BULLETIN HUMANITAIRE Numéro 10 14 septembre 2010 Faits saillants humanitaires -Les Equipes d intervention d urgence prêtes à être mobilisées pour appuyer la mise en œuvre du plan d urgence; - Les personnes déplacées des camps à risque ciblées par les campagnes de sensibilisation à l alerte rapide par message court de l OIM et de la FICR; -Huit «camps fantômes» démantelés et fermés à Jacmel avec le soutien du DPC, du bureau du maire et de la communauté humanitaire. APERÇU DE LA SITUATION Planification d'urgence La communauté humanitaire dispose d équipes d intervention d urgence prêtes à être déployées pour appuyer le Département de la protection civile (DPC) dans la mise en œuvre du plan d'urgence en cas de catastrophes naturelles. Chaque cluster a sélectionné les membres faisant partie des Equipes de réponse aux incidents en temps de crise (CIRT). Il s agit d un mécanisme coordonné par OCHA qui comprend UNPOL et la MINUSTAH. Un plan national de prépositionnement de stocks d'urgence et un plan d urgence du Comité permanent interorganisations (IASC) ont été élaborés sous l égide du DPC. Le pré positionnement des stocks alimentaires est bien avancé. Au niveau ministériel, la planification d'urgence est en phase finale et devrait être achevée au cours de la semaine à venir. Le CIRT de Léogane a déjà répondu à un incident affectant 600 foyers en raison des inondations du 13 septembre de la rivière Royone. Le plan d'évacuation du DPC pour le Département de l Ouest devrait être approuvé cette semaine. L'OIM et le DPC ont cartographié les camps à risque du Département. Selon le DPC les données en matière d'évacuation se présentent comme suit: 20% de la population devraient être évacués dans des familles d'accueil; 20 à 25% de la population devraient trouver refuge dans des abris anti ouragan; 25 à 30% de la population resteraient dans des camps n étant pas à haut risque d'inondation ou de glissement de terrain; 30% de la population devrait être évacuées vers des terres plus élevées. Selon le DPC, le plan d'évacuation a encore besoin de ressources supplémentaires, à la fois financières et matérielles. Le DPC cite en en particulier un déficit de financement de 300 000 dollars américains, la nécessité de disposer de cordes pour sécuriser les tentes et d'une aide alimentaire pour les 7 200 familles qui devraient être évacuées dans des familles d'accueil. Faits et chiffres humanitaires Aperçu humanitaire INFORMATION CHIFFRES SOURCE Population Plus de 2 millions de Gouvernement d Haïti touchée personnes Maisons 188 383 maisons Gouvernement d Haïti détruites ou endommagées Maisons expertisées 250 801 bâtiments, dont 221 892 résidences, ont été expertisés par le Ministère des travaux Ministère des travaux publics (UNOPS) 5 août
publics. 50.67% (127 082) Vert 27.11 % (68 001) Jaune 22.22 % (55 718) Rouge Personnes déplacées dans des sites de peuplement Personnes déplacées quittant le Département de l Ouest Sites de peuplement spontanés Gestion des camps Camps soumis à évaluation et à l atténuation des risques 1,3 million de personnes 661 000 personnes (la majorité dans des familles d accueil) DPC/IOM Juin 2010 Gouvernement d Haïti 1 354 sites DTM 5 août Sites répertoriés : 1 1108 dans les zones touchées Nombre de ménages : 291 450 226 sites ont fait l objet d une évaluation de vulnérabilité en cas de tempêtes et d inondations. L objectif maintenant est d atteindre le chiffre de 300. Des travaux d atténuation des risques ont été achevés dans 29 sites. Analyses OIM 31 juillet OIM 10 août Construction d abris temporaires Financement de l appel éclair 13,073 abris temporaires ont été construits et abritent 60 000 personnes. 633 sont en cours de construction et 14 378 autres sont disponibles dans le pays. Financé à 70 % Cluster abri 12 août Service de suivi financier FTS. 6 septembre. Initiative de l OIM et de la Croix-Rouge américaine relative aux familles d accueil Un programme ciblant les communautés d accueil des zones n ayant pas été affectées par le tremblement de terre a été élaboré par l OIM et la Croix-Rouge américaine, de concert avec le Programme d action du Gouvernement d Haïti relatif au relèvement et au développement national. D une durée d un an, cette initiative vise à fournir une aide aux communautés et familles
