RETARD DE CROISSANCE STATURO-PONDERALE ITEM N 36



Documents pareils
Diabète de type 1 de l enfant et de l adolescent

Biométrie foetale. Comité éditorial pédagogique de l'uvmaf. Date de création du document 01/ Support de Cours (Version PDF) -

Les tests thyroïdiens

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

epm > nutrition Formation & Conseil

Module 2. De la conception à la naissance

TRAUMATISME CRANIEN DE L ENFANT : conduite à tenir?

DEFICIENCES METABOLIQUES ET ACTIVITES PHYSIQUES ADAPTEES. OBESITE DIABETE I et II (M. AMATO)

Troubles psychiques de la grossesse et du post-partum Q19. Psychiatrie adulte Module D Pr Jean Louis Senon Année universitaire

PITUITARY. Growth Hormone (GH) NUTRITIONAL FACTORS OTHER TISSUES LIVER. IGF- I + IGFBPs. IGF- I + IGFBPs BLOOD TARGET TISSUES

Le syndrome de Noonan

Maladies neuromusculaires

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE


L obésité et le diabète de type 2 en France : un défi pour la prochaine décennie. DANIEL RIGAUD CHU de Dijon

Carte de soins et d urgence

Leucémies de l enfant et de l adolescent

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

L agénésie isolée du corps calleux

Atelier N 2. Consultation de patientes porteuses d une maladie générale

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

Les différentes maladies du coeur

LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DU NOURRISSON ET JEUNE ENFANT 0-6 ANS

Spécial Praxies. Le nouveau TVneurones est enfin arrivé! Les métiers. NOUVEAUX JEUX de stimulation cognitive, orientés praxies.

Le diagnostic de Spondylarthrite Ankylosante? Pr Erick Legrand, Service de Rhumatologie, CHU Angers

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

Insulinothérapie et diabète de type 1

Cordarone et Thyroïde par François Boustani

Fécondation in vitro avec don d ovocytes

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

DENSITOMÉTRIE OSSEUSE : CE QUE LE RADIOLOGUE DOIT SAVOIR

Carnet de suivi Lithium

N o de contrat : Je demande par la présente une révision de la surprime concernant le numéro de contrat susmentionné. Signé à ce jour de 20

Doit-on craindre les impacts du rapport Trudeau sur la fonction de technicienne ou technicien en éducation spécialisée?

Session Diagnostic. organisme gestionnaire du développement professionnel continu.

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

Lombalgie inflammatoire. François Couture Rhumatologue Hôpital Maisonneuve Rosemont Avril 2010

Le bilan neuropsychologique du trouble de l attention. Ania MIRET Montluçon le

GUIDE D INFORMATIONS A LA PREVENTION DE L INSUFFISANCE RENALE

Déclaration médicale. Ce document vaut demande d enquête de la part de l assureur.

REMBOURSEMENTS DES MUTUALITES DES PRESTATIONS DU DIETETICIEN

Institut WanXiang Historique de santé du patient

LE PSORIASIS ET SES CO-MORBIDITES PARTICULIEREMENT LE DIABETE

Ergonomie et Prévention des risques professionnels

Lundis de la Santé - Brest 12 Décembre Tabac et Grossesse M. COLLET

Maternité et activités sportives

Autisme Questions/Réponses

Lettre circulaire aux Gastro-Entérologues

Vivez votre féminité sans souffrir.

Questionnaire Médical

Contraception après 40 ans

Pseudotumor cerebri. Anatomie Le cerveau et la moelle épinière baignent dans un liquide clair, appelé le liquide céphalo-rachidien (LCR).

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

À l écoute des personnes touchées par la SP. Sondage à l intention des personnes en attente d un diagnostic probable de SP

le bilan urodynamique Dr René Yiou, CHU Henri Mondor

La Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène

LASER DOPPLER. Cependant elle n est pas encore utilisée en routine mais reste du domaine de la recherche et de l évaluation.

DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES

La constipation occasionnelle chez l adulte

Les tests génétiques à des fins médicales

squelettique Importance pressentie des troubles de santé psychologique Sollicitation par les centres d urgence d

Quand le corps devient objet de l autre

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

QUESTIONS ECRITES. 5 Egalité des Chances entre les hommes et les femmes Catherine FONCK, Ministre de la Santé, de l Enfance et de l Aide à la Jeunesse

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS - AFFECTION DE LONGUE DURÉE HÉPATITE CHRONIQUE B

Centre Régional de soins Psychiatriques «Les Marronniers» MSP

LES FACTEURS DE RISQUE

Le décret du 2 mars 2006 a institué le Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique de niveau V.

