PERSPECTIVES SECTORIELLES 2013-2015 CAPITALE-NATIONALE



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PERSPECTIVES SECTORIELLES 2013-2015 CAPITALE-NATIONALE Automne 2013

P a g e 1 Auteur Daniel Marois, économiste Service Canada Région de la Capitale-Nationale Téléphone : 418-681-2599, poste 2120; 1-866-299-5650 Courriel : daniel.marois@servicecanada.gc.ca Mise en page Katalin Budai Photos Image modifiée, Denis Chabot, Le Québec en images, CCDMD Image modifiée, Gilles M. Deschênes, Le Québec en images, CCDMD Image modifiée, Martin Caron, Le Québec en images, CCDMD This publication is also available in English. Dans ce document, l usage exclusif du masculin pour désigner les personnes n a pour seul but que d alléger le texte. Le contenu de ce document découle d analyses réalisées par son auteur à partir de l information disponible au 12 avril 2013. Les points de vue exprimés dans ce document sont ceux de l auteur, et ne reflètent pas nécessairement ceux de Service Canada ou du gouvernement du Canada. Sa Majesté la Reine du chef du Canada

P a g e 2 TABLE DES MATIÈRES ACRONYMES... 3 LISTE DES TABLEAUX... 3 À PROPOS DES PERSPECTIVES SECTORIELLES... 4 SOMMAIRE... 4 NOTES MÉTHODOLOGIQUES... 7 ESTIMATIONS D EMPLOI... 7 REGROUPEMENTS INDUSTRIELS... 7 SECTION 1 : VUE D ENSEMBLE... 9 DESCRIPTION DU TERRITOIRE... 9 DÉMOGRAPHIE... 9 ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE... 10 INDICATEURS DU MARCHÉ DU TRAVAIL... 12 SECTION 2 : PERSPECTIVES SECTORIELLES... 14 STRUCTURE INDUSTRIELLE... 14 PERSPECTIVES... 14 SECTEUR PRIMAIRE... 15 INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION... 17 SECTEUR DE LA FABRICATION... 18 FABRICATION LIÉE À LA CONSOMMATION... 19 FABRICATION LIÉE AUX RESSOURCES... 21 FABRICATION LIÉE AUX INVESTISSEMENTS... 24 SECTEUR TERTIAIRE... 28 SERVICES À LA CONSOMMATION... 29 SERVICES À LA PRODUCTION... 34 SERVICES GOUVERNEMENTAUX ET PARAPUBLICS... 41

P a g e 3 Acronymes AAC... Agriculture et Agroalimentaire Canada CCQ... Commission de la construction du Québec CQCD... Conseil québécois du commerce de détail CRÉ... Conférence régionale des élus EDC... Exportations et développement Canada EPA... Enquête sur la population active de Statistique Canada FMI... Fond monétaire international ISQ... Institut de la statistique du Québec MPO... Ministère des Pêches et Océans Canada MRC... Municipalité régionale de comté OCDE... Organisation de coopération et de développement économique OMC... Organisation mondiale du commerce PIB... Produit intérieur brut PME... Petites et moyennes entreprises R & D... Recherche et développement RHDCC... Ministères des Ressources humaines et du développement des compétences Canada RMR... Région métropolitaine de recensement SCHL... Société canadienne d hypothèques et de logements SCIAN... Système de classification des industries de l Amérique du Nord SPPC... Système de projection des professions au Canada TCAM... Taux de croissance annuel moyen TE... Territoire équivalent (à une MRC) TI... Technologies de l information Liste des tableaux Tableau 1 Principaux indicateurs du marché du travail, 2010-2012 Tableau 2 Répartition et perspectives de l'emploi selon certains regroupements industriels Tableau 3 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur primaire Tableau 4 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur de la fabrication liée à la consommation Tableau 5 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur de la fabrication liée aux ressources Tableau 6 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur de la fabrication liée aux investissements Tableau 7 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur des services liés à la consommation Tableau 8 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur des services liés à la production Tableau 9 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur des services publics et parapublics

P a g e 4 À propos des perspectives sectorielles Tous les ans, Service Canada effectue des prévisions à moyen terme de l emploi selon les industries et les professions pour l ensemble du Québec et pour chacune de ses régions économiques. Les résultats de ces analyses sont publiés sous la forme d une série d études qui visent à donner un aperçu global de l évolution récente et des perspectives du marché du travail au Québec et dans ses différentes régions. Cette série de documents intéressera, nous l espérons, les personnes cherchant leur voie sur le marché du travail ainsi que celles qui les appuient dans cette démarche, que ce soit les parents, le personnel du milieu de l éducation ou les intervenants des services d aide à l emploi. Elle devrait également intéresser les entreprises et les associations d employeurs désireuses de cerner certains enjeux relatifs à la gestion des ressources humaines dans leur industrie. Le présent document comporte deux sections. La première partie dresse un portrait d ensemble du marché du travail de la région : y sont présentés un aperçu de l évolution économique et les principaux indicateurs du marché du travail. La deuxième partie traite des perspectives sectorielles sur la base de regroupements industriels définis dans le Système de classification des industries de l Amérique du Nord (SCIAN). Sommaire La région de la Capitale-Nationale occupe le troisième rang en termes du nombre d habitants au Québec après Montréal et la Montérégie. La population était estimée à environ 700 620 personnes en 2011 par rapport à 661 060 en 2006, soit une forte hausse de 6 % comparativement à 4,7 % au Québec. Comme les démographes ne voient plus de déclin de la population dans un avenir prévisible, le mouvement à la hausse de la population devrait continuer à tonifier l économie régionale. Le vieillissement de la population constituera cependant un phénomène important qui aura un impact significatif sur le marché du travail et sur la capacité de la région à combler les emplois disponibles. Le faible indice de remplacement de la main-d œuvre implique que la population en âge de travailler (20-64 ans) commencera à fléchir dès 2014 dans la région si aucun changement n intervient. Environnement économique La situation de la région demeure enviable sur le plan économique mais les années de forte croissance semblent être derrière elle, du moins à court terme. Plusieurs indicateurs (produit intérieur brut aux prix de base, le revenu disponible des ménages par habitant, les investissements régionaux et l emploi) ont progressé à un rythme supérieur à celui du Québec et de la plupart des autres régions au cours des dernières années. La tendance récente montre toutefois un ralentissement de cette cadence, de sorte que la performance de la région s est établie, tout au plus, dans la moyenne provinciale et même inférieure à celle-ci selon certains indicateurs. En dépit de la conjoncture économique plus difficile à l échelle mondiale, nationale et provinciale, la région de la Capitale-Nationale s en est plutôt bien tirée en 2012, et ce, même si le marché du travail a montré des signes de fatigue en cours d année. Malgré une baisse de régime au chapitre de l emploi, la création de 6 000 postes (+1,6 %) au cours de la dernière année a permis à la région de prolonger son cycle de croissance et d atteindre un nouveau sommet à 381 200 emplois. L emploi a progressé à un rythme plus élevé que celui de la majorité des autres régions du Québec et deux fois plus rapidement que celui de la province (+0,8 %). Les principaux indicateurs révèlent aussi que la Capitale-Nationale

P a g e 5 s est classée parmi les trois régions du Québec ayant les plus hauts taux d activité (68,2 %, 3 e rang), d emploi (64,3 %, 1 er rang) et de chômage (5,6 %, 2 e rang). Perspectives sectorielles À l instar du Québec, une croissance économique plus modérée est attendue pour la Capitale-Nationale au cours des prochaines années. Cette situation découlera d une diminution de la demande intérieure générée, d une part, par une plus faible progression du revenu disponible et, d autre part, par le relâchement des investissements privés et publics ainsi que l assainissement des finances publiques. De plus, le marché extérieur demeurera difficile pour les exportateurs locaux en raison de la faiblesse de l économie mondiale, de la valeur élevée du dollar canadien et de la timide reprise aux États-Unis. Par surcroît, les expéditions manufacturières régionales sont majoritairement destinées aux autres régions du Québec et à l Ontario, deux provinces qui afficheront peu de vigueur économique dans un avenir rapproché. Sur le plan de l emploi, on s attend à ce que le ralentissement de la croissance, amorcé l an dernier, se poursuive au cours de la période de prévision. La croissance économique devrait générer environ 9 700 emplois supplémentaires, la grande majorité dans le secteur des services. Le taux de croissance annuel moyen de l emploi se situera à 0,9 % et correspondra à celui de la moyenne québécoise. Secteur primaire Le secteur primaire n occupe pas une large place dans la région de la Capitale-Nationale et ce, tant du côté de l emploi que de celui de la production. Au cours des prochaines années, nous anticipons une relative stabilité (+0,1 %) de l emploi dans la région. Le très léger fléchissement en agriculture sera compensé par une faible hausse dans l Industrie de l exploitation forestière et l industrie de l extraction minière. L industrie agricole doit relever plusieurs défis qui influenceront son potentiel de croissance dans les années à venir. Malgré certaines conditions favorables, l activité agricole demeure vulnérable. En conséquence, nos prévisions se dirigent vers une très faible diminution de l emploi. Bien qu en sortie de crise, l industrie forestière est toujours influencée par les effets négatifs de plusieurs facteurs, dont les baisses des possibilités forestières, la dépendance de l industrie aux activités de fabrication ainsi que les problématiques de relève. Les signaux divergents des indicateurs montrent que la reprise est timide et peu convaincante. On entrevoit cependant une embellie vers la fin de la période de prévision, entre autres, grâce à l amélioration de l économie américaine et de son secteur immobilier. De par sa composition, l industrie minière de la Capitale-Nationale réagit à la dynamique du secteur de la construction. La popularité croissante des matériaux nobles et la transformation de ceux-ci en produits finis stimulent la demande. Les perspectives de l industrie sont positives pour la prochaine période de prévision mais, compte tenu sa taille relativement petite, les gains d emplois seront modestes. Secteur secondaire Étant donné le niveau d activité déjà très élevé, la période triennale qui s amorce devrait être légèrement positive dans l industrie de la construction. La baisse du secteur résidentiel et le ralentissement des investissements en infrastructures seront compensés par la présence de grands chantiers et la poursuite des nombreux projets en cours dans la région. Toujours sous pression, le secteur manufacturier régional semble cependant en meilleure position pour éventuellement se relancer mais la convalescence sera longue. D ici à 2015, l industrie de la fabrication devra composer avec un environnement incertain et la volatilité de plusieurs coûts d exploitation. Elle sera également confrontée au double défi d une devise canadienne forte combinée à une concurrence mondiale accrue et à l incertitude économique. Pour les trois prochaines années, nous anticipons une faible croissance de l emploi. Les pertes nettes d emploi qui seront encaissées en début de période notamment dans les industries des pâtes et papiers, des produits chimiques, de l impression et des activités diverses de fabrication seront graduellement récupérées grâce à une reprise anticipée de l activité en 2014 et 2015. Les industries de la fabrication reliées à l investissement assureront la quasi-

P a g e 6 totalité de la progression de l emploi, alors que celles liées à la consommation et aux ressources demeureront sensiblement à leurs niveaux actuels. D ici à 2015, dans l ensemble de la fabrication, l emploi augmentera au rythme de 0,3 % par année. Secteur tertiaire Entre 2013 et 2015, le secteur des services sera responsable de la presque totalité de la croissance de l emploi régionale. La progression proviendra principalement des services à la production (1,4 %) suivis des services à la consommation (0,9 %) et des services gouvernementaux (0,6 %). Les services à la consommation bénéficieront de l accroissement de la population régionale et d un marché du travail positif. Par contre, la stagnation du pouvoir d achat provoquera un ralentissement de la croissance des dépenses de consommation. La concurrence, la saturation et la maturité des marchés dans plusieurs industries (commerce de détail, restauration, divertissement et loisirs) auront un impact significatif car elles limiteront les opportunités de croissance à l avenir. Le développement des services à la production sera ralenti par la faiblesse des dépenses en immobilisations, les entreprises hésitant à se lancer dans de nouveaux projets. La stratégie d assainissement des finances publiques des gouvernements aura aussi des conséquences sur les montants consacrés aux travaux d infrastructures et les sommes accordées à la recherche. Dans ce contexte, le relèvement de l emploi sera plus modeste que l historique de ce regroupement. Les services gouvernementaux et parapublics constituent toujours un moteur important de l économie régionale. Les dépenses de ce regroupement d industries sont élevées et génèrent un effet multiplicateur dans l économie de la Capitale-Nationale en procurant des occasions d affaires aux fournisseurs régionaux de biens et services. Le vieillissement de la population, son incidence sur les besoins en soins de santé ainsi que, dans une moindre mesure, les orientations politiques en matière d éducation soutiendront la croissance de l emploi dans ces secteurs d activité. Les budgets des différents paliers de gouvernement ont réaffirmé les mesures d assainissement déjà identifiées dans les budgets précédents afin de contrôler l évolution des dépenses. Dans l ensemble, le niveau d emploi des services gouvernementaux devrait croître faiblement (+0,6 %) sous l influence des services de soins de santé et d assistance sociale (+1,6 %) tandis que l on observera une faible croissance dans les services d enseignement (+0,3 %) et une légère descente de l emploi dans les administrations publiques (-0,5 %).

P a g e 7 Notes méthodologiques Estimations d emploi Les estimations d emploi par industrie sont basées sur les données de l Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada. Ce choix a été motivé par le fait que l EPA constitue la seule source à la fois fiable et continue de l évolution de l emploi tant au Québec que dans les régions. Compte tenu que certaines industries présentent de faibles niveaux d emploi dans plusieurs régions économiques, d autres sources de données, principalement de nature administrative, ont parfois été utilisées pour pallier le manque de fiabilité de l EPA dans ces industries. De plus, des moyennes des trois dernières années (2010, 2011 et 2012) sont présentées dans les tableaux statistiques pour donner une indication plus fiable des niveaux d emploi. Lorsque le niveau d emploi est inférieur à 1 500, la donnée n est pas publiée. Les projections d emploi ont été établies pour une période de trois ans s étendant de 2013 à 2015. Elles ont été effectuées au cours de l hiver 2013 et sont le fruit d un travail de collaboration de l ensemble des économistes de Service Canada présents dans les régions du Québec. Nous tenons également à remercier l'équipe du Système de projection des professions au Canada (SPPC) sans laquelle nous ne disposerions pas de plusieurs des outils d analyse et de prévisions à la base de la présente étude. Regroupements industriels L analyse par industrie présentée dans ce document repose sur une agrégation basée sur le Système de classification des industries de l Amérique du Nord (SCIAN). Nous donnons ici un bref aperçu de la composition de chacun de ces groupes. Une définition précise des industries est disponible dans le SCIAN publié par Statistique Canada. Secteur primaire 11 Agriculture, foresterie, pêche et chasse 21 Extraction minière et extraction de pétrole et de gaz Secteur secondaire 23 Construction 31-33 Secteur de la fabrication Secteur tertiaire 22 Services publics 41-91 Secteur des services Les regroupements suivants peuvent également avoir été utilisés : Fabrication liée à la consommation 311 Fabrication d aliments 312 Fabrication de boissons et de produits du tabac 313 Usines de textiles 314 Usines de produits textiles 315 Fabrication de vêtements

P a g e 8 316 Fabrication de produits en cuir et de produits analogues 323 Impression et activités connexes de soutien 337 Fabrication de meubles et de produits connexes 339 Activités diverses de fabrication Fabrication liée aux ressources 321 Fabrication de produits en bois 322 Fabrication du papier 324 Fabrication de produits du pétrole et du charbon 327 Fabrication de produits minéraux non métalliques 331 Première transformation des métaux Fabrication liée aux investissements 325 Fabrication de produits chimiques 326 Fabrication de produits en plastique et en caoutchouc 332 Fabrication de produits métalliques 333 Fabrication de machines 334 Fabrication de produits informatiques et électroniques 335 Fabrication de matériel, d appareils et de composants électriques 336 Fabrication de matériel de transport Services à la consommation 44-45 Commerce de détail 51 Industrie de l information et industrie culturelle 71 Arts, spectacles et loisirs 72 Hébergement et services de restauration 81 Autres services, sauf les administrations publiques Services à la production 22 Services publics 41 Commerce de gros 48-49 Transport et entreposage 52 Finance et assurances 53 Services immobiliers et services de location et de location à bail 54 Services professionnels, scientifiques et techniques 55 Gestion de sociétés et d entreprises 56 Services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et services d assainissement Services gouvernementaux et parapublics 61 Services d enseignement 62 Soins de santé et assistance sociale 91 Administrations publiques

P a g e 9 Section 1 : Vue d ensemble Description du territoire La région de la Capitale-Nationale couvre une superficie de 18 639 km 2. Elle est délimitée à l ouest par la région de la Mauricie, au nord par celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à l est par celle de la Côte-Nord et au sud par le fleuve Saint-Laurent. Elle comprend, en plus de l agglomération de Québec (ville de Québec, L Ancienne-Lorette, Saint-Augustin-de-Desmaures), six municipalités régionales de comté, soit Charlevoix-Est, Charlevoix, La Côte-de-Beaupré, L île-d Orléans, La Jacques-Cartier et Portneuf. La population est concentrée à près de 80 % dans l agglomération de Québec. La ville de Québec, siège du gouvernement du Québec, où est regroupée la majorité des ministères provinciaux, y occupe une place prépondérante et façonne les caractéristiques de l économie régionale. Démographie L impact du choc démographique est atténué en partie par la forte hausse de la population entre 2006 et 2011 Selon les plus récentes estimations de Statistique Canada, la Capitale-Nationale est la troisième région en termes du nombre d habitants au Québec après Montréal et la Montérégie. La population était estimée à environ 700 620 personnes en 2011 par rapport à 661 060 en 2006, soit une forte hausse de 6 % comparativement à 4,7 % au Québec et l une des augmentations les plus élevées des régions du Québec. La croissance de la population s est accélérée depuis le début des années 2000 sous l influence du dynamisme économique régional. Les naissances, mais plus particulièrement la migration interrégionale et internationale nette, en raison d un marché du travail plus que favorable, expliquent cette élévation. Cet apport de population stimule la demande de biens et services et aide à combler, en partie, les besoins en main-d œuvre sans cesse grandissants dans la région. L arrivée d une nouvelle maind œuvre plus jeune permet aussi de ralentir le processus de vieillissement de la population régionale qui est l une des plus âgées au Québec. Les perspectives démographiques de l Institut de la Statistique du Québec (ISQ) indiquent que le choc démographique appréhendé et ses effets pervers sur l économie et le marché du travail semblent avoir été atténués en partie. Les démographes ne voient plus de déclin de la population dans un avenir prévisible. Le nombre de naissances a augmenté constamment depuis 10 ans pour atteindre un sommet à 7 500 en 2011 (un nombre plus élevé que prévu) et le taux de natalité s est nettement accru depuis le début des années 2000 (même s il demeure inférieur à la moyenne du Québec). Pour la prochaine période quinquennale (2013-2018), l ISQ estime que la population de la région de la Capitale-Nationale croîtra en moyenne de 0,5 % par année, un rythme légèrement inférieur à celui du Québec. En regard des statistiques récentes, il est toutefois permis d être plus optimiste quant aux perspectives démographiques régionales. Selon les prévisions de l ISQ, l évolution à moyen terme de la population s expliquera principalement par l augmentation de la migration interrégionale et internationale car l accroissement naturel sera en constante diminution alors que le bilan migratoire interprovincial demeurera négatif. Le mouvement à la hausse de la population devrait donc continuer à tonifier l économie régionale. Le vieillissement de la population constituera cependant un phénomène important qui aura un impact significatif sur le marché du travail et sur la capacité de la région à combler les emplois disponibles. Le faible indice de remplacement de la main-d œuvre implique en effet que la population en âge de travailler (20-64 ans) commencera à fléchir dès 2014 dans la région. Le solde migratoire interrégional, toujours positif, chez ce groupe d âge et le prolongement de la vie active au travail pourraient peut-être repousser cette échéance et atténuer les conséquences sur la disponibilité de la main-d œuvre. Mais cette tendance

