Pour un audit local Damien Millet CADTM www.cadtm.org www.audit-citoyen.org
Menu du jour Les administrations locales Prêts structurés et prêts toxiques Le passage obligé de l audit Le cas du Loiret
Les administrations locales
Dette locale? Dette des collectivités locales (communes, conseils généraux et régionaux) Dette des établissements publics de santé (hôpitaux) Dette des organismes de logement social (offices HLM)
Montant des dettes locales Dette publique : 1700 milliards d euros Dette locale : 276,8 milliards d euros (16,5% dette publique), dont 160,6 milliards d euros pour les collectivités territoriales (9,5% de la dette, mais 71,5% des investissements publics)
Prêts structurés s et prêts toxiques
Les prêts structurés Définition : Prêts à taux variable, aux mensualités de remboursement moins importantes au départ, mais beaucoup plus risqués que les prêts à taux fixes ou variables classiques.
Les prêts toxiques Nom d un prêt structuré très risqué, quand le risque se concrétise Certains prêts structurés présentent un risque faible : formules basées sur des indices monétaires raisonnables (Euribor, Libor ), barrière simple, sans multiplicateur
Types de prêts dans la dette locale Emprunts à taux fixe : 47% Emprunts à taux variable : 33% Emprunts structurés : 20% Pourquoi certains deviennent-ils toxiques? Car ces prêts étaient liés à des indices qui se sont révélés très volatils
Un prêt structuré «de pente» Contrat «TOFIX FIXMS» de Dexia, cas de Gourdon dans le Lot, avec 3 phases : pendant 2 ans, taux fixe de 3,84 % pendant 15 ans, taux défini par [5,21 % 5x (CMS EUR 30 ans CMS EUR 2 ans)] si la différence entre le CMS EUR 30 ans et le CMS EUR 2 ans est négative, 3,84 % sinon pendant 7 ans, taux fixe de 3,84 %.
Un prêt structuré «de change» Contrat Helvetix de la Caisse d Epargne, cas de Melun en 2007 phase bonifiée : 4 ans à 2,74 % phase risquée : si la parité entre l euro et le franc suisse (EUR/CHF) est supérieure ou égale à 1,44, taux fixe de 2,74 % sinon, taux de [2,74 % + 0,6 x (EUR/CHF au jour de souscription EUR/CHF)/(EUR/CHF)].
Comment il devient toxique EUR/CHF à la souscription : 1,615 EUR/CHF au 1 er mars 2012 : 1,205 Taux à Melun : 2,74%+ 0,6 x (1,615-1,205)/1,205 = 2,74% + 0,6 x 0,34 = 2,74% + 20,41% = 23,15%.
Un risque démesurd mesuré Action de la Banque de Suisse depuis septembre 2011 pour maintenir un taux > 1,20 Sans cela, taux au 10 août 2011 : 1,026 Taux à Melun : 2,74%+ 0,6 x (1,615-1,026)/1,026 = 2,74% + 0,6 x 0,57 = 2,74% + 34,44% = 37,18%.
Des effets désastreuxd A Thouaré-sur-Loire (44), 7500 habitants : - surcoût de 60 000 euros en 2010 - surcoût de 290 000 euros en 2011. C est l équivalent de 9 emplois communaux. La mairie a refusé de payer.
Les chiffres Total des prêts structurés aux acteurs locaux : 32,1 milliards d euros au second semestre 2011, dont 23,3 pour les collectivités territoriales A risque : 18,8 milliards d euros, dont 13,6 pour les collectivités territoriales Principales banques françaises: Dexia (70% des prêts structurés), BPCE (14%), Crédit agricole (9%), Société générale (6%) Banques étrangères impliquées : Royal Bank of Scotland, Depfa Bank, Deutsche Bank
L escalade Toxicité révélée par la crise Indices pour les emprunts les plus toxiques «absolument sans lien avec l activité d intérêt général des acteurs publics locaux» Très forte hausse des remboursements, donc nombre de collectivités ont accepté de restructurer leurs dette. Remplacement par des emprunts encore plus risqués.
