Les difficultés rencontrées dans les projets de construction «verts» et comment les surmonter? Réunion #3 du 14 mai 2004
Ordre du jour 13h45-15h : Vincent Mertens (Ecover, Facility Manager et coordinateur environnemental) Retour d expérience sur la construction et l exploitation d une usine écologique 15h15-16h45 : Sarah Ratcliffe (Directrice d Upstream et fondatrice du groupe de travail Property Environment Group - PEG) Les freins de management et comment les dépasser? 16h45-17h30 : Synthèse et conclusions par Utopies
Vincent Mertens (Ecover, Facility Manager et coordinateur environnemental) Retour d expérience sur la construction et l exploitation d une usine écologique
Sarah Ratcliffe (Directrice d Upstream et fondatrice du groupe de travail Property Environment Group (PEG)) Les freins de management et comment les dépasser
Comment dépasser les difficultés liées à la conception/ construction de bâtiments «verts»? Interviews: Dominique Bidou (Président Association HQE) Laurent-Marc Fisher (Architecture Studio) Claude Gasser (Siège social de la Banque Populaire d Alsace) Etienne Ruth (Siège social de Nature et découvertes) Olivier Toma (Eco-clinique Champeau)
1. Les difficultés dans la conception du projet Trouver les partenaires compétents ou engager les architectes et les bureaux d études à développer leurs compétences : >Pas de référencement de professionnels compétents HQE, ni de projet de certification professionnelle >Dans certains cas les maîtres d ouvrage ne changent pas l équipe de maîtrise d œuvre avec laquelle ils sont habitués à travailler mais lui demandent de se former «j ai dû bousculer l équipe de la maîtrise d œuvre pour qu ils fassent quelque chose de différent. En général ils ne veulent pas s embêter et font du copier-coller. Je les ai convaincu en disant qu ils allaient pouvoir acquérir une nouvelle expertise»
Trouver des exemples de bâtiments «verts» inspirants >Manque de base de données de bâtiments «verts» en France >Création de centres de ressources régionaux en cours >Les exemples existants sont souvent difficilement transposables Aborder la programmation d une manière globale en prenant en compte l usage du bâtiment «un bâtiment «vert» n est pas la juxtaposition de produits et de matériaux écologiques, il faut penser le bâtiment dans son ensemble et prendre en compte la finalité de l opération»
2. Les difficultés pour convaincre les décideurs Parler du coût global de la construction: «J ai proposé un projet avec une enveloppe globale de 10 000 francs du m2 et me suis engagé à ne pas les dépasser. La suite n est qu une question de choix : les économies réalisées sur certains équipements compensent les sur-investissements nécessaires ailleurs» «On ne s inquiète pas de payer plus cher pour tel ou tel type de marbre ou sur l épaisseur des moquettes mais par contre on me demandait des comptes sur mes choix d équipement «verts»» Considérer les coûts d exploitation autant que les coûts de construction (freins comptables & fiscaux) >Cloisonnement des budgets de fonctionnement/d investissement dans le public et le privé (pour des raisons différentes)
3. Les difficultés liées aux délais Intégrer en amont l allongement des délais nécessaires à la conception de bâtiments «verts» > Les délais prévus sont généralement définis sur un modèle de construction classique alors que les projets «verts» demandent en général plus de travail, plus de temps et plus de moyens
4. Les difficultés liées à la motivation des partenaires Motiver la maîtrise d œuvre par des systèmes de rémunération innovants : > Les systèmes actuels ne poussent pas à réduire le coût de construction ni à investir plus de temps dans la recherche de solutions nouvelles > Evolution vers des systèmes de motivation fondés sur la performance «développement durable» a posteriori : Ex1 : Bonus/ pénalité par rapport à des objectifs de performance énergétique (ex: cabinet Charles Eley, bâtiment administratif à Oakland) Ex 2: Part de la rémunération accordée selon la satisfaction des employés occupant l immeuble (ex: Immeuble Ciba Geigy, New York) Choisir des entreprises prêtes à s investir et assurer la coordination à leurs côtés: «Je n ai pas fait appel à une entreprise générale. J ai choisi directement les entreprises (90 au total) en fonction de leur motivation et de leur intérêt pour le sujet. J en ai d ailleurs envoyer une faire un stage chez le fabricant d un nouveau produit écologique pour qu ils apprennent à le poser correctement»
5. Les difficultés liées aux surcoûts Négocier les surcoûts non justifiés «Le terme «HQE» est un mot inflationniste, les prestataires prennent des marges de manœuvre» Rechercher des subventions >Subventions accordées pour l investissement intellectuel (vs techniques) Trouver des techniques de construction alternatives «Les bureaux d études vous soumettent les techniques classiques qu ils connaissent, j ai donc dû quelque fois aller voir les entreprises directement pour leur demander s il n existait pas d autres techniques qui coûtent moins cher» Trouver des solutions financières/comptables/ fiscales innovantes
6. Les difficultés liées au suivi du projet Nécessité d une plus grande coopération entre les acteurs tout au long du projet (vision globale) «C est le prix de l innovation : il y a un investissement supérieur en formation, en suivi, en coopération» Prendre à sa charge une partie de la formation nécessaire des partenaires et de leurs équipes «j ai dû passer du temps à expliquer aux ouvriers les enjeux de la construction écologique, en les sensibilisant à l intérêt pour leur épouse par exemple de venir accoucher dans une clinique non toxique» «Pendant la construction j étais sur le chantier tous les jours. Il faut que les entreprises sentent que leur maître d ouvrage est présent»
7. Les difficultés liées aux aspects administratifs Solutions non-réglementaires en France > Ex : récupération des eaux pluies dans les bâtiments (sauf dérogation de la DASS) > Ex : réglementation pour la sécurité incendie Blocage à l obtention de permis de construire dans certains cas > Ex : panneaux solaires (Architectes des Bâtiments de France) Blocage des assurances >Refus d assurer des bâtiments utilisant de nouveaux produits (sans avis technique de la CSTB)
8. Les difficultés liées au manque de maturité du marché Trouver les outils pour comparer l impact des matériaux, des solutions et des bâtiments >Ecologique mais aussi sanitaire «Quand on essaie de récupérer des informations sur les matériaux, on se heurte au secret de fabrication, à la propriété intellectuelle, etc.» Trouver les éléments chiffrés liés au retour sur investissement >Pas d outil de suivi de la performance des bâtiments Accepter les surcoûts liés à certaines solutions encore peu répandues (ex. bois rétifié)
9. Les difficultés liées à la valorisation du «plus» développement durable Savoir expliquer simplement le «plus» environnemental aux clients/employés Accepter que «le mieux est l ennemi du bien» Penser la politique commerciale en amont (prix, argumentation, approche de marché, etc.) Valoriser la qualité >Utiliser les outils de référence en cours de mise en place (ex: Projet de certification de l AFNOR/ CSTB, Qualitel)