NUMÉRO 20 DU 23 AU 29 MARS 2015 LA PHRASE «Le projet du Grand Paris est d une telle envergure qu il nous contraint à anticiper les équipements qui seront nécessaires à l horizon 2030» Jean-Luc Aschard, directeur interrégional Ile-de-France d ERDF PORTRAIT Marie-Vorgan Le Barzic déléguée générale de Numa p. 12 LE CHIFFRE 450 millions d euros d investissements sont prévus par Eau de Paris jusqu en 2020 SUR NOTRE SITE MNT / Gares & connexions / GRDF / Sésame / Léon Grosse / Tank Architectes / Eau de Paris / Ubiquid / RATP / Acquity / Sogaris / Bâtiment Force Centre / Bourbouze - Graindorge / 51N4E / Bureau Bas Smets / Egis conseil / Lowe Strateus / bdc conseil / Axa Real Estate / Icade / Sodearif / Bouygues / BNP Real Estate / Wilmotte & Associés lejournaldugrandparis.fr ENTREPRISES / TERRITOIRES / INNOVATIONS / ATTRACTIVITÉ SOMMAIRE ENTREPRISES ACTUALITÉS P. 2 À 4 Sogaris veut doubler sa plateforme de Rungis Interview Jean-Luc Aschard «Le Grand Paris, c est 4 000 MW supplémentaires en 2030» Les multiples chantiers franciliens de Gares & Connexions CRÉATEURS P. 5 Acquity Logiciels collaboratifs Ubiquid Nouveaux marchés pour la RFID Supvise Monitoring de site web DOSSIER P. 6-7 Datacenters : une croissance qui n est pas prête de s arrêter Il pourrait y avoir près de 80 datacenters en Ile-de-France en 2030 MARCHÉS PUBLICS P. 8 Entreprises en difficulté en cours d exécution TERRITOIRES ACTUALITÉS P. 9 À 11 Cité de la gastronomie : en mode opérationnel après les élections? Le projet pourrait accélérer avec l objectif d ouvrir en 2023 Qualité de l accueil des investisseurs : Paris dans le top 3 des métropoles mondiales! Eau de Paris prévoit des investissements en hausse Sortir des multiples paradoxes du Grand Paris un côté, le verre à moitié plein : la marque «Grand Paris» fonctionne à l étranger, et l intérêt des investisseurs pour le territoire va crois- D sant. Le Grand Paris existe dans les esprits, alors que le terme était imprononçable hier. La loi NOTRe, aboutira à une recomposition inédite des périmètres de l administration publique locale. La Société du Grand Paris avance, sereinement Mais il y aussi le verre à moitié vide. La construction métropolitaine, du côté institutionnel, est en passe d échouer. Le récent «coup de gueule» de Pierre-Antoine Gailly traduit ce que l on entend de toutes parts. Le fameux compromis de Paris métropole, revu et corrigé par la première lecture de la loi NOTRe au parlement ne satisfait personne. Car ce texte se caractérise par un entredeux qui, en l état, ne fonctionne pas. Le plus symptomatique de cette cote mal taillée réside dans l absence de liens fonctionnels et organiques entre les futurs territoires et la métropole elle-même ; dans le non-choix sur la nature de ce que devront être les territoires : des périmètres stratégiques, mettant ÉDITORIAL par Jacques Paquier rédacteur en chef Ces symptômes trouvent leur source dans le cancer qui ronge les relations entre les collectivités locales et l Etat. en œuvre les objectifs d attractivité et de développement économique de la métropole, ou des territoires de gestion de proximité? L arbitrage financier, qui veut que les territoires bénéficient d une autonomie fiscale provisoire déroute également. «On n a jamais vu une collectivité se saborder d elle-même», remarque le président de la chambre de commerce et d industrie Ces symptômes étranges trouvent leur source dans le cancer qui ronge les relations entre les collectivités locales et l Etat, mal dont le Grand Paris n est que la victime et le reflet. Cette maladie est faite de défiance, de procès d intention et de coups fourrés. Comment s étonner que les maires, élus par des habitants majoritairement hostiles à la construction de logements sociaux, s opposent à se voir dépossédés de leurs plans locaux d urbanisme alors qu ils découvrent par le biais de fuites et au hasard des blogs la carte des futures opérations d intérêt national? Aussi paradoxal que cela puisse paraître à quelques mois de la naissance de la MGP, il semble indispensable de réunir d urgence des états généraux du Grand Paris pour définir, dans la concertation, ce que doit être sa feuille de route.
ENTREPRISES / ACTUALITÉS En bref Aménagement Pierre Veltz (1). Le retour de la mixité? «Au XXI e siècle, la révolution de l ère numérique et le développement d Internet modifient le rapport entre temporalité et espace, ouvrant la possibilité d un progressif retour à des formes urbaines moins différenciées et donc plus favorables aux aspirations modernes : temps choisi, autonomie, différenciation des individus», a déclaré Pierre Veltz, président de l Etablissement public de Paris- Saclay lors de la dernière réunion du groupe de travail aménagement de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris. Pierre Veltz (2). Despécialisation immobilière. «En termes d aménagement, ces évolutions pourraient conduire à prendre en compte dans les opérations la flexibilité des usages, entraînant progressivement une despécialisation de l immobilier, poursuit Pierre Veltz, et à réexaminer en profondeur la nature des besoins en immobilier de bureaux neufs et leur conception, partant du constat que 80 % du travail qui y est effectué est réalisé devant un ordinateur et que ce travail peut être déplacé dans différents lieux : domicile, campus tertiaire, tiers-lieux ou espace de coworking.» Eau potable. Prospective. Dans le cadre de l Astee (Association scientifique et technique pour l eau et l environnement), une étude prospective sur la consommation d eau au sein de la métropole dans 50 ans va être lancée, associant l ensemble des opérateurs (Sedif, Eau de Paris, Veolia, Suez, Siaap...). La convention est en cours de signature. Alors que les volumes d eau consommés diminuent depuis des décennies (équipements et comportements plus économes), l étude portera également sur les déterminants de la consommation : densification du logement, installation d activités, incidence du réchauffement climatique... GÉRARD HALARY VAL-DE-MARNE Sogaris veut doubler sa plateforme de Rungis La SEM prépare un réaménagement de la plateforme de Rungis pour l adapter aux contraintes urbanistiques et de desserte des villes de la petite couronne. L e schéma directeur de plateforme logistique de Sogaris à Rungis prévoit un investissement total compris entre 300 et 400 millions d euros d ici à 2035. Le fil conducteur de ce projet conçu avec une solide équipe de maîtrise d œuvre (Apur, les cabinets Chemetoff et Jonction, l Afsttar, MDETC et MDTS) est de densifier ce site de 30 hectares occupé par 203 000 m 2 SEINE-SAINT-DENIS Terres de France cherche le constructeur et gestionnaire du PPP du Colisée La communauté d agglomération Terres de France a lancé le 12 mars l avis d appel public à la concurrence pour la réalisation et la gestion du Colisée. Enceinte sportive de 8 000 places, le Colisée doit ouvrir ses portes en 2019 au sein de la ZAC Aérolians à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Les groupements intéressés ont jusqu au 7 mai pour se faire connaître. Le dialogue compétitif qui suivra devrait aboutir au choix d une équipe en fin d année. Le chantier pourrait ensuite débuter à la mi-2016. «Le projet est fortement inscrit dans le cadre de la candidature aux Jeux olympiques de 2014», indique Frédéric Meynard, DGA en charge de l aménagement de l intercommunalité. Cette arène de quelque 8 000 places, estimée à 70 millions d euros, qui fera l objet d un PPP, accueillera des manifestations, des animations, des espaces de formation et de restauration. de bâtiment et de mieux l insérer dans l environnement. «Nous devons nous adapter au contexte de plus en plus urbain autour de la plateforme et organiser au mieux cette cohabitation», argue Caroline Grandjean, présidente du directoire de Sogaris, qui a pour ambition de créer «une plateforme logistique du XXI e siècle». La moitié de l existant restera en l état et l autre moitié sera démolie Sogaris va densifier son site pour en faire une plateforme logistique du XXI e siècle. PARIS-SACLAY pour laisser la place à une plateforme à étages de 150 000 m 2. «Ce projet très novateur qui consiste à superposer des entrepôts assurera notre développement tout en restant à proximité de Paris, explique Caroline Grandjean qui espère le concrétiser d ici à 2020. Contrairement aux dernières décennies et du fait de l interdiction prochaine du diesel à Paris, la tendance des transporteurs est de se rapprocher des villes de la petite couronne pour les desservir avec des petits véhicules