Intervention en partenariat : exemple d une éclosion de légionellose



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Transcription:

Intervention en partenariat : exemple d une éclosion de légionellose Jacinthe Desjardins, DESS, HDQ Jean-François Duchesne, M.Sc., DRSP 03 Jasmin Villeneuve, MD, M. Sc., DRSP 03 JASP 1er décembre 2011 Objectifs de la présentation Présenter une situation d éclosion de légionellose survenue à l été 2010 à L Hôtel-Dieu de Québec, CHUQ. Mettre en évidence des éléments clés en lien avec la légionellose. Présenter les actions entreprises par L HDQ et la DRSP. Souligner les bénéfices de ce partenariat. 15es Journées annuelles de santé publique 1

Mise en situation Les 30 et 31 août 2010, le laboratoire confirme deux cas de pneumonie à la Legionella pneumophila sérogroupe 1: la légionellose. Les deux patients étaient hospitalisés à L HDQ pendant toute leur période d incubation: l acquisition est nosocomiale. 12 jours plus tard, un troisième cas d origine nosocomiale est diagnostiqué. La Legionella Legionella pneumophila : bactérie en forme de bâtonnet; infections surtout par la Légionella pneumophila sérotype 1. Habitat naturel : l eau. Transmission par aérosol (rarement par aspiration d eau) Deux manifestations distinctes : Fièvre de Pontiac : maladie légère semblable à l influenza autorésolutive en 2 à 5 jours sans traitement décès rare. Maladie du légionnaire : pneumonie avec fièvre toux et détresse respiratoire progressive (de légère à sévère) 15 % de décès. 15es Journées annuelles de santé publique 2

Sources environnementales en milieu de soins Fournitures respiratoires Non retenues comme source possible Chauffe-eau et plomberie Tours de refroidissement Les acteurs À l interne un comité de gestion de l éclosion: infectiologue, PCI, DST, Communication. La DRSP est avisée. Des équipes se joignent au comité : L équipe santé et environnement L équipe des maladies infectieuses. 15es Journées annuelles de santé publique 3

Sources environnementales Chauffe-eau et plomberie Les deux principales sources de transmission : chauffe-eau et plomberie. La T o favorisant la croissance : entre 25 o C et 45 o C. La température du chauffe-eau doit être maintenue à 60 o C. Attention aux brûlures! Les «bras morts» sont à éviter dans la tuyauterie. 15es Journées annuelles de santé publique 4

Prélèvements d eau à L HDQ 2 septembre 2010 : 14 sites échantillonnés 3 résultats sur 14 sont positifs pour la bactérie Legionella Aucun de sérotype 1 Surchauffe à 70 o C dans la nuit du 2 au 3 septembre. 15 au 17 septembre 2010 : 40 prélèvements Tous négatifs. L eau de l aqueduc de L HDQ n est pas considérée comme étant la source probable. Tours de refroidissement En Espagne en 2001 : 800 cas suspectés et 449 confirmés. À Québec en 1996 : 12 cas potentiellement associés à la contamination de tours de refroidissement. Source : Magnus 15es Journées annuelles de santé publique 5

Tours de refroidissement L HDQ possède quatre tours de refroidissement. Échantillonnage pour Legionella par une firme externe pour deux tours (240T et 350T). Entretien effectué par L HDQ selon les recommandations de la firme. Prélèvements par L HDQ entre le 15 et le 17 septembre 2010 pour les deux autres tours. Tour 350T Tour 240T Tour Tour 15es Journées annuelles de santé publique 6

Concentration en Legionella Date Tour 240T (UG/ml) Tour 350T (UG/ml) 15 juin 2010 9 < 2,5 5 juillet 2010 85 < 0,5 26 juillet 2010 45 < 0,5 23 août 2010 5 < 0,5 On ne connaît pas le sérotype Ni Niveaux d d alerte l t utilisés tili é par lla fifirme < 1 = système sous contrôle 1 à 10 UG/ml = mesures correctives nécessaires 11 à 100 UG/ml = désinfection curative nécessaire Niveau d alerte en milieu hospitalier (France, ministère de la Santé) > 1 UG/ml (1000 UFC/L) = nettoyage et désinfection 15es Journées annuelles de santé publique 7

L éclosion: la suite! L éclosion Semaine du 12 au 18 septembre La DRSP est avisée dun d un 3 e cas de légionellose confirmé. Comme les deux premiers, il a passé toute sa période d incubation à l hôpital. Tenue d une rencontre de la DRSP (équipes MI et SE) avec l équipe de L HDQ, pour discuter de la situation. Décès de l un des cas hospitalisés. La source retenue comme étant la plus probable pour la contamination serait une tour de refroidissement de l HDQ. DRSP : Y aurait-il des cas en externe reliés à l éclosion? 15es Journées annuelles de santé publique 8

L éclosion (suite ) Semaine du 19 au 25 septembre Révision i de 2 cas déclarés é en juillet 2010 : les 2 ont une exposition probable, en externe, avec L HDQ. Révision d un cas déclaré par une autre région : séjour dans le Vieux-Québec, avec une exposition significative dans le secteur de L HDQ. Émission d une alerte de santé publique (alerte CIOSC - Canadian Integrated Outbreak Surveillance Centre) pour la recherche d autres cas demeurant à l extérieur de la région. Bilan de l éclosion Au total, 6 cas reliés à cette éclosion 5 de la région 03 : 3 à L HDQ et 2 en externe 1 d une autre région. 2 autres cas déclarés dans la région 03 n ont pas été retenus comme liés à l éclosion 1 d un autre sérotype 1 sans exposition à L HDQ. 1 cas déclaré d une autre région n a pas été retenu car n a pas eu d exposition au secteur de L HDQ. 15es Journées annuelles de santé publique 9

Plan d action - HDQ Participation de la PCI au comité d intervention de l établissement. Interventions au niveau de l eau (aux 3 mois) : Surchauffes Purges Prélèvements. Interventions au niveau des tours de refroidissement : Prélèvements par L HDQ aux 2 semaines (lorsque les tours sont en opération) Détermination de la souche. Plan d action - DRSP MI : Évaluation d une exposition dans le secteur de L HDQ lors de l enquête épidémiologique des cas subséquents. SE : Campagne de sensibilisation auprès des propriétaires de tours de refroidissement (en collaboration avec la RBQ) : Régionale Référence aux bonnes pratiques d entretien ti Enquête par questionnaire (37 propriétaires de tours) : problématique connue par près de 92 % des propriétaires seulement 10 % n ont pas de plan d entretien. 15es Journées annuelles de santé publique 10

Dépliant distribué ib par la DRSP-SE aux propriétaires de tours de refroidissement CONCLUSION La prise en charge a été réalisée par un partenariat de collaboration : HDQ DRSP. Bien que les tours de refroidissement de L HDQ soient suspectées, la source exacte de contamination n a pu être confirmée par des prélèvements. Toutefois, le partenariat a permis : d identifier des cas en externe du CH d appuyer la suspicion d une source de contamination reliée aux tours de refroidissement de mettre en place un plan d action à l interne de L HDQ de réaliser une campagne de sensibilisation régionale auprès des propriétaires de tours de refroidissement. 15es Journées annuelles de santé publique 11