ADENOVIRUS. Réseau inter-chu CNRACL



Documents pareils
EVALUER LA MAITRISE DU RISQUE INFECTIEUX EN EHPAD

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Il est bien établi que le réseau d eau hospitalier peut

Apport de la biologie moléculaire au diagnostic des parasitoses

Quelles sont les maladies hautement contagieuses susceptibles d être hospitalisées en réanimation en France?

MINISTERE DE LA SANTE, DE LA FAMILLE ET DES PERSONNES HANDICAPEES

Test d immunofluorescence (IF)

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Signalement et gestion des infections respiratoires aiguës (IRA) et des gastroentérites aiguës (GEA) 19 juin 2014

LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS - AFFECTION DE LONGUE DURÉE HÉPATITE CHRONIQUE B

Définition de l Infectiologie

Le don de moelle osseuse :

Principales causes de décès selon le groupe d âge et plus

Hépatite B. Le virus Structure et caractéristiques 07/02/2013

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Chapitre VI : Gestion des risques épidémiques

LES ACCIDENTS D EXPOSITION AU RISQUE VIRAL Prise en charge & Prévention

Hépatite C une maladie silencieuse..

INFORMATION À DESTINATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ LE DON DU VIVANT

Item 127 : Transplantation d'organes

Guide du parcours de soins Titre ACTES ET PRESTATIONS AFFECTION DE LONGUE DURÉE. Hépatite chronique B

INAUGURATION LABORATOIRE DE THERAPIE CELLULAIRE 16 FEVRIER 2012 DOSSIER DE PRESSE

Etat des lieux du prélèvement et de la greffe d organes, de tissus et de cellules MAROC

Diagnostic des Hépatites virales B et C. P. Trimoulet Laboratoire de Virologie, CHU de Bordeaux

Don d organes et mort cérébrale. Drs JL Frances & F Hervé Praticiens hospitaliers en réanimation polyvalente Hôpital Laennec, Quimper

STOP à la Transmission des microorganismes!

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

évaluation des risques professionnels

Plan d action mondial de l OMS pour le confinement des poliovirus sauvages en laboratoire

POURQUOI L HYGIENE HYGIENE = PROPRETE HYGIENE = PREVENTION DES INFECTIONS COMMUNAUTAIRES ET DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS

Item 95 Maladies sexuellement transmissibles : infections urogénitales à gonocoque et Chlamydia trachomatis (en dehors de la maladie de Nicolas-Favre)

Evaluation des risques professionnels dans les établissements de santé (dr.l.sctrick)

dossier de presse nouvelle activité au CHU de Tours p a r t e n a r i a t T o u r s - P o i t i e r s - O r l é a n s

Gestion de la crise sanitaire grippe A

Brucella. B. abortus as viewed by electron microscopy Cells are approximately µm in diameter and µm in length

Sommaire de la séquence 7

L entretien en radiologie conventionnelle. Comment procède t on? Radiologie conventionnelle. Quel mobilier et matériel?

Vaccination des voyageurs dont la sérologie VIH est positive.

Détection et prise en charge de la résistance aux antirétroviraux

FICHE 1 Fiche à destination des enseignants

L immunoenzymologie. Technique puissante couramment utilisée e en recherche et en diagnostic cificité des anticorps pour leurs nes

Tuberculose bovine. Situation actuelle

Vaccination et tuberculose en Gériatrie. Unité de Prévention et de Dépistage: Centre de vaccination et centre de lutte anti tuberculeuse CH Montauban

Recommandations des experts de la Société de réanimation de langue française, janvier 2002 Prévention de la transmission croisée en réanimation

IBCP- Service Culture Cell- Règlement Intérieur des laboratoires de culture cellulaire

Procédures Utilisation des laboratoires L2

GUIDE AFFECTION DE LONGUE DURÉE. Hépatite chronique B

Service d ambulance. Normes. de soins aux patients. et de transport

FICHE DE DONNEES DE SECURITE

LASER DOPPLER. Cependant elle n est pas encore utilisée en routine mais reste du domaine de la recherche et de l évaluation.

