BACCALAUREAT EUROPEEN 2011 ECONOMIE DATE: 16 Juin 2011 DUREE DE L'EPREUVE : 3 heures (180 minutes) MATERIEL AUTORISE Calculatrice non programmable et non graphique REMARQUES PARTICULIERES Les candidats doivent répondre à trois questions sur les cinq proposées. Utiliser une feuille d examen différente pour chaque question. 1/6 FR
Question 1 «Si l on se place dans une perspective historique, il apparaît clairement que les économies émergentes ont été moins affectées lors de la crise récente que par le passé et ont même été le moteur de la reprise mondiale. Les pays émergents d Asie, notamment les principales économies de la région, ont fait preuve d une grande résistance face au ralentissement économique mondial. En Chine, la croissance du PIB en volume ne s est que légèrement ralentie, revenant de 9,6 % en 2008 à 9,1 % en 2009. Cela s explique principalement par la réaction rapide des autorités chinoises, avec la mise en place d un plan de relance de 4 000 milliards de renminbis (12 % du PIB), qui, conjugué à une politique monétaire fortement expansionniste, a dopé les investissements en infrastructures et contribué à la bonne tenue de la consommation privée. ( ) S agissant de l importance des économies émergentes pour la zone euro, il convient de souligner que la part des exportations de la zone euro vers l Asie est passée de 19 % en 2000 à 22 % en 2009, tandis que celle à destination des États-Unis est revenue de 17 % à 12 % sur la même période. La part de la Chine dans le total des exportations de la zone euro est passée de 2 % en 2000 à 5,3 % en 2009.» Source : Banque centrale européenne, Bulletin Mensuel, octobre 2010 a) En vous référant au document, discuter de l'importance croissante de la Chine en tant que consommateur de biens en provenance de la zone euro. b) En vous référant à l'effet multiplicateur, expliquer pourquoi les dépenses publiques au niveau des infrastructures de la Chine ont contribué au renforcement de la consommation privée. c) Citer et analyser deux autres mesures de politique économique anticyclique possibles qui peuvent être utilisées pour surmonter une récession. d) Discuter des risques éventuels des plans de relance. 2/6
Question 2 Union Européenne (27): Taux de chômage total Pays Chômage total (%) Août 2010 Union européenne (27) Chômage des jeunes (%) (âgés de moins de 25 ans) Août 2010 10,1 20,2 Autriche 4,3 8,5 Pays -Bas 4,5 8,8 Allemagne 6,8 8,8 Lituanie 18,2* 37,6* Estonie 18,6* 37,2* Lettonie 19,5* 34,0* Espagne 20,5 41,6 * Deuxième trimestre 2010 Source: Eurostat, août 2010 a) i. Définir le terme «chômage». ii. Analyser et commenter l'évolution du taux de chômage tel qu'il est indiqué dans le graphique. b) Citer et expliquer quatre types de chômage. c) Comparer les données indiquées dans le tableau concernant le taux de chômage total et le taux de chômage des jeunes. Suggérer des raisons possibles aux différences dans les taux de chômage observées entre les pays dans le tableau. d) Discuter et commenter l'efficacité de quatre mesures qui pourraient être prises pour réduire les taux de chômage. 3/6
Question 3 La désynchronisation toujours plus forte de l'économie mondiale «Que faut-il redouter le plus : la déflation ou l'inflation? On ne sait pas laquelle choisir, dans un monde marqué par le contraste entre, d'une part, des pays riches laminés par la crise et, d'autre part, les puissances asiatiques émergentes, telles que la Chine et l Inde, qui connaissent un taux de croissance élevé. D après la réunion, qui s est tenue le 21 septembre, du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed la banque centrale des Etats-Unis), le risque de déflation a augmenté. Le taux d'intérêt de la Fed vaut quasiment zéro, et pourtant le taux de croissance reste faible et l'inflation atteint tout juste 1,2 %. Les marchés s'attendent à ce qu'elle recoure à l'émission monétaire, ce qui explique que le cours de l'or ait atteint de nouveaux records et que le dollar ait été plutôt faible. De fait, plus la Fed et les autres banques centrales émettront de