Etude de faisabilité méthanisation Lot n 1



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Transcription:

2014 Etude de faisabilité méthanisation Lot n 1 Rapport d études phases 2 et 3 Généré Benjamin Méthode Carré 04/11/2014

SOMMAIRE A. PREAMBULE... 4 B. OBJECTIFS DE LA PHASE 2 DU LOT N 1... 4 C. L UNITE DE METHANISATION... 4 C.1. Le stockage de la matière... 5 C.2. Les prétraitements... 7 C.3. Les procédés de méthanisation... 9 C.3.1. Les procédés infiniment mélangés... 9 C.3.2. Les procédés en silo garage... 10 C.3.3. Les procédés en réacteur piston... 12 C.3.4. Les procédés compacts... 13 C.4. Les traitements du digestat... 14 D. DIMENSIONNEMENT ECONOMIQUE DES ELEMENTS... 15 D.1. Echelles de seuil... 15 D.1.1. Les stockages... 15 D.1.2. Les prétraitements... 17 D.1.3. Les procédés... 17 D.1.4. Les traitements du digestat... 18 D.2. Coûts d investissement des éléments... 19 D.2.1. Pour les stockages... 19 D.2.1. Pour les prétraitements... 21 D.2.2. Pour les procédés... 22 D.2.3. Pour le traitement du digestat... 23 D.3. Investissements annexes... 24 D.4. Le financement des projets de méthanisation... 24 D.5. Charges liées à l unité... 26 D.5.1. Charges liées aux procédés... 26 D.5.2. Charges liées à la main d œuvre... 26 D.5.3. Charges administratives... 27 E. APPLICATION AUX ZONES A POTENTIEL... 29 E.1. Contraintes liées aux zones... 30 E.1.1. Contraintes environnementales... 30 E.1.2. Sensibilité vis-à-vis du patrimoine culturelle... 32 E.1.3. Sensibilité vis-à-vis du tourisme... 34 E.2. Technique et investissement par zone à potentiel... 35 E.2.1. Localisation des zones avec un gisement agricole... 35 E.2.2. Zone agricole 1... 36 E.2.3. Zone agricole 2... 36 E.2.1. Zone agricole 3... 37 E.2.2. Zone agricole 4... 38 E.2.3. Zone agricole 5... 39 E.2.4. Localisation des zones avec le gisement total... 40 E.2.5. Zone gisement total 1... 41 E.2.6. Zone gisement total 2... 42 E.2.7. Zone gisement total 3... 43 E.2.8. Zone gisement total 4... 44 E.3. Conclusions... 45 2/45

