L IMPACT ECONOMIQUE DE L ACTIVITE SPATIALE EN GUYANE



Documents pareils
N 1470 ASSEMBLÉE NATIONALE

RENTABILITE IMMOBILIERE ET PRESSION FISCALE

1. NON SALARIE AGRICOLE EXERÇANT PLUSIEURS ACTIVITES DE NATURE AGRICOLE

Les obligations juridiques et fiscales des entreprises étrangères réalisant des opérations en France

Pacte de responsabilité et de solidarité. Observatoire de l économie de Seine-et-Marne Melun, le 16 juin 2014

CONSULTATION LIVRE VERT DE LA COMMISSION EUROPEENNE. CONTRIBUTION DE WINAMAX Opérateur de Poker en ligne en France

Avertissement : ceci est un corrigé indicatif qui n engage que son auteur

Pacte de responsabilité et de solidarité. Réunion du 17/06/2014 Angoulême

AGECFA - VOYAGEURS GUIDE DU CONGE DE FIN D ACTIVITE

7. La fiscalité locale indirecte

Tableau de bord économique du tourisme en Maurienne Hiver 2005/2006

Décrets, arrêtés, circulaires

CHAPITRE VI - LES SOLDES COMPTABLES ET LES INDICATEURS DE REVENU

LES RETRAITES. Dossier d information. Avril 2010

DEPENSE FISCALE N Taxation à la TSCA au taux de 3,5 % prévue en faveur de certains contrats d assurance maladie complémentaire

TAXE DE SEJOUR GUIDE PRATIQUE.

2 Le transport spatial : une ambition stratégique, une priorité à la baisse des coûts

> Guide 28 juillet 2008

ASSEMBLÉE NATIONALE 3 novembre 2014 AMENDEMENT

RENSEIGNEMENTS DOSSIER 2014

LE REGIME FISCAL DES LOCATIONS MEUBLEES

Compte rendu de la journée technique du mardi 23 septembre organisée par ODIT France à la Maison du Tourisme Paris

Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics. Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget

BULLETIN OFFICIEL DES IMPÔTS

Pacte de responsabilité et de solidarité. Réunions des 16, 19 et 26 juin 2014 à Digne-les-Bains, Castellane, Barcelonnette et Forcalquier

REGIME APPLICABLE AVANT LE 1 ER JANVIER

Charte d exploitation et de demande d accès aux Géoservices. Plateforme Territoriale GUYANE SIG

DIMINUTION DU DÉFICIT PUBLIC : LES REFORMES ENVISAGEES. 26 Août 2011.

Compagnie nationale des biologistes et analystes experts assemblée générale du 19 janvier 2012

Du produit intérieur brut (PIB) au revenu national (2010)

LACOURTE NOTE FISCALE OCTOBRE 2012

INVESTIR AU MAROC région Tanger-Tétouan

Date limite de remise des dossiers de réponse :

Les coûts des facteurs de production en Guyane

Participation des collectivités à la mutuelle santé et au contrat maintien de salaire

Qu en est-il des contrats complémentaires facultatifs? Sont-ils concernés par le dispositif?

Loi de Finance 2010: Nouveautés en Fiscalité Automobile

Synthèse des programmes de travail

Fiscalité du Grand Paris

Impact économique de l industrie canadienne du camping et analyse des tendances SOMMAIRE EXÉCUTIF.

La fiscalité des associations. Les critères de non-lucrativité. fiche pratique La gestion désintéressée

L emploi lié au tourisme dans le Territoire de Belfort

concessionnaire, le permissionnaire ou l amodiataire déclare avoir produites au cours du mois précédent.

Etude fiscale 5 18 mars 2009

MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L EMPLOI ET DE LA SANTÉ MINISTÈRE DES SOLIDARITÉS ET DE LA COHÉSION SOCIALE PROTECTION SOCIALE

Actualité Juridique & Fiscale

POURQUOI INVESTIR EN FRANCE

INVESTIR EN FRANCE s 2015 mar Réalisation :

Maquette papier à monter éch. 1/100 e

FINANCEMENT DES RISQUES PROFESSIONNELS. CHU de la TIMONE UE «ORGANISATION DE LA SECURITE SOCIALE»

«Cofely Endel apporte la force d un groupe, leader sur le marché de la maintenance. Ses

