Dermatoses prurigineuses



Documents pareils
DERMATOSES ECZEMATIFORMES LICHENOIDES ET ERYTHEMATO-SQUAMEUSES

Les eczémas: l approche au cabinet

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Orientation diagnostique devant une éosinophilie 1

Dermatologie courante du sujet âgé. Printemps Médical de Bourgogne 31 Mars 2012 Dr Claude Plassard Gériatre CHI Châtillon/Montbard

Actualités thérapeutiques dans le VHC : les recommandations de l AFEF Vendredi 8 et samedi 9 avril 2011 à Paris

NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR. Delphi 0,1 % crème Acétonide de triamcinolone

Le psoriasis est une maladie qui touche environ 2 à 3 % de la population et qui se

Quoi de neuf dans la prise en charge du psoriasis?

gale - Brochure d information -

Item 288 : Troubles des phanères : Onyxis

Le psoriasis (123) Professeur Jean-Claude BEANI Octobre 2003

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE

Module transdisciplinaire 8 : Immunopathologie. Réactions inflammatoires

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

GENERALITES SUR LA GALE

LES ONYCHOPATHIES. Mohamed Denguezli Service de Dermatologie C.H.U SOUSSE

Moyens d étude de la peau

Prescription et surveillance d un traitement dermocorticoïde

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

- contacts@aroma-zone.com

Traitements topiques. Utiliser conformément aux instructions figurant sur l emballage. Aident à éliminer les squames. Soulagent les démangeaisons.

PSORIASIS. Dr Le Duff 2010 Service de Dermatologie Hôpital Archet 2 Nice -

SOIXANTE-SEPTIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ A67/18 Point 13.5 de l ordre du jour provisoire 21 mars Psoriasis. Rapport du Secrétariat

Avis 17 octobre 2012

Mon RECHERCHE EN DERMATOLOGIE

PEDICULOSES PARASITOSES. Hélène DALMAS

Le bulbe est plus évident pendant. Masse dans l aine droite. d augmentation de la pression intraabdominale, lors de pleurs, d efforts, ou de toux.

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

Les parasites externes

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

Les parasites externes du chien

Mécanisme des réactions inflammatoires

INSECTES ET BETES DE L ETE

LES DERMATOSES LINÉAIRES

Ministère de l Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie Université Virtuelle de Tunis

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

Pour votre peau. Des soins doux, simples et fiables lors de problèmes de peau. Similasan soins de la peau en autotraitement.

Prépration cutanée de l opéré

Comprendre. son Psoriasis du Cuir Chevelu

MIGRAINES. Diagnostic. A rechercher aussi. Critères IHS de la migraine. Type d aura. Particularités chez l enfant. Paraclinique.

Réintroductions alimentaires chez l enfant. M. Hofer - J.Wassenberg Immuno-allergologie Service de pédiatrie - CHUV

Pharmacie galénique et dermatologie. En fonction de quels critères médicaux choisir les excipients en consultation?

chronique La maladie rénale Un risque pour bon nombre de vos patients Document destiné aux professionnels de santé

Infestation par Dipylidium caninum,

Carte de soins et d urgence

LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS - AFFECTION DE LONGUE DURÉE HÉPATITE CHRONIQUE B

Psoriasis & Sport. Pour un meilleur accès des personnes psoriasiques aux activités sportives. Qui le psoriasis touche-t-il?

Patho Med Cours 5. Maladie Pulmonaires Obstructives BPCO Asthme

Point d Information. Le PRAC a recommandé que le RCP soit modifié afin d inclure les informations suivantes:

Psoriasis et travail dans le BTP. Pr E. Delaporte

PREVENTION ASV. Partie réalisée par Aurélys ANTOINE. Le 09/05/2015

Les Produits Hydro-Alcooliques et les professionnels de santé : faisons le point sur les risques!