TABLE DES ILLUSTRATIONS Figure n 1 : Stockage d une unité de méthanisation... 5 Figure n 2 : Cuve d hygiénisation... 7 Figure n 3 : Trémie... 8 Figure n 4 : Cuve à hydrolyse... 8 Figure n 5 : Schéma d un digesteur infiniment mélangé... 9 Figure n 6 : Tunnel de pré-fermentation permettant le tri des matières fermentescibles... 10 Figure n 7 : Fonctionnement des digesteurs en voie sèche... 10 Figure n 8 : Fermenteurs du type silo-couloirs... 11 Figure n 9 : Exemple de réservoir en béton à percolats avec gazomètre souple... 11 Figure n 10 : Fonctionnement d un réacteur piston... 12 Figure n 11 : Illustration de plusieurs procédés compacts... 13 Figure n 12 : Exemple de séparateur centrifuge... 14 Figure n 13 : Procédé de séchage de digestat... 14 Figure n 14 : Montage financier des projets de méthanisation... 25 Figure n 15 : Cartographie des sensibilités environnementales zones agricoles... 30 Figure n 16 : Cartographie des sensibilités environnementales zones gisement total... 31 Figure n 17 : Zones sélectionnées Gisement agricole Sensibilité vis-à-vis du patrimoine... 32 Figure n 18 : Zones sélectionnées Gisement total Sensibilité vis-à-vis du patrimoine... 33 Figure n 19 : Zones sélectionnées gisement agricole Sensibilité vis-à-vis du tourisme... 34 Figure n 20 : Zones sélectionnées gisement total Sensibilité vis-à-vis du tourisme... 34 Figure n 21 : Zones à potentiel dans le cas du gisement total... 40 TABLE DES TABLEAUX Tableau n 1 : Type de stockage en fonction des critères... 6 Tableau n 2 : Seuils pour la réalisation des types de stockage de solide... 16 Tableau n 3 : Seuils pour la réalisation des types de stockage de liquide... 16 Tableau n 4 : Seuils pour le matériel de prétraitement.... 17 Tableau n 5 : Seuils pour les procédés... 18 Tableau n 6 : Seuils pour les traitements du digestat... 19 Tableau n 7 : Investissements dans les stockages solides... 20 Tableau n 8 : Estimations des investissements dans les stockages solides... 21 Tableau n 9 : Estimation des investissements pour les modules des prétraitements... 22 Tableau n 10 : Estimation des investissements pour les procédés... 23 Tableau n 11 : Estimations des investissements pour le traitement du digestat... 24 Tableau n 12 : Charges d exploitation sur le procédé en fonction des tonnages... 26 Tableau n 13 : Charges liées à la main d œuvre... 27 Tableau n 14 : Zones à potentiel dans le cas du gisement agricole... 35 Tableau n 15 : Gisement de la zone agricole 1... 36 Tableau n 16 : Estimation zone agricole 1... 36 Tableau n 17 : Gisement de la zone agricole 2... 36 Tableau n 18 : Estimation zone agricole 2... 37 Tableau n 19 : Gisement de la zone agricole 3... 37 Tableau n 20 : Estimation zone agricole 3... 38 Tableau n 21 : Gisement de la zone agricole 4... 38 Tableau n 22 : Estimation zone agricole 4... 39 Tableau n 23 : Gisement de la zone agricole 5... 39 Tableau n 24 : Estimation zone agricole 5... 40 Tableau n 25 : Gisement de la zone gisement total 1... 41 Tableau n 26 : Estimation zone gisement total 1... 41 Tableau n 27 : Gisement de la zone gisement total 2... 42 Tableau n 28 : Estimation zone gisement total 2... 42 Tableau n 29 : Gisement de la zone gisement total 3... 43 Tableau n 30 : Estimation - Postes Stockage/pré-traitement/procédé Zone gisement total 3... 43 Tableau n 31 : Gisement de la zone gisement total 4... 44 Tableau n 32 : Estimation zone gisement total 4... 44 3/45

Ce document présente la phase 2 de l étude de gisement réalisée pour le compte de la Communauté de Communes de Soulaines-Dhuys. A. Préambule Les unités de méthanisation sont composées de nombreux modules : stockages, prétraitement, digesteurs De nombreuses technologies sont proposées par les constructeurs pour chacun de ces éléments. Il est donc nécessaire de guider les porteurs de projets en présentant les différentes technologies possibles et en lui fournissant un ordre de grandeur des investissements correspondants à fournir. B. Objectifs de la phase 2 du lot N 1 Les objectifs de la phase 2 sont : - Donner un aperçu des procédés de méthanisation existants et de leurs investissements respectifs ; - Pour chaque zone envisagée, de dimensionner une unité de méthanisation en fonction du procédé qui semble le plus adapté à l exploitation du gisement ; - Expliciter les contraintes liées à chaque zone présentée ainsi qu aux procédés de méthanisation et aux recettes envisagées - Donner pour chaque zone la production de biogaz. Le dernier point a déjà été réalisé dans la phase 1. C. L unité de méthanisation Les unités de méthanisations peuvent être décomposées en plusieurs postes différents : - un poste stockage qui permet de stocker les intrants qui vont être méthanisés mais aussi le digestat. - un poste prétraitement qui dépend du type d intrants méthanisé. Il prépare la matière à la méthanisation. - un poste procédé qui est le procédé de méthanisation qui traite la matière et produit le biogaz et le digestat brut. - un poste de traitement du digestat qui, en fonction du type de digestat désiré et du procédé de méthanisation en aval est plus ou moins important. 4/45

