en bénéficier. En ce qui concerne les ports de Caen et Cherbourg, leur activité repose essentiellement sur le Transmanche et sur les niches (7 MT et 1,8 millions de passagers en 2006). Le seul grand port des deux régions est Le Havre, 1er port français de conteneurs mais 9ème européen. Cherbourg et Caen ont une activité nettement moins importante. Elle repose essentiellement sur le transmanche et sur les niches. Cette situation n est pas inéluctable, l ouverture de Port 2000, l évolution du commerce maritime mondial ainsi SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 6

Trois défis majeurs que des techniques de transports (bateaux rapides type fastship, etc.), le contexte de transports européens (engorgement routier, politiques nouveau cabotage et autoroute de la mer) ouvrent de nouvelles perspectives. Il faudrait pour cela que les ports des deux Normandie acceptent de jouer de leur complémentarité et de travailler en réseau. Dans le cadre de la Décentralisation, la Région doit assurer, avec d autres partenaires, ce rôle de coordination nécessaire au développement harmonieux de ces deux places portuaires. Valoriser un vrai potentiel dans l économie des transports et la nouvelle logistique Si les transports sont encore peu présents (la région se place au 21ème rang français pour la part des effectifs dans ce secteur), l activité laisse entrevoir d importantes perspectives de développement. Le territoire occupe en effet une position géographique privilégiée sur les rives de la mer la plus fréquentée du globe, entre l Ilede-France et le Grand Ouest ; par ailleurs d importants travaux d infrastructures ont été engagés. Le réseau autoroutier doit permettre de se positionner sur des niches logistiques, industrielles et portuaires génératrices de valeur ajoutée. La Basse-Normandie est ainsi associée via la Chambre Régionale de Commerce et d Industrie au pôle de compétitivité logistique Seine-Normandie. Le projet de pôle veut positionner la Normandie comme plate-forme multimodale d échanges internationaux à l ouest de l Europe. Cependant, et bien que le trafic maritime progresse sans cesse, les activités qui lui sont liées bénéficient peu aux ports bas-normands. L affirmation économique régionale dans le domaine des transports et de la logistique implique par conséquent une coopération avec les ports haut-normands (la Normandie constitue le premier complexe portuaire français et le troisième au niveau européen en volume), et plus spécifiquement entre Caen et Cherbourg au sein de la Basse-Normandie. Le défi est donc aujourd hui de jouer un vrai rôle d interface entre la façade ouest de l Europe et la mer la plus fréquentée du globe. Cette dynamique pourrait ainsi générer de nombreux flux et des retombées positives pour le territoire : construction d équipements structurants, développement d activités, etc. G Un enjeu de valorisation «Connecter la Basse-Normandie aux réseaux de communication européens» La Basse-Normandie bénéficie aujourd hui d un réseau autoroutier et de voies rapides qui lui permettent d être bien connectée aux grands axes de communication français et européens. Les services ferroviaires restent cependant insuffisants, malgré les progrès réalisés en matière d électrification. Le projet de modernisation de la liaison Paris-Caen-Cherbourg et de son raccordement futur au réseau TGV, et la valorisation des liaisons transversales (Rouen-Caen- Le Mans-Tours) doivent permettre de repositionner le mode ferroviaire comme un véritable vecteur de développement durable. Les liaisons aériennes restent également limitées, en raison notamment de la taille limitée des trois aéroports bas-normands. Un raccordement plus efficace aux grandes plates-formes internationales, notamment les grands hubs européens, Roissy et la Grande-Bretagne, paraît indispensable pour le développement à long terme de la région. L activité des trois ports régionaux, Caen, Cherbourg et Honfleur, reste par ailleurs très limitée comparée à celle du Havre ou de Rouen, mais le trafic Transmanche et le développement de nouvelles activités dans le cadre d une coopération renforcée offrent de possibles perspectives de développement dans un contexte de concurrence certes accrue sur le Channel. 1.6 Une entrée prometteuse dans la société de l information La place de l immatériel et de l information au sens large dans l activité de nos sociétés est devenue très importante. Ce processus, engagé depuis de nombreuses années, s est considérablement accentué et accéléré, marquant un changement d époque : il est un des traits majeurs des évolutions de la décennie qui s ouvre. Les services via les TIC aux entreprises et aux personnes sont deux domaines où le développement d activités nouvelles et la création de nouveaux emplois apparaissent particulièrement prometteurs. Les mutations sont profondes, transformant les activités existantes et suscitant la création d activités totalement nouvelles. L immatériel ne se limite pas à cette masse considérable de services échangés. Il représente une part de plus en plus importante de la valeur des objets, des produits et des marchandises très matérielles. La formation, SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 7

Trois défis majeurs la connaissance, le savoir, l information, la recherche, le développement, les activités de marketing, etc., représentent souvent la moitié, voire les trois quarts de la valeur d un produit. L information est donc un constituant fondamental de nos activités et de la valeur créée. Sa circulation également. Le haut débit est devenu un fluide indispensable aux activités comme l électricité et le téléphone. Ce haut débit fait naître une nouvelle génération de réseaux de communications électroniques. La plupart des territoires de la planète s en équipe aujourd hui, la compétition entre territoires se jouant en partie sur ces nouveaux réseaux et sur les possibilités qu ils ouvrent. En Basse-Normandie la situation est, de ce point de vue, bien engagée avec l intervention de l ensemble des collectivités bas-normandes. La couverture territoriale via les technologies, filaires et hertziennes confondues, devrait approcher la couverture totale fin 2006. Les grands opérateurs nationaux sont présents, ainsi qu un opérateur proposant sur l Orne et le Calvados