Livret de visite CONSULTATION UNIQUEMENT
Salle 1 La vallée du Réveillon, vue du plateau des Hautes Mardelles, P.-A. Varin, huile sur toile, 2ème moitié du XIXe siècle, Collections du musée
Carte des environs de Paris, Service géographique de l Armée, 1887, collections du musée. La flèche blanche représente l axe de la vue selon laquelle a été réalisé le tableau d Amédée Varin.
Albert Lebon Je suis né en 1920 à Paris. Pupille de l assistance publique, j ai été placé dans des familles d agriculteurs du Morvan et suis devenu domestique de ferme. En 1942, je suis monté à Paris pour travailler dans les hôpitaux. Après la guerre, pendant laquelle j ai été requis pour le STO, interné dans un camp à Berlin, puis à partir de 1944 maquisard dans le Morvan, j ai repris mon service à l hôpital Saint Antoine. Je me suis marié en mars 1946. A cette époque, nous habitions une chambre de garde de 10 m 2 à l hôpital Corentin Celton. Il fallait aller chercher l eau deux étages plus bas. En juillet 1949, pendant le Tour de France, alors que nous faisions une balade à vélo, nous avons été subjugués par le paysage entre deux vallées du plateau de Brunoy. Nous avons acheté le terrain par l intermédiaire de l agence Besse. Nous avons pu construire le pavillon grâce à un emprunt à taux réduit permis par la loi Loucheur. Nous avions aussi la sécurité de l emploi. A cette époque-là on entretenait des rapports humains avec les artisans, M. Gervais, plombier, M. Gras, chauffagiste à Villecresnes. On pouvait rencontrer sans difficulté les gens de la mairie. M. Prost, le maire de l époque avait fait prolonger la route de Cerçay jusque devant chez nous. Nous avions aussi des relations courtoises avec M. Gere, propriétaire de la ferme rue du Rôle. La maison s est construite en 6 mois. Je descendais à pied à la gare prendre le train à vapeur pour Paris. Les jours de grève, j allais en vélo jusqu à Paris. J ai eu ma première voiture en 1960 seulement. A Partir de 1950, après un cours préparatoire, j ai suivi les cours de l école des infirmiers de l hôpital Cochin. C était des cours du soir de 17à 19h. Je rentrais à Brunoy à 21h et je me levais à 2h du matin pour étudier avant de prendre mon service à 6h30.
Le quartier a évolué peu à peu : j ai vu construire les pavillons le long de la rue de Strasbourg, de la rue du Champfleuri, de la rue du Val Fleuri. Mes enfants ont été à l école au Sauvageon, puis au collège Camus. La construction du collège a nécessité que je cède une bande de terrain au fond de mon jardin contre une bande sur le côté, là où étaient auparavant les locaux provisoires de l école maternelle. Le confort s est amélioré en ce qui concerne la route et les transports en commun. J avais 48 ans au moment de la construction des Hautes Mardelles. J ai très peu de contacts avec les habitants de la cité, je ne les connais pas, mais je fais partie de l association ARPQHM. Aujourd hui, mon terrain a moins de valeur du fait de la proximité avec ce quartier qui a mauvaise réputation, alors que le quartier bénéficie de tous les avantages : commerces, transports, écoles L arrivée sur le Plateau, Elisabeth Schlossberg, pastel, 2015
Salle 2 Ville de Brunoy, Bulletin municipal officiel, n 19, juin 1963, Archives municipales
Ville de Brunoy, Bulletin municipal officiel, n 32, décembre 1966, Archives municipales
Salle 3 Plan du quartier des Hautes Mardelles montrant les étapes de la construction et les différents bailleurs
Mardellisons-nous, 10 décembre 1969, Extraits L orthographe originale a été respectée Notre école, Catherine Gautier, CM2 L école que nous fréquentons est située en face de notre cité les Hautes Mardelles. Elle est fermée par un beau portail peint en noir. En pénêtrant dans la vaste cour, nous apercevons une pelouse verdoyante et luisante au soleil. Par mauvais temps un spacieux préau nous accueille ; une grosse horloge y trône. De chaque côté deux portes nous mènent aux escaliers qui rejoignent les classes. Les murs du couloir sont clairs avec des reproductions et des dessins du maître. Dans la classe moderne, les tableaux sont propres, les tables bien rangées. Au second étage, nous rencontrons un couloir qui dessert d autres classes. Au rez-de-chaussée la salle polyvalente nous attend avec son beau poste de télévision et sa table de ping pong. A côté, une antichambre ouvre sur le bureau du directeur. Au fond de la cour est installé le restaurant scolaire. C est une grande salle où sont disposées des tables recouvertes de nappes jaunes ou roses. La cuisine est toujours très bonne et c est bien agréable de manger accompagné d un petit air de musique. Dans cette école les enfants et les maîtres forment une grande famille joyeuse qui travaille quand il faut mais où tout le monde s amuse quand c est la détente.