d accueil des départements de l Artibonite, du Sud et du Nord en mettant en œuvre des projets dans les domaines notamment de la santé, de l agriculture, de l eau et l assainissement (WASH). MISES À JOUR HUMANITAIRES REGIONALES Gonaïves La planification d urgence a été au centre de l action humanitaire dans le département de l Artibonite. Les travaux de nettoyage des infrastructures de drainage à Ravine Duree et dans le delta de la rivière Bigot, par le biais du programme «rémunération contre travail» sont en cours comme l est la construction d'un système de buses en béton par les troupes de la MINUSTAH afin d atténuer les risques d'inondation à Gonaïves. À l'heure actuelle, le PAM dispose de 9 000 tonnes de nourriture pré-positionnées. Par ailleurs, 17 abris temporaires susceptibles d accueillir 4 300 personnes ont été identifiés par le DPC. Il faut toutefois y installer un système d approvisionnement en eau ainsi que d'autres services. Les partenaires du Cluster abri ont mis en commun leurs stocks de fournitures humanitaires qui seront disponibles au niveau des municipalités et des départements. À Saint-Marc, le DPC, les autorités locales, OCHA, l'oim et la MINUSTAH se sont réunis pour discuter de la réinstallation des familles déplacées vivant dans 151 colonies spontanées de l'artibonite. L'OIM et le Ministère des travaux publics sont chargés d'élaborer le plan de réinstallation de ces personnes et d identifier les modalités de réponse aux besoins en nourriture, eau potable et articles non alimentaires. Au cours du mois d'août, la FAO a distribué 45 000 plants de bananiers dans les communes de Gros-Morne, Ennery, Terre Neuve et la Marmalade. La FAO distribue actuellement des outils et semences à 50 000 familles et continue de soutenir les activités de pisciculture que mènent les personnes déplacées. Léogane La situation humanitaire à Léogane reste complexe. Il existe 293 sites de peuplement spontanés (48 à Gressier et 245 à Léogane) accueillant 61 121 personnes déplacées. Beaucoup d entre elles étaient locataires mais elles ne disposent plus de sources de revenus et d alternatives durables pour se loger. L élaboration de programmes de réinstallation se poursuit. L ensemble d activités proposées comprend une aide à l'enlèvement des gravats, un abri transitoire, une aide en WASH construction de latrines, approvisionnement en eau potable et distribution de kits d'hygiène des articles non alimentaires, une aide alimentaire et une composante «moyen de subsistance» telle que la participation à un programme «rémunération contre travail. Les autres clusters, dont celui de la santé, de la protection, de l'agriculture et de l'éducation, doivent encore préciser quelle sera leur contribution. L identification des terres pour la réinstallation des personnes déplacées reste un défi. Les propriétaires fonciers protestent à chaque fois qu'un site de relocalisation approprié est choisi et que les travaux de préparation du site commencent. Les propriétaires fonciers disent ne pas avoir été informés par la mairie du processus d'expropriation des terres ou des travaux de préparation du site. Pour mieux faciliter la communication entre le bureau du maire et les propriétaires terriens, des panneaux d'information seront désormais installés sur les terrains envisagés pour l installation de sites de peuplement. Cette initiative, qui a été approuvée le 7 septembre par le maire de Léogane et le Ministre de l'environnement, en collaboration avec la communauté humanitaire, a pour but d'informer correctement les propriétaires des terres sans nuire à la préparation du site. L'enlèvement des gravats, la réhabilitation et la construction de structures publiques sont nécessaires pour rétablir les services de base tels que les écoles, les dispensaires et les sources