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 10 mai 2006

Dermatophytoses ou Dermatophyties

Dracunculose Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie (ANOFEL)

Observation. Merci à l équipe de pharmaciens FormUtip iatro pour ce cas

Accidents des anticoagulants

Bien vous soigner. avec des médicaments disponibles sans ordonnance. juin Douleur. de l adulte

PROTEGER SON DOS ex. Cliniques St Luc

Comprendre le psoriasis

Assurance Maladie Obligatoire Commission de la Transparence des médicaments. Avis 2 23 Octobre 2012

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

1 of 5 02/11/ :03

Allergies par piqûres et morsures d arthropodes hématophages

Catherine Prost Squarcioni Centre de Références Maladies Rares NET-DBAI-IDF Hôpital Saint Louis et hôpital Avicenne

PROGRAMME. Qu est ce que la sélection? Médicale Non médicale. Tarification et compensation Mortalité, surmortalité Loi des grands nombres

Maladies transmises sexuellement (MTS)

Thérapeutique anti-vhc et travail maritime. O. Farret HIA Bégin

La maladie de Verneuil Hidrosadénite suppurée

Item 182 : Accidents des anticoagulants

SOINS DE LA PEAU, PIQÜRES ET MORSURES

GUIDE D INFORMATIONS A LA PREVENTION DE L INSUFFISANCE RENALE

Le VIH et votre foie

Effets néfastes de l infestation par les puces

Croissance et vieillissement cellulaires Docteur COSSON Pierre Nb réponses = 81 sur 87. Résultats des questions prédéfinies

Le Livre des Infections Sexuellement Transmissibles

LE PSORIASIS EN 20 QUESTIONS

Développement d un système de monitoring du bien-être des veaux en élevage

Suivi ambulatoire de l adulte transplanté rénal au-delà de 3 mois après transplantation

Les Arbres décisionnels

Communiqué. Abbott présente à Santé Canada une demande d homologation d HUMIRA pour le traitement du psoriasis POUR PUBLICATION IMMÉDIATE

ANNEXE IIIB NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

NOTICE : INFORMATION DE L'UTILISATEUR. DAKTOZIN 2,5 mg/150 mg pommade Nitrate de miconazole et oxyde de zinc

.( /.*!0) %1 2"+ %#(3004) 05' 203 .(.*0"+ ) '!2"+ %#(30+ 0!"%) 4!%2) 3 '!%2"+ %#(30! &' 4!!% .+.*0%!!'!(!%2" !

Stelara (ustekinumab)

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Psoriasis Définition :

Semaine de la sécurité des patients: novembre 2012

Migraine et Abus de Médicaments

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

La vaccination, une bonne protection

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

GASTRO-ENTEROLOGIE. Variabilité. A des entrées. B des sites anatomiques. C inter-individuelle. D intra-individuelle

Cirrhoses et étiologie des cirrhoses (228) Professeur Jean-Pierre ZARSKI Avril 2003 (Mise à jour Mars 2005)

Institut WanXiang Historique de santé du patient

HVC CHRONIQUE MOYENS THERAPEUTIQUES ET BILAN PRE-THERAPEUTIQUE CHAKIB MARRAKCHI.

Transcription:

Dermatoses prurigineuses i et Prurit du sujet âgé Martine MORISSET MD, PhD Médecine Interne, Immunologie Clinique et Allergologie. Hôpital Central. CHU NANCY Alger, ANAP 2009

Signe fonctionnel: Introduction «Sensation désagréable donnant le désir de se gratter» Intensité variable, léger à excoriant Appréciation subjective (échelle visuelle analogique) Enregistrement nocturne témoigne de sa sévérité... A différencier de la sensation de brûlure ou douleur Signe fonctionnel : Fréquent Relater son importance Qualité du sommeil Retentissement psychique: état dépressif voire idées suicidaires

Introduction Cliniquei Lésions de grattage: reflet de l intensité Signes d intensité et chronicité: usure des ongles, polis et brillants, poils usés et cassés, lichénification Complication fréquente: surinfection (impétigo, pyodermite) Adp superficielles si prurit chronique

Lichenification Grattage ancien entraînant une peau épaissie, terne, grisâtre, recouverte de fines squames dessinant un quadrillage

Prurit et douleur Fibres amyéliniques C distinctes Faisceau commun Antalgiques: pas d effet antiprurigineux Morphiniques i souvent prurit Tractus spino-thalamique i latéral l Lésions neurologiques à l origine du prurit

