11. OUTILS TECHNIQUES : IDENTIFICATION ET TRAITEMENT DES



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11. OUTILS TECHNIQUES : IDENTIFICATION ET TRAITEMENT DES SOLS POLLUÉS Cette fiche documentée présente les procédures techniques mises en place pour identifier et caractériser les sols pollués ainsi que les mesures de gestion qui s en suivent lorsque des pollutions sont constatées. Un état d avancement des travaux d assainissement et de gestion des risques liés à la pollution des sols en Région bruxelloise est ensuite exposé. La présente fiche s accompagne de trois autres fiches décrivant respectivement le cadre règlementaire général relatif à la gestion des sols, le contenu et les procédures mises en place pour valider et mettre à jour l inventaire de l état du sol ainsi que les outils économiques développés pour soutenir des actions ou projets visant à identifier les sols pollués, à gérer les risques ou à décontaminer les parcelles polluées ou, encore, à éviter de nouvelles pollutions. 1. Procédure d identification et de traitement des sols pollués Une procédure en plusieurs étapes permet de savoir si un sol est pollué et de connaître l ampleur et le type de pollution ainsi que, le cas échéant, d assainir la pollution ou d en évaluer les risques pour la santé humaine et l environnement et de les gérer si nécessaire. La procédure d identification et de traitement des sols pollués est résumée dans le schéma cidessous : Figure 11.1 : Schéma général des étapes de procédures d identification et de traitement des sols pollués en Région de Bruxelles-Capitale Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 212 L ordonnance «sol» (voir fiche documentée «Gestion des sols pollués en RBC: cadre général») prévoit plusieurs faits générant une obligation de réaliser une reconnaissance de l état du sol dont notamment les «aliénations de droits réels» (la vente en est la forme la plus commune) sur des terrains inscrits à l inventaire de l état du sol mais également les démarrages, cessions ou cessations d activités à risque, les demandes de permis d environnement ou d urbanisme sur des terrains inscrits à l inventaire, les découvertes fortuites de pollution pendant les chantiers d excavation du sol, les accidents ou encore, les expropriations et les faillites. PAGE 1 SUR 8 NOVEMBRE 213

Les différentes étapes de la procédure d identification et de traitement des sols pollués, réalisées par un expert agréé en pollution du sol, sont décrites ci-dessous : La reconnaissance de l état du sol permet de mettre en évidence une éventuelle pollution du sol ou de l eau souterraine ainsi que de déterminer son ampleur, sa nature et son origine. Elle consiste en un prélèvement limité d échantillons et une comparaison des résultats d analyse aux normes en vigueur. Elle a pour but de déterminer la nécessité ou non de passer à la procédure d étude détaillée. L ordonnance sol définit deux types de normes : les normes d intervention et les normes d assainissement. Les normes d intervention sont des concentrations de polluants au-delà desquelles les risques pour la santé humaine et pour l environnement sont considérés comme non négligeables et un traitement de la pollution du sol est requis. Les normes d assainissement sont les concentrations en polluant en-dessous desquelles les risques pour la santé et l environnement sont considérés nuls. Ce sont les normes qui doivent être atteintes lors d assainissements du sol et au-delà desquelles une étude détaillée doit être faite. Les deux normes ne tiennent compte ni de la teneur en matière organique du sol ni de la teneur en argile. L étude détaillée vise, si la reconnaissance de l état du sol met en évidence un dépassement de normes, à déterminer l ampleur et le type de la pollution. Le but est de délimiter verticalement et horizontalement la pollution du sol et d en déterminer l accroissement et le type grâce à de nouveaux prélèvements et analyses. L ordonnance sol identifie 3 types de pollutions : - une pollution unique, c est-à-dire une pollution du sol, identifiable distinctement, générée par un exploitant, par un titulaire de droits réels sur le terrain concerné ou, si la pollution a été engendrée après le 2 janvier 25, une personne clairement identifiée ; - une pollution mélangée, c est-à-dire une pollution du sol générée par plusieurs personnes dans des proportions non identifiables distinctement, dont un exploitant, un titulaire de droits réels sur le terrain concerné ou, si la pollution a été engendrée après le 2 janvier 25, une personne clairement identifiée ; - une pollution orpheline, c est-à-dire une pollution ne rentrant dans aucunes des catégories précédentes. L étude de risque est réalisée pour les pollutions mélangée ou orpheline. Celle-ci a pour but de déterminer le risque que cette pollution pourrait constituer pour la santé humaine et/ou l environnement. L évaluation du risque est basée sur le risque d exposition des personnes (lequel dépend de l affectation et de l utilisation concrète de la parcelle), le risque d atteinte aux écosystèmes et le risque de dissémination de contaminants vers les terrains voisins, les captages d eau,. Le projet de gestion du risque permet, dans le cas où pollution mélangée ou orpheline constituent un risque non tolérable pour la santé humaine et/ou pour l environnement, de déterminer le mode et le type d exécution à mettre en œuvre pour rendre les risques identifiés par l étude de risque tolérables et cela en fonction des affectations actuelles ou projetées. Il se base sur la comparaison de plusieurs mesures de gestion du risque quant à leur efficacité, leur coût, leur délai d exécution et leur incidence sur l environnement. Sur base de ces mêmes critères, le projet de gestion du risque compare succinctement les mesures de gestion du risque retenues par rapport à des travaux d assainissement de la pollution suivant une technique appropriée à la situation de terrain. La gestion du risque tend à éliminer le risque et ceci soit par confinement de la pollution (par ex. en coulant une dalle de béton), soit en supprimant tout simplement le noyau de la pollution ou encore, en éliminant une partie de la pollution jusqu à atteindre les valeurs de risque. Dans certains cas exceptionnels, la gestion du risque peut se faire par le biais de restrictions d usage (ex. interdiction de cultiver un jardin-potager). Le projet d assainissement est réalisé dans le cas d une pollution unique et vise à déterminer le mode et le type d exécution de travaux d assainissement à effectuer pour atteindre les normes d assainissement ou éliminer un accroissement de pollution. Comme pour le projet de gestion du risque, le projet d assainissement compare plusieurs techniques d assainissement en ce qui concerne leur efficacité, leur coût, leur délai d exécution et leur incidence sur l environnement. Le choix d une technique d assainissement peut être objectivé sur base du principe BATNEC (meilleures technologies disponibles n entraînant pas de coûts excessifs). Les travaux d assainissement ou les mesures de gestion du risque sont réalisés par un entrepreneur enregistré en assainissement des sols et se basent sur les caractéristiques du terrain, les activités exercées, la nature des risques encourus, mais aussi sur le prix, la durée, PAGE 2 SUR 8 NOVEMBRE 213