Mon immeuble, Jacqueline Lefèvre, CM2 Je demeure dans un immeuble avec pour adresse : huit allée d alsace bâtiment sept. La façade de cet immeuble est recouverte de mosaïque bleue et blanche. Elle est agrémentée par des fleurs suspendues aux loggias. Les portes sont vertes ou marron avec de petits rectangles noirs où l on note le numéro de la porte. Ce bloc n est pas très haut il n a que deux étages. Dans ces maisons on ne voit pas de balcons mais on peut distinguer une loggia de forme rectangulaire avec de grands volets noirs. On ne remarque pas d escalier extérieur. Le toit est fait de béton avec des cailloux blancs. Les cheminées n escistent pas. L immeuble n est pas entouré d un jardin mais de pelouses vertes avec de petits massifs de roses. Notre jolie maison, Charles Congiu, CM1 Je rêve depuis longtemps d une maison entourée d un jardin avec une piscine. Je voudrais une façade jaune ornée de lierre grimpant, un chien loup gambadant dans le jardin, une chambre décorée de photos historiques, et éclairée d une portefenêtre donnant sur la pelouse, avec un escalier intérieur en colimaçon. J aimerais un grenier amusant avec toutes ses vieilleries, ses souris, ses vieux habits enfouis dans les malles recouvertes de poussière et de toiles d araignées.
Témoignages d habitants Salle 3 Sylvie Dupré Je suis née à Brunoy en 1953. Quand j étais bébé nous habitions un hôtel de la rue Tronchard avec mes deux frères et ma sœur. Mes parents ont vu construire la Sablière et nous y sommes arrivés en avril 1958 : la construction n était pas terminée, le sol autour des immeubles était de la glaise dans laquelle nous modelions des figurines. J ai appris à faire du vélo dans ces allées. Nous étions entourés de vergers, de champs de blé, de maïs, de luzerne, de pomme de terre, de betteraves à sucre, de champs de fleurs et de serres. En bas des champs s étendait la forêt. La rue de Cerçay n était qu un chemin de terre sans éclairage, bordé uniquement par trois maisons, dont celle de M. Lebon. Nous allions à l école des Mardelles rue de Villecresnes et passions devant une quincaillerie et deux épiceries. Un peu plus tard sont venus s ajouter une boulangerie, une pharmacie, une boucherie, un café et une charcuterie. La poste était rue de Villecresnes. En 1967, quand ont commencé les travaux des Hautes Mardelles, ils ont rasé le verger en face de chez nous et ils ont monté 3 grandes baraques de chantier en ferraille qui sont restées plusieurs années. Ma mère est restée 56 ans à la Sablière, elle a tout vu construire. Moi j ai vu construire la maternelle, le collège, l école primaire. En 1971 j ai obtenu un emploi à la lingerie de l hôpital de Villeneuve-Saint- Georges. Avec ma première paie, je me suis acheté une mobylette Cady que j ai gardée 10 ans et qui me permettait de faire le trajet entre Brunoy et Villeneuve- Saint-Georges. Je suis partie en 1972 car j avais obtenu un appartement à Villeneuve-Saint-Georges. En 1995 je me suis installée aux Provinciales. Il y a eu peu de changements depuis cette date, sauf dans le voisinage, avec lequel je n ai pas toujours de bons rapports.
Philippe Fontanges Je suis né en 1952. Mes grands-parents étaient charbonniers à Charenton. Vers 1960 mon grand-père a repris le commerce de la rue de Cerçay qu il avait jusque-là laissé à un gérant. C était le bazar du Plateau : on y vendait de la quincaillerie (outillage, visserie, clouterie), des journaux, de la parfumerie, et des bouteilles de gaz. Mes parents habitaient plus bas dans la rue du Champfleuri. Dans les années 1960, je tenais la caisse au magasin. Avant de reprendre la boutique, mes grands-parents possédaient déjà un terrain avec une bicoque à Brunoy. Ils venaient y chasser le week-end. Deux maisons après la quincaillerie partait un chemin de terre qui allait jusqu à Villecresnes, dans le quartier de Cerçay. Mon grand-père prenait des lièvres et des perdreaux dans la plaine des Mardelles. Pour les jeunes, il y avait la piscine, l Yerres, chez Gervaise. J ai été scolarisé à la maternelle du Sauvageon et à l école des Mardelles (rue de Villecresnes), puis au collège de garçons, derrière la mairie, à la place de l actuelle bibliothèque. Je faisais du judo à l AMB sur la place de l église, à la place du studio de danse. Je faisais du handball avec le collège, j allais au stade avenue du général Leclerc, je pêchais dans l Yerres. On jouait dans le bois en bas de la rue du Champfleuri. On connaissait tout le monde dans le quartier. On descendait à la gare à vélo et on se garait chez le garagiste de la place de l Arrivée. Les familles possédaient une voiture au maximum, les maisons ont été conçues avec un petit garage. Aujourd hui on a des problèmes de stationnement. Les premières cités ont été la Sablière, les Trois Chênes, et celle qui est derrière l école des Mardelles. J y avais des copains. Je n ai pas eu de copains aux Hautes Mardelles. En deux ans, le quartier a complètement changé, ça ne plaisait pas aux habitant des pavillons.