4LES FINANCES DES COLLECTIVITÉS LOCALES LES COLLECTIVITÉS LOCALES EN CHIFFRES 2010

POLYNESIE FRANÇAISE - AGENCES DE VOYAGES - REGLEMENTATION DE LA LICENCE

Comité Directeur Confédéral Intervention économique. 16 mars 2011

Table des matières. PARTIE 1 Contexte des activités spatiales

RENCONTRE TRIPARTITE DU 18 FEVRIER 2009 : 30 MESURES URGENTES POUR FAIRE FACE A LA CRISE

Pacte de responsabilité et de solidarité. Réunion du 6 juin 2014 AGEN

RESUME ENTREPRISE FRANCHE D EXPORTATION ET DISPOSITIFS INCITATIFS DU CGI

GUIDE PRATIQUE DE LA SCI MISES A JOUR et COMPLEMENTS D'INFORMATIONS

6. La fiscalité locale indirecte

UN LANCEMENT POUR L INTERNET ET POUR LA METEOROLOGIE

Les mesures en faveur de

NOTE SUR L APPLICATION DE LA TAXE DE SEJOUR AU REEL ET LES DIFFICULTES LIEES A L INTERPRETATION DU BAREME Mise à jour 15 avril 2008

52 53 L état de l Enseignement supérieur et de la Recherche n 4 [édition 2010]

FIP PME 974 n 3. FIP éligible à la réduction d ISF* ou IR*

Limites d exonération des allocations forfaitaires. Nature de l indemnité 2011

DIRECTION GÉNÉRALE DES FINANCES PUBLIQUES TAXE SUR LA VALEUR AJOUTÉE ET TAXES ASSIMILÉES NOTICE POUR REMPLIR LA DÉCLARATION N 3517-S CA12/CA12 E

Mots-clés : Taxe de solidarité additionnelle aux cotisations d'assurance dite «taxe CMU» Contribution CMU Organismes complémentaires.

Bordereau de renseignements OG B.I.C. Millésime 2015

LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE - T. V. A. et Traitements comptables. Découvrir les principes des traitements comptables de la TVA.

IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS ET IMPÔT SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES

Rapport financier - Exercice 2013

«Mécanismes» et contraintes budgétaires

NOTE D INFORMATION : LA FISCALITE DES FRANÇAIS ETABLIS HORS DE FRANCE ETAT ACTUEL ET EVOLUTIONS EN COURS

Les réformes se poursuivent en faveur d une économie française plus compétitive et d un appui renforcé aux entreprises à l export

LE COMPTE EPARGNE-TEMPS

PAYS BEAUME-DROBIE FINANCES INTERCOMMUNALES COMMUNAUTÉ DE COMMUNES

ÉCONOMIQUE PRINCIPALES DÉPENSES DÉDUCTIBLES

Site portail des Urssaf Employeurs > Comité d'entreprise > Vous - Vos Cotisations > Les prestations

#94 NEWS FISCALITÉ LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE La LFR 2014 a procédé à certains ajustements techniques :

Les pièges de la TVA intracommunautaire

Livret fiscal du créateur d entreprise. Sociétés civiles immobilières de gestion

TAXE DE SEJOUR Guide d Application TOURISME. Communauté Communes Florac Sud Lozère.

NOTE D INFORMATION COMPTE EPARGNE-TEMPS (C.E.T)

TAXE DE SEJOUR GUIDE D'INFORMATION ET D APPLICATION

Le PASS-FONCIER sous forme de bail à construction : la cession du bail et la levée d option

Programme «financement» - Partie I Données de cadrage

Réponse aux demandes de simulations formulées par la Commission des Finances du Sénat et relatives à la réforme de la taxe professionnelle

11 juin Dossier de presse à l occasion de la présentation du PLFR 2014


Gestion & Actualité. La note d information du CGL SOMMAIRE. Plus-values immobilières 2012 Une déclaration unique Un timbre de 35 euros

PARC DES EXPOSITIONS de la Porte de Versailles

LES ASSURANCES DE BIENS ET DE RESPONSABILITÉ. Données clés 2012

REVOIR LE FINANCEMENT DE L ASSURANCE MALADIE EN BASCULANT DES COTISATIONS SOCIALES VERS D AUTRES SOURCES DE FINANCEMENT

La Lettre COFIGE Patrimoine Octobre N 12. Projet de loi de finances 2014 Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2014