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

Complément à la circulaire DH/EO 2 n du 30 mai 2000 relative à l'hospitalisation à domicile

APPLICATION QMS AMIKACINE Système intégré Ortho Clinical Diagnostics VITROS 5600, systèmes de chimie VITROS 5,1 FS et 4600

Infections nosocomiales

Traitements de l hépatite B

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

TEST ELISA (ENZYME-LINKED IMMUNOSORBENT ASSEY)

les deux premières années du Bachelor of Science en sciences pharmaceutiques

OSIRIS GRIPPE A H1N1

L opération de la cataracte. Des réponses à vos questions

MASTER (LMD) MANAGEMENT DE PROJET ET INNOVATION EN BIOTECHNOLOGIE

Aspects réglementaires du don et de la transplantation des organes. Mohamed Arrayhani - Tarik Sqalli Service de Néphrologie CHU Hassan II - Fès

ORGANISATION DES SOINS EN SITUATION DE PANDEMIE GRIPPALE

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

La matrice emploi- exposition spéci2ique du milieu de soin : application au risque chimique

PLAC E DE L AN ALYS E TOXIC OLOG IQUE EN URGE NCE HOSP ITALI ERE

BREVES DU GDS 85. ont plutôt tendance

Streptocoque B :apports des tests en fin de grossesse, nouvelles propositions.

Evaluation des coûts de dépistage d Entérocoques Résistants aux Glycopeptides : Résultats préliminaires

M.S - Direction de la réglementation et du contentieux - BASE DE DONNEES. REFERENCE : B O N 5070 du 2 janvier 2003

PH Moins 1. IDENTIFICATION DE LA SUBSTANCE/DU MÉLANGE ET DE LA SOCIÉTÉ/ENTREPRISE. Postbus ZG Herpen Pays-Bas +31 (0)

Innovations thérapeutiques en transplantation

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

REHABILITATION DE LA FRICHE INDUSTRIELLE DE L ESTAQUE. Surveillance médico-professionnelle des entreprises intervenantes

Prévention du risque infectieux en EHPAD, MAS, FAM et IME

Le sevrage de la trachéotomie

Plan de veille et de préparation à la riposte contre la Maladie à Virus Ebola

AGREGATION DE BIOCHIMIE GENIE BIOLOGIQUE

Des déficiences présentes

chronique La maladie rénale Un risque pour bon nombre de vos patients Document destiné aux professionnels de santé

Aspects juridiques de la transplantation hépatique. Pr. Ass. F. Ait boughima Médecin Légiste CHU Ibn Sina, Rabat

SYNOPSIS INFORMATIONS GÉNÉRALES

Prévenir la colonisation par Campylobacter chez les poulets de chair. Dr. Wael Abdelrahman Consultant technique, Probiotiques volailles

MISE À JOUR SUR L ÉVOLUTION DE LA SITUATION CONCERNANT

Sensibilisation des opérateurs à l hygiène des aliments

Résumé des modifications intervenues : simplification et clarification des actions descriptives

Nous avons tous un don qui peut sauver une vie. D e v e n i r. donneur de moelle. osseuse

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

Jean-Christophe Richard Véronique Merle CHU de Rouen

COMPLEMENT D AVIS de l Agence nationale de sécurité sanitaire de l alimentation, de l environnement et du travail

Précautions standard d hygiène au cœur de la prévention du risque infectieux

Restitution de l 'atelier 1 Protocoles thérapeutiques et aspects médicaux de la PTME

Vanina Bousquet 24 mars 2015

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

Bonne lecture!! et si vous souhaitez consulter le document de l AFEF dans son intégralité, c est ici

PROCÉDURE. Code : PR-DSI

Transcription:

ADENOVIRUS Ce document concerne l'évaluation des risques biologique en milieu de soins. Il est complémentaire du guide EFICATT de l'inrs et a été élaboré puis validé par des médecins du travail des services de santé au travail des CHU de Angers (Dr Ripault), Bordeaux (Dr Buisson Valles), Lille (Drs Sobaszek et Kornabis), Reims (Dr Touche) et Rouen (Drs Gehanno et Rysanek). Ce projet, piloté par le CHU de Rouen, s'inscrit dans le cadre d'un Réseau inter-chu financé par la Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales. ADENOVIRUS... 1 1 GENERALITES...2 1.1 AGENT PATHOGENE, RESERVOIR, SOURCE...2 1.2 EPIDEMIOLOGIE GENERALE...2 1.3 VIABILITE, RESISTANCE PHYSICO-CHIMIQUE...2 1.4 CONTAGIOSITE...2 1.5 INCUBATION...3 1.7 CLINIQUE...3 1.8 DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE...3 1.8.1 Détection d antigène...3 1.8.2 Technique RT-PCR...3 1.8.3 Culture virale et microscopie électronique...4 1.8.4 Sérologies...4 1.8.5 Recherche de génomes viraux...4 1.9 TRAITEMENT...4 1.10 POPULATIONS PARTICULIERES A RISQUE...4 1.11 EFFETS SPECIFIQUES SUR LA GROSSESSE...4 2 EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS...4 2.1 CRITERES DE CARACTERISATION DE L EXPOSITION...4 2.1.1 EVALUATION A PRIORI...4 2.1.1.1 Critères à priori issus de la bibliographie...4 2.1.1.2 Données d hospitalisation ou de signalement...5 2.1.1.3 Données de laboratoire...5 2.1.2 CIRCONSTANCES D EXPOSITION...5 2.2 GESTION DU RISQUE...5 2.2.1 ELEMENTS DE NATURE A LIMITER L EXPOSITION...5 2.2.1.1 Protection collective...5 2.2.1.2 Equipements de protection individuelle...5 2.2.1.3 Vaccinations ou immunité naturelle...5 2.2.2 PREVENTION SECONDAIRE...5 2.3 APTITUDE DES SOIGNANTS...5 2.4 MALADIE PROFESSIONNELLE...6 3 POINTS FORTS...6 Réseau inter-chu CNRACL - 2007 1

1 GENERALITES 1.1 AGENT PATHOGENE, RESERVOIR, SOURCE Les adénovirus humains (HAdVs), famille des adénoviridae ont été isolés pour la première fois au début des années 50. 51 sérotypes humains divisés en 6 groupes (A à F avec un groupe B divisé en B1 et B2) en fonction de leur tropisme tissulaire. Génome d'adn bi caténaire, linéaire, diamètre de 70 à 90 nm, non enveloppés et de forme icosaédrique. Risque infectieux : groupe de classement 2. Les adénovirus ont un tropisme pour l appareil respiratoire, l œil et le tube digestif. L'humain représente l hôte et le réservoir pour la plupart des sérotypes. Pour les sérotypes 40 et 41, les lapins, les porcs et les veaux infectés à des fins expérimentales constituent également des hôtes potentiels. 1.2 EPIDEMIOLOGIE GENERALE Elle est différente selon le sérotype considéré : Sérotypes 40 et 41: répartition mondiale avec épidémies et cas sporadiques tout au long de l année (6 à 8% des diarrhées chez l enfant). En ophtalmologie, les sérotypes 8, 19, 37 et 5 sont les plus souvent en cause dans les grandes épidémies de kératoconjonctivites. Autres sérotypes: affection saisonnière dans les régions tempérées, les plus forts taux étant observés en automne, en hiver et au début du printemps. Dans les régions tropicales, les taux sont plus élevés durant les périodes les plus humides et les plus froides de l'année. 1.3 VIABILITE, RESISTANCE PHYSICO-CHIMIQUE Virus stables pendant un certain temps dans l environnement. Inefficacité des différents moyens de décontamination des eaux traitées. Il est peu thermosensible et résistant aux solvants lipidiques et aux variations de ph. Un chauffage à 90 C pendant 5 minutes (ou 56 C pendant 30 minutes) ou une stérilisation sont nécessaires pour sa destruction. Le froid augmente sa durée de vie qui peut aller de 7 jours à 3 mois. Les moyens de désinfection habituellement utilisés sont l hypochlorite de sodium à 0,5% de chlore actif (eau de javel reconstituée diluée au 1/5 e ), le glutaraldéhyde à 2 %, et le dodécyl sulfate de sodium à 0.25 %. L utilisation d éthanol à 70 n est pas conseillée car il existe des résistances. Sensibilité aux rayonnements ionisants. 1.4 CONTAGIOSITE Très importante, expliquant les épidémies dans les différentes communautés. Parfaitement transmissibles de patient à patient lors d une consultation médicale. Réseau inter-chu CNRACL - 2007 2