une couverture hertzienne très forte, fait spécifique à notre région. Les départements de l Orne et du Calvados ont passé des marchés de service visant la couverture complète de leur territoire, le département de la Manche a choisi de construire une infrastructure avec le même objectif. L agglomération de Caen la Mer a fait construire une infrastructure «haut-débit». Ces projets ont été soutenus financièrement par la Région. A l initiative de la Région, l accès public à l Internet a fait l objet d actions concertées pour ouvrir près de soixante Espaces Publics Numériques (EPN). De même, sur les usages éducatifs, des initiatives existent. Tous les lycées sont câblés et disposent d un réseau informatique performant. Désormais, 180 000 collégiens, lycéens, étudiants, enseignants et chercheurs peuvent échanger et se former en utilisant le réseau VIKMAN à «hautdébit». Des programmes de câblages similaires sont achevés ou en voie de l être pour les collèges. L ensemble des établissements scolaires dispose d un accès à Internet via une plaque académique. Les éléments favorables à la mise en place d un environnement numérique de travail sont présents. En matière de santé, des réseaux Télésanté ont fait leur apparition (Diabète, Oncologie, Périnatalité, Neurochirurgie) justifiant ainsi la mise en place d un réseau fédérateur qui devrait reposer sur le réseau régional Vikman, lequel assure déjà le très «haut-débit» pour l ensemble de la communauté d Enseignement et de Recherche. La Région Basse-Normandie a été choisie comme site expérimental pour la mise en place du dossier médical personnel grâce au projet de plate-forme régionale de Télésanté PRISM. Des activités économiques ou de recherche développement liées aux technologies de l information ont commencé de se développer en Basse-Normandie, parfois à un très bon niveau international : système de transmissions, de sécurisation, nouveau protocole Internet IPV6, transactions électroniques, imagerie, document électronique, interface homme-machine, intelligence territoriale, etc.). Des usages dans des domaines très différents apparaissent, mais le développement et leur diffusion doivent s affirmer dans le temps. Q Un enjeu de consolidation «Impulser l entrée dans la société de l information» Comme toutes les autres régions françaises, la Basse-Normandie est entrée dans l ère de la société de l information et de la communication qui bouscule tous les comportements et les modes de fonctionnement économiques. La maîtrise et le développement des TIC sur tout le territoire sont un préalable indispensable à la modernisation en profondeur de l économie basnormande. Malgré les énormes progrès accomplis ces dernières années, la situation est de ce point de vue contrastée aujourd hui. L accès au haut-débit est à améliorer sur l ensemble du territoire, et en particulier pour les entreprises. La Basse-Normandie est la 4ème région de France, après la Haute-Normandie, pour le taux d utilisation à Internet rapporté à sa population. La filière TIC est d ailleurs très dynamique en Basse-Normandie, comme l atteste l existence du pôle de compétitivité «Transactions Électroniques Sécurisées» (TES) dont les principales thématiques concernent les transactions financières, la sécurisation des échanges et l identité numérique. Transformer ces débuts prometteurs, conforter les actions déjà engagées par la Région (VIKMAN, «Télésanté», Espaces Publics Numériques etc.) et les autres Collectivités, développer de nouvelles politiques en faveur des citoyens (couverture totale du territoire bas-normand à «haut-débit») et des entreprises (zones d activité numérisées) doivent être les priorités des prochaines années à venir. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 8

Carte Trois défis majeurs Une situation géographique privilégiée RENDRE LA BASSE-NORMANDIE ATTRACTIVE AUPRÈS DES JEUNES FAIRE DE LA BASSE-NORMANDIE UN TERRITOIRE D EXCELLENCE AUPRÈS DES JEUNES Renforcer l attractivité de la Basse-Normandie pour les étudiants Nombre d étudiants par sites universitaires en 2005-2006 50 000 étudiants 10 000 étudiants Favoriser la mobilité internationale des jeunes Aéroports ayant des rotations régulières assurées par une compagnie aérienne à bas prix Lignes à Grande Vitesse Lignes ferroviaires voyageurs Cherbourg- Octeville (été) LE HAVRE HAUTE- NORMANDIE ROUEN 5 000 étudiants 2 500 étudiants 1 000 étudiants Migration des jeunes dans les Régions de l Ouest Flux de migration des 20-29 ans durant la période 1990-1999 Flux de 10 000 à 15 000 jeunes Flux de 5 000 à 10 000 jeunes Flux de 1 000 à 5 000 jeunes Jeunes ayant quitté la Basse-Normandie Jeunes s'étant installés en Basse-Normandie Taux annuel de migration nette des 20-29 ans entre 1999 et 2004 (pour 10 000 habitants) Régions perdant plus de 150 jeunes Régions perdant entre 100 et 150 jeunes Régions perdant moins de 100 jeunes Régions gagnant plus de 150 jeunes BRETAGNE - 56 BASSE- NORMANDIE - 177 HAUTE- NORMANDIE - 77 CENTRE - 116 Réalisation : Atelier de Cartographie de la Région Basse-Normandie - Novembre 2007 BREST St-Pol-de-Léon AMÉLIORER L IMAGE DE LA BASSE-NORMANDIE AUPRÈS DES JEUNES Développer l attractivité culturelle de la Région Cinémas d Art et d Essais Scènes de Musiques Actuelles Plus de 18 festivals Entre 15 et 18 festivals Entre 12 et 15 festivals Moins de 12 festivals Lannion Nombre de festivals référencés sur le portail Culture.fr du Ministère de la Culture et de la Communication BRETAGNE Promouvoir l image maritime de la Basse-Normandie Littoral Quimper Morlaix Lorient St-Brieuc Pontivy Vannes St-Nazaire Rendre la Basse-Normandie attractive sur le plan touristique auprès des jeunes Auberges de Jeunesse et centres d hébergements affiliés St- Malo RENNES NANTES St-Lô La Roche/Yon LA ROCHELLE Vire BASSE-NORMANDIE Laval ANGERS CAEN Alençon Lisieux LE MANS PAYS DE LA LOIRE Cholet POITOU- CHARENTES NIORT TOURS POITIERS Elbeuf CHARTRES ORLÉANS BLOIS 3 860 4 072 4 883 14 388 5 291 CENTRE 3 064 1486 2 131 5 310 3 752 PAYS DE LA LOIRE - 104 POITOU- CHARENTES - 120 N 30 km SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 9