Françoise Cornec (fille de Jean Merlette) Notre famille est arrivée aux «Hautes Mardelles» en septembre 1968, avec ses cinq enfants, dans les bâtiments SNCF. Seule la partie basse du quartier était achevée mais personne n y habitait encore, la partie haute a été construite plus tard. Ce chantier était colossal pour mes yeux d enfant, et la boue bien présente. Les parties arborées furent aménagées par la suite. Après avoir emménagé nous nous trouvions loin de tout, nous n avions pas de voiture et il y avait très peu de transports en commun pour faire le lien avec le centre-ville. Il n y avait pas tous les services actuels (pôle de service public) ni les commerces, qui sont venus après. Le premier centre commercial a ouvert en 1970-71. Nous étions allée du Maine, dans un des bâtiments SNCF. Nous occupions un 5 pièces et toute la cage d escalier accueillait des familles nombreuses. Je me souviens qu il y avait une très bonne entente, nous installions les maisons de poupée sur les paliers. Ma mère était ravie d habiter à Brunoy, elle trouvait les appartements clairs, grands et lumineux. Mon père a eu un peu plus de mal car il avait toujours habité Saint- Mandé où il avait de nombreux liens dans le milieu associatif. Ma mère travaillait en tant que directrice à la PMI située au 10 boulevard de l Ile-de-France, ouverte alors deux jours par semaine seulement. Très vite, ils se sont investis dans l associatif sur le quartier. J ai été scolarisée à l école des Hautes Mardelles, tout juste ouverte en 1968, puis au collège Albert Camus, et au lycée Talma récemment construit. Certains collégiens stigmatisaient le quartier, et disaient en avoir peur, mais je n ai jamais rencontré le moindre souci, ni aucun problème pendant toutes ces années. J y ai passé une enfance heureuse. Je suivais les activités de l association des résidents, d abord le jeudi, puis le mercredi. Je faisais beaucoup de danse avec l association : le cours avait
été créé en partenariat avec la SNCF. Existaient aussi un club photo, un club théâtre, du modélisme. En 1982, j ai pris un appartement allée de Provence. Jusqu en 1983, j étais élève infirmière à Villeneuve-Saint-Georges, je prenais le premier bus pour la gare et le train vers 6h à la gare de Brunoy. Les trains étaient plus ponctuels qu aujourd hui, mais moins fréquents. Ma fille est née dans cet appartement. En 1988, nous avons acheté un petit pavillon rue du Champfleuri et nous l avons agrandi au fil du temps. Mes trois enfants ont fréquenté la maternelle de la Sablière, l école rouge (l école des Mardelles), le collège Camus, le lycée Talma. Petits, ils ont beaucoup joué sur les structures en corde et les aires de jeux dans le haut de la cité. L absence de voitures à l intérieur des allées est un gros avantage pour le calme et la sécurité. En 1979-1982 mes parents ont habité dans un pavillon rue du Val Fleuri. Ensuite ils ont réintégré les Hautes Mardelles et ont emménagé dans un 3 pièces allée de Picardie, un immeuble avec ascenseur. A la fin de sa vie, mon père a vécu à l AREPA, le foyer logement en face des Hautes Mardelles. Je suis toujours habitante du quartier et profite des infrastructures et commerces, même si je ne suis plus investie dans ses associations. En 1982, j ai pris un appartement allée de Provence. Jusqu en 1983, j étais élève infirmière à Villeneuve-Saint-Georges, je prenais le premier bus pour la gare et le train vers 6h à la gare de Brunoy. Les trains étaient plus ponctuels qu aujourd hui, mais moins fréquents. Ma fille y est née dans cet appartement. En 1988, nous avons acheté un petit pavillon rue du Champfleuri et nous l avons agrandi au fil du temps. Mes trois enfants ont fréquenté la maternelle de la Sablière, l école rouge (l école des Mardelles), le collège A. Camus, le lycée Talma. Petits, ils ont beaucoup joué sur les structures en corde et les aires de jeux dans le haut de la cité. L absence de voitures à l intérieur des allées est un gros avantage pour le calme et la sécurité. En 1979-1982 mes parents ont habité dans un pavillon rue du Val Fleuri. Ensuite ils ont réintégré les Hautes Mardelles et ont emménagé dans un 3 pièces allée de Picardie, un immeuble avec ascenseur. A la fin de sa vie, mon père a vécu à l AREPA, le foyer logement en face des Hautes Mardelles.
Je suis toujours habitante du quartier et profite des infrastructures et commerces, même si je ne suis plus investie dans l associatif de celui-ci.