Une description de chaque technologie qui peut être associée à chaque poste et réalisée dans la partie suivante. C.1. Le stockage de la matière Le stockage de la matière dépend de plusieurs facteurs : - le type de matière à stocker ; - l environnement autour du site de l unité de méthanisation ; - la quantité de matière à stocker. En fonction de ces facteurs, le stockage de la matière (digestat ou intrants), le type de stockage peut aller d une simple plateforme avec un revêtement étanche jusqu à un bâtiment sous dépression avec filtration de l air. De manière générale, la réglementation ICPE oblige le stockage des matières (digestat et intrants) sur des aires imperméables (béton ou asphalte) dont les eaux de ruissellement sont récoltées. Figure n 1 : Stockage d une unité de méthanisation Le tableau ci-dessous donne des exemples de stockage en fonction des trois critères précités. 5/45

Type de matière Quantité à stocker par an Voisinage Type de stockage Lisier Entre 100 et 500m 3 Sensible aux odeurs Poche à lisier Lisier Entre 500 et 5000m 3 Indifférent aux odeurs Fosse à lisier ouverte Fumier bovin Entre 1000 et 5000 tonnes Indifférent Plateforme bétonnée avec récupération des eaux Cultures dérobées Entre 1000 et 5000 tonnes Non incommodé par les odeurs Ensilage sur une plateforme en asphalte Déchets agroalimentaire solide Entre 100 et 400 tonnes Sensible aux odeurs Fosse de stockage sous bâtiment avec système de filtration de l air Ordures ménagères Entre 500 tonnes et 2000 tonnes Sensible aux odeurs Bâtiment couverts avec rack de stockage et filtration des odeurs Tableau n 1 : Type de stockage en fonction des critères L un des critères les plus importants sur le type de stockage utilisé est la sensibilité du voisinage, en particulier sa sensibilité aux odeurs. 6/45

C.2. Les prétraitements Il existe plusieurs types de prétraitements des intrants. Ils sont fonction de la nature et de la qualité des intrants. Quatre grands types de prétraitements existent : Hygiénisation : utilisé pour satisfaire aux exigences réglementaires en cas de méthanisation de produits classés catégories 3 et 2 dans les règles sanitaires sur les sous-produits animaux. Le procédé d hygiénisation consiste à maintenir les produits à hygiéniser à une température élevée pendant une durée déterminée afin de détruire les populations pathogènes. En général, la température choisie est de 70 C pour une durée de 1 heure. Figure n 2 : Cuve d hygiénisation Broyage et mélange : utilisé en cas d incorporation de matière solide et/ou fibreuse dans un procédé. Ce type de prétraitement est souvent associé aux procédés en voie liquide ou aux procédés infiniment mélangé ou piston. Il est constitué d une trémie d insertion et de broyeurs. 7/45

Figure n 3 : Trémie Hydrolyse : le procédé d hydrolyse consiste à accélérer les premières étapes de la méthanisation en créant un milieu propice à l hydrolyse. L hydrolyse des intrants est en général réalisée dans une cuve chauffée à 60 C-70 C. Les intrants y restent quelques heures avant d être acheminés vers les digesteurs. Ce prétraitement a l avantage de garantir l hygiénisation de la matière en accélérant le procédé de méthanisation. Son défaut réside dans sa consommation de chaleur importante. Figure n 4 : Cuve à hydrolyse Tri et séparation : ce prétraitement est utilisé pour séparer les matières méthanisables des matières non méthanisables (plastiques bois, pierre ). Il est capital pour tous les déchets provenant des milieux urbains tels que les ordures ménagères et certains déchets verts. Les machines de tri sont couteuses pour un projet de méthanisation et ne sont pas forcément très efficaces. Le tri et la séparation sont aussi très importants pour la qualité du digestat qui est directement influencée par ceux-ci. 8/45

C.3. Les procédés de méthanisation C.3.1. Les procédés infiniment mélangés Ce procédé permet le traitement d effluents majoritairement liquides. Cependant, une trémie d insertion ou d autres mécanismes peuvent permettre, dans une certaine mesure, l incorporation d effluents solides tels que le fumier, les déchets verts et les résidus de culture. Ce procédé est majoritairement mésophile, le ou les digesteurs sont donc maintenus à une température de 37 C ; Les digesteurs sont remplis au moyen d une pompe pour les matières liquides et d une trémie d insertion pour les matières solide. Généralement, les solides et les liquides sont mélangés avant d être envoyés dans le digesteur. Un ou plusieurs agitateurs placés dans les digesteurs maintiennent une certaine homogénéité du mélange afin de garantir une bonne méthanisation. Quotidiennement, une quantité d intrants rentre dans le digestat et une quantité égale de digestat en sort. Le ou les digesteurs sont recouverts d une double membrane qui permet de récupérer le biogaz produit, d assurer le stockage et de garantir une qualité homogène. Le contrôle des paramètres tels que le ph, la température et la qualité du biogaz permet le pilotage de l unité. Ce procédé est le plus répandu dans le monde. Figure n 5 : Schéma d un digesteur infiniment mélangé 9/45

