SUPRACONDUCTIVITE Louis Dumoulin CSNSM Orsay



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Transcription:

SUPRACONDUCTIVITE Louis Dumoulin CSNSM Orsay Introduction -Phénomène spectaculaire qui a marqué profondément la Physique des Solides -Une propriété incontournable des très basses Températures -Une place importante dans les détecteurs cryogéniques -utilisation de la transition normal-supra (TES) -exploitation de la particularité des excitations (STJ) -des dispositifs de mesure ultra-sensibles (SQUID) Plan I- Les propriétés de la transition et les caractéristiques de l état supraconducteur. II- L état fondamental BCS. Le spectre des excitations dans un supraconducteur: les quasi-particules. Vérifications expérimentales et applications. III- La cohérence de phase. Effet Josephson et applications.

I- Propriétés fondamentales A- La conductivité parfaite La découverte de H. Kamerling Onnes en 1911

Rappel des propriétés des métaux à l état normal -Le modèle des électrons libres e ik. r 0 avec k p mv soit v k m v F = 10 6 m/s E = K b T E h h

Origine de la résistance des métaux normaux - Dans un potentiel parfaitement périodique, R = 0 - Les écarts à la périodicité créent des diffusions. - On peut les décrire comme des chocs électron-défauts à la fréquence -Modèle de Drude ne m l= v F 1/ Temps de relaxation n= nombre de porteurs l = libre parcours moyen 1 1 1 ph imp La supraconductivité est une réorganisation complète du gaz électronique

B- Le diamagnétisme parfait La supraconductivité est sensible aux perturbations magnétiques a-champ critique H c ( T) H c (0) 1 T T (Forme empirique) c b-courant critique H a = I /( a) Règle de Silsbee

Effet Meissner-Ochsenfeld -un conducteur parfait s oppose aux variations de flux -un supraconducteur expulse le champ magnétique tant que H < H c 1 0H c -cela lui coûte une énergie -il y a donc une «compensation» qui est l énergie gagnée à créer l état supraconducteur: L énergie de condensation -où passent les supercourants qui écrantent le champ? -en régime stationnaire E rot B = 0 J - Les courants sont donc confinés à une couche superficielle d épaisseur la longueur de pénétration (London) (50 nm)

La profondeur de pénétration: signification -pour décrire le supraconducteur, London a proposé de remplacer db/dt par B dans les équations de Maxwell L =m 0 / n s e 0 L est donc directement liée à la densité des porteurs supraconducteurs - expérimentalement on mesure (T) 1/ 4 1 c T T T -donc 4 1 0 c s T T n T n Le modèle dit «à deux fluides» est utile mais c est une représentation inexacte

C- Origine microscopique de la supraconductivité L origine de la supraconductivité est restée une énigme pendant près de 50 ans, jusqu à la théorie microscopique de BCS en 1957 a-paires de Cooper -Supposons une interaction attractive entre deux électrons! -Gain d énergie en les associant en paires: - de vecteurs d onde (vitesses) opposés k et k -de spins opposés -le gaz d électron (la «mer de Fermi») est alors instable : elle transite vers un nouvel état quantique

b- Le mécanisme attractif par l interaction électron-phonon Pendant le temps dt l électron a parcouru: (de l ordre de 1micron pour l Al: T c =1, K) -La répulsion coulombienne écrantée -Le rôle des ions positifs (effet isotopique) -attraction effective d un autre électron -rendu possible car V F >> vitesse des ions -tout le spectre des phonons donc jusqu à D -violation de la conservation de l énergie? -c est possible en respectant les relations d incertitude de la mécanique quantique -échange de «phonons virtuels» dtde de k B T c 0 et sont les deux longueurs fondamentales de la supraconductivité 0 av F dt a v k B F T C