d'eau, entre autres. Les membres du Cluster éducation de Léogane et de Petit Goâve ont confirmé que Fonkoze, une fondation nationale de promotion du micro-crédit, avait financé des écoles non publiques dans le cadre d un programme soutenu par le Gouvernement d'haïti et des partenaires du Cluster éducation. L allocation des fonds à chaque école des quatre communes a commencé. Le déblaiement des canaux et des rivières est également essentiel en ce début de saison des ouragans. La MINUSTAH et le Ministère de l'environnement continuent de faire des progrès en la matière mais il reste encore beaucoup à faire. Le Cluster protection à Léogane a intensifié sa campagne de sensibilisation sur la protection des personnes vulnérables en cas de catastrophe naturelle, notamment les handicapés, les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes. Le coup d envoi de la campagne a été donné par une conférence de presse et le lancement d une caravane itinérante se rendant dans les zones à haut risque avec à son bord des groupes de discussion chargés de parler aux populations de la préparation aux inondations. Le Cluster protection s est attaché en particulier au camp de Shekinah Gressier où le propriétaire du terrain a récemment informé les résidents qu'ils disposaient d une semaine pour quitter les lieux. Le 13 septembre le comité du camp Shekinah a signalé que les 92 familles restantes s étaient déplacées sur le site Merger. Bien que rejeté par l'oim comme site de relocalisation, le camp Merger est une zone de réinstallation gérée par la communauté locale. Le site a besoin de disposer d infrastructures sanitaires. Oxfam facilite l'installation de douches, de latrines et l approvisionnement en eau. Le Cluster santé a appelé au lancement de programmes «rémunération contre travail» pour améliorer l état des routes, ce qui permettrait aux cliniques mobiles d offrir des services aux collectivités qui n'ont pas facilement accès aux services de santé. Les accidents de la route, qui sont l'une des principales causes de décès et de blessures dans la région, sont à la hausse entre Léogane et Petit Goâve. L état des routes, qui s est encore détériorée depuis le tremblement de terre, est en cause. L ONG Samaritain Purse, en collaboration avec la MINUSTAH, la Police nationale d'haïti (PNH), et les bureaux des maires élaborent une campagne de sensibilisation et d'autres initiatives afin de réduire le nombre d accidents de la route. Jacmel À ce jour, huit sites spontanés ont été évacués dans et autour de Jacmel. Ces camps «fantômes» ont été démontés avec le soutien de la mairie et du DPC. Selon l'oim, 13 249 personnes déplacées se trouvent dans la commune de Jacmel et vivent dans cinq camps officiels et 15 sites spontanés gérés par l'oim. Les 173 familles qui résidaient dans le site de Pinchinat ont été réinstallées au nouveau camp Mayard dans le cadre d un processus s étant terminé le 11 août. Le site Mayard accueille 175 familles. La réinstallation a été réalisée avec l'appui logistique de la MINUSTAH, d'ocha, du bureau du maire, de la PNH et de tous les clusters. L'OIM continue de renforcer les tentes à Mayard qui ne dispose toujours pas d éclairage suffisant pour des raisons de sécurité. À ce jour, 505 abris ont été construits dans la ville. Le maire de Jacmel a interdit les abris à base de revêtements en plastique ou de bâches. La question des abris transitoires continue d'être un sujet important dans la commune. Le 27 août, un atelier de travail relatif aux plans de secours d urgence du département du Sud- Est a été organisé par le DPC, avec la participation des autorités locales, de la police, et de la communauté internationale. La nécessité pour les décideurs locaux d avoir recours au DPC afin de mieux assurer la protection des populations vulnérables pendant la saison des ouragans a été soulignée. Pour analyser les forces et les lacunes de la réponse en cas de crise, la MINUSTAH et des partenaires internationaux organiseront un exercice de simulation du 22 au 23 septembre. Le programme d'alimentation scolaire du PAM est en cours dans les camps et les écoles et se poursuivra jusqu'à la mi-octobre. Un total de 50 000 enfants, y compris ceux qui habitent dans