Les responsabilités N 1 : les banques Certaines communes n avaient pas les moyens techniques de comprendre les risques Responsabilité des directeurs financiers et des élus des grandes collectivités locales en général Problème de contrôle de l Etat (préfets, Trésor public, chambres régionales des comptes ), des cabinets de consultants privés et des agences de notation
Les fautes des banques démarche agressive, même envers les petites communes obligation de conseil et d information obligation de mise en garde, qui suppose que le banquier attire l attention de son client sur les dangers potentiels d une opération donnée escroquerie
Les principales recommandations parlementaires interdiction des produits structurés ou dérivés avec multiplicateur mise en place d un capping global débat annuel sur la stratégie financière et le pilotage pluriannuel de l endettement introduction de nouvelles annexes sur les emprunts à destination des assemblées délibérantes obligation de provisionner les risques pris encadrement de la conclusion des contrats d emprunt avant les échéances électorales
extension du contrôle de légalité aux contrats de prêt rapport annuel au Parlement sur la dette locale inopposabilité du secret bancaire aux commissions d enquête du Parlement solution globale qui ne repose ni sur la solidarité nationale, ni sur le traitement particulier des collectivités et établissements publics ayant pris les risques les plus inconsidérés, mais apurement rapide et généralisé des encours de prêts structurés
structure ad hoc temporaire, pôle d assistance et de transaction, qui pourra engager au nom des collectivités et établissements publics qui le souhaitent, «un processus de renégociation, afin de trouver une formule permettant de convertir chaque type de prêt structuré en prêt classique, à taux fixe ou à taux variable» à l issue, «il serait possible, au cas par cas, d envisager une subvention d équilibre de l État afin de permettre le rétablissement du budget des plus petites collectivités»
Une dette illégitime? «s il semblait impossible d obtenir un effort substantiel des établissements prêteurs pour trouver une sortie raisonnable aux contrats de prêts structurés en cours, le législateur pourrait alors envisager de remettre en cause l équilibre contractuel des emprunts existants»
Le passage obligé de l auditl
L idée e de l auditl Rompre le tabou sur la question du remboursement de la dette publique Collectif pour un audit citoyen de la dette publique pour en déterminer la part illégitime et odieuse, au niveau national et au niveau local Impératif démocratique
Pour l annulationl Acte unilatéral souverain fort Moratoire sans pénalités Cadre légal : interdiction de socialiser des dettes privées, obligation d organiser un audit permanent avec participation citoyenne, imprescriptibilité des délits liés à l endettement illégitime, règle d or pour que les dépenses publiques qui permettent de garantir les droits humains fondamentaux soient incompressibles
Changer de cap Juste redistribution de la richesse Lutte contre les paradis fiscaux Remettre au pas les marchés financiers : interdire la spéculation sur les titres de la dette publique, sur les monnaies, sur les aliments Interdiction aux agences de notation de noter un Etat
Transférer sous contrôle citoyen les banques au secteur public Socialiser les entreprises privatisées depuis 1980 Abrogation des traités européens actuels et remplacement par des nouveaux, dans le cadre d un véritable processus constituant démocratique
L exemple du Loiret
CAC 45 Création en février 2012 Groupes de travail : «Analyse globale» et «Audit local» Début d un audit local dans le Loiret et besoin de solliciter rencontres avec les élus Projet de délibération type à faire adopter largement
Projet de délibd libération Le conseil : Affirme publiquement que sa politique d endettement est mise exclusivement au service de l amélioration des conditions de vie de tous ses concitoyens et rejette toute forme d'endettement à caractère spéculatif Décide de ne contracter que des prêts classiques à taux fixe ou à taux révisable, avec des marges et des conditions de sortie correctes
Demande solennellement aux autorités de l Etat de mettre en demeure les banques de transformer les prêts «toxiques» en prêts classiques, sans surcoût, sans soulte, sans allongement de durée et sans clause léonine ou abusive, les banques devant supporter la totalité des surcoûts que leurs produits ont générés pour les emprunteurs Demande à l Etat de mettre en place un véritable service public de financement des collectivités locales Adopte le label «Collectivité pour un audit citoyen» initié par le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, dont il approuve la démarche, pour lancer un vaste débat public sur la question.