les normes à atteindre, la masse de polluants, etc. Le but est d optimiser le rapport des gains environnementaux par rapport aux coûts et risques encourus. On distingue principalement les techniques ex-situ de traitement des terres par excavation et évacuation en centre de traitement/décharge agréés ou par traitement sur le site même en surface (après excavation) et les techniques in situ d assainissement du sol en place (sans excavation). A l'issue de l exécution des travaux d assainissement ou des mesures de gestion du risque, une évaluation finale de ceux-ci est effectuée par un expert en pollution du sol et soumise à Bruxelles Environnement. L évaluation finale comprend des éléments tels qu une description détaillée des travaux d assainissement ou des mesures de gestion du risque exécutés, les résultats obtenus en termes d exposition des personnes et de l environnement, la nature et la durée des mesures de suivi à mettre en œuvre le cas échéant, une présentation des éventuels résultats d analyse, etc.. La déclaration finale est délivrée par l IBGE pour attester au titulaire d obligations qu il a rempli ses obligations conformément aux dispositions de l ordonnance sol et aux conditions fixées dans la déclaration de conformité d un projet d assainissement ou d un projet de gestion du risque. Le vendeur d un terrain ou le cédant d une activité à risque peut se servir de cette déclaration finale pour informer l acquéreur du terrain ou le repreneur de l activité à risque et garantir ainsi le succès de l opération. Dans le cas des stations-service ouvertes au public, la procédure d identification et de traitement des sols pollués est soumise à un cadre législatif particulier dans lequel des normes spécifiques sont fixées pour les BTEX (Benzène, Toluène, Ethylbenzène, Xylène), les huiles minérales et certains hydrocarbures polycycliques. Les différentes étapes techniques sont une étude prospective, une étude détaillée ou de risque, une étude d assainissement et les travaux d assainissement. 2. Etat d avancement de l identification et du traitement des sites pollués en Région de Bruxelles-Capitale 2.1. Identification et caractérisation des sols pollués Comme explicité ci-dessus, lorsqu une présomption de pollution pèse sur un terrain qui est, par exemple, mis en vente ou l objet de travaux nécessitant une excavation, il y a lieu de faire réaliser une reconnaissance de l état du sol (RES) et, en cas de pollution, une étude détaillée afin de déterminer l ampleur et le type de pollution. Si la pollution nécessite une intervention, un projet d assainissement ou de gestion du risque doit être réalisé. Le graphique suivant montre l évolution du nombre d études effectuées en Région bruxelloise dans le cadre de l application de l ordonnance «sols» et de l arrêté «stations-service». Figure 11.2 : Evolution du nombre cumulé de parcelles cadastrales ayant fait l'objet d'une procédure d'identification et de traitement des sols pollués (25 à 212) Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 213 PAGE 3 SUR 8 NOVEMBRE 213