des communes difficiles d'accès, devraient en bénéficier. Les efforts se poursuivent dans la lutte contre la malnutrition des enfants de Baie d'orange, Marbriole et Belle Anse. Le Cluster nutrition avec le soutien du Conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA), le Ministère de la santé publique, Save the Children et les agences de l'onu ont organisé une mission d'établissement des faits dans ces domaines et ont publié les recommandations suivantes : fournir davantage de soutien à l'agriculture dans les zones montagneuses non-arides; la mise en œuvre d activités «vivres contre travail» et «travail contre rémunération» en appui à la production agricole; le lancement de travaux d'amélioration de la route de Belle Anse dans le cadre des programmes travail contre vivres et rémunération; et l'intensification des programmes de soutien nutritionnel pour les populations cibles des zones en question. Dans la commune de Jacmel, l'eau et les conditions sanitaires se sont considérablement améliorées ces derniers temps, en grande partie grâce aux efforts déployés par le cluster WASH et DINEPA. Toutefois, d'autres communes dans le département du Sud-Est n'ont pas bénéficié de ces améliorations, DINEPA ne couvrant que la commune de Jacmel. Dans d'autres zones, notamment Belle Anse, l'approvisionnement en eau et les conditions sanitaires doivent être renforcés. L'UNICEF et le PNUD ont suggéré d'étudier les mesures qui peuvent être prises pour renforcer le cluster WASH dans le département. En réponse à quatre viols de mineures dans la commune des Cayes-Jacmel, le FNUAP et la MINUSTAH ont lancé le 8 septembre une campagne de sensibilisation contre la violence sexuelle. Les partenaires du Cluster protection travaillent au renforcement d un service d'orientation des victimes de viol. Les partenaires du Cluster santé du Département du Sud-Est travaillent avec le Ministère de l'assainissement à l élaboration d une stratégie de transition vers des centres de santé fixes, tels que l'hôpital Saint-Michel. Cette stratégie sera rendue publique à la fin du mois de septembre. A l heure actuelle, le cluster met en œuvre un programme de distribution de moustiquaires en réponse à l'augmentation des cas de paludisme dans les communes de Jacmel, les Cayes- Jacmel, Bainet, et Anse-à-Pitres. A ce jour, 83 048 moustiquaires ont été distribuées dans ces communes. Petit-Goâve Le déménagement forcé de personnes déplacées demeure une grave préoccupation à Petit- Goâve. Oxfam a publié une liste de sites de peuplement où il existe des conflits avec les propriétaires fonciers, comme c est le cas du site récréatif du barrage. Les autorités municipales souhaitent récupérer les terres de ce site mais n'ont pas encore fait de proposition pour reloger les déplacés qui y vivent. À ce jour, 200 familles, vivant dans quatre sites, sont menacées d'expulsion avant la fin octobre. Des discussions entre les autorités communautaires et les acteurs humanitaires sont en cours pour élaborer des programmes de construction d'abris transitoires et un ensemble d aides à la relocalisation des personnes déplacées. Ces discussions portent également sur l élaboration de stratégies pour passer de la coordination des camps à la coordination communautaire. Un total de 9 000 familles devrait recevoir des abris transitoires dans les communes de Petit-Goâve et Grand Goâve. Les activités de protection à Petit-Goâve s attachent plus particulièrement aux cas de viols et d'abus de restaveks. Les partenaires du Cluster protection signalent une augmentation des cas, en particulier en ce qui concerne la protection des enfants et l'état de l unique orphelinat que compte la région. L ONG People in Need a mis sur pied des comités de protection qui orienteront les victimes vers les services pertinents et travailleront également à la problématique de la violence sexiste. En juillet, une équipe d ingénieurs américains ont signalé que 80 écoles avaient été détruites par le séisme. Les préoccupations pour l'année scolaire à venir portent sur l approvisionnement en eau et l'assainissement (WASH) dans les écoles qui fonctionnent. Les partenaires du Cluster WASH poursuivent leurs efforts pour mettre fin à l approvisionnement en eau par camions-