Philippe Jocallaz, directeur de l école Jean Merlette, président de l ARPQHM Je suis arrivé en 1968, j avais une dizaine d années. Il n y avait alors que deux bâtiments habitables, ceux de la SNCF. Les résidents se sont installés en juillet, août et septembre, ils venaient de toutes les provinces de France. Moi j arrivais de Chambéry et je ressentais le manque des montagnes, je trouvais l horizon trop ouvert. La cité était une forêt de grues. Pour aller à l école, il y avait de la boue : on mettait des bottes et on avait les chaussons dans le cartable. A part les épiceries au Plateau, il n y avait rien, pas de bus, pas de commerce, c était le bout du monde. Une chevrière faisait brouter ses chèvres sur les terrains de la Vigne des Champs et de la rue de Strasbourg. On prenait les œufs dans une maison de la rue de Cerçay, le lait à la ferme en descendant la rue de Villecresnes. C était à la fois le monde moderne et la campagne. Pour nous, les enfants, c était un terrain d aventure. En 1969, on a fait de la luge derrière les bâtiments qui descendent vers le Réveillon. Quand l école des Hautes Mardelles a ouvert, il n y avait que trois classes et environ 50 élèves. Mais la montée en puissance s est faite très vite car il y a eu un afflux de jeunes couples. Tout était à faire, il n y avait pas de gymnase, pas d animation. Au tout début, vers 1974 il y a eu un Franprix en bois à l emplacement du centre social. Puis le centre commercial s est ouvert mais il a toujours eu du mal à fonctionner à cause du prix des loyers puis de la concurrence de l Intermarché de Villecresnes. Il y avait une solidarité très forte entre les premiers habitants, l impression de construire ensemble. Il en reste quelque chose : en cas de pépin, les gens se mobilisent. Ils se sentent appartenir au quartier. Au départ, il y a eu beaucoup de Portugais et d immigrés d Afrique du nord et d Afrique noire. Depuis 10 ans la mixité sociale voulue à l origine du projet (1/3 d HLM, 1/3 de loyers modérés à destination de cadres moyens et d ingénieurs, 1/3 de personnels SNCF) est moins présente. Avec le temps, le quartier s est paupérisé du fait de l augmentation des logements sociaux. Les flux de résidents sont plus rapides, ils repartent rapidement pour suivre les
opportunités d emploi ou parce que les loyers sont trop élevés pour certaines familles. Une trentaine d élèves de l école Jean Merlette s en vont en cours d année. Le quartier soufre d un manque d emplois mais il conserve une attractivité sous plusieurs rapports : les appartements sont grands et bien conçus, il y a des commerces, les enfants peuvent être scolarisés jusqu à la 3 ème. C est un quartier calme, par rapport à d autres. Les habitants sont prêts à défendre leur quartier, il y a de beaux arbres, les bâtiments ne sont pas si dégradés, le parc de 1000 logements reste à taille humaine. Le projet architectural qui utilise les reliefs du terrain a été bien pensé. Certains jeunes qui ont été élevés là cherchent à revenir. Il y a eu de gros efforts de faits en matière de transport. Le quartier souffre quand même encore d un problème d image, le contraste par rapport au reste de la ville reste présent.
Philippe Roux, principal du collège Camus de 2005 à 2012 Enfant j ai d abord habité Alfortville. Je trouve que Villeneuve-Saint-Georges forme une frontière : au-delà, vers Paris, c est la ville, en-deçà, vers le sud, c est la campagne. Nous sommes arrivés à Brunoy en 1965, dans un immeuble SNCF près de la gare. J ai inauguré le collège Camus : à la rentrée 1966, le collège n était pas terminé, jusqu en janvier 67 nous étions dans des préfabriqués à l école Robert Dubois. Avant de fréquenter le collège, j allais très peu sur le Plateau, on formait une communauté avec les enfants SNCF du centre. Je faisais deux fois par jour l allerretour à vélo entre chez moi et le collège, je me souviens bien de la côte pour monter là-haut. La rue de Cerçay était à double sens. Le parking à vélo du collège était plein. C était un collège mixte dès 1967 alors que les autres ne l étaient pas car c était une antenne du lycée (mixte) de Montgeron. En 1970 j ai inauguré le lycée Talma. Je suis revenu au collège Camus comme principal en 2005. En 2005 55 % des élèves étaient issus de logement pavillonnaire, pour 45 % d élèves issus de logement social, en 2012, le pavillonnaire comptait pour 30 % et le logement social pour 70 %. J ai assisté à la paupérisation de la population scolaire, qui s est traduite par l augmentation du nombre de demi-pensionnaires, l augmentation du taux d impayés à la cantine. Sans mixité sociale, l équilibre est trop fragile. Pour répondre aux difficultés, j ai fait en sorte de ne pas laisser de place à la délinquance, d associer la police pour assurer le dialogue, la communication, et d assurer une présence régulière et assidue devant le collège : on disait «le trottoir de M. Roux». J ai fait participer le collège à des actions collectives comme la course contre la faim, organisé des opérations portes ouvertes, et valorisé les succès, comme la première place du département pour la réussite au brevet des collèges en 2005. Le collège a aussi intégré la Zone Urbaine Sensible pour bénéficier de l aide pré et post scolaire et du contrat local d éducation.
Salle 4 Nacera Limouzin Je suis née à l hôpital de Villecresnes en 1982, j ai toujours vécu aux Hautes Mardelles, dans la même partie de la cité. J ai été à l école maternelle Vigne des Champs puis à Jean Merlette et à Camus. Je connais tout le monde dans le quartier. Avant il y avait plus de jeux pour les enfants, des bacs à sable. C était bien entretenu, ça faisait presque campagne. On dit «le haut de la cité» pour les immeubles qui sont le long de la rue de Cerçay et près de l Intermarché, et «le bas» pour ceux qui sont en contrebas, dans la boucle du bd de l Ile-de-France. «En haut» les immeubles sont plus aérés, «en bas» les immeubles sont plus hauts, plus serrés, il y a moins de place pour se garer, il manque des stores et des volets aux fenêtres. Mais tout le monde fréquente tout le monde. On partage la même boulangerie, le même arrêt de bus, la même pharmacie. Le nom «les Provinciales» n a jamais été intégré. On est trop habitués aux «Hautes Mardelles». Quand j étais enfant j ai bénéficié des mercredis de l ARPQHM et maintenant ce sont les miens qui y vont. On faisait du collage, des puzzles. Maintenant les activités sont plus sophistiquées, ils vont faire du bateau mouche à Paris. On fréquentait aussi la Maison pour Tous, c était notre deuxième maison. Il y avait des ateliers de cuisine, de poterie, le baby-foot illimité (pour les garçons), le papotage entre filles. Les éducateurs étaient des gens du quartier. Il y avait beaucoup d activités, on ne s ennuyait pas : l été piscine à Brunoy, l hiver patinoire à Yerres. Il n y avait pas de problème de limitation de place, d inscription. La création de la mairie annexe et de la permanence CAF a changé la vie des mamans. Avant il fallait se déplacer à Epinay, voire à Evry. Maintenant les mamans sans permis peuvent aller chez elles chercher un document manquant et revenir à la permanence dans la journée. Je regrette le Lidl qui était à cet endroit et qui a fermé mais je ne reviendrais pas en arrière en supprimant le pôle de services publics.
