Vente en ligne de médicaments : où en eston



Documents pareils
DOSSIER-TYPE DE DEMANDE D AUTORISATION DE CREATION D UN SITE INTERNET DE COMMERCE ELECTRONIQUE DE MEDICAMENTS HUMAINS

Maître Cathie-Rosalie JOLY, ULYS Monsieur Alain BRECKLER, ORDRE NATIONAL DES PHARMACIENS Monsieur Charles RABILLER, PHARMADOMICILE

La pharmacie en ligne, enjeux juridiques! Me Gérard CHEMLA!!

Bienvenue chez votre pharmacien

RECOMMANDATIONS DU COLLEGE A PROPOS DU PHARMACIEN ADJOINT MAITRE DE STAGE ADJOINT

La durée du stage officinal est légalement de 6 mois.

Noëlle Lenoir, associée chez Kramer Levin Naftalis et Frankel LLP, ancienne ministre des Affaires européennes

glossaire Appellation commerciale Voir nom de marque.

Référentiel Officine

inscriptions le guide du titulaire d officine

Concerne : UBD/EW/ART/VENTE EN LIGNE DE MEDICAMENTS EN FRANCE

La Lettre du Cabinet. Technologies de l'information. Edito. DELEPORTE WENTZ AVOCAT Newsletter n 6 Mars - Mai 2013

MEMO A L USAGE DES LOCATAIRES

LE COMMERCE ELECTRONIQUE DES MEDICAMENTS A L AUNE DU MONOPOLE PHARMACEUTIQUE

2. Accords généraux concernant la prescription

Article 1 er. Code de la santé publique Texte précédent. Nouveau texte. 28/11/2012 Evelyne Pierron Consultants. Article R

PROJET DE LOI. relatif à la modernisation du système des produits de santé EXPOSÉ DES MOTIFS

Charte pour la communication sur internet des entreprises pharmaceutiques

BROCHURE TARIFAIRE. Tarifs en vigueur à compter du 10 Juin 2013

Loi modifiant la Loi sur la protection du consommateur et la Loi sur le recouvrement de certaines créances

CONTRAT OBSEQUES ET TUTELLE : UN ARRET* PRECISE LES MODALITES D APPLICATION

13 ème Forum pharmaceutique international: Problématique de l accès au médicament. CEREMONIE D OUVERTURE Intervention de la Présidente de la CIOPF

Quand la distribution des médicaments se fait digitale!

2.1 Les présentes conditions générales régissent les conditions de vente et d utilisation de Ticket Premium.

La Révolution Numérique Au Service De l'hôpital de demain JUIN 2013 Strasbourg, FRANCE

Vous divorcez, vous vous séparez?

Schéma Régional d Organisation des Soins VOLET AMBULATOIRE ANNEXE PHARMACIES DIAGNOSTIC DE L OFFRE AMBULATOIRE

L agence fédérale des médicaments et des produits de santé fête son cinquième anniversaire

le dossier individuel de l agent

Le stationnement irrégulier de véhicules appartenant à la communauté des gens du voyage.

ACTUALITÉS ASSURANCES & RISQUES FINANCIERS

E-commerce : l'interdiction de vente en ligne de produits Pierre Fabre viole la libre concurrence

Les autorités judiciaires françaises n ont pas mis en œuvre de politique nationale de prévention dans ce domaine.

Décrets, arrêtés, circulaires

CONTRIBUTION DU LEEM A LA MISE EN PLACE DE LA CHARTE II DE LUTTE CONTRE LA CONTREFACON SUR INTERNET. septembre 2011

L'AGENT IMMOBILIER. Attention : les cartes professionnelles déjà délivrées restent valables jusqu à leur date d expiration.

DOSSIER-TYPE DE DEMANDE D AUTORISATION DE CREATION D UN SITE INTERNET DE COMMERCE ELECTRONIQUE DE MEDICAMENTS

MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA SANTE MINISTERE DES FINANCES ET DES COMPTES PUBLICS. Point presse

Commande publique. 1. Une question délicate : la détermination du champ d application de l article 2.I. de la loi «MURCEF»

Statuts et Usages de l'association des Commerçants d'art de Suisse

Délivrance de l information à la personne sur son état de santé

Dossier de presse 2013

Voici la plus récente édition de notre bulletin fiscal. Nous vous proposerons des idées de planification et un suivi de l actualité fiscale.

le Fichier central des chèques (FCC) et le Fichier national des chèques irréguliers (FNCI),

MINISTÈRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA SANTÉ ADMINISTRATION. Commission nationale de l informatique et des libertés

Code de déontologie des pharmaciens

2È JOURNÉE NATIONALE DE FORMATION DES PHARMACIENS CANCER ET ACCOMPAGNEMENT DU PHARMACIEN : UN PREMIER PAS VERS LA RÉSILIENCE.