et de regrouper leurs activités sur un site unique.» Environnement végétalisé Parmi les autres aménagements qui s échelonneront, Sogaris prévoit le long de la RD7 d aménager, côté rue, des locaux commerciaux ou tertiaires (show-room, dépôt et retraits de colis) et, côté cour, des bâtiments dédiés à la logistique lourde. L entrée du site proposera dans un environnement végétalisé des espaces de restauration, d hôtellerie et divers équipements. Enfin, un dernier îlot longeant l A86 accueillera des activités tertiaires en lien avec la logistique. Sogaris espère également réactiver la voie ferrée existante afin de pouvoir développer le transport modal fer/route, «mais le manque de sillons disponibles en Ile-de-France empêche de développer le fret ferroviaire», déplore Caroline Grandjean. FABIENNE PROUX Début des travaux de la première résidence étudiante du Campus L Etablissement public Paris-Saclay vient de signer l acte de vente de cession des droits à construire avec Résidences Sociales de France (filiale de 3F) pour la première résidence étudiante du campus. Elle comptera 330 places de logements sociaux étudiants et apprentis, deux restaurants et 440 m² de commerces au sein du quartier de l Ecole polytechnique. L objectif est d accueillir les nouveaux étudiants et apprentis qui rejoindront le campus de Paris-Saclay à la rentrée 2016. Le chantier conduit par l entreprise Bâtiment Force Centre (groupe de PME orléanaises) a démarré le 10 mars, avec une livraison prévue en septembre 2016. Les agences Bourbouze Graindorge et 51N4E, associées aux paysagistes Bureau Bas Smets, avaient été désignées lauréates du concours d architecture en novembre 2013. Une promesse de vente en état futur d achèvement (Vefa) a été signée pour les deux restaurants entre l EPPS et RSF, fait valoir l établissement public. 2 Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015
ENTREPRISES / ACTUALITÉS QUESTIONS À JGP : Le Grand-Paris aura-t-il aussi des conséquences électriques? J.-L. Aschard : Le projet est d une telle envergure qu il nous contraint à anticiper les besoins et les équipements qui seront nécessaires à l horizon 2025-2030. Car l Ile-de-France est totalement dépendante de l électricité produite dans le reste de la France et acheminée par les réseaux d électricité : les réseaux de transport à très haute et haute tension gérés par RTE pour les longues distances, et les réseaux de distribution plus locaux et à moyenne et basse tension que nous gérons. La demande croissante va provenir pour un tiers environ des nouveaux logements et aux besoins induits qu ils provoquent (commerces, etc.) : la population devrait augmenter de 1,8 million d habitants d ici 2030 ; un autre tiers proviendra des nouveaux datacenters qui vont s installer et qui exigent des puissances unitaires de 20 MW, soit l équivalent d une ville de 200 000 habi- Jean-Luc Aschard (ERDF) Directeur interrégional Ile-de-France d ERDF, Jean-Luc Aschard prépare l augmentation des besoins électriques induits par le Grand Paris. «Le Grand Paris, c est 4 000 MW supplémentaires en 2030» tants ; le dernier tiers viendra des immeubles de bureaux et des nouveaux transports, incluant l automobile. Au total, on estime à l horizon 2030 à près de 4 000 MW la puissance supplémentaire induite par le Grand Paris, à comparer à la puissance de transformation installée aujourd hui de 22 500 MW. JGP : Comment allez-vous procéder? La production électrique de la région ne devrait pas sensiblement évoluer, elle pourrait même diminuer avec la fermeture de certaines anciennes centrales thermiques à flamme. Les ENR énergies renouvelables vont se développer, mais sans doute plus lentement que sur le reste du territoire. Ce sont donc les réseaux qui devront assumer ce surcroît de puissance. En ce qui concerne ERDF, nous devons renforcer notre réseau de «postessource», c est à dire les postes qui transforment les 220 000 volts fournis par RTE en 20 000 volts. D ici à 2030, nous avons prévu d en construire une vingtaine et d en renforcer une cinquantaine. Ceci représente un programme d investissements importants : d ores et déjà, notre budget d investissements annuel est passé d un peu plus de 300 millions d euros à plus de 400 millions d euros. Nous accroissons aussi nos effectifs. JGP : Le Grand Paris est-il déjà pour vous une réalité? Oui, nous travaillons avec la Société du Grand Paris depuis déjà deux ans sur la ligne 15. Nous avons réalisé le dévoiement des câbles et nous démarrons cette année leur déplacement. Ensuite, nous devrons réaliser le raccordement transitoire des chantiers. Mais nous étudions aussi l alimentation des grandes stations et de leurs trois grandes composantes : la traction, la gare en elle-même, mais aussi tout ce qui se trouvera au-dessus (commerces). Les transports constituent un sujet extrêmement structurant pour nos réseaux! JGP : Quelle est votre mission la plus complexe? La puissance électrique installée augmente constamment. Mais les consommations, elles, sont moins prévisibles : les équipements deviennent moins gourmands, et ne fonctionnent pas forcément tous en même temps, la consommation augmente donc moins vite que la puissance installée. Nous devons mieux étudier ces comportements, notamment en rendant nos réseaux plus intelligents. Tel est du reste l un des buts des «smart grids» : il s agit certes d apprendre à gérer des réseaux où les productions sont plus locales qu avant même si cela est moins vrai en Ile-de-France qu ailleurs mais aussi de mieux connaître les usages et les consommations pour mieux les maîtriser ou les déplacer, au besoin. A l avenir en effet, dans une optique de transition énergétique, ce n est pas toujours l offre qui s adaptera à la demande, mais aussi la demande qui s adaptera à l offre. Et cela suppose de savoir précisément quelle est la demande et comment elle peut s adapter. Le nouveau compteur Linky nous apportera, ainsi qu aux consommateurs, une bien meilleure visibilité. PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE BERNARD LES CHIFFRES DE LA SEMAINE 4,5 % C est le poids de la région Ile-de-France en pourcentage du PIB de l Union européenne, soit plus que le Grand Londres ou la Lombardie (source : Paris region Key figures 2015). 150 000 personnes sont employées à des fonctions de recherche et développement en Ile-de- France, dont environ 100 000 chercheurs, soit 5,6 % à l échelle de l Union et 37 % au niveau français. 900 000 entreprises sont recensées au sein de la région capitale, qui a connu 133 500 créations et 11 500 défaillances l an passé. Le territoire dispose de près de 53 millions de m 2 de bureaux. PARIS La Mutuelle nationale territoriale (MNT) va réunir ses activités au sein d un même site La 6 e mutuelle française (660 millions d euros de chiffre d affaires) vient de faire l acquisition auprès de Pitch promotion, de trois immeubles rue d Athènes et rue de Clichy (9 e arr.) afin de rassembler ses trois implantations parisiennes. «Nous voulons regrouper les 350 collaborateurs du siège au même endroit, indique Jérôme Saddier, directeur général de la MNT. Outre un problème de place, il était nécessaire de concevoir de façon plus moderne nos espaces de travail et de les remettre aux normes.» La MNT conserve ses antennes locales pour la section de Paris, de petite couronne et de grande couronnes. «Il était important d être au cœur de Paris pour conserver la proximité avec nos 83 antennes locales», ajoute le dirigeant. A terme, l entreprise disposera de 6 500 m 2 de locaux. Livraison : fin 2016. F.P. LA PHRASE «Il est possible aujourd hui d envisager la métropole comme une ville fluide, archipel de villages multifonctionnels centrés sur les fonctions résidentielles, intégrant des académies, des guildes, des agoras» Pierre Veltz, président de l Etablissement public Paris-Saclay Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015 3