citernes, établir des infrastructures permanentes et réhabiliter le système urbain d'adduction d eau et les puits. Oxfam a lancé un programme visant à fournir de l'eau dans les collines des zones rurales et DINEPA s'emploie à renforcer les capacités au niveau communal. Selon les estimations en termes de planification d'urgence, 20 000 et 25 000 personnes seraient touchées respectivement à Grand et Petit-Goâve en cas d'un ouragan. La question du manque d'abris anti-ouragans n est toujours pas résolue, les bâtiments scolaires des communes n étant pas adaptés. Le camp Ruelle Northon a connu de fortes inondations dans la nuit du 8 septembre. Quelque 178 abris doivent être remplacés et des travaux de dégagement des systèmes de drainage sont nécessaires. L'OIM et ses partenaires humanitaires sur le terrain répondent aux besoins des personnes touchées. Les participants à la réunion du 23 août sur le sujet avaient alors recommandé l élaboration d une campagne de sensibilisation qui a été lancée dans les deux communes par la FIRC et le DPC. L'OIM et 150 personnes mènent des travaux de dégagement des systèmes de drainage dans les deux sites de Petit et Grand-Goâve. La MINUSTAH, par l intermédiaire de sa ligne de financement de projets à impact rapide, finance ces travaux. Enfin, les manifestations s étant déroulées le 6 septembre à Petit Goâve n ont pas permis aux acteurs humanitaires de travailler. Des barricades avaient été érigées dans les rues et des graffitis, modérément hostiles à une ONG travaillant localement, avaient été écrits. Aucune menace directe n avait été faite contre la communauté humanitaire. MISES À JOUR HUMANITAIRE: PAR CLUSTER Abri / articles non alimentaires (NFI) En date du 13 septembre, les partenaires du Cluster abri/ NFI ont assisté plus de 60 000 personnes en construisant 13 073 abris transitoires. Cet effort, ainsi que la distribution de 97 000 tentes et 681 490 bâches, a permis d aider plus de 2,2 millions de bénéficiaires depuis janvier 2010. Les abris ont été majoritairement construits en dehors de Port-au-Prince en raison des problèmes tels que les décombres, les questions de propriété foncière et la densité de la population. Un total de 117 811 logements transitoires à construire ont reçu les financements nécessaires. Dans le cadre de la préparation aux catastrophes, les membres du Cluster abri / NFI et les organismes de gestion des camps ont mis au point plusieurs mesures d'atténuation des risques en cas d ouragans et d autres catastrophes naturelles potentielles, y compris l évaluation des camps à risque, la distribution de matériaux de construction imperméables, l amélioration des canaux d évacuation de l eau dans les camps et l'installation de latrines résistantes aux inondations. L'équipe de coordination du cluster a aidé 34 organisations à pré positionner des stocks d'urgence (kits abris, bâches, kits d'hygiène, ustensiles de cuisine et kits familiaux). Les zones du pays considérées comme vulnérables aux inondations et aux glissements de terrain ont été identifiées et ciblées. A l heure actuelle, le pré-positionnement de stocks est suffisant pour répondre aux besoins de 72 000 familles. Le Cluster abri/ NFI continue de participer à la campagne de messagerie que mènent la Croix- Rouge haïtienne, la FICR et la Croix-Rouge américaine. Les gestionnaires des camps des organisations humanitaires ont également été formés à sensibiliser les habitants de 300 camps pendant la saison des ouragans. Les organisations humanitaires, dont la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, continuent d alterner les activités de construction d'abris transitoires et la redistribution de matériaux pour la construction d abris d'urgence, un défi de taille en raison de la saison des ouragans. Le Cluster abri/nfi souligne qu il est nécessaire de disposer de financements et d un soutien en matière de capacités de la part des bailleurs de fonds.