Trois défis majeurs 2. Inverser la tendance au vieillissement démographique de la Basse-Normandie 2.1 Une croissance démographique qui s essouffle Entre les concentrations du Bassin Parisien et les dynamiques du Grand Ouest, le système bas-normand présente une démographie en demi-teinte caractérisée par une dynamique modérée due à des bilans migratoires restés très longtemps négatifs, et à des menaces sur l équilibre de la pyramide des âges, liées à l amplification du double mouvement d exode des jeunes et d accueil de retraités. Un dynamisme démographique modéré En 2006, la Basse-Normandie compte 1 449 000 habitants, soit 25 000 personnes de plus qu en 1999. La progression, de 1,8 %, est nettement inférieure à la moyenne française, qui s établit à 4,6 %. La carte des évolutions démographiques récentes souligne en fait des différenciations au sein de l espace régional. Le Calvados, département le plus jeune, affiche une croissance assez forte (+ 2,3 % entre 1999 et 2005), qui bénéficie principalement à l aire urbaine de Caen. Moins marquée, la croissance démographique de la Manche s est toutefois accélérée ces dernières années (+ 1,5 % en 5 ans) comparée à la période des années quatrevingt-dix (+ 0,4 % entre 1990 et 1999) affectée par l arrêt des grands chantiers du Cotentin. Après vingt ans de baisse régulière liée notamment à la fragilité du Bocage dans un contexte général de ruralité dominante, la population de l Orne c est elle stabilisée entre 1999 et 2006. Pour autant, et malgré la poursuite de la dégradation dans les zones de bocage, l analyse dans la durée montre que la démographie des campagnes bas-normandes a globalement mieux résisté que celle des autres régions rurales. Cet atout est à mettre pour une large part au crédit du semis de petites villes et de bourgs, assurant une certaine tenue de l espace. La natalité reste le moteur de la croissance démographique Au sein du Grand Ouest, la région reste une terre féconde : le nombre d enfants par femme est supérieur à la moyenne nationale et la natalité est aujourd hui encore le moteur de la dynamique démographique. En effet, la totalité de la croissance enregistrée entre 1999 et 2006 est imputable à l excédent naturel, plaçant la Basse- Normandie au 11ème rang des régions françaises. Au sein de l Union Européenne, la Basse-Normandie est l une des régions ayant le plus fort taux de natalité (37ème rang avant l élargissement). Néanmoins, le nombre de naissances diminue régulièrement, à un rythme d ailleurs élevé : la natalité a en effet baissé de 5 % en cinq ans, soit 1 % par an en moyenne, l une des plus fortes diminutions enregistrées sur le territoire français. Des flux migratoires enfin équilibrés L élément nouveau, dans la démographie bas-normande, est l équilibre des flux migratoires entre 1999 et 2006, le solde migratoire affichant un léger excédent (+0,01 % en moyenne annuelle). La performance est modeste par rapport à la moyenne française (+0,25 %) ou au résultat des Pays de la Loire (+0,45) et surtout de la Bretagne (+0,64 %), mais hautement symbolique : c est en effet la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale que la Basse-Normandie renoue avec un bilan migratoire positif. On pourra lire, dans cette évolution qui initialise une nouvelle période d attractivité - même si celle-ci reste très limitée - l effet principal du redéversement démographique de l Ile-de-France sur l est de la région et sur les espaces littoraux. Par ailleurs, la Basse-Normandie compte 20 500 étrangers en 1999, ce qui situe la région au 20ème rang en France. 2.2 Une forte émigration des jeunes Une région fortement touchée par l exode des diplômés et des jeunes actifs Quelle que soit l évolution du bilan migratoire, la région continue de souffrir structurellement du phénomène d exode des jeunes : le solde 1999-2004 s établit à 13 000 pour les 25-29 ans, soit deux arrivées pour trois départs. Elle est la région de France la plus touchée par ces départs de jeunes. L émigration des jeunes est de fait un processus désormais structurel, accentuant la baisse de la natalité par réduction du nombre de femmes en âge d avoir des enfants. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 10

Trois défis majeurs Les jeunes bas-normands qui partent quittent la région soit pour poursuivre leurs études, principalement sur Rennes et sur Paris, soit pour trouver un emploi, préférentiellement en Ile-de-France et en Pays de Loire, ces deux régions offrant les meilleures perspectives d emplois à proximité. L Un enjeu de modernisation «Attirer les jeunes» Avec la Bourgogne, la Basse-Normandie est la région la plus touchée par le départ des jeunes âgés de 20 à 29 ans. La plupart partent pour poursuivre leurs études ou occuper un premier emploi, Rennes, Nantes et Paris étant les villes les plus prisées. Dans les années quatre-vingt-dix, la moitié du déficit migratoire des jeunes est dû aux départs de jeunes diplômés du supérieur. La Basse-Normandie forme de nombreux étudiants, mais elle ne parvient pas à les conserver. L insertion des jeunes sur le marché du travail est globalement difficile, en témoigne la part importante des jeunes inscrits à l ANPE (3ème région française), en raison notamment de leur faible niveau de formation (18ème pour la part des bacheliers). Inverser cette tendance, attirer les jeunes actifs et en formation est donc essentiel. Un déficit de formations supérieures et d emplois qualifiés L importance de l exode des jeunes (jeunes en formation supérieure, jeunes diplômés et jeunes actifs) tient principalement à trois facteurs : En matière de formation supérieure, malgré les extraordinaires progrès accomplis au cours des vingt dernières années, il subsiste des carences dans certaines filières notamment pour les formations d ingénieurs et les écoles de commerce : la Basse-Normandie est l une des régions françaises où la part des étudiants inscrits dans ces deux domaines est la plus faible (respectivement 19ème et 18ème rang). Le trop faible potentiel d emplois qualifiés proposés par l économie régionale : les niveaux moyens de qualification des emplois apparaissent insuffisants pour retenir les jeunes (problème du sous-encadrement et de la sous-représentation du tertiaire supérieur) ; ainsi, le nombre de départs augmente proportionnellement avec le niveau de formation. L écart entre les formations dispensées sur le territoire et les besoins des entreprises est visible. Au demeurant, aussi paradoxal que cela puisse paraître par rapport à l observation précédente, les jeunes qui s installent dans la région, car il y en a aussi, sont globalement plus diplômés que les jeunes actifs «autochtones». Ainsi la formation et le lien formation qualification des emplois sont-ils des enjeux centraux du développement, qui renvoient notamment à quelques thèmes stratégiques : la consolidation d une offre globale de formation, l étoffement de l offre de formation supérieure spécialisée, l adéquation de l offre de formation à l offre d emplois, le suivi et l insertion des personnes, le rayonnement intellectuel extérieur de la région et l attractivité qui en découle. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 11