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE GRENOBLE Jugement du 18 mai 2009

L actualité de la jurisprudence de droit public et privé

Conférence des Cours constitutionnelles européennes XIIème Congrès

Révision des descriptions génériques Comment monter un dossier?

Le Dossier Pharmaceutique Partagé

LES THÉMATIQUES - UE 35 RENNES -10 mars 2015 LES THÉMATIQUES UE 35 RENNES - 10 MARS LA PROTECTION SOCIALE

modifiant la loi sur la santé (révision partielle)

Réguler les jeux d'argent : Le rôle de l'autorité Bruxelles le 12 octobre Intervention de M. Jean-François VILOTTE, Président de l ARJEL

Le ministre de l'économie et des finances,

FOCUS: CONFLITS ENTRE MEDECINS : CONCILIATION OU ARBITRAGE?

Le cadre général de la loi du 21 Germinal An XI

PREFACE LA MINISTRE DE LA SANTE PUBLIQUE ET DE LA LUTTE CONTRE LE SIDA. Hon. Dr Sabine NTAKARUTIMANA. ième

A LA UNE. L indemnisation due en cas de licenciement nul pour violation du statut protecteur est plafonnée à trente mois

Projet de Loi no 98 Loi modifiant la Loi sur l assurance médicament et d autres dispositions législatives

Février Sondage sur les français et leur pharmacie. Date : 05 mars 2013 OpinionWay, 15 place de la République, Paris. Tél :

DIRECTION DES SERVICES PROFESSIONNELS GESTION DES STUPÉFIANTS ET DES DROGUES CONTRÔLÉES EN PHARMACIE COMMUNAUTAIRE

Conseils pratiques pour le stage d initiation dans une pharmacie d officine

Circulaire du 20 avril 2015 relative au délai de transmission des arrêts de maladie des fonctionnaires dans la fonction publique de l État

Pascal LACHAISE Paul TORNER. Matthieu PICARD

COLLEGE DE L AUTORITE DE REGULATION DES JEUX EN LIGNE

LE Dossier Livraison dans les EHPAD et assurances : Une prudence nécessaire

Projet pilote du programme de soutien de PAH au système pharmaceutique malgache Février-Juillet 2012

Septembre , avenue Ruysdaël Paris Cedex 08 Téléphone : 0033/ Fax : 0033/ iadenot@ordre.pharmacien.

Loi modifiant la Loi sur l Autorité des marchés financiers et d autres dispositions législatives

données à caractère personnel (ci-après la "LVP"), en particulier l'article 29 ;

FONDEMENTS JURIDIQUES

Commission Statut et Juridique AH-HP. COMMENTAIRES et OBSERVATIONS sur le PROJET du CODE de DEONTOLOGIE du CONSEIL NATIONAL de l ORDRE des INFIRMIERS

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Texte conventionnel. La Commission paritaire nationale (CPN), créée et organisée par les articles 59 et 60 de la convention :

d un site Internet MARS 2007

SOMMAIRE. p.1 I. Présentation

FORMATION CONTINUE RECHERCHE APPLIQUÉE OUTILS PÉDAGOGIQUES. Promouvoir les soins pharmaceutiques

REPUBL QUE FRANCA SE

Entre,

La commercialisation des médicaments et de dispositifs médicaux par Internet


PROJET DE DÉCRET n Publics concernés : administrés dans leurs relations avec l administration.

Gestion du traitement personnel des patients : Enquête et audit régional

BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

Commentaire. Décision n QPC du 31 janvier 2014 Coopérative GIPHAR-SOGIPHAR et autre (Publicité en faveur des officines de pharmacie)

Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes

L an deux mil quatorze Et le quatorze août

L achat de médicaments sur Internet

LOI N du 14 janvier (JO n 2966 du , p.3450) CHAPITRE PREMIER DE LA PREVENTION DES INFRACTIONS

CONSEILLER EN INVESTISSEMENTS FINANCIERS. 1. La définition de l activité des CIF

PROTOCOLE CADRE NATIONAL VACCINATION ANTI-GRIPPALE CAMPAGNE 2009/2010

DIRECTION GENERALE DES ETRANGERS EN FRANCE DOSSIER DE PRESSE. Le projet de loi relatif au droit des étrangers