C-Interprétation de 0 : longueur de cohérence -on peut dire que c est la «taille» d une paire de Cooper -dans le volume 0 3 il y a les centres de gravité de millions d autres paires -du fait de l indiscernabilité, il y a une corrélation entre tous les électrons On a donc un état quantique macroscopique décrit par la fonction d onde r r, t est la densité de paires au point r La phase sera gouvernée par les courants et les champs En présence de perturbation, 0 donne l échelle de variation de r ( r) e i ( r, t)

Quantification du flux Donc, dans un supraconducteur: -le courant est porté par des paires de Cooper -l énergie cinétique d une paire est nulle(k et k).on peut donc considérer que les paires sont condensées au niveau de Fermi (ce qui est possible car ce sont des «bosons» (spin nul) -l ensemble est décrit par une fonction d onde: r, t ( r) e i ( r, t) -Imaginons un contour fermé (c) entourant un trou à l intérieur d un supraconducteur massif ou le courant=0 On doit respecter: ( C) grad. dl n 0 0 n h e Le flux qui pénètre un supraconducteur est quantifié

Quantification du flux

II- L état fondamental BCS et les excitations A-Démarche et approximations: la théorie microscopique de J.Bardeen, L.N.Cooper et J.R.Schrieffer (Phys.Rev.108, 1175 (1957) 1- Construction d une fonction d onde BCS k i u k vke c c Fermi k k v k est la probabilité d occupation de l état de paire k,-k u k la probabilité qu il soit vide. Donc u k + v k = 1 - Construction de l Hamiltonien de paires -approximation «de champ moyen» -prendre le niveau de Fermi comme origine k -Choisir la forme du potentiel attractif dû à l interaction elec-phonon V k, l V 0 si si k k D D k E F

3- Calculer l état fondamental par la méthode variationnelle Le calcul fait apparaître les paramètres V N D e 0 1 k k E N 0 est la densité électronique au niveau de Fermi du métal normal V est le «potentiel attractif BCS» défini précédemment Limite BCS «de couplage faible»: N 0 V <<1 On obtient la probabilité d occupation de la paire k,-k 1 1 k k v k

B- Les excitations dans un supraconducteur 1-Etat fondamental et énergie de condensation E supra E normal = -1/ N 0 1/ 0 H c =Nombre de paires dans multiplié par - Donc apparaît comme l ordre de grandeur de l énergie de condensation c est-à-dire l énergie gagnée par la formation d une paire --Les états d excitation possibles k du métal normal sont «transposés» (un à un) dans le supraconducteur à l énergie: Ek k - a donc aussi la signification d un gap dans les excitations -La densité des états d excitation en fonction de l énergie est E) N(0) 0 E N s ( E si E

Quasi particules -La description «semi-conducteur»: attention! ou -Pourquoi «quasi-particules» et pas «électrons»? -Importance des «facteurs de cohérence». Une excitation E k est une combinaison des états «électrons» et des états «trous» du normal u k électron et v k trou. u k = 50% si E = mais u k = 93% si E=

C-Températures finies Les quasiparticules sont des fermions la probabilité d occupation de E k est f ( E k ) e E 1 1 k On peut alors recalculer numériquement =1/k b T T La Température critique est obtenue pour T =0 0 1,764 k T b c B C D 1 N V 0 k T 1,14 e Près de T c T 1,74 1 0 T c 0 Rappels 0 v 1 e N0V D F 0 T diverge à T c 1/

D-Vérifications expérimentales 1-Effet tunnel de ev E f E f N E N cste I S ) ( ) ( (0) ) ( 0 / 0 N N dv di dv di T S N S A T=0

Effet Tunnel -Effet tunnel de quasi-particules -excellente vérification de BCS pour les supra «couplage faible» -application aux détecteurs (STJ)

Effet tunnel entre deux supraconducteurs Représentation en «semiconducteur» à Température finie Courant tunnel observé

Effet tunnel: supraconducteurs à couplage fort -Les structures au dessus du gap sont reliées aux structures du spectre de Phonons. -Ne peut pas être décrit par BCS -Equations d Eliashberg Pour ces supraconducteurs: > 1,76 k b T c