ENTREPRISES / ACTUALITÉS En bref Start-up SANTÉ PRE connecte les biotechs En clôture du salon Bioeurope Spring 2015, qui s est tenu Porte de Versailles, Paris région entreprises a organisé le 12 mars, en liaison avec Cancer Campus, un «oncology tour» qui a permis à une trentaine de biotechs de visiter l hôpital Saint Louis, l Institut Curie, l Institut Gustave Roussy puis le centre de recherche de Sanofi à Vitry-sur- Seine. L occasion, pour Cancer Campus, d inciter des jeunes pousses à nouer des relations avec les hôpitaux considérés, pour, éventuellement, s installer dans le second Biopark qui devrait s ériger prochainement sur le campus de Villejuif (Val-de-Marne). INCUBATEUR Workshop dans la Silicon Valley Du 28 février au 7 mars, l Incubateur Télécom & Management SudParis Entrepreneurs a emmené sa nouvelle promotion d une quinzaine de start-up pour un workshop exceptionnel à San Francisco afin de découvrir l environnement de la Silicon Valley. «Si ces sociétés sont aujourd hui encore trop jeunes pour attaquer le marché américain, il est crucial qu elles anticipent leur futur développement international», note la structure. Prochaine destination : Londres. PARIS Un clash pour des fonds Co-organisée par Paris&Co et QuickBooks Intuit et animée par les fondateurs de Silex ID, la première édition des MasterClash vise à faire s affronter deux dirigeants sur un ring, autour du thème de la levée de fonds. Le 27 mars au Labo de l édition (5 e arr.), Alexandre Sauvage, CEO de Leosphère, et Charles Gros, CEO de Tradelab, auront dix minutes chacun pour convaincre les spectateurs. Un nouvelle manière de pitcher! AMÉNAGEMENT Les multiples chantiers franciliens de Gares & Connexions Plus d Internet, de commerces, de bureaux, tels sont quelques-uns des objectifs - présentés le 18 mars - de Gares & Connexions qui préparent d importants chantiers en Ile-de-France dont la rénovation des gares Montparnasse et d Austerlitz. S aint Lazare, à l issue de sa rénovation qui l a transformée en centre commercial, constitue un exemple dont Gares & Connexions veut s inspirer pour développer quelques-unes des 3 000 stations qu elle gère en France. 2,2 milliards d euros d investissements sur la période 2015-2020, notamment sur les sites parisiens, sont prévus pour les moderniser et accueillir au mieux les dix millions de visiteurs quotidiens. Avec un chiffre d affaires qui provient pour un tiers de la location d espaces, le modèle de Saint Lazare est appelé à se développer. «L activité marchande rend les gares plus sûres, plus accessibles et plus connectées», observe Patrick Ropert, directeur de l entreprise publique depuis octobre 2014, qui ajoute qu elle permet aussi «d accompagner les changements des modes de vie» des voyageurs. Gares & Connexions veut aussi des gares plus connectées (le INTERNATIONAL Satisfactory embarque pour l Angleterre Investir dans son produit d enquête de satisfaction notamment en recrutant des développeurs et ouvrir un bureau à Londres, telles sont les deux raisons qui ont poussé Satisfactory à lever un million d euros, en partie auprès de banques, à la fin de l année dernière. Ce sont désormais 20 personnes qui travaillent pour la société hébergée à l hôtel d entreprises de Paris-Soleillet (20 e arr.) qui compte parmi ses clients Pierre & Vacances, Groupama, Bouygues construction ou Lapeyre. Ces derniers ont été séduits par sa solution d enquête clients (ou à destination des salariés) dont la nouvelle version est plus ergonomique et dispose de nouvelles fonctionnalités pour organiser les campagnes et assurer la remontée des informations. Avec environ un million d euros de chiffre d affaires en 2014 et une croissance de plus de 20 % en un an, l entreprise souhaite désormais «se challenger sur un marché plus mature», explique Bertrand Christophe, directeur du développement. R.R. nombre de gares équipées de wifi gratuit doit passer de 20 à 100 cette année) et plus propices au travail. Ainsi, 30 sites devraient accueillir des centres d affaires et des espaces de coworking d ici à 2016 afin «de constituer des lieux complémentaires pour organiser son travail», remarque Patrick Ropert. Saint Lazare va par exemple disposer à l avenir de 2 000 m2 de bureaux pour les travailleurs sédentaires. La gare sera également un exemple en termes de nouveaux services (ouverture d un club de sport en 2016) ou de l amélioration de l offre gastronomique (Le Lazare géré par Eric Frechon) ce qui fait de cette gare «un lieu d animation du quartier». Acteur du Grand Paris express Autant d idées qui seront reprises pour les futurs chantiers de la gare Montparnasse (150 millions d euros d investissement), d Austerlitz et du nord qui vont toutes être rénovées INNOVATION dans les années à venir. «L Ile-de- France est la région où nous avons le plus de clients, de lieux où nous allons tester nos offres et là où l exigence est la plus élevée», relève le directeur de l entreprise. Au niveau de la région capitale, Gares & Connexions est aussi impliquée dans le Grand Paris express. Soit pour la construction de gares elle a déjà remporté six appels d offre soit pour partager son expérience avec la Société du Grand Paris. «Nous travaillons main dans la main, de manière très collaborative, pour partager notre expertise au travers d ateliers sur différentes thématiques», signale Patrick Ropert. Une occasion aussi de s ouvrir à d autres acteurs ou vers d autres thématiques, comme le design sur lequel Gares & Connexion a répondu à un appel d offre de la SGP avec l école de design de Saint-Etienne. «Cela illustre notre volonté d ouverture, d accompagnement et de partage.» R.R. Paris prolonge son dispositif d aide aux start-up Le Conseil de Paris vient de voter un avenant à la convention relative à Paris innovation amorçage (PIA) qui prévoit à nouveau d y consacrer 3,5 millions d euros cette année. Créé en 2009, le dispositif PIA a permis de soutenir près de 630 start-up innovantes hébergées dans les incubateurs et pépinières labellisés «Paris innovation». Il est abondé chaque année à parts égales par le Département et BPIfrance qui en assure la gestion. Avant de bâtir la nouvelle convention pluriannuelle avec BPIfrance qui pourrait réviser les modalités du dispositif, l exécutif parisien a acté une évolution dès cette année car Paris et la banque publique «souhaitent accentuer encore l élargissement du soutien du fonds à des projets d innovation de «nouvelle génération», qu elle soit organisationnelle, sociale, ou encore de commercialisation», précise la délibération soumise aux élus parisiens. 175 PIA ont été accordés en 2014, marque de son succès. R.R. 4 Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015
CRÉATEURS Avec Supélec, l Incubateur de Centrale s ouvre à de nouveaux projets La fusion avec Supélec au 1 er janvier devrait permettre à l incubateur de l Ecole Centrale de s ouvrir à de nouveaux projets et de «se recentrer sur l énergie», selon sa responsable Charlotte Engrand. Créé en 2001, il a suivi environ 60 projets depuis qu il s est vraiment structuré en 2007. Cet incubateur, qui dispose actuellement de 500 m 2 sur le campus de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), déménagera avec l école à Saclay en 2017 dans un espace plus grand. ACQUITY SOFTWARE Logiciels collaboratifs L Ecole Centrale n incube pas que des jeunes diplômés. A 46 ans, Après une longue expérience dans l édition de logiciel, Alexandre Tieri a fondé Acquity software en 2013 pour développer des solutions adaptées au travail collaboratif. «J en avais assez de gérer des commerciaux sans outil adapté, j ai donc créé une société avec un ancien collègue pour répondre à ces besoins», raconte-t-il. La start-up commercialise une gamme de produits professionnels pour gérer des événements, des parcs de biens ou les environnements de travail des collaborateurs. Prisma média, le syndicat intercommunal des Boucles de Seine ou des agences de communication font partie de leurs clients. En 2015, une solution pour la gestion de l achat et des stocks doit voir le jour. UBIQUID Nouveaux marchés pour la RFID La société yvelinoise créée en 2013 par un diplômé de Centrale cherche à développer les étiquettes RFID dans des secteurs qui ne connaissent pas cette technologie d identification. «Des étiquettes bon marché et des capteurs chers», telle est la caractéristique de la RFID selon Henri Hollier-Larousse, président-fondateur d Ubiquid. Développée sur des marchés à gros volumes comme la grande distribution, elle est peu présente ailleurs. Ubiquid a donc dans l idée «d identifier les secteurs à qui la RFID apporte une grande valeur ajoutée, et à concevoir les solutions - matérielles et logicielles - pour générer cette valeur ajoutée.» Des maisons de retraite pour tracer les vêtements ou des bibliothèques utilisent ses produits. SUPVISE Monitoring de site web Réconcilier la gestion des serveurs et les outils marketing d un site web, le pari était un peu audacieux. La solution en ligne proposée par Subvize va donc se recentrer sur le deuxième aspect dans sa prochaine version. Et pourtant, le fondateur Romain Montagne avait identifié un manque en matière de serveurs lorsqu il était développeur