Le guide du bon usage des médicaments

Déclarations européennes de la pharmacie hospitalière

Transcription:

JIM.fr -Vente en ligne de médicaments : où en est-on? Page 1 sur 5 Publié le 15/11/2014 Vente en ligne de médicaments : où en eston? Barbara Bertholet (à droite) et Caroline Balosso Paris, le samedi 15 novembre 2014 - Hostilité des pharmaciens et de l ensemble de leurs représentants, frilosité des patients et réticences marquées des autorités, si la vente de médicaments sur internet a été autorisée en France, elle ne l a été que contrainte et forcée par Bruxelles, tandis que l ensemble des acteurs se montraient plus que réservés face à cette évolution. Deux ans après le lancement officiel (même s il aura fallu attendre encore un an pour qu un arrêté donne un cadre plus précis à cette activité), les chiffres ne sont pas aux rendez-vous. Aujourd hui, l achat de médicaments en ligne représente en effet moins de 0,1 % du marché de l automédication selon une étude réalisée par le cabinet d études Celtipharm : on est loin des données allemandes dont les officines réalisaient déjà 3 % de leurs ventes sur le web en 2012. Cependant, certains indicateurs suggèrent que la commercialisation de produits de santé sur la toile pourrait ne plus être aussi marginale dans l avenir. D abord, les enquêtes d opinion montrent que si l achat de médicaments en ligne est encore loin d être un réflexe, les réticences sont moins marquées aujourd hui. Surtout, les officinaux sont de plus en plus nombreux à s intéresser à cette pratique : on compte aujourd hui quatre fois plus de sites dûment référencés et habilités au commerce de médicaments en ligne qu il y a un an. Enfin, une volonté politique nouvelle s affirme, évoquée dans ce texte par deux avocats, Barbara Bertholet et Caroline Balosso qui reviennent sur l historique de la vente de médicaments en ligne dans notre pays et qui s interrogent sur les perspectives d avenir. Par Barbara Bertholet et Caroline Balosso, avocats à la Cour (cabinet ADAMAS) A l heure où le ministre de l économie, Emmanuel Macron, vient d annoncer que le projet de loi pour l'activité aurait notamment vocation à faciliter le commerce en ligne de médicaments par les pharmaciens et près de deux ans après l adoption de l ordonnance du 19 décembre 2012 qui avait entrouvert la porte de la vente de médicaments par internet en France, qu en est-il aujourd hui de la révolution annoncée? L histoire d une saga réglementaire

JIM.fr -Vente en ligne de médicaments : où en est-on? Page 2 sur 5 On se souvient que le 19 décembre 2012 le Gouvernement avait adopté in extremis une ordonnance (1) destinée à transposer dans le droit français les dispositions de la directive 2011/62/UE (2) qui imposait aux Etats membres d autoriser la vente de médicaments sur internet à l exception des médicaments soumis à prescription médicale obligatoire (PMO). L Autorité de la concurrence (3), saisie pour avis par le gouvernement sur le texte en gestation avait, à l époque, salué cette initiative en soulignant les bénéfices que pourrait retirer le consommateur d une «animation de la concurrence» et de prix en ligne plus attractifs que ceux pratiqués par les officines traditionnelles. Elle avait cependant émis d importantes réserves sur le champ d application trop étroit du texte envisagé par rapport aux stipulations de la Directive. En effet, l article L. 5125-34 du Code de la santé publique, issu de l ordonnance du 19 décembre 2012, limitait initialement la vente en ligne à la seule catégorie des médicaments dits «de médication officinale» ou «OTC», c est-à-dire en accès libre dans les pharmacies, catégorie qui ne regroupe pas la totalité des médicaments non soumis à PMO (4). Cette interprétation particulièrement restrictive des textes européens avait, rappelons-le, donné lieu à plusieurs recours devant le Conseil d Etat qui s étaient soldés par l annulation partielle de l article L 5125-34 du Code de la santé publique «en tant qu il ne limitait pas aux seuls médicaments soumis à prescription médicale obligatoire l interdiction de faire l objet de l activité de commerce électronique» (5). Désormais, l article L. 5125-34 du Code de la Santé publique prévoit donc que «peuvent faire l'objet de l'activité de commerce électronique les médicaments qui ne sont pas soumis à prescription obligatoire». Mais c est l arrêté du 20 juin 2013 relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments par voie électronique (6) qui aura donné le véritable feu vert à la vente de médicaments en ligne le jour de son entrée en vigueur, le 12 juillet 2013. Aujourd hui ce sont près de 4000 spécialités pharmaceutiques délivrées sans ordonnance qui peuvent être vendues en ligne en France. Une vente sur internet extrêmement encadrée Cette activité reste néanmoins très strictement encadrée dans le but affiché de prévenir les risques susceptibles de résulter du développement du commerce électronique dans le domaine de la santé et, notamment la commercialisation auprès des consommateurs de médicaments contrefaits (7). Ainsi, en France, contrairement à d'autres Etats voisins tels que le Royaume-Uni, les e-pharmacies doivent constituer le «prolongement virtuel» d'une officine «physique» autorisée (8). L arrêté du 20 juin 2013 prend d ailleurs le soin d interdire expressément la sous-traitance à un tiers de tout ou partie de l activité de vente par internet. Par ailleurs, la création d un site de vente en ligne de médicaments doit avoir fait l objet d une autorisation de l'agence régionale de santé (ARS) territorialement compétente et d une déclaration auprès du conseil de l ordre des pharmaciens dont l officine relève (9). A ce jour, le Conseil National de l Ordre des Pharmaciens (CNOP) recense près de 200 sites internet habilités à commercialiser des médicaments (10). L'arrêté du 20 juin 2013 impose en outre que la délivrance des médicaments soit «personnellement» assurée par le pharmacien de sorte que la préparation des commandes ne peut se faire qu'au sein de l'officine dans un espace adapté à cet effet. Le pharmacien doit également doter son site de moyens techniques lui permettant d assurer, à tout moment, un