-Absorption micro-onde. On observe une absorption avec un seuil vers x1,76 k b T c Soit Pour décrire le comportement en HF On introduit la conductivité complexe 1 i Remarque: Comparaison avec les semiconducteurs Supra: réflexion parfaite à basse fréquence

3-Chaleur spécifique Application intéressante pour faire des absorbeurs de faible capacité calorifique Attention: un excès de chaleur spécifique à Tc (cas des TES)

4- Conductivité thermique -Les paires de Cooper ne transportent pas d entropie -La conductivité thermique est assurée par les QP -Applications en cryogénie

4-Atténuation ultrasonore et relaxation nucléaire -Ces excitations de basse énergie ne peuvent pas casser les paires -Ce sont les quasi particules à température finie- qui absorbent -Le maximum dans la courbe relative à la relaxation nucléaire est une illustration spectaculaire des «facteurs de cohérence» (u k,v k )

E-Effets des impuretés (non magnétiques) -Le mouvement des électrons est diffusif: introduction de l (le libre parcours moyen) -Les états k et k ne sont plus des états propres du métal normal -Mais ils peuvent être remplacés par des états diffusifs symétriques par renversement du temps, pour construire les états de paires. Théorème d Anderson : pas d effet sur la Tc (au premier ordre en k F l) Mais une modification essentielle des longueurs caractéristiques 0 devient eff 1/ eff =1/ 0 1/l eff (l, T) =(T)(1+ 0 /l) l<< 0 définit les «supraconducteurs sales» Plus faciles à traiter que le cas propre ( localité versus non localité)

F- Compétition entre énergie de condensation et énergie magnétique -deux longueurs caractéristiques eff (l,t) et eff (l,t) -Ces deux longueurs divergent à T c comme -On définit le paramètre de Ginsburg Landau: 0,96 (0) / l 0 (Cas propre) T 1 Tc 0,715(0) / l 1/ (cas sale) eff eff 1 Première espèce 1 Deuxième espèce Supraconducteurs de première espèce et de deuxième espèce

G-Deux types de supraconducteurs I et II Type II, Entre H c1 et H c état mixte ou phase de Schubnikov

Courants critiques dans les fils(type I) Comparaison aves type II

III-Cohérence de phase. A-Effet Josephson (196) -un supraconducteur est dans un état «quantique macroscopique» décrit par i( r, t) r, t ( r) e -nous avons vu une première conséquence: la quantification du flux -considérons à nouveau une jonction tunnel, mais à barrière très faible

Equations de Josephson -la transmission tunnel de paires est renforcée par la cohérence -Le courant à travers la jonction s accompagne d un saut brutal de la Phase J J sin( ) c 1 C est l effet Josephson continu -J c dépend de la jonction, de résistance normale R n et varie comme 1/R n (ordre de grandeur de 1mA à 10A pour =1meV et R n de 1W à 100W -Si on impose une tension V d( ) dt 1 ev -La jonction est le siège d un courant alternatif à la fréquence ev C est l effet Josehson alternatif -Intérêt fondamental en métrologie: étalon Volt (483 GH / mv)

Effet du champ magnétique -signatures de l effet Josephson -L effet d une irradiation micro-onde: marches de Schapiro -L effet du champ magnétique sur J c -Rappelle une figure de diffraction -magnétomètre sensible

B- Le SQUID (Superconducting quantum interference device)

Conclusion -Sujet toujours très actif au niveau fondamental Ex: Supraconducteurs à haute température critique -Pour les applications ultimes en détection, les très basses températures seront toujours nécessaires -Effet de proximité -films minces et supraconductivité -fluctuations A suivre -électrodynamique des supraconducteurs -supraconductivité hors d équilibre (relaxation des quasi-particules) -impuretés magnétique: supraconductivité «gapless» -...