Généralités Lésions de grattage peuvent en imposer pour des lésions cutanées primitives ou modifier l'aspect initial des lésions Prurigo: Association lésions élémentaires (papules centrées par vésicule, érosion ou croute) associées au prurit Traitements t antérieurs +/- «sauvages»: alcool, citron, pommades diverses, lotions rouges, bleues, etc... ne facilitent pas le diagnostic! Toujours rechercher une prise médicamenteuse déclenchement ou aggravation

Lésions de grattage g Prurigo Prurigo g nodulaire

Topographie 1er élément à préciser: localisé ou diffus Localisé: souvent signe d accompagnement d une dermatose Caractère prurigineux: élément sémiologique (ex.eczéma de contact, candidose...) Diffus Prédominant dans certaines régions Circonstances déclenchantes (repas, douche...) Rythme des poussées: Heure de survenue Rythme/prises médicamenteuses, traitements locaux 2eme élément: Existence de signes généraux

PRURIT LOCALISÉ

Toute dermatose peut induire prurit localisé, au moins au début Proctologiques (prurit anal): Oxyures Eczéma marge anale, hémorroïdes, fissures Nevrodermite Examen proctologique gq ++ Génital: Prurit vulvaire aigu : Infections ++ mycoses, trichomonas, garnerella, condylomes Prurit vulvaire chronique Lichen scléreux, psoriasis, maladie de Bowen, carcinome epidermoide Allergie topique (antiseptiques, antifongique )

Prurit des jambes Eczéma et prurit de stase Eczema de contact: traitement d ulcère ++: baume du pérou, dermocorticoides, antiseptiques

PRURITS LOCALISÉS d O. INFECTIEUSE Mycoses: Candidoses ou Dermatophytoses Prurit associé aux lésions élémentaires spécifiques Ectoparasitoses Poux: prurit nuque ou cuir chevelu, SDF ++ Gale: en général, respect dos et visage Renforcement vespéral Espaces interdigitaux, poignets, seins, pubis, scrotum Sillons Grattage et examen direct/ Traitement d épreuve Grattage et examen direct/ Traitement d épreuve Oxyures Prurit anal (voire vulvaire) vespéral prédominant enfant Scotch-test

Gale

Gale chez un sujet âgé

Gale norvégienne

Parasitoses (suite) Parasitoses en pays tropicaux: Onchocercose: Eruption papulo-pustuleuse l prurigineuse i Face d extension membres, thorax, dos et face. Nodules kystiques et atteinte oculaire associés Hyperéosinophilie sanguine Loase (filaire Loa-Loa, Afrique Centrale et Occidentale) oedèmes segmentaires, fugaces, très prurigineux. Hyperéosinophilie Filarioses lymphatiques (régions tropicales) réactions inflammatoires a prurigineuses précédant lymphoedème e ou lymphangite Larva migrans cutanée (ankylostomose du chien ou chat) larva migrans viscerale (toxocarose) Larva currens: (larve anguillule) larva migrans cutanée: déplacement plus rapide (5 à 6 cm/heure), essentiellement périanal fessier, abdominal ou crural.

Gale filarienne. Onchocercose Larva migrans cutanée ou larbish Ankylostoma caninum ou A. braziliense Larva currens Strongyloïdes stercoralis

Piqûres insectes Moustique: lésions urticarienne/site de piqûre, région découverte Puce: taches érythémateuses centrées par point purpurique Punaise: piqûres indolores pred. visage et membres Macules prurigineuses centrées par point nécrotique Parfois plus importante, papulo-vésiculeuse ou bulleuse Aoûtat: lété, l été aux zones de frottement. Durée 2 à 4 jours Chenille processionnaire (forêts pins, chênes). Promeneurs ou bucherons: lésions prurigineuses papulovésiculeuses, pred. Plis. Zones découvertes, col. Dermite nageurs (étang): macules érythémato-prur., disséminées, délai: qlq heures. durée: qlq jours. Helminthes d oiseaux (canards) Piqures hymenoptères (abeilles guêpes et fourmis): plus Piqures hymenoptères (abeilles, guêpes et fourmis): plus douloureux que prurigineux. +/- Allergie immédiate ou retardée.

