PORTRAIT DU BASSIN VERSANT DE LA RIVIÈRE OUELLE Réalisé par le : Grâce à la participation financière de : Partenaires :
Équipe de réalisation Portrait du bassin versant de la rivière Ouelle 2008-2009 Rédaction : Véronique Furois, Comité de bassin de la rivière Fouquette Commentaires et révision : François Gagnon, Comité de bassin de la rivière Fouquette Luc Martin DeRoy, Fédération de l UPA de la Côte-du-Sud Maryse Hénault-Tessier, MRC de Kamouraska Élise Marquis, Comité de bassin de la rivière Kamouraska (COBAKAM) Crédit photo : Page couverture : http://www.ledevoir.com/2008/04/19/185610.html (photo du haut) ; http://www.flickr.com/photos/jelrdanjou/2929134660/ (photo du bas) Crédit : La réalisation de ce document est rendue possible grâce à la contribution financière de la Fondation pour la conservation du saumon atlantique. Référence à citer : FUROIS, V. 2009. Portrait du bassin versant de la rivière Ouelle. Comité de bassin de la rivière Fouquette. 104 p. iii
TABLE DES MATIÈRES Équipe de réalisation... iii TABLE DES MATIÈRES... v LISTE DES TABLEAUX... vii LISTE DES FIGURES...viii LISTE DES CARTES... ix LISTE DES ANNEXES... ix LISTE DES ACRONYMES UTILISÉS... xi INTRODUCTION...1 1. HISTORIQUE DES USAGES DE L EAU ET DE LA RESSOURCE...3 2. CARACTÉRISTIQUE DU BASSIN VERSANT...5 2.1 Localisation et superficie du bassin versant...5 2.2 Topographie et profil en long...5 2.3 Tenure en fonction du profil kilométrique des rivières concernées...6 2.4 Dépôts de surface...6 2.5 Climatologie...7 2.6 Régime hydrique...8 2.7 Réseau hydrologique du bassin versant...9 Sous-bassins de la rivière Ouelle...9 Plans d eau...10 Zones particulières...10 2.8 Zone à risque (inondation et érosion)...10 3. UTILISATION DU TERRITOIRE...12 3.1 Les municipalités et le territoire...12 Saint-Damase-de-L Islet...13 Tourville...14 Sainte-Perpétue...14 Petit Lac Sainte-Anne...15 Mont-Carmel...15 Saint-Onésime-d Ixworth...16 Saint-Gabriel-Lalemant...17 Rivière-Ouelle...17 Saint-Pacôme...18 Autres informations...19 3.2 Milieu forestier...19 3.3 Territoires structurés et zones d intérêt particulier...21 3.4 Milieu agricole...22 Production animale...23 Production végétale...23 Bilan agronomique...24 Structure d entreposage et accès des animaux au cours d eau...25 3.5 Milieu industriel et commercial...26 v
3.6 Infrastructure de transport... 26 3.7 Récréotourisme... 27 4. DIVERSITÉ BIOLOGIQUE... 28 4.1 Le saumon atlantique... 28 Cycle de vie... 28 Rivières à saumon du Bas-Saint-Laurent... 29 Tenure et droit de pêche... 30 Production de la rivière Ouelle... 30 Ensemencement... 31 Évolution de la population... 32 Facteur limitant la ressource... 33 Retombées économiques... 34 4.2 L éperlan arc-en-ciel... 34 Cycle de vie... 34 Frayère à éperlan arc-en-ciel de la population du sud de l estuaire... 35 Suivi de la reproduction... 35 Déposition des œufs... 35 Suivi des juvéniles... 38 Programme de marquage... 39 4.3 Autre faune aquatique... 40 Poisson... 40 Autre... 40 4.4 Faune aviaire... 40 4.5 Faune terrestre... 41 4.6 Flore...41 4.7 Espèces menacées... 41 5. QUALITÉ DE L EAU... 43 IQBP... 44 Coliformes fécaux... 44 Chlorophylle α... 44 Azote ammoniacal... 45 Nitrites-nitrates... 45 Phosphore... 45 Turbidité... 45 CONCLUSION... 47 CARTES... 49 BIBLIOGRAPHIE...75 Annexe 1... 79 Annexe 2... 83 Annexe 3... 87 Annexe 4... 93 Annexe 5... 97 vi
LISTE DES TABLEAUX Tableau 1. Caractéristiques climatiques comparées des secteurs aval et amont du bassin. (source des données : MDDEP)...7 Tableau 2. Longueur des cours d eau et superficie des sous-bassins...9 Tableau 3. Superficie des plans d eau...10 Tableau 4. Superficie occupée par les municipalités, à l intérieur des limites du bassin versant ainsi que la population de ces municipalités...13 Tableau 5. Résumé des caractéristiques municipales ayant leur périmètre urbain à l intérieur des limites du bassin versant. (Source : les municipalités du bassin versant)...19 Tableau 6. Proportion de la tenure des terres, du type forestier et des classes d âge, pour l ensemble du bassin ainsi que chacune des régions administratives....20 Tableau 7. Évolution du nombre d entreprises agricoles dans le bassin versant pour chacune des régions administratives...22 Tableau 8. Nombre d animaux équivalent à une unité animale...23 Tableau 9. Valeurs fertilisantes des exploitations agricoles dans le bassin versant....24 Tableau 10. Bilans associés aux exploitations agricoles situées dans le bassin....25 Tableau 11. Unités de production salmonicole accessibles dans les rivières du Bas- Saint-Laurent....29 Tableau 12. Unités de production salmonicole accessibles dans la rivière Ouelle....30 Tableau 13. Liste des ensemencements de saumons atlantiques juvéniles dans le réseau hydrographique de la rivière Ouelle...31 Tableau 14. Superficies potentielles et utilisées de déposition des œufs d éperlan arcen-ciel des rivières Ouelle, Fouquette et du Loup de 2003 à 2008....35 Tableau 15. Niveau de densité de déposition d œufs d éperlan arc-en-ciel (n/dm 2 ) (voir légende figure 16 et 17)...37 Tableau 16. Superficie de déposition d œufs dans la rivière Ouelle de 2004 à 2008...38 Tableau 17. Indice de déposition des œufs d éperlan arc-en-ciel (IDO) des rivières Ouelle, Fouquette et du Loup de 2003 à 2008....38 Tableau 18. Comparaison du nombre d éperlans arc-en-ciel et du rapport des sexes entre le groupe d individus marqués et le groupe d individus recapturés, en 2002...39 Tableau 19. Liste des paramètres physico-chimiques et bactériologiques utilisés et de leur critère de qualité de l eau en fonction de l usage...43 Tableau 20. Descripteurs qualificatifs associés à la valeur d IQBP et impact sur les usages....43 vii
LISTE DES FIGURES Figure 1. Profil du tracé de la rivière Ouelle sur l ensemble de son parcours.... 5 Figure 2. Débits mensuels de la rivière Ouelle en m³/s pour la période d avril à mars.... 9 Figure 3. Processus d'érosion et de dépôt dans un cours d'eau méandrique... 10 Figure 4. Tracé d un des méandres délaissés de la rivière Ouelle. (Source : MRC de Kamouraska)... 11 Figure 5. Utilisation du territoire.... 12 Figure 6. Figure 7. Proportion qu occupent chacune des municipalités dans le bassin versant de la rivière Ouelle.... 12 Répartition des types forestiers dans le bassin versant de la rivière Ouelle. (Source : Agences des forêts privées du Bas-St-Laurent et de Chaudière- Appalaches, 2008)... 20 Figure 8. Répartition des classes d âge forestières dans le bassin versant de la rivière Ouelle. (Source : Agences des forêts privées du Bas-St-Laurent et de Chaudière-Appalaches, 2008)... 21 Figure 9. Répartition des entreprises agricoles dans le bassin versant de la rivière Ouelle... 22 Figure 10. Proportion des unités animales... 23 Figure 11. Proportion des superficies des productions végétales... 24 Figure 12. Localisation des rivières à saumon de la région du Bas-Saint-Laurent.... 28 Figure 13. Nombre de captures sportives dans la rivière Ouelle.... 30 Figure 14. Données d exploitation sportive du saumon atlantique dans la rivière Ouelle.... 31 Figure 15. Inventaire du saumon atlantique fait à la pêche électrique par le MRNF.... 32 Figure 16. Localisation des frayères d éperlan arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint- Laurent... 34 Figure 17. Localisation de déposition des œufs d éperlan arc-en-ciel sur la rivière Ouelle de 2004 à 2007.... 36 Figure 18. Localisation de déposition des œufs d éperlan arc-en-ciel sur la rivière Ouelle de 2008.... 37 Figure 19. Localisation des zones de rétention larvaire des éperlans arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint-Laurent.... 38 Figure 20. Valeur de l IQBP à la station 02270002 pour la période estivale comprise entre le 6 mai 2008 et 7 octobre 2008.... 44 viii
LISTE DES CARTES Carte 1. Bassin versant de la rivière Ouelle...51 Carte 2. Carte 3. Carte 4. Carte 5. Carte 6. Carte 7. Bassins versants délimitant celui de la rivière Ouelle...53 Plans d eau et barrages...55 Sous-bassins principaux...57 Zones particulières et chutes...59 Zones à risque d érosion et d inondation...61 Municipalités du bassin versant de la rivière Ouelle...63 Carte 8. Anciens dépotoirs et sources d eau municipale...65 Carte 9. Localisation des puits enregistrés au SIH (Système d information hydrogéologique)...67 Carte 10. Répartition du milieu forestier...69 Carte 11. Localisation des fosses à saumon atlantique...71 Carte 12. Station du suivi de la qualité de l eau et limite de l influence de la marée...73 LISTE DES ANNEXES Annexe 1. Liste des poissons...79 Annexe 2. Liste partielle d amphibiens et de reptiles répertoriés sur le territoire du bassin versant, en 2004...83 Annexe 3. Liste des oiseaux répertoriés sur le territoire du bassin versant...87 Annexe 4. Liste partielle des mammifères répertoriés sur le territoire du bassin versant...93 Annexe 5. Liste des végétaux recensés sur le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle...97 ix
LISTE DES ACRONYMES UTILISÉS CDPNQ CEHQ IDO IQBP MAPAQ MDDEP MRC MRNF MPO REA SADRO SGFK SGRO u.a. ZEC Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec Centre d expertise hydrique du Québec Indice de déposition des œufs Indice de qualité bactériologique et physico-chimique Ministère de l Agriculture, des Pêcheries et de l Alimentation du Québec Ministère du Développement durable, de l Environnement et des Parc Municipalité régionale de comté Ministère des Ressources naturelles et de la Faune Pêches et Océans Canada Règlement sur les exploitations agricoles Société d aménagement et de développement de la rivière Ouelle Société de gestion de la faune du Kamouraska Société de gestion de la rivière Ouelle Unité animale Zone d exploitation contrôlée xi
INTRODUCTION À l automne 2002, la Politique nationale de l eau était adoptée par le Québec. Cette politique présente des mesures et des engagements destinés entre autres à mettre en place la gestion intégrée par bassin versant afin de gérer l eau dans une perspective de développement durable. Une gestion intégrée de l eau doit tenir compte de tout ce qui se passe dans le bassin versant, incluant autant les activités naturelles que les activités humaines. En ce sens, les sols, la végétation, les animaux et les êtres humains font partie d un bassin versant (MDDEP, 2002). Cette forme de gestion encourage donc la concertation de tous les acteurs du milieu impliqués dans différents domaines et possédant des pouvoirs de décision à divers degrés dans le but d obtenir des consensus ou des compromis pour améliorer nos interactions avec l environnement (MDDEP, 2004). Étant donné que la rivière Ouelle est une rivière à saumon et qu elle possède la plus importante frayère à éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) de la rive sud de l estuaire et tenant compte qu une zone sensible a été identifiée dans la municipalité de Sainte-Anne-dela-Pocatière, des démarches avaient été faites, en 2004, afin de former un comité de bassin versant avec une table de concertation pour les rivières Ouelle et Saint-Jean. Une étude a donc été effectuée, cette même année, par le Club KRT Envir-o-Sol, dans le but de faire la caractérisation du bassin de la rivière Ouelle et d évaluer l état des cours d eau en milieu agricole (dans la partie aval du bassin versant). À la suite à cette analyse, 27 producteurs ont été rencontrés afin de dresser un bilan des types de pratiques de conservation des sols utilisées. Par manque de financement, le projet de former une table de concertation est donc resté latent depuis la dernière rencontre des partenaires le 15 mai 2007. Au printemps 2008, une demande de financement à la Fondation pour la conservation du saumon atlantique a donc été présentée par le Comité de bassin de la rivière Fouquette. La somme accordée a permis de relancer le projet en vue de former une table de concertation pour le bassin de la rivière Ouelle. Le présent document est le premier livrable du projet, soit la réalisation du portrait du bassin versant de la rivière Ouelle. Il est préalable à la réalisation du second livrable, le plan d action.
1. HISTORIQUE DES USAGES DE L EAU ET DE LA RESSOURCE Le nom de la rivière aurait été donné, en hommage à un dénommé Houel, membre de la Compagnie des Cent Associés, compagnon de Samuel de Champlain. En 1672, la seigneurie de la Bouteillerie se bâtit en bordure des rives de la rivière, contrairement à d autres seigneuries qui se construisent près du fleuve. Petit à petit, au cours du 17 e siècle, le peuplement autour de la rivière augmente. Au 18 e siècle, un début de commerce est favorisé par la présence de la rivière Ouelle. Des commerçants bâtissent leur fortune sur l exportation des produits de consommation usuels (www.riviereouelle.ca). Au début du 19 e siècle, les seigneurs commencent à concéder les III e, IV e et V e rangs, ce qui pousse les colons à émigrer vers l'intérieur des terres. C est ainsi que Saint-Pacôme a commencé à être habité vers 1851 (www.st-pacome.ca). Le paysage de la rivière Ouelle s est beaucoup modifié depuis le 19 e siècle. Entre les années 1874 et 1958, les compagnies forestières utilisaient la construction de barrages et d estacades pour rehausser localement le niveau de l eau et ainsi permettre le flottage du bois et une meilleure manipulation des billots (Thibault et coll., 1990). La société Hardy et Powell exploitant un moulin de sciage en était responsable (Groupe SALAR, 1992). En 1950, tout le saumon avait disparu de la rivière (Beauchemin, 2004). Différents facteurs en étaient la cause, le principal étant les matières en suspension générées par le flottage du bois. Aucune loi ne réglementait la pêche et la capture de ces salmonidés qui faisaient face à une forte pression de pêche et de braconnage. Les barrages empêchaient également le saumon de retourner à leurs sites de frai pour y déposer leurs œufs (Thibault et coll., 1990). À l époque, les principaux barrages étaient situés à la sortie du lac Sainte-Anne (carte 3) et au moulin à scie dans la municipalité de Saint-Pacôme (carte 1) (Gidas, 1985). Ces barrages avaient pour effet de régulariser le débit de la rivière. Leur bassin emmagasine un grand volume d eau, reçoit les sédiments grossiers transportés par le charriage et retient les embâcles de glaces qui causent des inondations. Ainsi, l effet des crues minimisé, les rives de la rivière en aval du village de Saint-Pacôme se sont vues déboisées du couvert forestier qui les protégeait pour laisser place à de bonnes terres agricoles. Pour ce qui est de l amont du bassin, de vastes coupes à blanc étaient effectuées par les compagnies forestières (Gidas, 1985). La fermeture de la scierie, en 1952, a marqué la fin du flottage de bois (Groupe SALAR, 1992). La démolition de ces barrages à la fin des années 50 a permis à la Société d aménagement et de développement de la rivière Ouelle (SADRO) d ensemencer la rivière, maintenant privée de sa population d origine de saumon atlantique (Beauchemin, 2004). L enlèvement de ces barrages a favorisé la remontée du saumon atlantique, mais le contrôle des débits avait disparu. L ancien ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche a ensemencé, entre 1961 et 1964, quelque 500 000 tacons et alevins dans la rivière. En 1966, la rivière est décrétée rivière à saumon (Groupe SALAR, 1992). Une station de jaugeage a initialement été positionnée, en 1922, à 2,3 km en aval du pont de la route 230. La station de jaugeage permet, à l aide d un ensemble de dispositifs, l enregistrement continu des hauteurs d eau et offre la possibilité de calculer les débits à partir de celle-ci. En 1971, le ministère des Richesses naturelles a déplacé la station au pont de la route de Saint-Gabriel, puis enfin, en 1983 un second déplacement amena la station à 2,7 km en aval de Saint-Gabriel, où elle se trouve encore aujourd hui (Thibault et coll., 1990). 3
À la fin des années 80, plusieurs arrestations ont permis de mettre fin un important réseau de braconnage. Des efforts de surveillance s étaient accrus, le nombre d heures travaillées par les agents de conservation de la faune étaient passées de 1 139 à 3 400 (Groupe SALAR, 1992). Le problème a grandement diminué par la suite. Depuis 1985, le barrage du lac Sainte-Anne (carte 3) géré par Canards Illimités Canada, a été restauré. Cette réserve d eau est utilisée en partie pour contrôler le niveau de l eau durant les périodes d étiage. Malgré les efforts apportés, en 1987, des températures d eau élevées associées à ce problème de faibles débits d étiage ont causé la mort de plus de 250 saumons atlantiques adultes et de nombreux juvéniles (Thibault et coll., 1990). Au printemps 2005, le 6 avril, une partie de la municipalité de Saint-Pacôme a été inondée lorsque la rivière est sortie de son lit à cause des embâcles importants qui se sont formés au pont de la route 230 et au pont Hudon, ce dernier situé à un peu plus d un kilomètre au sud de l autoroute 20. L action des glaces et du courant a fait en sorte que plusieurs tronçons de rives ont été érodés ou emportés (Paul, 2005a). De fortes pluies durant l automne de cette même année ont amplifié les problèmes d érosion dans ces secteurs ainsi que sur les berges en amont et en aval du pont de la 132 (Paul, 2005b). Les travaux recommandés ont donc été faits durant l année suivante. Ainsi, le pont Hudon a été démoli, il y a eu dragage du gravier et prolongement de digue. En 2008, le barrage de l Étang de l Écluse (carte 3) s est brisé, entraînant ainsi des débris qui ont abîmé les travaux faits à Saint-Pacôme en 2006. De plus, le barrage du lac Sainte- Anne se jette dans l Étang de l écluse. Comme le barrage de l étang n est plus présent, l eau relâchée par le barrage Sainte-Anne se perd dans l étendue d eau de l étang, inhibant en partie l effet du barrage Sainte-Anne sur le débit de la rivière Ouelle. Des travaux sont prévus pour restaurer le barrage de l Étang de l Écluse par le Centre en expertise hydrique du Québec (CEHQ) pour rendre ainsi fonctionnel le barrage au lac Sainte-Anne. D autres travaux devront être refaits dans le secteur de Saint-Pacôme, en raison de l accumulation de gravier et l érosion associées aux importants coups d eau des dernières années. 4
2. CARACTÉRISTIQUE DU BASSIN VERSANT 2.1 Localisation et superficie du bassin versant Le bassin versant de la rivière Ouelle a une superficie de 848 km 2. Il chevauche deux régions administratives, celles du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches (carte 1). La municipalité régionale de comté (MRC) de Kamouraska comprend sept municipalités et un territoire non organisé, occupant 43 % du bassin versant tandis que la MRC de L Islet en compte quatre, pour 57 % du bassin versant. Comme on peut voir à la carte 2, le territoire est délimité au nord par le bassin versant du ruisseau du Bras (33 km²), à l est par les bassins versants des rivières Kamouraska (296 km²), du Loup (1096 km²) et Chimenticook (188 km²), au sud par le bassin versant de la Grande rivière Noire (960 km²) et enfin à l ouest par les bassins versants des rivières du Sud (1920 km²), Trois-Saumons (114 km²) et Saint-Jean (71,8 km²). 2.2 Topographie et profil en long Le profil du bassin versant permet de mesurer l efficacité du drainage. La figure 1 démontre que la longueur de la rivière Ouelle est d un peu plus de 75 km, de Rivière-Ouelle jusqu à sa source, à Sainte-Perpétue. De l embouchure jusqu à l amont, il y a d abord les basses terres, s en suit le piedmont, puis le plateau appalachien. Il y a peu de plaines inondables dans la partie du piedmont, ce terrain ayant une bonne pente ne peut donc retienir pas l eau, ce qui peut accentuer les inondations dans la partie aval du bassin versant. De plus, la Grande Rivière qui reçoit les eaux des rivières Chaude et Sainte-Anne, se jette dans la rivière Ouelle dans la partie piedmont, augmentant ainsi l apport en eau pour la partie des basses terres. La rivière Damnée et le Bras de la rivière Ouelle se déversent dans la partie du plateau des Appalaches. Altitude (m). 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Basses Terres Piedmont Saint-Pacôme Chute du Collège La Grande Rivière Plateau des Appalaches Rivière Damnée Bras de la rivière Ouelle Sens d'écoulement 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 Distance de l'embouchure (km) Figure 1. Profil du tracé de la rivière Ouelle sur l ensemble de son parcours. 5