P a g e 10 lourde de l évolution démographique est irréversible dans un avenir rapproché. Elle freinera éventuellement la croissance de l emploi et accentuera les difficultés de recrutement et de rétention de main-d œuvre qualifiée qui sévissent déjà dans plusieurs secteurs de l économie régionale. En plus, il est difficile de s attendre à ce qu une baisse du taux de chômage contribue de façon significative à la hausse de l emploi, car il est déjà très faible. Environnement économique Les impacts de la faible démographie québécoise seront plus marqués d ici quelques années Le Québec arrive au second rang des provinces canadiennes pour la population. Estimée à 8 054 756 habitants au 1 er juillet 2012, elle représente environ 23 % du Canada. Cette proportion baisse depuis plus de 40 ans car la croissance démographique du Québec est moins rapide que celle du reste du Canada. L immigration compte pour plus de 60 % de la croissance de la population du Québec et l Institut de la statistique du Québec (ISQ) s attend à ce que l accroissement naturel devienne négatif d ici 2029. À partir de ce moment, seul un bilan migratoire positif assurera la croissance de la population. Cela peut sembler loin. Pourtant, les difficultés sont déjà présentes dans les marchés du travail du Québec. L adéquation de l offre et de la demande de main d œuvre n est déjà pas aisée à réaliser dans certaines industries et professions et elle le sera encore moins dans un contexte où il y aura contraction de l offre. La démographie freinera de plus en plus le potentiel de croissance du Québec au cours des cinq prochaines années. Les marchés du travail seront touchés par le manque grandissant de nouveaux arrivants pour combler les départs à la retraite et les besoins d une économie en développement. Selon notre estimation, la dynamique de la population âgée de 15 ans et plus deviendrait négative autour de 2015-2016. Pour le groupe des personnes âgées de 20 à 64 ans, plus près de la réalité de la force de travail du Québec, le renversement de la dynamique s effectuerait autour de 2018-2019. Le retrait massif de personnes du marché du travail fera perdre progressivement quelques dixièmes de point de pourcentage à chaque année au taux de chômage. Si rien d autre ne vient enrayer son cheminement, celui-ci pourrait même être inférieur à 6 % en 2016. Au cours de la même période, il y aurait un repli léger du taux d activité (de 64,9 % en 2012 jusqu à 63,7 % en 2016) tandis que le taux d emploi devrait demeurer aux environs de 60 %. La mondialisation a contribué à la propagation des impacts liés aux différents enjeux économiques La mondialisation a contribué à la propagation des impacts liés aux enjeux économiques. Dans un monde où l intégration de la production et des échanges commerciaux est aussi élevée, il est presque impossible de ne pas être touché par les difficultés d une autre économie. C est pourquoi plusieurs organisations internationales ont revu à la baisse les perspectives de croissance de l économie mondiale pour cette année. Selon le Fond monétaire international (FMI) et l Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la «sortie» devrait se matérialiser après 2013. Cependant, la croissance demeurera faible en raison des impacts liés à la de réduction des dépenses de plusieurs gouvernements et à la prudence accrue de la part des entreprises et des individus. L Europe pourrait sortir de la récession en 2013 mais cela est plus probable en 2014. Les importantes mesures de réduction des dépenses ont désarçonné les marchés du travail. Ceux-ci éprouvent de grandes difficultés à progresser et offrent peu de possibilités aux chômeurs. On estime que la croissance économique et de l emploi serait affectée jusqu en 2020. Les économies émergentes continueront d enregistrer des taux de croissance élevés au cours des prochaines années. Cependant, la dynamique sera inférieure aux résultats des dernières années. Pour

P a g e 11 contrer la baisse des affaires sur les marchés extérieurs, plusieurs pays ont mis en place des mesures d atténuation. Aux États-Unis, l absence de consensus au sujet de la gestion de la dette a entraîné, au printemps, le déclanchement d une partie des mesures de contrôle des dépenses du gouvernement fédéral. Si le mécanisme est activé dans son ensemble, il risque de retrancher beaucoup de croissance au produit intérieur brut (PIB) américain, entrainant avec lui une partie de la croissance des économies canadienne et québécoise. Pour l instant, la croissance modérée de l économie américaine se poursuit. L accélération de la croissance en cours de 2013 fait consensus parmi les économistes : 2014 se présentera sous des jours meilleurs. Déjà, la hausse du nombre de mises en chantier aux États-Unis au cours des dernières années est un signe positif pour le Québec, notamment en regard des exportations de produits en bois. Au Canada, selon le consolidé des prévisions des principales institutions financières canadiennes (février 2013), on s attend à une croissance du PIB de 1,8 % en 2013 et de 2,5 % en 2014. Au cours des dernières années, on a observé un certain ralentissement du rythme de croissance en raison de la lente évolution du commerce mondial et de la réduction des dépenses des administrations publiques. Exportations et développement Canada (EDC) s attend à ce que la croissance des exportations se poursuive en 2013 sauf avec l Europe. Toujours selon le consolidé, au cours des deux prochaines années, la croissance d emploi sera modérée au Canada alors que le taux de chômage devrait se maintenir aux environs de 7,2 % en 2013 avant de diminuer par la suite avec l amélioration des conditions d affaires partout dans le monde. Au Québec, le consensus des principales institutions financières canadiennes place la croissance du PIB à 1,4 % en 2013 et à 2,0 % en 2014. Ces perspectives sont plus faibles que ce que le Québec a déjà connu. Parmi les causes, il y a le ralentissement du rythme de croissance des dépenses des ménages, les investissements privés qui ne génèrent pas autant d effet d entraînement sur l économie que par le passé, la lente croissance des exportations et l assainissement des finances publiques. Comme le potentiel de croissance du Québec réside en bonne partie dans l amélioration du commerce extérieur, nous nous attendons à quelques années de faible progression, autant au chapitre de l économie que celui de l emploi. Les prévisions à l exportation d EDC sont positives en ce qui a trait au secteur de la forêt, qui devrait bénéficier de l amélioration dans la construction résidentielle aux États- Unis, et aux biens de consommation, aussi vers les États-Unis. Mais la croissance sera contenue en raison d un ralentissement dans les biens industriels. La Capitale-Nationale La situation de la région demeure enviable mais les années de forte croissance semblent être derrière elle Les principaux indicateurs économiques révèlent que la situation de la région de la Capitale-Nationale demeure enviable mais les années de forte croissance semblent être derrière elle. Le produit intérieur brut aux prix de base (PIB) était estimé à près de 30,8 milliards de dollars en 2011. Au cours des dix dernières années (2002-2011), le PIB de la région a affiché une croissance moyenne de 4,6 % comparativement à 3,8 % pour le Québec et l'une des plus élevées de l'ensemble des régions du Québec. Les deux dernières années indiquent cependant que la progression du PIB régional n a surpassé que très légèrement la moyenne provinciale et qu elle ne se situait plus dans le peloton de tête des régions du Québec à ce chapitre. L évolution du revenu disponible des ménages par habitant (RDMH) a suivi une tendance identique. En 2011, il s établissait à 26 431 dollars, un niveau supérieur à celui de l ensemble du Québec et le cinquième plus élevé de toutes les régions. Toutefois, en 2010 et 2011, la croissance du RDMH a été inférieure à celle du Québec et s est établie dans le dernier tiers des régions.

P a g e 12 En 2012, les investissements régionaux étaient évalués à 6,8 milliards de dollars, le troisième plus élevé des régions administratives. La valeur des dépenses en immobilisations a augmenté d environ 56% au cours des cinq dernières années comparativement à la période quinquennale précédente, une progression deux fois plus élevée que celle du Québec. Après des années fastes entre 2006 et 2009, le rythme de croissance des investissements a fortement ralenti au cours des trois dernières années signalant ainsi un certain plafonnement. La progression de la valeur des investissements a été nettement inférieure à celle du Québec pour chacune des années de 2010 à 2012 et parmi les plus faibles de l ensemble des régions. La Capitale-Nationale n échappe pas non plus aux efforts de compressions exigés par le gouvernement du Québec. Les enveloppes dédiées aux organismes qui œuvrent au développement régional seront amputées. De plus, le ralentissement des dépenses en infrastructure du gouvernement provincial aura des impacts sur la mise en œuvre de quelques projets régionaux notamment en ce qui concerne certains travaux routiers. D autres défis attendent également la Capitale-Nationale : l accroissement des exportations, la diversification des marchés étrangers, l amélioration de la productivité, le développement de l entrepreneuriat et la disponibilité de la main-d œuvre. Québec n attire pas beaucoup d immigrants et de Canadiens, son pouvoir d attraction se limite aux personnes qui proviennent d ailleurs au Québec. Il s agit là de problèmes auxquels la région devra faire face afin de maintenir la vigueur de son économie. En dépit de ces observations, plusieurs éléments devraient continuer à favoriser l expansion de l économie de la région. Sa main-d œuvre scolarisée, ses nombreux centres de recherche et les bas coûts d implantation constituent des attraits pour inciter les entreprises à s y installer. La vigueur de son marché du travail, sa qualité de vie et sa richesse culturelle séduisent les travailleurs et contribuent à l amélioration du bilan migratoire interrégional et à l accroissement de la population. La valeur des projets de construction en cours témoigne aussi de la vitalité de l économie de la Capitale-Nationale. Indiquant la tendance à venir, la valeur des permis de bâtir montrait aussi une hausse de 9,4% en 2012 comparativement à 4,6% au Québec. Indicateurs du marché du travail La Capitale-Nationale s en est plutôt bien tirée malgré une performance plus retenue en 2012 En dépit de la conjoncture économique plus difficile à l échelle mondiale, nationale et provinciale, la région de la Capitale-Nationale s en est plutôt bien tirée en 2012, et ce, même si le marché du travail a montré des signes de fatigue en cours d année. Évoluant dans une économie ouverte, la région n a pu échapper complètement au ralentissement de l économie. La performance du marché du travail régional a donc été plus retenue qu au cours des dernières années. Le fléchissement de l emploi au deuxième semestre a, en effet, atténué la croissance annuelle de l emploi qui s est établie à 1,6% comparativement à 2,6% l an dernier. De plus, les gains nets d emplois ont été majoritairement constitués de postes à temps partiel et la population active a crû plus modestement (1,4% par rapport à 3,5%). Par contre, le nombre de chômeurs s est abaissé de quelques centaines (-400). La création de 6 000 postes en 2012 a permis à la région de prolonger sa séquence de croissance et d atteindre un nouveau sommet avec 381 200 emplois. Le secteur des services a concentré l ensemble des gains nets d emploi alors que le secteur de la production de biens a renoué avec les pertes nettes. Les principales industries qui ont vu leur niveau d emploi se redresser sont : l enseignement, l information, la culture et les loisirs ainsi que les services professionnels, scientifiques et techniques. Le ralentissement des dépenses des ménages a cependant porté ombrage aux services de consommation qui ont enregistré des pertes d emplois notamment dans le commerce, l hébergement et la restauration ainsi que les autres services. Du côté de la production de biens, les replis les plus importants ont été observés dans la construction et la fabrication qui tarde à se sortir d impasse. Malgré une baisse de régime en 2012 au chapitre de la création d emploi, la situation de la région de la Capitale-Nationale est demeurée enviable. L emploi a progressé à un rythme plus rapide que celui de la majorité des autres régions du Québec et deux fois plus élevé que celui de la province (0,8%). Les

P a g e 13 principaux indicateurs révèlent aussi qu elle s est classée parmi les trois meilleures régions du Québec en ce qui a trait au taux d activité (68,2%, 3 e ), d emploi (64,3%, 1 ère ) et de chômage (5,6%, 2 e ). Tableau 1 Principaux indicateurs du marché du travail, 2010-2012 Région de la Capitale-Nationale 2010 2011 2012 Moyenne Population de 15 ans et plus (en milliers) 581,4 588,3 594,2 588,0 Population active (en milliers) 386,1 399,5 405,0 396,9 Emplois (en milliers) 366,6 376,1 382,1 374,9 Chômeurs (en milliers) 19,5 23,3 22,9 21,9 Taux d activité 66,4 % 67,9 % 68,2 % 67,5 % Taux de chômage 5,1 % 5,9 % 5,6 % 5,5 % Taux d emploi 63,1 % 63,9 % 64,3 % 63,8 % Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, données non désaisonnalisées Données compilées par Service Canada

P a g e 14 Section 2 : Perspectives sectorielles Structure industrielle La tertiarisation de l économie se poursuit. En 2012, 88% de l emploi était concentré dans ce secteur L économie de la région de la Capitale-Nationale repose essentiellement sur l industrie des services. Les services gouvernementaux et parapublics sont particulièrement présents. La notoriété de la région, basée sur ses attraits naturels, culturels et historiques fait en sorte que l industrie touristique y occupe une place prépondérante. Sa situation géographique la consacre aussi comme étant un carrefour stratégique pour le transport et le commerce. La dynamique de l économie régionale s est beaucoup diversifiée au fil des ans. Elle a évolué en s ajustant à la demande des consommateurs et des entreprises mais aussi en fonction des changements conjoncturels et structurels des industries. Elle s internationalise de plus en plus au moyen de l économie créative et innovante ce qui contribue à la croissance des services. Ce secteur, qui concentrait environ 82 % des emplois régionaux en 1987, a vu sa part relative croître à 88 % en 2012. La tertiarisation de l économie régionale s est réalisée principalement par l expansion des services à la production mais aussi sous l influence de l amenuisement du secteur de la fabrication et du secteur primaire. Le nombre d emplois liés à l activité manufacturière est en diminution constante depuis quelques années. Toujours selon les chiffres de 2012, la fabrication rassemblait à peine 6% de l emploi régional par rapport à 10% en 2006. L accélération des investissements publics et privés au cours des dernières années a permis d accroître la représentativité de l industrie de la construction. Les industries du secteur primaire regroupaient autour de 1 % de l emploi total dans la région. Perspectives Une croissance économique et de l emploi plus modérée est attendue pour les prochaines années À l instar du Québec, une croissance économique plus modérée est attendue pour la Capitale-Nationale aux cours des prochaines années. Plusieurs organismes estiment que la croissance du PIB réel de la RMR de Québec se situera autour de 2% en moyenne par année entre 2013 et 2015 ce qui constituera un ralentissement par rapport aux années antérieures. Cette situation découlera d une diminution de la demande intérieure générée, d une part, par une plus faible progression du revenu disponible et, d autre part, par le relâchement des investissements et l austérité budgétaire des gouvernements. De plus, le marché extérieur demeurera difficile pour les exportateurs locaux en raison de la faiblesse de l économie mondiale, de la valeur élevée du dollar canadien et de la timide reprise aux États-Unis. Par surcroît, les expéditions manufacturières régionales sont majoritairement destinées aux autres régions du Québec et à l Ontario, deux provinces qui afficheront peu de vigueur économique dans un avenir rapproché. L expansion plus faible de l industrie des services et de la construction influencera le rythme global de l accroissement de l emploi. Les difficultés persistantes du secteur manufacturier altèreront également la dynamique de la création d emploi à court terme. La stratégie de développement économique s appuiera sur la haute technologie, l innovation, la créativité et la culture. Pour les intervenants régionaux, la poursuite de la diversification économique implique aussi le développement de l esprit entrepreneurial. Les missions économiques ciblées se poursuivront afin d attirer des capitaux étrangers et des ressources humaines compétentes. La Ville de Québec orientera aussi son développement par l élaboration et la mise en œuvre de plusieurs plans particuliers d urbanisme dans différents secteurs géographiques de façon à optimiser leur expansion en fonction de leurs caractéristiques propres. Sur le plan de l emploi, on s attend à ce que le ralentissement de la

P a g e 15 croissance, amorcé l an dernier, se poursuive au cours de la période de prévision. La croissance économique devrait générer environ 9 700 emplois supplémentaires, la grande majorité dans le secteur des services. Le taux de croissance annuel moyen de l emploi se situera à 0,9% et correspondra à celui de la moyenne québécoise. La plupart des secteurs industriels contribueront à l évolution positive du marché du travail. Les industries de la santé et des services sociaux, des services professionnels, scientifiques et techniques, des services aux entreprises ainsi que les industries du transport exerceront une influence prépondérante. Nous anticipons une croissance modérée dans les industries de l information, de la culture et des loisirs, de l hébergement et de la restauration et dans le commerce. La progression sera plus modeste dans la construction, la fabrication et l enseignement. Les administrations publiques maintiendront, quant à elles, leurs objectifs de décroissance des effectifs alors que le niveau d emploi du secteur primaire demeurera relativement stable. Tableau 2 Répartition et perspectives de l'emploi selon certains regroupements industriels Région de la Capitale-Nationale Niveau en milliers Moyenne 2010-2012 2013-2015 Part de l emploi total Taux de croissance annuel moyen Au Régional Québec Régional Régional Au Québec Ensemble des industries 374,9 100,0 % 100,0 % 0,9 % 0,9 % Primaire 4,1 1,1 % 2,2 % 0,1 % 0,5 % Fabrication 24,1 6,4 % 12,5 % 0,3 % 0,6 % Construction 19,0 5,1 % 6,0 % 0,4 % 0,6 % Services 327,7 87,4 % 79,2 % 0,9 % 1,0 % Services à la consommation 99,9 26,7 % 27,2 % 0,9 % 1,0 % Services à la production 100,8 26,9 % 26,0 % 1,4 % 1,3 % Services gouvernementaux et parapublics 127,0 33,9 % 26,0 % 0,6 % 0,9 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Secteur primaire L activité agricole demeure vulnérable, la foresterie en sortie de crise mais toujours soumise à des facteurs négatifs Le secteur primaire n occupe pas une large place dans la région de la Capitale-Nationale et ce, tant du côté de l emploi que de celui de la production. La majorité des emplois est concentrée dans l industrie de la culture agricole et de l élevage ce qui se reflète aussi dans les niveaux de production. La tendance historique indique un lent repli de l'emploi induit par le déclin des industries agricoles et plus récemment par les difficultés de la foresterie et de l exploitation forestière. Au Québec, la production a évolué en dents de scie au cours des dernières années mais l année 2012 constituait une deuxième baisse consécutive en raison du recul de la production de la plupart des industries composant ce secteur. Les exportations ont augmenté considérablement depuis 2007. Cette hausse a été générée par des ventes accrues de l industrie de l extraction minière. Les investissements ont également été soutenus en raison du niveau élevé des dépenses en construction pour accroître la capacité de production du secteur minier, stimulé par les prix élevés des métaux. Les investissements seront toutefois en baisse en 2013 dû au repli des dépenses en immobilisations du secteur minier. Au cours des prochaines années, nous anticipons une relative stabilité (0,1%) de l emploi dans la région. Le très léger fléchissement de l emploi en agriculture sera compensé par une faible hausse dans les industries de l exploitation forestière et de l extraction minière.