On s entend bien avec les gens des pavillons, ils participent aux événements du quartier. Un conseil de citoyens est en train de se créer, il est question d y intégrer des habitants des «Basses Mardelles» (immeubles vers la rue de Verdun). Ensemble on fait des cafés citoyens. «Brunoy cité chaude» n existe pas, mais il y a des choses qui ont changé, quand même. On n a jamais de souci malgré le mélange des populations. Maintenant certains parents n acceptent plus qu on intervienne quand leurs enfants font des bêtises dans les allées ou les escaliers. Il y a moins de respect de l entretien et du travail des gardiennes. En 2012, j ai créé l association «Main dans la Main», fondée sur l humanitaire sur le plan national et international : on distribue des vêtements et de l alimentation aux nécessiteux et SDF, on assiste les personnes en difficulté dans leurs démarches administratives, on mène des actions socio-éducatives et culturelles Nacera Limouzin et Layla El Mazouzi Le marché du vendredi après-midi, ça a été une révolution : on peut y aller après avoir déposé les enfants à l école, après avoir été les chercher, ou en sortant du travail. On aime bien aller jouer avec les enfants aux «Peupliers» dits aussi «les Tilleuls» [vers Cerçay, à Villecresnes]. Quand il fait beau on organise aussi des pique-niques sur le terrain de foot. J ai [Nacera] une parcelle dans le jardin familial, je cultive des légumes, des fleurs, j échange des plants et des graines avec les autres occupants, on organise des repas-partage. La plupart des jeunes de notre génération se sont mariés et sont partis mais nous on ne veut pas partir. On est solidaires, comme une grande famille. On a vu des gens âgés mourir, des gens avec qui on avait vécu des histoires.
Fanta Kone Je suis arrivée à Brunoy en juin 1994, auparavant j habitais à Yerres. J avais un peu peur de venir aux Hautes Mardelles mais désormais je suis habituée à vivre ici, c est là où j habite. C est une belle cité et on se connaît tous. Quand je suis arrivée, je me suis fait des connaissances en moins d un an : je travaillais à la Maison pour Tous et j y rencontrais tous les jeunes qui fréquentaient le centre. J ai fait aussi beaucoup de bénévolat à l occasion d événements organisés dans la cité, et j y rencontrais les mamans. J ai habité d abord allée des Flandres, puis allée de Provence. C est moins isolé : allée des Flandres j avais un peu peur le matin quand je partais tôt au travail. L ambiance du quartier n est pas toujours facile. Je suis agent d immeuble pour le bailleur OSICA, c est un boulot difficile car les gamins salissent au fur et à mesure qu on nettoie. Après la rénovation, les immeubles vont-ils rester propres longtemps? Il paraît que les travaux vont permettre de re-cloisonner les circulations entre immeubles, pour éviter les trafics. J ai créé une association, «Entraide-Solidarité», pour encourager les femmes et les enfants à s en sortir, à travailler, à se battre. Quand je suis arrivée en France, je ne parlais pas français, je ne savais ni lire ni écrire. Je me suis battue pour en arriver là. Je n aurais jamais cru pouvoir obtenir le diplôme de français qui m a permis d obtenir la nationalité française. Quand je suis arrivée il n y avait pas beaucoup d Africains. J ai gardé des liens avec mon pays d origine, le Mali. Je suis griotte, j interviens pour régler des conflits dans les familles, pour porter les annonces de décès, de mariage, de baptême, afin que les gens se réunissent et rassemblent des fonds de soutien. J interviens aussi auprès de familles maliennes et sénégalaises à Paris. Toutes les fins de mois, les femmes se réunissent pour débattre. Je tiens la feuille de présence. Vraiment, j adore cette cité.
M. Drici, avec Halim Hamidi En arrivant d'algérie, j'ai d'abord habité à Lyon. Je connais Brunoy depuis 1966 : je travaillais à la SAE l'entreprise de travaux qui a construit Epinay comme boiseur et maçon. Epinay était en travaux, et ici, c'était les champs. Je me suis installé aux Hautes Mardelles en 1972. Mes six enfants y sont nés, ils n'habitent plus ici. Avant le quartier était vivant. Vers le centre commercial, il y avait un café, le patron était très gentil. Le week-end on jouait aux cartes, aux dominos. On se mélangeait : Marocains, Tunisiens, Algériens, Français, Portugais. Depuis que le café a fermé on a perdu ce lieu de convivialité, le café du Plateau est trop loin pour ça. Les commerces de proximité souffrent de la concurrence de l'intermarché. Pour les enfants il y avait le carnaval, Halloween, des aires de jeux. Elles sont devenues vétustes ou ont été enlevées. Maintenant beaucoup d'enfants ne sortent plus de chez eux, ils sont devant la TV ou la console de jeux, alors que les enfants sont fédérateurs. Les familles se replient sur elles-mêmes. Le dimanche c'est mort, il n'y a rien. Ce qu'il manque en priorité ce sont un café et des aires de jeux. Les jeunes se mettent au chaud dans les cages d'escalier : ils n'ont rien d'autre. Les trafics sont le fait de quelques personnes seulement mais il n'y a pas assez d'intervention pour les arrêter. Le projet qui prévoit de fermer l'accès aux immeubles côté intérieur de la cité est peut-être une bonne chose. Personnellement, nous n'avons jamais rencontré de problème avec les habitants. Récemment, le marché du vendredi après-midi a créé un lieu de rencontre qui permet l'ouverture, les contacts, la formation de réseaux. Nous nous occupons d'une association qui dispense des cours de langue et de culture arabe à destination des femmes et des enfants. Nous recevons 150 à 200 musulmans dans la nouvelle salle de prière. C'est le pendant de la chapelle destinée aux chrétiens. Nous sommes persuadés que le métissage est un atout.