Trois défis majeurs L Un enjeu de modernisation «Poursuivre l adaptation et l élargissement de l offre de formation sur le territoire, à tous les âges de la vie» L offre de formation, notamment dans l enseignement supérieur, s est considérablement renforcée ces dernières années. Cependant, elle ne satisfait pas pleinement les besoins des entreprises et les attentes des jeunes, d où une forte émigration de jeunes pour suivre des formations plus attractives ailleurs ou inexistantes dans la région. L adaptation continue de l offre de formation est indispensable pour faire face aux mutations rapides de l économie et faciliter l insertion sur le marché du travail des personnes à la recherche d un emploi, à tous les âges de la vie. Certains métiers souffrent par ailleurs d un déficit de personnes qualifiées, d où la nécessité de développer des formations adaptées et attractives pour les jeunes, dans les filières concernées (bâtiment, services à la personne, santé etc.). Dans le même temps 35% des actifs en Basse-Normandie sont sans diplôme professionnel et 34% ont un niveau V (CAP/BEP). Une offre de formation qui influe sur l aménagement et l attractivité des territoires La qualité de l offre de formation est un élément essentiel pour éviter le départ des jeunes vers d autres lieux. Ainsi, les territoires qui proposent des formations diversifiées en terme de filières et une offre de niveau III plus importante (diplômes de type bac + 2 ans) attirent des jeunes de toute la région. En revanche, plus l offre de formation est faible, plus les jeunes sont poussés à poursuivre leurs études ailleurs. En termes de filières de formation, le secteur agricole reste un élément essentiel dans la région. Le secteur des services occupe aussi une grande place dans l éventail de l offre de formation professionnelle continue. Les territoires en perte de vitesse concentrent le plus souvent les filières classiques ou de base : filière agricole initiale, construction, commerce. La dévalorisation des filières professionnelles, notamment dans le domaine industriel, explique leur faible attractivité auprès des jeunes, alors que des débouchés existent cependant. Certains métiers connaissent un déficit de personnes qualifiées offrant de réelles opportunités d emplois. De fortes tensions à l embauche affectent ainsi le secteur des services et du bâtiment, mais aussi des filières comme la cosmétique, la santé et parfois la mécanique. Les perspectives d emplois dans la sphère des services à la personne, en pleine croissance, sont également fortes, à condition toutefois de qualifier les filières. Q Un enjeu de consolidation «Faire face à la pénurie potentielle de main-d œuvre dans les années à venir» Le nombre d actifs devrait diminuer de 25 000 personnes d ici 2015, en raison des départs à la retraite des générations nombreuses du «baby-boom». Ce recul s amorcerait dès 2007 et devrait créer des tensions de recrutement dans une large palette de métiers. Cette évolution devrait favoriser toutefois une diminution du chômage, à condition toutefois que les attentes et les qualifications des demandeurs d emploi soient en adéquation avec les besoins des employeurs. Cet enjeu renforce d autant le rôle de la formation professionnelle dans la région. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 12

Trois défis majeurs 2.3 L attraction de retraités accélère le vieillissement de la population Le phénomène d exode des jeunes dont il vient d être fait état contribue à expliquer le vieillissement de la population bas-normande. S ajoutent à cela, un processus inverse de migrations de personnes âgées, ainsi que l effet général du «papy-boom». La Basse-Normandie entre dans l ère du «papy-boom» La Basse-Normandie attire les retraités. Ceux-ci, venant notamment de l Ile-de-France, apprécient ici le cadre, l environnement, le patrimoine, la qualité de vie, mais aussi le choix et le coût «raisonnable» de l offre immobilière. Ils sont particulièrement nombreux à venir s installer sur la Côte Fleurie, sur le littoral Ouest de la Manche et dans le Perche. Cet apport de population modifie progressivement les sociétés locales. Ce mouvement a des aspects positifs : les nouveaux arrivants sont souvent des gens dynamiques, ils s investissent dans la vie locale, disposent souvent de revenus relativement élevés. Ils génèrent de l activité et des emplois. Le vieillissement global de la population conduit aussi à des nouveaux besoins. Si les nouveaux retraités sont souvent plein d allant, l allongement de la durée de vie couplée au vieillissement structurel amène un nombre de plus en plus élevé de personnes à un âge très avancé. Cela nous pose un nouveau problème de société : le meilleur maintien possible à domicile des personnes âgées et dans le cadre de structures d accueil adaptées, la prise en charge des personnes dépendantes. Q Un enjeu de consolidation «Accompagner le vieillissement de la population» L arrivée à l âge de la retraite des générations du «baby-boom» en 2006 va entraîner un fort vieillissement de la population dans les années à venir, particulièrement marqué dans la région d ici 2015. Le départ des jeunes et l installation de retraités dans la région accélèrent le vieillissement de la population en Basse-Normandie, particulièrement en milieu rural et sur le littoral. L augmentation du nombre de personnes âgées devrait stimuler le développement de services à la population (commerce, aide à domicile, santé, loisirs ) mais entraîner également une forte progression du nombre de personnes dépendantes. La baisse de la natalité va par ailleurs peser durablement sur les effectifs scolaires et universitaires. L Un enjeu de modernisation «Fournir un logement adapté aux besoins des populations» Dans un contexte de renchérissement du coût de l immobilier et de raréfaction de l offre de logements, notamment en matière de logements sociaux, l habitat est au cœur des préoccupations des habitants. Dans les dix ans à venir, le nombre de ménages devrait progresser de 8 %, d où des besoins en logements à satisfaire importants. L étalement urbain devrait par ailleurs se poursuivre, générant des tensions immobilières dans la couronne périurbaine des grandes agglomérations de la région, en particulier autour de Caen. Le vieillissement de la population devrait par ailleurs susciter des besoins spécifiques en hébergements collectifs et habitats collectifs pour personnes âgées. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 13