Figure n 6 : Tunnel de pré-fermentation permettant le tri des matières fermentescibles C.3.2. Les procédés en silo garage Ce procédé permet le traitement en tunnels de matières fermentescibles «solides», c està-dire transportables au godet. Le pilotage de la méthanisation est réalisé par la recirculation des percolats (fraction liquide du digestat) dans les tunnels. Cela permet d obtenir de bons rendements et une excellente stabilité de fonctionnement. Ce type de procédé est mésophile, les digesteurs sont maintenus à 37 C. Les fermenteurs sont remplis au chargeur, puis les portes sont fermées hermétiquement et le processus de fermentation peut démarrer. Le processus de méthanisation est contrôlé grâce à une circulation («percolation») de percolats à travers la masse solide à traiter. Une fois la méthanisation terminée, le garage est inerté (arrêt de l aspersion et ventilation du garage), ouvert et vidé du digestat. Les silos fonctionnent en canon afin d assurer la production continue de biogaz. Figure n 7 : Fonctionnement des digesteurs en voie sèche 10/45

Le biogaz est capté en plusieurs points du procédé : Dans les fermenteurs en tunnel contenant la matière solide Dans le réservoir de stockage des percolats. Celui-ci est surmonté d un gazomètre souple permettant le stockage du biogaz. Figure n 8 : Fermenteurs du type silo-couloirs Figure n 9 : Exemple de réservoir en béton à percolats avec gazomètre souple Dans le monde, une cinquantaine de réalisation utilisent ce type de procédé, principalement pour le traitement des ordures ménagères. 11/45

C.3.3. Les procédés en réacteur piston Ce procédé permet le traitement de matières fermentescibles «solides» en «semicontinu». C est à dire que la matière doit être apportée au digesteur de manière journalière. Ce type de procédé est généralement thermophile, c est-à-dire que le digesteur est maintenu à une température comprise entre 47 C et 55 C. Le digesteur est alimenté quotidiennement via une trémie d insertion et un moyen de convoyage (vis sans fin). Contrairement aux silos-garages, le digesteur n est jamais ouvert en fonctionnement normal. La matière est progressivement poussée vers la sortie du réacteur alors que le biogaz est extrait par le haut. La matière sort de façon régulière. A l intérieur du digesteur, un moyen d agitation est présent permettant d homogénéiser les substrats, de libérer le gaz éventuellement formé dans des poches et de pousser la matière le long du digesteur. Figure n 10 : Fonctionnement d un réacteur piston Le biogaz est capté en un seul point du procédé, dans le seuil gazeux du digesteur. Il est analysé en continu afin de vérifier sa composition et de s assurer que l épuration sera à même de le traiter. Il existe une cinquantaine de références pour ce type de procédé, dont la plupart traite des ordures ménagères et des déchets verts. 12/45

C.3.4. Les procédés compacts Les procédés dits compacts sont des procédés adaptés aux unités de méthanisation de petite taille. Ils reprennent les principes des procédés décrits précédemment tout en les miniaturisant. Ils existent donc beaucoup de procédés compact différents. L ensemble des procédés compacts sont des procédés du type mésophile (méthanisation à 37 C). Les deux grandes familles sont les procédés qui traitent des liquides, dont le fonctionnement est similaire aux procédés infiniment mélangé et les procédés qui traitent les solides, similaires aux silos-garages. Figure n 11 : Illustration de plusieurs procédés compacts Les procédés compacts qui traitent des effluents liquides sont des procédés qui modifient les installations agricoles existantes (fosse à lisier, pré-fosse, pompes) afin de les transformer à moindre coûts en véritable unité de méthanisation. Les procédés compact qui traitent de la matière solide proposent soit des digesteurs qui s apparentent à du matériel agricole, du type bennes en pyrole modifiées soit des digesteurs «simples» dans la réalisation afin que le porteur de projet puisse réaliser une grande partie des travaux en auto construction. Beaucoup de ces procédés sont encore en développement et ont moins d une dizaine de références. 13/45