Mme G., ancienne assistante sociale de la SNCF Je suis désormais à la retraite mais j ai été employée à la SNCF comme assistante sociale pendant de nombreuses années et en particuliers sur les Hautes Mardelles. Deux collègues s y étaient investies depuis sa construction. M. Merlette était alors ingénieur à la SNCF et s était beaucoup mobilisé dans l implantation des activités sociales. Sa femme travaillait alors à la PMI. Une permanence d assistance sociale ainsi qu un groupe en économie sociale et familiale avaient été mis en place. Une bibliothèque SNCF ouvrait ses portes aux non cheminots. Les cheminots étaient logés dans des appartements appartenant à la SNCF en haut des Hautes Mardelles, derrière le centre commercial. Ils travaillaient sur Paris ou la banlieue proche. Des travailleurs étrangers avaient été embauchés par la SNCF, entre autres au Maghreb, et s intégraient au quartier. Les logements étaient souvent refusés, car situés loin de la gare, et le quartier était réputé «sensible». Des travailleurs originaires de Province y souffraient d isolement. Mais une fois implantés, la vie paraissait se dérouler harmonieusement et était calme dans la journée. Les gardiennes jouaient leur rôle et aidaient à créer des liens. Les logements étaient régulièrement entretenus. L association des résidents renforçait cette cohésion, proposait des activités aux enfants et adultes bénévolement. Certes, trouver un travail pour les femmes, une crèche, n était pas facile et on commençait à dire que le quartier était insécure la nuit. Les cheminots quittaient le quartier pour leur retraite ou pour accéder à la propriété dans le sud de la région parisienne. D autres cheminots étaient logés sur la Sablière, dans le centre de Brunoy, ou sur le Val d Yerres. Pour être plus centrale, la permanence du service social a été déplacée en gare de Brunoy, ainsi que l ESF (économie sociale et familiale). D autres services plus généralistes comme la CAF et le centre social ou la bibliothèque municipale sont venus ensuite relayer les services sociaux SNCF.
Jonathan Bordjem Je suis arrivé dans le quartier en 1999, j'avais 7 ans. Ma famille habite dans «le haut», on est ancrés à l'appartement mais il commence à être un peu petit, on a fait une demande pour un appartement plus grand, toujours dans la cité. Toute ma famille habite ici : ma grand-mère, mes oncles, tantes, mes cousins. De mon enfance ici, je me rappelle surtout les fêtes de fin d'année de l'école Jean Merlette : c'était un moment magique qui nous mobilisait pendant trois mois pour la préparation. Mes copains habitaient tous le quartier. Le mercredi, je faisais les séances de multisports au gymnase Gounot. J'ai participé à deux City Raids, c'était plein de mini-jeux organisés dans la cité : escalade, vélo, chasse au trésor Je partais en colonie de vacances, souvent à la mer, avec la mairie. J'aime bien le quartier, j'y suis habitué, attaché, mais en quinze ans, il s'est beaucoup dégradé au niveau des relations entre voisins, de l'état des bâtiments, du respect mutuel. Pour ma part, je préfère les activités de bénévolat plutôt que de traîner dans les rues. Je suis engagé auprès de l'arpqhm, de l'association «Un bouchon, une espérance», du comité des fêtes, de l'épicerie sociale, du Conseil citoyen. Je souhaite aider les gens, me rendre utile mais je suis un peu le seul de ma génération à m'investir. Mes deux petits frères sont nés à Brunoy, ils n'ont pas grandi dans le même cadre, ils ont l'éducation des cités. Le quartier est bien fourni en commerces, le pôle de services publics est d'une très grande utilité, mais il manque beaucoup de choses : des aires de jeux pour les petits, plus de sécurité entourant la cité, un cinéma (ça, c'est valable pour tout Brunoy). Quand j'ai du temps libre je vais au cinéma à Boussy avec mes frères. Avant, je faisais de la boxe à Gounot, avec Christiane Deriquehem. C'est une personne qui défendra toujours sa cité bec et ongles. La réhabilitation de mon appartement est achevée, j'attends beaucoup de la réhabilitation des espaces collectifs, en particulier le renouvellement des espaces verts. Le projet prévoit de fermer l'accès aux immeubles côté intérieur de la cité,
pour des questions de sécurité, ce qui va obliger à circuler par l'extérieur et à faire des détours. J'espère que ça ne va pas faire mourir la cité : actuellement, quand il fait beau, il y a toujours une trentaine de gamins qui jouent dans les allées intérieures. Personnellement, je n'ai jamais eu le moindre problème ici, je n'ai pas le sentiment d'un danger, malgré la faible réputation des Hautes Mardelles. Je ressens cette réputation comme un handicap pour ma recherche d'emploi. Actuellement je travaille pour me payer le permis, ce qui me permettra de postuler à des postes de cuisinier en dehors de Brunoy tout en continuant à vivre ici.