Coordination/gestion Camp / (CCCM) Le Cluster CCCM continue de travailler avec le Gouvernement d'haïti et les partenaires humanitaires à l élaboration d une stratégie pour permettre l allocation d un ensemble de mesures d aide au retour des personnes déplacées prêtes à rentrer chez elles sur une base volontaire. Les partenaires du Cluster continueront à soutenir les travaux d'atténuation des risques tels que les systèmes de drainage et autres travaux de génie civil dans les sites considérés à haut risque d'inondation, de glissements de terrain ou autre. Lors de l évaluation du niveau de vulnérabilité des sites, l Unité de planification des sites du Cluster CCCM a procédé à des évaluations conjointes avec les représentants du DPC à Port-au-Prince, Grand-Goâve et Petit Goâve. Les partenaires du cluster travaillent à promouvoir le transfert volontaire des personnes déplacées se trouvant dans des sites à haut risque. Le Cluster CCCM a presque achevé la rédaction d'un manuel sur la réduction des risques en cas de catastrophe soudaine que les partenaires peuvent utiliser dans les camps afin de sensibiliser et de renforcer les stratégies de réduction des risques. Au 20 août, 51 sessions de formation en CCCM ont été dispensées auprès de 1 131 participants, dont 32 à Port-au-Prince et 19 dans d autres zones touchées. Les demandes en matière de formation à la protection, transparence et violence sexistes sont en augmentation constante. Education A ce jour, 360 écoles, plus d'un tiers des écoles détruites par le séisme, ont demandé une aide pour le déblaiement des gravats. Les partenaires du Cluster éducation et la MINUSTAH procèdent à l enlèvement des décombres. Un soutien financier supplémentaire est demandé. Le Gouvernement a accordé un rang prioritaire à l éducation et a souligné la nécessité pour les personnes déplacées de quitter les écoles qu ils occupent pour permettre aux élèves de retourner à leurs études. A Gressier, le DPC a demandé aux personnes déplacées qui occupaient l'ecole nationale de Gressier de se reloger temporairement hors des murs de l école. Ces personnes ont bénéficié d une aide à la réinstallation et, par la suite, au retour dans leur lieu d'origine. La réinstallation de ces familles s'est déroulée sans incident. À Petit-Goâve, des rapports ont fait état de l occupation de l'ecole apostolique. Les personnes déplacées qui s y trouvaient ont été convaincues de déménager volontairement pour retourner dans leurs régions d'origine, comme l'a confirmé en juillet le coordonnateur du Cluster éducation. CESVI, un partenaire du Cluster éducation, a signalé que l installation de camps pour personnes déplacées dans les écoles était préjudiciable au déroulement des activités WASH prévues dans ces écoles. Nutrition Diverses formations pour lutter contre la malnutrition ont été organisées à l'échelle nationale. La plupart d'entre elles portaient sur la nutrition des femmes enceintes ou allaitantes et le soutien psychosocial dans les tentes bébé. Environ 7 000 femmes étaient enceintes lors du tremblement de terre et beaucoup d'entre elles souffrent maintenant de traumatismes psychosociaux à la suite de cet événement. Ces difficultés se traduisent souvent par une négligence de l'alimentation et de la nutrition des bébés et des enfants. Enfin, le Protocole national de la prise en charge de la malnutrition globale aiguë a été publié par le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP). Ce guide tant attendu standardise toutes les procédures liées à la malnutrition. Santé Une deuxième campagne de vaccination a été nécessaire pour compléter une campagne de initiale contre diverses maladies dont la fréquence a augmenté depuis le tremblement de terre. Au cours de la campagne qui s'est terminée le 13 août, plus de 600 000 personnes ont été
vaccinées contre la rougeole et la poliomyélite et plus de 800 000 contre le tétanos. Cette deuxième campagne a été dictée par les mouvements de population dans des régions où sévit le virus de la poliomyélite autochtone, où l on assiste à une augmentation des blessures causées par des débris rouillés et où une baisse de l'hygiène personnelle des habitants des camps a été constatée. Après le tremblement de terre du mois de janvier, le Centre national de transfusion sanguine a été gravement endommagé. Le sang disponible et les équipements ont été perdus. Depuis le tremblement de terre, la Croix-Rouge américaine et d'autres organisations ont fourni 2 451 unités de sang importées. Haïti s est appuyé également sur des dons de sang venant de l étranger mais les besoins en transfusions ne sont souvent pas satisfaits. Le Cluster santé, en coopération avec PAHO et la Banque de sang nationale centrale, a organisé une collecte de sang du 7 au 8 septembre dans le Rubb Hall de la base logistique de la MINUSTAH. Logistique Un exercice de simulation conjoint en cas d ouragans aura lieu simultanément à Jacmel