Le bassin versant de la rivière Ouelle s étend le long d un gradient altitudinal de 0 à 440 m. Le fleuve a une influence sur l eau de la rivière à son embouchure. Ainsi, à marée haute, l eau salée de l estuaire du Saint-Laurent se mêle à celle de la rivière jusqu à 5 km de l embouchure. De plus, la marée a une influence sur le niveau de l eau de la rivière en repoussant son eau jusqu à environ 11 km de l embouchure (carte 12) (Pilote et Doucet, 2004). Les 15 premiers km aval de la rivière sont caractérisés par un écoulement qui serpente dans un relief peu prononcé où l agriculture y est abondante. Cette partie, dont l élévation est comprise entre 0 et 50 m, se nomme les basses terres de l estuaire du fleuve Saint-Laurent (figure 1). Après ces quinze premiers kilomètres, la rivière nous mène à Saint-Pacôme où les berges sont en grande partie déboisées, hautes et escarpées par endroits. Cette partie, dont l élévation est comprise entre 50 et 100 m d altitude, est appelée le piedmont appalachien (figure 1). Elle est caractérisée par des accidents topographiques comme les gorges du secteur de la Cavée. À mesure que l on se dirige vers l extrémité sud du bassin versant, le relief s accentue pour devenir les Monts Notre-Dame, dans les Appalaches. Du 29 e au 32 e km, les berges atteignent une hauteur de 25 m. La chute du Collège (carte 5), haute d environ 10 m est localisée dans ce secteur. Les 40 derniers km amont sont caractérisés par des berges hautes où on observe quelques rapides et chutes d eau. Cette dernière section, appelée le plateau (figure 1), où l élévation se situe entre 100 et 440 m d altitude, couvre la plus grande partie du bassin versant (Thibault et coll., 1990). 2.3 Tenure en fonction du profil kilométrique des rivières concernées La tenure privée qui s avère être tout terrain acquis avant le premier juin 1884, se retrouve de l embouchure de la rivière Ouelle jusqu au secteur de son moyen cours, soit jusqu au 40 e km et sur divers segments au cœur des municipalités de Tourville et de Sainte-Perpétue (carte 1) sur environ cinq kilomètres. La Grande Rivière, pour sa part, est sous une telle tenure jusqu à la réserve d Ixworth et la rivière Chaude, jusqu à la limite de la ZEC Chapais (carte 5) (Tremblay et coll, 2003). À la carte 10, représentant la répartition du milieu forestier, la délimitation et les tenures des terres forestières est la même que celle du lit de la rivière. Du temps des seigneuries, la partie de l embouchure jusqu à la confluence de la Grande Rivière (carte 4), soit grossièrement 27 km, était affectée par la tenure seigneuriale, maintenant désignée tenure privée. Il en va de même pour la partie aval de la Grande Rivière, sur une distance d un km. Il est important de comprendre que le mode de tenure privé implique que leurs propriétaires possèdent le fond des cours d eau et sont détenteurs exclusifs des droits de pêche. Malgré ce privilège, les tenants doivent se conformer aux lois qui régissent les cours d eau, toute autorisation est nécessaire pour effectuer divers travaux dans le cours d eau. Le mode de tenure privé, acquis après le premier juin 1884, ne limite pas le droit de pêche publique, mais restreint l accessibilité à la rivière (Groupe SALAR, 1992). Dans ces cas, il faut donc obtenir la permission des propriétaires pour y pêcher. 2.4 Dépôts de surface Il existe une relation entre les groupes de sols (dépôt de surface) et les formations géologiques. En effet, la glaciation et la submergence marine sont responsables d une grande partie des dépôts de surface, mais ces matériaux ont d abord été arrachés aux 6
formations géologiques, puis transportés à des distances variables, après avoir été plus ou moins triturés, pour résulter en dépôts meubles (Baril et Rochefort, 1965). Les sols des basses terres de l estuaire sont classés de qualité bonne à très bonne pour l agriculture. Dans la section de l embouchure du bassin, on retrouve les argiles limoneuses littorales d origine récente, absentes de pierres. Elles sont caractérisées par un relief horizontal et uni. Ensuite, on fait place aux argiles calcaires d origine marine Champlain, caractérisées par la présence erratique de blocs dont le relief est uni à pente faible (Baril et Rochefort, 1965). Ces sols présentent une valeur agricole intéressante. Par contre, les berges dépourvues de végétation sont exposées à l érosion. Dans cette même section du bassin, au niveau de Rivière-Ouelle, on retrouve des îlots de sols organiques tourbeux, impropres à l agriculture, mais qui font l objet d exploitation par la Tourbière Lambert. Les diverses étapes du retrait de la mer de Goldthwait sont marquées par des étages de terrasses graveleuses qui indiquent les emplacements successifs des rivages. À Saint- Pacôme, où le relief est uni à pente faible à modérée, on retrouve des sols sableux et très graveleux des terrasses marines Champlain, auxquels roches et nombreux cailloux arrondis s y trouvent (Baril et Rochefort, 1965). On laisse place à des sols de qualité moyenne à médiocre, donc moins propice à l activité agricole. Dans cette section, on retrouve aussi les monadnocks; la côte des Chats à Saint-Pacôme en est un exemple. Ce sont des collines de quartzite et de conglomérat calcareux, d âge cambrien, appartenant à la formation de type Kamouraska, l un des quatre types de roches sédimentaires retrouvés dans le comté (Baril et Rochefort, 1965). Elles ont résisté au passage des glaces. De Saint-Onésime-d Ixworth jusqu'à Tourville, on retrouve des loams de tills d origine appalachienne. Cette section est caractérisée par un relief irrégulier à pente raide où de nombreuses roches angulaires composent le sol. Dans certains îlots de cette section, surtout au pourtour de la rivière, on retrouve des sols sableux et très graveleux d origine fluvioglaciaire où on y observe de nombreuses roches arrondies (Baril et Rochefort, 1965). 2.5 Climatologie Des vents en provenance de toutes les directions, influencés par le fleuve Saint-Laurent, sont enregistrés dans la région. Les vents dominants sont ceux qui proviennent du sudouest, puis ceux du nord-est (Beauchemin, 2004). La région de la rivière Ouelle est caractérisée par un climat tempéré. Les précipitations se font sous forme de pluie ou de neige. Étant donné que le territoire du bassin s étend du fleuve Saint-Laurent, à 0 m d altitude, à une altitude d environ 440 m à Sainte- Perpétue, les mois où les précipitations sont les plus Tableau 1. Caractéristiques climatiques comparées des secteurs aval et amont du bassin. (source des données : MDDEP) Paramètre Secteur aval Secteur amont T C moyenne 3,8 3,1 Écart de T C 39,3 41,3 T C min (moy) T C max (moy) -16,2 23,1-17,9 23,4 Précipitations (mm) 1043,0 1051,7 Eau (mm) neige (mm) 768,8 274,2 797,3 254,4 abondantes diffèrent d un secteur à l autre. On retrouve un résumé des données climatiques dans le tableau 1. 7
Selon les données de la direction du suivi de l état de l environnement du ministère du Développement durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP), la température moyenne est de -9,8 o C en hiver, de 16,2 o C en été et de 3,8 o C annuellement. Les précipitations annuelles sont modérées, soit une moyenne de 1043,0 mm répartie en 768,8 mm de pluie et 274,2 cm de neige. Les mois où les précipitations totales sont les plus abondantes pour l aval du territoire sont, en ordre décroissant, les mois de décembre (104,5 mm), août (98,8 mm), septembre (98,1 mm) et mai (94,2 mm). Le mois de février est, à l opposé, celui où les précipitations sont les moins abondantes (55,1 mm). Selon les mêmes sources, dans la partie amont du territoire, la température moyenne est de -11 o C en hiver, de 17 o C en été, et de 3 o C annuellement. Les précipitations annuelles sont modérées, soit une moyenne de 1052 mm répartie en 798 mm de pluie et 254 cm de neige. Les mois où il a le plus de précipitations sont les mois d août (123,3 mm), de juillet (117,2 mm), de septembre (105,4 mm) et de juin (99,7 mm). Le mois de février est encore celui dont résultent les plus faibles précipitations notées (53,4 mm). On constate qu il y a plus de précipitations dans la partie amont du bassin. 2.6 Régime hydrique Avant 1960, les débits de la rivière Ouelle étaient contrôlés en bonne partie par des petits barrages qui servaient pour le flottage du bois. Les principaux barrages étaient situés à la sortie du lac Sainte-Anne et au moulin à scie dans la municipalité de Saint-Pacôme. Ce contrôle de l eau minimisait les effets de crue dans le bassin inférieur de la rivière (Gidas, 1985). Selon le répertoire des barrages du Centre d expertise hydrique du Québec (CEHQ), au MDDEP, on retrouve encore 6 barrages sur le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle (carte 3). Comme il a été mentionné plus haut, la rivière Ouelle est dotée d une station de jaugeage qui définit le comportement du cours d eau, qui n est pas régulier. La combinaison des caractéristiques de pente, de forme du bassin versant et l importance du niveau de déboisement impliquent un temps de réponse rapide lors d une période de crue et une faible capacité de rétention des eaux de ruissellement et de percolation par la végétation et les lacs (Thibault et coll., 1990). Le CEHQ fournit des données historiques équivalant à 22 années documentées, soit de 1982 à 2004. Selon ces données, la valeur maximale aurait été notée en avril, correspondant à la période de la fonte des neiges, elle serait d un peu plus de 400 m 3 /s (figure 2). La valeur moyenne maximale annuelle est aussi dans le mois d avril, avec un débit d environ 90 m 3 /s. À l opposé, le mois de septembre est le mois où on a noté la plus faible valeur de débit, elle était de 0,08 m 3 /s. Par contre, la valeur moyenne minimale annuelle est à la fin du mois de février avec un débit d environ 1,2 m 3 /s. On remarque qu aux mois d août et septembre les valeurs moyennes minimales sont semblables avec un débit d étiage d environ de 1,8 m 3 /s. Le débit moyen annuel se situe à 16 m³/s. Selon le CEHQ, les périodes de crue de 2, 25 et 100 ans ont des débits qui atteignent respectivement 208,0 m³/s, 363,9 m³/s et 445,7 m³/s. Les nombreux pics dessinés dans le graphique des débits signifient que, lors de fortes pluies, la rivière Ouelle se gonfle rapidement et la décrue est également très rapide. On associe ce phénomène à la morphologie du bassin versant : raideur des pentes, déboisement et absence de plaine inondable en amont. 8
Figure 2. Débits mensuels de la rivière Ouelle en m³/s pour la période d avril à mars. (Source : MDDEP, CEHQ, 2008) 2.7 Réseau hydrologique du bassin versant La rivière Ouelle mesure à elle seule un peu plus de 75 km et présente une dénivellation de 400 m, d où la présence de nombreuses chutes et cascades. Elle prend sa source dans la municipalité de Sainte-Perpétue et se jette dans le fleuve Saint-Laurent dans la municipalité de Rivière-Ouelle. Sous-bassins de la rivière Ouelle Tableau 2. Longueur des cours d eau et superficie des sous-bassins. Cours d'eau et sous-bassin Longueur (km) Superficie (km 2 ) Rivière Ouelle 75 300 La Grande Rivière 30 183 Le Bras de la Rivière Ouelle 24 113 Rivière Sainte-Anne 22 103 Rivière Chaude 24 102 Rivière Damnée 17 47 195 848 Le bassin versant de la rivière Ouelle se divise en 6 sous-bassins (carte 4). Ce sont, en ordre décroissant de superficie, le sousbassin principal de la rivière Ouelle (300 km 2 ), à l est de ce dernier, le sous-bassin de la Grande Rivière (183 km 2 ) et à l ouest, celui du Bras de la rivière Ouelle (113 km 2 ). Le sous-bassin de la rivière Sainte- Anne (103 km 2 ) se trouve à l est de celui de la Grande Rivière et le plus à l est du territoire est le sous-bassin de la rivière Chaude (102 km 2 ). Enfin le plus petit qui se trouve à l ouest complètement est celui de la rivière Damnée (47 km 2 ). Le tableau 2 démontre la longueur des cours d eau du bassin et la superficie des sous-bassins. 9
Plans d eau Tableau 3. Superficie des plans d eau. Plan d'eau Superficie Superficie (km 2 Plan d'eau ) (km 2 ) Lac Sainte-Anne 2,72 Lac des Atacas 0,09 Petit lac Sainte-Anne 1,60 Lac Lefèbvre 0,07 Lac Chaudière 1,43 Étang de la Décharge 0,06 Lac Thérrien 1,31 Lac Blanc 0,03 Lac Noir 0,55 Lac du Rat Musqué 0,03 Étang de l'écluse 0,30 Petit lac de l'est 0,01 Lac Fournier 0,13 Lac Boucher 0,01 Lac des Cinq Milles 0,13 Lac Rond 0,01 Le bassin versant de la rivière Ouelle ne possède pas de grandes étendues d eau. On y retrouve toutefois de petits plans d eau, au nombre de 16 qui totalisent une superficie de 8,5 km 2. La carte 3 localise ces plans d eau. C est le lac Sainte-Anne, chevauchant les deux régions administratives, qui occupe le plus de place avec une superficie de 2,72 km 2. La liste des lacs et étangs ainsi que leur superficie se trouvent dans le tableau 3. Zones particulières On retrouve de nombreuses chutes dans le bassin versant de la rivière Ouelle, représentées à la carte 5. Citons, entre autres, les chutes du Collège d une hauteur de 10 m. En amont de ces dernières, au niveau du Club Hiboux (Club de motoneige), de nombreuses cascades accueillent les baigneurs durant la saison estivale. Pour leur part, les chutes dans le secteur de la Cavée (carte 5) ont une hauteur de 11,5 m. Enfin, sur la rivière Sainte-Anne, il y a la chute Sainte-Anne d une hauteur d environ 20 m (Beauchemin, 2004). Plusieurs zones humides se retrouvent également dans le bassin versant. Les tourbières occupent la plus grande partie de ces milieux humides, notamment à Rivière-Ouelle où elles font l objet d une exploitation commerciale. Le secteur du Petit lac Sainte-Anne présente également plusieurs milieux humides importants pour la faune (carte 1). 2.8 Zone à risque (inondation et érosion) Les rives de la rivière Ouelle sont reconnues pour avoir fait l objet de plusieurs inondations. On peut observer à la carte 6, les zones à risque d inondation. Elles se trouvent dans la partie aval du bassin. Comme le démontre la figure 1, il y a une coupure de pente au niveau de Saint- Pacôme qui occasionne certaines contraintes comme la création d embâcles, causant ainsi des inondations. Ainsi, ces sols sableux gorgés d eau sont soumis au décrochage lorsque l eau se retire (Bourque 2004). Figure 3. Processus d'érosion et de dépôt dans un cours d'eau méandrique. (Source : Bourque, 2004) Les problèmes de sédimentation de la rivière Ouelle sont limités par l importance de la formation rocheuse et 10
la stabilité des berges qui demeurent boisées. Comme le démontre la carte 6, les problèmes d érosion et de sédimentation sont localisés principalement entre Saint-Pacôme et l embouchure et sont causés en partie par l absence de végétation, la présence de dépôts sableux et le comportement hydrologique extrême de ce cours d eau non régularisé. Notons que la présence de couvert végétal contribue à retenir davantage les eaux de ruissellement et constitue l une des composantes de régularisation naturelle de l écoulement (Thibault et coll., 1990). La présence de méandres qui caractérise la partie aval du bassin est aussi une cause d érosion. La formation de ces sinuosités se produit naturellement lorsque la pente est faible et que le courant est suffisant pour éroder les berges. La rive concave est érodée par l orientation du courant qui arrive directement sur les berges, tandis que sur la rive convexe, la rive opposée, le courant étant plus faible, les sédiments s y déposent. Il en résulte une migration latérale du méandre. La figure 3 illustre bien le phénomène (Bourque, 2004). Avec le temps, cette migration peut faire en sorte que les méandres se regroupent, créant ainsi un délaissé (figure 4). Figure 4. Tracé d un des méandres délaissés de la rivière Ouelle. (Source : MRC de Kamouraska) 11
3. UTILISATION DU TERRITOIRE Autres 1,6% M.H. 2,8% Agricole 7,3% Eau 2,1% Infrastructure 2,0% Forestier 84% Figure 5. Utilisation du territoire. (Source : Agences des forêts privées de Québec du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches) 3.1 Les municipalités et le territoire Le bassin versant de la rivière Ouelle comprend onze municipalités ainsi que le territoire du Petit Lac Sainte- Anne, qui a la désignation de territoire non organisé. Sept d entre elles sont sur le territoire de la MRC de Kamouraska, dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent, il s agit de Mont-Carmel, Saint-Onésimed Ixworth, Saint-Gabriel- Lalemant, Rivière-Ouelle, Saint- Pacôme, Sainte-Anne-de-la- Pocatière et Saint-Philippe-de- Néri. Les quatre autres sont sur le territoire de la MRC de L Islet, dans la région administrative de Chaudière-Appalaches : Saint- Damase-de-L Islet, Tourville, Sainte-Perpétue et Saint-Cyrillede-Lessard. La figure 6 démontre la proportion qu occupent chacune des municipalités dans le bassin versant de la rivière Ouelle. 19,5% 14,1% 12,0% 4,1% 21,5% 0,3% 2,0% 2,3% 0,3% St-Damase-de-L Islet Tourville Ste-Perpétue Petit Lac Ste-Anne Mont-Carmel St-Onésime-d Ixworth St-Gabriel-Lalemand Rivière-Ouelle St-Pacôme St-Cyrille-de-Lessard Ste-Anne-de-la-Pocatière St-Philippe-de-Néri 9,6% 9,2% 5,3% Figure 6. Proportion qu occupent chacune des municipalités dans le bassin versant de la rivière Ouelle. Le tableau 4 représente d une part la superficie qu occupent chacune des municipalités dans les limites du bassin versant. On y retrouve aussi la population de 2001 et de 2006 pour chacune de ces municipalités. On constate que la croissance démographique est négative 12
sauf pour Tourville qui a une faible hausse. Différents facteurs comme les études, le travail, les activités diversifiées de la ville sont à l origine de l exode rural et le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle ne fait pas l exception. Ce sont les municipalités de Saint- Gabriel-Lalemant et de Saint-Onésime-d Ixworth qui sont le plus touchées avec une baisse de la population respective de (8,3 %) et (7,2 %) pour cette période. Tableau 4. Superficie occupée par les municipalités, à l intérieur des limites du bassin versant ainsi que la population de ces municipalités. Municipalité et territoire Superficie dans le bassin versant (km 2 ) Pop. 2001 Pop. 2006 Croissance démographique (%) St-Damase-de-L Islet 182,2 627 593-5,4 Tourville 164,9 714 730 2,2 Ste-Perpétue 119,3 1990 1895-4,8 Petit Lac Ste-Anne (TNO) 101,7 0 0 0 Mont-Carmel 81,7 1244 1198-3,7 St-Onésime-d Ixworth 78,1 622 577-7,2 St-Gabriel-Lalemant 44,7 859 788-8,3 Rivière-Ouelle 34,4 1177 1165-1,0 St-Pacôme 19,3 1706 1685-1,2 St-Cyrille-de-Lessard 16,6 792 778-1,8 Ste-Anne-de-la-Pocatière 2,4 1889 1843-2,4 St-Philippe-de-Néri 2,3 953 889-6,7 847,6 12 573 12 141-3,4 (Source : Statistique Canada, 2008) Dans la section qui suit, on retrouve le portrait des municipalités qui occupent au-delà de 2 % du bassin versant de la rivière Ouelle. Elles apparaissent en ordre décroissant d occupation dans le bassin. Saint-Damase-de-L Islet Saint-Damase-de-L Islet est la municipalité qui occupe le plus de territoire dans le bassin soit 21,5 %. Environ 75 % de la municipalité fait partie du bassin versant de la rivière Ouelle. Comme on peut le voir sur la carte adjacente, ce territoire est majoritairement occupé par la forêt. Le lac des Atacas est le seul lac présent sur le territoire de cette municipalité. L approvisionnement en eau potable provient seulement de puits privés. Anciennement, un dépotoir se trouvait sur le territoire de la municipalité située dans le Canton Ashford, près du lac Pointu, à l extérieur des limites du bassin versant. Encore aujourd hui, les déchets solides ne sont pas enfouis sur le territoire. Les eaux usées de la municipalité, après leur passage dans des étangs 13
aérés, ne sont pas jetées dans le bassin de la rivière Ouelle, mais dans celui de la rivière Trois-Saumons. Quant aux fosses septiques, la réglementation, concernant la vidange aux 2 ans, sera mise en branle en 2010, le tout géré par la municipalité. Tourville La municipalité de Tourville doit sa naissance au chemin de fer Monk. Elle est d ailleurs demeurée marquée par le tracé de cette voie ferrée aujourd hui démantelée, puisque le village s est développé de façon linéaire. Cette municipalité est presque complètement située dans le bassin versant de la rivière Ouelle. Elle vient en seconde place pour son occupation du territoire à 19,5 %. Quatre plans d eau font partie de cette municipalité, en ordre décroissant de superficie, ce sont le lac Thérrien, le lac Noir, le Petit-Lac-de-l Est et le lac Boucher. Canards Illimités Canada a aménagé, au lac Noir, des sentiers d interprétation de la nature permettant l observation d une soixantaine d espèces d oiseaux (CLD de la MRC de L Islet, 2004). Les sources d approvisionnement en eau potable proviennent d eau souterraine (carte 8). L approvisionnement municipal est de 75 % contre 25 % en puits privés. Bien que la municipalité ait eu un ancien dépotoir de déchets solides (carte 8), il n y a pas de site d enfouissement à Tourville même. Pour ce qui est des eaux usées, elles sont rejetées dans le Bras de la rivière Ouelle, après leur traitement dans des étangs aérés. Pour le moment, aucune mesure n est prise en compte pour la gestion des fosses septiques. Par contre, un programme est prévu pour 2010, où le transport et le traitement des boues des fosses septiques seront mis en place et gérés par la municipalité. À l exception de quelques îlots, ce territoire est impropre à l agriculture en raison d une forte pierrosité et d un excès d humidité. Près du cours principal de la rivière Ouelle, il y a un secteur affecté par les plaines inondables. Sainte-Perpétue Cette municipalité borde la partie sud du bassin versant de la rivière Ouelle. Environ 41 % de la municipalité de Sainte-Perpétue en fait partie. Elle vient au troisième rang en fait d importance d occupation du territoire avec environ 14 %. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, Sainte-Perpétue se caractérise par son secteur forestier. Le lac Sainte- Anne qui est le plus gros lac du bassin versant se retrouve en partie sur le territoire de cette municipalité partagé avec le territoire non organisé du Petit-Lac-Sainte-Anne. On y retrouve également, dans les limites du bassin versant, les deux petits lacs Fournier et du Rat Musqué. La région de Sainte-Perpétue est recherchée pour les adeptes de la pêche et de la chasse. 14