C.4. Les traitements du digestat Plusieurs traitements du digestat sont possibles en fonction du la qualité du digestat désirée, de son état brut et des contraintes existantes sur le site. Le digestat brut peut être liquide ou solide. Dans le cas d un digestat liquide il est possible de réaliser une séparation de phase pour en extraire la partie solide. Ce procédé permet de réduire légèrement les volumes de liquide stocké et surtout d éliminer les parties solides qui pourraient gêner l épandage. La fraction liquide est stockée dans une cuve alors que la fraction solide est stockée sur des plateformes adaptées. Figure n 12 : Exemple de séparateur centrifuge Le digestat solide lui est en général égoutté sur une plateforme spécifique et ensuite stocké avant épandage. Le digestat, même liquide, peut aussi être séché sous serres ou via des procédés de séchage plus complexes afin de faciliter son transport et son épandage. Cette option de traitement demande un investissement supplémentaire conséquent et permet la production, à partir du digestat, de plusieurs engrais dits engrais verts. Figure n 13 : Procédé de séchage de digestat 14/45

D. Dimensionnement économique des éléments Cette partie du rapport présente un dimensionnement général de chaque partie du procédé de méthanisation présentées précédemment dans le rapport. L investissement n est pas linéaire en fonction de la quantité de matière qui est traitée. Il existe des phénomènes de seuil et des économies d échelle qui peuvent être, dans certains cas, conséquents. Dans ce rapport, il est d abord présenté les seuils d utilisation des différents éléments en fonction de la quantité de matière traitée par l unité puis le coût des investissements en fonction du volume d intrants à traiter par an. Attention les chiffres donnés sont indicatifs et ne dispensent pas d une étude de faisabilité spécifique à chaque projet, d une part car les prix des procédés évoluent et sont fonction d une implantation précise, d autre part car ils ont été calculés à partir de moyennes observées sur le marché. D.1. Echelles de seuil Pour la détermination des seuils, il a été considéré un gisement moyen de type majoritairement agricole comme il a été caractérisé dans la phase de l étude. D.1.1. Les stockages Deux types de stockage sont à distinguer, les stockages pour liquide et les stockages pour solide. Les seuils sont donnés en fonction de la matière qui est traitée par an. Cependant certains intrants nécessitent parfois un stockage spécifique qui va à l encontre de ce qui est décrit dans l étude. Le tableau ci-dessous présente les seuils pour le stockage des intrants solides. Ce tableau donne les seuils en tonne de gisement total par an à partir duquel il est possible d envisager ce type de stockage d un point de vue économique. 15/45

Seuils de dimensionnement (tonnes/an) Types de stockage 1 Plateformes imperméables 2 000 Plateformes imperméables avec casiers de stockage. 6 000 Plateformes imperméables avec casiers de stockage et bâchage du stockage. 10 000 Bâtiment de stockage ouvert. 15 000 Bâtiment de stockage fermé. 25 000 Bâtiments de stockage fermés avec contrôle de l atmosphère et filtration de l air. Tableau n 2 : Seuils pour la réalisation des types de stockage de solide Il est possible d envisager des seuils plus bas en cas de forte rentabilité de l unité de méthanisation ou de fortes contraintes sociétales ou réglementaires. Le tableau qui suit présente le type de stockage dans le cadre du liquide. Seuils de dimensionnement (tonnes/an) Types de stockage 20 Citernes souples ou citernes rigides en résines ou plastiques spéciaux. 2 000 Cuve en béton ou cuve en métal. 5 000 Cuve couverte en béton. Tableau n 3 : Seuils pour la réalisation des types de stockage de liquide Il est toujours possible de réaliser un stockage de qualité inférieure à celui qui correspond au seuil présenté dans les tableaux, si aucune contrainte réglementaire n a été relevée. 16/45