De manière générale, les virus restent plus longtemps sur les mains que sur les surfaces et y survivent plus longtemps que les bactéries. Sérotypes 40 et 41 (tropisme intestinal): au cours de la phase aiguë mais les porteurs sont parfois totalement asymptomatiques. Pour les autres sérotypes la période de contagiosité précède souvent les signes. En règle générale, la contagiosité s étend de la fin de la période d incubation jusqu à 14 jours après l apparition de la conjonctivite. Des cas d excrétion prolongée du virus ont été signalés. 1.5 INCUBATION 3 à 10 jours pour les sérotypes à tropisme intestinal (sérotypes 40 et 41). 5 à 12 jours pour la kératoconjonctivite (Sérotypes 5, 8,19 et 37). 1 à 10 jours pour les autres sérotypes. 1.6 MODE DE TRANSMISSION Contact direct ou indirect, du fait de sa survie longue dans le milieu extérieur. Transmission manu portée. La voie oro-fécale est principale pour les sérotypes 40 et 41. Indirecte via des mouchoirs, des ustensiles ou d'autres objets fraîchement souillés par les expectorations ou les gouttelettes d'une personne infectée. Des épidémies ont été observées parmi les habitués de piscines. 1.7 CLINIQUE En général, pauci symptomatique avec rhinopharyngite, atteinte oculaire de type conjonctivite et éventuellement hyperthermie associée. Un tropisme plus spécifique est retrouvé pour certains groupes de sérotype : Les groupes B1, C et E: affections des voies respiratoires hautes ou basses. Les sérotypes 2 et 5 seraient impliqués dans 5 à 10% des maladies des voies respiratoires chez les enfants. Le groupe B2 atteint surtout les reins et les voies urinaires. Le groupe F (sérotypes 40 et 41) entraîne des gastroentérites (1-9% des diarrhées chez l enfant). Certains sérotypes du groupe D (sérotypes 5, 8, 19 et 37) seraient associés aux épidémies de kératoconjonctivites. Des séquelles sont possibles avec une douleur persistante et/ou une baisse d acuité visuelle. L infection est en principe immunisante mais une rechute ou récidive sont également observées. L adénovirus serait également impliqué en tant que cofacteur de l obésité. 1.8 DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE 1.8.1 Détection d antigène Par kits immunoenzymatiques ou technique ELISA: rapide, sensible et peu coûteux. 1.8.2 Technique RT-PCR Plus coûteuse que la précédente mais plus sensible. Réseau inter-chu CNRACL - 2007 3

1.8.3 Culture virale et microscopie électronique Réalisée en routine sur tout type de prélèvement, effet cytopathogène caractéristique. L étape suivante est l identification du groupe et du sérotype. Exception pour les sérotypes 40 et 41 (à tropisme entérique) qui nécessitent des systèmes cellulaires spécifiques et ne sont donc pas réalisés en routine. 1.8.4 Sérologies Des sérologies peuvent être pratiquées mais sont peu réalisées en routine. nécessité de tester 2 sérums prélevés à 15 jours d'intervalle une séroconversion permet de confirmer le diagnostic d'infection actuelle sérodiagnostic de groupe possible (sérotypage impossible) 1.8.5 Recherche de génomes viraux Technique réservée aux laboratoires spécialisés, réalisée dans les études épidémiologiques mais pas en routine. 1.9 TRAITEMENT Symptomatique En cas d atteinte oculaire, l application de Trifluorothymidine est conseillée. Aucun antiviral n a, à ce jour, fait la preuve de son efficacité clinique mais le Cidofovir donnerait quelques espoirs chez l animal. 1.10 POPULATIONS PARTICULIERES A RISQUE Immunodéprimés, du fait de traitement immunosuppresseurs, notamment lors de greffes ou du fait d une infection par le VIH. Risque de forme sévère. Les prématurés constituent également une population à risque 1.11 EFFETS SPECIFIQUES SUR LA GROSSESSE Certaines publications font référence aux risques encourus chez les nouveaux nés prématurés en cas d infection dans les jours précédents un accouchement par voie basse. 2 EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS 2.1 CRITERES DE CARACTERISATION DE L EXPOSITION 2.1.1 EVALUATION A PRIORI 2.1.1.1 Critères à priori issus de la bibliographie L admission dans les services d ophtalmologie et notamment en consultation a fait l objet de nombreuses publications. Il en est de même pour les services de transplantation accueillant des sujets immunodéprimés et les services de réanimation néonatale mais le risque encouru concerne le patient. Réseau inter-chu CNRACL - 2007 4