PRURIT LOCALISÉ (suite) Prurit du cuir chevelu Fréquentq Pédiculose (lentes au-dessus des oreilles) Intolérance produits cosmétiques et capillaires Etat pelliculaire simple parfois Psoriasis localisé au cuir chevelu A la nuque sous forme de lichénification: évoquer cause psychogène (névrodermite)

Dermite seborrheique psoriasis

névrodermite

PRURIT AVEC LESIONS CUTANEES

PAPULES NON CONGESTIVES LICHEN PLAN Syndrome de GIANOTTI-CROSTI Enfant ++ hépatite virale ++ URTICAIRE chronique PRURIGO

Lichen plan Papules brunâtres parfois violine, planes, brillantes, fermes, polygonales, souvent striées (stries de Wickham) "5 p's": pearly, pink, pruritic, polygonal papules Localisation préférentielles: Face ant. poignets et avant-bras, Mbes Inf, lombes Plus rarement génital, paumes, plantes de pied, ceinture Forme isolée buccale HISTOLOGIE ++ Infiltrat lympho-monocytaire en bande sous-épidermique typique

Lichen plan Isolé PATHOLOGIES ASSOCIEES Hépatite C ++, cirrhose biliaire Ptive, Hépatite chronique active Colites inflammatoires (RCH ) Thymome, GVH, maladie de Castelman Diabète, Thyroïdite de Hashimoto, Lupus, Biermer, Iatrogène (20 % cas) IEC / βbloquants/ t / Spironolactone/ Aldomet/ Thiazidiques idi AINS et aspirine Chloroquine, quinidine, quinine Carbamazépine, lévopromazine, Lorazépam, métropromazine DIVERS: Allopurinol, Cinnarizine, Pénicillamine, Probénécide, Sulfones Produis de développement de film Vaccin Hépatite B Liste non limitative...

Infection à VIH Prurit: fréquemment observé au cours du Sida Isolé ou accompagné d éruption papuleuse Prurigo nodulaire

PAPULES CONGESTIVES = PAPULO-OEDEMATEUX URTICAIRE chronique PRURIGO

Prurigo PRURIGO STROPHULUS Séropapules (grain de riz sous cutané) réaction d'hypersensibilité aux piqûres d'insectes (PRURIGO GRAVIDIQUE) PRURIGO lié à une cause générale PRURIGO lié à une cause générale Hémopathies Insuffisance rénale Cholestase

Papules excoriées de PARASITOSES Gale et Pédiculoses Autres Parasitoses Bilharziose, Dismatose, Ichtyosarcose Lambliases, trichinoses Larva Migrans Larva migrans cutanée (ankylostome du chien ou du chat)

DERMATOSES VESICULEUSES Dermatoses d origine infectieuse Varicelle, Herpes et Zona Impétigo bulleux (S.aureus ++) Trichophyties et dermatophyties (bordures actives vésiculeuses)

Trichophyties et dermatophyties Bordure active vésiculeuse

Toxidermie ou photodermatose iatrogène Angine traitée par amoxicilline

Eczema: dermatite atopique, de contact Phase aigue: placard érythémateux et lésions vésiculeuses Disparition des vésicules avec excoriation

DERMATOSES BULLEUSES Infection HSV, VZV rarement ae e tpu prurigineux Impétigo bulleux. S. Aureus Toxidermies bulleuses Lyell-NET NET, EP Porphyrie Signe de Nikolski Photodermatoses souvent liées plantes photoxiques

PEMPHIGOÏDE BULLEUSE Lésions bulleuses et érosives du tronc et membres Sur placard inflammatoire ou peau saine, sans signe Nikolski Respect du visage Aprés 60 ans ++ Bulles parfois longtemps précédées par prurit isolé Biopsie cutanée: Décollement dermo-épidermique Infiltrat inflammatoire lympho-histiocytaire riche PNE +/- micro- abcès papillaires à PNE dans plancher bulle (derme papillaire). Etude ultrastructurale : clivage Lamina Lucida Immunopathologie (IFD) en zone péribulleuse: dépôt linéaire continu IgG et C3, le long membrane basale. Ag cible : hémidesmosome IFI : Ac anti-mbne basale type IgG

furocoumarines (ou psoralènes) activées par la lumière solaire Pemphigoide bulleuse