D.1.2. Les prétraitements Comme les types de stockage, investir dans des prétraitements demande de pouvoir justifier d une certaine rentabilité de l unité de méthanisation. L investissement dans un prétraitement coûteux implique une bonne rentabilité du projet. Il n est pas forcément opportun d investir dans un prétraitement onéreux sur des unités traitant peu de déchets. Le tableau ci-dessous présente les seuils à partir desquels il est envisageable d installer les prétraitements. Seuils de dimensionnement (tonnes/an) Types de prétraitement envisageable 3 000 Trémie avec module de broyage (pour les matières solides) 5 000 Trémie couplée à un mélangeur/broyeur (pour un mélange solide liquide) 8 000 Module d hygiénisation 10 000 Module d hydrolyse 40 000 Chaine de tri et de séparation Tableau n 4 : Seuils pour le matériel de prétraitement. Comme pour les stockages, ces seuils sont donnés à titre informatif, certains projets peuvent se permettre, quand le potentiel méthanogène des intrants est important, d investir sous les seuils de dimensionnement présentés. D.1.3. Les procédés De la même façon que pour les autres parties de l unité de méthanisation, le choix du procédé peut être limité par la taille de l unité de méthanisation. Ainsi au-dessous d un certain volume traité, certains procédés ne sont pas rentables. Comme les prétraitements et le stockage, le choix du procédé est aussi limité par le type des intrants. 17/45

Seuils de dimensionnement (tonnes/an) Types de procédé envisageable 2 000 Procédé compact 5 000 Procédé infiniment mélangé 8 000 Procédé en piston 10 000 Procédé en silo-garages Tableau n 5 : Seuils pour les procédés Actuellement les procédés compacts permettent de traiter entre 2 000 et 5 000 tonnes de matières par an. Au-dessus de 5 000 tonnes/an, ils ne sont plus compétitifs car ils ne bénéficient pas de l économie d échelle dont peuvent bénéficier les autres procédés. Les procédés infiniment mélangés sont rentables dès 5 000 tonnes pour deux raisons : les coûts de génie civil sont relativement maitrisés sur les ouvrages circulaires (beaucoup de retours d expérience liés à l agriculture et aux stations d épuration), la mécanisation de ces procédés est très limitée (pompes et agitateurs). Les procédés en piston peuvent être rentables à partir de 8000 tonnes à condition d avoir des intrants adaptés. Ils ont généralement un coût de génie civil limité eux aussi, lié en particulier au caractère thermophile de l installation qui réduit le volume des digesteurs. Cependant la mécanisation (pompe, arbres d agitation, vis sans fin ) est plus importante que pour les procédés infiniment mélangés. Bien que les procédés en silos-garages soient moins mécanisés que les deux autres types, ils font face à deux écueils importants : des coûts de génie civil qui explosent, une étanchéité, en particulier au niveau des portes, difficile à mettre en place et à maintenir. Il faut un minimum de 10 000 tonnes de matières pour que les silos-garages soient rentables. D.1.4. Les traitements du digestat Le traitement du digestat est une option qui peut rapidement s avérer coûteuse pour un projet de méthanisation. Les traitements poussés sont réservés aux projets qui traitent une quantité importante de digestat. Le tableau ci-dessous définit certains seuils pour le traitement du digestat. 18/45

Seuils de dimensionnement (tonnes/an) Types de traitement du digestat envisageable 100 Simple égouttage sur plateforme 4 000 Séparation de phase liquide/solide 20 000 Séchage du digestat et récupération des évents de séchage 50 000 Séchage du digestat et conditionnement Tableau n 6 : Seuils pour les traitements du digestat Clairement, hormis la séparation de phase qui ne présente pas un investissement important mais qui peut cependant s avérer très utile, les traitements poussés des digestats sont à réserver aux unités de taille importante. D.2. Coûts d investissement des éléments Les éléments seront définis par un seuil d investissement minimal (représentant la mobilisation minimale) puis par une estimation linéaire de l investissement en fonction du tonnage d intrants traités. L investissement se calcule donc de la manière suivante : on multiplie le tonnage d intrants par le coût en euros par intrant, si ce coût est supérieur à l investissement minimal, c est celui qu il faut considérer, s il est inférieur il faut considérer l investissement minimal. Attention ces chiffres ne sont donnés qu à titre indicatif, ils permettent d avoir une estimation à +/- 20% d un projet méthanisation. Le coût des projets, surtout pour les installations classées pour la protection de l environnement, dépend de beaucoup de paramètres (typologie du terrain, emplacement, acceptation sociale, évolution du projet, nature des intrants ). D.2.1. Pour les stockages Pour l investissement, deux types de stockage sont distingués. Les stockages de matière solide et les stockages de matière liquide. Les stockages pour les digestat sont similaires à ceux pour la matière entrante. 19/45

