IFFP Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle Combinaison des politiques budgétaires et monétaires 22.01.2010, Lausanne 8h45 12h 12h45 16h David Maradan, chargé de cours UNIGE et HEG-Genève; Directeur Ecosys SA Banque nationale suisse Les situations auxquelles la Banque nationale est confrontée sont variées. Des poussées inflationnistes ou déflationnistes apparaissent le plus souvent lorsque la demande globale de biens et de services n évolue pas au même rythme que les capacités de production de l économie. Les pressions à la hausse sur les prix se renforcent en cas de surchauffe de l économie et s affaiblissent lorsque les capacités de production ne sont pas pleinement utilisées. La Banque nationale doit alors rétablir graduellement la stabilité des prix et aura tendance à durcir sa politique dans le premier cas et à l assouplir dans le second. Par conséquent, une politique monétaire axée sur la stabilité des prix exerce une influence correctrice sur la demande globale et régularise l évolution conjoncturelle. Bien que la Banque nationale tienne compte de l évolution de la conjoncture en prenant ses décisions de politique monétaire, il ne faut pas s attendre à ce qu elle puisse régler précisément le cours de l activité économique. De trop nombreuses incertitudes entourent aussi bien l origine et la durée des chocs frappant l économie que les mécanismes de transmission, les délais et l impact de la politique monétaire sur la conjoncture et les prix. 1
Horizons temporels en économie pour les économistes, la différence entre le court et le long terme réside dans le comportements des prix à long terme les prix sont flexibles et réagissent aux variations de la demande et de l offre à court terme les prix sont rigides et restent «fixés» à un niveau prédéterminé impacts différents des politiques économiques à des horizons temporels différents Court terme: rigidité des prix La rigidité des prix peut s expliquer par : Le coût du changement de prix (étiquetage, changer les menus, ) Le soucis des entreprises de ne pas ennuyer leurs clients avec de constantes modifications des prix Difficulté de modifier les prix des facteurs de production à CT, en particulier les salaires 4 macroéconomie 2006-07 2
Raisons des rigidités du salaire (1) Quatre principales raisons peuvent être avancées pour expliquer la rigidité des salaires: salaire minimum négociation collective et syndicats contrats implicites salaire d efficience 5 macroéconomie 2006-07 Raisons des rigidités du salaire : Négociation collective et syndicats (3) le taux de syndicalisation par branche ou pays donne un indicateur du pouvoir de négociation des syndicats USA: 16 % Allemagne: 33 % Royaume Uni: 41% Italie: 47% Japon: 26% Suisse: 28% Suède: 84% France: 11% ces taux sont généralement plus importants en Europe qu aux Etats-Unis 6 macroéconomie 2006-07 3
Raisons des rigidités du salaire : Négociation collective et syndicats (4) les conventions collectives de travail (CCT) fixent, entre autres, les salaires par type d emploi en France ou en Espagne, le taux de syndicalisation est relativement faible, mais la couverture des CCT est très forte: plus de 80% des emplois sont couverts en France les CCT fixent des salaires parfois supérieurs à ceux équilibrant l offre et la demande: les CCT fixent les salaires et les entreprises sont libres d embaucher le nombre de travailleurs, étant donnés les niveaux de salaire fixés Raisons des rigidités du salaire : (Théorie des) Contrats implicites (6) hypothèse de base: la rigidité des salaires est due au fait que les travailleurs sont plus averses au risque (pesant sur leur revenu du travail) que les entreprises (sur leur profits) les fluctuations conjoncturelles (i.e. de la demande globale) modifient la productivité marginale du travail (e.g. plus élevée pendant les «boums») afin d éliminer les fluctuations du revenu, entreprises et travailleurs passent des contrats assurant un niveau de salaire (mensuel, voire annuel) constant, indépendant des fluctuations 4