P a g e 16 Tableau 3 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur primaire Moyenne 2010-2012 2013-2015 Taux de Niveau Part de l emploi Région de la Capitale-Nationale croissance en milliers total annuel moyen Au Au Régional Régional Régional Québec Québec Ensemble du secteur primaire 4,1 1,0 % 2,2 % 0,1 % 0,5 % Agriculture 2,7 0,7 % 1,4 % -0,2 % -0,2 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Agriculture : cultures agricoles, élevage et aquaculture Dans la Capitale-Nationale, l industrie agricole est caractérisée par la présence de nombreux petits établissements, 95% d entre eux ayant un effectif inférieur à vingt employés et 70% à moins de cinq. La production locale tend à se diversifier, elle n est plus centrée sur le secteur laitier mais s oriente également du côté des produits maraîchers et des fermes d élevages. La structure de l industrie et le type de production nécessitent principalement une main-d œuvre temporaire et à temps partiel. L industrie doit relever plusieurs défis. Le nombre d exploitations agricoles est en baisse depuis plusieurs années mais on assiste, en parallèle, à une consolidation de l industrie par l avènement de quelques entreprises de plus grande taille. Les problèmes de relève, dus aux coûts élevés d acquisition et d exploitation, sont exacerbés par la spéculation des terres et l augmentation des taxes foncières notamment dans la partie urbaine et périurbaine du territoire. La proximité du développement urbain exerce aussi une pression pour des demandes de dézonage agricole. L industrie est de plus en plus dépendante de la main-d œuvre étrangère en raison des problématiques de recrutement de travailleurs saisonniers en haute saison. La commercialisation et l accès aux produits dans les chaînes d alimentation constituent d autres contraintes pour les producteurs. Enfin, les négociations de l OMC et celles du libreéchange Canada-Europe présentent toujours une menace pour certaines productions. Ces divers éléments influenceront le potentiel de l industrie dans les années à venir. Par ailleurs, l essor des produits du terroir, l émergence de productions de niches, le développement de l agrotourisme et de l agriculture soutenue par la communauté, l accroissement des activités de transformation et de vente à la ferme ainsi que l instauration d identifications géographiques protégées favorisent le maintien des petites entreprises. Malgré certaines conditions favorables, l activité agricole demeure vulnérable. En conséquence nos prévisions se dirigent vers une très faible diminution de l emploi (-0,2%). Foresterie et exploitation forestière L industrie régionale de la foresterie et des exploitations forestières est composée majoritairement (67%) de très petits établissements (moins de cinq employés). De plus, leur nombre a fortement diminué entre 2000 et 2010 puisque près du quart des établissements a disparu. Cette industrie est importante pour plusieurs municipalités de la Côte-de-Beaupré, de Portneuf et de Charlevoix où elle génère des retombées économiques significatives. La crise du bois d œuvre, les difficultés des industries en aval ainsi que la réduction des superficies d exploitations ont provoqué une baisse de la rentabilité des opérations et conduit à une réduction des effectifs au fil des ans. La tendance historique révèle un déclin constant du niveau d emploi mais plus récemment on observe une légère remontée. Bien qu en sortie de crise, l industrie est toujours influencée par les effets négatifs de plusieurs facteurs dont les baisses des possibilités forestières, sa dépendance aux activités de fabrication ainsi que les problématiques de relève. À cela s ajoute l inquiétude quant à l abaissement potentiel des budgets gouvernementaux et son impact sur les travaux d aménagements forestiers. Les perspectives demeurent

P a g e 17 donc mitigées à court terme. Les signaux divergents des indicateurs montrent que la reprise est timide et peu convaincante. D ailleurs les investissements de l industrie en 2013 seront en baisse au Québec pour se retrouver à leur plus bas niveau en 15 ans. On entrevoit cependant une embellie vers la fin de la période de prévision grâce à l amélioration de l économie américaine et de son secteur immobilier. De plus, de nouveaux débouchés et la relance graduelle de l industrie des produits en bois sont de bon augure. La progression de l emploi sera ténue, soit de 0,3% par année. Extraction minière, exploitation en carrière et extraction de pétrole et de gaz L activité minière régionale est peu élevée et s appuie essentiellement sur l extraction de minéraux non métalliques (granite, calcaire, sable et gravier). Quelques sociétés d'exploration minière, gazière et pétrolière ont aussi leurs sièges sociaux ou des bureaux à Québec. L incertitude économique et le fléchissement des prix des ressources provoquent un essoufflement du secteur des mines et métaux alors que plusieurs projets sont mis en veilleuse. Le PIB de l industrie a d ailleurs fléchi pour une deuxième année de suite au Québec. De plus, les intentions d investissements seront en baisse à l échelle provinciale en 2013. La tendance de long terme demeure par contre favorable à l industrie. De par sa composition, l industrie minière de la Capitale-Nationale répond davantage à la dynamique du secteur de la construction qu à l évolution de la demande des métaux. La popularité croissante des matériaux nobles et la transformation de ceux-ci en produits finis stimulent la demande. Les perspectives de l industrie sont positives pour la prochaine période de prévision mais, compte tenu sa taille, les gains d emplois seront modestes. Industrie de la construction Ralentissement de la croissance dans la construction mais le niveau d activité demeurera élevé Le niveau d activité de l industrie de la construction a été soutenu au cours des dernières années et sa contribution à l économie régionale s est accrue considérablement. L emploi a suivi une tendance haussière en s élevant de 9,7 % par année au cours des cinq dernières années. L industrie de la construction employait en moyenne 19 000 personnes dans la région de la Capitale-Nationale entre 2010 et 2012 ce qui représentait 5,1 % du total de l emploi. Au Québec, les perspectives provisoires de la Commission de la construction du Québec (CCQ) laissent entrevoir un possible repli de l activité en 2013. Cette contraction résulterait de l affaiblissement du secteur résidentiel généré par la baisse des mises en chantier et du ralentissement des travaux d infrastructures dû à la réduction des dépenses publiques. Le secteur industriel, de son côté, serait en pause en raison des hésitations quant à la mise en œuvre des projets dans le secteur minier et l industrie de la première transformation des métaux. Le secteur institutionnel et commercial pourrait aussi être affecté. Les difficultés budgétaires des gouvernements étant susceptibles de forcer la priorisation des projets et peut-être de repousser le lancement de certains d entre eux. Dans la région, la situation est un peu différente et la période triennale qui s amorce devrait être légèrement positive sur le plan de l emploi. Toutefois, compte tenu du niveau d activité déjà très élevé, la progression sera nettement plus modeste qu au cours des années antérieures. À l instar du Québec, le déclin de la construction résidentielle affectera le niveau d activité mais l impact sera cependant atténué par l environnement économique régional (croissance de l emploi et de la population) qui permettra de soutenir le secteur immobilier notamment du côté du marché locatif. De plus, le marché de la revente conservera son tonus ce qui favorisera les dépenses de rénovation. Celles-ci seront aussi stimulées par le vieillissement du parc immobilier et les besoins en aménagement des résidences en fonction du style de vie d une population qui gagne en âge. La valeur des permis de bâtir du secteur résidentiel était

P a g e 18 également à la hausse en 2012 pour se situer à plus de 1,1 milliard de dollars ce qui augure bien pour la prochaine année. Le recul anticipé par la baisse du secteur résidentiel et le ralentissement des investissements en infrastructures du gouvernement du Québec seront compensés à l échelle régionale par la présence de grands chantiers et la poursuite de nombreux projets en cours. Mentionnons entre autres, l intensification de la construction de l amphithéâtre (400 millions de dollars), la poursuite du développement du parc éolien de la Seigneurie de Beaupré (800 millions de dollars), l amorce de celui de Rivière-du-Moulin (800 millions de dollars), la modernisation de l aéroport (225 millions de dollars) et le début de l érection de l écoquartier d Estimauville (250 millions de dollars). Par ailleurs, la Ville de Québec prévoit aussi la continuité des projets majeurs ainsi que la construction de nouveaux équipements. La pérennité des infrastructures demeure une des priorités alors que la Ville y consacrera près de 630 millions de dollars sur les 1,6 milliards de dollars prévus au programme triennal des investissements 2013-2015. En décembre 2012, la valeur des projets en activités dans la région était estimée à près de 5,2 milliards de dollars. En conséquence, le niveau d emploi de l industrie de la construction progressera au rythme de 0,4 % par année. Secteur de la fabrication La fabrication encore sous pression mais en meilleure position pour éventuellement se relancer Le secteur de la fabrication éprouve toujours des difficultés. Après un bref rebond en 2011, le fléchissement de l emploi et des investissements régionaux en 2012, jumelés au déclin de la production, des exportations et des livraisons québécoises au cours de la dernière année, indiquent que les problèmes de ce secteur ne sont pas terminés et qu ils pourraient même se poursuivre au début de la prochaine période de prévision. Depuis son sommet en 2006, l emploi manufacturier régional a diminué pour une cinquième fois en six ans pour se situer au même niveau qu au début des années 1990. Le volume d emplois de plusieurs industries est désormais très faible voire marginal par rapport à l emploi régional. Au fil des ans, la dynamique manufacturière régionale s est transformée sous l effet combiné de la conjoncture économique, des changements structurels des industries, de l évolution des chaînes de valeurs et du rééquilibrage des forces économiques entre les pays développés et émergents. En parallèle à sa transformation et afin d assurer sa pérennité, l industrie régionale de la fabrication a diversifié ses marchés et sa production en misant sur des créneaux spécifiques (niches), sur l innovation (produits à plus grande valeur ajoutée) et en accroissant les services qu elle offre à ses clients. Elle a également intensifié ses investissements en machines et équipement afin de rehausser sa productivité et ainsi améliorer sa compétitivité et sa rentabilité. Bien qu il soit toujours sous pression, le secteur manufacturier régional semble néanmoins en meilleure position aujourd hui pour éventuellement se relancer mais la convalescence sera longue. D ici à 2015, l industrie de la fabrication devra composer avec un environnement incertain et la volatilité de plusieurs coûts d exploitation. Elle sera également confrontée au double défi d une monnaie canadienne forte combinée à une concurrence mondiale accrue et à l incertitude économique. À court terme, d autres pertes d emplois sont prévisibles, notamment dans les industries des pâtes et papiers, des produits chimiques, de l impression et des activités diverses de fabrication. Toutefois, le relèvement progressif de l économie mondiale et nord-américaine devrait favoriser le rétablissement de certaines industries plus sensibles aux exportations. Le redressement ne sera cependant pas très marqué car les exportations des manufacturiers de la région semblent de plus en plus soumises à l évolution de la conjoncture économique canadienne et québécoise et de moins en moins influencées par l activité économique mondiale et américaine. En 2010, près des trois-quarts des revenus découlant des biens fabriqués dans la Capitale-Nationale étaient issus de ventes réalisées au Canada (dont 44,5 % au Québec, 15,4 % en Ontario) soit l une des plus fortes proportions de l ensemble des régions du Québec.

P a g e 19 À court terme, la faible croissance économique anticipée au Québec et en Ontario ne devrait pas stimuler fortement l activité manufacturière régionale. Pour les trois prochaines années, nous anticipons une faible croissance de l emploi. Les pertes nettes d emploi qui seront encaissées en début de période seront graduellement récupérées grâce à une reprise anticipée de l activité en 2014 et 2015. Les industries de la fabrication reliées à l investissement (0,8 %) assureront la quasi-totalité de la progression de l emploi alors que celles liées à la consommation (0,1 %) et aux ressources (-0,1 %) demeureront sensiblement à leurs niveaux actuels. D ici à 2015, dans l ensemble de la fabrication, l emploi augmentera au rythme de 0,3 % par année, un redressement qui sera inférieur à celui du Québec où une légère croissance est prévue (0,6 %). Fabrication liée à la consommation Le niveau d emploi se maintiendra grâce à la performance de l industrie des aliments et boissons Tableau 4 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur de la fabrication liée à la consommation Région de la Capitale-Nationale Moyenne 2010-2012 2013-2015 Taux de Niveau Part de l emploi croissance en milliers total annuel moyen Régional Régional Au Québec Régional Au Québec Ensemble du secteur de la fabrication 24,1 6,4 % 12,5 % 0,3 % 0,6 % Fabrication liée à la consommation 8,2 2,2 % 4,5 % 0,1 % 0,1 % Aliments, boissons et produits du tabac 3,6 1,0 % 2,0 % 0,6 % 0,6 % Meubles et produits connexes 1,7 0,4 % 0,7 % 0,0 % 0,2 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Cette catégorie manufacturière a suivi une pente descendante entre 2005 et 2011 alors que le niveau d emploi s est abaissé de 42 %. Le recul marqué de l emploi des dernières années a laissé place à une reprise en 2012 qui a été essentiellement générée par le relèvement de l emploi de l industrie des aliments. Les éléments structurels et conjoncturels qui ont mené au déclin et à la transformation de plusieurs industries composant ce regroupement sont toujours présents et ne permettront pas un renversement de tendance d ici 2015. À l'exception de l'industrie des aliments et boissons, les exportations des industries locales de ce segment manufacturier sont relativement peu élevées. Au cours des prochaines années, la croissance prévue dans la fabrication d aliments compensera tout au plus les pertes anticipées dans les industries de l impression et les activités diverses de fabrication alors que le niveau d emploi des autres industries demeurera relativement stable. Globalement, le volume d emploi du manufacturier à la consommation fera du surplace (0,1 %). Fabrication d aliments, de boissons et de produits du tabac L'industrie des aliments, de boissons et des produits du tabac est la plus importante du segment de la fabrication liée à la consommation. Entre 2010 et 2012, elle rassemblait environ 44 % du total de l emploi de ce regroupement dans la région de la Capitale-Nationale. Si les exportations québécoises suivent une pente ascendante depuis la dernière récession, la performance globale de l industrie est plus mitigée. En effet, la croissance du PIB s est atténuée constamment depuis 2009 pour devenir négative en 2012. Les livraisons ont aussi chuté au cours de la dernière année et on anticipe un repli des investissements en 2013 au Québec. De plus, certains

P a g e 20 industriels s inquiètent des conséquences potentielles de la conclusion éventuelle de l entente de libreéchange avec l union européenne. D'autres appréhendent l intensification de la concurrence américaine suite au projet d abroger la réglementation régissant les formats des contenants. D un autre côté, la hausse du prix des denrées alimentaires et les pressions exercées par les grands détaillants pour limiter les augmentations de prix minent les marges bénéficiaires des transformateurs alimentaires. La recherche et développement est déterminante dans ce marché mature car elle favorise l introduction de nouveaux produits qui répondent aux modifications des habitudes de consommation dictées, en partie, par le changement des caractéristiques démographiques. Dans la région, malgré l augmentation des investissements en machines et équipement et la construction de nouvelles installations, les dernières données disponibles montrent un fléchissement du PIB et un niveau d emploi qui a suivi une tendance baissière entre 2007 et 2011. L évolution du nombre d établissements révèle aussi qu il y a eu une consolidation dans cette industrie. On dénombre moins d entreprises au total, mais la taille des usines a augmenté. Les perspectives de cette industrie dépendent principalement de l évolution de la population et du revenu disponible, des éléments qui seront en progression au cours des prochaines années. Par ailleurs, plusieurs entreprises misent sur une stratégie d expansion et de positionnement sur le marché nordaméricain pour accroître leurs ventes mais les retombées locales pourraient être modestes sur le plan de l emploi car certains investissements se réaliseront au sud de la frontière. Le redressement de l emploi de l'industrie en 2012 est de bon augure pour les perspectives à venir. La poursuite des investissements devraient éventuellement favoriser la production et l emploi. La croissance de l emploi sera toutefois atténuée par les gains de productivité et les difficultés de recrutement. La progression se limitera à 0,6 % par année. Usines de textiles et de produits textiles L analyse de la performance des industries des usines de textile, des produits textiles et de la fabrication de vêtements et de produits en cuir est de plus en plus difficile en raison de l absence de plusieurs données économiques récentes à l échelle locale et provinciale. On observe toutefois, depuis plusieurs années, le déclin de la production, des exportations, des livraisons et des investissements. L ouverture des marchés et la forte concurrence internationale ont conduit à l affaissement de ces industries au Québec. Dans la région, la majorité des emplois est concentrée dans l industrie de la fabrication de vêtements et de produits en cuir. La délocalisation de la production a provoqué la mutation de plusieurs entreprises de cette industrie vers les activités de conception et de distribution. Les stratégies de commercialisation de ces entreprises et les investissements dans les installations de production à l étranger permettront d accroître les ventes mais auront peu d effet sur l emploi local, la production de masse se réalisant à l extérieur de nos frontières. Dans la fabrication de vêtements, les productions spécialisées (vêtements corporatifs, sportifs, pour enfants) se maintiennent et favorisent une relative stabilité. Par ailleurs, la région tente de se définir une identité mode par l entremise du regroupement l Usine mode de Québec. Celui-ci vise, entre autres, à améliorer la visibilité de l industrie et favoriser l achat local. Il désire également soutenir les créateurs de mode en facilitant l accès au financement et en organisant des activités de mentorat et d aide aux jeunes entrepreneurs. L industrie mise aussi sur certains créneaux pour tenter de tirer son épingle du jeu (confection de vêtements sur mesure, haut de gamme, accessoires modes, literie). L ensemble de ces actions devraient permettre tout au plus de maintenir le niveau d emploi mais la situation demeure précaire dans cette industrie. Impression et activités connexes de soutien L introduction des technologies numériques a complétement transformé le secteur de l impression en modifiant les comportements des consommateurs et en favorisant l apparition de nouveaux produits et services en ligne. En accentuant la dématérialisation de l information, les avancées technologiques ont aussi contribué à exacerber la concurrence dans un marché déjà très compétitif. La rivalité accrue entre les imprimeurs et les médias, les conditions de marchés difficiles des dépenses publicitaires et