pour Prestashop. «Nous allons donc remplacer la partie relative aux serveurs, peutêtre trop ambitieuse, par un volet d analyse de la concurrence demandé par nos clients», concède-t-il. La nouvelle version de leur outil en ligne, disponible d ici un mois, vise à être toujours aussi simple et intuitive d utilisation pour disposer de données sur le référencement ou la présence sur les réseaux sociaux. Date de création : 2013 Activité : Edition de logiciels Dirigeant : Alexandre Tieri Site web : www.acquitysoftware.com Contact : contact@acquitysoftware.com Date de création : 2013 Activité : Développement de solutions RFID Dirigeant : Henri Hollier-Larousse Site web : www.ubiquid.fr Contact : contact@ubiquid.fr Date de création : 2013 Activité : Outil de gestion web Dirigeant : Romain Montagne Site web : www.supvize.com Contact : contact@supvize.com Telex L actualité des start-up, incubateurs et pépinières d Ile-de-France ALKEMICS Date de création : 2011 Activité : réseau d intelligence collaborative de la grande consommation. Vient de lever cinq millions d euros. Dirigeant : Antoine Durieux Site web : www.alkemics.com Contact : support@alkemics.com Adresse : 8 Rue du Sentier 75002 Paris NUNKI Date de création : 2014 Activité : agrégation de contenu des réseaux sociaux. Intègre l incubateur du Groupe Amaury. Dirigeant : Quentin Lhomme Site web : www.nunki.co Contact : contact@nunki.co Adresse : 84, avenue de la République, 75011 Paris SAFETY LINE Date de création : 2010 Activité : utilisation des données des boîtes noires pour réduire la consommation des avions de ligne. Lauréat du trophée de l innovation Big Data. Dirigeant : Pierre Jouniaux Site web : www.safety-line.fr/fr Contact : contact@safety-line.fr Adresse : 15 rue jean-baptiste Berlier 75013 Paris OWNPAGE Date de création : 2013 Activité : recherche de contenu selon le comportement des lecteurs. Intègre l incubateur du Groupe Amaury. Dirigeant : Stéphane Cambon Site web : www.ownpage.fr Contact : contact@ownpage.fr Adresse : 20 rue Olivier Noyer 75014 Paris Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015 5
DOSSIER CHIFFRES 200 MW la puissance appelée par l ensemble des datacenters franciliens en 2015, soit l équivalent d une ville de 200 000 habitants 36 projets de datacenters sont connus d ERDF sur la région Ile-de- France INTERXION Avec sept datacenters, Interxion est la leader du marché francilien. Sa fusion avec Telecity va conforter cette position. AMÉNAGEMENT Datacenters : une croissance qui n est pas prête de s arrêter En Ile-de-France, le premier datacenter a ouvert en 2000 au nord de Paris. Il pourrait y en avoir près de 80 en 2030, malgré les difficultés rencontrées pour implanter ce type de projet qui mobilise de nombreux acteurs. Leur croissance est donc forte, et permet parfois d innover, notamment en matière de transition énergétique. lent d une ville de 200 000 habitants. «Il y a une dimension immobilière fondamentale pour une implantation qui doit répondre à trois règles : l emplacement, l emplacement et l emplacement», explique Fabrice Coquio, président d Interxion leader du marché en Ile-de-France avec sept centres dont le dernier a ouvert à La Courneuve il y a deux ans. Sa société vient de fusionner avec Tele- city qui fait partie de la quinzaine d opérateurs présents en Ile-de- France, souvent d envergure internationale, et qui possède trois sites dans la région. «Un datacenter doit se situer près des cœurs de réseaux télécom car le raccordement en fibre optique coût très cher, remarque Fabrice Coquio, il faut également être à proximité d un poste source d ERDF sinon, là encore, la connexion est Ile-de-France, avec L 42 datacenters, concentre 80 % de l offre nationale en la matière. Pourquoi une telle concentration? Car ce type d équipement nécessite, d une part, une double connexion à des réseaux électriques et Internet de qualité et, d autre part, d être accessible aux clients. Ceci explique la forte concentration de datacenters au nord de Paris sur une courbe qui va de Plaine commune à Marne-la Vallée. Un développement qui a connu une forte croissance depuis «les premiers appels de puissance liés à la mise en service d un datacenter en Seine- Saint-Denis en 2000, pour une puissance appelée de 2 MW», rapporte Jean-Luc Aschard, directeur interrégional Ile-de-France d ERDF. La puissance appelée est ensuite montée à 50 Mw en 2005, 100 Mw en 2010 et 200 MW en 2015, l équivalourde financièrement.» Les 42 équipement franciliens consomment actuellement 1 200 Gwh/an, soit 2 % de l électricité distribuée par ERDF dans la région. «En Ile-de-France, le réseau est très dense mais fait face à une forte croissance partout, observe Jean-Luc Aschard. Notre mission est d être en capacité de bien gérer cette croissance et de planifier les bonnes infrastructures au bon endroit.» Un projet de datacenter communautaire en Val d Oise Le Département a lancé en décembre 2014 une étude sur l opportunité de construction d une centrale numérique sur son territoire. Cette étude doit permettre d identifier les partenaires publics et privés intéressés par ce projet et les services qu ils souhaitent dans ce cadre. En effet, le Val d Oise ne souhaite pas se doter que d un datacenter, mais plus globalement d un «Cloud communautaire régional» disposant de plateformes de services numériques mutualisées à destination notamment des administrations et des établissements publics régionaux. Une infrastructure qui «peut largement contribuer à la dynamisation et à l attractivité du territoire», fait valoir le rapport voté par le conseil général le 13 février. La mission aménagement et développement numérique du Val d Oise assure le pilotage de ce projet dont l étude de faisabilité doit être finalisée pour juin 2015. La Caisse des dépôts apportera à celle-ci un accompagnement en expertise et en cofinancement. 6 Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015
Quand la demande est faite bien en amont entre trois et cinq ans le raccordement n est, selon lui, jamais impossible. 36 nouveaux projets de plus en plus consommateurs d électricité Rare projet situé dans le sud de l Ile-de-France, celui de Lisses (Essonne) sera relié à une sous-station ERDF située à 800 mètres et «Vinci négocie avec le fournisseur d énergie pour disposer d une sous-station dédiée afin d obtenir une double connexion au réseau», indique Yann Terrier, délégué aux partenariats et à l action commerciale à l AFTRP en charge de l aménagement du secteur. La parcelle de 10 hectares doit accueillir 22 500 m 2 de salles à terme dont les travaux de la première phase pourrait débuter cette année. Le rôle de l AFTRP va notamment être «d optimiser l impact visuel du site qui peut avoir parfois une architecture un peu massive, note Yann Terrier. Nous nous faisons accompagner par un architecte urbaniste pour assurer la liaison avec l urbain.» Une impression due au niveau de sécurité imposé par ces équipement. A Lisse sont par exemple prévu un seul passage pour les véhicules légers, des cheminements séparés pour les clients et les techniciens, tous badgés, un dispositif anti-intrusion, etc. «Un tel projet doit être porté par les communes et l agglomération concernées, il a sinon peu de chances d aboutir», souligne Yann Terrier. Selon ce dernier, la disponibilité du foncier disponible est une autre des difficultés pour trouver des implantations. Interxion dispose déjà du permis de construire pour son 8 e centre francilien qui doit ouvrir en 2017 à La Courneuve sur le site d Airbus helicopters (ex Eurocopter) qui déménage à Dugny. Réseau de chaleur Un nouveau site qui intègrera les dernières innovation. «Gros consommateurs d électricité, les opérateurs font aussi de gros efforts sur l efficience de leurs équipements afin notamment de réduire les pertes énergétiques», affirme Jean-Luc Aschard. L efficience est l un des objectifs de Celeste qui a construit en 2011, Marilyn, son datacenter de Champs-sur-Marne qui utilise l air extérieur en lieu et place de la climatisation très consommatrice d électricité. La chaleur dégagée par les serveurs chauffe les bureaux du siège voisin. Un principe également appliqué par Dalkia pour l équipement ouvert il y a deux ans à Val d Europe dont le réseau peut potentiellement alimenter 600 000 m 2 de bâtiments. Un projet qui a pu se lancer car la zone d activité attenante dispose d un centre aquatique dont le besoin de chaleur est constant au cours de l année. «L investissement sur le réseau a été porté par Dalkia qui sait qu il y a un plan d