Pour les stockages solides, le tableau suivant donne un ordre de grandeur des investissements en fonction des tonnages d intrants stockés sur site (tonnages calculées quand le stockage est plein). Types de stockage Investissement minimal Cout en euros/tonne d intrant stocké Plateformes imperméables 0 17 /t Plateformes imperméables avec casiers de stockage. 15 000 21 /t Plateformes imperméables avec casiers de stockage et bâchage du stockage. 15 500 22 /t Bâtiments de stockage ouvert. 61 250 68 /t Bâtiment de stockage fermé. 72 000 80 /t Bâtiments de stockage fermés avec contrôle de l atmosphère et filtration de l air. 163 000 117 /t Tableau n 7 : Investissements dans les stockages solides 20/45

Le tableau qui suit considère des intrants liquides. Types de stockage Investissement minimal Cout en euros/tonne d intrant stocké Citernes souples ou citernes rigides en résines ou plastiques spéciaux. 1 500 28 /t Cuve en béton ou cuve en métal. 45 000 32 /t Cuve couvertes en béton 70 000 49 /t Tableau n 8 : Estimations des investissements dans les stockages solides Toutes ces estimations n incluent pas les travaux de terrassement et de voiries. D.2.1. Pour les prétraitements Les prétraitements ont très souvent des coûts fixes très importants, la plupart du temps liés à des aspects mécaniques qui ne sont que peu affectés par les phénomènes d échelle. Le tableau ci-dessous récapitule les investissements minimaux et leur coût en fonction du tonnage de matière traité. 21/45

Types de prétraitement envisageable Investissement minimal Cout en euros/tonne d intrant Trémie avec module de broyage (pour les matières solides) 50 000 11 /t Trémie couplée à un mélangeur/broyeur (pour un mélange solide liquide) 50 000 11 /t Module d hygiénisation 170 000 33 /t Module d hydrolyse 170 000 17 /t Chaine de tri et de séparation 300 000 22 /t Tableau n 9 : Estimation des investissements pour les modules des prétraitements Les estimations présentées ne tiennent pas compte des travaux de terrassement et de VRD. De plus, elles doivent être utilisées avec précautions tant l écart entre deux constructeurs ou deux technologies différentes peut être important. D.2.2. Pour les procédés Les procédés sont découpés en 5 catégories. Chacune des catégories de procédé correspond à un type d intrants précis. Le tableau ci-dessous donne des ordres d idées des investissements nécessaires en fonction du tonnage de matière entrant dans l unité. Les estimations sont données à plus ou moins 15% près. 22/45

Types de procédé envisageable Investissement minimal Cout en euros/tonne d intrant Procédé compact (intrants solides) 400 000 220 /t Procédé compact (intrants liquides) 170 000 43 /t Procédé infiniment mélangé 650 000 133 /t Procédé en piston 800 000 135 /t Procédé en silo-garages 1 200 000 200 /t Tableau n 10 : Estimation des investissements pour les procédés La grande différence entre les procédés compacts liquides et compacts solides s explique par la difficulté de traiter des matières solides qui sont beaucoup plus contraignantes d un point de vue mécaniques. Ces procédés arrivent cependant à trouver une rentabilité dans la mesure où les matières solides sont en général nettement plus méthanogènes que les matières liquides. D.2.3. Pour le traitement du digestat Pour le traitement du digestat, deux procédés sont estimés : la séparation de phase, utilisée dans le cas d une unité traitant de gros volumes de liquide, et le séchage du digestat. Pour le conditionnement du digestat, les coûts varient fortement en fonction des technologies utilisées et du produit qui est recherché (pellets, granulés, poudre, engrais liquides ). Les estimations doivent se faire au cas par cas. 23/45