P a g e 21 l augmentation des coûts ont influencé à la baisse les marges bénéficiaires des entreprises. La structure de l industrie s est ainsi modifiée sous l effet de la consolidation et de la fermeture de plusieurs petits établissements. Dans ce contexte, il n est pas étonnant de constater que les principaux indicateurs économiques aient été à la dérive aux cours des dernières années Le PIB, les livraisons et les exportations ont reculé fortement entraînant avec eux un repli prononcé de l emploi. L industrie traverse toujours une période de changements mais son adaptation graduelle à ce nouvel environnement laisse présager un ralentissement du déclin. Le repli du PIB en 2012 était le plus faible des quatre dernières années. Les réorganisations et les rationalisations se poursuivent mais en parallèle on constate que les entreprises accroissent la production et la distribution de contenus numériques dans l optique d une offre intégrée de produits imprimés, numériques, mobiles et interactifs. D ailleurs, à l échelle régionale on remarque une relative stabilité de la production et de l emploi depuis quelques années. Les investissements se maintiennent notamment du côté des machines et équipement ce qui favorise la productivité, la compétitivité et la rentabilité des entreprises. D ici 2015, le niveau d emploi pourrait diminuer mais très faiblement (-0,2 %). Fabrication de meubles et de produits connexes L industrie du meuble et de produits connexes dans la région est principalement axée sur la production d armoires et de composantes d armoires, une activité fortement influencée par l évolution de la construction résidentielle. Elle est aussi moins exposée aux aléas de l économie américaine et internationale que l ensemble de l industrie québécoise du meuble ce qui explique, en partie, sa plus grande résilience. Les difficultés de l industrie du meuble semblent s adoucir mais leurs impacts sont demeurés négatifs en 2012 sur la production, les livraisons et les exportations québécoises. Ces indicateurs se situent toujours à des niveaux historiquement bas. Dans la région, la valeur des investissements a évolué à la hausse en 2012 mais elle se situait, malgré tout, au troisième plus bas niveau depuis 1998. De plus, le ralentissement de la construction domiciliaire au Canada et au Québec permet d anticiper une baisse de la demande d armoires. Par contre, le marché de la revente, le vieillissement du parc immobilier et les caractéristiques démographiques continueront de favoriser les aménagements intérieurs et les dépenses de rénovation ce qui permettra d'atténuer les effets du recul des mises en chantier. Enfin, l amélioration graduelle du marché immobilier américain devrait être profitable à l industrie du moins aux entreprises qui exportent dans cette région. Nous prévoyons une stabilité de l emploi au cours des trois prochaines années. Activités diverses de fabrication Il est difficile, étant donné son caractère hétéroclite, de prévoir la tendance de l industrie des activités diverses de fabrication. Cette industrie résiduelle regroupe, en effet, un éventail varié d activités évoluant dans des marchés distincts et en fonction de conditions économiques différentes. Toutefois, les indicateurs économiques révèlent un repli de la production, des livraisons et des exportations au Québec. On anticipe aussi une diminution des investissements en 2013 mais ceux-ci demeureront à un niveau historiquement élevé. Dans la région, la tendance de l emploi sera dictée par la fermeture de l entreprise Neurostream Technologies en mars 2013 qui entraînera la mise à pied d une cinquantaine d employés. Ces pertes d emplois ne pourront pas être entièrement compensées par les intentions d embauches de Nobel Biocare suite à l agrandissement son usine de fabrication. Le niveau d emploi fluctuera à la baisse de 0,6 % en moyenne par année. Fabrication liée aux ressources La faible progression de l économie mondiale affectera les exportations des industries liées aux ressources

P a g e 22 Tableau 5 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur de la fabrication liée aux ressources Région de la Capitale-Nationale Niveau en milliers Régional Moyenne 2010-2012 2013-2015 Part de l emploi total Régional Au Québec Taux de croissance annuel moyen Au Régional Québec Ensemble du secteur de la fabrication 24,1 6,4 % 12,5 % 0,3 % 0,6 % Fabrication liée aux ressources 6,0 1,6 % 2,6 % -0,1 % 0,0 % Produits en bois 1,6 0,4 % 0,9 % 0,4 % 0,8 % Première transformation des métaux 2,0 0,5 % 0,6 % 0,2 % 0,0 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Depuis cinq ans, le niveau d emploi de la fabrication liée aux ressources s est replié au rythme de 5,8 % par année. En 2012, la plupart des industries composant ce regroupement ont rehaussé leur niveau d emploi à l exception des pâtes et papiers. La performance de ce segment manufacturier est étroitement liée à sa capacité d exportation. Au cours des prochaines années, l anémie des économies développées et le ralentissement de la croissance dans les pays émergents atténueront la demande globale pour les produits de base. En même temps, l offre continuera de se bonifier avec la venue de nouveaux producteurs, notamment dans les pays émergents où les matières premières sont abondantes et le coût de l énergie plus abordable. Le marché de l exportation sera donc plus resserré. Plus près de nous, la baisse des dépenses en infrastructures et l affaiblissement du dynamisme de l industrie du bâtiment modéreront l élan de certaines industries de ce regroupement. Par ailleurs, les différents matériaux (bois, métaux, minéraux non métalliques, polymères et composites) se livrent bataille pour mousser leur utilisation dans les domaines de la construction et de la fabrication. La substitution potentielle des matériaux constitue un autre élément qui intensifie la concurrence. Au cours de la prochaine période triennale, nous prévoyons une relative stabilité de l emploi (0,1 %). Fabrication de produits en bois L industrie de la fabrication des produits en bois est une composante importante du manufacturier lié aux ressources puisqu elle concentre un peu plus du quart (26,3 %) de l'emploi de ce segment dans la région. Les signes vitaux de l industrie québécoise des produits en bois semblent indiquer que celle-ci prend du mieux. Même s ils demeurent toujours en baisse par rapport à leur niveau d avant-récession, le PIB, les livraisons et les exportations ont tous progressé significativement en 2012. L intensification de l activité a d ailleurs permis un redressement de l emploi, un phénomène rare dans cette industrie depuis une dizaine d années au Québec. Indiquant cependant que tout n est pas parfaitement rétabli, les investissements seront en baisse pour une troisième année consécutive en 2013. À l instar du Québec, l emploi s est relevé dans la Capitale-Nationale au cours de la dernière année et les investissements sont en décroissance depuis 2010. Les conditions du marché s améliorent. La longue durée de la crise forestière a conduit à une restructuration de l industrie, ce qui a contribué à diminuer l offre et à résorber la surcapacité de production. De son côté, la demande profitera de l embellie du marché immobilier américain, du développement de nouveaux créneaux et d une solide activité dans le segment institutionnel et gouvernemental de la construction. Le renouvellement jusqu en 2015 de l accord Canada-États-Unis sur le bois d œuvre résineux permettra aux producteurs de profiter d une demande croissante aux États-Unis. L industrie misera aussi sur le développement durable et la commercialisation de produits écoresponsables. La demande locale sera également stimulée par le plaidoyer du gouvernement du

P a g e 23 Québec pour favoriser l utilisation du bois sous toutes ses formes mais particulièrement dans la construction non résidentielle. Le gouvernement du Québec s est doté d une Charte du bois qui sera accompagnée d une directive rendant obligatoire l examen du recours au bois pour tout projet profitant de fonds publics. Les changements récents dans la réglementation ouvrent aussi le marché de la construction non résidentielle aux structures faites de bois lamellé-collé. Une demande accrue devrait permettre l élévation du prix du bois et des panneaux ce qui favorisera la rentabilité des entreprises. L ère de morosité tire donc vraisemblablement à sa fin et les perspectives s annoncent meilleures, mais le redémarrage prendra encore du temps. En effet, les facteurs négatifs qui ont mené à la crise forestière s estompent mais leurs effets se font toujours sentir. La dernière année a été marquée par plusieurs fermetures temporaires de scieries dans la région. Le marché des copeaux, le sous-produit le plus important des scieries, demeure problématique en raison des difficultés du secteur des pâtes et papiers. Le ralentissement de la construction résidentielle au Canada et au Québec contribuera aussi à limiter les débouchés. En raison des rationalisations des dernières années et de la lente reprise du marché, l industrie des produits en bois aura besoin de quelques années pour retrouver son rythme. Elle devra poursuivre son adaptation à l évolution du marché et diversifier sa production. Compte tenu de ce qui précède, nous anticipons une faible croissance de 0,4 % par année sur l ensemble de la période 2013-2015. Fabrication du papier Cette industrie éprouve des difficultés depuis plusieurs années. À l exception des investissements en machines et équipement, les autres indicateurs économiques affichent tous des rendements décroissants depuis plusieurs années au Québec. Les marchés traditionnels se sont effondrés alors que la concurrence s est accrue. En conséquence, les ventes ont décliné rapidement ce qui, combiné aux coûts élevés de la main-d œuvre, de la fibre et de l énergie, a miné la rentabilité des usines et conduit à la fermeture de plusieurs d entre elles. L horizon du marché du papier journal, d impression et d écriture demeure sombre en raison du déploiement des moyens électroniques de communication et de l édition numérique qui restreignent la consommation de papier. Celle-ci est également influencée par la stagnation des économies européenne et américaine ainsi que le ralentissement de la croissance mondiale. Le développement de nouveaux produits et marchés est une nécessité mais la désuétude des installations rend plus onéreux les investissements requis pour la conversion des procédés vers de nouveaux créneaux ou des lignes de production à haute valeur ajoutée. L avenir est plus prometteur pour les cartons, les papiers tissus, les pâtes et les matières extractibles à partir du bois dans des filières de niches. Dans la région, la relance de Papier White Birch (PWB), rendue possible grâce à d importantes concessions des travailleurs et à un prêt conditionnel du gouvernement du Québec, est un baume pour l industrie régionale. L usine tourne toutefois au ralenti, alors que seulement deux machines à papier sur quatre sont en activité et que les opérations de la machine à carton ont été arrêtées à deux reprises depuis la relance. L entreprise n a pas encore orchestré de virage majeur quant à la diversification de sa production mais elle teste la possibilité de fabriquer du papier brun utilisé pour les commandes à emporter des grandes chaînes de restauration rapide. PWB a également conclu une entente temporaire avec la Ville de Québec pour s approvisionner en vapeur, ce qui pourrait éventuellement signifier la réouverture d une troisième machine à papier, à condition que cette entente soit prolongée et que les conditions de marché soient favorables. L avenir témoignera de l impact du changement potentiel de type de production sur la pérennité de l usine dont la situation demeure précaire pour le moment. La faiblesse du marché du papier journal a également incité Papier forestiers Résolu (PFR) à restructurer son usine de Clermont. L usine continuera d opérer à deux machines mais la réorganisation entraînera la suppression de soixante-quinze emplois. Étant donné l incertitude relative à l accroissement des activités chez PWB, nos pronostics sont une légère décroissance de l emploi dans la fabrication du papier.

P a g e 24 Fabrication de produits minéraux non métalliques L industrie des produits minéraux non métalliques régionale est étroitement liée à l activité de la construction. Les segments de marchés occupés par les entreprises locales sont liés aux travaux de voirie (réseau routier, trottoirs, bordures de rue), à l aménagement paysager et au verre utilisé dans la construction résidentielle et commerciale. Au Québec, les indicateurs de performance de l industrie indiquent une diminution de sa vigueur. Les investissements, qui seront en baisse en 2013, appuient également cette tendance. La popularité croissante des matériaux nobles (pierre, granit, calcaire) favorise la demande pour des produits de deuxième transformation pour la construction résidentielle, la restauration d édifices, l aménagement extérieur des résidences, la voirie et les aménagements urbains. Dans la région, ces nouvelles tendances encouragent Bordures Polycor et Granite D.R.C. à investir pour diversifier leurs produits et créer des emplois. Le ralentissement de la construction résidentielle et le repli des dépenses gouvernementales pour l entretien des infrastructures pourraient toutefois atténuer l appétit pour ces produits. Pour s immiscer dans le marché des travaux routiers, les fabricants de ciment tentent de convaincre les administrations publiques de remplacer l asphalte par le béton pour paver les routes. La progression de l emploi d ici 2015 sera plus faible qu au cours des années antérieures. Elle s établira à 0,5 % en moyenne par année. Première transformation des métaux En raison du faible nombre d'entreprises et de leur stabilité, le niveau d'emploi de l'industrie de la première transformation des métaux a peu fluctué au cours des dernières années. Les deux principales entreprises de la région produisent, pour l une, de l aluminium sous forme brute et l autre des produits en fonte destinés à la voirie, aux égouts et aqueducs. Le marché de l industrie de la première transformation des métaux est en pause. La faiblesse de l économie mondiale nuit à la demande et aux prix des métaux. La production québécoise (principalement axée sur l aluminium) a ralenti en 2012 et les autres indicateurs (exportations, livraisons) se sont contractés. De plus, les dépenses en immobilisation devraient fléchir pour une deuxième année consécutive en 2013 mais ils se situent dans la moyenne des cinq dernières années. Par ailleurs, la concurrence mondiale s accentue, notamment en provenance de la Chine, du Moyen-Orient, de l Afrique et de l Amérique du Sud, où les coûts de production sont moins élevés. Cette compétition resserre le marché et plus particulièrement celui des créneaux traditionnels. Les perspectives demeurent toutefois positives en raison d une demande anticipée qui sera en croissance au cours des prochaines années. L industrie milite aussi pour une utilisation accrue de l aluminium dans la construction afin de tirer profit du marché de la rénovation des infrastructures. Elle pourrait également explorer les productions de niches. Les usines québécoises poursuivent leurs investissements ciblés dans la mise à niveau des installations existantes et l expansion de certaines usines afin d accroître leur productivité et assurer leur pérennité. Pour la région, ce sera par contre le statu quo sur le plan de l emploi puisque Alcoa n a nullement l intention de procéder à l expansion de son usine de Deschambault dans un avenir rapproché. Des investissements permettront cependant de consolider les emplois existants. Les fonderies qui ont orienté leur production vers le marché des produits municipaux continueront de tirer profit de la demande pour les articles de fonte destinés à la voirie et utilisés dans les systèmes d évacuation des eaux usées. L affaiblissement des dépenses gouvernementales pour la réfection des infrastructures pourrait cependant atténuer la demande. En raison de ces éléments, le niveau d emploi augmentera faiblement d ici à 2015 dans l industrie de la première transformation des métaux. Fabrication liée aux investissements En dépit des récentes pertes d emplois, ce segment demeure porteur et un redressement est anticipé

P a g e 25 Ce segment, qui avait le mieux résisté à l effondrement du secteur de la fabrication, a été rattrapé par les pertes d emploi au cours des dernières années. Les difficultés du secteur des télécommunications, la restructuration du secteur pharmaceutique et la délocalisation d une entreprise dans l industrie des produits en caoutchouc et en plastique ont provoqué une baisse moyenne de l emploi de 12,4 % par année depuis trois ans. Les industries formant ce regroupement manufacturier sont aussi, pour la plupart, sensibles à la conjoncture économique en raison de leur relative dépendance aux exportations. L incertitude économique, l évolution de la valeur de la monnaie canadienne et la concurrence internationale constituent des éléments qui ont influencé la demande sur les marchés extérieurs. Plusieurs industries qui composent le manufacturier relié aux investissements (notamment celles reliées à la haute technologie) sont appuyées par les actions visant à diversifier l économie et à soutenir son développement. Ce segment demeure donc porteur pour la région et son redressement sur le plan de l emploi est anticipé d ici 2015. L amélioration graduelle de l économie mondiale, la poursuite des investissements et des activités de recherche et développement devraient favoriser, à terme, une hausse de l emploi de l ordre de 0,8 % par année dans la région. La croissance sera générée essentiellement par une poussée de l emploi dans les industries de la fabrication de produits métalliques, de machines et de matériel de transport. Tableau 6 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur de la fabrication liée aux investissements Région de la Capitale-Nationale Niveau en milliers Régional Moyenne 2010-2012 2013-2015 Part de l emploi total Régional Au Québec Taux de croissance annuel moyen Au Régional Québec Ensemble du secteur de la fabrication 24,1 6,4 % 12,5 % 0,3 % 0,6 % Fabrication liée aux investissements 9,9 2,6 % 5,4 % 0,8 % 1,3 % Produits chimiques 1,6 0,4 % 0,8 % -1,5 % -0,4 % Produits métalliques 3,1 0,8 % 1,0 % 1,7 % 2,1 % Machines 1,6 0,4 % 0,8 % 0,9 % 1,6 % Produits informatiques et électroniques 1,7 0,5 % 0,5 % 0,6 % 0,4 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Produits chimiques Plus de la moitié des emplois de l'industrie des produits chimiques sont reliés à l industrie pharmaceutique, des produits naturels et des cosmétiques. Certaines entreprises se situent à la frontière du manufacturier et des services professionnelles, scientifiques et techniques en raison de leur niveau élevé d activité en conception et recherche et développement jumelé à une production encore marginale. Au Québec, les principaux indicateurs ont évolué en dents de scie au cours des dernières années et ne révèlent pas une tendance claire de la direction de l industrie. L année 2012 s est conclue sur une note positive sur le plan de la production, des livraisons, des exportations et de l emploi mais le niveau de plusieurs de ces indicateurs est toujours inférieur à celui d avant-récession. De plus, après avoir enregistré une hausse continue depuis 2008, les investissements subiront une baisse significative en 2013. En raison des rendements décroissants de la recherche et d une baisse de la production de nouveaux médicaments protégés par un brevet, l industrie pharmaceutique a adopté un nouveau modèle d affaires. Les activités de recherche et développement sont de plus en plus confiées en sous-traitance (dans les universités et les centres de recherche) ou centralisées dans quelques grands centres alors que les activités de production de masse sont délocalisées vers les pays à faible coûts. Ces changements influent sur la dynamique du secteur et seront profitables à quelques entreprises régionales dont les