TMS et travail sur écran : Que faire? Penser et Agir avec l'ergonomie

LA SECRETINE ET L AXE CERVEAU-INTESTIN DANS L AUTISME

MIEUX COMPRENDRE CE QU EST UN ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL AVC

Avertissement. La pagination du fichier PDF est ainsi demeurée en tous points conforme à celle de l original.

DEPISTAGE DE L AUTISME

Ville : Province : Code postal : Date de naissance : jour mois année Date de naissance : jour mois année

Mais pourquoi je ne suis pas enceinte?

NOTICE: INFORMATION DE L UTILISATEUR. Bisolax 5 mg comprimés enrobés. Bisacodyl

Utilisation des substrats énergétiques

CardiOuest Mail : info@cardiouest.fr - Téléphone :

phase de destruction et d'élimination de débris

DIU DE REEDUCATION PELVI-PERINEALE. Responsables de l enseignement :

L EXAMEN MEDICAL PREALABLE A LA PRESCRIPTION QUELLE EVALUATION INITIALE? Dr Jean-Marc SENE médecin du sport - CHU Pitié-Salpétrière

Migraine et Abus de Médicaments

Introduction. Inleiding

La gestion du diabète lors des sports : apports des nouvelles technologies

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer

CRPP. Syndrome MYH9. Centre de Référence des Pathologies Plaquettaires. Livret destiné au patient

Stratégie d intervention auprès des élèves présentant des comportements et attitudes scolaires inappropriés

Surpoids et obésité de l adulte : prise en charge médicale de premier recours

L i c e n c e. Mention «Économie et de gestion» Diplôme Bac + 3. Parcours. Contacts. contact :

INSUFFISANCE CARDIAQUE «AU FIL DES ANNEES»

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

compaction ventriculaire gauche sur la fonction ventriculaire chez l adulte

G U I D E - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge de votre mélanome cutané

COMPLICATIONS THROMBOTIQUES DES SYNDROMES MYÉLOPROLIFÉRATIFS: ÉVALUATION ET GESTION DU RISQUE

Protection individuelle

La dysplasie fibreuse des os

Transcription:

RETARD DE CROISSANCE STATURO-PONDERALE ITEM N 36

Référence : Pédiatrie Ed. Masson

Croissance normale: A RETENIR (1/2) - Croissance physiologique - Entre la naissance et 4 ans - Croissance rapide - Changement de couloir possible: couloir de croissance génétique à 4 ans. - Entre 4 ans et la puberté - Croissance linéaire, 5-6 cm/an. - A partir de la puberté: - phase de croissance rapide. - L évolution des courbes (pods, taille, PC, IMC) est aussi importante à considérer que la valeur absolue de la mesure. - La taille d un enfant est dite normale si elle est entre - 2 et + 2 déviations standard ou entre le 3 et le 97 percentile. - Taille cible génétique - Moyenne des tailles parentales - + 6.5 cm pour les garçons - 6,5 cm pour les filles.

Croissance normale: A RETENIR (2/2) - Repères Age Taille Poids PC Naissance 50 3,5 35 3 mois 7 (PNx2) T/2+10 1 ans 75 10 (PNx3) T/2+10 4 ans 100 16 50 - Démarrage pubertaire chez la fille - poussée mammaire. 10,5 ans - Démarrage pubertaire chez le garçon - augmentation de volume des testicules (L > 25 mm). 12,5 ans - Gain statural pubertaire : - 25-28 cm chez le garçon - 23-25 cm chez la fille. - Taille adulte moyenne : F : 163 cm; M : 175 cm (courbes de 1979)

Les Retards de croissance Définition: Taille < - 2 DS pour l âge Mais 2 situations à reconnaître. Infléchissement statural = la courbe staturale quitte sa DS - Cassure - Infléchissement progressif. La courbe staturale est très inférieure à ce que l on attend des tailles familiales, c est à dire < - 2 DS de la taille cible corrigée.

Démarche diagnostique initiale 1/2 - Faire la courbe de croissance (poids et taille) - importance du retard de croissance - vitesse de croissance - comparer l évolution du poids à l évolution de la taille - Relever les tailles familiales et les pubertés familiales - Relever le terme et les mensurations de naissance. - Rechercher l existence d affections chroniques et leurs traitements (corticoïdes, mesures diététiques)