monnaie, plus grande sera la probabilité d une hausse de la valeur des métaux précieux tels que l or et l argent. Si l effondrement de leurs marchés de l immobilier a envoyé au tapis les économies développées, la situation est très différente ailleurs. Le 16 septembre, l'inde a de nouveau relevé ses taux d'intérêt pour lutter contre une inflation de 11,3 %. Celle-ci s'explique en partie par la hausse du prix des denrées alimentaires, mais aussi par le taux de croissance rapide du pays - de l'ordre de 8 % - qui alimente également à son tour la flambée des prix.» Source: LEMONDE.FR, 22 Septembre 2010 a) i. Définir le terme «déflation». ii. Expliquer comment peut se mettre en place une spirale déflationniste. b) Expliquer la relation entre l émission monétaire et la hausse du prix de l'or et l'argent, telle que décrite ci-dessus. c) Décrire trois causes de l inflation. d) Identifier et analyser trois instruments de politique monétaire à la disposition des banques centrales pour combattre l'inflation. 4/6
Question 4 «Les représentants de la Banque centrale chinoise ont rejeté des appels en faveur d un accord international sur les taux de change. Un officiel américain a dit que l administration Obama encouragerait la Chine à adopter une politique de change «plus souple», plutôt que de lier étroitement leur monnaie (le yuan ou le renminbi) au dollar.» Source: The Wall Street journal, 11 octobre 2010 a) Définir les caractéristiques des systèmes de taux de change fixes et de taux de change flottants. b) Décrire les avantages et les inconvénients d'un système de taux de change flottants. c) Expliquer pourquoi la banque centrale chinoise pourrait rejeter la réévaluation de leur monnaie face au dollar américain. d) Les États-Unis d'amérique ont une balance commerciale déficitaire depuis de nombreuses années. Expliquer les problèmes que cette situation crée pour l'économie américaine. 5/6
Question 5 «La dégradation (l aggravation) de la dette publique et des déficits des Etats de la zone euro s'est accélérée. La crise grecque qui a inquiété l'europe au début de l'année 2010 a brutalement refait surface. En déficit chronique depuis au moins quinze ans, la Grèce a permis à son déficit de croître ; il est aujourd'hui d environ 14% de son PIB. C'est un cas qui n'est pas unique en Europe selon les chiffres publiés par la Commission européenne en automne 2009. Parmi les seize membres de la zone euro, à cette date, seuls la Finlande, le Luxembourg et Chypre affichaient un déficit budgétaire inférieur à 3%. La France, l Allemagne, l Italie, la Slovénie, la Slovaquie, l Autriche, les Pays- Bas, la Belgique, Malte et le Portugal ont enregistré des déficits entre 3 et 10%, avec l'espagne et l'irlande fermant la marche avec respectivement 11,2% et 14,3% de déficit. Selon les chiffres publiés sur le site Le Monde, la situation en 2010 devrait être globalement similaire. La Commission européenne estime qu'en 2011 le déficit moyen dans la zone euro devrait atteindre 6,1%. Ratio de la dette publique par rapport au PIB en 2009 (%) Italie 115,8 Portugal 76,8 Irlande 64,0 Finlande 44,0 Grèce 115,1 Allemagne 73,2 Pays-Bas 60,9 Slovénie 35,9 Belgique 96,7 Malte 69,1 Chypre 56,2 Slovaquie 35,7 France 77,6 Autriche 66,5 Espagne 53,2 Luxembourg 14,5 Globalement, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a augmenté dans la zone euro, de 69,4% à la fin de 2008 à 78,7% à la fin de 2009.» Source: Nouvelobs.com, 12 mai 2010. a) Pour être admissible à l'entrée dans l Union monétaire européenne, les pays candidats sont tenus de répondre à certains critères. Citer et expliquer brièvement ces critères. b) Le texte ci-dessus fait référence à la détérioration «de la dette publique et des déficits des membres de la zone euro». i. Expliquer la signification des termes soulignés. ii. En faisant référence au texte et au tableau, discuter de l'efficacité du pacte de stabilité et de croissance. c) Discuter des différentes politiques économiques qui peuvent être mises en œuvre pour répondre à un déficit budgétaire. 6/6