P a g e 26 activités sont davantage axées sur la recherche et développement. Plusieurs entreprises bénéficient d ententes avec des partenaires pharmaceutiques et gouvernementaux pour couvrir les frais de recherche et développement, assurer la fabrication et la commercialisation de leurs produits. Le gouvernement du Québec a aussi prévu une enveloppe budgétaire pour encourager les partenariats de recherche et favoriser ces activités au Québec. Il a également manifesté sa volonté de doter la capitale d un centre d excellence en bio-production. La diversification des activités, des marchés et les stratégies d acquisitions permettront également à quelques petites entreprises de rehausser leur niveau d emploi. La progression de l emploi, davantage associée à la recherche et développement ainsi qu'à la production en usine laboratoire, sera toutefois peu élevée et ne pourra faire contrepoids aux pertes d emplois dans la fabrication commerciale, les effets de la restructuration de celle-ci n étant pas encore terminés. GlaxoSmithKline a d ailleurs revu à la baisse ses investissements pour moderniser ses installations de Québec. Ceux-ci passent de 90 millions de dollars à 36 millions de dollars. Les travaux, qui se termineront en 2015 permettront la consolidation d un certain nombre d emplois (400) à l usine de Québec. Le vieillissement de la population, la prévalence accrue de maladies chroniques et l intérêt croissant des consommateurs pour l autogestion de la santé et les thérapies naturelles stimulent la demande pour les produits de santé naturels et les ingrédients actifs. Mais ce secteur tend aussi à croître par acquisition et l établissement de partenariats pour le développement et la commercialisation des produits, ce qui a une incidence limitée sur l emploi local. La région a également amorcé les démarches en vue de créer une vallée du cosméceutique à Québec et favoriser la venue de fabricants d ingrédients actifs pour la fabrication des produits de beauté. En dépit de certaines opportunités de marchés et de développement, nous estimons que la croissance d emploi sera négative (-1,5%) dans l industrie des produits chimiques au cours des trois prochaines années. Plastiques et caoutchouc Le niveau d emploi de l industrie des produits en plastique et caoutchouc montre une forte décroissance depuis quelques années dû à la disparition de deux entreprises importantes. Dans la Capitale-Nationale, l industrie des produits en plastique est concentrée dans la fabrication de portes et fenêtres ainsi que les produits décoratifs et utilitaires. De leur côté, les produits en caoutchouc fabriqués localement sont destinés principalement au marché de la construction mais certaines entreprises conçoivent des pièces industrielles et rechapent des pneus. Les perspectives seront plus favorables pour l industrie du plastique où la diversité des produits permet de tabler sur l évolution de plusieurs secteurs. Le matériel de transport, la construction, les produits décoratifs et d emballage présenteront des débouchés pour l industrie. L amélioration de l économie américaine et particulièrement du secteur immobilier ainsi qu une présence accrue auprès des différents réseaux de distribution favoriseront les ventes. Le niveau d emploi augmentera cependant très faiblement de 0,3% par année. Produits métalliques Le niveau d'emploi de l'industrie des produits métalliques a suivi une trajectoire ascendante depuis une dizaine d'années dans la région mais la récession a infligé des pertes d'emplois qui n'ont pas encore été récupérées. Le ralentissement de l économie et de la construction aux États-Unis a entaché le bilan de l industrie. Le déclin du secteur manufacturier dans la région a également influencé à la baisse les travaux d entretien et de maintenance souvent réalisés par les ateliers d usinage. Globalement, les principaux indicateurs de l industrie au Québec montrent qu elle recouvre lentement le terrain perdu suite à la dernière récession. La production, les exportations et les livraisons remontent la pente mais demeurent en retrait par rapport à leur niveau d avant-récession. Quant aux investissements, ils seront en hausse pour une quatrième année de suite en 2013 et atteindront possiblement un sommet depuis 1999. L emploi s est également redressé en 2011 et 2012. Les prochaines années devraient donner lieu à une croissance modérée de l emploi à l échelle régionale. Bien que, à court terme, l incertitude économique et les difficultés budgétaires des gouvernements puissent repousser la mise en œuvre de certains projets, les besoins de réfection des infrastructures

P a g e 27 vieillissantes sont omniprésents aux États-Unis, au Canada et au Québec. Même en recul, les dépenses publiques demeureront à un niveau historiquement élevé. D ailleurs, la valeur des permis de bâtir régionaux du segment institutionnel et gouvernemental a plus que doublé en 2012 pour atteindre son plus haut niveau des cinq dernières années. L industrie de la galvanisation à chaud pourrait tirer profit des projets lancés par Hydro-Québec et des actions visant le développement du Nord québécois. L accélération de l industrie automobile est susceptible de stimuler la production de pièces automobiles. Les plus petites entreprises du secteur axent leur production sur de plus faibles volumes et le sur-mesure pour se créer un espace sur le marché. Elles profitent également du maillage entre les entreprises de l industrie pour obtenir des contrats de sous-traitance. L emploi progressera de 1,7% par année dans la région. Machines L industrie régionale de la fabrication de machines est composée majoritairement de petites entreprises actives dans des marchés distincts. Le matériel de manutention, les machines pour le commerce, les machines agricoles, les équipements manufacturiers, la fabrication de moteurs ainsi que les appareils de chauffage et de réfrigération sont autant de niches exploitées. Les facteurs influençant l évolution de la demande pour ces produits sont multiples et leurs impacts peuvent diverger selon les produits. L environnement économique est propice à l industrie. La force du dollar canadien permettra aux entreprises qui voudront accroître leur productivité par l automatisation des processus de production et l amélioration des équipements et machines, de procéder à ces investissements. Bien que l on anticipe qu elle sera moins élevée en 2013, la valeur des investissements en machines et équipement demeurera à un niveau élevé au Québec. Les investissements seront soutenus dans le secteur minier, la fabrication (aliments, plastique et caoutchouc, première transformation des métaux, produits métalliques et matériel de transport) ainsi que dans le transport et l entreposage. Par contre, la tiédeur du secteur immobilier (résidentielle, commerciale et industrielle) pourrait affecter le marché des appareils de chauffage, de ventilation, de climatisation et de réfrigération. Parallèlement à leur production, des entreprises mettent l accent sur le développement de services de consultation, de formation et d entretien afin de se distinguer de la concurrence et d élargir leurs sources de revenus. Quelques entreprises locales bénéficieront également d opportunités concrètes. Par exemple, l usine de Québec de la firme canadienne Wajax Systèmes de Puissance a signé une entente avec le gouvernement du Canada pour la préparation et la remise en état des moteurs des chars d assauts des Forces canadiennes. Fabricants de poêles international Inc. a, de son côté, créé une co-entreprise avec la société américaine Olympia, spécialisée dans les cheminées, afin d utiliser son expertise et de commercialiser ses produits. Ces événements sont susceptibles de générer de nouveaux emplois dans la région. Le niveau d emploi de cette industrie augmentera de 0,9 % par année d ici la fin de la période de prévision. Produits informatiques et électroniques L'industrie de la fabrication des produits informatiques et électroniques dans la Capitale-Nationale est caractérisée par la présence de plusieurs sous-secteurs dont l évolution est déterminée par autant de variables et de marchés différenciés. Les succès et les difficultés des entreprises se côtoient donc selon le type de production. Le sous-secteur le plus dynamique est celui de la fabrication d instruments de navigation, de mesure, de commande et d instruments médicaux. L industrie québécoise est toujours sous observation. En effet, en dépit de certaines améliorations du côté des exportations, tous les indicateurs de performance sont hésitants depuis quelques années et se situent toujours à de très faibles niveaux. Le volume d emploi a d ailleurs chuté pour une deuxième année consécutive au Québec pour s établir à un niveau plancher depuis plus d un quart de siècle. Bien que l on anticipe une baisse en 2013, les investissements se sont raffermis depuis quelques années. Dans la région, les créneaux plus pointus de l optique-photonique, du domaine médical, du militaire, de la sécurité, de la détection, du transport et de l énergie offrent toujours des possibilités de croissance.

P a g e 28 Toutefois, les difficultés persistantes du secteur des télécommunications et l incertitude économique freinent les dépenses des équipementiers ce qui modère l élan des entreprises orientées vers ce marché. La recherche et développement, l innovation et l introduction de nouveaux produits sont essentiels à la croissance de l industrie de même que la diversification des marchés. D ailleurs, plusieurs entreprises ont concluent des ententes de distribution et de commercialisation au cours de la dernière année. L entreprise Eddyfi, spécialisée dans la production et la commercialisation de matériel d essais non destructif est l une d entre elles. Elle augmentera sa présence sur la scène internationale ce qui lui permettra d accroître son chiffre d affaires et d ajouter vingt nouveaux emplois à son effectif d ici 2014. Enfin, une initiative régionale pourrait également contribuer à stimuler l emploi de cette industrie. Le programme d incubation en optique-photonique devrait favoriser l entrepreneuriat technologique. Les instigateurs du projet visent la création d une dizaine d entreprises d ici quatre ans. Le niveau d emploi s élèvera de 0,6% en moyenne par année. Matériel, appareils et composants électriques Le niveau d'emploi de l'industrie de la fabrication de matériel, d'appareils et de composants électriques est peu élevé dans la région de la Capitale-Nationale. Le développement des projets de production d électricité et la modernisation du réseau de distribution sont susceptibles de stimuler l emploi chez quelques fabricants. Par contre, la morosité économique et les difficultés du secteur de la fabrication se traduisent par le report de commandes. Dans la région, la société AddÉnergie Technologies de Québec a été choisie par Hydro-Québec pour lui fournir et gérer une centaine de nouvelles bornes de recharge pour son circuit électrique. Dans l ensemble de l industrie, une relative stabilité de l emploi est en vue pour les prochaines années. Matériel de transport L industrie régionale de la fabrication de matériel de transport est constituée de quelques entreprises actives dans des domaines variés (transport terrestre (camions) et maritime (navires, barges, pontons, dragues), pièces pour l aéronautique et l automobile) dont l'évolution est influencée par divers éléments propres à ces marchés. Toute proportion gardée, nous anticipons une forte croissance de l emploi dans cette industrie. Le développement du Nord québécois et canadien accentue la présence de navires de grande dimension sur le fleuve ce qui requiert des remorqueurs portuaires de plus grande puissance. Industries Océan a déjà obtenu un contrat pour la construction d un de ces remorqueurs ce qui permettra d ajouter une quarantaine de travailleurs à son effectif. L entreprise espère aussi que ce premier contrat sera le début de la fabrication d une série de ce type de remorqueurs. L industrie aérospatiale sera également en croissance. L entreprise Fibrotek construira, près de l aéroport de Saint-Irénée, une usine de fabrication d avions deux places et d avions agricoles. L entreprise spécialisée dans les matériaux composites et les pièces d avions procédera aussi à l agrandissement de son usine de Clermont. Ces projets nécessiteront des investissements de 3,3 millions de dollars et permettront la création de vingtcinq nouveaux emplois. Le taux de croissance annuel moyen de l emploi s établira à 2,7% par année entre 2012 et 2015. Secteur tertiaire D ici à 2015, le secteur des services sera responsable de la presque totalité de la croissance de l emploi régional Au cours des cinq dernières années, c est le secteur des services qui a contribué le plus à l essor de l emploi régional. Ce secteur a affiché une progression de 2,1 % en moyenne par année durant cette période. La transition vers une économie du savoir a donné une impulsion aux services à la production. Le vieillissement de la population et, plus récemment, les efforts des gouvernements pour relancer

P a g e 29 l économie ont rehaussé le niveau d emploi des services gouvernementaux. Après un repli en 2011, l emploi a rebondi dans tous les segments des services. D ici à 2015, le secteur des services sera responsable de la presque totalité de la croissance de l emploi régionale. La progression proviendra principalement des services à la production (1,4 %) suivis des services à la consommation (0,9 %) et des services gouvernementaux (0,6 %). Services à la consommation La concurrence, la saturation et la maturité des marchés limiteront les opportunités de croissance à l avenir Tableau 7 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur des services liés à la consommation Région de la Capitale-Nationale Moyenne 2010-2012 2013-2015 Taux de Niveau Part de l emploi croissance en milliers total annuel moyen Régional Régional Au Québec Régional Au Québec Secteur des services 327,7 87,4 % 79,2 % 0,9 % 1,0 % Services à la consommation 99,9 26,7 % 27,2 % 0,9 % 1,0 % Commerce de détail 44,6 11,9 % 12,2 % 0,8 % 0,9 % Information, culture et loisirs 13,3 3,5 % 4,4 % 1,2 % 1,1 % Hébergement et restauration 27,7 7,4 % 6,2 % 1,0 % 1,1 % Autres services 14,4 3,8 % 4,3 % 0,8 % 1,0 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Le développement des services à la consommation est influencé par l évolution démographique, le revenu disponible, la conjoncture économique ainsi que l activité sur le marché du travail. Durant la période de prévision, les services à la consommation bénéficieront d un accroissement de la population régionale et d un marché du travail positif. Par contre, la quasi-stagnation du pouvoir d achat entraînera une faible croissance des dépenses de consommation. Cependant, comme les dépenses de divertissements et de loisirs sont de plus en plus intégrées au style de vie de la population, l effet restrictif pourrait être peu important. La concurrence, la saturation et la maturité des marchés dans plusieurs industries (commerce de détail, restauration, divertissement et loisirs) auront un impact plus significatif car elles pourraient limiter les opportunités de croissance à l avenir. Nous anticipons une progression de l emploi de 0,9 % par année. Commerce de détail Entre 2010 et 2012, le commerce de détail fournissait en moyenne 44 600 emplois, ce qui représentait 11,9 % de l emploi régional. Après une longue période de croissance, le commerce de détail a montré des signes d essoufflement de sorte que globalement le niveau d emploi stagne depuis quelques années. Une tendance qui est également observée à l échelle du Québec. Les indicateurs économiques de l industrie suggèrent aussi un certain plafonnement de l activité. Ainsi, après un recul important de la croissance en 2011, le PIB généré par le commerce de détail est demeuré assez stable en 2012 au Québec. De plus, la progression des ventes au détail ralentit depuis trois ans dans la province. Les perspectives ne s annoncent guère mieux à ce chapitre. En effet, les prévisions du Conseil québécois du commerce de détail indiquent que la progression des ventes québécoises sera moins élevée en 2013, soit autour de 1 %. Le ralentissement des ventes et des profits proviendra d une

P a g e 30 part de la faible croissance des dépenses de consommation et, d autre part, de la réduction des marges bénéficiaires des commerçants. L incertitude économique et la stratégie de retour à l équilibre budgétaire des gouvernements influent sur la confiance des consommateurs qui demeure fragile. La hausse de tarifs, des taxes et des cotisations affecte la capacité de dépenser des ménages ce qui, combiné à leur niveau d endettement, les incite à consommer de façon plus prudente. De son côté, la rentabilité des établissements est prise à partie par une concurrence accrue avec l arrivée notamment de chaînes américaines. Les détaillants se battent pour conserver ou s accaparer des parts d un marché déjà saturé. Cette compétition provoque non seulement un ajustement à la baisse des prix chez certains détaillants mais se répercute aussi sur les coûts de loyer qui sont en hausse. Par ailleurs, les comportements des consommateurs évoluent et obligent l industrie à s adapter aux nouvelles tendances de consommation. Les détaillants investissent en technologie pour tirer profit de la croissance des ventes en ligne, ils réévaluent leur nombre d établissements, leur dimension et leur emplacement. Certains recentrent leurs activités sur les créneaux sur lesquels ils estiment posséder un avantage concurrentiel et plusieurs effectuent une mise à niveau de leur image corporative. Ces actions nécessitent des investissements supplémentaires qui ne se traduiront pas forcément par des ventes accrues et un niveau d emploi supérieur. À cet environnement difficile s ajoutent les problèmes de main-d œuvre qui complexifient l attraction et la rétention du personnel, ce qui limite aussi les perspectives d emploi. Le contexte économique régional demeure toutefois favorable. La poursuite de la croissance de la population, de l emploi et du revenu disponible prédispose à une progression des ventes au détail qui devrait être supérieure à la moyenne provinciale. La région demeure aussi une destination de magasinage très prisée des consommateurs, grâce à la présence de trois centres commerciaux majeurs parmi les plus achalandés au Québec. Les investissements régionaux se poursuivront, et les agrandissements, les modernisations, ainsi que les ouvertures de nouvelles succursales continueront de générer des opportunités d emplois mais à un rythme moins soutenu qu'auparavant. Compte tenu de ce qui précède, le niveau d emploi du commerce de détail devrait s apprécier de 0,8 % par année en moyenne d ici 2015. Industrie de l information, industrie culturelle, arts, spectacles et loisirs L'industrie de l'information, de la culture et des loisirs rassemblait 13 300 personnes en moyenne de 2010 à 2012 dans la région de la Capitale-Nationale, soit 3.5 % du total de l'emploi régional. Depuis cinq ans, le niveau d'emploi a cru plus rapidement que celui de l'ensemble des industries et ce, tant du côté de l'information et de la culture que de celui des arts, spectacles et loisirs. Plus récemment, par contre, nous observons que l'emploi suit une tendance baissière dans le volet information et culture. Les investissements de ce sous-secteur sont également en repli depuis quelques années. Les perspectives de l'industrie dépendent, en bonne partie, de la démographie et du revenu disponible. La progression de ces éléments devrait influencer positivement l'industrie. De plus, les jeunes générations ont une vision différente de la vie, ils dépensent beaucoup et accordent une grande importance à leurs temps libres. Les baby-boomers approchent de la retraite en grand nombre et ils disposent généralement de plus d'argent et de temps pour leurs loisirs. Par ailleurs, le gouvernement du Québec a instauré, dans son plus récent budget, un nouveau crédit d'impôt remboursable pour les activités physiques, artistiques et culturelles des enfants. Ce crédit s ajoute à celui octroyé par le gouvernement fédéral. L'ensemble de ces éléments devraient permettre de maintenir, à tout le moins, le niveau de croissance des dépenses dans ce domaine. Dans la région, le secteur des arts numériques et du divertissement interactif est toujours en essor. Les producteurs de jeux vidéo poursuivent leur croissance et tirent profit de leur association avec les plus importantes sociétés mondiales de divertissement. Au fil des ans, les entreprises locales ont su s'adapter aux perpétuels changements de l'industrie. Elles ont diversifié leurs créneaux de jeux (jeux pour consoles, appareils mobiles, jeux en ligne, jeu pour réseaux sociaux, etc.) et leurs activités (effets spéciaux, animation, cinéma, télévision, univers virtuels, 3D, etc.). Certaines adoptent un modèle d'affaires hybride en sous-traitant pour d'autres tout en réalisant leurs propres créations. Les prochaines années s'annoncent tout aussi dynamiques que les précédentes. L'arrivée de plusieurs nouvelles