investissement sur les terrains du parc d activité, le modèle économique fonctionne Un projet de datacenter doit être porté par les communes et l agglomération concernées, il a sinon peu de chances d aboutir Yann Terrier, délégué aux partenariats et à l action commerciale à l AFTRP sur 20 ans», commente Gilles Marteau, directeur de l agence commerciale habitat collectivités d Ile-de- France. Ce type de montage n est donc pas facilement duplicable car il nécessite des usages locaux et mixtes, notamment car «la basse température générée par les datacenters est difficile à stocker». Si Interxion prévoit aussi d injecter les calories de son site de La Courneuve dans le système de chauffage urbain du territoire, les innovations sont plutôt à attendre en la matière à des échelles plus réduites. Celeste a par exemple mis au point StarDC, un mini datacenter qui peut être facilement installé chez des clients, et la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) travaille sur le déploiement de la technologie Q.rad qui transforme le traditionnel radiateur en outil de calcul informatique. Réduction des pertes Malgré ces solutions dans le diffus, les centres traditionnels ne devraient toutefois pas perdre en part de marché avec 36 projets déclarés et une TEMOIGNAGE Jean-Luc Aschard, directeur Ile-de-France d ERDF «Une forte croissance des datacenters en Ile-de-France depuis 2000» DOSSIER Les datacenters ont une activité importante sur le territoire francilien, nous avons donc une relation de grande proximité avec la quinzaine d opérateurs présents, qui sont pour la plupart de dimension mondiale avec une stratégie supranationale. Nous essayons d avoir avec chacun d eux une vision d anticipation de leur croissance. Nous souhaitons avoir les informations en avance pour garantir que les infrastructures seront disponibles. Le maître mot pour ce type d équipement est l anticipation. Nous essayons à chaque fois d être au début de l histoire pour mettre en place une relation de confiance. En général, la consommation est faible au début de leur activité et peut mettre plusieurs années avant d atteindre leur régime de croisière. A l horizon 2025, les 78 datacenters existants et en projet pourraient, au total, représenter 10 % de la puissance appelée francilienne. Nous définissons donc en amont les besoins à trois et cinq ans. Il n est jamais impossible de les raccorder, nous arrivons toujours à trouver la bonne solution pour mettre la puissance à disposition. TEMOIGNAGE Fabrice Coquio, président d Interxion «Notre métier devient comparable à celui d Aéroports de Paris» Nous sommes un pure player, nous concevons, construisons et opérons des datacenters mutualisés. Nous avons de nombreuses implantations en Seine-Saint-Denis et nous avons 27 % de parts du marché francilien. Nous avons la volonté d être autour de Paris pour adresser l essentiel de nos clients et leur permettre d accéder facilement à nos bâtiment pour pouvoir modifier leur plateforme. Nous avons quatre types de clients : les opérateurs télécoms, les intégrateurs, les fournisseurs de services Internet et les grandes entreprises. Depuis deux à trois ans, dans le cadre de la migraiton vers les services de cloud, ils viennent chercher chez nous un hub. L évolution vers cette notion de hub nous rapproche de plus en plus du fonctionnement d un aéroport. Les quatre grandes villes européennes du datacenter sont d ailleurs celles du transport aérien. Au-delà de la prestation de services, nous donnons à nos clients l accès à une communauté à laquelle ils peuvent se connecter au travers de salles de brassage. Ceci permet de rendre plus rapide la mise en place du service d un tiers et d éviter des coûts de liaison entre les systèmes informatiques. vingtaine en cours de connexion, selon le directeur interrégional Ile-de- France d ERDF. Les nouveaux équipements nécessitent de plus en plus d électricité bien qu ils réduisent leurs pertes énergétiques. Les datacenters existants n ont toutefois pas encore atteint leur puissance maximale. «Ils réservent une puissance correspondant au rythme de croisière que leurs opérateurs anticipent, détaille Jean-Luc Aschard. A ce jour, la puissance souscrite totalise 600 MW alors que seulement 200 MW sont appelés. En 2030, nous pouvons anticiper un doublement de cette puissance, à 1 200 MW.». RAPHAËL RICHARD Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015 7
Retrouvez toute l actualité des marchés publics sur LEJOURNALDUGRANDPARIS.FR En bref Jurisprudence DÉLÉGATION DE PAIEMENT Contrat de droit privé Une société titulaire d un marché public a signé, avec l acheteur public, une convention tripartite par laquelle l acheteur s engage à payer au fournisseur les créances correspondant aux commandes effectuées par le titulaire. Selon la Cour de cassation, il s agissait bien de contrats de droit privé, portant sur une délégation de créances. L acheteur en signant ces conventions ne poursuivait pas l exécution d une mission de service public, et ces délégations ne constituaient pas une modalité d exécution du marché public initial. C.cass. 1 ère Ch. civ. 18 février 2015, n 14-10.030. PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Compétence du juge judiciaire Un contrat portant sur la cession de droits de reproduction et de diffusion de photos, conclu entre une personne et un département, relève de la compétence du juge judiciaire. CE, 6 mars 2015, req. n 373637. PÉNALITÉS DE RETARD Mise en demeure Les pénalités de retard sont dues de plein droit et sans mise en demeure préalable du cocontractant, dès la constatation par le maître d œuvre du dépassement des délais d exécution sauf si le cahier des charges déroge au CCAG applicable et prévoit une mise en demeure obligatoire. CAA Nancy, 3 mars 2015, req. n 14NC00670. MARCHÉS PUBLICS LE DÉCODEUR Entreprises en difficulté en cours d exécution Le cas arrive de plus en plus souvent : une entreprise est mise en redressement judiciaire, voire en liquidation, ou fait l objet d une procédure de sauvegarde, alors qu elle est titulaire d un marché public. Que faire? Quels sont les droits des deux parties cocontractantes? Le titulaire d un marché public peut connaître des «difficultés» financières telles qu il doit faire l objet d une procédure prévue par le Code de commerce. Dès lors, son cocontractant commence à s inquiéter et s interroge même sur l opportunité de résilier son marché, compte tenu de ses contraintes techniques ou de délais de réalisation. 1 SAUVEGARDE, REDRESSEMENT OU LIQUIDATION Une entreprise débitrice peut faire l objet d une procédure de «sauvegarde», si elle justifie des difficultés qu elle n est pas en mesure de surmonter, sans être pour autant en cessation de paiements. Cette procédure facilite la réorganisation de l entreprise afin de permettre la poursuite de son activité, le maintien de l emploi et l apurement du passif. Un plan de sauvegarde est mis en place, avec éventuellement l ordre donné par le Tribunal d arrêter, d ajouter ou de céder, une ou plusieurs activités. Une entreprise est placée en redressement judiciaire, si elle ne peut plus faire face au passif exigible avec son actif disponible, ou est en cessation de paiements. Cette procédure permet la poursuite de l activité de l entreprise, le maintien de l emploi et l apurement du passif. Elle suppose la fixation d une période d observation maximale de six mois. A la fin de cette période, le tribunal apprécie si l entreprise a des chances d être sauvée, et si c est le cas, un plan de redressement indiquant les mesures économiques de réorganisation de l entreprise sur moins de dix ans sera adopté. La liquidation judiciaire correspond à une procédure ouverte par un débiteur en cessation de paiement et dont le redressement est impossible. Le Tribunal met fin à l activité de l entreprise et le patrimoine du débiteur est réalisé par une cession globale ou séparée de ses droits et biens. GÉRER CES CAS EN COURS 2 D EXÉCUTION Les modalités de résiliation du marché public d une entreprise en difficulté dépendent des circonstances. Si le titulaire fait l objet d une procédure de sauvegarde ou sauvegarde accélérée : L acheteur ne doit pas résilier automatiquement son marché. Il demande à l administrateur judiciaire s il entend poursuivre, ou non, le contrat. A défaut de réponse dans un délai d un mois, le marché est résilié d office (art. L. 622-13 III). L administrateur peut aussi demander au juge de prononcer la résiliation. QUID DU «RÉTABLISSEMENT PROFESSIONNEL»? Si le titulaire est placé en