Pour ce qui est de l utilisation de l eau, la municpalité s approvsionne en eau souterraine, par l utilisation d un réseau d aquduc (carte 8). Les eaux usées, après traitement dans des étangs aérés, se rejettent dans la Branche de la rivière Ouelle, petit cours d eau d environ 1 km de long, affluent de la rivière Ouelle. Pour ce qui est de la gestion des fosses septiques, un règlement s appliquera sous peu pour la vidange des fosses situées en dehors du réseau d égout avec l octroi d un contrat avec une firme spécialisée dans le domaine. Pour ce qui est de l enfouissement des déchets solides, le site se trouve dans le rang Brise Culotte, qui est à environ 6 kilomètres au sud de la limite du bassin, ce site accueille aussi les déchets de la municipalité de Tourville. L ancien site pour sa part se trouvait dans le rang Terrebonne (carte 8). Économiquement, c est l industrie forestière qui a toujours aidé considérablement à la santé économique de la paroisse. On retrouve ainsi un secteur industriel sur le territoire où l on y concentrent des industries de transformation du bois. Petit Lac Sainte-Anne Gérée par la MRC de Kamouraska, le territoire non organisé du Petit Lac Sainte- Anne occupe environ 12 % du territoire total du bassin. Environ 54 % de sa superficie est dans le bassin. Une partie du plus gros plan d eau du bassin, le lac Sainte-Anne, se trouve sur ce territoire. Le Petit-Lac-Saint- Anne, son homonyme, qui vient au second rang en superficie, s y retrouve aussi, sans compter l étang de l Écluse, le lac Lefèbvre et le lac Blanc. Outre les cours d eau et les milieux humides, le territoire est occupé par la forêt. On y retrouve la ZEC Chapais (carte 5), dans laquelle il y a la forêt rare de l étang de l Écluse, une pinède rouge. Mont-Carmel Comme le démontre la carte ci-dessous, la partie de cette municipalité se trouvant sur le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle est presque entièrement occupée par 15
la forêt. On y retrouve aussi les plans d eau suivants : le lac Chaudière, troisième plus grand lac du territoire du bassin versant avec 1,43 km 2, le lac Cinq Milles, l étang de la Décharge et la tête de la rivière Chaude. Le périmètre urbain se trouve dans le bassin versant voisin, celui de la rivière Kamouraska. On n y retrouve aucune résidence permanente, aucun puits ou fosse septique. Depuis le début du 19 e siècle, les gens y vivent en grande partie grâce au travail en forêt. De plus en plus, l offre récréotouristique occupe une place de choix dans le développement de la municipalité. En effet, on y retrouve la pourvoirie la Baronnie de Kamouraska et durant la saison hivernale, nombreuses pistes ont été aménagées pour les motoneigistes. Saint-Onésime-d Ixworth La municipalité de Saint-Onésime-d Ixworth chevauche deux bassins versants, celui de la rivière Ouelle, à l est du territoire et à l ouest, celui de la rivière Saint-Jean. Environ 77 % de son territoire occupe le bassin versant de la rivière Ouelle, ce qui fait environ 9 % du territoire du bassin. La carte ci-contre nous fait remarquer que le sud du territoire est principalement occupé par la forêt. Le secteur habité se trouve plutôt au nord et n occupe qu une faible proportion du territoire. C est à cet endroit que l activité agricole se pratique. Ce village est surtout connu pour le Club Hiboux (club de motoneige), le Centre coopératif de Plein Air Ixworth (hébergement, ski de randonnée et sentiers pédestres). On y retrouve aussi un ravage de cerfs de Virginie (Odocoileus virginianus), ainsi qu une partie de la ZEC Chapais (carte 5). De plus, c est sur ce territoire que se situent les chutes du Collège dont plusieurs fosses à saumon se trouvent en aval. Le seul pont couvert de la MRC de Kamouraska, qui date de 1919 et qui a été cité monument historique en 2002, se trouve également à Saint-Onésime-d Ixworth (www.mrckamouraska.com). 16
L approvisionnement en eau potable provient seulement de puits privés. Anciennement, un dépotoir se trouvait sur le territoire de la municipalité, situé au Petit Rang 5 (carte 8). Les déchets solides ne sont plus enfouis sur le territoire. Pour leur part, les eaux usées sortant de la biofosse ne sont pas jetées dans le bassin de la rivière Ouelle, mais dans celui de la rivière Saint-Jean. Quant aux fosses septiques, la gestion est assurée par la municipalité. Pour les résidences permanentes, la vidange se fait aux 2 ans et aux 4 ans pour les chalets. Saint-Gabriel-Lalemant Cette municipalité est la plus jeune de la MRC de Kamouraska. Parsemé de terres et de forêts, les principales activités économiques du village de Saint-Gabriel reposent sur l'agriculture, les forêts et les érablières (www.mrckamouraska.com). Environ 60 % de la municipalité fait partie du bassin pour une occupation du territoire de 5 %. La municipalité possède un plan d eau dans les limites du bassin, le lac Rond, qui est le plus petit lac du bassin versant. L approvisionnement en eau potable provient de sources d eau de surface et souterraine. Elle se fait entièrement à partir de puits privés. Bien que la municipalité n ait pas de site d enfouissement des déchets solides, un dépotoir se trouvait anciennement sur un terrain municipal situé sur la route de la vieille Montagne (carte 8). Les eaux usées se déversent, après leur traitement dans des étangs aérés, dans la rivière Ouelle. Depuis 2006, la vidange des fosses septiques des résidences permanente, gérée par la municipalité, se fait tous les deux ans, selon les normes du gouvernement. Le secteur de la route Chamberland est affecté par des inondations causées par des barrages de castors. Des aménagements de paniers de roches et de digues de roches ont été réalisés suite à une inondation dans un secteur privé près du pont reliant Saint-Gabriel-Lalemant et Saint-Onésime-d Ixworth. Rivière-Ouelle Rivière-Ouelle est la municipalité où se trouve l embouchure de la rivière qui porte le même nom. Environ 61 % de la municipalité est comprise dans le bassin, elle occupe par contre seulement 4 % de la superficie totale du bassin. Les premières fosses à saumon s y trouvent. L'industrie laitière est maintenant la principale activité agricole de la paroisse (www.riviereouelle.ca). De plus, comme le démontre la carte ci-dessous, les tourbières qui sont exploitées par les Tourbières Lambert, occupent une grande partie de la municipalité. 17
Pour ce qui est de l utilisation de l eau, la municipalité a recourt aux eaux souterraines. La source se trouve dans l ancien lit de la rivière Ouelle, à Saint-Pacôme, entre l autoroute 20 et la voie ferrée (carte 8). L approvisionnement municipal est de 60 % contre 40 % en puits privés. Les eaux usées, après traitement dans des étangs à rétention réduite, se rejettent dans la rivière Ouelle. Pour ce qui est des puisards et des fosses avec champ d épuration, ils se déversent dans différents cours d eau du réseau hydrographique. Depuis 2006, la municipalité gère la gestion des fosses septiques, selon la réglementation. L ancien dépotoir de la municipalité se trouve dans le secteur du Coteau-de-Pins, à moins d un kilomètre à l extérieur des limites du bassin versant. Maintenant, les déchets solides sont acheminés dans une municipalité à l extérieure du bassin versant de la rivière Ouelle. Selon la municipalité, un ancien poste d essence serait une source de contamination de la nappe phréatique, bien que le MDDEP ne signale aucun site contaminé sur le territoire. Quelques endroits sont affectés par les plaines inondables, dont le secteur Sud-de-la-Rivière et le secteur Haut-de-la-Rivière, près de l autoroute 20. Saint-Pacôme La municipalité de Saint-Pacôme est hautement reconnue pour ses activités de plein air. En effet, Saint-Pacôme est un village réputé pour sa vocation récréotouristique avec son centre de ski familial, son club de golf, ses sites pour la pêche sportive et ses sentiers pédestres. Les principales fosses à saumon sont localisées dans cette municipalité. Cette capitale du roman policier est membre de l'association des plus beaux villages du Québec et du Réseau québécois de Villes et Villages en santé. Environ 67 % de la municipalité occupe le bassin, pour une portion d environ 2 % de la superficie totale du bassin. La municipalité s approvisionne à 80 % en eau potable à partir de trois puits municipaux (carte 8). L approvisionnement de puits privés est donc utilisé à 20 %. Il n y a pas de site 18
d enfouissement des déchets solides. L ancien dépotoir, pour sa part, se trouve sous le terrain de golf (carte 8). Après être traitées dans des étangs aérés, les eaux usées se jettent dans la rivière Ouelle. Pour les résidences isolées qui ont des fosses septiques, la vidange est obligatoire tous les 2 ans, elle est gérée par la municipalité. Le secteur bas de la côte de l Église et l extrémité de la rue Saint-Alphonse sont des secteurs affectés par les plaines inondables. Autres informations Depuis 1967, les puits creusés dans les limites du bassin versant de la rivière Ouelle sont enregistrés au système d information hydrogéologique du MDDEP. Ces puits desservent donc les résidences de certaines municipalités qui n ont pas de système d aqueduc ou certaines résidences isolées n ayant pas recourt au système approvisionnement de leur municipalité. La carte 9 représente ces puits enregistrés après 1967, on ne connaît pas la localisation des puits existant avant cette année. Il est à noter que selon le MDDEP, aucun terrain contaminé n est recensé sur le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle. Tableau 5. Résumé des caractéristiques municipales ayant leur périmètre urbain à l intérieur des limites du bassin versant. (Source : les municipalités du bassin versant) Municipalité St-Damasede-L Islet Tourville Ste- Perpétue St-Onésimed Ixworth St-Gabriel- Lalemant Rivière- Ouelle St-Pacôme Approvisionnement en eau Anciens dépotoirs Enfouissement des déchets Traitement des eaux usées Eaux usées se jettent ds BV Gestion fosses septiques Puits privés Non Non Étangs aérés Non Prévue en 2010 Aqueduc (75 %) Puits privés (25 %) Oui Non Étangs aérés Oui Prévue en 2010 Aqueduc Oui Oui Étangs aérés Oui Prévue sous peu Puits privés Oui Non Biofosse Non Se fait aux 2 ans Puits privés Oui Non Étangs aérés Oui Se fait aux 2 ans Aqueduc (60 %) Étangs à Non Non Oui Se fait aux 2 ans Puits privés (40 %) rétention réduite Aqueduc (80 %) Oui Non Étangs aérés Oui Se fait aux 2 ans Puits privés (20 %) 3.2 Milieu forestier Comme le démontre la carte 10, la place qu occupe la forêt dans le bassin versant est très importante. Selon les agences des forêts privées du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière- Appalaches, 84 % du territoire est couvert par le milieu forestier. La tenure des terres est divisée entre le privé et le public. En observant le tableau 6, on constate que la proportion pour la tenure des terres privées ou publiques est sensiblement la même pour les deux régions administratives, soit d environ 45 % de forêts privées et 55 % de forêts publiques pour l ensemble du bassin. L aval du bassin versant est constitué majoritairement de forêts privées. Ainsi, les forêts publiques se retrouvent majoritairement en amont du bassin (Beauchemin, 2004). 19
Tableau 6. Proportion de la tenure des terres, du type forestier et des classes d âge, pour l ensemble du bassin ainsi que chacune des régions administratives. Chaudière- Appalaches Bas-St-Laurent Tenure des terres % % % La forêt est de type sapinière à bouleau jaune pour la portion amont, c est-à-dire de Saint- Onésime à Sainte- Perpétue et d érablière à bouleau jaune pour la portion aval, soit de Rivière-Ouelle à Saint- Gabriel (Beauchemin, 2004). C est pourquoi, pour ce qui est du type forestier, la proportion de conifères est plus grande dans la région de Chaudière-Appalaches (40,5 %) qui représente l amont du bassin, par rapport à la région du Bas- Saint-Laurent (24,8 %). Pour ce qui est des forêts de type feuillu et mélangé, la proportion est plus grande dans la région du Bas-Saint-Laurent, qui représente l aval du bassin. La figure 7 illustre la réparation de chacun de ces types forestiers. Presque la moitié du territoire forestier du bassin versant est constituée de forêt mélangée. En observant la figure 8, on remarque que les peuplements du bassin se retrouvent majoritairement dans la classe d âge de 10 ans. Pour les classes d âge de 90 et 120 ans, il n y a qu une faible proportion des peuplements, 1 % et moins. Quarantedeux pourcent des peuplements ont entre 30 et 70 ans. On retrouve sur le territoire de jeunes et de vieux peuplements inéquiens. Pour ces peuplements, la majorité des tiges appartiennent à au moins 3 classes d âge consécutives, de 10 à 70 ans pour les jeunes inéquiens et de 70 à 120 ans pour les vieux inéquiens. Bassin versant de la rivière Ouelle Privées 44,2 46,2 45,2 Publiques 55,8 53,8 54,8 Type forestier % % % Feuillu 16,3 21,6 18,6 Mélangé 43,3 53,6 47,7 Résineux 40,5 24,8 33,8 Classe d âge % % % 0 5,9 7,9 6,5 10 36,0 22,7 31,0 30 12,4 11,4 11,7 50 8,5 19,7 12,9 70 12,6 23,4 17,3 90 1,2 0,7 1,0 120 0,2 0,2 0,2 JIN 15,7 11,4 14,2 VIN 7,5 2,6 5,3 (JIN= jeune inéquien; VIN= vieux inéquien) (Source : Agences des forêts privées du Bas-St-Laurent et de Chaudière-Appalaches, 2008) Mélangé 47% Feuillu 19% Résineux 34% Figure 7. Répartition des types forestiers dans le bassin versant de la rivière Ouelle. (Source : Agences des forêts privées du Bas-St-Laurent et de Chaudière- Appalaches, 2008) Dans les deux cas, la région de Chaudière-Appalaches en abrite davan- tage. Dans l ensemble, on retrouve plus de jeunes peuplements inéquiens que de vieux, soit respectivement environ 14 % contre 5 %. Dans la région du Bas-Saint-Laurent, la plus grande proportion se trouve dans la classe d âge de 70 ans. Tandis que dans la région de Chaudière-Appalaches, c est la classe d âge de 10 ans qui est la plus représentée par les peuplements. 20
Malgré l importance qu occupe la forêt dans le bassin versant de la rivière Ouelle, peu d information est facilement disponible pour tracer le portrait de l utilisation du milieu forestier (nombre d exploitants, quantité de bois récoltée, possibilité forestière, etc). Ces aspects qui peuvent avoir un impact sur la ressource eau et sur le saumon, devront être documenté dans un proche avenir afin d assurer une cohabitation harmonieuse de ces usages. 0 7% VIN 5% 10 31% JIN 14% 120 90 0% 1% 30 12% 50 13% 70 17% Figure 8. Répartition des classes d âge forestières dans le bassin versant de la rivière Ouelle. (Source : Agences des forêts privées du Bas-St-Laurent et de Chaudière-Appalaches, 2008) 3.3 Territoires structurés et zones d intérêt particulier Le bassin versant de la rivière Ouelle abrite différentes zones à vocation récréotouristique. Ces zones sont représentées sur la carte 5. On y retrouve une zone d exploitation contrôlée (ZEC). Comme la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune le prévoit, les ZEC sont établies sur les terres du domaine public ou sur tout terrain privé qui fait l objet d une entente entre le propriétaire et le ministère (voir l encadré ci-dessous). La ZEC Chapais est gérée par la Société de gestion de la faune du Kamouraska (SGFK), une association à but non lucratif qui s autofinance grâce aux revenus des cartes de membres, de la vente de forfaits de chasse et de pêche et des droits d accès journaliers. La ZEC Chapais a une superficie de 391 km 2 et contrôle l exploitation de la faune terrestre et aquatique sur son territoire (Beauchemin, 2004). La ZEC Chapais abrite une forêt classée exceptionnelle : la forêt rare de l Étang-de-l Écluse, qui se trouve près du sentier Monk. Cette désignation la protège de toute exploitation forestière. Cette forêt est un peuplement pur de pins rouges ayant plus de 100 ans (MRNF 2003). De plus, un ravage de cerf de Virginie (ravage de la Grande rivière) existe depuis plusieurs années, à cheval sur le territoire de la ZEC Chapais et le sanctuaire d Ixworth. Des centaines de cerfs viennent y passer l hiver (Beauchemin, 2004). LOI SUR LA CONSERVATION ET LA MISE EN VALEUR DE LA FAUNE Zones d'exploitation contrôlée. 104. Le ministre peut établir sur les terres du domaine de l'état des zones d'exploitation contrôlée à des fins d'aménagement, d'exploitation ou de conservation de la faune ou d'une espèce faunique et accessoirement à des fins de pratique d'activités récréatives. Terrain privé. Le ministre peut en outre inclure dans une zone d'exploitation contrôlée tout terrain privé faisant l'objet d'une entente entre le propriétaire y compris une municipalité ou une communauté métropolitaine, et le ministre. Une pourvoirie occupe également le territoire. Ce territoire offre pour sa part de l hébergement et des services à des fins récréatives (voir l encadré ci-dessous). La pourvoirie de la Baronnie a une superficie de 65,2 km 2 (Beauchemin, 2004). 21
LOI SUR LA CONSERVATION ET LA MISE EN VALEUR DE LA FAUNE Pourvoirie. 78.1. Dans la présente section, on entend par «pourvoirie», une entreprise qui offre, contre rémunération, de l'hébergement et des services ou de l'équipement pour la pratique, à des fins récréatives, des activités de chasse, de pêche ou de piégeage. Comme mentionné plus haut, on trouve sur le territoire du bassin de la rivière Ouelle le sanctuaire d Ixworth, géré par le MRNF. Sur ce territoire, la chasse y est interdite. On y retrouve une partie du ravage de la Grande Rivière où le cerf de Virginie y passe l hiver. 3.4 Milieu agricole L agriculture occupe le Tableau 7. Évolution du nombre d entreprises territoire du bassin versant à agricoles dans le bassin versant pour chacune des environ 7 %, soit 2 500 ha. régions administratives. L activité agricole se retrouve Région du Région de surtout en aval du bassin, en Entreprises agricoles Bas-St-Laurent Chaudière-Appalaches raison des sols fertiles qu on y 2008 1997 2008 2004 Bovins laitiers 24 28 1 1 retrouve. L information qui Bovins de boucherie 2 9 0 1 suit provient de la compilation Ovins 2 0 0 0 des fiches d enregistrement Céréales 4 1 1 0 de 2007, mises à jour en Fourrages 3 0 1 0 2008, du MAPAQ (ministère Fruits 1 2 0 0 de l Agriculture, des Légumes 0 1 1 1 Pêcheries et de l Alimentation du Québec). Les données de 2008, du Bas-Saint-Laurent sont comparées avec celles Acéricoles Total (Source : MAPAQ, 2008) 0 36 7 48 21 25 23 26 de 1997. Pour la région de Chaudière-Appalaches, les données de 2008 sont comparées avec celles de 2004. On peut observer l évolution des entreprises pour chacune des régions administratives au tableau 7. En 2008, on retrouve 61 entreprises agricoles dont 36 entreprises dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent et 25 dans celle de Acéricole 34% Légumes 2% Fruits 2% Bovins laitier 41% Fourrages 7% Céréales 8% Bovins de boucherie 3% Ovins 3% Figure 9. Répartition des entreprises agricoles dans le bassin versant de la rivière Ouelle. (Source : MAPAQ, 2008) Chaudière-Appalaches. On dénombre 29 entreprises en production animale et 32 en production végétale. La figure 9 démontre la proportion qu occupe le nombre des entreprises dans chacun des secteurs du domaine agricole. C est la production de bovins laitiers qui prédomine dans la section aval du bassin versant, dans la MRC de Kamouraska. On retrouve ensuite la production acéricole qui se retrouve pour sa part, majoritairement dans la MRC de L Islet. 22