Le régime fiscal et social des indemnités de rupture du contrat de travail

LFP Opportunité Immo RISQUES ASSOCIES

Transcription:

Kourou, le 15 juin 2009 NOTE L IMPACT ECONOMIQUE DE L ACTIVITE SPATIALE EN GUYANE 0 Introduction 1 L activité spatiale en Guyane 1.1. Eléments économiques 1.2. L emploi au CSG 2 La contribution du CNES au développement de la Guyane (hors spatial) 3 La taxation de l activité spatiale en Guyane Page 1 sur 10

Cette note de synthèse résume l impact économique de l activité spatiale en Guyane. Elle analyse successivement : - l évaluation économique de l activité spatiale au Centre Spatial Guyanais (CSG) ; - la contribution additionnelle du CNES au développement économique et social de la Guyane, en dehors du domaine spatial ; - la taxation, directe et indirecte, de l activité spatiale en Guyane. Elle a été rédigée à titre de contribution aux débats intervenant dans la cadre des Etats Généraux de l Outre-Mer. Page 2 sur 10

1. L activité spatiale en Guyane Le Centre Spatial Guyanais est implanté en Guyane, sur les communes de Kourou, Sinnamary et Cayenne depuis plus de 40 ans, et l année 2009 verra la célébration du trentième anniversaire de l exploitation de la fusée Ariane, dont le premier lancement est intervenu le 24 décembre 1979. En quatre décennies, l activité spatiale est devenue un moteur important de l économie de la Guyane. 1.1. L impact économique de l activité spatiale en Guyane Directement, le CSG emploie aujourd hui un peu moins de 1500 salariés, qui assurent l exploitation et le maintien en conditions opérationnelles de la base spatiale, auxquels il faut rajouter les salariés employés provisoirement sur les chantiers de développement et de renouvellement des installations (jusqu à 600 salariés supplémentaires en 2008 sur les chantiers en cours des ensembles de lancement Soyouz et Vega), ainsi que de l ordre de 100 à 200 salariés en mission de courte durée pour chaque campagne de lancement. Selon l INSEE, il faut multiplier le nombre d emplois directs par un facteur 5, pour estimer en outre le nombre d emplois induits dans l économie guyanaise. Au total, tous effets directs et indirects considérés, on peut donc estimer à environ 9 000, le nombre d emplois générés par l activité spatiale en Guyane, soit 15 % de la population active guyanaise. On peut semble-t-il retrouver un ratio comparable si on s intéresse à l activité économique évaluée en terme de PIB. En effet, l activité spatiale en Guyane est évaluée à 450 M, soit 15 % d un PIB guyanais de 3Md. Ce ratio de 15 % est largement dépassé si l on s intéresse à certains postes plus spécifiques de l économie guyanaise. Il est par exemple évalué à 35 % du flux touristique en Guyane d après les dernières enquêtes du CTG. Page 3 sur 10

1.2. Les caractéristiques de l emploi au CSG Les presque 1500 salariés permanents présents au CSG peuvent être caractérisés de la manière suivante : a) il s agit d emplois hautement qualifiés : presque 30 % de ces salariés sont des ingénieurs et cadres et 55 % sont des techniciens supérieurs ; b) une partie significative de l effectif se consacre à la production des lanceurs AR5 en Guyane : de l ordre de 220 salariés, soit 15 % du total de l effectif permanent présent sur la base ; c) enfin, l emploi y est largement local, puisque près de 75 % de salariés relèvent de ce statut, les autres se trouvant en situation de mobilité en Guyane pour une période typique de 3 à 6 ans. Cette proportion de salariés en contrat local n a cessé de croître, et la proportion d emplois locaux est également en croissance rapide chez les ingénieurs et cadres : elle est aujourd hui de près de 45 % (pour 30 % en 2005 il y a seulement 3 ans) ; d) une trentaine de sociétés et organismes français et européens constituent les différents employeurs de la base. Le CNES, le premier d entre eux, avec moins de 270 salariés, représente moins de 20 % de l effectif total permanent. 2. La contribution du CNES au développement économique et social de la Guyane Au-delà de l impact économique direct et indirect de l activité spatiale en Guyane, le CNES mène une politique volontariste de contribution et de soutien au développement économique et Page 4 sur 10