et à Portau-Prince les 22 et 23 septembre. Tout comme l exercice de simulation organisé au mois de juin aux Gonaïves, celui-ci portera sur la planification d'urgence et la réduction des risques en cas de catastrophes, l identification des besoins non couverts et l amélioration de la réponse Dans l éventualité d une catastrophe naturelle, le Cluster logistique fait partie de l'e-joint, un mécanisme conçu par OCHA d échange rapide d informations fiables, de coordination et de secours en cas de crise au niveau national et sur le terrain. Les activités de pré-positionnement de conteneurs aux Gonaïves, Port-de-Paix et Cap-Haïtien sont presque achevées. Au mois d'août, plus de 1 400 tonnes métriques de matériel d abris, WASH et logistique ont été livrées pour soutenir la communauté humanitaire. Le matériel a été transporté par la route aux Gonaïves, Jacmel, Jérémie, Léogane, Petit-Goave, et la zone de Port-au-Prince. Communication Depuis le début de la saison des ouragans, la planification d'urgence est un thème central de la communication humanitaire. Le 3 septembre, le groupe de travail sur la Communication avec les communautés touchées par une catastrophe (CDAC), en collaboration avec International Media Support (IMS), Internews et OCHA a organisé une série de réunions à Jacmel avec la participation du DPC, du bureau du maire, des acteurs humanitaires et des médias pour discuter de la communication d'urgence. Il s agit de la deuxième série de visites prévues dans les régions les plus exposées aux risques d inondations et aux ouragans. L'objectif est de déterminer la meilleure manière de communiquer en réponse à une catastrophe. Les conclusions de ces rencontres seront présentées au DPC le 14 septembre à Port-au-Prince. Une autre mission aura lieu aux Cayes les 16-17 septembre. Une campagne SMS conjointe OIM-Digicel en préparation à une catastrophe éventuelle a eu lieu la dernière semaine du mois d'août et la première semaine de septembre. La campagne a été soigneusement synchronisée avec la campagne «Voilà» lancée par la Fédération internationale de la Croix-Rouge / Croissant-Rouge. Il s agissait donc d une initiative conjointe qui a obtenu un taux de couverture quasi total des réseaux de téléphonie mobile d Haïti. Le gouvernement a approuvé la stratégie de communication qui vise la sensibilisation des bénéficiaires par le biais de la messagerie SMS et par l intermédiaire d équipes de mobilisation communautaire, des organisations partenaires, et des points d'information situés dans les camps et les zones vulnérables. L'OIM et UNOPS mèneront cette campagne dans des camps qui ne disposent pas d association de gestion, tandis que des équipes distinctes d UNOPS et de l OIM formeront le personnel des ONG travaillant dans les camps pour leur permettre de mener la campagne eux-mêmes. Un exercice de simulation a été réalisé avec succès pour tester la capacité à atteindre un grand nombre de bénéficiaires des camps au cours d une période de 24 heures. L exercice portait sur la
diffusion de messages d'alerte en cas de conditions météorologiques extrêmes. Pendant la simulation, des messages sur la préparation en général ont été diffusés. Ils ont ensuite été remplacés par des messages contenant des informations de dernière minute sur la préparation et les conditions météorologiques en cas de conditions météorologiques extrêmes. Les équipes de supervision civilo-militaires et les équipes de mobilisation communautaire de l'oim et d UNOPS ont participé à l'exercice. Eau, assainissement (WASH) Le Cluster WASH élabore actuellement une stratégie de réponse WASH pour soutenir le retour des personnes déplacées dans leurs quartiers d origine. Un atelier s'est tenu le 8 septembre pour examiner les indicateurs WASH actuels et le cadre opérationnel stratégique dans le but de refléter les changements en cours. Les agences du Cluster WASH concentrent leurs efforts sur le maintien des infrastructures existantes et l augmentation des services pour répondre aux objectifs convenus. La livraison de l eau par camions-citernes doit prendre fin le 31 décembre. Le cluster élabore à l heure actuelle une stratégie de sortie afin de réduire le volume d eau livré au quotidien à travers le secteur municipal de Port-au-Prince, soit 7 000 mètres cubes d'eau. World Vision commencera prochainement à fournir un soutien logistique et de gestion au site Truttier Dump pour l'élimination des eaux usées. Le Gouvernement d'haïti procède à l heure actuelle au déblaiement de la route d'accès au site pour permettre la construction de fosses septiques, la première devant être opérationnelle au cours des deux prochaines semaines. FINANCEMENT Système de traçage financier (FTS) Selon le FTS, l'appel humanitaire révisé de 1,5 milliard de dollars est financé à hauteur de 70%, soit 1,034 milliard de dollars. A cela s ajoute, plus 15 345 759 millions de dollars en promesses de dons non engagés.