redressement judiciaire : L acheteur adresse une mise en demeure à l administrateur qui dispose d un mois pour se prononcer sur la poursuite du marché en cours d exécution (art. L. 622-13 et 14). Si l administrateur répond en faveur d une continuation du marché, l acheteur ne peut pas le résilier unilatéralement, sauf motif d intérêt général caractérisé. Si le titulaire est placé en liquidation judiciaire : L entreprise doit mettre fin à ses activités. Elle doit en informer l acheteur, qui adresse ensuite une mise en demeure au liquidateur pour lui demander de se prononcer sur la poursuite de l exécution du marché. Si le liquidateur confirme la fin de l entreprise, ou s il ne répond pas au bout d un mois, l acheteur est fondé à résilier de plein droit, sans indemnisation, le marché. Attention, une liquidation judiciaire peut prévoir une période de maintien de l activité. Le titulaire d un marché public peut en cours d exécution faire l objet d une procédure de «rétablissement professionnel» (art. L. 645-11 et s. du Code de commerce), si c est une entreprise individuelle, personne physique, ou structure n ayant pas de salarié et dont l actif est inférieur à un certain seuil. Cette procédure est inspirée de celle du surendettement des particuliers et permet un effacement de ses dettes. Elle n a pas d incidence sur les marchés publics en cours et ne justifie pas leur résiliation. L AUTEUR Jérôme Michon, consultant, enseignant, auteur de nombreux ouvrages, intervient à vos côtés pour tous vos besoins en marchés publics. Contact : juris-projet@orange.fr 8 Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015
TERRITOIRES / ACTUALITÉS AMÉNAGEMENT VAL-DE-MARNE Cité de la gastronomie : en mode opérationnel après les élections? Après une longue période de gestation, le projet pourrait accélérer après les élections départementales, avec l objectif d ouvrir en 2023... selon les plus optimistes. PARIS Un Contrat de ville axé sur le développement économique Dans le cadre de son Contrat de ville 2015-2020, Paris souhaite «dynamiser les quartiers», par le «soutien aux commerces et à la création d activités par et pour les habitants». 20 quartiers, situés dans huit arrondissements, sont ciblés par ce nouveau contrat. L objectif est de dynamiser les quartiers de ville, ce qui «repose beaucoup sur le projet d arc de l innovation porté par Jean-Louis Missika [adjoint au développement économique] qui prévoit d implanter à toutes les portes de Paris des pépinières, des incubateurs ou des projets d activité économique», détaille Colombe Brossel, adjointe à la politique de la ville. Ce volet doit s accompagner, pour l élue, d un impact sur l emploi local. Le contrat prévoit l accompagnement de la structuration et du développement de filières économiques locales et d anticiper les projets d implantation avec des objectifs de recrutement et de formation des habitants. 26 millions d euros seront consacrés chaque année par la Ville à ce nouveau contrat. M ais même si la couleur politique du département change, la Cité de la gastronomie devrait reprendre sa route qui doit croiser celle de la ligne 14 du métro en 2023 alors que l ouverture était fixée à l origine en 2019. C est avec cette nouvelle échéance en tête que le contenu du projet estimé à gros traits à 70 millions d euros et ses aspects opérationnels devraient être abordés après les élections, signale Christian Hervy, conseiller général qui a porté ce dossier. La Société du Grand Paris (SGP), choisie récemment comme maître d ouvrage de l aménagement de la zone, sera chargée de gérer plus de sept hectares sur lesquels doivent voir le jour un parc d activités et de loisirs dont les loyers doivent financer la Cité. Elle aura aussi pour rôle, plus officieux, d assurer la concertation entre les parties prenantes. «La SGP va reprendre les choses en main et sa participation devrait faire évoluer le projet», espère le maire de Rungis, Raymond Chasseron. La SGP était toutefois déjà impliquée au titre du Grand Paris express dont une gare de la ligne 14 doit desservir le marché. «La décision d avancer la mise en service de la ligne permet de disposer d une connexion rapide en transports en commun dans un calendrier pertinent avec le projet», remarque Christian Hervy. Une station que la SGP prévoit d inclure dans la série des gares «exemplaires» envisagées pour l Exposition universelle de 2025. Halle d exposition Si différents aspects du projet restent à définir, les grandes lignes sont déjà SACLAY fixées. La Cité en elle-même sera à la fois un équipement culturel (médiathèque, labo gastronomique, ateliers pédagogiques, etc.) et un centre de congrès (auditorium de 1 200 places) pour y accueillir de l activité toute l année. Le marché de Rungis y sera représenté dans une «halle aux trésors gastronomiques» de 5 000 m 2, un espace un peu plus restreint que les 7 000 m 2 destinés à accueillir des expositions. Le site doit également accueillir un pôle de formation spécialisé en cuisine et hôtellerie, un volet «très stratégique et structurant», selon Christian Hervy qui rappelle la réserve d emplois qui existe dans ces secteurs. Des restaurants populaires ou hauts de gamme, des entreprises liée à la gastronomie, des hébergements pour étudiants et touristes sont également prévus. R.R. 125 000 m 2 de bureaux commercialisés en 2014 Une étude du cabinet Grecam présentée le 11 mars au Mipim rapporte que 40 % des transactions d immobilier de bureaux en seconde couronne ont été réalisées à Paris- Saclay l an passé. «Dans un contexte de reprise modérée de l économie au niveau européen, Paris-Saclay connait une dynamique immobilière forte tirée par l installation de centres R&D et de sièges de grands comptes qui accompagnent l entrée en phase opérationnelle du campus urbain de l Université Paris-Saclay», rapportent les auteurs de l étude. Après une année 2012 de basses eaux et 110 000 m 2 commercialisés en 2013, l année 2014 a constitué un record avec 125 000 m 2. «Cette accélération du marché, observée depuis 2013, devrait se poursuivre en 2015, alimentée par de nouveaux projets ainsi que par une offre diversifiée», note Grecam. S agissant des loyers, Paris- Saclay se situe au niveau de certaines places immobilières dynamiques de première couronne. En bref Institutions PARIS Accord sur le logement avec la SNCF Après la RATP fin 2014 et avant l AP-HP au Conseil de Paris suivant, un protocole sur le logement avec la SNCF a été soumis aux élus parisiens en début de semaine dernière. Son but : libérer et aménager du foncier ferroviaire, tant sur des grandes emprises que sur du foncier diffus et le parc de bureaux et locaux administratifs obsolètes. Plus de 14 000 logements pourraient à terme être ainsi créés, dont 6 500 sur la mandature, a indiqué le premier adjoint à la maire Bruno Julliard. PARIS 200 places pour l autopartage Paris a lancé le 18 mars un appel à candidatures afin d attribuer 200 places de stationnement à des sociétés de services de véhicules partagés dans le cadre du plan de lutte contre la pollution de l air liée au trafic routier. Les candidats devront proposer à la location une gamme variée de véhicules, allant de la petite citadine à l utilitaire. Cet appel à candidatures s adresse aux entreprises qui désirent mettre en place un système dit «en boucle», où l utilisateur rend le véhicule là où il l a emprunté. Cet opportunité «leur permettra de se déployer sur la voirie parisienne et donc de renforcer leur visibilité, afin de mieux faire connaître cette alternative et inciter les habitants à y avoir recours», indique la mairie. SACLAY L EPPS délègue à l Epfif Le conseil d administration de l Etablissement public Paris- Saclay (EPPS) a décidé le 6 mars des mesures d anticipation foncières sur le secteur de Corbeville en déléguant le portage financier et le droit de préemption à l Etablissement public foncier d Ile-de-France (Epfif) au sein des 100 hectares concernés. Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015 9