P a g e 31 consoles accroîtra la demande pour de nouveaux jeux. L'orientation vers le cinéma, la télévision et l'animation permet aussi des avancées de ce côté par l'établissement de partenariats et des projets de coproductions. Cette polyvalence ouvre les possibilités de la production transmédia et donc la déclinaison d'un même projet sur plusieurs supports (série télévisée, jeux vidéo, appareils mobiles). Frima Studio a déjà conclu des ententes dans ce créneau avec des entreprises asiatiques et européennes qui se traduiront par des embauches supplémentaires. Elle a également l'ambition de s'implanter dans d'autres villes canadiennes pour se rapprocher des lieux de décisions du petit et grand écran. Cette relation plus étroite avec le cinéma a également des répercussions dans l'univers régional du film alors que quelques producteurs ont recours à cette expertise, notamment pour les films d'animation du type ludo-éducatif. Productions Thalie, entre autres, mettra en chantier deux autres projets de films en 3D. Afin d appuyer l industrie locale, la ville de Québec a également annoncé le renouvellement de la mesure d'aide au démarrage de productions cinématographiques et télévisuelles pour les trois prochaines années. La culture continuera de bénéficier de l appui gouvernemental. Le gouvernement du Québec a bonifié l'enveloppe budgétaire destinée au Ministère de la culture et des communications. Il a également confirmé sa participation financière à la construction du Théâtre Le Diamant et les sommes requises à la réfection des nouvelles casernes (bâtiment patrimonial) devraient l être incessamment. Des projets déjà amorcés se poursuivront, dont l agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec et les travaux de réfection du Musée de la civilisation de Québec. La volonté de la ville de Québec de favoriser l essor de cette industrie se concrétisera de plusieurs façons. En plus de contribuer à la construction du Théâtre Le Diamant, elle investira dans le projet de nouveau théâtre Les Gros Becs et transformera d'anciennes casernes de pompiers en ateliers d'artistes. Les artistes de la relève pourront aussi bénéficier d un projet novateur d habitations subventionnées. La ville se dotera également d'une politique pour intégrer systématiquement une œuvre d'art aux bâtiments et parcs sous sa responsabilité. De plus, elle a dévoilé sa vision pour son réseau de bibliothèques. Celle-ci fait une large place au format numérique, prévoit une augmentation des heures d'ouverture et l'accroissement du nombre d'abonnés. Cette vision réitère aussi le statut de la bibliothèque Gabrielle-Roy comme établissement phare avec un investissement de 40 millions de dollars. La gestion du réseau, autrefois partagée, sera désormais unifiée. La mise en commun des ressources permettra des économies d échelle mais sacrifiera quelques dizaines d emplois. Les festivals et événements touristiques continueront d animer la ville. Le tourisme culturel est d ailleurs identifié comme ayant un potentiel de croissance. Le festival d été de Québec (FEQ) est de plus en plus populaire, les spectacles extérieurs payants de grande envergure se multiplient et attirent de nombreux visiteurs. La production de spectacles est également stimulée par l émulation provoquée par l arrivée de nouveaux joueurs et lieux de diffusion. D'ici deux ans, l'achèvement de l'amphithéâtre permettra l'entrée en scène de Québecor qui s'ajoutera au FEQ, à sa filiale 3E, à QuébecComm et aux autres promoteurs. L'élasticité du dollar loisirs a cependant une limite et les possibilités de croissance pourraient être plus ténues à moyen terme. Plusieurs événements récurrents arrivent aussi à leur dernière année de contrat dont Le Moulin à images et Les chemins invisibles du Cirque du Soleil. Au moment de la rédaction, aucun projet n'était formellement désigné pour les remplacer. Les activités liées aux sports et aux loisirs seront aussi encouragées par des investissements privés et publics pour le développement d infrastructures. En incluant l amphithéâtre, la Ville de Québec consacrera 26 % du total des montants prévus au plan triennal d immobilisations aux équipements de sports et loisirs. La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures se dotera d un complexe sportif de 30 millions de dollars. D autres projets régionaux sont toujours dans la mire, dont un parc aquatique intérieur et la construction d un centre multifonctionnel et de congrès en villégiature sur la Côte-de-Beaupré. La Société des établissements de plein air du Québec investira, quant à elle, au Parc de la Chute-Montmorency afin d y développer un pôle d activité d envergure internationale. En incluant les partenaires du secteur privé, les investissements totaliseront plus de 30 millions de dollars au cours des prochaines années. Selon la SEPAQ, en dépit de quelques retards, l ensemble des projets seraient en cours à différents stades de développement. La région de la Capitale-Nationale continuera aussi de déployer des efforts importants pour promouvoir les sports spectacles et pour accueillir des événements sportifs internationaux. Les perspectives des secteurs de l édition et de l information sont plus mitigées. Le livre numérique se substitue graduellement au bouquin papier et sa progression constante menace certaines fonctions de

P a g e 32 l éditeur traditionnel telles le conditionnement des livres et leur promotion. Les éditeurs devront s adapter au monde numérique. Dans la région, l éditeur Alto a décidé de tester le marché en commercialisant une série de cartes/clés USB proposant des romans. De son côté, De Marque, spécialisée dans la distribution de livres électroniques, a obtenu du financement pour développer sa plateforme et poursuivre sa croissance par sa stratégie de partenariats. En plus du marché de l édition, son développement d affaires se dirigera vers le marché des entreprises et le monde scolaire. Ces actions entraîneront des besoins supplémentaires en main-d œuvre. L édition de journaux prend également le virage numérique. Internet est devenu la principale source d information des jeunes adultes. Dans ce milieu, la gratuité de l information est bien ancrée dans les habitudes de consommation numérique. Quant aux médias électroniques, ils traversent une période de transition et d adaptation. Les dernières années ont été difficiles avec la fermeture de plusieurs stations de radio. Les compressions budgétaires du gouvernement fédéral entraîneront des coupures de postes à Radio-Canada. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a aussi annoncé l abolition progressive du Fonds pour l amélioration de la programmation locale, ce qui pourrait également influencer l évolution de l emploi en télévision dans la région. L industrie des télécommunications évolue dans un environnement très concurrentiel et est soumise à des changements rapides du cadre réglementaire, de la technologie et de la clientèle. Les fournisseurs de services s adaptent à ce contexte et réalisent des investissements importants afin d offrir à leurs clients tous les nouveaux services désormais disponibles par le développement technologique. Dans cette perspective, Bell a déjà amorcé des investissements de 225 millions de dollars dans la région pour développer son réseau de fibre optique Fibe. Telus injectera 150 millions de dollars dans le déploiement de la technologie des services OPTIK et des infrastructures mobiles (4G LTE). De son côté, Vidéotron poursuivra ses investissements pour son nouveau service Illico. En même temps, Rogers a accéléré sa cadence d'investissement au Québec afin d'accroître la puissance de son réseau sans fil dans plusieurs régions du Québec dont la région de la Capitale-Nationale. Dans l ensemble de l industrie de l information, de la culture et des loisirs, nous anticipons une croissance de 1,2 % par année. Services d hébergement et de restauration Le niveau d'emploi de l industrie de l hébergement et de la restauration a cru au rythme de 1,3 % par année sur une base historique (depuis 1987), soit une cadence légèrement inférieure à celle de l ensemble des industries (1,5 %). La tendance récente (trois dernières années) montre cependant que la croissance de l emploi a été supérieure (4 %). Le PIB de l industrie est en croissance continue depuis cinq ans au Québec et il a progressé plus rapidement que celui de l ensemble des industries. Les investissements sont en perte de vitesse mais ils demeureront à un niveau élevé en 2013. Dans la région, les dépenses en immobilisations se sont contractées au cours des trois dernières années. Les industries de l hébergement et de la restauration sont étroitement liées au tourisme. La conjoncture mondiale et les flux touristiques ne sont guère favorables pour le moment, de sorte que les visiteurs internationaux n affluent pas et que les Américains se font toujours tirer l oreille. Les touristes québécois et canadiens, qui constituent la grande majorité des visiteurs de la région, sont moins enclins aux déplacements en raison de la faiblesse de l économie et de la faible progression du revenu disponible. Par surcroît, la force du dollar canadien nuit au tourisme domestique en augmentant la compétitivité des autres destinations et plus particulièrement les États-Unis. Malgré sa notoriété, l achalandage touristique stagne dans la région. L indice composite de l activité touristique régionale a même régressé en 2012 selon l Office du tourisme de Québec (OTQ). Il constituait la pire performance des quatre dernières années. Afin de stimuler l industrie, les stratégies de commercialisation s orienteront vers le développement des nouveaux créneaux «Québec Ville d hiver», «Québec Ville Lumières» et mettront l accent sur le fleuve. L OTQ intensifiera ses actions auprès de ses clientèles principales, soit les Canadiens, les Américains et les Européens francophones. Les perspectives sont meilleures à moyen terme avec la mise à niveau des structures d accueil et le développement d activités touristiques qui soutiendront la croissance du tourisme d affaires et d agréments. Selon le Conference Board du Canada, le nombre de visites touristiques dans la région métropolitaine de Québec devrait croître de 1,4 % en 2013, de 2,4 % en 2014 et de 2,1 % en 2015.

P a g e 33 Le secteur de la restauration connaît une période difficile. Il doit composer avec des coûts d exploitation croissants en raison de l augmentation du prix des denrées alimentaires et des pressions à la hausse exercées sur les salaires par les difficultés de recrutement. Le grand nombre d établissements exacerbe la concurrence non seulement pour attirer la clientèle mais aussi la main-d œuvre. L industrie peine à pourvoir tous les emplois disponibles. De plus, même si les dépenses de restauration semblent intégrées au mode de vie, les conditions pécuniaires des ménages ne sont pas des plus avantageuses présentement. L indice de la fréquentation des restaurants de l OTQ a d ailleurs connu une baisse prononcée en 2012. La rentabilité des établissements serait ainsi à la baisse et ce d autant plus dans un contexte d augmentation des taxes (municipales et sur l alcool). Des marges bénéficiaires réduites limiteront la croissance de l emploi et pourraient même entraîner des mises à pieds. L industrie doit également faire face aux changements d habitudes des consommateurs qui s alimentent mieux et se tournent de plus en plus vers les comptoirs, la livraison et les traiteurs pour consommer une cuisine plus raffinée et santé. Des initiatives sont également lancées pour favoriser le développement de la cuisine de rue mais, pour le moment, la Ville de Québec est réfractaire à l idée. L industrie de l hébergement devrait mieux s'en tirer. De nouveaux hôtels ouvriront leurs portes durant la période de prévision et plusieurs projets sont présentement à l étude. La SEPAQ espère lancer cet été un appel de propositions pour la construction d un hôtel de 120 à 150 chambres au parc de la Chute- Montmorency et Plaza Val-Bélair intégrera un complexe hôtelier de 80 chambres. Des établissements seront également l objet de rénovations majeures. Le Château Frontenac, entre autres, a annoncé un investissement de 66 millions de dollars pour la rénovation des chambres et des améliorations apportées aux services de restauration et aux services à la clientèle (centre de santé et spa). Le Château devrait montrer sa nouvelle image au public en 2014. L hôtel Best Western a soumis un projet d agrandissement tandis que le Fairmont le Manoir Richelieu, l hôtel Delta Québec et l hôtel Manoir Victoria poursuivront la rénovation de leurs chambres. Ces investissements, en plus de consolider les emplois existants, devraient favoriser de nouvelles embauches. Par ailleurs, le projet du Club Med dans Charlevoix est toujours à l étude. Ce projet vise la construction d un complexe hôtelier de 300 chambres en gestion conjointe avec le Massif de Charlevoix. S il se concrétise, il impliquera des investissements entre 80 et 100 millions de dollars et permettra la création de 350 emplois. L emplacement définitif du Club Med n est toutefois pas encore déterminé. L organisation analyse également trois autres emplacements aux États- Unis qui sont en compétition avec le Massif. En fonction des éléments décrits plus haut, le niveau d emploi des industries de l hébergement et de la restauration présentera une croissance de 1,0 % en moyenne sur la période de trois ans. Autres services (sauf les administrations publiques) Le niveau d'emploi de l'industrie des autres services s'établissait à 14 400 en moyenne entre 2010 et 2012, soit 3,8 % du total de l'emploi régional. Depuis cinq ans, le niveau d emploi suit une tendance baissière due à l affaissement du volume d emplois de l ensemble des sous-secteurs composant cette industrie. Les services personnels et les services de blanchisserie se sont toutefois moins affaiblis en raison de la hausse de l emploi en 2012. Après quelques années de croissance, la production de cette industrie semble se stabiliser au Québec tout comme les investissements qui, en 2013, demeureront sensiblement au même niveau qu en 2012. Dans la région, le lent déclin des communautés religieuses tend à diminuer les besoins en main-d œuvre non seulement pour l entretien ménager et des bâtiments dont elles tendent à se départir mais aussi pour les soins personnels et de santé apportés aux membres des congrégations. La baisse de l emploi pourrait également se poursuivre du côté des services personnels. L'Association québécoise des spas s'attend à des fermetures, le marché étant saturé selon elle dans certaines zones géographiques dont Québec. Par contre, la demande est croissante pour les services de coiffure, d esthétique, d épilation et de soins de beauté mais plusieurs petits salons éprouvent des problèmes de recrutement. D un autre côté, le contexte économique plus difficile pourrait favoriser les services de réparations et d entretien. Enfin, l acquisition, par le Groupe Athos, de Lépine Cloutier et Urgel Bourgie ouvre la voie à une consolidation de l industrie funéraire. Le Groupe Athos détient maintenant près de 45 % de tout le marché de la région de Québec. Des petits établissements de quartier pourraient fermer. Au bilan, le niveau d emploi de l industrie des autres services augmentera au rythme annuel moyen de 0,8 %.

P a g e 34 Services à la production La faible croissance des investissements et la baisse des dépenses en infrastructure freineront l impulsion de ce segment Tableau 8 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur des services liés à la production Région de la Capitale-Nationale Moyenne 2010-2012 2013-2015 Taux de Niveau Part de l emploi croissance en milliers total annuel moyen Régional Régional Au Québec Régional Au Québec Secteur des services 327,7 87,4 % 79,2 % 0,9 % 1,0 % Services à la production 100,8 26,9 % 26,0 % 1,4 % 1,3 % Services publics 2,2 0,6 % 0,8 % -1,0 % -2,1 % Commerce de gros 11,1 3,0 % 3,9 % 0,9 % 1,5 % Transport et entreposage 13,1 3,5 % 4,4 % 1,7 % 1,5 % Finance, assurances, immobilier et location 27,9 7,5 % 5,8 % 1,1 % 0,9 % Services professionnels, scientifiques et techniques 32,0 8,5 % 7,6 % 1,8 % 1,6 % Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien 14,5 3,9 % 3,7 % 1,3 % 1,0 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Le développement de cette catégorie de services est principalement influencé par les profits des entreprises et la confiance de celles-ci qui déterminent le niveau de leurs investissements. Les dépenses des gouvernements et le revenu personnel disponible constituent également des facteurs d influence. La confiance des entreprises et leur profitabilité s améliorent mais les dirigeants demeurent prudents et hésitent à se lancer dans des projets importants. La faible croissance des dépenses en immobilisation pour 2013 au Québec (0,5 %) traduit bien cet état d esprit. De son côté, l assainissement des finances publiques a des conséquences sur les montants consacrés aux travaux d infrastructures et les sommes accordées à la recherche. Quant au revenu disponible, sa faible progression limitera la capacité de dépenser des consommateurs. Dans ce contexte, le relèvement de l emploi sera plus modeste que l historique de ce regroupement. D ici 2015, l emploi progressera de 1,4 % en moyenne par année. Commerce de gros Le commerce de gros procurait de l emploi à environ 11 100 personnes dans la région entre 2010 et 2012 ce qui représentait 3,0 % de l ensemble des emplois. Dans la région, les grossistes-distributeurs sont principalement concentrés dans quatre sous-secteurs d activités : machines, matériel et fournitures, matériaux et fournitures de construction, articles personnels et ménagers, produits alimentaires, de boissons et de tabac. Après avoir enregistré une croissance appréciable au milieu de la dernière décennie, l emploi a régressé fortement au cours des cinq dernières années suite à la décision de plusieurs grossistes en alimentation de centraliser leurs opérations d entreposage et de distribution. Ce mouvement de l industrie continuera de produire ses effets négatifs sur l emploi régional, ce qui limitera la progression de l emploi à 0,9 % par rapport à 1,5 % au Québec. Les données économiques provinciales indiquent que le commerce de gros s en tire bien depuis quelques années. La croissance du PIB de ce secteur se maintient autour de 2,7 % par année depuis 2010, soit une croissance supérieure à celle de l ensemble des industries (1,7 %). Mise à part un

P a g e 35 fléchissement en 2009, la progression des ventes a toujours été constante. Elles se sont d ailleurs accrues de 4,6 % par année depuis trois ans. En 2013, les investissements seront en hausse pour une deuxième année consécutive. Les dépenses en immobilisations des dernières années ont surtout porté sur la machinerie et l équipement ce qui a permis des gains de productivité. Cette industrie est soumise à une concurrence de plus en plus vive où rivalisent des intervenants de toutes tailles (distributeurs locaux, distributeurs nationaux à intégration verticale, points de libre-service de gros, magasins entrepôts et de grande surface, etc.). L évolution des formules de magasins a également grugé les parts de marchés des détaillants traditionnels ce qui ne favorise pas les opérations de centres de distribution. Par ailleurs, la distribution des ventes en gros s oriente vers le juste à temps ce qui incite les distributeurs à offrir des services à valeur ajoutée telle la gestion des stocks et d autres services de logistiques. La dynamique de ce secteur est liée à la conjoncture économique, à la performance des secteurs industriels, à l évolution du commerce de détail et aux perspectives des échanges commerciaux. La croissance du PIB et du commerce de détail au cours des prochaines années influencera positivement l emploi mais leurs faibles progressions limiteront les gains. Les achats en ligne, qui accaparent une part de plus en plus grande des ventes au détail, ouvrent aussi une voie de contournement qui n avantage pas les grossistes. La tendance de l emploi variera également selon les segments de marchés à cause de la grande diversité des produits et de la performance inégale des secteurs d activités. Ainsi, la consolidation de la distribution alimentaire et le ralentissement anticipé de la construction restreindront les possibilités de gains des grossistes dans ces secteurs. Le redressement de l industrie automobile et des ventes de véhicules ainsi que le vieillissement du parc automobile devrait favoriser les commerçants de ce segment. L augmentation des dépenses en machines et équipement, quant à elle, stimulera les ventes de machines, de matériel et de fournitures. Dans la région, la société Strongo, concessionnaire d équipements lourds, investira 8,6 millions de dollars pour la construction d une nouvelle succursale. Entre 2013 et 2015, globalement, la situation de cette industrie devrait continuer de progresser dans la région (0,9 %). Transport et entreposage Le niveau d emploi de l'industrie du transport et de l entreposage s est redressé depuis la fin de la récession. Le taux de croissance annuel moyen s est établi à 7,8 %, soit l un des plus élevés parmi l ensemble des industries. La reprise a été particulièrement importante dans le transport aérien, les activités de soutien aux transports et l entreposage. Une meilleure desserte régionale par les transporteurs aériens et l augmentation des opérations aéroportuaires et portuaires ont contribué à cette élévation. Par contre, la situation a été plus mitigée pour le transport par camion et de tourisme en raison des difficultés des secteurs manufacturier et forestier, du ralentissement du commerce de détail ainsi que de la stagnation de l achalandage touristique. Pour les prochaines années, nous anticipons une hausse de l emploi dans l industrie du transport et de l entreposage qui sera générée par la croissance de l économie, des dépenses de consommation et des flux commerciaux. La poursuite de la mondialisation des chaînes de valeur augmentera les besoins en transport de marchandises. Les activités de soutien aux transports et le développement des services connexes favoriseront également la demande de main-d œuvre. Les difficultés de recrutement, notamment dans l industrie du camionnage, limiteront cependant la progression de l emploi. Nous estimons que celle-ci sera de 1,7 % en moyenne pour chacune des trois prochaines années. Le transport par camion est un sous-secteur important de l industrie du transport. Il concentre environ le quart de l emploi total de cette industrie dans la région. Le transport routier est le mode de transport de marchandise le plus utilisé. Sa fiabilité, sa flexibilité et sa rapidité en font un mode de transport privilégié, et ce, particulièrement en milieu urbain. Après une période difficile, le marché semble se stabiliser et annonce de meilleurs jours. La reprise aux États-Unis, la vigueur de l économie de l Ouest canadien et la diversification des créneaux apporteront de l eau au moulin. Le développement de l intermodalité et le mode de production juste-à-temps consacrent aussi le camionnage comme un maillon important du réseau de transport. Malgré un ralentissement certain, les travaux d infrastructures, les chantiers routiers et les grands projets d éoliennes continueront de favoriser le transport en vrac. Le transport de colis,

