Diversité langagière à l Ecole Pour une éducation plurilingue Besançon, 11 octobre 2010 M-O. Maire Sandoz
Présentation L INRP CAS/ICAR. www.inrp.fr/cas L université de Grenoble, LIDILEM Sodilac Pluralités à l école La compétence plurilingue Pour une éducation plurilingue à l école
Pluralité à l école Diverses instances de socialisation des élèves : la famille, les groupes de pairs, l environnement proche, et bien sûr l école. Le plurilinguisme est donc à situer à l intérieur d un ensemble de pluralités : langues, cultures ou identités qui sont par nature elles-mêmes plurielles.
Identité plurielle [ ] Non, l identité n est ni biologique, ni génétique, ni donnée, ni innée c est une construction culturelle. Ce n est pas non plus une donnée sociale, c est un récit que l on se fait à la première personne. [ ] L identité est plus un processus qu un état, plus un récit et une interprétation qu une donnée naturelle. [ ] C est une Conscience réflexive de soi-même en tant que sujet,[ ] des constructions choisies et assumée mais non figées. Elles se modifient au cours du temps et pour les enfants au cours de leur développement. Les ingrédients de l identité appartiennent à des temps différents, des savoirs différents, des niveaux de conscience différents d autres implicites et inconscients mais c est un ensemble qui donne un sentiment d unité et de singularité, et qui me donne la possibilité d un échange.[ ] L identité c est être dans le monde, c est Une manière d être parmi les autres. L identité ce sont des ingrédients multiples et transmis, des ingrédients de culture et de civilisation qui restent de notre responsabilité. (Marie-Rose Moro)
La compétence plurilingue (1) La notion de répertoire Le répertoire verbal est l ensemble des formes linguistiques régulièrement utilisées au cours d interactions socialement significatives. Le répertoire constitue ainsi un ensemble variable de possibilités expressives qu un locuteur mobilise selon sa connaissance des contraintes grammaticales et des règles sociales qui autorisent ou invalident certaines réalisations. Les contraintes linguistiques concernent l intelligibilité des énoncés et les contraintes sociales. (Gumperz, 1964) Le plurilinguisme Une «compétence communicative à laquelle contribuent toute connaissance et toute expérience des langues et dans laquelle les langues sont en corrélation et interagissent» [ Conseil de l Europe (2001) Cadre européen commun de référence pour les langues. Apprendre, enseigner, évaluer, Paris, Didier,p.11]
La compétence plurilingue (2) Bonjour, je m'appelle Chaska. Avec mes parents, je parle quechua, et avec mes frères et soeurs ou à l'école je parle aussi souvent espagnol. Quand je vais voir mon grand-père, il me parle en aymara, je comprends cette langue, mais je lui réponds en quechua ou en espagnol. C'est le quechua et l'espagnol que j'apprends à lire et à écrire à l'école. Mais mon copain Siwar lui, à l école, il apprend à lire et à écrire en aymara et en espagnol. Au marché, j'ai entendu parler anglais, français, japonais par des gens en vacances, mais moi, je ne parle pas ces langues. Dans les rues, j'ai vu écrit de l anglais sur des publicités Eveil aux langues Projet Socrates/Lingua 42137-CP-1-97-1-FR-LINGUA-LD
La compétence plurilingue (3) Biographie langagière «La biographie langagière d une personne est l ensemble des chemins linguistiques, plus ou moins longs et plus ou moins nombreux, qu elle a parcourus et qui forment désormais son capital langagier ; elle est un être historique ayant traversé une ou plusieurs langues, maternelles ou étrangères, qui constituent un capital langagier sans cesse changeant. Ce sont, au total, les expériences linguistiques vécues et accumulées dans un ordre aléatoire, qui différencient chacun de chacun» [CUQ J.-P. (éd.) 2003, Dictionnaire de didactique du français, Clé International]
La compétence plurilingue (4) I live in New York but je suis né en Haïti Je suis né en Haïti. J y suis resté jusqu à l âge de 12 ans. Là-bas, ma mère ne parlait que le créole. Avec mon père on parlait créole et français. C était lui qui m aidait à faire mes devoirs parce qu à l école le maître m apprenait surtout le français et un peu le créole. Avec tous mes copains, on parlait toujours le créole. Et avec mes grands-parents c était la seule langue qu on utilisait. Quand je suis arrivé à New York avec mes parents, je suis allé dans une école où toutes les leçons étaient en anglais. C était difficile au début mais avec les nouveaux copains de ma classe et de mon quartier, j ai très vite parlé anglais ; je trouve que j ai très vite appris. Cela a été encore plus facile pour mon petit frère Paul parce que lui est né à New York. Il a tout de suite parlé anglais. Avec tous ses copains il parle anglais et avec moi aussi. Mes parents continuent à parler créole entre eux à la maison. Mon père nous parle maintenant surtout en anglais et en créole ; je lui réponds presque toujours en anglais, parfois en créole et, aussi quelquefois on parle tous les deux en français. Ma mère préfère, elle, toujours nous parler en créole ; Paul lui répond toujours en anglais, et moi dans ces deux langues. Pour ne pas oublier le créole, Paul et moi suivons des cours dans une association culturelle haïtienne. Depuis deux ans, avec des copains du quartier d origine portoricaine, on fait de la musique rap. Et c est moi qui écris les textes. Eveil aux langues Projet Socrates/Lingua 42137-CP-1-97-1-FR-LINGUA-LD
Pour une éducation plurilingue L éveil aux langues Le développement de représentations et d attitudes positives : d ouverture à la diversité linguistique et culturelle ; de motivation pour l apprentissage des langues ; Le développement d «aptitudes» ou de «savoir-faire» de capacités d observation et de raisonnement cognitif facilitant l accès à la maîtrise des langues, y compris celle de la ou des langues de l école; Le développement d une culture langagière, de «savoirs» relatifs aux langues.
Pour une éducation plurilingue Sous le préau couvert de l école a poussé un arbre polyglotte
Pour une éducation plurilingue Mandy, une collégienne de 4 ème
Conclusion L école joue un rôle essentiel dans le processus de socialisation/individualisation des enfants et des jeunes. Les langues qui y sont accueillies et enseignées ont une valeur humaine qui va bien au-delà de leur utilité fonctionnelle, de leur «rentabilité». Elles participent aussi de finalités éducatives plus vastes, vitales, comme l inclusion et la cohésion sociales avec des enjeux cruciaux pour vivre ensemble dans nos sociétés contemporaines, ou ce que l on pourrait appeler avec une gravité circonstanciée, «le développement durable de l espèce» (Coste Simon)