Angélique, Samia, Taïna, Nora, Nawras, Imane, Ismaël, classe de 6 ème A du collège Camus Ils habitent dans la cité depuis toujours ou depuis quelques mois ; ils habitent dans les rues pavillonnaires alentour mais connaissent bien le quartier car ils fréquentent le collège et les appartements des copains. Ils donnent leur sentiment sur la vie des Hautes Mardelles. Leur avis général sur le quartier : «il y a une bonne ambiance, c est familier. Ici c est pas mal». Pour les uns «par rapport à Epinay, Brunoy c est plus grand» Mais pour la plupart, «Brunoy c est trop petit», ils «préfèreraient habiter une plus grande ville». Très peu de garçons étaient motivés pour participer à l entretien : «le musée c est l horreur». Ils sortent beaucoup, vont au multi-sport, au club de tennis, au centre de loisirs, au restaurant La Villa Médicis. Ils font des balades le long de l Yerres, des sorties entre copines, et certains ont déjà visité le musée du Louvre, le musée des Arts et métiers. Ils ont l impression de «tout connaître de Brunoy», expriment un sentiment d ennui. Ils regrettent de ne pas avoir dans le quartier les «belles choses» que l on trouve au centre-ville. Pour les parcs, les magasins «il faut aller loin». Ils désignent le quartier comme «la cité». Ils nous parlent de «Hautes Mardelles Criminel» et du saccage de l enseigne de la P H A R M A C I E pour ne laisser apparaître que les trois lettres «HMC». Ils évoquent «beaucoup de bagarres». Ils font la distinction entre «le haut» et «le bas» de la cité : «le bas c est mieux, c est plus calme». Ceux qui ont fréquenté d autres écoles que celles du quartier évoquent la mauvaise réputation des Hautes Mardelles : quartier de «mauvaises fréquentations», de «voyous». Eux «n iraient pas jusqu à employer le mot voyous». Face à ces remarques, beaucoup «laissent parler», ils traitent
avec ironie ceux qui disent «j ai peur quand je passe en voiture». Mais une des filles avoue avoir parfois peur de circuler «avec un porte-monnaie dans la main». Quand elle se rend au collège, elle fait le tour par le boulevard de l Ile-de-France car «sa mère ne veut pas qu elle passe par la cité». «C est sale, pas bien entretenu». Le bus «est souvent rempli». «Les voisins font du bruit». La cité est un «grand vide» : il «faudrait y mettre un parc». Ils se sentent en sécurité grâce au fait que «tout le monde se connaît». «Les gens se disent bonjour». Ce côté familier est «plaisant», mais parfois un peu trop «collant», envahissant : les amis des parents qu ils ne connaissent pas et qui leur disent «comme tu as grandi!» ; ceux qui se pointent à la maison avec leurs enfants et qui leur suggèrent de «jouer ensemble» ; ceux qui s incrustent dans les sorties familiales. Leur conclusion : le quartier est «pas mal».
Agnès Peyandane Je suis née dans la partie anglophone du Cameroun et je suis arrivée en France, à Aubervilliers, à la fin des années 1970. Je me suis installée à Brunoy, aux Hautes Mardelles, en 1985. A mon arrivée, j ai bénéficié de la solidarité entre résidents, je retrouvais souvent mes voisines algériennes et tunisiennes. A la naissance de ma fille en 1985, j avais avec moi mes deux fils aînés, et je travaillais en extra, le week-end, dans un hôtel d Aubervilliers. Les voisines me gardaient souvent les petits, et elles m ont conseillé de m inscrire à l ANPE. En 1988, j ai donc fait une mise à niveau en français au métro Bonne Nouvelle et je suis devenue aide-soignante dans une maison de retraite de Brunoy et à la clinique route de Brie. En 1998, l ANPE de Yerres m a orientée vers le Certificat d Aptitude aux Fonctions d Aide à Domicile (CAFAD) et j ai passé les écrits avec plus de 600 candidats dans une grande salle à Austerlitz, puis l oral à la DDASS de Paris. J ai aussi un diplôme de secourisme délivré par les pompiers de Paris. Ensuite j ai suivi 9 mois de formation pour m occuper des personnes âgées, des handicapés et des enfants. J ai effectué un stage à la crèche des Hautes Mardelles. Je suis donc devenue auxiliaire de vie et j ai travaillé à Paris, Clichy et Levallois de 1998 à 2008. Aujourd hui je travaille à la cantine de l école Jean Merlette. Tous les enfants du quartier me connaissent, ils viennent sonner chez moi pour avoir des beignets. Grâce à l ANPE, de nombreuses femmes analphabètes sont aujourd hui lectrices et ont le permis de conduire. J ai eu une fille au Cameroun et 4 enfants en France. J ai aussi élevé un petit-fils de mon mari. Ils allaient à la bibliothèque de la SNCF et ont pu faire beaucoup d activités sportives, foot et judo en particulier. L un de mes fils faisait du rap à la Maison pour Tous, les jeunes se produisaient sur le parvis du centre commercial pour la fête de la musique. Ils bénéficiaient aussi des sorties organisées par le centre : formule 1, Euro Disney, visites de châteaux Ils partaient aussi en vacances dans des familles, par l intermédiaire du Secours Populaire. J ai été moi-même bénévole au Secours populaire pendant des années : on faisait des distributions alimentaires 2 fois par semaine en hiver, les emballages de cadeaux dans les grands magasins à Noël, on