Démarche diagnostique initiale 2/2 - Rechercher des signes fonctionnels - Trouble de l alimentation - Troubles digestifs : douleurs abdominales, diarrhée, constipation - Frilosité - Nycturie ou polyuro-polydipsie - Céphalées, vomissements - Troubles neurologiques (troubles visuels) - Etat psychologique et affectif - Rechercher des signes physiques - Anomalie de la ligne médiane - Anomalies dysmorphiques évoquant un syndrome de Turner (fille) - Anomalies osseuses évoquant une maladie osseuse constitutionnelle. - Ensemble syndromique évocateur d un déficit en hormone de croissance (faciès poupin, nez ensellé, petit menton, adiposité du tronc, voix haut perchée) - Anomalies évocatrices d une pathologie des grands appareils. - Coter la puberté. - Effectuer un âge osseux

Principales causes 1/2 - Défaut d alimentation Carence d apport Anorexie (mentale ) Retard de croissance psychoaffectif - Défaut d absorption intestinale Maladie coeliaque Maladie de Crohn, mucoviscidose. - Défaut des fonctions hormonales concourant à la croissance Déficit en Hormone de croissance congénital acquis Hypothyroïdie acquise Hypercorticisme endogène ou iatrogène

Principales causes 2/2 - Carence énergétique Toutes les maladies chroniques peuvent retentir sur la croissance Affections rénales chroniques : insuffisance rénale, tubulopathie Les autres maladies chroniques sont en général symptomatiques, et exceptionnellement découvertes devant le retard statural. Affections du système cardio-respiratoire : asthme, mucoviscidose, cardiopathies Hépatopathies chroniques : cirrhose. Affections sanguines chroniques : anémies hémolytiques (thalassémie, drépanocytose) Déficits immunitaires Syndromes poly-malformatifs - Squelette Maladies osseuses constitutionnelles Syndrome de Turner Petite taille constitutionnelle (ou familiale) Retard de croissance intra-utérin - Retard simple de croissance et de puberté

Principales étiologies à évoquer en fonction de la vitesse de croissance Vitesse de croissance régulière : La taille est petite, mais se maintient sur une DS de croissance stable - Petite taille «idiopathique» ou familiale : fréquent mais diagnostic d élimination. C est un extrême de la croissance normale - Maladie osseuse constitutionnelle - RCIU sans rattrapage : fréquent mais diagnostic d élimination. Vitesse de croissance «irrégulière» : La taille ne se maintient pas sur une DS de croissance stable - Cassure : tumeur (craniopharyngiome) - Infléchissement progressif # malnutrition, malabsorption, anorexie # maladie chronique (reins) # déficit en hormone de croissance (+ antéhypohysaire), hypothyroïdie, hypercorticisme # Turner (fille) # Cause psychosociale (malnutrition, anorexie, psychogène) # Retard simple de croissance et puberté (fréquent, mais diagnostic d élimination). C est un extrême de la croissance normale. # Petite taille «idiopathique», maladie osseuse constitutionnelle et RCIU sans rattrapage peuvent entraîner des infléchissements progressifs

Principales étiologies à évoquer en fonction du rapport poids/taille Courbe de P < courbe de T Chercher une cause nutritionnelle Courbe de P > courbe de T Normalement : le «poids» entraîne la «taille» Enfant obèse petit = chercher une cause hypercorticisme, hypothyroïdie déficit en hormone de croissance Prader-Willi pseudohypoparathyroïdie Principales étiologies à évoquer en fonction des ATCD familiaux 1 ou les 2 parents petits (< - 2DS) Petite taille constitutionnelle Maladie osseuse constitutionnelle 1eres règles de la mère > 13 ans ou pic de croissance pubertaire chez le père > 14 ans Retard simple de croissance et de puberté Contexte social : Divorce, deuil, carence de soin Retard statural «psychosocial» (Diagnostic d élimination)

En l absence d orientation précise, on évoque toujours : - Un déficit nutritionnel (anorexie, malabsorption : maladie cœliaque) - Une maladie chronique insidieuse (rein) - Un syndrome de Turner chez la fille - Un déficit en GH

Intérêt de l âge osseux: AO = AC RCIU Petite taille constitutionnelle (familiale) Maladie osseuse constitutionnelle AO < AC Pathologies chroniques Pathologies endocriniennes Retard pubertaire simple

Bilan complémentaire «type» Cassure de la courbe de taille : IRM Petites tailles familiales ou RCIU sans rattrapage : Radio du squelette Infléchissement progressif sans point d appel: Ac anti-transglutaminase NFS, CRP Ionogramme sang, RA, Ca, phosphore, urée, créatinine, IGF-1 T4, TSH (Test de stimulation de la GH : après élimination des autres diagnostics) Si Fille : on évoque toujours un syndrome de Turner

Indications de consultation spécialisée Indications étiologiques: Quand sont évoqués Une étiologie endocrinienne Une étiologie génétique Une petite taille associée à une maladie chronique Indications thérapeutiques: Quand le retard statural est inférieur à 2 DS ou inférieur à 2DS/la taille cible