Nombre cumulé de parcelles ayant fait l'objet d'une étude de sol 45 4 35 3 25 2 15 1 5 25 26 27 28 29 21 211 212 Reconnaissances de l'état du sol Etudes détaillées Projets d'assainissement/projets de gestion du risque 3924 1535 511 Entre 25 et fin 212, 3924 parcelles cadastrales ont fait l objet de RES dont 1535 parcelles (39%) se sont avérées polluées et ont fait l objet d études détaillées qui ont abouti, pour 511 parcelles (13%) à élaborer des projets d assainissement ou de gestion du risque. Les RES ont visé différentes «activités à risque» dont les plus fréquentes sont : les dépôts de liquides inflammables avec notamment des citernes à mazout et des stations-service (38 % des RES), les ateliers d entretien de véhicules (19 %), les cabines de peinture (9 %), les imprimeries (5 %), les dépôts d huiles usagées (5 %), les dépôts de produits dangereux (5 %) et la production des métaux (3 %). Figure 11.3 : Proportion de parcelles polluées et proportion de parcelles polluées faisant l objet de travaux d assainissement ou de mesures de gestion du risque, par rapport à 1% de parcelles étudiées et par secteur d activité (25-211) Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 212 Notons que, selon la sous-division sol, ces pourcentages sont restés quasi inchangés pour la période 25-212. Les activités à risque générant le plus fréquemment une pollution du sol sont le dégraissage des métaux (56% des parcelles étudiées ayant accueilli des activités de dégraissage), le traitement PAGE 4 SUR 8 NOVEMBRE 213

chimique des métaux (53% des parcelles étudiées), les dépôts de véhicules usagés (52% des parcelles étudiées), les dépôts de vernis et de peinture (5% des parcelles étudiées) ou encore, la production de métaux (44% des parcelles étudiées). Les activités à risque sont visées à des degrés variables par un assainissement ou par une gestion du risque. Les parcelles qui ont le plus fait l objet d un traitement de pollution sont celles ayant abrité des dépôts de vernis et de peinture (26 % des parcelles étudiées), des dépôts d huiles usagées (23 % des parcelles étudiées), des activités de production et de dégraissage de métaux ou encore, des dépôts de produits dangereux (21 % des parcelles étudiées). Dans 79% des terrains pollués étudiés entre 21 et 212, il s agit d une pollution dite «orpheline» (voir ci-dessus). Les pollutions uniques et mélangées représentent respectivement 1 et 11% des cas. Dans les graphiques ci-dessous, les polluants les plus fréquents dans le sol sont représentés en fonction de l affectation des terrains concernés au plan régional d affectation du sol (PRAS). Les hydrocarbures (huiles minérales, hydrocarbures aromatiques polycycliques-hap et les hydrocarbures aromatiques monocycliques-btex) sont les polluants prédominants, leur proportion étant quasi identique dans tous les types d affectation (entre 68 et 81 % des polluants). Les sols des zones d habitat se distinguent par une proportion élevée en métaux lourds (32 %), les sols des zones industrielles se caractérisent quant à eux par une présence significative en solvants chlorés (4%) et enfin, les sols de la zone particulière (espaces verts, ) montrent une proportion en HAP largement plus importante (3%) que celle observée en zones d habitat (14%) et en zones industrielles (2%). La forte proportion de métaux lourds et de HAP en zones particulières s explique probablement par la forte présence de remblais provenant, entre autres, des déchets de construction/démolition et utilisés comme matériaux de rehaussement des terrains. PAGE 5 SUR 8 NOVEMBRE 213

Figure 11.4 : Principaux polluants identifiés au niveau des parcelles polluées ayant fait l objet d une étude de sol, selon l affectation au PRAS (25-211) Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 212 Principaux polluants dans le sol -zone d' habitat (25-211) 32% 14% 12% 42% Huile Minérale (C1-C4) BTEX HAP Métaux lourds Principaux polluants dans le sol - zone industrie (25-211) 18% 2% 4% 12% 46% Huile Minérale (C1- C4) BTEX HAP Métaux lourds Solvants chlorés Principaux polluants dans le sol -zone particulière (25-211) Principaux polluants dans les eaux souterraines (25-211) 19% 35% Huile Minérale (C1-C4) BTEX 23% 1% 35% Huile Minérale (C1- C4) BTEX HAP 35% 11% HAP Métaux lourds 9% 23% Métaux lourds Solvants chlorés 2.2. Traitement des sols pollués Le graphique suivant illustre l évolution de la superficie cumulée des terrains traités (assainissement ou gestion des risques) et réaffectés en Région bruxelloise. Entre 25 et 212, 398 ha de terrains ont ainsi été rendus à nouveau disponibles pour y implanter des activités économiques, des logements ou encore, des activités récréatives et ce, pour un coût total d environ 276 millions d Euros. PAGE 6 SUR 8 NOVEMBRE 213