Production animale La majorité des entreprises en production animale se trouvent dans la région du Bas-Saint- Laurent, à l exception d une seule. En 2008, on dénombrait 29 entreprises agricoles avec des productions animales de 2477 unités animales (u.a.). Il est possible qu une entreprise ait plus d une production. Le tableau 8 démontre le nombre d animaux équivalent à une unité animale. Un peu plus de Tableau 8. Nombre d animaux équivalent à une unité animale. Groupe ou catégorie d animaux Nbre d animaux équivalent à une unité animale Vache ou taure, taureau ; cheval 1 Veaux ou génisses de 225 à 500 kg 2 Veaux de moins de 225 kg 5 Porcs d élevage d un poids de 20 à 100 kg 5 Truies et porcelets non sevrés dans l année 4 Porcelets d un poids inférieur à 20 kg 25 Brebis et agneaux de l année 4 (Adapté du schéma d aménagement révisé de la MRC de Kamouraska) 58 % de ces entreprises se retrouvent à Rivière-Ouelle, 21 % à Saint-Pacôme, 13 % à Saint- Onésime-d Ixworth et un peu moins de 7 % à Saint-Gabriel-Lalemant. La région de Chaudière-Appalaches détient seulement 1 % des u.a. La production laitière représente 78 % des u.a. du bassin versant, dispersées dans 25 entreprises. La figure 10 démontre la proportion des unités animales de chacune des productions. On retrouve ensuite, la production de porcs avec 10 % des u.a. et la production de bovins de boucherie qui occupe 9 % des u.a. réparties dans deux entreprises. De plus, deux entreprises en production ovine comprennent 35 des u.a. Il n y a que 9 u.a. de chevaux, ce qui représente moins de 1 % d u.a. Bovin laitier 78% Ovin 3% Cheval 0% Porc 10% Bovin de boucherie 9% Figure 10. Proportion des unités animales. (Source : MAPAQ, 2008) Selon les données du MAPAQ du Bas-Saint-Laurent, on dénombre quatre entreprises de bovins laitiers de moins qu il y a 10 ans (tableau 7). Par contre, dans ce même secteur, le nombre d unités animales a augmenté d environ 300, ce qui veut dire que les fermes restantes possèdent plus d animaux. Le nombre d entreprises en production de bovins de boucherie est passé de 9 à 2 et leur nombre d unités animales moyen pour chaque entreprise a doublé. Pour ce qui est de la région de Chaudière-Appalaches, on ne rencontre pas de grande fluctuation des entreprises. Production végétale La production végétale occupe plus de territoire dans la région du Bas-Saint-Laurent avec un peu plus de 83 % de la superficie de production dont près de 47 % se trouve à Rivière- Ouelle, près de 19 % à Saint-Pacôme, un peu plus de 10 % à Saint-Onésime-d Ixworth et 7,5 % à Saint-Gabriel-Lalemant. Les 17 % de superficie restante se retrouvent dans la région de Chaudière-Appalaches. Comme le démontre la figure 11, on retrouve la culture fourragère avec 52 % du territoire cultivé. Ce sont les entreprises céréalières qui viennent au second rang avec 28 % du territoire cultivé. Outre le nombre dominant d entreprises acéricoles (21) pour la production végétale, cette production qui se concentre dans la région 23
de Chaudière-Appalaches, occupe seulement 16 % du territoire, soit 500,5 ha. Le pâturage utilise 4 % de la superficie. Pour ce qui est des entreprises de fruits et légumes, elles sont en nombre trop restreint pour que leur superficie soit notable. En comparant les données de 1997 et 2007 du MAPAQ du Bas-Saint-Laurent, on constate que les superficies en hectares des cultures céréalières et fourragères ont quelque peu augmenté. Dans la région de la Chaudière-Appalaches, les superficies ont diminué pour ces deux types de cultures, entre 2004 et 2008. Pour ce qui est de la superficie en pâturage, elle a diminué pour les deux régions, ce qui démontre, entre autres, la tendance à garder les animaux à l intérieur durant toute l année. De même, la superficie en acériculture a aussi diminué dans les deux régions administratives. En 1997, il y avait dans la région du Bas-Saint-Laurent des superficies en légumes, en fruits et en horticulture qu on ne retrouve plus maintenant. Pour la région de Chaudière-Appalaches, on retrouvait en 2004, presque 11 hectares de superficie en légumes qui sont passés à 2 hectares en 2007. Bilan agronomique Les différents bilans agronomiques du bassin de la rivière Ouelle présentés ci-dessous sont réalisés à partir des exploitations agricoles à l intérieur des délimitations du bassin à l étude. Advenant le cas où une entreprise se trouve à l extérieur du bassin, mais exploite des champs se trouvant à l intérieur, ces champs ne sont pas pris en compte dans les Céréales 28% Acériculture 16% Fourrages 52% Pâturages 4% Figure 11. Proportion des superficies des productions végétales. (Source : MAPAQ, 2008) Tableau 9. Valeurs fertilisantes des exploitations agricoles dans le bassin versant. Éléments fertilisants (kg) N P 2 O 5 K 2 O Valeur à l épandage 61 954 57 771 159 576 Valeur à l entreposage 184 188 97 431 Besoins des cultures 287 909 100 428 59 359 Exportation 188 975 71 908 Apport en engrais minéraux 65 263 9 957 3 072 Engrais totaux 127 217 67 728 162 648 (Source : MAPAQ, 2008) calculs. Dans le même ordre d idée, les champs d une entreprise enregistrée dans le bassin se trouvant à l extérieur du bassin sont alors pris en compte. Ce sont les valeurs présentées dans le tableau 9 qui servent au calcul des différents bilans. L encadré ci-dessous définit certains termes utilisés. DÉFINITION : Valeur à l épandage : Quantité en kg d azote, de phosphore et de potassium X coefficients de disponibilité (selon le mode de gestion solide ou liquide) + facteurs liés à la date d épandage. (Pour l azote, un facteur de perte par volatilisation selon le mode d épandage et le délai d enfouissement doit être ajouté). Valeur à l entreposage : Nombre de têtes (pour chaque type d animaux) X valeur en kg à l entreposage de l azote, du phosphore et du potassium. Exportation : Éléments prélevés par la plante et qui ne sont pas retournés au sol à la fin de la saison de culture. À noter que la quantité d éléments nutritifs prélevés par une culture pour sa croissance (prélèvement) ne correspond pas nécessairement à la quantité d éléments nutritifs exportés par une récolte (exportation). 24
Le bilan agronomique constitue l approche la plus précise pour équilibrer le cycle des éléments nutritifs au champ. Il compare les sources d éléments disponibles (précédent cultural, matière organique, engrais organiques et minéraux, etc.) et le besoin des cultures, établi à partir des analyses de sol. En se référant au tableau 10, on constate un bilan agronomique négatif, que ce soit avec ou sans les engrais minéraux pour l azote et le phosphore. Par contre, il est positif pour le potassium. Un bilan négatif révèle que l apport de ces éléments nutritifs est en deçà du besoin des cultures. Tableau 10. Bilans associés aux exploitations agricoles situées dans le bassin. Éléments fertilisants (kg) Bilan agronomique incluant engrais minéraux Bilan agronomique sans engrais minéraux Bilan REA incluant engrais minéraux Bilan REA sans engrais minéraux N P 2 O 5 K 2 O -149 369-32 700 103 289-214 632-42 657 100 217-196 773-206 729 Bilan au sol 60 476 35 480 (Source : MAPAQ, 2008) Le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), entré en vigueur le 14 juin 2002, a apporté une nouvelle façon de gérer les épandages sur les terres en culture afin de limiter les pertes d éléments nutritifs, et plus particulièrement le phosphore, responsable de l eutrophisation des cours d eau. Ainsi, en fonction du REA, les dépôts de phosphore pourraient être supérieurs aux besoins en culture, sans toutefois dépasser le seuil au-delà duquel le sol se met à perdre son phosphore par lessivage (CBRF, 2008). Le bilan REA est donc basé sur le bilan de phosphore. Pour un lieu d épandage, il consiste à évaluer les apports en phosphore (sous forme d engrais minéraux ou de fertilisants organiques, fumier ou autres) par rapport aux quantités de phosphore qui peuvent être appliquées aux champs. Le bilan REA pour le bassin de la rivière Ouelle s avère négatif, les résultats sont sensiblement les mêmes en incluant ou non les engrais minéraux. Le bilan à la surface du sol sert à évaluer la pression des charges en phosphore et en azote sur les sols cultivés et aide à établir si la fertilisation excède ou non les prélèvements des cultures. Le tableau 10 nous indique des bilans positifs, les plantes n ont donc pas prélevé tous les éléments disponibles. On peut donc résumer qu il pourrait y avoir un apport plus important en azote et en phosphore pour satisfaire les besoins des cultures. Par contre, pour ces deux éléments fertilisants, le bilan au sol révèle que les cultures ne captent pas tous les éléments disponibles. Il se peut que ces éléments se retrouvent dans le sol, donc qu ils soient comptabilisés dans le bilan agronomique, mais qu ils ne soient pas assimilables, par la plante, d où un bilan agronomique négatif et un bilan au sol positif. Pour ce qui est du potassium, la quantité de ce fertilisant dépasse les besoins des cultures. Ce qui est tout à fait normal puisqu un bon sol, au Québec, peut contenir 0,02 % de potassium assimilable par la plante et en disposer entre 5 et 15 kg/ha dans la solution du sol (Doucet, 2002). Structure d entreposage et accès des animaux au cours d eau Le fumier est une ressource utile pour la croissance des plantes. Il doit toutefois être bien géré pour protéger les voisins et l environnement. Il existe plusieurs options de structures d entreposage étanche du fumier et ces alternatives continuent de s améliorer, de prendre de 25
l ampleur et d évoluer. Dans le bassin de la rivière Ouelle, sur les 29 entreprises à exploitation animale, 17 ont une structure d entreposage étanche pour le fumier. Selon le REA, deux exceptions à l ouvrage de stockage étanche sont tolérées. La première : un amas à côté du bâtiment pour les petits élevages sur fumier solide qui produisent 1 600 kg de phosphore ou moins par année et dont les eaux contaminées provenant de l amas n atteignent pas les eaux de surface. Cet amas doit être valorisé dans les 12 mois. Les élevages dont la production de phosphore est supérieure à 1 600 kg ont jusqu au 1 er avril 2010 pour construire un ouvrage de stockage étanche pour remplacer l amas de fumier à côté du bâtiment. La deuxième exception est un amas dans un champ cultivé pour les productions avec fumier solide, dont la production annuelle de phosphore est de 3 200 kg ou moins par année. Dans ce deuxième cas, certaines conditions s appliquent. Pour les élevages produisant plus de 3 200 kg de phosphore, des modifications réglementaires (REA) sont prévues au cours de l année 2009 pour venir préciser les conditions nécessaires pour réaliser des amas au champ. Selon le REA, il est interdit, depuis le 1 er avril 2005, de donner accès aux animaux aux cours d eau, aux plans d eau ainsi qu à leur bande riveraine, sauf dans le cas de traverse à gué. Selon le MAPAQ, 31 entreprises agricoles autres que les entreprises acéricoles sont traversées par un cours d eau. De plus, les animaux n auraient plus accès aux cours d eau. Outre la réglementation et les aménagements réalisés, la tendance de garder les animaux à l intérieur toute l année est aussi responsable du retrait des animaux des cours d eau. 3.5 Milieu industriel et commercial Bien qu il n y ait pas d industrie majeure dans le bassin versant de la rivière Ouelle, plusieurs petites et moyennes entreprises s y trouvent. Il y a les usagers commerciaux et industriels comme les Tourbières Lambert, les usagers touristiques (club de golf et la station de ski de Saint-Pacôme) et les usagers de la villégiature comme les auberges et les gîtes. On retrouve plusieurs petites entreprises qui siègent dans le bassin versant de la rivière Ouelle. À Saint-Pacôme, Chevrons Dionne, Confection 131, Perlite Canada, l Érablière des Allégnanis et la Ganterie BCL emploient des travailleurs de la région. À Saint-Gabriel- Lalemant, on note le Petit moulin à scie et les Produits Fumés Saint-Gabriel. La région de Chaudière-Appalaches est caractérisée par une forte densité de forêt, ainsi ce sont les industries du bois qui dominent. On retrouve donc, à Tourville, une scierie de bois franc et des industries de transformation du bois à Sainte-Perpétue. C est une entreprise de transformation de plastique qui est le principal moteur économique de la municipalité de Saint-Damase-de-L Islet. L impact de ces différentes entreprises sur l eau de la rivière Ouelle n est pas connu mais mériterait d être documenté. 3.6 Infrastructure de transport Le bassin de la rivière Ouelle est traversé par plusieurs voies de communication importantes. La route 132, qui se trouve parallèle au fleuve, traverse le bassin d est en ouest sur 8 km. L autoroute 20 qui se trouve parallèle au sud de la route 132 traverse le bassin sur 7 km. On retrouve aussi la route 230 qui traverse le bassin d est en ouest sur 6 km au sud de l autoroute 20. Entre ces deux routes, il y a une voie ferrée, sur plus de 5 km. On ne retrouve 26
pas de route importante allant du nord au sud, bien que la route 204 nous amène au cœur de Tourville et de Sainte-Perpétue. 3.7 Récréotourisme L activité récréotouristique, sous différentes forme, occupe une place importante dans l économie des municipalités du bassin versant de la rivière Ouelle. L offre récréotouristique importante et diversifiée qu on y retrouve est là pour en témoigner. De l embouchure à la tête du bassin versant, on retrouve d abord deux haltes de la route Bleue ; la Pointe de la rivière Ouelle et la Pointe-aux-Orignaux. La route Bleue étant une voie navigable, cartographiée et non balisée, conçue pour les petites embarcations comme le kayak de mer. Le Camping Rivière-Ouelle et le camp Canawish se retrouvent à Rivière- Ouelle. Ensuite, comme il est mentionné plus haut, la municipalité de Saint-Pacôme regorge d activités de plein air. Bien entendu, la rivière Ouelle attire les pêcheurs qui se font un plaisir de taquiner le poisson à la mouche. De plus, on retrouve la station de plein air Saint-Pacôme où on pratique le ski alpin et la glissade sur chambre à air, durant la saison hivernale et le parcours d Arbre en arbre, durant la saison estivale. Un club de golf se situe aussi dans cette municipalité. Des sentiers pédestres, un sentier de motoneige rejoignant le sentier Monk ainsi qu un parcours cyclable recommandé sur la carte vélo de Tourisme Bas-Saint-Laurent s ajoutent à la liste des activités offertes. À Saint-Gabriel-Lalemant, on retrouve un accès à la ZEC Chapais. De plus, le sentier Monk, conçu pour la motoneige et les VTT, traverse cette municipalité. Le parc linéaire Monk a été créé en 1998, il favorise le développement et la mise en valeur de l'emprise ferroviaire désaffectée Monk. Ce circuit linéaire passe aussi par Saint-Onésime-d Ixworth. Dans cette même municipalité, on retrouve une partie de la ZEC Chapais ainsi que le Centre coopératif de Plein Air Ixworth où il y a des sentiers pédestres, du ski de fond et de l hébergement. L autre partie de la ZEC qui abrite la forêt rare de l Étang-de-l Écluse se trouve au Petit Lac Sainte-Anne. On y retrouve également un pont couvert, le seul de la MRC de Kamouraska. Construit en 1919 et il a récemment été restauré et mis en valeur. Le circuit Monk traverse aussi ce territoire. À Mont-Carmel, on retrouve des sentiers de motoneige. Dans la région de Chaudière-Appalaches, on peut admirer à Tourville, les chutes du vieux moulin, sur la rivière Bras de la rivière Ouelle. On y retrouve aussi, au lac Noir, des sentiers d interprétation de la nature permettant l observation d une soixantaine d espèces d oiseaux ainsi que le chalet du Club de motoneige du lac Noir (CLD de la MRC de L Islet, 2004). Pour les amateurs de chasse et de pêche, Sainte-Perpétue regorge de sites propices à la pratique de ces activités. 27
4. DIVERSITÉ BIOLOGIQUE 4.1 Le saumon atlantique Cycle de vie Le saumon atlantique (Salmo salar) est un poisson anadrome, c est-à-dire qu il nait et se reproduit en eaux douces et migre en eaux salées pour effectuer l essentiel de sa croissance. La frai se fait entre la mi-septembre et la mi-novembre. L œuf demeure dans le gravier tout l hiver. Il éclot au mois de mai, lorsque le nombre de degrés-jours atteint une moyenne d environ 480. L alevin vésiculé reste dans les galets environ 2 à 4 semaines, le temps de la résorption du sac vitellin. Chez le poisson nouvellement éclos, le sac vitellin, une excroissance de l intestin sous la forme d'une poche ventrale, permet à l'alevin de pouvoir subsister le temps qu'il s'adapte à son nouvel environnement en y puisant les réserves dont il a besoin. De juin à septembre, il reste dans les eaux peu profondes où il se nourrit. Sa croissance sera fonction de la quantité de nourriture prise. Il retourne dans les galets pour passer l hiver durant lequel sa croissance cesse (Tremblay et Caron, 2003). À sa seconde année en rivière, son apparence change, il porte des lignes verticales sur les flancs, on l appelle alors tacon. Il peut se déplacer dans les eaux plus rapides. La dévalaison en mer dépend de la taille du poisson, il doit avoir au moins 10 cm. Elle se fait entre 2 et 5 ans. Certaines modifications, comme sa coloration à reflet argenté, se font avant la migration, qui se produit suite à une crue printanière, sur une période de 3 à 4 semaines, de mai à juillet. Le saumon se dirige alors vers l est pour sortir du Golfe Saint-Laurent à la fin de l automne. Prenant le détroit de Belles-Isles, il gagne les eaux du Labrador où il passe l hiver. Il peut revenir à sa rivière natale au printemps (il se nommera alors madelaineau) ou rester en mer une 2 e (dibermarin) ou 3 e (tribermarin) année (Tremblay et Caron, 2003). Le retour à la rivière se fait à partir de la fin mai et peut s échelonner tout au long de l été. Il demeurera dans les fosses durant l été dans lesquelles l eau est plus fraîche. Comme mentionné plus haut, il se reproduit à l automne, il reste parfois en rivière tout l hiver ou retourne à la mer (Tremblay et Caron, 2003). Figure 12. Localisation des rivières à saumon de la région du Bas-Saint-Laurent. (Source : Tremblay et Caron, 2003) 28
Rivières à saumon du Bas-Saint-Laurent On dénombre neuf rivières à saumon qui s écoulent sur le territoire de la région du Bas- Saint-Laurent. Cinq de celles-ci se déversent dans le fleuve Saint-Laurent et quatre dans la Baie-des-Chaleurs (figure 12). Tableau 11. Unités de production salmonicole accessibles dans les rivières du Bas-Saint- Laurent. Rivières Nombre d unités de production (x 1000) Matapédia 3 597,8 Matane 2 073,3 Mitis 1 233,2 Patapédia 1 153,6 Causapscal 990,4 Ouelle 673,5 Rimouski 592,4 Kedgwick Non disponible Sud-Ouest Non disponible Total 10 314,2 (Adapté de Tremblay et Caron, 2003) Les stocks de saumon de ces rivières sont exploités par la pêche sportive, à l exception de celui de la rivière du Sud-Ouest, fermée à toute exploitation. Il n existe pas de pêche commerciale sur ces stocks. Les rivières à saumon du Bas-Saint- Laurent totalisent plus de 10 millions d unités de production potentielles. On définit l unité de production comme une superficie de 100 m 2 d habitat accessible et favorable aux saumons juvéniles (Thibault et coll., 1990). La rivière Ouelle s avère être l une des plus petites quant à sa superficie d habitats (tableau 11). La Société de gestion de la rivière Ouelle (SGRO) et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), ont pris entente afin d assurer la gestion de la pêche sur une section de la rivière qui représente annuellement environ 80 % des captures sportives et ce, en vertu des articles 36 et 37 de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (voir l encadré suivant). LOI SUR LA CONSERVATION ET LA MISE EN VALEUR DE LA FAUNE 36. Nul ne peut chasser, piéger ou pêcher sur un terrain privé ou pêcher à partir d'un terrain privé dont le propriétaire est parti d un protocole d'entente convenu avec le ministre, aux fins de la gestion de la faune et de son accessibilité, s'il n'a obtenu au préalable l'autorisation du propriétaire ou de son représentant. 36.1. Nul ne peut chasser ou piéger dans une station forestière constituée en vertu de la Loi sur les forêts (chapitre F-4.1). 37. Le ministre peut, aux fins de la gestion de la faune et de son accessibilité, signer un protocole d'entente avec un propriétaire foncier y compris une municipalité ou une communauté métropolitaine, un groupement de propriétaires fonciers ou leurs représentants ou avec un organisme mandaté à cette fin par des propriétaires fonciers. Accès à des terrains privés. Le ministre peut également, afin de favoriser l'accessibilité de la faune, reconnaître une association ou un organisme dont la vocation est de favoriser l'accès à des terrains privés pour les chasseurs, les pêcheurs ou les piégeurs, selon les conditions ou les modalités qu'il peut déterminer. ( Éditeur officiel du Québec) Il n y a pas de modalités uniformes de pêche sportive qui s appliquent sur les rivières du Bas-Saint-Laurent. Il est conseillé de prendre connaissance des règlements en vigueur pour s informer sur les modalités qui s appliquent sur la rivière Ouelle. À la fin des années 90, le ministère et le gestionnaire de la rivière s étaient entendus pour un contingentement de capture de 90 saumons annuellement. Depuis, 1997, le nombre de 90 captures n a pas été atteint sauf en 2008. Les gestionnaires se gardent le droit de fermer la pêche si le contingentement est atteint, si le débit de la rivière est inférieur à 2 m 3 /sec et si la température de l eau, dans la section aval, est supérieure à 26 C, à 15 h. 29