TERRITOIRES / ACTUALITÉS En bref Coulisses SGP (1). Les dircoms réunis. La société du Grand Paris a réuni les «dir-com» des communes que traversera la ligne 15 sud du Grand Paris express. Objectif, se concerter avec eux pour définir la stratégie et les outils de com nécessaires à la bonne information des riverains. SGP (2). L architecture des marchés de la ligne 15 sud. La Fédération régionale des travaux publics accueillera prochainement la Société du Grand Paris, qui viendra présenter aux entreprises du BTP l économie générale des marchés publics de la ligne 15 sud. SGP (3). Clauses sociales. Systématiques. L ensemble des appels d offres de travaux lancés par la Société du Grand Paris comporteront des clauses sociales visant à y intégrer des demandeurs d emplois ou des personnes en insertion. ATTRACTIVITÉ Qualité de l accueil des investisseurs : Paris dans le Top 3 des métropoles mondiales! Maîtrise de l anglais, prévenance, efficacité, que ce soit dans les centres d informations d affaires, les hôtels ou les restaurants, Paris progresse partout, révèle la quatrième enquête «client mystère» diligentée par Paris-Ile de France Capitale Economique. L e French bashing n est décidément plus de mise», s est félicité Pierre Simon, président de Paris-lle de France capitale économique (PCE), en présentant les résultats de l étude réalisée par Présence, leader des études «clients mystères» en France. Cette enquête sur la qualité de l accueil des investisseurs dans les grandes métropoles mondiales repose sur une méthodologie simple et implacable. Dans 12 métropoles (1) à travers le monde, un «client mystère» se fait passer pour un investisseur en quête d informations en vue de créer une société de marketing. Il effectue dans ce but une visite de deux jours en effectuant dans chaque pays un parcours identique : aéroport, taxi, transport en commun, hôtel, restaurant, centre d information business, boutiques, sont ainsi testés sur un seul et même critère : la qualité de l accueil commercial, c est-à-dire la disponibilité, l efficacité, la rapidité, la politesse, la prévenance du contact. Et, bonne nouvelle, Paris enregistre une progression spectaculaire au regard de la dernière édition de ce baromètre, qui a l immense vertu, comme l a souligné Chiara Corazza, directeur général de PCE, de favoriser une prise de conscience générale de l importance de la qualité de l accueil. «Paris rentre pour la première fois dans le top 3 mondial, en gagnant cinq places, derrière Dubaï et New York» souligne David Couasne, auteur de l étude pour le cabinet Présence. L évolution la plus remarquable constatée concerne les centres d information business, avec 24 points de progression en 2 ans. La qualité de la maîtrise de l Anglais (le client mystère est anglophone) a notamment fait un bond qualitatif. Paris se classe en 2 position pour les hôtels, en 4 place pour les restaurants, en 6 place pour les boutiques. En revanche, les centres d informations touristiques enregistrent une contre-performance et perdent 11 points. JACQUES PAQUIER (1) Paris, Londres, Madrid, Milan, Francfort, New-York, Sao Paulo, Moscou, Dubaï, Tokyo et Shanghai. Bulletin d abonnement Je souhaite m abonner pour un an, je choisis ma formule : Abonnement web Solo Abonnement web Multi Abonnement web & édition papier Tarif annuel 830 HT Offre de lancement : 730 HT (745,33 TTC) soit 2 par jour 800 HT/licence Offre de lancement : 700 HT (714,70 TTC) soit 1,90 par jour 999 HT Offre de lancement : 900 HT (918,90 TTC) soit 2,5 par jour Accès au site Internet Newsletter quotidienne L hebdo en PDF + L hebdo papier (48 numéros/an) Adresse de livraison : Mode de paiement : Nom : Organisme : Adresse : CP/Ville : Pays (si hors France) : Téléphone : Email de l abonné ou de l administrateur :... @... Chèque bancaire à l ordre de JGPmedia Virement bancaire au Crédit Mutuel Code IBAN : FR761 02780 6031 000205 8220209 Carte bancaire American Express Mastercard Visa N : Code de sécurité (3 derniers chiffres au dos) : Date d expiration : / Signature Cachet Abonnement en ligne : visitez la rubrique abonnement du site www.lejournaldugrandparis.fr Retournez ce bulletin à : JGPmedia 27 rue du Chemin vert, 75011 Paris // contact : abonnement@lejournaldugrandparis.fr 10 Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015
TERRITOIRES / ACTUALITÉS TERRITOIRES INFRASTRUCTURES Eau de Paris prévoit des investissements en hausse La régie parisienne, créée en 2010, annonce 450 millions d euros d investissement en six ans. D importants travaux sont notamment prévus dans les usines de traitement de Joinville et d Orly. Une nouvelle unité de désinfection va être construite à Paris. E au de Paris a présenté le 19 mars son programme pluriannuel d investissement 2015-2020, pour un montant total de 450 millions d euros, soit une hausse de 7 % par an en moyenne par rapport au plan précédent. «Le nouveau contrat d objectifs entre la ville de Paris et la régie constitue un véritable acte II de la remunicipalisation, après la construction de la régie [depuis 2010]» a souligné sa présidente Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris, en charge de l environnement. Avec ses 3 millions de consommateurs, ses 2 100 km de canalisations d eau potable et ses six usines de traitement, Eau de Paris est aujourd hui la première entreprise publique européenne d eau potable. Et la présidente d insister : «On entend beaucoup de choses sur les régies, la gestion publique. L ambition est là, dans ce plan d investissement.» Celui-ci est entièrement financé sur le bénéfice d exploitation, sans recours à l emprunt, tout en garantissant une «stabilité des prix». Et si la régie met en avant ses compétences d ingénierie internes «permettant de maîtriser les coûts et de décider les travaux en opportunité», ce programme pluriannuel correspond bien à «plus de 400 millions d euros en appel d offres» pour les six prochaines années. Répartition des investissements Les investissements se décomposent en trois volets. 250 millions d euros (56 %) sont prévus pour l optimisation et la performance des infrastructures (entretien des 470 km d aqueducs, des conduites de transport, renouvellement quand nécessaire (0,6 à 0,8 % du linéaire), moder- nisation des filières de traitement...). 145 millions d euros (32 %) seront consacrés à la qualité de l eau et la qualité du service à l usager. Il s agit notamment de travaux dans les A l heure du Grand Paris, Eau de Paris est dans une démarche partenariale avec les autres collectivités Célia Blauel, directrice générale de Eau de Paris usines de Joinville (appel d offres en cours, travaux fin 2015, mise en service prévue pendant l hiver 2017) et d Orly (travaux à partir de 2018), mais aussi de la construction d une nouvelle unité de traitement, à Paris, près de la Cité universitaire, porte d Arcueil (les travaux débuteront à la fin de l année). Enfin, 55 millions d euros (12 %) permettront d accompagner la transition écologique du territoire. Plus des deux tiers de cette somme seront consacrés au développement et à la pérennité du réseau non potable, spécificité de la capitale, qui permet d utiliser de l eau moins traitée (et donc moins coûteuse) pour l arrosage des parcs et jardins, le nettoiement des trottoirs... Lors de la présentation de ce programme pluriannuel, la présidente d Eau de Paris n a pas fait l impasse sur le contexte métropolitain. «A l heure du Grand Paris, Eau de Paris est dans une démarche partenariale avec les autres collectivités, une démarche que l on va développer» a assuré Célia Blauel, soulignant que les réseaux étaient d ores et déjà interconnectés. MARIE BIDAULT AGENDA Les événements du développement économique en Ile-de-France DU 31 MARS AU 2 AVRIL 2015 Intralogistics Europe Ce Salon des équipements de manutention pour l industrie et la distribution accueille des visiteurs issus notamment des secteurs de l industrie, prestataires transport et logistique ou encore professionnels de la distribution et du commerce. Diverses conférences figureront au programme d Intralogistics Europe ainsi que la remise des Prix de l Innovation. Parc des expositions, Porte de Versailles, 75015 Paris 1 ER AVRIL 2015 ProDurable Depuis huit ans, ProDurable organise un événement en faveur du développement durable et de la responsabilité sociétale des entreprises. Cette année, le fil conducteur sera «Un pour tous, Tous pour un!» Au programme : cinq grandes assemblées plénières, des tables rondes «enjeux et bonnes pratiques», des ateliers «Solutions». Une journée sera consacrée à la thématique «Entreprises & Territoires». Palais des Congrès, 2 place de la Porte Maillot, 75017 Paris LE 1 ER AVRIL 2015 Osez la voie pro 14 e Entretien de La Fabrique, le mercredi 1 er avril de 18h à 20h à l école de l image des Gobelins (73 Boulevard Saint-Marcel, Paris 13 e ). Cette conférence-débat permettra de revenir sur les préjugés liés aux métiers industriels et aux formations qui y conduisent et sur les possibles remèdes à mettre en œuvre. Elle sera ouverte par une saynète réalisée par les élèves de l Aforp