2.1.1.2 Données d hospitalisation ou de signalement Les données de PMSI n ont pas été exploitées pour ce virus. 2.1.1.3 Données de laboratoire Les données de laboratoire n ont pas été exploitées pour ce virus, un diagnostic biologique étant rarement réalisé. 2.1.2 CIRCONSTANCES D EXPOSITION Le type de service d affectation est important dans la mesure où les données de la littérature relatent des épidémies dans certains secteurs de soins tels que, par exemple, l ophtalmologie. Cependant, devant un cas de gastroentérite, de kératoconjonctivite ou d atteinte respiratoire, le diagnostic étiologique n est pas toujours réalisé. De plus, l infection est, en général, asymptomatique et il est parfois difficile de définir les cas index. Le risque est évalué selon : Symptomatologie du patient pris en charge : conjonctivite, gastroentérite. Le type de contact avec le patient (soins directs oculaires, transmission manu portée) L utilisation ou non de protection individuelle lors du soin ou de la manipulation d objets souillés (lampe à fente). La résistance du virus : forte. 2.2 GESTION DU RISQUE 2.2.1 ELEMENTS DE NATURE A LIMITER L EXPOSITION 2.2.1.1 Protection collective Le nettoyage, la désinfection et la stérilisation de l équipement est nécessaire. 2.2.1.2 Equipements de protection individuelle Le port d une blouse et de gants doivent être préconisés en cas de contact direct inévitable avec les secrétions oculaires, rhinopharyngées et les selles. Le port d un masque sera préconisé en cas de risque d aérosolisation des sécrétions (aspiration, kinésithérapie respiratoire, fibroscopie). 2.2.1.3 Vaccinations ou immunité naturelle Un vaccin est disponible pour les adénovirus des types 4 et 7, principalement pour les recrues militaires, mais il n est pas commercialisé en France. Pas Il n y a pas d immunisation naturelle. 2.2.2 PREVENTION SECONDAIRE 2.3 APTITUDE DES SOIGNANTS En cas de conjonctivite : Eviction jusqu à 14 jours après l apparition de l infection clinique car il s agit de la période pendant laquelle la contagiosité est maximum. Une réévaluation ophtalmologique apparaît nécessaire. En cas d infection respiratoire: Réseau inter-chu CNRACL - 2007 5

Pas de modification des pratiques de travail ou de restriction d activité professionnelle à l exception des activités de soin auprès de patients à risque élevé comme les patients immunodéprimés : port d un masque chirurgical. Rappel des précautions standard. 2.4 MALADIE PROFESSIONNELLE Une reconnaissance des kératoconjonctivites virales est possible depuis 1985 par le tableau des maladies professionnelles n 80 RG. Le délai de prise en charge est de 21 jours. Liste limitative qui concerne tous travaux effectués par le personnel de soins et assimilé, de laboratoire, de service et d entretien, mettant au contact direct ou indirect de malades porteurs de ces affections. 3 POINTS FORTS Virus résistant dans l environnement. Contagiosité très importante. Respect des précautions standard et des précautions complémentaires type «contact». Réseau inter-chu CNRACL - 2007 6