Tenure et droit de pêche La tenure privée de terres, acquises avant le 1 er juin 1884, implique que leurs tenants possèdent le fond des cours d eau et sont détenteurs exclusifs des droits de pêche. Pour ce qui est des terres privées acquises après le 1 er juin 1884, le droit de pêche publique n est pas limité, mais l accessibilité à la rivière est restreinte (Groupe SALAR, 1992). Dans ces cas, il faut donc obtenir la permission des propriétaires pour y pêcher. Il faut noter que les articles 36 et 37 de la Loi sur la conservation et de la mise en valeur de la faune (voir encadré, page précédente) permettent au MRNF, de conclure des ententes avec des propriétaires privés, ou un regroupement de ceux-ci, afin de déterminer les conditions d accessibilité pour le pêcheur. Sur les terres du domaine public, la gestion de la pêche est assujettie au Règlement de pêche du Québec. Toutefois, l activité est généralement gérée par des organismes avec ou sans but lucratif qui visent à contrôler l accessibilité par l émission de droits d accès, la mise en place de diverses formes de rotation ou de contingentement des pêcheurs (Tremblay et Caron, 2003), comme c est le cas sur la rivière Ouelle avec la SGRO. Production de la rivière Ouelle Le saumon atlantique fraye en amont de la rivière Ouelle, à partir de la jonction avec la Grande Rivière et ce, jusqu aux chutes du Collège qui sont infranchissables. Il remonte également la Grande Rivière jusqu à sa source ainsi que la rivière du Rat musqué et une petite portion de la rivière Sainte- Anne, jusqu aux chutes de la rivière Sainte-Anne. En observant le tableau 12, on constate que dans les secteurs accessibles à la pêche, les plus grandes superficies d habitat propice se retrouvent dans le tronçon principal de la rivière Ouelle (57 %) et dans la Grande Rivière (39 %). Par contre, si on considère la rivière entière, que ce soit accessible ou non, le secteur recélant le plus grand nombre d habitats, avec 33,3 % des unités de production, se situe dans un secteur inaccessible de la rivière Ouelle, soit en amont de la chute du Collège (Thibault et coll., 1990). Tableau 12. Unités de production salmonicole accessibles dans la rivière Ouelle. Cours d eau Nombre d unités de production Ouelle (cours principal) 387 238 (57 %) Grande Rivière 261 921 (39 %) Rivière Chaude 13 781 (2 %) Sainte-Anne 10 536 (2 %) TOTAL 673 476 (100 %) (Adapté de Tremblay et Caron, 2003) Nombre. 300 250 200 150 100 50 0 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Année Figure 13. Nombre de captures sportives dans la rivière Ouelle. (Source : MRNF, 2009) 30
On dénombre une cinquantaine de fosses représentées à la carte 11. L effort de pêche se concentre principalement aux fosses de la Cavée (22), du Cran Rouge (24), Dubé (33), de l Hydro (19), de la Coulée (21), de la Passe (23) et du pont du Gouvernement (47). Notons que plus de 50 % de l effort de pêche se limite chaque année à la fosse de la Cavée (Thibault et coll., 1990). L effort de pêche sportive a connu des fluctuations importantes au cours des dernières années. La figure 13 illustre le nombre de capture sportive de 1984 à 2008. On dénote beaucoup de variations, mais certainement une tendance à la baisse après 1996 jusqu à 2006. En 2007 et 2008, on assiste à une faible hausse de captures par rapport à 2006 qui a été l année qui a eu le moins de capture en 23 ans avec 19 saumons capturés. Les années 1990 et 1996 se distinguent avec des captures respectives de 278 et 290 saumons. Depuis 1997, on note une diminution de la fréquentation ; en général un effort de pêche sportive moindre a entrainé une augmentation du succès de pêche (figure 14). Ensemencement Les ensemencements de jeunes saumons à des fins de repeuplement ont débuté au début des années 60. Puis l opération s est poursuivie afin d assurer la conservation des populations et de soutenir la pêche sportive. Les tacons ensemencés proviennent de géniteurs de la rivière. Le tableau 13 dresse la liste des ensemencements de saumons juvéniles, à différents stades de croissance. On remarque que durant les premières années de cette opération, on ensemençait plutôt des alevins, puis entre les années 1988 et 1994, ce sont plutôt des tacons (1 +) qui ont été utilisés. De 1996 à 2000, on a ensemencé des tacons (2 +). Entre les années 1967 et Effort. 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Effort (jrs-pêche) Succès (saumon / jrs-pêche) 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 Année Figure 14. Données d exploitation sportive du saumon atlantique dans la rivière Ouelle. (Source : MRNF, 2009) Tableau 13. Liste des ensemencements de saumons atlantiques juvéniles dans le réseau hydrographique de la rivière Ouelle. Stade Année Alevin Tacon 0+ Tacon 1+ Tacon 2+ Total 1961 230 000 7 000 237 000 1962 150 000 150 000 1963 100 000 100 000 1964 15 000 15 000 1967 2 000 2 000 1970 3 000 3 000 1985 17 467 17 467 1987 8 000 4 950 12 950 1988 40 228 40 228 1989 21 000 21 000 1990 32 815 32 815 1991 25 401 53 747 79 148 1992 34 145 34 145 1993 32 080 8 270 40 350 1994 49 254 28 180 77 434 1995 9 819 5 700 15 519 1996 10 620 10 620 1997 12 022 12 022 1998 12 700 12 700 1999 23 050 23 050 2000 6 840 6 840 (Adapté d Isabel, 2007) 0,35 0,30 0,25 0,20 0,15 0,10 0,05 0,00 Succès. 31
1985, il n y a pas eu beaucoup d ensemencement. Depuis la réintroduction du saumon atlantique dans la rivière Ouelle, près d un million de juvéniles ont été ensemencés. Depuis quelques années, la SGRO n a pas réensemencé la rivière. Les prochaines années diront si les mesures mises en place pour limiter les captures sont suffisantes pour maintenir une population viable sans avoir recours aux ensemencements. Évolution de la population Le nombre de reproducteurs requis pour atteindre le seuil de conservation sur la rivière Ouelle est de 238 grands saumons. La cible recommandée par le MRNF est donc de 300 grands saumons. Comme l eau de la rivière est de couleur brune, le dénombrement s avère très difficile. Les données sur le niveau des stocks de cette rivière sont donc peu fiables, ce qui amène à être prudent dans la gestion de la population de saumon atlantique (Tremblay et Caron, 2003). Nombre d'individus/100 m 2 25 20 15 10 5 0 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1999 2000 2001 2002 2005 2006 2007 2008 Année d'échantillonnage 0+ 1+ 2+ Figure 15. Inventaire du saumon atlantique fait à la pêche électrique par le MRNF. (Adapté de Isabel, 2007) Les montaisons sur la rivière Ouelle sont très variables (figure 15). Les fluctuations interannuelles reflètent une certaine réalité au niveau de la barrière de comptage. Lors de crues subites, une partie des saumons en montaison n était pas dénombrée à la barrière d arrêt. Les résultats des dénombrements sont donc peu fiables. Depuis la saison 1997, cette structure de dénombrement n est plus opérée faute de moyens financiers. C est le suivi annuel des populations de saumons juvéniles par le MRNF qui s avère être l indicateur le plus pertinent pour évaluer les stocks de saumons dans la rivière Ouelle. Un inventaire ichtyologique annuel, à la pêche électrique, est donc effectué par le MRNF. La figure 15 démontre les captures pour le saumon atlantique en catégorie tacon (0+), (1+) et (2+). Il est à noter que pour les années 2007 et 2008, la bande (1 +) comprend les tacons (1 +) et (2 +). Avant 1990, un nombre moindre de stations était utilisé pour procéder à l échantillonnage. Bien que les résultats soient exprimés en densité, un plus grand nombre de stations est plus représentatif de la situation de la population en tacons dans la rivière. En comparant le tableau 13 sur les ensemencements et la figure 15, sur les inventaires ichtyologiques, on constate qu il n y a pas eu beaucoup d ensemencement entre les années 1967 et 1985. Durant cette même période, la densité de juvénile était faible. L augmentation du nombre de tacons (0 +) et (1 +) par 100 m 2 a augmenté par la suite, tout comme le nombre d ensemencement (tableau 14). La meilleure année pour les tacons (0 +) était en 1991 avec une densité de 16,2 ind./100 m 2. C est probablement ces individus que l on retrouvait au stade de tacons (1 +) l année suivante avec une densité de 19,2 ind./100 m 2. Il n y a pas eu de forte densité d individus (2+) en 1993. Il est à noter que la migration en mer 32
se fait entre 2 et 5 ans. Bien qu il n y ait plus d ensemencement, on ne dénote pas de baisse marquée du nombre de saumons atlantiques dans la rivière Ouelle durant les dernières années. Facteur limitant la ressource Comme cité plus haut, les barrages qui étaient utilisés pour le flottage du bois ont été la principale cause de la disparition du saumon atlantique dans la rivière Ouelle. Depuis la démolition de ces barrages, on a assisté à la réintroduction de l espèce. Par contre, d autres facteurs comme les faibles débits d étiage, les températures d eau élevées, les obstacles naturels, le braconnage et la compétition entre espèces limitent le potentiel de la rivière (Thibault et coll., 1990). Les faibles débits d étiage constituent le principal facteur hydrologique limitant le potentiel salmonicole, ce qui se traduit par une perte d habitat pour les saumons juvéniles et une montaison plus ardue pour les saumons adultes. Depuis 1985, on utilise, en période critique, une partie de la réserve d eau du barrage du lac Sainte-Anne conçue à des fins fauniques multiples, soit pour la sauvagine, l omble de fontaine et le saumon atlantique (Thibault et coll., 1990). Des travaux seront toutefois nécessaires afin de maintenir les avantages que procurent les barrages. La couleur foncée de l eau de la rivière Ouelle combinée aux périodes de faible étiage occasionne des hausses de température qui peuvent aussi être critiques. Par exemple, en 1987, les températures ont atteint plus de 34 C pendant quelques heures et le seuil létal de 27 C a été dépassé pendant plus de 72 heures consécutives, entraînant la mort de centaines de saumons (Thibault et coll., 1990). Malgré l aptitude que possède le saumon à surmonter les chutes et autres obstacles pour atteindre les frayères (Scott et Crossman, 1974), l accès à de nouveaux territoires est tout de même limité par la présence d obstacles infranchissables naturels. Par exemple, à environ 35 km sur le tronçon principal de la rivière Ouelle, quelque peu en amont de la confluence de la Grande Rivière, se trouvent les chutes du Collège, d une hauteur d environ 7 à 10 m (Thibault et coll., 1990). Elle prive le saumon d environ 25 km de rivière potentiellement accessible sur le cours principal et sur la rivière Damnée, ce qui représente un potentiel de production supplémentaire de 535 saumons. D autres chutes présentes sur le cours principal et sur le Bras de la rivière Ouelle, en amont de la chute du Collège, pourraient limiter le saumon dans sa quête de territoire et priver la rivière de potentiels de production additionnels de 248 et 92 saumons respectivement. Les deux autres obstacles affectant la productivité de la rivière sont situés à l embouchure des rivières Sainte-Anne et Chaude et les potentiels de production impliqués sont respectivement de 91 et de 12 saumons (Groupe SALAR, 1992). Les actes de braconnage sont étroitement corrélés aux épisodes d étiage des mois de juillet et août (Thibault et coll., 1990). Un effort particulier de protection a été consenti à la fin des années 80 ; plusieurs arrestations ont permis de mettre à jour un important réseau de braconnage (Groupe SALAR, 1992). Selon le MRNF, direction de la protection de la faune, le problème s est presque complètement réglé depuis les efforts mis à la fin des années 80. Le braconnage faisait partie des mœurs dans les années 70 et 80. Aujourd hui, une autre génération de pêcheurs fréquente les lieux et le braconnage n est plus un facteur limitant aussi important qu il l a été dans le passé. Durant les dernières années, c est entre 400 et 500 heures qui sont investies annuellement à la protection de la rivière par les agents de la faune ainsi que la SGRO. 33
Outre le saumon atlantique, on retrouve 18 autres espèces de poissons dans les eaux de la rivière Ouelle. La cohabitation amène presque inévitablement une certaine forme de compétition. Elle peut se faire pour les ressources alimentaires, l espace ou les sites de frai. Plusieurs espèces utilisent des ressources alimentaires similaires. Par exemple, les naseux et les chabots sont des compétiteurs potentiels des alevins de saumon car leur diète est similaire (Thibault et coll., 1990). De plus, la densité moyenne cumulée de ces espèces est supérieure à celle du saumon. Pour ce qui est de l habitat préférentiel, plusieurs espèces utilisent les mêmes types d habitat. Le comportement agressif des jeunes saumons les rend toutefois peu vulnérables. La seule espèce susceptible de nuire pourrait être la truite arc-enciel qui est reconnue pour sa compétitivité (Thibault et coll. 1990). Par contre, elle n était que sporadiquement observée à la barrière de comptage (Groupe SALAR, 1992). Pour les sites de frai, on ne rencontre pas réellement de compétition. Par contre, certaines espèces comme l omble de fontaine, la truite arc-en-ciel et le meunier sont considérées comme étant des prédateurs d œufs de poissons (Thibault et coll. 1990). Retombées économiques La pêche sportive du saumon atlantique génère des retombées économiques appréciables. Des millions de dollars sont dépensés, créant des centaines d emplois à temps plein, ce qui évoque l importance de cette activité économique pour les régions du Québec où le saumon fait l objet d une exploitation sportive (Tremblay et Caron, 2003). Pour ce qui est de la rivière Ouelle, selon la SGRO, on estime des retombées économiques de l ordre de 100 000 à 120 000 dollars par année pour la région. 4.2 L éperlan arc-en-ciel Cycle de vie L éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) tout comme le saumon atlantique (Salmo salar) est un poisson anadrome, il nait en eau douce et migre en eau salée pour effectuer l essentiel de sa croissance et revient en eau douce pour se reproduire. La frai a lieu à la fin avril, début mai, selon la température de l eau. Dans les principaux cours d'eau, les reproducteurs franchissent la limite des marées quand l'eau atteint une température de 4 à 5 C (MPO, 2008). La population quitte la mer et les estuaires pour remonter les petits cours d eau peu après les débâcles. Le pic de frai dure environ une semaine (Bernatchez et Giroux, 2000). L éperlan arc-en-ciel remonte la rivière, aidé de la marée montante, après le couché du soleil. Selon Pêches et Océans Canada, quel que soit leur âge, les éperlans de plus grande taille sont les premiers à Figure 16. Localisation des frayères d éperlan arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint- Laurent (Source : Richard, 2007) frayer, de sorte que la taille moyenne des éperlans présents sur la frayère diminue à mesure que la saison avance (MPO, 2008). Les femelles peuvent pondre de 8 000 à 69 000 œufs adhésifs qui se fixent 34
sur le gravier peu après leur expulsion. C est après 7 à 10 jours que l éclosion se fait. C est à partir de l âge de deux ans que l éperlan peut se reproduire et il peut vivre jusqu à six ans (Bernatchez et Giroux, 2000). Les femelles grandissent plus vite que les mâles, atteignent une taille supérieure et vivent plus longtemps qu'eux (MPO, 2008). Frayère à éperlan arc-en-ciel de la population du sud de l estuaire La population d éperlan arc-en-ciel de la rive sud de l estuaire se différencie génétiquement des autres populations présentes dans l estuaire du fleuve Saint-Laurent. Cette population qui a reçu, en mars 2005, le statut de population vulnérable, en vertu de la Loi québécoise sur les espèces menacées ou vulnérables, a vu son abondance diminuer depuis les 30 dernières années. La plus importante frayère historique de la rivière Boyer dont l embouchure se trouve sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à 30 km à l est de Québec, a été abandonnée. Il ne subsiste actuellement que quatre sites de fraie connus situés, d est en ouest, dans les bassins versants de la rivière du Loup, de la rivière Fouquette, de la rivière Ouelle et du ruisseau de l Église (figure 15) (Guérineau et Plessis, 2005). Ainsi, le déclin de la population, le peu de tributaire de fraie, la sensibilité de l éperlan à la mauvaise qualité de l eau et son exploitation sportive et commerciale ont incité différents organismes à poser des actions permettant de suivre l évolution de la population et d améliorer les connaissances sur ce poisson (Bérubé, 2003). Suivi de la reproduction Il n y a pas de suivi de reproduction de l éperlan arc-en-ciel qui se fait sur la rivière Ouelle. Un suivi se fait par contre, sur la rivière Fouquette, à la fin avril ou au début mai lorsque les reproducteurs remontent la rivière. Les échantillons journaliers sont recueillis de façon standardisée au même endroit sur la rivière chaque année, ce qui permet de comparer les valeurs obtenues entre elles. Les variables évaluées sont les prises par unités d effort, le rapport des sexes des reproducteurs et la structure d âge et de taille (CBRF, 2008). Bien que ce suivi ne soit pas fait sur la rivière Ouelle, les données de la rivière Fouquette permettent de déceler les tendances dans la population. Déposition des œufs L évaluation annuelle de l ensemble des superficies de fraie s inscrit dans le cadre d un plan de rétablissement de cette population en difficulté (Équipe de rétablissement de l éperlan arc-en-ciel 2003). C est dans cette optique que la caractérisation des frayères des rivières Fouquette, Ouelle et du Loup a été effectuée. Chaque échantillon de substrat analysé a été géoréférencé. Ceci a permis de cartographier et d évaluer la superficie des zones de déposition des œufs d éperlan pour ainsi obtenir un indice de déposition des œufs pour chacune des rivières. Les études ont permis de constater que le potentiel de fraye est encore sous-optimal puisque, dans le cas de la rivière Ouelle, l éperlan n utilise qu un faible pourcentage de la superficie totale disponible (Bourget 2009, Richard et Tardif, 2007). Tableau 14. Superficies potentielles et utilisées de déposition des œufs d éperlan arcen-ciel des rivières Ouelle, Fouquette et du Loup de 2003 à 2008. Superficie potentielle Superficie totale de déposition en m 2 Utilisation 2008 (%) Rivière/Année (m 2 ) 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Ouelle 351 000 116 629 106 680 47 745 73 104 50 529 14,4 Fouquette 10 700 10 701 6 629 7 303 7 353 8 836 82,6 du Loup 83 000 25 647 20 179 21 735 974 14 494 16 735 20,2 Total 444 700 25 647 147 509 135 044 56 022 94 951 76 100 17,1 (Adapté de Bourget, 2009) 35
Figure 17. Localisation de déposition des œufs d éperlan arc-en-ciel sur la rivière Ouelle de 2004 à 2007. (Source : MRNF, 2007) 36
Figure 18. Localisation de déposition des œufs d éperlan arc-en-ciel sur la rivière Ouelle de 2008. (Adapté de Bourget, 2009) Contrairement au saumon, l éperlan fraye en aval de la rivière Ouelle, au centre de la partie agricole (figures 17 et 18). En observant le tableau 14, on remarque que c est la rivière Ouelle qui a la plus grande superficie de déposition des œufs. Elle est en effet la principale frayère depuis l abandon de la frayère de la rivière Boyer (Verreault et Tardif, 1989). La superficie Tableau 15. Niveau de densité de déposition d œufs d éperlan arc-en-ciel (n/dm 2 ) (voir légende figure 16 et 17) Nombre d œufs Densité 30 et plus Forte 10 à 29 Moyenne 1 à 9 Faible 0 Nulle potentielle de la rivière Ouelle est de 351 000 m 2, ce qui représente 79 % de la superficie totale des trois frayères disponible pour la population du sud de l estuaire. La moyenne des années 2004 à 2008 indique que la superficie de déposition des œufs est presque dix fois plus grande que celle de la rivière Fouquette et un peu plus de cinq fois celle de la rivière du Loup. La superficie, la densité et l endroit de déposition varient chaque année. Depuis le début du suivi, la superficie utilisée a varié de 47 745 à 116 629 mètres carrés. En 2007, la zone de déposition s est légèrement décalée vers l aval par rapport aux trois années précédentes (figure 17). Cette observation semble tout à fait normale, puisque le déplacement des zones de fraie serait lié à la variation annuelle du débit du cours d eau qui était fort, même encore lors de l inventaire (Richard et Tardif, 2007). En comparant l année 2008 avec les années précédentes (figure 18), on observe qu il n y a pas de forte déposition et que les œufs sont présents un peu plus en amont. Hormis en 2007, l éperlan arc-en-ciel fraie généralement au centre de la zone potentielle. En 2008, il a utilisé seulement 14,4 % comparativement à la rivière Fouquette dont l utilisation était de 82,6 % (tableau 14). De plus, la densité d œufs de même que la superficie des frayères ont permis d obtenir un indice de déposition des œufs (IDO) des frayères (Richard et Tardif, 2007). Sans tenir compte de 2008, c est la rivière Ouelle qui a l indice le plus élevé (tableau 17). Il y a eu une forte baisse de l indice entre 2004 et 2006, en passant de 9,6 à 3,2. On note une hausse en 37