social du territoire et de la population guyanaise. Cette action relève de plusieurs volets : a) la contribution du CNES au contrat de projets Etat-Région et aux Programmes Opérationnels de l Union Européenne : 27 M sur la période 2007-2013. Il s agit essentiellement de soutien à des projets économiques, en dehors du domaine spatial, créateurs d emploi. Sur la période antérieure, 2000-2006, un effort analogue a permis la création de 1500 emplois, soit l équivalent de la population active sur la base. Sur la période actuelle, 2007-2013, c est un potentiel supplémentaire de un millier d emplois qui est déjà engagé à la date de mi-2009. b) des conventions bilatérales de partenariat entre le CNES et les Communes de Guyane (quatorze d entre elles, dont Kourou et Sinnamary bien sûr, mais aussi Cayenne, Saint- Laurent, Iracoubo, Macouria, Matoury, Montsinéry, Roura, et celles de la CCOG : Mana Maripasoula Gran Santi Apatou Saül). Le budget consacré par le CNES, 11 M sur la période en cours 2007-2013, permet le soutien concerté avec les Communes d actions de développement économique et social et de projets socio-culturels. c) le domaine de l éducation, en partenariat avec le Rectorat de Guyane, avec qui une convention spécifique a été signée en 2006 : visites scolaires au CSG (1 classe par jour en moyenne), soutien aux enseignants dans leurs projets pédagogiques, déplacements dans les écoles et collèges éloignés, et soutien aux étudiants guyanais qui poursuivent des études supérieurs (bourses CSG, IUT de Kourou). d) le développement et l aménagement du territoire guyanais : - cession des terrains du CSG pour la construction de logements à Kourou ou l exploitation de terres agricoles à Matiti. Par rapport à son implantation d origine (près de Page 5 sur 10

100 000 Ha), le CNES a cédé 30 % de son emprise, pour ne conserver aujourd hui que la superficie minimale nécessaire à l activité opérationnelle du CSG : moins de 70 000 Ha, soit moins de 1 % de la superficie de la Guyane. - participation au développement des infrastructures : aérodrome de Rochambeau, port de Pariacabo, hôpital de Kourou, - mise en place des technologies spatiales au service du désenclavement et de la surveillance du territoire : télémédecine et poste de secours médical avancé, station de réception d images satellitaires, réduction de la fracture numérique dans les communes isolées. e) le développement du tourisme en Guyane : tourisme industriel au CSG (2 visites gratuites par jour pour le grand public, sites d observation et vidéotransmission des lancements) ; tourisme culturel et de loisirs aux Iles du Salut (le 1 er site touristique de Guyane avec 70 000 visiteurs par an). L ensemble de ces actions de contribution au développement économique et social de la Guyane à côté de l activité spatiale, représente pour le CNES un effort financier estimé à environ 50 M sur la période 2007-2013, soit à titre de comparaison 10 % de la contrepartie nationale aux fonds structurels européens sur la même période, à la charge de l Etat et des Collectivités Territoriales. Annuellement, cet effort représente 5 % du budget du CNES au Centre Spatial Guyanais. 3. La taxation de l activité spatiale en Guyane Il faut enfin ajouter à l impact économique de l activité spatiale en Guyane et à la contribution additionnelle du CNES au développement de la Guyane, les ressources apportées par la taxation de ces activités et expliquer le régime fiscal auquel elles sont soumises en Guyane. Page 6 sur 10

3.1. Un régime fiscal adapté L activité spatiale en Guyane est soumise au régime fiscal suivant : - l Agence spatiale européenne (ESA), maître d ouvrage des infrastructures de la base et des programmes de lanceurs européens, est, en tant qu organisme international et de par sa convention constitutive, exonérée de toutes taxes et impôts directs ou indirects, sur l ensemble des territoires des pays qui la constituent, c est-à-dire non seulement en Guyane française, mais aussi en Allemagne, en Italie, en Hollande, en Espagne et dans les autres pays européens où sont implantées ses différentes installations. Elle bénéficie à ce titre d un statut d immunité fiscale ; - le CNES, établissement public national, scientifique et technique placé sous la double tutelle du Ministère de la Recherche et du Ministère de la Défense et chargé d une mission de service public visant à «développer et orienter les recherches scientifiques et techniques poursuivies en matière spatiale» (article L331-2 du Code de la recherche) est exonéré de la taxe professionnelle en Guyane comme en métropole (au même titre que les autres établissements publics de recherche et suivant les dispositions de l article 1447 du Code Général des Impôts (CGI) ; - le CNES est en revanche soumis à l ensemble des autres impôts directs locaux (foncier bâti et non bâti, taxe d habitation pour ses salariés) et taxes indirectes sur la (octroi de mer). Il s acquitte également auprès de l Etat de la taxe sur les salaires ; - le régime d octroi de mer appliqué en Guyane aux matériels lanceurs et satellites destinés à être envoyés par Arianespace dans l espace est un régime suspensif réglementaire comme expliqué ci-après. 3.2. L évaluation de l apport financier Page 7 sur 10