Carte Trois défis majeurs Une forte émigration de jeunes : MIGRATION DES JEUNES DANS LES RÉGIONS MÉTROPOLITAINES ET EN BASSE-NORMANDIE NORD- PAS-DE-CALAIS - 113 %00 BRETAGNE - 56 %00 BASSE- NORMANDIE - 177 %00 PAYS-DE- LA-LOIRE - 104 %00 HAUTE- NORMANDIE - 77 %00 CENTRE - 116 %00 PICARDIE - 102 %00 3 860 860 4 072 Taux annuel de migration nette des 20-29 ans entre 1999 et 2004 (pour 10 000 habitants) 4 883 ÎLE-DE- FRANCE + 171 %00 CHAMPAGNE- ARDENNE - 139 %00 BOURGOGNE - 172 %00 LORRAINE - 64 %00 14 388 5 291 3 064 Région perdant plus de 150 jeunes chaque année pour 10 000 habitants Région perdant entre 100 et 150 jeunes chaque année pour 10 000 habitants Région perdant moins de 100 jeunes chaque année pour 10 000 habitants Région gagnant moins de 100 jeunes chaque année pour 10 000 habitants Région gagnant entre 100 et 150 jeunes chaque année pour 10 000 habitants Région gagnant plus de 150 jeunes chaque année pour 10 000 habitants FRANCHE- COMTÉ - 103 %00 ALSACE + 42 %00 1 726 1486 2 131 131 1 539 5 310 3 752 Flux de migration des 20-29 ans durant la période 1990-1999 POITOU- CHARENTES - 120 %00 Flux de 10 000 à 15 000 jeunes Flux de 5 000 à 10 000 jeunes Flux de 1 000 à 5 000 jeunes LIMOUSIN - 80 %00 AUVERGNE - 96 %00 RHÔNE- ALPES + 51 %00 Jeunes ayant quitté la Basse-Normandie Jeunes s'étant installés en Basse-Normandie AQUITAINE - 1 %00 - Source - INSEE 1990-1999-2004 MIDI- PYRÉNÉES + 70 %00 LANGUEDOC- ROUSSILLON + 8 %00 PROVENCE-ALPES- CÔTE-D'AZUR + 56 %00 CORSE - 52 %00 - Réalisation - Atelier de Cartographie du CRBN Mars 2006 SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 14

Carte Trois défis majeurs L attraction des retraités accélère le vieillissement de la population PERSONNES AGÉES ET IMPLANTATION DES RETRAITÉS Cherbourg- Octeville Les personnes de plus de 60 ans parmi la population totale Trouville Honfleur Part inférieure à 20% Part entre 20 et 25% Bayeux Part entre 25 et 30% Caen Part supérieure à 30% St-Lô Lisieux Coutances L'implantation des retraités en provenance du reste de la France Granville Vire Zones où la densité d'implantation est importante Avranches Flers Argentan L'Aigle - Échelle - 15 km Alençon - Source - INSEE 1990-1999 - Réalisation - Atelier de Cartographie du CRBN Mars 2006 SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 15

Trois défis majeurs 3. Répondre aux exigences du développement durable Définir le projet régional n aurait pas de sens s il n était pas mis au service d un développement respectant l avenir de la Basse-Normandie et celui des générations futures, tout en satisfaisant les besoins actuels. Il s agit donc d appliquer les principes du développement durable, de prendre conscience que notre région doit aussi agir pour la sauvegarde de l environnement mondial. En 2002, le sommet de la terre à Johannesburg a mis à nouveau en évidence le caractère insoutenable de notre modèle de développement dominant. Ce sommet a conclu à la nécessité de changer de cap. Il faut donc nécessairement reconsidérer dans nos schémas d avenir, nos représentations, nos modes de circulation et de production de la richesse. Les tendances qui ont été identifiées par le diagnostic appellent en particulier pour les vingt prochaines années des choix en matière d aménagement du territoire, de transport, d urbanisation, de politique agricole, d énergie, de préservation des ressources très différents de ceux qui ont été faits par le passé. C est également dans ce sens que le Schéma régional doit répondre à de multiples questions : comment composer entre le développement touristique et la préservation des paysages, comment dynamiser l espace rural en maîtrisant l étalement urbain et en valorisant les productions agricoles de qualité, comment développer les services à la population en s appuyant sur le réseau de villes moyennes Aménager le territoire, c est agir aujourd hui avec ce souci du long terme et des risques qui menacent notre avenir. Il s agit en particulier de le «ménager» pour tirer partie de ses atouts sans les «altérer». Le choix d une politique de développement durable passe par plusieurs critères à savoir une approche renouvelée de l organisation spatiale régionale, une réponse aux attentes de logements et de qualité de vie par la densité urbaine, une pleine intégration des défis environnementaux et une articulation entre déplacements et aménagements. L ensemble de ces enjeux met en lumière le contexte de mutation dans lequel s engage la Basse-Normandie. En témoignent les évolutions énergétiques et climatiques, les attentes sociales et environnementales, le bouleversement des systèmes productifs ou encore les nouvelles perspectives de développement et d innovation. Le futur SRADT doit permettre d anticiper et de maîtriser ces mutations et d exprimer, ainsi, une réelle ambition pour la Basse-Normandie. Il importe ainsi d en distinguer les enjeux et les conséquences de court terme qui relèvent de la programmation, de moyen terme qui sont le propre de la planification et de long terme qui s inscrivent dans une approche de développement durable. 