P a g e 36 profitera, de son côté, de l augmentation des achats à distance que permet le commerce en ligne. La relance attendue du secteur forestier et de la fabrication, en fin de période de prévision, devrait aussi améliorer les opportunités. Le transport routier de personnes répond à une dynamique différente et son évolution est contrastée selon les sous-secteurs. Le transport interurbain par autocar est soumis à une compétition accrue. Il doit faire face à l arrivée de nouveaux concurrents et endiguer les pertes de clientèles provoquées par la croissance du co-voiturage. La guerre des prix que se livrent les différents compétiteurs, particulièrement dans le très fréquenté corridor Québec-Montréal, complexifie la situation. Le vieillissement de la population devrait éventuellement favoriser les déplacements par autocar, notamment pour le transport touristique. Le transport de passagers pourrait aussi offrir des possibilités en raison d une augmentation de la clientèle qui stimulera la demande de transport adapté et de transport scolaire. Par ailleurs, le plan de mobilité durable favorise les déplacements collectifs plutôt qu individuels. Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) prévoit des investissements de 220 millions de dollars entre 2013 et 2015 pour entretenir et développer ses infrastructures. Le RTC augmentera l offre de transport en commun. L ajout d autobus et de services, de nouveaux parcours Métrobus et l accroissement du nombre d heures de service sont au menu. Le principal objectif est l augmentation de l achalandage de 2,4 % en 2013. Compte tenu de ces orientations, les besoins en main-d œuvre sont revus à la hausse. Le budget 2013 du RTC prévoit l ajout d une quinzaine de postes. Le transport aérien régional connaît une expansion avec la bonification constante de l offre de vols à l aéroport international Jean-Lesage (AIJL) et la croissance du transport par hélicoptères. Celui-ci est en effervescence grâce à l ouverture d un centre de services pour appareils héliportés ce qui favorise l installation de nouvelles entreprises. Les transporteurs bénéficient de la croissance du secteur du nolisement commercial en raison des projets miniers et hydroélectriques du Nord québécois ainsi que du succès remporté par les excursions en hélicoptère. La relance d Air Médic, spécialisée dans l évacuation et le transport médical d urgence, et son développement à venir permettra également un accroissement de l emploi. Depuis cinq ans, l AIJL affiche une forte croissance (+68 %) de son achalandage ce qui lui a permis d atteindre un niveau record en 2012. En 2013, il amorcera le déploiement de la phase II de sa modernisation. Un plan d investissement de 225 millions de dollars d ici 2016 permettra, entre autres, la construction d un stationnement étagé et l agrandissement de l aire internationale. L objectif est d augmenter la capacité d accueil et le nombre de passerelles d embarquement afin de favoriser la venue de nouveaux transporteurs et ainsi d accroître l offre de vols. Les transporteurs aériens sont cependant inquiets du coût opérationnel élevé de l AIJL. De plus, selon eux, la majoration des frais d améliorations portuaires pourrait décourager les lignes aériennes à offrir plus de vols. Le secteur maritime n est pas en reste. De façon générale, le transport maritime est favorisé par la demande pour les matières premières, le développement des activités minières, la progression des croisières et l essor du cabotage. En fonction de cette demande accrue, le Groupe Desgagnés Inc. entend investir des sommes considérables au cours des prochaines années pour accroître sa flotte et consolider sa position. L entreprise a acquis un nouveau navire en 2012, ce qui permettra la création d une quarantaine d emplois. Le Groupe Océan investit également dans ses équipements. L'entreprise, spécialiste du remorquage, a su diversifier ses activités de façon à mieux répartir les risques lors de ralentissements. Elle souhaite d'ailleurs développer ses activités de dragage au Sud afin de fonctionner à l'année. Les activités du Port de Québec tirent également profit de la croissance du transport maritime. En 2012, il a établi de nouveaux records tant pour le volume de marchandises manutentionnées que le nombre de croisiéristes et l avenir s annonce prometteur. Des ententes, conclues avec des lignes de croisières, généreront un nombre accru d opérations d embarquements/débarquements ce qui gonflera les retombées pour 2013, 2014 et 2015. Les succès obtenus permettront d étendre la saison des croisières au printemps et à l été. Opérant à pleine capacité à certains moments de l année, l administration portuaire de Québec (APQ) présentera un nouveau plan d affaires qui prévoit des investissements de 500 millions de dollars. Des rénovations de 150 millions de dollars et un nouveau quai sur piliers doivent être réalisés dans un proche avenir selon l APQ, qui estime que les travaux pourraient débuter en 2015. En 2013, de nouveaux investissements privés d une cinquantaine de millions de dollars seront réalisés dans les infrastructures.

P a g e 37 Les activités de transbordement et d entreposage contribueront aussi à créer de nouveaux emplois. À la fin de 2012, Groupe TYT a aménagé son premier centre de transbordement dans la région. L entreprise a choisi Québec car elle constitue une plaque tournante de la logistique du transport pour le centre et l est du Québec. Ces nouveaux investissements devraient permettre la création de 25 emplois dans le courant de l année. Congébec, fournisseur de services réfrigérés, a réalisé une transaction de 52 millions de dollars pour acquérir plusieurs entrepôts dans l Ouest du Canada. Elle devient ainsi la deuxième entreprise en importance du genre au pays. La situation risque d être plus difficile pour les services postaux. Le recul du traitement des lettres entraîne un déficit qui incite Poste Canada à transformer son réseau et à adapter ses équipements afin de développer le transport de colis. Trois bureaux de poste ont cessé leurs opérations dans la région au cours de la dernière année. Finance et assurances, services immobiliers et services de location et de location à bail L industrie de la finance, des assurances, de l immobilier et de la location constitue un moteur économique important dans la région. Entre 2010 et 2012, l effectif de la Capitale-Nationale constituait 12,3 % de la main-d œuvre provinciale de cette industrie. Les deux sous-secteurs les plus dominants sont les sociétés d assurance, qui concentrent 42 % de l emploi, et la finance qui en regroupe environ 38 %. Globalement, sur une base historique, le niveau d emploi de l industrie a cru deux fois plus rapidement que celui de l ensemble des industries régionales mais la progression de l emploi s est atténuée récemment. Depuis quelques années, l environnement économique difficile affecte l industrie. D une part, la crise financière, l incertitude de l économie, la volatilité des marchés boursiers et la faiblesse persistance des taux d intérêt nuisent aux revenus des institutions financières. D autre part, les coûts supplémentaires engendrés par les exigences de gouvernance et la nécessité de se conformer aux demandes de réglementation, ainsi que les sommes reliées à l implantation de nouvelles technologies, accroissent les dépenses. Cette situation exerce une pression sur les marges bénéficiaires, et ce, d autant plus que les gouvernements augmentent les ponctions fiscales1. Dans ce contexte, les institutions financières cherchent à améliorer leurs processus d affaires et à contrôler leurs coûts afin d accroître leur efficacité et leur productivité. Au cours des prochaines années, les perspectives de l industrie de la finance seront influencées par un plus faible volume d emprunts. Le ralentissement de l activité immobilière réduira la demande de prêts hypothécaires, et le fléchissement des investissements des entreprises, celle des prêts commerciaux. L endettement des consommateurs combiné à la faible hausse des dépenses de consommation restreindra davantage l espace disponible pour le crédit à la consommation. De plus, l apathie et la méfiance des investisseurs jumelées à la faiblesse des taux d intérêt n encouragent pas l épargne et l investissement dans plusieurs types d'instruments de placement. Pour pallier le ralentissement des prêts hypothécaires et à la consommation, les banques réalisent des acquisitions dans différents secteurs d'activités (prêt auto, portefeuille de cartes de crédits, courtage, etc.) et marchés géographiques afin de préserver leur marge et leur croissance. Certains créneaux et segments de clientèle demeurent aussi porteurs telle la gestion des fonds de retraite, la gestion des fiducies, du patrimoine et des successions. Le réseau de succursales ou de boutiques bancaires devrait prendre de l expansion dans la région qui demeure un marché intéressant en raison de son bassin de population, de professionnels ayant un revenu élevé et de son développement économique. De son côté, le Mouvement Desjardins estime que la vague de fusions et de fermetures tire à sa fin et évoque même la création de nouvelles caisses dans les régions à forte croissance démographique. Desjardins désire également s'insérer dans la tendance, déjà amorcée par les banques, d'améliorer le service à la clientèle par l'allongement des heures d'ouverture. De leur côté, les nouvelles boutiques bancaires miseront davantage sur les rencontres 1 Ces ponctions fiscales sont reliées aux efforts de contribution pour le retour à l équilibre budgétaire, au processus d harmonisation de la taxe de vente du Québec et de la taxe sur les produits et services et à la volonté du gouvernement fédéral d accroître la neutralité fiscale.

P a g e 38 personnalisées et moins sur les opérations transactionnelles courantes, celles-ci étant de plus en plus réalisées en ligne. L industrie des assurances est également confrontée à plusieurs défis : des produits assez standardisés, une concurrence toujours plus vive, le vieillissement de la population et un marché mature qui limite les possibilités de croissance interne. Selon certains organismes, le potentiel de croissance de la clientèle au Québec est estimé à 2 % par année. La croissance future des assureurs passe donc par la conquête de nouveaux marchés à l extérieur du Québec. Pour ce faire, ils procèdent par acquisition, ce qui permet de diversifier leurs activités et d étendre leur réseau de distribution, notamment au Canada et aux États- Unis. Afin de gruger des parts de marché à leurs concurrents, ils ciblent des créneaux (gestion du patrimoine, régime de retraites à cotisations déterminées), des segments de clientèle (individus fortunés) et sont de plus en plus imaginatifs dans leur offre de services. Les compagnies d'assurance adaptent leurs produits, en créent de nouveaux (assurance santé longue durée, assurance maladie grave, assurance-vie temporaire, assurance voyage) et ajoutent des services à valeur ajoutée. La hausse des ventes de véhicules automobiles devrait aussi influencer positivement les produits d assurance qui y sont associés. Signe que la croissance est toujours au rendez-vous, plusieurs sociétés d assurance (SSQ Groupe financier, La Capitale Assurance, Industrielle Alliance) investissent des sommes importantes dans la construction de complexes immobiliers, soit pour loger et regrouper leurs employés ou pour diversifier leurs activités de placement. Le secteur de l assurance prendra encore de l ampleur dans la région. Dans l ensemble il y aura des besoins en main-d œuvre supplémentaires mais la progression de l emploi sera limitée par la saturation du marché domestique et une offre de main-d œuvre insuffisante pour combler la demande liée à la croissance des activités et aux nombreux départs à la retraite. Malgré un ralentissement du secteur immobilier en raison de la baisse des mises en chantier, la Société canadienne d hypothèque et de logements (SCHL) estime que le marché de la revente progressera de 2 % en 2013 dans la région. La stabilité de l emploi, la migration soutenue et les faibles taux d intérêt continueront de soutenir le marché de l habitation qui, en dépit d un certain ralentissement, ne serait pas à l atrophie. Le niveau d emploi de l industrie de la finance, des assurances, de l immobilier et de la location s élèvera modérément au cours des trois prochaines années pour enregistrer une progression moyenne de 1,1 % par année. Services professionnels, scientifiques et techniques Entre 2010 et 2012, les services professionnels, scientifiques et techniques occupaient 32 000 personnes dans la région et constituaient environ 8,5 % du total de l emploi. Les services d architecture et de génie (23,5 %) et les services de conception de systèmes informatiques (27,6 %) concentraient plus de la moitié des travailleurs. Depuis cinq ans, le niveau d emploi de cette industrie a progressé fortement (9,2 %) en raison de l expansion des services d architecture, de génie, des services de conception de systèmes informatiques ainsi que des services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques. Plus récemment, nous observons cependant que les services d architecture et de génie montrent des signes d atonie. Au Québec, depuis la fin de la récession, cette industrie affiche une croissance constante de sa production. La hausse du PIB industriel a cependant été inférieure à celle de l ensemble des industries en général au cours de cette période. En 2012, elle n a atteint que 0,4 % comparativement à 1 % pour le PIB global. En 2013, les investissements devraient enregistrer une progression pour une troisième année consécutive. À l instar des années antérieures, ils seront constitués très majoritairement de dépenses en machines et équipement. Les gains de productivité ainsi générés peuvent expliquer, en partie, le récent ralentissement de la croissance d emploi dans cette industrie au Québec. L essor de cette industrie est lié au dynamisme de l économie. Le modeste scénario de croissance économique pour les prochaines années se reflétera dans l ampleur des gains anticipés. Au cours des prochaines années, les services professionnels, scientifiques et techniques poursuivront leur progression mais les différents sous-secteurs ne connaîtront pas tous les mêmes niveaux de progrès. La disponibilité restreinte de main-d œuvre, dans certains groupes professionnels, limitera aussi la croissance de l emploi de l industrie qui est estimée à 1,8 % par année d ici 2015.

P a g e 39 Dans le secteur du génie, l emploi sera moussé par les travaux d infrastructures. Toutefois, les compressions budgétaires gouvernementales et la réduction des dépenses publiques altéreront la demande liée à l expansion. En dépit de cette situation, la Ville de Québec continuera d investir massivement dans la mise à niveau de ses infrastructures. De plus, plusieurs projets d envergure (liés au développement des ressources et aux services publics) sont déjà amorcés et se poursuivront ce qui permettra de soutenir le niveau d emploi. La conjoncture actuelle appelle les entreprises à réaliser des économies tout en améliorant la qualité de leurs produits et services. Cette recherche d efficience jumelée à la croissance des profits favorise les investissements dans la machinerie et l équipement, une situation qui sera favorable aux firmes d ingénierie. Des opportunités s offriront aussi aux firmes présentes dans certains créneaux. La relance des activités de l industrie maritime canadienne avec la stratégie canadienne d approvisionnement en matière de construction navale, les investissements du gouvernement du Québec pour rajeunir la flotte de bateaux passeurs et le dynamisme des armateurs privés, stimuleront l emploi dans les firmes de génie associées au secteur naval. Elles bénéficieront également d opportunités liées aux modifications requises aux navires pour répondre aux réglementations plus exigeantes au niveau de la sécurité et des risques environnementaux. Par contre, la fabrication continuera d accuser un retard en tant que source d emploi pour le secteur du génie. Le travail ne manquera pas pour les services informatiques. Malgré la conjoncture plus difficile, les entreprises et les gouvernements ont toujours des besoins importants en services informatiques mais il est probable qu ils rechercheront une valeur ajoutée et des coûts moins élevés. Les technologies de l information et des communications (TIC) sont présentes dans tous les domaines de l économie et permettent à l ensemble des secteurs d activité d être plus innovateurs et productifs. L omniprésence des systèmes informatiques dans les processus opérationnels fait en sorte que les organisations doivent constamment les mettre à jour afin d assurer leur efficacité et garantir le bon fonctionnement de leurs communications et de leurs transactions. Les développements anticipés dans les créneaux de l infonuagique, de la mobilité, du développement Web, des réseaux sociaux, de la gestion de la relation client et des entrepôts de données alimenteront également la croissance des entreprises. D autres niches de marché naissent en regard de l évolution de l économie, des développements technologiques et du marché du travail. Par exemple, l internationalisation de la chaîne d approvisionnement nécessite le développement de logiciels de gestion à cet effet. La fragmentation des données et l enchevêtrement des systèmes multiplateformes non intégrés rendent impérative la conception de logiciels moteurs de recherche et d engins de consolidation de l information destinés aux entreprises. Enfin, le développement du stockage et du partage des données sur des serveurs distants ainsi que la tendance des travailleurs à apporter leurs propres appareils au travail posent des défis supplémentaires en termes de compatibilité, de sécurité et de confidentialité. Parmi les autres services professionnels soulignons que la demande est toujours constante dans le domaine de la comptabilité. Les entreprises sont continuellement à la recherche de professionnels aptes à saisir les tendances du milieu, à réaliser des économies de coûts, à assurer une trésorerie positive, à tenir des registres financiers rigoureux et à produire des données pertinentes à la prise de décision. La progression des services conseils intégrés afin d accompagner les entreprises à tous les stades de leur développement stimule également la demande. Les services juridiques pourraient, quant à eux, bénéficier des contrats liés au développement du Nord, notamment dans les domaines du droit immobilier et environnemental, ainsi que le droit autochtone. Les créneaux du litige fiscal, du droit des affaires et de la médiation sont aussi en développement. Enfin, les services de communication, de publicité et de marketing devraient être sollicités davantage. Dans un contexte de plus en plus compétitif et de développement de marchés à l international, la commercialisation et la différenciation des produits et services deviennent des enjeux cruciaux. Les nouveaux modes de communication impliquent également l adaptation des moyens, des formats et des contenus afin de rejoindre les clientèles cibles. Par ailleurs, l éthique est une préoccupation grandissante chez les dirigeants d entreprises et la population accorde de plus en plus d importance à l ouverture, à la transparence et aux comportements responsables des entreprises. Les relations publiques jouent un rôle central dans la gestion de crise, la présentation des enjeux et contribuent grandement à présenter une image positive des entreprises. La région de la Capitale-Nationale fait partie du peloton de tête pour son volume d activités de recherche, notamment dans le secteur de la santé. La forte concentration de chercheurs universitaires fait en sorte qu elle obtient une part substantielle des fonds consacrés à la recherche. Les gouvernements