Figure 11.5 : Evolution de la superficie cumulée de terrains traités et des coûts cumulés de traitement (25-212 ) Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 213 Hectares Les assainissements et les mesures de gestion du risque réalisés ont notamment impliqué le traitement (assainissements et gestion du risque confondus) de 372 milliers de tonnes de terres contaminées et de 22 milliers de m 3 d eaux contaminées. La technique la plus pratiquée est l excavation (75% en moyenne sur la période 25-212), suivie par le pompage et le traitement des eaux souterraines (8%), la bio-remédiation stimulée (5%) ou encore, l aspiration de l air du sol (4%). Figure 11.6 : Evolution des volumes cumulées de terres et d eaux souterraines polluées et traitées (25-212) Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 213 Tonnes cumulées 45 4 35 3 25 2 15 1 5 14 12 1 8 6 4 2 Les volumes de terres et d eaux souterraines polluées augmentent de façon constante et surtout depuis 21, ce qui s explique par le changement des règles en matière de réalisation des reconnaissances de l état du sol (une parcelle cadastrale doit actuellement être intégralement analysée même si l activité à risque ne couvre que quelques mètres carrés). Quant aux volumes traités, notons que les terres polluées font plus souvent l objet d un assainissement ou d une gestion du risque (32,5%) que les eaux souterraines (9%). Ceci est dû au fait que les pollutions des eaux souterraines sont généralement plus faibles que dans le sol et ne constituent que très rarement un risque non tolérable pour la santé humaine ou pour l environnement. En outre, le volume élevé de terres traitées s explique aussi par la nécessité d excaver les sols dans le cadre des chantiers de construction. Sources 4 94 177 239 285 336 275,7 millions d' 398 ha 1. BRUXELLES ENVIRONNEMENT 212. «Rapport d activités de la sous division Sols de Bruxelles Environnement de 211». 2. MINISTÈRE DE LA RBC 29. «Ordonnance du 5 mars 29 relative à la gestion et à l assainissement des sols pollués», Moniteur belge du 1/3/29. 365 25 26 27 28 29 21 211 212 Coûts cumulés de traitement (millions d'euros) Superficie cumulée des terrains traités (hectares) 25 26 27 28 29 21 211 212 Tonnes de terres polluées Tonnes de terres traitées Volume cumulatif (m3) 3 25 2 15 1 5 3 25 2 15 1 5 Millions d'euros 25 26 27 28 29 21 211 212 Volume d'eaux polluées Volume d'eaux traitées PAGE 7 SUR 8 NOVEMBRE 213

3. GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE 29. «Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 17 décembre 29 déterminant les normes d intervention et les normes d assainissement», Moniteur belge du 17/12/29. 4. GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE 29. «Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 17 décembre 29 fixant la liste des activités à risque», Moniteur belge du 17/12/29. 5. GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE 29. «Arrêté du 8 juillet 21 fixant le contenu type et la stratégie d exécution des projets d assainissement, projets de gestion du risque et projets d assainissement limité», Moniteur belge du 2/7/21. 6. GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE 21. «Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale fixant le contenu type de la reconnaissance de l état du sol et de l étude détaillée et leurs modalités générales d exécution», Moniteur belge du 2/7/21. 7. GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE 1999. «Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 21 janvier 1999 fixant les conditions d exploiter des stationsservice», Moniteur belge du 24/3/29. 8. GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE 21. «Arrêté du 24 septembre 21 relatif aux attestations du sol», Moniteur belge du 11/1/21. Autres fiches à consulter Thème sols : - Gestion des sols pollués en Région de Bruxelles-Capitale : cadre général - Outils d information : inventaire de l état du sol - Outils économiques : financement des travaux d assainissement et de gestion des sols pollués Auteur(s) de la fiche : Saïd El Fadili en collaboration avec Juliette de Villers et Gisèle Azzi Date de mise à jour : avril 212 (mise à jour partielle de données quantitatives en novembre 213) PAGE 8 SUR 8 NOVEMBRE 213