Page 3 sur 5 échange interactif personnalisé et sécurisé avec le patient. Il est par ailleurs exigé que l hébergement du site soit effectué par un hébergeur agréé pour le traitement de données de santé (11). Enfin, la présentation des médicaments vendus sur internet est elle aussi strictement encadrée, puisqu au-delà d une présentation «objective, claire et non trompeuse» des produits, le site internet doit obligatoirement indiquer le nom commercial, la ou les indication(s) thérapeutique(s), la forme galénique (sachets, comprimés, gélules, etc.), le nombre d'unités de prise ainsi que le prix de chaque médicament. De plus, les notices attachées aux médicaments doivent impérativement être disponibles en ligne en format PDF imprimable par l utilisateur. L extrême rigueur de ces«bonnes pratiques»n avait pas manqué de provoquer l ire de l Autorité de la concurrence qui dénonçait, dans son avis du 10 avril 2013 relatif au projet d arrêté (12), un cadre particulièrement contraignant qui ôtait tout intérêt à la commercialisation de médicaments par Internet, tant pour le patient-consommateur que pour les pharmaciens. Le développement de sites de vente en ligne de médicaments et la première décision de justice sanctionnant le non respect de cette réglementation. L ouverture de la vente en ligne de médicaments en France a encouragé le développement de sites internet spécialisés dans le commerce électronique de produits de santé, parmi lesquels le site «1001pharmacies.com» qui se proposait de mettre sa «e-marketplace» à la disposition des officines intéressées en vue de la commercialisation par celles-ci de leur catalogue de produits. Bien qu ayant conclu un partenariat avec plus de 500 pharmacies, le site «1001pharmacies.com» n était pas lui-même détenu par une officine. Il se revendiquait ainsi comme un offreur de services mettant en relation utilisateurs et pharmaciens aux fins d acheter et de vendre des produits de pharmacie et parapharmacie. Sous couvert d un contrat de mandat conclu avec l utilisateur pour l achat, en son nom et pour son compte, de médicaments, le site proposait même l acquisition de médicaments soumis à PMO à la seule condition que le patient fournisse une copie de son ordonnance. Ce mécanisme audacieux n a toutefois pas emporté la conviction du Tribunal de grande instance de Paris puisque le 8 août dernier, statuant en référé sur le recours dont il avait été saisi par le CNOP, celui-ci a ordonné la suspension sous astreinte de l activité de vente de médicaments sur le site «1001pharmacies.com». Il a ainsi été jugé que la poursuite de cette activité constitue (selon la formule consacrée) un «trouble manifestement illicite» aux motifs qu il permettait d offrir au public des médicaments soumis à PMO, qu il n était pas exploité par un pharmacien régulièrement inscrit à l ordre, qu il n avait pas fait l objet d une autorisation de l ARS et ne figurait donc pas sur le site du CNOP en qualité de site autorisé et, enfin, qu il n était pas non plus hébergé par un hébergeur agréé pour le traitement des données de santé. Cette décision est loin d être surprenante dès lors que le fonctionnement du site «1001pharmacies.com» enfreignait incontestablement les dispositions du Code de la santé publique introduites par l ordonnance du 19 décembre 2012 pour encadrer l activité de commerce électronique de médicaments, allant même jusqu à proposer la vente en ligne de médicaments soumis à PMO. Il est d ailleurs très probable que la Cour d appel, saisie par la société exploitant le site litigieux, confirmera la position du juge des référés.