3.1. Instaurer un équilibre territorial Un espace périurbain en mal de consolidation Le décalage sinon la césure entre la capitale et le reste de l espace régional est accentué par l extension du phénomène périurbain. On sait que, sur l ensemble des pays occidentaux, les grandes villes font l objet depuis le début des années 1970 d importants mouvements de périurbanisation. Ce desserrement démographique vers des périphéries de plus en plus lointaines est lié tout à la fois à l évolution des modes de vie et à de nouvelles aspirations des populations (le retour à la nature), à des considérations économiques et financières (le différentiel du coût du foncier) et à des facteurs de «pression» urbaine (la disponibilité de logements, pour une société dont la maille familiale est de plus en plus éclatée). Or, avec plus d un quart de sa population vivant en milieu périurbain, la Basse-Normandie se situe au 2ème rang des régions françaises en la matière. Cette position tient surtout à l étalement de la couronne de Caen. En périphérie de la capitale régionale prend place un vaste espace périurbain dont l extension s est encore confirmée ces dernières années générant notamment une croissance des mouvements pendulaires, et une pression sur l espace agricole et naturel. C est un espace rural qui a changé de nature, de manière plus ou moins visible et profonde. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 16

Trois défis majeurs Ce processus de large périurbanisation est exposé à des risques de dysfonctionnements majeurs (blocage des réseaux, des transports, pollution, bruit ) contradictoires avec les exigences du développement durable. Ces risques sont accrus par des aménagements «durs» (imperméabilisation des sols, effacement du réseau hydrographique naturel, etc.) et par les évolutions climatiques possibles (inondations, tempêtes, canicules ). Ce processus génère aussi des difficultés socioéconomiques (éloignement de l offre de services et de loisirs, isolement social ) qui affectent particulièrement les franges extérieures les plus éloignées de ce périurbain. En effet, l envolée des prix du foncier dans les zones urbaines poussent nombre de ménages aux revenus modestes toujours plus loin du cœur des villes, une situation d autant plus préoccupante dans un contexte de renchérissement du coût des transports. La prévention est essentielle, mais sans doute faut-il aussi éviter d augmenter les enjeux dans les zones à risques. Promouvoir une mobilité durable Limiter la dépendance à la voiture Le développement des infrastructures routières a induit une urbanisation peu favorable à l usage des transports en commun. En dehors des grands centres urbains, on observe une augmentation continue des trafics automobiles et une dépendance de plus en plus importante à la voiture personnelle. Cette dépendance se traduit par une multi-motorisation croissante des ménages et pose d évidents problèmes d équité en matière de déplacements et d environnement. L amélioration des conditions de circulation ne s est pas accompagnée en Basse-Normandie d une amélioration des services collectifs, avec une différence de plus en plus marquée entre les deux systèmes. D un point de vue prospectif, si la Basse-Normandie n est pas aujourd hui soumise à d importants phénomènes de congestions, la poursuite des tendances laisse présager des dysfonctionnements importants et un besoin accru de financement routier. La durabilité du système régional passe donc par un rééquilibrage des modes. Aujourd hui, les transports publics en dehors des grandes agglomérations sont peu développés et s adressent essentiellement à des clientèles captives (chômeurs, étudiants, scolaires, personnes âgées) qui sont alors peu mobiles compte tenu de la couverture offerte par le réseau. Concernant la simple juxtaposition actuelle de services ferroviaires dont la coordination doit être améliorée, il est indispensable d engager une stratégie de rupture afin de mettre en place une armature lisible et efficace à l échelle régionale et interrégionale. Dans cette problématique, le ferroviaire doit constituer un mode collectif pertinent dans les déplacements entre les grandes villes régionales. Il doit représenter, à l instar des autoroutes, un réseau armature sur lequel viennent se massifier les réseaux locaux suivant une organisation à l échelle régionale. Le développement de l offre fer constitue un enjeu majeur pour un développement plus équilibré du territoire. Améliorer l intermodalité avec les autres réseaux de transports collectifs et maximiser l usage des infrastructures Le développement de l intermodalité, tant au niveau tarifaire (à destination des autres motifs que le domiciletravail) qu au niveau de l information et de la coordination des offres est un domaine qui représente un potentiel important et un enjeu fort de développement durable. L amélioration de l intermodalité constitue un enjeu central pour développer l usage des transports en commun et assurer la réussite du plan transport mis en place. Elle participe également à la maximisation de l usage des infrastructures en recherchant les complémentarités entre les différents modes collectifs. L enjeu de maximisation de l usage des infrastructures nécessite aussi d élaborer une vision stratégique multimodale des systèmes de déplacements régionaux (besoin de fluidité et exigence de rapidité). Le développement du train doit notamment s effectuer là où son domaine de pertinence est avéré. Dans les autres cas, le développement des transports collectifs routiers (taxi à la demande, covoiturage etc.) doit être favorisé. Développer l usage des modes doux à l échelle régionale Le développement des lignes vertes et des pistes cyclables peut avoir un impact à la fois sur la qualité de vie des habitants bas-normands mais également sur l attractivité touristique et résidentielle de la région. A ce jour, le Schéma Régional de véloroutes et voies vertes de Basse-Normandie élaboré en 2001 comporte 8 voies vertes pour un total de 252 km. C est notamment un enjeu fort compte tenu du vieillissement de la population. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 17