Raisons des rigidités du salaire : (Théorie des) Contrats implicites (7) d une certaine manière, les entreprises jouent le rôle d assureur contre les ajustements de salaire associées aux fluctuations conjoncturelles le salaire payé sera plus élevé que le niveau d équilibre en période de récession, et plus faible en phase de croissance plus les travailleurs sont «risquophobes» et plus les écarts entre salaire payé et salaire d équilibre seront élevés!!! Raisons des rigidités du salaire : (Théorie du) Salaire d efficience (8) les théories du salaire d efficience sont fort attirantes et multiples, offrant diverses voies d explication sur la rigidité des salaires elles se fondent toutefois sur la même hypothèse de base : des salaires élevés rendent les travailleurs plus productifs c est pourquoi les entreprises renoncent à réduire les salaires en face d une offre de travail excédentaire en payant des salaires plus élevés, les entreprises minimisent le coût du travail 5
Raisons des rigidités du salaire : (Théorie du) Salaire d efficience (9) Pays en voie de développement: un meilleur salaire permet aux travailleurs de mieux se nourrir et donc d être plus productifs Pays industrialisés: 1. diminution du taux de rotation des travailleurs (moins de pertes pour les entreprises sur le processus d embauche-sélection et dans la formation) 2. niveau de salaire et qualité moyenne des travailleurs sont positivement corrélés (phénomène de sélection adverse) Raisons des rigidités du salaire : (Théorie du) Salaire d efficience (10) 3. le modèle d agence : des salaires élevés rendent les travailleurs plus motivés, ce qui diminue la probabilité de «tirer au flanc» pendant le temps de travail un salaire plus élevé permet ainsi de réduire le risque moral (tendance des gens à se comporter de manière inadéquate quand ils savent que leur comportement ne sont pas observables) dans la relation entreprise-travailleur 1914: Henry Ford et la journée de travail à $5 6
Courbe de demande agrégée (1) Modification de la masse monétaire et courbe de demande agrégée 14 macroéconomie 2006-07 7
La courbe d offre agrégée à long terme l offre agrégée établit une relation entre la quantité de B&S produite et les prix nous avons vu qu à long terme Y = F(K, L) = Y où Y est le niveau de production de plein emploi, qui est indépendant de P la courbe d offre à long terme est donc parfaitement inélastique à P : toute variation de la demande agrégée affectent donc les prix mais pas la production Courbe d offre à long terme 8
Déplacements de la demande agrégée à long terme Courbe d offre agrégée à court terme à court terme, certains prix sont rigides et ne s ajustent donc pas instantanément aux modifications affectant la demande agrégée à l extrême, on peut considérer une rigidité totale de tous les prix dans l économie toute variation de la demande agrégée affectent donc la production mais pas les prix 9
Courbe d offre à court terme (1) Déplacements de la demande agrégée à court terme 10
Réduction de la demande agrégée la figure qui suit permet de retracer dans le temps une contraction de la demande agrégée (due à une déprime des consommateurs ou une chute des exportations, par exemple) : à court terme, les niveaux de production et d emploi diminuent : l économie passe du point A au point B à plus long terme, les prix des B&S et les salaires nominaux diminuent en réaction à la faiblesse de la demande : l économie passe du point B au point C qui est le nouvel équilibre de long terme de l économie Ajustement temporel suite à une diminution de la DA 11
Hausse de la demande agrégée Chocs sur l offre agrégée (1) exemple du choc pétrolier des années 70 hausse du prix du baril hausse des coûts de production des B&S supposons que le niveau de production de pleinemploi ne se modifie pas si DA est constante, les prix augmente et la production diminue (A à B sur figure qui suit) stagflation: récession + inflation si DA s accroît (Banque centrale augmente M) : l économie passe de B à C relèvement permanent des prix 12
Ajustement temporel suite à une diminution de l OA (70 ) P B C OACT 2 A OACT 1 DA 2 DA 1 Y Crise financière? 13
Conclusions A long terme, la capacité de production (facteurs de production et technologe) détermine le niveau de vie des citoyens A court terme, l Etat/la BC peut influencer la quantité de biens et services produits en agissant sur la DA Arbitrage entre inflation et chômage A long terme, la masse monétaire détermine le taux d inflation mais n affecte en rien le taux de chômage 14