P a g e 40 continueront à investir pour assurer le fonctionnement des centres de recherche notamment ceux reliés aux sciences appliquées et aux sciences de la vie. Cependant, les coupes effectuées au Fonds de recherche du Québec dans la foulée des mesures de compressions budgétaires et les contraintes financières annoncées l an dernier par le gouvernement fédéral pourraient avoir des répercussions négatives. Par ailleurs, un nouveau centre de recherche dans le domaine des systèmes électroniques, de défense et de sécurité s implante dans la région, ce qui créera de nouveaux postes en recherche. Gestion de sociétés et d'entreprises et Services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et services d'assainissement L'industrie des services de gestion d'entreprises et de soutien administratif a connu une période florissante depuis le début des années 2000. Une solide croissance des investissements et du PIB a permis une forte progression de l emploi (2,9 % par année entre 2001 et 2011). Cette augmentation, supérieure à celle de l ensemble des industries, a rehaussé la part relative de l emploi de cette industrie dans la région. La récente période triennale montre aussi une croissance mais le repli de 2012 en a atténué l ampleur à 2,5 %. À l échelle du Québec, les variables économiques indiquent que la production est en hausse depuis plusieurs années. En 2012, la progression du PIB a surtout été tributaire de la performance du soussecteur de la gestion de sociétés et d entreprises car les services administratifs et de soutien ont enregistré une faible hausse (0,4 %). Ce sous-secteur influencera aussi le déclin des investissements en 2013. Cette industrie, qui est composée de plusieurs sous-secteurs, devrait poursuivre sa croissance d ici 2015 mais à un rythme inférieur à celui de son historique récent. Malgré le contexte économique difficile, l industrie des technologies propres est en croissance. Les citoyens sont de plus en plus préoccupés par l environnement, ce qui incite les gouvernements et les entreprises à mettre en place de nouvelles politiques, réglementations et législations en matière de développement durable. Cette industrie profite aussi de marchés internationaux en plein essor. Dans la région plusieurs entreprises exploitent différents créneaux : traitement des eaux, capture et séquestration du carbone, gestion des matières résiduelles et réhabilitation des sols. Au cours de la dernière année, ces entreprises ont remporté de nouveaux contrats ce qui a permis de gonfler leur carnets de commandes. L entreprise Qualinet a également lancé une nouvelle division (Qualinet environnement) afin de prendre en charge les déversements de produits toxiques et gérer les matières polluantes. Par ailleurs, la construction de l usine de biométhanisation qui traitera, entre autres, les résidus alimentaires, devrait s amorcer durant la période de prévision et être opérationnelle en 2016. La demande de consultants externes en ressources humaines sera accrue. Le vieillissement de la population, le déséquilibre démographique et l évolution du marché du travail (on compte davantage sur les travailleurs temporaires et contractuels) posent des défis importants en termes de recrutement et de rétention de personnel. La qualité des emplois, la qualité de vie au travail, la gestion de la diversité des effectifs et la mobilisation du personnel prennent de plus en plus d importance et requiert des stratégies appropriées. De leur côté, les activités des organisateurs de congrès, de salons et de foires seront favorisées par les travaux d agrandissement du centre des congrès qui sera l hôte de nombreux événements. Le calendrier de réservation montre que 88 congrès (dont 31 internationaux) s y dérouleront d ici 2017, en plus des salons et autres événements. Par ailleurs, la demande de services de sécurité, d équipements et de systèmes de surveillance est toujours en hausse pour la sécurité publique, le contrôle de foule lors d événements, la prévention du vol et des fraudes ainsi que le respect de la réglementation. La croissance plus limitée du revenu disponible et le ralentissement du secteur immobilier risquent cependant d atténuer la demande émanant des particuliers pour les services d horticulture, les services relatifs aux bâtiments et les activités des agences de voyage. Le niveau d'emploi des services publics s'établissait à 2 200 entre 2010 et 2012 et constituait 0,6 % de l'emploi total. Après avoir enregistré une progression soutenue en raison de la croissance de la production, du transport et de la distribution d électricité, le PIB de l industrie a fléchi légèrement en 2012. Au cours des dernières années, les investissements ont été fortement à la hausse, et ce, tant au niveau régional qu au Québec, où ils atteindront un sommet en 2013 à 7,6 milliards de dollars. La croissance démographique, des ménages et les besoins en énergie font en sorte que la demande de services

P a g e 41 publics est en croissance. Dans la région, l implantation de parc d éoliennes sur la Côte-de-Beaupré (Seigneurie de Beaupré, 800 millions de dollars) et dans Charlevoix (Rivière-du-Moulin, 800 millions de dollars) devrait être complétée d ici 2015. Ces installations, combinées au développement des complexes hydroélectriques d Hydro-Québec, rendent impérative la mise à niveau des postes et du réseau de distribution. Deux projets de mini-centrales hydroélectriques dans la région ont cependant été annulés par le gouvernement du Québec. De plus, le principal joueur de cette industrie, Hydro-Québec, doit contribuer à la lutte au déficit du gouvernement du Québec et cela se réalisera, entre autres, par la suppression de 2 000 emplois. En conséquence, on s attend à une baisse annuelle moyenne de 1,0 % dans cette industrie au cours de notre période de prévision, baisse tout de même deux fois moins élevée que celle prévue dans l ensemble du Québec (-2,1 %). Services gouvernementaux et parapublics Croissance dans les services de santé et services sociaux et baisse dans les administrations publiques Tableau 9 Répartition et perspectives de l'emploi dans le secteur des services publics et parapublics Région de la Capitale-Nationale Moyenne 2010-2012 2013-2015 Taux de Niveau Part de l emploi croissance en milliers total annuel moyen Régional Régional Au Québec Régional Au Québec Secteur des services 327,7 87,4 % 79,2 % 0,9 % 1,0 % Services gouvernementaux et parapublics 127,0 33,9 26,0 % 0,6 % 0,9 % Services d enseignement 28,9 7,7 % 7,0 % 0,3 % 0,9 % Soins ambulatoires et hôpitaux 33,3 8,9 % 7,0 % 1,5 % 1,5 % Autres soins de santé et assistance sociale 22,6 6,0 % 5,7 % 1,6 % 1,6 % Administration fédérale 6,3 1,7 % 2,1 % -0,9 % -1,4 % Administrations provinciales et territoriales 28,8 7,7 % 2,1 % -0,4 % -0,5 % Administrations locales, municipales et autres 7,0 1,9 % 1,7 % -0,4 % 0,4 % Source : Service Canada, Région du Québec Estimations historiques basées sur l Enquête sur la population active de Statistique Canada Les services gouvernementaux et parapublics constituent toujours un moteur important de l économie régionale. Les dépenses de ce regroupement d industries sont élevées et génèrent un effet multiplicateur dans l économie de la Capitale-Nationale en procurant des occasions d affaires aux fournisseurs régionaux de biens et services. Dans son plus récent budget, le gouvernement du Québec a réitéré les priorités gouvernementales que sont la santé, l éducation et la famille. Les différents paliers de gouvernement ont aussi réaffirmé les mesures d assainissement des finances publiques déjà définies dans les budgets précédents afin de contrôler l évolution de leurs dépenses. Au cours des prochaines années, le niveau d emploi devrait croître faiblement (+0,6 %) sous l influence des services de soins de santé et d assistance sociale (+1,6 %) tandis que l on observera une faible croissance dans les services d enseignement (+0,3 %) et une légère descente de l emploi dans les administrations publiques (-0,5 %).

P a g e 42 Services d enseignement Le secteur de l enseignement regroupe 28 900 emplois dans la région de la Capitale-Nationale, ce qui représente 7,7 % de l ensemble des travailleurs. L'historique du niveau d'emploi de cette industrie montre que celui-ci a progressé de façon relativement constante au fil des ans en raison de l'augmentation de la fréquentation scolaire, de l'ajout de services ainsi que des incitatifs et de la promotion de la formation professionnelle et continue. Les principaux vecteurs de croissance de cette industrie sont l effectif étudiant, les budgets gouvernementaux et les orientations politiques en matière d éducation. Selon les estimations du Ministère de l Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), l effectif étudiant devrait croître modérément (environ 1,7 %) entre 2013 et 2015 dans la région de la Capitale-Nationale. En dépit d une diminution de la clientèle du secondaire, l augmentation du nombre de naissances au cours des dernières années permettra de gonfler celle du préscolaire et du primaire, de sorte que, globalement, l effectif des commissions scolaires progressera. Les collèges de la région connaîtront cependant une baisse du nombre de demandes d admission d ici trois ans mais les étudiants universitaires seront plus nombreux. Les mesures d assainissement des finances publiques du gouvernement du Québec affectent le secteur de l éducation dont la croissance des dépenses ralentit. Le budget 2013-14 indique que les sommes allouées au MELS seront, tout de même, majorées de 1,8 %, et celles du ministère de l Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie de 2,0 % au cours de la prochaine année financière. L accroissement des dépenses permettra de financer et de concrétiser les orientations politiques en matière d éducation, notamment la réduction du nombre d élèves par classe, l aide aux élèves, la mise en œuvre de l enseignement intensif en anglais en 6e année du primaire ainsi que l offre d activités parascolaires sportives et culturelles. La stratégie de lutte contre le décrochage scolaire compte aussi sur le développement de classes de maternelle à temps plein pour les enfants de quatre ans dans les milieux défavorisés. Enfin, le gouvernement s est aussi engagé à réinvestir massivement dans le réseau universitaire mais ce réinvestissement est lié à la croissance économique. Ces initiatives devraient favoriser, à long terme, la demande de personnel enseignant et de ressources professionnelles mais la disponibilité restreinte de la main-d œuvre, notamment pour les professeurs d anglais, pourrait compliquer l embauche. À court terme cependant, les compressions budgétaires exigées par le gouvernement dans ses efforts de retour à l équilibre budgétaire affecteront tous les niveaux d enseignement. Les organisations devront se livrer à un exercice afin d atteindre les cibles gouvernementales tout en limitant les répercussions sur les services. L adoucissement des mesures d assainissement imposées aux universités permettra d atténuer les impacts mais les efforts demandés entraîneront, malgré tout, le ralentissement de certains projets d investissements et la réduction de la création de postes administratifs et de professeurs. Ces éléments feront contrepoids à la croissance de l emploi et en atténueront la portée. Globalement, le niveau d emploi des services d enseignement progressera faiblement (0,3%).X Soins de santé et assistance sociale Dans la région de la Capitale-Nationale, 55 900 personnes travaillent dans les services de soins de santé et l assistance sociale, ce qui représente environ 14,9 % du total de l emploi. Au cours des dernières années, l accroissement et le vieillissement de la population ont incité les gouvernements à investir davantage dans les soins de santé et services sociaux. Cette situation a eu un impact significatif sur le niveau d emploi qui, depuis trois ans, a cru à un rythme deux fois plus élevé que la moyenne de tous les secteurs d activités. Le budget 2013-2014 confirme que les dépenses de santé progresseront de 3,4 %, soit le taux le plus élevé des grandes missions du gouvernement. En ajoutant les dépenses du Fonds de financement des établissements de santé et de services sociaux, la hausse du budget atteint 4,8 %. D ici 2015-2016, le budget de la santé et des services sociaux représentera la moitié du budget du Québec. Afin d améliorer la performance et l accessibilité du système de santé, le gouvernement poursuivra le déploiement des groupes de médecine familiale et favorisera la décentralisation des soins hospitaliers vers les soins à domicile. Les besoins grandissants, en lien avec une population vieillissante, militent pour la poursuite

P a g e 43 des investissements. En 2013, au Québec, ils augmenteront de 5,2 % et atteindront un sommet à près 2,9 milliards de dollars, dont près de 80% en dépenses de construction. Dans la région, plusieurs projets de construction sont à l étude, dont les hôpitaux de Charlevoix et l Hôtel-Dieu de Québec. On prévoit aussi le réaménagement de plusieurs établissements. Sur le territoire de la Capitale-Nationale, la fusion de cinq hôpitaux amène une réflexion sur les infrastructures, l organisation des soins et des services auxiliaires. Des économies d échelle potentielles pourraient réduire les besoins en main-d œuvre du côté des services administratifs, techniques et de soutien. À l instar des autres ministères, celui de la santé et de l assistance sociale poursuivra ses efforts de diminution de certains coûts administratifs. Dans ce contexte, une révision du rôle des agences de la santé et des services sociaux sera réalisée et pourrait conduire à la fusion des services administratifs ou d agences. Les dépenses du Ministère de la Famille seront relevées de 3,2 %. La hausse des naissances et du nombre de jeunes enfants se maintient et incite le gouvernement du Québec à créer des places additionnelles en service de garde. Celui-ci a annoncé l ouverture de 28 000 places supplémentaires à contribution réduite d ici la fin de 2016. En plus des 13 000 places déjà prévues en 2011 et non encore attribuées, 15 000 nouvelles places seront ajoutées, dont un peu plus de 1 400 dans la Capitale- Nationale. Mais tout n est pas au beau fixe dans le réseau de garderies subventionnées. Dans sa lutte au déficit, le gouvernement impose des compressions de plus de 31 millions de dollars. Pour les absorber, les établissements devront piger dans leurs surplus accumulés. Des besoins plus importants, des budgets accrus et une offre de main-d œuvre plus volumineuse permettront de rehausser le niveau d emploi de ce secteur d activité. Ce rehaussement sera toutefois limité par une offre de main-d œuvre qui demeurera inférieure à la demande et par la capacité budgétaire des établissements. En raison de l ensemble de ces éléments, nous croyons que l expansion des services de santé et d assistance sociale dépassera celle de l ensemble des industries. Ce secteur affichera un taux de croissance annuel moyen de 1,6 %. Administrations publiques Les administrations publiques fournissaient de l emploi à environ 42 100 personnes dans la région au cours des trois dernières années et représentaient 11,2 % du total de l emploi régional. Cette proportion, près de deux fois plus élevée que celle observée dans l ensemble de la province (+6,0 %), s explique par la présence de plusieurs milliers de fonctionnaires provinciaux dans la ville de Québec. Le niveau d emploi a fléchi depuis deux ans au Québec mais il s est apprécié dans la région. Les effectifs des administrations publiques devraient diminuer dans les prochaines années. Le retour à l équilibre budgétaire, le non-remplacement d une fraction des employés qui partent à la retraite et la volonté de contenir les dépenses administratives concourront à abaisser le nombre de travailleurs au cours des trois prochaines années (-0,5 %). Le gouvernement fédéral entend recouvrer l équilibre budgétaire durant l année financière 2015-2016. Dans son budget précédent, le gouvernement du Canada avait annoncé son intention d abolir 19 200 postes sur une période de trois ans, soit 4,8 % de l effectif de la fonction publique fédérale. Au cours de la première année seulement, il a atteint 85 % de son objectif alors que 16 220 emplois ont été supprimés. Le gouvernement est donc en voie de réaliser les économies annoncées de sorte que la deuxième vague de compressions d effectifs devrait être beaucoup moins sévère. Il maintient cependant son engagement de contrôler les dépenses de programmes. Pour ce faire, il prévoit rehausser l efficience des activités gouvernementales et se concentrera sur l exécution de programmes qui sont conformes à ses rôles et responsabilités et qui correspondent aux priorités de la population canadienne. Il modernisera et rationalisera les fonctions administratives et prendra des actions afin de réduire les frais de déplacement en recourant davantage à des outils virtuels. Les budgets des ministères seront resserrés et les programmes réévalués. Selon notre scénario, le volume d emploi de l administration publique fédérale diminuera au rythme annuel moyen de 0,9 %. Le gouvernement provincial est, lui aussi, soumis à la contrainte imposée par la lutte au déficit. Lors de la présentation de son budget, le gouvernement du Québec a réaffirmé sa détermination à atteindre

P a g e 44 l équilibre budgétaire en 2013-2014. Pour combler l écart qui le sépare d une situation financière équilibrée, il met en place un contrôle rigoureux des dépenses des ministères. La croissance des dépenses sera limitée à 1.9 % en 2013-2014, à 2,4 % en 2014-2015 et à 3,2 % en 2015-2016, un niveau nettement inférieur à celui de l historique récent. À l exception des ministères liés à la santé et aux services sociaux, à l enseignement, à la famille et à la culture et communications, tous les autres ministères devront diminuer leurs dépenses de 2 %. À l instar du gouvernement fédéral, il prendra des mesures afin d améliorer l efficacité et l efficience de l administration publique. Afin de respecter l objectif des dépenses, il met en œuvre une série de mesures dont l autofinancement par les ministères de l indexation salariale applicable au 1er avril 2013 ainsi que l impact de la progression salariale. Pour le moment, la politique de ne remplacer qu un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite est maintenue. Cette approche, qui pourrait être revue, demeure modulée afin de permettre à la fonction publique de réaliser ses priorités et pour tenir compte de la situation particulière des organisations. En dépit de cette politique, le plus récent bilan de la fonction publique montre un effectif en hausse en raison de l ajout de ressources aux ministères de la Sécurité publique, des Transports et de la Santé et des services sociaux. Ces ajouts font en sorte que l effectif prévu des ministères et des organismes en 2013-2014 sera en hausse par rapport au budget de dépenses 2012-2013. Selon le Conseil du Trésor, la stratégie de retour à l équilibre budgétaire ne se traduira pas par des pertes d emplois dans la fonction publique. Celle-ci pourrait toutefois s atrophier sous l effet de l attrition. De plus, la proportion grandissante d employés occasionnels laisse les coudées franches au gouvernement pour réduire les effectifs au besoin, celui-ci étant ainsi dégagé des contraintes qu imposent les conventions collectives. Selon nous, le niveau d emploi diminuera très légèrement d ici 2015. Les fonctionnaires municipaux font également les frais des mesures de compressions budgétaires. Dans le budget 2013, tous les services et arrondissements de la Ville de Québec ont participé à l exercice de compression qui correspond à 2,8 % de l enveloppe budgétaire de base des différentes unités administratives. L administration municipale de Québec a mentionné à plusieurs reprises sa volonté de gérer la Ville avec le moins d employés possible. L objectif du plan quinquennal de main-d œuvre 2009-2013, qui prévoyait l abolition de 500 postes, a été dépassé. La privatisation de plusieurs services et une politique de remplacement d un employé sur deux qui quitte pour la retraite ont permis d atteindre ces résultats. La mairie a aussi présenté ses orientations budgétaires pour la période 2014-2016. Elle poursuivra son plan de compression avec l objectif de couper 67 millions de dollars. Dans cette perspective, elle demandera à ses différents services une réduction récurrente des dépenses équivalente à 3,5 % de l enveloppe de base de leur budget annuel. Elle a également laissé entendre que le prochain plan de gestion de la main-d œuvre comportera, en plus des abolitions de postes, des ouvertures du côté de la privatisation et de la réorganisation du travail. Le désir de l administration pourrait toutefois se buter au cadre réglementaire des relations de travail qui prévoit, entre autres, un plancher d emploi. Si certaines dispositions des conventions collectives protègent les employés permanents, il pourrait en être autrement pour les employés occasionnels. La ville a d ailleurs annoncé la mise à pied de cinquante employés temporaires de son réseau de bibliothèques à compter du 1er juillet 2013, suite au transfert de la gestion de celui-ci à l Institut canadien de Québec. Selon nos prévisions, l effectif municipal s amenuisera de quelques centaines de postes, soit de 0,4 % par année.