2007 puis encore une baisse en 2008 avec 1,2. Étant donné que la densité de déposition intervient sur l IDO, le tableau 16 permet d expliquer les fluctuations du tableau 17. En Tableau 16. Superficie de déposition d œufs dans la rivière Ouelle de 2004 à 2008. Superficie de déposition (m 2 ) Densité/Année 2004 2005 2006 2007 2008 Forte 25 039 13 645 6 337 7 123 378 Moyenne 13 197 35 074 9 574 18 484 6 206 Faible 78 393 57 961 29 834 47 497 43 945 Total 116 629 106 680 47 745 73 104 50 529 (Adapté de Bourget, 2009) 2008, il y a eu une baisse considérable pour les densités forte et moyenne (voir tableau 15), passant de 7 123 m 2 à 378 m 2 pour la forte densité et 18 484 m 2 à 6 206 m 2 pour la moyenne. Tableau 17. Indice de déposition des œufs d éperlan arc-en-ciel (IDO) des rivières Ouelle, Fouquette et du Loup de 2003 à 2008. Indice de déposition des œufs Rivière/Année 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Ouelle 9,6 8,2 3,2 4,5 1,2 Fouquette 0,8 1,4 0,7 1,7 1,9 du Loup 2,6 3,1 0,7 0,1 1,4 0,6 Total 2,6 13,5 10,3 4,0 7,6 3,7 (Adapté de Bourget, 2009) Suivi des juvéniles Une forte reproduction n engendre pas forcément un fort recrutement en raison de facteurs biotiques et abiotiques (par exemple l âge des géniteurs ou le débit de la rivière) qui font varier l abondance des éperlans entre le moment de la ponte des œufs et le retour des reproducteurs (Doucet 2005). En général, les variations d abondance interannuelles des cohortes sont en relation avec le taux de survie lors des premiers stades de développement (Sirois et Dodson 2000). L évaluation de l abondance des juvéniles est donc très importante pour la compréhension de la dynamique d une population. Au cours de l été 2002, les premiers travaux de chalutage des larves d éperlan ont été effectués sur les deux principales zones de rétention de Figure 19. Localisation des zones de rétention larvaire des éperlans arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint-Laurent. (Source : Richard, 2007) larves, soit l Anse Sainte-Anne et le Banc de la rivière du Loup (figure 19). L opération, qui consiste à capturer des larves à l aide d un filet à plancton à partir d une embarcation marine, se réalise annuellement depuis. 38
Programme de marquage En 2002, un programme de marquage réalisé par le MRNF s est ajouté au protocole du suivi de la reproduction. L opération avait été réalisé à petite échelle l année précédente dans la rivière Fouquette pour être reconduite, en 2002, au ruisseau de l Église, ainsi que dans les rivières Ouelle et Fouquette. Le programme avait pour objectif de connaître les déplacements de la population afin d établir l aire de distribution des éperlans arc-en-ciel venant frayer au niveau de ces trois tributaires, ainsi que d apporter des renseignements sur l écologie de l espèce, soit par le taux de retour des poissons marqués aux rivières échantillonnées ou par leur taux d exploitation par la pêche sportive et commerciale (Bérubé, 2003). En 2002, l opération de marquage de la population d éperlans arc-en-ciel de la rive sud de l estuaire a permis de marquer un total de 17 826 individus, soit 14 130 mâles et 3 696 femelles pour un rapport des sexes de 3,8 mâles pour 1 femelle. Les mâles sont normalement plus nombreux que les femelles à se présenter sur les frayères (CBRF, 2008). Cela pourrait être expliqué en partie par le fait que, contrairement aux femelles, les mâles peuvent se présenter plus d une fois sur les frayères au cours d une même saison de reproduction (Scott et Crossman, 1985; Marcotte et Tremblay, 1948). La rivière Ouelle comptait un total de 5 590 éperlans arc-en-ciel, soit 3 676 mâles et 2 314 femelles pour un rapport des sexes de 1,6 mâle pour 1 femelle. Le tableau 18 présente le nombre d individus marqués dans les trois rivières à l étude ainsi que le nombre de ceux recapturés. Tableau 18. Comparaison du nombre d éperlans arc-en-ciel et du rapport des sexes entre le groupe d individus marqués et le groupe d individus recapturés, en 2002. Ruisseau de l Église Rivière Ouelle Rivière Fouquette Total Marqués Recapture Marqués Recapture Marqués Recapture Marqués Recapture Total 3 973 4 5 990 14 7 863 74 17 826 93 Femelles 828 1 2 314 7 554 22 3 696 30 Mâles 3 145 3 3 676 7 7 309 52 14 130 62 Rapport des sexes 3,8 : 1 3,0 : 1 1,6 : 1 1 : 1 13,2 : 1 2,4 : 1 3,8 : 1 2,1 : 1 (Adapté de Bérubé, 2003) Malgré un retour d étiquette inférieur à 1 %, l analyse semble révéler un certain patron dans les déplacements de l éperlan de la rive sud. En hiver, les résultats montrent que l éperlan se situe entre Rivière-du-Loup et Rimouski. Au printemps, l éperlan demeure près de ses tributaires de fraie. À l été, la distribution semble s étendre de Cacouna à Cap-Chat avec une plus forte densité dans le secteur de Rimouski. Enfin, dès l automne, l éperlan semble retourner vers les frayères, sa distribution s étend de La Pocatière à Matane. Peu de différences de migration sont observées entre les mâles et les femelles. Toutefois, les mâles seraient présents à Matane durant la période automnale alors que les femelles seraient déjà plus à l ouest dans le secteur de Rimouski. Malgré la tendance qui se dégage des résultats obtenus, il est impossible de conclure avec certitude où se situe la distribution des éperlans en raison de l échantillon de très faible taille et de la courte durée du projet. De plus, le retour des étiquettes dépend de divers facteurs dont l effort de pêche qui peut être plus intensif à certains endroits, à une meilleure collaboration des pêcheurs ou à une forte densité d éperlan au site de pêche (Bérubé, 2003). 39
4.3 Autre faune aquatique Poisson Comme mentionné ci-haut, outre le saumon atlantique et l éperlan arc-en-ciel, on retrouve plusieurs autres espèces de poissons qui comblent partiellement ou totalement leur cycle de vie dans les eaux du bassin de la rivière Ouelle. Des espèces d eau salée comme le poulamon atlantique (Microgadus tomcod) viennent y frayer. On retrouve également l anguille d Amérique (Anguilla rostrata), une espèce catadrome, qui vit en rivière et va frayer en mer. Cette espèce est très connue dans le Kamouraska et fait l objet de pêches commerciales à l embouchure de la rivière Ouelle ainsi qu à plusieurs autres sites dans l estuaire du Saint-Laurent (Beauchemin, 2004). L inventaire ichtyologique effectué le 17 mai 2000, par le MRNF, au moyen de bourolle, de verveux et de filet maillant, signalait la présence exceptionnelle du grand brochet (Esox lucius), au nombre de 10. Il s agit de la seule population répertoriée dans le Bas-Saint- Laurent. Ce poisson fréquente les zones tranquilles de la rivière Ouelle, c est-à-dire en aval, où le courant est faible et où les zones d inondation sont fréquentes. Il fraye au printemps dans les zones inondables et les œufs s accrochent aux végétaux. L eau se réchauffe rapidement et les œufs éclosent avant que la zone ne se dessèche. Par contre, lors de la construction de la route Transcanadienne en 1970, les zones de frai de ce poisson ont été perturbées, offrant ainsi moins de place pour se reproduire (Beauchemin, 2004). Cette même étude, faite par le MRNF, indiquait la forte concentration d épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) et de barbotte brune (Ictalarus nebulosis) comparativement aux autres prises. D autres poissons font partie du bassin versant de la rivière Ouelle, sans se retrouver pour autant dans la rivière Ouelle. Ce sont, par exemple, des poissons de lac comme le touladi, appelé truite grise (Salvelinus namaycush). On retrouve la liste complète des espèces de poisson présentes sur le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle en annexe 1. Cette liste a été fournie par le MRNF. En tout, 32 espèces ont été répertoriées dans le bassin versant de la rivière Ouelle dont 6 se retrouvant uniquement dans les lacs ou dans les cours d eau secondaire du bassin versant (Beauchemin, 2004). Autre Quelques amphibiens et reptiles habitent également le territoire. On retrouve la liste de ces amphibiens et reptiles répertoriés à l annexe 2. Cet inventaire n est pas exhaustif puisqu il n a pas été réalisé de façon systématique, mais plutôt par observations ponctuelles lors de la caractérisation du bassin fait par le Club KRT Envir-o-Sol, en 2004. Durant la caractérisation, une espèce de salamandre, 5 espèces de grenouille et 2 espèces de couleuvre ont été recensées. De plus, il y a plusieurs mentions de phoques gris durant la saison hivernale, près de l embouchure de la rivière. Ces mammifères marins sont de plus en plus présents dans la région (Beauchemin, 2004). 4.4 Faune aviaire De nombreux oiseaux fréquentent le territoire en raison des différents milieux présents dans le bassin versant de la rivière Ouelle. De l aval vers l amont, on retrouve le fleuve (estuaire, milieu salé), le milieu agricole composé de champs, le milieu forestier, sans oublier des 40
friches et des milieux humides. Tous ces milieux contribuent à favoriser la diversité (Beauchemin, 2004). Entre autre, on retrouve une héronnière à l étang de l Écluse, dans la ZEC Chapais. Lors d un inventaire écologique sur la ZEC Chapais (été-automne 2001), une liste des espèces d oiseaux a été constituée (Beauchemin, 2004). Cette liste donne un bon aperçu étant donné étant donné que la ZEC Chapais se retrouve presqu en totalité à l intérieur des limites du bassin versant de la rivière Ouelle. La liste a été complétée avec les observations ponctuelles lors de la caractérisation du bassin fait par le Club KRT Envir-o-Sol, en 2004 ainsi qu avec un inventaire du lac Noir fait par Canards Illimités (Projet Libellule) pendant la saison estivale 2003 (Beauchemin, 2004). On retrouve cette liste en annexe 3, répertoriant 140 espèces d oiseaux différents. 4.5 Faune terrestre Plusieurs animaux terrestres utilisent le bassin versant de la rivière Ouelle pour compléter partiellement ou entièrement leur cycle de vie. La diversité des habitats présents sur le territoire permet de retrouver plus d une trentaine d espèces de mammifères. On retrouve la liste partielle des mammifères présents sur le territoire du bassin versant en annexe 4. La liste a été produite grâce à la ZEC Chapais et aux observations ponctuelles durant l inventaire fait par le Club KRT Envir-o-Sol, en 2004. Il est à noter que la grande portion forestière du bassin versant, 84 % du territoire, est propice aux espèces fauniques comme l ours noir (Ursus americanus), le lynx du Canada (Lynx canadensis) et la loutre de rivière (Lutra canadensis). On retrouverait environ 32 espèces de mammifères dans le bassin versant de la rivière Ouelle (Beauchemin, 2004). La partie aval du bassin versant, étant de nature agricole, est propice à l habitat du rat musqué. En effet, la construction de fossés et de canaux d irrigation influence la présence de rats musqués car ces modifications démontrent de nombreuses caractéristiques d habitats recherchés par cet animal (hauteur et pente des berges élevées, eaux calme, végétation aquatique) (Bourget, 2006). Ainsi, les canaux de drainage dans les terres agricoles maintiennent 36,6 % des rats musqués du Québec (Bourget, 2006). 4.6 Flore La diversité des milieux permet à une grande variété de végétaux d être présents sur le territoire. On retrouve la liste de toute la végétation recensée sur le territoire lors de différents inventaires à l annexe 5. 4.7 Espèces menacées Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) recueille, analyse et diffuse l information sur les éléments de la biodiversité. Il a été mis sur pied à la suite de l adoption de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Ce centre est géré par le MRNF, responsable des espèces fauniques et le MDDEP, responsable des espèces floristiques (CDPNQ, 2005). Les donnés suivantes proviennent donc de ces deux ministères. 41
Comme il a été mentionné préalablement, la population d éperlan arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint-Laurent est désignée vulnérable. Outre cette espèce, la pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus) s est vue attribuer le statut d espèce menacée, la dernière observation de cet oiseau dans le bassin versant de la rivière Ouelle remonte au 2 juin 1979. Enfin, pour ce qui est de la faune, l omble chevalier oquassa (Salcelinus alpinus oquassa) qui est une sous-espèce lacustre est susceptible d être désignée menacée ou vulnérable. Cette espèce constitue un vestige des populations anadromes qui vivaient jadis dans la mer de Champlain et l'océan Atlantique, il y a environ 12 000 ans et qui sont isolées en eau douce depuis le retrait des glaciers. L omble chevalier oquassa représente donc une grande valeur sur le plan génétique et patrimonial (MRNF, 2003). L anguille d Amérique (Anguilla rostrata) a été désignée «préoccupante» en avril 2006. Les causes possibles du déclin observé, dont la modification de l habitat, les barrages, la prise par la pêche, les fluctuations des conditions océaniques, les pluies acides et les contaminants, pourraient continuer à faire obstacle à son rétablissement (COSEPAC, 2006). Pour ce qui est des espèces floristiques, on retrouve deux espèces susceptibles d être désignées menacées ou vulnérables, ce sont le trichophore de Clinton (Trichophorum clintonii) et le calypso bulbeux (Calypso bulbosa var. americana). En 2005, la matteuccie fougère-à-l autruche (Matteuccia struthiopteris) est désignée espèce vulnérable au Québec. Elle n est toutefois pas une plante rare et sa disparition n est pas appréhendée pour le moment. Ce sont le prélèvement de grandes quantités de crosses pour s alimenter et la récolte de spécimens entiers pour les écouler sur le marché de l horticulture qui exercent une pression non négligeable sur la population sauvage de l espèce. En vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, il est donc interdit de récolter plus de cinq spécimens entiers. 42
5. QUALITÉ DE L EAU Le suivi de la qualité de l eau de la rivière Ouelle se fait depuis octobre 2005, par le MDDEP. Une seule station est suivie mensuellement, elle se trouve à 1 km en aval du pont de l autoroute 20, au pont du chemin du Sud-de-la-Rivière (carte 12). L échantillon se prend du haut du pont, selon les techniques d échantillonnage du MDDEP. La température de l eau et certains autres paramètres sont analysés comme, l aspect du cours d eau, la transparence, la couleur de l eau, la présence ou l absence de plantes aquatiques et de périphyton et la présence ou l absence de matières inhabituelles. Les analyses chimiques et biologiques sont effectuées par le laboratoire du Centre d expertise en analyse environnementale du Québec. Tableau 19. Liste des paramètres physicochimiques et bactériologiques utilisés et de leur critère de qualité de l eau en fonction de l usage. Paramètre Valeur Usage Phosphore total 0,03 mg/l Vie aquatique Azote total * 1 mg/l Vie aquatique Azote ammoniacal Matières en suspension 0,1 à 2,08 mg/l selon le ph et la température Vie aquatique 10 mg/l Vie aquatique ph 6,5 < ph > 9,0 Vie aquatique Coliformes fécaux 200 u.f.c./100 ml ** Activité aquatique (contact primaire) Coliformes fécaux 1 000 u.f.c./100 ml Activité aquatique (contact secondaire) * Dans le cas de l azote total, la concentration de 1 mg/l est une valeur repère plutôt qu un critère ** u.f.c. = unité formatrice de colonie (MENV, 2001) L indice de qualité bactériologique et physico-chimique (IQBP) permet de présenter les données d une façon comparable aux autres rivières du Québec. Il est important d analyser l ensemble des paramètres pour ce faire une idée plus juste sur la qualité de l eau, car ils sont intereliés. Développé par le ministère de l Environnement (Hébert, 1996), cet indice attribue une valeur se situant de 0 à 100 à chacun des paramètres mesurés. Le paramètre présentant la valeur la plus faible indique la valeur de l indice pour une station donnée, et constitue son facteur déclassant. Ainsi, une station peut présenter une qualité de l eau très bonne en fonction du phosphore total, mais se voir néanmoins accorder une valeur faible en raison d une concentration élevée en coliformes fécaux (CBRF, 2008). Tableau 20. Descripteurs qualificatifs associés à la valeur d IQBP et impact sur les usages. Valeur Qualificatif Usage 0-19 Très mauvaise 20-39 Mauvaise 40-59 Douteuse 60-79 Satisfaisante 80-100 Bonne (Source : Hébert, 1996) Tous les usages risquent d être compromis. La plupart des usages risquent d être compromis. Certains usages risquent d être compromis. Permet généralement la plupart des usages. Permet généralement tous les usages, y compris la baignade. Sept paramètres permettent de mesurer l indice de qualité bactériologique et physicochimique. Ce sont : les coliformes fécaux, la chlorophylle α totale, les matières en suspension, l azote ammoniacal, les nitrites-nitrates, le phosphore total et la turbidité. Il est à noter que seules les valeurs estivales sont utilisées pour le calcul de l IQBP (de mai à octobre inclusivement). En effet, c'est à cette période que la composition de l'eau peut avoir le plus d'effet sur la vie aquatique et les utilisations de 43
l'eau (Hébert, 1996). Les valeurs permettant de qualifier les paramètres physico-chimiques sont affichées dans le tableau 19. Ainsi, les descripteurs qualitatifs associés à chacune des classes de l IQBP sont présentés au tableau 20. Pour les coliformes fécaux, on fait la différence entre une activité de contact primaire, comme la baignade et une activité de contact secondaire comme la pêche ou le canotage (Hébert, 1996). La figure 20 illustre les valeurs de l IQBP pour 2008. Tous les paramètres ont des valeurs qualifiées de «bonnes», sauf dans le cas de la turbidité. Jusqu à maintenant, les résultats disponibles nous permettent de constater qu il y a peu de problèmes de qualité de l eau à cette station. Par contre, étant donné qu il y a qu une station d échantillonnage et des résultats que depuis 2005, il s avère difficile d arriver à une conclusion pour ce qui est de la qualité de l eau sur l ensemble de la rivière. IQBP En 2008, les valeurs de l IQBP de la rivière Ouelle, à la station 02270002, se situent entre 56 et 78, avec une médiane de Valeur de l'iqbp 100 80 60 40 20 0 CF CHLA MES NH3 NOX PTOT TURB IQBP Paramètres physico-chimiques et bactériologiques CF = Coliformes fécaux CHLA = chlorophylle α total MES = matières en suspension NH3 = azote ammoniacal NOX = nitrites-nitrates PTOT = phosphore total TURB = turbidité Figure 20. Valeur de l IQBP à la station 02270002 pour la période estivale comprise entre le 6 mai 2008 et 7 octobre 2008. (Source : MDDEP, 2009) 69, ce qui qualifie cette valeur de «satisfaisante». Le facteur déclassant est la turbidité, puisque tous les autres facteurs avaient des valeurs qualifiées de «bonnes». Coliformes fécaux De manière générale, pour ce qui est des résultats d analyse de 2008, les concentrations de coliformes fécaux sont faibles et ne compromettent aucun usage de l eau. Les valeurs se situent entre 20 et 170 u.f.c. /100 ml, ce qui permet de qualifier cette valeur de «bonne» (figure 20). Par contre, selon les résultats des années antérieures, à quatre reprises (août et septembre 2006 et juillet et septembre 2007), les concentrations ont dépassé le seuil de 200 u.f.c. /100 ml (respectivement 270, 530, 440 et 220 u.f.c. /100 ml), fixé pour les activités de contact primaire (baignade). Autrement, les valeurs ont varié de 7 à 150 u.f.c. /100 ml. Chlorophylle α Selon les résultats de 2008, la valeur la plus élevée est de 2,5 mg/m 3, notée le 10 juin 2008. Toutes les valeurs se situent donc en dessous de 5,7 mg/m 3 qui est la valeur critique de la qualité de l eau en fonction de l usage. En 2005-2006, les résultats se situaient entre 0,51 et 4,1 mg/m 3. Cette valeur maximale a été atteinte le 5 juin 2006, elle est tout de même inférieure à la valeur critique. 44