accompagnait les enfants en train lors des départs en vacances Je servais aussi de relais pour convaincre les parents de faire partir leurs enfants dans des familles. Dans le quartier, dans les années 1990 j avais monté une association de résidents, on se réunissait un samedi par mois et chacune apportait quelque chose. Tout le monde a quitté le quartier depuis. On avait aussi monté une petite tontine pour que les femmes puissent s acheter des choses pour elles-mêmes, en secret des maris. Il y avait beaucoup de solidarité. J ai gardé des liens très forts avec le Cameroun : je suis désignée comme notable, c est-à-dire que je fais le relais entre mon village d origine et les Camerounais de France, j ai un peu un rôle d assistante sociale. Je suis aussi chargée de la promotion de mon village en France. Quand je suis arrivée dans le quartier, il y avait de nombreux commerces vers le centre commercial : un Franprix, une poissonnerie, une auto-école, une boulangerie, un vidéoclub, une épicerie. Le café de M. Pierrot était très important pour la vie du quartier. C était un homme au grand cœur qui donnait des bonbons aux enfants et venait prendre le café avec nous en terrasse. Tout a fermé vers 1996. Il y eu aussi un Lidl qui n a pas tenu longtemps. Le marché du vendredi après-midi, où j achète mes produits exotiques, est très récent. Sinon, je prends le bus pour aller chez Aldi ou au Leader Price de Boussy.
Chronologie Juin 1963 Pierre Prost, maire de Brunoy «Nous avons restreint la construction des Collectifs» 1964 travaux de viabilité rue du Val Fleuri (lotissement de 78 pavillons) 7 décembre 1965 arrêté d accord préalable signé par le Ministre de la construction pour l opération de 1000 logements 22 décembre 1965 permis de construire Juin 1966 Juin 1966 juillet 1966 Janvier 1967 nouveaux locaux de la mairie décision de construire le 1 er collège de Brunoy dans le quartier des Mardelles début des travaux de l école maternelle de la Sablière (qui fonctionne depuis 1964 dans des préfabriqués) début des travaux de construction de l ensemble de logements des Hautes Mardelles 1967-68 construction de la résidence Talma juillet 1968 arrivée des premiers habitants aux Hautes Mardelles 1968 1 ère rentrée à l école des Hautes Mardelles et à la maternelle Champfleuri 18 décembre 1968 assemblée générale constituante de l Association des Résidents de l ensemble des Hautes Mardelles 1970 ouverture du lycée Talma (la rentrée s est faite dans des locaux rue du Réveillon) 1970 ouverture du centre commercial qui comprend café tabac, pharmacie, bazar, poissonnerie, boucherie, primeurs, boulangerie-pâtisserie, fleuriste, mercerie, salon de coiffure, Franprix 1971 préfabriqués de la 1 ere école maternelle Vigne des Champs
1978 rue de Strasbourg, permis de lotir «le Clos de Cerçay» (31 pavillons) septembre 1989 rentrée à l école maternelle Vigne des Champs (en dur) 16 mai 1989 décision de démolition du mille-club Juin 1989 travaux de rénovation dans l ensemble de la résidence des Hautes Mardelles 11 avril 1992 inauguration de la Maison pour Tous 8 juillet 1992 échauffourées aux Hautes Mardelles septembre 1994 émission «Une pêche d enfer» tournée dans le quartier des Hautes Mardelles 1994 plan de restructuration du centre commercial qui devient «Vigne des Champs» 1995 les Hautes Mardelles deviennent Résidence des Provinciales 1997 l ARHM devient l ARPQHM 30 avril 1998 décès de Jean Merlette 1998 la ligne de bus C1 bénéficie d extensions d horaires en soirée (jusqu à 21h30) 31 mai 2002 inauguration du pôle de services publics 2005 ouverture du centre social Avril 2007 transfert des 215 logements ICF Novedis (Immobilière des chemins de fer) à la société ICF la Sablière, filiale de la SNCF, conventionnement en logement social
Pour en savoir plus Un livre Des Ensembles assez grands. Mémoire et projets en Essonne, Maison de Banlieue et de l architecture, cahier n 11, 2005 Un film Laurence BAZIN, Marie-Catherien DELACROIX, Ils ont filmé les grands ensembles, la Huit et Cinéam, 2005 Remerciements Nous remercions toutes les personnes qui ont permis, par leur généreux concours, la réalisation de cette exposition. Merci à Jonathan Bordjem, Christiane Deriquehem, M. Drici, Sylvie Dupré, Layla El Mazouzi, Françoise Faÿ, Philippe Fontanges, Mme G., Fabienne Galatry, Mme Hallopeau, Elodie Hévin, Philippe Jocallaz, Fanta Koné, Albert Lebon, Nacera Limouzin, Dany Marcel, Catherine Muller, Agnès Peyandane, Claudine Rossignol, Luc Roux, Philippe Roux, Elisabeth Schlossberg. Merci à l Association ARPQHM et à Mme Bidon, principale du collège Albert Camus de Brunoy.