DERMATOSES ERYTHEMATO-SQUAMEUSES PSORIASIS classiquement non prurigineux. En fait chez 84% sujets hospitalisés pour psoriasis Yosipovitch G et al. Br J Dermatol 2000; 143(5): 969-73 PARAPSORIASIS à petites plaques Bénin mais chronique PARAPSOSRIASIS à grandes plaques peut évoluer vers hémopathie type Mycosis fongoïde (lymphome T epidermotrope) POLYMORPHISMES TOXIDERMIE de principe TOXIDERMIE de principe Formes atypiques, excoriées, pommadées, +/- anciennes, etc...

Parapsoriasis Précurseur d un mycosis fongoïde

Mycosis fongoїde erythrodermique

PHOTODERMATOSES Contexte évocateur d'ensoleillement, zones photoexposées Rechercher h une prise médicamenteuse Porphyrie Porphyrie cutanée tardive

Antcd de photosensibilisation.. Extension des lésions, prurit féroce Dermatose actinique du sujet âgé

Lésions élémentaires Maladies Macules pigmentées Papules * oedémateuses Papules * par infiltrat cellulaire Papulo-vésicules Vésicules Bulles Erythémato-squameuses Mastocytose Urticaire, dermographisme Pemphigoïde Ecto parasitoses Lichen Prurigo Eczéma de contact, dermatite atopique, pq Varicelle, dermatophytoses, Ectoparasitoses, Dermatite herpétiforme Dermatoses bulleuses auto-immunes (pemphigoïde...) Lymphome cutané (mycosis fongoïde...)

PRURIT ETENDU SANS LESION CUTANEE

Al'exception des éventuelles lésions de grattage Cause systémique lors d un prurit généralisé: 25 à 50 % CAUSES HEPATIQUES Toute cholestase accompagnée ou non d ictère Gamma GT, phosphases alcalines, 5 nucléotidase Dû aux acides biliaires histaminolibérateurs Prurit intense et insomniant: ictères obstructifs +++ chercher cancer voies biliaires ou du pancréas

Prurit et cholestase Cholestase extrahépatique Obstr. intracanalaire: lithiase, parasites (douve, échinococcose) Obstr. pariétale : tumorale, inflammatoire Obstr. par compression extrinsèque pancréatique (cancer, pancréatite), hépatique (cancer, kyste...), pédiculaire (adénopathies, anévrysme) Malformations des voies biliaires Cholestase intrahépatique Hépatites virales Hépatites médicamenteuses Cirrhose biliaire primitive Cholestase intrahépatique gravidique

Insuffisance rénale chronique CAUSES RENALES Insuffisance rénale aiguë: pas de prurit! Insuffisance rénale chronique terminale : prurit 25-85 % cas Prurit rarement révélateur él Presque toujours malades déjà hémodialysés Créatininémie et urée ++

CAUSES ENDOCRINNIENNES et METABOLIQUES Dysthyroïdies Hyperthyroïdie (surtout maladie de Basedow) Hypothyroïdie Sd carcinoïde cause rare de prurit Hyper et hypoparathyroïdie Diabète: discuté Observé chez 7 % des diabétiques

Carences Carence martiale: l cause classique mais rare Autres carences éventuellement t associées, à rechercher si risque de malnutrition Carences particulières à l origine de dermatoses prurigineuses (vitamine B12, zinc )

Maladie de Hodgkin HEMOPATHIES Prurit nu chronique chez adulte jeune ++ Prurit peut être révélateur 1/3 maladie Hodgkin habituellement parallèle à lévolution l évolution de la maladie Sévérité : facteur mauvais pronostic Autres hémopathies: Leucémies lymphoïdes chroniques Polyglobulie de Vaquez: 48% prurit exacerbé par contact de l eau surtout bain chaud Autres hémopathies: plus rare Prurit avec lésions cutanées: Mycosis fongoïde Prurit avec lésions cutanées: Mycosis fongoïde Sd de Sezary (forme leucémique du mycosis fongoïde)