Azote ammoniacal Les valeurs de ce paramètre échantillonné lors de la période estivale 2008 étaient de 0,01 mg/l qui est la limite de détection de l azote ammoniacal. Par contre en 2005-2006, bien que les valeurs se qualifient de «bonnes», elles étaient un peu plus élevées. Elles se situaient entre 0,02 mg/l et 0,5 mg/l. Cette valeur maximale a été notée le 9 janvier 2006. Nitrites-nitrates On ne retrouve aucune valeur au-dessus des normes pour les nitrites-nitrates qui est de 0,5 mg/l pour être qualifié de «bonne» (Hébert, 1996). La valeur la plus élevée observée en 2008 est 0,23 mg/l, le 4 mars 2008, elle ne servait donc pas pour le calcul de l IQBP, sinon durant la période estivale, la valeur la plus élevée est de 0,05 mg/l. En 2005-2006, la valeur maximale était plus élevée que celle de 2008. Elle a atteint 0,81 mg/l qui se trouve dans la catégorie inférieure, qualifiée de «satisfaisante». Cette valeur a aussi été notée le 9 janvier 2006. Toutes les autres données peuvent être qualifiées de «bonnes». Phosphore Le phosphore ne présente pas une problématique importante à la station étudiée. Selon les données de 2008, les résultats des analyses n accordent aucune valeur dépassant la valeur critique de qualité de l eau qui est de 0,03 mg/l. Le phosphore dissous ne dépasse que très rarement le seuil de détection du laboratoire (0,005 mg/l). On note seulement un échantillon qui fait exception aux autres, prélevé 8 juillet 2008 ; la valeur enregistrée était de 0,024 mg/l. En 2005-2006, les données étaient quelque peu plus élevées, la valeur minimale étant de 0,006 mg/l et la valeur maximale de 0,031 mg/l (enregistrée le 3 avril 2006). Turbidité Pour 2008, la turbidité est le facteur déclassant de l IQBP. Toutes les valeurs enregistrées sont supérieures de la valeur critique qui est de 2,3 UNT (Hébert, 1996). Par contre, nous ne disposons pas de données de turbidité pour la partie amont du bassin versant, une seule station n est pas nécessairement représentative dans le cas de la turbidité puisque, comme mentionné précédemment, la partie aval du bassin recèle des problèmes d érosion qui ont sûrement un impact sur la turbidité. La valeur la plus élevée enregistrée en 2008 était de 11 UNT, ce qui la qualifie de «mauvaise». Sinon, les autres valeurs se situent entre «satisfaisantes» et «douteuses». En 2005-2006, les valeurs se situaient entre 1,3 UNT et 16 UNT. La valeur maximale avait été notée le 3 avril 2006. 45
CONCLUSION Globalement, le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle présente des écosystèmes variés. La population qui y habite est concentrée dans le nord, dans la partie aval du bassin versant. Les activités économiques prévalant dans le bassin versant sont principalement les secteurs des activités agricoles, forestières et récréotouristiques, sans oublier le secteur des services. C est dans la rivière Ouelle qu annuellement des centaines de saumons atlantiques complètent leur cycle de vie. La rivière est connue pour ses crues printanières très intenses dues à la cassure dans son profil, occasionnant ainsi sédimentation, embâcles et débordements. Ainsi, ce portrait a permis de regrouper l information disponible et d exposer différents aspects du bassin de la rivière Ouelle. La cueillette d information a aussi donné l occasion de constater un certain manque de connaissances. Dans la prochaine étape du projet, les caractéristiques du bassin reconnues par tous les acteurs du milieu permettront de fixer des objectifs et d envisager des solutions afin de mieux gérer localement et globalement les utilisations de l eau et de préserver ce bien commun. C est pourquoi les renseignements amassés lors de cette étape constituent la base pour la planification du plan d action. Ainsi, l acquisition de l information manquante au portrait, comme l indice de qualité de la bande riveraine, l inventaire des milieux humides ou l actualisation des activités humaines sont des exemples d objectifs qui feront partie du plan d action. 47
CARTES 49
Carte 1. Bassin versant de la rivière Ouelle (11x17) 51
Carte 2. Bassins versants délimitant celui de la rivière Ouelle 53
Carte 3. Plans d eau et barrages 55
Carte 4. Sous-bassins principaux (11x17) 57
Carte 5. Zones particulières et chutes 59
Carte 6. Zones à risque d érosion et d inondation 61
Carte 7. Municipalités du bassin versant de la rivière Ouelle 63
Carte 8. Anciens dépotoirs et sources d eau municipale 65
Carte 9. Localisation des puits enregistrés au SIH (Système d information hydrogéologique) 67
Carte 10. Répartition du milieu forestier 69
Carte 11. Localisation des fosses à saumon atlantique (11x17) 71
Carte 12. Station du suivi de la qualité de l eau et limite de l influence de la marée 73
BIBLIOGRAPHIE BARIL, R. et B. ROCHEFORT. 1965. Étude pédologique du comté de Kamouraska. Station de recherche scientifique du ministère de l Agriculture du Canada, en collaboration avec la Faculté d agriculture de l Université Laval et le ministère de l Agriculture de la Province de Québec. 116 p. BEAUCHEMIN, V. 2004. Caractérisation des berges de la rivière Ouelle et de ses tributaires en milieu agricole par rapport à son bassin versant. Rapport produit pour le Club KRT Enviro-Sol. 153 p. BERNATCHEZ, L. et M. GIROUX. 2000. Les poissons d eau douce du Québec. Broquet. Ottawa. 350 p. BÉRUBÉ, A. 2003. Suivi des déplacements de l éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) de la population de la rive sud de l estuaire du Saint-Laurent par le retour d étiquettes dans le cadre du programme de marquage effectué en 2001 et 2002. Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de l aménagement de la faune du Bas-Saint-Laurent. 28 p. BOURGET, G. 2006. Influence de la composition de la bande riveraine sur l abondance du rat musqué dans les petits cours d eau agricoles. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Secteur Faune Québec, Direction de l aménagement de la faune de la région du Bas-Saint-Laurent. 40 p. BOURGET, G. 2009. Caractérisation des frayères d éperlan arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint-Laurent en 2008. Québec. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction générale du Bas-Saint-Laurent, Direction régionale de l aménagement de la faune. 33 pages. BOURQUE, P.-A. 1997-2004. Planète Terre : Les eaux de ruissellement. Présenté par le Département de géologie et de Génie géologique de l Université Laval. Québec. Document électronique disponible au http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s3/eaux.ruissellement.html. Site consulté le 29 décembre 2008. CLD DE LA MRC DE L ISLET. 2004. Profil socio-économique. Tourville. 11 p. CDPNQ. 2005. Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. http://www.cdpnq.gouv.qc.ca/mission.htm. Consulté le 21 janvier 2009. COMITÉ DE BASSIN DE LA RIVIÈRE FOUQUETTE (CBRF). 2008. Plan directeur de l eau du bassin versant de la rivière Fouquette. Portrait et diagnostic du bassin versant. Comité de bassin de la rivière Fouquette, 154 p. COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l Anguille d Amérique (Anguilla rostrata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 80 p. (http://dsp-psd.tpsgc.gc.ca/collection/cw69-14-458-2006f.pdf). DOUCET, J. 2005. Suivi de la reproduction de l éperlan arc-en-ciel dans la rivière Fouquette en 2005. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Secteur Faune Québec, Direction de l aménagement de la faune de la région du Bas-Saint-Laurent. 20 p. 75
DOUCET, R. 2002. Fertilisation et environnement. La Science agricocle. Éd. Berger. Eastman.175 p. ÉQUIPE DE RÉTABLISSEMENT DE L ÉPERLAN ARC-EN-CIEL. 2003. Plan d action pour le rétablissement de l éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax), population du sud de l estuaire du Saint-Laurent. Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune, 35 p. GIDAS, N. 1985. Étude sur les inondations causées par les débâcles et la sédimentation (Rivière Ouelle, municipalité de Saint-Pacôme, comté de Kamouraska). Ministère de l Environnement. Direction des études du milieu aquatique. Québec. 37 p. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 2005. Affaire municipales et Régions - Répertoire des municipalités. http://www.mamr.gouv.qc.ca/repertoire_mun/repertoire/repertoi.asp. Consulté le 21 juillet 2008. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 2008. Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicsearch/telecharge.php?file=/c_61_1/ C61_1.htm&type=2 Dernière modification le 15 novembre 2008. Consulté le 21 novembre 2008. GROUPE SALAR. 1992. Plan de mise en valeur du potentiel salmonicole de la rivière Ouelle. Rapport présenté à la Société d aménagement et de développement de la rivière Ouelle inc. 92 p. GUÉRINEAU, A. et J.M. PLESSIS 2005. Plan d action pour la protection et la mise en valeur des frayères à éperlan arc-en-ciel anadrome (osmerus mordax) de la rive sud de l estuaire du Saint-Laurent. Université de Franche-Comté pour le ministère des Ressource naturelles et de la Faune, Secteur Faune Québec, Direction de l aménagement de la faune de la région du Bas-Saint-Laurent. 216 p. HÉBERT, S. 1996. Développement d un indice de la qualité bactériologique et physicochimique de l eau pour les rivières du Québec. Ministère de l Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, Québec. ISABEL, R. 2007. Inventaire ichtyologique à la pêche à l électricité du réseau hydrographique de la rivière Ouelle (rapport technique). Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction de l aménagement de la faune. 11 p. MARCOTTE, A. et J.L. TREMBLAY. 1948. Notes sur la biologie de l éperlan (Osmerus mordax, Mitchill) de la province de Québec. Contr. Stat. Biol. Saint-Laurent. 18 : 107 p. Ministère du Développement Durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP). 2002. La gestion intégrée de l eau par bassin versant. http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/bassinversant/index.htm#gestion consulté le 12 février 2009. 76
Ministère du Développement Durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP). 2003. Suivi hydrologique de différentes stations hydrométrique. Centre d expertise hydrique. http://www.cehq.gouv.qc.ca/suivihydro/default.asp. Dernière modification le 20 octobre 2008. Consulté le 20 octobre 2008. Ministère du Développement Durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP). 2004. Gestion intégrée de l eau par bassin versant : concept et application. Direction des politiques de l eau. 58p. Ministère du Développement Durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP). 2009. Banque de données sur la qualité du milieu aquatique (BQMA). Ministère du Développement durable, de l Environnement et des Parcs. Direction du suivi de l état de l environnement. MRC DE KAMOURASKA. 2007. Vivre au Kamouraska. http://www.mrckamouraska.com. Consulté le 3 novembre 2008. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). 2003. Liste des espèces fauniques menacées ou vulnérables au Québec _ Omble chevalier oquassa. http://www3.mrnf.gouv.qc.ca/faune/especes/menacees/fiche.asp?noesp=81 Consulté le 21 janvier 2009. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). 2003. Forêt rare de l Étang-del Écluse. Écosystème forestier exceptionnel de la région du Bas-Saint-Laurent. http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/forets/connaissances/etang-ecluse.pdf. Consulté le 8 juin 2009. PAUL, M. 2005a. Projet de stabilisation des berges et de dragage du lit de la rivière Ouelle sur le territoire de la municipalité de Saint-Pacôme par la municipalité de Saint-Pacôme. Ministère du Développement durable, de l Environnement et des Parcs. Direction des évaluations environnementales. 11 p. PAUL, M. 2005b. Projet de stabilisation des rives de la rivière Ouelle et du fleuve Saint- Laurent sur le territoire de la municipalité de Rivière-Ouelle par la municipalité de Rivière- Ouelle. Ministère du Développement durable, de l Environnement et des Parcs. Direction des évaluations environnementales. 12 p. PÊCHE ET OCÉAN CANADA (MPO). 2008. Le monde sous-marin L éperlan arc-en-ciel. http://www.dfo-mpo.gc.ca/zone/underwater_sous-marin/smelt/smelt-eperlan-fra.htm. Dernière modification le 12 sept. 2008. Consulté le 3 décembre 2008. PETTIGREW, P., R. TARDIF et G. VERREAULT. 2007. Suivi des juvéniles d éperlan arc-enciel du sud de l estuaire du Saint-Laurent en 2006. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction générale du Bas-Saint-Laurent. Direction régionale de l aménagement de la faune. 27 pages. PILOTE, J. et J. DOUCET. Caractérisation des frayères d éperlan arc-en-ciel de la rive sud de l estuaire du Saint-Laurent en 2004. Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs. Secteur Faune Québec. Direction de l aménagement de la faune de la région du Bas-Saint-Laurent. 26 p. 77
RICHARD, R. 2007. Suivi des juvéniles d éperlan arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint- Laurent en 2007. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction générale du Bas-Saint-Laurent. Direction régionale de l aménagement de la faune. 33 pages. RICHARD, R. et R. TARDIF. 2007. Caractérisation des frayères d éperlan arc-en-ciel du sud de l estuaire du Saint-Laurent. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction générale du Bas-Saint-Laurent. Direction régionale de l aménagement de la faune. 30 pages. RIVIÈRE-OUELLE. 2007. Municipalité de Rivière-Ouelle. http://www.riviereouelle.ca. Consulté le 15 novembre 2008. SCOTT, W.B. et E.J, Crossman. 1985. Poissons d eau douce du Canada. Fish. Res. Bd. Canada. Bulletin 184. 1027 p. SIROIS, P. et J. J. DODSON. 2000. Influence of turbidity, food density and parasites on the ingestion and growth of larval rainbow smelt Osmerus mordax in an estuarine turbidity maximum. Mar. Ecol. Prog. Ser.193:167-179. STATISTIQUE CANADA. Profil des communautés 2006- Recensement Canada. http://www12.statcan.ca/english/census06/data/profiles/community/index.cfm?lang=f. Dernière modification le 24 juillet 2008. Consulté le 18 août 2008. THIBAULT, M., C. BEAULIEU, D. DENAULT et B. DUMONT. 1990. Le potentiel salmonicole de la rivière Ouelle : problématique et propositions d interventions. Pro Faune pour la Société d aménagement et de développement de la rivière Ouelle (SADRO). 83 p. TREMBLAY, S., F. CARON, S. GONTHIER, J.-P. DORION, J. GILBERT et J.-P. LEBEL. 2003. Plan de conservation et d exploitation du saumon atlantique anadrome 2004 2009. Société de la faune et des parcs du Québec, Vice-présidence au développement et à l aménagement de la faune. 249 p. VERREAULT, G. et R. TARDIF, 1989. L éperlan arc-en-ciel anadrome de la rivière Ouelle : population et reproduction. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Service de l aménagement et de l exploitation de la faune, Direction régionale du Bas-Saint-Laurent. Rapp. 89-11. 78
Annexe 1 Liste des poissons 79
Liste des poissons (tiré de Beauchemin, 2004) Nom français Nom latin Famille Lamproie marine Petromyson marinus Petromyzontidés Anguille d'amérique Anguilla rostrata Anguillidés Alose savoureuse Alosa sapidissima Clupeidés Grand corégone Coregonus clupeaformis Salmonidés Truite arc-en-ciel Salmo gairdneri Salmonidés Touladi Salvelinus namaycush Salmonidés Omble chevalier Salvelinus salvelinus Salmonidés Omble de fontaine Salvelinus fontinalis Salmonidés Saumon atlantique Salmo salar Salmonidés Éperlan arc-en-ciel Osmerus mordax Osmeridés Umbre de vase Umbra limi Umbridées Grand brochet Esox lucius Esocidées Barbotte brune Ictalurus nebulosus Ictaluridés Meunier rouge Catostomus catostomus Catostomidés Meunier noir Catostomus commersoni Catostomidés Méné de lac Couesius plumbeus Cyprinidés Méné à nageoires rouges Notropis cornutus Cyprinidés Carpe Cyrinus carpio Cyprinidés Bec-de-lièvre Exoglossum maxillingua Cyprinidés Mulet à cornes Semotilus atromaculatus Cyprinidés Mulet perlé Margariscus margarita Cyprinidés Ventre rouge du nord Chrosomus eos Cyprinidés Naseux des rapides Rhinichthys cataractea Cyprinidés Naseux noir Rhinichthys atratulus Cyprinidés Poulamon atlantique Microgadus tomcod Gadidés Épinoche à trois épines Gasterosteus aculeatus Gasterosteidés Épinoche à cinq épines Culaea inconstans Gasterosteidés Épinoche à neuf épines Pungitius pungitius Gasterosteidés Baret Morone americana Percichthyidés Perchaude Perca flavescens Percidés Raseux-de-terre noir Etheostoma nigrium Percidés Chabot visqueux Cottus cognatus Cottidés 81
Annexe 2 Liste partielle d amphibiens et de reptiles répertoriés sur le territoire du bassin versant, en 2004 83
Liste partielle des amphibiens et des reptiles répertoriés sur le territoire (tiré de Beauchemin, 2004) Nom français Nom latin Ordre Salamandre maculée Ambystoma maculatum Urodèles Crapaud d'amérique Bufo americana Anoures Grenouille verte Rana clamitans Anoures Grenouille des bois Rana sylvatica Anoures Grenouille du Nord Rana septentrionalis Anoures Ouaouaron Rana catesbeiana Anoures Rainette crucifère Hyla crucifer Anoures Couleuvre rayée Thamnophis sirtalis Serpents Couleuvre brune Storeria dekayi Serpents 85
Annexe 3 Liste des oiseaux répertoriés sur le territoire du bassin versant 87
Liste des oiseaux répertoriés sur le territoire (tiré de Beauchemin, 2004) Nom français Nom latin Famille Plongeon huart (huard à collier) Gavia immer Gaviidés Grèbe à bec bigarré Podilymbus podiceps Podicipédiformes Cormoran à aigrettes Phalacrocorax auritus Phalacrocoracidés Bernache du Canada (outarde) Branta canadensis Anatidés Bernache cravant Branta bernicla Anatidés Oie des neiges (blanche) Chen caerulescens Anatidés Canard colvert (malard) Anas platyrhynchos Anatidés Canard noir Anas rubripes Anatidés Canard pilet Anas acuta Anatidés Sarcelle à ailes bleues Anas discors Anatidés Sarcelle d'hiver (à ailes vertes) Anas crecca Anatidés Canard branchu (huppé) Aix sponsa Anatidés Fuligule à collier (morillon) Aythya collaris Anatidés Petit garrot Bucephala albeola Anatidés Garrot à œil d'or Bucephala clangula Anatidés Grand harle (bec-scie) Mergus merganser Anatidés Harle huppé (à poitrine rousse) Mergus serrator Anatidés Harle couronné Lophodytes cucullatus Anatidés Urubu à tête rouge Cathartes aura Cathartidés Autour des palombes Accipiter gentilis Accipitridés Épervier brun Accipiter striatus Accipitridés Buse à queue rousse Buteo jamaicensis Accipitridés Busard Saint-Martin (des marais) Circus cyaneus Accipitridés Petite buse Buteo platypterus Accipitridés Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus Accipitridés Faucon émerillon Falco columbarius Falconidés Crécerelle d'amérique Falco sparverius Falconidés Tétras du Canada Dendragapus canadensis Gallinacés Gélinotte huppée (perdrix) Bonasa umbellus Gallinacés Grande aigrette Casmerodius albus Ardéidés Grand héron Ardea herodias Ardéidés Bihoreau gris Nycticorax nycticorax Ardéidés Butor d'amérique Botaurus lentiginosus Ardéidés Râle de Virginie Rallus limicola Rallidés Marouette de Caroline Porzana carolina Rallidés Pluvier kildir Charadrius vociferus Charadriidés Grand chevalier (à pattes jaunes) Tringa melanoleuca Scolopacidés Petit chevalier (à pattes jaunes) Tringa flavipes Scolopacidés Chevalier grivelé (branle-queue) Actitis macularia Scolopacidés Chevalier solitaire Tringa solitaria Scolopacidés Bécasse d'amérique Scolopax minor Scolopacidés Bécassine des marais Capella gallinago Scolopacidés Goéland argenté Larus argentatus Laridés Goéland à bec cerclé Larus delawarensis Laridés Guifette noire Chlidonias niger Laridés Pigeon biset Columba livia Columbidés Tourterelle triste Zanaida macroura Columbidés Grand-duc d'amérique Bubo virginianus Strigidés Harfang des neiges Nyctea scandiaca Strigidés Engoulevent d'amérique Chordeiles minor Caprimulgidés Martinet ramoneur Chaetura pelagica Apodidés Colibri à gorge rubis Archilochus colubris Trochilidés 89
Nom français Nom latin Famille Martin-pêcheur d'amérique Ceryle alcyon Coraciiformes Pic flamboyant Colaptes auratus Picidés Grand pic Dryocopus pileatus Picidés Pic maculé Sphyrapicus varius Picidés Pic chevelu Picoides villosus Picidés Pic mineur Picoides pubescens Picidés Pic à dos noir Picoides arcticus Picidés Tyran tritri Tyrannus tyrannus Tyrannidés Moucherolle phébi Sayornis phoebe Tyrannidés Moucherolle des aulnes Empidonax alnorum Tyrannidés Moucherolle tchébec Empidonax minimus Tyrannidés Moucherolle à ventre jaune Empidonax flaviventris Tyrannidés Pioui de l'est Contopus virens Tyrannidés Moucherolle à coté olive Contopus borealis Tyrannidés Hirondelle rustique (des granges) Hirundo rustica Hirundinidés Hirondelle de rivage Riparia riparia Hirundinidés Hirondelle bicolore Iridoprocne bicolor Hirundinidés Hirondelle à front blanc Hirundo pyrrhonota Hirundinidés Geai bleu Cyanocitta cristata Corvidés Mésangeai du Canada (geai gris) Perisoreus canadensis Corvidés Grand corbeau Corvus corax Corvidés Corneille d'amérique Corvus brachyrhunchos Corvidés Mésange à tête noire Parus atricapilus Paridés Mésange à tête brune Parus hudsonicus Paridés Sittelle à poitrine blanche Sitta carolinensis Sittidés Sittelle à poitrine rousse Sitta canadensis Sittidés Grimpereau brun Certhia americana Certhiidés Troglodyte mignon (des forêts) Troglodytes troglodytes Troglodytidés Merle d'amérique Turdus migratorius Turdidés Grive solitaire Catharus guttatus Turdidés Grive fauve Catharus fuscescens Turdidés Grive à dos olive Catharus ustulatus Turdidés Grive des bois Hylocichla mustelina Turdidés Roitelet à couronne rubis Regulus calendula Sylviidés Roitelet à couronne dorée Regulus satrapa Sylviidés Pipit d'amérique Anthus spinoletta Motacillidés Jaseur d'amérique Bombycilla cedrorum Bombycillidés Étourneau sansonnet Strunus vulgaris Sturnidés Viréo de Philadelphie Vireo olivaceus Viréonidés Viréo aux yeux rouges Vireo olivaceus Viréonidés Viréo à tête bleue Vireo solitarius Viréonidés Paruline à croupion jaune Dendroica coronata Parulidés Paruline jaune Dendroica petechia Parulidés Paruline à tête cendrée Dendroica magnolia Parulidés Paruline à flancs marron Dendroica pensylvanica Parulidés Paruline à poitrine baie Dendroica castanea Parulidés Paruline couronnée Seiurus aurocapillus Parulidés Paruline des ruisseaux Seiurus noveboracensis Parulidés Paruline masquée Geothlypis trichas Parulidés Paruline à joues grises Vermivora ruficapilla Parulidés Paruline obscure Vermivora peregrina Parulidés Paruline à collier Parula americana Parulidés 90