Page 4 sur 5 Il serait toutefois intéressant que les tribunaux soient amenés à se prononcer sur la compatibilité de la règle «un site = une officine» avec le développement croissant des plateformes de vente en ligne de produits de santé. Alors que le CNOP a fait savoir qu il entrerait en guerre contre toute velléité de contournement de ce principe, on retiendra que le premier pharmacien référencé sur le site «DoctiPharma.fr»vient d'obtenir une autorisation de son ARS pour vendre des médicaments en ligne par l intermédiaire de la plateforme qui rassemble déjà les sites internet de près d une quarantaine d officines françaises. Une possible évolution vers un régime moins strict? Il n en demeure pas moins que l approche déjà prudente adoptée par la France, en réservant l activité de vente en ligne de médicaments aux seuls pharmaciens titulaires d une officine physique, se trouve considérablement renforcée par les règles de «bonnes pratiques» imposées par l arrêté du 20 juin 2013 et dont l Autorité de la concurrence a considéré qu elles accentuent «encore le caractère restrictif de concurrence du régime légal français de la vente en ligne de médicaments». La révolution tant attendue de l ouverture du commerce électronique aux médicaments n a donc pas atteint à ce jour la dimension escomptée par les partisans des pharmacies en ligne. Reste que la discussion demeure ouverte, comme en témoignent les récentes déclarations du Ministre de l économie qui considère que les règles existantes sont «trop rigides» et «qu un pharmacien doit pouvoir vendre plus facilement des médicaments sur internet». Le Rapport du député Richard Ferrand sur les professions réglementées, remis à Emmanuel Macron le 3 novembre dernier, ne préconise-t-il d ailleurs pas la suppression de l adossement obligatoire de la vente à distance de médicaments à une pharmacie physique? Des évolutions sont donc envisageables. A suivre Références 1. Ordonnance n 2012-1427 du 19 décembre 2012 relative au renforcement de la sécurité de la chaîne d approvisionnement des médicaments, à l encadrement de la vente de médicaments sur internet et à la lutte contre la falsification de médicaments 2. Directive 2011/62/UE du Parlement Européen et du Conseil du 8 juin 2011 modifiant la directive 2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain, en ce qui concerne la prévention de l introduction dans la chaîne d approvisionnement légale de médicaments falsifiés, JOUE L n 174 du 1er juillet 2011, p.74-87. Cette directive devait, pour l essentiel de ses dispositions, être transposée par les Etats-membres le 2 janvier 2013 au plus tard. 3. Avis de l Autorité de la concurrence n 12-A-23 du 13 décembre 2012 relatif à un projet d ordonnance et un projet de décret transposant la directive n 2011/62/UE 4. Médicaments vendus «over the counter», soit, littéralement, «devant le comptoir». Cette catégorie concerne environ 450 spécialités à ce jour. 5. Conseil d Etat, 17 juillet 2013, M. LALLIER, req. n 365317 6. JORF n 0144 du 23 juin 2013 page 10446 7. L OMS considère que la moitié des médicaments vendus sur internet seraient des médicaments

Page 5 sur 5 falsifiés 8. Article L5125-33 du Code de la santé publique 9. Articles L. 5125-36 et R. 5125-71 du Code de la santé publique 10. Le CNOP tient à jour une liste des sites internet des officines de pharmacie autorisés par les Agences régionales de santé et la met à la disposition du public sur son site internet (article R. 5125-74 du code de la santé publique). Voir la page dédiée du site du CNOP à l adresse suivante : http://www.ordre.pharmacien.fr/ecommerce/search 11. Articles L.1111-8 et R. 1111-9 et suivants du Code de la santé publique 12. Avis de l Autorité de la concurrence n 13-A-12 du 10 avril 2013 relatif à un projet d arrêté de la ministre des affaires sociales et de la santé relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments par voie électronique Copyright http://www.jim.fr COMMUNIQUÉS Santé des hommes: Consultez le dossier Ebola: Suivez l épidémie sur notre espace spécial L'essentiel du calendrier des vaccinations en 2014: première partie, le nourrisson Maladies chroniques de l adulte: quelles explications possibles?