Prurit féroce révélateur él d un LMNH

Prurit paranéoplasique Exceptionnel Cance t ôl i Cancer poumon, estomac, côlon, sein, prostate

PRURIT Origine Médicamenteuse Raisons pharmacologiques (opiacés...) Origine d une cholestase Mécanisme «allergique»

Affections neurologiques Origine centrale neurogène Atteinte cérébrale organique. Accidents vasculaires cérébraux avec prurit controlatéral Tumeur cérébrale O. neurogénique iatrogène ou toxicomanie (opioïdes) ou par synthèse par le SNC, de substances opioïdes Mécanisme peut-être impliqué dans le prurit associé à une cholestase hépatique.

Affections neurologiques (suite) Origine neuropathique Sensation douloureuse ou prurigineuse unilatérale // dermatome zona ++ Autres causes de prurit localisé plus rares: Prurit «brachioradial» touche typiquement le bras et l AV-bras éliminer cause compressive imagerie cervicale Notalgie paresthésique: prurit localisé du dos lésion dégénérative rachidienne/ dermatome symptomatique (SEP, syringomyélie, tabes ) Prurit fantôme après mastectomie t

Prurit psychogène Psychose avec parasitophobie (syndrome d Ekbom) Sd anxio-dépressif notamment si sujet âgé isolé et diminué. Cause assez fréquente mais diagnostic d élimination! Efficacité traitement psy. oriente vers l origine Efficacité traitement psy. oriente vers l origine psychogène

Femme de 68 ans. Prurit chronique depuis 7 ans, dans les suites du décès de son mari (myelome multiple) Bilan organique négatif. O. Psychogène retenue (antécédent de dépression). Résolution sous neurontin

Prurit sénile La xérose Cause la plus fréquente du prurit chez le sujet âgé Vieillissement illi physiologique i de l'épiderme et des annexes (glandes eccrines et apocrines. Exacerbée par des agents irritants et l'environnement.

Prurit sénile ou sine materia A déjà eu des épisodes semblables Il n y ny a pas d étiologie évidente Prurit non insomniant et disparaissant avec l activité ité ou l attention ti (prurit d ennui). Dissociation o entre e plainte (forte) et lésions s de grattage (faibles voir absentes). Peau sèche et absence de dermatose.

Bilan de prurit généralisé chronique, sans lésions cutanées spécifiques Examen clinique complet : lésions cutanées élémentaires, aires ganglionnaires, splénomégalie ++ Imagerie : RxP, échographie abdominale (hémopathies, cancer, hépatopathie) NFS, ferritinémie, VS, CRP Bilan hépatique : gamma GT, Phosphatases alcalines ++ Créatinine, urée, glycémie à jeun TSH Electrophorèse des protéines plasmatiques Mycologie et parasitologie des selles A discuter en seconde intention, selon l anamnèse et l examen clinique : Sérologie VIH et Hépatite C, en fonction de facteurs de risque Autre recherche de parasites : à cibler en fonction de l anamnèse (toxocarose ++) Biopsie cutanée avec étude immunofluorescence directe (IFD) et indirecte * Bilan immuno-allergologique

Traitement du prurit Autant que possible, privilégier le traitement étiologique Tt dermatose spécifique révélée élé par le prurit Tt de la cause interne (polyglobulie, maladie de Hodgkin, o. de la cholestase ) Eviter facteurs déclenchants ou aggravants Arrêter les médicaments suspects Mesures hygiéno-diététiques.

Mesures hygiéno-diététiques: traiter la xérose du sujet âgé Eviction facteurs externes irritatifs (savons, toilettes trop fréquentes) Utilisation régulière d'émollients Limiter savonnage et utiliser surgras ou syndets Limiter les bains Adjonction d'amidon de blé ou de maïs. Rinçage doux par douche tiède. Tamponner pour sécher, tapoter, ne pas frotter. Pas de parfum ou dérivés pour friction.