Nom français Nom latin Famille Paruline flamboyante Dendroica ruticilla Parulidés Paruline tigrée Dendroica tigrina Parulidés Paruline bleue Dendroica caerulescens Parulidés Paruline à gorge orangée Dendroica fusca Parulidés Paruline à gorge noire Dendroica virens Parulidés Paruline à couronne rousse Dendroica palmarum Parulidés Paruline rayée Dendroica striata Parulidés Paruline triste Oporomis philadelphia Parulidés Paruline du Canada Wilsonia canadensis Parulidés Paruline à calotte noire Wilsonia pusilla Parulidés Paruline noir et blanc Mniotilla varia Parulidés Moineau domestique Passer domesticus Plocéidés Goglu des prés Dolichonyx oryzivorus Ictéridés Carouge à épaulettes Agelaius phoeniceus Ictéridés Sturnelle des prés Sturnella magna Ictéridés Quiscale bronzé (mainate) Quiscalus quiscula Ictéridés Quiscale rouilleux Euphagus carolinus Ictéridés Vacher à tête brune Molothrus ater Ictéridés Tangara écarlate Piranga olivacea Traupidés Cardinale à poitrine rose Pheucticus ludovicianus Fringillidés Roselin pourpré Carpodacus purpureus Fringillidés Durbec des sapins (gros-bec des pins) Pinicola enucleator Fringillidés Gros-bec errant Hesperiphona vespertina Fringillidés Sizerin flammé (à tête rouge) Carduelis flammea Fringillidés Tarin des pins Carduelis pinus Fringillidés Chardonneret jaune Carduelis tristis Fringillidés Bec-croisé bifascié Loxia leucoptera Fringillidés Junco ardoisé Junco hyemalis Fringillidés Bruant familier Spizella passerina Fringillidés Bruant chanteur Melospiza melodia Fringillidés Bruant de Lincoln Melospiza lincolnii Fringillidés Bruant à queue aiguë Ammospiza caudacuta Fringillidés Bruant des prés Passerculus sandwichensis Fringillidés Bruant des marais Melospiza georgiana Fringillidés Bruant des neiges Plectrophenax nivalis Fringillidés Bruant à gorge blanche Zonotrichia albicollis Fringillidés 91
Annexe 4 Liste partielle des mammifères répertoriés sur le territoire du bassin versant 93
Liste partielle des mammifères répertoriés sur le territoire (tiré de Beauchemin, 2004) Nom français Nom latin Famille Musaraigne cendrée Sorex cinereus Soricidés Musaraigne sp. Soricidés Condylure à nez étoilé Condylura cristata Talpidés Chauve-souris sp. Vespertilionidés Lièvre d'amérique Lepus americanus Léporidés Tamia rayé (suisse) Tamias striatus Sciuridés Marmotte commune (siffleux) Marmota monax Sciuridés Écureuil roux Tamiasciurus hudsonicus Sciuridés Grand polatouche Glaucomys sabrinus Sciuridés Castor du Canada Castor canadensis Castoridés Souris sylvestre Peromyscus maniculatus Cricétidés Campagnol-à-dos-roux de Gapper Clethrionomys gapperi Cricétidés Campagnol sp. Cricétidés Rat surmulot Rattus norvegicus Muridés Souris commune Mus musculus Muridés Souris-sauteuse sp. Muridés Rat musqué commun Ondatra zibethicus Cricétidés Porc-épic d'amérique Erethizon dorsatum Éréthizontidés Coyote Canis latrans Canidés Renard roux Vulpes vulpes Canidés Ours noir Ursus americanus Ursidés Raton-laveur Procyon lotor Procyonidés Martre d'amérique Martes americana Mustélidés Pékan Martes pennanti Mustélidés Hermine Mustela erminea Mustélidés Belette à longue queue Mustela frenata Mustélidés Vison d'amérique Mustela vison Mustélidés Moufette rayé Mephitis mephitis Mustélidés Loutre de rivière Lutra canadensis Mustélidés Lynx du Canada Felis lynx Félidés Cerf de virginie (chevreuil) Odocoileus virginianus Cervidés Orignal (élan d'amérique) Alces alces Cervidés Phoque gris Halichoerus grypus Phocidés 95
Annexe 5 Liste des végétaux recensés sur le territoire du bassin versant de la rivière Ouelle 97
Liste des végétaux recensés sur le territoire (tiré de Beauchemin, 2004) Nom français Nom commun Nom latin Famille Polytrics Polytrichum sp. Polytrichacées Dicranes Dicranum sp. Dicranacées Climacie arbustive Climacium dendroides Climaciacées Hypne de Schreber Pleurozium schreberi Hylocomiacées Hypne éclatante Hypne brillante Hylocomium splendens Hylocomiacées Hypne triangulaire Rythidiadelphus triquetrus Hylocomiacées Thuidie petit-sapin Thuidie petit-sapin Thuidiacées Hypne plumeuses Hypne cimier Ptilium crista-castrensis Hypnacées Mnies Mnium sp. Mniacées Sphaignes Sphagnum sp. Sphagnacées Pressia à feuilles carrées Presssia quadrata Marchantiacées Bazzanie trilobée Bazzania trilobata Lépidoziacées Cladines Mousse à caribou Cladina sp. Cladoniacées Lycopode brillant Lycopodium lucidulum Lycopodiacés Lycopode claviforme Courant vert Lycopodium clavatum Lycopodiacés Lycopode foncé Lycopodium obscurum Lycopodiacés Lycopode innovant Lycopodium annotium Lycopodiacés Lycopode aplati Lycopodium complanatum Lycopodiacés Lycopode à feuilles de genévrier Lycopodium sabinifolium Lycopodiacés Prêle d'hiver Equisetum hyemale Equisétacées Prêle des champs Queue de renard Equisetum arvense Equisétacées Prêle des bois Equisetum sylvaticum Equisétacées Prêle fluviatile Equisetum fluviatile Equisétacées Osmonde royale Osmunda regalis Osmondacées Osmonde de Clayton Osmunda claytoniana Osmondacées Osmonde cannelle Osmunda cinnamomea Osmondacées Dennstaedtia à lobules ponctués Dennstaedtia punctilobula Polypodiacées Ptéridium des aigles Pteridium aquilinum Polypodiacées Polypode de Virginie Tripe de roche Polypodium virginianum Polypodiacées Polystic de Braun Polystichum braunii Polypodiacées Dryoptéride disjointe Dryopteris disjuncta Polypodiacées Dryoptéride du hêtre Dryopteris phegopteris Polypodiacées Dryoptéride spinuleuse Dryopteris spinulosa Polypodiacées Dryoptéride marginale Dryopteris marginalis Polypodiacées Dryoptéride accrêtée Dryopteris cristata Polypodiacées Woodsie de l'île d'elbe Woodsia ilvensis Polypodiacées Dryoptéride de New York Dryopteris noveborascensis Polypodiacées Athyrium fougère-femelle Fougère femelle Athyrium filix-femina Polypodiacées Onoclée sensible Onoclea sensibilis Polypodiacées Matteucie fougère-à-l'autruche Tête-de-violon Matteuccia struthiopteris Polypodiacées If du Canada Buis de sapin Taxus canadensis Taxacées Genévrier horizontal Juniperus horizontalis Taxacées Thuya occidentale Cèdre Thuja occidentalis Taxacées Pin blanc Pinus strobus Pinacées Pin rouge Pinus resinosa Pinacées Pin gris Pinus banksiana Pinacées Mélèze laricin Larix laricina Pinacées Épinette blanche Picea galuca Pinacées Épinette noire Picea mariana Pinacées Épinette rouge Picea rubens Pinacées Pruche de Canada Tsuga canadensis Pinacées Sapin baumier Abies balsamea Pinacées 99
Nom français Nom commun Nom latin Famille Bouleau à papier Bouleau blanc Betula papyrifera Bétulacées Bouleau jaune Merisier Betula alleghaniensis Bétulacées Aulne rugueux Alnus rugosa Bétulacées Noisetier à long bec Corylus cornuta Bétulacées Chêne rouge Quercus rubra Fagacées Hêtre à grandes feuilles Fagus grandifolia Fagacées Myrique baumier Bois-sent-bon Myrica gale Myricacées Peuplier baumier Populus balsamifera Salicacées Peuplier à grandes dents Populus grandidentata Salicacées Peuplier faux-tremble Tremble Populus tremuloides Salicacées Peuplier hybride Populus sp. Salicacées Saules Salix sp. Salicacées Orme d'amérique Ulmus americana Ulmacées Houblon commun Humulus lupulus Urticacées Ortie élevée Urtica procera Urticacées Renouée liseron Polygonum convolvulus Polygonacées Renouées Polygonum sp. Polygonacées Rumex crépu Rumex crispus Polygonacées Rumex Rumex sp. Polygonacées Bambou mexicain Polygonum cuspidatum Polygonacées Chénopode blanc Chou gras Chenopodium album Chénopodiacées Arroche hastée Atripex hastata Chénopodiacées Salicorne d'europe Corail Salicornia europaea Chénopodiacées Amarante réfléchie Amarante à racines rouges Amaranthus retroflexus Amaranthacées Claytonie de Caroline Claytonia caroliniana Portulacées Silène cucubale Pétards Silene cucubalus Caryophyllacées Silène noctiflore Silene noctiflora Caryophyllacées Saponaire officinale Herbe à savon Saponaria officinalis Caryophyllacées Céraiste des champs Cerastium arvenses Caryophyllacées Spergulaire du Canada Spergularia canadensis Caryophyllacées Stellaires Stellaria sp. Caryophyllacées Euphorbe hélioscopique Réveille-matin Euphorbia helioscopia Euphorbiacées Clématite de Virginie Herbe aux gueux Clematis virginiana Renonculacées Reconcule abortive Ranunculus abortivus Renonculacées Renoncule fausse-cymbalaire Ranunculus cymbalaria Renonculacées Renoncule âcre Bouton d'or Ranunculus acris Renonculacées Coptide du Groenland Savoyane Coptis groenlandica Renonculacées Anémone du Canada Anemone canadensis Renonculacées Actée rouge Poison de couleuvre Actaea rubra Renonculacées Actée blanche Actaea alba Renonculacées Actée à gros pédicelles Actaea pachypoda Renonculacées Pigamon pubescent Thalictrum pubescens Renonculacées Grand nénuphar jaune Nuphar variegatum Nymphéacées Sarracénie pourpre Petits cochons Sarracenia purpurea Sarracéniacées Chélidoine majeure Grande éclaire Chelidonium majus Papavéracées Sanguinaire du Canada Sang-dragon Sanguinaria canadensis Papavéracées Capselle bourse-à-pasteur Tabouret Capsella bursa-pastoris Crucifères Julienne des dames Hesperis matronalis Crucifères Moutarde sauvage Moutarde d'été Brassica kaber Crucifères Barbarée vulgaire Herbe de Saint-Barbe Barbarea vulgaris Crucifères Vélar fausse-giroflée Herbe au chantre Erysimum cheiranthoides Crucifères 100
Nom français Nom commun Nom latin Famille Rossolis à feuilles rondes Drosera rotundifolia Droséracées Violette jaune Violette velue Viola pubescens Violacées Violettes Viola sp. Violacées Millepertuis commun Hypercium perforatum Hypéricacées Gadelier lacustre Ribes lacustre Saxifragacées Gadelier glanduleux Ribes glandulosum Saxifragacées Gadelier amer Ribes triste Saxifragacées Mitrelle nue Mitella nuda Saxifragacées Aubépines Crataegus sp. Rosacées Amélanchiers Petites poires Amelanchier sp. Rosacées Pommier nain Pommier sauvage Malus pumila Rosacées Sorbier d'amérique Cormier Sorbus americana Rosacées Cerisier de Pennsylvanie Petit merisier Prunus pensylvanica Rosacées Cerisier de Virginie Cerisier à grappes Prunus virginiana Rosacées Spirée à larges feuilles Thé du Canada Spirarea latifolia Rosacées Rosiers Églantier Rosa sp. Rosacées Ronce petit-murier Chicoutés Rubus chamaemorus Rosacées Ronce du mont Ida Framboisier Rubus idaeus Rosacées Ronce pubescente Catherinettes Rubus pubescens Rosacées Potentille ansérine Argentine Potentilla anserina Rosacées Potentille palustre Potentilla palustris Rosacées Sanguisorbe du Canada Sanguisorba canadensis Rosacées Fraisier de Virginie Fraisier des champs Fragaria virginiana Rosacées Aigremoine striée Agrimonia atriata Rosacées Benoîte à grandes feuilles Geum macrophyllum Rosacées Vesce jargeau Vicia cracca Légumineuses Gesse des prés Lathyrus pratensis Légumineuses Gesse maritime Pois de mer Lathyrus maritimus Légumineuses Luzerne cultivée Alfalfa Medicago sativa Légumineuses Mélilot officinale Trèfle d'odeur jaune Melilotus officinalis Légumineuses Mélilot blanc Trèfle d'odeur Melilotus alba Légumineuses Trèfle rouge Trifolium pratense Légumineuses Trèfle agraire Trèfle jaune Trifolium agrarium Légumineuses Trèfle blanc Trifolium repens Légumineuses Lotier corniculé Pied-de-poule Lotus corniculatus Légumineuses Lythrum salicaire Salicaire pourpre Lythrum salicaria Lythracées Circée alpine Circaea alpina Onogracées Épilobe à feuilles étroites Bouquets rouges Epilobium angustifolium Onagracées Onagre bisanuelle Oenothera biennis Onogracées Mauve musqué Malva moschata Malvacées Tilleul d'amérique Bois blanc Tilia americana Tilliacées Oxalide de montagne Oxalis montana Oxalidacées Oxalide dressée Surette Oxalis stricta Oxalidacées Sumac vinaigrier Vinaigrier Rhus typhina Anacardiacées Sumac grimpant Herbe à la puce Rhus radicans Anacardiacées Érable négondo Érable à Giguère Acer negundo Acéracées Érable de Pennsylvanie Bois d'orignal Acer pensylvanicum Acéracées Érable à épis Plaine bâtarde Acer spicatum Acéracées Érable rouge Plaine Acer rubrum Acéracées Érable à sucre Acer saccharum Acéracées Érable de Norvège Acer platanoides Acéracées Impatiente du Cap Impatiens capensis Balsaminacées 101
Nom français Nom commun Nom latin Famille Némopanthe mucroné Faux houx Nemopanthus mucronatus Aquifoliacées Nerprun à feuilles d'aulne Rhamnus alnifolius Rhamnacées Cornouiller du Canada Quatre-temps Cornus canadensis Cornacées Cornouiller stolonifère Hart-rouge Cornus stolonifera Cornacées Cornouiller à feuilles alternes Cornus alternifolia Cornacées Aralie à tige nue Salsepareille Aralia nudicaulis Araliacées Osmorhize de Clayton Osmorhiza claytoni Ombellifères Angélique noire-pourprée Angelica atropurpurea Ombellifères Berce très grande Heracleum maximum Ombellifères Cicutaire maculé Carotte à Moreau Cicuta maculata Ombellifères Limonie de nash Lavande de mer Limonium nashii Plombaginacées Trientale boréale Trientalis borealis Primulacées Glaux maritime Glaux maritima Primulacées Monotrope uniflore Monotropa uniflora Éricacées Monotrope du pin Monotropa hypopithys Éricacées Chimaphile à ombelles Chimaphila umbellata Éricacées Pyrole unilatérale Pyrola secunda Éricacées Pyroles Pyrola sp. Éricacées Lédon du Groenland Thé du Labrador Ledum groenlandicum Éricacées Chiogène hispide Petit thé Chiogenes hispidula Éricacées Airelle vigne-d'ida Vaccinium vitis-idaea Éricacées Airelle canneberge Vaccinum oxycoccos Éricacées Airelle fausse-myrtille Bleuets Vaccinum myrtilloides Éricacées Airelle à feuilles étroites Bleuets Vaccinum angustifolium Éricacées Rhododendron du Canada Rhododendron canadense Éricacées Épigée rampante Fleur de mai Epigaea repens Éricacées Gaulthérie couchée Thé des bois Gaultheria procumbens Éricacées Kalmia à feuilles étroites Kalmia angustifolia Éricacées Kalmia à feuilles d'andromède Kalmia polifolia Éricacées Cassandre caliculé Cassandra calyculata Éricacées Andromède glauque Andromeda glaucophylla Éricacées Liseron des haies Convolvulus sepium Convolvulacées Myosotis laxiflore Ne-m'oubliez-pas Myosotis laxa Boraginacées Vipérine vulgaire Echium vulgare Boraginacées Grémil officinal Herbe aux perles Lithospermum officinale Boraginacées Molène vulgaire Tabac du diable Verbascum thapsus Scrophulariacées Linaire vulgaire Linaria vulgaris Scrophulariacées Véronique officinale Veronica officinalis Scrophulariacées Véronique américaine Veronica americana Scrophulariacées Mélampyre linéaire Melampyrum lineare Scrophulariacées Mimule à fleurs entrouvertes Mimulus ringens Scrophulariacées Euphraise du Canada Euphrasia canadensis Scrophulariacées Galane glabre Chelone glabra Scrophulariacées Rhinanthe crête-de-coq Claquette Rhinanthus crista-galli Scrophulariacées Glécome lierre Lierre terrestre Glecoma hederacea Labiées Scutellaire à feuilles d'épilobe Scutellaria epilobiifolia Labiées Lycope uniflore Lycopus uniflorus Labiées Galéopside à tiges carrée Galeopsis tetrahit Labiées Prunelle vulgaire Brunelle Prunella vulgaris Labiées Plantain majeur Grand plantain Plantago major Plantaginacées Plantain maritime Plantain joncoïde Plantago maritima Plantaginacées Apocyn à feuilles d'androsème Apocynum androsaemifolium Apocynacées 102
Nom français Nom commun Nom latin Famille Asclépiade commune Petits cochons Asclepias syriaca Asclépiadacées Lilas vulgaire Syringa vulgaris Oléacées Frêne d'amérique Frêne blanc Fraxinus americana Oléacées Frêne de Pennsylvanie Frêne rouge Fraxinus pennsylvanica Oléacées Frêne noir Fraxinus nigra Oléacées Mitchella rampant Pain de perdrix Mitchella repens Rubiacées Gaillet piquant Galium asprellum Rubiacées Sureau pubescent Sureau rouge Sambucus pubens Caprifoliacées Sureau du Canada Sureau blanc Sambucus canadensis Caprifoliacées Linnée boréale Linnaea borealis Caprifoliacées Viorne trilobé Pimpina Viburnum trilobum Caprifoliacées Viorne à feuilles d'aulne Viburnum alnifolium Caprifoliacées Viorne cassinoïde Viburnum cassinoides Caprifoliacées Viorne comestible Viburnum edule Caprifoliacées Dièreville chèvrefeuille Herbe bleue Diervilla lonicera Caprifoliacées Chèvrefeuille du Canada Lonicera canadensis Caprifoliacées Concombre sauvage Concombre grimpant Echinocystis lobata Cucurbitacées Chicorée sauvage Cichorium intybus Composées Salsifis des prés Tragopogon pratensis Composées Pissenlit officinal Taraxacum officinale Composées Laitue bisannuelle Lactuca biennis Composées Prenanthes Prenanthes sp. Composées Épervière orangée Hieracium aurantiacum Composées Épervières jaunes Hieracium sp. Composées Bidents Bidens sp. Composées Bardanes Rhubarbe sauvage Arctium sp. Composées Armoise vulgaire Herbe de Saint-Jean Artemisia vulgaris Composées Anaphale marguerite Immortelle Anaphalis margaritacea Composées Pétasite palmé Petasites palmatus Composées Chardons Piqueux Cirsium sp. Composées Eupatoire maculé Eupatorium maculatum Composées Galinsoga cilié Galinsoga ciliata Composées Chrysanthème leucanthème Marguerite Chrysanthemum leucanthemum Composées Matricaire odorante Matricaria matricarioides Composées Achillée millefeuille Herbe à dinde Achillea millefolium Composées Tussilago farfara Pas-d'âne Tussilago farfara Composées Verge d'or toujours verte Solidago sempervirens Composées Verge d'or graminifoliée Solidago graminifolia Composées Verge d'or du Canada Solidago canadensis Composées Verges d'or Solidago sp. Composées Erigerons Erigeron sp. Composées Aster acuminé Aster acuminatus Composées Aster à grandes feuilles Aster macrophyllus Composées Aster à ombelles Aster umbellatus Composées Aster ponceau Aster puniceus Composées Aster Aster sp. Composées Alisma plantain-d'eau Alisma plantago-aquatica Alismatacées Sagittaire à larges feuilles Flèche d'eau Sagittaria latifolia Alismatacées Troscart maritime Triglochin maritima Joncaginacées Potamot émergé Potamogeton epihydrus Naïadacées Sceau-de-Salomon pubescent Polygonatum pubescens Liliacées Trille ondulé Trillium undulatum Liliacées 103
Nom français Nom commun Nom latin Famille Trille dressé Trille rouge Trillium erectum Liliacées Médéole de Virginie Medeola virginiana Liliacées Clintonie boréale Clintonia borealis Liliacées Maïanthème du Canada Maianthemum canadense Liliacées Smilacine à grappes Smilacina racemosa Liliacées Smilacine étoilée Smilacina stellata Liliacées Smilacine trifoliée Smilacina trifolia Liliacées Streptope amplexicaule Streptopus amplexifolius Liliacées Streptope rose Rognons de coq Streptopus roseus Liliacées Érythrone d'amérique Erythronium americanum Liliacées Vérâtre vert Tabac du diable Veratrum viride Liliacées Iris versicolore Clajeux Iris versicolor Iridacées Bermudienne à feuilles étroites Sisyrinchium angustifolium Iridacées Joncs Juncus sp. Joncacées Souchets Cyperus sp. Cyperacées Scirpe à gaines rouges Scirpus rubrotinctus Cyperacées Scirpes Scirpus p. Cyperacées Carex Carex sp. Cyperacées Linaigrettes Eriophorum sp. Cyperacées Roseau commun Phragmites communis Graminées Avoine cultivée Avena sativa Graminées Orge agréable Hordeum jubatum Graminées Spartines Spartina sp. Graminées Agropyron rampant Chiendent Agropyron repens Graminées Blé cultivé Triticum aestivum Graminées Phléole des prés Mil Phleum pratense Graminées Brome inerme Bromus inermis Graminées Dactyle pelotonné Dactylis glomereta Graminées Glycérie géante Glyceria grandis Graminées Muhlenbergie agglomérée Muhlenbergia glomerata Graminées Cypripède acaule Sabot de la Vierge Cypripedium acaule Orchidacées Habénaire hyperboréale Habenaria hyperborea Orchidacées Habénaire fimbriée Habenaria fimbriata Orchidacées Habénaires Habenaria sp. Orchidacées Corallorhize maculée Corallorhiza so. Orchidacées Épipactis petit-héllébore Epipactis helleborine Orchidacées Goodyéries Goodyera sp. Orchidacées Ariséma rouge-foncé Petit prêcheur Arisaema atrorubens Aracées Lenticule mineure Lentille d'eau Lemna minor Lemnacées Rubanier à gros fruits Sparganium eurycarpum Sparganiacées Typha à feuilles larges Quenouille Typha latifolia Typhacées 104