dans le cadre d ApprentiScènes, illustrant des situations auxquelles ils ont pu être confrontés lors de leurs choix d orientation. En effet, les formations DU 14 AU 16 AVRIL 2015 Salon des maires d Ile-de- France «C est sous une nouvelle dénomination que se tiendront nos traditionnelles Assises de l Amif, organisées précédemment avec le Salon de la nouvelle ville. Pour cette 19 e édition printanière, c est donc le Salon des Maires d Ile-de-France qui ouvrira ses portes au Parc Floral de Paris, regroupant ainsi, sous une seule marque, deux événements liés depuis près de 20 ans. Moment incontournable de la vie politique francilienne, ces trois journées d échanges et de réflexions ont vocation à rassembler de nombreux élus et experts autour des enjeux de notre Région», indique Stéphane Beaudet, président de l Association des maires d Ile-de-France. Au programme figurent notamment un colloque sur le développement de la voiture électrique en Ile-de-France, par ERDF, ainsi qu une série de conférences sur la métropole périphérique ou la réforme territoriale. Le Salon des maires d Ile-de-France se tiendra du 14 au 16 avril 2015 au Parc floral de Paris professionnelles restent victimes, en France, d une image sousvalorisée alors même qu elles présentent des taux d insertion très honorables. L école de l image des Gobelins DU 20 AU 25 AVRIL 2015 Intermat Ce Salon des équipements de manutention pour l industrie et la distribution accueille des visiteurs issus notamment des secteurs de l industrie, prestataires transport et logistique ou encore professionnels de la distribution et du commerce. Diverses conférences figureront au programme d Intralogistics Europe ainsi que la remise des Prix de l Innovation. Paris-Nord Villepinte DU 17 AU 18 JUIN 2015 Parkopolis Parkopolis et ses 12 e rencontres Internationales du stationnement et de la mobilité s imposent comme le salon de référence du marché des activités liées aux différents modes de stationnement et des moyens pour l usager de se déplacer en zone urbaine et péri-urbaine. Il réunit durant deux jours l ensemble des acteurs majeurs du secteur ainsi qu une large audience de décideurs publics et privés. Paris Porte de Versailles Le journal du Grand Paris N N 120 15 Du 23 octobre au 29 mars 2014 2015 11
XXXX COULISSES / XXXX/ PORTRAIT Marie-Vorgan Le Barzic, déléguée générale de Numa. En bref Coulisses Paris métropole. Consultation. Laurent Lafon, Jacques JP Martin, Patrick Jarry et Pierre Mansat planchent dans le cadre du groupe Projet métropolitain de Paris métropole sur l organisation d une vaste consultation de la population sur le Grand Paris. Une série de rencontres sera organisée dans ce cadre en mai / juin prochain. PLU. Démembré? «Transférer la totalité des PLU au niveau des territoires n a pas de sens», estime Philippe Laurent. Le maire de Sceaux estime qu un transfert partiel de cette compétence serait préférable, distinguant ce qui relève de ses volets stratégiques, à l instar du plan d aménagement et de développement durable, de ce qui relève de la réglementation de proximité. Maires bâtisseurs. Le poids des clichés. «Il est faux d affirmer que les maires aménageurs sont battus. Tout dépend comment on aménage», fait également valoir le maire de Sceaux. Ce dernier rappelle que l hostilité forte de la population à la construction de nouveaux logements provient largement de l effet repoussoir qu ont dans les mémoires les grands ensembles construits dans les années 1970 par l Etat. OIN. Patrick Devedjian vent debout. Patrick Devedjian a publié sur son blog les fiches de travail répartissant la future implantation des logements dans le cadre du plan de mobilisation pour l aménagement et le logement en Ile-de-France. «Ce plan est totalement contraire à la démocratie locale», estime le président du conseil général des Hauts-de-Seine, qui préside également Paris métropole et déplore que l Opération d intérêt national multisites «soit préparée dans le plus grand secret, sans aucun avis ni information des communes concernées». G.B. PORTRAIT Marie-Vorgan Le Barzic Dans les champs du possible Elle a semé les graines de sa réussite au gré d un parcours pour le moins atypique qui l a mené à la tête de Numa, haut lieu parisien de l innovation dédié aux start-up. Itinéraire d une self-made woman qui croit fort au collectif. ette fille d agriculteurs C bretons a revisité à sa manière la tradition familiale en choisissant de cultiver les jeunes pousses parisiennes du numérique. Et ça lui réussit plutôt bien! Voilà une décennie qu elle œuvre dans le secteur comme déléguée générale de l association Silicon Sentier, devenue fin 2013 Numa. Située au cœur du Sentier sur six étages, la structure regroupe incubateur, accélérateur, espaces de coworking... Bref de quoi créer, accompagner une start-up et surtout faire circuler les idées et les savoirs. C est comme ça que Marie-Vorgan Le Barzic, 40 ans, conçoit l entrepreneuriat. Un peu comme un village breton où à l heure de la moisson et des intempéries, chacun file un coup de main au voisin, prête un outil, etc. «Cette solidarité m a marquée», explique-t-elle évoquant ses parents qui «ont quitté Paris et leurs études supérieures pour se lancer dans l agriculture». Mai 68 était passé par là entraînant dans son sillon des envies de retour à la terre. Mais elle, plutôt fleur de bitume, finit, après quelques détours, par mettre le cap sur Paris. Elle a 21 ans, un bac en poche et vogue de petits boulots en petits boulots. «J ai toujours eu besoin d expérimenter les choses pour apprendre». Un jour, au détour de la machine à café d une entreprise de télémarketing, un collègue lui parle d une start-up qui recrute. «Je tente. Je fais tout et rien. Puis les RH. BIO EXPRESS 2004 Déléguée générale de Silicon Sentier 2008 Création de la Cantine, espace de coworking 2011 Création du Camping, premier accélérateur français de start-up 2013 Création de Numa J apprends auprès de l équipe. Je me forme. Ça tourne bien, raconte-t-elle de cette voix calme et posée qui tranche parfois avec le récit d une vie foisonnante. La société passe de 30 à 160 salariés! La bulle Internet explose. Tout s arrête». Un épisode fondateur pour la jeune femme qui assiste à l ascension et au déclin tout aussi fulgurant de la société. Fédératrice «En cherchant à nouveau du travail, je me suis tournée vers Silicon Sentier et Net, des associations qui s occupaient de start-up. Je m aperçois qu elles sont un peu en sommeil du fait de l explosion de la bulle.» Avec plusieurs entrepreneurs, elle va frapper à la porte de la mairie de Paris. Tous sont persuadés de la nécessité, entre autres, de créer un lieu où les start-up - «qui passent leur temps à grandir, maigrir avec des problématiques financières, logistiques» - puissent s épanouir. A force de persuasion, on lui confie une mission auprès de Paris développement pour réfléchir au sujet. Elle «potasse», s inspire, entre autres, des clusters à l italienne «où s opèrent des regroupements spontanés d entreprises d un même secteur sur des territoires réduits». Le directeur de Paris développement voit le potentiel. «En 2003, on lance l opération. Les associations fusionnent sous le nom de Silicon Sentier. Des débuts un peu difficiles mais ça prend, grâce à l équipe. Ma force, c est de savoir m entourer de gens beaucoup plus compétents que moi, affirme-t-elle. Je suis dans la complémentarité et l apprentissage.» Les projets foisonnent : en 2008, la Cantine, premier espace de coworking parisien voit le jour, suivi en 2011 du Camping, premier accélérateur de start-up. Le tout aujourd hui regroupé sous le nom de Numa (pour numérique et humain). Un lieu comme un principe qui pourrait exister partout car il y a «un besoin de mise en cohérence des écosystèmes», insiste-t-elle certaine que «des tensions de la société peuvent se résoudre en accélérant dans le collectif. Je n ai rien inventé, j ai réinterprété. Le sujet essentiel, c est l organisation de la société.» G.B. Société éditrice JGPmedia au capital de 100 000 euros, 27 rue du Chemin Vert - 75011 Paris - Tél. 01 75 77 87 25 CPPAP : 1116 T 92553 - ISSN : 073-3454 Directeur de la publication : Jacques Paquier Rédacteur en chef délégué : Raphaël Richard Ont participé à ce numéro : G. Bouton, J. Michon, F. Proux, C. Bernard, D. Adanero (maquette) Directrice de clientèle : Dominique Pillas Conception graphique : Rampazzo & Associés Imprimerie : ISI Print, 15 rue F. de Pressensé, 93210 La Plaine-Saint-Denis 12 Le journal du Grand Paris N 20 Du 23 au 29 mars 2015