Mesures hygiéno-diététiques Hydrater après la toilette, sur peau encore humide. Crème ou pommade hydratante plutôt qu un lait ou huile. Topiques à l'urée lurée (3 à 10 %), "hydratants" sous forme gels surgras, crèmes fluides ou émulsions grasses. "cold creams" ou cérats de Galien ++ Limiter vêtements irritants (laine) ou trop serrés. Eviter lessives concentrées et assouplissants. Ongles courts (limiter excoriations et risques surinfection) Limiter autres facteurs irritants externes : chaleur ++ Eviter consommation excitants : alcool, café, thé.

Autres traitements symptomatiques Crèmes antiprurigineuses Ex. Eurax, Quotane Emla (Lignocaïne et Prilocaïne à 2,5 % respect.) Risque de sensibilisation. Corticoïdes topiques si dermatose inflammatoire spécifique (eczéma, psoriasis, lichen...). Si pemphigoïde bulleuse, souvent insuffisant (corticothérapie systémique +/- immunosuppresseurs) Anesthésiques q locaux (lidocaïne,, xylocaïne ) si prurits localisés neuropathique (ex. postzostérien) Topiques contenant capsaïcine (induit déplétion fibres C en substance P) actifs sur prurits localisés rebelles Photothérapie si dermatose inflammatoire étendue Effet souvent suspensif.

AntiH1: Hydroxyzine ++ (effet anxiolytique) Si pas CI chez le sujet âgé (prostate, glaucome ) Autres anti-h1 recommandés : méquitazine, dexchlorphéramine. Prurits psychogènes: Antidépresseurs à action antihistaminique: doxépine Antidépresseurs inhibant la recapture sérotonine (paroxetine et fluvoxamine) en cours d évaluation Psychothérapie Prurit neuropathique : AINS ou carbamazépine prudence à cet âge (AINS ++)

Prurits féroces de cholestase ou insuffisance rénale Antagonistes opioïdes: Naloxone et naltrexone. Nalméfène (antagoniste po): longue durée d action daction donc attention effets de type sevrage opiacés Thalidomide: action SN périphérique et central Prurit urémique: changement dialyse, érythropoïétine Photothérapie, ondansétron, naltrexone, ou thalidomide à défaut transplantation. Prurit cholestatique: q Chélateurs Ac. biliaires (Ac. ursodesoxycholique, choléstyramine) seuls +/-antagonistes opiacés Inducteur cytochromes Rifampicine: 300-450 mg/ jour Jus de pamplemousse (600 ml /j)

Bilan à effectuer systématiquement si prurit généralisé chronique, sans lésions cutanées spécifiques Examen clinique complet : lésions cutanées élémentaires, aires ganglionnaires, splénomégalie ++ Imagerie : RxP, échographie abdominale (hémopathies, cancer, hépatopathie) NFS, ferritinémie, VS, CRP Bilan hépatique : gamma GT, Phosphatases alcalines ++ Créatinine, urée, glycémieàjeun TSH Electrophorèse des protéines plasmatiques Mycologie et parasitologie des selles A discuter en seconde intention, selon l anamnèse et l examen clinique : Sérologie VIH et Hépatite C, en fonction de facteurs de risque Autre recherche de parasites : à cibler en fonction de l anamnèse (toxocarose ++) Biopsie cutanée avec étude immunofluorescence directe (IFD) et indirecte * Bilan immuno-allergologique

Points clés 1. Prurit : signe fonctionnel 2. Traitement symptomatique: 2. Limiter xerose ++ 3. Anti-H1 ++ type hydroxyzine 3. Lésions élémentaires de dermatose prurigineuse à différencier des lésions de grattage ou surinfection 4. Lésions élémentaires = diagnostic étiologique 5. Absence lésions élémentaires: examen clinique minutieux et examens complémentaires

Conclusions Prurit sénile: diagnostic souvent évoqué Retenu qu après un bilan minutieux Etiologies du prurit particulièrement nombreuses dans cette tranche d âge Risque de néoplasie, poly-pathologie et par conséquent de iatrogénie.

Merci pour votre attention