Malgré les exonérations et adaptations ci avant, la taxation des activités spatiales en Guyane rapporte aux collectivités locales les contributions suivantes : a) taxes foncières : l apport est de 150 000 /an sur le non bâti ; avec 8 % du total de l apport de la TFNB en Guyane, cela représente presque 10 fois plus que le ratio correspondant à l emprise du CSG (700 km2 sur 90 000 Km2). Pour la taxe foncière sur le bâti, l apport du spatial est supérieur à 2 M, soit près de 5 % du montant total en Guyane. b) taxe professionnelle : au total, l activité spatiale génère plus de 10 M par an de TP, soit environ 15 % de l apport total de cette taxe en Guyane, c est-à-dire un ratio homogène avec celui de la part du spatial dans l économie guyanaise. L ensemble des sociétés ou groupes industriels associés au processus (32 entreprises identifiées) acquittent en effet normalement la taxe professionnelle. Et la société Arianespace est le 2 ème contributeur de TP en Guyane (après EDF) c) taxe d habitation : les agents du CNES et de la base spatiale acquittent bien sûr cette taxe pour leur logement de Kourou, de Cayenne, de Sinnamary ou d ailleurs en Guyane. Cette taxe n étant pas à la charge des entreprises, il n est pas possible de donner ici une évaluation précise du montant correspondant. Cependant, le montant des cotisations en question a été estimé, par sondage, par les services de la Direction Régionale des Finances Publiques à environ 1,2 M. d) Octroi de mer : le CNES paie l octroi de mer sur les matériels non dédouanés par les fournisseurs ainsi que Page 8 sur 10

sur les consommations EDF ; au total, cela a représenté 2,5 M en 2008. Plus généralement, il en est de même de l ensemble des industriels de la base spatiale. Selon l INSEE et les dernières statistiques disponibles sur le sujet, la contribution totale de l activité spatiale représente entre 35 et 40 % de la recette générée par cet impôt (soit 43 M en 2002). L importation par Arianespace des lanceurs et des satellites lancés en Guyane n est pas assujettie à l octroi de mer, par application d un régime suspensif réglementaire pour trois raisons de fond : - la première résulte du traité international sur l espace de 1967 qui interdit toute appropriation de l espace extra atmosphérique par proclamation de souveraineté. Le pouvoir de lever des impôts étant l une des manifestations les plus évidentes de la souveraineté, la France a considéré comme d autres Etats que toute livraison dans l espace serait assimilée à une exportation, ce qui équivaut à une exonération au regard des taxes indirectes comme l octroi de mer ou la TVA ; - la seconde tient aux engagements historiques, pris par la France dans le cadre de l Agence Spatiale Européenne, de faire bénéficier le secteur des lanceurs d une fiscalité adaptée. Il faut rappeler que les programmes de lanceurs et d infrastructures mis en œuvre au CSG sont des programmes européens, financés, en moyenne, à 50 % par la France et à 50 % par les autres Etats européens de l ESA. Les opérations de lancement par Arianespace au CSG sont un résultat des programmes européens de l ESA, indissociable du cadre de l Agence et des engagements correspondants de l Etat français ; Page 9 sur 10

Page 10 sur 10 - la troisième tient à l équilibre économique de l exploitation du lanceur Ariane par la société Arianespace, qui s exerce dans le marché mondial très concurrentiel des services de lancement. Aucun système de lancement au monde de cette capacité n est ou ne peut être exploité sur une base purement commerciale. Tous, sans exception, bénéficient d un large financement public, notamment pour la recherchedéveloppement mais aussi pour les frais fixes d exploitation. Au final, le résultat d Arianespace est tout juste à l équilibre (1 M de résultat net pour 1 Md de chiffre d affaires) et ne permet donc pas de dégager un profit commercial susceptible de taxation supplémentaire.