Trois défis majeurs Cet enjeu nécessite pour la Région de définir une politique volontariste, ainsi que les actions nécessaires pour promouvoir les initiatives locales et coordonner les différentes démarches locales (complémentarité des schémas départementaux des lignes vertes etc.). Un littoral attractif à ménager 471 kilomètres de littoral : c est la 4e région française pour la longueur de son littoral après la Bretagne, Provence-Alpes-Côte d Azur et la Corse. Depuis le milieu du XIXe siècle, la Normandie a créé sur ses côtes le tourisme balnéaire tout en développant l exploitation des produits de la mer. Depuis, les littoraux d autres régions ont développé des formes d urbanisation et de tourisme plus massives grâce à leurs atouts climatiques notamment. Mais le littoral normand a lui pu conserver une qualité de paysage grâce aux efforts communs du Conservatoire du Littoral et des collectivités en sauvegardant ainsi une certaine propreté des eaux en raison d un intense travail de dépollution. Ceci constitue aujourd hui des atouts non négligeables. En France, la densité démographique y est deux fois et demi supérieure à la moyenne nationale et, selon la DATAR, les départements bénéficiant d une façade maritime pourraient accueillir 3,4 millions d habitants supplémentaires d ici 2030. L effet littoral s applique aussi à l espace bas-normand : 18 % de la population régionale, soit 250 000 habitants, vivent sur les 159 communes littorales de la région (9 % de l ensemble). Celles-ci connaissent une double forme d attractivité : I d une part, l installation de personnes de plus de 60 ans extérieures à la région, venant notamment de l Ile-de-France, attirées par la qualité d un littoral dont la densité d occupation humaine est loin d atteindre les niveaux de saturation des rivages du sud de la France. I d autre part, le phénomène de périurbanisation sur les façades littorales des aires urbaines de Caen, Lisieux, Bayeux et Cherbourg. L inévitable hausse du coût du foncier et du logement pousse une frange de la population à quitter le littoral, des départs compensés par l arrivée de cadres, de professions supérieures et de seniors. L enjeu collectif est celui de la coexistence d activités multiples sur le littoral : préserver l environnement et les paysages, développer les activités de culture marine au meilleur niveau de valeur ajoutée (conchyliculture, etc.), maintenir la pêche et gérer les ressources, développer la plaisance, soutenir les activités portuaires, développer le tourisme, maintenir l urbanisme et préserver les activités agricoles existantes. Pour cela, la Région doit s engager dans une politique volontariste de gestion intégrée des zones côtières s appuyant sur un véritable schéma régional d aménagement du littoral associant tous les partenaires concernés. 3.2 Prévenir le changement climatique et la vulnérabilité énergétique Les décisions d aménagement concernent des investissements dont la durée de vie se compte en dizaine d années. Cette période sera contemporaine de phénomènes déjà identifiés mais radicalement nouveaux tels que le réchauffement climatique, la crise énergétique, la vulnérabilité liée à l eau notamment. La région contribue aux émissions des gaz à effet de serre (GES) et doit donc participer aux efforts de réduction de ces émissions. L objectif national est d abord de stabiliser, d ici à 2010, le niveau d émission de GES à celui de 1990 (protocole de Kyoto), et ensuite de le réduire par quatre d ici à 2050 (préconisation du plan climat). Indissociable de l approche environnementale, au cœur des implications du développement durable, la question de l énergie revêt ici une dimension particulière, à travers la spécialisation nucléaire organisée à l échelle nationale (la Basse-Normandie produit 4% de l électricité nationale). En Basse-Normandie, 94 % de la production totale d énergie primaire est ainsi d origine nucléaire (centrale nucléaire de Flamanville), d où la faible part de l énergie produite à partir de ressources renouvelables (bois énergie essentiellement). Face à cette configuration particulière, s exprime ainsi une double préoccupation d affichage régional et de maîtrise de l énergie, à savoir : I faire évoluer l image de la région en promouvant une plus grande diversification de la production d énergie ; I contribuer à une stratégie de «dévulnérabilisation» énergétique de la France, répondant à la double volonté de limiter la dépendance aux énergies non renouvelables et de contribuer activement à la lutte contre l effet de serre. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 18

Trois défis majeurs L Un enjeu de modernisation «Promouvoir une gestion durable de l énergie par des mesures d économies, le développement d énergies renouvelables et l utilisation de modes de transports plus propres» Au cœur de l approche patrimoniale, la question de l énergie revêt en Basse-Normandie une dimension particulière. Dans un contexte mondial de raréfaction des énergies fossiles et de renchérissement général de l énergie, le nucléaire affiche une forte présence dans l économie et la production énergétique de la Basse-Normandie. Ce type d énergie, dont la sensibilité pourrait s amplifier avec l installation du réacteur EPR, renvoie au débat sur les économies d énergie comme sur les énergies renouvelables, lequel souffre aussi d incohérences internes. Pourtant, la Basse-Normandie dispose d atouts en la matière et singulièrement d une géographie propice au développement de certaines filières comme l énergie éolienne, mais aussi le bois-énergie par valorisation des taillis à courte rotation et des coupes de petit bois en futaie. Cette configuration renvoie ainsi à un double enjeu et donc à une double préoccupation : la «dévulnérabilisation» énergétique de la France, et de la région en particulier, contribuant activement à la lutte contre l effet de serre et à la limitation de la dépendance aux énergies non renouvelables ; l image interne et externe de la région par diversification énergétique et donc atténuation de la situation de monopole de l énergie nucléaire. Il paraît par ailleurs indispensable de mener une politique volontariste visant à développer les modes de transports plus propres tels que les transports ferroviaires «interurbains» et publics «urbains / périurbains». 3.3 Préserver et valoriser les ressources naturelles et les milieux Entre Bassin Parisien et Grand Ouest, l ensemble de la Normandie est caractérisé par des éléments identitaires se rattachant à la culture agricole et rurale (les prairies, le bocage), à la culture maritime et à la culture industrielle. Traditionnellement plus tournée vers l intérieur des terres que vers la mer, moins urbaine et industrielle que la Haute-Normandie, la région doit pouvoir affirmer, au sein du grand espace normand, une identité propre, fondée sur : I des espaces et des paysages ruraux de qualité encore préservés de l avancée des villes. Dans cet ensemble, les paysages du bocage, dans le sud Cotentin et l Orne, les espaces mouillés (Marais du Cotentin et du Bessin), les paysages forestiers aussi (Forêt d Andaines, Forêt d Ecouves) prennent une place particulière. Si la Basse-Normandie ne se situe qu au 20ème rang des régions françaises en ce domaine, cet état de fait est compensé par le nombre de kilomètres de «forêt linéaire» lié à la structure bocagère (même si le nombre de kilomètres de haies a diminué de 12 km par km2 de territoire en 1972 à 8 km en 2005). Au service de la préservation de l environnement et du développement local, les trois Parcs naturels régionaux que compte la région contribuent eux aussi fortement à la valorisation de ce patrimoine. I une grande diversité de paysages littoraux assortis de sites remarquables : côtes basses à plages de sable, avec les stations balnéaires de la Côte Fleurie et de la Côte de Nacre, ensemble des plages du Bessin (plages du Débarquement) ; mais aussi côtes rocheuses avec des sites de falaises parmi les plus beaux de France (Jobourg) ; et bien sûr le joyau emblématique du Mont-Saint-Michel. I un patrimoine et un héritage culturels fortement identitaires, où s associent l histoire partagée avec l Angleterre (à laquelle la Normandie a été associée durant de nombreux siècles), l histoire de la Seconde Guerre mondiale (des sites du Débarquement au Mémorial de Caen), mais aussi les éléments de l identité et de la culture économique, agricole ou industrielle (culture du cheval, culture industrielle rurale, etc.). La Basse-Normandie bénéficie d atouts environnementaux indéniables tels que la qualité agronomique des SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 19

Trois défis majeurs sols, l abondance de l eau, la qualité des paysages, l attractivité du littoral entre autres. Mais ces atouts sont fragilisés par la pression foncière qui s exerce sur la frange littorale, les risques inhérents au changement climatique, les nuisances induites par les activités humaines (bruit, pollution ), les menaces aussi pèsent sur les ressources naturelles. C est pourquoi la région Basse-Normandie souhaite prendre ses responsabilités face aux enjeux majeurs pour l avenir et participer ainsi, à la mise en œuvre des engagements internationaux pris par la France pour la réduction des gaz à effet de serre, la gestion de l eau et l arrêt de perte de la biodiversité. Des milieux sensibles La préservation et la mise en valeur de l environnement sont des conditions essentielles du maintien durable de l identité et de l attractivité régionale en même temps bien sûr que des obligations morales vis-à-vis des générations futures. Or, la valeur de cet environnement est d autant plus remarquable qu il s agit d un patrimoine rare à proximité de l agglomération parisienne. En matière de préservation des paysages, des outils ont déjà été mis en place. Il existe ainsi trois opérations Grand Sites : La Hague, lancé en 1991 et achevé aujourd hui, Baie du Mont Saint-Michel lancé en 1997 et Normandie 44. On relève également trois opérations de charte paysagère achevées : Suisse Normande, 4 cantons du Pays d Auge et Communauté de communes de Sainte-Mère-Eglise. La Basse-Normandie offre également une grande diversité de biotopes et le milieu naturel présente en général une haute productivité végétale et de grandes capacités de reconquête. L inventaire ZNIEFF (Zones Naturelles d Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) évalue à près de 18% du territoire les espaces de bonne biodiversité. Avec 7 réserves naturelles, 22 arrêtés de biotope et une douzaine de réserves de chasse, la Basse-Normandie dispose d un ensemble de protections réglementaires qui peut permettre d envisager la pérennité d une partie d un patrimoine naturel remarquable. Cependant, l expansion périurbaine, mais également les phénomènes «ponctuels» de pollution industrielle ou «diffus» de pollution agricole ou encore de risques naturels risquent d altérer la qualité de ce patrimoine, à travers ses grandes composantes : qualité des eaux souterraines et superficielles, qualité de l air, identité des paysages, équilibre de la bande littorale Singulièrement, l impact de la périurbanisation, dont on a souligné le développement particulier, soulève des questions fondamentales pour la préservation des milieux : I la pression urbaine s accroît sur le littoral et, lorsque la façade maritime atteint la saturation, la vague constructive se répand dans l arrière-pays ; I autour des agglomérations, la demande, toujours soutenue, et l augmentation des prix du foncier qui en résulte, incitent les propriétaires à la vente de leurs terrains agricoles ; I le mitage du territoire génère des coûts d infrastructures, de services, de transport et d énergie difficiles à supporter pour la collectivité ; I l empiètement sur des zones naturelles et la minéralisation de l espace portent atteinte à la biodiversité, à la qualité des paysages périurbains et à la préservation des milieux fragiles. Les côtes bas-normandes sont enfin soumises à une tendance notable à l érosion : en France, 48% des côtes sableuses sont en recul et parmi elles, 24 % sont en érosion, quelle que soit la nature morphologique du trait de côte. Néanmoins, de grandes disparités sont visibles selon les régions : 38 % des côtes bas-normandes sont soumises à l érosion (dont 55 % des côtes sableuses sont en recul, 40 % en accrétion et 5 % sont stables), derrière le Nord-Pas-de-Calais (75 %), la Haute-Normandie (55 %) et la Picardie (42 %). Ce classement est très dépendant de la proportion entre le linéaire de côtes sableuses, sablo-vaseuses (estuaires et baies) et les côtes à falaises de roches dures. En Basse-Normandie, le recul important des secteurs sableux nécessitera vraisemblablement la construction d ouvrages de défense. Les zones en accrétion, sablo-vaseuses notamment, sont en revanche préjudiciables pour la conchyliculture, les installations portuaires, le site du Mont-Saint-Michel etc., en raison du colmatage et de l envasement qu elles suscitent. SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 20